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Corrigé détaillé Mines Physique 1 PC 2025

La viscosité

Le sujet en bref

Sujet difficile · Mécanique des fluides, Diffusion thermique et diffusion de particules, Premier et second principes de la thermodynamique · 10 incontournables · 1 question de première année
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Ce sujet propose une étude complète et structurée de la viscosité dynamique d'un fluide sous trois angles complémentaires : macroscopique continu, mésoscopique avec conditions aux limites cinétiques, et microscopique via la théorie cinétique des gaz. La première partie constitue une démonstration pas à pas très classique de la traînée de Stokes autour d'une boule, séparant contributions de pression et de cisaillement. La deuxième partie approfondit la condition aux limites de non-glissement en introduisant la longueur d'extrapolation de Navier-Maxwell pour un gaz raréfié dans un microcanal. La dernière partie revisite de façon exemplaire le transport diffusif de quantité de mouvement à l'échelle moléculaire. C'est un problème incontournable pour réviser la mécanique des fluides visqueux et les phénomènes de transport, alliant dextérité calculatoire en coordonnées sphériques et rigueur physique.

Difficulté
Difficile, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 12,06/20)
Temps estimé
≈ 2 h pour tout traiter, pour une épreuve de 3 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

10 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Très partiellement en PCSI : 1 question sur 22.

Où gagner des points

12 questions rapides et accessibles · 2 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (12) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (2) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    Les trois parties sont totalement indépendantes : l'écoulement autour d'une sphère (Q1 à Q11), le canal plan avec glissement (Q12 à Q16) et la théorie cinétique microscopique (Q17 à Q22) peuvent être traités dans n'importe quel ordre.

Comment utiliser ce corrigé

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Sommaire

22 questions
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Partie I : La formule de Stokes

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : nombre de reynolds, terme convectif, équation de navier-stokes

Donner la définition du nombre de Reynolds, , associé à un écoulement de vitesse typique , de dimension typique , de masse volumique et de viscosité . Préciser le rapport de deux termes de l'équation de Navier-Stokes (1) qu'il estime. Interpréter physiquement chacun de ces deux termes.

Voir l'indice

Comparer l'ordre de grandeur du terme convectif d'inertie (\vec{v}\cdot\vec{\operatorname{grad}})\vec{v} et du terme de diffusion visqueuse \nu\vec{\Delta}\vec{v} dans l'équation de Navier-Stokes.

Voir la réponse courte

Définir \mathcal{R}_{\mathrm{e}} = \rho v L / \eta, quotient des ordres de grandeur du terme convectif d'inertie et du terme de diffusion visqueuse.

Voir le corrigé complet

Par définition, le nombre de Reynolds \mathcal{R}_{\mathrm{e}} adimensionné s'écrit :

\boxed{\mathcal{R}_{\mathrm{e}} = \frac{\rho v L}{\eta}}

Dans l'équation de Navier-Stokes (1), les deux termes comparés par ce nombre sans dimension sont le terme convectif d'inertie et le terme visqueux :

  • le terme d'inertie convective \vec{T}_{\mathrm{iner}} = \rho(\vec{v}\cdot\vec{\operatorname{grad}})\vec{v}, d'ordre de grandeur \rho \dfrac{v^2}{L} ;
  • le terme de diffusion visqueuse \vec{T}_{\mathrm{visq}} = \eta \vec{\Delta}\vec{v}, d'ordre de grandeur \eta \dfrac{v}{L^2}.

Le nombre de Reynolds estime ainsi le rapport des normes de ces deux termes :

\frac{\|\rho(\vec{v}\cdot\vec{\operatorname{grad}})\vec{v}\|}{\|\eta \vec{\Delta}\vec{v}\|} \sim \frac{\rho \frac{v^2}{L}}{\eta \frac{v}{L^2}} = \frac{\rho v L}{\eta} = \mathcal{R}_{\mathrm{e}}

L'interprétation physique de chacun de ces termes est la suivante :

  • Terme convectif d'inertie \rho(\vec{v}\cdot\vec{\operatorname{grad}})\vec{v} : il traduit les effets d'inertie de l'écoulement, c'est-à-dire le transport de quantité de mouvement lié au mouvement macroscopique des particules fluides à travers des zones de vitesses différentes.
  • Terme visqueux \eta \vec{\Delta}\vec{v} : il traduit la diffusion moléculaire de la quantité de mouvement due aux frottements internes entre couches de fluide de vitesses différentes, responsable de la dissipation d'énergie mécanique sous forme thermique.

Résultat

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : nombre de reynolds, ligne de courant, écoulement rampant

En se plaçant dans le plan , représenter qualitativement quelques lignes de courant du fluide autour de la boule pour les deux situations, très grand (préciser) et assez faible, et décrire dans chaque cas l'écoulement autour de la boule solide. Pour , on précisera sur le schéma le vecteur vitesse d'une particule de fluide localisée en un point voisin de la boule. Représenter aussi la distance , l'angle et les vecteurs de base locaux et correspondants.

Voir l'indice

Pour un nombre de Reynolds très grand, observer le décollement de la couche limite et l'apparition d'un sillage turbulent dissymétrique en aval, tandis qu'à très faible Reynolds, l'écoulement présente une symétrie amont-aval marquée.

Voir la stratégie
  1. Décrire les caractéristiques physiques de l'écoulement à faible nombre de Reynolds (\mathcal{R}_{\mathrm{e}} \ll 1, régime de Stokes) : écoulement laminaire, symétrie amont-aval liée à la linéarité des équations de Stokes, absence de décollement.
  2. Décrire l'écoulement à grand nombre de Reynolds (\mathcal{R}_{\mathrm{e}} \gg 1, par exemple \mathcal{R}_{\mathrm{e}} \gtrsim 10^3) : écoulement à couche limite, décollement en aval conduisant à un sillage fortement turbulent et dissymétrique.
  3. Réaliser les tracés qualitatifs des lignes de courant dans le plan \mathscr{P}=(O, \vec{e}_{x}, \vec{e}_{z}), en faisant figurer les éléments géométriques demandés (r, \theta, \vec{e}_r, \vec{e}_\theta, \vec{v}(M)) pour le cas \mathcal{R}_{\mathrm{e}} \ll 1.
Voir la réponse courte

Schématiser un écoulement symétrique sans décollement pour \mathcal{R}_{\mathrm{e}} \ll 1 et un sillage turbulent décollé pour \mathcal{R}_{\mathrm{e}} \gg 1.

Voir le corrigé complet

1. Description des deux régimes d'écoulement

  • Régime à faible nombre de Reynolds (\mathcal{R}_{\mathrm{e}} \ll 1, régime de Stokes ou rampant) : Les effets visqueux sont très largement prépondérants devant les effets inertiels. L'écoulement est strictement laminaire et stationnaire. L'équation du mouvement est linéaire, ce qui confère à l'écoulement une propriété de réversibilité cinématique : les lignes de courant présentent une symétrie amont-aval remarquable. Le fluide contourne la boule sans décollement de la couche limite et se recolle parfaitement à l'aval.
  • Régime à grand nombre de Reynolds (\mathcal{R}_{\mathrm{e}} \gg 1, typiquement \mathcal{R}_{\mathrm{e}} > 10^3) : Les effets inertiels dominent dans la majeure partie de l'écoulement. La viscosité n'agit que dans une mince couche limite au voisinage de la paroi. Du fait du gradient de pression défavorable à l'arrière de la boule, la couche limite subit un décollement franc (vers \theta \approx 80^\circ à 100^\circ). Il se développe à l'aval un sillage turbulent constitué de tourbillons instationnaires et d'une zone de recirculation à basse pression. La symétrie amont-aval est totalement rompue.

2. Représentation des lignes de courant

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : force de traînée, coefficient de traînée

Pour des nombres de Reynolds supérieur à 1000, comment la force de traînée subie par une boule solide est-elle reliée à la vitesse de l'écoulement ? Pour évaluer la force de traînée, , subie par un solide se déplaçant à la vitesse dans un fluide au repos, on introduit le coefficient de traînée défini par :

où est la surface projetée du solide dans un plan perpendiculaire à la direction de son déplacement.

Voir l'indice

À grand nombre de Reynolds, les effets inertiels dominent la traînée et rendent le coefficient C_z quasi constant, ce qui relie la force au carré de la vitesse.

Voir la réponse courte

À grand nombre de Reynolds (\mathcal{R}_{\mathrm{e}} > 1000), le coefficient C_z devient quasi constant et la traînée varie en v^2.

Voir le corrigé complet

Pour des nombres de Reynolds élevés (\mathcal{R}_{\mathrm{e}} > 1000, typiquement 10^3 \le \mathcal{R}_{\mathrm{e}} \le 10^5), les effets inertiels prédominent devant les effets visqueux. L'écoulement présente un sillage turbulent à l'aval du solide avec une zone de forte dépression (traînée de forme ou de culot).

Dans cette gamme de Reynolds, le coefficient de traînée C_z est quasiment constant (pour une sphère, C_z \simeq 0{,}44). D'après la définition du coefficient de traînée :

|F_z| = \frac{1}{2} C_z \rho S v^2

La norme de la force de traînée est donc proportionnelle au carré de la vitesse de l'écoulement :

\boxed{|F_z| \propto v^2}

Vectoriellement, la force s'opposant au déplacement s'écrit \vec{F} = -\frac{1}{2} C_z \rho S v \vec{v}.

Résultat

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : force de traînée, coefficient de traînée, nombre de reynolds

Déterminer l'expression du coefficient de traînée en fonction du nombre de Reynolds .

Voir l'indice

Injecter l'expression de la force de traînée de Stokes dans la définition adimensionnelle de C_z en utilisant le diamètre d=2a comme longueur caractéristique de Reynolds.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la surface projetée S de la boule perpendiculairement à l'écoulement.
  2. Injecter la force de traînée de Stokes |F_z| = 6\pi\eta a v dans la définition du coefficient de traînée C_z.
  3. Faire apparaître le nombre de Reynolds \mathcal{R}_{\mathrm{e}} défini avec la dimension caractéristique de la boule, son diamètre d = 2a.
Voir la réponse courte

Utiliser la force de Stokes pour établir C_z = 24/\mathcal{R}_{\mathrm{e}} avec \mathcal{R}_{\mathrm{e}} = 2\rho v a / \eta.

Voir le corrigé complet

La projection de la boule de rayon a sur un plan orthogonal à la direction de déplacement est un disque de rayon a, d'aire :

S = \pi a^2

D'après l'énoncé, dans le régime de Stokes, la force de traînée subie par la boule s'écrit \vec{F}_S = -6\pi\eta a \vec{v}, d'où une norme :

|F_z| = 6\pi\eta a v

Le coefficient de traînée s'exprime donc sous la forme :

\begin{aligned} C_z &= \frac{|F_z|}{\frac{1}{2}\rho v^2 S} = \frac{6\pi\eta a v}{\frac{1}{2}\rho v^2 \pi a^2} \\ &= \frac{12\eta}{\rho v a} \end{aligned}

Pour une sphère, la dimension caractéristique usuelle est son diamètre d = 2a (introduit explicitement par l'énoncé). Le nombre de Reynolds associé s'écrit :

\mathcal{R}_{\mathrm{e}} = \frac{\rho v d}{\eta} = \frac{2\rho v a}{\eta}

On en déduit l'expression classique du coefficient de traînée en régime de Stokes :

\boxed{C_z = \frac{24}{\mathcal{R}_{\mathrm{e}}}}

Résultat

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation

Notions : équation de navier-stokes, écoulement rampant

Donner l'équation de Navier-Stokes simplifiée, correspondant au régime de l'écoulement considéré et vérifiée par le champ de vitesse du fluide en un point situé à l'extérieur de la boule.

Voir l'indice

Négliger le terme convectif (\vec{v}\cdot\vec{\operatorname{grad}})\vec{v} devant les termes visqueux pour un écoulement stationnaire à très faible nombre de Reynolds.

Voir la réponse courte

Négliger le terme convectif d'inertie pour obtenir l'équation de Stokes stationnaire \vec{\nabla} P = \eta \Delta \vec{v}.

Voir le corrigé complet

L'équation de Navier-Stokes s'écrit de façon générale :

\rho\left[\frac{\partial \vec{v}}{\partial t}+(\vec{v} \cdot \vec{\operatorname{grad}}) \vec{v}\right] = -\vec{\operatorname{grad}} P + \eta \vec{\Delta} \vec{v}

Dans le cadre de l'écoulement considéré :

  • l'écoulement est stationnaire dans le référentiel d'étude, d'où \dfrac{\partial \vec{v}}{\partial t} = \vec{0} ;
  • le régime de Stokes correspond à un nombre de Reynolds très faible (\mathcal{R}_{\mathrm{e}} \ll 1), de sorte que les effets inertiels (terme convectif (\vec{v} \cdot \vec{\operatorname{grad}}) \vec{v}) sont négligeables devant les effets visqueux \dfrac{\eta}{\rho}\vec{\Delta}\vec{v}.

Le terme d'accélération particulaire est donc totalement négligé devant les termes de force volumique.

L'équation de Navier-Stokes se réduit alors à l'équation de Stokes :

\boxed{\vec{\operatorname{grad}} P = \eta \vec{\Delta} \vec{v}}

À cette équation s'ajoute l'équation d'incompressibilité du fluide :

\operatorname{div} \vec{v} = 0

Résultat

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Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : écoulement de stokes, condition aux limites

Montrer que ce champ de vitesse vérifie bien la condition de non-glissement à la surface de la boule. Montrer qu'il vérifie également la condition aux limites loin de la boule.

Voir l'indice

Évaluer les composantes v_r(a,\theta) et v_\theta(a,\theta) en r=a, puis étudier la limite lorsque r \to \infty en comparant avec \vec{v}_0 = v_0(\cos\theta\,\vec{e}_r - \sin\theta\,\vec{e}_\theta).

Voir la stratégie
  1. Évaluer le champ de vitesse en r = a dans le référentiel lié à la boule (où la sphère est immobile) pour vérifier l'adhérence (vitesse relative nulle).
  2. Prendre la limite du champ de vitesse lorsque r \to +\infty et projeter le vecteur unitaire \vec{e}_z dans la base sphérique \{\vec{e}_r, \vec{e}_\theta, \vec{e}_\phi\} pour retrouver \vec{v}_0 = v_0 \vec{e}_z.
Voir la réponse courte

Vérifier l'adhérence \vec{v}(a)=\vec{0} à la paroi sphérique et la limite uniforme \vec{v} \to v_0 \vec{e}_z à l'infini.

Voir le corrigé complet

Le champ de vitesse donné par l'énoncé s'écrit :

\vec{v}(r,\theta) = v_0 \cos\theta \left(1 - \frac{3a}{2r} + \frac{a^3}{2r^3}\right)\vec{e}_r - v_0 \sin\theta \left(1 - \frac{3a}{4r} - \frac{a^3}{4r^3}\right)\vec{e}_\theta

1. Condition de non-glissement à la surface de la boule (r = a) :

La boule est immobile dans le référentiel d'étude. La condition d'adhérence du fluide visqueux sur la paroi solide impose donc \vec{v}(r=a,\theta) = \vec{0}.

En évaluant les composantes radiale et orthoradiale en r = a :

\begin{aligned} v_r(a,\theta) &= v_0 \cos\theta \left(1 - \frac{3}{2} + \frac{1}{2}\right) = 0 \\ v_\theta(a,\theta) &= -v_0 \sin\theta \left(1 - \frac{3}{4} - \frac{1}{4}\right) = 0 \end{aligned}

Comme la composante azimutale est identiquement nulle (v_\phi = 0), on en déduit :

\boxed{\vec{v}(a,\theta) = \vec{0}}

La condition de non-glissement à la surface de la boule est donc rigoureusement satisfaite.

2. Condition aux limites loin de la boule (r \to +\infty) :

Lorsque la distance à la boule tend vers l'infini (r \to +\infty), les termes en a/r et (a/r)^3 tendent vers zéro :

\lim_{r\to+\infty} \vec{v}(r,\theta) = v_0 \cos\theta\,\vec{e}_r - v_0 \sin\theta\,\vec{e}_\theta

Or, en projetant le vecteur unitaire cartésien \vec{e}_z de l'axe de révolution sur la base locale sphérique, on a :

\vec{e}_z = (\vec{e}_z \cdot \vec{e}_r)\vec{e}_r + (\vec{e}_z \cdot \vec{e}_\theta)\vec{e}_\theta = \cos\theta\,\vec{e}_r - \sin\theta\,\vec{e}_\theta

On retrouve immédiatement :

\boxed{\lim_{r\to+\infty} \vec{v}(r,\theta) = v_0 \vec{e}_z = \vec{v}_0}

Loin de la sphère, l'écoulement n'est pas perturbé et redevient l'écoulement uniforme de vitesse \vec{v}_0 = v_0 \vec{e}_z.

Résultat

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : rotationnel, coordonnée sphérique

Montrer que expression dans laquelle on précisera la valeur de la constante positive .

Voir l'indice

Utiliser la formule du rotationnel en coordonnées sphériques fournie en tête d'énoncé en notant que le champ est orthoradial nul (v_\phi = 0) et indépendant de \phi.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les composantes du rotationnel en coordonnées sphériques à l'aide de la formule fournie dans l'énoncé, en exploitant l'invariance par rotation autour de (Oz) (\partial/\partial \phi = 0) et l'absence de composante azimutale (v_\phi = 0).
  2. Calculer successivement les dérivées partielles \dfrac{\partial(r v_\theta)}{\partial r} et \dfrac{\partial v_r}{\partial \theta}.
  3. En déduire l'expression de \overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{v} et identifier la constante \alpha.
Voir la réponse courte

Calculer le rotationnel en coordonnées sphériques à partir de l'expression du champ de vitesse pour trouver \alpha = 3/2.

Voir le corrigé complet

Le champ de vitesse est donné par ses composantes en coordonnées sphériques :

\begin{aligned} v_r(r,\theta) &= v_0 \cos \theta \left(1 - \frac{3a}{2r} + \frac{a^3}{2r^3}\right) \\ v_\theta(r,\theta) &= -v_0 \sin \theta \left(1 - \frac{3a}{4r} - \frac{a^3}{4r^3}\right) \\ v_\phi &= 0 \end{aligned}

Ces grandeurs sont indépendantes de \phi par symétrie de révolution autour de l'axe (Oz).

D'après le formulaire de l'énoncé :

  • La composante selon \vec{e}_r fait intervenir v_\phi = 0 et \dfrac{\partial v_\theta}{\partial \phi} = 0, elle est donc nulle.
  • La composante selon \vec{e}_\theta fait intervenir v_\phi = 0 et \dfrac{\partial v_r}{\partial \phi} = 0, elle est également nulle.

Le rotationnel est donc purement orthoradial suivant \vec{e}_\phi :

\overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{v} = \frac{1}{r}\left[\frac{\partial(r v_\theta)}{\partial r} - \frac{\partial v_r}{\partial \theta}\right] \vec{e}_\phi

Calculons les deux termes entre crochets :

\begin{aligned} r v_\theta &= -v_0 \sin\theta \left(r - \frac{3a}{4} - \frac{a^3}{4r^2}\right) \\ \implies \frac{\partial(r v_\theta)}{\partial r} &= -v_0 \sin\theta \left(1 + \frac{a^3}{2r^3}\right) \end{aligned}

et :

\begin{aligned} \frac{\partial v_r}{\partial \theta} &= -v_0 \sin\theta \left(1 - \frac{3a}{2r} + \frac{a^3}{2r^3}\right) \end{aligned}

En effectuant la différence :

\begin{aligned} \frac{\partial(r v_\theta)}{\partial r} - \frac{\partial v_r}{\partial \theta} &= -v_0 \sin\theta \left[\left(1 + \frac{a^3}{2r^3}\right) - \left(1 - \frac{3a}{2r} + \frac{a^3}{2r^3}\right)\right] \\ &= -v_0 \sin\theta \left(\frac{3a}{2r}\right) = -\frac{3 a v_0 \sin\theta}{2r} \end{aligned}

En divisant par r, on obtient :

\boxed{\overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{v} = -\frac{3}{2}\frac{v_0 a \sin\theta}{r^2}\vec{e}_\phi}

Par identification avec l'expression demandée, on trouve :

\boxed{\alpha = \frac{3}{2}}

avec \alpha \in \mathbb{Q}^{+*}.

Résultat

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Question 8

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : écoulement de stokes, gradient de pression

En déduire que la pression autour de la boule s'écrit sous la forme dans laquelle on précisera l'expression de en fonction de , et .

Voir l'indice

Réécrire l'équation de Stokes sous la forme \vec{\operatorname{grad}} P = -\eta\,\vec{\operatorname{rot}}(\vec{\operatorname{rot}}\vec{v}) puisque l'écoulement est incompressible, puis identifier terme à terme les dérivées partielles de P.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \vec{\Delta}\vec{v} à l'aide de l'identité vectorielle fournie et de l'incompressibilité de l'écoulement (\operatorname{div}\vec{v} = 0).
  2. Calculer le double rotationnel \overrightarrow{\operatorname{rot}}(\overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{v}) à partir de l'expression de \overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{v} obtenue à la question Q7.
  3. Identifier les composantes de \vec{\operatorname{grad}} P dans l'équation de Stokes issue de Q5, puis intégrer pour déterminer le champ de pression avec la condition aux limites à l'infini P(r \to \infty) = P_\infty.
Voir la réponse courte

Utiliser \vec{\nabla} P = -\eta \overrightarrow{\operatorname{rot}}(\overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{v}) et intégrer pour obtenir le champ de pression avec \beta = \frac{3}{2}\eta v_0 a.

Voir le corrigé complet

L'écoulement étant incompressible, la divergence de la vitesse est nulle : \operatorname{div} \vec{v} = 0. L'identité vectorielle fournie donne alors :

\vec{\Delta}\vec{v} = \vec{\operatorname{grad}}(\operatorname{div}\vec{v}) - \overrightarrow{\operatorname{rot}}(\overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{v}) = -\overrightarrow{\operatorname{rot}}(\overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{v})

L'équation de Stokes établie à la question Q5 s'écrit donc :

\vec{\operatorname{grad}} P = -\eta\, \overrightarrow{\operatorname{rot}}(\overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{v})

D'après la question Q7, le rotationnel de la vitesse n'a qu'une composante selon \vec{e}_\phi :

\vec{\Omega} = \overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{v} = \Omega_\phi \vec{e}_\phi \quad \text{avec} \quad \Omega_\phi = -\frac{3}{2}\frac{v_0 a \sin\theta}{r^2}

En utilisant l'expression du rotationnel en coordonnées sphériques pour un champ porté uniquement par \vec{e}_\phi :

\begin{aligned} \left[\overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{\Omega}\right]_r &= \frac{1}{r\sin\theta}\frac{\partial(\sin\theta\,\Omega_\phi)}{\partial\theta} \\ &= \frac{1}{r\sin\theta}\frac{\partial}{\partial\theta}\left(-\frac{3}{2}\frac{v_0 a}{r^2}\sin^2\theta\right) \\ &= -\frac{3 v_0 a \cos\theta}{r^3} \\ \left[\overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{\Omega}\right]_\theta &= -\frac{1}{r}\frac{\partial(r\Omega_\phi)}{\partial r} \\ &= -\frac{1}{r}\frac{\partial}{\partial r}\left(-\frac{3}{2}\frac{v_0 a\sin\theta}{r}\right) \\ &= -\frac{3}{2}\frac{v_0 a \sin\theta}{r^3} \\ \left[\overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{\Omega}\right]_\phi &= 0 \end{aligned}

En injectant ce résultat dans \vec{\operatorname{grad}} P = -\eta\,\overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{\Omega} et en identifiant avec l'expression du gradient en base sphérique :

\begin{aligned} \frac{\partial P}{\partial r} &= 3\eta v_0 a \frac{\cos\theta}{r^3} \\ \frac{1}{r}\frac{\partial P}{\partial\theta} &= \frac{3}{2}\eta v_0 a \frac{\sin\theta}{r^3} \iff \frac{\partial P}{\partial\theta} = \frac{3}{2}\eta v_0 a \frac{\sin\theta}{r^2} \end{aligned}

L'intégration de la dérivée radiale donne :

P(r,\theta) = -\frac{3}{2}\eta v_0 a \frac{\cos\theta}{r^2} + f(\theta)

En dérivant cette fonction par rapport à \theta, on retrouve :

\frac{\partial P}{\partial\theta} = \frac{3}{2}\eta v_0 a \frac{\sin\theta}{r^2} + f'(\theta)

ce qui impose f'(\theta) = 0, donc f(\theta) = \mathrm{cste}. La condition à l'infini P(r \to \infty) = P_\infty fixe cette constante à P_\infty. On obtient ainsi :

P(M) = P_\infty - \beta \frac{\cos\theta}{r^2}

avec :

\boxed{\beta = \frac{3}{2}\eta a v_0}

Résultat

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : force de pression, écoulement de stokes

Déterminer la résultante des forces de pression, notée , sur la boule.

Voir l'indice

Projeter l'élément de force de pression élémentaire \mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{p}} = -P(a,\theta)\,\vec{e}_r\,\mathrm{d}S sur l'axe de symétrie \vec{e}_z avec \vec{e}_r\cdot\vec{e}_z = \cos\theta avant d'intégrer sur la surface sphérique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la force élémentaire de pression exercée par le fluide sur un élément de surface \mathrm{d}S de la boule, en faisant attention à l'orientation de la normale.
  2. Utiliser les symétries de révolution du problème pour simplifier l'intégration vectorielle.
  3. Intégrer l'expression en utilisant le champ de pression P(a,\theta) obtenu à la question Q8.
Voir la réponse courte

Intégrer -P(a,\theta)\vec{e}_r \mathrm{d}S sur la surface de la sphère pour trouver la résultante de pression \vec{F}_{\mathrm{p}} = 2\pi\eta a v_0 \vec{e}_z.

Voir le corrigé complet

La force élémentaire de pression exercée par le fluide sur un élément de surface \mathrm{d}S de la boule située à la coordonnée radiale r = a s'écrit :

\mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{p}} = - P(a,\theta)\,\vec{n}_{\mathrm{ext}}\,\mathrm{d}S

où \vec{n}_{\mathrm{ext}} = \vec{e}_r est le vecteur unitaire normal à la surface de la boule dirigé vers le fluide. Ainsi :

\mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{p}} = - P(a,\theta)\,\vec{e}_r\,\mathrm{d}S

avec \mathrm{d}S = a^2\sin\theta\,\mathrm{d}\theta\,\mathrm{d}\phi.

D'après le résultat de la question Q8, la pression à la surface de la boule (r = a) vaut :

P(a,\theta) = P_\infty - \beta\,\frac{\cos\theta}{a^2} \quad \text{avec} \quad \beta = \frac{3}{2}\eta a v_0

Dans la base cartésienne, le vecteur radial s'exprime par :

\vec{e}_r = \sin\theta\cos\phi\,\vec{e}_x + \sin\theta\sin\phi\,\vec{e}_y + \cos\theta\,\vec{e}_z

Par invariance par rotation autour de l'axe (Oz), les composantes selon \vec{e}_x et \vec{e}_y s'annulent après intégration sur \phi \in [0, 2\pi] car \int_0^{2\pi}\cos\phi\,\mathrm{d}\phi = \int_0^{2\pi}\sin\phi\,\mathrm{d}\phi = 0. La résultante est donc purement selon \vec{e}_z :

\begin{aligned} \vec{F}_{\mathrm{p}} &= \left( \iint_S - P(a,\theta)\cos\theta\,\mathrm{d}S \right)\vec{e}_z \\ &= -\vec{e}_z \int_0^{2\pi}\mathrm{d}\phi \int_0^\pi \left( P_\infty - \beta\frac{\cos\theta}{a^2} \right) \cos\theta\,a^2\sin\theta\,\mathrm{d}\theta \end{aligned}

Le terme uniforme P_\infty donne une contribution nulle :

\int_0^\pi \cos\theta\sin\theta\,\mathrm{d}\theta = \left[ \frac{\sin^2\theta}{2} \right]_0^\pi = 0

ce qui traduit le fait qu'une pression uniforme n'exerce aucune force résultante sur une surface fermée.

Il reste donc :

\begin{aligned} \vec{F}_{\mathrm{p}} &= \beta\,\vec{e}_z \int_0^{2\pi}\mathrm{d}\phi \int_0^\pi \cos^2\theta\sin\theta\,\mathrm{d}\theta \\ &= 2\pi\beta\,\left[ -\frac{\cos^3\theta}{3} \right]_0^\pi \vec{e}_z \\ &= \frac{4\pi}{3}\beta\,\vec{e}_z \end{aligned}

En remplaçant \beta = \dfrac{3}{2}\eta a v_0, on obtient :

\boxed{\vec{F}_{\mathrm{p}} = 2\pi\eta a v_0\,\vec{e}_z}

Résultat

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Question 10

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral

Notions : contrainte visqueuse, force de frottement fluide

Déterminer la résultante des forces de cisaillement, notée , exercée par le fluide sur toute la boule.

Voir l'indice

Projeter la force tangentielle élémentaire sur l'axe \vec{e}_z via \vec{e}_\theta\cdot\vec{e}_z = -\sin\theta et intégrer en \theta entre 0 et \pi.

Voir la stratégie
  1. Calculer le gradient radial de la vitesse tangentielle \left.\frac{\partial (\vec{v}\cdot\vec{e}_\theta)}{\partial r}\right|_{r=a} à partir de la composante v_\theta(r,\theta) donnée par l'énoncé.
  2. Projeter la force élémentaire de cisaillement sur l'axe (Oz), les composantes orthogonales s'annulant par symétrie de révolution.
  3. Intégrer sur l'ensemble de la surface de la sphère en coordonnées sphériques.
Voir la réponse courte

Évaluer la contrainte tangentielle visqueuse à la surface et l'intégrer pour obtenir \vec{F}_{\mathrm{c}} = 4\pi\eta a v_0 \vec{e}_z.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression du champ de vitesse établie pour le régime de Stokes, la composante orthoradiale s'écrit :

v_\theta(r,\theta) = \vec{v}\cdot\vec{e}_\theta = -v_0\sin\theta\left(1 - \frac{3a}{4r} - \frac{a^3}{4r^3}\right)

En dérivant par rapport à r :

\frac{\partial v_\theta}{\partial r} = -v_0\sin\theta\left(\frac{3a}{4r^2} + \frac{3a^3}{4r^4}\right)

Évaluée à la paroi de la boule (r = a) :

\left.\frac{\partial v_\theta}{\partial r}\right|_{r=a} = -v_0\sin\theta\left(\frac{3}{4a} + \frac{3}{4a}\right) = -\frac{3v_0}{2a}\sin\theta

La force élémentaire de cisaillement s'exprime donc sous la forme :

\mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{c}} = -\frac{3\eta v_0}{2a}\sin\theta\,\mathrm{d}S\,\vec{e}_\theta

Par symétrie de révolution autour de l'axe (Oz), la résultante des forces est dirigée selon \vec{e}_z. En projetant le vecteur unitaire \vec{e}_\theta sur l'axe (Oz) :

\vec{e}_\theta \cdot \vec{e}_z = -\sin\theta

La composante selon \vec{e}_z de la force élémentaire vaut ainsi :

\mathrm{d}F_{\mathrm{c},z} = \mathrm{d}\vec{F}_{\mathrm{c}}\cdot\vec{e}_z = \left(-\frac{3\eta v_0}{2a}\sin\theta\right)(-\sin\theta)\,\mathrm{d}S = \frac{3\eta v_0}{2a}\sin^2\theta\,\mathrm{d}S

L'élément de surface de la sphère de rayon a est \mathrm{d}S = a^2\sin\theta\,\mathrm{d}\theta\,\mathrm{d}\phi. On intègre sur toute la sphère (\theta \in [0,\pi] et \phi \in [0,2\pi]) :

\begin{aligned} F_{\mathrm{c},z} &= \frac{3\eta v_0}{2a} a^2 \int_0^{2\pi}\mathrm{d}\phi \int_0^\pi \sin^3\theta\,\mathrm{d}\theta \\ &= \frac{3}{2}\pi\eta a v_0 \times 2 \times \int_0^\pi \sin\theta(1-\cos^2\theta)\,\mathrm{d}\theta \\ &= 3\pi\eta a v_0 \left[-\cos\theta + \frac{\cos^3\theta}{3}\right]_0^\pi \\ &= 3\pi\eta a v_0 \left(2 - \frac{2}{3}\right) = 4\pi\eta a v_0 \end{aligned}

La résultante des forces de cisaillement exercée par le fluide sur la boule s'écrit donc :

\boxed{\vec{F}_{\mathrm{c}} = 4\pi\eta a v_0\,\vec{e}_z}

Résultat

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Question 11

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : formule de stokes, force de traînée

Déduire des deux résultats précédents la force de traînée exercée par le fluide sur la boule.

Voir l'indice

Sommer vectoriellement la résultante des forces de pression et celle des forces de cisaillement obtenues aux deux questions précédentes.

Voir la réponse courte

Sommer les contributions de pression et de cisaillement pour retrouver la formule de Stokes \vec{F} = 6\pi\eta a v_0 \vec{e}_z.

Voir le corrigé complet

La force totale \vec{F} exercée par le fluide sur la boule est la somme de la résultante des forces de pression \vec{F}_{\mathrm{p}} et de la résultante des forces de cisaillement (ou de frottement visqueux) \vec{F}_{\mathrm{c}} :

\vec{F} = \vec{F}_{\mathrm{p}} + \vec{F}_{\mathrm{c}}

En utilisant les résultats des questions Q9 et Q10 :

\begin{aligned} \vec{F}_{\mathrm{p}} &= 2\pi \eta a v_0\,\vec{e}_z \\ \vec{F}_{\mathrm{c}} &= 4\pi \eta a v_0\,\vec{e}_z \end{aligned}

On en déduit immédiatement :

\boxed{\vec{F} = 6\pi \eta a v_0\,\vec{e}_z}

Dans le référentiel du laboratoire où la boule se déplace à la vitesse \vec{v}_{\text{boule}} = -v_0\vec{e}_z dans un fluide au repos à l'infini, cette force s'écrit :

\vec{F} = -6\pi\eta a \vec{v}_{\text{boule}}

On retrouve ainsi parfaitement l'expression de la force de traînée de Stokes donnée dans l'énoncé.

Résultat

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Partie II : Glissement d'un gaz à la surface d'un solide

Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : théorie cinétique des gaz, vitesse de glissement

Déterminer, en fonction de et , la vitesse moyenne après collision avec la paroi. En déduire la vitesse de glissement des molécules de cette couche pendant la durée .

Voir l'indice

Écrire la vitesse moyenne réfléchie comme la moyenne pondérée par \sigma et 1-\sigma des vitesses après choc, puis faire la moyenne des vitesses des molécules incidentes et réfléchies dans la couche.

Voir la stratégie
  1. Identifier la vitesse tangentielle après choc pour chacun des deux types de collision (spéculaire ou diffusif) sur la paroi fixe, puis en faire la moyenne pondérée par les proportions données pour obtenir u_r.
  2. Calculer la vitesse moyenne u_g dans la couche de Knudsen d'épaisseur \ell en moyennant les vitesses des molécules n'ayant pas interagi avec la paroi (vitesse u_i) et de celles ayant subi une collision (vitesse moyenne u_r).
Voir la réponse courte

Exprimer la vitesse réfléchie u_r = (1-\sigma)u_i puis la vitesse moyenne de glissement u_g = \frac{2-\sigma}{2}u_i.

Voir le corrigé complet

La paroi étant fixe (z_{\mathrm{p}} = 0), sa vitesse est nulle.

Lors d'une collision avec la paroi :

  • Une proportion 1 - \sigma de molécules subit un choc spéculaire et conserve sa vitesse tangentielle incidente, soit u_i ;
  • Une proportion \sigma subit un choc diffusif et est réémise à la vitesse tangentielle de la paroi, soit 0.

La vitesse moyenne après réflexion s'écrit donc :

u_r = (1 - \sigma) u_i + \sigma \times 0
\boxed{u_r = (1 - \sigma) u_i}

Dans la couche de fluide d'épaisseur \ell adjacente à la paroi :

  • Une fraction 1/2 des molécules n'entre pas en collision avec la paroi et conserve la vitesse d'entraînement u_i ;
  • L'autre fraction 1/2 heurte la paroi et possède en moyenne la vitesse u_r.

La vitesse de glissement effective u_g est la moyenne des vitesses de l'ensemble de ces molécules :

\begin{aligned} u_g &= \frac{1}{2} u_i + \frac{1}{2} u_r \\ &= \frac{1}{2} u_i + \frac{1}{2}(1 - \sigma) u_i \end{aligned}
\boxed{u_g = \left(1 - \frac{\sigma}{2}\right) u_i = \frac{2 - \sigma}{2} u_i}

Résultat

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : développement de taylor, longueur de glissement

Exprimer, en fonction de , et , la vitesse comme un développement de Taylor au premier ordre de au voisinage de la paroi. En utilisant la condition aux limites (2) de Maxwell-Navier pour , exprimer la longueur d'extrapolation (aussi appelée longueur de glissement) en fonction de et .

Voir l'indice

Exprimer le développement au premier ordre u(\ell) \approx u(0) + \ell\left.\frac{\partial u}{\partial z}\right|_{0} avec u(0)=u_g, puis isoler le rapport définissant la longueur de glissement b.

Voir la stratégie
  1. Effectuer un développement de Taylor au premier ordre de la vitesse macroscopique u(z) au voisinage de la paroi z=0, en identifiant la vitesse tangentielle du fluide à la paroi u(0) à la vitesse de glissement u_g.
  2. Relier u_i à u_g grâce au résultat de la question Q12, puis exprimer u_g en fonction du gradient de vitesse \left.\frac{\partial u}{\partial z}\right|_{z=0}.
  3. Identifier avec la condition aux limites de Maxwell-Navier pour en déduire l'expression de la longueur d'extrapolation b.
Voir la réponse courte

Développer u(\ell) au premier ordre et identifier à la condition de Maxwell-Navier pour déduire b = \frac{2-\sigma}{\sigma}\ell.

Voir le corrigé complet

La vitesse macroscopique tangentielle du fluide à la paroi fixe (z=0) est la vitesse de glissement u(0) = u_g.

Au premier ordre au voisinage de la paroi, le développement de Taylor de la vitesse s'écrit :

u(z) \simeq u(0) + z \left.\frac{\partial u}{\partial z}\right|_{z=0}

En évaluant cette vitesse à l'altitude z = \ell, on obtient pour la vitesse incidente u_i = u(\ell) :

\boxed{u_i = u_g + \ell \left.\frac{\partial u}{\partial z}\right|_{z=0}}

D'après le résultat de la question Q12, la vitesse moyenne de glissement dans la couche s'exprime en fonction de u_i par :

u_g = \frac{2-\sigma}{2} u_i

En substituant l'expression de u_i obtenue ci-dessus :

u_g = \frac{2-\sigma}{2} \left( u_g + \ell \left.\frac{\partial u}{\partial z}\right|_{z=0} \right)

En regroupant les termes en u_g :

\begin{aligned} u_g \left( 1 - \frac{2-\sigma}{2} \right) &= \frac{2-\sigma}{2} \, \ell \left.\frac{\partial u}{\partial z}\right|_{z=0} \\ \frac{\sigma}{2} \, u_g &= \frac{2-\sigma}{2} \, \ell \left.\frac{\partial u}{\partial z}\right|_{z=0} \\ u_g &= \frac{2-\sigma}{\sigma} \, \ell \left.\frac{\partial u}{\partial z}\right|_{z=0} \end{aligned}

La condition aux limites de Maxwell-Navier (relation (2) de l'énoncé) appliquée en z_{\mathrm{p}} = 0 avec v_t = u_g impose :

u_g = b \left.\frac{\partial u}{\partial z}\right|_{z=0}

Par identification directe entre ces deux relations, on en déduit l'expression de la longueur de glissement b :

\boxed{b = \frac{2-\sigma}{\sigma} \, \ell}

Résultat

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Question 14

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation

Notions : écoulement de poiseuille, équation de navier-stokes

Déterminer l'équation différentielle vérifiée par le champ de vitesse du fluide .

Voir l'indice

Projeter l'équation de Navier-Stokes sur \vec{e}_x en tenant compte du caractère stationnaire, unidirectionnel et de l'invariance par translation le long du canal.

Voir la stratégie
  1. Écrire l'équation de Navier-Stokes en régime stationnaire pour un fluide newtonien incompressible, en négligeant la pesanteur.
  2. Simplifier le terme d'accélération convective et le laplacien vectoriel grâce à la forme unidirectionnelle du champ de vitesse \vec{v} = u(z)\,\vec{e}_x.
  3. Projeter l'équation sur les axes cartésiens et exprimer la dérivée seconde de u(z) en fonction du gradient de pression G et de la viscosité \eta.
Voir la réponse courte

Projeter Navier-Stokes selon l'axe longitudinal pour obtenir l'équation différentielle \frac{\mathrm{d}^2 u}{\mathrm{d}z^2} = -\frac{G}{\eta}.

Voir le corrigé complet

Le champ de vitesse imposé par la géométrie du problème est unidirectionnel et stationnaire :

\vec{v}(x,y,z) = u(z)\,\vec{e}_x

Vérifions tout d'abord la condition d'incompressibilité :

\operatorname{div}\vec{v} = \frac{\partial u}{\partial x} = 0

Cette condition est bien respectée quelle que soit la fonction u(z).

Calculons les différents termes de l'équation de Navier-Stokes stationnaire :

  • Le terme temporel est nul en régime permanent : \dfrac{\partial \vec{v}}{\partial t} = \vec{0}.
  • Le terme convectif (non linéaire) vaut :

    (\vec{v}\cdot\vec{\operatorname{grad}})\vec{v} = \left(u(z)\frac{\partial}{\partial x}\right)\big(u(z)\,\vec{e}_x\big) = u(z)\frac{\partial u}{\partial x}\,\vec{e}_x = \vec{0}

    L'accélération particulaire est donc strictement nulle.

  • Le laplacien vectoriel s'écrit simplement en coordonnées cartésiennes :

    \vec{\Delta}\vec{v} = \left(\frac{\partial^2 u}{\partial x^2} + \frac{\partial^2 u}{\partial y^2} + \frac{\partial^2 u}{\partial z^2}\right)\vec{e}_x = \frac{\mathrm{d}^2 u}{\mathrm{d}z^2}\,\vec{e}_x

L'équation de Navier-Stokes (1) se réduit ainsi à :

\vec{0} = -\vec{\operatorname{grad}} P + \eta\,\frac{\mathrm{d}^2 u}{\mathrm{d}z^2}\,\vec{e}_x

Projetons cette relation vectorielle selon les trois directions de l'espace :

\begin{aligned} \text{suivant }\vec{e}_y : \quad & \frac{\partial P}{\partial y} = 0 \implies P = P(x,z) \\ \text{suivant }\vec{e}_z : \quad & \frac{\partial P}{\partial z} = 0 \implies P = P(x) \\ \text{suivant }\vec{e}_x : \quad & 0 = -\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}x} + \eta\,\frac{\mathrm{d}^2 u}{\mathrm{d}z^2} \end{aligned}

La pression ne dépend donc que de la variable x, et l'énoncé définit le gradient de pression constant par G = -\dfrac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}x}. On en déduit immédiatement :

\boxed{\frac{\mathrm{d}^2 u}{\mathrm{d}z^2} = -\frac{G}{\eta}}

Résultat

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Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : écoulement de poiseuille, débit volumique

Déterminer dans ces conditions l'expression du champ de vitesse en fonction de , , et . Déterminer le débit volumique en fonction de , , et .

Voir l'indice

Intégrer deux fois par rapport à z en imposant l'annulation de la vitesse sur les parois z=\pm h/2, puis intégrer le profil parabolique sur la section droite du canal de largeur w.

Voir la stratégie
  1. Intégrer deux fois l'équation différentielle obtenue à la question Q14 reliant la dérivée seconde de la vitesse au gradient de pression.
  2. Déterminer les constantes d'intégration à l'aide des conditions aux limites de non-glissement en z = \pm h/2.
  3. Calculer le débit volumique en intégrant le profil de vitesse sur la section droite du canal de dimensions w \times h.
Voir la réponse courte

Intégrer avec conditions d'adhérence : profil parabolique u(z) = \frac{G}{2\eta}(h^2-z^2) et débit Q_{ng} = \frac{2wGh^3}{3\eta}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q14, le profil de vitesse vérifie l'équation différentielle :

\frac{\mathrm{d}^2 u}{\mathrm{d}z^2} = -\frac{G}{\eta}

Par intégration successive par rapport à z, il vient :

\frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}z} = -\frac{G}{\eta} z + C_1
u_{ng}(z) = -\frac{G}{2\eta} z^2 + C_1 z + C_2

où C_1 et C_2 sont deux constantes réelles déterminées par les conditions de non-glissement aux parois fixes :

u_{ng}\left(\frac{h}{2}\right) = 0 \quad \text{et} \quad u_{ng}\left(-\frac{h}{2}\right) = 0

La différence entre ces deux conditions donne C_1 h = 0, soit C_1 = 0 (le profil de vitesse est pair par symétrie du problème). La condition en z = h/2 impose alors :

-\frac{G}{2\eta}\left(\frac{h}{2}\right)^2 + C_2 = 0 \implies C_2 = \frac{G h^2}{8\eta}

Le champ de vitesse dans le canal s'écrit donc :

\boxed{u_{ng}(z) = \frac{G}{2\eta}\left(\frac{h^2}{4} - z^2\right) = \frac{G h^2}{8\eta}\left(1 - \frac{4z^2}{h^2}\right)}

Le débit volumique Q_{ng} traversant une section droite perpendiculaire à (Ox) de largeur w selon (Oy) et de hauteur h selon (Oz) vaut :

Q_{ng} = \iint_{\mathcal{S}} u_{ng}(z) \, \mathrm{d}y\,\mathrm{d}z = w \int_{-h/2}^{h/2} u_{ng}(z) \, \mathrm{d}z

Par parité de la fonction u_{ng}(z) :

\begin{aligned} Q_{ng} &= 2w \frac{G}{2\eta} \int_{0}^{h/2} \left(\frac{h^2}{4} - z^2\right)\mathrm{d}z \\ &= \frac{wG}{\eta} \left[ \frac{h^2}{4}z - \frac{z^3}{3} \right]_0^{h/2} \\ &= \frac{wG}{\eta} \left(\frac{h^3}{8} - \frac{h^3}{24}\right) \\ &= \frac{wG}{\eta} \frac{h^3}{12} \end{aligned}

On obtient finalement l'expression du débit volumique :

\boxed{Q_{ng} = \frac{G w h^3}{12\eta}}

Résultat

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : écoulement de poiseuille, longueur de glissement, débit volumique

Déterminer le champ de vitesse dans le fluide, , en fonction de , , et . Exprimer le débit volumique en fonction de et du taux de confinement du fluide. Commenter.

Voir l'indice

Reprendre la solution générale de l'équation différentielle en appliquant la condition aux limites de glissement u(\pm h/2) = \mp b \left.\frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}z}\right|_{\pm h/2}.

Voir la stratégie
  1. Intégrer l'équation différentielle établie à la question Q14 en tenant compte de la symétrie du profil par rapport au plan médiateur z = 0.
  2. Appliquer la condition de glissement de Maxwell-Navier aux deux parois en z = \pm h/2, en veillant à l'orientation de la normale pointant vers l'intérieur du fluide.
  3. Calculer le débit volumique Q_g par intégration sur la section du canal et exprimer le résultat en fonction de Q_{ng} et de \xi = b/h.
Voir la réponse courte

Résoudre avec glissement aux parois pour trouver u_g(z) et en déduire le débit amplifié Q_g = Q_{ng}(1 + 3b/h).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q14, le profil de vitesse vérifie :

\frac{\mathrm{d}^2 u_g}{\mathrm{d}z^2} = -\frac{G}{\eta}

La solution générale s'écrit :

u_g(z) = -\frac{G}{2\eta}z^2 + C_1 z + C_2

Par symétrie du problème par rapport au plan z = 0, la vitesse est une fonction paire de z, ce qui impose C_1 = 0.

Exprimons la condition aux limites de Maxwell-Navier à chaque paroi :

  • À la paroi inférieure (z = -h/2), le vecteur unitaire orthogonal dirigé vers l'intérieur du fluide est +\vec{e}_z. La condition (2) s'écrit donc :

    u_g\left(-\frac{h}{2}\right) = \left. b\,\frac{\mathrm{d}u_g}{\mathrm{d}z}\right|_{z=-h/2} = b\left(-\frac{G}{\eta}\left(-\frac{h}{2}\right)\right) = \frac{Ghb}{2\eta}
  • À la paroi supérieure (z = +h/2), la normale dirigée vers l'intérieur du fluide étant -\vec{e}_z, la condition s'écrit de même :

    u_g\left(\frac{h}{2}\right) = -\left. b\,\frac{\mathrm{d}u_g}{\mathrm{d}z}\right|_{z=h/2} = -b\left(-\frac{Gh}{2\eta}\right) = \frac{Ghb}{2\eta}

Les deux parois imposent la même vitesse de glissement positive u_{\text{gliss}} = \frac{Ghb}{2\eta}. On en déduit la constante d'intégration C_2 :

u_g\left(\frac{h}{2}\right) = -\frac{Gh^2}{8\eta} + C_2 = \frac{Ghb}{2\eta} \implies C_2 = \frac{Gh^2}{8\eta} + \frac{Ghb}{2\eta}

Le champ de vitesse dans le fluide s'écrit ainsi :

u_g(z) = \frac{G}{2\eta}\left(\frac{h^2}{4} - z^2\right) + \frac{Ghb}{2\eta}

soit encore :

\boxed{u_g(z) = \frac{Gh^2}{8\eta}\left(1 - \frac{4z^2}{h^2} + \frac{4b}{h}\right) = u_{ng}(z) + \frac{Ghb}{2\eta}}

Calculons maintenant le débit volumique Q_g à travers la section droite du canal de largeur w selon (Oy) :

\begin{aligned} Q_g &= \iint_{\mathcal{S}} u_g(z)\,\mathrm{d}y\,\mathrm{d}z = w \int_{-h/2}^{h/2} \left[ u_{ng}(z) + \frac{Ghb}{2\eta} \right] \mathrm{d}z \\ &= Q_{ng} + w \cdot h \cdot \frac{Ghb}{2\eta} = Q_{ng} + \frac{G w h^2 b}{2\eta} \end{aligned}

En rappelant l'expression de Q_{ng} = \frac{Gw h^3}{12\eta} obtenue à la question Q15, on remarque que :

\frac{Gw h^2 b}{2\eta} = 6\,\frac{b}{h}\,Q_{ng} = 6\xi\,Q_{ng}

On en déduit l'expression du débit volumique :

\boxed{Q_g = Q_{ng}\,(1 + 6\xi)}

Commentaire :

  • À l'échelle macroscopique (h \gg b, soit \xi \to 0), le glissement est négligeable et l'on retrouve le débit classique de Poiseuille (Q_g \simeq Q_{ng}).
  • En régime confiné (microfluidique ou nanofluidique, où h devient comparable à b), le paramètre \xi n'est plus négligeable : le glissement aux parois réduit la traînée visqueuse et amplifie significativement le débit pour un même gradient de pression imposé (ou diminue la résistance hydraulique du canal).

Résultat

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Partie III : Approche microscopique de la viscosité

Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, BCPST1

Notions : vitesse quadratique moyenne, théorie cinétique des gaz

Déterminer l'expression de en fonction de , , et . Calculer sa valeur numérique dans des conditions usuelles.

Voir l'indice

Utiliser la relation d'équipartition microscopique \frac{1}{2}m(\delta v)^2 = \frac{3}{2}k_{\mathrm{B}}T avec m = M_{\mathrm{a}}/\mathcal{N}_{\mathrm{A}}, puis faire l'application numérique à T \approx 300\text{ K}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie cinétique moyenne associée au mouvement d'agitation thermique (la fluctuation de vitesse \overrightarrow{\delta v}) pour une particule de masse m.
  2. Relier cette énergie à la température cinétique T par le théorème d'équipartition de l'énergie pour les 3 degrés de liberté de translation.
  3. Exprimer la masse individuelle m d'une molécule en fonction de la masse molaire M_{\mathrm{a}} et du nombre d'Avogadro \mathcal{N}_{\mathrm{A}} pour en déduire \delta v, puis réaliser l'application numérique dans les conditions ambiantes usuelles.
Voir la réponse courte

Relier l'énergie cinétique à la température : \delta v = \sqrt{3 k_{\mathrm{B}} T / m} \simeq 500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} à 300\text{ K}.

Voir le corrigé complet

L'énergie cinétique microscopique d'agitation thermique d'une particule de masse m associée au vecteur fluctuation \overrightarrow{\delta v} s'écrit :

E_{c,\mathrm{th}} = \frac{1}{2}m\|\overrightarrow{\delta v}\|^2 = \frac{1}{2}m(\delta v)^2

Puisque le mouvement de translation dans l'espace possède trois degrés de liberté indépendants, le théorème d'équipartition de l'énergie (ou la définition de la température cinétique) impose :

\langle E_{c,\mathrm{th}} \rangle = \frac{1}{2}m(\delta v)^2 = \frac{3}{2}k_{\mathrm{B}}T

La masse d'une molécule d'air est reliée à sa masse molaire M_{\mathrm{a}} par m = \dfrac{M_{\mathrm{a}}}{\mathcal{N}_{\mathrm{A}}}. On en déduit l'expression de la vitesse quadratique moyenne :

\boxed{\delta v = \sqrt{\frac{3 k_{\mathrm{B}} T \mathcal{N}_{\mathrm{A}}}{M_{\mathrm{a}}}}}

Application numérique : Dans les conditions usuelles de température (T \simeq 300\text{ K}, soit environ 27\text{ }^\circ\text{C} ou 293\text{ K} à 20\text{ }^\circ\text{C}), avec :

  • k_{\mathrm{B}} = 1,4 \times 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}
  • \mathcal{N}_{\mathrm{A}} = 6,0 \times 10^{23}\text{ mol}^{-1}
  • M_{\mathrm{a}} = 29\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 29 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1}

Le produit molaire vaut k_{\mathrm{B}}\mathcal{N}_{\mathrm{A}} = 1,4 \times 6,0 = 8,4\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}. Il vient :

\delta v = \sqrt{\frac{3 \times 8,4 \times 300}{29 \times 10^{-3}}} = \sqrt{\frac{7560}{0,029}} \simeq \sqrt{2,6 \times 10^5} \simeq 510\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}

Avec la consigne d'arrondi à un seul chiffre significatif :

\boxed{\delta v = 5 \times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : théorie cinétique des gaz, flux de quantité de mouvement

Déterminer, en fonction des données, la variation de quantité de mouvement de la tranche A pendant la durée , à travers la surface .

Voir l'indice

Dénombrer les molécules de la tranche A se dirigeant vers le haut qui traversent la frontière pendant \tau, et celles de la tranche B se dirigeant vers le bas qui y pénètrent.

Voir la stratégie
  1. Identifier les molécules qui traversent la surface de contact S à la cote z pendant la durée \Delta t = \tau, à la fois dans le sens montant (\text{A} \to \text{B}) et dans le sens descendant (\text{B} \to \text{A}).
  2. Exprimer la quantité de mouvement individuelle de chaque groupe de particules en tenant compte de leur vitesse moyenne d'entraînement et de leur fluctuation thermique.
  3. Établir le bilan de quantité de mouvement reçue et cédée par la tranche A.
Voir la réponse courte

Dénombrer les particules traversant l'interface pendant \Delta t et sommer les quantités de mouvement transportées.

Voir le corrigé complet

Pendant la durée \Delta t = \tau = \ell / \delta v, les particules se déplaçant à la vitesse d'agitation \delta v parcourent la distance \delta v \tau = \ell.

La surface S séparant les deux tranches se situe à la cote z :

  • Particules quittant la tranche A vers la tranche B :
    Ce sont les molécules de la tranche A (comprise entre z-\ell et z) possédant la fluctuation \overrightarrow{\delta v} = +\delta v\,\vec{e}_z. La direction étant équirépartie sur les 6 directions cartésiennes, la proportion de ces particules est de 1/6. Comme toute la tranche A a une épaisseur \ell, toutes ces molécules traversent S vers le haut. Leur nombre vaut :

    N_{\mathrm{A}\to\mathrm{B}} = \frac{1}{6}\,n\,S\,\ell

    Chacune d'elles emporte la quantité de mouvement :

    \vec{p}_{\mathrm{sortant}} = m\left(\vec{u}_{\mathrm{A}} + \delta v\,\vec{e}_z\right) = m\left(u(z-\ell)\,\vec{e}_x + \delta v\,\vec{e}_z\right)
  • Particules entrant dans la tranche A depuis la tranche B :
    Ce sont les molécules de la tranche B (comprise entre z et z+\ell) possédant la fluctuation \overrightarrow{\delta v} = -\delta v\,\vec{e}_z. Pour la même raison géométrique, leur nombre est :

    N_{\mathrm{B}\to\mathrm{A}} = \frac{1}{6}\,n\,S\,\ell

    Chacune d'elles apporte dans la tranche A la quantité de mouvement :

    \vec{p}_{\mathrm{entrant}} = m\left(\vec{u}_{\mathrm{B}} - \delta v\,\vec{e}_z\right) = m\left(u(z+\ell)\,\vec{e}_x - \delta v\,\vec{e}_z\right)

Le bilan de quantité de mouvement pour la tranche A à travers la surface S pendant \Delta t = \tau s'écrit :

\begin{aligned} \mathrm{d}\vec{P}_{\mathrm{A}} &= N_{\mathrm{B}\to\mathrm{A}}\,\vec{p}_{\mathrm{entrant}} - N_{\mathrm{A}\to\mathrm{B}}\,\vec{p}_{\mathrm{sortant}} \\ &= \frac{1}{6}n m S \ell \left[ \left(u(z+\ell)\,\vec{e}_x - \delta v\,\vec{e}_z\right) - \left(u(z-\ell)\,\vec{e}_x + \delta v\,\vec{e}_z\right) \right] \end{aligned}

D'où :

\boxed{\mathrm{d}\vec{P}_{\mathrm{A}} = \frac{1}{6}\,n m S \ell \left[ u(z+\ell) - u(z-\ell) \right] \vec{e}_x - \frac{1}{3}\,n m S \ell\,\delta v\,\vec{e}_z}

En utilisant la relation \ell = \delta v\,\tau, cette variation peut également s'écrire :

\mathrm{d}\vec{P}_{\mathrm{A}} = \frac{1}{6}\,n m S \delta v \tau \left[ u(z+\ell) - u(z-\ell) \right] \vec{e}_x - \frac{1}{3}\,n m \delta v^2 S \tau\,\vec{e}_z

Résultat

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : pression cinétique, contrainte visqueuse, force de surface

Déterminer réciproquement la variation de quantité de mouvement de la tranche B pendant la même durée à travers la surface . En déduire la force exercée par la tranche B (resp. A) sur la tranche A (resp. B) pendant à travers la surface . On interprètera physiquement les deux termes (tangentiel et normal) présents dans ces forces.

Voir l'indice

Appliquer le principe des actions réciproques ou refaire le bilan symétrique pour la tranche B, puis relier la force à la variation temporelle de quantité de mouvement \mathrm{d}\vec{P}/\Delta t.

Voir la stratégie
  1. Effectuer le bilan de quantité de mouvement pour la tranche B en recensant les particules entrantes et sortantes, ce qui permet de retrouver directement la relation \mathrm{d}\vec{P}_{\mathrm{B}} = -\mathrm{d}\vec{P}_{\mathrm{A}} par conservation globale.
  2. Exprimer les forces d'interaction comme les débits de quantité de mouvement échangés : \vec{F}_{\mathrm{B}\to\mathrm{A}} = \frac{\mathrm{d}\vec{P}_{\mathrm{A}}}{\tau} et \vec{F}_{\mathrm{A}\to\mathrm{B}} = \frac{\mathrm{d}\vec{P}_{\mathrm{B}}}{\tau}.
  3. Identifier la composante normale comme la pression cinétique exercée sur l'interface et la composante tangentielle comme la force de cisaillement visqueux due au gradient macroscopique de vitesse.
Voir la réponse courte

Écrire \vec{F} = \mathrm{d}\vec{P}/\Delta t : identifier le terme normal à la pression cinétique et le terme tangentiel au cisaillement.

Voir le corrigé complet

Pendant la durée \Delta t = \tau, le nombre de particules traversant la surface S est N = \frac{1}{6}nS\ell. Pour la tranche B :

  • les particules entrantes proviennent de la couche A avec la vitesse \vec{v}_{\mathrm{entrant}} = u(z-\ell)\vec{e}_x + \delta v\,\vec{e}_z ;
  • les particules sortantes rejoignent la couche A avec la vitesse \vec{v}_{\mathrm{sortant}} = u(z+\ell)\vec{e}_x - \delta v\,\vec{e}_z.

La variation de quantité de mouvement de la tranche B s'écrit donc :

\begin{aligned} \mathrm{d}\vec{P}_{\mathrm{B}} &= N m \left( \vec{v}_{\mathrm{entrant}} - \vec{v}_{\mathrm{sortant}} \right) \\ &= \frac{1}{6}nmS\ell \Bigl[ \bigl(u(z-\ell)\vec{e}_x + \delta v\,\vec{e}_z\bigr) - \bigl(u(z+\ell)\vec{e}_x - \delta v\,\vec{e}_z\bigr) \Bigr] \end{aligned}

soit immédiatement :

\boxed{\mathrm{d}\vec{P}_{\mathrm{B}} = -\frac{1}{6}nmS\ell \bigl[ u(z+\ell) - u(z-\ell) \bigr]\vec{e}_x + \frac{1}{3}nmS\ell\,\delta v\,\vec{e}_z = -\mathrm{d}\vec{P}_{\mathrm{A}}}

Ce résultat traduit la conservation de la quantité de mouvement totale du système isolé \{\text{tranche A} \cup \text{tranche B}\} vis-à-vis des transferts à travers la surface S.

Le transfert net de quantité de mouvement par unité de temps s'identifie à la force moyenne exercée à travers la surface de contact S. Avec \tau = \ell/\delta v :

\begin{aligned} \vec{F}_{\mathrm{B}\to\mathrm{A}} &= \frac{\mathrm{d}\vec{P}_{\mathrm{A}}}{\tau} = \frac{\mathrm{d}\vec{P}_{\mathrm{A}}}{\ell/\delta v} \\ &= \frac{1}{6}nmS\,\delta v \bigl[ u(z+\ell) - u(z-\ell) \bigr]\vec{e}_x - \frac{1}{3}nmS\,\delta v^2\,\vec{e}_z \end{aligned}

D'après le principe des actions réciproques (ou par \vec{F}_{\mathrm{A}\to\mathrm{B}} = \frac{\mathrm{d}\vec{P}_{\mathrm{B}}}{\tau}) :

\boxed{\vec{F}_{\mathrm{B}\to\mathrm{A}} = \frac{1}{6}nmS\,\delta v \bigl[ u(z+\ell) - u(z-\ell) \bigr]\vec{e}_x - \frac{1}{3}nmS\,\delta v^2\,\vec{e}_z}
\boxed{\vec{F}_{\mathrm{A}\to\mathrm{B}} = -\vec{F}_{\mathrm{B}\to\mathrm{A}} = -\frac{1}{6}nmS\,\delta v \bigl[ u(z+\ell) - u(z-\ell) \bigr]\vec{e}_x + \frac{1}{3}nmS\,\delta v^2\,\vec{e}_z}

Interprétation physique des deux termes :

  • Terme normal (selon \vec{e}_z) : La force normale exercée par B sur la face supérieure de A (orientée vers l'extérieur par +\vec{e}_z) est dirigée vers le bas (-\vec{e}_z). C'est une force de compression surfacique isotrope qui correspond à la pression cinétique du gaz :

    P = \frac{\|\vec{F}_{\mathrm{B}\to\mathrm{A},\perp}\|}{S} = \frac{1}{3}nm\delta v^2

    On retrouve ainsi la formule classique de la théorie cinétique des gaz parfaits (P = \frac{1}{3}n m \langle v^2 \rangle).

  • Terme tangentiel (selon \vec{e}_x) : Pour un gradient de cisaillement positif (\frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}z} > 0), la couche supérieure B se déplace plus vite que la couche A (u(z+\ell) > u(z-\ell)). Le terme selon \vec{e}_x dans \vec{F}_{\mathrm{B}\to\mathrm{A}} est donc positif : la couche la plus rapide accélère la couche la plus lente en l'entraînant vers l'avant. Réciproquement, la couche A freine la couche B (\vec{F}_{\mathrm{A}\to\mathrm{B},\parallel} selon -\vec{e}_x). Ce terme correspond à la force de cisaillement visqueux (ou force de frottement visqueux).

Résultat

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : viscosité dynamique, théorie cinétique des gaz

En écrivant un développement limité à l'ordre 1 pour , déterminer la viscosité dynamique du fluide en fonction de la masse des molécules qui le compose, de leur densité particulaire , de et de . Calculer la viscosité de l'air sachant que dans les conditions usuelles, et . L'ordre de grandeur vous paraît-il correct ?

Voir l'indice

Développer la vitesse moyenne à l'ordre 1 en \ell, identifier la force de frottement visqueux tangentielle avec la loi de Newton \vec{F}_{\mathrm{visq}} = \eta S \frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}z}\vec{e}_x, et en déduire l'expression de \eta.

Voir la stratégie
  1. Effectuer les développements limités à l'ordre 1 en \ell de u(z+\ell) et u(z-\ell) pour exprimer la composante tangentielle de la force de frottement visqueux exercée par la tranche B sur la tranche A.
  2. Identifier cette expression avec la loi phénoménologique de Newton pour le cisaillement visqueux afin d'en déduire l'expression microscopique de \eta.
  3. Réaliser l'application numérique avec un chiffre significatif à partir des grandeurs thermodynamiques usuelles et commenter l'ordre de grandeur obtenu.
Voir la réponse courte

Développer u(z \pm \ell) au premier ordre pour identifier \eta \sim \frac{1}{3}\rho\ell\delta v \sim 10^{-5}\text{ Pa}\cdot\text{s} pour l'air.

Voir le corrigé complet

À l'ordre 1 en \ell, les vitesses moyennes des deux couches s'écrivent :

\begin{aligned} u(z+\ell) &= u(z) + \ell \frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}z} + o(\ell) \\ u(z-\ell) &= u(z) - \ell \frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}z} + o(\ell) \end{aligned}

d'où :

u(z+\ell) - u(z-\ell) = 2\ell \frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}z}

D'après le résultat de la question 19, la composante tangentielle de la force exercée par la tranche B sur la tranche A à travers la surface de contact S s'exprime ainsi :

\vec{F}_{\mathrm{B}\to\mathrm{A}} \cdot \vec{e}_x = \frac{1}{6} n m S \delta v \left(2\ell \frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}z}\right) = \frac{1}{3} n m \ell \delta v S \frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}z}

Par définition de la viscosité dynamique \eta d'un fluide newtonien (loi de Newton du cisaillement), la contrainte tangentielle exercée par la couche supérieure sur la couche inférieure à travers une surface S de normale +\vec{e}_z est :

\sigma_{xz} = \frac{\vec{F}_{\mathrm{B}\to\mathrm{A}} \cdot \vec{e}_x}{S} = \eta \frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}z}

Par identification avec l'expression microscopique, on obtient :

\boxed{\eta = \frac{1}{3} n m \ell \delta v = \frac{1}{3} \rho \ell \delta v}

où \rho = n m est la masse volumique du gaz.

Application numérique :

Dans les conditions usuelles de température et de pression (T \simeq 300\text{ K}, P \simeq 1{,}0 \times 10^5\text{ Pa}), la masse volumique de l'air assimilé à un gaz parfait vaut :

\rho = \frac{P M_{\mathrm{a}}}{R T} = \frac{P M_{\mathrm{a}}}{\mathcal{N}_{\mathrm{A}} k_{\mathrm{B}} T} \simeq \frac{1{,}0 \times 10^5 \times 29 \times 10^{-3}}{6{,}0 \times 10^{23} \times 1{,}4 \times 10^{-23} \times 300} = \frac{2900}{2520} \simeq 1{,}2\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}

Avec \ell \simeq 60\text{ nm} = 6 \times 10^{-8}\text{ m} et \delta v \simeq 500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

\begin{aligned} \eta &= \frac{1}{3} \times 1{,}2 \times (6 \times 10^{-8}) \times 500 \\ &= 0{,}4 \times 3{,}0 \times 10^{-5} \\ &= 1{,}2 \times 10^{-5}\text{ Pa}\cdot\text{s} \end{aligned}

Avec un seul chiffre significatif :

\boxed{\eta \simeq 1 \times 10^{-5}\text{ Pa}\cdot\text{s}}

La valeur tabulée de la viscosité de l'air dans ces conditions est de l'ordre de 1{,}8 \times 10^{-5}\text{ Pa}\cdot\text{s}. L'ordre de grandeur de 10^{-5}\text{ Pa}\cdot\text{s} obtenu par ce modèle cinétique simplifié est donc tout à fait satisfaisant et correct.

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : libre parcour moyen, viscosité dynamique

Rappeler le lien entre , et le diamètre des molécules du gaz. En déduire que dans le cadre de ce modèle, la viscosité est indépendante de la pression du gaz. Commenter ce résultat. Donner la dépendance de la viscosité du gaz en fonction de la température.

Voir l'indice

Exprimer le libre parcours moyen sous la forme \ell \sim 1/(n\pi d^2) et observer la simplification de la densité particulaire n dans le produit n\ell, avant d'en déduire la dépendance thermique issue de \delta v.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le libre parcours moyen \ell en fonction de la section efficace de collision \sigma = \pi d^2 et de la densité particulaire n.
  2. Injecter cette relation dans l'expression de \eta obtenue à la question Q20 afin d'examiner la dépendance en pression via l'équation d'état du gaz parfait P = n k_{\mathrm{B}} T.
  3. Commenter le caractère contre-intuitif et remarquable de ce résultat historique établi par Maxwell.
  4. Utiliser la dépendance de \delta v en fonction de la température T établie à la question Q17 pour en déduire celle de \eta.
Voir la réponse courte

Utiliser \ell \propto 1/n : le produit n\ell est indépendant de P, d'où \eta indépendant de P et proportionnel à \sqrt{T}.

Voir le corrigé complet

Le libre parcours moyen \ell des molécules modélisées par des sphères dures de diamètre d (de section efficace de collision \sigma = \pi d^2) est relié à la densité particulaire n par la relation classique :

\boxed{\ell = \frac{1}{\sqrt{2}\, n \pi d^2}} \quad \left(\text{ou } \ell \sim \frac{1}{n \pi d^2} \text{ selon le modèle cinétique simplifié}\right)

D'après la question Q20, la viscosité dynamique s'écrit :

\eta = \frac{1}{3} n m \ell \delta v

En remplaçant le produit n \ell par son expression issue de la relation précédente, il vient :

\eta = \frac{m\,\delta v}{3\sqrt{2}\,\pi d^2}

Pour un gaz parfait à la température T, la pression vaut P = n k_{\mathrm{B}} T. La vitesse quadratique moyenne \delta v = \sqrt{\frac{3 k_{\mathrm{B}} T}{m}} (question Q17) ne dépend que de la température T et des caractéristiques de la molécule (m). La masse m et le diamètre d étant constants :

\boxed{\text{La viscosité dynamique } \eta \text{ est indépendante de la pression } P \text{ du gaz.}}

Commentaire : Ce résultat, prédit théoriquement par Maxwell en 1860 puis vérifié expérimentalement, est a priori contre-intuitif. Lorsque la pression augmente à température fixée, la densité de porteurs de quantité de mouvement augmente (n \propto P), ce qui tend à accroître les transferts. En contrepartie, les molécules subissent des collisions plus fréquentes, de sorte que le libre parcours moyen diminue dans la même proportion (\ell \propto 1/P), réduisant l'écart de vitesse macroscopique transporté à chaque choc. Ces deux effets se compensent exactement, rendant le produit n\ell, et donc \eta, indépendant de la pression (dans le domaine de validité du gaz dilué, d \ll \ell \ll L).

Dépendance en température : Puisque le produit n\ell est indépendant de la température dans le modèle des sphères dures et que \delta v \propto \sqrt{T} d'après la question Q17, on en déduit que :

\boxed{\eta(T) \propto \sqrt{T}}

Résultat

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : viscosité dynamique, théorie cinétique des gaz

Des mesures de la viscosité de l'air, à différentes températures (élevées), ont donné la figure 5 ci-dessous. La dépendance en température du modèle précédent vous paraît-elle conforme à l'expérience ? On justifiera sa réponse.

Voir l'indice

Tracer la pente théorique de \ln\eta en fonction de \ln T attendue pour une loi en \sqrt{T} (pente égale à 0{,}5) et la comparer à la pente de la droite expérimentale fournie.

Voir la stratégie
  1. Traduire la prédiction de la question Q21 (\eta \propto \sqrt{T}) dans le système de coordonnées du graphique (\ln T, \ln \eta).
  2. Déterminer graphiquement la pente expérimentale de la courbe en prenant des points bien espacés.
  3. Conclure de manière critique en distinguant l'accord qualitatif (très bon) et l'accord quantitatif (imparfait, à justifier physiquement).
Voir la réponse courte

Confronter les données expérimentales à la loi en \sqrt{T} et discuter les écarts dus aux interactions moléculaires.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q21, le modèle microscopique prédit que la viscosité dynamique d'un gaz parfait de sphères dures varie selon :

\eta(T) \propto \sqrt{T}

En prenant le logarithme népérien, on obtient une relation affine :

\ln\left(\frac{\eta}{10^{-6}\text{ Pa}\cdot\text{s}}\right) = \frac{1}{2}\ln\left(\frac{T}{280\text{ K}}\right) + \text{cste}

Le modèle théorique prévoit donc une droite de pente théorique :

p_{\text{th}} = \frac{1}{2} = 0{,}50

Déterminons graphiquement la pente expérimentale p_{\text{exp}} à l'aide de deux points représentatifs de la figure 5 :

  • pour X_1 = \ln(T_1/280\text{ K}) = 1{,}20, on lit Y_1 = \ln(\eta_1 / 10^{-6}\text{ Pa}\cdot\text{s}) \simeq 3{,}71 ;
  • pour X_2 = \ln(T_2/280\text{ K}) = 1{,}60, on lit Y_2 = \ln(\eta_2 / 10^{-6}\text{ Pa}\cdot\text{s}) \simeq 3{,}95.

La pente moyenne expérimentale vaut ainsi :

p_{\text{exp}} = \frac{\Delta Y}{\Delta X} = \frac{3{,}95 - 3{,}71}{1{,}60 - 1{,}20} = \frac{0{,}24}{0{,}40} \simeq 0{,}60

Conclusion quant à la conformité du modèle :

  • Sur le plan qualitatif, le modèle est parfaitement conforme : la viscosité dynamique croît avec la température, propriété contre-intuitive propre aux gaz (pour un liquide, la viscosité diminue avec la température). L'ordre de grandeur de l'exposant (p_{\text{exp}} \simeq 0{,}6 à 0{,}7) est très proche de la prédiction théorique (0{,}5).
  • Sur le plan quantitatif strict, le modèle n'est pas tout à fait conforme : la pente mesurée (\simeq 0{,}6) est significativement supérieure à 0{,}50, et les points expérimentaux présentent une légère concavité vers le haut plutôt qu'un alignement rectiligne rigoureux.
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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2025 ?

Surtout Mécanique des fluides (84 % des questions, parties I, II et III). Plus ponctuellement : Diffusion thermique et diffusion de particules, Premier et second principes de la thermodynamique et Facteur de Boltzmann et physique statistique.

Peut-on travailler le sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2025 dès la première année (PCSI) ?

Peu : 1 questions sur 22 (5 %) ne demandent que le programme de PCSI : Q17.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2025 ?

Environ 2 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 3 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie I est la plus longue (environ 55 min).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2025 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q8 (écoulement de stokes) et Q10 (contrainte visqueuse).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2025 ?

Questions de cours : Q1 (nombre de reynolds), Q3 (force de traînée), Q5 (équation de navier-stokes), Q17 (vitesse quadratique moyenne) et Q21 (libre parcour moyen). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q9 (force de pression), Q11 (formule de stokes), Q14 (écoulement de poiseuille), Q15 (écoulement de poiseuille), Q19 (pression cinétique) et Q20 (viscosité dynamique).

Où gagner des points facilement dans le sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2025 ?

Questions rapides et accessibles (difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 min au plus) : Q1 à Q6, Q11, Q12, Q14, Q17, Q21 et Q22. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q7 et Q8.

Le sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2025 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet difficile. Le rapport signale que la plupart des questions détaillées ont posé des difficultés notables aux candidats (erreurs rarement corrigées, notions rarement comprises, questions peu abordées), même si l'épreuve a permis un classement satisfaisant en laissant les candidats traiter un… Moyenne : 12,06/20 (écart-type 3,87, 3 732 présents).

Que répondre en Q11 si les calculs de Q9 et Q10 n'ont pas abouti ?

Citer la formule classique de Stokes issue du cours, \vec{F} = 6\pi\eta a v_0\vec{e}_z. Même sans avoir achevé les intégrations des résultantes de pression et de cisaillement, cette expression finale de la traînée est un résultat de référence du programme à mentionner impérativement.

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