Corrigé détaillé Mines Physique 1 PC 2025 (page 2/2 : Parties II et III)
La viscosité
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22 questions · 2 pagesPartie II : Glissement d'un gaz à la surface d'un solide
Question 12
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Mise en équation
- Calcul littéral
Notions : théorie cinétique des gaz, vitesse de glissement
Déterminer, en fonction de et , la vitesse moyenne après collision avec la paroi. En déduire la vitesse de glissement des molécules de cette couche pendant la durée .
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Écrire la vitesse moyenne réfléchie comme la moyenne pondérée par \sigma et 1-\sigma des vitesses après choc, puis faire la moyenne des vitesses des molécules incidentes et réfléchies dans la couche.
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- Identifier la vitesse tangentielle après choc pour chacun des deux types de collision (spéculaire ou diffusif) sur la paroi fixe, puis en faire la moyenne pondérée par les proportions données pour obtenir u_r.
- Calculer la vitesse moyenne u_g dans la couche de Knudsen d'épaisseur \ell en moyennant les vitesses des molécules n'ayant pas interagi avec la paroi (vitesse u_i) et de celles ayant subi une collision (vitesse moyenne u_r).
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Exprimer la vitesse réfléchie u_r = (1-\sigma)u_i puis la vitesse moyenne de glissement u_g = \frac{2-\sigma}{2}u_i.
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La paroi étant fixe (z_{\mathrm{p}} = 0), sa vitesse est nulle.
Lors d'une collision avec la paroi :
- Une proportion 1 - \sigma de molécules subit un choc spéculaire et conserve sa vitesse tangentielle incidente, soit u_i ;
- Une proportion \sigma subit un choc diffusif et est réémise à la vitesse tangentielle de la paroi, soit 0.
La vitesse moyenne après réflexion s'écrit donc :
Dans la couche de fluide d'épaisseur \ell adjacente à la paroi :
- Une fraction 1/2 des molécules n'entre pas en collision avec la paroi et conserve la vitesse d'entraînement u_i ;
- L'autre fraction 1/2 heurte la paroi et possède en moyenne la vitesse u_r.
La vitesse de glissement effective u_g est la moyenne des vitesses de l'ensemble de ces molécules :
Résultat
Question 13
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
Notions : développement de taylor, longueur de glissement
Exprimer, en fonction de , et , la vitesse comme un développement de Taylor au premier ordre de au voisinage de la paroi. En utilisant la condition aux limites (2) de Maxwell-Navier pour , exprimer la longueur d'extrapolation (aussi appelée longueur de glissement) en fonction de et .
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Exprimer le développement au premier ordre u(\ell) \approx u(0) + \ell\left.\frac{\partial u}{\partial z}\right|_{0} avec u(0)=u_g, puis isoler le rapport définissant la longueur de glissement b.
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- Effectuer un développement de Taylor au premier ordre de la vitesse macroscopique u(z) au voisinage de la paroi z=0, en identifiant la vitesse tangentielle du fluide à la paroi u(0) à la vitesse de glissement u_g.
- Relier u_i à u_g grâce au résultat de la question Q12, puis exprimer u_g en fonction du gradient de vitesse \left.\frac{\partial u}{\partial z}\right|_{z=0}.
- Identifier avec la condition aux limites de Maxwell-Navier pour en déduire l'expression de la longueur d'extrapolation b.
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Développer u(\ell) au premier ordre et identifier à la condition de Maxwell-Navier pour déduire b = \frac{2-\sigma}{\sigma}\ell.
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La vitesse macroscopique tangentielle du fluide à la paroi fixe (z=0) est la vitesse de glissement u(0) = u_g.
Au premier ordre au voisinage de la paroi, le développement de Taylor de la vitesse s'écrit :
En évaluant cette vitesse à l'altitude z = \ell, on obtient pour la vitesse incidente u_i = u(\ell) :
D'après le résultat de la question Q12, la vitesse moyenne de glissement dans la couche s'exprime en fonction de u_i par :
En substituant l'expression de u_i obtenue ci-dessus :
En regroupant les termes en u_g :
La condition aux limites de Maxwell-Navier (relation (2) de l'énoncé) appliquée en z_{\mathrm{p}} = 0 avec v_t = u_g impose :
Par identification directe entre ces deux relations, on en déduit l'expression de la longueur de glissement b :
Résultat
Question 14
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Mise en équation
Notions : écoulement de poiseuille, équation de navier-stokes
Déterminer l'équation différentielle vérifiée par le champ de vitesse du fluide .
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Projeter l'équation de Navier-Stokes sur \vec{e}_x en tenant compte du caractère stationnaire, unidirectionnel et de l'invariance par translation le long du canal.
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- Écrire l'équation de Navier-Stokes en régime stationnaire pour un fluide newtonien incompressible, en négligeant la pesanteur.
- Simplifier le terme d'accélération convective et le laplacien vectoriel grâce à la forme unidirectionnelle du champ de vitesse \vec{v} = u(z)\,\vec{e}_x.
- Projeter l'équation sur les axes cartésiens et exprimer la dérivée seconde de u(z) en fonction du gradient de pression G et de la viscosité \eta.
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Projeter Navier-Stokes selon l'axe longitudinal pour obtenir l'équation différentielle \frac{\mathrm{d}^2 u}{\mathrm{d}z^2} = -\frac{G}{\eta}.
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Le champ de vitesse imposé par la géométrie du problème est unidirectionnel et stationnaire :
Vérifions tout d'abord la condition d'incompressibilité :
Cette condition est bien respectée quelle que soit la fonction u(z).
Calculons les différents termes de l'équation de Navier-Stokes stationnaire :
- Le terme temporel est nul en régime permanent : \dfrac{\partial \vec{v}}{\partial t} = \vec{0}.
Le terme convectif (non linéaire) vaut :
(\vec{v}\cdot\vec{\operatorname{grad}})\vec{v} = \left(u(z)\frac{\partial}{\partial x}\right)\big(u(z)\,\vec{e}_x\big) = u(z)\frac{\partial u}{\partial x}\,\vec{e}_x = \vec{0}L'accélération particulaire est donc strictement nulle.
Le laplacien vectoriel s'écrit simplement en coordonnées cartésiennes :
\vec{\Delta}\vec{v} = \left(\frac{\partial^2 u}{\partial x^2} + \frac{\partial^2 u}{\partial y^2} + \frac{\partial^2 u}{\partial z^2}\right)\vec{e}_x = \frac{\mathrm{d}^2 u}{\mathrm{d}z^2}\,\vec{e}_x
L'équation de Navier-Stokes (1) se réduit ainsi à :
Projetons cette relation vectorielle selon les trois directions de l'espace :
La pression ne dépend donc que de la variable x, et l'énoncé définit le gradient de pression constant par G = -\dfrac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}x}. On en déduit immédiatement :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 15
Application directeTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Calcul littéral
Notions : écoulement de poiseuille, débit volumique
Déterminer dans ces conditions l'expression du champ de vitesse en fonction de , , et . Déterminer le débit volumique en fonction de , , et .
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Intégrer deux fois par rapport à z en imposant l'annulation de la vitesse sur les parois z=\pm h/2, puis intégrer le profil parabolique sur la section droite du canal de largeur w.
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- Intégrer deux fois l'équation différentielle obtenue à la question Q14 reliant la dérivée seconde de la vitesse au gradient de pression.
- Déterminer les constantes d'intégration à l'aide des conditions aux limites de non-glissement en z = \pm h/2.
- Calculer le débit volumique en intégrant le profil de vitesse sur la section droite du canal de dimensions w \times h.
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Intégrer avec conditions d'adhérence : profil parabolique u(z) = \frac{G}{2\eta}(h^2-z^2) et débit Q_{ng} = \frac{2wGh^3}{3\eta}.
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D'après la question Q14, le profil de vitesse vérifie l'équation différentielle :
Par intégration successive par rapport à z, il vient :
où C_1 et C_2 sont deux constantes réelles déterminées par les conditions de non-glissement aux parois fixes :
La différence entre ces deux conditions donne C_1 h = 0, soit C_1 = 0 (le profil de vitesse est pair par symétrie du problème). La condition en z = h/2 impose alors :
Le champ de vitesse dans le canal s'écrit donc :
Le débit volumique Q_{ng} traversant une section droite perpendiculaire à (Ox) de largeur w selon (Oy) et de hauteur h selon (Oz) vaut :
Par parité de la fonction u_{ng}(z) :
On obtient finalement l'expression du débit volumique :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 16
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : écoulement de poiseuille, longueur de glissement, débit volumique
Déterminer le champ de vitesse dans le fluide, , en fonction de , , et . Exprimer le débit volumique en fonction de et du taux de confinement du fluide. Commenter.
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Reprendre la solution générale de l'équation différentielle en appliquant la condition aux limites de glissement u(\pm h/2) = \mp b \left.\frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}z}\right|_{\pm h/2}.
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- Intégrer l'équation différentielle établie à la question Q14 en tenant compte de la symétrie du profil par rapport au plan médiateur z = 0.
- Appliquer la condition de glissement de Maxwell-Navier aux deux parois en z = \pm h/2, en veillant à l'orientation de la normale pointant vers l'intérieur du fluide.
- Calculer le débit volumique Q_g par intégration sur la section du canal et exprimer le résultat en fonction de Q_{ng} et de \xi = b/h.
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Résoudre avec glissement aux parois pour trouver u_g(z) et en déduire le débit amplifié Q_g = Q_{ng}(1 + 3b/h).
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D'après la question Q14, le profil de vitesse vérifie :
La solution générale s'écrit :
Par symétrie du problème par rapport au plan z = 0, la vitesse est une fonction paire de z, ce qui impose C_1 = 0.
Exprimons la condition aux limites de Maxwell-Navier à chaque paroi :
À la paroi inférieure (z = -h/2), le vecteur unitaire orthogonal dirigé vers l'intérieur du fluide est +\vec{e}_z. La condition (2) s'écrit donc :
u_g\left(-\frac{h}{2}\right) = \left. b\,\frac{\mathrm{d}u_g}{\mathrm{d}z}\right|_{z=-h/2} = b\left(-\frac{G}{\eta}\left(-\frac{h}{2}\right)\right) = \frac{Ghb}{2\eta}À la paroi supérieure (z = +h/2), la normale dirigée vers l'intérieur du fluide étant -\vec{e}_z, la condition s'écrit de même :
u_g\left(\frac{h}{2}\right) = -\left. b\,\frac{\mathrm{d}u_g}{\mathrm{d}z}\right|_{z=h/2} = -b\left(-\frac{Gh}{2\eta}\right) = \frac{Ghb}{2\eta}
Les deux parois imposent la même vitesse de glissement positive u_{\text{gliss}} = \frac{Ghb}{2\eta}. On en déduit la constante d'intégration C_2 :
Le champ de vitesse dans le fluide s'écrit ainsi :
soit encore :
Calculons maintenant le débit volumique Q_g à travers la section droite du canal de largeur w selon (Oy) :
En rappelant l'expression de Q_{ng} = \frac{Gw h^3}{12\eta} obtenue à la question Q15, on remarque que :
On en déduit l'expression du débit volumique :
Commentaire :
- À l'échelle macroscopique (h \gg b, soit \xi \to 0), le glissement est négligeable et l'on retrouve le débit classique de Poiseuille (Q_g \simeq Q_{ng}).
- En régime confiné (microfluidique ou nanofluidique, où h devient comparable à b), le paramètre \xi n'est plus négligeable : le glissement aux parois réduit la traînée visqueuse et amplifie significativement le débit pour un même gradient de pression imposé (ou diminue la résistance hydraulique du canal).
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Partie III : Approche microscopique de la viscosité
Question 17
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Application numérique
- Faisable en MPSI, PCSI, BCPST1
Notions : vitesse quadratique moyenne, théorie cinétique des gaz
Déterminer l'expression de en fonction de , , et . Calculer sa valeur numérique dans des conditions usuelles.
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Utiliser la relation d'équipartition microscopique \frac{1}{2}m(\delta v)^2 = \frac{3}{2}k_{\mathrm{B}}T avec m = M_{\mathrm{a}}/\mathcal{N}_{\mathrm{A}}, puis faire l'application numérique à T \approx 300\text{ K}.
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- Exprimer l'énergie cinétique moyenne associée au mouvement d'agitation thermique (la fluctuation de vitesse \overrightarrow{\delta v}) pour une particule de masse m.
- Relier cette énergie à la température cinétique T par le théorème d'équipartition de l'énergie pour les 3 degrés de liberté de translation.
- Exprimer la masse individuelle m d'une molécule en fonction de la masse molaire M_{\mathrm{a}} et du nombre d'Avogadro \mathcal{N}_{\mathrm{A}} pour en déduire \delta v, puis réaliser l'application numérique dans les conditions ambiantes usuelles.
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Relier l'énergie cinétique à la température : \delta v = \sqrt{3 k_{\mathrm{B}} T / m} \simeq 500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} à 300\text{ K}.
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L'énergie cinétique microscopique d'agitation thermique d'une particule de masse m associée au vecteur fluctuation \overrightarrow{\delta v} s'écrit :
Puisque le mouvement de translation dans l'espace possède trois degrés de liberté indépendants, le théorème d'équipartition de l'énergie (ou la définition de la température cinétique) impose :
La masse d'une molécule d'air est reliée à sa masse molaire M_{\mathrm{a}} par m = \dfrac{M_{\mathrm{a}}}{\mathcal{N}_{\mathrm{A}}}. On en déduit l'expression de la vitesse quadratique moyenne :
Application numérique : Dans les conditions usuelles de température (T \simeq 300\text{ K}, soit environ 27\text{ }^\circ\text{C} ou 293\text{ K} à 20\text{ }^\circ\text{C}), avec :
- k_{\mathrm{B}} = 1,4 \times 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}
- \mathcal{N}_{\mathrm{A}} = 6,0 \times 10^{23}\text{ mol}^{-1}
- M_{\mathrm{a}} = 29\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 29 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1}
Le produit molaire vaut k_{\mathrm{B}}\mathcal{N}_{\mathrm{A}} = 1,4 \times 6,0 = 8,4\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}. Il vient :
Avec la consigne d'arrondi à un seul chiffre significatif :
Résultat
Question 18
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Mise en équation
- Calcul littéral
Notions : théorie cinétique des gaz, flux de quantité de mouvement
Déterminer, en fonction des données, la variation de quantité de mouvement de la tranche A pendant la durée , à travers la surface .
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Dénombrer les molécules de la tranche A se dirigeant vers le haut qui traversent la frontière pendant \tau, et celles de la tranche B se dirigeant vers le bas qui y pénètrent.
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- Identifier les molécules qui traversent la surface de contact S à la cote z pendant la durée \Delta t = \tau, à la fois dans le sens montant (\text{A} \to \text{B}) et dans le sens descendant (\text{B} \to \text{A}).
- Exprimer la quantité de mouvement individuelle de chaque groupe de particules en tenant compte de leur vitesse moyenne d'entraînement et de leur fluctuation thermique.
- Établir le bilan de quantité de mouvement reçue et cédée par la tranche A.
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Dénombrer les particules traversant l'interface pendant \Delta t et sommer les quantités de mouvement transportées.
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Pendant la durée \Delta t = \tau = \ell / \delta v, les particules se déplaçant à la vitesse d'agitation \delta v parcourent la distance \delta v \tau = \ell.
La surface S séparant les deux tranches se situe à la cote z :
Particules quittant la tranche A vers la tranche B :
Ce sont les molécules de la tranche A (comprise entre z-\ell et z) possédant la fluctuation \overrightarrow{\delta v} = +\delta v\,\vec{e}_z. La direction étant équirépartie sur les 6 directions cartésiennes, la proportion de ces particules est de 1/6. Comme toute la tranche A a une épaisseur \ell, toutes ces molécules traversent S vers le haut. Leur nombre vaut :N_{\mathrm{A}\to\mathrm{B}} = \frac{1}{6}\,n\,S\,\ellChacune d'elles emporte la quantité de mouvement :
\vec{p}_{\mathrm{sortant}} = m\left(\vec{u}_{\mathrm{A}} + \delta v\,\vec{e}_z\right) = m\left(u(z-\ell)\,\vec{e}_x + \delta v\,\vec{e}_z\right)Particules entrant dans la tranche A depuis la tranche B :
Ce sont les molécules de la tranche B (comprise entre z et z+\ell) possédant la fluctuation \overrightarrow{\delta v} = -\delta v\,\vec{e}_z. Pour la même raison géométrique, leur nombre est :N_{\mathrm{B}\to\mathrm{A}} = \frac{1}{6}\,n\,S\,\ellChacune d'elles apporte dans la tranche A la quantité de mouvement :
\vec{p}_{\mathrm{entrant}} = m\left(\vec{u}_{\mathrm{B}} - \delta v\,\vec{e}_z\right) = m\left(u(z+\ell)\,\vec{e}_x - \delta v\,\vec{e}_z\right)
Le bilan de quantité de mouvement pour la tranche A à travers la surface S pendant \Delta t = \tau s'écrit :
D'où :
En utilisant la relation \ell = \delta v\,\tau, cette variation peut également s'écrire :
Résultat
Question 19
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : pression cinétique, contrainte visqueuse, force de surface
Déterminer réciproquement la variation de quantité de mouvement de la tranche B pendant la même durée à travers la surface . En déduire la force exercée par la tranche B (resp. A) sur la tranche A (resp. B) pendant à travers la surface . On interprètera physiquement les deux termes (tangentiel et normal) présents dans ces forces.
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Appliquer le principe des actions réciproques ou refaire le bilan symétrique pour la tranche B, puis relier la force à la variation temporelle de quantité de mouvement \mathrm{d}\vec{P}/\Delta t.
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- Effectuer le bilan de quantité de mouvement pour la tranche B en recensant les particules entrantes et sortantes, ce qui permet de retrouver directement la relation \mathrm{d}\vec{P}_{\mathrm{B}} = -\mathrm{d}\vec{P}_{\mathrm{A}} par conservation globale.
- Exprimer les forces d'interaction comme les débits de quantité de mouvement échangés : \vec{F}_{\mathrm{B}\to\mathrm{A}} = \frac{\mathrm{d}\vec{P}_{\mathrm{A}}}{\tau} et \vec{F}_{\mathrm{A}\to\mathrm{B}} = \frac{\mathrm{d}\vec{P}_{\mathrm{B}}}{\tau}.
- Identifier la composante normale comme la pression cinétique exercée sur l'interface et la composante tangentielle comme la force de cisaillement visqueux due au gradient macroscopique de vitesse.
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Écrire \vec{F} = \mathrm{d}\vec{P}/\Delta t : identifier le terme normal à la pression cinétique et le terme tangentiel au cisaillement.
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Pendant la durée \Delta t = \tau, le nombre de particules traversant la surface S est N = \frac{1}{6}nS\ell. Pour la tranche B :
- les particules entrantes proviennent de la couche A avec la vitesse \vec{v}_{\mathrm{entrant}} = u(z-\ell)\vec{e}_x + \delta v\,\vec{e}_z ;
- les particules sortantes rejoignent la couche A avec la vitesse \vec{v}_{\mathrm{sortant}} = u(z+\ell)\vec{e}_x - \delta v\,\vec{e}_z.
La variation de quantité de mouvement de la tranche B s'écrit donc :
soit immédiatement :
Ce résultat traduit la conservation de la quantité de mouvement totale du système isolé \{\text{tranche A} \cup \text{tranche B}\} vis-à-vis des transferts à travers la surface S.
Le transfert net de quantité de mouvement par unité de temps s'identifie à la force moyenne exercée à travers la surface de contact S. Avec \tau = \ell/\delta v :
D'après le principe des actions réciproques (ou par \vec{F}_{\mathrm{A}\to\mathrm{B}} = \frac{\mathrm{d}\vec{P}_{\mathrm{B}}}{\tau}) :
Interprétation physique des deux termes :
Terme normal (selon \vec{e}_z) : La force normale exercée par B sur la face supérieure de A (orientée vers l'extérieur par +\vec{e}_z) est dirigée vers le bas (-\vec{e}_z). C'est une force de compression surfacique isotrope qui correspond à la pression cinétique du gaz :
P = \frac{\|\vec{F}_{\mathrm{B}\to\mathrm{A},\perp}\|}{S} = \frac{1}{3}nm\delta v^2On retrouve ainsi la formule classique de la théorie cinétique des gaz parfaits (P = \frac{1}{3}n m \langle v^2 \rangle).
- Terme tangentiel (selon \vec{e}_x) : Pour un gradient de cisaillement positif (\frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}z} > 0), la couche supérieure B se déplace plus vite que la couche A (u(z+\ell) > u(z-\ell)). Le terme selon \vec{e}_x dans \vec{F}_{\mathrm{B}\to\mathrm{A}} est donc positif : la couche la plus rapide accélère la couche la plus lente en l'entraînant vers l'avant. Réciproquement, la couche A freine la couche B (\vec{F}_{\mathrm{A}\to\mathrm{B},\parallel} selon -\vec{e}_x). Ce terme correspond à la force de cisaillement visqueux (ou force de frottement visqueux).
Résultat
Question 20
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : viscosité dynamique, théorie cinétique des gaz
En écrivant un développement limité à l'ordre 1 pour , déterminer la viscosité dynamique du fluide en fonction de la masse des molécules qui le compose, de leur densité particulaire , de et de . Calculer la viscosité de l'air sachant que dans les conditions usuelles, et . L'ordre de grandeur vous paraît-il correct ?
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Développer la vitesse moyenne à l'ordre 1 en \ell, identifier la force de frottement visqueux tangentielle avec la loi de Newton \vec{F}_{\mathrm{visq}} = \eta S \frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}z}\vec{e}_x, et en déduire l'expression de \eta.
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- Effectuer les développements limités à l'ordre 1 en \ell de u(z+\ell) et u(z-\ell) pour exprimer la composante tangentielle de la force de frottement visqueux exercée par la tranche B sur la tranche A.
- Identifier cette expression avec la loi phénoménologique de Newton pour le cisaillement visqueux afin d'en déduire l'expression microscopique de \eta.
- Réaliser l'application numérique avec un chiffre significatif à partir des grandeurs thermodynamiques usuelles et commenter l'ordre de grandeur obtenu.
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Développer u(z \pm \ell) au premier ordre pour identifier \eta \sim \frac{1}{3}\rho\ell\delta v \sim 10^{-5}\text{ Pa}\cdot\text{s} pour l'air.
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À l'ordre 1 en \ell, les vitesses moyennes des deux couches s'écrivent :
d'où :
D'après le résultat de la question 19, la composante tangentielle de la force exercée par la tranche B sur la tranche A à travers la surface de contact S s'exprime ainsi :
Par définition de la viscosité dynamique \eta d'un fluide newtonien (loi de Newton du cisaillement), la contrainte tangentielle exercée par la couche supérieure sur la couche inférieure à travers une surface S de normale +\vec{e}_z est :
Par identification avec l'expression microscopique, on obtient :
où \rho = n m est la masse volumique du gaz.
Application numérique :
Dans les conditions usuelles de température et de pression (T \simeq 300\text{ K}, P \simeq 1{,}0 \times 10^5\text{ Pa}), la masse volumique de l'air assimilé à un gaz parfait vaut :
Avec \ell \simeq 60\text{ nm} = 6 \times 10^{-8}\text{ m} et \delta v \simeq 500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :
Avec un seul chiffre significatif :
La valeur tabulée de la viscosité de l'air dans ces conditions est de l'ordre de 1{,}8 \times 10^{-5}\text{ Pa}\cdot\text{s}. L'ordre de grandeur de 10^{-5}\text{ Pa}\cdot\text{s} obtenu par ce modèle cinétique simplifié est donc tout à fait satisfaisant et correct.
Résultat
Question 21
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
Notions : libre parcour moyen, viscosité dynamique
Rappeler le lien entre , et le diamètre des molécules du gaz. En déduire que dans le cadre de ce modèle, la viscosité est indépendante de la pression du gaz. Commenter ce résultat. Donner la dépendance de la viscosité du gaz en fonction de la température.
Voir l'indiceIndice
Exprimer le libre parcours moyen sous la forme \ell \sim 1/(n\pi d^2) et observer la simplification de la densité particulaire n dans le produit n\ell, avant d'en déduire la dépendance thermique issue de \delta v.
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- Exprimer le libre parcours moyen \ell en fonction de la section efficace de collision \sigma = \pi d^2 et de la densité particulaire n.
- Injecter cette relation dans l'expression de \eta obtenue à la question Q20 afin d'examiner la dépendance en pression via l'équation d'état du gaz parfait P = n k_{\mathrm{B}} T.
- Commenter le caractère contre-intuitif et remarquable de ce résultat historique établi par Maxwell.
- Utiliser la dépendance de \delta v en fonction de la température T établie à la question Q17 pour en déduire celle de \eta.
Voir la réponse courteRéponse courte
Utiliser \ell \propto 1/n : le produit n\ell est indépendant de P, d'où \eta indépendant de P et proportionnel à \sqrt{T}.
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Le libre parcours moyen \ell des molécules modélisées par des sphères dures de diamètre d (de section efficace de collision \sigma = \pi d^2) est relié à la densité particulaire n par la relation classique :
D'après la question Q20, la viscosité dynamique s'écrit :
En remplaçant le produit n \ell par son expression issue de la relation précédente, il vient :
Pour un gaz parfait à la température T, la pression vaut P = n k_{\mathrm{B}} T. La vitesse quadratique moyenne \delta v = \sqrt{\frac{3 k_{\mathrm{B}} T}{m}} (question Q17) ne dépend que de la température T et des caractéristiques de la molécule (m). La masse m et le diamètre d étant constants :
Commentaire : Ce résultat, prédit théoriquement par Maxwell en 1860 puis vérifié expérimentalement, est a priori contre-intuitif. Lorsque la pression augmente à température fixée, la densité de porteurs de quantité de mouvement augmente (n \propto P), ce qui tend à accroître les transferts. En contrepartie, les molécules subissent des collisions plus fréquentes, de sorte que le libre parcours moyen diminue dans la même proportion (\ell \propto 1/P), réduisant l'écart de vitesse macroscopique transporté à chaque choc. Ces deux effets se compensent exactement, rendant le produit n\ell, et donc \eta, indépendant de la pression (dans le domaine de validité du gaz dilué, d \ll \ell \ll L).
Dépendance en température : Puisque le produit n\ell est indépendant de la température dans le modèle des sphères dures et que \delta v \propto \sqrt{T} d'après la question Q17, on en déduit que :
Résultat
Question 22
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Notions : viscosité dynamique, théorie cinétique des gaz
Des mesures de la viscosité de l'air, à différentes températures (élevées), ont donné la figure 5 ci-dessous. La dépendance en température du modèle précédent vous paraît-elle conforme à l'expérience ? On justifiera sa réponse.
Voir l'indiceIndice
Tracer la pente théorique de \ln\eta en fonction de \ln T attendue pour une loi en \sqrt{T} (pente égale à 0{,}5) et la comparer à la pente de la droite expérimentale fournie.
Voir la stratégieStratégie
- Traduire la prédiction de la question Q21 (\eta \propto \sqrt{T}) dans le système de coordonnées du graphique (\ln T, \ln \eta).
- Déterminer graphiquement la pente expérimentale de la courbe en prenant des points bien espacés.
- Conclure de manière critique en distinguant l'accord qualitatif (très bon) et l'accord quantitatif (imparfait, à justifier physiquement).
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Confronter les données expérimentales à la loi en \sqrt{T} et discuter les écarts dus aux interactions moléculaires.
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D'après la question Q21, le modèle microscopique prédit que la viscosité dynamique d'un gaz parfait de sphères dures varie selon :
En prenant le logarithme népérien, on obtient une relation affine :
Le modèle théorique prévoit donc une droite de pente théorique :
Déterminons graphiquement la pente expérimentale p_{\text{exp}} à l'aide de deux points représentatifs de la figure 5 :
- pour X_1 = \ln(T_1/280\text{ K}) = 1{,}20, on lit Y_1 = \ln(\eta_1 / 10^{-6}\text{ Pa}\cdot\text{s}) \simeq 3{,}71 ;
- pour X_2 = \ln(T_2/280\text{ K}) = 1{,}60, on lit Y_2 = \ln(\eta_2 / 10^{-6}\text{ Pa}\cdot\text{s}) \simeq 3{,}95.
La pente moyenne expérimentale vaut ainsi :
Conclusion quant à la conformité du modèle :
- Sur le plan qualitatif, le modèle est parfaitement conforme : la viscosité dynamique croît avec la température, propriété contre-intuitive propre aux gaz (pour un liquide, la viscosité diminue avec la température). L'ordre de grandeur de l'exposant (p_{\text{exp}} \simeq 0{,}6 à 0{,}7) est très proche de la prédiction théorique (0{,}5).
- Sur le plan quantitatif strict, le modèle n'est pas tout à fait conforme : la pente mesurée (\simeq 0{,}6) est significativement supérieure à 0{,}50, et les points expérimentaux présentent une légère concavité vers le haut plutôt qu'un alignement rectiligne rigoureux.
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.