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Corrigé détaillé ENS Physique Chimie L PC 2026

Étude des contraintes mécaniques dans une colonne granulaire et chimie des oxydes d'azote

Faisable en sup ?

Faisable en partie en PCSI : 33 questions sur 62. Autres questions faisables en PCSI

Autres premières années : MPSI 12 · PTSI 12 · MP2I 12 · TSI1 13 · BCPST1 32 questions.

Détail par partie

Le sujet en bref

Sujet moyen · Mécanique, Transformations chimiques, Solutions aqueuses et électrochimie · 12 incontournables · 33 questions de première année
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Ce sujet transversal de très haute volée illustre parfaitement l'esprit du concours ENS en filière PC, combinant modélisation physique novatrice et chimie aux frontières de la recherche.

La partie physique aborde la statique des milieux granulaires à travers le célèbre effet Janssen (saturation de la pression verticale au fond d'un silo par report de charge sur les parois grâce au frottement de Coulomb), puis transpose remarquablement ce formalisme au dégagement d'un embâcle de glace dans un fleuve navigable par un brise-glace. La partie chimie propose une étude approfondie des oxydes d'azote : diagramme d'orbitales moléculaires et modes de coordination de , étude cinétique et thermodynamique de la complexation par la myoglobine (loi d'Eyring, volume d'activation), et enfin modélisation du transport couplé (diffusion, migration, convection) dans un réacteur électrochimique continu appliqué au retraitement des combustibles nucléaires. Une épreuve très formatrice, incontournable pour s'entraîner à la construction de bilans différentiels de tranche et au raisonnement physique qualitatif.

Difficulté
Moyen, estimée à partir de la difficulté de chaque question
Temps estimé
≈ 4 h 35 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

12 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Oui en PCSI : 33 questions sur 62, parties 1, 1.1, 1.2 et 1.3.

Où gagner des points

32 questions rapides et accessibles · 3 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (32) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (3) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

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Sommaire

62 questions
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Partie 1 : Étude des contraintes mécaniques dans une colonne granulaire

1 · Préambule : frottement solide

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : loi de coulomb, équilibre statique

Représenter sur un schéma les forces qui s'appliquent au patin dans une position d'équilibre.

Voir l'indice

Isoler le patin à l'équilibre et tracer le poids vertical, la réaction normale perpendiculaire au plan et la composante tangentielle opposée au glissement potentiel vers le bas.

Voir la réponse courte

Bilan des forces sur le patin incliné : poids, réaction normale et force de frottement tangentielle dirigée vers le haut.

Voir le corrigé complet

Le patin de masse m est en équilibre statique sur le plan incliné d'un angle \alpha par rapport à l'horizontale. Il est soumis à deux actions mécaniques :

  • son poids \vec{P} = m\vec{g}, vertical et dirigé vers le bas ;
  • l'action de contact exercée par le plan sur le patin, décomposée en :

    • une composante normale \vec{N}, orthogonale au plan incliné et dirigée vers le haut ;
    • une composante tangentielle \vec{T} (force de frottement statique), contenue dans le plan, orientée vers le haut de la pente pour s'opposer à la tendance au glissement induite par la pesanteur.

À l'équilibre, le principe fondamental de la statique impose :

\vec{P} + \vec{N} + \vec{T} = \vec{0}
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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : loi de coulomb, angle de frottement

Dans le cadre d'une étude statique du patin, exprimer la norme des composantes et en fonction de la masse . Exprimer alors la valeur critique de l'inclinaison à laquelle le patin glisse.

Voir l'indice

Projeter le principe fondamental de la statique selon les axes normal et tangentiel au plan incliné, puis appliquer la condition limite de glissement \|\vec{T}\| = f\|\vec{N}\|.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la statique au patin dans le référentiel d'étude en projetant les forces selon les directions normale et tangentielle au plan incliné.
  2. Utiliser la loi de seuil d'Amontons-Coulomb pour identifier l'angle d'inclinaison critique \alpha_c au-delà duquel l'équilibre statique n'est plus possible.
Voir la réponse courte

Équilibre statique projeté sur les axes : N = mg\cos\alpha, T = mg\sin\alpha et glissement à la limite de Coulomb \tan\alpha_c = f.

Voir le corrigé complet

On étudie le patin de masse m, modélisé par un point matériel, dans le référentiel lié au plan incliné, supposé galiléen.

Le patin est soumis à :

  • son poids \vec{P} = m\vec{g} ;
  • la réaction normale du plan \vec{N}, orthogonale au plan et dirigée vers le haut ;
  • la force de frottement statique \vec{T}, parallèle au plan et dirigée vers le haut pour s'opposer au glissement vers le bas.

À l'équilibre statique, la résultante des forces est nulle :

\vec{P} + \vec{N} + \vec{T} = \vec{0}

En projetant cette relation sur un axe Ox parallèle au plan et descendant, et sur un axe Oy perpendiculaire au plan et orienté vers le haut :

\begin{aligned} m g \sin\alpha - \|\vec{T}\| &= 0 \\ -m g \cos\alpha + \|\vec{N}\| &= 0 \end{aligned}

On en déduit la norme des deux composantes :

\boxed{\|\vec{N}\| = m g \cos\alpha} \quad \text{et} \quad \boxed{\|\vec{T}\| = m g \sin\alpha}

D'après les lois d'Amontons-Coulomb, la condition de non-glissement s'écrit :

\|\vec{T}\| \le f \|\vec{N}\| \iff m g \sin\alpha \le f m g \cos\alpha \iff \tan\alpha \le f

Le glissement s'amorce dès que \alpha > \alpha_c, où l'angle critique \alpha_c vérifie :

\tan\alpha_c = f \iff \boxed{\alpha_c = \arctan(f)}

Résultat

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : coefficient de frottement

Pour un contact verre-verre, on prendra . Donner la valeur numérique correspondante de .

Voir l'indice

Utiliser la relation f = \tan \alpha_c avec \alpha_c = 18^\circ en effectuant une approximation manuelle du rapport sinus/cosinus.

Voir la stratégie
  1. Utiliser la relation établie à la question précédente : f = \tan \alpha_c.
  2. Convertir l'angle \alpha_c = 18^\circ en radians afin d'utiliser une approximation pour les petits angles, les calculatrices n'étant pas autorisées.
Voir la réponse courte

Calcul immédiat du coefficient de frottement statique f = \tan(18^\circ) \approx 0{,}32.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question précédente, à la limite du glissement, le coefficient de frottement s'exprime par :

f = \tan \alpha_c

Convertissons l'angle en radians :

\alpha_c = 18^\circ = 18 \times \frac{\pi}{180}\text{ rad} = \frac{\pi}{10}\text{ rad} \approx 0{,}314\text{ rad}

L'angle étant petit devant 1\text{ rad}, on peut effectuer un développement limité de la fonction tangente :

\tan \alpha_c \approx \alpha_c + \frac{\alpha_c^3}{3} \approx 0{,}314 + \frac{0{,}314^3}{3} \approx 0{,}314 + 0{,}010 \approx 0{,}32

En respectant la consigne d'un à deux chiffres significatifs sans calculatrice :

\boxed{f \approx 0{,}3} \quad \text{(ou } f \approx 0{,}32\text{)}

Résultat

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1.1 · Effet Janssen

Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide ; Cinématique et dynamique du point

Notions : frottement aux parois, effet janssen

Lister toutes les forces qui s'exercent sur le milieu granulaire. Expliquer d'où pourrait provenir le « défaut de masse » mesuré à l'issue du protocole.

Voir l'indice

Faire l'inventaire des forces extérieures agissant sur l'ensemble de la colonne : poids total, réaction du piston inférieur et résultante des forces de frottement dirigées vers le haut exercées par les parois latérales du tube.

Voir la stratégie
  1. Définir précisément le système matériel considéré (l'ensemble des grains formant le milieu granulaire).
  2. Dresser l'inventaire exhaustif des forces extérieures appliquées à ce système (action à distance et actions de contact aux frontières).
  3. Écrire la condition d'équilibre selon la verticale pour relier le poids mesuré par la balance aux autres actions mécaniques et interpréter le « défaut de masse ».
Voir la réponse courte

Inventaire des forces et explication qualitative : les frottements solides exercés par la paroi verticale soutiennent une partie du poids des grains.

Voir le corrigé complet

On choisit pour système l'ensemble du milieu granulaire (masse totale M_{\text{tot}}) contenu dans le tube, étudié dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen.

1. Bilan des forces extérieures s'exerçant sur le milieu granulaire :

  • Le poids de l'ensemble des grains :

    \vec{P} = - M_{\text{tot}}\,g\,\vec{e}_z

    (avec \vec{e}_z le vecteur unitaire vertical dirigé vers le haut).

  • L'action de contact normale exercée par le piston inférieur sur la base de la colonne :

    \vec{R}_{\text{piston}} = M_{\text{eff}}\,g\,\vec{e}_z

    puisque le piston coulisse sans frottement et transmet intégralement cette force à la balance.

  • L'action de contact exercée par la paroi latérale cylindrique du tube sur les grains :

    • une composante normale aux parois (radiale centripète), dont la résultante globale est nulle par symétrie de révolution : \vec{N}_{\text{paroi}} = \vec{0} ;
    • une résultante tangentielle de frottement solide le long de la paroi, notée \vec{T}_{\text{paroi}}.

2. Origine du « défaut de masse » :

À l'étape (b), l'abaissement du support entraîne une tendance au déplacement du milieu granulaire vers le bas par rapport aux parois du tube. D'après les lois du frottement de Coulomb, la force de frottement exercée par la paroi sur les grains s'oppose à ce mouvement relatif et est donc dirigée vers le haut :

\vec{T}_{\text{paroi}} = T_{\text{paroi}}\,\vec{e}_z \quad (T_{\text{paroi}} > 0)

À l'équilibre (ou lors du mouvement quasi-statique à vitesse constante), le principe fondamental de la statique appliqué au milieu granulaire donne :

\vec{P} + \vec{R}_{\text{piston}} + \vec{T}_{\text{paroi}} = \vec{0}

En projetant sur l'axe vertical ascendant \vec{e}_z :

- M_{\text{tot}}\,g + M_{\text{eff}}\,g + T_{\text{paroi}} = 0
\boxed{M_{\text{eff}} = M_{\text{tot}} - \frac{T_{\text{paroi}}}{g}}

Le « défaut de masse » \Delta M = M_{\text{tot}} - M_{\text{eff}} = \frac{T_{\text{paroi}}}{g} provient ainsi du fait qu'une fraction importante du poids de la colonne granulaire est reprise par les parois latérales du tube grâce aux forces de frottement solide.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Exploitation de document
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : effet janssen, lecture graphique

D'après les données de la figure 2, donner une estimation de la masse versée à partir de laquelle l'écart avec la masse mesurée est significatif.

Voir l'indice

Repérer sur la courbe expérimentale la valeur de la masse versée pour laquelle la droite de pente 1 (M_{\text{eff}} = M_{\text{tot}}) commence à fléchir nettement.

Voir la stratégie
  1. Identifier la droite théorique correspondant à un comportement hydrostatique classique sans frottement aux parois, pour lequel la masse mesurée est égale à la masse versée (M_{\text{eff}} = M_{\text{tot}}, première bissectrice).
  2. Observer sur la figure 2 la zone où les points expérimentaux quittent cette droite pour s'infléchir vers un palier de saturation.
Voir la réponse courte

Lecture sur le graphe de la masse versée à partir de laquelle la courbe mesurée s'écarte de la bissectrice.

Voir le corrigé complet

En l'absence d'effet d'écran dû aux frottements latéraux (comme pour un liquide parfait dans un récipient vertical), la balance mesurerait l'intégralité du poids versé, soit :

M_{\text{eff}} = M_{\text{tot}}

Sur la figure 2, cela correspond à la première bissectrice passant par l'origine et de pente égale à 1.

  • Pour les très faibles masses versées (M_{\text{tot}} \lesssim 2\text{ à }3\text{ g}), les points expérimentaux suivent d'assez près cette droite : par exemple, pour M_{\text{tot}} \approx 1\text{ g}, on lit M_{\text{eff}} \approx 1\text{ g}, puis à M_{\text{tot}} \approx 2{,}5\text{ g}, M_{\text{eff}} \approx 2\text{ g}.
  • À partir de M_{\text{tot}} \approx 3\text{ à }5\text{ g}, la courbe s'infléchit nettement : pour M_{\text{tot}} = 5\text{ g}, on mesure M_{\text{eff}} \approx 4\text{ g}, ce qui représente déjà un écart relatif de l'ordre de 20\,\%, bien supérieur aux incertitudes de lecture.

On peut ainsi estimer que l'écart entre la masse versée et la masse mesurée devient significatif à partir de :

\boxed{M_{\text{tot}} \approx 3\text{ à }5\text{ g}}

Résultat

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : masse volumique, ordre de grandeur

Proposer un ordre de grandeur pour la masse volumique du milieu granulaire. En déduire une estimation de la hauteur correspondante et comparer au diamètre du tube.

Voir l'indice

Relier la masse volumique apparente à la masse volumique du verre \rho et à la compacité \phi, puis exprimer H à partir du volume cylindrique V = \frac{\pi D^2}{4}H.

Voir la stratégie
  1. Estimer la masse volumique apparente du milieu granulaire à partir de la masse volumique du verre et d'une compacité usuelle d'empilement.
  2. Relier la masse M_{\text{tot}} identifiée à la question Q5 à la hauteur de colonne H par M_{\text{tot}} = \rho_{\text{app}} S H, où S est la section droite du tube.
  3. Calculer numériquement H avec un seul chiffre significatif et comparer cette valeur au diamètre D = 20\text{ mm}.
Voir la réponse courte

Estimation de la masse volumique apparente \rho \approx 1{,}5\cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} puis calcul de la hauteur H et comparaison à D.

Voir le corrigé complet

Le verre a une masse volumique intrinsèque de l'ordre de \rho \sim 2{,}5\cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}. Pour un empilement granulaire aléatoire de sphères, la compacité est de l'ordre de \phi \sim 0{,}6. La masse volumique apparente du milieu granulaire vaut donc :

\rho_{\text{app}} = \phi \rho \sim 1{,}5\cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} \sim 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}
\boxed{\rho_{\text{app}} \sim 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} \quad (\text{ou } 1{,}5\cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3})}

La colonne de grains étant cylindrique de diamètre D = 20\text{ mm}, sa section droite vaut :

S = \frac{\pi D^2}{4} \approx \frac{3 \times (2\cdot 10^{-2})^2}{4} \approx 3\cdot 10^{-4}\text{ m}^2 = 3\text{ cm}^2

D'après la question Q5, l'écart devient significatif pour une masse versée de l'ordre de M_{\text{tot}} \approx 3\text{ à } 5\text{ g} \approx 4\cdot 10^{-3}\text{ kg}. La hauteur H correspondante s'exprime par :

H = \frac{M_{\text{tot}}}{\rho_{\text{app}} S}

Numériquement, avec un chiffre significatif :

H \approx \frac{4\cdot 10^{-3}}{1{,}5\cdot 10^3 \times 3\cdot 10^{-4}} \approx \frac{4\cdot 10^{-3}}{0{,}45} \approx 1\cdot 10^{-2}\text{ m} = 1\text{ cm}
\boxed{H \sim 1\text{ cm}}

Le diamètre du tube étant D = 20\text{ mm} = 2\text{ cm}, on constate que :

\boxed{H \sim D}

La hauteur à partir de laquelle le report de charge sur les parois devient notable est du même ordre de grandeur que le diamètre du tube.

Résultat

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1.2 · Mise en équation

Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : compacité, poids

Exprimer alors le poids de la tranche infinitésimale en faisant apparaître la compacité.

Voir l'indice

Exprimer la masse élémentaire \mathrm{d}m = \rho \phi \mathrm{d}V de la tranche d'épaisseur \mathrm{d}z de section S = \frac{\pi D^2}{4}.

Voir la réponse courte

Expression de la masse d'une tranche \mathrm{d}m = c\,\rho_g S\,\mathrm{d}z d'où son poids \mathrm{d}P = c\,\rho_g g S\,\mathrm{d}z.

Voir le corrigé complet

Considérons une tranche de colonne granulaire de section circulaire S et d'épaisseur infinitésimale \mathrm{d}z. Le diamètre du cylindre étant D, l'aire de la section droite s'écrit :

S = \frac{\pi D^2}{4}

Le volume total occupé par cette tranche vaut :

\mathrm{d}V_{\text{tot}} = S\,\mathrm{d}z = \frac{\pi D^2}{4}\,\mathrm{d}z

Par définition, la compacité \phi relie le volume réel occupé par les grains \mathrm{d}V_{\text{grains}} au volume total \mathrm{d}V_{\text{tot}} :

\mathrm{d}V_{\text{grains}} = \phi\,\mathrm{d}V_{\text{tot}} = \phi\,S\,\mathrm{d}z

La masse \mathrm{d}m de cette tranche est portée uniquement par la matière constituante des grains (de masse volumique \rho) :

\mathrm{d}m = \rho\,\mathrm{d}V_{\text{grains}} = \rho\,\phi\,S\,\mathrm{d}z = \rho\,\phi\,\frac{\pi D^2}{4}\,\mathrm{d}z

Le poids \mathrm{d}\vec{P} de la tranche infinitésimale s'exprime alors, en orientant l'axe vertical (Oz) vers le bas selon le vecteur unitaire \vec{e}_z (tel que \vec{g} = g\,\vec{e}_z) :

\boxed{\mathrm{d}\vec{P} = \rho\,\phi\,\frac{\pi D^2}{4}\,g\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_z}

En norme, on a donc :

\boxed{\mathrm{d}P = \rho\,\phi\,g\,\frac{\pi D^2}{4}\,\mathrm{d}z}

Résultat

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Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, TSI1, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide ; Mécanique des fluides › Statique des fluides

Notions : force pressante, bilan de forces

À l'aide d'un bilan sur la tranche infinitésimale de hauteur , exprimer la résultante des forces de pression verticale.

Voir l'indice

Calculer la force nette exercée par la pression verticale sur les faces supérieure et inférieure de la tranche : S[P_v(z) - P_v(z+\mathrm{d}z)].

Voir la stratégie
  1. Repérer les deux faces horizontales délimitant la tranche de hauteur \mathrm{d}z, situées aux cotes z et z+\mathrm{d}z.
  2. Exprimer les forces pressantes exercées par le reste du milieu granulaire sur ces deux faces, dirigées vers l'intérieur de la tranche.
  3. Sommer ces contributions et effectuer un développement limité au premier ordre en \mathrm{d}z.
Voir la réponse courte

Bilan des forces pressantes verticales sur les sections inférieure et supérieure : \mathrm{d}F_z = -S\,\frac{\mathrm{d}P_v}{\mathrm{d}z}\mathrm{d}z.

Voir le corrigé complet

On note \vec{e}_z le vecteur unitaire vertical orienté vers le bas (dans le sens de la profondeur z). La tranche de milieu granulaire comprise entre les profondeurs z et z+\mathrm{d}z possède une section droite horizontale d'aire :

S = \frac{\pi D^2}{4}

Les forces de pression verticale exercées par l'extérieur sur cette tranche s'appliquent sur ses deux faces horizontales :

  • Sur la face supérieure (située en z), le milieu situé au-dessus exerce une force pressante dirigée vers le bas :

    \vec{F}_{\text{sup}} = P_v(z)\,S\,\vec{e}_z
  • Sur la face inférieure (située en z+\mathrm{d}z), le milieu situé en dessous exerce une force pressante dirigée vers le haut :

    \vec{F}_{\text{inf}} = - P_v(z+\mathrm{d}z)\,S\,\vec{e}_z

La résultante des forces de pression verticale agissant sur la tranche s'écrit donc :

\begin{aligned} \mathrm{d}\vec{F}_{p,v} &= \vec{F}_{\text{sup}} + \vec{F}_{\text{inf}} \\ &= \left[ P_v(z) - P_v(z+\mathrm{d}z) \right] S\,\vec{e}_z \end{aligned}

Au premier ordre en \mathrm{d}z, le développement de Taylor donne P_v(z+\mathrm{d}z) = P_v(z) + \dfrac{\mathrm{d}P_v}{\mathrm{d}z}\,\mathrm{d}z, d'où :

\boxed{\mathrm{d}\vec{F}_{p,v} = - \frac{\mathrm{d}P_v}{\mathrm{d}z}\,S\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_z = - \frac{\pi D^2}{4}\frac{\mathrm{d}P_v}{\mathrm{d}z}\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_z}

Résultat

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : force pressante, contrainte normale

Exprimer en fonction de la pression horizontale en introduisant un vecteur unitaire adéquat.

Voir l'indice

Définir le vecteur unitaire radial \vec{e}_r dirigé vers l'extérieur et exprimer la force normale élémentaire de la paroi sur le granulaire en tenant compte de la pression horizontale P_h.

Voir la stratégie
  1. Définir le système de coordonnées cylindriques adapté à la géométrie du tube et le vecteur unitaire radial \vec{e}_r.
  2. Exprimer l'élément de surface \mathrm{d}^2 S de la paroi cylindrique de rayon R = D/2.
  3. Écrire l'action mécanique normale de la paroi sur la tranche de milieu granulaire, dirigée vers l'intérieur du cylindre.
Voir la réponse courte

Expression de la force normale élémentaire sur un élément de paroi \mathrm{d}^2\vec{N} = P_h\,\mathrm{d}S\,\vec{u}_r.

Voir le corrigé complet

On se place dans le repère cylindro-polaire d'axe (Oz) confondu avec l'axe de symétrie du tube, orienté vers le bas, muni de la base locale (\vec{e}_r, \vec{e}_\theta, \vec{e}_z). Le vecteur unitaire radial \vec{e}_r est dirigé de l'axe vers l'extérieur (vers la paroi).

L'élément de paroi cylindrique de hauteur \mathrm{d}z, d'angle d'ouverture \mathrm{d}\theta et de rayon R = D/2 possède une aire :

\mathrm{d}^2 S = R\,\mathrm{d}\theta\,\mathrm{d}z = \frac{D}{2}\,\mathrm{d}\theta\,\mathrm{d}z

Par définition de la pression horizontale P_h, le milieu granulaire exerce sur la paroi une force de pression dirigée vers l'extérieur :

\mathrm{d}^2\vec{F}_{\text{grains}\to\text{paroi}} = P_h\,\mathrm{d}^2 S\,\vec{e}_r

D'après le principe des actions réciproques (troisième loi de Newton), la réaction normale \mathrm{d}^2\vec{N} exercée par cet élément de paroi sur le milieu granulaire s'oppose à cette force et est donc dirigée vers l'axe du tube (vers l'intérieur) :

\boxed{\mathrm{d}^2\vec{N} = - P_h\,\mathrm{d}^2 S\,\vec{e}_r = - P_h\,\frac{D}{2}\,\mathrm{d}\theta\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_r}

On peut également poser le vecteur unitaire normal rentrant \vec{n}_{\text{int}} = -\vec{e}_r, ce qui donne \mathrm{d}^2\vec{N} = P_h\,\mathrm{d}^2 S\,\vec{n}_{\text{int}}.

Résultat

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Question 10

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : loi de coulomb, frottement dynamique

Grâce à l'étape (b) du protocole, indiquer si la mesure de la masse s'effectue en régime statique ou de glissement.

Exprimer alors .

Voir l'indice

La descente continue du support mobile impose un mouvement relatif vers le bas du milieu granulaire par rapport au tube fixe : appliquer la loi de Coulomb en régime de glissement dynamique.

Voir la réponse courte

Justification de la situation à la limite de glissement ou en glissement, d'où \mathrm{d}^2\vec{T} = -f\,\mathrm{d}^2N\,\vec{u}_z.

Voir le corrigé complet

Lors de l'étape (b) du protocole expérimental, le support élévateur (boy) est abaissé lentement et continûment. Le piston descend, ce qui entraîne l'ensemble de la colonne granulaire vers le bas : il y a donc un mouvement relatif continu des grains par rapport aux parois immobiles du tube.

La vitesse de glissement du milieu granulaire par rapport à la paroi est dirigée vers le bas :

\vec{v}_{\text{grains/paroi}} = v_{\text{gliss}}\,\vec{e}_z \quad \text{avec} \quad v_{\text{gliss}} > 0

La mesure de la masse s'effectue par conséquent en régime de glissement.

D'après les lois d'Amontons-Coulomb rappelées dans l'énoncé :

  • la force tangentielle \mathrm{d}^2\vec{T} exercée par l'élément de paroi sur les grains est opposée à la vitesse de glissement, elle est donc dirigée vers le haut, c'est-à-dire selon -\vec{e}_z ;
  • sa norme atteint la valeur limite de frottement :

    \|\mathrm{d}^2\vec{T}\| = f\,\|\mathrm{d}^2\vec{N}\|

En utilisant l'expression de la norme de la force normale obtenue à la question précédente, \|\mathrm{d}^2\vec{N}\| = P_h\,\mathrm{d}^2S = P_h \frac{D}{2}\,\mathrm{d}\theta\,\mathrm{d}z, on obtient :

\boxed{\mathrm{d}^2\vec{T} = - f P_h\,\mathrm{d}^2S\,\vec{e}_z = - f P_h \frac{D}{2}\,\mathrm{d}\theta\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_z}

Résultat

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : intégration surfacique, loi de coulomb

En déduire les expressions des résultantes et correspondant à toute la tranche du milieu granulaire d'épaisseur , modélisé comme un milieu continu.

Voir l'indice

Intégrer les composantes de contact sur la circonférence de la paroi latérale en exploitant les symétries cylindriques.

Voir la stratégie
  1. Intégrer la composante normale infinitésimale \mathrm{d}^2\vec{N} sur tout le contour circulaire de la tranche (\theta \in [0, 2\pi]) en tenant compte de l'orientation variable du vecteur unitaire radial \vec{e}_r(\theta).
  2. Intégrer la composante tangentielle infinitésimale \mathrm{d}^2\vec{T} sur le contour, en remarquant que le vecteur unitaire \vec{e}_z est constant.
Voir la réponse courte

Intégration sur le pourtour cylindrique : la résultante normale s'annule par symétrie et \mathrm{d}T = f P_h\,\pi D\,\mathrm{d}z.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q9 et Q10, les actions de contact exercées par un élément de paroi d'aire \mathrm{d}^2 S = \frac{D}{2}\,\mathrm{d}\theta\,\mathrm{d}z sur le milieu granulaire s'écrivent :

\begin{aligned} \mathrm{d}^2\vec{N} &= - P_h(z)\,\frac{D}{2}\,\mathrm{d}\theta\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_r(\theta), \\ \mathrm{d}^2\vec{T} &= - f P_h(z)\,\frac{D}{2}\,\mathrm{d}\theta\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_z. \end{aligned}

Pour obtenir les résultantes sur toute la tranche d'épaisseur \mathrm{d}z, on intègre ces contributions sur l'angle azimutal \theta de 0 à 2\pi, à cote z fixée.

1. Résultante normale \mathrm{d}\vec{N} :

La pression P_h(z) ne dépend pas de l'angle \theta. En exprimant le vecteur radial en coordonnées cartésiennes, \vec{e}_r(\theta) = \cos\theta\,\vec{e}_x + \sin\theta\,\vec{e}_y, on a :

\int_0^{2\pi} \vec{e}_r(\theta)\,\mathrm{d}\theta = \left(\int_0^{2\pi}\cos\theta\,\mathrm{d}\theta\right)\vec{e}_x + \left(\int_0^{2\pi}\sin\theta\,\mathrm{d}\theta\right)\vec{e}_y = \vec{0}.

Par conséquent, la résultante des forces normales s'annule par symétrie cylindrique :

\boxed{\mathrm{d}\vec{N} = \vec{0}}

2. Résultante tangentielle \mathrm{d}\vec{T} :

Le vecteur unitaire \vec{e}_z est uniforme et sort de l'intégrale :

\begin{aligned} \mathrm{d}\vec{T} &= \int_{\theta=0}^{2\pi} \mathrm{d}^2\vec{T} \\ &= - f P_h(z)\,\frac{D}{2}\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_z \int_0^{2\pi} \mathrm{d}\theta \\ &= - \pi D f P_h(z)\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_z. \end{aligned}

La résultante des forces de frottement exercées par la paroi sur la tranche s'écrit donc :

\boxed{\mathrm{d}\vec{T} = - \pi D f P_h(z)\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_z}

Résultat

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : effet janssen, force de frottement

Discuter de la cohérence de ces résultats avec le défaut de masse présenté plus haut.

Voir l'indice

Confronter l'intégrale de la force de frottement pariétale sur la hauteur H au terme de défaut de masse mesuré sur la balance.

Voir la stratégie
  1. Intégrer la force élémentaire de frottement \mathrm{d}\vec{T} obtenue à la question Q11 sur toute la hauteur H de la colonne granulaire pour obtenir la force totale exercée par la paroi.
  2. Établir le bilan global des forces sur la colonne et relier la force de frottement au « défaut de masse » observé expérimentalement (M_{\text{tot}} - M_{\text{eff}}).
Voir la réponse courte

La force de frottement globale est orientée vers le haut, ce qui compense une partie du poids et explique le défaut de masse.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q11, la résultante des forces de frottement solide exercées par la paroi sur une tranche infinitésimale s'écrit :

\mathrm{d}\vec{T} = -\pi D f P_h(z)\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_z

L'axe vertical Oz étant orienté vers le bas, cette force élémentaire est dirigée verticalement vers le haut (-\vec{e}_z). En intégrant sur l'ensemble de la colonne de grains de hauteur H, la force tangentielle totale exercée par la paroi sur le milieu granulaire vaut :

\vec{T}_{\text{paroi}} = \int_0^H \mathrm{d}\vec{T} = - \left( \pi D f \int_0^H P_h(z)\,\mathrm{d}z \right) \vec{e}_z

Par ailleurs, la résultante des actions normales est nulle (\vec{N}_{\text{tot}} = \int \mathrm{d}\vec{N} = \vec{0}) en raison de la symétrie cylindrique, ce qui assure l'absence de force latérale nette sur la colonne.

À l'équilibre mécanique de la colonne granulaire lors de l'abaissement du piston (étape b), le bilan des forces verticales s'écrit :

\vec{P}_{\text{tot}} + \vec{R}_{\text{piston}} + \vec{T}_{\text{paroi}} = \vec{0}

En projection sur l'axe Oz descendant, avec \vec{P}_{\text{tot}} = M_{\text{tot}} g\,\vec{e}_z et \vec{R}_{\text{piston}} = - M_{\text{eff}} g\,\vec{e}_z, on obtient :

M_{\text{eff}} g = M_{\text{tot}} g - \|\vec{T}_{\text{paroi}}\|

soit encore :

\boxed{M_{\text{tot}} - M_{\text{eff}} = \frac{\pi D f}{g} \int_0^H P_h(z)\,\mathrm{d}z > 0}

Ce résultat est en parfait accord avec les observations expérimentales :

  • La paroi du tube reprend, par frottement solide dirigé vers le haut, une fraction non négligeable du poids des grains, ce qui décharge le piston et explique que la masse apparente mesurée M_{\text{eff}} soit strictement inférieure à la masse totale versée M_{\text{tot}}.
  • Plus la hauteur H (et donc M_{\text{tot}}) est grande, plus l'intégrale de la force de frottement est importante, ce qui explique l'écart croissant entre M_{\text{tot}} et M_{\text{eff}} mis en évidence sur la figure 2.

Résultat

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1.3 · Redirection des contraintes

Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point

Notions : équilibre statique, projection de force

Exprimer la norme de en fonction de et de l'angle .

Voir l'indice

Écrire l'équilibre mécanique vertical du grain central i soumis à son poids et aux deux réactions de contact symétriques dirigées le long des axes reliant les centres des grains.

Voir la stratégie
  1. Isoler le grain (i) à l'équilibre et recenser les actions mécaniques extérieures qui s'exercent sur lui.
  2. Justifier la direction des forces de contact grâce à l'hypothèse de contact sans frottement.
  3. Exploiter la symétrie du problème et projeter la condition d'équilibre statique sur la verticale ascendante pour en déduire la norme de \vec{F}_{i \to j}.
Voir la réponse courte

Équilibre statique d'un grain supérieur reposant sur deux grains inférieurs : projection verticale donnant la force de contact F_{i\to j} = mg/(2\cos\beta).

Voir le corrigé complet

Considérons le grain (i) à l'équilibre dans le référentiel d'étude supposé galiléen. Il est soumis à trois forces :

  • son poids : \vec{P} = - m g\,\vec{e}_z ;
  • la force de contact exercée par le grain (j) : \vec{F}_{j \to i} ;
  • la force de contact exercée par le grain (k) : \vec{F}_{k \to i}.

Les contacts étant sans frottement, les forces de contact sont purement normales aux surfaces sphériques au point de contact, c'est-à-dire dirigées selon la droite reliant les centres des grains :

  • la droite des centres reliant (j) à (i) est inclinée de l'angle \beta = \widehat{ijk} par rapport à l'horizontale (jk) ;
  • par symétrie de la configuration par rapport au plan vertical médian passant par le centre de (i), la droite reliant (k) à (i) forme également un angle \beta avec l'horizontale, et les normes des forces sont égales :

    \|\vec{F}_{j \to i}\| = \|\vec{F}_{k \to i}\|

En projetant le principe fondamental de la statique appliqué au grain (i) (\vec{P} + \vec{F}_{j \to i} + \vec{F}_{k \to i} = \vec{0}) sur l'axe vertical ascendant \vec{e}_z, on obtient :

\|\vec{F}_{j \to i}\| \sin\beta + \|\vec{F}_{k \to i}\| \sin\beta - mg = 0

soit :

2 \|\vec{F}_{j \to i}\| \sin\beta = mg \implies \|\vec{F}_{j \to i}\| = \frac{mg}{2\sin\beta}

D'après le principe des actions réciproques (troisième loi de Newton), \vec{F}_{i \to j} = -\vec{F}_{j \to i}, d'où :

\boxed{\|\vec{F}_{i \to j}\| = \frac{mg}{2\sin\beta}}

Résultat

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point

Notions : équilibre statique, composante horizontale

En déduire la norme de la force que le grain exerce sur le support.

Voir l'indice

Écrire l'équilibre horizontal du grain j soumis à la composante horizontale de la force transmise par le grain i et à la réaction de la paroi latérale de la boîte.

Voir la stratégie
  1. Isoler le grain j et réaliser le bilan des forces qui lui sont appliquées.
  2. Projeter la condition d'équilibre statique sur l'axe horizontal pour déterminer la réaction de la paroi verticale.
  3. Utiliser le principe des actions réciproques pour en déduire la force \vec{F}_h exercée sur le support.
Voir la réponse courte

Projection horizontale de la force transmise par le grain pour obtenir la composante latérale exercée sur la paroi.

Voir le corrigé complet

Considérons le grain j à l'équilibre dans le référentiel d'étude supposé galiléen.

Le grain j est soumis aux actions suivantes (les frottements étant négligés) :

  • son poids \vec{P}_j = -mg\,\vec{e}_z ;
  • la force pressante normale exercée par le grain i : \vec{F}_{i \to j}, dirigée selon la droite reliant les centres des grains i et j, orientée vers le bas et la gauche, et faisant un angle \beta avec l'horizontale ;
  • la réaction normale exercée par le fond horizontal de la boîte : \vec{N}_{\text{fond}} = N_{\text{fond}}\,\vec{e}_z ;
  • la réaction normale exercée par la paroi verticale latérale : \vec{N}_{\text{paroi}} = N_{\text{paroi}}\,\vec{e}_x (où \vec{e}_x est le vecteur unitaire horizontal dirigé vers la droite).

Le grain k étant séparé du grain j (\delta > 0), il n'y a aucun contact direct entre j et k.

À l'équilibre mécanique, le principe fondamental de la statique appliqué au grain j donne :

\vec{P}_j + \vec{F}_{i \to j} + \vec{N}_{\text{fond}} + \vec{N}_{\text{paroi}} = \vec{0}

En projetant cette relation sur l'axe horizontal dirigé vers la droite, seuls \vec{N}_{\text{paroi}} et la composante horizontale de \vec{F}_{i \to j} interviennent :

N_{\text{paroi}} - \|\vec{F}_{i \to j}\| \cos\beta = 0 \implies N_{\text{paroi}} = \|\vec{F}_{i \to j}\| \cos\beta

D'après le principe des actions réciproques (troisième loi de Newton), la force horizontale \vec{F}_h exercée par le grain j sur la paroi verticale est l'opposée de la force normale exercée par la paroi sur le grain :

\vec{F}_h = - \vec{N}_{\text{paroi}}

Sa norme est donc :

F_h = \|\vec{F}_h\| = N_{\text{paroi}} = \|\vec{F}_{i \to j}\| \cos\beta

En utilisant le résultat de la question 13, \|\vec{F}_{i \to j}\| = \dfrac{mg}{2\sin\beta}, on obtient :

F_h = \frac{mg}{2\sin\beta} \cos\beta = \frac{mg}{2\tan\beta}
\boxed{F_h = \frac{mg}{2\tan\beta}}

Résultat

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point

Notions : redirection de contrainte

Exprimer en fonction de l'angle .

Voir l'indice

Former le rapport k = \frac{F_h}{mg/2} à partir des composantes trigonométriques obtenues précédemment.

Voir la réponse courte

Rapport entre la force horizontale et la force verticale pour obtenir le coefficient de redirection k(\beta) = \tan\beta.

Voir le corrigé complet

D'après la question précédente (Q14), la composante horizontale de la force exercée par le grain j sur le support vertical vaut :

F_h = \frac{mg}{2\tan\beta}

En injectant cette expression dans la définition du coefficient de redirection k donnée par l'énoncé, on obtient :

\begin{aligned} k &= \frac{F_h}{\frac{mg}{2}} = \frac{\dfrac{mg}{2\tan\beta}}{\dfrac{mg}{2}} \end{aligned}

soit :

\boxed{k = \frac{1}{\tan\beta} = \cot\beta}

Résultat

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Question 16

ExigeanteTemps estimé : ≈ 3 min
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point

Notions : redirection de contrainte, tracé de courbe

Tracer alors l'allure du coefficient de redirection en fonction de . On choisira les valeurs de judicieusement.

Voir l'indice

Déterminer le domaine angulaire physiquement accessible sans décollement des grains et étudier les limites de \cot \beta.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le domaine géométriquement accessible pour l'angle \beta à partir de l'impénétrabilité des grains et du contact avec le fond.
  2. Identifier les valeurs remarquables de la fonction k(\beta) = \cot\beta = \dfrac{1}{\tan\beta} et ses limites.
  3. Tracer l'allure de la courbe k(\beta) en mettant en évidence le domaine physique ainsi que les points clés.
Voir la réponse courte

Tracé de k(\beta) sur l'intervalle angulaire physiquement accessible lié à l'empilement compact de sphères.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q15, le coefficient de redirection s'écrit :

k(\beta) = \frac{1}{\tan\beta} = \cot\beta

1. Domaine géométriquement accessible pour \beta :

  • Borne supérieure : les grains j et k, de diamètre d, reposent sur le fond. L'impénétrabilité impose que la distance entre leurs centres vérifie d + \delta \ge d, soit \delta \ge 0. Dans le triangle isocèle formé par les trois centres, la projection horizontale donne :

    \cos\beta = \frac{d+\delta}{2d} \ge \frac{1}{2} \implies \beta \le \frac{\pi}{3} = 60^\circ

    La valeur maximale \beta_{\max} = 60^\circ correspond au contact direct entre les grains inférieurs (\delta = 0, empilement compact).

  • Borne inférieure : le centre du grain supérieur i se situe à l'altitude y_i = \dfrac{d}{2} + d\sin\beta au-dessus du fond. Le grain i repose sur j et k sans toucher le fond tant que y_i > \dfrac{d}{2}, c'est-à-dire \sin\beta > 0 \implies \beta > 0. Lorsque \beta \to 0 (\delta \to d), le grain i s'enfonce jusqu'à toucher le fond.

Le domaine physique strict de l'empilement à trois grains est donc \left]0\,;\, \frac{\pi}{3}\right]. Mathématiquement, la fonction peut être prolongée sur \left]0\,;\, \frac{\pi}{2}\right[.

2. Valeurs remarquables :

  • Pour \beta \to 0^+ : k(\beta) \to +\infty (effet de coin : une faible force verticale génère une très forte poussée latérale).
  • Pour \beta = \dfrac{\pi}{6} = 30^\circ : k\left(\frac{\pi}{6}\right) = \sqrt{3} \approx 1{,}73.
  • Pour \beta = \dfrac{\pi}{4} = 45^\circ : k\left(\frac{\pi}{4}\right) = 1 (redirection isotrope des contraintes).
  • Pour \beta = \dfrac{\pi}{3} = 60^\circ (\delta = 0) : k\left(\frac{\pi}{3}\right) = \dfrac{1}{\sqrt{3}} \approx 0{,}58.
  • Pour \beta \to \dfrac{\pi}{2}^- : k(\beta) \to 0 (grains empilés verticalement, aucune force latérale transmise).

3. Tracé de l'allure :

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1.4 · Équation différentielle et solution

Question 17

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide ; Mécanique des fluides › Statique des fluides

Notions : effet janssen, bilan de tranche

En réalisant un bilan des forces à l'équilibre sur la tranche de milieu granulaire d'épaisseur , montrer que la pression obéit à l'équation différentielle suivante :

où est une longueur que l'on exprimera en fonction de et , et une pression que l'on exprimera en faisait apparaître . On utilisera les résultats des questions 7, 8 et 11.

Voir l'indice

Écrire le bilan des forces verticales à l'équilibre sur la tranche de hauteur \mathrm{d}z en utilisant P_h(z) = k P_v(z), puis regrouper sous la forme canonique proposée.

Voir la stratégie
  1. Écrire la condition d'équilibre mécanique de la tranche de milieu granulaire d'épaisseur \mathrm{d}z selon l'axe vertical (Oz).
  2. Injecter l'expression de la redirection des contraintes P_h(z) = k P_v(z) dans la force de frottement pariétal, ainsi que les résultats des questions Q7, Q8 et Q11.
  3. Mettre l'équation différentielle sous la forme canonique demandée pour identifier la longueur caractéristique \lambda et la pression de saturation P_\infty.
Voir la réponse courte

Équilibre de la tranche avec P_h = k P_v : obtention de l'équation différentielle de Janssen avec \lambda = D/(4kf) et P_\infty = \rho_{app} g \lambda.

Voir le corrigé complet

À l'équilibre, le principe fondamental de la statique appliqué à la tranche infinitésimale de milieu granulaire comprise entre z et z + \mathrm{d}z s'écrit :

\mathrm{d}\vec{P} + \mathrm{d}\vec{F}_{p,v} + \mathrm{d}\vec{T} = \vec{0}

En utilisant les expressions obtenues précédemment :

  • le poids de la tranche (d'après la question Q7) :

    \mathrm{d}\vec{P} = \rho \phi S g\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_z
  • la résultante des forces de pression verticale (d'après la question Q8) :

    \mathrm{d}\vec{F}_{p,v} = - S \frac{\mathrm{d}P_v}{\mathrm{d}z}\mathrm{d}z\,\vec{e}_z
  • la résultante des forces de frottement de la paroi (d'après la question Q11) :

    \mathrm{d}\vec{T} = - \pi D f P_h(z)\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_z

En injectant la loi de redirection des contraintes P_h(z) = k P_v(z), la force de frottement s'écrit :

\mathrm{d}\vec{T} = - \pi D k f P_v(z)\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_z

En projetant le bilan des forces selon l'axe vertical ascendant/descendant \vec{e}_z et en divisant par \mathrm{d}z :

- S \frac{\mathrm{d}P_v}{\mathrm{d}z} - \pi D k f P_v(z) + \rho \phi S g = 0

La section transversale étant un disque de diamètre D, on a S = \dfrac{\pi D^2}{4}, soit :

\frac{\pi D}{S} = \frac{4}{D}

En divisant toute l'équation par S, on obtient :

\frac{\mathrm{d}P_v}{\mathrm{d}z} + \frac{4 k f}{D} P_v = \rho \phi g

Puis en divisant par \dfrac{4 k f}{D} :

\frac{D}{4 k f} \frac{\mathrm{d}P_v}{\mathrm{d}z} + P_v = \rho \phi g \frac{D}{4 k f}

Cette équation est bien de la forme :

\lambda \frac{\mathrm{d}P_v}{\mathrm{d}z} + P_v = P_\infty

par identification :

\boxed{\lambda = \frac{D}{4 k f}}

et :

\boxed{P_\infty = \rho \phi g \lambda}

Résultat

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide ; Mécanique des fluides › Statique des fluides

Notions : condition aux limites, pression relative

Justifier qu'à la surface libre, on doit prendre . En particulier, on expliquera pourquoi la pression atmosphérique n'intervient pas (contrairement à un fluide).

Voir l'indice

Considérer que l'air atmosphérique pénètre librement dans les interstices du milieu granulaire sans exercer de contrainte nette sur le squelette solide granulaire.

Voir la réponse courte

En surface libre la contrainte intergranulaire est nulle ; l'air interstitiel transmet la pression atmosphérique uniformément sans comprimer le squelette solide.

Voir le corrigé complet

La pression verticale P_v(z) modélise la contrainte normale moyenne transmise par le squelette solide, c'est-à-dire la résultante par unité de section des forces de contact intergranulaires :

  • Condition à la surface libre : à la surface du lit granulaire (z=0), aucun grain n'est présent au-dessus de la première couche pour exercer une action mécanique de contact dirigée vers le bas. La contrainte de contact solide est donc nulle :

    \boxed{P_v(0) = 0}
  • Non-intervention de la pression atmosphérique : contrairement à un liquide continu ou à un milieu étanche, le milieu granulaire est poreux et perméable. L'air ambiant pénètre librement dans tout le réseau interstitiel reliant les grains. La pression atmosphérique P_{\text{atm}} s'exerce ainsi de façon isotrope et quasi-uniforme autour de chaque grain individuel (n'engendrant qu'une poussée d'Archimède dans l'air, négligeable devant le poids des billes de verre). Elle s'applique de surcroît identiquement sur toutes les parois et sur la balance (qui est tarée à l'air libre) : elle ne contribue donc pas aux contraintes mécaniques de contact au sein de la colonne de grains.

Résultat

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : équation différentielle du premier ordre, effet janssen

Déterminer la solution de l'équation différentielle en faisant apparaître les grandeurs et .

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle linéaire du premier ordre avec second membre constant en utilisant la condition initiale P_v(0) = 0.

Voir la réponse courte

Résolution avec la condition initiale P_v(0) = 0 : profil exponentiel saturant P_v(z) = P_\infty (1 - \mathrm{e}^{-z/\lambda}).

Voir le corrigé complet

L'équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants établie à la question 17 s'écrit :

\lambda \frac{\mathrm{d}P_v}{\mathrm{d}z} + P_v(z) = P_\infty

La solution générale de cette équation est la somme de la solution générale de l'équation homogène et d'une solution particulière constante :

P_v(z) = P_\infty + C \exp\left(-\frac{z}{\lambda}\right)

où C est une constante d'intégration déterminée par la condition aux limites à la surface libre justifiée à la question 18, soit P_v(0) = 0 :

P_v(0) = P_\infty + C = 0 \implies C = -P_\infty

On en déduit l'expression du profil de pression verticale au sein de la colonne granulaire :

\boxed{P_v(z) = P_\infty \left[1 - \exp\left(-\frac{z}{\lambda}\right)\right]}

Résultat

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : profil de pression

Tracer alors l'allure de . On fera apparaître sur le graphique les grandeurs et .

Voir l'indice

Tracer une exponentielle saturante en indiquant clairement la tangente à l'origine en z=0 et l'asymptote horizontale P_\infty.

Voir la stratégie

Pour tracer l'allure de la fonction P_v(z) = P_\infty \left[1 - \mathrm{e}^{-z/\lambda}\right] :

  1. Préciser la valeur initiale P_v(0) = 0 et le comportement asymptotique lorsque z \to +\infty, où P_v(z) \to P_\infty.
  2. Déterminer la pente à l'origine : la tangente en z = 0 a pour équation y = \frac{P_\infty}{\lambda} z, et coupe l'asymptote horizontale P_v = P_\infty précisément en z = \lambda.
  3. Mettre en valeur la valeur particulière P_v(\lambda) = P_\infty(1 - \mathrm{e}^{-1}) \approx 0{,}63\,P_\infty sur la courbe.
Voir la réponse courte

Allure de P_v(z) présentant une croissance linéaire à l'origine de pente P_\infty/\lambda et une asymptote horizontale P_\infty.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q19, la pression verticale s'exprime sous la forme :

P_v(z) = P_\infty \left[1 - \exp\left(-\frac{z}{\lambda}\right)\right]

Ses caractéristiques géométriques remarquables sont :

  • À la surface libre (z = 0) : P_v(0) = 0.
  • Pente à l'origine :

    \left.\frac{\mathrm{d}P_v}{\mathrm{d}z}\right|_{z=0} = \frac{P_\infty}{\lambda} = \rho \phi g

    La tangente à l'origine correspond au profil hydrostatique usuel et croise l'asymptote P_v = P_\infty au point d'abscisse z = \lambda.

  • À la profondeur caractéristique z = \lambda :

    P_v(\lambda) = P_\infty \left(1 - \mathrm{e}^{-1}\right) \approx 0{,}63\,P_\infty
  • Comportement asymptotique : pour z \gg \lambda, la pression tend vers la valeur seuil P_\infty (asymptote horizontale). Pour z \ge 3\lambda, on a déjà P_v \ge 0{,}95\,P_\infty.
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Question 21

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : masse apparente, effet janssen

En utilisant les résultats précédents, proposer un raisonnement permettant d'obtenir une expression de en fonction de la hauteur de l'empilement.

Voir l'indice

Évaluer la force de pression exercée sur le piston situé au fond de la colonne en z = H, puis la convertir en masse effective apparente via M_{\text{eff}} = \frac{S P_v(H)}{g}.

Voir la stratégie
  1. Identifier le lien mécanique entre la pression verticale exercée par les grains à la base du cylindre (z = H) et la grandeur mesurée par la balance.
  2. Exprimer la force pressante reçue par le piston et traduire son équilibre statique pour relier la masse effective M_{\text{eff}} à la pression P_v(H).
  3. Injecter l'expression de P_v(H) obtenue à la question Q19 pour expliciter M_{\text{eff}}(H).
Voir la réponse courte

La balance mesure la force transmise au fond : M_{\mathrm{eff}} = S P_v(H)/g avec S = \pi D^2/4.

Voir le corrigé complet

Considérons le piston coulissant situé à la base du tube, en z = H.

  • Le milieu granulaire exerce sur la face supérieure du piston, de section plane S = \dfrac{\pi D^2}{4}, une force pressante verticale descendante :

    \vec{F}_{\text{grains}\to\text{piston}} = P_v(H) S \, \vec{e}_z
  • Le piston coulisse sans frottement et sa masse est soit négligeable, soit prise en compte dans la tare initiale de la balance. À l'équilibre statique vertical, la force exercée par le plateau de la balance sur le piston compense exactement la poussée des grains :

    \vec{F}_{\text{balance}\to\text{piston}} = - P_v(H) S \, \vec{e}_z

Par définition, la balance indique une masse effective M_{\text{eff}} proportionnelle à la norme de cette force normale de soutien :

\|\vec{F}_{\text{balance}\to\text{piston}}\| = M_{\text{eff}} g

On en déduit immédiatement la relation fondamentale :

M_{\text{eff}} = \frac{S}{g} P_v(H) = \frac{\pi D^2}{4 g} P_v(H)

En utilisant la solution établie à la question Q19 pour P_v(z) évaluée en z = H :

P_v(H) = P_\infty \left[ 1 - \exp\left(-\frac{H}{\lambda}\right) \right]

on obtient l'expression de la masse effective en fonction de la hauteur H :

\boxed{M_{\text{eff}} = \frac{\pi D^2}{4 g} P_\infty \left[ 1 - \exp\left(-\frac{H}{\lambda}\right) \right]}

Résultat

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Question 22

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : masse apparente, effet janssen

En déduire une expression fonction de la masse versée . On pourra introduire une masse caractéristique que l'on exprimera en fonction de et .

Voir l'indice

Relier la masse totale M_{\text{tot}} à la hauteur H par M_{\text{tot}} = \rho \phi S H, et identifier la masse caractéristique de saturation M_\infty.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la masse totale de grains versée M_{\mathrm{tot}} en fonction de la hauteur H, de la géométrie du tube et de la masse volumique apparente \rho \phi.
  2. Définir la masse caractéristique M_\infty comme la valeur asymptotique de M_{\mathrm{eff}} pour H \to \infty, en fonction de D, g et P_\infty.
  3. Exprimer le rapport adimensionné H/\lambda en fonction de M_{\mathrm{tot}}/M_\infty et en déduire la relation M_{\mathrm{eff}}(M_{\mathrm{tot}}).
Voir la réponse courte

Expression de H en fonction de M_{\mathrm{tot}} et mise sous la forme M_{\mathrm{eff}} = M_\infty (1 - \mathrm{e}^{-M_{\mathrm{tot}}/M_\infty}).

Voir le corrigé complet

La masse totale de billes versées dans le tube cylindrique de section S = \frac{\pi D^2}{4} sur une hauteur H s'exprime, avec une compacité uniforme \phi, par :

M_{\mathrm{tot}} = \rho \phi S H = \rho \phi \frac{\pi D^2}{4} H

D'après le résultat de la question Q21, la masse effective mesurée s'écrit :

M_{\mathrm{eff}} = \frac{\pi D^2}{4 g} P_\infty \left[ 1 - \exp\left(-\frac{H}{\lambda}\right) \right]

On introduit naturellement la masse caractéristique M_\infty, limite de M_{\mathrm{eff}} lorsque la hauteur H tend vers l'infini :

\boxed{M_\infty = \frac{\pi D^2}{4 g} P_\infty}

En rappelant que P_\infty = \rho \phi g \lambda (d'après la question Q17), cette masse caractéristique s'interprète comme la masse d'une colonne de grains de hauteur caractéristique \lambda :

M_\infty = \frac{\pi D^2}{4 g} (\rho \phi g \lambda) = \rho \phi \frac{\pi D^2}{4} \lambda

Le rapport des hauteurs s'identifie donc directement au rapport des masses :

\frac{H}{\lambda} = \frac{\rho \phi \frac{\pi D^2}{4} H}{\rho \phi \frac{\pi D^2}{4} \lambda} = \frac{M_{\mathrm{tot}}}{M_\infty}

On en déduit l'expression demandée pour la masse effective :

\boxed{M_{\mathrm{eff}}(M_{\mathrm{tot}}) = M_\infty \left[ 1 - \exp\left(-\frac{M_{\mathrm{tot}}}{M_\infty}\right) \right]}

Résultat

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : effet janssen, comparaison modèle-expérience

Commenter l'expression de en analysant les données présentées sur la figure 2.

Voir l'indice

Identifier l'asymptote horizontale de la courbe expérimentale de la figure 2 pour en déduire M_\infty, et vérifier le régime linéaire pour les faibles masses.

Voir la stratégie
  1. Étudier les deux régimes asymptotiques de l'expression théorique M_{\text{eff}}(M_{\text{tot}}) issue de la question Q22 : pour les faibles masses (M_{\text{tot}} \ll M_\infty) et pour les fortes masses (M_{\text{tot}} \gg M_\infty).
  2. Confronter ces deux régimes aux points de mesure expérimentaux de la figure 2 (pente initiale et asymptote horizontale).
  3. En déduire l'adéquation du modèle de Janssen et estimer graphiquement la masse limite M_\infty.
Voir la réponse courte

Confrontation du comportement asymptotique du modèle théorique avec la saturation observée expérimentalement sur la figure 2.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q22, la loi théorique décrivant la masse effective est :

M_{\text{eff}}(M_{\text{tot}}) = M_\infty \left[ 1 - \exp\left(-\frac{M_{\text{tot}}}{M_\infty}\right) \right]

On distingue deux régimes asymptotiques caractéristiques :

  • Régime des faibles masses versées (M_{\text{tot}} \ll M_\infty) :
    En effectuant un développement limité au premier ordre de l'exponentielle :

    M_{\text{eff}} \approx M_\infty \left[ 1 - \left(1 - \frac{M_{\text{tot}}}{M_\infty}\right) \right] = M_{\text{tot}}

    La courbe part de l'origine avec une pente unitaire (\mathrm{d}M_{\text{eff}}/\mathrm{d}M_{\text{tot}} = 1). Sur la figure 2, pour M_{\text{tot}} \lesssim 3\text{ g}, les points expérimentaux s'alignent remarquablement le long de la première bissectrice : le poids de la colonne est intégralement supporté par le piston, les parois ne reprenant encore qu'une part négligeable de la charge.

  • Régime de saturation pour les fortes masses (M_{\text{tot}} \gg M_\infty) :
    Le terme exponentiel tend vers zéro, si bien que :

    \lim_{M_{\text{tot}} \to +\infty} M_{\text{eff}} = M_\infty = \text{cte}

    La masse mesurée devient indépendante de la hauteur de grains versée. Sur la figure 2, la courbe expérimentale fléchit dès M_{\text{tot}} \sim 5\text{ g} et présente un palier très net au-delà de 20\text{ g}. Tout grain supplémentaire versé voit alors son poids intégralement repris par le frottement statique/glissant exercé par les parois verticales du tube.

Sur la figure 2, la lecture de l'asymptote horizontale permet d'estimer la masse caractéristique de saturation :

\boxed{M_\infty \approx 8\text{ g}}

L'accord qualitatif et quantitatif entre le profil théorique de Janssen (croissance exponentielle avec saturation) et les données expérimentales est excellent.

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Question 24

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : coefficient de frottement, application numérique

Déterminer la valeur numérique du coefficient de frottement et commenter. On prendra pour le coefficient de redirection .

Voir l'indice

Isoler le coefficient de frottement f dans l'expression de M_\infty en prenant k=1 et les valeurs numériques des paramètres géométriques et matériels.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le coefficient de frottement f en combinant les expressions de M_\infty (question Q22), P_\infty et \lambda (question Q17).
  2. Effectuer l'application numérique avec les paramètres géométriques et matériels donnés, ainsi que la valeur de saturation M_\infty déterminée à la question Q23.
  3. Comparer la valeur obtenue à celle établie pour le contact verre-verre à la question Q3.
Voir la réponse courte

Détermination de \lambda par ajustement sur la courbe expérimentale puis calcul de f et comparaison avec la valeur verre-verre de la question 3.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats des questions Q17 et Q22, la masse caractéristique de saturation M_\infty s'écrit :

M_\infty = \frac{\pi D^2}{4 g} P_\infty = \frac{\pi D^2}{4 g} (\rho \phi g \lambda) = \frac{\pi D^2}{4} \rho \phi \lambda

En remplaçant la longueur caractéristique \lambda = \dfrac{D}{4 k f}, on obtient :

M_\infty = \frac{\pi \rho \phi D^3}{16 k f}

On en déduit l'expression littérale du coefficient de frottement f :

f = \frac{\pi \rho \phi D^3}{16 k M_\infty}

Avec les valeurs numériques fournies :

  • \rho = 2500\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • \phi = 0{,}6 ;
  • D = 20\text{ mm} = 2{,}0 \cdot 10^{-2}\text{ m} ;
  • k = 1 ;
  • M_\infty \approx 8\text{ g} = 8 \cdot 10^{-3}\text{ kg} (lu sur la figure 2, question Q23).

Le calcul donne :

\begin{aligned} f &= \frac{\pi \times 2500 \times 0{,}6 \times (2{,}0 \cdot 10^{-2})^3}{16 \times 1 \times 8 \cdot 10^{-3}} \\ &= \frac{\pi \times 1500 \times 8{,}0 \cdot 10^{-6}}{128 \cdot 10^{-3}} \\ &= \frac{12\pi \cdot 10^{-3}}{128 \cdot 10^{-3}} = \frac{3\pi}{32} \approx 0{,}29 \approx 0{,}3 \end{aligned}
\boxed{f \approx 0{,}3}

Commentaire : La valeur trouvée f \approx 0{,}3 est en excellent accord avec le coefficient de frottement verre-verre calculé à la question Q3 (f = \tan(18^\circ) \approx 0{,}32 \approx 0{,}3). Cela confirme la validité du modèle continu de Janssen pour décrire la saturation des contraintes, ainsi que la pertinence de l'ordre de grandeur choisi pour le coefficient de redirection (k \approx 1).

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2 · Canal de navigation bloqué par des blocs de glace

Question 25

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide ; Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : bilan de forces, frottement aux parois

Représenter sur un schéma les forces horizontales (c'est-à-dire dans le plan de la glace) agissant sur une tranche contenant les blocs de glace situés entre les abscisses et (et donc de largeur ). On justifiera la direction de ces forces.

Voir l'indice

Schématiser la tranche de glace de longueur \mathrm{d}x : le bateau pousse vers les x croissants, les frottements sur les berges et la pression exercée par l'aval s'opposent au mouvement.

Voir la stratégie
  1. Choisir pour système la tranche de glace d'épaisseur \mathrm{d}x, de largeur \ell et d'épaisseur immergée e, dans le référentiel terrestre lié aux berges du canal.
  2. Faire le bilan des actions mécaniques agissant dans le plan horizontal (Oxy) : les forces de contact interne exercées par les blocs adjacents (pression P_x), les réactions normales et tangentielles des parois latérales, et l'entraînement par le courant d'eau sous la glace.
  3. Justifier la direction et le sens de chaque force en exploitant le caractère compressif de la pression, les lois du frottement de Coulomb et le sens de l'écoulement d'eau.
Voir la réponse courte

Schéma des forces horizontales : poussée de l'amont, contre-poussée aval, entraînement par le courant d'eau et frottement solide sur les berges.

Voir le corrigé complet

On se place dans le référentiel terrestre muni du repère orthonormé direct (O, \vec{e}_x, \vec{e}_y, \vec{e}_z) tel que :

  • l'axe (Ox) est colinéaire à l'axe du canal et orienté de l'amont vers l'aval (vers la droite sur la figure 5 de l'énoncé), dans le sens de poussée du navire ;
  • l'axe (Oy) est horizontal et transversal (perpendiculaire aux berges) ;
  • l'axe (Oz) est vertical ascendant.

Le système étudié est la tranche de glace comprise entre les abscisses x et x+\mathrm{d}x, occupant toute la largeur \ell du canal et présentant une épaisseur immergée e. Sa section transversale est S = \ell e.

Description du schéma (vue de dessus dans le plan horizontal (Oxy)) :

  • Le canal est délimité par deux parois latérales rectilignes parallèles à (Ox) aux ordonnées y = 0 et y = \ell.
  • La tranche de glace est représentée par une bande rectangulaire de longueur \mathrm{d}x et de largeur \ell.
  • Sur la face transversale amont en x, la force de pression interne \vec{F}_p(x) est dirigée vers la droite (+\vec{e}_x).
  • Sur la face transversale aval en x+\mathrm{d}x, la force de pression interne \vec{F}_p(x+\mathrm{d}x) est dirigée vers la gauche (-\vec{e}_x).
  • Sur la paroi latérale en y = \ell (paroi haute), s'exercent une réaction normale \mathrm{d}\vec{N}_1 dirigée vers le bas (-\vec{e}_y) et une force de frottement de paroi \mathrm{d}\vec{T}_1 dirigée vers la gauche (-\vec{e}_x).
  • Sur la paroi latérale en y = 0 (paroi basse), s'exercent une réaction normale \mathrm{d}\vec{N}_2 dirigée vers le haut (+\vec{e}_y) et une force de frottement de paroi \mathrm{d}\vec{T}_2 dirigée vers la gauche (-\vec{e}_x).
  • Au centre de la tranche (s'exerçant sur toute la face inférieure immergée), la force de traînée exercée par le courant d'eau \mathrm{d}\vec{F}_{\text{traînée}} est dirigée vers la gauche (-\vec{e}_x).

Justification de la direction et du sens des forces horizontales :

  1. Forces de pression interne de la glace : Le milieu granulaire étant en compression (P_x(x) > 0), la force pressante exercée par les blocs extérieurs est orthogonale aux surfaces de coupe et dirigée vers l'intérieur de la tranche :

    \begin{aligned} \vec{F}_p(x) &= P_x(x)\,\ell e\,\vec{e}_x \quad (\text{poussée vers les } x \text{ croissants}), \\ \vec{F}_p(x+\mathrm{d}x) &= - P_x(x+\mathrm{d}x)\,\ell e\,\vec{e}_x \quad (\text{poussée vers les } x \text{ décroissants}). \end{aligned}
  2. Réactions normales des parois latérales du canal : Les berges maintiennent latéralement le paquet de glace. La glace exerce une pression horizontale latérale P_y sur les parois ; par le principe des actions réciproques, les parois exercent des forces répulsives normales dirigées vers l'intérieur du canal :

    \mathrm{d}\vec{N}_1 = - P_y\,e\,\mathrm{d}x\,\vec{e}_y \quad \text{et} \quad \mathrm{d}\vec{N}_2 = + P_y\,e\,\mathrm{d}x\,\vec{e}_y.
  3. Frottements solides aux deux parois latérales : Le navire évacue la glace en la repoussant vers les x croissants : la vitesse de glissement de la glace par rapport aux berges est donc dirigée selon +\vec{e}_x. D'après les lois de Coulomb du frottement solide en régime de glissement, la force de frottement exercée par les parois sur la glace s'oppose à la vitesse de glissement relatif :

    \mathrm{d}\vec{T}_1 = - f\|\mathrm{d}\vec{N}_1\|\,\vec{e}_x \quad \text{et} \quad \mathrm{d}\vec{T}_2 = - f\|\mathrm{d}\vec{N}_2\|\,\vec{e}_x \quad (\text{dirigées selon } -\vec{e}_x).
  4. Force de traînée hydrodynamique du courant d'eau : L'eau sous la glace s'écoule avec une vitesse relative \vec{U} = - U\,\vec{e}_x opposée à l'avancée du navire (à contre-courant). L'entraînement visqueux de l'eau sur la face inférieure des blocs de glace produit une force de traînée dirigée dans le sens de l'écoulement du fluide :

    \mathrm{d}\vec{F}_{\text{traînée}} \quad \text{est dirigée selon } -\vec{e}_x.
\boxed{\text{Forces en présence : } \vec{F}_p(x) \parallel +\vec{e}_x,\quad \vec{F}_p(x+\mathrm{d}x) \parallel -\vec{e}_x,\quad \mathrm{d}\vec{N}_{1,2} \parallel \mp\vec{e}_y,\quad \mathrm{d}\vec{T}_{1,2} \parallel -\vec{e}_x,\quad \mathrm{d}\vec{F}_{\text{traînée}} \parallel -\vec{e}_x}

Résultat

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux ; Mécanique › Frottement solide

Notions : force de traînée, analogie physique

Dans ce problème, donner l'analogue de la pesanteur pour l'effet Janssen dans une colonne de grains.

Voir l'indice

Identifier la force volumique d'entraînement qui joue ici le rôle moteur équivalent au poids dans la colonne granulaire.

Voir la réponse courte

Identification de la force d'entraînement hydrodynamique due au courant d'eau comme analogue volumique du poids dans la colonne granulaire.

Voir le corrigé complet

Dans la colonne granulaire verticale (Partie 1), l'action mécanique motrice motrice s'exerçant de manière distribuée sur chaque tranche de matière est le poids (dû au champ de pesanteur \vec{g}), qui tend à faire descendre les grains et engendre une pression longitudinale P_v(z).

Dans le canal horizontal, les blocs de glace sont soumis à l'écoulement continu de l'eau sous leur face inférieure. L'analogue de la pesanteur est donc la force de traînée hydrodynamique (frottement fluide) exercée par le courant d'eau sur la surface inférieure des blocs de glace, qui pousse la glace dans le sens de l'écoulement.

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Question 27

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : nombre de reynolds, ordre de grandeur

Estimer un ordre de grandeur typique du nombre de Reynolds pour un bloc de glace.

Voir l'indice

Calculer le nombre de Reynolds hydrodynamique Re = \frac{\rho_{\text{eau}} U d}{\eta} en utilisant les ordres de grandeur du diamètre et de la vitesse.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression adimensionnelle du nombre de Reynolds Re = \frac{\rho U L_c}{\eta} caractérisant l'écoulement d'un fluide autour d'un obstacle.
  2. Identifier les grandeurs pertinentes : la vitesse relative de l'eau U, la dimension caractéristique d'un bloc de glace (son diamètre d ou son épaisseur e), et la masse volumique usuelle de l'eau liquide \rho_{\text{eau}}.
  3. Calculer la valeur numérique et donner l'ordre de grandeur demandé.
Voir la réponse courte

Calcul du nombre de Reynolds Re = \rho U L / \eta \gg 10^3, attestant d'un écoulement hautement turbulent autour des blocs.

Voir le corrigé complet

Le nombre de Reynolds associé à l'écoulement de l'eau autour d'un obstacle immergé est défini par :

Re = \frac{\rho_{\text{eau}} U L_c}{\eta}

où :

  • U = 2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} est la vitesse de l'eau sous la glace ;
  • \eta = 1\times 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s} est la viscosité dynamique de l'eau ;
  • \rho_{\text{eau}} \approx 1{,}0\times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} est la masse volumique de l'eau liquide ;
  • L_c est la dimension caractéristique d'un bloc de glace, soit son diamètre d = 1\text{ m} (ou alternativement son épaisseur immergée e = 0{,}3\text{ m}).

En choisissant le diamètre d = 1\text{ m} comme dimension caractéristique :

\begin{aligned} Re &= \frac{10^3 \times 2 \times 1}{1 \times 10^{-3}} = 2\times 10^6 \end{aligned}

Si l'on prenait l'épaisseur e = 0{,}3\text{ m}, on obtiendrait Re = 6\times 10^5.

À un chiffre significatif, l'ordre de grandeur typique du nombre de Reynolds est :

\boxed{Re \sim 10^6}

Résultat

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Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : force de traînée, coefficient de traînée

Rappeler l'expression de la force de traînée qui s'exerce sur une sphère en translation à vitesse dans un liquide au repos (ici de l'eau) pour un nombre de Reynolds correspondant à celui de la question précédente.

Voir l'indice

À grand nombre de Reynolds, rappeler l'expression de la traînée inertielle quadratique en fonction de la masse volumique de l'eau, de la surface et de la vitesse relative.

Voir la stratégie
  1. Identifier le régime d'écoulement à partir du résultat de la question précédente (Re \sim 10^6 \gg 1) : le régime est inertiel (turbulent).
  2. Exprimer la force de traînée quadratique (loi de traînée inertielle de Newton) pour une sphère, en précisant le maître-couple et le coefficient de traînée C_x.
Voir la réponse courte

Rappel de l'expression de la traînée quadratique en régime inertiel/turbulent : F_x = \frac{1}{2}\rho_{eau} C_x S_i U^2.

Voir le corrigé complet

À haut nombre de Reynolds (Re \sim 10^6 \gg 1), les effets inertiels l'emportent largement devant les forces visqueuses. L'écoulement présente un sillage turbulent à l'arrière de l'obstacle et la traînée est quadratique en vitesse (régime inertiel de Newton).

Pour une sphère de diamètre d (rayon R = d/2) se déplaçant à la vitesse \vec{U} dans de l'eau au repos (de masse volumique \rho_{\text{eau}}), la force de traînée s'oppose au mouvement et s'écrit vectoriellement :

\vec{F}_t = -\frac{1}{2}\,\rho_{\text{eau}}\,C_x\,S\,U\,\vec{U}

où :

  • S = \pi R^2 = \dfrac{\pi d^2}{4} est le maître-couple (section droite frontale perpendiculaire à l'écoulement) ;
  • C_x (ou C_D) est le coefficient de traînée sans dimension (de l'ordre de 0{,}4 à 0{,}5 pour une sphère dans cette gamme de nombre de Reynolds avant la crise de traînée) ;
  • \rho_{\text{eau}} est la masse volumique de l'eau.

En norme, l'expression scalaire de la force de traînée s'écrit :

\boxed{F_t = \frac{1}{2}\,\rho_{\text{eau}}\,C_x\,S\,U^2 = \frac{1}{8}\,\pi\,\rho_{\text{eau}}\,C_x\,d^2\,U^2}

Résultat

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Question 29

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux ; Mécanique › Frottement solide

Notions : bilan de forces, traînée hydrodynamique

En adaptant l'approche proposée pour la colonne granulaire, donner l'expression de chacune des forces s'exerçant sur l'ensemble des blocs de glace inclus dans l'élément de longueur et de largeur .

Voir l'indice

Recenser les trois contributions axiales sur la tranche : résultante des forces de pression -\ell e \frac{\mathrm{d}P_x}{\mathrm{d}x}\mathrm{d}x, frottement de Coulomb sur les deux berges et force de traînée fluide sur la face inférieure.

Voir la stratégie
  1. Identifier les forces s'exerçant sur la tranche de glace de dimensions \mathrm{d}x \times \ell \times e, en distinguant la direction verticale (équilibre hydrostatique) et le plan horizontal.
  2. Exprimer dans le plan horizontal la résultante des forces de pression axiale, les forces normales exercées par les deux berges, les forces de frottement solide aux parois (en appliquant la loi de Coulomb et la redirection des contraintes), ainsi que la force de traînée hydrodynamique sous les blocs.
Voir la réponse courte

Écriture des trois composantes de forces sur la tranche de glace de largeur \ell et de longueur \mathrm{d}x : pression interne, traînée et frottement latéral.

Voir le corrigé complet

Dans la direction verticale, les blocs de glace flottent en équilibre avec une épaisseur immergée e : le poids et la poussée d'Archimède se compensent rigoureusement.

Dans le plan horizontal, la tranche de glace située entre x et x+\mathrm{d}x (de largeur \ell et d'épaisseur immergée e) est soumise aux actions suivantes :

  1. Forces de pression axiale (en x et x+\mathrm{d}x) :
    La section transversale occupée par la glace immergée est S = \ell \, e. Les forces pressantes exercées par le reste de la banquise sur les deux faces transversales s'écrivent :

    \begin{aligned} \vec{F}_p(x) &= P_x(x)\,\ell\,e\,\vec{e}_x, \\ \vec{F}_p(x+\mathrm{d}x) &= - P_x(x+\mathrm{d}x)\,\ell\,e\,\vec{e}_x. \end{aligned}

    La résultante des forces de pression axiale sur la tranche vaut donc :

    \boxed{\mathrm{d}\vec{F}_{p,x} = - \frac{\mathrm{d}P_x}{\mathrm{d}x}\,\ell\,e\,\mathrm{d}x\,\vec{e}_x}
  2. Forces normales exercées par les parois latérales (en y = 0 et y = \ell) :
    Chaque berge présente une surface de contact immergée \mathrm{d}S_{\text{paroi}} = e\,\mathrm{d}x. Par analogie avec la colonne granulaire, la pression transversale exercée sur les parois latérales est redirigée à partir de la pression axiale selon la relation P_y(x) = k\,P_x(x).
    Les forces normales exercées par les parois sur la glace s'écrivent donc :

    \begin{aligned} \mathrm{d}\vec{N}_{y=0} &= + k\,P_x(x)\,e\,\mathrm{d}x\,\vec{e}_y, \\ \mathrm{d}\vec{N}_{y=\ell} &= - k\,P_x(x)\,e\,\mathrm{d}x\,\vec{e}_y. \end{aligned}

    Par symétrie, leur résultante est nulle :

    \boxed{\mathrm{d}\vec{N} = \mathrm{d}\vec{N}_{y=0} + \mathrm{d}\vec{N}_{y=\ell} = \vec{0}}
  3. Forces de frottement de Coulomb sur les deux parois latérales :
    Lorsque le navire pousse la banquise dans le sens des x croissants, la glace glisse le long des berges. D'après la loi de Coulomb en régime de glissement, les forces de frottement sont opposées au mouvement (donc dirigées selon -\vec{e}_x) et ont pour norme f\,\|\mathrm{d}\vec{N}_i\|. En sommant les contributions des deux parois :

    \boxed{\mathrm{d}\vec{T} = - 2\,f\,k\,P_x(x)\,e\,\mathrm{d}x\,\vec{e}_x}
  4. Force de traînée hydrodynamique due au courant d'eau :
    L'eau s'écoule à la vitesse relative \vec{U} = - U\,\vec{e}_x sous les blocs. D'après l'énoncé, la traînée s'exerce sur la face inférieure des cylindres. La surface de glace effective en contact avec l'eau sous la tranche vaut S_{\text{inf}} = \phi\,\ell\,\mathrm{d}x, où \phi = 0{,}8 est la compacité. En adaptant la loi quadratique établie à la question précédente :

    \boxed{\mathrm{d}\vec{F}_t = - \frac{1}{2}\,\rho_{\text{eau}}\,C_x\,U^2\,\phi\,\ell\,\mathrm{d}x\,\vec{e}_x}

Résultat

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Question 30

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux ; Mécanique › Frottement solide

Notions : bilan de tranche, équation différentielle

En déduire l'équation différentielle que vérifie la pression . On introduira à nouveau une grandeur caractéristique et une pression caractéristique .

Voir l'indice

Établir l'équation différentielle régissant P_x(x) et poser les constantes caractéristiques \lambda et P_\infty par identification directe.

Voir la stratégie
  1. Établir le bilan des forces horizontales selon l'axe Ox sur la tranche de glace à la limite du glissement imposé par le navire.
  2. Mettre l'équation sous forme canonique en identifiant la longueur caractéristique \lambda et la pression caractéristique P_\infty.
  3. Intégrer l'équation différentielle avec la condition aux limites en x = L (surface libre de contrainte) et comparer le comportement physique à la saturation de Janssen.
Voir la réponse courte

Bilan de forces projeté sur l'axe du canal menant à une équation différentielle linéaire sur la contrainte longitudinale P_x(x).

Voir le corrigé complet

Le navire pousse l'ensemble de la glace vers les x croissants à vitesse quasi-nulle. À la limite du glissement (régime permanent lent), la tranche de glace comprise entre les abscisses x et x+\mathrm{d}x est en équilibre sous l'action des forces horizontales établies en question 29 :

\mathrm{d}\vec{F}_{p,x} + \mathrm{d}\vec{T} + \mathrm{d}\vec{F}_t = \vec{0}

En projetant sur l'axe horizontal \vec{e}_x, sachant que les frottements aux parois et la traînée hydrodynamique s'opposent tous deux à l'avancée de la glace :

-\ell e \frac{\mathrm{d}P_x}{\mathrm{d}x}\,\mathrm{d}x - 2 f k e P_x(x)\,\mathrm{d}x - \frac{1}{2}\rho_{\text{eau}} C_x U^2 \phi \ell\,\mathrm{d}x = 0

En divisant cette relation par 2 f k e\,\mathrm{d}x, on obtient :

\frac{\ell}{2fk} \frac{\mathrm{d}P_x}{\mathrm{d}x} + P_x(x) = -\frac{\rho_{\text{eau}} C_x U^2 \phi \ell}{4 f k e}

On identifie ainsi la longueur caractéristique \lambda et la pression caractéristique P_\infty :

\boxed{\lambda = \frac{\ell}{2fk}} \quad \text{et} \quad \boxed{P_\infty = \frac{\rho_{\text{eau}} C_x U^2 \phi \ell}{4 f k e} = \frac{\rho_{\text{eau}} C_x U^2 \phi}{2e}\,\lambda}

L'équation différentielle vérifiée par P_x(x) s'écrit alors :

\boxed{\lambda \frac{\mathrm{d}P_x}{\mathrm{d}x} + P_x = - P_\infty}

La solution générale de cette équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants est :

P_x(x) = C \exp\left(-\frac{x}{\lambda}\right) - P_\infty

où C est une constante déterminée par la condition aux limites à l'extrémité libre aval du banc de glace (en contact avec l'eau libre) :

P_x(x = L) = 0 \iff C \exp\left(-\frac{L}{\lambda}\right) - P_\infty = 0 \iff C = P_\infty \exp\left(\frac{L}{\lambda}\right)

On en déduit l'expression de la pression axiale au sein de la banquise :

\boxed{P_x(x) = P_\infty \left[ \exp\left(\frac{L-x}{\lambda}\right) - 1 \right]}

Différence avec l'effet Janssen granulaire : Dans la colonne granulaire verticale, le poids volumique (moteur) et la force de frottement pariétal (résistante) sont de sens opposés. La contrainte sature exponentiellement vers une valeur finie en profondeur selon une loi en 1 - \exp(-z/\lambda).

Ici, le navire pousse la glace contre le courant : la traînée hydrodynamique et le frottement sur les rives s'exercent tous deux dans le même sens (vers l'amont, à l'opposé du mouvement). La pression P_x(x) augmente ainsi de manière exponentielle lorsqu'on se rapproche du navire (x \to 0). Ce phénomène d'auto-coincement (arc-boutement) rend l'effort de poussée extrêmement sensible à la longueur L du bouchon.

Résultat

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Question 31

DifficileTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique › Frottement solide ; Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : équation différentielle, croissance exponentielle

Déterminer alors la solution de cette équation différentielle.

Commenter la différence avec l'effet Janssen granulaire.

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle en utilisant la condition aux limites en aval de l'embâcle où la glace est libre : P_x(L) = 0. Noter l'inversion du signe spatial par rapport à Janssen.

Voir la stratégie
  1. Intégrer l'équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants établie à la question précédente.
  2. Déterminer la constante d'intégration grâce à la condition aux limites à l'extrémité libre du banc de glace (x = L).
  3. Comparer l'allure de la solution obtenue (croissance exponentielle vers l'amont, arc-boutement) à la saturation exponentielle observée pour la colonne granulaire sous pesanteur.
Voir la réponse courte

Intégration de l'équation : contrainte croissant exponentiellement vers l'aval, montrant le risque d'arc-boutement de l'embâcle.

Voir le corrigé complet

L'équation différentielle régissant la pression axiale P_x(x) s'écrit (d'après la question précédente) :

\lambda \frac{\mathrm{d}P_x}{\mathrm{d}x} + P_x(x) = - P_\infty

La solution générale de cette équation différentielle linéaire d'ordre 1 avec second membre constant est la somme de la solution de l'équation homogène et d'une solution particulière constante :

\begin{aligned} P_x(x) = C \exp\left(-\frac{x}{\lambda}\right) - P_\infty \end{aligned}

où C est une constante déterminée par la condition aux limites.

À l'extrémité aval libre du banc de glace (x = L), la glace est au contact de l'eau libre et ne subit aucune contrainte axiale externe, d'où :

P_x(L) = 0 \implies C \exp\left(-\frac{L}{\lambda}\right) - P_\infty = 0 \implies C = P_\infty \exp\left(\frac{L}{\lambda}\right)

En réinjectant cette constante dans l'expression générale, on obtient :

\boxed{P_x(x) = P_\infty \left[ \exp\left(\frac{L - x}{\lambda}\right) - 1 \right]}

Commentaire sur la différence avec l'effet Janssen granulaire :

  • Dans la colonne granulaire verticale sous pesanteur, la pression part de zéro au sommet (z = 0) et sature à grande profondeur selon P_v(z) = P_\infty [1 - \exp(-z/\lambda)]. Les parois exercent un effet de voûte et soutiennent le poids excédentaire : la contrainte ne peut dépasser une valeur asymptotique finie P_\infty.
  • Dans le canal de glace, la contrainte nulle se situe à l'extrémité aval (x = L). En remontant vers le pousseur (x < L), la contrainte axiale croît exponentiellement :

    P_x(0) = P_\infty \left[ \exp\left(\frac{L}{\lambda}\right) - 1 \right]

    Les forces de frottement latéral s'opposent au déplacement et augmentent avec la pression, ce qui nécessite une pression en amont d'autant plus forte pour continuer à pousser. Il s'agit d'un phénomène d'« effet Janssen inverse » ou de coincement par arc-boutement (analogue à la formule du cabestan d'Euler).

Résultat

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Question 32

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : force de poussée, arc-boutement

Exprimer la force nécessaire au bateau pour mettre en mouvement l'ensemble de la glace à l'aide du bateau.

Voir l'indice

Exprimer la force totale que doit développer le bateau à l'abscisse x=0 en multipliant la pression P_x(0) par la section immergée transversale \ell e.

Voir la stratégie
  1. Identifier la surface de contact entre la plaque du bateau et le banc de glace en x = 0.
  2. Exprimer la force exercée par le bateau sur la glace à partir de la pression axiale P_x(0) établie à la question précédente.
  3. Exprimer la norme de cette force en fonction des paramètres du problème (\ell, e, P_\infty, \lambda et L).
Voir la réponse courte

Expression de la force requise à l'amont pour vaincre la contrainte accumulée sur toute la longueur L de l'embâcle.

Voir le corrigé complet

Le bateau pousse l'ensemble du banc de glace à l'aide d'une plaque verticale située en x = 0. La section transversale offerte par la glace sur toute la largeur du canal et sur toute son épaisseur immergée vaut :

S = \ell \, e

À la limite du glissement (mise en mouvement de la glace), la contrainte normale exercée par la plaque sur la glace correspond à la pression axiale P_x(0). La force exercée par le bateau sur la glace est dirigée selon l'axe longitudinal \vec{e}_x :

\vec{F}_{\text{bateau}} = P_x(0)\, S \,\vec{e}_x = P_x(0)\, \ell \, e \,\vec{e}_x

En utilisant l'expression de la pression axiale obtenue à la question Q30 (ou Q31) en x = 0, P_x(0) = P_\infty \left[ \exp\left(\frac{L}{\lambda}\right) - 1 \right], la norme de la force nécessaire pour vaincre les frottements et la traînée hydrodynamique s'écrit :

\boxed{F_{\text{bateau}} = P_\infty \, \ell \, e \left( \mathrm{e}^{L/\lambda} - 1 \right)}

En remplaçant la pression caractéristique P_\infty = \dfrac{\rho_{\text{eau}} C_x U^2 \phi}{2e} \lambda = \dfrac{\rho_{\text{eau}} C_x U^2 \phi \ell}{4 f k e}, on obtient également la forme développée :

\boxed{F_{\text{bateau}} = \frac{\rho_{\text{eau}} C_x U^2 \phi \ell^2}{4 f k} \left( \mathrm{e}^{\frac{2 f k L}{\ell}} - 1 \right)}

Résultat

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : croissance exponentielle, blocage

Représenter graphiquement l'évolution de cette force en fonction de la longueur de la zone occupée par les blocs de glace.

Voir l'indice

Tracer l'allure de la force en fonction de la longueur L : souligner la croissance exponentielle catastrophique pour L \gg \lambda.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression de F_{\text{bateau}}(L) établie à la question précédente.
  2. Analyser les comportements asymptotiques remarquables : valeur en L=0, tangente à l'origine (régime où le frottement latéral est négligeable) et comportement pour L \gg \lambda (croissance exponentielle).
  3. Tracer la courbe avec ses éléments caractéristiques (tangente à l'origine, échelle \lambda).
Voir la réponse courte

Tracé de la force de déblocage en fonction de L, mettant en évidence une croissance exponentielle divergente.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q32, la force exercée par le bateau sur l'ensemble de la banquise s'écrit :

F_{\text{bateau}}(L) = F_0 \left(\mathrm{e}^{L/\lambda} - 1\right) \quad \text{avec} \quad F_0 = P_\infty \ell e = \frac{\rho_{\text{eau}} C_x U^2 \phi \ell^2}{4 f k}

où \lambda = \dfrac{\ell}{2fk} est la longueur caractéristique associée au canal.

Cette fonction présente les caractéristiques suivantes :

  • Pour L = 0, F_{\text{bateau}}(0) = 0.
  • Au voisinage de l'origine (L \ll \lambda), un développement limité à l'ordre 1 donne :

    F_{\text{bateau}}(L) \underset{L \to 0}{\sim} \frac{F_0}{\lambda} L = \left(\frac{1}{2}\rho_{\text{eau}} C_x U^2 \phi \ell\right) L

    La tangente à l'origine est de pente non nulle : elle correspond à la résultante directe de la force de traînée hydrodynamique exercée par le courant sur la surface \phi \ell L de glace, en l'absence d'amplification par frottement aux parois.

  • Pour L \sim \lambda, F_{\text{bateau}}(\lambda) = F_0 (\mathrm{e} - 1) \approx 1{,}72\, F_0.
  • Pour L \gg \lambda, la force diverge de façon exponentielle en \mathrm{e}^{L/\lambda}.
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Question 34

DifficileTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : application numérique, embâcle

Évaluer numériquement cette force pour une largeur et une longueur . On proposera (en justifiant) des valeurs pour les autres grandeurs intervenant dans l'expression de la force. Commenter le résultat obtenu.

Voir l'indice

Calculer numériquement \lambda puis évaluer l'ordre de grandeur de la force requise en estimant le coefficient de traînée C_x et le frottement glace-paroi.

Voir la stratégie
  1. Identifier les grandeurs déjà connues et proposer des valeurs réalistes et justifiées pour les paramètres manquants (\rho_{\text{eau}}, C_x, k, f).
  2. Calculer la longueur caractéristique \lambda, l'argument de l'exponentielle L/\lambda, puis la force F_{\text{bateau}}.
  3. Commenter la valeur obtenue en termes d'ordre de grandeur (force de poussée d'un navire) et de sensibilité à la longueur de l'embâcle.
Voir la réponse courte

Application numérique montrant que la force requise dépasse de plusieurs ordres de grandeur la poussée maximale d'un remorqueur ou brise-glace.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q32, la force exercée par le bateau s'exprime par :

F_{\text{bateau}} = \frac{\rho_{\text{eau}} C_x U^2 \phi \ell^2}{4 f k} \left(\mathrm{e}^{\frac{2fkL}{\ell}} - 1\right)

avec une longueur caractéristique \lambda = \dfrac{\ell}{2 f k}.

1. Choix et justification des paramètres :

  • Données fournies par l'énoncé : \ell = 5\text{ m}, L = 30\text{ m}, U = 2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, \phi = 0{,}8.
  • Masse volumique de l'eau liquide : \rho_{\text{eau}} \approx 1{,}0\cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}.
  • Coefficient de traînée hydrodynamique C_x : pour un écoulement à grand nombre de Reynolds (\mathrm{Re} \sim 10^6, régime inertiel turbulent établi à la question Q27), la valeur usuelle pour un obstacle émoussé (sphère ou disque) est de l'ordre de C_x \approx 0{,}5 (rappel de la question Q28).
  • Coefficient de redirection : conformément à la modélisation granulaire (question Q24), on prend k \approx 1.
  • Coefficient de frottement glace/paroi f : le glissement de la glace sur une berge (béton, roche ou palplanches) s'accompagne d'un faible coefficient de frottement solide, typiquement f \approx 0{,}1 (ou f \approx 0{,}3 si l'on reprenait la valeur trouvée pour le milieu modèle en verre à la question Q24).

2. Évaluation numérique : Avec le jeu de valeurs k = 1, f = 0{,}1 et C_x = 0{,}5 :

\begin{aligned} \lambda &= \frac{\ell}{2 f k} = \frac{5}{2 \times 0{,}1 \times 1} = 25\text{ m} \\ \frac{L}{\lambda} &= \frac{30}{25} = 1{,}2 \\ \mathrm{e}^{L/\lambda} - 1 &= \mathrm{e}^{1{,}2} - 1 \approx 3{,}32 - 1 = 2{,}32 \end{aligned}

Le préfacteur vaut :

F_0 = \frac{\rho_{\text{eau}} C_x U^2 \phi \ell^2}{4 f k} = \frac{10^3 \times 0{,}5 \times 2^2 \times 0{,}8 \times 5^2}{4 \times 0{,}1 \times 1} = \frac{40 \times 10^3}{0{,}4} = 1{,}0\cdot 10^5\text{ N}

On en déduit :

F_{\text{bateau}} = 1{,}0\cdot 10^5 \times 2{,}32 \approx 2\cdot 10^5\text{ N}
\boxed{F_{\text{bateau}} \sim 2\cdot 10^5\text{ N} \text{ à } 10^6\text{ N}}

(Remarque : avec f = 0{,}3, on obtiendrait \lambda \approx 8{,}3\text{ m}, L/\lambda \approx 3{,}6, \mathrm{e}^{3{,}6} \approx 36 et F_{\text{bateau}} \sim 1\cdot 10^6\text{ N}.)

3. Commentaire du résultat :

  • Une force de 2\cdot 10^5\text{ N} correspond au poids d'une masse d'environ 20\text{ tonnes} (traction au point fixe d'un remorqueur de taille moyenne). Pour une longueur d'embâcle modérée (L = 30\text{ m}), l'opération est donc mécaniquement réalisable par un brise-glace ou un pousseur puissant.
  • En revanche, la croissance exponentielle en \mathrm{e}^{L/\lambda} montre qu'un doublement de la longueur du bouchon (L = 60\text{ m} \implies L/\lambda = 2{,}4) multiplierait cette force par plus de 4, et un triplement la rendrait rédhibitoire : l'effet de voûte et le frottement latéral ancrent le banc de glace sur les berges, provoquant un blocage total (« coincement granulaire ») impossible à dégager par simple poussée frontale.

Résultat

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Partie 2 : Oxydes d'azote

3.1 · Analyse orbitalaire

Question 35

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Structure de la matière › Liaisons, Lewis, VSEPR et interactions intermoléculaires

Notions : schéma de lewis, mésomérie

Dessiner la structure de Lewis du monoxyde d'azote et des ions nitrates .

Voir l'indice

Déterminer le nombre d'électrons de valence (11 pour \mathrm{NO}, 24 pour \mathrm{NO}_3^-) et écrire les structures avec l'électron célibataire sur l'azote pour \mathrm{NO} et les trois formes mésomères équivalentes pour \mathrm{NO}_3^-.

Voir la stratégie
  1. Pour chaque espèce, dénombrer les électrons de valence.
  2. Déterminer l'atome central et répartir les doublets (liants et non liants) en veillant au respect de la règle de l'octet pour les éléments de la deuxième période (\mathrm{N} et \mathrm{O} ne peuvent pas être hypervalents).
  3. Attribuer les charges formelles éventuelles et, le cas échéant, écrire les formes mésomères équivalentes.
Voir la réponse courte

Schéma de Lewis de \mathrm{NO} (entité radicalaire à 11 électrons de valence) et formes mésomères équivalentes de l'ion nitrate \mathrm{NO}_3^-.

Voir le corrigé complet

1. Monoxyde d'azote \mathrm{NO}

  • Dénombrement des électrons de valence :

    n_v = n_v(\mathrm{N}) + n_v(\mathrm{O}) = 5 + 6 = 11\ \mathrm{e}^-

    Il s'agit d'une molécule à nombre impair d'électrons (espèce radicalaire).

  • Structure de Lewis : L'oxygène étant plus électronégatif que l'azote (\chi_{\mathrm{O}} > \chi_{\mathrm{N}}), il satisfait préférentiellement la règle de l'octet (8 électrons autour de \mathrm{O}). L'atome d'azote possède alors 7 électrons dans son environnement de valence (un doublet non liant, un électron célibataire et une double liaison) :

    \begin{aligned} q(\mathrm{N}) &= 5 - 2 - 1 - 2 = 0 \\ q(\mathrm{O}) &= 6 - 4 - 2 = 0 \end{aligned}

    Toutes les charges formelles sont nulles.

2. Ion nitrate \mathrm{NO}_3^-

  • Dénombrement des électrons de valence :

    n_v = n_v(\mathrm{N}) + 3\,n_v(\mathrm{O}) + 1 = 5 + 3 \times 6 + 1 = 24\ \mathrm{e}^- \quad \text{soit } 12 \text{ doublets}.
  • Structure de Lewis : L'azote est l'atome central. N'appartenant qu'à la deuxième période de la classification périodique, il ne peut pas excéder l'octet. Il est engagé dans une double liaison \mathrm{N}=\mathrm{O} et deux liaisons simples \mathrm{N}-\mathrm{O}^-, sans doublet non liant propre :

    \begin{aligned} q(\mathrm{N}) &= 5 - 4 = +1 \\ q(\mathrm{O}_{\text{double liaison}}) &= 6 - 4 - 2 = 0 \\ q(\mathrm{O}_{\text{simple liaison}}) &= 6 - 6 - 1 = -1 \end{aligned}

    La somme des charges formelles vaut bien (+1) + 2 \times (-1) + 0 = -1.

  • Mésomérie : La double liaison se délocalise de façon équivalente sur les trois atomes d'oxygène, conduisant à trois formes mésomères limites en résonance.

Question déjà tombée ailleurs

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Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Structure de la matière › Orbitales moléculaires

Notions : diagramme d'orbitales moléculaires, remplissage électronique

Recopier le diagramme énergétique (figure 6) et le remplir avec des électrons afin de pouvoir indiquer la dernière orbitale doublement occupée ainsi que la première orbitale vacante. Centrer le diagramme afin de laisser de la place à gauche et à droite de ce dernier.

Voir l'indice

Remplir les orbitales moléculaires par énergie croissante selon le principe de Pauli et la règle de Hund pour les 11 électrons de valence.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le nombre d'électrons de valence du monoxyde d'azote \mathrm{NO}.
  2. Remplir les niveaux d'énergie des orbitales moléculaires présentés sur la figure 6 en appliquant les règles de remplissage (principe de stabilité, principe d'exclusion de Pauli et règle de Hund).
  3. Identifier et expliciter la dernière orbitale doublement occupée (DODO) ainsi que la première orbitale vacante (POV).
Voir la réponse courte

Remplissage des niveaux d'OM de \mathrm{NO} avec 11 électrons : identification de la SOMO \pi^* et de la LUMO \sigma^*.

Voir le corrigé complet

Le monoxyde d'azote \mathrm{NO} est constitué des atomes d'azote \mathrm{N} (Z=7) et d'oxygène \mathrm{O} (Z=8), dont les configurations électroniques sont :

  • Azote \mathrm{N} : 1s^2\,2s^2\,2p^3, soit n_v(\mathrm{N}) = 5 électrons de valence ;
  • Oxygène \mathrm{O} : 1s^2\,2s^2\,2p^4, soit n_v(\mathrm{O}) = 6 électrons de valence.

La molécule de \mathrm{NO} possède donc au total :

n_{v,\text{tot}} = 5 + 6 = 11 \text{ électrons de valence}.

D'après les règles de remplissage (Aufbau et Pauli), les 11 électrons occupent par ordre d'énergie croissante :

  • 2 électrons dans l'orbitale \phi_1 (\uparrow\downarrow) ;
  • 2 électrons dans l'orbitale \phi_2 (\uparrow\downarrow) ;
  • 4 électrons dans les deux orbitales dégénérées \phi_3 et \phi_4 (\uparrow\downarrow et \uparrow\downarrow) ;
  • 2 électrons dans l'orbitale \phi_5 (\uparrow\downarrow) ;
  • 1 électron (célibataire) dans le doublet dégénéré formé par \phi_6 et \phi_7 (placé par convention dans \phi_7 conformément au texte introduisant la question 39).

À l'issue de ce remplissage :

  • La dernière orbitale doublement occupée (DODO) est :

    \boxed{\text{DODO} : \phi_5}
  • L'orbitale contenant l'unique électron célibataire est l'orbitale simplement occupée (SOMO) : \phi_7.
  • Concernant la première orbitale vacante (POV / BV) :

    • Au sein du doublet dégénéré \{\phi_6, \phi_7\}, si l'électron célibataire est attribué à \phi_7, l'orbitale vacante de plus basse énergie est :

      \boxed{\text{POV} : \phi_6}
    • Si l'on considère la première orbitale entièrement vacante située à un niveau d'énergie strictement supérieur à celui de la SOMO, il s'agit de :

      \boxed{\phi_8}

Résultat

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Question 37

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Structure de la matière › Orbitales moléculaires ; Atomistique et classification périodique

Notions : électronégativité, énergie des orbitales atomiques

Compléter le diagramme de la question précédente en plaçant qualitativement les niveaux énergétiques des orbitales et pour l'atome d'oxygène et d'azote sans interaction. Justifier. Seul le placement relatif des différentes orbitales (atomiques et moléculaires) sera évalué.

Voir l'indice

Positionner les niveaux atomiques de l'oxygène plus bas en énergie que ceux de l'azote en raison de son électronégativité supérieure.

Voir la stratégie
  1. Comparer les énergies des orbitales atomiques de l'oxygène et de l'azote en s'appuyant sur l'électronégativité et la charge nucléaire effective (Z^*).
  2. Positionner les orbitales atomiques 2s et 2p par rapport aux orbitales moléculaires en appliquant la règle générale de stabilisation (orbitale liante plus basse que les OA mères) et de déstabilisation (orbitale antiliante plus haute que les OA mères).
  3. Construire et tracer le diagramme énergétique complet incluant les niveaux atomiques et moléculaires.
Voir la réponse courte

L'oxygène étant plus électronégatif que l'azote, ses orbitales atomiques 2s et 2p sont situées à des énergies plus basses que celles de l'azote.

Voir le corrigé complet

1. Comparaison entre les orbitales de l'oxygène et de l'azote

L'atome d'oxygène (Z = 8) et l'atome d'azote (Z = 7) appartiennent à la même deuxième période du tableau périodique. L'oxygène étant situé plus à droite, il possède une charge nucléaire plus élevée et une électronégativité supérieure à celle de l'azote (\chi_{\mathrm{O}} \approx 3{,}44 > \chi_{\mathrm{N}} \approx 3{,}04 dans l'échelle de Pauling).

D'après les règles de Slater, la charge nucléaire effective Z^* vue par les électrons de valence de l'oxygène est plus importante que celle vue par ceux de l'azote. Les orbitales atomiques (OA) de l'oxygène sont donc plus fortement stabilisées (énergie plus basse) que celles de l'azote :

E(2s, \mathrm{O}) < E(2s, \mathrm{N}) \quad \text{et} \quad E(2p, \mathrm{O}) < E(2p, \mathrm{N})

2. Placement relatif des OA et des orbitales moléculaires (OM)

L'écart énergétique entre les sous-couches 2s et 2p d'un même atome est grand (de l'ordre de 15 à 25\text{ eV}), ce qui sépare nettement les deux blocs d'interaction.

  • Bloc 2s : L'interaction des OA 2s donne une OM liante \sigma_s (\phi_1) stabilisée et une OM antiliante \sigma_s^* (\phi_2) déstabilisée. Les niveaux des OA 2s sont donc encadrés par \phi_1 et \phi_2 :

    \boxed{E(\phi_1) < E(2s, \mathrm{O}) < E(2s, \mathrm{N}) < E(\phi_2)}
  • Bloc 2p : L'interaction des OA 2p génère le bloc liant (\phi_3, \phi_4 de symétrie \pi et \phi_5 de symétrie \sigma) ainsi que le bloc antiliant (\phi_6, \phi_7 de symétrie \pi^* et \phi_8 de symétrie \sigma^*). Par conséquent :

    • Les orbitales liantes \phi_3, \phi_4 et \phi_5 sont stabilisées par rapport aux OA parentes : elles se situent en dessous des OA 2p de départ.
    • Les orbitales antiliantes \phi_6, \phi_7 et \phi_8 sont déstabilisées par rapport aux OA parentes : elles se situent au-dessus des OA 2p.

    Les niveaux 2p des deux atomes sont donc situés dans la fenêtre d'énergie comprise entre l'orbitale liante la plus haute (\phi_5) et l'orbitale antiliante la plus basse (\phi_6, \phi_7) :

    \boxed{E(\phi_5) < E(2p, \mathrm{O}) < E(2p, \mathrm{N}) < E(\phi_6, \phi_7)}

3. Diagramme énergétique qualitatif complété

Résultat

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Question 38

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Structure de la matière › Orbitales moléculaires ; Chimie de coordination

Notions : orbitale frontalière, site de coordination

À l'aide de la figure 6 et de vos connaissances, justifier que l'azote soit le site de coordination préférentiel pour former un complexe avec un centre métallique.

Voir l'indice

Observer la localisation spatiale et le poids des coefficients atomiques de la SOMO \phi_7 sur l'atome d'azote par rapport à l'oxygène.

Voir la stratégie

Pour justifier la régiosélectivité de la coordination par le monoxyde d'azote, on combine :

  1. Une analyse des surfaces d'isodensité de la figure 6 pour repérer sur quel atome sont polarisées les orbitales frontières (\phi_5, \phi_6 et \phi_7) ;
  2. Un argument de recouvrement orbitalaire dans le cadre de la théorie des orbitales frontières (interaction ligand-métal) ;
  3. Un argument chimique basé sur l'électronégativité relative des atomes d'azote et d'oxygène.
Voir la réponse courte

L'orbitale frontalière occupée a un plus fort coefficient LCAO sur l'atome d'azote, qui est donc le site le plus donneur/nucléophile.

Voir le corrigé complet

La coordination d'un ligand sur un centre métallique fait intervenir les orbitales frontières du ligand :

  • la donation d'électrons vers les orbitales vacantes du métal (\sigma-donation depuis la DODO \phi_5 ou donation depuis la SOMO \phi_7) ;
  • la rétrodonation éventuelle depuis des orbitales d occupées du métal vers les orbitales basses vacantes ou semi-occupées du ligand (\pi-acceptation dans \phi_6 ou \phi_7).

Deux arguments complémentaires justifient que la coordination s'effectue par l'atome d'azote :

  1. Analyse orbitalaire (figure 6) : L'atome d'azote étant situé à droite sur la figure 6 :

    • Les orbitales \phi_6 et \phi_7, de nature antiliante \pi^*, présentent des lobes nettement plus volumineux sur l'atome d'azote que sur l'atome d'oxygène. En effet, dans une molécule hétéronucléaire, les orbitales antiliantes sont polarisées vers l'atome le moins électronégatif (l'azote).
    • L'orbitale \phi_5 (DODO de symétrie \sigma) présente également un volumineux lobe pointant vers l'extérieur le long de l'axe de la liaison, très majoritairement localisé sur l'atome d'azote (caractère de doublet non liant sur N).

    Le recouvrement spatial avec les orbitales d du centre métallique est donc maximal lorsque l'approche se fait du côté de l'azote.

  2. Considérations d'électronégativité : L'azote est moins électronégatif que l'oxygène (\chi_{\text{Pauling}}(\mathrm{N}) \approx 3{,}0 < \chi_{\text{Pauling}}(\mathrm{O}) \approx 3{,}4). Ses doublets et son électron célibataire sont donc plus hauts en énergie, moins fortement retenus par le noyau et plus disponibles pour être cédés au métal : l'azote est un meilleur donneur de Lewis (\sigma-donneur) que l'oxygène.
\boxed{\text{L'atome d'azote est le site préférentiel car les orbitales frontières y sont principalement localisées et N est moins électronégatif que O.}}

Résultat

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Question 39

DifficileTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Structure de la matière › Orbitales moléculaires ; Chimie de coordination

Notions : recouvrement orbitalaire, géométrie de coordination

Pour les deux géométries possibles (linéaire ou coudée), comparer les deux recouvrements : entre et d'une part et entre et d'autre part.

Voir l'indice

Analyser la symétrie des orbitales dans l'axe de la liaison pour le recouvrement axial (\sigma) ou latéral (\pi) selon que la géométrie est droite ou inclinée.

Voir la stratégie
  1. Identifier les éléments de symétrie de l'orbitale moléculaire \phi_7 de \mathrm{NO} et des orbitales atomiques d_{z^2} et d_{xz} du métal.
  2. Analyser le recouvrement dans la géométrie linéaire selon la parité par rapport au plan nodal (yOz).
  3. Analyser l'effet du coude dans le plan (xOz) sur l'orientation des lobes et la levée des contraintes de symétrie.
Voir la réponse courte

Analyse de symétrie et de recouvrement selon l'angle \mathrm{M-N-O} : le recouvrement avec d_{z^2} privilégie l'axe linéaire, tandis que l'angle coudé modifie le couplage avec d_{xz}.

Voir le corrigé complet

D'après les figures 6 et 7 de l'énoncé :

  • L'orbitale \phi_7 est une orbitale moléculaire antiliante de type \pi_x^*. Ses lobes sont situés dans le plan (xOz) et changent de signe sous la réflexion par rapport au plan (yOz) : elle est impaire par rapport à ce plan nodal (x \to -x).
  • L'orbitale atomique d_{z^2} présente une symétrie de révolution autour de l'axe Oz. Elle est paire par rapport au plan (yOz) (symétrie de type \sigma).
  • L'orbitale atomique d_{xz} possède quatre lobes dans le plan (xOz) et change de signe lors de la traversée du plan (yOz) : elle est impaire par rapport à ce plan (x \to -x, symétrie de type \pi).

1. Géométrie linéaire (axe \mathrm{O-N-M} aligné selon Oz) :

  • Entre \phi_7 et d_{z^2} : L'intégrale de recouvrement S = \int \phi_7\, d_{z^2}\,\mathrm{d}\tau fait intervenir le produit d'une fonction impaire et d'une fonction paire en x. Les contributions pour x > 0 et x < 0 s'annulent exactement :

    \boxed{S(\phi_7, d_{z^2}) = 0 \quad \text{(recouvrement nul par symétrie)}}
  • Entre \phi_7 et d_{xz} : Les deux orbitales ont la même symétrie \pi par rapport au plan (yOz) dans le plan (xOz). Les lobes se recouvrent latéralement avec des phases compatibles :

    \boxed{S(\phi_7, d_{xz}) \neq 0 \quad \text{(recouvrement de type $\pi$ non nul et maximal)}}

2. Géométrie coudée (la liaison \mathrm{N-O} bascule dans le plan (xOz) d'un angle non nul par rapport à Oz) :

  • Entre \phi_7 et d_{z^2} : La perte de la colinéarité brise l'orthogonalité de symétrie. Le lobe de \phi_7 centré sur l'azote acquiert une projection orientée le long de l'axe \mathrm{N-M} (Oz). Il peut alors pointer frontalement vers le lobe principal de d_{z^2} :

    \boxed{S(\phi_7, d_{z^2}) \neq 0 \quad \text{(recouvrement de type $\sigma$ non nul et favorisé)}}
  • Entre \phi_7 et d_{xz} : L'inclinaison de l'axe internucléaire de \mathrm{NO} désaligne les lobes de \phi_7 par rapport aux lobes de d_{xz}, ce qui réduit considérablement l'efficacité du recouvrement latéral :

    \boxed{S(\phi_7, d_{xz}) \text{ est fortement diminué par rapport au cas linéaire.}}

Résultat

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Question 40

DifficileTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Structure de la matière › Orbitales moléculaires ; Chimie de coordination

Notions : rétrodonation, liaison métal-ligand

En déduire les stratégies à adopter, en terme de positionnement énergétique et de remplissage des orbitales du métal, pour favoriser sélectivement la géométrie linéaire d'une part ou la géométrie coudée d'autre part.

Voir l'indice

Relier l'occupation des orbitales métalliques d et leur compatibilité de symétrie avec \phi_7 au gain de stabilisation énergétique induit par la courbure.

Voir la stratégie

Pour déduire les conditions favorables à chaque géométrie à partir des recouvrements établis à la question précédente :

  1. Positionnement énergétique : une interaction orbitale est d'autant plus stabilisante que les énergies des orbitales qui interagissent sont proches (critère de proximité énergétique).
  2. Remplissage électronique : une interaction n'est stabilisante pour l'édifice que si les électrons occupent majoritairement l'orbitale liante sans peupler excessivement l'orbitale antiliante correspondante (règle du bilan de liaison).
Voir la réponse courte

Choix du degré d'oxydation et du nombre d'électrons d du centre métallique pour stabiliser préférentiellement la forme linéaire ou coudée.

Voir le corrigé complet

D'après la question précédente, la géométrie linéaire privilégie l'interaction \pi entre \phi_7 et d_{xz} (avec S(\phi_7, d_{z^2}) = 0), tandis que la géométrie coudée autorise une interaction entre \phi_7 et d_{z^2} au détriment de l'interaction avec d_{xz}.

1. Pour favoriser sélectivement la géométrie linéaire

  • Positionnement énergétique :

    • Rapprocher l'énergie du niveau d_{xz} de celle de la SOMO \phi_7 (|E(d_{xz}) - E(\phi_7)| minimal) afin de maximiser la stabilisation par rétrodonation \pi ou liaison \pi.
    • Éloigner l'énergie du niveau d_{z^2} de celle de \phi_7 (E(d_{z^2}) \gg E(\phi_7)) afin de rendre l'interaction entre ces deux orbitales défavorable en cas de courbure.
  • Remplissage électronique :

    • Choisir un fragment métallique à faible nombre d'électrons d (métal peu riche en électrons, de degré d'oxydation élevé).
    • L'orbitale d_{xz} doit être occupée (typiquement par 1 ou 2 électrons) pour former une liaison \pi liante peuplée avec l'électron célibataire de \phi_7, sans saturer l'orbitale antiliante \pi^*.
    • L'orbitale d_{z^2} doit de préférence être vacante.

2. Pour favoriser sélectivement la géométrie coudée

  • Positionnement énergétique :

    • Rapprocher l'énergie de d_{z^2} de celle de \phi_7 (|E(d_{z^2}) - E(\phi_7)| minimal) de façon à ce que le recouvrement S(\phi_7, d_{z^2}) \neq 0 permis par la courbure apporte un fort gain de stabilisation énergétique.
    • Éloigner l'énergie de d_{xz} de celle de \phi_7.
  • Remplissage électronique :

    • Choisir un fragment métallique à fort nombre d'électrons d (métal riche en électrons, de faible degré d'oxydation, e.g. d^8 ou d^{10}).
    • Lorsque le nombre d'électrons est élevé, la géométrie linéaire forcerait le peuplement d'orbitales antiliantes \pi^*. La courbure permet de mélanger \phi_7 et d_{z^2} pour former une orbitale non liante stabilisée (assimilable au doublet non liant porté par l'azote dans le ligand coudé formellement considéré comme \mathrm{NO}^-).
\boxed{ \begin{aligned} \text{Linéaire :} & \quad E(d_{xz}) \approx E(\phi_7), \quad d_{z^2} \text{ haut et vacant}, \quad \text{faible compte d'électrons } d \\ \text{Coudé :} & \quad E(d_{z^2}) \approx E(\phi_7), \quad \text{électrons surnuméraires (métal riche en électrons } d\text{)} \end{aligned} }

Résultat

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3.2 · Étude cinétique en milieu biologique

Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Transformations chimiques › Cinétique chimique et mécanismes réactionnels

Notions : loi de beer-lambert, suivi spectrophotométrique

Donner l'expression de l'absorbance de la solution en fonction de la longueur de la cuve , des coefficients d'extinction molaire , , la concentration et .

Voir l'indice

Appliquer la loi de Beer-Lambert additive en exprimant la concentration de la forme aqueuse comme [\mathrm{Mb}(\mathrm{H}_2\mathrm{O})] = c_0 - [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})].

Voir la stratégie
  1. Appliquer la loi de Beer-Lambert en tenant compte du caractère additif des absorbances des deux espèces absorbantes présentes en solution à la longueur d'onde d'étude : \mathrm{Mb}(\mathrm{H}_2\mathrm{O}) et \mathrm{Mb}(\mathrm{NO}).
  2. Utiliser la relation de conservation de la matière sur la myoglobine pour exprimer [\mathrm{Mb}(\mathrm{H}_2\mathrm{O})](t) en fonction de c_0 et de [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})](t).
Voir la réponse courte

Application de l'additivité de l'absorbance : A(t) = \ell [\epsilon_O (c_0 - [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})]) + \epsilon_N [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})]].

Voir le corrigé complet

D'après la loi de Beer-Lambert, en supposant le solvant et les espèces non complexées transparents à la longueur d'onde de travail (409\text{ nm}), l'absorbance totale du mélange est la somme des absorbances des complexes \mathrm{Mb}(\mathrm{H}_2\mathrm{O}) et \mathrm{Mb}(\mathrm{NO}) :

A(t) = \ell \left( \epsilon_O [\mathrm{Mb}(\mathrm{H}_2\mathrm{O})](t) + \epsilon_N [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})](t) \right)

La conservation globale de l'hème impose à tout instant :

[\mathrm{Mb}(\mathrm{H}_2\mathrm{O})](t) = c_0 - [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})](t)

En injectant cette relation dans l'expression de l'absorbance, il vient :

A(t) = \ell \left[ \epsilon_O \left( c_0 - [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})](t) \right) + \epsilon_N [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})](t) \right]

Ce qui s'écrit sous forme factorisée :

\boxed{A(t) = \ell \epsilon_O c_0 + \ell (\epsilon_N - \epsilon_O) [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})](t)}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 42

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Transformations chimiques › Cinétique chimique et mécanismes réactionnels

Notions : loi de vitesse, équilibre cinétique

Montrer que la concentration suit une équation différentielle de la forme :

et donner l'expression de et en fonction des différentes grandeurs cinétiques, de la concentration en monoxyde d'azote et de .

Voir l'indice

Écrire la loi de vitesse de disparition et d'apparition sous condition de pseudo-premier ordre ([\mathrm{NO}] \approx \text{cste}) et regrouper les termes constants dans \beta.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la vitesse nette de formation de \mathrm{Mb}(\mathrm{NO}) à partir de la loi de vitesse régissant les deux actes élémentaires opposés (sens direct et sens inverse).
  2. Exploiter l'approximation de dégénérescence d'ordre pour [\mathrm{NO}] et la conservation de la matière sur le site hémique pour exprimer la concentration du réactif [\mathrm{Mb}(\mathrm{H}_2\mathrm{O})] en fonction de c_0 et [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})].
  3. Réarranger l'équation sous la forme canonique demandée pour identifier k_{\mathrm{obs}} et \beta.
Voir la réponse courte

Écriture de la vitesse nette réversible avec dégénérescence de l'ordre en \mathrm{NO}, conduisant à k_{\mathrm{obs}} = k_{\mathrm{on}}[\mathrm{NO}] + k_{\mathrm{off}} et \beta = k_{\mathrm{on}}[\mathrm{NO}]c_0.

Voir le corrigé complet

La transformation modélisant l'échange de ligands est un équilibre réversible constitué de deux actes élémentaires :

\mathrm{Mb}\left(\mathrm{H}_{2} \mathrm{O}\right)_{(aq)}+\mathrm{NO}_{(aq)} \underset{k_{\text {off }}^{\prime}}{\stackrel{k_{\text {on }}}{\rightleftarrows}} \mathrm{Mb}(\mathrm{NO})_{(aq)}+\mathrm{H}_{2} \mathrm{O}_{(l)}

En appliquant la loi de van 't Hoff à ces deux actes élémentaires, la vitesse volumique nette d'apparition du complexe \mathrm{Mb}(\mathrm{NO}) s'écrit :

\frac{\mathrm{d}[\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})]}{\mathrm{d}t} = v_{\text{on}} - v_{\text{off}} = k_{\mathrm{on}} [\mathrm{Mb}(\mathrm{H}_2\mathrm{O})] [\mathrm{NO}] - k'_{\mathrm{off}} [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})] [\mathrm{H}_2\mathrm{O}]

D'après l'énoncé, la réaction inverse a lieu en milieu aqueux avec une constante apparente k_{\mathrm{off}} = k'_{\mathrm{off}} [\mathrm{H}_2\mathrm{O}]. Par ailleurs, le monoxyde d'azote est introduit en large excès (dégénérescence d'ordre), de sorte que sa concentration [\mathrm{NO}] reste constante au cours de la réaction.

La conservation de la concentration totale en myoglobine s'écrit :

c_0 = [\mathrm{Mb}(\mathrm{H}_2\mathrm{O})] + [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})] \implies [\mathrm{Mb}(\mathrm{H}_2\mathrm{O})] = c_0 - [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})]

En injectant cette relation dans l'expression de la vitesse, on obtient :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}[\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})]}{\mathrm{d}t} &= k_{\mathrm{on}} \left(c_0 - [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})]\right) [\mathrm{NO}] - k_{\mathrm{off}} [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})] \\ \frac{\mathrm{d}[\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})]}{\mathrm{d}t} &= k_{\mathrm{on}} c_0 [\mathrm{NO}] - \left(k_{\mathrm{on}} [\mathrm{NO}] + k_{\mathrm{off}}\right) [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})] \end{aligned}

En regroupant les termes dépendant de la concentration [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})] dans le membre de gauche, on parvient à :

\frac{\mathrm{d}[\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})]}{\mathrm{d}t} + \left(k_{\mathrm{on}} [\mathrm{NO}] + k_{\mathrm{off}}\right) [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})] = k_{\mathrm{on}} c_0 [\mathrm{NO}]

On identifie ainsi l'équation différentielle linéaire du premier ordre recherchée :

\frac{\mathrm{d}[\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})]}{\mathrm{d}t} + k_{\mathrm{obs}} [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})] = \beta

avec :

\boxed{k_{\mathrm{obs}} = k_{\mathrm{on}} [\mathrm{NO}] + k_{\mathrm{off}}}
\boxed{\beta = k_{\mathrm{on}} c_0 [\mathrm{NO}]}

Résultat

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Question 43

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Transformations chimiques › Cinétique chimique et mécanismes réactionnels

Notions : constante apparente de vitesse, régression linéaire

À partir des résultats de la question précédente, proposer une méthode pour extraire les valeurs de et à partir d'une série d'expériences de suivi spectrophotométrique.

Voir l'indice

Tracer k_{\text{obs}} en fonction de [\mathrm{NO}] : la pente fournit directement k_{\text{on}} et l'ordonnée à l'origine donne k_{\text{off}}.

Voir la stratégie
  1. Exploiter la cinétique de relaxation du premier ordre pour obtenir la constante apparente k_{\text{obs}} à une concentration [\mathrm{NO}] fixée.
  2. Réaliser plusieurs expériences pour différentes concentrations [\mathrm{NO}] en excès.
  3. Effectuer une régression linéaire de k_{\text{obs}} en fonction de [\mathrm{NO}] pour déterminer la pente k_{\text{on}} et l'ordonnée à l'origine k_{\text{off}}.
Voir la réponse courte

Mesure de k_{\mathrm{obs}} à différentes concentrations en \mathrm{NO} : la pente donne k_{\mathrm{on}} et l'ordonnée à l'origine donne k_{\mathrm{off}}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q42, la concentration [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})](t) relaxe vers son état d'équilibre stationnaire selon une loi exponentielle de constante de temps \tau = 1/k_{\text{obs}} :

[\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})](t) - [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})]_{\infty} = \Big([\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})]_0 - [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})]_{\infty}\Big) \exp(-k_{\text{obs}} t)

Compte tenu de la relation affine établie à la question Q41 entre l'absorbance A(t) et [\mathrm{Mb}(\mathrm{NO})](t), la variation d'absorbance suit la même dynamique :

A(t) - A_{\infty} = (A_0 - A_{\infty}) \exp(-k_{\text{obs}} t)

Le protocole permettant d'extraire k_{\text{on}} et k_{\text{off}} se déroule donc en deux étapes :

  1. Détermination de k_{\text{obs}} pour une concentration [\mathrm{NO}] donnée : Pour une solution contenant une concentration connue [\mathrm{NO}] largement supérieure à la concentration en myoglobine ([\mathrm{NO}] \gg c_0 afin d'assurer la dégénérescence d'ordre) :

    • on mesure A(t) à 409\text{ nm} après le flash lumineux ;
    • on ajuste la courbe expérimentale par une exponentielle décroissante, ou on trace la droite \ln|A(t) - A_{\infty}| = -k_{\text{obs}} t + \mathrm{cste} ; la pente fournit la valeur de k_{\text{obs}}.
  2. Extraction de k_{\text{on}} et k_{\text{off}} par variation de [\mathrm{NO}] : On réitère l'expérience précédente pour plusieurs concentrations différentes [\mathrm{NO}]. On trace ensuite la courbe :

    k_{\text{obs}} = f([\mathrm{NO}])

    D'après la relation issue de la question Q42 :

    \boxed{k_{\text{obs}} = k_{\text{on}} [\mathrm{NO}] + k_{\text{off}}}

    Les points s'alignent le long d'une droite affine :

    • la pente de la droite donne directement la constante de vitesse d'association \boxed{k_{\text{on}}} (en \text{L}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{s}^{-1}) ;
    • l'ordonnée à l'origine donne la constante apparente de dissociation \boxed{k_{\text{off}}} (en \text{s}^{-1}).

Résultat

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Question 44

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Transformations chimiques › Cinétique chimique et mécanismes réactionnels

Notions : loi d'eyring, grandeur d'activation

Expliquer comment il est possible d'avoir accès à l'enthalpie et à l'entropie d'activation associées à à partir de différentes mesures de et .

Voir l'indice

Prendre le logarithme de la relation d'Eyring divisée par T pour linéariser \ln(k_i/T) en fonction de 1/T et identifier la pente et l'ordonnée à l'origine.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'enthalpie libre d'activation \Delta G_i^\ddagger en fonction de l'enthalpie d'activation \Delta H_i^\ddagger et de l'entropie d'activation \Delta S_i^\ddagger.
  2. Réécrire la loi d'Eyring sous une forme linéaire adaptée au traitement de données expérimentales obtenues à différentes températures T.
  3. Identifier la pente et l'ordonnée à l'origine du tracé d'Eyring permettant de remonter à \Delta H_i^\ddagger et \Delta S_i^\ddagger.
Voir la réponse courte

Tracé d'Eyring \ln(k/T) en fonction de 1/T : la pente fournit -\Delta^\ddagger H^\circ/R et l'ordonnée à l'origine fournit \Delta^\ddagger S^\circ/R.

Voir le corrigé complet

Par définition thermodynamique, l'enthalpie libre d'activation molaire \Delta G_i^\ddagger associée à un sens réactionnel i (i \in \{\text{on}, \text{off}\}) s'exprime selon :

\Delta G_i^\ddagger = \Delta H_i^\ddagger - T\,\Delta S_i^\ddagger

où \Delta H_i^\ddagger et \Delta S_i^\ddagger sont supposées indépendantes de la température dans le domaine d'étude.

En injectant cette relation dans la loi d'Eyring fournie par l'équation (3), la constante de vitesse k_i prend la forme :

\begin{aligned} k_i &= \frac{k_B T}{h} \exp\left(-\frac{\Delta H_i^\ddagger - T\,\Delta S_i^\ddagger}{R T}\right) \times (c^\circ)^{\Delta n} \\ &= \frac{k_B T}{h}\,(c^\circ)^{\Delta n} \exp\left(\frac{\Delta S_i^\ddagger}{R}\right) \exp\left(-\frac{\Delta H_i^\ddagger}{R T}\right) \end{aligned}

En divisant par la température T puis en appliquant le logarithme népérien, on obtient la forme linéarisée :

\ln\left(\frac{k_i}{T}\right) = -\frac{\Delta H_i^\ddagger}{R}\,\frac{1}{T} + \ln\left(\frac{k_B\,(c^\circ)^{\Delta n}}{h}\right) + \frac{\Delta S_i^\ddagger}{R}

Pour déterminer \Delta H_i^\ddagger et \Delta S_i^\ddagger, la démarche expérimentale est donc la suivante :

  1. Mesurer les constantes de vitesse k_i (k_{\text{on}} et k_{\text{off}}) à plusieurs températures T différentes.
  2. Tracer le diagramme d'Eyring : \ln\left(\frac{k_i}{T}\right) en fonction de \frac{1}{T}.
  3. Réaliser une régression linéaire sous la forme y = a\,x + b avec x = \frac{1}{T} et y = \ln(k_i/T) :

    • La pente a donne directement l'enthalpie d'activation :

      \boxed{\Delta H_i^\ddagger = -R \times a}
    • L'ordonnée à l'origine b permet de calculer l'entropie d'activation :

      \boxed{\Delta S_i^\ddagger = R \left[ b - \ln\left(\frac{k_B\,(c^\circ)^{\Delta n}}{h}\right) \right]}

Résultat

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Question 45

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min

Chapitre : Transformations chimiques › Cinétique chimique et mécanismes réactionnels

Notions : compatibilité de mesures, incertitude de mesure

Commenter l'accord entre les valeurs obtenues par le laboratoire 1 pour les deux méthodes qu'il a utilisées.

Voir l'indice

Comparer les grandeurs d'activation obtenues par les deux techniques au sein du laboratoire 1 en tenant compte des barres d'incertitudes expérimentales.

Voir la stratégie
  1. Comparer, grandeur par grandeur, les valeurs mesurées par le laboratoire 1 pour le suivi spectrophotométrique (photolyse flash) et la méthode stopped-flow.
  2. Évaluer le recouvrement des intervalles de confiance à 1\,\sigma (ou calculer l'écart normalisé E_n = \frac{|x_1 - x_2|}{\sqrt{u_1^2 + u_2^2}}) pour conclure sur la compatibilité des mesures.
Voir la réponse courte

Comparaison des valeurs obtenues par les deux méthodes en tenant compte de leurs incertitudes respectives pour statuer sur leur cohérence.

Voir le corrigé complet

Examinons les grandeurs d'activation obtenues par le laboratoire 1 pour les deux méthodes (suivi spectrophotométrique par photolyse flash et méthode stopped-flow) d'après le tableau 1 :

  • Processus direct (« on ») :

    \begin{aligned} \Delta H_{\mathrm{on}}^\ddagger &: 63 \pm 2\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \quad \text{et} \quad 63 \pm 4\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \quad (\text{égalité stricte des valeurs centrales}) ; \\ \Delta S_{\mathrm{on}}^\ddagger &: 55 \pm 8\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1} \quad \text{et} \quad 54 \pm 14\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1} \quad (\text{écart de } 1\text{, très inférieur aux incertitudes}) ; \\ \Delta V_{\mathrm{on}}^\ddagger &: 19{,}6 \pm 5{,}7\text{ cm}^3\cdot\text{mol}^{-1} \quad \text{et} \quad 21{,}3 \pm 0{,}3\text{ cm}^3\cdot\text{mol}^{-1} \quad (21{,}3 \in [13{,}9\,;\,25{,}3]). \end{aligned}
  • Processus inverse (« off ») :

    \begin{aligned} \Delta H_{\mathrm{off}}^\ddagger &: 68 \pm 4\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \quad \text{et} \quad 65 \pm 5\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \quad (\text{intervalles } [64\,;\,72] \text{ et } [60\,;\,70] \text{ largement sécants}) ; \\ \Delta S_{\mathrm{off}}^\ddagger &: 14 \pm 13\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1} \quad \text{et} \quad 3 \pm 16\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1} \quad (\text{intervalles largement recouvrants}) ; \\ \Delta V_{\mathrm{off}}^\ddagger &: 18{,}5 \pm 3{,}2\text{ cm}^3\cdot\text{mol}^{-1} \quad \text{et} \quad 16{,}3 \pm 1{,}3\text{ cm}^3\cdot\text{mol}^{-1} \quad (\text{intervalles } [15{,}3\,;\,21{,}7] \text{ et } [15{,}0\,;\,17{,}6] \text{ sécants}). \end{aligned}

Pour chacune des six grandeurs, les écarts entre les deux méthodes sont inférieurs aux incertitudes-types combinées :

E_n = \frac{|x_1 - x_2|}{\sqrt{u_1^2 + u_2^2}} < 1 < 2
\boxed{\text{Il y a un excellent accord entre les valeurs obtenues par les deux méthodes au sein du laboratoire 1.}}

Résultat

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Question 46

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min

Chapitre : Transformations chimiques › Cinétique chimique et mécanismes réactionnels

Notions : écart normalisé, erreur systématique

Calculer l'écart normalisé entre les mesures effectuées par les deux laboratoires pour avec la méthode stopped-flow. On pourra se contenter d'exprimer le résultat sous la forme d'une fraction dont on pourra donner un minorant entier. Justifier que les valeurs de sont incohérentes puis proposer une explication.

Voir l'indice

Calculer le rapport de l'écart absolu sur la racine de la somme quadratique des incertitudes : E_n = \frac{|x_1 - x_2|}{\sqrt{u_1^2 + u_2^2}} et conclure sur le seuil usuel de compatibilité (E_n > 2).

Voir la stratégie
  1. Identifier dans le tableau 1 les valeurs de \Delta H_{\mathrm{off}}^\ddagger et leurs incertitudes-types pour la méthode stopped-flow dans les deux laboratoires.
  2. Exprimer et calculer l'écart normalisé E_n = \frac{|x_1 - x_2|}{\sqrt{u_1^2 + u_2^2}}, puis le minorer par un entier à l'aide d'un encadrement simple de la racine carrée.
  3. Comparer la valeur obtenue au seuil statistique usuel de cohérence (E_n \le 2).
  4. Expliquer la discordance en s'appuyant sur l'indication de l'énoncé concernant les conditions opératoires (légende du tableau 1).
Voir la réponse courte

Calcul de l'écart normalisé E_n = |\Delta H_1 - \Delta H_2|/\sqrt{u_1^2 + u_2^2} > 2, montrant un désaccord révélateur d'un biais systématique.

Voir le corrigé complet

D'après le tableau 1, pour la méthode stopped-flow, les valeurs mesurées par les deux laboratoires pour \Delta H_{\mathrm{off}}^\ddagger sont :

  • Laboratoire n^\circ 1 : x_1 = 65\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} avec une incertitude-type u_1 = 5\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • Laboratoire n^\circ 2 : x_2 = 83\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} avec une incertitude-type u_2 = 2\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}.

L'écart normalisé (ou quotient de compatibilité) E_n est défini par :

E_n = \frac{|x_1 - x_2|}{\sqrt{u_1^2 + u_2^2}}

En remplaçant par les valeurs numériques :

\begin{aligned} |x_1 - x_2| &= |65 - 83| = 18\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \\ \sqrt{u_1^2 + u_2^2} &= \sqrt{5^2 + 2^2} = \sqrt{25 + 4} = \sqrt{29}\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}

On obtient ainsi sous forme de fraction :

\boxed{E_n = \frac{18}{\sqrt{29}}}

Puisque 29 < 36, on a \sqrt{29} < 6, d'où :

\boxed{E_n > \frac{18}{6} = 3}

Cohérence des résultats : Au seuil de confiance habituel de 95\,\%, deux mesures indépendantes sont considérées comme statistiquement compatibles si l'écart normalisé vérifie E_n \le 2. Ici, on a E_n > 3 (la probabilité d'un tel écart sous l'hypothèse de fluctuations purement aléatoires est inférieure à 0{,}3\,\%) : les deux valeurs sont donc incontestablement incohérentes (ou incompatibles).

Explication : L'écart observé ne provient pas d'aléas de mesure mais d'une différence systématique dans le protocole. La légende du tableau 1 précise que « seule la nature de la solution tampon utilisée était différente dans chaque laboratoire ». La nature des espèces chimiques composant le tampon, le pH exact ou la force ionique du milieu modifient l'environnement électrostatique et la solvatation de la myoglobine, affectant ainsi l'énergie de dissociation du ligand et la barrière d'activation \Delta H_{\mathrm{off}}^\ddagger.

Résultat

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Question 47

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Transformations chimiques › Cinétique chimique et mécanismes réactionnels

Notions : démarche expérimentale, reproductibilité

Justifier l'intérêt d'avoir utilisé trois méthodes différentes pour mesurer les mêmes grandeurs.

Voir l'indice

Souligner la nécessité de croiser des méthodes physiques indépendantes pour déceler d'éventuelles erreurs systématiques ou biais liés au milieu tampon.

Voir la stratégie

Pour justifier l'emploi de plusieurs méthodes expérimentales indépendantes pour accéder aux mêmes grandeurs physico-chimiques, on analyse :

  1. La détection et l'élimination des erreurs systématiques propres à chaque protocole expérimental (validation croisée) ;
  2. La complémentarité méthodologique entre une mesure indirecte par régression linéaire et une mesure directe.
Voir la réponse courte

L'utilisation de techniques aux principes et biais différents permet de vérifier la robustesse des modèles et de déceler les erreurs systématiques.

Voir le corrigé complet

L'utilisation de trois méthodes expérimentales distinctes (photolyse éclair couplée à la spectrophotométrie, écoulement bloqué (stopped-flow) et piégeage chimique) présente un triple intérêt :

  • Élimination des biais systématiques et validation croisée : Chaque technique repose sur un principe physique différent (perturbation d'un équilibre préexistant par impulsion lumineuse, mélange rapide de réactifs, ou réaction chimique compétitive irréversible). L'obtention de grandeurs compatibles entre des méthodes indépendantes garantit que les résultats ne sont pas entachés d'artefacts instrumentaux ou d'effets secondaires non pris en compte (par exemple, un échauffement local lors du flash lumineux).
  • Complémentarité et précision sur les paramètres cinétiques : Dans les méthodes de relaxation (photolyse éclair et stopped-flow), k_{\text{off}} est obtenu comme l'ordonnée à l'origine de la droite k_{\text{obs}} = f([\text{NO}]). Lorsque la constante de dissociation k_{\text{off}} est très faible devant le terme k_{\text{on}}[\text{NO}], cette extrapolation conduit à de fortes incertitudes expérimentales (visibles sur les barres d'erreur de \Delta S_{\text{off}}^\ddagger, de l'ordre de \pm 13 à \pm 16\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1} pour le laboratoire 1). À l'inverse, la méthode de piégeage bloque la recombinaison et permet une mesure directe de k_{\text{off}}, conférant une bien meilleure précision aux grandeurs d'activation de la réaction retour.
  • Discrimination des effets de milieu : La confrontation de plusieurs protocoles et laboratoires permet d'isoler l'influence des conditions expérimentales opératoires (notamment la composition exacte et la force ionique du tampon) sur la réactivité de la biomolécule.
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Question 48

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Transformations chimiques › Cinétique chimique et mécanismes réactionnels ; Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : volume d'activation, relation thermodynamique

En admettant que les grandeurs d'activations ont les mêmes différentielles que les fonctions d'état correspondantes (, etc), montrer que la mesure des constantes de vitesse à température fixée mais à différentes pressions permet de remonter au volume d'activation , en le supposant indépendant de la pression. Le volume d'activation correspond au volume molaire du complexe activé moins le volume molaire des réactifs.

Voir l'indice

Partir de la différentielle de Gibbs \mathrm{d}(\Delta G^\ddagger) = \Delta V^\ddagger \mathrm{d}P - \Delta S^\ddagger \mathrm{d}T et dériver \ln k_i par rapport à la pression à température fixée.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le logarithme népérien de la constante de vitesse k_i à partir de la loi d'Eyring fournie à l'équation (3).
  2. Différencier l'enthalpie libre d'activation \Delta_r G_i^\ddagger par rapport à la pression à température constante, en exploitant l'analogie avec les fonctions d'état.
  3. En déduire la dépendance en pression de \ln k_i et expliciter la méthode graphique permettant d'obtenir le volume d'activation \Delta_r V^\ddagger.
Voir la réponse courte

Différentiation de \Delta_r G^\ddagger par rapport à P à T fixée : (\partial \ln k/\partial P)_T = -\Delta_r V^\ddagger / RT, d'où l'accès au volume d'activation.

Voir le corrigé complet

D'après la loi d'Eyring donnée par l'équation (3) :

k_i = \frac{k_B T}{h} \exp \left( -\frac{\Delta_r G_i^\ddagger}{R T} \right) \left(c^\circ\right)^{\Delta n}

En prenant le logarithme népérien de cette expression, on obtient :

\ln k_i = \ln \left( \frac{k_B T (c^\circ)^{\Delta n}}{h} \right) - \frac{\Delta_r G_i^\ddagger}{R T}

À température constante, la dérivation par rapport à la pression P conduit à :

\left(\frac{\partial \ln k_i}{\partial P}\right)_T = - \frac{1}{R T} \left(\frac{\partial \Delta_r G_i^\ddagger}{\partial P}\right)_T

L'énoncé indique que les grandeurs d'activation vérifient les mêmes différentielles que les fonctions d'état. Pour l'enthalpie libre G, l'identité thermodynamique s'écrit \mathrm{d}G = -S\,\mathrm{d}T + V\,\mathrm{d}P, de sorte que :

\mathrm{d}(\Delta_r G_i^\ddagger) = -\Delta_r S_i^\ddagger\,\mathrm{d}T + \Delta_r V_i^\ddagger\,\mathrm{d}P

On en déduit immédiatement :

\left(\frac{\partial \Delta_r G_i^\ddagger}{\partial P}\right)_T = \Delta_r V_i^\ddagger

En reportant cette relation dans l'expression de la dérivée de \ln k_i, on aboutit à la relation de van 't Hoff pour le volume d'activation :

\left(\frac{\partial \ln k_i}{\partial P}\right)_T = -\frac{\Delta_r V_i^\ddagger}{R T}

En supposant \Delta_r V_i^\ddagger indépendant de la pression sur la plage de mesure, l'intégration entre une pression de référence P^\circ et la pression P donne :

\ln k_i(P) = \ln k_i(P^\circ) - \frac{\Delta_r V_i^\ddagger}{R T}\,(P - P^\circ)

Le tracé de \ln k_i en fonction de la pression P à température fixée est donc une droite de pente :

p = -\frac{\Delta_r V_i^\ddagger}{R T}
\boxed{\Delta_r V_i^\ddagger = -R T \left(\frac{\partial \ln k_i}{\partial P}\right)_T}

La mesure expérimentale de la pente permet ainsi de déterminer directement le volume d'activation \Delta_r V_i^\ddagger.

Résultat

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Question 49

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Transformations chimiques › Cinétique chimique et mécanismes réactionnels ; Structure de la matière › Chimie de coordination

Notions : mécanisme dissociatif, mécanisme associatif

Il est possible de proposer deux mécanismes limites différents donnés figure 9. Donner le plus probable et justifier.

Voir l'indice

Examiner le signe de \Delta V^\ddagger et \Delta S^\ddagger : une valeur positive indique une augmentation de désordre et de volume lors de la transition, caractéristique d'un départ préliminaire de ligand.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature de chacun des deux mécanismes limites présentés à la figure 9 : le mécanisme 1 correspond à une voie dissociative (D), tandis que le mécanisme 2 correspond à une voie associative (A).
  2. Confronter ces deux voies aux grandeurs d'activation expérimentales du tableau 1 (\Delta V^\ddagger et \Delta S^\ddagger) ainsi qu'à l'encombrement stérique du site hémique.
Voir la réponse courte

Déduction du mécanisme (associatif ou dissociatif) d'après le signe et la grandeur du volume d'activation \Delta_r V^\ddagger.

Voir le corrigé complet

Le mécanisme 1 est un mécanisme à activation dissociative (D) : la rupture de la liaison \mathrm{Fe}-\mathrm{OH_2} précède l'entrée du ligand \mathrm{NO}, avec passage par un complexe de coordinence 5.

Le mécanisme 2 est un mécanisme à activation associative (A) : l'attaque du monoxyde d'azote a lieu avant le départ de l'eau, formant un complexe activé hepta-coordonné (coordinence 7).

Le mécanisme le plus probable est le mécanisme 1 pour les raisons suivantes :

  • Signe du volume d'activation : D'après le tableau 1, les volumes d'activation mesurés pour le sens direct sont nettement positifs :

    \Delta V_{\mathrm{on}}^\ddagger \approx +20\text{ cm}^3\cdot\text{mol}^{-1} > 0

    (de même, \Delta V_{\mathrm{off}}^\ddagger \approx +16 \text{ à } +20\text{ cm}^3\cdot\text{mol}^{-1} > 0). Dans un mécanisme associatif (mécanisme 2), le rapprochement et la liaison de deux entités en une seule conduisent à une contraction volumique globale (\Delta V^\ddagger < 0). À l'inverse, dans un mécanisme dissociatif (mécanisme 1), l'allongement et la rupture de la liaison \mathrm{Fe}-\mathrm{OH_2} libèrent une molécule d'eau dans le milieu, ce qui induit une dilatation de volume (\Delta V^\ddagger > 0), en parfait accord avec les mesures.

  • Signe de l'entropie d'activation : Les entropies d'activation mesurées sont également nettement positives (\Delta S_{\mathrm{on}}^\ddagger \approx +55\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1} > 0), traduisant une augmentation du désordre lors de la formation du complexe activé par libération de degrés de liberté du ligand sortant, ce qui est caractéristique d'une étape dissociative (un mécanisme associatif impliquerait une perte de degrés de liberté de translation, donc \Delta S^\ddagger < 0).
  • Encombrement stérique du site hémique : Le fer est déjà en environnement octaédrique (coordinence 6). L'atteinte d'un état hepta-coordonné (coordinence 7 imposée par le mécanisme 2) est très défavorisée stériquement au sein de la poche hydrophobe étroite de la myoglobine et au-dessus du plan encombré de l'hème.
\boxed{\text{Le mécanisme 1 (dissociatif) est le plus probable.}}

Résultat

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Question 50

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Transformations chimiques › Cinétique chimique et mécanismes réactionnels

Notions : profil réactionnel, volume molaire de réaction

À l'aide des données du tableau 1, dessiner le profil réactionnel en volume pour la réaction d'échange de ligand. En déduire le dans le sens direct de la réaction donnée équation (1). Pour cela, tracer le volume en ordonnée et placer le complexe activé, ainsi que et .

Voir l'indice

Construire le diagramme de coordonnées réactionnelles en plaçant l'état de transition à une altitude volumique supérieure aux deux états réactifs et produits.

Voir la stratégie
  1. Relier le volume de réaction standard \Delta_r V aux volumes d'activation dans le sens direct (\Delta V_{\text{on}}^\ddagger) et dans le sens inverse (\Delta V_{\text{off}}^\ddagger) à partir des définitions thermodynamiques du complexe activé.
  2. Réaliser l'application numérique à partir des données cohérentes du tableau 1 (obtenues par le laboratoire 1).
  3. Représenter le profil réactionnel en volume molaire en fonction de la coordonnée réactionnelle en y faisant figurer les réactifs, le complexe activé et les produits.
Voir la réponse courte

Tracé de l'évolution du volume le long de la coordonnée réactionnelle et déduction de la variation globale de volume \Delta_r V.

Voir le corrigé complet

Considérons la réaction d'échange de ligand dans le sens direct :

\mathrm{Mb}\left(\mathrm{H}_{2} \mathrm{O}\right) + \mathrm{NO} \underset{k_{\text{off}}}{\stackrel{k_{\text{on}}}{\rightleftarrows}} \mathrm{Mb}(\mathrm{NO}) + \mathrm{H}_{2} \mathrm{O}

Notons V_R le volume molaire des réactifs (\mathrm{Mb}(\mathrm{H}_2\mathrm{O}) + \mathrm{NO}), V^\ddagger le volume molaire du complexe activé [\dots]^\ddagger, et V_P celui des produits (\mathrm{Mb}(\mathrm{NO}) + \mathrm{H}_2\mathrm{O}).

Par définition des volumes d'activation :

\begin{aligned} \Delta V_{\text{on}}^\ddagger &= V^\ddagger - V_R \\ \Delta V_{\text{off}}^\ddagger &= V^\ddagger - V_P \end{aligned}

Le volume molaire de réaction associé à l'équilibre s'exprime donc par :

\Delta_r V = V_P - V_R = (V^\ddagger - V_R) - (V^\ddagger - V_P) = \Delta V_{\text{on}}^\ddagger - \Delta V_{\text{off}}^\ddagger

En utilisant les mesures du laboratoire 1 par méthode stopped-flow (qui présentent la meilleure précision conjointe) :

\Delta V_{\text{on}}^\ddagger = 21{,}3 \pm 0{,}3\text{ cm}^3\cdot\text{mol}^{-1} \quad \text{et} \quad \Delta V_{\text{off}}^\ddagger = 16{,}3 \pm 1{,}3\text{ cm}^3\cdot\text{mol}^{-1}

d'où :

\Delta_r V = 21{,}3 - 16{,}3 = 5{,}0\text{ cm}^3\cdot\text{mol}^{-1}

(Remarque : avec les données de suivi spectrophotométrique du laboratoire 1, on obtiendrait \Delta_r V = 19{,}6 - 18{,}5 = 1{,}1\text{ cm}^3\cdot\text{mol}^{-1}, ce qui est du même ordre de grandeur).

\boxed{\Delta_r V = \Delta V_{\text{on}}^\ddagger - \Delta V_{\text{off}}^\ddagger \approx 5\text{ cm}^3\cdot\text{mol}^{-1}}

Résultat

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Question 51

DifficileTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Transformations chimiques › Cinétique chimique et mécanismes réactionnels ; Structure de la matière › Liaisons, Lewis, VSEPR et interactions intermoléculaires

Notions : solvatation, électrostriction

Sachant que le volume molaire d'une molécule d'eau vaut , expliquer en quoi les résultats expérimentaux du tableau 1 peuvent sembler surprenants, puis proposer un moyen de rationaliser les observations expérimentales.

Voir l'indice

Comparer le volume d'activation mesuré au volume molaire de l'eau libre et évoquer les réorganisations de la sphère de solvatation ou de la cavité protéique.

Voir la stratégie
  1. Comparer la valeur expérimentale de \Delta V_{\text{on}}^\ddagger mesurée au laboratoire 1 (\approx 20\text{ à }21\text{ cm}^3\cdot\text{mol}^{-1}) au volume molaire de l'eau fourni (13{,}5\text{ cm}^3\cdot\text{mol}^{-1}) dans le cadre d'un mécanisme dissociatif simple pour expliciter le paradoxe.
  2. Identifier les contributions extérieures au seul volume stérique de la liaison rompue : déformation conformationnelle de la protéine et réorganisation de la sphère de solvatation (électrostriction).
Voir la réponse courte

Rationalisation de l'anomalie de volume par les phénomènes de réorganisation de la sphère de solvatation et d'électrostriction de l'eau.

Voir le corrigé complet

1. Caractère surprenant des résultats expérimentaux

Dans l'hypothèse d'un mécanisme dissociatif élémentaire idéalisé, l'étape déterminante de l'activation pour le sens direct correspond à la rupture de la liaison de coordination \text{Fe}-\text{OH}_2 :

\text{Mb}(\text{H}_2\text{O}) \longrightarrow [\text{Mb}\cdots\text{H}_2\text{O}]^\ddagger

L'augmentation de volume intrinsèque associée à la simple libération de la molécule d'eau coordonnée devrait être bornée supérieurement par le volume molaire partiel de l'eau liquide, soit :

\Delta V_{\text{intr}}^\ddagger \le V_m(\text{H}_2\text{O}) = 13{,}5\text{ cm}^3\cdot\text{mol}^{-1}

Dans l'état de transition, la liaison n'étant généralement que partiellement étirée, on s'attendrait même à une valeur encore plus modeste.

Or, le tableau 1 indique :

\Delta V_{\text{on}}^\ddagger = (19{,}6 \pm 5{,}7)\text{ cm}^3\cdot\text{mol}^{-1} \quad \text{ou} \quad (21{,}3 \pm 0{,}3)\text{ cm}^3\cdot\text{mol}^{-1}

Cette valeur est significativement plus élevée que le volume molaire de l'eau (> 13{,}5\text{ cm}^3\cdot\text{mol}^{-1}), ce qui est à première vue surprenant.

2. Rationalisation des observations

Le volume d'activation mesuré macroscopiquement est la somme de la contribution intrinsèque locale et des contributions de l'environnement :

\Delta V^\ddagger = \Delta V_{\text{intr}}^\ddagger + \Delta V_{\text{conf}}^\ddagger + \Delta V_{\text{solv}}^\ddagger

Deux effets prépondérants rendent compte de la valeur expérimentale élevée :

  • Changements conformationnels de la myoglobine (\Delta V_{\text{conf}}^\ddagger > 0) : la perte du sixième ligand modifie l'état de spin du fer hémique, qui se déplace hors du plan du cycle porphyrine (vers l'histidine proximale). Ce déplacement entraîne une distorsion stérique et une dilatation de la poche distale de la protéine afin de permettre le passage et la diffusion des ligands.
  • Désolvatation et relâchement de l'électrostriction (\Delta V_{\text{solv}}^\ddagger > 0) : au sein du site actif, les molécules d'eau très fortement ordonnées ou polarisées autour des résidus polaires et du fer occupent un volume partiel réduit sous l'effet du champ électrique local (électrostriction). La réorganisation de la poche et la rupture des liaisons hydrogène libèrent ces contraintes, augmentant ainsi le volume molaire du solvant environnant.
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4.1 · Réduction électrochimique du nitrate d'uranyle

Question 52

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Oxydoréduction et piles

Notions : nombre d'oxydation, demi-équation rédox

Proposer une structure pour l'intermédiaire « Int » formé par réduction de la solution de nitrate d'uranyl vers compatible avec les observations expérimentales. Cet intermédiaire est de la forme avec un couple d'entiers positifs ou nuls.

Voir l'indice

Déduire le degré d'oxydation de l'uranium après un échange mono-électronique à partir de l'uranyle(VI) \mathrm{UO}_2^{2+} pour proposer la formule de l'uranyle(V).

Voir la stratégie
  1. Identifier l'état d'oxydation initial de l'uranium dans le nitrate d'uranyle \mathrm{UO}_2(\mathrm{NO}_3)_2.
  2. Exploiter l'information selon laquelle la réduction fait intervenir le transfert d'un unique électron pour déterminer le degré d'oxydation de l'intermédiaire formé.
  3. Proposer la formule de l'ion sous la forme \mathrm{U}_x\mathrm{O}_y^{z+} en tenant compte du caractère rapide du système électrochimique (conservation de la sphère de coordination axiale \mathrm{UO}_2).
Voir la réponse courte

Identification du degré d'oxydation intermédiaire \mathrm{U(V)} formé par réduction monoélectronique de \mathrm{UO}_2^{2+}, sous forme \mathrm{UO}_2^+.

Voir le corrigé complet

En solution aqueuse acidifiée par l'acide nitrique, le nitrate d'uranyle \mathrm{UO}_2(\mathrm{NO}_3)_2 est totalement dissocié sous forme d'ions nitrate \mathrm{NO}_3^- et d'ions dioxouranium(VI), communément appelés ions uranyle :

\mathrm{UO}_2(\mathrm{NO}_3)_2 \longrightarrow \mathrm{UO}_2^{2+} + 2\,\mathrm{NO}_3^-

Dans l'ion \mathrm{UO}_2^{2+}, le nombre d'oxydation de l'uranium vaut :

\text{n.o.}(\mathrm{U}) = +2 - 2 \times (-2) = +\mathrm{VI}

L'énoncé précise que la réduction observée à la cathode vers 0{,}0\text{ V / ESH} échange un unique électron et constitue un système rapide (sans réorganisation structurale majeure des liaisons uranyle fortes \mathrm{U}=\mathrm{O}). L'uranium est ainsi réduit au degré d'oxydation +\mathrm{V} selon la demi-équation électronique :

\mathrm{UO}_2^{2+} + \mathrm{e}^- \rightleftarrows \mathrm{UO}_2^+

L'intermédiaire « Int » formé est donc l'ion dioxouranium(V), ou uranyle(V) :

\boxed{\mathrm{UO}_2^+}

avec x = 1, y = 2 et z = 1.

Résultat

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Question 53

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Oxydoréduction et piles

Notions : dismutation, réaction rédox

À l'aide de la figure 10, montrer que l'intermédiaire « Int » évolue spontanément et permet, entre autres, l'obtention d'uranium(IV). Donner l'équation bilan de la réaction modélisant cette évolution.

Voir l'indice

Localiser le domaine de prédominance de l'uranyle(V) sur le diagramme E-pH pour mettre en évidence son instabilité par dismutation en \mathrm{UO}_2^{2+} et \mathrm{U}^{4+}.

Voir la stratégie
  1. Constater l'absence du degré d'oxydation +V (\mathrm{UO}_2^+) sur le diagramme potentiel-pH (figure 10) et en déduire son instabilité thermodynamique vis-à-vis d'une réaction de dismutation.
  2. Identifier, pour le domaine de pH de l'étude (solution d'acide nitrique à 4\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}, donc \mathrm{pH} \approx -0{,}6 < 0), la forme stable de l'uranium(IV) (\mathrm{U}^{4+}) et celle de l'uranium(VI) (\mathrm{UO}_2^{2+}).
  3. Écrire les deux demi-équations d'oxydoréduction associées et en déduire l'équation-bilan de dismutation.
Voir la réponse courte

Évolution spontanée par dismutation de \mathrm{UO}_2^+ en milieu acide : 2\mathrm{UO}_2^+ + 4\mathrm{H}^+ \to \mathrm{UO}_2^{2+} + \mathrm{U}^{4+} + 2\mathrm{H}_2\mathrm{O}.

Voir le corrigé complet

Sur le diagramme potentiel-pH fourni (figure 10), aucun domaine de prédominance n'est attribué à l'espèce intermédiaire \mathrm{UO}_2^+ (uranium au degré d'oxydation +V). Une frontière directe sépare le domaine de l'uranium(VI) (\mathrm{UO}_2^{2+}) de celui de l'uranium(IV) (\mathrm{U}^{4+} en milieu très acide).

L'absence de domaine de stabilité pour un degré d'oxydation intermédiaire signifie que le potentiel standard du couple réducteur \mathrm{UO}_2^+ / \mathrm{U}^{4+} est supérieur à celui du couple oxydant \mathrm{UO}_2^{2+} / \mathrm{UO}_2^+ : l'intermédiaire \mathrm{UO}_2^+ est thermodynamiquement métastable et subit une dismutation spontanée.

Dans les conditions de l'étude, le milieu réactionnel est fortement acide (\left[\mathrm{HNO}_3\right] = 4\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}, soit un \mathrm{pH} \approx -\log(4) \approx -0{,}6 < 0). À ce pH, l'uranium(IV) existe sous la forme de l'ion aqueux \mathrm{U}^{4+}.

Les deux demi-équations électroniques mises en jeu sont :

\begin{aligned} \text{Oxydation :}\quad & \mathrm{UO}_2^+ \rightleftharpoons \mathrm{UO}_2^{2+} + \mathrm{e}^- \\ \text{Réduction :}\quad & \mathrm{UO}_2^+ + 4\,\mathrm{H}^+ + \mathrm{e}^- \rightleftharpoons \mathrm{U}^{4+} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O} \end{aligned}

En sommant ces deux demi-équations, on obtient l'équation-bilan de la dismutation de l'intermédiaire :

\boxed{2\,\mathrm{UO}_2^+ + 4\,\mathrm{H}^+ \longrightarrow \mathrm{UO}_2^{2+} + \mathrm{U}^{4+} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}}

Cette réaction spontanée conduit bien à la formation d'uranium(IV) sous forme \mathrm{U}^{4+}, tout en régénérant la moitié de l'uranium(VI) initialement engagé sous forme \mathrm{UO}_2^{2+}.

Résultat

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4.2 · Réacteur électrochimique modèle

Question 54

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Courbes intensité-potentiel et corrosion

Notions : courbe intensité-potentiel, vague de réduction

Tracer l'allure de la courbe courant/tension pour la solution en entrée du réacteur. On prendra un potentiel compris entre et . Indiquer les réactions observées et le potentiel correspondant au pied de chaque vague d'oxydo-réduction.

Voir l'indice

Positionner les potentiels standard des couples en présence en tenant compte de l'acidité et des surtensions pour tracer les vagues anodique (eau) et cathodique (cuivre).

Voir la stratégie
  1. Identifier les espèces électroactives présentes dans la solution en entrée (x=0) : ions \mathrm{Cu}^{2+}, protons \mathrm{H}^+, eau \mathrm{H}_2\mathrm{O} et ions sulfate \mathrm{SO}_4^{2-} (électro-inertes dans ce domaine).
  2. Calculer les potentiels d'équilibre de Nernst à partir des concentrations données : C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(0) = 100\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3} = 0{,}10\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} et C_{\mathrm{H}^+}^r(0) = 2000\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3} = 2{,}0\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}.
  3. Déterminer les potentiels au pied de chaque vague en tenant compte de la cinétique (rapidité du couple ou surtension) et représenter l'allure de la courbe i(E) sur l'intervalle demandé [0\,;\,2\text{ V/ESH}].
Voir la réponse courte

Allure I(E) avec vague de réduction des ions \mathrm{Cu}^{2+} puis mur du solvant en réduction, et oxydation de l'eau à l'anode.

Voir le corrigé complet

Les espèces présentes à l'entrée du réacteur sont :

  • \mathrm{Cu}^{2+} à C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(0) = 100\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3} = 0{,}10\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} ;
  • \mathrm{H}^+ à C_{\mathrm{H}^+}^r(0) = 2000\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3} = 2{,}0\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} ;
  • le solvant \mathrm{H}_2\mathrm{O} et les ions spectateurs \mathrm{SO}_4^{2-}.

1. Réduction cathodique :

  • Couple \mathrm{Cu}^{2+}/\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})} :

    \mathrm{Cu}^{2+} + 2\,\mathrm{e}^- \rightleftarrows \mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})}

    La formule de Nernst donne le potentiel d'équilibre :

    \begin{aligned} E_{\mathrm{eq}}(\mathrm{Cu}^{2+}/\mathrm{Cu}) &= E^\circ(\mathrm{Cu}^{2+}/\mathrm{Cu}) + \frac{RT}{2F}\ln(10)\,\log\left(\frac{[\mathrm{Cu}^{2+}]}{c^\circ}\right) \\ &= 0{,}34 + \frac{0{,}06}{2}\log(0{,}10) = 0{,}34 - 0{,}03 = 0{,}31\text{ V/ESH} \end{aligned}

    Le couple étant rapide, il n'y a pas de surtension d'activation appréciable : le pied de la vague de réduction se situe donc au potentiel d'équilibre. De plus, \mathrm{Cu}^{2+} étant une espèce dissoute en concentration finie, la vague présente un palier de diffusion limitant le courant cathodique.

  • Couple \mathrm{H}^+/\mathrm{H}_{2(\mathrm{g})} : bien que son potentiel thermodynamique soit proche de 0\text{ V} (E_{\mathrm{eq}} = 0{,}06\log(2) \approx +0{,}02\text{ V/ESH}), l'énoncé précise qu'il est lent : la surtension cathodique repousse le début de cette réduction à des potentiels nettement négatifs (E < 0\text{ V/ESH}), hors de la fenêtre d'étude.

2. Oxydation anodique :

  • Couple \mathrm{O}_{2(\mathrm{g})}/\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} :

    2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} \rightleftarrows \mathrm{O}_{2(\mathrm{g})} + 4\,\mathrm{H}^+ + 4\,\mathrm{e}^-

    Pour P_{\mathrm{O}_2} = P^\circ = 1\text{ bar}, le potentiel thermodynamique s'écrit :

    \begin{aligned} E_{\mathrm{eq}}(\mathrm{O}_2/\mathrm{H}_2\mathrm{O}) &= E^\circ(\mathrm{O}_2/\mathrm{H}_2\mathrm{O}) + \frac{0{,}06}{4}\log\left(\frac{[\mathrm{H}^+]^4}{(c^\circ)^4}\right) \\ &= 1{,}23 + 0{,}06\log(2{,}0) = 1{,}23 + 0{,}06 \times 0{,}3 \approx 1{,}25\text{ V/ESH} \end{aligned}

    L'énoncé indique un surpotentiel d'oxydation de l'eau \eta_a = +0{,}3\text{ V}. Le pied de la vague d'oxydation de l'eau se situe donc à :

    E_{\text{pied, ox}} = E_{\mathrm{eq}}(\mathrm{O}_2/\mathrm{H}_2\mathrm{O}) + \eta_a \approx 1{,}25 + 0{,}30 = 1{,}55\text{ V/ESH}

    Le solvant \mathrm{H}_2\mathrm{O} étant en très large excès, cette vague ne présente aucun palier de diffusion (courant croissant abruptement).

\boxed{ \begin{aligned} \text{Réduction de }\mathrm{Cu}^{2+} : \quad & E_{\text{pied, réd}} \approx 0{,}31\text{ V/ESH} \quad (\text{avec palier de diffusion}) \\ \text{Oxydation de }\mathrm{H}_2\mathrm{O} : \quad & E_{\text{pied, ox}} \approx 1{,}55\text{ V/ESH} \quad (\text{mur du solvant}) \end{aligned} }

Résultat

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Question 55

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Courbes intensité-potentiel et corrosion ; Électrolyse et accumulateurs

Notions : tension d'électrolyse, courant limite de diffusion

En déduire la tension minimale à appliquer et indiquer qualitativement la ou les différences qui seraient observables si on traçait la courbe équivalente à celle tracée question 54 en sortie du réacteur. Pour répondre, il est possible de superposer une nouvelle courbe à celle tracée question 54.

Voir l'indice

Calculer la force électromotrice minimale U_{\min} = E_a - E_c au pied des vagues et prévoir la diminution de hauteur du palier de diffusion du cuivre en sortie.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la tension minimale U_{\min} nécessaire pour démarrer l'électrolyse en régime quasi-statique (I \to 0^+), où la chute ohmique est nulle, comme la différence entre le potentiel de l'anode et celui de la cathode au pied de leurs vagues respectives déterminés à la question Q54.
  2. Identifier l'évolution de la composition chimique de la solution entre l'entrée et la sortie du réacteur suite aux réactions électrochimiques (consommation de \mathrm{Cu}^{2+}).
  3. En déduire les modifications sur la courbe I = f(E) : diminution du courant limite de diffusion de réduction du cuivre(II) et léger déplacement Nernstien du potentiel d'équilibre.
Voir la réponse courte

Tension seuil U = E_a - E_c et diminution du palier limite de diffusion en sortie du réacteur suite à l'appauvrissement en \mathrm{Cu}^{2+}.

Voir le corrigé complet

1. Tension minimale d'électrolyse U_{\min}

Pour qu'un courant d'électrolyse circule, la tension appliquée U = V_A - V_C doit vaincre la force contre-électromotrice de la cellule ainsi que les surtensions aux électrodes. À la limite d'apparition du courant (I \to 0^+), la chute ohmique est négligeable (rI \to 0), et la tension minimale à appliquer est donnée par la différence entre le potentiel anodique et le potentiel cathodique au pied de leurs vagues respectives :

U_{\min} = E_{\text{pied, ox}}(\mathrm{H}_2\mathrm{O}) - E_{\text{pied, réd}}(\mathrm{Cu}^{2+})

D'après les résultats de la question Q54 :

  • E_{\text{pied, réd}}(\mathrm{Cu}^{2+}) \approx 0{,}31\text{ V/ESH} ;
  • E_{\text{pied, ox}}(\mathrm{H}_2\mathrm{O}) = E_{\text{eq}}(\mathrm{O}_2/\mathrm{H}_2\mathrm{O}) + \eta_{\text{ox}} \approx 1{,}21 + 0{,}30 = 1{,}51\text{ V/ESH} (ou 1{,}53\text{ V/ESH} si l'on prend \mathrm{pH} = 0).

On en déduit :

\boxed{U_{\min} \approx 1{,}2\text{ V}}

2. Allure de la courbe courant-tension en sortie du réacteur

Au cours de la traversée du réacteur, l'électro-réduction globale s'écrit :

2\,\mathrm{Cu}^{2+}_{(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} \longrightarrow 2\,\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})} + \mathrm{O}_{2(\mathrm{g})} + 4\,\mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})}

En sortie du réacteur (x = L) par rapport à l'entrée (x = 0) :

  • Les ions \mathrm{Cu}^{2+} ont été consommés, de sorte que la concentration C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r a diminué :

    C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(L) < C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(0)

    Le courant limite de diffusion cathodique, proportionnel à la concentration en réactif électroactif (|I_{\text{lim,c}}| \propto C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r), est donc notablement plus faible en valeur absolue (le palier de diffusion se rapproche de l'axe des abscisses).

  • D'après la formule de Nernst, la diminution de C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r entraîne également un léger déplacement du potentiel d'équilibre vers les potentiels plus réducteurs :

    \Delta E_{\text{eq}} = \frac{0{,}06}{2}\log\left(\frac{C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(L)}{C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(0)}\right) < 0

    Le pied de la vague de réduction est donc très légèrement décalé vers la gauche.

  • L'eau étant le solvant et la concentration en \mathrm{H}^+ variant peu en valeur relative (solution déjà très concentrée en acide), la vague d'oxydation de l'eau n'est pratiquement pas modifiée.

Résultat

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Question 56

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Transformations chimiques › Cinétique chimique et mécanismes réactionnels ; Solutions aqueuses et électrochimie › Électrolyse et accumulateurs

Notions : réacteur piston, bilan de matière

À l'aide d'un bilan de matière sur un volume portant sur les ions cuivre (II), montrer que la concentration en cuivre suit une équation différentielle de la forme :

où est une grandeur dont on donnera l'expression en fonction de la hauteur , la constante de faraday , et la vitesse moyenne .

Voir l'indice

Effectuer un bilan de matière sur une tranche stationnaire de longueur \mathrm{d}x en égalant la variation de flux convectif à la consommation faradique sur la cathode.

Voir la stratégie
  1. Définir le système ouvert constitué de la tranche de réacteur comprise entre les abscisses x et x + \mathrm{d}x, de hauteur h et de largeur \ell, en régime stationnaire.
  2. Exprimer les flux molaires convectifs d'ions \mathrm{Cu}^{2+} entrant en x et sortant en x + \mathrm{d}x.
  3. Relier la vitesse de disparition électrochimique des ions \mathrm{Cu}^{2+} à la cathode au courant élémentaire \mathrm{d}i(x) = j(x)\,\ell\,\mathrm{d}x via la loi de Faraday (n_e = 2 électrons échangés).
  4. Établir le bilan de matière en régime permanent et en déduire l'expression du coefficient \alpha.
Voir la réponse courte

Bilan de matière stationnaire sur la tranche avec flux convectif et consommation faradique : \alpha = 1/(2F\bar{v}h).

Voir le corrigé complet

Considérons le système fixe délimité par la tranche de volume V = \ell \, h \,\mathrm{d}x entre les abscisses x et x+\mathrm{d}x.

En régime permanent, le bilan molaire sur les ions \mathrm{Cu}^{2+} pendant une durée \mathrm{d}t s'écrit :

\frac{\mathrm{d}n_{\mathrm{Cu}^{2+}}}{\mathrm{d}t} = \dot{n}_{\text{in}} - \dot{n}_{\text{out}} - \dot{n}_{\text{cons}} = 0
  • Flux convectifs entrant et sortant : L'écoulement piston à la vitesse moyenne \bar{v} à travers la section transversale S = h\,\ell transporte un débit volumique constant D_v = \bar{v}\,h\,\ell. Les flux molaires s'écrivent donc :

    \begin{aligned} \dot{n}_{\text{in}} &= D_v \, C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(x) = \bar{v}\,h\,\ell \, C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(x) \\ \dot{n}_{\text{out}} &= D_v \, C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(x+\mathrm{d}x) = \bar{v}\,h\,\ell \, C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(x+\mathrm{d}x) \end{aligned}

    soit un terme net de transport convectif :

    \dot{n}_{\text{in}} - \dot{n}_{\text{out}} = -\bar{v}\,h\,\ell\,\frac{\mathrm{d}C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r}{\mathrm{d}x}\,\mathrm{d}x
  • Consommation électrochimique à la cathode : La réduction cathodique s'écrit :

    \mathrm{Cu}^{2+}_{(aq)} + 2\,\mathrm{e}^- \longrightarrow \mathrm{Cu}_{(s)}

    Le rendement faradique étant égal à 1, la réduction d'une mole de \mathrm{Cu}^{2+} met en jeu n_e = 2 moles d'électrons. Sur l'élément de surface cathodique \mathrm{d}A = \ell\,\mathrm{d}x, le courant élémentaire associé est :

    \mathrm{d}i(x) = j(x)\,\mathrm{d}A = j(x)\,\ell\,\mathrm{d}x

    Le flux molaire d'ions \mathrm{Cu}^{2+} consommés s'en déduit par la loi de Faraday :

    \dot{n}_{\text{cons}} = \frac{\mathrm{d}i(x)}{2\,F} = \frac{j(x)\,\ell\,\mathrm{d}x}{2\,F}

En injectant ces deux contributions dans le bilan de matière :

-\bar{v}\,h\,\ell\,\frac{\mathrm{d}C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r}{\mathrm{d}x}\,\mathrm{d}x - \frac{j(x)\,\ell\,\mathrm{d}x}{2\,F} = 0

En divisant par la quantité non nulle \bar{v}\,h\,\ell\,\mathrm{d}x, on obtient directement l'équation différentielle :

\frac{\mathrm{d}C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r}{\mathrm{d}x} + \frac{1}{2\,F\,h\,\bar{v}} \times j(x) = 0

On identifie bien l'équation demandée avec :

\boxed{\alpha = \frac{1}{2\,F\,h\,\bar{v}}}

Résultat

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Question 57

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Transformations chimiques › Cinétique chimique et mécanismes réactionnels ; Solutions aqueuses et électrochimie › Courbes intensité-potentiel et corrosion

Notions : réacteur piston, courant limite de diffusion

Montrer que si la tension aux bornes de l'électrolyseur est suffisamment élevée, l'équation (4) se résume à une équation différentielle d'ordre 1 et que le réacteur électrochimique est donc équivalent à un réacteur piston « uniquement chimique » dans lequel a lieu une réaction ayant une cinétique d'ordre 1 par rapport aux ions cuivre.

Voir l'indice

En régime de diffusion limitante cathodique, exprimer la densité de courant limite proportionnelle à la concentration au cœur du fluide et injecter dans le bilan de matière.

Voir la stratégie
  1. Interpréter une tension U élevée aux bornes de l'électrolyseur en termes de fonctionnement sur le palier de diffusion cathodique (C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^c \to 0).
  2. Exprimer la densité de courant limite j(x) par la loi de Fick à travers la couche limite cathodique (zone 3).
  3. Injecter cette expression dans l'équation de bilan (4) et identifier l'équation différentielle caractéristique d'un réacteur piston avec cinétique chimique d'ordre 1.
Voir la réponse courte

À surtension élevée, le régime est limité par la diffusion : j(x) \propto C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(x), assimilable à une cinétique d'ordre 1.

Voir le corrigé complet

Lorsque la tension appliquée U est suffisamment élevée, la surtension à la cathode est fortement négative : la réaction de réduction du cuivre(II) est alors limitée par le transport de matière, et l'électrode fonctionne sur son palier de courant limite de diffusion cathodique.

Dans la zone 3 (couche limite de diffusion cathodique d'épaisseur \delta_c), la présence d'acide sulfurique en fort excès (C_{\mathrm{H}^+}^r \gg C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r) confère à ce dernier le rôle d'électrolyte support : la migration des ions \mathrm{Cu}^{2+} y est négligeable et le transport s'effectue quasi-exclusivement par diffusion. D'après la première loi de Fick en régime quasi-stationnaire :

j(x) = j_{\mathrm{lim}}(x) = \frac{2 F D}{\delta_c} \left( C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(x) - C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^c(x) \right)

où D est le coefficient de diffusion des ions \mathrm{Cu}^{2+}. Sur le palier de diffusion, la consommation à l'électrode est si rapide que la concentration interfaciale s'annule : C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^c(x) \approx 0. Il vient donc :

j(x) = \frac{2 F D}{\delta_c} C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(x) = 2 F k_d C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(x)

en introduisant le coefficient de transfert de matière k_d = \frac{D}{\delta_c}.

En réinjectant cette expression dans l'équation de bilan établie à la question précédente avec \alpha = \frac{1}{2 F h \bar{v}} :

\frac{\mathrm{d}C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r}{\mathrm{d}x} + \alpha\,j(x) = 0 \iff \frac{\mathrm{d}C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r}{\mathrm{d}x} + \frac{k_d}{h \bar{v}} C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(x) = 0

En introduisant le temps de passage \tau = \frac{x}{\bar{v}}, cette relation s'écrit :

\boxed{\frac{\mathrm{d}C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r}{\mathrm{d}\tau} + k_{\mathrm{app}} C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(\tau) = 0 \quad \text{avec} \quad k_{\mathrm{app}} = \frac{k_d}{h} = \frac{D}{h \delta_c}}

Dans un réacteur piston chimique idéal, le bilan de matière sur un constituant A consommé par une réaction homogène irréversible A \to B d'ordre 1 (de vitesse volumique r = k_1 C_A) conduit classiquement à :

\frac{\mathrm{d}C_A}{\mathrm{d}\tau} = - k_1 C_A

L'équation différentielle obtenue est rigoureusement identique. Le réacteur électrochimique à forte tension est donc formellement équivalent à un réacteur piston siège d'une réaction chimique de cinétique d'ordre 1 par rapport aux ions cuivre, de constante de vitesse apparente k_{\mathrm{app}} = \frac{D}{h \delta_c}.

Résultat

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Question 58

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Acide-base, précipitation, complexation

Notions : électroneutralité

Donner une relation simple entre les concentrations des trois ions qui soit valable aux trois endroits suivants : à l'anode, à la cathode et dans la zone centrale du réacteur (zone 2, figure 11).

Voir l'indice

Écrire la condition stricte d'électroneutralité de la solution reliant les concentrations des cations \mathrm{Cu}^{2+}, \mathrm{H}^+ et des anions \mathrm{SO}_4^{2-}.

Voir la stratégie
  1. Identifier les trois espèces ioniques présentes en solution aqueuse : les cations \mathrm{Cu}^{2+} et \mathrm{H}^+, et l'anion \mathrm{SO}_4^{2-}.
  2. Appliquer le principe fondamental d'électroneutralité locale de la solution, valable à l'échelle mésoscopique en tout point de l'électrolyte (en dehors de la double couche électrique d'épaisseur nanométrique, négligée ici).
Voir la réponse courte

Écriture de la condition locale d'électroneutralité reliant les concentrations des trois ions en solution.

Voir le corrigé complet

Les trois espèces ioniques présentes dans le réacteur sont \mathrm{Cu}^{2+} (de charge +2e), \mathrm{H}^+ (de charge +e) et \mathrm{SO}_4^{2-} (de charge -2e).

À l'échelle mésoscopique, tout volume de solution électrolytique respecte la condition d'électroneutralité locale :

\sum_i z_i C_i = 0

soit, en séparant charges positives et charges négatives :

2 C_{\mathrm{Cu}^{2+}} + C_{\mathrm{H}^+} = 2 C_{\mathrm{SO}_4^{2-}}

Cette relation s'applique en tout point x et pour chaque zone considérée :

  • à l'anode (y = h) :

    2 C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^a(x) + C_{\mathrm{H}^+}^a(x) = 2 C_{\mathrm{SO}_4^{2-}}^a(x)
  • à la cathode (y = 0) :

    2 C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^c(x) + C_{\mathrm{H}^+}^c(x) = 2 C_{\mathrm{SO}_4^{2-}}^c(x)
  • dans le cœur du réacteur (zone 2) :

    2 C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(x) + C_{\mathrm{H}^+}^r(x) = 2 C_{\mathrm{SO}_4^{2-}}^r(x)

De manière générale, en notant l'exposant générique k \in \{a, c, r\} :

\boxed{2 C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^k(x) + C_{\mathrm{H}^+}^k(x) - 2 C_{\mathrm{SO}_4^{2-}}^k(x) = 0}

Résultat

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Question 59

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Courbes intensité-potentiel et corrosion

Notions : chute ohmique, loi d'ohm locale

Montrer que la différence de potentiel dans la zone centrale peut s'exprimer en fonction de , , des concentrations dans le cœur du réacteur et des conductivités molaires ioniques des trois ions.

Voir l'indice

Exprimer la chute ohmique U_{z2} = \frac{j h}{\sigma} en utilisant la loi de Kohlrausch pour relier la conductivité \sigma aux conductivités molaires ioniques.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la loi d'Ohm locale dans la zone centrale (zone 2) en utilisant la conductivité \sigma de l'électrolyte.
  2. Exprimer cette conductivité à l'aide de la loi de Kohlrausch à partir des concentrations C_i^r et des conductivités molaires ioniques \lambda_i des trois ions présents.
  3. Intégrer le champ électrique sur l'épaisseur de la zone 2 en exploitant l'approximation \delta_a, \delta_c \ll h.
Voir la réponse courte

Chute ohmique dans l'électrolyte U_{z2} = j h / \sigma où la conductivité \sigma est exprimée via la loi de Kohlrausch.

Voir le corrigé complet

Dans la zone centrale (zone 2), le milieu est purement ohmique et suit la loi d'Ohm locale :

\vec{\jmath} = \sigma\,\vec{E} = -\sigma\,\vec{\nabla} V

où \sigma est la conductivité électrique de la solution dans le cœur du réacteur.

D'après la loi de Kohlrausch, \sigma s'exprime en fonction des concentrations C_i^r et des conductivités molaires ioniques \lambda_i des trois ions en solution (\mathrm{Cu}^{2+}, \mathrm{H}^+ et \mathrm{SO}_4^{2-}), en unités du système international (\mathrm{mol}\cdot\mathrm{m}^{-3} et \mathrm{S}\cdot\mathrm{m}^2\cdot\mathrm{mol}^{-1}) :

\sigma(x) = \lambda_{\mathrm{Cu}^{2+}} C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(x) + \lambda_{\mathrm{H}^+} C_{\mathrm{H}^+}^r(x) + \lambda_{\mathrm{SO}_4^{2-}} C_{\mathrm{SO}_4^{2-}}^r(x)

Le courant circule de l'anode (en y = h) vers la cathode (en y = 0). La densité de courant surfacique j(x) étant uniforme selon y et dirigée selon -\vec{e}_y, la composante du champ électrique selon -\vec{e}_y vaut en tout point de la zone centrale :

E(x) = \frac{j(x)}{\sigma(x)}

L'épaisseur de la zone 2 est h - \delta_a - \delta_c \approx h compte tenu de \delta_a, \delta_c \ll h. La chute de potentiel ohmique dans cette zone s'obtient alors directement par intégration :

U_{z2}(x) = \int_{\text{zone 2}} E(x)\,\mathrm{d}y \approx \frac{j(x)\,h}{\sigma(x)}

On en déduit l'expression de la différence de potentiel dans la zone centrale :

\boxed{U_{z2}(x) = \frac{j(x)\,h}{\lambda_{\mathrm{Cu}^{2+}} C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(x) + \lambda_{\mathrm{H}^+} C_{\mathrm{H}^+}^r(x) + \lambda_{\mathrm{SO}_4^{2-}} C_{\mathrm{SO}_4^{2-}}^r(x)}}

Résultat

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Question 60

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Courbes intensité-potentiel et corrosion ; Électrolyse et accumulateurs

Notions : chute ohmique, électrolyte support

En déduire comment minimiser autant que possible .

Voir l'indice

Analyser les leviers techniques : réduire l'écartement inter-électrodes h et augmenter la conductivité via la concentration en acide sulfurique (ions \mathrm{H}^+ très conducteurs).

Voir la stratégie
  1. Partir de l'expression de la chute ohmique U_{z2}(x) obtenue à la question précédente.
  2. Identifier les leviers d'action : paramètres géométriques (distance inter-électrodes h) et physico-chimiques (conductivité de la solution, choix et concentration de l'électrolyte support).
Voir la réponse courte

Minimisation de la chute ohmique par ajout d'un électrolyte support concentré et diminution de l'écartement inter-électrodes h.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q59, la différence de potentiel ohmique dans la zone centrale s'écrit :

U_{z2}(x) = \frac{j(x)\,h}{\sigma(x)} = \frac{j(x)\,h}{\lambda_{\mathrm{Cu}^{2+}} C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(x) + \lambda_{\mathrm{H}^+} C_{\mathrm{H}^+}^r(x) + \lambda_{\mathrm{SO}_4^{2-}} C_{\mathrm{SO}_4^{2-}}^r(x)}

Pour minimiser cette tension (qui correspond à une perte d'énergie par effet Joule sans utilité électrochimique), à densité de courant j(x) fixée, on peut agir sur deux aspects :

  1. Paramètre géométrique : réduire autant que possible l'écartement inter-électrodes h, tout en conservant un espacement suffisant pour assurer l'écoulement fluide (h \gg \delta_a, \delta_c).
  2. Conductivité de l'électrolyte : maximiser la conductivité \sigma(x) du milieu en augmentant la concentration de l'électrolyte support (ici l'acide sulfurique \mathrm{H}_2\mathrm{SO}_4). En particulier, l'apport d'ions hydronium \mathrm{H}^+ est particulièrement efficace car leur conductivité molaire ionique \lambda_{\mathrm{H}^+} est exceptionnellement élevée par rapport à celle des autres ions en solution aqueuse (mécanisme de Grotthuss).
\boxed{\text{Minimiser } U_{z2} \text{ en réduisant l'écartement } h \text{ et en maximisant l'acidité (concentration en } \mathrm{H}_2\mathrm{SO}_4\text{).}}

Résultat

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Question 61

DifficileTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Courbes intensité-potentiel et corrosion ; Transformations chimiques › Cinétique chimique et mécanismes réactionnels

Notions : point de fonctionnement, résolution de système

Montrer que si en plus des différentes équations précédemment obtenues, on fixe la valeur de et qu'on dispose des courbes courant/tension pour toutes les compositions possibles du système alors le modèle est suffisant pour déterminer la valeur de . On attend ici uniquement de prouver la faisabilité du calcul de .

Voir l'indice

Compter le nombre d'inconnues (concentrations locales et potentiels d'interface) et vérifier qu'il coïncide avec le nombre d'équations indépendantes fournies par les bilans et les courbes intensité-potentiel.

Voir la stratégie

Pour prouver la faisabilité du calcul de j(x), la méthode consiste à réaliser un bilan du degré de liberté du modèle à une position x fixée :

  1. Recenser rigoureusement l'ensemble des grandeurs scalaires inconnues à l'abscisse x (concentrations, chutes de potentiel, densité de courant).
  2. Recenser l'ensemble des relations et équations indépendantes fournies par les bilans physiques et chimiques du modèle.
  3. Vérifier que le nombre d'équations indépendantes est exactement égal au nombre d'inconnues restantes une fois la concentration C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(x) fixée, ce qui garantit la fermeture mathématique du système.
Voir la réponse courte

Démonstration de la fermeture du système : l'intersection de la droite de charge ohmique avec les courbes courant-potentiel détermine uniquement j(x).

Voir le corrigé complet

À une abscisse x donnée, caractérisons l'état du système par ses grandeurs locales :

1. Recensement des grandeurs et inconnues :

  • Les concentrations des 3 espèces ioniques (\mathrm{Cu}^{2+}, \mathrm{H}^+, \mathrm{SO}_4^{2-}) en 3 zones distinctes (anode a, cathode c, cœur r), soit 3 \times 3 = 9 concentrations :

    \{C_i^a, \, C_i^c, \, C_i^r\}_{i \in \{\mathrm{Cu}^{2+}, \, \mathrm{H}^+, \, \mathrm{SO}_4^{2-}\}}
  • Les 5 chutes ou différences de potentiel du réacteur :

    U_{ma}(x), \quad U_{mc}(x), \quad U_{z1}(x), \quad U_{z2}(x), \quad U_{z3}(x)
  • La densité de courant d'oxydation j(x).

Le modèle met donc en jeu 15 grandeurs scalaires.

2. Recensement des équations indépendantes : Si l'on fixe la valeur de la concentration C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(x) (1 donnée), il reste 14 inconnues. Les équations et relations disponibles sont :

  1. Le bilan de matière axial sur les ions sulfate (équation 6) :

    C_{\mathrm{SO}_4^{2-}}^r(x) = C_{\mathrm{SO}_4^{2-}}^r(x=0) \quad \text{(1 relation fixant $C_{\mathrm{SO}_4^{2-}}^r$)}
  2. Les conditions d'électroneutralité locale (question 58) écrites dans le cœur, à l'anode et à la cathode (3 équations) :

    2 C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^k(x) + C_{\mathrm{H}^+}^k(x) = 2 C_{\mathrm{SO}_4^{2-}}^k(x) \quad \text{pour } k \in \{r, a, c\}
  3. La loi d'Ohm dans la zone centrale (question 59) exprimant U_{z2}(x) en fonction de j(x) et des concentrations du cœur (1 équation).
  4. Les bilans de matière ioniques dans les couches limites de diffusion-migration (zones 1 et 3) :

    • 2 relations liant les concentrations aux électrodes, les concentrations dans le cœur et j(x) (2 équations) ;
    • 2 relations liant directement les concentrations aux électrodes à celles du cœur (2 équations) ;
    • 2 relations exprimant explicitement les chutes ohmiques U_{z1}(x) et U_{z3}(x) en fonction des concentrations (2 équations).
  5. La disponibilité des courbes courant/tension pour toutes compositions : connaissant les concentrations aux interfaces électrochimiques C_i^a et C_i^c, la valeur de j(x) impose de manière univoque les surtensions d'interface U_{ma}(x) et U_{mc}(x) (2 équations).
  6. La loi des mailles (équation 5) reliant la tension globale imposée U aux cinq tensions partielles (1 équation) :

    U_{ma}(x) + U_{z1}(x) + U_{z2}(x) + U_{z3}(x) + U_{mc}(x) = U

3. Conclusion sur la faisabilité : En faisant le compte des équations indépendantes :

1 + 3 + 1 + 2 + 2 + 2 + 2 + 1 = 14 \text{ équations}

pour 14 inconnues.

\boxed{\text{Le système comporte autant d'équations indépendantes que d'inconnues : le modèle est fermé et permet de déterminer univoquement } j(x).}

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Question 62

DifficileTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Transformations chimiques › Cinétique chimique et mécanismes réactionnels ; Solutions aqueuses et électrochimie › Courbes intensité-potentiel et corrosion

Notions : réacteur piston, ordre zéro

Justifier que les résultats du modèle indiquent que lorsque la tension appliquée aux bornes du réacteur électrochimique est faible, il se comporte comme un réacteur piston siège d'une unique réaction chimique de la forme d'ordre zéro.

Voir l'indice

Observer sur les courbes de la figure 12 qu'à basse tension, la concentration varie de façon affine avec le temps de passage \tau, ce qui caractérise une cinétique d'ordre 0 (\frac{\mathrm{d}C}{\mathrm{d}\tau} = -\text{cste}).

Voir la stratégie
  1. Exprimer le bilan de matière dans le réacteur piston en fonction du temps de passage \tau = x / \bar{v} et rappeler la loi d'évolution de la concentration pour une réaction d'ordre 0.
  2. Identifier les deux signatures caractéristiques d'un ordre zéro sur les courbes expérimentales/modélisées de la figure 12.
  3. Vérifier que ces signatures sont bien observées à faible tension (U = 1{,}4\text{ V} et U = 1{,}5\text{ V}).
Voir la réponse courte

À faible tension, le transfert de charge est limitant et indépendant de la concentration locale en cuivre, mimant un ordre zéro.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q56, l'équation différentielle régissant l'évolution spatiale de la concentration s'écrit :

\frac{\mathrm{d}C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r}{\mathrm{d}x} + \alpha\,j(x) = 0 \quad \text{avec} \quad \alpha = \frac{1}{2Fh\bar{v}}

En introduisant le temps de passage \tau = \frac{x}{\bar{v}}, la dérivée spatiale devient :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}x} = \frac{1}{\bar{v}}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}\tau}

d'où l'équation d'évolution temporelle :

\frac{\mathrm{d}C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r}{\mathrm{d}\tau} = -\frac{j(\tau)}{2Fh}

Pour un réacteur piston fermé en régime stationnaire siège d'une réaction chimique A \to B d'ordre zéro, la vitesse volumique de réaction est constante :

v = k_0 = \text{cste} \implies \frac{\mathrm{d}C_A}{\mathrm{d}\tau} = -k_0 \implies C_A(\tau) = C_{A,0} - k_0\,\tau

Ce comportement d'ordre zéro se traduit par deux caractéristiques fondamentales :

  • la vitesse de transformation, ici proportionnelle à la densité de courant j(\tau), est constante et indépendante du temps de passage \tau (et donc de la concentration C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r) ;
  • la concentration décroît de manière rigoureusement linéaire avec le temps de passage \tau.

Sur la figure 12, pour des tensions faibles (U = 1{,}4\text{ V} et U = 1{,}5\text{ V}) :

  • Graphe de droite j(\tau) : les profils de densité de courant sont quasi horizontaux (j \approx 50\text{ A}\cdot\text{m}^{-2} pour U = 1{,}4\text{ V} et j \approx 100\text{ A}\cdot\text{m}^{-2} pour U = 1{,}5\text{ V}), ce qui montre que la vitesse de réaction est indépendante du degré d'avancement ;
  • Graphe de gauche C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r(\tau) : la concentration en ions cuivre(II) décroît de manière affine (droites à pente négative constante).
\boxed{\text{À faible tension } (U \le 1{,}5\text{ V}), \ j(\tau) \approx \text{cste} \implies \frac{\mathrm{d}C_{\mathrm{Cu}^{2+}}^r}{\mathrm{d}\tau} \approx \text{cste} : \text{le comportement est bien celui d'un ordre zéro.}}

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet ENS Physique-Chimie L PC 2026 ?

Surtout 2 chapitres : Frottement solide (38 % des questions, partie 1) et Cinétique chimique et mécanismes réactionnels (19 %). Plus ponctuellement : Cinématique et dynamique du point, Fluides visqueux, Courbes intensité-potentiel et corrosion, Orbitales moléculaires, Chimie de coordination…

Peut-on travailler le sujet ENS Physique-Chimie L PC 2026 dès la première année (PCSI) ?

En partie : 33 questions sur 62 (53 %) ne demandent que le programme de PCSI. Blocs abordables : la sous-partie 1 (Q1 à Q3), la sous-partie 1.1 (Q4 à Q6), la sous-partie 1.2 (Q7 à Q12) et la sous-partie 1.3 (Q13 à Q16). Avec les autres programmes de première année : 13 en TSI1 et 32 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet ENS Physique-Chimie L PC 2026 ?

Environ 4 h 30 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet ENS Physique-Chimie L PC 2026 ?

Notamment Q31 (équation différentielle), Q34 (application numérique), Q39 (recouvrement orbitalaire), Q40 (rétrodonation), Q51 (solvatation) et Q61 (point de fonctionnement), cotées 4 sur 4 dans ce corrigé.

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Questions de cours : Q28 (force de traînée), Q35 (schéma de lewis), Q36 (diagramme d'orbitales moléculaires), Q44 (loi d'eyring), Q54 (courbe intensité-potentiel) et Q58 (électroneutralité). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q1 (loi de coulomb), Q2 (loi de coulomb), Q17 (effet janssen), Q41 (loi de beer-lambert), Q42 (loi de vitesse) et Q53 (dismutation).

Où gagner des points facilement dans le sujet ENS Physique-Chimie L PC 2026 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (32 sur 62), par exemple : Q1 à Q9, Q11 à Q15, Q18 à Q20, Q23, Q26, Q28, Q33, Q35, Q36, Q41, Q43 à Q45, Q47…. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q17, Q42 et Q56.

Pourquoi la pression sature-t-elle dans le silo mais diverge-t-elle pour la glace ?

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.