Corrigé détaillé Mines Physique 1 PSI 2024
Analyse physique d'un spa
- 25 questions corrigées
- Sujet moyen
- Faisable en PCSI, MPSI et PTSI : 7 questions sur 25, partie I.A
- Vérifié question par question
Ce sujet original et particulièrement complet aborde la physique d'un objet grand public devenu très populaire : le spa gonflable. L'épreuve balaie une vaste panoplie de domaines du programme de PSI avec un fil conducteur cohérent et réaliste. Les candidats sont d'abord invités à traiter le gonflage et le bilan thermique de réchauffement de l'eau, avant d'étudier l'absorption du rayonnement solaire via un modèle dipolaire de diffusion Rayleigh. Le sujet se poursuit par un bilan classique et rigoureux de transferts thermiques conducto-convectifs pour estimer les pertes d'énergie du spa, suivi de l'étude de son asservissement en température (modèle microscopique de Drude et électronique de commande). Enfin, une partie de mécanique des fluides très formatrice examine l'hydrodynamique de remontée des bulles d'air et leurs oscillations radiales acoustiques (formule de Minnaert). C'est un sujet d'un niveau très représentatif des épreuves des concours communs Mines-Ponts, idéal pour des révisions transversales.
En bref sur ce sujet
- Difficulté
- Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 11,08/20)
- Temps estimé
- ≈ 2 h 25 pour tout traiter, pour une épreuve de 3 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
- Chapitres
- Mécanique des fluides26 %
- Diffusion thermique et diffusion de particules18 %
- Premier et second principes de la thermodynamique18 %
- Ondes électromagnétiques dans les milieux12 %
Part des questions du sujet.
- Première année
Oui en PCSI, MPSI et PTSI : 7 questions sur 25, partie I.A.
Où gagner des points
Rapides et accessibles (13) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.
Points à signaler : ambiguïté
Ambiguïté
La consigne de Q2 ne précise pas l'origine temporelle retenue : le temps calculé peut s'entendre depuis la fin normale du gonflage (\Delta t = 1{,}0\text{ min}) ou depuis l'allumage initial de la pompe (11\text{ min}). Il est prudent de mentionner les deux valeurs.
Comment utiliser ce corrigé
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Partie I : Installation du spa
A · Gonflage
Question 1
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : débit volumique
Quel est le débit volumique moyen de la pompe en litres par seconde ?
Voir l'indiceIndice
Calculer le volume de la couronne cylindrique formant l'enveloppe du spa à partir de ses diamètres intérieur et extérieur, puis diviser par la durée de gonflage t_{\mathrm{g}}.
Voir la stratégieStratégie
- Modéliser la géométrie de l'enveloppe gonflable du spa par un cylindre annulaire de hauteur H, délimité par les diamètres intérieur d_{\text{int}} et extérieur d_{\text{ext}}.
- Exprimer le volume d'air V nécessaire pour déployer l'enveloppe, puis en déduire le débit volumique moyen D_{\mathrm{p}} = V / t_{\mathrm{g}} en convertissant le volume en litres et le temps en secondes.
Voir la réponse courteRéponse courte
Le débit volumique moyen vaut simplement le rapport du volume gonflé sur la durée de gonflage D_{\mathrm{p}} = V/t_{\mathrm{g}}.
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L'enveloppe gonflable forme les parois verticales du spa, modélisées par un cylindre annulaire creux de hauteur H, de rayon extérieur R_{\text{ext}} = d_{\text{ext}}/2 et de rayon intérieur R_{\text{int}} = d_{\text{int}}/2. Le tapis de fond n'étant pas gonflé, le volume intérieur de l'enveloppe s'écrit :
D'après le formulaire, on prend \dfrac{\pi}{4} = 0{,}8. Avec d_{\text{ext}} = 2{,}0\text{ m} et d_{\text{int}} = \sqrt{2}\text{ m} :
Le volume d'air est donc :
L'enveloppe atteint ce volume au bout de la durée de gonflage t_{\mathrm{g}} = 10\text{ min} = 600\text{ s}. Le débit volumique moyen de la pompe vaut :
Application numérique :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Évitez d'appliquer des formules de flux inutilement complexes et prenez garde aux erreurs élémentaires dans le calcul du volume d'air.
« Certains ont fait des erreurs dans le calcul du volume d’air (remplacer r2 2 −r2 1 par (r2 −r1)2 ; d’autres ont remplacé la (bonne) question « que me demande-t-on ? » par la (mauvaise) « quelle formule s’applique ici ? ». On voit alors apparaître des flux écrits sous forme d’intégrale double. . . »
Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024
Question déjà tombée ailleurs
Question 2
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Mise en équation
- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : gaz parfait, bilan de matière
Une fois gonflé en un temps , le volume du spa reste constant. Si l'utilisateur oublie d'arrêter la pompe, au bout de combien de temps la valve de surpression s'ouvre-t-elle ? On supposera ici que la température de l'air dans l'enveloppe reste constante.
Voir l'indiceIndice
Exprimer la loi des gaz parfaits à température et volume constants. Relier l'augmentation de pression \delta p à la quantité d'air injectée en plus à débit molaire constant.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la relation entre la surpression et la quantité de matière d'air injectée dans l'enveloppe à volume et température constants via l'équation d'état des gaz parfaits.
- Relier le débit molaire de la pompe au débit volumique d'air extérieur D_{\mathrm{p}}, puis déterminer la durée de surpression \Delta t ainsi que le temps total t_{\text{tot}}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan de quantité de matière d'air injecté à température constante pour déterminer l'instant où la surpression seuil est atteinte.
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À la fin de la phase de gonflage (t = t_{\mathrm{g}}), l'enveloppe a atteint son volume définitif V à la pression atmosphérique extérieure P_0 = 1{,}0\text{ bar} et à la température T. La quantité de matière d'air présente dans l'enveloppe est :
La pompe prélève de l'air extérieur à la pression P_0 et à la température T avec un débit volumique moyen D_{\mathrm{p}} = \frac{V}{t_{\mathrm{g}}}. Le débit molaire correspondant injecté dans l'enveloppe est donc constant :
Pour t > t_{\mathrm{g}}, le volume V et la température T restent constants. La surpression \Delta P(t) = P(t) - P_0 au bout d'une durée supplémentaire \Delta t s'écrit, d'après la loi des gaz parfaits :
La valve de surpression s'ouvre lorsque \Delta P = \delta p = 0{,}1\text{ bar}. La durée supplémentaire de fonctionnement de la pompe avant ouverture est donc :
En effectuant l'application numérique :
La valve de surpression s'ouvre donc au bout d'une durée supplémentaire de 1{,}0\text{ minute} après la fin du gonflage, soit au bout d'un temps total depuis le début du gonflage de :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Ne confondez pas Celsius et Kelvin, évitez d'invoquer des formules hors de propos et fondez votre raisonnement sur les grandeurs invariantes.
« Les mêmes remarques s’appliquent à ces deux questions, quoique moins souvent traitées par les candidats (ne serait-ce qu’à cause de la confusion trop fréquence entre degrés celsius et kelvin). On voit ici aussi apparaître des « formules » (par exemple P V γ = cte) sans raison d’être ni lien avec les questions posées. Quelques lignes de réaction pouvaient suffire, au prix d’une réflexion sur les invariants du problème. »
Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024
Question 3
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : gaz parfait, transformation isochore
Le spa est gonflé en un matin à . En supposant que la pression extérieure et que le volume de l'enveloppe du spa restent constants au cours de la journée mais que la température extérieure peut augmenter, à partir de quelle température la valve de surpression s'ouvre-t-elle ?
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Considérer une transformation isochore de l'air enfermé dans l'enveloppe à masse constante entre l'état initial du matin (T_1, P_0) et l'état de déclenchement (T_2, P_0 + \delta p).
Voir la stratégieStratégie
- Identifier l'état initial du système fermé constitué de l'air enfermé dans l'enveloppe à la fin du gonflage (t = t_{\mathrm{g}}).
- Exprimer la condition de déclenchement de la valve de surpression en fonction de la pression extérieure P_0 et du seuil \delta p.
- Appliquer l'équation d'état du gaz parfait pour une transformation isochore à quantité de matière constante afin d'en déduire la température correspondante.
Voir la réponse courteRéponse courte
À volume et quantité de matière constants, la loi de Gay-Lussac donne directement la température maximale admissible.
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À l'issue du gonflage en une durée t_{\mathrm{g}}, la pompe est arrêtée et l'enveloppe contient une quantité d'air constante n occupant le volume V. La pression initiale à l'intérieur est égale à la pression extérieure :
à la température initiale T_1 = 15 + 273{,}15 = 288{,}15\text{ K}.
La valve de surpression s'ouvre lorsque la surpression interne atteint le seuil \delta p = 0{,}1\text{ bar}, soit à la pression intérieure :
L'air étant modélisé par un gaz parfait et le volume V de l'enveloppe restant constant, la loi des gaz parfaits donne :
En faisant le rapport membre à membre de ces deux équations, on obtient la loi de Gay-Lussac (transformation isochore) :
Application numérique :
En degrés Celsius, la température de déclenchement vaut :
Résultat
B · Chauffage de l'eau
Question 4
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : premier principe, capacité thermique
Estimer la durée nécessaire pour atteindre la température maximale de depuis une température initiale de .
La puissance de chauffage de l'unité de contrôle indiquée sur le manuel est : est-ce cohérent avec le résultat précédent ?
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Relier la durée de chauffe à la vitesse d'élévation thermique v_{\mathrm{c}}, puis calculer la puissance nécessaire \mathscr{P}_{\mathrm{th}} = m_{\mathrm{e}} c_{\mathrm{e}} v_{\mathrm{c}} pour la comparer aux 2{,}5\text{ kW} indiqués.
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- Déterminer directement la durée de chauffage à partir de la vitesse constante de montée en température v_{\mathrm{c}} fournie par le manuel.
- Calculer le volume et la masse d'eau contenue dans le spa en utilisant les dimensions géométriques et la valeur approchée de \pi/4 donnée dans le formulaire.
- Évaluer la puissance thermique nécessaire par application du premier principe de la thermodynamique à l'eau, puis la confronter à la puissance électrique annoncée \mathscr{P}_{\mathrm{c}} = 2{,}5\text{ kW}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan d'énergie \Delta U = M c_{\mathrm{eau}} \Delta T = \mathscr{P}_{\mathrm{c}} \Delta t pour estimer la durée de chauffe et vérifier l'ordre de grandeur.
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La vitesse de chauffage est constante et vaut v_{\mathrm{c}} = 2\,^{\circ}\mathrm{C}\cdot\mathrm{h}^{-1}. Pour élever la température de l'eau de T_{\mathrm{i}} = 20\,^{\circ}\mathrm{C} à T_{\mathrm{f}} = 40\,^{\circ}\mathrm{C}, la variation de température est :
La durée nécessaire \Delta t s'exprime donc par :
D'où l'application numérique :
L'eau occupe un cylindre de diamètre intérieur d_{\text{int}} = \sqrt{2}\text{ m} et de hauteur h_{\mathrm{e}} = 3/4\text{ m}. Son volume est :
En utilisant la valeur \frac{\pi}{4} = 0{,}8 donnée dans le formulaire de l'énoncé :
La masse d'eau correspondante est :
En négligeant dans un premier temps les pertes thermiques vers l'extérieur, l'énergie thermique requise pour chauffer cette masse d'eau est donnée par le premier principe :
La puissance thermique moyenne nécessaire correspondante est :
Avec v_{\mathrm{c}} = 2\,^{\circ}\mathrm{C}\cdot\mathrm{h}^{-1} = \frac{2}{3\,600}\text{ K}\cdot\mathrm{s}^{-1} = \frac{1}{1\,800}\text{ K}\cdot\mathrm{s}^{-1} :
La puissance thermique théorique de 2{,}8\text{ kW} est très proche de la puissance de chauffage annoncée \mathscr{P}_{\mathrm{c}} = 2{,}5\text{ kW} (l'écart relatif n'est que d'environ 10\,\%). Cette légère différence s'explique notamment par le fait que le spa n'est pas nécessairement rempli au volume maximal ou par l'approximation sur \pi/4.
Résultat
Question 5
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : flux radiatif, angle d'incidence
À quel moment de la journée le chauffage par le Soleil est-il le plus efficace ? Justifier la réponse.
Voir l'indiceIndice
Analyser la trajectoire apparente du Soleil au cours de la journée en considérant l'angle d'incidence des rayons (zénith) et l'épaisseur effective d'atmosphère traversée.
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Pour déterminer le moment de la journée où le chauffage solaire est maximal, il faut identifier les paramètres régissant la puissance surfacique reçue par une surface horizontale d'eau :
- L'inclinaison des rayons solaires par rapport à la normale à la surface (effet géométrique ou loi de Lambert) ;
- L'atténuation du rayonnement solaire lors de sa traversée de l'atmosphère (diffusion et absorption).
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Le chauffage est maximal au midi solaire, lorsque l'angle d'incidence des rayons solaires avec la normale est minimal.
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Le chauffage par le Soleil est le plus efficace au midi solaire (moment où le Soleil culmine au zénith ou atteint sa hauteur maximale au-dessus de l'horizon pour une latitude donnée).
Cette efficacité maximale s'explique par deux arguments complémentaires :
Effet d'incidence géométrique : La puissance solaire reçue par unité de surface horizontale (surface libre de l'eau du spa) s'écrit :
\mathcal{P}_{\text{surf}} = \mathcal{P}_0 \cos \theta = \mathcal{P}_0 \sin hoù \theta est l'angle d'incidence par rapport à la normale verticale (angle zénithal), h = \frac{\pi}{2} - \theta est la hauteur angulaire du Soleil au-dessus de l'horizon, et \mathcal{P}_0 est l'éclairement direct perpendiculaire aux rayons. Cette puissance surfacique interceptée est maximale lorsque le Soleil est au plus haut dans le ciel (\theta minimal, soit h maximal).
Atténuation atmosphérique minimale : L'épaisseur d'atmosphère traversée par les rayons solaires est minimale à la verticale :
e_{\text{atm}}(\theta) \simeq \frac{e_0}{\cos \theta}où e_0 est l'épaisseur de l'atmosphère. L'atténuation du faisceau incident par diffusion (notamment la diffusion Rayleigh par les molécules d'air, étudiée aux questions suivantes) et par absorption est donc la plus faible au midi solaire, maximisant ainsi l'éclairement \mathcal{P}_0 arrivant au sol.
Résultat
Question 6
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
Notions : onde plane progressive harmonique, moment dipolaire induit
Justifier qualitativement le fait que l'on puisse écrire l'onde électromagnétique issue du rayonnement solaire sous cette forme.
Comment expliquer la création du moment dipolaire ? On se contentera d'une réponse qualitative.
Voir l'indiceIndice
Considérer le modèle de l'électron élastiquement lié où le nuage électronique est déplacé par rapport au noyau positif sous l'action de la force de Lorentz électrique.
Voir la stratégieStratégie
- Pour la forme de l'onde, décomposer les approximations physiques sous-jacentes : onde plane (distance Terre-Soleil très grande), monochromatique (analyse spectrale / linéarité) et transversale (polarisation linéaire).
- Pour le dipôle induit, décrire le déplacement relatif sous l'action de la force de Lorentz électrique du nuage électronique par rapport aux noyaux atomiques (modèle de l'électron élastiquement lié).
Voir la réponse courteRéponse courte
Justification de l'approximation de l'onde plane à grande distance et polarisation électronique des molécules sous l'action du champ électrique.
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1. Justification de la forme de l'onde électromagnétique
L'expression \vec{E} = E_0 \cos [\omega (t - x/c)] \widehat{e}_z correspond à une onde plane progressive monochromatique (OPPM) se propageant selon l'axe (Ox) à la vitesse c, polarisée rectilignement selon (Oz) :
- Caractère plan : la distance Soleil-Terre (d \approx 1{,}5 \times 10^8\text{ km}) est immense devant l'échelle locale d'étude dans l'atmosphère ; le front d'onde sphérique issu du Soleil est donc localement rigoureusement plan. De plus, l'air étant très peu dense, la vitesse de phase est assimilable à la célérité c dans le vide.
- Caractère monochromatique : le rayonnement solaire est polychromatique, mais en vertu de la linéarité des équations de propagation et des interactions considérées, l'analyse de Fourier permet d'étudier indépendamment chaque composante spectrale de pulsation \omega.
- Transversalité et polarisation : la structure d'onde plane dans l'air (\mathrm{div}\,\vec{E} = 0) impose un champ électrique orthogonal à la direction de propagation \widehat{e}_x. La lumière naturelle solaire n'étant pas polarisée, on peut la décomposer sur deux polarisations rectilignes indépendantes orthogonales (par exemple selon \widehat{e}_y et \widehat{e}_z) et restreindre l'étude à l'une d'entre elles.
2. Création du moment dipolaire induit \vec{p}
Les molécules de diazote \mathrm{N}_2 et de dioxygène \mathrm{O}_2 sont centrosymétriques : au repos, les barycentres des charges positives (noyaux) et des charges négatives (cortège électronique) coïncident, le moment dipolaire permanent est nul.
- Sous l'action du champ électrique \vec{E}(t) de l'onde, les électrons subissent une force de rappel liée aux noyaux ainsi que la force électrique oscillante \vec{F} = -e\,\vec{E}(t).
- Les noyaux, beaucoup plus lourds que les électrons, restent quasi immobiles sur l'échelle de temps optique, tandis que le nuage électronique subit un déplacement oscillant \vec{r}(t) par rapport aux noyaux.
- Cette séparation des barycentres de charges positives et négatives induit un moment dipolaire oscillant \vec{p}(t) = -e\,\vec{r}(t), aligné sur le champ électrique excitateur \widehat{e}_z et oscillant à la pulsation \omega.
Question 7
ExigeanteTemps estimé : ≈ 12 min- Mise en équation
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : diffusion de rayleigh, bilan de poynting, analyse dimensionnelle
Montrer que, pour une pulsation donnée, l'éclairement (ici assimilé à la puissance surfacique moyenne) décroit selon l'axe de propagation du rayon solaire selon une loi du type . On introduira , le nombre de molécules d'air par unité de volume. Après avoir exprimé en fonction de , , , et on vérifiera la cohérence dimensionnelle de son expression.
Voir l'indiceIndice
Effectuer un bilan d'énergie lumineuse sur une tranche d'atmosphère d'épaisseur \mathrm{d}x en sommant la puissance moyenne rayonnée par les n\,\mathrm{d}x molécules présentes par unité de surface.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer l'éclairement \mathcal{E}_\omega de l'onde incidente en fonction de l'amplitude E_0 du champ électrique à l'aide de la moyenne temporelle du vecteur de Poynting.
- Réaliser un bilan d'énergie sur une tranche d'atmosphère d'épaisseur \mathrm{d}x et de section S pour relier la perte de puissance du faisceau à la puissance totale rayonnée (diffusée) par les dipôles.
- Intégrer l'équation différentielle obtenue, identifier H_\omega et vérifier son homogénéité par analyse dimensionnelle.
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Bilan de puissance radiative atténuée par la puissance rayonnée par les dipôles induits, conduisant à une décroissance exponentielle.
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L'onde incidente se propageant selon +x dans le vide (ou l'air assimilé au vide), la moyenne temporelle de la norme du vecteur de Poynting définit l'éclairement :
puisque c = 1/\sqrt{\varepsilon_0 \mu_0}. On en déduit l'expression du carré de l'amplitude du champ :
Le moment dipolaire induit a pour amplitude :
La puissance moyenne diffusée par chaque molécule s'écrit alors :
En utilisant la relation fondamentale \varepsilon_0^2 c^4 = 1/\mu_0^2, cette puissance s'exprime sous la forme :
Considérons une tranche d'atmosphère comprise entre x et x + \mathrm{d}x, de section droite S normale à la direction de propagation. Le volume de cette tranche est \mathrm{d}V = S\,\mathrm{d}x et contient \mathrm{d}N = n S\,\mathrm{d}x molécules. En régime permanent, la diminution de la puissance transportée par le faisceau entre x et x + \mathrm{d}x est intégralement imputable à la puissance diffusée dans toutes les directions par ces molécules :
Comme \Phi(x) = \mathcal{E}_\omega(x) S, il vient :
Par intégration immédiate avec la condition initiale \mathcal{E}_\omega(0), on obtient :
avec la longueur d'atténuation caractéristique :
Vérification dimensionnelle :
- [n] = \mathrm{L}^{-3}, [m] = \mathrm{M}, [e] = \mathrm{I}\cdot\mathrm{T} et \kappa est sans dimension ;
- d'après la loi de Laplace ou les données, [\mu_0] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-2}\cdot\mathrm{I}^{-2} ;
- par conséquent : [\mu_0 e^2] = (\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-2}\cdot\mathrm{I}^{-2}) \times (\mathrm{I}^2\cdot\mathrm{T}^2) = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L} ;
- au dénominateur : [n \mu_0^2 e^4] = \mathrm{L}^{-3} \times (\mathrm{M}\cdot\mathrm{L})^2 = \mathrm{M}^2 \cdot \mathrm{L}^{-1} ;
- au numérateur : [m^2] = \mathrm{M}^2.
On a donc bien :
L'expression de H_\omega est bien homogène à une longueur.
Résultat
Question 8
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Notions : diffusion de rayleigh, ordre de grandeur
Sachant que le maximum d'émission du Soleil est centré sur la longueur d'onde d'un rayonnement vert, estimer la valeur de .
Sachant que l'épaisseur caractéristique de l'atmosphère est de l'ordre de , que peut-on dire de l'effet d'une augmentation d'altitude sur le chauffage de l'eau du spa ?
Voir l'indiceIndice
Calculer numériquement H_\omega pour la pulsation associée au rayonnement vert (\lambda \approx 500\text{ nm}) et comparer cette valeur à l'épaisseur globale de l'atmosphère.
Voir la stratégieStratégie
- Associer au rayonnement vert une longueur d'onde usuelle (\lambda \simeq 500\text{ nm}), en déduire la pulsation \omega, le paramètre sans dimension \kappa = \omega_0 / \omega, puis déterminer la densité volumique n des molécules d'air à l'aide de l'équation d'état des gaz parfaits.
- Effectuer l'application numérique de H_\omega obtenue à la question précédente.
- Comparer H_\omega à l'épaisseur de l'atmosphère (\sim 100\text{ km}) et à un dénivelé réaliste d'altitude pour statuer sur le gain d'éclairement solaire.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul numérique de la longueur d'atténuation H_{\omega} pour le rayonnement vert et comparaison avec l'épaisseur de l'atmosphère terrestre.
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1. Estimation de la longueur d'atténuation H_\omega
Le maximum d'émission du Soleil dans le domaine visible correspond au vert, soit une longueur d'onde dans le vide :
La pulsation correspondante de l'onde lumineuse est :
Le rapport des pulsations vaut ainsi :
Comme \kappa^2 \simeq 37 \gg 1, on a (\kappa^2 - 1)^2 \simeq 36^2 \simeq 1{,}3 \times 10^3.
La densité volumique n de molécules d'air au niveau du sol est estimée par la loi des gaz parfaits à la pression P_0 = 1{,}0\text{ bar} = 1{,}0 \times 10^5\text{ Pa} et à la température ambiante T \simeq 290\text{ K} :
D'après l'expression établie à la question Q7 :
En injectant les valeurs numériques :
Le terme d'échelle vaut :
On en déduit l'ordre de grandeur de H_\omega :
(soit un ordre de grandeur de quelques centaines de kilomètres).
2. Effet d'une augmentation d'altitude sur le chauffage
L'atténuation du rayonnement solaire par diffusion Rayleigh à travers une couche d'épaisseur x s'écrit \mathcal{E}_\omega(x)/\mathcal{E}_\omega(0) = \exp(-x/H_\omega).
L'épaisseur caractéristique de l'atmosphère étant L_{\text{atm}} \sim 100\text{ km} < H_\omega, la majeure partie du rayonnement visible traverse l'atmosphère sans être diffusée (\exp(-100/800) \simeq 0{,}88, soit seulement une dizaine de pourcents atténuée).
De plus, l'élévation d'altitude envisageable pour l'installation d'un spa ne dépasse guère \Delta z \sim 1\text{ à } 2\text{ km}. La variation relative de flux associée à la diminution du trajet atmosphérique est de l'ordre de :
Résultat
Questions fréquentes sur ce sujet
Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet Mines-Ponts Physique 1 PSI 2024 ?
Surtout 4 chapitres : Mécanique des fluides (26 % des questions), Premier et second principes de la thermodynamique (18 %), Diffusion thermique et diffusion de particules (18 %) et Ondes électromagnétiques dans les milieux (12 %). Plus ponctuellement : Circuits électriques et régimes transitoires, Amplificateur linéaire intégré et oscillateurs électroniques, Rayonnement thermique et Cinématique et dynamique du point.
Peut-on travailler le sujet Mines-Ponts Physique 1 PSI 2024 dès la première année (PCSI, MPSI ou PTSI) ?
Combien de temps faut-il pour traiter le sujet Mines-Ponts Physique 1 PSI 2024 ?
Environ 2 h 30 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 3 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie II est la plus longue (environ 1 h 45).
Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet Mines-Ponts Physique 1 PSI 2024 ?
Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet Mines-Ponts Physique 1 PSI 2024 ?
Questions de cours : Q6 (onde plane progressive harmonique), Q9 (résistance thermique), Q13 (loi d'ohm) et Q19 (nombre de reynolds). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q4 (premier principe), Q10 (bilan d'énergie), Q12 (bilan thermique), Q14 (modèle de drude) et Q21 (écoulement incompressible).
Où gagner des points facilement dans le sujet Mines-Ponts Physique 1 PSI 2024 ?
Le sujet Mines-Ponts Physique 1 PSI 2024 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?
D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Selon le jury, de bonnes copies ont traité la majorité du sujet dans le temps imparti, mais les questions de bon sens et plusieurs questions de cours ont été mal réussies et la fin de l'énoncé très peu abordée. Moyenne : 11,08/20 (écart-type 4,22, 3 517 présents).
Peut-on utiliser l'abréviation LNTP en Q16 ?
Non : le jury rappelle explicitement que cette abréviation n'a rien d'universel. Pour appliquer la loi des nœuds en termes de potentiels (ou théorème de Millman) sur le comparateur, il faut écrire le nom du théorème en toutes lettres pour éviter d'être pénalisé.
Comment établir rigoureusement la relation entre τd et les collisions en Q15 ?
Intégrer le principe fondamental de la dynamique entre deux chocs, puis moyenner sur l'ensemble des porteurs. L'isotropie des vitesses après collision impose \langle \vec{v}_0 \rangle = \vec{0}, ce qui permet d'identifier directement le temps moyen entre collisions \langle \delta t \rangle à la constante phénoménologique \tau_{\mathrm{d}}.
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