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Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 1 TSI 2025

Le Blue Fire

Ce sujet très riche et particulièrement complet s'intéresse à l'ensemble du cycle de fonctionnement de l'attraction phare « Blue Fire » d'Europa-Park. À travers quatre parties indépendantes, il balaie avec une grande cohérence pédagogique une vaste portion des programmes de physique et de chimie de classes préparatoires.

L'épreuve aborde d'abord les aspects énergétiques et thermochimiques liés au gaz naturel et au procédé de méthanation (Power to Gas), avant de modéliser le circuit électronique d'animation lumineuse d'avant-départ par un oscillateur astable à ALI. La dynamique du train est ensuite décortiquée : propulsion par moteur linéaire synchrone, refroidissement thermique du stator, franchissement d'un fer à cheval et cinématique d'un looping résolue numériquement en Python. Enfin, l'arrivée traite de la capture photographique souvenir par optique géométrique et du freinage final sans contact par induction électromagnétique. D'un formalisme abordable et guidé, c'est un problème incontournable pour réviser transversalement les fondamentaux des épreuves écrites.

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Partie A : Origines du Blue Fire

I · Gaz naturel

Question 1

Donner les formules de Lewis de la molécule de méthane, de la molécule de diazote et de la molécule de dioxyde de carbone.

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Dénombrer les électrons de valence de chaque atome (C : 4, H : 1, N : 5, O : 6) et appliquer la règle de l'octet ou du duet en associant doublets liants et non liants.

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  1. Déterminer le nombre d'électrons de valence pour chaque atome constitutif (\mathrm{H}, \mathrm{C}, \mathrm{N}, \mathrm{O}).
  2. En déduire le nombre total de doublets (liants et non liants) à répartir pour chaque molécule.
  3. Représenter les formules de Lewis en respectant la règle du duet pour l'hydrogène et la règle de l'octet pour les atomes des périodes 2 (\mathrm{C}, \mathrm{N}, \mathrm{O}).
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Le nombre d'électrons de valence de chaque élément est :

  • Hydrogène \mathrm{H} (Z=1, 1s^1) : 1 électron de valence ;
  • Carbone \mathrm{C} (Z=6, 1s^2\, 2s^2\, 2p^2) : 4 électrons de valence ;
  • Azote \mathrm{N} (Z=7, 1s^2\, 2s^2\, 2p^3) : 5 électrons de valence ;
  • Oxygène \mathrm{O} (Z=8, 1s^2\, 2s^2\, 2p^4) : 6 électrons de valence.

1. Molécule de méthane \mathrm{CH_4} :

  • Nombre total d'électrons de valence : n_v = 4 + 4 \times 1 = 8 électrons, soit 4 doublets.
  • Le carbone forme quatre liaisons de covalence simples avec les quatre atomes d'hydrogène.

2. Molécule de diazote \mathrm{N_2} :

  • Nombre total d'électrons de valence : n_v = 2 \times 5 = 10 électrons, soit 5 doublets.
  • Les deux atomes d'azote mettent en commun trois doublets liants (liaison triple) et possèdent chacun un doublet non liant.

3. Molécule de dioxyde de carbone \mathrm{CO_2} :

  • Nombre total d'électrons de valence : n_v = 4 + 2 \times 6 = 16 électrons, soit 8 doublets.
  • Le carbone central est engagé dans deux doubles liaisons avec les oxygènes, et chaque atome d'oxygène porte deux doublets non liants.
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Question 2

Établir l’équation de réaction modélisant la combustion du méthane.

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Écrire la réaction de combustion complète de \mathrm{CH}_4(\mathrm{g}) avec \mathrm{O}_2(\mathrm{g}) conduisant à \mathrm{CO}_2(\mathrm{g}) et \mathrm{H}_2\mathrm{O}(\mathrm{g}).

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La combustion complète d'un hydrocarbure de formule \mathrm{C}_x\mathrm{H}_y dans le dioxygène produit du dioxyde de carbone \mathrm{CO}_2 et de l'eau \mathrm{H}_2\mathrm{O} selon le bilan général :

\mathrm{C}_x\mathrm{H}_y + \left(x + \frac{y}{4}\right)\mathrm{O}_2 \longrightarrow x\,\mathrm{CO}_2 + \frac{y}{2}\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}

Pour le méthane \mathrm{CH}_4 (x = 1, y = 4), la conservation des éléments chimiques s'écrit :

  • élément carbone : 1 molécule de \mathrm{CH}_4 fournit 1 molécule de \mathrm{CO}_2 ;
  • élément hydrogène : les 4 atomes d'\mathrm{H} de \mathrm{CH}_4 forment 2 molécules de \mathrm{H}_2\mathrm{O} ;
  • élément oxygène : les produits comportent 1 \times 2 + 2 \times 1 = 4 atomes d'oxygène, soit 2 molécules de \mathrm{O}_2 de réactif.

L'eau et le dioxyde de carbone étant précisés à l'état de vapeur dans l'énoncé, l'équation de la réaction s'écrit :

\boxed{\mathrm{CH}_4(\mathrm{g}) + 2\,\mathrm{O}_2(\mathrm{g}) = \mathrm{CO}_2(\mathrm{g}) + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}(\mathrm{g})}

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Question 3

Déterminer la valeur de l’enthalpie standard de réaction de cette réaction, et commenter son signe.

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Appliquer la loi de Hess reliant l'enthalpie standard de réaction aux enthalpies standard de formation tabulées ; interpréter le signe négatif en termes d'exothermicité.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la loi de Hess à l'équation de combustion établie à la question Q2 en utilisant les enthalpies standard de formation fournies dans les données à 298\text{ K}.
  2. Interpréter le signe de l'enthalpie standard de réaction obtenue.
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D'après la question Q2, l'équation de la réaction de combustion du méthane s'écrit :

\mathrm{CH}_4(\mathrm{g}) + 2\,\mathrm{O}_2(\mathrm{g}) = \mathrm{CO}_2(\mathrm{g}) + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}(\mathrm{g})

D'après la loi de Hess, l'enthalpie standard de réaction à 298\text{ K} s'exprime par :

\Delta_r H^\circ = \Delta_f H^\circ(\mathrm{CO}_2,\mathrm{g}) + 2\,\Delta_f H^\circ(\mathrm{H}_2\mathrm{O},\mathrm{g}) - \Delta_f H^\circ(\mathrm{CH}_4,\mathrm{g}) - 2\,\Delta_f H^\circ(\mathrm{O}_2,\mathrm{g})

Application numérique avec les valeurs du tableau de données :

\begin{aligned} \Delta_r H^\circ &= -393{,}5 + 2 \times (-241{,}8) - (-74{,}6) - 2 \times 0 \\ \Delta_r H^\circ &= -393{,}5 - 483{,}6 + 74{,}6 \\ \Delta_r H^\circ &= -802{,}5\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\Delta_r H^\circ = -802{,}5\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}}

L'enthalpie standard de réaction est strictement négative (\Delta_r H^\circ < 0) : la réaction de combustion est donc fortement exothermique, ce qui est caractéristique d'une combustion qui libère de l'énergie thermique vers le milieu extérieur.

Résultat

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Question 4

Déterminer la valeur de l’énergie thermique libérée par la combustion complète d’un mètre cube de méthane pur assimilé à un gaz parfait, à la température initiale sous une pression fixée de 1,013 bar. Cette quantité est nommée pouvoir calorifique inférieur (ou PCI). Comparer à sa valeur tabulée pour le gaz naturel commercial, comprise entre 9,2 et suivant le type de gaz et l’altitude.

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Calculer la quantité de matière de méthane dans 1\text{ m}^3 via l'équation des gaz parfaits, en déduire l'énergie molaire libérée et convertir le résultat en \text{kW}\cdot\text{h}\cdot\text{m}^{-3}.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la quantité de matière n(\mathrm{CH}_4) contenue dans un volume V = 1{,}0\text{ m}^3 en utilisant l'équation d'état des gaz parfaits dans les conditions initiales indiquées.
  2. Exprimer l'énergie thermique libérée par la combustion complète à pression constante (isobare) à partir de l'enthalpie standard de réaction déterminée en Q3 (l'eau étant formée à l'état gazeux, ce qui définit le PCI).
  3. Convertir cette énergie en \text{kW}\cdot\text{h} et la comparer à l'intervalle donné pour le gaz naturel commercial.
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Le méthane étant assimilé à un gaz parfait, la quantité de matière contenue dans un volume V = 1{,}0\text{ m}^3 à la température T = 0~^{\circ}\text{C} = 273\text{ K} et sous la pression p = 1{,}013\text{ bar} = 1{,}013 \times 10^5\text{ Pa} est donnée par :

n(\mathrm{CH}_4) = \frac{p V}{R T}

Application numérique :

n(\mathrm{CH}_4) = \frac{1{,}013 \times 10^5 \times 1{,}0}{8{,}314 \times 273} \approx 44{,}63\text{ mol}

La transformation s'effectuant à pression constante, le transfert thermique reçu par le système réactionnel vaut \Delta H = n(\mathrm{CH}_4)\,\Delta_r H^\circ. L'énergie thermique libérée vers l'extérieur (pouvoir calorifique inférieur) correspond à l'opposé de ce transfert :

\mathrm{PCI} = - \Delta H = - n(\mathrm{CH}_4)\,\Delta_r H^\circ

D'après la question Q3, \Delta_r H^\circ = -802{,}5\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} (l'eau étant à l'état de vapeur). Ainsi :

\begin{aligned} \mathrm{PCI} &= 44{,}63 \times 802{,}5 \times 10^3 \\ &= 3{,}582 \times 10^7\text{ J} = 35{,}8\text{ MJ} \end{aligned}

D'après la définition fournie dans l'énoncé, 1\text{ kW}\cdot\text{h} = 10^3\text{ W} \times 3\,600\text{ s} = 3{,}60 \times 10^6\text{ J}. On en déduit la valeur du PCI en \text{kW}\cdot\text{h} pour ce mètre cube :

\mathrm{PCI} = \frac{3{,}582 \times 10^7}{3{,}60 \times 10^6} \approx 9{,}95\text{ kW}\cdot\text{h}

Soit une valeur volumique :

\boxed{\mathrm{PCI} = 9{,}95\text{ kW}\cdot\text{h}\cdot\text{m}^{-3} = 35{,}8\text{ MJ}\cdot\text{m}^{-3}}

Comparaison : La valeur obtenue pour le méthane pur se situe bien dans l'intervalle tabulé pour le gaz naturel commercial, compris entre 9{,}2 et 10{,}2\text{ kW}\cdot\text{h}\cdot\text{m}^{-3}. Le méthane en étant le constituant très largement majoritaire (généralement plus de 90\,\%), cette excellente concordance valide l'approximation faite.

Résultat

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Question 5

Estimer la proportion due à la consommation de gaz naturel dans l’empreinte carbone totale de la France en 2023.

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Relier le volume consommé de méthane à la masse équivalente de \mathrm{CO}_2 dégagée (1\text{ mol de }\mathrm{CH}_4 \to 1\text{ mol de }\mathrm{CO}_2) et rapporter cette masse à l'empreinte carbone globale fournie.

Voir la stratégie
  1. Calculer la quantité de matière totale de méthane consommée en France en 2023 à partir du volume consommé et de la quantité molaire par mètre cube déterminée à la question Q4.
  2. En déduire la masse de dioxyde de carbone émise lors de sa combustion complète, sachant qu'une mole de méthane produit une mole de \mathrm{CO}_2.
  3. Comparer cette masse à l'empreinte carbone totale de la France pour en déduire la proportion demandée.
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Le gaz naturel étant assimilé à du méthane pur dans les conditions de température et de pression de la question Q4 (T = 273\text{ K} et p = 1,013\text{ bar}), la quantité de matière totale de méthane consommée pour un volume V = 33,9\text{ milliards de m}^3 = 33,9 \times 10^9\text{ m}^3 vaut :

n(\mathrm{CH}_4) = \frac{p\,V}{R\,T}

D'après l'équation de combustion établie à la question Q2, chaque mole de méthane consommé libère une mole de dioxyde de carbone :

n(\mathrm{CO}_2) = n(\mathrm{CH}_4)

La masse de \mathrm{CO}_2 directement rejetée dans l'atmosphère s'exprime alors par :

m(\mathrm{CO}_2) = n(\mathrm{CO}_2) \, M(\mathrm{CO}_2) = \frac{p\,V}{R\,T} \, M(\mathrm{CO}_2)

Avec M(\mathrm{CO}_2) = M(\mathrm{C}) + 2\,M(\mathrm{O}) = 12,0 + 2 \times 16,0 = 44,0\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} :

\begin{aligned} m(\mathrm{CO}_2) &= \frac{1,013 \times 10^5 \times 33,9 \times 10^9}{8,314 \times 273} \times 44,0 \times 10^{-3} \\ &= 1,513 \times 10^{12} \times 44,0 \times 10^{-3} \\ &= 6,66 \times 10^{10}\text{ kg} = 66,6\text{ millions de tonnes de }\mathrm{CO}_2 \end{aligned}

La proportion \eta due à la combustion du gaz naturel dans l'empreinte carbone totale (m_{\text{tot}} = 644\text{ Mt équivalent }\mathrm{CO}_2) est donc :

\eta = \frac{m(\mathrm{CO}_2)}{m_{\text{tot}}} = \frac{66,6 \times 10^6}{644 \times 10^6} \approx 0,103
\boxed{\eta \approx 10\,\%}

Résultat

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Question 6

Proposer une estimation numérique de la température de la flamme bleue en d'étaillant la démarche.

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Considérer un système fermé adiabatique à pression constante (\Delta H = 0) composé des réactifs et de l'azote spectatoriel de l'air stœchiométrique, puis exprimer l'échauffement des gaz produits.

Voir la stratégie
  1. Modélisation du système et bilan de matière : définir le système fermé constitué des réactifs dans les proportions stœchiométriques (1 mol de \mathrm{CH}_4, 2 mol de \mathrm{O}_2 et le diazote associé), puis déterminer la composition finale après combustion complète.
  2. Chemin thermodynamique équivalent : la transformation étant adiabatique et supposée isobare (seules les capacités C_{p,n} sont fournies), le premier principe impose \Delta H = Q_p = 0. On décompose la transformation en trois étapes réversibles fictives passant par l'état de référence à T_0 = 298\text{ K}.
  3. Résolution et application numérique : exprimer \Delta H = 0 pour en déduire la température finale adiabatique de flamme T_f.
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1. Bilan de matière

D'après l'équation de combustion établie à la question Q2 :

\mathrm{CH}_4(\mathrm{g}) + 2\,\mathrm{O}_2(\mathrm{g}) = \mathrm{CO}_2(\mathrm{g}) + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}(\mathrm{g})

Pour n_0 = 1\text{ mol} de méthane, la stœchiométrie impose d'introduire :

n(\mathrm{O}_2) = 2\text{ mol}

L'air étant composé à 20\,\% de dioxygène et 80\,\% de diazote, le rapport molaire vaut \frac{n(\mathrm{N}_2)}{n(\mathrm{O}_2)} = \frac{0{,}80}{0{,}20} = 4. La quantité de diazote (gaz inerte thermiquement) accompagnant le dioxygène est donc :

n(\mathrm{N}_2) = 4 \times n(\mathrm{O}_2) = 8\text{ mol}

En fin de combustion complète, le mélange gazeux final contient :

n(\mathrm{CO}_2) = 1\text{ mol},\quad n(\mathrm{H}_2\mathrm{O}) = 2\text{ mol},\quad n(\mathrm{N}_2) = 8\text{ mol}

2. Bilan enthalpique

La transformation est adiabatique (Q = 0) et modélisée à pression constante (l'énoncé fournissant uniquement les capacités à pression constante C_{p,n}), de sorte que :

\Delta H = Q_p = 0

L'enthalpie étant une fonction d'état, on décompose la transformation réelle entre l'état initial à T_i = 20\ ^\circ\text{C} = 293\text{ K} et l'état final à la température de flamme T_f selon le chemin fictif suivant :

  • Étape 1 : échauffement des réactifs de T_i = 293\text{ K} à T_0 = 298\text{ K} :

    \begin{aligned} \Delta H_1 &= C_{p,\text{réactifs}}\,(T_0 - T_i) \\ \text{avec}\quad C_{p,\text{réactifs}} &= C_{p,n}(\mathrm{CH}_4) + 2\,C_{p,n}(\mathrm{O}_2) + 8\,C_{p,n}(\mathrm{N}_2) \end{aligned}
  • Étape 2 : combustion complète isotherme et isobare à T_0 = 298\text{ K} :

    \Delta H_2 = \xi_{\max}\,\Delta_r H^\circ(T_0) = 1\text{ mol} \times \Delta_r H^\circ(T_0)

    où \Delta_r H^\circ(T_0) = -802{,}5\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} (d'après la question Q3).

  • Étape 3 : échauffement des produits de T_0 = 298\text{ K} à T_f :

    \begin{aligned} \Delta H_3 &= C_{p,\text{produits}}\,(T_f - T_0) \\ \text{avec}\quad C_{p,\text{produits}} &= C_{p,n}(\mathrm{CO}_2) + 2\,C_{p,n}(\mathrm{H}_2\mathrm{O}) + 8\,C_{p,n}(\mathrm{N}_2) \end{aligned}

Comme \Delta H = \Delta H_1 + \Delta H_2 + \Delta H_3 = 0, on obtient :

T_f = T_0 + \frac{-\Delta_r H^\circ(T_0) - C_{p,\text{réactifs}}\,(T_0 - T_i)}{C_{p,\text{produits}}}

3. Application numérique

Calculons les capacités thermiques globales des mélanges :

\begin{aligned} C_{p,\text{réactifs}} &= 44{,}5 + 2 \times 32{,}3 + 8 \times 30{,}1 = 349{,}9\text{ J}\cdot\text{K}^{-1} \\ C_{p,\text{produits}} &= 45{,}4 + 2 \times 37{,}6 + 8 \times 30{,}1 = 361{,}4\text{ J}\cdot\text{K}^{-1} \end{aligned}

La contribution de l'étape 1 est :

\Delta H_1 = 349{,}9 \times (298 - 293) = 1{,}75\text{ kJ}

Elle est négligeable devant -\Delta H_2 = 802{,}5\text{ kJ}. L'élévation de température s'écrit alors :

\begin{aligned} T_f - T_0 &= \frac{802{,}5 \times 10^3 - 1{,}75 \times 10^3}{361{,}4} = \frac{800{,}75 \times 10^3}{361{,}4} \approx 2216\text{ K} \end{aligned}

D'où la température de flamme :

\begin{aligned} T_f &= 298 + 2216 \approx 2514\text{ K} \end{aligned}

En degrés Celsius :

\theta_f = 2514 - 273 = 2241\ ^\circ\text{C}

Compte tenu des approximations adoptées (capacités moyennes, combustion complète sans pertes radiatives), on retiendra deux chiffres significatifs :

\boxed{T_f \approx 2{,}5 \times 10^3\text{ K} \quad (\text{soit } \theta_f \approx 2{,}2 \times 10^3\ ^\circ\text{C})}

Résultat

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II · Le Power to Gas

Question 7

Déterminer les valeurs de l’enthalpie standard de réaction et l’entropie standard de réaction pour la réaction de Sabatier à 298 K.

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Utiliser la loi de Hess pour \Delta_r H^\circ et la somme algébrique des entropies molaires standard S_m^\circ pour déterminer \Delta_r S^\circ à 298\text{ K}.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la loi de Hess en utilisant les enthalpies standard de formation \Delta_f H^\circ à 298\text{ K} pour calculer l'enthalpie standard de réaction \Delta_r H^\circ(298\text{ K}).
  2. Exprimer l'entropie standard de réaction \Delta_r S^\circ(298\text{ K}) comme la somme algébrique des entropies molaires standard S_m^\circ des constituants pondérées par leurs coefficients stœchiométriques algébriques.
Voir le corrigé complet

L'équation de la réaction de Sabatier s'écrit :

\mathrm{CO}_2(\mathrm{g}) + 4\,\mathrm{H}_2(\mathrm{g}) = \mathrm{CH}_4(\mathrm{g}) + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}(\mathrm{g})

1. Enthalpie standard de réaction à 298\text{ K} :

D'après la loi de Hess :

\begin{aligned} \Delta_r H^\circ(298\text{ K}) &= \sum_i \nu_i\,\Delta_f H^\circ_i(298\text{ K}) \\ &= \Delta_f H^\circ(\mathrm{CH}_4(\mathrm{g})) + 2\,\Delta_f H^\circ(\mathrm{H}_2\mathrm{O}(\mathrm{g})) - \Delta_f H^\circ(\mathrm{CO}_2(\mathrm{g})) - 4\,\Delta_f H^\circ(\mathrm{H}_2(\mathrm{g})) \end{aligned}

À l'aide des données thermodynamiques fournies :

\begin{aligned} \Delta_r H^\circ(298\text{ K}) &= -74{,}6 + 2 \times (-241{,}8) - (-393{,}5) - 4 \times 0 \\ &= -74{,}6 - 483{,}6 + 393{,}5 \end{aligned}
\boxed{\Delta_r H^\circ(298\text{ K}) = -164{,}7\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}}

2. Entropie standard de réaction à 298\text{ K} :

Par définition de l'entropie standard de réaction :

\begin{aligned} \Delta_r S^\circ(298\text{ K}) &= \sum_i \nu_i\,S_{m,i}^\circ(298\text{ K}) \\ &= S_m^\circ(\mathrm{CH}_4(\mathrm{g})) + 2\,S_m^\circ(\mathrm{H}_2\mathrm{O}(\mathrm{g})) - S_m^\circ(\mathrm{CO}_2(\mathrm{g})) - 4\,S_m^\circ(\mathrm{H}_2(\mathrm{g})) \end{aligned}

À l'aide des données numériques :

\begin{aligned} \Delta_r S^\circ(298\text{ K}) &= 186{,}3 + 2 \times 188{,}8 - 213{,}8 - 4 \times 130{,}7 \\ &= 563{,}9 - 736{,}6 \end{aligned}
\boxed{\Delta_r S^\circ(298\text{ K}) = -172{,}7\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}}

Résultat

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Question 8

On suppose les enthalpies et entropies standard de réaction indépendantes de la température. Déterminer la valeur de la constante d’équilibre de cette réaction à . Commenter.

Voir l'indice

Appliquer la relation \Delta_r G^\circ(T) = \Delta_r H^\circ - T \Delta_r S^\circ = -R T \ln K^\circ(T) en exprimant T en kelvins.

Voir la stratégie
  1. Convertir la température en kelvins à l'aide de la relation fournie dans les données.
  2. Exprimer l'enthalpie libre standard de réaction \Delta_r G^\circ(T) à T = 673\text{ K} dans le cadre de l'approximation d'Ellingham, puis en déduire la constante d'équilibre K^\circ(T) via \Delta_r G^\circ(T) = -RT \ln K^\circ(T).
  3. Commenter la valeur obtenue en la comparant à 1 et en discutant le caractère thermodynamiquement favorable de la formation du méthane à cette température.
Voir le corrigé complet

D'après les données, la température absolue associée à T = 400~^{\circ}\text{C} vaut :

T = 400 + 273 = 673\text{ K}

Sous l'hypothèse où \Delta_r H^\circ et \Delta_r S^\circ sont indépendantes de la température (approximation d'Ellingham), l'enthalpie libre standard de la réaction à cette température s'écrit :

\Delta_r G^\circ(T) = \Delta_r H^\circ(298\text{ K}) - T\,\Delta_r S^\circ(298\text{ K})

À l'équilibre chimique, la relation fondamentale reliant l'enthalpie libre standard et la constante d'équilibre K^\circ(T) est :

\Delta_r G^\circ(T) = - R T \ln K^\circ(T)

D'où l'expression de la constante d'équilibre :

\ln K^\circ(T) = -\frac{\Delta_r H^\circ}{RT} + \frac{\Delta_r S^\circ}{R}

soit encore :

K^\circ(T) = \exp\!\left( - \frac{\Delta_r H^\circ - T\,\Delta_r S^\circ}{RT} \right)

En reprenant les résultats établis à la question Q7 :

  • \Delta_r H^\circ = -164{,}7\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} = -164{,}7 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • \Delta_r S^\circ = -172{,}7\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • R = 8{,}314\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • T = 673\text{ K}.

Calculons dans un premier temps l'enthalpie libre standard de réaction à 673\text{ K} :

\begin{aligned} \Delta_r G^\circ(673\text{ K}) &= -164{,}7 \times 10^3 - 673 \times (-172{,}7) \\ &= -164{,}7 \times 10^3 + 116{,}2 \times 10^3 = -48{,}5\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}

On en déduit :

\begin{aligned} \ln K^\circ(673\text{ K}) &= -\frac{-48{,}47 \times 10^3}{8{,}314 \times 673} \approx 8{,}663 \end{aligned}

Puis :

K^\circ(673\text{ K}) = \mathrm{e}^{8{,}663} \approx 5{,}8 \times 10^3
\boxed{K^\circ(400~^{\circ}\text{C}) \approx 5{,}8 \times 10^3}

Commentaire : La constante d'équilibre est nettement supérieure à 1 (K^\circ \gg 1), ce qui indique que la réaction de Sabatier reste très favorable thermodynamiquement dans le sens de la formation du méthane à 400~^{\circ}\text{C}, bien que la constante soit considérablement plus faible qu'à température ambiante (K^\circ(298\text{ K}) \approx 7 \times 10^{19}).

Résultat

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Question 9

En s’appuyant sur la loi de van’t Hoff fournie dans les données, déterminer si une augmentation de température favorise ou défavorise le rendement de cette réaction. En déduire que le choix de la température du milieu réactionnel résulte d’un compromis que l’on précisera.

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Déterminer le signe de \mathrm{d}\ln K^\circ/\mathrm{d}T grâce au signe de \Delta_r H^\circ via la loi de van 't Hoff ; identifier la contradiction entre thermodynamique (favorable à basse température) et cinétique (activée à haute température).

Voir le corrigé complet

D'après les données, la loi de van 't Hoff s'écrit :

\frac{\mathrm{d}\ln K^\circ}{\mathrm{d}T} = \frac{\Delta_r H^\circ}{R T^2}

D'après la question Q7, l'enthalpie standard de la réaction de Sabatier est négative :

\Delta_r H^\circ = -164{,}7\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} < 0

La réaction est exothermique, d'où :

\frac{\mathrm{d}\ln K^\circ}{\mathrm{d}T} < 0

La constante d'équilibre K^\circ(T) est donc une fonction strictement décroissante de la température T.

Une augmentation de la température entraîne une diminution de la constante d'équilibre K^\circ, ce qui déplace l'état d'équilibre dans le sens indirect (consommation des produits). L'avancement à l'équilibre diminue :

\boxed{\text{Une augmentation de température défavorise le rendement de la réaction.}}

Le choix de la température opératoire résulte d'un compromis :

  • Aspect thermodynamique : une température basse permet d'obtenir une constante d'équilibre élevée et maximise le rendement de conversion en méthane ;
  • Aspect cinétique : une température trop basse conduit à une vitesse de réaction très faible (loi d'Arrhenius). Une température plus élevée est indispensable pour atteindre l'état d'équilibre en un temps raisonnable à l'échelle industrielle (en présence d'un catalyseur).
\boxed{\text{La température choisie (entre } 200\text{ }^\circ\text{C} \text{ et } 400\text{ }^\circ\text{C}\text{) résulte d'un compromis entre thermodynamique et cinétique.}}

Résultat

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Question 10

En notant la pression du milieu, établir l’expression du quotient réactionnel en fonction des quantités de matière en chaque gaz, de la pression et de la pression standard .

Voir l'indice

Exprimer les pressions partielles de chaque gaz sous la forme p_i = (n_i/n_{\mathrm{tot,g}}) p et les injecter dans la définition générale de Q_r.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'activité de chaque constituant gazeux assimilé à un gaz parfait dans le mélange réactionnel en fonction de sa pression partielle, puis en fonction de sa quantité de matière.
  2. Remplacer ces activités dans la définition du quotient réactionnel Q_r associé à la réaction de Sabatier.
  3. Regrouper séparément les quantités de matière et le terme dépendant de la pression p.
Voir le corrigé complet

Pour la réaction de Sabatier :

\mathrm{CO}_2(\mathrm{g}) + 4\,\mathrm{H}_2(\mathrm{g}) = \mathrm{CH}_4(\mathrm{g}) + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}(\mathrm{g})

Tous les constituants sont gazeux et assimilés à des gaz parfaits. L'activité de chaque espèce gazeuse i s'écrit :

a_i = \frac{p_i}{p^\circ} = x_i \frac{p}{p^\circ} = \frac{n_i}{n_{\mathrm{tot,g}}} \frac{p}{p^\circ}

où n_{\mathrm{tot,g}} = n_{\mathrm{CO}_2} + n_{\mathrm{H}_2} + n_{\mathrm{CH}_4} + n_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} désigne la quantité de matière totale de gaz dans le réacteur.

Le quotient réactionnel s'exprime par :

\begin{aligned} Q_r &= \frac{a_{\mathrm{CH}_4} \cdot a_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}^2}{a_{\mathrm{CO}_2} \cdot a_{\mathrm{H}_2}^4} \\ &= \frac{\left(\dfrac{n_{\mathrm{CH}_4}}{n_{\mathrm{tot,g}}} \dfrac{p}{p^\circ}\right) \left(\dfrac{n_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}}{n_{\mathrm{tot,g}}} \dfrac{p}{p^\circ}\right)^2}{\left(\dfrac{n_{\mathrm{CO}_2}}{n_{\mathrm{tot,g}}} \dfrac{p}{p^\circ}\right) \left(\dfrac{n_{\mathrm{H}_2}}{n_{\mathrm{tot,g}}} \dfrac{p}{p^\circ}\right)^4} \end{aligned}

La variation de la stœchiométrie gazeuse étant \Delta \nu_g = (1 + 2) - (1 + 4) = -2, il vient :

\boxed{Q_r = \frac{n_{\mathrm{CH}_4}\, n_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}^2}{n_{\mathrm{CO}_2}\, n_{\mathrm{H}_2}^4} \, n_{\mathrm{tot,g}}^2 \left(\frac{p^\circ}{p}\right)^2}

avec n_{\mathrm{tot,g}} = n_{\mathrm{CO}_2} + n_{\mathrm{H}_2} + n_{\mathrm{CH}_4} + n_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}.

Résultat

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Question 11

En déduire l’effet d’une augmentation de la pression du milieu sur le rendement de cette réaction. Commenter le résultat obtenu.

Voir l'indice

Analyser la dépendance de Q_r vis-à-vis de p en fonction de la variation de quantité de matière gazeuse \Delta\nu_g pour conclure sur le déplacement d'équilibre selon la règle de modération.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'expression de Q_r établie en Q10 et regarder la dépendance en p.
  2. Appliquer le critère d'évolution spontanée après une augmentation de pression à composition fixée.
  3. Relier le sens de l'évolution au rendement et confronter aux conditions opératoires de l'énoncé.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q10, le quotient réactionnel s'écrit :

Q_r = \frac{n_{\mathrm{CH}_4} \, n_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}^2}{n_{\mathrm{CO}_2} \, n_{\mathrm{H}_2}^4} \, n_{\mathrm{tot,g}}^2 \left(\frac{p^\circ}{p}\right)^2

Supposons le système initialement à l'équilibre à la température T, c'est-à-dire Q_r = K^\circ(T).

Si la pression p du milieu augmente à composition et température constantes, le facteur (p^\circ/p)^2 diminue, d'où immédiatement :

Q_r < K^\circ(T)

D'après le critère d'évolution spontanée, le système évolue dans le sens direct (sens 1) de façon à augmenter Q_r jusqu'à atteindre un nouvel état d'équilibre où Q_r = K^\circ(T).

L'avancement à l'équilibre augmente donc, ce qui signifie que :

\boxed{\text{Une augmentation de pression déplace l'équilibre dans le sens direct et augmente le rendement.}}

Commentaire :

  • Ce résultat est conforme au principe de modération de Le Chatelier : une augmentation de pression favorise l'évolution dans le sens d'une diminution du nombre de moles de gaz (\Delta \nu_g = 3 - 5 = -2 < 0).
  • Il justifie le choix des conditions industrielles indiquées dans l'énoncé (p \in [20, 30]\text{ bars}) : travailler sous haute pression permet d'obtenir un excellent rendement en méthane tout en conservant une température suffisante (200\text{ à }400\ ^\circ\text{C}) pour assurer une vitesse de réaction acceptable.

Résultat

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Partie B : Avant le départ

Question 12

Rappeler ce qui caractérise un ALI idéal de gain infini, et tracer l’allure de la caractéristique sous ces hypothèses.

Voir l'indice

Pour un ALI idéal : courants d'entrée nuls (i_+ = i_- = 0) et amplification différentielle infinie ; tracer la fonction signe caractéristique des comparateurs saturant à \pm V_{\mathrm{sat}}.

Voir le corrigé complet

Un amplificateur linéaire intégré (ALI) idéal de gain infini en régime statique est modélisé par les propriétés suivantes :

  • Impédance d'entrée infinie : les courants entrant par les bornes inverseuse et non-inverseuse sont rigoureusement nuls :

    i_+ = i_- = 0
  • Impédance de sortie nulle : la tension de sortie V_s est indépendante du courant débité I_s (dans la limite des caractéristiques physiques du composant) ;
  • Gain différentiel infini (A_d \to \infty) : la relation entrée-sortie en l'absence de saturation s'écrit V_s = A_d (V_+ - V_-), ce qui impose la distinction fondamentale entre deux régimes :

    • Régime linéaire (obtenu pour -V_{\text{sat}} < V_s < +V_{\text{sat}}) :

      V_+ - V_- = 0 \iff V_+ = V_-
    • Régime saturé :

      \begin{cases} \text{si } V_+ - V_- > 0, & V_s = +V_{\text{sat}} \\ \text{si } V_+ - V_- < 0, & V_s = -V_{\text{sat}} \end{cases}
  • Temps de réponse nul : la bande passante et la vitesse de balayage (slew-rate) sont considérées comme infinies.

Sous ces hypothèses, la zone linéaire est de largeur nulle sur l'axe des abscisses (\varepsilon = V_+ - V_- = 0). La caractéristique statique V_s = f(V_+ - V_-) présente une allure en marche d'escalier :

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Question 13

Déterminer l’équation différentielle vérifiée par après la fermeture de l’interrupteur.

Voir l'indice

Écrire la loi des nœuds en termes de potentiels à la borne inverseuse en tenant compte du courant nul dans l'entrée de l'ALI, et relier le courant traversant le condensateur à la dérivée temporelle de u_c(t).

Voir la stratégie
  1. Exploiter le modèle de l'amplificateur linéaire intégré (ALI) idéal pour caractériser le courant entrant sur la borne inverseuse (i_- = 0).
  2. Appliquer la loi des mailles (ou la loi d'Ohm) dans la branche reliant la sortie à la masse à travers la résistance R et le condensateur C.
  3. Exprimer l'équation différentielle du premier ordre régissant la tension u_c(t).
Voir le corrigé complet

L'ALI étant modélisé comme idéal, les courants d'entrée sont nuls :

i_- = 0

Après la fermeture de l'interrupteur K, le condensateur de capacité C est directement relié au nœud inverseur. Le courant i(t) traversant la résistance R depuis la sortie de potentiel V_s(t) s'écoule intégralement dans le condensateur :

i(t) = C \frac{\mathrm{d}u_c(t)}{\mathrm{d}t}

La loi des mailles le long de cette branche impose :

V_s(t) - R\,i(t) - u_c(t) = 0

En substituant l'expression du courant i(t), on obtient l'équation différentielle vérifiée par u_c(t) :

RC \frac{\mathrm{d}u_c(t)}{\mathrm{d}t} + u_c(t) = V_s(t)

Juste après la fermeture de l'interrupteur (t > 0) et tant que la sortie ne bascule pas, la tension de sortie vaut V_s(t) = +V_{\mathrm{sat}}. L'équation différentielle s'écrit alors :

\boxed{RC \frac{\mathrm{d}u_c(t)}{\mathrm{d}t} + u_c(t) = +V_{\mathrm{sat}}}

Résultat

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Question 14

Montrer qu’à un instant à exprimer en fonction de , et et , la tension bascule de à .

Voir l'indice

Exprimer le potentiel fixe V_+ par un pont diviseur de tension sur V_s = +V_{\mathrm{sat}}, intégrer l'équation différentielle sur u_c(t) avec la condition initiale nulle et égaler u_c(t_1) à V_+.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le potentiel V_+ de l'entrée non-inverseuse par un pont diviseur de tension sur la sortie V_s = +V_{\text{sat}}.
  2. Résoudre l'équation différentielle établie à la question Q13 avec la condition initiale u_c(0) = 0 pour obtenir la loi d'évolution u_c(t).
  3. Déterminer l'instant t_1 où le potentiel de l'entrée inverseuse V_- = u_c(t) atteint le potentiel de basculement V_+, entraînant le basculement de la tension de sortie à -V_{\text{sat}}.
Voir le corrigé complet

Pour t \in [0, t_1[, la sortie de l'ALI est saturée à V_s(t) = +V_{\text{sat}}. L'ALI étant idéal, le courant d'entrée i_+ est nul. Les résistances R_1 et R_2 forment donc un diviseur de tension non chargé alimenté par V_s :

V_+ = \frac{R_2}{R_1 + R_2} V_s = \frac{R_2}{R_1 + R_2} V_{\text{sat}}

L'entrée inverseuse est reliée au condensateur, d'où V_-(t) = u_c(t). D'après la question Q13, la tension u_c(t) vérifie pour t \ge 0 :

RC \frac{\mathrm{d}u_c(t)}{\mathrm{d}t} + u_c(t) = +V_{\text{sat}}

Le condensateur étant initialement déchargé (u_c(0) = 0), la solution générale de cette équation différentielle s'écrit :

u_c(t) = V_{\text{sat}} \left(1 - \mathrm{e}^{-t/RC}\right)

Tant que u_c(t) < V_+, la tension différentielle d'entrée est positive :

\varepsilon(t) = V_+ - V_-(t) > 0 \implies V_s(t) = +V_{\text{sat}}

Puisque 0 < \frac{R_2}{R_1 + R_2} < 1, la tension u_c(t), qui tend asymptotiquement vers +V_{\text{sat}}, atteint la valeur seuil V_+ à un instant t_1 défini par :

u_c(t_1) = V_+ \iff V_{\text{sat}}\left(1 - \mathrm{e}^{-t_1/RC}\right) = \frac{R_2}{R_1 + R_2} V_{\text{sat}}

En simplifiant par V_{\text{sat}} \neq 0 :

\begin{aligned} 1 - \mathrm{e}^{-t_1/RC} &= \frac{R_2}{R_1 + R_2} \\ \mathrm{e}^{-t_1/RC} &= 1 - \frac{R_2}{R_1 + R_2} = \frac{R_1}{R_1 + R_2} \\ \mathrm{e}^{t_1/RC} &= 1 + \frac{R_2}{R_1} \end{aligned}

Dès que t > t_1, la tension u_c(t) dépasse V_+, la différence \varepsilon(t) = V_+ - V_- devient négative et la sortie bascule instantanément à -V_{\text{sat}}. L'instant de basculement t_1 s'exprime donc par :

\boxed{t_1 = RC \ln\left(1 + \frac{R_2}{R_1}\right)}

Résultat

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Question 15

Montrer que la sortie va basculer de nouveau de à à l’instant tel que :

Voir l'indice

Résoudre à nouveau l'équation différentielle avec la tension asymptotique -V_{\mathrm{sat}} et la condition initiale u_c(t_1) = V_+(t_1), puis chercher l'instant t_2 où u_c(t_2) = V_+(t_1^+) = -V_+.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nouvelle valeur de consigne V_s(t) ainsi que le nouveau potentiel de basculement V_+(t) pour t \in [t_1, t_2].
  2. Résoudre l'équation différentielle régissant u_c(t) pour t \ge t_1 en tenant compte de la continuité de la tension aux bornes du condensateur en t = t_1.
  3. Déterminer l'instant t_2 auquel u_c(t_2) atteint le seuil bas de basculement.
Voir le corrigé complet

Pour t \in [t_1, t_2], la tension de sortie vaut V_s(t) = -V_{\text{sat}}. L'entrée non-inverseuse est donc au potentiel constant :

V_+ = -\frac{R_2}{R_1 + R_2} V_{\text{sat}}

D'après la question Q13, l'évolution de la tension u_c(t) aux bornes du condensateur est régie par l'équation différentielle :

RC \frac{\mathrm{d}u_c}{\mathrm{d}t} + u_c(t) = -V_{\text{sat}}

La solution générale s'écrit, pour t \ge t_1 :

u_c(t) = -V_{\text{sat}} + A\,\mathrm{e}^{-\frac{t - t_1}{RC}}

Par continuité de la tension aux bornes du condensateur en t = t_1, et d'après la condition de basculement établie à la question Q14 :

u_c(t_1) = \frac{R_2}{R_1 + R_2} V_{\text{sat}}

On en déduit la constante d'intégration A :

\begin{aligned} -V_{\text{sat}} + A &= \frac{R_2}{R_1 + R_2} V_{\text{sat}} \\ A &= V_{\text{sat}} \left(1 + \frac{R_2}{R_1 + R_2}\right) = \frac{R_1 + 2R_2}{R_1 + R_2} V_{\text{sat}} \end{aligned}

L'expression de la tension pour t \in [t_1, t_2] est donc :

u_c(t) = -V_{\text{sat}} + \frac{R_1 + 2R_2}{R_1 + R_2} V_{\text{sat}}\,\mathrm{e}^{-\frac{t - t_1}{RC}}

La sortie bascule à nouveau de -V_{\text{sat}} à +V_{\text{sat}} à l'instant t_2 dès que u_c(t_2) devient inférieure ou égale à V_+ :

\begin{aligned} u_c(t_2) = V_+ &\iff -V_{\text{sat}} + \frac{R_1 + 2R_2}{R_1 + R_2} V_{\text{sat}}\,\mathrm{e}^{-\frac{t_2 - t_1}{RC}} = -\frac{R_2}{R_1 + R_2} V_{\text{sat}} \\ &\iff \frac{R_1 + 2R_2}{R_1 + R_2}\,\mathrm{e}^{-\frac{t_2 - t_1}{RC}} = 1 - \frac{R_2}{R_1 + R_2} = \frac{R_1}{R_1 + R_2} \\ &\iff \mathrm{e}^{\frac{t_2 - t_1}{RC}} = \frac{R_1 + 2R_2}{R_1} = 1 + \frac{2R_2}{R_1} \end{aligned}

En prenant le logarithme népérien, on obtient bien :

\boxed{t_2 = t_1 + RC \ln \left( 1 + \frac{2R_2}{R_1} \right)}

Résultat

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Question 16

Représenter sur un même graphique les évolutions temporelles de et entre et .

Voir l'indice

Superposer sur un même repère temporel les signaux créneaux de V_s(t) et V_+(t) ainsi que les phases de charge et décharge exponentielles de u_c(t) comprises entre les deux seuils de basculement.

Voir la stratégie
  1. Identifier les trois signaux à tracer et leurs caractéristiques :

    • V_s(t) est un signal rectangulaire prenant les valeurs +V_{\text{sat}} et -V_{\text{sat}} ;
    • V_+(t) = \frac{R_2}{R_1+R_2} V_s(t) = \pm V_H est en phase avec V_s(t) avec une amplitude réduite ;
    • u_c(t) est une fonction continue, formée d'exponentielles tendant vers les tensions asymptotiques +V_{\text{sat}} ou -V_{\text{sat}}, et oscillant entre les seuils V_B = -V_H et V_H.
  2. Positionner chronologiquement les instants de basculement remarquables en remarquant que t_1 < t_2 - t_1 = t_3 - t_2 (la première charge s'effectue depuis 0 et non depuis le seuil bas V_B).
Voir le corrigé complet

Les trois grandeurs évoluent comme suit :

  • Tension de sortie V_s(t) :

    V_s(t) = \begin{cases} +V_{\text{sat}} & \text{pour } t \in [0, t_1[ \ \cup \ [t_2, t_3[ \\ -V_{\text{sat}} & \text{pour } t \in [t_1, t_2[ \end{cases}
  • Potentiel non-inverseur V_+(t) : en posant V_H = \frac{R_2}{R_1+R_2} V_{\text{sat}} et V_B = -V_H,

    V_+(t) = \frac{R_2}{R_1+R_2} V_s(t) = \begin{cases} +V_H & \text{pour } t \in [0, t_1[ \ \cup \ [t_2, t_3[ \\ V_B = -V_H & \text{pour } t \in [t_1, t_2[ \end{cases}
  • Tension aux bornes du condensateur u_c(t) :

    • sur [0, t_1] : u_c(0) = 0, charge vers +V_{\text{sat}} jusqu'à atteindre u_c(t_1) = V_H ;
    • sur [t_1, t_2] : décharge depuis V_H vers -V_{\text{sat}} jusqu'à atteindre u_c(t_2) = V_B ;
    • sur [t_2, t_3] : charge depuis V_B vers +V_{\text{sat}} jusqu'à atteindre u_c(t_3) = V_H.
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Question 17

On construit ce montage avec et . Déterminer numériquement la fréquence de l’oscillateur en régime établi avec 4 chiffres significatifs.

Voir l'indice

Calculer la période globale T = 2(t_2 - t_1) en utilisant l'expression logarithmique établie, puis en déduire la fréquence f = 1/T.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats des questions Q15 et Q16, la durée d'une alternance en régime établi est donnée par :

t_2 - t_1 = t_3 - t_2 = RC \ln\left(1 + \frac{2R_2}{R_1}\right)

La période T du signal en régime établi correspond à la somme des durées de ces deux alternances :

T = 2\left(t_2 - t_1\right) = 2 RC \ln\left(1 + \frac{2R_2}{R_1}\right)

La fréquence f = \dfrac{1}{T} de l'oscillateur s'exprime donc par :

f = \frac{1}{2 RC \ln\left(1 + \dfrac{2R_2}{R_1}\right)}

Effectuons l'application numérique avec les valeurs données :

  • R = 470{,}0 \times 10^3\ \Omega ;
  • C = 500{,}0 \times 10^{-9}\text{ F}, soit RC = 0{,}2350\text{ s} ;
  • 1 + \dfrac{2R_2}{R_1} = 1 + \dfrac{2 \times 3{,}300}{1{,}000} = 7{,}600.

On en déduit la période puis la fréquence :

\begin{aligned} T &= 2 \times 0{,}2350 \times \ln(7{,}600) \approx 0{,}9532\text{ s} \\ f &= \frac{1}{0{,}95323} \approx 1{,}049\text{ Hz} \end{aligned}

Avec 4 chiffres significatifs, la fréquence de l'oscillateur vaut :

\boxed{f = 1{,}049\text{ Hz}}

Résultat

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Question 18

On dispose au laboratoire des composants requis, sauf pour le condensateur : on ne dispose que de condensateurs de capacité . Comment peut-on faire pour construire quand même le montage avec les valeurs de la question précédente ? Justifier.

Voir l'indice

Penser aux règles d'association des dipôles capacitifs : en série, les inverses des capacités s'ajoutent, ce qui divise la capacité par deux.

Voir le corrigé complet

La valeur de la capacité demandée à la question précédente est C = 500{,}0\text{ nF} = 0{,}5000\ \mu\text{F}.

Pour obtenir cette valeur à partir de composants disponibles de capacité C_0 = 1{,}000\ \mu\text{F}, il suffit d'associer deux condensateurs identiques de capacité C_0 en série.

En effet, pour deux condensateurs montés en série, la capacité équivalente C_{\text{eq}} vérifie la relation :

\frac{1}{C_{\text{eq}}} = \frac{1}{C_0} + \frac{1}{C_0} = \frac{2}{C_0}

soit :

\boxed{C_{\text{eq}} = \frac{C_0}{2}}

Numériquement :

C_{\text{eq}} = \frac{1{,}000\ \mu\text{F}}{2} = 0{,}5000\ \mu\text{F} = 500{,}0\text{ nF} = C

Cette association en série permet donc de respecter rigoureusement la valeur de capacité requise.

Résultat

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Question 19

Pourquoi les différents expérimentateurs obtiennent-ils des valeurs différentes ? Déterminer la valeur numérique de l’incertitude-type sur la fréquence de l’oscillateur que l’on peut déduire de cette série de valeurs. Calculer l’écart normalisé (ou Z-score) entre la valeur de la fréquence calculée à la question Q17 et celle obtenue par cette expérience et commenter le résultat obtenu.

Voir l'indice

Invoquer les tolérances intrinsèques des composants ; évaluer l'incertitude-type sur la moyenne via u(f) = \sigma/\sqrt{N}, puis calculer Z = |\bar{f} - f_{\mathrm{th}}|/u(f) pour valider le modèle.

Voir la stratégie
  1. Identifier les causes de dispersion physique et métrologique (tolérance sur les valeurs nominales des composants, imperfections de l'ALI, incertitudes de mesure des instruments).
  2. Estimer l'incertitude-type associée à la moyenne d'une série de N mesures indépendantes par une évaluation de type A : u(f) = \frac{\sigma}{\sqrt{N}}.
  3. Calculer le Z-score (écart normalisé) entre la valeur expérimentale moyenne \bar{f} et la valeur théorique f_{\text{th}} calculée en Q17, puis conclure sur la compatibilité du modèle avec l'expérience au seuil usuel de 95 % (|Z| \le 2).
Voir le corrigé complet

1. Origine de la dispersion des mesures

Les différents expérimentateurs obtiennent des valeurs différentes principalement en raison de :

  • la tolérance de fabrication des composants passifs réels utilisés (R, C, R_1, R_2), dont les valeurs effectives s'écartent des valeurs nominales (généralement de 1 % à 10 %) ;
  • les imperfections de l'ALI réel (tensions de décalage résiduelles, courants de polarisation non nuls, saturation asymétrique, temps de basculement non nul dû au slew-rate) ;
  • l'incertitude de mesure propre aux instruments utilisés (fréquencemètre, oscilloscope).

2. Incertitude-type sur la fréquence

Pour un échantillon de N = 15 mesures indépendantes de même précision, l'incertitude-type associée à l'estimation de la fréquence (moyenne empirique \bar{f}) par une évaluation de type A vaut :

u(f) = u(\bar{f}) = \frac{\sigma}{\sqrt{N}}

Application numérique avec \sigma = 0{,}025\text{ Hz} et N = 15 :

u(f) = \frac{0{,}025}{\sqrt{15}} \approx 6{,}45 \times 10^{-3}\text{ Hz} \approx 6{,}5 \times 10^{-3}\text{ Hz}
\boxed{u(f) = 6{,}5\times 10^{-3}\text{ Hz}}

3. Calcul de l'écart normalisé (Z-score) et commentaire

La valeur théorique obtenue à la question Q17 est f_{\text{th}} = 1{,}049\text{ Hz}. En considérant cette valeur théorique sans incertitude, le Z-score (ou écart normalisé E_n) s'écrit :

Z = \frac{|\bar{f} - f_{\text{th}}|}{u(f)}

Application numérique :

Z = \frac{|1{,}053 - 1{,}049|}{6{,}45 \times 10^{-3}} = \frac{0{,}004}{6{,}45 \times 10^{-3}} \approx 0{,}62
\boxed{Z \approx 0{,}6}

Commentaire : L'écart normalisé vérifie Z < 2 (et même Z < 1). L'écart entre la valeur théorique et la valeur expérimentale n'est donc pas statistiquement significatif au niveau de confiance usuel de 95 % : le modèle théorique de l'oscillateur astable est en excellent accord avec les résultats expérimentaux.

Résultat

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Question 20

Ce montage seul permet-il de générer le clignotement de la lampe ? Justifier la réponse.

Voir l'indice

Comparer la puissance de 25\text{ W} requise par la lampe avec la puissance maximale absolue que l'ALI peut délivrer compte tenu de la saturation en courant I_{s,\max} = 25\text{ mA}.

Voir la stratégie
  1. Examiner si le signal de sortie V_s(t) est compatible avec le principe de clignotement de la LED (signe de la tension et fréquence).
  2. Calculer le courant électrique requis pour faire fonctionner la lampe sous la tension de sortie +V_{\text{sat}}, et le comparer au courant maximal I_{s,\max} que l'amplificateur linéaire d'intégration (ALI) peut délivrer d'après les données.
  3. Conclure sur la nécessité d'un étage d'amplification de puissance (ou d'interfaçage).
Voir le corrigé complet

Lorsque la sortie de l'oscillateur est à +V_{\text{sat}} = 14{,}0\text{ V}, la tension aux bornes de la LED est positive, ce qui correspond à son état allumé pendant la demi-période d'oscillation. Lorsqu'elle bascule à -V_{\text{sat}} = -14{,}0\text{ V}, la diode est polarisée en inverse et s'éteint. La fréquence d'environ 1\text{ Hz} est adaptée à un clignotement visuel.

Cependant, lorsque la lampe est allumée, elle absorbe une puissance électrique :

\mathcal{P} = 25\text{ W}

Sous la tension V_s = V_{\text{sat}} = 14{,}0\text{ V}, le courant nécessaire à son fonctionnement vaut :

I_{\text{lampe}} = \frac{\mathcal{P}}{V_{\text{sat}}} = \frac{25}{14{,}0} \approx 1{,}8\text{ A}

Or, d'après les données du sujet, l'intensité maximale que la sortie de l'ALI peut fournir est :

I_{s,\max} = 25\text{ mA} = 0{,}025\text{ A}

Comme I_{\text{lampe}} \gg I_{s,\max} (la puissance maximale délivrable par l'ALI est seulement P_{\max} = V_{\text{sat}} I_{s,\max} = 0{,}35\text{ W} \ll 25\text{ W}), l'ALI saturera en courant et la tension de sortie s'effondrera.

\boxed{\text{Non, ce montage seul ne permet pas d'alimenter et de faire clignoter la lampe.}}

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.