Corrigé détaillé X ENS Physique SI MP 2023
Asservissement en fréquence d'un laser continu
- 26 questions corrigées
- Sujet difficile
- Vérifié question par question
Faisable en sup ?
Ce sujet demande la 2e année : aucune question ne se traite avec le seul programme de MPSI.
Le sujet en bref
Sujet difficile · Physique quantique, Électromagnétisme, Optique ondulatoire · 5 incontournablesAfficher ou masquer la section
Le sujet en bref
Ce sujet d'une remarquable élégance traite de manière exhaustive du principe de fonctionnement physique et de la stabilisation métrologique d'un laser continu monomode. Il fait converger trois piliers majeurs de la physique contemporaine : l'électromagnétisme des cavités résonnantes (modes propres, finesse, temps de vie des photons), la mécanique quantique de l'interaction rayonnement-matière (atome à deux niveaux, pulsation de Rabi, approximation séculaire, saturation du gain) et l'automatique appliquée aux systèmes asservis (rejet de perturbation harmonique, boucle de rétroaction piézoélectrique).
Très formateur et représentatif des exigences de l'École Polytechnique pour la filière MP, ce sujet constitue un support de révision transversal exceptionnel. Il permet d'aborder des concepts physiques profonds sans formalisme inutile tout en testant l'aisance calculatoire, le sens physique des ordres de grandeur et la modélisation rigoureuse par schémas-blocs.
- Difficulté
- Difficile, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 10,59/20)
- Temps estimé
- ≈ 3 h 35 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
- Chapitres
- Physique quantique27 %
- Électromagnétisme25 %
- Optique ondulatoire25 %
- Électrocinétique et électronique21 %
Part des questions du sujet.
- Première année
Non : toutes les questions demandent le programme de 2e année.
Où gagner des points
5 questions rapides et accessiblesAfficher ou masquer la section
Où gagner des points
Points à signaler : parties indépendantes
Parties indépendantes
La partie 2 sur l'asservissement en fréquence est quasi-indépendante de la sous-partie 1.2 sur l'interaction quantique : elle exploite seulement le temps de vie des photons \tau_W, explicitement rappelé dans l'énoncé de Q22.
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Sommaire
26 questionsAfficher ou masquer la section
Sommaire
26 questionsPartie 1 : Principe de fonctionnement d'un laser
Question 1
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Raisonnement qualitatif
- Schéma ou tracé
Chapitre : Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule ; Électrocinétique et électronique › ALI et oscillateurs électroniques
Notions : oscillateur, cavité laser
Modélisez le laser en anneau par schéma-blocs. Justifiez votre représentation et précisez la nature physique du signal de sortie et celle d'un éventuel signal d'entrée. Faire de même pour le laser linéaire.
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Représenter le système par un bloc amplificateur de gain complexe \underline{A}(\omega) et une boucle de retour de transmittance \underline{B}(\omega) associée au trajet dans la cavité. En fonctionnement autonome, le signal d'entrée externe est nul et l'oscillation s'amorce sur le bruit d'émission spontanée.
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- Identifier les deux blocs constitutifs fondamentaux d'un oscillateur optique : la chaîne directe (milieu amplificateur) et la chaîne de retour (réinjection par les miroirs de la cavité).
- Préciser la nature physique des grandeurs qui circulent (champ électromagnétique / intensité) et discuter l'existence d'une entrée (amorçage par émission spontanée) et de la sortie (faisceau transmis par le miroir de couplage).
- Adapter la description selon la géométrie : propagation unidirectionnelle dans le laser en anneau, ou allers-retours (double passage dans le milieu) dans le laser linéaire.
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Représentation en boucle fermée avec le milieu à gain en chaîne directe et la cavité optique résonante sélective en boucle de retour.
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1. Laser en anneau
Représentation par schéma-blocs et justification : Dans un laser en anneau, l'onde électromagnétique parcourt la cavité dans un sens unique (unidirectionnel).
- La chaîne directe est constituée du milieu amplificateur, caractérisé par une fonction de transfert (ou transmittance complexe) \underline{A}(\omega).
- Le faisceau amplifié rencontre le miroir de couplage \mathrm{M_c} : une fraction de l'onde est transmise vers l'extérieur (signal de sortie), tandis que la fraction réfléchie continue son trajet.
- La chaîne de retour modélise la propagation le long du reste de l'anneau (déphasage de propagation sur la longueur L-\ell_a et réflexions sur les miroirs \mathrm{M}'), de transmittance de retour notée \underline{B}(\omega), qui réinjecte l'onde à l'entrée de l'amplificateur.
Nature physique des signaux :
- Signal de sortie : Il s'agit du champ électrique de l'onde lumineuse transmise par le miroir de couplage \mathrm{M_c}, E_{\text{out}}(t) (ou de manière équivalente, l'intensité ou la puissance optique rayonnée).
- Signal d'entrée : En régime autonome permanent (oscillateur libre), il n'y a aucun signal d'entrée extérieur injecté (E_{\text{in}} = 0). En revanche, au démarrage du laser, l'oscillation est amorcée par une entrée de type bruit : l'émission spontanée des atomes du milieu actif (fluctuations du vide quantique).
2. Laser linéaire
Représentation par schéma-blocs et adaptation : Dans une cavité linéaire à deux miroirs parallèles, l'onde effectue des allers-retours :
- Au cours d'un cycle complet (aller-retour de longueur développée L), l'onde traverse deux fois le milieu amplificateur.
- Le bloc direct peut regrouper le parcours complet aller-retour (deux traversées de l'amplificateur et réflexion sur le miroir de fond \mathrm{M}'), tandis que le bloc de réaction représente la réflexion sur le miroir de couplage \mathrm{M_c} qui reboucle le champ à l'intérieur.
Les grandeurs d'entrée et de sortie sont de même nature que pour le laser en anneau : émission spontanée pour l'entrée d'amorçage, et faisceau électromagnétique transmis en sortie.
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Il fallait simplement modéliser le laser par un système en boucle fermée avec un amplificateur ; seuls 18 % des candidats ont obtenu tous les points.
« Seule la première question semble avoir posé des problèmes puisque seulement 18% ont eu tous les points sur cette question alors qu’elle a été abordée par plus de 90% des candidats. »
« Cette question concernait une représentation en schéma-blocs du laser, en considérant un laser en anneau puis un laser linéaire. Il s’agissait juste de comprendre que ce laser pouvait être représenté par un système en boucle fermé avec un simple amplificateur. »
Source : rapport du jury X-ENS 2023
1.1 · Cavité électromagnétique dans le domaine optique
Question 2
Application directeTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide
Notions : vecteur de poynting, onde plane progressive monochromatique
Cette question a pour but d'évaluer les ordres de grandeurs caractéristiques de l'optique et d'introduire le vocabulaire de l'opticien.
2-a) On souhaite construire un laser qui produit un rayonnement de longueur d'onde (dans le vide) . Calculer la période d'oscillation du champ électrique de cette onde et sa fréquence , en exprimant les résultats dans des unités SI adaptées à leurs ordres de grandeur.
2-b) Les opticiens définissent souvent l'intensité lumineuse de l'onde électromagnétique par la relation . En se limitant à l'onde linéairement polarisée donnée par (1), montrer que est directement proportionnelle à la valeur moyenne sur une période du vecteur de Poynting de cette onde et donner l'expression du coefficient de proportionnalité. Préciser la signification physique du vecteur de Poynting et celle de sa valeur moyenne .
Voir l'indiceIndice
Appliquer les relations d'ondes planes \nu = c/\lambda_\ell et T_0 = 1/\nu. Exprimer le vecteur de Poynting \vec{\Pi} = (\vec{E}\wedge\vec{B})/\mu_0 pour une onde progressive polarisée rectilignement et calculer sa moyenne temporelle \langle \Pi \rangle_{T_0} = \frac{1}{2}\varepsilon_0 c E_0^2.
Voir la stratégieStratégie
- Pour la question 2-a, relier la longueur d'onde dans le vide \lambda_{\ell} à la célérité c, à la période T_0 et à la fréquence \nu.
- Pour la question 2-b, exprimer le champ magnétique \vec{B} associé à l'OPPH dans le vide, en déduire le vecteur de Poynting \vec{\Pi} puis sa moyenne temporelle \langle \Pi \rangle_{T_0}, et comparer à l'intensité I = |\underline{E}|^2.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul direct de la fréquence et de la période temporelle, puis moyenne temporelle du vecteur de Poynting proportionnelle au carré du champ.
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2-a) La longueur d'onde dans le vide \lambda_{\ell}, la période temporelle T_0 et la fréquence \nu sont reliées à la célérité de la lumière dans le vide c \simeq 3 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} par :
Application numérique pour \lambda_{\ell} \simeq 600\text{ nm} = 6 \times 10^{-7}\text{ m} :
2-b) Pour l'onde plane progressive monochromatique se propageant selon +\vec{u}_z dans le vide, le champ électrique réel s'écrit :
D'après la structure de l'OPPH dans le vide, le champ magnétique associé est :
Le vecteur de Poynting s'en déduit :
La valeur moyenne sur une période T_0, en notant \langle \cos^2 \rangle_{T_0} = \frac{1}{2}, a pour norme :
D'autre part, la représentation complexe donnée par l'énoncé est :
L'intensité I est donc directement proportionnelle à \langle \Pi \rangle_{T_0} :
Signification physique :
- Le vecteur de Poynting \vec{\Pi} représente la densité surfacique de flux de puissance électromagnétique instantanée (en \text{W}\cdot\text{m}^{-2}). Sa direction et son sens indiquent la direction et le sens de propagation de l'énergie électromagnétique.
- Sa valeur moyenne temporelle \langle \Pi \rangle_{T_0} représente la puissance surfacique moyenne transportée par l'onde (appelée éclairement ou irradiance énergétique). C'est la grandeur effectivement mesurée par les détecteurs usuels (photodiodes, œil) dont le temps de réponse est très grand devant T_0.
Résultat
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Le jury attendait l'expression du vecteur de Poynting et son interprétation physique, question de cours bien réussie par une majorité de candidats.
« Par exemple, la question 2 faisait référence au vecteur de Poynting d’une onde électromagnétique. Il fallait juste l’exprimer et donner une interprétation physique de celui-ci. »
Source : rapport du jury X-ENS 2023
Question déjà tombée ailleurs
Question 3
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 10 min- Incontournable
- Mise en équation
- Calcul littéral
- Schéma ou tracé
Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques
Notions : onde stationnaire, cavité résonante
Nous allons d'abord étudier la cavité optique la plus simple qu'on puisse imaginer : cette cavité est formée de deux miroirs plans parallèles, et parfaitement réfléchissants, séparés par du vide. C'est donc une cavité linéaire (voir figure 1-a), d'axe , de longueur développée (ce qui signifie que la distance entre les deux miroirs est ) et ses miroirs peuvent être considérés comme des plans conducteurs parfaits.
3-a) Etablir que les ondes électromagnétiques qui peuvent exister dans cette cavité sont quantifiées, et exprimer leurs fréquences en fonction de et .
3-b) Décrire la dépendance spatiale du champ électrique ou de sa représentation complexe oscillant dans cette cavité à la fréquence . Montrer que l'amplitude complexe du mode peut toujours être choisie réelle, et tracer l'allure des représentations graphiques de pour les trois premiers modes de la cavité.
Voir l'indiceIndice
Écrire le champ comme la superposition d'une onde incidente et d'une onde réfléchie, puis imposer l'annulation du champ électrique tangentiel sur les miroirs conducteurs parfaits en z=0 et z=L/2.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le champ électrique sous forme d'une superposition de deux ondes planes progressives se propageant en sens inverses le long de l'axe \mathrm{O}z.
- Appliquer les conditions aux limites imposées par les miroirs métalliques assimilés à des conducteurs parfaits (annulation de la composante tangentielle du champ électrique) pour obtenir la condition de quantification sur le vecteur d'onde et en déduire les fréquences propres \nu_N.
- Analyser la structure spatiale du mode propre (onde stationnaire), ajuster la phase globale pour rendre l'amplitude \mathcal{E}(z) réelle, puis tracer son profil spatial pour les modes N \in \{1, 2, 3\}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Conditions aux limites de conducteur parfait aux miroirs imposant des nœuds de champ électrique, d'où quantification des modes et profil sinusoïdal.
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3-a) Quantification des fréquences résonnantes La cavité s'étend entre les miroirs plans situés en z = 0 et z = L/2. Le champ électrique est polarisé selon \vec{u}_x, direction orthogonale à la normale aux miroirs (\vec{u}_z) : il est donc entièrement tangentiel aux interfaces.
Les miroirs étant modélisés comme des conducteurs parfaits, la composante tangentielle du champ électrique total s'y annule :
Dans le vide séparant les deux miroirs, l'onde à la pulsation \omega = 2\pi\nu = kc est la superposition d'une onde progressive dans le sens +z et d'une onde régressive dans le sens -z :
La condition en z = 0 impose :
Le champ spatial s'écrit donc :
La seconde condition aux limites en z = L/2 donne :
Pour obtenir une solution non identiquement nulle (\mathcal{E}_+ \neq 0), l'argument du sinus doit être un multiple entier de \pi :
Comme k_N = \frac{2\pi\nu_N}{c}, on en déduit :
Les ondes électromagnétiques stationnaires permises sont donc quantifiées, avec des fréquences propres :
3-b) Dépendance spatiale et tracés des modes Pour le mode d'ordre N, l'amplitude complexe spatiale s'écrit :
En choisissant l'amplitude \mathcal{E}_+ sous la forme \mathcal{E}_+ = -\frac{\mathrm{i}}{2}E_N où E_N \in \mathbb{R}, l'amplitude complexe devient purement réelle :
Le champ réel associé s'écrit alors :
Il s'agit d'une onde stationnaire, où les variables d'espace et de temps sont découplées. Les nœuds de vibration correspondent aux zéros de \sin(k_N z), soit z_p = p \frac{L}{2N} (p \in \{0, \dots, N\}), et les ventres sont situés aux extrema en z'_p = (2p+1)\frac{L}{4N}.
Représentons l'allure de \mathcal{E}(z) pour les modes N = 1, N = 2 et N = 3 sur l'intervalle [0, L/2] :
Résultat
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Soignez la réalisation des tracés en précisant le nom des axes et les unités, les graphiques ayant souvent été faux ou non conformes.
« La question 3b a posé des difficultés aux candidats où il était demandé de représenter sur un graphique l’amplitude du champ électrique pour les 3 premiers modes de la cavité. »
« Les représentions étaient soit fausses, dues à une mauvaise compréhension du principe physique, soit non conformes. Le jury rappelle qu’un tracé doit être réalisé proprement, sans oublier d’indiquer le nom des axes et les bonnes unités des grandeurs physiques représentées. »
Source : rapport du jury X-ENS 2023
Question 4
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques ; Optique géométrique › Lentilles, miroirs et formation des images
Notions : cavité optique, stabilité d'une cavité
Les deux miroirs de la cavité sont nécessairement limités transversalement. Cette cavité est-elle stable latéralement (si l'onde se propage selon un axe qui fait un angle non nul avec ) ? Si non, comment remédier à ce problème ?
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Remarquer que des miroirs plans parallèles laissent s'échapper latéralement les rayons inclinés (instabilité par diffraction et fuites géométriques) ; proposer l'emploi de miroirs concaves pour focaliser le faisceau (cavité stable).
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Les miroirs plans ne confinent pas les rayons inclinés : la cavité est instable et nécessite des miroirs concaves convergents pour focaliser le faisceau.
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Considérons un rayon lumineux se propageant dans la cavité avec un angle non nul \theta par rapport à l'axe optique \mathrm{O}z.
À chaque parcours d'une distance L/2 entre les deux miroirs, le rayon subit un déplacement latéral d'amplitude \delta x \simeq \frac{L}{2} \theta (dans l'approximation paraxiale \theta \ll 1). Lors d'un aller-retour complet sur la longueur développée L, le décalage transverse total s'accumule :
Après p allers-retours, le rayon s'est écarté de l'axe d'une distance p L \theta. Les miroirs ayant une dimension transverse finie, le faisceau finit inévitablement par sortir de la cavité au bout d'un nombre fini d'allers-retours. La cavité à miroirs plans parallèles est donc instable latéralement (ou à la limite de stabilité) vis-à-vis des désalignements angulaires et des effets de diffraction.
Pour remédier à ce problème et confiner latéralement le faisceau lumineux, on remplace les miroirs plans par des miroirs sphériques concaves (miroirs convergents), ou l'on associe un miroir plan et un miroir concave. Les miroirs concaves refocalisent les rayons vers l'axe optique à chaque réflexion, assurant la stabilité transversale du faisceau dans la cavité (à condition de respecter le critère usuel de stabilité géométrique des cavités optiques).
Question 5
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 10 min- Incontournable
- Mise en équation
- Calcul littéral
Chapitre : Optique ondulatoire › Interférences par division d'amplitude
Notions : interféromètre de fabry-perot, amplitude complexe
On injecte dans la cavité linéaire une onde électromagnétique d'amplitude complexe (sur le miroir de couplage ) et de pulsation quelconque (ne coïncidant pas nécessairement avec une des pulsations de résonance de la cavité sans perte). En régime permanent, la cavité est parcourue par deux ondes d'amplitudes complexes et se propageant selon l'axe , la première dans le sens de l'axe , et le seconde dans le sens opposé (voir figure 2), et il existe un faisceau de sortie d'amplitude complexe . Toutes les amplitudes complexes , , , , sont définies sur le miroir de couplage , c'est-à-dire au point situé sur la surface de , en . Enfin on pose . Trouver une relation entre , et . Calculer en fonction de , et . En déduire l'expression de la fonction de transfert de la cavité avec pertes, en fonction de , et .
Voir l'indiceIndice
Écrire la continuité de l'amplitude sur le miroir de couplage M_c sous la forme \mathcal{E} = t \mathcal{E}_{\text{in}} + r \mathcal{E}', puis exprimer \mathcal{E}' après un aller-retour complet de longueur optique L avec réflexion r' sur le second miroir.
Voir la stratégieStratégie
Pour déterminer la fonction de transfert de la cavité linéaire avec pertes :
- Établir la relation entre les amplitudes au niveau du miroir de couplage \mathrm{M}_c (z = 0) en appliquant les lois de transmission et de réflexion en amplitude.
- Exprimer l'amplitude \mathcal{E}' de l'onde retour en z=0 en suivant l'onde aller \mathcal{E} sur son trajet aller-retour de longueur développée L, en tenant compte du déphasage de propagation et du coefficient de réflexion r' sur le second miroir.
- Éliminer \mathcal{E}' pour isoler le rapport de transfert \frac{\mathcal{E}}{\mathcal{E}_{\text{in}}} en fonction de T, \sqrt{RR'} et kL.
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Bilan des ondes progressives aller et retour au miroir d'entrée et établissement de la fonction de transfert en amplitude de la cavité.
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1. Relation entre \mathcal{E}, \mathcal{E}' et \mathcal{E}_{\text{in}} au miroir de couplage \mathrm{M}_c (z = 0)
L'onde d'amplitude \mathcal{E}, se propageant dans le sens +z juste après le miroir \mathrm{M}_c (en z = 0^+), résulte de la superposition :
- de l'onde incidente extérieure transmise à travers \mathrm{M}_c, d'amplitude t\,\mathcal{E}_{\text{in}} ;
- de l'onde intra-cavité de retour \mathcal{E}' réfléchie par la face interne de \mathrm{M}_c, d'amplitude r\,\mathcal{E}'.
On a donc immédiatement :
soit encore, avec t = \sqrt{T} et r = -\sqrt{R} :
2. Calcul de \mathcal{E}' en fonction de \mathcal{E}, kL et r'
La cavité linéaire possède une distance entre miroirs égale à L/2.
Avec la convention temporelle adoptée \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}, l'onde se propageant selon +z présente une dépendance spatiale en \mathrm{e}^{+\mathrm{i}kz}. En arrivant sur le miroir \mathrm{M}' situé en z = L/2, son amplitude complexe est :
\mathcal{E}\left(\frac{L}{2}\right) = \mathcal{E}\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}k \frac{L}{2}}Lors de la réflexion sur \mathrm{M}', le champ subit une multiplication par le coefficient de réflexion en amplitude r' :
\mathcal{E}'_{\text{réfléchie}}\left(\frac{L}{2}\right) = r'\,\mathcal{E}\left(\frac{L}{2}\right) = r'\,\mathcal{E}\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}k \frac{L}{2}}Cette onde se propage ensuite en sens inverse (selon -z) sur une distance L/2 pour revenir en z = 0. Le retard de propagation associé à ce parcours d'une distance L/2 introduit à nouveau un facteur de phase \mathrm{e}^{+\mathrm{i}k \frac{L}{2}}. L'amplitude \mathcal{E}' en z = 0 vaut donc :
\mathcal{E}' = \mathcal{E}'_{\text{réfléchie}}\left(\frac{L}{2}\right)\mathrm{e}^{+\mathrm{i}k \frac{L}{2}} = r'\,\mathcal{E}\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}k \frac{L}{2}}\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}k \frac{L}{2}}
On obtient ainsi :
3. Expression de la fonction de transfert \frac{\mathcal{E}}{\mathcal{E}_{\text{in}}}
En injectant l'expression de \mathcal{E}' dans la relation liant \mathcal{E}, \mathcal{E}' et \mathcal{E}_{\text{in}}, on trouve :
En factorisant par \mathcal{E} :
D'après les données de l'énoncé :
D'où l'expression de la fonction de transfert de la cavité avec pertes :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 6
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Schéma ou tracé
Chapitre : Optique ondulatoire › Interférences par division d'amplitude
Notions : formule d'airy, interféromètre de fabry-perot
6-a) Exprimer en fonction de , et . Calculer en fonction de en utilisant les valeurs numériques des caractéristiques des miroirs et et donner la signification physique du paramètre .
6-b) Représenter l'allure des variations de en fonction de .
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Calculer le module au carré du dénominateur en factorisant par l'angle moitié pour faire émerger un terme en \sin^2(kL/2) typique de la fonction d'Airy, puis utiliser l'approximation R \simeq 1-T au premier ordre en T \ll 1.
Voir la stratégieStratégie
- Partir de la fonction de transfert établie à la question Q5 et calculer son module au carré en développant le terme en \cos(kL), puis faire apparaître \sin^2(kL/2) par la formule de trigonométrie usuelle.
- Comparer les ordres de grandeur de l'absorption A, A' et de la transmission T pour simplifier \sqrt{RR'}, puis expliciter le sens physique du produit RR' pour un aller-retour de l'onde.
- Tracer la fonction d'Airy obtenue : périodique de période 2\pi, présentant des pics fins et intenses aux résonances kL = 2\pi N.
Voir la réponse courteRéponse courte
Passage au carré du module de la transmission donnant la fonction d'Airy, avec résonances périodiques piquées en fonction du déphasage.
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6-a) Expression de l'intensité relative et étude du paramètre \sqrt{RR'}
D'après le résultat de la question Q5, la fonction de transfert en amplitude s'écrit :
L'intensité relative est le carré du module de ce rapport :
En utilisant l'identité trigonométrique \cos(kL) = 1 - 2\sin^2\left(\frac{kL}{2}\right), le dénominateur se réécrit :
On obtient ainsi :
Calcul de \sqrt{RR'} en fonction de T :
D'après les données de l'énoncé :
- R + T = 1 - A \implies R = 1 - T - A, avec A \simeq 2 \times 10^{-4} ;
- R' = 1 - A', avec A' \simeq 2 \times 10^{-4} ;
- T = 4 \times 10^{-2}.
Puisque A \simeq A' = 2 \times 10^{-4} \ll T = 4 \times 10^{-2} (les pertes par absorption sont deux ordres de grandeur plus faibles que la transmission), on peut négliger A et A' devant T :
Il vient alors :
Comme T \ll 1, un développement limité au premier ordre donne :
Numériquement, \sqrt{RR'} \simeq 1 - 0{,}02 = 0{,}98.
Signification physique de RR' :
Le produit R R' représente le coefficient de réflexion global en intensité pour un aller-retour complet dans la cavité (une réflexion sur le miroir \mathrm{M}_c et une réflexion sur le miroir \mathrm{M}'). C'est la fraction de la puissance lumineuse qui reste confinée dans la cavité après un aller-retour (la fraction 1 - RR' \simeq T correspondant aux pertes subies par tour).
6-b) Allure des variations de I / I_{\text{in}} en fonction de kL
La fonction I/I_{\text{in}} est 2\pi-périodique en kL (fonction d'Airy) :
Elle est maximale pour \sin\left(\frac{kL}{2}\right) = 0, soit kL = 2\pi N (N \in \mathbb{N}) :
\left(\frac{I}{I_{\text{in}}}\right)_{\max} = \frac{T}{(1 - \sqrt{RR'})^2} \simeq \frac{T}{(T/2)^2} = \frac{4}{T} = \frac{4}{4 \times 10^{-2}} = 100Elle est minimale pour \sin^2\left(\frac{kL}{2}\right) = 1, soit kL = (2N + 1)\pi :
\left(\frac{I}{I_{\text{in}}}\right)_{\min} = \frac{T}{(1 + \sqrt{RR'})^2} \simeq \frac{T}{4} = 10^{-2} \ll 1
Comme T \ll 1, le facteur m = \frac{4\sqrt{RR'}}{(1-\sqrt{RR'})^2} \simeq \frac{16}{T^2} = 10^4 \gg 1 est très élevé : la résonance se traduit par des pics extrêmement étroits et de forte amplitude.
Résultat
Question 7
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Application numérique
Chapitre : Optique ondulatoire › Interférences par division d'amplitude
Notions : intervalle spectral libre, résonance
7-a) Comparer les fréquences de résonance de la cavité avec pertes à celles des modes de la cavité sans pertes.
7-b) On définit l'intervalle spectral libre (en fréquence) de la cavité comme la différence des fréquences résonnantes consécutives (indicées et ) de cette cavité. Exprimer l'intervalle spectral libre en fréquence de cette cavité, noté , en fonction des paramètres définissant cette cavité. Proposer une interprétation physique de la fréquence et du temps .
7-c) Dans la perspective de produire un laser fonctionnant à la longueur d'onde (dans le vide) , on construit une cavité linéaire, de longueur développée . Évaluer les ordres de grandeur de l'ordre de la résonance de la cavité (dont la fréquence de résonance coïncide approximativement avec la fréquence du laser), de l'intervalle spectral libre de cette cavité et du temps .
Voir l'indiceIndice
Définir \nu_{\text{ISL}} = \nu_{N+1} - \nu_N à partir de la condition de résonance kL = 2\pi N. Interpréter \tau = 1/\nu_{\text{ISL}} = L/c comme la durée de vol nécessaire pour effectuer un aller-retour dans la cavité.
Voir la réponse courteRéponse courte
Les résonances ont lieu pour kL=2\pi N : l'intervalle spectral libre vaut \nu_{\text{ISL}}=c/L, inverse de la durée d'un aller-retour \tau.
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7-a) Comparaison des fréquences de résonance
D'après le résultat de la question Q6, l'intensité intra-cavité relative s'écrit :
Elle est maximale lorsque le dénominateur est minimal, c'est-à-dire pour :
Avec k = \frac{2\pi\nu}{c}, cette condition de résonance conduit aux fréquences :
On constate que ces fréquences sont rigoureusement identiques aux fréquences des modes propres de la cavité sans pertes établies à la question Q3-a. L'introduction de pertes par transmission et absorption (sans déphasage additionnel aux réflexions) n'affecte donc pas la position des résonances, mais seulement leur largeur.
7-b) Intervalle spectral libre et interprétation
Par définition, l'intervalle spectral libre \nu_{\text{ISL}} est l'écart entre deux fréquences de résonance successives :
Le temps associé est :
Interprétation physique :
- La cavité ayant une longueur développée L (la distance entre les deux miroirs plans étant L/2), un aller-retour correspond à une distance parcourue de 2 \times (L/2) = L. Le temps \tau = \frac{L}{c} représente donc le temps de vol d'un aller-retour de l'onde lumineuse dans la cavité à la célérité c.
- La fréquence \nu_{\text{ISL}} = \frac{1}{\tau} est la fréquence de répétition associée à ce trajet aller-retour (taux de récurrence de l'onde dans la cavité).
7-c) Applications numériques
À la longueur d'onde \lambda_\ell \simeq 600\text{ nm}, la fréquence de l'onde est \nu \simeq \frac{c}{\lambda_\ell}. La condition de résonance \nu_N \simeq \nu donne :
Avec L = 1{,}5\text{ m} et \lambda_\ell = 600\text{ nm} = 6{,}0 \times 10^{-7}\text{ m} :
Pour l'intervalle spectral libre, avec c \simeq 3{,}0 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :
Enfin, pour le temps d'aller-retour \tau :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Abordée par une minorité de candidats, cette question sur la fréquence de résonance dans la cavité a été plutôt bien réussie par ceux qui l'ont traitée.
« La question 7 qui comportait 3 sous-questions a été abordée par une minorité de candidats mais ceux qui ont répondu à cette question ont plutôt bien réussi. »
« Ces questions traitent toute de l’analyse de la fréquence de résonance au sein de la cavité. »
Source : rapport du jury X-ENS 2023
Question déjà tombée ailleurs
Question 8
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
Chapitre : Optique ondulatoire › Interférences par division d'amplitude
Notions : largeur à mi-hauteur, résonance
Calculer la largeur (totale) à mi-hauteur (exprimée en pulsation) d'un pic de résonance de la cavité avec pertes. La même grandeur exprimée en fréquence est .
Voir l'indiceIndice
Poser I(\omega)/I_{\text{max}} = 1/2 au voisinage d'un pic de résonance en effectuant un développement de Taylor de \sin(kL/2) au premier ordre non nul et exploiter l'hypothèse 1-\sqrt{RR'} \ll 1.
Voir la stratégieStratégie
- Partir de l'expression de l'intensité intra-cavité I/I_{\text{in}} obtenue à la question 6-a pour exprimer l'intensité maximale au sommet de la résonance.
- Écrire la condition de mi-hauteur I = I_{\max}/2 et utiliser l'approximation des petits angles au voisinage immédiat de la résonance (car les pertes sont faibles, \sqrt{RR'} \approx 1).
- En déduire l'écart en pulsation \Delta\omega_c, puis relier ce résultat à T grâce à l'approximation \sqrt{RR'} \simeq 1 - T/2 établie à la question 6-a.
Voir la réponse courteRéponse courte
Développement au voisinage d'un pic de transmission pour identifier la demi-largeur puis la largeur totale à mi-hauteur de la résonance.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question 6-a, le rapport des intensités s'écrit :
La résonance est atteinte pour \frac{kL}{2} = N\pi (avec N \in \mathbb{N}^*), où \sin\left(\frac{kL}{2}\right) = 0, et l'intensité maximale vaut :
Les pulsations \omega correspondant à la mi-hauteur vérifient :
Posons \omega = \omega_N \pm \frac{\Delta\omega_c}{2}, ce qui donne pour le vecteur d'onde k = \frac{\omega}{c} = k_N \pm \frac{\Delta\omega_c}{2c}. L'argument du sinus devient :
Comme les pertes sont faibles (T \ll 1, A \ll 1, donc \sqrt{RR'} \approx 1), le pic de résonance est très étroit : \frac{\Delta\omega_c L}{4c} \ll 1. On effectue un développement limité au premier ordre :
La condition de mi-hauteur devient alors :
Puisque \sqrt{RR'} \simeq 1, on a (RR')^{1/4} \simeq 1, d'où :
En utilisant l'approximation établie à la question 6-a, \sqrt{RR'} \simeq 1 - \frac{T}{2}, on obtient :
D'où l'expression de la largeur à mi-hauteur en pulsation :
La largeur à mi-hauteur exprimée en fréquence est donnée par \Delta\nu_c = \frac{\Delta\omega_c}{2\pi} :
Résultat
Question 9
Application directeTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
Chapitre : Optique ondulatoire › Interférences par division d'amplitude
Notions : finesse, interféromètre de fabry-perot
On définit la finesse de la cavité comme le rapport de son intervalle spectral libre par la largeur à mi-hauteur de sa résonance, exprimés l'un et l'autre en fréquence : .
9-a) Exprimer la finesse de la cavité en fonction de et .
9-b) Evaluer numériquement la finesse de la cavité et la largeur à mi-hauteur exprimée en fréquence.
Voir l'indiceIndice
Remplacer l'expression obtenue pour \Delta\nu_c dans le rapport F = \nu_{\text{ISL}}/\Delta\nu_c, puis injecter l'approximation \sqrt{RR'} \simeq 1 - T/2 pour exprimer simplement F en fonction de T.
Voir la réponse courteRéponse courte
Rapport de l'intervalle spectral libre sur la largeur à mi-hauteur pour obtenir la finesse F, puis calcul numérique direct.
Voir le corrigé completCorrigé complet
9-a) Expression de la finesse F
Par définition, la finesse de la cavité est le rapport :
D'après les résultats des questions Q7 et Q8 :
- l'intervalle spectral libre s'écrit \nu_{\text{ISL}} = \dfrac{c}{L} ;
- la largeur à mi-hauteur en fréquence s'écrit \Delta\nu_c = \dfrac{\Delta\omega_c}{2\pi} \simeq \dfrac{cT}{2\pi L}.
En effectuant le quotient, on constate que la longueur développée L se simplifie :
9-b) Évaluations numériques
Avec le coefficient de transmission en intensité T = 4 \times 10^{-2} :
En ne retenant qu'un seul chiffre significatif (selon la consigne de l'énoncé) :
La largeur de résonance en fréquence s'en déduit par \Delta\nu_c = \dfrac{\nu_{\text{ISL}}}{F}, avec \nu_{\text{ISL}} = 2{,}0 \times 10^8\text{ Hz} = 200\text{ MHz} (obtenu à la question Q7-c) :
Soit, avec un chiffre significatif :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 10
ExigeanteTemps estimé : ≈ 12 min- Mise en équation
- Calcul littéral
- Application numérique
Chapitre : Optique ondulatoire › Interférences par division d'amplitude ; Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide
Notions : cavité résonante, temps de vie des photons
Pour déterminer le temps de confinement de l'énergie électromagnétique dans la cavité, on alimente la cavité par une onde électromagnétique dont la fréquence coïncide exactement avec la fréquence de résonance de la cavité, et à l'instant , on coupe le faisceau d'entrée (voir fig. 2).
10-a) Exprimer l'énergie électromagnétique contenue dans la cavité à l'instant , en fonction de . On supposera les faisceaux lumineux cylindriques et de section .
10-b) Exprimer l'énergie sortant de la cavité par le faisceau de sortie pendant le temps mis par l'onde électromagnétique pour faire un aller-retour dans la cavité.
10-c) En supposant , en déduire l'équation différentielle décrivant l'évolution au cours du temps de l'énergie électromagnétique contenue dans la cavité.
10-d) Exprimer le temps caractéristique de dissipation de l'énergie en fonction du temps et de la finesse de la cavité. Évaluer numériquement .
Voir l'indiceIndice
Calculer l'énergie stockée par intégration de la densité volumique moyenne, relier l'énergie évacuée \delta W par tour au facteur de transmission T, puis discrétiser la décharge temporelle sous la forme \mathrm{d}W/\mathrm{d}t \simeq -\delta W/\tau.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan d'énergie électromagnétique sur un aller-retour dans la cavité établissant une décroissance exponentielle de constante de temps \tau_W \propto F\tau.
Voir le corrigé completCorrigé complet
10-a) Énergie électromagnétique W contenue dans la cavité
La cavité, de longueur géométrique d = L/2, est le siège à la résonance d'une onde stationnaire résultant de la superposition de l'onde aller d'amplitude \mathcal{E} et de l'onde retour d'amplitude \mathcal{E}'. Comme R' \simeq 1 et que la condition de résonance impose un aller-retour en phase (kL = 2\pi N), les deux ondes progressives ont même amplitude en module : |\mathcal{E}'| \simeq |\mathcal{E}|.
La densité volumique d'énergie électromagnétique moyenne associée à chacune de ces ondes planes progressives dans le vide s'écrit :
La longueur de la cavité L/2 étant un nombre entier de demi-longueurs d'onde (L/2 = N \lambda_\ell / 2), le terme d'interférence spatiale entre les deux ondes a une intégrale nulle sur la longueur de la cavité. L'énergie électromagnétique totale contenue dans le volume V = S \times (L/2) est donc égale à la somme des énergies des deux ondes progressives :
10-b) Énergie \delta W sortant pendant la durée \tau
Le faisceau sortant par le miroir de couplage M_{\text{c}} a pour amplitude complexe \mathcal{E}_{\text{out}} et transporte une intensité lumineuse I_{\text{out}} = |\mathcal{E}_{\text{out}}|^2. D'après la question Q2-b, la puissance lumineuse moyenne transmise à travers la section S est :
Pendant le temps d'aller-retour \tau = L/c, l'énergie qui s'échappe de la cavité est :
Comme |\mathcal{E}_{\text{out}}|^2 = T |\mathcal{E}'|^2 \simeq T |\mathcal{E}|^2, on a directement \delta W = T W. En fonction de \mathcal{E}_{\text{out}} :
10-c) Équation différentielle sur W(t)
À chaque aller-retour de durée \tau, la cavité perd l'énergie \delta W. La variation d'énergie sur cet intervalle s'écrit :
Puisque T = 4\times 10^{-2} \ll 1, la perte relative par tour est très faible (\delta W \ll W). On peut donc effectuer l'approximation des milieux continus en assimilant le taux de variation discret à une dérivée temporelle :
D'où l'équation différentielle régissant l'évolution de l'énergie :
10-d) Temps caractéristique \tau_W et application numérique
L'énergie décroît exponentiellement selon W(t) = W(0)\mathrm{e}^{-t/\tau_W}, avec un temps caractéristique :
D'après la question Q9-a, la finesse est donnée par F = \frac{2\pi}{T}, soit T = \frac{2\pi}{F}. On en déduit :
Avec \tau = 5\text{ ns} (question Q7-c) et T = 4\times 10^{-2} :
Avec un chiffre significatif :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
1.2 · Amplification optique
Question 11
Application directeTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Question de cours
Chapitre : Physique quantique › Fonction d'onde et équation de Schrödinger
Notions : état stationnaire, équation de schrödinger indépendante du temps
Qu'appelle-t-on état stationnaire d'un système isolé ?
Dans votre réponse à cette question, vous veillerez à aborder les points suivants : (i) Si l'atome est dans l'état stationnaire , comment s'écrit sa fonction d'onde ? Préciser la fonction caractérisant sa dépendance en . (ii) Quelle est l'équation différentielle vérifiée par la fonction ? (iii) De quelle(s) variable(s) dépend la fonction ? Dépend-elle du temps ? Quelle relation de normalisation lui est-elle imposée ?
Voir l'indiceIndice
Définir un état stationnaire par une densité de probabilité de présence indépendante du temps, factoriser la fonction d'onde en variables séparées \psi(x,t) = \varphi_a(x)\exp(-\mathrm{i}E_a t/\hbar) et poser la condition de normalisation unitaire.
Voir la réponse courteRéponse courte
Définition d'un état stationnaire comme état propre du hamiltonien, factorisation spatio-temporelle harmonique et condition de normalisation spatiale.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Un état stationnaire d'un système quantique isolé est un état propre de l'hamiltonien \hat{H}, associé à une énergie bien définie E_a. Pour un tel état, toutes les grandeurs physiques mesurables ainsi que la densité de probabilité de présence |\psi(x,t)|^2 sont indépendantes du temps.
(i) Forme de la fonction d'onde et dépendance temporelle
Pour un système isolé à une dimension dont le potentiel V(x) est indépendant du temps, la recherche de solutions par séparation des variables spatiales et temporelles conduit à l'expression :
La dépendance temporelle est entièrement contenue dans le facteur de phase harmonique :
(ii) Équation différentielle vérifiée par \varphi_a
En injectant cette forme factorisée dans l'équation de Schrödinger dépendante du temps (3) :
et en calculant la dérivée temporelle \mathrm{i}\hbar \frac{\partial \psi}{\partial t} = E_a \psi(x,t), on peut simplifier de part et d'autre par le facteur \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\frac{E_a}{\hbar}t}, ce qui donne l'équation de Schrödinger indépendante du temps :
qui s'écrit également :
(iii) Variables et condition de normalisation
- La fonction \varphi_a dépend uniquement de la variable spatiale x de l'électron actif ; elle est strictement indépendante du temps t.
La probabilité totale de présence de l'électron sur tout l'espace étant égale à 1, la fonction d'onde doit être de carré sommable et normalisée à l'unité :
\int_{-\infty}^{+\infty} |\psi(x,t)|^2\,\mathrm{d}x = 1Comme |\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\frac{E_a}{\hbar}t}|^2 = 1, la condition de normalisation imposée à \varphi_a s'écrit :
\boxed{\int_{-\infty}^{+\infty} |\varphi_a(x)|^2\,\mathrm{d}x = 1}
Résultat
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Cette définition de cours de l'état stationnaire a été largement abordée et bien réussie, avec 70 à 80 % de succès.
« La première question est une question de cours où on demande aux candidats de définir l’état stationnaire d’un système isolé. »
« Les Figures 2b et 3b montrent non seulement qu’une majorité des candidats a traité cette question mais qu’en plus ils ont pour la plupart bien réussi, entre 70 et 80% de réussite pour cette question. »
Source : rapport du jury X-ENS 2023
Question 12
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 12 min- Incontournable
- Mise en équation
- Calcul littéral
- Schéma ou tracé
Chapitre : Physique quantique › Quantification et confinement
Notions : puits de potentiel infini, état stationnaire
Pour donner consistance à la notion d'état stationnaire, supposons que l'électron actif est confiné au voisinage du noyau (situé en ) par le puits de potentiel infini défini par :
12-a) Déterminer les états stationnaires de ce système et leurs énergies (vous pourrez remarquer que vous avez déjà répondu à une question analogue, dans un cadre différent, en question 3). Tracer l'allure des représentations graphiques de pour l'état fondamental et les deux premiers états excités de ce système.
12-b) Montrer que les fonctions peuvent toujours être choisies réelles et sont de parité définie (elles sont soit paires, soit impaires). Interpréter ce dernier résultat.
12-c) En définissant le produit scalaire de deux fonctions réelles d'une variable réelle et par :
montrer que les états stationnaires et distincts (avec ) sont orthogonaux au sens du produit scalaire (5).
Voir l'indiceIndice
Résoudre \varphi''(x) + k^2\varphi(x) = 0 avec les conditions de bord \varphi(\pm \ell/2) = 0. Exploiter la parité du potentiel pour classer les modes propres en solutions paires (cosinus) et impaires (sinus).
Voir la stratégieStratégie
- Résoudre l'équation de Schrödinger indépendante du temps à l'intérieur du puits où V(x)=0, appliquer la condition de nullité de la fonction d'onde aux parois x = \pm \ell/2 par continuité, et normaliser les états.
- Exploiter la symétrie du hamiltonien sous l'opération de parité x \mapsto -x et la non-dégénérescence des niveaux d'énergie à une dimension pour prouver la parité définie des états propres.
- Démontrer l'orthogonalité pour n \neq p en distinguant le cas de parités opposées (intégrale d'une fonction impaire sur un intervalle symétrique) et le cas de parités identiques (linéarisation trigonométrique).
Voir la réponse courteRéponse courte
Résolution de l'équation de Schrödinger dans le puits symétrique : modes sinusoïdaux de parité alternée et orthogonalité des fonctions d'onde.
Voir le corrigé completCorrigé complet
12-a) Détermination des états stationnaires et de leurs énergies
À l'extérieur du puits (|x| > \ell/2), le potentiel étant infini, la probabilité de présence de l'électron est strictement nulle, d'où :
La continuité de la fonction d'onde en x = \pm \ell/2 impose alors les conditions aux limites :
À l'intérieur du puits (-\ell/2 < x < \ell/2), V(x) = 0. L'équation de Schrödinger indépendante du temps s'écrit :
La solution générale est de la forme :
Les conditions aux limites mènent au système :
Une solution non triviale correspond à deux familles de modes disjointes :
- Modes pairs (B = 0) : \cos\left(\frac{k\ell}{2}\right) = 0 \implies \frac{k\ell}{2} = n \frac{\pi}{2} avec n \in \{1, 3, 5, \dots\} impair.
- Modes impairs (A = 0) : \sin\left(\frac{k\ell}{2}\right) = 0 \implies \frac{k\ell}{2} = n \frac{\pi}{2} avec n \in \{2, 4, 6, \dots\} pair.
En regroupant sous un indice unique n \in \mathbb{N}^*, le vecteur d'onde est quantifié selon k_n = \frac{n\pi}{\ell}. Les niveaux d'énergie quantifiés valent donc :
La condition de normalisation \int_{-\ell/2}^{\ell/2} |\varphi_n(x)|^2\,\mathrm{d}x = 1 fixe la constante de normalisation à \sqrt{2/\ell} (à un facteur de phase global près). Les états stationnaires s'écrivent :
et \varphi_n(x) = 0 en dehors de cet intervalle.
12-b) Réalité et parité des fonctions propres
- Choix réel : L'équation différentielle régissant \varphi_n(x) étant linéaire à coefficients réels, les parties réelle et imaginaire d'une solution complexe sont chacune solution indépendante pour la même valeur propre E_n. Les états liés à une dimension étant non dégénérés, toute solution est proportionnelle à une fonction réelle à une phase globale près : on peut donc toujours choisir \varphi_n(x) réelle.
Parité définie : Le potentiel étant pair (V(-x) = V(x)), si \varphi_n(x) est solution de valeur propre E_n, alors \tilde{\varphi}_n(x) = \varphi_n(-x) est également solution associée à la même valeur propre E_n. En raison de la non-dégénérescence, \varphi_n(-x) est nécessairement colinéaire à \varphi_n(x) :
\varphi_n(-x) = \lambda \varphi_n(x) \implies \varphi_n(x) = \lambda^2 \varphi_n(x) \implies \lambda^2 = 1 \implies \lambda = \pm 1Chaque état stationnaire est donc soit pair (\lambda = +1), soit impair (\lambda = -1).
Interprétation : La densité volumique de présence |\varphi_n(x)|^2 = |\varphi_n(-x)|^2 respecte la symétrie miroir du système physique : l'électron a une probabilité identique de se trouver à gauche ou à droite du noyau situé en x = 0.
12-c) Orthogonalité des états stationnaires
Soient deux entiers n \neq p. L'intégrale du produit scalaire est restreinte à l'intervalle [-\ell/2, +\ell/2] :
Si n et p ont des parités distinctes (l'un pair, l'autre impair), le produit \varphi_n(x)\varphi_p(x) est une fonction impaire intégrée sur un intervalle symétrique autour de 0, d'où :
(\varphi_n, \varphi_p) = 0Si n et p sont tous deux impairs (n \neq p), on utilise l'identité 2\cos a \cos b = \cos(a+b) + \cos(a-b) :
\begin{aligned} (\varphi_n, \varphi_p) &= \frac{1}{\ell} \int_{-\ell/2}^{+\ell/2} \left[\cos\left(\frac{(n+p)\pi x}{\ell}\right) + \cos\left(\frac{(n-p)\pi x}{\ell}\right)\right]\mathrm{d}x \\ &= \frac{1}{\ell} \left[ \frac{\ell}{(n+p)\pi}\sin\left(\frac{(n+p)\pi x}{\ell}\right) + \frac{\ell}{(n-p)\pi}\sin\left(\frac{(n-p)\pi x}{\ell}\right) \right]_{-\ell/2}^{+\ell/2} \end{aligned}Comme n et p sont de même parité, n+p et n-p sont des entiers pairs non nuls. Par conséquent, \sin\left(\frac{(n\pm p)\pi}{2}\right) = 0, ce qui annule les deux termes.
- Si n et p sont tous deux pairs (n \neq p), l'identité 2\sin a \sin b = \cos(a-b) - \cos(a+b) conduit au même résultat nul pour les mêmes raisons.
On a donc bien dans tous les cas pour n \neq p :
Résultat
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Veillez particulièrement à la qualité des graphiques représentant l'état fondamental et les états excités pour obtenir la totalité des points.
« Même si cette question a été abordée par une majorité de candidats, seuls environ 40% d’entre eux ont bien répondu. »
« La sous-question 12a) a posé des difficultés aux candidats où il était demandé de représenter sur un graphique l’état fondamental ainsi que les 2 premiers états excités, le jury rappelle qu’il faut fait très attention à la qualité des graphiques pour obtenir l’ensemble des points. »
Source : rapport du jury X-ENS 2023
Question déjà tombée ailleurs
Question 13
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Physique quantique › Fonction d'onde et équation de Schrödinger
Notions : superposition d'états, système à deux niveaux
L'atome étant toujours isolé, on envisage maintenant la situation où il est dans une superposition d'états stationnaires et ; sa fonction d'onde est donc une combinaison linéaire des deux états stationnaires et , soit :
13-a) Justifier que l'espace des états (c'est-à-dire l'ensemble des fonctions d'onde accessibles, avant normalisation de ) est un espace vectoriel sur , normé, de dimension 2 et dont l'ensemble des deux états stationnaires forme une base.
13-b) Nous souhaitons déterminer comment cet état évolue au cours du temps. Montrer que la structure algébrique de l'espace des états permet d'écrire l'équation de Schrödinger vérifiée par sous la forme :
où est représentée dans la base par la matrice colonne . En déduire les expressions des coefficients et en fonction du temps et de leurs valeurs initiales et .
13-c) Expliquer la signification physique des coefficients et , et des grandeurs et . Montrer que les coefficients et sont reliés par une relation supplémentaire, dont on précisera la signification physique.
Voir l'indiceIndice
Substituer la combinaison linéaire dans l'équation de Schrödinger dépendante du temps, puis projeter orthogonalement sur chacun des états de la base orthonormée \{\varphi_a, \varphi_b\}.
Voir la stratégieStratégie
- Pour la question 13-a, on applique les définitions d'un espace vectoriel normé en s'appuyant sur l'orthonormalité admise de la famille \{\varphi_a, \varphi_b\}.
- Pour la question 13-b, on injecte la superposition \psi(x,t) dans l'équation de Schrödinger dépendante du temps en exploitant le fait que \varphi_a et \varphi_b sont états propres du hamiltonien \hat{H}. On projette ensuite sur la base \{\varphi_a, \varphi_b\} pour obtenir la forme matricielle puis les solutions scalaires.
- Pour la question 13-c, on interprète les coefficients à l'aide des postulats de la mécanique quantique (amplitudes et probabilités de présence/mesure) et on traduit la normalisation globale de la fonction d'onde.
Voir la réponse courteRéponse courte
Décomposition sur la base à deux états, équation d'évolution matricielle découplée et invariance temporelle des probabilités de présence associées.
Voir le corrigé completCorrigé complet
13-a) Structure algébrique de l'espace des états
L'atome étant restreint à l'interaction entre deux niveaux d'énergie, l'ensemble des fonctions d'onde accessibles est l'ensemble des combinaisons linéaires complexes de \varphi_a(x) et \varphi_b(x) :
- \mathcal{E} est par construction un sous-espace vectoriel sur \mathbb{C} de l'espace des fonctions de carré intégrable L^2(\mathbb{R}).
La famille \{\varphi_a, \varphi_b\} est génératrice de cet espace. D'après le préambule de l'énoncé, les deux états stationnaires sont orthonormés pour le produit scalaire :
(\varphi_a, \varphi_b) = \int_{-\infty}^{+\infty} \varphi_a(x)\,\varphi_b(x)\,\mathrm{d}x = 0 \quad \text{et} \quad \|\varphi_a\|^2 = \|\varphi_b\|^2 = 1Cette famille est donc orthogonale avec des vecteurs non nuls, ce qui implique qu'elle est libre.
La famille \{\varphi_a, \varphi_b\} constitue donc une base orthonormée de l'espace des états, qui est ainsi un espace vectoriel de dimension 2 sur \mathbb{C}.
Il est muni de la norme hermitienne issue du produit scalaire :
ce qui lui confère une structure d'espace vectoriel normé.
13-b) Évolution temporelle de la superposition
L'atome étant supposé isolé, l'équation de Schrödinger s'écrit avec l'opérateur hamiltonien \hat{H} = -\frac{\hbar^2}{2m}\frac{\partial^2}{\partial x^2} + V(x) :
Par définition des états stationnaires \varphi_a et \varphi_b, ceux-ci vérifient :
En injectant \psi(x,t) = a(t)\,\varphi_a(x) + b(t)\,\varphi_b(x) dans l'équation de Schrödinger, il vient :
Par unicité de la décomposition d'un vecteur dans la base \{\varphi_a, \varphi_b\} (ou en projetant successivement selon le produit scalaire avec \varphi_a puis \varphi_b), on identifie terme à terme les composantes :
Ce système découplé se met immédiatement sous la forme matricielle requise :
L'intégration des deux équations scalaires du premier ordre donne directement :
13-c) Signification physique et relation de normalisation
- Signification physique de a(t) et b(t) : Ce sont les amplitudes de probabilité associées respectivement aux états propres \varphi_a (d'énergie E_a) et \varphi_b (d'énergie E_b).
- Signification physique de p_a et p_b : D'après le postulat de la mesure (règle de Born), p_a = |a(t)|^2 représente la probabilité de trouver l'atome dans le niveau d'énergie E_a lors d'une mesure de son énergie à l'instant t. De même, p_b = |b(t)|^2 représente la probabilité de le trouver dans le niveau d'énergie E_b.
La fonction d'onde totale \psi(x,t) décrivant l'état physique de l'électron doit être normée à l'unité à tout instant t :
Compte tenu de l'orthonormalité (\varphi_a,\varphi_b) = 0 et (\varphi_a,\varphi_a) = (\varphi_b,\varphi_b) = 1, il vient la relation de conservation de la probabilité totale :
Cette relation exprime la certitude de trouver l'atome dans l'un des deux états stationnaires accessibles lors d'une mesure. De plus, pour un système isolé, |a(t)|^2 = |a(0)|^2 et |b(t)|^2 = |b(0)|^2 : ces probabilités sont indépendantes du temps.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Question de cours mathématique sur la structure d'espace vectoriel bien réussie par 70 % des candidats.
« La question 13 est une question de cours, orientée mathématique, où il faut montrer que l’espace des états est un espace vectoriel. 70% des candidats ont bien répondu à cette question. »
Source : rapport du jury X-ENS 2023
Question 14
ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min- Mise en équation
- Calcul littéral
Chapitre : Physique quantique › Fonction d'onde et équation de Schrödinger ; Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique
Notions : moment dipolaire de transition, pulsation de rabi
Évaluer ces intégrales pourrait être délicat, car nous ne connaissons pas les fonctions et . Néanmoins nous savons qu'elles peuvent être choisies réelles. Et nous avons pu déterminer les états stationnaires de l'atome en modélisant l'énergie d'interaction de l'électron actif avec le noyau par un puits de potentiel infini (4). Dans un premier temps, nous allons nous servir de ce modèle pour déterminer la matrice ci-dessus.
14-a) En assimilant les états stationnaires et à deux des trois états stationnaires du puits de potentiel infini (dans un premier temps, on prendra et ), montrer que où est une grandeur réelle () qu'on ne cherchera pas à calculer. Comment choisir les états stationnaires et pour que ne soit pas nul ?
14-b) Montrer que l'énergie d'interaction entre l'atome et l'onde électromagnétique s'exprime dans le sous-espace vectoriel de base sous la forme d'une matrice de la forme :
et exprimer la fonction . On introduira la grandeur , appelée pulsation de Rabi.
14-c) En déduire l'équation de Schrödinger décrivant l'évolution de la fonction d'onde de cet atome interagissant avec le rayonnement. Montrer que les coefficients et vérifient le système d'équations différentielles :
Voir l'indiceIndice
Analyser la parité de l'intégrande : les éléments diagonaux font intervenir le produit de deux fonctions de même parité multiplié par la fonction impaire x, tandis que les éléments croisés requièrent des fonctions de parités opposées pour être non nuls.
Voir la stratégieStratégie
- Exploiter la parité des fonctions d'onde \varphi_1 et \varphi_2 ainsi que celle de l'opérateur dipolaire -ex pour déterminer la nullité ou non des intégrales définissant la matrice D_x.
- Écrire l'opérateur d'interaction dipolaire électrique V_{\text{int}} = -D_x E_0 \cos(\omega t) sous forme matricielle dans la base \{\varphi_a, \varphi_b\} et identifier f(t) en faisant apparaître la pulsation de Rabi \Omega_R.
- Appliquer l'équation de Schrödinger à la superposition \psi(x,t) = a(t)\varphi_a(x) + b(t)\varphi_b(x) pour établir le système différentiel couplé sur les amplitudes de probabilité a(t) et b(t).
Voir la réponse courteRéponse courte
Intégrales dipolaires nulles par parité sur les états propres identiques, non nulles entre états de parités opposées, introduisant la pulsation de Rabi.
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14-a) Matrice du dipôle atomique et règle de sélection de parité
D'après la question Q12, le puits de potentiel est centré en x = 0 et symétrique :
- \varphi_1(x) = \sqrt{\frac{2}{\ell}} \cos\left(\frac{\pi x}{\ell}\right) est une fonction paire ;
- \varphi_2(x) = \sqrt{\frac{2}{\ell}} \sin\left(\frac{2\pi x}{\ell}\right) est une fonction impaire.
L'opérateur dipôle électrique selon l'axe \mathrm{O}x est D_x = -ex, qui est une fonction impaire de la variable x.
Examinons les éléments de matrice donnés par la relation (9), sachant que les fonctions d'onde sont réelles :
Éléments diagonaux :
D_{aa} = -e \int_{-\ell/2}^{+\ell/2} x\,\varphi_a(x)^2\,\mathrm{d}x \quad \text{et} \quad D_{bb} = -e \int_{-\ell/2}^{+\ell/2} x\,\varphi_b(x)^2\,\mathrm{d}xPour tout état \varphi_a (paire ou impaire), \varphi_a(x)^2 est paire. Par suite, l'intégrande x\,\varphi_a(x)^2 est le produit d'une fonction impaire et d'une fonction paire, donc est une fonction impaire. L'intégrale d'une fonction impaire sur l'intervalle symétrique [-\ell/2, +\ell/2] est identiquement nulle :
D_{aa} = 0 \quad \text{et} \quad D_{bb} = 0Éléments non diagonaux :
D_{ab} = -e \int_{-\ell/2}^{+\ell/2} x\,\varphi_a(x)\,\varphi_b(x)\,\mathrm{d}xPour \varphi_a = \varphi_1 (paire) et \varphi_b = \varphi_2 (impaire), le produit \varphi_a(x)\varphi_b(x) est une fonction impaire. Ainsi, l'intégrande x\,\varphi_a(x)\varphi_b(x) est le produit de deux fonctions impaires, donc une fonction paire. Son intégrale sur [-\ell/2, +\ell/2] est en général non nulle. En posant d = D_{ab}, on a bien d \in \mathbb{R}.
Comme les fonctions d'onde sont réelles, l'opérateur D_x est symétrique :D_{ba} = -e \int_{-\ell/2}^{+\ell/2} x\,\varphi_b(x)\,\varphi_a(x)\,\mathrm{d}x = D_{ab} = d
On obtient donc la matrice annoncée :
Condition sur le choix des états \varphi_a et \varphi_b : Pour que d = D_{ab} \neq 0, l'intégrande ne doit pas être impair. Puisque x est impair, il est nécessaire que le produit \varphi_a(x)\varphi_b(x) soit impair. Par conséquent :
14-b) Matrice d'interaction et pulsation de Rabi
L'énergie d'interaction dipolaire s'écrit, en z = 0 avec \varphi_0 = 0 :
Puisque le facteur -E_0\cos(\omega t) est purement temporel et scalaire vis-à-vis des coordonnées d'espace, la matrice représentant V_{\text{int}} dans la base \{\varphi_a, \varphi_b\} est proportionnelle à la matrice de D_x :
On identifie la forme demandée \begin{pmatrix} 0 & f(t) \\ f(t) & 0 \end{pmatrix} = f(t) \begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix} en posant :
En introduisant la pulsation de Rabi \Omega_R = \frac{d E_0}{\hbar}, il vient :
14-c) Équation de Schrödinger et système différentiel sur a(t) et b(t)
L'hamiltonien total du système en présence de l'onde lumineuse est :
Dans la base orthonormée \{\varphi_a, \varphi_b\}, l'hamiltonien non perturbé \hat{H}_0 est diagonal (question Q13-b), et le terme d'interaction est donné par la matrice obtenue au 14-b. La matrice de l'hamiltonien total est donc :
L'équation de Schrödinger \mathrm{i}\hbar \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}|\psi(t)\rangle = \hat{H}|\psi(t)\rangle se traduit matriciellement par :
En développant ce produit matriciel :
En divisant chaque équation par \mathrm{i}\hbar et en utilisant \frac{1}{\mathrm{i}} = -\mathrm{i} (soit -\frac{1}{\mathrm{i}} = +\mathrm{i}), on obtient :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 15
ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min- Mise en équation
- Calcul littéral
Chapitre : Physique quantique › Fonction d'onde et équation de Schrödinger
Notions : représentation d'interaction, approximation séculaire
Écrire les équations différentielles vérifiées par et , en veillant à développer en exponentielles complexes, de façon à clairement mettre en évidence les termes contribuant à des variations lentes ou rapides de et .
Voir l'indiceIndice
Dériver \alpha(t) et \beta(t) par rapport au temps, remplacer les dérivées \dot{a}(t) et \dot{b}(t) issues des équations de Schrödinger et développer le cosinus en exponentielles complexes d'arguments \pm \mathrm{i}\omega t.
Voir la stratégieStratégie
- Dériver par rapport au temps les relations de définition de \alpha(t) et \beta(t) données par l'équation (11).
- Injecter les équations différentielles vérifiées par a(t) et b(t) établies à la question 14-c.
- Développer \cos(\omega t) selon la formule d'Euler pour séparer les termes indépendants de \omega (termes lents) de ceux oscillant à la pulsation 2\omega (termes rapides).
Voir la réponse courteRéponse courte
Équations différentielles sur les amplitudes lentes après élimination des oscillations libres, mettant en évidence les pulsations lente \omega-\omega_0 et rapide \omega+\omega_0.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les relations (11), on a :
1. Équation vérifiée par \alpha(t) :
En dérivant l'expression de \alpha(t) = a(t)\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\frac{E_a}{\hbar}t} par rapport au temps :
En utilisant la première équation du système (10), \dfrac{\mathrm{d}a}{\mathrm{d}t} + \mathrm{i}\dfrac{E_a}{\hbar}a(t) = \mathrm{i}\Omega_R\cos(\omega t)b(t), il vient :
En développant le cosinus sous forme d'exponentielles complexes, \cos(\omega t) = \dfrac{\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\omega t} + \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}}{2} :
D'où l'équation pour \alpha(t) :
2. Équation vérifiée par \beta(t) :
De même, en dérivant \beta(t) = b(t)\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\left(\frac{E_a}{\hbar}+\omega\right)t} :
En substituant la seconde équation du système (10), \dfrac{\mathrm{d}b}{\mathrm{d}t} = -\mathrm{i}\dfrac{E_b}{\hbar}b(t) + \mathrm{i}\Omega_R\cos(\omega t)a(t) :
Sachant que \delta\omega = \omega - \omega_0 et \cos(\omega t)\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\omega t} = \dfrac{1 + \mathrm{e}^{+2\mathrm{i}\omega t}}{2}, on obtient :
3. Identification des termes lents et rapides :
- Les termes en facteur de 1 dans les crochets ainsi que le terme en \mathrm{i}\delta\omega oscillent à des pulsations nulles ou de l'ordre de |\delta\omega| \ll \omega, et de \Omega_R \ll \omega : ce sont les termes à variation lente.
- Les termes en \mathrm{e}^{\pm 2\mathrm{i}\omega t} oscillent à la pulsation 2\omega (de l'ordre de 10^{15}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}) : ce sont les termes à variation rapide (antirésonnants).
Résultat
Question 16
ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Physique quantique › Fonction d'onde et équation de Schrödinger ; Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique
Notions : densité de probabilité, cohérence quantique
L'atome est dans une superposition d'états stationnaires .
16-a) Exprimer la densité de probabilité de présence en de l'électron en fonction de . En déduire la probabilité élémentaire que l'électron soit situé entre et . Exprimer la valeur moyenne (sur toutes les valeurs possibles de ) du dipôle atomique .
16-b) Exprimer en fonction de , et des intégrales introduites par la relation (9). Ce résultat montre l'intérêt des variables , et et donc des variables , et pour représenter l'état de l'atome lorsqu'il est dans une superposition de deux états stationnaires (ici et ).
16-c) Donner l'interprétation physique des variables réelles et . Montrer qu'il existe une relation simple entre ces deux variables.
16-d) Exprimer en fonction de , et , puis en fonction de , , et . En déduire que est uniquement relié à la cohérence .
16-e) On introduit les variables réelles et telles que : . Montrer que :
Voir l'indiceIndice
Calculer la valeur moyenne \langle D_x \rangle = \int \psi^* (-ex) \psi \, \mathrm{d}x, regrouper les termes faisant intervenir d = D_{ab} et identifier le rôle de la cohérence C = \beta^*\alpha en développant C = \frac{1}{2}(u+\mathrm{i}v).
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul de la valeur moyenne du dipôle atomique, montrant qu'il est proportionnel à la partie réelle de la cohérence hors diagonale C.
Voir le corrigé completCorrigé complet
16-a) D'après les postulats de la mécanique quantique à une dimension :
La densité volumique (ici linéique) de probabilité de présence de l'électron en x à l'instant t s'exprime par le module au carré de la fonction d'onde :
\boxed{\rho(x, t) = |\psi(x, t)|^2 = \psi^*(x, t)\psi(x, t)}La probabilité élémentaire \mathrm{d}\mathcal{P} de trouver l'électron dans l'intervalle [x, x + \mathrm{d}x] à l'instant t est donc :
\boxed{\mathrm{d}\mathcal{P} = |\psi(x, t)|^2\,\mathrm{d}x}La valeur moyenne \langle D_x \rangle de la composante du dipôle électrique atomique D_x = -ex s'obtient en intégrant sur toutes les positions possibles :
\boxed{\langle D_x \rangle = \int_{-\infty}^{+\infty} \psi^*(x, t)\,(-ex)\,\psi(x, t)\,\mathrm{d}x}
16-b) En injectant la décomposition \psi(x, t) = a(t)\varphi_a(x) + b(t)\varphi_b(x) dans l'expression de \langle D_x \rangle, on développe :
En identifiant les éléments de matrice D_{ij} définis par la relation (9), on obtient :
16-c) D'après les définitions (11) des variables \alpha(t) et \beta(t) :
- Interprétation physique : \alpha^*\alpha = p_a et \beta^*\beta = p_b représentent respectivement les probabilités de présence (ou populations) de trouver l'atome dans l'état stationnaire \varphi_a et dans l'état stationnaire \varphi_b.
Relation : Le système étant modélisé par un système à deux niveaux normalisé (p_a + p_b = 1, d'après la question 13-c), on a :
\boxed{\alpha^*\alpha + \beta^*\beta = 1}
16-d) D'après la question 14-a, la parité des états impose des moments dipolaires permanents nuls (D_{aa} = D_{bb} = 0), et le dipôle de transition est réel et symétrique : D_{ab} = D_{ba} = d \in \mathbb{R}. Il vient :
En inversant les relations (11) :
On calcule les produits croisés :
L'expression de \langle D_x \rangle devient :
Les termes de population \alpha^*\alpha et \beta^*\beta n'intervenant pas, la valeur moyenne \langle D_x \rangle du dipôle est uniquement reliée à la cohérence C = \beta^*\alpha (et à son conjugué C^*).
16-e) En posant C = \frac{1}{2}(u + \mathrm{i}v) avec (u, v) \in \mathbb{R}^2, on exprime la somme :
En multipliant par d, on retrouve bien la relation (13) :
Résultat
Question 17
DifficileTemps estimé : ≈ 12 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux ; Physique quantique › Fonction d'onde et équation de Schrödinger
Notions : polarisation diélectrique, susceptibilité électrique
Pour décrire le milieu amplificateur en régime permanent, nous nous intéressons à l'état stationnaire de ce système.
17-a) Écrire les équations vérifiées en régime permanent par les variables .
17-b) Déterminer la solution stationnaire de ce système dans le cas où le milieu n'est soumis à aucune onde électromagnétique, c'est-à-dire si l'amplitude de cette onde est nulle, donc si la pulsation de Rabi est nulle. On appellera et les valeurs des paramètres ainsi obtenues. Justifier que la cohérence entre les deux états a et b de l'atome n'est créée que par l'interaction de l'atome avec l'onde électromagnétique.
17-c) Calculer la valeur moyenne du dipôle électrique atomique en régime stationnaire. On rappelle le résultat (13) de la question 16-e : .
17-d) Le milieu amplificateur est constitué de "atomes" par unité de volume. La polarisation de ce milieu est son moment dipolaire par unité de volume : . Déterminer la polarisation du milieu amplificateur en régime stationnaire et montrer qu'elle oscille à la pulsation . Écrire la représentation complexe de (avec la représentation complexe définie par la relation (2)), et montrer qu'on peut l'écrire sous la forme , où est la susceptibilité complexe du milieu amplificateur. On rappelle que . Calculer les parties réelle et imaginaire de en fonction de .
Voir l'indiceIndice
Résoudre le système algébrique obtenu en annulant les dérivées temporelles. Identifier ensuite la susceptibilité complexe \chi via la définition de la polarisation macroscopique \mathcal{P} = n\langle D_x \rangle = \epsilon_0 \chi \mathcal{E}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Résolution en régime permanent des équations d'évolution pour relier la polarisation macroscopique au champ et extraire la susceptibilité diélectrique complexe.
Voir le corrigé completCorrigé complet
17-a) Équations en régime permanent pour p_a, p_b et C
L'évolution temporelle de l'état quantique résulte de la somme de trois contributions :
l'interaction dipolaire avec le champ électromagnétique (relations (14)) :
\left.\frac{\mathrm{d}p_a}{\mathrm{d}t}\right|_{\text{int}} = -\mathrm{i}\frac{\Omega_R}{2}(C - C^*), \quad \left.\frac{\mathrm{d}p_b}{\mathrm{d}t}\right|_{\text{int}} = +\mathrm{i}\frac{\Omega_R}{2}(C - C^*), \quad \left.\frac{\mathrm{d}C}{\mathrm{d}t}\right|_{\text{int}} = -\mathrm{i}\delta\omega C - \mathrm{i}\frac{\Omega_R}{2}(p_a - p_b)la relaxation due à l'émission spontanée et aux collisions (relations (15)) :
\left.\frac{\mathrm{d}p_a}{\mathrm{d}t}\right|_R = -\gamma_1 p_a, \quad \left.\frac{\mathrm{d}p_b}{\mathrm{d}t}\right|_R = -\gamma_1 p_b, \quad \left.\frac{\mathrm{d}C}{\mathrm{d}t}\right|_R = -\gamma_2 Cles termes sources d'apport d'atomes :
\left.\frac{\mathrm{d}p_a}{\mathrm{d}t}\right|_S = +\Lambda_a, \quad \left.\frac{\mathrm{d}p_b}{\mathrm{d}t}\right|_S = +\Lambda_b, \quad \left.\frac{\mathrm{d}C}{\mathrm{d}t}\right|_S = 0
En régime permanent (stationnaire), toutes les dérivées temporelles sont nulles (\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} = 0), ce qui conduit au système :
17-b) Solution stationnaire sans onde électromagnétique (\Omega_R = 0)
En posant \Omega_R = 0 dans le système précédent, les termes de couplage s'annulent :
Justification physique : Les atomes alimentés par les termes sources sont créés indépendamment dans les états propres d'énergie \varphi_a ou \varphi_b, sans relation de phase mutuelle (mélange statistique incohérent). La cohérence C = \beta^* \alpha, qui mesure l'existence d'une superposition quantique cohérente avec cohérence de phase entre les deux états, n'est donc induite que par l'interaction dipolaire avec le champ électrique oscillant de l'onde lumineuse (\Omega_R \neq 0).
17-c) Valeur moyenne du dipôle en régime stationnaire
En reportant les expressions de u et v données par l'énoncé dans la relation (13) :
on obtient directement :
17-d) Polarisation du milieu et susceptibilité complexe
Le moment dipolaire par unité de volume est :
P(t) est une combinaison linéaire de \cos(\omega t) et \sin(\omega t), elle est donc sinusoïdale et oscille bien à la pulsation \omega.
Pour déterminer la représentation complexe \underline{P}, rappelons la convention adoptée dans le sujet (équation (2)) : une grandeur réelle A(t) = A_1 \cos(\omega t) + A_2 \sin(\omega t) est associée à l'amplitude complexe \underline{A} telle que A(t) = \mathrm{Re}\left( \underline{A}\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} \right). Puisque \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} = \cos(\omega t) - \mathrm{i}\sin(\omega t), on a :
Ici, avec P(t) = n d [u \cos(\omega t) - v \sin(\omega t)], l'amplitude complexe associée s'écrit :
Comme C = \frac{1}{2}(u + \mathrm{i}v), on remarque que u - \mathrm{i}v = 2 C^*.
On cherche à identifier sous la forme :
Or au point z=0 et pour \varphi_0 = 0, le champ électrique s'écrit :
Il vient donc :
En utilisant la définition de la pulsation de Rabi \Omega_R = \dfrac{d E_0}{\hbar}, on a \dfrac{n d}{\epsilon_0 E_0} = \dfrac{n d^2}{\epsilon_0 \hbar \Omega_R}.
En séparant parties réelle et imaginaire \underline{\chi} = \chi' + \mathrm{i}\chi'', on a :
En substituant les expressions de u et v :
Résultat
Question 18
ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min- Mise en équation
- Calcul littéral
Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux
Notions : équation d'onde, milieu amplificateur
Nous considérons maintenant un milieu amplificateur occupant un volume cylindrique, d'axe , de longueur et de section qui est traversé par un faisceau lumineux se propageant dans le sens de l'axe (voir fig. 1-b). En présence d'une polarisation , de représentation complexe , l'équation de propagation selon du champ électrique de l'onde électromagnétique plane, devient, en notation complexe :
18-a) En déduire l'équation différentielle vérifiée par , amplitude complexe du champ électrique dans le plan (on négligera ici l'éventuelle dépendance de en ).
18-b) On recherche une solution de cette équation de la forme où est une grandeur complexe (avec ). Ecrire l'équation vérifiée par la variable complexe . On pourra éventuellement introduire un indice (optique) complexe (avec ) défini par .
18-c) On considère ici que le milieu amplificateur est dilué, au sens où les "atomes" actifs y ont une faible densité volumique . Puisque est proportionnel à , on supposera ici que la densité volumique des atomes actifs est suffisamment faible pour que . Dans cette hypothèse, déterminer les valeurs de et de en fonction de et . Puis montrer qu'amplifier l'onde électromagnétique qui traverse le milieu suppose que . Que se passe-t-il si cette égalité n'est pas satisfaite ?
18-d) Montrer que, pour satisfaire cette inégalité, il faut réaliser l'inversion des populations des états a et b. Définir précisément ce qu'on appelle ici les populations des états a et b. Expliquer pourquoi une vapeur constituée d'atomes actifs, même chauffée à haute température, ne constituera jamais un milieu amplificateur.
18-e) Désormais on suppose réalisée l'inversion de populations nécessaire à l'amplification de l'onde lumineuse. On appelle respectivement et les amplitudes complexes de l'onde à son entrée et à sa sortie du milieu amplificateur, en et en (voir fig. 1-b). Déterminer la fonction de transfert en fonction de et , en supposant que la susceptibilité ne dépende pas de l'intensité de l'onde qui traverse le milieu. En déduire le coefficient d'amplification de l'intensité .
Voir l'indiceIndice
Injecter l'onde plane dans l'équation d'onde pour aboutir à l'équation de dispersion complexe \underline{k}^2 = (\omega/c)^2(1+\underline{\chi}), puis effectuer un développement limité pour |\underline{\chi}| \ll 1 afin de relier l'amplification au signe de k''.
Voir la stratégieStratégie
- Pour la propagation (18-a et 18-b), on injecte la forme complexe \underline{E}(z,t) = \mathcal{E}(z)\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} et la relation constitutive \underline{P} = \epsilon_0 \underline{\chi}\underline{E} dans l'équation d'onde, en utilisant c^{-2} = \mu_0\epsilon_0.
- Dans l'approximation du milieu dilué (|\underline{\chi}| \ll 1), un développement limité au premier ordre de l'indice complexe permet d'identifier k' et k'', et d'en déduire la condition d'amplification.
- Le lien avec les populations (18-d) découle du signe de \chi'', relié à m_0 = p_a^0 - p_b^0 établi à la question Q17. La distribution de Boltzmann montre l'impossibilité d'une amplification à l'équilibre thermique.
- Enfin (18-e), on évalue le rapport des amplitudes et des intensités entre l'entrée z=0 et la sortie z=\ell_a.
Voir la réponse courteRéponse courte
Injection de la polarisation dans l'équation de d'Alembert avec terme source, définissant un indice complexe avec amplification si \chi''<0.
Voir le corrigé completCorrigé complet
18-a) Équation différentielle sur \mathcal{E}(z)
Avec \underline{E}(z,t) = \mathcal{E}(z)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} et \underline{P}(z,t) = \epsilon_0 \underline{\chi}\,\mathcal{E}(z)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}, les dérivées temporelles secondes s'écrivent :
En injectant dans l'équation de propagation (16) et en simplifiant par \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}, sachant que \mu_0 \epsilon_0 = \frac{1}{c^2} :
En posant k = \frac{\omega}{c}, on obtient :
18-b) Équation vérifiée par \underline{k}
En cherchant une solution de la forme \mathcal{E}(z) = E_0\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\underline{k}z}, la dérivée seconde spatiale vaut :
L'équation différentielle implique directement :
Pour une onde se propageant dans le sens des z croissants, on retient \underline{k} = \frac{\omega}{c}\underline{n} = k\,\underline{n}.
18-c) Expressions de k' et k'' et condition d'amplification
Pour un milieu dilué tel que |\underline{\chi}| \ll 1, l'indice optique complexe se développe au premier ordre selon :
Puisque \underline{k} = k\,\underline{n} = k' + \mathrm{i}k'', on identifie les parties réelle et imaginaire :
L'amplitude complexe s'écrit alors :
L'amplitude réelle de l'onde varie en \mathrm{e}^{-k'' z} = \mathrm{e}^{-k\frac{\chi''}{2}z}. L'onde se propageant dans le sens des z croissants (z > 0), elle est amplifiée si cette amplitude est une fonction croissante de z, ce qui impose :
Si cette inégalité n'est pas satisfaite :
- si \chi'' > 0, l'onde est atténuée au cours de sa propagation (effet d'absorption) ;
- si \chi'' = 0, l'amplitude reste constante (propagation sans perte ni gain dans un milieu transparent).
18-d) Inversion de populations
D'après le résultat de la question Q17 :
Toutes les grandeurs n, d^2, \epsilon_0, \hbar, \gamma_1, \gamma_2 étant strictement positives, le signe de \chi'' est identique à celui de m_0 = p_a^0 - p_b^0. Ainsi :
- Définition des populations : La population d'un niveau d'énergie donné représente le nombre d'atomes par unité de volume se trouvant dans cet état. Pour les états a et b, ces densités sont respectivement N_a = n\,p_a et N_b = n\,p_b. Avoir p_b > p_a équivaut donc à N_b > N_a : il s'agit d'une inversion de population.
Impossibilité à l'équilibre thermique : À l'équilibre thermodynamique à la température absolue T, la distribution de Boltzmann impose le rapport des populations :
\frac{N_b^{\text{eq}}}{N_a^{\text{eq}}} = \exp\left(-\frac{E_b - E_a}{k_B T}\right) = \exp\left(-\frac{\hbar\omega_0}{k_B T}\right)Comme E_b > E_a, l'argument de l'exponentielle est strictement négatif, d'où N_b^{\text{eq}} < N_a^{\text{eq}} pour toute température finie. Même à la limite théorique d'une température infinie (T \to +\infty), ce rapport ne ferait que tendre vers 1 par valeurs inférieures. Par conséquent, à l'équilibre thermique, m_0 > 0 et \chi'' > 0 : une vapeur chauffée est toujours absorbante et ne peut en aucun cas amplifier l'onde. L'obtention d'un milieu amplificateur requiert un apport d'énergie hors équilibre (pompage optique ou électrique).
18-e) Fonction de transfert \underline{H} et gain en intensité G_I
Avec \mathcal{E}_e = \mathcal{E}(0) et \mathcal{E}_s = \mathcal{E}(\ell_a) = \mathcal{E}_e\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\underline{k}\ell_a} :
L'intensité lumineuse étant proportionnelle au carré du module du champ complexe, le coefficient d'amplification de l'intensité s'en déduit immédiatement :
Ce qui donne :
Comme \chi'' < 0, l'exposant -k\chi''\ell_a est strictement positif et l'on a bien un gain G_I > 1.
Résultat
Question 19
DifficileTemps estimé : ≈ 10 min- Calcul littéral
- Schéma ou tracé
Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux
Notions : saturation, résonance optique
19-a) L'inversion des populations étant réalisée, représenter les variations de et de en fonction de . En déduire que le système est résonnant à la pulsation .
19-b) Calculer la largeur à mi-hauteur (en pulsation) de cette résonance et montrer qu'elle dépend en général de l'intensité de l'onde électromagnétique en . A quelle condition (portant sur ) en dépend-elle effectivement ? On parle alors d'élargissement de la résonance par le rayonnement, ou de saturation (d'où l'indice S de la largeur ). Calculer la largeur à mi-hauteur en l'absence de saturation, c'est-à-dire à faible intensité .
19-c) Ainsi la susceptibilité (et l'indice optique ) du milieu amplificateur dépend de l'intensité de l'onde se propageant dans le milieu amplificateur. Montrer que :
où est l'intensité de saturation du milieu et est la valeur de pour les faibles valeurs de (), soit en régime linéaire (où la polarisation complexe du milieu amplificateur dépend linéairement du champ de l'onde qui le polarise). Déterminer et en fonction de et des autres paramètres du système à deux niveaux a, b.
19-d) Si on néglige les variations de l'intensité de l'onde à l'échelle de la longueur d'onde, l'équation de propagation devient :
Intégrer cette équation différentielle entre et . Montrer que si l'intensité reste partout très en deçà de l'intensité de saturation, on retrouve le régime où varie exponentiellement avec . Si au contraire l'intensité est partout très supérieure à , montrer que l'intensité varie linéairement avec . Le gain en intensité varie alors linéairement avec .
Voir l'indiceIndice
Exprimer la condition de mi-hauteur sur la fonction lorentzienne \chi''(\delta\omega) pour déterminer \Delta\omega_S, puis séparer les variables I et z dans l'équation différentielle pour intégrer entre 0 et \ell_a.
Voir la stratégieStratégie
- Pour 19-a, analyser la parité et les extrema de \chi''(\delta\omega) et \chi'(\delta\omega) obtenus à la question Q17 en tenant compte de l'inversion de population (m_0 < 0).
- Pour 19-b, déterminer la pulsation d'accord pour laquelle le gain (relié à -\chi'') est maximal, puis chercher les pulsations où |\chi''| est divisé par deux pour en déduire la largeur à mi-hauteur.
- Pour 19-c, factoriser le dénominateur de \underline{\chi} par (\delta\omega^2 + \gamma_2^2) et identifier l'intensité de saturation I_S ainsi que la susceptibilité linéaire \underline{\chi}_\ell.
- Pour 19-d, séparer les variables dans l'équation différentielle non linéaire, intégrer entre 0 et \ell_a, puis étudier les cas limites de faible et forte saturation.
Voir la réponse courteRéponse courte
Tracé de la dispersion et de l'amplification en fonction de l'écart à résonance, et mise en évidence de l'élargissement sous fort éclairement.
Voir le corrigé completCorrigé complet
19-a) Allure des variations de \chi'' et \chi' et résonance
D'après les résultats de la question Q17, avec m_0 = p_a^0 - p_b^0 < 0 (inversion de population réalisée) :
Posons |m_0| = -m_0 = p_b^0 - p_a^0 > 0 et \Gamma^2 = \gamma_2^2 + \frac{\gamma_2}{\gamma_1}\Omega_R^2.
\chi''(\delta\omega) est une fonction paire, strictement négative. Elle présente un extremum (un minimum algébrique, soit un maximum en valeur absolue) en \delta\omega = 0 :
\chi''(0) = -\frac{n d^2 |m_0|}{\epsilon_0 \hbar} \frac{\gamma_2}{\Gamma^2}et tend vers 0 lorsque |\delta\omega| \to +\infty.
- \chi'(\delta\omega) est une fonction impaire, nulle en \delta\omega = 0, positive pour \delta\omega > 0 et négative pour \delta\omega < 0. Elle admet un maximum en \delta\omega = +\Gamma et un minimum en \delta\omega = -\Gamma.
Le coefficient d'amplification de l'onde G_I = \exp(-k\chi''\ell_a) (question Q18) est maximal lorsque |\chi''| est maximal, c'est-à-dire pour \delta\omega = 0, soit \omega = \omega_0. Le système présente donc bien un comportement résonnant à la pulsation de transition \omega_0.
19-b) Largeur à mi-hauteur et saturation
La valeur maximale de l'amplification correspond à |\chi''(0)| = \frac{n d^2 |m_0|}{\epsilon_0 \hbar} \frac{\gamma_2}{\Gamma^2}. La condition de demi-hauteur |\chi''(\delta\omega)| = \frac{1}{2}|\chi''(0)| s'écrit :
La largeur totale à mi-hauteur en pulsation est donc :
Comme \Omega_R^2 = \frac{d^2 E_0^2}{\hbar^2} = \frac{d^2 I(z)}{\hbar^2}, on a \Delta\omega_S = 2\sqrt{\gamma_2^2 + \frac{\gamma_2 d^2}{\gamma_1 \hbar^2}I(z)} : la largeur à mi-hauteur dépend explicitement de l'intensité I(z).
Elle en dépend de manière significative dès lors que le terme d'interaction n'est plus négligeable devant \gamma_2^2, soit :
En l'absence de saturation (I \to 0, soit \Omega_R \to 0) :
19-c) Susceptibilité non linéaire et intensité de saturation
Mettons \underline{\chi} = \chi' + \mathrm{i}\chi'' sous la forme factorisée :
On identifie la susceptibilité linéaire \underline{\chi}_\ell obtenue pour \Omega_R \to 0 :
En utilisant \Omega_R^2 = \frac{d^2 I}{\hbar^2}, le terme non linéaire s'écrit :
On en déduit l'intensité de saturation I_S :
On a donc bien établi la relation :
19-d) Intégration de l'équation de propagation et régimes limites
L'équation différentielle s'écrit :
En séparant les variables :
On intègre entre z = 0 (I(0) = I_e) et z = \ell_a (I(\ell_a) = I_s) :
Notons que -k\chi''_\ell > 0 car \chi''_\ell < 0 en présence d'inversion de population.
Régime linéaire (faible intensité, I(z) \ll I_S) :
Le terme (I_s - I_e)/I_S est négligeable devant le logarithme, ce qui conduit à :\ln\left(\frac{I(\ell_a)}{I_e}\right) \simeq -k\chi''_\ell \ell_a \implies \boxed{I(\ell_a) \simeq I_e \, \mathrm{e}^{-k\chi''_\ell \ell_a}}L'intensité croît exponentiellement avec la longueur du milieu (loi de Beer-Lambert amplificatrice).
Régime saturé (forte intensité, I(z) \gg I_S) :
Le terme logarithmique devient négligeable devant (I_s - I_e)/I_S, d'où :\frac{I_s - I_e}{I_S} \simeq -k\chi''_\ell \ell_a \implies \boxed{I(\ell_a) \simeq I_e - k\chi''_\ell I_S \ell_a}L'intensité varie alors linéairement avec l'épaisseur \ell_a. Le gain en intensité vaut ainsi :
\boxed{G_I = \frac{I_s}{I_e} \simeq 1 - \frac{k\chi''_\ell I_S}{I_e}\ell_a}qui varie lui aussi linéairement avec \ell_a.
Résultat
1.3 · Oscillateur dans le domaine optique
Question 20
DifficileTemps estimé : ≈ 12 min- Mise en équation
- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule ; Électrocinétique et électronique › Régime sinusoïdal forcé et filtrage
Notions : condition d'oscillation de barkhausen, laser
20-a) Exprimer en fonction de et . Identifier dans votre réponse la fonction de transfert de chacun des blocs que vous auriez pu mentionner dans la boucle de retour du laser en anneau modélisé dans la question 1.
20-b) En déduire le rapport , qui peut s'interpréter comme la fonction de transfert de l'amplitude complexe du champ électrique dans la cavité, en un tour de cavité. Montrer que ce rapport s'écrit sous la forme , où et sont deux réels qu'on exprimera en fonction des paramètres caractéristiques du laser.
20-c) En régime stationnaire, on a . Montrer qu'on obtient ainsi deux équations qui permettent de déterminer le "point de fonctionnement" du laser, c'est-à-dire sa pulsation et l'intensité de l'onde lumineuse circulant dans la cavité (et par conséquent le niveau de saturation du milieu amplificateur).
20-d) A partir de ces deux équations, montrer que : (i) la pulsation du laser est toujours très proche de la pulsation du mode de la cavité en anneau quand cette cavité est vide, c'est-à-dire sans amplificateur optique. Interpréter l'origine physique de la différence entre et . (ii) la seconde équation exprime qu'en régime stationnaire, la variation d'intensité créée par l'amplificateur compense les pertes de la cavité, c'est-à-dire ici l'intensité du faisceau de sortie du laser. Interpréter ce résultat en termes de bilan d'énergie.
Voir l'indiceIndice
Écrire la transmission à travers le milieu amplificateur, la propagation libre sur la longueur L-\ell_a et les réflexions sur les miroirs pour poser l'équation de bouclage \mathcal{E}'_e = \mathcal{E}_e ; en déduire les deux équations scalaires (gain et phase).
Voir la réponse courteRéponse courte
Condition d'oscillation en boucle fermée \underline{H}(\omega)=1 fixant la fréquence d'émission par la phase et l'intensité saturée par l'égalité gain-pertes.
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20-a) Expression de \mathcal{E}'_e et identification des blocs de retour
L'onde d'amplitude complexe \mathcal{E}_s à la sortie de l'amplificateur (z = \ell_a) effectue un tour complet dans la cavité avant de revenir en z = 0 avec l'amplitude \mathcal{E}'_e. Durant ce trajet :
- Elle se propage dans l'air (n_{\text{air}} = 1) sur une longueur géométrique L - \ell_a, accumulant un déphasage de propagation \mathrm{e}^{+\mathrm{i}k(L - \ell_a)} ;
- Elle subit une réflexion partielle sur le miroir de couplage \mathrm{M_c}, de coefficient de réflexion en amplitude r = -\sqrt{R} \simeq -\sqrt{1-T} ;
- Elle subit trois réflexions sur les miroirs \mathrm{M'}, chacune apportant un coefficient de réflexion r' = -\sqrt{R'} \simeq -1 (car A' \simeq 2\times 10^{-4} \ll 1, soit R' \simeq 1).
Le coefficient de réflexion global pour l'ensemble des quatre miroirs vaut donc :
L'amplitude complexe réinjectée en z = 0 s'écrit par conséquent :
Dans la modélisation en boucle de réaction de la question 1, la boucle de retour reliant la sortie de l'amplificateur (\mathcal{E}_s) à son entrée (\mathcal{E}'_e) est constituée de trois blocs élémentaires en cascade :
- Le bloc de propagation dans l'air : \underline{H}_{\text{prop}} = \mathrm{e}^{+\mathrm{i}k(L - \ell_a)} ;
- Le bloc de réflexion sur le miroir de couplage \mathrm{M_c} : \underline{H}_{\mathrm{M_c}} = -\sqrt{1-T} ;
- Le bloc de réflexion sur les trois miroirs \mathrm{M'} : \underline{H}_{\mathrm{M'}} = (r')^3 \simeq -1.
La fonction de transfert globale de la boucle de retour est le produit :
20-b) Fonction de transfert en boucle ouverte sur un tour de cavité
D'après la relation (18) de l'énoncé, la traversée de l'amplificateur fournit :
En combinant cette relation avec l'expression de \mathcal{E}'_e, le gain de boucle sur un tour s'exprime par :
On met ce rapport sous la forme \underline{H}(\omega) = A\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\varphi}, avec :
A et \varphi sont bien réels, et A > 0.
20-c) Équations régissant le point de fonctionnement stationnaire
En régime stationnaire entretenu, le champ doit se reproduire de manière identique après un tour de cavité : \mathcal{E}'_e = \mathcal{E}_e, soit \underline{H}(\omega) = 1 = 1\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}2\pi N} (N \in \mathbb{Z}). On obtient les deux conditions de Barkhausen :
Condition de phase :
\varphi = 2\pi N \iff \boxed{\frac{\omega}{c}\left(L + \frac{\chi'_S}{2}\ell_a\right) = 2\pi N} \quad (N \in \mathbb{N}^*)Cette équation fixe la pulsation d'oscillation \omega du laser.
Condition de module (A = 1) :
\sqrt{1-T}\,\mathrm{e}^{-k\frac{\chi''_S}{2}\ell_a} = 1 \iff \mathrm{e}^{-k\chi''_S \ell_a} = \frac{1}{1-T} \simeq 1 + TComme (-k\chi''_S)\ell_a \ll 1, le développement au premier ordre donne :
\boxed{-k\chi''_S \ell_a = -\ln(1-T) \simeq T}Puisque \chi''_S = \frac{\chi''_\ell}{1 + \frac{I(0)}{I_S}}, cette égalité détermine l'intensité lumineuse intracavité I(0) :
I(0) = I_S \left(\frac{-k\chi''_\ell \ell_a}{T} - 1\right)et fixe ainsi le niveau de saturation du milieu amplificateur.
20-d) Analyse physique
(i) Pulsation du laser et tiraillement de fréquence
Pour la cavité vide en anneau (\chi'_S = 0), la pulsation propre du mode N est :
En présence du milieu amplificateur, la condition de phase donne :
Comme |\chi'_S| \ll 1 (milieu dilué) et \ell_a \le L, le terme correctif \frac{|\chi'_S|\ell_a}{2L} \ll 1, d'où :
Interprétation physique : Le milieu actif possède un indice réel n' = 1 + \frac{\chi'_S}{2} \neq 1, ce qui modifie le chemin optique par tour de \Delta L_{\text{opt}} = (n'-1)\ell_a = \frac{1}{2}\chi'_S\ell_a. Pour conserver l'accord de phase sur un tour (L_{\text{opt}} = N\lambda), la longueur d'onde et donc la pulsation \omega sont légèrement décalées par rapport à \omega_N. Cet effet est appelé tiraillement de fréquence (frequency pulling), la fréquence laser étant tirée vers le centre de la raie atomique \omega_0.
(ii) Compensation des pertes et bilan énergétique
La condition de gain A = 1 s'écrit \mathrm{e}^{-k\chi''_S \ell_a} = \frac{1}{1-T}. Or, le gain en intensité sur la traversée de l'amplificateur est I(\ell_a) = I(0)\,\mathrm{e}^{-k\chi''_S \ell_a}. On en déduit :
Interprétation en termes de bilan d'énergie :
- I(\ell_a) - I(0) représente le flux d'énergie surfacique net apporté au champ intracavité par l'émission stimulée lors de la traversée de l'amplificateur.
- T\,I(\ell_a) = I_{\text{out}} est exactement l'intensité transmise hors de la cavité par le miroir de couplage \mathrm{M_c}, constituant le faisceau utile de sortie.
En régime permanent continu, l'énergie injectée dans le mode optique par émission stimulée compense rigoureusement l'énergie qui s'échappe de la cavité sous forme de faisceau laser (les pertes par absorption étant négligeables).
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Question très peu abordée et mal réussie, qui nécessitait de réutiliser le schéma-blocs de la question 1 pour déterminer les fonctions de transfert.
« Moins de 5% ont abordé cette question, très faible proportion des candidats, et les résultats ne sont pas très bons, seule la sous-question 20b franchit la barre des 30% de bonnes réponses. »
« Ce faible pourcentage de bonnes réponses peut s’expliquer par le fait que cette question faisait référence aux schéma-blocs demandés à la question 1. »
Source : rapport du jury X-ENS 2023
Partie 2 : Asservissement de la fréquence d'un laser continu monomode
Question 21
Application directeTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Schéma ou tracé
Chapitre : Électrocinétique et électronique › ALI et oscillateurs électroniques
Notions : schéma-bloc, boucle fermée
Représenter la structure élémentaire d'un système asservi à une consigne par un schéma-bloc composé de trois blocs : (a) le système à asservir, de fonction de transfert ; (b) un bloc capteur (ou détecteur), de fonction de transfert , qui constitue la boucle de retour ; (c) un bloc correcteur, de fonction de transfert ; et d'un comparateur entre une consigne et le signal délivré par le capteur (parfois appelé signal de mesure). Indiquer comment est formé le signal d'erreur. Décrire sommairement le rôle du capteur et celui du correcteur. Déterminer les fonctions de transfert en boucle ouverte et en boucle fermée du système asservi.
Voir l'indiceIndice
Tracer le schéma-bloc canonique à rétroaction unitaire ou non unitaire avec le comparateur \varepsilon = Co - K S. Appliquer la formule de Black pour exprimer la boucle fermée F(p) = C H / (1 + C H K).
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Représentation canonique avec comparateur, correcteur, système et capteur, puis calcul des fonctions de transfert F_O(p) et F(p).
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1. Schéma-bloc du système asservi
La structure canonique de l'asservissement comprend une chaîne directe formée du comparateur, du correcteur C(p) et du système physique H(p), ainsi qu'une chaîne de retour munie du capteur K(p) mesurant le signal de sortie S(p) :
2. Formation du signal d'erreur
Le comparateur soustrait à la consigne Co(p) le signal de mesure M(p) = K(p) S(p) délivré par le capteur. Le signal d'erreur (ou écart) \varepsilon(p) est donc formé selon :
3. Rôle du capteur et du correcteur
- Capteur K(p) : Il prélève l'information sur la grandeur de sortie S(p) et la convertit en un signal de mesure M(p) (souvent électrique) compatible et homogène à la consigne Co(p), avec un temps de réponse idéalement négligeable.
- Correcteur C(p) : Il traite le signal d'erreur \varepsilon(p) pour délivrer au système le signal de commande approprié, afin d'assurer la stabilité en boucle fermée et d'optimiser les performances (précision statique, rapidité, amortissement).
4. Fonctions de transfert en boucle ouverte et en boucle fermée
Par définition, la fonction de transfert en boucle ouverte F_O(p) est le rapport entre le signal réinjecté au comparateur M(p) et le signal d'erreur \varepsilon(p) lorsque la boucle est rompue :
En boucle fermée, la relation dans la chaîne directe s'écrit :
En regroupant les termes en S(p) :
On en déduit la fonction de transfert en boucle fermée F(p) = \frac{S(p)}{Co(p)} :
Résultat
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Question de cours sans difficulté consistant à modéliser un asservissement en boucle fermée et à identifier le signal d'erreur.
« La première question de cette partie est une question de cours, il faut modéliser un système asservi en boucle fermée et identifier le signal d’erreur. Cette question ne présente donc aucune difficulté. »
Source : rapport du jury X-ENS 2023
Question déjà tombée ailleurs
Question 22
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
Chapitre : Électrocinétique et électronique › Régime sinusoïdal forcé et filtrage
Notions : pôle dominant, fonction de transfert
Nous n'avons pas effectué une étude dynamique du comportement du laser, mais nous avons identifié un certain nombre de temps caractéristiques de son fonctionnement, qui sont soit des périodes d'oscillation, soit des temps de relaxation : il s'agit, pour la partie optique, de la période d'oscillation du champ électrique de l'onde, du temps et du temps d'amortissement de l'énergie électromagnétique dans la cavité , et pour l'"atome", le temps de relaxation des populations d'atomes dans les états a et b, de l'ordre de , et celui de la cohérence entre ces deux états, plus court (). Enfin vous connaissez l'ordre de grandeur de la largeur spectrale du laser monomode avant asservissement. Quand on ne dispose que de ce type d'informations sur la dynamique temporelle d'un système, on modélise souvent le système comme un système d'ordre 1, passe-bas, dont la fréquence de coupure est obtenue par le principe du pôle dominant, c'est-à-dire le pôle dont la fréquence caractéristique est la plus basse. Proposez une valeur de la fréquence de coupure du laser considéré comme un filtre passe bas et écrire la fonction de transfert correspondante .
Voir l'indiceIndice
Comparer les constantes de temps caractéristiques du système optique et atomique ; le pôle dominant correspond au temps de relaxation le plus long, c'est-à-dire le temps de cavité \tau_W \simeq 100\text{ ns}.
Voir la stratégieStratégie
- Recenser l'ensemble des échelles temporelles caractéristiques du système et déterminer le temps de relaxation le plus long, qui gouverne la dynamique globale (principe du pôle dominant).
- En déduire la pulsation de coupure \omega_c et la fréquence de coupure f_c correspondantes.
- Exprimer la fonction de transfert normalisée d'un filtre passe-bas du premier ordre H(p).
Voir la réponse courteRéponse courte
Identification du temps caractéristique le plus long pour définir la pulsation de coupure du premier ordre équivalent par approximation du pôle dominant.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dressons le bilan des temps caractéristiques mentionnés :
- Période d'oscillation optique : T_0 \simeq 2\text{ fs} (f_0 \simeq 5\times 10^{14}\text{ Hz}) ;
- Temps d'aller-retour dans la cavité : \tau \simeq 5\text{ ns} (\nu_{\text{ISL}} = 200\text{ MHz}) ;
- Temps de relaxation atomique de la cohérence : \tau_2 < \tau_1 \simeq 10\text{ ns} ;
- Temps de relaxation des populations atomiques : \tau_1 \simeq 10\text{ ns} ;
- Temps d'amortissement de l'énergie dans la cavité : \tau_W \simeq 100\text{ ns}.
Le temps caractéristique le plus long est celui associé au confinement de l'énergie dans la cavité optique :
D'après le principe du pôle dominant, la dynamique temporelle la plus lente impose la fréquence caractéristique la plus basse, qui fixe la bande passante du système. La pulsation de coupure à -3\text{ dB} du laser est donc :
ce qui correspond à une fréquence de coupure :
D'après les résultats des questions Q9 et Q10, on remarque que cette fréquence de coupure coïncide précisément avec la demi-largeur de résonance de la cavité :
La fonction de transfert d'un système passe-bas du premier ordre s'écrit alors en variable de Laplace p sous la forme :
où H_0 représente le gain statique du laser.
Résultat
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Ayez en tête des ordres de grandeur réalistes pour la fréquence de coupure afin de ne pas proposer de valeurs sans réalité physique.
« A la 2ème question il fallait donner un ordre de grandeur de la fréquence de coupure puis écrire la fonction de transfert complète du système. Il s’agit pour les candidats d’avoir en tête des ordres de grandeur pour éviter d’écrire des valeurs qui n’ont pas de réalité physique. »
Source : rapport du jury X-ENS 2023
Question 23
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Optique ondulatoire › Interférences par division d'amplitude ; Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule
Notions : accord en fréquence, cavité laser
Pour asservir la fréquence du laser monomode à une référence extérieure fixe , il faut pouvoir agir en temps réel sur la fréquence du laser en réponse à la différence . Sur quel paramètre physique du laser faut-il agir ?
Voir l'indiceIndice
Différentier la formule de la fréquence propre \nu_N = N c / L pour mettre en évidence la sensibilité de la fréquence laser aux variations de longueur développée \mathrm{d}L de la cavité.
Voir la réponse courteRéponse courte
La fréquence dépend de la longueur optique de la cavité : il faut ajuster la position du miroir par cale piézoélectrique.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la condition de phase établie à la question Q20-c (ou le résultat de la question Q3 pour une cavité vide), la fréquence de fonctionnement \nu du laser monomode oscillant sur le mode d'ordre N est très proche de la fréquence propre du mode :
où L est la longueur développée de la cavité et c la célérité de la lumière dans le vide.
Une variation relative \mathrm{d}L de cette longueur entraîne une variation relative de fréquence opposée :
Le paramètre physique sur lequel il faut agir en temps réel pour corriger l'écart \nu - \nu_0 est donc la longueur développée L de la cavité laser (ou, de façon équivalente, la position de l'un des miroirs de la cavité le long de l'axe optique, généralement contrôlée par une cale piézoélectrique).
Résultat
Question 24
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Électrocinétique et électronique › ALI et oscillateurs électroniques ; Optique ondulatoire › Interférences par division d'amplitude
Notions : transducteur piézoélectrique, boucle de rétroaction
La figure (5) d'étaille le montage d'un miroir M' de la cavité laser sur une cale piézoélectrique.
24-a) Quelle est la valeur de l'amplitude de déplacement du miroir mobile M' nécessaire pour balayer un intervalle spectral libre de la cavité laser ? On supposera que le faisceau intra-cavité réfléchi par ce miroir est à incidence normale au miroir.
24-b) Nous supposerons que l'épaisseur de l'échantillon piézoélectrique décroît lorsqu'on augmente la tension appliquée telle qu'elle est définie dans la légende de la figure (5). La correction apportée à la tension par le signal d'erreur est : . En utilisant la figure (4), déterminer le signe de la constante pour assurer le bon fonctionnement de l'asservissement de à la valeur . En déduire l'expression de .
Voir l'indiceIndice
Associer le balayage d'un intervalle spectral libre à une variation de chemin optique d'une demi-longueur d'onde (\Delta z = \lambda_\ell / 2). Déterminer le signe de K en observant la pente locale \mathrm{d}\theta/\mathrm{d}\nu au voisinage de \nu_0 pour garantir une contre-réaction.
Voir la stratégieStratégie
- Pour la question 24-a, relier la variation de la fréquence propre de la cavité \Delta\nu = \nu_{\text{ISL}} à la variation de sa longueur développée \Delta L, puis relier \Delta L au déplacement géométrique \Delta z du miroir à incidence normale.
- Pour la question 24-b, analyser la chaîne causale de la boucle de rétroaction : étudier le signe du signal d'erreur \epsilon(\nu - \nu_0) = \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}\nu} de part et d'autre de \nu_0 d'après la figure 4, puis l'impact d'une variation de tension \delta U sur l'épaisseur piézoélectrique e, sur la longueur développée L, et finalement sur la fréquence \nu. En déduire le signe de K garantissant une rétroaction négative stabilisatrice.
Voir la réponse courteRéponse courte
Déplacement d'une demi-longueur d'onde pour couvrir un intervalle spectral libre, et choix du signe de K pour obtenir une rétroaction stabilisatrice négative.
Voir le corrigé completCorrigé complet
24-a) Amplitude de déplacement du miroir mobile
La fréquence de résonance du mode N de la cavité laser s'écrit :
où L est la longueur développée de la cavité. Par différentiation, la variation de fréquence induite par une variation \Delta L de la longueur développée vaut :
Pour balayer un intervalle spectral libre complet \nu_{\text{ISL}} = \frac{c}{L} (cf. question Q7-b), la variation requise de longueur développée vérifie :
Le faisceau intra-cavité étant en incidence normale sur le miroir \mathrm{M}', un déplacement mécanique de ce miroir d'une amplitude \Delta z modifie la distance aller-retour de 2\Delta z, si bien que :
On en déduit l'amplitude de déplacement nécessaire :
Application numérique : avec \lambda_\ell \simeq 600\text{ nm} :
24-b) Signe de la constante K et expression de la correction \delta U_\epsilon
Signe du signal d'erreur : Le signal transmis \theta(\nu - \nu_0) par la cavité de référence est maximal en \nu = \nu_0. Sa dérivée \epsilon(\nu - \nu_0) = \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}\nu} (représentée en sortie du bloc DS sur la figure 4) présente les propriétés suivantes :
- si \nu < \nu_0 (flanc montant du pic) : \epsilon(\nu - \nu_0) > 0 ;
- si \nu = \nu_0 (sommet du pic) : \epsilon(0) = 0 ;
- si \nu > \nu_0 (flanc descendant du pic) : \epsilon(\nu - \nu_0) < 0.
Action de la tension U sur la fréquence \nu :
- D'après l'énoncé, l'épaisseur e de la cale piézoélectrique décroît lorsque la tension U augmente (\frac{\mathrm{d}e}{\mathrm{d}U} < 0).
- La figure 5 montre que le support fixe se situe à gauche (z=0) et le miroir mobile à droite (z=e), le faisceau incident arrivant de la droite. Une diminution de l'épaisseur e déplace donc le miroir vers la gauche, ce qui agrandit la cavité intra-laser : \delta L = -2\,\delta e. Par suite, \frac{\mathrm{d}L}{\mathrm{d}U} > 0.
- Comme \nu = N\frac{c}{L}, la fréquence décroît lorsque L augmente : \frac{\mathrm{d}\nu}{\mathrm{d}L} < 0.
Par composition :
U \nearrow \;\implies\; e \searrow \;\implies\; L \nearrow \;\implies\; \nu \searrowUne augmentation de tension \delta U > 0 entraîne une baisse de fréquence \delta \nu < 0.
Condition de stabilité de l'asservissement : Supposons que la fréquence du laser dérive vers le haut (\nu > \nu_0). L'asservissement doit ramener la fréquence vers \nu_0, donc provoquer une diminution de fréquence (\delta \nu < 0), ce qui exige une augmentation de tension :
\delta U_\epsilon > 0Or pour \nu > \nu_0, le signal d'erreur est négatif : \epsilon(\nu - \nu_0) < 0. Pour que \delta U_\epsilon = K \epsilon(\nu - \nu_0) > 0, il faut impérativement que :
\boxed{K < 0}Vérification réciproque : si \nu < \nu_0, \epsilon > 0 ; avec K < 0, \delta U_\epsilon < 0, ce qui augmente e, réduit L et fait croître \nu vers \nu_0. Le système réalise bien une rétroaction stabilisatrice (boucle fermée négative).
En posant K = -|K|, l'expression de la correction s'écrit :
Résultat
Question 25
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Électrocinétique et électronique › ALI et oscillateurs électroniques
Notions : réjection de perturbation, fonction de transfert
Dans ce contexte, le signal d'entrée du système devient maintenant , et le signal de sortie reste . Déterminer les fonctions de transfert en boucle ouverte et en boucle fermée de ce modèle. Comment choisir le gain de la fonction de transfert de la boucle de retour pour amortir suffisamment une perturbation à la pulsation .
Voir l'indiceIndice
Exprimer la relation de transfert liant la perturbation Q(\mathrm{j}\Omega) à la sortie S(\mathrm{j}\Omega) en posant la consigne nulle, puis montrer que l'atténuation du bruit requiert un module de boucle ouverte |F_O(\mathrm{j}\Omega)| \gg 1.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier les signaux sur le schéma-bloc de la figure 6 : la consigne Co étant constante (statique), sa composante harmonique à la pulsation \Omega \neq 0 est nulle (Co(\mathrm{j}\Omega) = 0).
- Exprimer le signal de sortie S(\mathrm{j}\Omega) en fonction de la perturbation d'entrée Q(\mathrm{j}\Omega) en remontant la chaîne directe et la boucle de retour pour obtenir F(\mathrm{j}\Omega) = \frac{S(\mathrm{j}\Omega)}{Q(\mathrm{j}\Omega)} et rappeler l'expression de la transmittance de boucle ouverte F_O(\mathrm{j}\Omega).
- Analyser le module de F(\mathrm{j}\Omega) pour dégager la condition sur le gain garantissant l'atténuation de la perturbation.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul de la réponse à une perturbation en boucle fermée montrant son atténuation lorsque le gain de boucle ouverte est élevé à cette pulsation.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Fonction de transfert en boucle ouverte
La transmittance en boucle ouverte F_O(\mathrm{j}\Omega) associée à la boucle d'asservissement correspond au produit des fonctions de transfert rencontrées le long de la boucle :
Remarque : si l'on s'intéresse à la réponse à la perturbation Q(\mathrm{j}\Omega) en l'absence de réaction (boucle coupée, soit K=0), la relation entrée-sortie directe est simplement S(\mathrm{j}\Omega) = H(\mathrm{j}\Omega)\,Q(\mathrm{j}\Omega).
2. Fonction de transfert en boucle fermée vis-à-vis de la perturbation
La consigne Co est purement statique, donc sa fluctuation à la pulsation \Omega > 0 est nulle :
Le comparateur fournit alors le signal d'erreur :
Le sommateur situé en amont du système H(\mathrm{j}\Omega) reçoit la commande corrigée et la perturbation Q(\mathrm{j}\Omega) :
En regroupant les termes en S(\mathrm{j}\Omega) :
On en déduit la fonction de transfert en boucle fermée F(\mathrm{j}\Omega) = \frac{S(\mathrm{j}\Omega)}{Q(\mathrm{j}\Omega)} :
3. Choix du gain pour amortir la perturbation
L'amplitude de l'effet de la perturbation sur la sortie est donnée par :
Pour amortir efficacement la perturbation par rapport au régime libre non asservi (où |S| = |H|\,|Q|), il faut rendre |1 + F_O(\mathrm{j}\Omega)| \gg 1. On doit donc choisir un gain de boucle très grand devant 1 à la pulsation \Omega considérée :
Pour la boucle de retour (capteur de transmittance K(\mathrm{j}\Omega)), cela impose de choisir un gain |K(\mathrm{j}\Omega)| suffisamment grand, tel que :
Sous cette condition, la fonction de transfert en boucle fermée se simplifie en :
ce qui assure une forte atténuation de la perturbation Q(\mathrm{j}\Omega) sur la fréquence du laser.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 26
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Électrocinétique et électronique › ALI et oscillateurs électroniques
Notions : correcteur proportionnel intégral, stabilité et précision
Quand on régule la fréquence d'un laser monomode sur une fréquence de référence très stable, on souhaite d'abord que le système asservi ait une excellente précision. Le second critère est évidemment que l'asservissement soit stable. Quel(s) correcteur(s) proposez vous d'utiliser dans ce cas ? Vous pouvez mentionner plusieurs types de correcteurs en comparant leurs mérites au regard des exigences formulées ci-dessus.
Voir l'indiceIndice
Proposer un correcteur Proportionnel-Intégral (PI) : l'action intégrale assure une précision statique parfaite (erreur nulle à basse fréquence), tandis que l'action proportionnelle (ou un filtre à avance de phase) permet de régler la marge de phase garantissant la stabilité.
Voir la stratégieStratégie
Pour répondre aux exigences de précision (annulation de l'erreur statique et réjection des dérives lentes) et de stabilité (marge de phase convenable), nous analysons successivement les correcteurs classiques :
- le correcteur proportionnel (\mathrm{P}) et ses limites ;
- le correcteur proportionnel-intégral (\mathrm{PI}), particulièrement adapté à l'annulation de l'erreur statique ;
- le correcteur proportionnel-intégral-dérivé (\mathrm{PID}) ou à avance de phase, qui optimise le compromis précision-stabilité-bande passante.
Voir la réponse courteRéponse courte
Un correcteur proportionnel-intégral (PI) annule l'erreur statique grâce à son intégrateur tout en conservant une marge de stabilité convenable.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Correcteur Proportionnel (\mathrm{P}) : C(p) = K_p
- Mérites : Très simple à mettre en œuvre ; augmenter K_p augmente le gain de boucle, ce qui réduit l'erreur de fréquence et atténue les perturbations.
- Limites : L'erreur statique reste non nulle (\varepsilon_{\infty} \propto \frac{1}{1 + K_{\mathrm{BO}}}). De plus, une augmentation excessive de K_p réduit les marges de stabilité (marge de phase et marge de gain) en augmentant la pulsation de coupure au voisinage des pôles secondaires du système, risquant d'induire des oscillations.
2. Correcteur Proportionnel-Intégral (\mathrm{PI}) : C(p) = K_p \left(1 + \frac{1}{T_i p}\right)
Mérites : Grâce à l'intégration pure (pôle en p=0), le gain en boucle ouverte devient infini en régime statique (\Omega = 0). Cela garantit :
- une erreur statique rigoureusement nulle (\nu = \nu_0) ;
- un rejet total des dérives lentes (bruits thermiques à très basse fréquence).
- Limites et stabilité : L'intégrateur introduit un retard de phase de 90^\circ en basse fréquence. Néanmoins, en réglant la constante de temps d'intégration T_i de façon à compenser le pôle dominant du laser (T_i \simeq \tau_W \simeq 100\text{ ns}), on évite l'accumulation excessive de déphasage et on garantit une excellente stabilité (marge de phase typique de 45^\circ à 60^\circ).
3. Correcteur Proportionnel-Intégral-Dérivé (\mathrm{PID}) ou \mathrm{PI} + avance de phase
- Mérites : L'action dérivée apporte une avance de phase dans la zone de coupure, ce qui augmente la marge de phase, stabilise le système et permet d'élargir la bande passante de la boucle fermée. Le laser peut ainsi compenser des perturbations acoustiques et mécaniques plus rapides (jusqu'à plusieurs dizaines ou centaines de kilohertz).
- Limites : L'action dérivée amplifie le bruit de mesure haute fréquence (bruit de grenaille de la photodiode) ; elle doit donc impérativement être filtrée par un pôle haute fréquence (p / (1 + \tau_d p)).
Conclusion et préconisation : Le correcteur le plus indiqué pour cet asservissement est le correcteur Proportionnel-Intégral (\mathrm{PI}) (ou un \mathrm{PID} avec filtre passe-bas sur la dérivée). Il concourt parfaitement au cahier des charges : annulation rigoureuse de l'erreur statique sans compromettre la stabilité.
Questions fréquentes sur ce sujet
Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet X-ENS Physique-SI MP 2023 ?
Surtout 3 chapitres : Interférences par division d'amplitude (25 % des questions), Fonction d'onde et équation de Schrödinger (17 %) et ALI et oscillateurs électroniques (15 %, partie 2). Plus ponctuellement : Ondes électromagnétiques dans les milieux, Photons et dualité onde-corpuscule, Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide, Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques, Régime sinusoïdal forcé et filtrage…
Peut-on travailler le sujet X-ENS Physique-SI MP 2023 dès la première année ?
Non : toutes les questions demandent le programme de deuxième année.
Combien de temps faut-il pour traiter le sujet X-ENS Physique-SI MP 2023 ?
Environ 3 h 30 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie 1 est la plus longue (environ 3 h).
Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet X-ENS Physique-SI MP 2023 ?
Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet X-ENS Physique-SI MP 2023 ?
Où gagner des points facilement dans le sujet X-ENS Physique-SI MP 2023 ?
Le sujet X-ENS Physique-SI MP 2023 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?
D'après le rapport du jury, c'est un sujet difficile. Selon le jury, seule la moitié des questions des parties 1.1 et 1.2 a été abordée par la majorité des candidats, moins de 5 % ont abordé la partie 1.3 et moins de 40 % la partie 2. Moyenne : 10,59/20 (écart-type 4,49, 680 présents).
Quel temps caractéristique régit la fonction de transfert du laser en Q22 ?
Le temps d'amortissement de l'énergie dans la cavité \tau_W \simeq 100\text{ ns}. Étant le temps caractéristique le plus long devant les temps de relaxation atomiques \tau_1 et \tau_2, il impose le pôle dominant du premier ordre équivalent, soit une pulsation de coupure \omega_c = 1/\tau_W.
Comment relier le déplacement du miroir à la longueur de cavité en Q24 ?
Par la relation \Delta L = 2\Delta z. Le faisceau arrivant sous incidence normale, la réflexion sur le miroir mobile M' fait parcourir deux fois le déplacement mécanique \Delta z à l'onde lors d'un aller-retour, ce qui double la variation de longueur optique développée.
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.