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X ENS Physique SI MP 2023Sujet, corrigé et rapport du jury

Asservissement en fréquence d'un laser continu

2,0(1 vote)

Faisable en sup ?

Ce sujet demande la 2e année : aucune question ne se traite avec le seul programme de MPSI.

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Présentation du sujet

Difficile
Asservissement en fréquence d'un laser continu : cavité optique, amplification et correcteur
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Le sujet étudie un laser continu puis l'asservissement de sa fréquence. Une longue première partie traite la cavité optique (modes, pertes, finesse), l'amplification optique par interaction entre une onde et un atome décrit comme système quantique, puis le laser vu comme un oscillateur représenté en schéma-blocs. Une seconde partie courte, plus orientée sciences de l'ingénieur, place le laser dans une boucle d'asservissement et cherche le correcteur adapté.

  1. 1Partie 1.1 : cavité électromagnétique dans le domaine optiqueModes d'une cavité linéaire à miroirs parfaits, vecteur de Poynting, puis cavité avec pertes : résonances, largeur à mi-hauteur, finesse et temps de confinement.
  2. 2Partie 1.2 : amplification optiqueÉtats stationnaires d'un électron dans un puits infini, superposition d'états, évolution sous l'effet d'une onde et gain d'un milieu à inversion de population.
  3. 3Partie 1.3 : oscillateur dans le domaine optiqueAmplificateur inséré dans une cavité en anneau, fonctions de transfert en schéma-blocs et point de fonctionnement du laser.
  4. 4Partie 2 : asservissement de la fréquence d'un laser continu monomodeModélisation en boucle fermée, fonction de transfert du premier ordre, action par cale piézoélectrique et choix d'un correcteur.

Difficile. Selon le jury, seule la moitié des questions des parties 1.1 et 1.2 a été abordée par la majorité des candidats, moins de 5 % ont abordé la partie 1.3 et moins de 40 % la partie 2.

L'épreuve en chiffres

Moyenne 10,59 / 20 · écart-type 4,49 · 680 présents · où vous situez-vous ?
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Moyenne
10,59/ 20
Écart-type
4,49
Présents
680
Durée
4 h
moyenne 10,5905101520
Deux tiers des copies environ (moyenne ± écart-type)

Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.

Source : document officiel du concours, épreuve du 18 avril 2023. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Schéma-blocs du laser · Tracé des modes de la cavité · Propagation avec pertes dans la cavité
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Les sous-parties 1.1 et 1.2, riches en questions, ont été les plus traitées, alors que les parties 1.3 et 2 ont été nettement moins abordées et ont départagé les meilleurs. Les questions d'analyse ont été moins abordées que les questions calculatoires et souvent mal traitées. Le jury note des explications physiques confuses et des applications numériques qui ont coûté des points à une bonne partie des candidats.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Schéma-blocs du laserQuestion 1

    Il suffisait de voir le laser comme un système en boucle fermée avec un simple amplificateur. Cette question très abordée n'a été entièrement réussie que par 18 % des candidats.

  2. 2
    Tracé des modes de la cavitéQuestion 3b

    Les représentations de l'amplitude du champ pour les trois premiers modes étaient souvent fausses ou non conformes, sans nom des axes ni unités.

  3. 3
    Propagation avec pertes dans la cavitéQuestions 5 à 10

    L'étude des ondes dans la cavité avec pertes par absorption ou transmission semble mal acquise : plus de 80 % des candidats qui l'ont abordée ont mal répondu.

  4. 4
    États stationnaires du puits infiniQuestion 12

    Environ 40 % seulement ont bien exprimé les états stationnaires et leur énergie, et le graphique demandé en 12a a souvent été de mauvaise qualité.

  5. 5
    Questions d'analyse en asservissementPartie 2

    Hormis la question 26, les dernières questions de la partie 2 ont un taux de réussite inférieur à 40 %, à cause d'arguments confus ou imprécis.

    « des arguments ou explications trop souvent confus, peu précis ou mal exprimés »
  6. 6
    Unités et sous-questions oubliées

    Une valeur numérique sans unité est comptée fausse, et chaque sous-question est notée séparément alors que beaucoup ne répondent pas à tous les items.

    « Chaque point est important. »

Ce qui a été bien réussi

  • Les questions de cours de la partie 1.1, comme l'expression et l'interprétation du vecteur de Poynting (question 2) ou la stabilité de la cavité (question 4), ont été bien traitées.
  • La définition d'un état stationnaire (question 11) a été réussie par 70 à 80 % des candidats, et la question 13 par 70 % d'entre eux.
  • Les questions consistant à retrouver une relation donnée, jusqu'à la question 16, ont été majoritairement réussies.
  • Ceux qui ont abordé la partie 2 l'ont plutôt bien réussie, avec un taux de bonnes réponses en moyenne supérieur à 60 %.

Conseils du jury

  • Parcourir tout le sujet pour repérer les questions indépendantes, souvent en fin de partie, qui font la différence au classement.
  • Soigner la rédaction : un raisonnement clair et concis est mieux évalué qu'un résultat juste donné seul.
  • Faire les applications numériques, faisables sans calculatrice, et toujours donner une unité.
  • Tracer proprement les graphiques avec le nom des axes et les unités.
  • Avoir en tête des ordres de grandeur pour éviter des valeurs sans réalité physique.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

Corrigé détaillé

26 questions
Indice, stratégie puis corrigé complet pour chaque question, avec les remarques du jury.
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26 questions corrigées une à une : un indice, puis la stratégie, puis le corrigé complet avec le résultat encadré et les remarques du jury. Chaque question est vérifiée avant publication.

  1. Q1Modélisez le laser en anneau par schéma-blocs. Justifiez votre représentation et précisez la nature physique…
  2. Q2Cette question a pour but d'évaluer les ordres de grandeurs caractéristiques de l'optique et d'introduire le…
  3. Q3Nous allons d'abord étudier la cavité optique la plus simple qu'on puisse imaginer: cette cavité est formée…
  4. Q4Les deux miroirs de la cavité sont nécessairement limités transversalement. Cette cavité est-elle stable…
  5. Q5On injecte dans la cavité linéaire une onde électromagnétique d'amplitude complexe (sur le miroir de…
  6. Q66-a) Exprimer en fonction de, et. Calculer en fonction de en utilisant les valeurs numériques des…
  7. Q77-a) Comparer les fréquences de résonance de la cavité avec pertes à celles des modes de la cavité sans…
  8. Q8Calculer la largeur (totale) à mi-hauteur (exprimée en pulsation) d'un pic de résonance de la cavité avec…
Voir les 18 autres questions
  1. Q9On définit la finesse de la cavité comme le rapport de son intervalle spectral libre par la largeur à…
  2. Q10Pour déterminer le temps de confinement de l'énergie électromagnétique dans la cavité, on alimente la cavité…
  3. Q11Qu'appelle-t-on état stationnaire d'un système isolé ? Dans votre réponse à cette question, vous veillerez à…
  4. Q12Pour donner consistance à la notion d'état stationnaire, supposons que l'électron actif est confiné au…
  5. Q13L'atome étant toujours isolé, on envisage maintenant la situation où il est dans une superposition d'états…
  6. Q14Évaluer ces intégrales pourrait être délicat, car nous ne connaissons pas les fonctions et. Néanmoins nous…
  7. Q15Écrire les équations différentielles vérifiées par et, en veillant à développer en exponentielles complexes…
  8. Q16L'atome est dans une superposition d'états stationnaires. 16-a) Exprimer la densité de probabilité de…
  9. Q17Pour décrire le milieu amplificateur en régime permanent, nous nous intéressons à l'état stationnaire de ce…
  10. Q18Nous considérons maintenant un milieu amplificateur occupant un volume cylindrique, d'axe, de longueur et de…
  11. Q1919-a) L'inversion des populations étant réalisée, représenter les variations de et de en fonction de. En…
  12. Q2020-a) Exprimer en fonction de et. Identifier dans votre réponse la fonction de transfert de chacun des blocs…
  13. Q21Représenter la structure élémentaire d'un système asservi à une consigne par un schéma-bloc composé de trois…
  14. Q22Nous n'avons pas effectué une étude dynamique du comportement du laser, mais nous avons identifié un certain…
  15. Q23Pour asservir la fréquence du laser monomode à une référence extérieure fixe, il faut pouvoir agir en temps…
  16. Q24La figure (5) d'étaille le montage d'un miroir M' de la cavité laser sur une cale piézoélectrique. 24-a)…
  17. Q25Dans ce contexte, le signal d'entrée du système devient maintenant, et le signal de sortie reste. Déterminer…
  18. Q26Quand on régule la fréquence d'un laser monomode sur une fréquence de référence très stable, on souhaite…

Description

Le sujet étudie un laser continu puis l'asservissement de sa fréquence. Une longue première partie traite la cavité optique (modes, pertes, finesse), l'amplification optique par interaction entre une onde et un atome décrit comme système quantique, puis le laser vu comme un oscillateur représenté en schéma-blocs. Une seconde partie courte, plus orientée sciences de l'ingénieur, place le laser dans une boucle d'asservissement et cherche le correcteur adapté.

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L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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ECOLE POLYTECHNIQUE

CONCOURS D'ADMISSION 2023

MARDI 18 AVRIL 2023
14h00-18h00
FILIERE MP - Epreuve n ^∘4

PHYSIQUE ET SCIENCES DE L'INGÉNIEUR (X)

Durée : 4 heures

L'utilisation des calculatrices n'est pas autorisée pour cette épreuve
Cette composition ne concerne qu'une partie des candidats de la filière MP, les autres candidats effectuant simultanément la composition d'Informatique A.
Pour la filière MP, il y a donc deux enveloppes de Sujets pour cette séance.
L'utilisation des calculatrices n'est pas autorisée.
Les applications numériques peuvent être données avec un seul chiffre significatif.

Asservissement en fréquence d'un laser continu

Le laser, fonctionnant en régime continu, a la capacité de produire un rayonnement monochromatique et cohérent, dont la fréquence est définie très précisément. Dans ce sujet, nous nous proposons dans un premier temps de comprendre ce qui définit la fréquence de fonctionnement d'un laser continu, puis dans une seconde partie, d'en réguler la fréquence, en l'asservissant sur une référence de fréquence extérieure.

1 Principe de fonctionnement d'un laser

Un laser est un oscillateur fonctionnant dans le domaine optique, dont le principe repose sur deux ingrédients essentiels :
  • un amplificateur qui permet d'amplifier une onde électromagnétique, dans le domaine spectral propre à l'optique;
  • une boucle de réaction, qui permet de réinjecter à l'entrée de l'amplificateur tout ou une partie de son signal de sortie.
    L'amplification est généralement confiée à un système matériel qui peut être un atome ou une molécule en phase gazeuse, un colorant organique en solution, un ion implanté dans une matrice solide, voire la jonction entre deux semi-conducteurs dopés N et P (diode laser). Tous ces systèmes ont en commun de posséder un ou plusieurs électrons qui interagissent avec le champ électrique d'une onde électromagnétique; ils échangent de l'énergie avec celle-là, et peuvent donc l'amplifier (ou l'amortir) selon les conditions expérimentales. Par la suite, nous appellerons génériquement ce système l' "atome".
    La boucle de réaction est fournie par une cavité électromagnétique qui présente des fréquences de résonance dans le domaine optique. On peut envisager deux types de cavité selon que la cavité est constituée de deux miroirs (cavité linéaire, représentée sur la figure 1-a) ou de plus de deux miroirs (cavité en anneau, représentée sur la figure 1-b). En insérant un milieu amplificateur dans ces cavités, on obtient un laser linéaire ou en anneau.
Figure 1 - Cavités : (a) - cavité linéaire ; (b) - cavité en anneau.
L'intérêt du laser en anneau est que l'on peut choisir dans quel sens l'onde électromagnétique va parcourir la cavité (ce qui n'est évidemment pas possible avec le laser linéaire). On supposera désormais que, dans le laser en anneau, l'onde parcourt la cavité dans le sens indiqué sur la figure 1-b. Pour ménager l'existence d'un faisceau de sortie du laser (très appréciée par la quasi-totalité des utilisateurs de lasers), un des miroirs de la cavité doit être partiellement transparent : ce miroir, représenté en pointillés sur la figure 1, est appelé miroir de couplage M_c, car il couple le champ intérieur à la cavité avec l'extérieur (et réciproquement).
  1. Modélisez le laser en anneau par schéma-blocs. Justifiez votre représentation et précisez la nature physique du signal de sortie et celle d'un éventuel signal d'entrée.
    Faire de même pour le laser linéaire.
    Nous allons maintenant étudier séparement les deux ingrédients essentiels du laser que sont la cavité et l'amplificateur optique. Puis nous insérerons l'amplificateur dans la cavité pour étudier les conditions de fonctionnement du laser.

- Notations et conventions utilisées dans la partie 1

Le laser que nous allons étudier ici produit une onde électromagnétique polarisée linéairement, selon l'axe Ox. Par conséquent toutes les ondes électromagnétiques étudiées dans la partie 1 auront la même propriété.
En cas de besoin, on se référera au trièdre orthonormé direct ( u⃗_x, u⃗_y, u⃗_z ) pour orienter l'espace physique.
Le champ d'une onde électromagnétique plane, de pulsation ω, progressive dans la direction et le sens de l'axe Oz, et polarisée linéairement selon Ox s'écrit :
E⃗(z, t) = u⃗_x E(z, t) = u⃗_x E_0 cos(kz − ωt + φ_0)
où le module k de son vecteur d'onde k⃗ = ku⃗_x vérifie la relation : k = ω/c.
Nous serons amenés à utiliser la représentation complexe d'une fonction sinusoïdale réelle : pour représenter la fonction E(z, t), vous poserez :
E_–(z, t) = E_0 e^(+ i(kz − ωt + φ_0))
de sorte que E_–(z, t) = E(z)e^(− iωt) avec E(z) = E_0 e^(+ ikz) où E_0 = E_0 e^(+ iφ_0) est appelée l'amplitude complexe de l'onde.
L'intérêt de cette représentation complexe d'une onde (en e^(− iωt) ) est qu'elle est compatible avec celle d'une onde de matière en mécanique quantique (que nous allons utiliser dans la partie 1.2).

1.1 Cavité électromagnétique dans le domaine optique

  1. Cette question a pour but d'évaluer les ordres de grandeurs caractéristiques de l'optique et d'introduire le vocabulaire de l'opticien.
    2-a) On souhaite construire un laser qui produit un rayonnement de longueur d'onde (dans le vide) λ_ℓ ≃ 600 nm. Calculer la période T_0 d'oscillation du champ électrique de cette onde et sa fréquence ν, en exprimant les résultats dans des unités SI adaptées à leurs ordres de grandeur.
    2-b) Les opticiens définissent souvent l'intensité lumineuse de l'onde électromagnétique ^1 par la relation I = |E_–(z, t)|^2.
    En se limitant à l'onde linéairement polarisée donnée par (1), montrer que I est directement proportionnelle à la valeur moyenne < Π > _(T_0) sur une période T_0 du vecteur de Poynting Π⃗ de cette onde et donner l'expression du coefficient de proportionnalité. Préciser la signification physique du vecteur de Poynting et celle de sa valeur moyenne < Π > _(T_0).
  2. Nous allons d'abord étudier la cavité optique la plus simple qu'on puisse imaginer : cette cavité est formée de deux miroirs plans parallèles, et parfaitement réfléchissants, séparés par du vide. C'est donc une cavité linéaire (voir figure 1-a), d'axe Oz, de longueur développée L (ce qui signifie que la distance entre les deux miroirs est L/2 ) et ses miroirs peuvent être considérés comme des plans conducteurs parfaits.
    3-a) Etablir que les ondes électromagnétiques qui peuvent exister dans cette cavité sont quantifiées, et exprimer leurs fréquences ν_N en fonction de L et N.
3-b) Décrire la dépendance spatiale du champ électrique E(z, t) ou de sa représentation complexe E_–(z, t) oscillant dans cette cavité à la fréquence ν_N. Montrer que l'amplitude complexe E(z) du mode N peut toujours être choisie réelle, et tracer l'allure des représentations graphiques de E(z) pour les trois premiers modes de la cavité.
4. Les deux miroirs de la cavité sont nécessairement limités transversalement. Cette cavité estelle stable latéralement (si l'onde se propage selon un axe qui fait un angle non nul avec Oz ) ? Si non, comment remédier à ce problème?
Dans la suite, on suppose cette difficulté surmontée, et on admet qu'on pourra considérer que les ondes électromagnétiques circulant dans la cavité sont des ondes planes.
  • En réalité, les miroirs de la cavité ne sont pas parfaits et engendrent des pertes, soit par absorption de l'onde lumineuse incidente, soit par transmission pour le miroir de couplage M_c.
    Le miroir de couplage est caractérisé par des coefficients de réflexion et de transmission en intensité R et T tels que R = (I_(réfléchi))/(I_(incident)) et T = (I_(transmis))/(I_(incident)). La conservation de l'énergie impose R + T = 1 − A où A est la fraction de la puissance incidente qui est absorbée par le miroir. On note que le faisceau de sortie du laser représente une perte supplémentaire pour la cavité. Dans la perspective de limiter les pertes, on choisit un miroir de couplage tel que R≫T≫A.
    Le ou les autres miroirs M' de la cavité sont totalement réfléchissants; donc, pour ces miroirs, T^′ = 0 et R^′ = 1 − A^′.
    Pour caractériser l'efficacité de la réflexion ou de la transmission par un miroir, on peut aussi introduire les coefficients de réflexion et de transmission en amplitude de ce miroir, définis par r = (E_(réfléchi))/(E_(incident)) et t = (E_(transmis))/(E_(incident)), les amplitudes complexes des ondes incidente, réfléchie et transmise étant évaluées en un même point à la surface du miroir. Nous admettrons ici que ces coefficients sont réels ^2; et on a pour le miroir de couplage : t = √T et r = − √R (voir note de bas de page ^3 ), et pour tout autre miroir, r^′ = − √(R^′) et t^′ = 0.
  • Dans la perspective de limiter les pertes dans la cavité, on utilise des miroirs diélectriques multicouches qui présentent des pertes par absorption très faibles. On a typiquement A ≃ A^′ ≃ 2 × 10^(− 4). Ainsi les pertes les plus importantes dans la cavité sont dues à la transmission du faisceau de sortie. On choisit ici T = 4 × 10^(− 2).
Figure 2 - Cavité linéaire : définitions des amplitudes complexes E_(in), E, E^′ et E_(out) des ondes incidente, aller et retour dans la cavité, et sortant de la cavité.
  1. On injecte dans la cavité linéaire une onde électromagnétique d'amplitude complexe E_(in) (sur le miroir de couplage M_c ) et de pulsation ω quelconque (ne coïncidant pas nécessairement
avec une des pulsations de résonance ω_N = 2πν_N de la cavité sans perte). En régime permanent, la cavité est parcourue par deux ondes d'amplitudes complexes E et E^′ se propageant selon l'axe Oz, la première dans le sens de l'axe Oz, et le seconde dans le sens opposé (voir figure 2), et il existe un faisceau de sortie d'amplitude complexe E_(out). Toutes les amplitudes complexes E_(in), E, E^′, E_(out), sont définies sur le miroir de couplage M_c, c'est-à-dire au point O situé sur la surface de M_c, en z = 0. Enfin on pose k = ω/c > 0.
Trouver une relation entre E, E^′ et E_(in).
Calculer E^′ en fonction de E, kL et r^′.
En déduire l'expression de la fonction de transfert E/(E_(in)) de la cavité avec pertes, en fonction de √(RR^′), T et kL.
6. 6-a) Exprimer I/(I_(in)) = |E/(E_(in))|^2 en fonction de √(RR^′), T et sin((kL)/2).
Calculer √(RR^′) en fonction de T en utilisant les valeurs numériques des caractéristiques des miroirs M_c et M' et donner la signification physique du paramètre RR^′.
6-b) Représenter l'allure des variations de I/(I_(in)) en fonction de kL.
7. 7-a) Comparer les fréquences de résonance de la cavité avec pertes à celles des modes de la cavité sans pertes.
7-b) On définit l'intervalle spectral libre (en fréquence) de la cavité comme la différence des fréquences résonnantes consécutives (indicées N et N + 1 ) de cette cavité.
Exprimer l'intervalle spectral libre en fréquence de cette cavité, noté ν_(ISL), en fonction des paramètres définissant cette cavité.
Proposer une interprétation physique de la fréquence ν_(ISL) et du temps τ = (ν_(ISL))^(− 1).
7-c) Dans la perspective de produire un laser fonctionnant à la longueur d'onde (dans le vide) λ_ℓ ≃ 600 nm, on construit une cavité linéaire, de longueur développée L ≃ 1, 5 m.
Évaluer les ordres de grandeur de l'ordre N de la résonance de la cavité (dont la fréquence de résonance ν_N coüncide approximativement avec la fréquence du laser), de l'intervalle spectral libre ν_(ISL) de cette cavité et du temps τ.
8. Calculer la largeur (totale) à mi-hauteur Δω_c (exprimée en pulsation) d'un pic de résonance de la cavité avec pertes.
La même grandeur exprimée en fréquence est Δν_c = (Δω_c)/(2π).
9. On définit la finesse F de la cavité comme le rapport de son intervalle spectral libre par la largeur à mi-hauteur de sa résonance, exprimés l'un et l'autre en fréquence : F = (ν_(ISL))/(Δν_c).
9-a) Exprimer la finesse de la cavité en fonction de L et T.
9-b) Evaluer numériquement la finesse F de la cavité et la largeur à mi hauteur Δν_c exprimée en fréquence.
10. Pour déterminer le temps de confinement de l'énergie électromagnétique dans la cavité, on alimente la cavité par une onde électromagnétique E_(in) dont la fréquence coïncide exactement avec la fréquence de résonance ν_N de la cavité, et à l'instant t_0 = 0, on coupe le faisceau d'entrée E_(in) (voir fig. 2 ).
10-a) Exprimer l'énergie électromagnétique W contenue dans la cavité à l'instant t_0, en fonction de E. On supposera les faisceaux lumineux cylindriques et de section S.
10-b) Exprimer l'énergie δW sortant de la cavité par le faisceau de sortie E_(out) pendant le temps τ mis par l'onde électromagnétique pour faire un aller-retour dans la cavité.
10-c) En supposant δW≪W, en déduire l'équation différentielle décrivant l'évolution au cours du temps de l'énergie électromagnétique contenue dans la cavité.
10-d) Exprimer le temps caractéristique τ_W de dissipation de l'énergie en fonction du temps τ et de la finesse F de la cavité.
Évaluer numériquement τ_W.

1.2 Amplification optique

Nous nous intéressons ici à l'interaction entre une onde électromagnétique, supposée polarisée selon Ox, dont le champ électrique est E⃗ = u⃗_x E_0 cos(kz − ωt + φ_0), et un système matériel actif que nous appelons "atome". Cet atome doit être traité comme un système quantique. Nous l'assimilerons à un atome à un électron actif; pour décrire l'état (interne) de ce système, nous introduisons sa fonction d'onde ψ(x, y, z; t) qui est une fonction des coordonnées x, y, z de l'électron actif dans l'espace 3D, paramétrée par le temps t.ψ(x, y, z; t) caractérise entièrement l'état de l'électron actif, et par conséquent l'état interne de l'atome étudié ^4.
Nous allons d'abord nous intéresser à la fonction d'onde décrivant le système isolé. Si l'atome est isolé, l'électron actif ne peut interagir qu'avec le reste du système, c'est-à-dire le "noyau". Ceci se traduit par une énergie potentielle d'interaction ^5 V(x, y, z) dépendant de la position de l'électron, dont l'origine physique est principalement due aux interactions électrostatiques entre l'électron actif et les autres constituants du système étudié. Cette énergie potentielle d'interaction a pour effet de confiner l'électron actif au voisinage du noyau, ce qui se traduit par le fait que les énergies de l'atome sont quantifiées.
Par la suite, nous considérerons de plus que cet atome "vit" dans un espace physique à une dimension, restreint à l'axe Ox. Dans ces conditions, la fonction d'onde décrivant l'état du système devient ψ(x; t) et ne dépend plus que de la seule coordonnée x de l'électron actif. Il en est de même pour l'énergie potentielle V(x). L'évolution de cette fonction d'onde est décrite par l'équation de Schrödinger à une dimension dans le potentiel V(x) :
iℏ(∂ψ)/(∂t) = − (ℏ^2)/(2m)(∂^2 ψ)/(∂x^2) + V(x)ψ(x, t)
où m est la masse de l'électron actif.
Nous allons maintenant nous intéresser à un état stationnaire "a" de cet atome (isolé), d'énergie E_a, décrit par sa fonction d'onde φ_a.
11. Qu'appelle-t-on état stationnaire d'un système isolé?
Dans votre réponse à cette question, vous veillerez à aborder les points suivants :
(i) Si l'atome est dans l'état stationnaire φ_a, comment s'écrit sa fonction d'onde ψ(x; t) ? Préciser la fonction caractérisant sa dépendance en t.
(ii) Quelle est l'équation différentielle vérifiée par la fonction φ_a ?
(iii) De quelle(s) variable(s) dépend la fonction φ_a ? Dépend-elle du temps? Quelle relation de normalisation lui est-elle imposée?
12. Pour donner consistance à la notion d'état stationnaire, supposons que l'électron actif est confiné au voisinage du noyau (situé en x = 0 ) par le puits de potentiel infini défini par :
V(x) = {0, si − ℓ/2 ⩽ x ⩽ + ℓ/2; ∞, si x < − ℓ/2 ou x > ℓ/2
12-a) Déterminer les états stationnaires φ_n de ce système et leurs énergies E_n (vous pourrez remarquer que vous avez déjà répondu à une question analogue, dans un cadre différent, en
question 3).
Tracer l'allure des représentations graphiques de φ_n(x) pour l'état fondamental et les deux premiers états excités de ce système.
12-b) Montrer que les fonctions φ_n(x) peuvent toujours être choisies réelles et sont de parité définie (elles sont soit paires, soit impaires). Interpréter ce dernier résultat.
12-c) En définissant le produit scalaire de deux fonctions réelles d'une variable réelle f et g par :
(f, g) = ∫_(− ∞)^(+ ∞)f(x)g(x)dx
montrer que les états stationnaires φ_n et φ_p distincts n ≠ p (avec n, p ∈ ℕ^∗ ) sont orthogonaux au sens du produit scalaire (5).
  • Pour décrire les échanges d'énergie entre un atome à un électron actif avec une onde électromagnétique, nous avons besoin de ne prendre en compte que deux seulement de ses niveaux d'énergie, d'énergies E_a et E_b(avecE_a < E_b) : nous serons alors en mesure de décrire l'absorption d'énergie électromagnétique par l'atome initialement dans le niveau d'énergie E_a ou le processus inverse, c'est-à-dire l'émission ^6 d'énergie électromagnétique par l'atome initialement dans le niveau d'énergie E_b. De plus, pour simplifier, nous allons considérer que chacun de ces deux niveaux est non dégénéré, ce qui signifie que l'atome ne possède qu'un seul état stationnaire φ_a d'énergie E_a, et qu'un seul état stationnaire φ_b d'énergie E_b. Le système étudié est ainsi ramené à un système à deux états stationnaires.
  • Par ailleurs, on peut montrer que les propriétés générales des états stationnaires d'une particule confinée par le potentiel (4) qui ont été démontrées aux questions 12-b et 12 -c se généralisent aux états stationnaires d'une particule confinée par un potentiel V(x) quelconque ^7, et par conséquent au système matériel qui nous intéresse ici, dès lors que les deux états stationnaires φ_a et φ_b sont deux états liés, pour lesquels l'électron actif est confiné au voisinage du noyau. Donc vous admettrez que φ_a(x) et φ_b(x) sont deux fonctions réelles, orthogonales (et même orthonormées) au sens du produit scalaire (5). Elles sont aussi orthogonales à tout autre état stationnaire de l'atome.
  1. L'atome étant toujours isolé, on envisage maintenant la situation où il est dans une superposition d'états stationnaires φ_a et φ_b; sa fonction d'onde ψ(x, t) est donc une combinaison linéaire des deux états stationnaires φ_a(x) et φ_b(x), soit :
ψ(x, t) = a(t)φ_a(x) + b(t)φ_b(x)
13-a) Justifier que l'espace des états (c'est-à-dire l'ensemble des fonctions d'onde ψ(x; t) accessibles, avant normalisation de ψ ) est un espace vectoriel sur ℂ, normé, de dimension 2 et dont l'ensemble des deux états stationnaires {φ_a, φ_b} forme une base.
13-b) Nous souhaitons déterminer comment cet état évolue au cours du temps.
Montrer que la structure algébrique de l'espace des états permet d'écrire l'équation de Schrödinger vérifiée par ψ(x, t) sous la forme :
iℏ(((da)/(dt))/((db)/(dt))) = (E_a, 0; 0, E_b) × ((a(t))/(b(t)))
où ψ(x, t) est représentée dans la base {φ_a, φ_b} par la matrice colonne ((a(t))/(b(t))).
En déduire les expressions des coefficients a(t) et b(t) en fonction du temps t et de leurs
valeurs initiales a(0) et b(0).
13-c) Expliquer la signification physique des coefficients a(t) et b(t), et des grandeurs p_a = |a(t)|^2 et p_b = |b(t)|^2.
Montrer que les coefficients a(t) et b(t) sont reliés par une relation supplémentaire, dont on précisera la signification physique.
  • Nous allons maintenant induire une transition entre les états a et b, en illuminant l'atome par l'onde électromagnétique présente dans la cavité. L'énergie d'interaction entre l'atome et le rayonnement est donnée par l'énergie dipolaire électrique V_(int) = − D⃗ ⋅ E⃗ du dipôle atomique D⃗ dans le champ électrique E⃗(z, t) = u⃗_x E_0 cos(kz − ωt + φ_0) de l'onde électromagnétique. D'où :
V_(int) = − D_x E_0 cos(kz − ωt + φ_0)
Dans la suite, on supposera que l'atome est situé dans le plan z = 0 et on prendra φ_0 = 0.
  • En fait le dipôle atomique (ou sa composante D_x selon Ox ) dépend de l'état stationnaire dans lequel est cet atome, comme en dépend son énergie interne (cette énergie interne est E_a si l'atome est dans l'état stationnaire φ_a et E_b dans l'état φ_b ). C'est pourquoi, dans l'équation d'évolution de sa fonction d'onde ψ(x, t) = a(t)φ_a(x) + b(t)φ_b(x), le dipôle atomique va intervenir, non pas comme une constante, mais comme une matrice 2 × 2.
    Dans le référentiel du centre de masse de l'atome, le système noyau + électron actif (situé en x, y, z ) a un dipôle électrique dont la composante selon Ox est D_x = − ex. On s'attend donc à ce que la matrice 2 × 2 représentant D_x dans la base {φ_a, φ_b} soit :
(D_(aa), D_(ab); D_(ba), D_(bb)) = (∫φ_a^∗(x)(− ex)φ_a(x)dx, ∫φ_a^∗(x)(− ex)φ_b(x)dx; ∫φ_b^∗(x)(− ex)φ_a(x)dx, ∫φ_b^∗(x)(− ex)φ_b(x)dx)
  1. Évaluer ces intégrales pourrait être délicat, car nous ne connaissons pas les fonctions φ_a et φ_b. Néanmoins nous savons qu'elles peuvent être choisies réelles. Et nous avons pu déterminer les états stationnaires de l'atome en modélisant l'énergie d'interaction de l'électron actif avec le noyau par un puits de potentiel infini (4). Dans un premier temps, nous allons nous servir de ce modèle pour déterminer la matrice 2 × 2 ci-dessus.
    14-a) En assimilant les états stationnaires φ_a(x) et φ_b(x) à deux des trois états stationnaires φ_n du puits de potentiel infini (dans un premier temps, on prendra φ_a = φ_1 et φ_b = φ_2 ), montrer que (D_(aa), D_(ab); D_(ba), D_(bb)) = (0, d; d, 0) où d = D_(ab) est une grandeur réelle ( d ∈ ℝ ) qu'on ne cherchera pas à calculer.
    Comment choisir les états stationnaires φ_a et φ_b pour que d ne soit pas nul?
    14 − b) Montrer que l'énergie d'interaction entre l'atome et l'onde électromagnétique V_(int)s 'exprime dans le sous-espace vectoriel de base {φ_a, φ_b} sous la forme d'une matrice 2 × 2 de la forme : (0, f(t); f(t), 0) = f(t) × (0, 1; 1, 0)
    et exprimer la fonction f(t). On introduira la grandeur Ω_R = (dE_0)/ℏ, appelée pulsation de Rabi ^8.
    14-c) En déduire l'équation de Schrödinger décrivant l'évolution de la fonction d'onde ψ(x, t) = a(t)φ_a(x) + b(t)φ_b(x) de cet atome interagissant avec le rayonnement.
    Montrer que les coefficients a(t) et b(t) vérifient le système d'équations différentielles:
{(da)/(dt) = − i(E_a)/ℏa(t) + iΩ_R cos(ωt)b(t); (db)/(dt) = − i(E_b)/ℏb(t) + iΩ_R cos(ωt)a(t)
  • Évidemment le modèle du puits de potentiel infini n'est absolument pas réaliste pour déterminer les états stationnaires d'un atome à un électron actif : si on prend l'exemple de l'atome d'hydrogène, déterminer les états stationnaires de l'atome d'hydrogène nécessiterait de prendre en compte le caractère tridimensionnel de l'atome d'hydrogène et l'existence de l'interaction Coulombienne entre l'électron et le noyau (en d'autres termes, le potentiel V(x) du puits de potentiel infini devrait être remplacé par l'énergie potentielle V(x, y, z) = − (e^2)/(4πε_0)1/r ).
    Mais le potentiel V(x, y, z) de l'atome d'hydrogène possède la même symétrie en x que le potentiel V(x) du puits de potentiel infini (1D), et par conséquent les états stationnaires de l'atome d'hydrogène (3D) ont une parité bien déterminée vis à vis de la variable x, conmme les états stationnaires du modèle du puits de potentiel infini (1D). Et cette propriété de symétrie reste vraie pour beaucoup de systèmes matériels, atome, molécule, ion, etc, envisagés pour construire un laser (éventuellement en moyennant sur toutes les orientations possibles de ce système matériel isolé). Ainsi, dès lors que le système matériel étudié se laisse modéliser comme un "atome" à un électron actif, possédant deux états stationnaires φ_a et φ_b, d'énergies respectives E_a et E_b, ayant une parité bien déterminée vis à vis de x, et couplés par un élément de matrice D_(ab) = d non nul (ce qui suppose que les deux états stationnaires sont de parités opposées), l'évolution de la fonction d'onde ψ(t) = a(t)φ_a + b(t)φ_b obéit au système d'équations différentielles (10).
  • Pour simplifier ces équations (10), on va introduire deux nouvelles variables α(t) et β(t) définies par:
α(t) = exp(+ i(E_a)/ℏt)a(t) et β(t) = exp(+ i(E_a)/ℏt)e^(+ iωt)b(t)
Par ailleurs, on pose ℏω_0 = E_b − E_a et δω = ω − ω_0 : ω_0 est la pulsation de la résonance atomique entre les niveaux a et b (avec E_b > E_a ) et δω est l'écart à la résonance, exprimé en pulsation. Si on veut avoir quelque chance d'exciter une transition entre les états a et b, on choisira la pulsation de l'onde lumineuse voisine de la pulsation de résonance ω_0, de sorte que |δω|≪ω_0 ≃ ω.
15. Écrire les équations différentielles vérifiées par α(t) et β(t), en veillant à développer cos(ωt) en exponentielles complexes, de façon à clairement mettre en évidence les termes contribuant à des variations lentes ou rapides de α(t) et β(t).
  • Dans la mesure où nous nous intéressons à l'évolution de la fonction d'onde ψ(x, t) aux temps longs par rapport à la période T_0 = (2π)/ω de l'onde électromagnétique, nous pouvons négliger les termes oscillant à haute fréquence, de l'ordre de ω, devant ceux à plus basse fréquence, qui décrivent les variations lentes de α(t) et β(t). Cette approximation est appelée l'approximation séculaire. Dans le cadre de cette approximation, les équations d'évolution de α(t) et β(t) deviennent :
(dα)/(dt) = i(Ω_R)/2β(t) et (dβ)/(dt) = iδωβ(t) + i(Ω_R)/2α(t)
  1. L'atome est dans une superposition d'états stationnaires ψ(x, t) = a(t)φ_a(x) + b(t)φ_b(x).
16-a) Exprimer la densité de probabilité de présence en x de l'électron en fonction de ψ(x, t) En déduire la probabilité élémentaire dP que l'électron soit situé entre x et x + dx.
Exprimer la valeur moyenne ⟨D_x⟩ (sur toutes les valeurs possibles de x ) du dipôle atomique -ex.
16-b) Exprimer < D_x > en fonction de a(t), b(t) et des intégrales D_(aa), D_(ab), D_(ba), D_(bb) introduites par la relation (9).
Ce résultat montre l'intérêt des variables a^∗ a, b^∗ b et b^∗ a et donc des variables α^∗ α, β^∗ β et β^∗ α pour représenter l'état de l'atome lorsqu'il est dans une superposition de deux états stationnaires (ici φ_a et φ_b ).
16-c) Donner l'interprétation physique des variables réelles α^∗ α et β^∗ β.
Montrer qu'il existe une relation simple entre ces deux variables.
A contrario, la variable C = β^∗ α est une variable complexe, qu'on appelle usuellement cohérence.
16-d) Exprimer < D_x > en fonction de d = D_(ab), a(t) et b(t), puis en fonction de d, α(t), β(t) et ωt. En déduire que < D_x > est uniquement relié à la cohérence C.
16-e) On introduit les variables réelles u et v telles que : C = β^∗ α = 1/2(u + iv).
Montrer que :
< D_x>=d[ucos(ωt) − vsin(ωt)]
  • Il apparaît clairement que les variables p_a, p_b et C sont bien adaptées à la description de l'état quantique de l'atome et de son dipôle électrique. Les équations différentielles décrivant leurs évolutions au cours du temps se déduisent sans difficulté de (12); on obtient:
(dp_a)/(dt) = − (dp_b)/(dt) = − i(Ω_R)/2(C − C^∗) et (dC)/(dt) = − iδωC − i(Ω_R)/2(p_a − p_b)
On pose m = p_a − p_b.
  • Nous venons de déterminer l'évolution de l'état quantique de l'atome sous l'effet de l'interaction avec le rayonnement, en l'occurrence ici le champ E⃗(z, t) = u⃗_x E_0 cos(kz − ωt + φ_0). Mais cet atome est soumis à d'autres effets qui affectent aussi l'évolution de son état quantique : ce sont l'émission spontanée de rayonnement ^9 par cet atome et l'effet des interactions de cet atome avec son environnement (collisions dans un gaz, interactions avec son environnement, liquide ou solide, à l'échelle microscopique) que nous désignons ici sous le terme générique de "collisions".
    L'émission spontanée a tendance à faire décroître la probabilité p_b de trouver l'atome dans l'état b selon la loi exponentielle (dp_b)/(dt)|_(esp) = − γ_b p_b où τ_b = 1/(γ_b) est la durée de vie de l'état b par émission spontanée. Il en est de même pour l'état a qu'on suppose ici être un état excité, de durée de vie radiative τ_a = 1/(γ_a). Enfin la cohérence C = β^∗ α entre les états a et b décroît aussi selon une loi exponentielle (dC)/(dt)|_(esp) = − γ_(ab)C, avec γ_(ab) = 1/2(γ_a + γ_b).
    Les collisions ont un effet similaire; par conséquent les constantes d'amortissement γ_b, γ_a, γ_(ab) en sont augmentées (et donc les durées de vie correspondantes sont diminuées). mais les collisions affectent beaucoup plus la cohérence C que les probabilités p_b et p_a, et γ_(ab) devient notablement plus grand que γ_a ou γ_b. Pour simplifier, nous admettrons ici que, en présence de collisions, γ_a ≃ γ_b ≃ γ_1 = 1/(τ_1) et que γ_(ab) = γ_2 = 1/(τ_2) est significativement plus grand que γ_1.
  • On retiendra que la prise en compte conjointe de l'émission spontanée et des collisions conduit à des termes de relaxation des grandeurs p_b, p_a et C donnés par :
(dp_b)/(dt)|_R = − γ_1 p_b; (dp_a)/(dt)|_R = − γ_1 p_a; (dC)/(dt)|_R = − γ_2 C
où τ_1 = (γ_1)^(− 1) ∼ 10 ns et τ_2 = (γ_2)^(− 1) < τ_1.
  • De plus, on ne pourra pas obtenir de milieu amplificateur sans lui apporter en permanence des atomes excités dans l'état b , d'où un terme source (dp_b)/(dt)|_S = + Λ_b( avec Λ_b > 0). Par souci de symétrie, on introduira dans les équations un terme source (dp_a)/(dt)|_S = + Λ_a dans l'état a.
L'évolution de l'état quantique de l'atome (décrit par les variables p_a, p_b, C ) s'obtient en sommant les différents processus, soit :
  • l'interaction de l'atome avec le champ E(z, t) de l'onde électromagnétique,
  • les processus de relaxation (émission spontanée et collisions),
  • les apports d'atomes dans les états b ou a.
  1. Pour décrire le milieu amplificateur en régime permanent, nous nous intéressons à l'état stationnaire de ce système.
    17-a) Écrire les équations vérifiées en régime permanent par les variables p_a, p_b, C.
    17-b) Déterminer la solution stationnaire de ce système dans le cas où le milieu n'est soumis à aucune onde électromagnétique, c'est-à-dire si l'amplitude E_0 de cette onde est nulle, donc si la pulsation de Rabi Ω_R = (dE_0)/ℏ est nulle. On appelera p_a^0, p_b^0 et C_0 les valeurs des paramètres ainsi obtenues.
    Justifier que la cohérence entre les deux états a et b de l'atome n'est créée que par l'interaction de l'atome avec l'onde électromagnétique.
  • En présence d'une onde électromagnétique (donc si Ω_R ≠ 0 ), ce système admet pour solutions :
    p_a + p_b = p_a^0 + p_b^0 où p_a^0 et p_b^0 sont les solutions stationnaires en l'absence de champ électromagnétique.
    p_a − p_b = m = m_0(δω^2 + γ_2^2)/(δω^2 + γ_2^2 + (γ_2)/(γ_1)Ω_R^2)
    C = 1/2(u + iv) avec{u, = − m_0 Ω_R(δω)/(δω^2 + γ_2^2 + (γ_2)/(γ_1)Ω_R^2); v, = − m_0 Ω_R(γ_2)/(δω^2 + γ_2^2 + (γ_2)/(γ_1)Ω_R^2)
    où on a utilisé les notations suivantes : m_0 = p_a^0 − p_b^0, p_a^0 = (Λ_a)/(γ_1) et p_b^0 = (Λ_b)/(γ_1).
    17-c) Calculer la valeur moyenne du dipôle électrique atomique en régime stationnaire. On rappelle le résultat (13) de la question 16-e : ⟨D_x⟩ = d[ucos(ωt) − vsin(ωt)].
17-d) Le milieu amplificateur est constitué de n "atomes" par unité de volume. La polarisation P de ce milieu est son moment dipolaire par unité de volume : P = n < D_x >.
Déterminer la polarisation P du milieu amplificateur en régime stationnaire et montrer qu'elle oscille à la pulsation ω.
Écrire la représentation complexe P de P (avec la représentation complexe définie par la relation (2)), et montrer qu'on peut l'écrire sous la forme P = ε_0 χ_–E_–(z = 0, t), où χ_– = χ^′ + iχ^(′′) est la susceptibilité complexe du milieu amplificateur. On rappelle que Ω_R = (dE_0^–)/ℏ.
Calculer les parties réelle χ^′ et imaginaire χ^(′′) de χ_– en fonction de δω.
  • En toute rigueur, parce que nous avons supposé que l'atome étudié est situé dans le plan z = 0, nous venons de montrer que, dans ce plan, la représentation complexe de la polarisation P_–(z = 0, t) est reliée au champ électrique complexe E_–(z = 0, t) dans le même plan par la relation P_–(z = 0, t) = ε_0 χ_–E_–(z = 0, t). Mais parce que la relation obtenue est locale, il est bien évident qu'on obtient la même relation dans n'importe quel plan z (en remplaçant E_0 par E(z) ).
  1. Nous considérons maintenant un milieu amplificateur occupant un volume cylindrique, d'axe Oz, de longueur ℓ_a et de section S qui est traversé par un faisceau lumineux se propageant dans le sens de l'axe Oz (voir fig. 1-b).
    En présence d'une polarisation P(z, t), de représentation complexe P_–(z, t), l'équation de propagation selon Oz du champ électrique E(z, t) de l'onde électromagnétique plane, devient, en notation complexe :
(∂^2 E_–(z, t))/(∂z^2) − 1/(c^2)(∂^2 E_–(z, t))/(∂t^2) = μ_0(∂^2 P_–(z, t))/(∂t^2)
18-a) En déduire l'équation différentielle vérifiée par E(z), amplitude complexe du champ électrique dans le plan z (on négligera ici l'éventuelle dépendance de χ_– en z ).
18 − b) On recherche une solution de cette équation de la forme E(z) = E_0 e^(+ ik_–z) où k_– = k^′ + ik^(′′) est une grandeur complexe (avec k^′, k^(′′) ∈ ℝ ).
Ecrire l'équation vérifiée par la variable complexe k_–.
On pourra éventuellement introduire un indice (optique) complexe n_– = n^′ + in^(′′) (avec n^′, n^(′′) ∈ ℝ ) défini par n_–^2 = 1 + χ_–.
18-c) On considère ici que le milieu amplificateur est dilué, au sens où les "atomes" actifs y ont une faible densité volumique n. Puisque χ_– est proportionnel à n, on supposera ici que la densité volumique des atomes actifs est suffisamment faible pour que |χ_–|≪1.
Dans cette hypothèse, déterminer les valeurs de k^′ et de k^(′′) en fonction de χ^′ et χ^(′′).
Puis montrer qu'amplifier l'onde électromagnétique qui traverse le milieu suppose que χ^(′′) < 0. Que se passe t'il si cette égalité n'est pas satisfaite?
18-d) Montrer que, pour satisfaire cette inégalité, il faut réaliser l'inversion des populations des états a et b . Définir précisement ce qu'on appelle ici les populations des états a et b .
Expliquer pourquoi une vapeur constituée d'atomes actifs, même chauffée à haute température, ne constituera jamais un milieu amplificateur.
18-e) Désormais on suppose réalisée l'inversion de populations nécessaire à l'amplification de l'onde lumineuse.
On appelle respectivement E_e et E_s les amplitudes complexes E(z) de l'onde à son entrée et à sa sortie du milieu amplificateur, en z = 0 et en z = ℓ_a (voir fig. 1-b).
Déterminer la fonction de transfert H_– = (E_s)/(E_e) en fonction de χ^′, χ^(′′), ℓ_a et k = ω/c, en supposant que la susceptibilité χ_– ne dépende pas de l'intensité de l'onde qui traverse le milieu.
En déduire le coefficient d'amplification de l'intensité G_I = (I_s)/(I_e).
19. 19-a) L'inversion des populations étant réalisée, représenter les variations de χ^(′′) et de χ^′ en fonction de δω. En déduire que le système est résonnant à la pulsation ω_0.
19-b) Calculer la largeur à mi-hauteur (en pulsation) Δω_S de cette résonance et montrer qu'elle dépend en général de l'intensité I(z) de l'onde électromagnétique en z.
A quelle condition (portant sur Ω_R(z) ) en dépend-elle effectivement? On parle alors d'élargissement de la résonance par le rayonnement, ou de saturation (d'où l'indice S de la largeur Δω_S). Calculer la largeur à mi-hauteur Δω_(NS) en l'absence de saturation, c'est-à-dire à faible intensité I(z).
19-c) Ainsi la susceptibilité χ_– (et l'indice optique n_– = n^′ + in^(′′) ) du milieu amplificateur dépend de l'intensité I de l'onde se propageant dans le milieu amplificateur. Montrer que :
χ_– = χ_–_ℓ 1/(1 + I/(I_S))
où I_S est l'intensité de saturation du milieu et χ_–_ℓ est la valeur de χ_– pour les faibles valeurs de I(I≪I_S), soit en régime linéaire (où la polarisation complexe P^–(z) = ε_0 χ_–_ℓ E(z) du milieu amplificateur dépend linéairement du champ E(z) de l'onde qui le polarise).
Déterminer χ_–_ℓ et I_S en fonction de δω et des autres paramètres du système à deux niveaux a,b.
19-d) Si on néglige les variations de l'intensité I(z) de l'onde à l'échelle de la longueur d'onde, l'équation de propagation devient :
(dI)/(dz) = − kχ_ℓ^(′′)I/(1 + I/(I_S)) où k = ω/c
Intégrer cette équation différentielle entre z = 0 et z = ℓ_a.
Montrer que si l'intensité I(z) reste partout très en deçà de l'intensité de saturation, on retrouve le régime où I(ℓ_a) varie exponentiellement avec ℓ_a.
Si au contraire l'intensité I(z) est partout très supérieure à I_S, montrer que l'intensité I(ℓ_a) varie linéairement avec ℓ_a.
Le gain en intensité G_I = (I_s)/(I_e) varie alors linéairement avec ℓ_a.

1.3 Oscillateur dans le domaine optique

Pour obtenir un laser, on insère l'amplificateur optique que nous venons d'étudier dans une cavité en anneau, de longueur développée L = 1, 5 m, et équipée des mêmes miroirs que ceux décrits dans la partie 1.1, de sorte que toutes les caractéristiques de cette cavité sont identiques à celle de la cavité linéaire de même longueur étudiée dans la partie 1.1.
Beaucoup de lasers fonctionnent dans un régime où la saturation est atteinte. Nous allons donc étudier le fonctionnement de notre laser dans des conditions où l'intensité I(z = 0) du faisceau lumineux entrant dans le milieu amplificateur dépasse très significativement l'intensité de saturation I_S (on suppose donc : I(0)≫I_S ). De plus nous allons supposer que ce milieu amplificateur est mince, d'épaisseur ℓ_a faible (telle que (− kχ^(′′))ℓ_a≪1 ). On peut alors considérer que tout le milieu amplificateur (de z = 0 à z = ℓ_a ) est soumis aux mêmes conditions de saturation (c'est-à-dire que I(ℓ_a) ≈ I(0) ) et peut être décrit par une susceptibilité complexe χ_–_S uniforme, telle que :
χ_–_S = χ_–_ℓ 1/(1 + (I(0))/(I_S))
Ainsi les amplitudes complexes E_e et E_s de l'onde à son entrée et à sa sortie du milieu amplificateur sont reliées par :
E_s = E_e e^(+ ik(1 + (χ_S^′)/2)ℓ_a)e^(− k(χ_S^(′′))/2ℓ_a)
A sa sortie du milieu amplificateur, cette onde se propage dans l'air (d'indice optique n_(air) = 1 ) jusqu'au miroir de couplage M_c, qui la réfléchit partiellement ( T = 4 × 10^(− 2), d'où R ≃ 1 − T et r = − √R ), et après trois réflexions supplémentaires sur des miroirs M' ( A^′ ≃ 2 × 10^(− 4), d'où R^′ ≃ 1 ) revient sur la face d'entrée de l'amplificateur (en z = 0 ). Son amplitude complexe en z = 0 est notée E_e^′.
20. 20-a) Exprimer E_e^′ en fonction de E_s, T, L et ℓ_a.
Identifier dans votre réponse la fonction de transfert de chacun des blocs que vous auriez pu mentionner dans la boucle de retour du laser en anneau modélisé dans la question 1.
20-b) En déduire le rapport (E_e^′)/(E_e), qui peut s'interpréter comme la fonction de transfert H_–(ω) de l'amplitude complexe du champ électrique dans la cavité, en un tour de cavité.
Montrer que ce rapport s'écrit sous la forme Ae^(+ iφ), où A et φ sont deux réels qu'on exprimera en fonction des paramètres caractéristiques du laser.
20-c) En régime stationnaire, on a E_e^′ = E_e. Montrer qu'on obtient ainsi deux équations qui permettent de déterminer le "point de fonctionnement" du laser, c'est-à-dire sa pulsation ω et l'intensité I(0) de l'onde lumineuse circulant dans la cavité (et par conséquent le niveau de saturation du milieu amplificateur).
20-d) A partir de ces deux équations, montrer que :
(i) la pulsation ω du laser est toujours très proche de la pulsation ω_N du mode N de la cavité en anneau quand cette cavité est vide, c'est-à-dire sans amplificateur optique. Interpréter l'origine physique de la différence entre ω et ω_N.
(ii) la seconde équation exprime qu'en régime stationnaire, la variation d'intensité I(ℓ_a) − I(0) créée par l'amplificateur compense les pertes de la cavité, c'est-à-dire ici l'intensité du faisceau de sortie du laser. Interpréter ce résultat en termes de bilan d'énergie.
  • Dans cette étude, nous avons implicitement considéré que le milieu amplificateur est homogène et que tous ses "atomes" contribuent à un fonctionnement du laser à la même pulsation ω_N voisine de ω_0. En réalité, le milieu amplificateur n'est jamais homogène, et il va pouvoir émettre un rayonnement dans une plage de fréquences Δν_i, appelée largeur inhomogène de la transition observée ^(10). Δν_i représente le domaine spectral où le laser peut fonctionner. Si Δν_i > ν_(ISL), le laser peut fonctionner simultanément sur plusieurs modes de la cavité, de N différents. En fait beaucoup de lasers ont une tendance naturelle à fonctionner en régime multimode ^(11).
  • La seule façon d'obtenir un laser de faible largeur spectrale (inférieure à l'intervalle spectral libre ν_(ISL) de la cavité laser) est de rendre ce laser monomode, c'est-à-dire de l'obliger à ne fonctionner que sur un seul mode. On y parvient en instaurant des pertes supplémentaires pour tous les modes, excepté celui qu'on veut conserver. Pour cela on introduit dans la cavité du laser plusieurs éléments sélectifs, tous accordés à la fréquence ν_N du mode à conserver, donc sans perte à la fréquence ν_N, mais qui introduisent des pertes importantes pour tous les autres modes d'ordre N^′ ≠ N. Il faut en général plusieurs éléments sélectifs (voir fig. (3)). On obtient alors un laser monomode, fonctionnant uniquement sur le mode d'ordre N, donc à une fréquence très proche de ν_N. On peut alors espérer que sa largeur spectrale soit inférieure ou de l'ordre de Δν_c avant tout asservissement en fréquence.
Figure 3 - Laser titane saphir en anneau monomode : deux éléments sélectifs y ont été introduits : une lame mince (etalon) qui est une cavité de grand intervalle spectral libre et un filtre de Lyot (birefringent filter) dont le rôle est d'empêcher les modes lointains de laser. La cavité (reference cavity) est utilisée avec les photodiodes pour contrôler la fréquence du faisceau de sortie du laser, mais n'a aucun rapport avec un éventuel asservissement de la fréquence de ce laser.

2 Asservissement de la fréquence d'un laser continu monomode

  1. Représenter la structure élémentaire d'un système asservi à une consigne Co(p) par un schéma-bloc composé de trois blocs :
    (a) le système à asservir, de fonction de transfert H(p);
    (b) un bloc capteur (ou détecteur), de fonction de transfert K(p), qui constitue la boucle de retour;
    (c) un bloc correcteur, de fonction de transfert C(p);
    et d'un comparateur entre une consigne Co(p) et le signal délivré par le capteur (parfois appelé signal de mesure).
    Indiquer comment est formé le signal d'erreur. Décrire sommairement le rôle du capteur et celui du correcteur.
Déterminer les fonctions de transfert en boucle ouverte F_O(p) et en boucle fermée F(p) du système asservi.
Nous allons maintenant adapter ce schéma-bloc à l'asservissement de la fréquence d'un laser. Dans cette perspective, nous allons nous intéresser successivement à chacun des trois blocs mentionnés dans la question précédente et déterminer leur fonction de transfert. Commençons par le système à asservir, le laser monomode.
22. Nous n'avons pas effectué une étude dynamique du comportement du laser, mais nous avons identifié un certain nombre de temps caractéristiques de son fonctionnement, qui sont soit des périodes d'oscillation, soit des temps de relaxation : il s'agit, pour la partie optique, de la période T_0 d'oscillation du champ électrique de l'onde, du temps τ = (ν_(ISL))^(− 1) et du temps d'amortissement de l'énergie électromagnétique dans la cavité τ_W ≃ 100 ns, et pour l'"atome", le temps de relaxation τ_1 des populations d'atomes dans les états a et b , de l'ordre de 10 ns , et celui de la cohérence C entre ces deux états, plus court ( τ_2 < τ_1 ). Enfin vous connaissez l'ordre de grandeur Δν_c de la largeur spectrale du laser monomode avant asservissement.
Quand on ne dispose que de ce type d'informations sur la dynamique temporelle d'un système, on modélise souvent le système comme un système d'ordre 1, passe-bas, dont la fréquence de coupure est obtenue par le principe du pôle dominant, c'est-à-dire le pôle dont la fréquence caractéristique est la plus basse.
Proposez une valeur de la fréquence de coupure du laser considéré comme un filtre passe bas et écrire la fonction de transfert correspondante H(p).
23. Pour asservir la fréquence ν du laser monomode à une référence extérieure fixe ν_0, il faut pouvoir agir en temps réel sur la fréquence du laser en réponse à la différence ν − ν_0. Sur quel paramètre physique du laser faut-il agir?
Stabiliser la fréquence du laser monomode nécessite plusieurs éléments :
  • D'abord il faut disposer d'une référence de fréquence ν_0. Le plus simple est d'utiliser une nouvelle cavité optique, de longueur développée L_0, dont les fréquences de résonance ^(12)ν_0 = N_0 c/(L_0) fournissent autant de références de fréquence que l'on veut (il suffit de choisir N_0 ). Cette fréquence de référence ν_0 est fixe et doit être définie avec une excellente précision. On choisit une cavité linéaire (fig. 1-a) et on apporte une attention toute particulière à sa construction, pour éviter les vibrations, la dilatation thermique de la cavité et les fluctuations de pression ^(13). Les deux miroirs (dont l'un au moins est semi-réfléchissant) sont au moins de même qualité que ceux de la cavité laser, de sorte que la finesse de la cavité de référence est supérieure ou égale à celle de la cavité laser.
  • Ensuite il faut comparer la fréquence ν du laser à la fréquence de référence ν_0. On utilise là une méthode interférométrique, illustrée par la figure (4). Elle consiste à envoyer une partie du faisceau de sortie du laser dans la cavité de référence. Si on prend au préalable la précaution de pouvoir balayer "lentement" la fréquence ν du laser (on verra plus loin comment), de sorte qu'elle varie linéairement au cours du temps (soit ν(t) = ν_d + at avec a > 0 et ν_d < ν_0 ), en mesurant l'intensité de la lumière transmise par la cavité de référence, on obtient la courbe de transmission de cette cavité, avec un maximum de transmission pour ν = ν_0, puis un autre maximum à la fréquence du mode d'ordre N_0 + 1 de la cavité de référence (voir le signal obtenu en transmission dans l'encadré de droite de la figure). Ce signal représentant le rapport (I_(transmise))/(I_(incidente)) sera désigné par θ = θ(ν − ν_0) dans la suite. On a ainsi le moyen de comparer précisément ν à ν_0.
    Pour obtenir une meilleure précision sur la position des extrémums d'une courbe, il est souvent préférable de déterminer la position des zéros de sa dérivée : c'est ce qui est fait ici en ajoutant à ν_d + at un terme δν_m cos(2πf_m t) où δν_m est l'amplitude de la modulation et f_m la fréquence de la modulation ^(14). Pour dériver effectivement la fonction θ(ν − ν_0), l'amplitude de cette modulation doit être faible devant la largeur du pic de la résonance de la courbe θ(ν − ν_0), largeur qui est dominée
Figure 4 - Principe de l'asservissement en fréquence d'un laser monomode. Une partie du faisceau de sortie du laser est envoyé dans une cavité de référence, de longueur développée L_0. La lumière transmise par la cavité de référence est détectée par une photodiode D , qui produit le signal présenté dans l'encart de droite. Si on module la fréquence du laser à la fréquence f_m, la détection synchrone DS permet de détecter la composante modulée du signal de la photodiode D , dont l'amplitude est représentée en fonction de la fréquence du laser dans l'encart relié à DS.
par la largeur spectrale du laser. En détectant par la détection synchrone la composante à la fréquence f_m de l'intensité ^(15) de la lumière transmise, on obtient un signal proportionnel à (dθ(ν − ν_0))/(dν). Ce signal, qui s'annule en particulier en ν = ν_0, est adapté pour servir de signal d'erreur ε(ν − ν_0)^(dν) dans l'asservissement de la fréquence du laser monomode. On adopte : ε(ν − ν_0) = (dθ(ν − ν_0))/(dν).
  • Reste à savoir comment utiliser ce signal d'erreur. Certes, la fréquence centrale du laser monomode, mais non asservi, est directement reliée à la longueur développée L de la cavité constituant le laser : cette fréquence ν est très proche de la fréquence ν_N = Nc/L du mode N de la cavité dans lequel le laser monomode fonctionne. Pour faire varier L, la méthode la plus simple consiste à déplacer un des miroirs de la cavité avec une cale piézoélectrique d'une quantité proportionnelle à la différence de potentiel qui lui est appliquée.
Figure 5 - Montage d'un miroir sur une cale piézoélectrique : la cale est constituée d'un matériau piézoélectrique d'épaisseur e placé entre deux électrodes métalliques situées respectivement en z = 0 et en z = e, et portées aux potentiels électriques V(0) et V(e). La tension appliquée sur le matériau piézoélectrique est définie par U = V(e) − V(0). Le matériau piézoélectrique a la propriété d'être sensible au champ électrique et son épaisseur e varie en fonction de la tension U appliquée.
24. La figure (5) détaille le montage d'un miroir M' de la cavité laser sur une cale piézoélectrique. 24-a) Quelle est la valeur de l'amplitude de déplacement du miroir mobile M' nécessaire pour balayer un intervalle spectral libre ν_(ISL) de la cavité laser?
On supposera que le faisceau intra-cavité réfléchi par ce miroir est à incidence normale au miroir.
24 − b) Nous supposerons que l'épaisseur e de l'échantillon piézoélectrique décroît lorsqu'on augmente la tension appliquée U telle qu'elle est définie dans la légende de la figure (5). La correction δU_ε apportée à la tension U par le signal d'erreur ε est : δU_ε = Kε(ν − ν_0). En utilisant la figure (4), déterminer le signe de la constante K pour assurer le bon fonctionnement de l'asservissement de ν à la valeur ν_0. En déduire l'expression de δU_ε.
  • On notera qu'en choisissant de transmettre directement le signal d'erreur à la cale piézolectrique, on s'est privé de toute correction dynamique à ce signal d'erreur. Le montage décrit par la figure 4 est utile pour comprendre la nature du signal d'erreur statique transmis au système, mais il ne permet évidemment pas de conclure quant au choix du correcteur.
  • Il apparaît dans ce qui précède que l'asservissement en fréquence d'un laser monomode relève par essence de l'analyse fréquentielle des signaux, et que la variable privilégiée est non pas la variable p de Laplace, mais la différence de fréquences ν − ν_0 qui correspond à la pulsation Ω = 2π(ν − ν_0) (soit p = jΩ ).
    On sait que les composantes basses fréquences ^(16) du bruit de fréquence jouent un rôle déterminant dans la largeur des raies laser.
    Nous allons maintenant asservir le laser sur un signal de même fréquence (donc ν ≃ ν_0 ), pour rechercher l'effet de l'asservissement sur le bruit en fréquence du laser. Pour rendre compte du bruit de fréquence, nous le simulons par une perturbation harmonique à la pulsation ω_N + Ω, Et par conséquent, nous traitons tout le système asservi en analyse harmonique. En première approximation, on peut assimiler cette perturbation à un bruit à la pulsation Ω. La composante harmonique du signal Q(jΩ) peut représenter une composante du bruit en fréquence du laser monomode non asservi ou un bruit créé par un évènement exceptionnel. Nous insérons ce bruit entre le correcteur et le système (voir fig. (6)).
Figure 6 - Perturbation harmonique dans un système asservi.
  1. Dans ce contexte, le signal d'entrée du système devient maintenant Q(jΩ), et le signal de sortie reste S(jΩ).
    Déterminer les fonctions de transfert en boucle ouverte F_O(jΩ) et en boucle fermée F(jΩ) de ce modèle.
    Comment choisir le gain de la fonction de transfert de la boucle de retour pour amortir suffisamment une perturbation à la pulsation Ω.
  2. Quand on régule la fréquence d'un laser monomode sur une fréquence de référence ν_0 très stable, on souhaite d'abord que le système asservi ait une excellente précision. Le second critère est évidemment que l'asservissement soit stable.
    Quel(s) correcteur(s) proposez vous d'utiliser dans ce cas? Vous pouvez mentionner plusieurs types de correcteurs en comparant leurs mérites au regard des exigences formulées ci-dessus.

    1. et les spécialistes de traitement du signal appellent "puissance" la même quantité |s(t)|^2.
    1. On néglige alors les éventuels déphasages introduits par la réflexion ou la transmision sur ce miroir semiréfléchissant.
    2. En effet r < 0 rend compte que, à la surface du miroir, le champ électrique de l'onde réfléchie est opposé à celui de l'onde incidente, pour donner un champ nul à la surface si le miroir est parfait. Vous avez utilisé cette propriété dans la question 3 ; elle est encore vraie ici parce que le champ électrique de l'onde sortante est faible par rapport à ceux des ondes progressives circulant dans la cavité, puisque T≪R.
    1. La mécanique quantique restant de la mécanique, il est utile de préciser dans quel référentiel on se place : x, y, z sont les coordonnées de l'électron actif dans le référentiel du centre de masse de l'atome. Dans tous les cas, le "noyau" de l'"atome" (c'est-à-dire tout le système matériel, hormis l'électron actif) a une masse beaucoup plus élevée que celle de l'électron, et le centre de masse de l'atome se confond avec celui de son "noyau" (qui est donc situé en x = 0, y = 0, z = 0). ψ(x, y, z; t) caractérise donc l'état interne de l'atome.
      L'atome aussi peut se déplacer dans l'espace (surtout s'il est en phase gazeuse), mais on ne s'intéresse pas ici à son mouvement d'ensemble. Pour simplifier, nous considérerons l'atome comme étant fixe dans le référentiel du laboratoire.
    2. En mécanique quantique, V(x, y, z) est souvent appelé le potentiel; en fait ce potentiel est toujours une énergie potentielle.
    1. Il s'agit ici de l'émission induite (par le rayonnement) introduite par A. Einstein.
    2. pourvu qu'il conduise à des états liés de la particule.
    1. Isidor Rabi est un physicien américain qui a reçu le prix Nobel de physique en 1944.
    1. Jusqu'à maintenant, nous avons pris en compte la capacité de l'atome à émettre un rayonnement par le processus d'émission induite (induite par le rayonnement dans lequel baigne l'atome), mais nous n'avons pas pris en compte l'émission spontanée de rayonnement par l'atome, qui se produit pour tout atome porté dans un niveau excité, indépendament de la présence de l'onde électromagnétique de champ E⃗(z, t), comme on peut aisément le vérifier en annulant le champ E_0, et par conséquence la pulsation de Rabi Ω_R = (dE_0)/ℏ; on retrouve alors la situation étudiée à la question 14, dans laquelle p_b = |b(t)|^2 = |b(0)|^2 est constante, ce qui prouve bien qu'on n'a pas pris en compte l'émission spontanée par l'atome dans l'état stationnaire φ_b.
    1. Le mécanisme de cet élargissement diffère selon la nature du milieu amplificateur : dans un milieu solide ou liquide, l'atome actif est perturbé par son environnement microscopique, et tous les atomes actifs n'ont pas rigoureusement le même environnement, d'où une dispersion des valeurs possibles de ω_0. Dans un milieu gazeux, l'hétérogénéïté vient de la dispersion des vitesses des atomes mesurées dans le référentiel (fixe) de la cavité, ce qui se traduit par un élargissement Doppler de la raie de transition b → a.
    2. Sauf les diodes laser intégrées, dont la cavité est le milieu amplificateur, et a une longueur développée millimétrique.
    1. En se plaçant dans le même cadre d'approximations que dans la partie 1-1.
    2. En général, cette cavité est construite dans un matériau (céramique) à très faible coefficient de dilatation thermique, sa température est régulée avec une grande précision ( ∼ 0, 01^∘C ) et elle est placée sous vide.
    3. Elle est notée f_m parce qu'elle a vocation à être d'origine électronique, et donc à être très faible devant les fréquences optiques, notées ν.
    1. Mesurée par un circuit de détection à photodiode de bande passante supérieure à la fréquence de modulation.
    1. Ces composantes de bruit sont principalement dues à des bruits d'origine thermique (très basse fréquence) ou mécanique (vibrations) à plus haute fréquence (jusqu'à 1 MHz dans certains lasers).

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte le sujet X Physique et SI MP 2023 ?
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Sur quels chapitres porte le sujet X Physique et SI MP 2023 ?

Sur les ondes électromagnétiques et les interférences dans une cavité optique, la physique quantique d'un atome en interaction avec une onde, puis les schémas-blocs et l'asservissement avec choix d'un correcteur.

Quelle est la moyenne de l'épreuve X Physique et SI MP 2023 ?

La moyenne est de 9,55 sur 20 avec un écart-type de 4,78, pour 1069 candidats présents.

Quelles parties du sujet X Physique SI MP 2023 ont fait la différence ?

Les parties 1.3 et 2, peu abordées, ont départagé les meilleurs candidats. Le jury cite la partie 2 sur l'asservissement comme celle qui a fait la différence dans le classement final.

Quelles erreurs le jury a-t-il relevées en X Physique SI MP 2023 ?

Une question 1 sur le schéma-blocs rarement réussie, des tracés de modes faux, une propagation avec pertes mal maîtrisée, des explications physiques confuses et des applications numériques sans unité.

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