WikiPrépaLivrets

X ENS Physique MP 2023Sujet, corrigé et rapport du jury

Fusion thermonucléaire solaire et optimisation de puissance d'une machine thermique

3,0(4 votes)
Faisable en Sup

Faisable en sup ?

Faisable en partie en MPSI : 17 questions sur 37. Autres questions faisables en MPSI

Autres premières années : MP2I 3 · TSI1 15 · BCPST1 16 questions.

Détail par partie

Téléchargements

Présentation du sujet

Difficulté moyenne
Fusion thermonucléaire dans le Soleil et rendement d'une machine thermique à puissance maximale
Afficher ou masquer la section

L'épreuve comporte deux problèmes indépendants. Le premier utilise l'effet tunnel à travers la barrière coulombienne et la statistique de Boltzmann d'un gaz de protons pour établir une loi d'échelle sur le taux des réactions de fusion au cœur du Soleil. Le second introduit deux modèles de thermodynamique en temps fini pour déterminer le rendement d'une machine thermique ditherme fonctionnant à puissance maximale.

  1. 1Problème I : fusion thermonucléaire au cœur du SoleilEffet tunnel à travers une marche puis une barrière de potentiel, énergie de Gamow, changement de variables vers le centre de masse et la vitesse relative, et pic de Gamow du taux de réaction.
  2. 2Problème II : rendement d'une machine thermique à sa puissance maximaleRendement de Carnot, modèle avec transfert thermique vers un fluide caloporteur, modèle avec création d'entropie par cycle, puis comparaison et application à un réacteur nucléaire.

Difficulté moyenne. Le jury indique qu'un grand nombre de copies ont traité les deux problèmes jusqu'à la dernière question, pour une moyenne de 10,17 sur 20.

L'épreuve en chiffres

Moyenne 10,17 / 20 · écart-type 3,87 · 1 702 présents · où vous situez-vous ?
Afficher ou masquer la section
Moyenne
10,17/ 20
Écart-type
3,87
Présents
1 702
Durée
4 h
moyenne 10,1705101520
Deux tiers des copies environ (moyenne ± écart-type)

Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.

Source : document officiel du concours, épreuve du 19 avril 2023. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Comparer des grandeurs de même dimension · Représenter une variation · Changement de variables et masse réduite
Afficher ou masquer la section

De nombreuses copies ont traité les deux problèmes jusqu'au bout en ne laissant que quelques questions de côté. Le jury insiste sur la présentation, les tracés de courbes, les unités et la comparaison systématique d'une grandeur à une autre de même dimension. Les remarques détaillées portent surtout sur les changements de variables du premier problème et sur les conventions de signe du second.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Comparer des grandeurs de même dimensionQuestion 4

    Écrire qu'une longueur est très grande devant 1 n'a pas de sens. Une grandeur n'est grande ou petite que par comparaison avec une autre.

    « Écrire L>>1 n'a pas de sens : il faut comparer des grandeurs de même dimension physique. »
  2. 2
    Représenter une variationQuestions 8 et 25

    Représenter la variation d'une fonction ne signifie pas tracer sa dérivée. L'énergie de Gamow introduite juste avant devait figurer sur le graphe.

  3. 3
    Changement de variables et masse réduiteQuestions 9 à 12

    Le passage aux vitesses du centre de masse et relative a été étonnamment mal traité, avec une masse réduite souvent mal identifiée. Le jacobien a rarement été calculé et l'expression facteur de Boltzmann est inconnue d'une majorité de candidats.

  4. 4
    Réponse partielleQuestion 16

    Il fallait non seulement calculer E0 mais aussi le situer entre l'énergie de Gamow et kT pour obtenir tous les points.

  5. 5
    Conventions de signe sur le travailQuestions 21, 22 et 24

    Il faut choisir explicitement une convention et s'y tenir plutôt que d'écrire des valeurs absolues. Invoquer le rendement de Carnot sans justification ne rapporte pas tous les points.

  6. 6
    Création d'entropie oubliéeQuestions 30 et 37

    Beaucoup pensent à tort que le premier modèle ne crée pas d'entropie, en oubliant le transfert au sein du fluide caloporteur. Il ne faut pas non plus confondre irréversibilité de la réaction nucléaire et irréversibilité de la machine.

Ce qui a été bien réussi

  • La question 3, sur la marche de potentiel, a été bien traitée dans l'ensemble.
  • Des candidats ayant mal identifié la masse réduite en question 9 ont tout de même pu poursuivre en réutilisant la formule.

Conseils du jury

  • Rendre les numéros de questions immédiatement identifiables et mettre les résultats en évidence.
  • Nommer les axes, donner une échelle et soigner les comportements asymptotiques des courbes.
  • Utiliser les notations de l'énoncé et exprimer les résultats avec les variables demandées, sans redémontrer une formule fournie.
  • Définir le système étudié et ne pas en changer au cours d'une démonstration.
  • Faire les simplifications évidentes avant de donner un résultat final et ne pas oublier les unités.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

Corrigé détaillé

37 questions
Indice, stratégie puis corrigé complet pour chaque question, avec les remarques du jury.
Afficher ou masquer la section

37 questions corrigées une à une : un indice, puis la stratégie, puis le corrigé complet avec le résultat encadré et les remarques du jury. Chaque question est vérifiée avant publication.

  1. Q1Le Soleil est constitué en majorité d'hydrogène et d'hélium. L'intérieur du Soleil est si chaud que les…
  2. Q2La fusion nucléaire est un processus dans lequel deux noyaux légers se rapprochent suffisamment pour…
  3. Q3Nous étudions d'abord le cas simple, à une dimension, de l'état stationnaire d'énergie d'une particule…
  4. Q4On considère maintenant une barrière de potentiel de hauteur et de longueur: l'énergie potentielle est nulle…
  5. Q5Nous allons appliquer ce résultat au cas où désigne la distance relative entre deux protons se déplaçant sur…
  6. Q6Les protons sont initialement à grande distance l'un de l'autre. est l'énergie cinétique de leur mouvement…
  7. Q7Calculer le coefficient de transmission en le mettant sous la forme. On donne l'intégrale Donner…
  8. Q8Représenter la variation de en fonction de.
Voir les 29 autres questions
  1. Q9On note et les vitesses des protons, en valeur algébrique, sur l'axe. On note la vitesse de leur barycentre…
  2. Q10Les deux protons considérés précédemment sont supposés appartenir à un gaz de protons que l'on modélise par…
  3. Q11On note la probabilité élémentaire que la vitesse du centre de masse soit à près, et que la vitesse relative…
  4. Q12On note la probabilité que l'énergie cinétique relative vaille à près. Par un changement de variables de à…
  5. Q13On note le nombre de réactions nucléaires de fusion par unité de temps, pour une énergie relative valant à…
  6. Q14En utilisant les résultats obtenus précédemment, exprimer en fonction de. On écrira le résultat sous la…
  7. Q15Étudier la variation de. Montrer que possède un maximum pour une valeur de qu'on notera et qu'on exprimera…
  8. Q16Situer l'énergie par rapport à et dans la limite où. Dans le cas de la fusion entre deux protons au cœur du…
  9. Q17Déterminer l'expression littérale de en fonction de et, puis calculer son ordre de grandeur avec les valeurs…
  10. Q18Tracer l'allure de. Quelle est la particularité de la variation de avec dans la limite où ?
  11. Q19Généraliser les résultats obtenus au cas de la fusion de deux noyaux de numéros atomiques et, de masses et…
  12. Q20Le taux d'une réaction nucléaire de fusion est défini comme le nombre de réactions de fusion par unité de…
  13. Q21On note l'énergie fournie par la source chaude au cours d'un cycle de cette machine ditherme, et le travail…
  14. Q22Déterminer l'expression du travail maximum qu'on peut extraire de la machine pendant un cycle en fonction…
  15. Q23Nous considérons une machine dans laquelle l'énergie est produite par une source solide à la température…
  16. Q24Le fluide caloporteur constitue la source chaude d'une machine thermique ditherme dont la source froide est…
  17. Q25Tracer l'allure de la variation de la puissance extraite en fonction de pour et fixés.
  18. Q26Tracer l'allure de la variation du rendement en fonction de pour et fixés. Que vaut la puissance extraite…
  19. Q27Déterminer la valeur de qui maximise la puissance extraite de la machine thermique pour et fixés. On…
  20. Q28On note la valeur du rendement correspondant à cette valeur de. Exprimer en fonction de et.
  21. Q29Exprimer en fonction de, déterminé à la question 22, et représenter sa variation. Comment cette expression…
  22. Q30On revient au cas général d'une machine thermique cyclique ditherme dont les sources chaude et froide ont…
  23. Q31Déterminer le travail fourni pendant un cycle en fonction de,,, et.
  24. Q32Montrer que pour fixé, la puissance est maximale pour une valeur de qu'on déterminera, et qu'on notera.
  25. Q33Calculer le rendement de la machine thermique lorsque la puissance est maximale. On le notera.
  26. Q34Comparer les valeurs des rendements à puissance maximale prédites par ces deux modèles. Dans quelle limite…
  27. Q35Dans le cadre du premier modèle, déterminer l'expression de l'entropie créée au cours d'un cycle en fonction…
  28. Q36Le coût d'une centrale thermique provient d'une part du combustible produisant l'énergie, d'autre part de la…
  29. Q37Le réacteur Sizewell B est le plus grand réacteur nucléaire à eau pressurisée construit au Royaume-Uni, qui…

Description

L'épreuve comporte deux problèmes indépendants. Le premier utilise l'effet tunnel à travers la barrière coulombienne et la statistique de Boltzmann d'un gaz de protons pour établir une loi d'échelle sur le taux des réactions de fusion au cœur du Soleil. Le second introduit deux modèles de thermodynamique en temps fini pour déterminer le rendement d'une machine thermique ditherme fonctionnant à puissance maximale.

Ces sujets peuvent vous intéresser

Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
Afficher ou masquer la section

ECOLE POLYTECHNIQUE ECOLES NORMALES SUPERIEURES

CONCOURS D'ADMISSION 2023

MERCREDI 19 AVRIL 2023 08h00-12h00
FILIERE MP - Epreuve n^∘5 PHYSIQUE (XULSR)

L'épreuve est composée de deux problèmes indépendants. On se contentera de réponses courtes, sauf lorsque l'énoncé demande d'expliquer, d'interpréter, ou de commenter.

I - Fusion thermonucléaire au cœur du Soleil

L'énergie rayonnée par le Soleil est issue des réactions nucléaires de fusion qui se produisent en son centre. Leur étude est l'objet de cette partie.
  1. Le Soleil est constitué en majorité d'hydrogène et d'hélium. L'intérieur du Soleil est si chaud que les atomes sont entièrement ionisés. Comment appelle-t-on cet état de la matière?
  2. La fusion nucléaire est un processus dans lequel deux noyaux légers se rapprochent suffisamment pour fusionner l'un avec l'autre. La répulsion électrostatique rendrait ce rapprochement impossible en l'absence d'un phénomène de physique quantique, qui leur permet de franchir la barrière de potentiel. De quel effet s'agit-il?
  3. Nous étudions d'abord le cas simple, à une dimension, de l'état stationnaire d'énergie E d'une particule quantique de masse m, qui rencontre une marche de potentiel. L'énergie potentielle vaut 0 pour x < 0 et V pour x ≥ 0, avec V > E. On note ψ(x) la partie spatiale de la fonction d'onde de la particule dans son état stationnaire. Déterminer l'expression de ψ(x)/ψ(0) pour x > 0. On notera t(x) = ψ(x)/ψ(0).
  4. On considère maintenant une barrière de potentiel de hauteur V et de longueur L : l'énergie potentielle est nulle pour x < 0 et x > L, et vaut V pour 0 ≤ x ≤ L, toujours avec V > E. On admet que si le coefficient de transmission de la barrière, qu'on notera Θ(E), est très faible, son expression est approximativement donnée par Θ(E) = |t(L)|^2, où t(x) est la fonction déterminée à la question précédente. Préciser, en fonction des données du problème, comment se traduit mathématiquement la condition Θ(E)≪1. Rappeler la définition du coefficient de transmission pour ce processus. Expliquer, sans calcul, pourquoi l'expression proposée n'est qu'approximative.
On considère maintenant le cas où l'énergie potentielle V(x) dépend de x de manière continue. On suppose qu'elle vérifie toujours V(x) > E pour 0 ≤ x ≤ L et V(x) < E pour x < 0 et pour x > L, de telle sorte que la barrière de potentiel a une longueur L. On admet que le coefficient de transmission s'obtient approximativement en effectuant, dans le résultat de la question précédente, la substitution suivante :
(V − E)^(1/2)L ⟶ ∫_0^L(V(x) − E)^(1/2) dx
  1. Nous allons appliquer ce résultat au cas où x désigne la distance relative entre deux protons se déplaçant sur un même axe, et V(x) l'énergie potentielle de leur interaction électrostatique. Rappeler l'expression de V(x) et tracer l'allure de sa variation en fonction de x pour x > 0. On notera e la charge électrique élémentaire.
  2. Les protons sont initialement à grande distance l'un de l'autre. E est l'énergie cinétique de leur mouvement relatif, dont nous déterminerons l'expression plus loin. La fusion nucléaire a lieu lorsque les protons se trouvent au même point, soit x = 0. Exprimer la longueur L de la barrière de potentiel qu'ils doivent franchir pour que la fusion ait lieu, en fonction de E et des constantes fondamentales.
  3. Calculer le coefficient de transmission Θ(E) en le mettant sous la forme Θ(E) = exp(− (E_G/E)^(1/2)). On donne l'intégrale
∫_0^1(1/u − 1)^(1/2) du = π/2
Donner l'expression de E_G, dite énergie de Gamow, en fonction de la masse m de la particule et des constantes fondamentales.
8. Représenter la variation de Θ(E) en fonction de E.
9. On note v_1 et v_2 les vitesses des protons, en valeur algébrique, sur l'axe x. On note v_G la vitesse de leur barycentre et v = v_1 − v_2 leur vitesse relative. Exprimer la somme de leurs énergies cinétiques en fonction de v_G, v, et de la masse du proton m_p. Montrer que l'énergie cinétique E associée au mouvement relatif est l'énergie d'une particule fictive de masse μ dont on donnera l'expression en fonction de m_p.
On admet dans la suite que la masse m intervenant dans l'énergie de Gamow est en fait la masse μ qui vient d'être introduite.
10. Les deux protons considérés précédemment sont supposés appartenir à un gaz de protons que l'on modélise par un gaz parfait unidimensionnel à la température T. On note P(v_1, v_2)dv_1 dv_2 la probabilité élémentaire pour deux protons d'avoir des vitesses v_1 et v_2 à dv_1 et dv_2 près. Expliciter la dépendance de P(v_1, v_2) en fonction de v_1 et v_2. On ne cherchera pas à déterminer la constante de normalisation, et on notera k_B la constante de Boltzmann.
11. On note P^∗(v_G, v)dv_G dv la probabilité élémentaire que la vitesse du centre de masse soit v_G à dv_G près, et que la vitesse relative soit v à dv près. Montrer que P^∗(v_G, v) peut se mettre sous la forme P_G(v_G)P^∗(v). Expliciter les expressions de P_G(v_G) et de P^∗(v) aux constantes de normalisation près. Commenter la forme de P^∗(v).
12. On note p(E)dE la probabilité que l'énergie cinétique relative vaille E à dE près. Par un changement de variables de v à E, donner l'expression de p(E) en fonction de E à une constante multiplicative près
13. On note Γ(E)dE le nombre de réactions nucléaires de fusion par unité de temps, pour une énergie relative valant E à dE près. On postule que Γ(E) est proportionnel à vp(E)Θ(E). Comment interprétez-vous cette modélisation?
14. En utilisant les résultats obtenus précédemment, exprimer Γ(E) en fonction de E. On écrira le résultat sous la forme Γ(E) = Kexp(− φ(E)), où K ne dépend pas de E, et on exprimera φ(E) en fonction de E, E_G et k_B T.
15. Étudier la variation de φ(E). Montrer que Γ(E) possède un maximum pour une valeur de E qu'on notera E_0 et qu'on exprimera en fonction de E_G et k_B T.
16. Situer l'énergie E_0 par rapport à E_G et k_B T dans la limite où E_G≫k_B T. Dans le cas de la fusion entre deux protons au cœur du Soleil, les valeurs numériques sont E_G ≃ 500keV et k_B T ≃ 1, 5keV. Déterminer l'ordre de grandeur de E_0.
17. Déterminer l'expression littérale de φ(E_0) en fonction de E_G et k_B T, puis calculer son ordre de grandeur avec les valeurs numériques données plus haut.
18. Tracer l'allure de Γ(E). Quelle est la particularité de la variation de Γ(E) avec E dans la limite où E_G≫k_B T ?
19. Généraliser les résultats obtenus au cas de la fusion de deux noyaux de numéros atomiques Z_1 et Z_2, de masses m_1 et m_2 quelconques. Déterminer en particulier comment la valeur de μ et l'énergie de Gamow, E_G, sont modifiées.
20. Le taux d'une réaction nucléaire de fusion est défini comme le nombre de réactions de fusion par unité de volume et de temps, divisé par le produit des densités volumiques des deux noyaux impliqués dans le processus de fusion. Ainsi défini, le taux de réaction est indépendant des densités, et ne dépend que de la température. Une modélisation en trois dimensions, plus réaliste que celle développée jusqu'alors, donne un taux de réaction de la forme a_i T^(− 2/3)exp(− (b_i/T)^(1/3)), où a_i et b_i sont des constantes qui dépendent de la réaction de fusion étudiée. La table ci-après donne les valeurs de ces constantes pour diverses réactions. b_i et T sont en unités de 10^9 K (milliards de Kelvin), et les unités des coefficients a_i sont telles que les taux de réaction soient
en m^3 s^(− 1) mol^(− 1). On désigne le proton par p, le neutron (dont la masse est très proche de celle du proton) par n. Les symboles D , ^3 He et ^4 He désignent les noyaux des atomes correspondants ( D = deutérium = ^2 H ), γ désigne le photon, e^+le positon (électron chargé positivement) et ν_e le neutrino.
réaction Valeur de a_i Valeur de b_i(10^9 K)
p + p → D + e^+ + ν_e a_1 = 4, 08 × 10^(− 21) b_1 = 38, 65
p + D → ^3 He + γ a_2 = 1, 81 × 10^(− 3) b_2 = 51, 52
^3 He + ^3 He → ^4 He + p + p a_3 = 5, 59 × 10^4 b_3 = 1828
Montrer que la modélisation développée précédemment permet de prédire certaines relations entre les quantités b_1, b_2 et b_3. Vérifier ces prédictions à l'aide d'applications numériques.

II - Rendement énergétique d'une machine thermique à sa puissance maximale

Lorsqu'une machine thermique cyclique fournit du travail en échangeant de la chaleur avec une source chaude et une source froide, de températures respectives T_1 et T_2, le rendement maximal de Carnot n'est approché qu'à la limite des processus réversibles. Mais ceux-ci sont trop lents pour produire une puissance mécanique appréciable. À l'inverse, les processus très rapides sont fortement irréversibles, et leurs rendements sont si bas qu'on ne peut guère en extraire de travail mécanique. Un compromis est nécessaire si on souhaite rendre maximale la puissance de la machine. Nous allons étudier cette optimisation dans le cadre de deux modélisations simples, dont la première a été introduite indépendamment par les physiciens Jacques Yvon et I. I. Novikov au milieu des années 1950, dans le contexte de l'industrie électronucléaire naissante.
21. On note Q l'énergie fournie par la source chaude au cours d'un cycle de cette machine ditherme, et W le travail qu'on peut en extraire. Définir le rendement η d'une telle machine.
22. Déterminer l'expression du travail maximum W_(max) qu'on peut extraire de la machine pendant un cycle en fonction de Q, T_1 et T_2, et l'expression du rendement maximal correspondant, qu'on notera η_0.

Premier modèle : transfert thermique

  1. Nous considérons une machine dans laquelle l'énergie est produite par une source solide à la température T_1. Cette énergie est transmise à un fluide caloporteur de température T_3, avec T_3 < T_1, qui circule en contact avec la source solide. On suppose T_1 et T_3 uniformes et indépendantes du temps. On note Q l'énergie fournie par la source solide au fluide caloporteur pendant la durée τ d'un cycle. Donner l'expression de Q en fonction de τ, T_1 et T_3 et de la conductance thermique G_(th) de l'interface, supposée fixée.
  2. Le fluide caloporteur constitue la source chaude d'une machine thermique ditherme dont la source froide est à la température T_2. Il restitue à cette machine thermique l'énergie Q fournie par la source solide. On suppose par ailleurs que cette machine thermique fonctionne à son rendement maximal. En déduire la dépendance du travail W qu'elle fournit en fonction de τ, T_3, T_1, T_2 et G_(th)
  3. Tracer l'allure de la variation de la puissance extraite en fonction de T_3 pour T_1 et T_2 fixés.
  4. Tracer l'allure de la variation du rendement η en fonction de T_3 pour T_1 et T_2 fixés. Que vaut la puissance extraite lorsque le rendement est maximal? Commenter ce résultat.
  5. Déterminer la valeur de T_3 qui maximise la puissance extraite de la machine thermique pour T_1 et T_2 fixés. On exprimera cette valeur optimale de T_3 en fonction de T_1 et T_2.
  6. On note η_1 la valeur du rendement correspondant à cette valeur de T_3. Exprimer η_1 en fonction de T_1 et T_2.
  7. Exprimer η_1 en fonction de η_0, déterminé à la question 22, et représenter sa variation. Comment cette expression se simplifie-t-elle dans la limite où η_0≪1 ?

Deuxième modèle : création d'entropie

  1. On revient au cas général d'une machine thermique cyclique ditherme dont les sources chaude et froide ont les températures respectives T_1 et T_2. On note toujours Q l'énergie fournie par la source chaude pendant la durée τ d'un cycle. On suppose maintenant qu'une entropie S_c = Σ/τ est créée au cours du cycle, où Σ est un coefficient indépendant de τ. Commenter cette modélisation. Quel est le signe de Σ ?
  2. Déterminer le travail W fourni pendant un cycle en fonction de Q, T_1, T_2, Σ et τ.
  3. Montrer que pour Q fixé, la puissance est maximale pour une valeur de τ qu'on déterminera, et qu'on notera τ_2.
  4. Calculer le rendement de la machine thermique lorsque la puissance est maximale. On le notera η_2.

Discussion

  1. Comparer les valeurs des rendements à puissance maximale prédites par ces deux modèles. Dans quelle limite ces prédictions coïncident-elles? Cette limite correspond-elle à une irréversibilité forte ou faible?
  2. Dans le cadre du premier modèle, déterminer l'expression de l'entropie créée au cours d'un cycle en fonction de Q, G_(th), τ et T_1. Montrer qu'elle est proportionnelle à 1/τ dans une limite qu'on précisera. Commenter ce résultat.
  3. Le coût d'une centrale thermique provient d'une part du combustible produisant l'énergie, d'autre part de la construction de la centrale et de son fonctionnement. On considère une situation où l'un de ces deux coûts est très supérieur à l'autre. D'un point de vue économique, dans quel cas a-t-on intérêt à optimiser le rendement, et dans quel cas a-t-on intérêt à maximiser la puissance?
  4. Le réacteur Sizewell B est le plus grand réacteur nucléaire à eau pressurisée construit au Royaume-Uni, qui couvre environ 3% des besoins d'électricité du pays. Les températures des sources chaudes et froides pour ce réacteur sont T_1 = 581 K et T_2 = 288 K. Son rendement est η = 0, 36. Commenter cette valeur à la lumière des résultats obtenus dans ce problème.

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte le sujet X-ENS Physique MP 2023 ?
Afficher ou masquer la section

Sur quels chapitres porte le sujet X-ENS Physique MP 2023 ?

Le premier problème mobilise la physique quantique (effet tunnel), l'interaction électrostatique et le facteur de Boltzmann. Le second porte sur les machines thermiques dithermes et la création d'entropie.

Quelle est la moyenne de l'épreuve X-ENS Physique MP 2023 ?

Le jury indique une moyenne de 10,17 sur 20 avec un écart-type de 3,87, pour 1702 candidats français.

Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées en X-ENS Physique MP 2023 ?

Des changements de variables mal menés avec une masse réduite erronée, des tracés confondus avec la dérivée, des conventions de signe incohérentes sur le travail et l'oubli de la création d'entropie dans le fluide caloporteur.

Les deux problèmes de X-ENS Physique MP 2023 sont-ils indépendants ?

Oui, ils sont totalement indépendants : l'un porte sur la fusion dans le Soleil, l'autre sur la thermodynamique en temps fini.

Pas de description pour le moment