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X ENS Physique SI MP 2024Sujet, corrigé et rapport du jury

Rebonds synchronisés d'une balle et commande du robot haptique Delthaptic

Pas encore noté

Faisable en sup ?

Faisable en partie en MPSI : 10 questions sur 40. Autres questions faisables en MPSI

Autres premières années : BCPST1 2 questions.

Détail par partie

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Présentation du sujet

Difficile
Rebonds d'une balle sur une surface oscillante (choc viscoélastique, synchronisation, stabilité) et dispositif haptique Delthaptic à six degrés de liberté
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Le sujet comprend deux grandes parties homogènes. La partie physique étudie les conditions de synchronisation des rebonds d'une balle sur une surface horizontale oscillant verticalement, à travers une modélisation viscoélastique du choc puis l'étude de la stabilité de la synchronisation. La partie sciences de l'ingénieur étudie le Delthaptic, un dispositif haptique à six degrés de liberté formé de deux robots Delta couplés, utilisé en télé-opération.

  1. 1Partie 1.1 : modélisation viscoélastique d'un chocÉtablissement du coefficient de restitution en vitesse lors d'un choc contre une surface rigide.
  2. 2Partie 1.2 : synchronisation des rebonds sur une surface oscillanteÉtude des conditions de synchronisation puis de la stabilité de cette synchronisation par des relations de récurrence sur des suites complexes.
  3. 3Partie 2.1 : analyse d'un robot DeltaÉtude cinématique du robot Delta et relation entre couples moteurs, vitesses angulaires et efforts appliqués sur la plateforme.
  4. 4Partie 2.2 : analyse de la structure mécanique du DelthapticIdentification des torseurs cinématiques pour relier les efforts sur la poignée aux efforts sur les plateformes.

Difficile. La moyenne de l'épreuve s'établit à 9,8/20 avec un écart-type de 5,14 sur 1259 candidats, et la plupart des questions de la partie sciences de l'ingénieur n'ont été abordées que par moins de 50% des candidats.

L'épreuve en chiffres

Moyenne 11,26 / 20 · écart-type 4,87 · 747 présents · où vous situez-vous ?
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Moyenne
11,26/ 20
Écart-type
4,87
Présents
747
Durée
4 h
moyenne 11,2605101520
Deux tiers des copies environ (moyenne ± écart-type)

Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.

Source : document officiel du concours, épreuve du 16 avril 2024. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Critique du modèle viscoélastique mal maîtrisée · Lecture graphique du coefficient de restitution difficile · Interprétation graphique de la stabilité délaissée
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Les deux grandes parties comportent un nombre de questions comparable, mais la partie sciences de l'ingénieur a été beaucoup moins abordée que la partie physique. Les questions nécessitant des qualités d'analyse sont significativement moins abordées et moins bien traitées que les questions calculatoires, alors que ce sont elles qui permettent de départager les meilleurs candidats.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Critique du modèle viscoélastique mal maîtriséeQ3 (partie 1.1)

    Seuls 30% des candidats ayant traité cette question de critique du modèle ont bien répondu.

    « seuls 30% des candidats qui ont traité cette question ont bien répondu. »
  2. 2
    Lecture graphique du coefficient de restitution difficileQ8 (partie 1.2)

    Estimer la valeur du coefficient r à partir d'une lecture graphique a posé problème à un grand nombre de candidats.

    « ce qui a posé problème à grand nombre de candidats. »
  3. 3
    Interprétation graphique de la stabilité délaisséeQ16 (partie 1.2)

    L'absence du graphe dans l'énoncé, à établir soi-même à la question précédente, a pu décourager les candidats incertains de leur tracé.

    « décourager les candidats ne sachant pas si leur graphe était correct »
  4. 4
    Première question de la partie 2 mal analyséeQ1 (partie 2)

    Traitée par environ 70% des candidats, elle n'a été correctement résolue que par 28% d'entre eux.

    « seuls 28% des candidats ont répondu correctement. »
  5. 5
    Applications numériques sans unité

    Une valeur numérique d'une grandeur physique doit être obligatoirement suivie d'une unité, sans quoi le résultat est considéré comme faux.

    « sans quoi le résultat est considéré comme faux. »
  6. 6
    Notations du robot Delta mal assimiléesPartie 2.1

    La nécessité de lire attentivement la description du robot Delta pour en assimiler les notations a probablement découragé de nombreux candidats d'aborder cette sous-partie.

    « cela a dû en décourager un certain nombre. »

Ce qui a été bien réussi

  • La première question de la partie 1.2, où l'expression était donnée, a été bien réussie par près de 90% des candidats.
  • Les questions 1, 5, 6 et 9 de la partie 2.1 sur le robot Delta ont été particulièrement bien réussies.
  • La question 16 de la partie 2.2, bien qu'abordée par seulement 15% des candidats, a obtenu plus de 60% de bonnes réponses parmi eux.

Conseils du jury

  • Parcourir l'intégralité du sujet pour repérer les questions indépendantes susceptibles de rapporter des points.
  • Traiter les dernières questions de chaque partie, souvent indépendantes des résultats précédents et discriminantes.
  • Répondre à l'ensemble des sous-questions d'une même question, chacune étant évaluée séparément.
  • Toujours accompagner une valeur numérique de son unité.
  • Soigner la qualité de la rédaction (précision, concision, propreté) plutôt que de se limiter à écrire le résultat final.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

Corrigé détaillé

40 questions
Indice, stratégie puis corrigé complet pour chaque question, avec les remarques du jury.
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40 questions corrigées une à une : un indice, puis la stratégie, puis le corrigé complet avec le résultat encadré et les remarques du jury. Chaque question est vérifiée avant publication.

  1. Q1Établir l'expression de la dépendance temporelle du déplacement de l'élément (M) au cours du choc. On…
  2. Q2Nous notons la vitesse du solide après la phase de rebond sur la surface rigide. Établir que le coefficient…
  3. Q3Il s'agit d'accéder à la valeur du coefficient de restitution en vitesse caractérisant les rebonds d'une…
  4. Q4Établir que la vitesse de la balle s'exprime selon la relation suivante: où est l'instant de l'impact…
  5. Q5Nous nous plaçons dans une situation générale telle que celle illustrée sur la figure (4) (c'est-à-dire que…
  6. Q6Nous supposons que les rebonds de la balle sont synchronisés sur le mouvement sinusoïdal de la surface…
  7. Q7Analyser la relation (3). On envisagera, en particulier, la situation limite pour laquelle.
  8. Q8La figure (5) représente l'évolution temporelle de l'altitude de la surface (S). En correspondance est…
Voir les 32 autres questions
  1. Q9Nous considérons le rebond de la balle entre les impacts et. Établir la relation liant les phases et. Cette…
  2. Q10Pour le rebond, exprimer la vitesse en fonction de,, et des paramètres,, et.
  3. Q11Former la relation de récurrence ne portant que sur des termes de la suite, liant, et. On conservera les…
  4. Q12Indiquer à quelle condition générale, portant sur la raison, la suite converge vers zéro.
  5. Q13Établir que la raison vérifie l'équation algébrique suivante: On exprimera le produit en fonction des…
  6. Q14Nous nous plaçons dans le cas où. Exprimer, en fonction de et, les solutions et de l'équation (9). Analyser…
  7. Q15Exprimer, en fonction de et, les solutions et de l'équation (9). Représenter l'allure graphique de la…
  8. Q16En s'appuyant sur l'allure des représentations graphiques des dépendances et, déterminer la condition de…
  9. Q17Établir que la condition de stabilité de la situation pour laquelle les rebonds sont synchronisés, sur la…
  10. Q18La double inégalité (10), adjointe à la relation (3), conduit à la condition suivante portant sur le…
  11. Q1Montrer que les plans et sont parallèles et justifier que la base associée au solide 3 est la même que celle…
  12. Q2Préciser les degrés de liberté que possède la plateforme 3 et indiquer le type de mouvement qu'elle peut…
  13. Q3Montrer, à partir du paramétrage proposé, que l'on obtient 3 équations de la forme: On précisera les…
  14. Q4En combinant les relations (1), montrer que vérifient les équations linéaires prenant la forme suivante…
  15. Q5.aOn s'intéresse ici aux configurations du robot Delta où les 3 angles pilotés sont égaux, soit:. Dans cette…
  16. Q5.bMontrer que les points et sont situés dans un même plan. Quelle forme particulière présente le…
  17. Q5.cJustifier que les configurations du robot Delta étudiées ici sont invariantes par une rotation d'axe et…
  18. Q6En se limitant aux configurations du robot Delta possédant les symétries identifiées précédemment pour…
  19. Q7On rappelle les valeurs des angles pour. On s'intéresse maintenant aux configurations du robot Delta où deux…
  20. Q8Indiquer l'ordre selon lequel sont effectués les trois mouvements imposés, en précisant l'intervalle de…
  21. Q9Donner, en la justifiant, la direction des résultantes, appliquées à la biellette en précisant le théorème…
  22. Q10Donner, sans développer les calculs de produits scalaires ou produits vectoriels, les 6 équations permettant…
  23. Q11Représenter le graphe des liaisons associé au modèle décrit par le schéma cinématique de la figure (4).
  24. Q12Justifier le modèle de liaison équivalente utilisé sur le schéma cinématique entre la plateforme et la tige.
  25. Q13Après avoir tracé deux figures de calcul représentant les angles et, déterminer trois relations donnant, en…
  26. Q14Donner l'expression du torseur cinématique associé à la liaison entre la tige et la plateforme:, en…
  27. Q15.aLe pas de la liaison entre la tige et la poignée est noté pas et est supposé à droite. Exprimer le torseur…
  28. Q15.bDonner, sans calcul, les torseurs cinématiques et, en fonction des composantes des vitesses de A et de B…
  29. Q16Montrer que l'on peut exprimer le vecteur vitesse angulaire et la vitesse linéaire en fonction des…
  30. Q17Recopier le tableau ci-dessous. À l'aide du schéma cinématique, compléter ses cases par les valeurs, ou pour…
  31. Q18Compte tenu de la forme de la poignée, visible sur la figure (5), proposer une simplification pour la…
  32. Q19Déterminer les relations vectorielles entre et en fonction des paramètres géométriques et cinétiques…

Description

Le sujet comprend deux grandes parties homogènes. La partie physique étudie les conditions de synchronisation des rebonds d'une balle sur une surface horizontale oscillant verticalement, à travers une modélisation viscoélastique du choc puis l'étude de la stabilité de la synchronisation. La partie sciences de l'ingénieur étudie le Delthaptic, un dispositif haptique à six degrés de liberté formé de deux robots Delta couplés, utilisé en télé-opération.

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L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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ÉCOLE POLYTECHNIQUE

CONCOURS D'ADMISSION 2024

MARDI 16 AVRIL 2024
14h00-18h00
FILIÈRE MP - Épreuve n ^∘4
PHYSIQUE ET SCIENCES
DE L'INGÉNIEUR (X)
Durée : 4 heures
L'utilisation de calculatrices n'est pas autorisée pour cette épreuve.
Cette composition ne concerne qu'une partie des candidats de la filière MP, les autres candidats effectuant parallèlement la composition d'informatique A.
Pour la filière MP, il y a donc deux enveloppes de sujets, pour cette séance.
Cette épreuve comprend deux parties indépendantes. La première porte sur l'étude des conditions de synchronisation des rebonds d'une balle sur une surface horizontale oscillant verticalement, de manière harmonique. La seconde propose d'étudier un dispositif haptique à six degrés de liberté actifs, permettant de piloter des robots à distance et d'interagir avec un environnement virtuel.
5 → Il est conseillé de ne pas consacrer plus de deux heures par partie.
→ Les applications numériques seront effectuées avec la précision qu'un calcul à la main permet aisément, et sans excéder deux chiffres significatifs. Les ordres de grandeur seront donnés avec un seul chiffre significatif.
→ Les réponses aux questions relevant de considérations qualitatives devront être argumentées.
→ Les références des questions abordées devront être indiquées de façon claire.

Partie Physique

Rebonds d'une balle sur une surface en mouvement périodique

Cette étude comprend deux parties, chacune pouvant être abordée de façon indépendante. La première est consacrée à la modélisation viscoélastique d'un solide durant un choc. La seconde s'intéresse aux conditions de synchronisation des rebonds d'une balle sur une surface plane en mouvement vertical harmonique.

1 Une modélisation du comportement viscoélastique d'un solide lors d'un choc contre une surface rigide.

Le modèle adopté du solide est représenté sur la figure (1). Il comprend un élément indéformable (M), auquel est affectée la masse totale m du solide, en liaison avec un pied (P) par l'intermédiaire d'un élément élastique et d'un élément amortisseur agissant parallèlement. Ces derniers sont supposés sans masse et se comporter linéairement vis-à-vis du déplacement (ou déformation) s. La surface ( S ), fixe dans le référentiel d'étude R(O, x) (supposé galiléen), est supposée indéformable.
Nous notons k (qui a la dimension d'une force sur une longueur) la raideur de l'élément élastique et λ (qui a la dimension d'une force sur une vitesse) le coefficient d'amortissement ( k > 0 et λ > 0 ). Sur la figure (1)-(a), le solide n'est pas en contact avec la surface, il se déplace à la vitesse V⃗_0 = V_0 e⃗_x(V_0 = Cste > 0) dans sa direction. La figure (1)-(b) représente la situation lors du choc. La distance d définit l'origine du déplacement s du solide (c'est la longueur du solide non déformé). L'action de la pesanteur n'est pas prise en compte dans cette modélisation.
Figure 1 - Modélisation viscoélastique d'un solide : (a) Solide non déformé en progression à vitesse constante V⃗_0 = V_0 e⃗_x en direction de la surface rigide fixe (S); (b) Déformation du solide durant la phase de son contact avec la surface (S). Cette déformation est paramétrée par l'abscisse s.
Nous posons ω_0 = √(k/m) et α = λ/(2√(km)). Nous supposons que α < 1.
  1. Établir l'expression de la dépendance temporelle s = s(t) du déplacement de l'élément (M) au cours du choc. On indiquera l'intervalle de temps I_c sur lequel cette dépendance doit être considérée. On fera intervenir les constantes ω_0, α et V_0.
  2. Nous notons V⃗_1 = V_1 e⃗_x la vitesse du solide après la phase de rebond sur la surface rigide. Établir que le coefficient de restitution en vitesse r, défini par le rapport r = − V_1/V_0, s'exprime selon la relation suivante :
r = exp(− (απ)/(√(1 − α^2)))
Commenter cette expression. Expliquer pourquoi r ne dépend pas de la vitesse initiale V_0.
3. Il s'agit d'accéder à la valeur du coefficient de restitution en vitesse r caractérisant les rebonds d'une balle de tennis de table sur une surface rigide horizontale et immobile. À cette fin, on effectue un lâché vertical, dans le champ de pesanteur, de la balle depuis une hauteur initiale h_0. On détecte les impacts à l'aide d'un microphone.
La figure (2) représente la dépendance du temps de vol τ_n = t_(n + 1) − t_n, relatif au rebond n(n ≥ 1), de la balle entre ses impacts n (instant t_n ) et n + 1 (instant t_(n + 1) ) contre la surface. La hauteur h_0 est choisie de telle manière qu'elle n'induise pas de retournement de la convexité (flambage) de la surface-enveloppe de la balle, au cours du choc. Par ailleurs, nous nous plaçons sur un intervalle de temps tel que l'on peut négliger la durée du choc devant chacun des temps de vol considérés.
Figure 2 - Durée τ_n = t_(n + 1) − t_n du rebond n(n ≥ 1), entre les impacts n et n + 1 de la balle contre la surface, en fonction de n (représentation dans le système de coordonnées linéaire-logarithmique).
Exprimer, dans le cadre du modèle adopté (illustré sur la figure (1)), la dépendance de la variable ln(τ_n/τ_1) en fonction du coefficient r et de n.
Ce modèle paraît-il en accord avec les résultats présentés sur la figure (2) (pour la gamme de vitesses d'impact considérée) ?
Estimer, à partir de ce tracé, la valeur du coefficient de restitution en vitesse r.
Nous nous proposons d'étudier les rebonds d'une balle de tennis de table sur une surface rigide qui oscille verticalement, de façon sinusoïdale. En pratique, cette surface est fixée sur la partie mobile (noyau) d'un pot vibrant ^1. Ce dernier est commandé en courant par l'intermédiaire d'un amplificateur de puissance commandé par un générateur de tension sinusoïdale ^2. Le paramétrage du système constitué de la surface rigide (S) oscillant verticalement et de la balle (B) est représenté sur la figure (3).
Figure 3 - Système constitué de la surface rigide ( S ) en mouvement vertical ( z_s = z_s(t) ) et de la balle (B) en mouvement balistique ( h = h(t) ) dans le champ de pesanteur g⃗.
  • Nous notons :
  • R = R(O, z), le référentiel d'étude, supposé galiléen (ce n'est plus celui utilisé dans la partie (1));
  • g⃗ = − ge⃗_z, l'accélération de la pesanteur;
  • m, la masse de la balle;
  • z_s et v⃗_s = v_s e⃗_z(v_s = z˙_s), respectivement l'altitude et la vitesse de la surface mobile;
  • h et v⃗ = ve⃗_z(v = h˙), respectivement l'altitude et la vitesse de la balle;
  • v⃗^− = v^−e⃗_z(v^− < 0) et v⃗^+ = v^+e⃗_z, respectivement les vitesses de la balle immédiatement avant et après un choc contre la surface;
  • r(r ∈ ]0, 1[), le coefficient de restitution en vitesse caractérisant le choc entre la balle (B) et la surface rigide (S)(r = − v^+/v^−dans le cas particulier où v_s = 0). Ce coefficient est supposé indépendant de la vitesse d'impact.
  • Nous considérons que les chocs entre la surface et la balle sont "instantanés" et, par ailleurs, qu'ils ne perturbent pas le mouvement de la surface ^3. L'évolution temporelle z_s = z_s(t) de son altitude est donc imposée par la différence de potentiel délivrée par le générateur, indépendamment de l'action qu'exerce la balle sur la surface lors d'un choc.
  1. Établir que la vitesse v^+de la balle s'exprime selon la relation suivante :
v^+ = − rv^− + (1 + r)v_s(t_i)
où t_i est l'instant de l'impact balle-surface considéré.

2.1 Condition de synchronisation.

Il s'agit de déterminer à quelle condition les rebonds de la balle (B), sur la surface (S) oscillant verti- calement de façon sinusoïdale, sont synchronisés sur le mouvement de cette dernière. La figure (4) donne une illustration, dans un cas quelconque, des évolutions temporelles z_s = z_s(t) et h = h(t) des altitudes respectives de la surface en mouvement et de la balle, centrées sur le rebond n.
Figure 4 - Rebond n, de l'impact A_n à l'impact A_(n + 1), de la balle ( B ) sur la surface ( S ) oscillant verticalement et sinusoïdalement (la situation de rebond est quelconque).
  • Nous notons :
  • t_n, l'instant correspondant à l'impact A_n numéro n;
  • v⃗_n^− = v_n^−e⃗_z(v_n^− < 0) et v⃗_n^+ = v_n^+e⃗_z, respectivement les vitesses de la balle immédiatement avant et après l'impact n;
  • z_s(t) = asinωt(a = Cste > 0, ω = Cste > 0), l'évolution temporelle de l'altitude de la surface;
  • φ = ωt; φ_n = ωt_n; T = 2π/ω; Γ = aω^2/g.
  1. Nous nous plaçons dans une situation générale telle que celle illustrée sur la figure (4) (c'est-à-dire que les rebonds ne sont pas nécessairement synchronisés). Nous considérons un rebond n, de l'impact A_n(t_n) à l'impact A_(n + 1)(t_(n + 1)). Nous notons τ_n = t_(n + 1) − t_n le temps de vol de la balle durant ce rebond. Exprimer les dépendances suivantes :
  • La vitesse v_n^+en fonction de v_n^−, φ_n et des paramètres r, a et ω;
  • L'altitude z_s(t_(n + 1)) en fonction de z_s(t_n), v_n^+, τ_n et g;
  • La vitesse v_(n + 1)^−en fonction de v_n^+, τ_n et g;
  • La vitesse v_(n + 1)^+en fonction de v_n^+, τ_n, φ_(n + 1) et des paramètres g, r, a et ω.
Ces relations générales seront utilisées dans la suite de cette étude.
6. Nous supposons que les rebonds de la balle sont synchronisés sur le mouvement sinusoïdal de la surface. Établir alors que le cosinus de la phase φ_n des impacts vérifie l'égalité suivante :
cosφ_n = (1 − r)/(1 + r) × π/Γ
Donner l'expression correspondante de la vitesse v_n^+en fonction des constantes g et ω.
7. Analyser la relation (3). On envisagera, en particulier, la situation limite pour laquelle r → 1^−.
8. La figure (5) représente l'évolution temporelle de l'altitude z_s = asinωt de la surface ( S ). En correspondance est également représentée celle du signal délivré par le microphone détectant le son produit par les chocs de la balle contre la surface. Ce signal prend la forme d'une série d'impulsions. Étant représenté en unité arbitraire, son échelle n'est pas indiquée sur la figure. La valeur de la pulsation, correspondant à ces résultats, est ω = 2π × 25 ≃ 157rad ⋅ s^(− 1).
Figure 5 - Évolution temporelle de l'altitude z_s = asinωt de la surface ( S ) et celle du signal de détection des chocs de la balle contre cette dernière ( ω = 2π × 25 ≃ 157rad ⋅ s^(− 1) ). Sur l'intervalle de temps considéré, ce signal fait apparaître deux impulsions correspondant, chacune, à un choc.
Estimer, à partir de ces données, la valeur du coefficient de restitution en vitesse r. Afin de faciliter les calculs numériques, on tirera parti des indications suivantes : la valeur de r est proche de l'unité et celle de φ_n proche de π/4.

2.2 Condition de stabilité.

Nous nous proposons d'analyser la stabilité de la situation de synchronisation des rebonds sur la période T des oscillations harmoniques de la surface. Pour cela, nous supposons que l'instant d'impact et la vitesse de la balle immédiatement après cet instant s'écartent légèrement de la condition de synchronisation. La figure (6), centrée sur le rebond n, illustre cette situation.
Figure 6 - Rebond n, de l'impact A_n^′ à l'impact A_(n + 1)^′, de la balle (B) sur la surface (S) oscillant verticalement et sinusoïdalement : situation s'écartant légèrement de la condition de synchronisme correspondant à la suite ( A_n ) des impacts.
Les variables (t_n^′, v_n^(+ ^′), …) auxquelles est affecté le signe ' se rapportent à la situation pour laquelle les rebonds sont légèrement désynchronisés par rapport au mouvement périodique de la surface. Les autres ( t_n, v_n^+, … ) correspondent à la situation de synchronisme étudiée dans la section (2.1).
Indication : Pour traiter les questions (9) et (10), on s'appuiera sur les résultats généraux établis en réponse à la question (5).
9. Nous considérons le rebond n de la balle entre les impacts A_n^′ et A_(n + 1)^′. Établir la relation liant les phases φ_(n + 1)^′ = ωt_(n + 1)^′ et φ_n^′ = ωt_n^′. Cette relation fait intervenir la vitesse v_n^(+ ′) et les constantes g, a et ω 。
10. Pour le rebond n, exprimer la vitesse v_(n + 1)^+^′ en fonction de v_n^(+ ^′), φ_(n + 1)^′, φ_n^′ et des paramètres r, g, a et ω.
  • Afin d'étudier la stabilité de la situation pour laquelle les rebonds sont synchronisés, nous considérons que chaque impact A_n^′ reste voisin de son correspondant "synchronisé" A_n. Écrivons alors les variables φ_n^′ et v_n^(+ ^′) sous la forme suivante :
{φ_n^′ = φ_n + 2πε_n, où, |ε_n|≪1; v_n^(+ ^′) = v_n^+(1 + η_n), où, |η_n|≪1
Il s'agit d'étudier les propriétés des suites (ε_n) et (η_n). Dans cette étude perturbative, toutes les fonctions et équations seront développées au voisinage de la situation de synchronisme ( φ_n, v_n^+), en se limitant au premier ordre vis-à-vis des termes d'écart ε_n et η_n.
Dans ces conditions, le développement des relations obtenues en réponse aux questions ( 9 ) et ( 10 ) conduit aux relations de récurrence linéaires suivantes :
ε_(n + 1), = ε_n + (1 + r)/2η_n; η_(n + 1), = − (2π(1 − r)tanφ_n)ε_n + (r^2 − π(1 − r^2)tanφ_n)η_n (tanφ_n = Cste)
Afin de rendre ces relations plus aisément maniables, nous les écrivons sous la forme suivante :
{ε_(n + 1) = Aε_n + Bη_n, où (A, B) ∈ ℝ^2; η_(n + 1) = Cε_n + Dη_n, où (C, D) ∈ ℝ^2
Par ailleurs, nous les étendons aux suites complexes (ε_–_n) et (η_–_n) telles ε_n = Re(ε_–_n) et η_n = Im(η_–_n).
11. Former la relation de récurrence ne portant que sur des termes de la suite ( ε_–_n ), liant ε_–_(n + 2), ε_–_(n + 1) et ε_–_n. On conservera les paramètres A, B, C et D sans expliciter leur dépendance vis-à-vis des paramètres r et tanφ_n.
  • Nous recherchons les solutions générales de cette suite récurrente linéaire du deuxième ordre sous la forme suivante :
ε_–_n = Kμ^n où K = Cste ∈ ℂ et μ = Cste ∈ ℂ
  1. Indiquer à quelle condition générale, portant sur la raison μ, la suite ( ε_–_n ) converge vers zéro.
  2. Établir que la raison μ vérifie l'équation algébrique suivante:
μ^2 − 2Qrμ + r^2 = 0
On exprimera le produit 2Qr en fonction des constantes r et tanφ_n.
14. Nous nous plaçons dans le cas où Q ∈ D_1 = [ − 1, + 1]. Exprimer, en fonction de r et Q, les solutions μ_−et μ_+de l'équation (9). Analyser le comportement correspondant de la suite (ε_n). Préciser quelle en est la conséquence sur la stabilité de la situation de synchronisation des rebonds, dans ce cas.
  • Nous envisageons le cas où Q ∈ D_2 = ] − ∞, − 1] ∪ [1, + ∞[.
  1. Exprimer, en fonction de r et Q, les solutions μ_−et μ_+de l'équation ( 9 ). Représenter l'allure graphique de la dépendance de chacune d'elles vis-à-vis du paramètre Q.
  2. En s'appuyant sur l'allure des représentations graphiques des dépendances μ_+ = μ_+(Q) et μ_− = μ_−(Q), déterminer la condition de stabilité des rebonds synchronisés, sur le domaine D_2. On fera porter cette condition sur le produit 2Qr.
  3. Établir que la condition de stabilité de la situation pour laquelle les rebonds sont synchronisés, sur la réunion des deux domaines D_1 et D_2, prend la forme suivante :
0 < tanφ_n < F(r) où F(r) = (2(1 + r^2))/(π(1 − r^2)) (0 ≤ r < 1)
Interpréter ce résultat. On s'interrogera, en particulier, sur la signification attribuable à l'inégalité de gauche, puis à celle de droite au vu de la dépendance de la fonction F vis-à-vis du coefficient r.
18. La double inégalité (10), adjointe à la relation (3), conduit à la condition suivante portant sur le paramètre Γ (ce paramètre fut introduit dans le préambule de la section (2.1)) :
Γ_(min) = π((1 − r)/(1 + r)) < Γ < π((1 − r)/(1 + r))√(1 + F^2) = Γ_(max) (0 ≤ r < 1; Γ = aω^2/g)
Elle définit à quelle condition il est possible d'observer des rebonds synchronisés sur la période T du mouvement oscillant de la surface. Dans cette situation, le mouvement de la balle est donc également périodique, et de même période T.
Représenter, dans le plan ( X = g/ω^2, Y = a ), le domaine de stabilité correspondant. Interpréter (qualitativement) l'existence d'un encadrement du paramètre Γ.
◻ Pour approfondir cette étude : Lorsque le paramètre Γ franchit la frontière Γ_(max) (relation (11)), mais tout en restant en deçà d'un nouveau seuil Γ_(max, 2), il apparaît que deux rebonds deviennent nécessaires pour définir un motif périodique du mouvement de la balle. C'est le phénomène de doublement de période (le mouvement de la balle est périodique, de période 2T ). Les phases φ_n d'impact prennent des valeurs qui s'alternent régulièrement de part et d'autre d'une phase moyenne (modulo 2π ). Au delà de Γ_(max, 2) il apparaît un nouveau doublement de période (le mouvement de la balle est périodique, de période 4T ) et ainsi de suite, jusqu'au chaos où le mouvement de la balle perd toute régularité.

Partie Sciences de l'Ingénieur

Le Delthaptic, un dispositif haptique parallèle à six degrés de liberté actifs

1 Présentation.

La téléopération représente un aspect crucial de la robotique collaborative en sécurisant l'opérateur humain sur un poste de travail distant. Dans ce contexte, la conception d'un dispositif haptique ^4 polyvalent est une préoccupation majeure et doit conduire à une interface précise et robuste entre l'homme et la machine.
Le Delthaptic ^5 est un dispositif haptique à six degrés de liberté actifs, adapté à diverses utilisations. L'architecture du dispositif couple deux robots Delta en parallèle à l'effecteur de type poignée sur une articulation à vis. Ce dispositif assure un espace de travail large et sans singularité tout en conservant les avantages des mécanismes parallèles.
Figure 1 - Prototype du robot Delthaptic.
Le cahier des charges définissant les performances attendues du dispositif est le suivant :
Critère de performances Translation Rotation
Espace de travail 200 × 200 × 200 mm ± 90^∘ × ± 90^∘ × ± 90^∘
Effort, ou moment, maximum ± 20 N ± 0, 5 N.m
Précision en effort, ou en moment ⩽ 1 N ⩽ 0, 05 N.m
Résolution en effort, ou en moment ⩽ 0, 01 N ⩽ 0, 003 N.m
Raideur, ou raideur angulaire, maximale ⩾ 500 N.m^(− 1) ⩾ 0, 6 N.m.rad ^(− 1)
Précision en position, ou en position angulaire ⩽ 1 mm ⩽ 2^∘
La poignée manipulée par l'opérateur est couplée à deux structures articulées de type robot Delta. Chaque robot Delta est mis en mouvement par l'intermédiaire de trois moteurs suivis de réducteurs de type cabestan à câble (pour gagner en encombrement). Une alimentation à découpage est utilisée pour fournir l'énergie aux trois moteurs d'un même robot, chacun étant piloté par un hacheur. Les positions et vitesses angulaires de chaque moteur sont mesurées par un codeur incrémental. Une image du couple fourni par un moteur est également obtenue par un capteur de courant. Ces informations sont transmises à la carte électronique qui gère les commandes envoyées aux hacheurs.
L'objectif du travail proposé est de déterminer les relations entre, d'une part les déplacements et les efforts de la poignée du robot, d'autre part les déplacements et les couples exercés par les actionneurs.

2 Analyse d'un robot Delta.

On s'intéresse, dans un premier temps, à un robot Delta. L'objectif de cette partie est de relier les mouvements de la plateforme du robot Delta aux mouvements des moteurs de manière à maîtriser la cinématique, mais aussi relier les actions mécaniques appliquées sur la plateforme aux couples moteurs.

2.1 Modélisation d'un robot.

Un modèle cinématique d'un robot Delta est donné sur la figure (2). Le robot est constitué d'une base 0 , de 3 bras notés br_1, br_2, br_3, de 6 biellettes notées b_1^′, b_1^(′′), b_2^′, b_2^(′′), b_3^′, b_3^(′′) et d'une plateforme notée 3 .
Figure 2 - Modèle cinématique d'un robot Delta. Seul le paramétrage d'un bras et de deux biellettes a été représenté. On notera que l'angle θ_2 représenté sur la figure a une valeur négative ( θ_2 < 0 ); ainsi, le point B_2 est situé au dessus du plan (OA_1 A_2 A_3).
  • On associe, à la base 0 , le repère R_0 = (O, x_0^(→−), y_0^(→−), z_0^(→−)). Les points A_i, i ∈ {1, 2, 3} sont tels que OA_i^(→−) = L_0 u_i→avec(x_0^(→−), u_i→) = (y_0^(→−), v_i→) = α_i, où α_i, i ∈ {1, 2, 3} sont des angles constants (à n'utiliser que sous forme littérale dans tout le sujet).
  • On associe, à chaque bras br_i, le repère R_(1i) = (A_i, x_(1i)^(→−), y_(1i)^(→−), z_(1i)^(→−)) tel que y_(1i)^(→−) = v_i→ et (z_0^(→−), z_(1i)^(→−)) = (u_i→, x_(1i)^(→−)) = θ_i, où θ_i ∈ [ − π/2, + π/2[. Le point B_i est défini par A_i B_i^(→−) = L_1 x_(1i)^(→−) et il est situé au milieu des centres B_i^′ et B_i^(′′) de 2 liaisons rotules, de sorte que B_i^′ B_i^(→−) = B_i B_i^(′′)^(→−) = ev_i→.
  • Les biellettes b_i^′ et b_i^(′′) sont de même longueur L_2, ce qui se traduit par B_i^′ C_i^′ = B_i^(′′)C_i^(′′) = L_2 où C_i^′ et C_i^(′′) sont les centres de 2 liaisons rotules avec la plateforme 3. Le point C_i est situé au milieu des points C_i^′ et C_i^(′′) et on a C_i^′ C_i^(′′) = B_i^′ B_i^(′′) = 2e. On associe, à l'ensemble des deux biellettes b_i^′ et b_i^(′′), le repère R_(2i) = (B_i, x_(2i)^(→−), y_(2i)^(→−), z_(2i)^(→−)) où B_i C_i^(→−) = L_2 z_(2i)^(→−).
  • On associe, à la plateforme 3, le repère R_3 = (C, x_3^(→−), y_3^(→−), z_3^(→−)) tel que C_i C^(→−) = − L_3 u_i→; les points C_i, C_i^′ et C_i^(′′) sont situés dans le plan de la plateforme 3 et les segments (C_i^′ C_i^(′′)) et (C_i C) sont orthogonaux.
    On rappelle que tous les trièdres ( x_k^(→−), y_k^(→−), z_k^(→−) ) introduits dans ce problème sont orthonormés et directs.
  1. Montrer que les plans ( C_1 C_2 C_3 ) et ( A_1 A_2 A_3 ) sont parallèles et justifier que la base associée au solide 3 est la même que celle associée à la base 0 .
  2. Préciser les degrés de liberté que possède la plateforme 3 et indiquer le type de mouvement qu'elle peut faire.

2.2 Analyse des configurations du robot Delta.

On pose OC^(→−) = xx_0^(→−) + yy_0^(→−) + zz_0^(→−). On cherche, dans cette partie, à mettre en relation les coordonnées x, y, z et les angles motorisés (ou pilotés) θ_i.
3. Montrer, à partir du paramétrage proposé, que l'on obtient 3 équations de la forme :
x^2 + y^2 + z^2 + A_i x + B_i y + C_i z = D_i
On précisera les expressions des termes A_i, B_i, C_i et D_i en fonction des angles α_i et θ_i et des constantes géométriques L_0, L_1, L_2, L_3.
4. En combinant les relations (1), montrer que x, y, z vérifient les équations linéaires prenant la forme suivante :
{A_(1, 2) ⋅ x + B_(1, 2) ⋅ y + C_(1, 2) ⋅ z, = D_(1, 2); A_(2, 3) ⋅ x + B_(2, 3) ⋅ y + C_(2, 3) ⋅ z, = D_(2, 3); A_(3, 1) ⋅ x + B_(3, 1) ⋅ y + D_(3, 1) ⋅ z, = D_(3, 1)
Préciser les expressions des termes A_(i, j), B_(i, j), C_(i, j), D_(i, j) en fonction des A_i, B_i, C_i, D_i, puis en fonction des angles θ_i, α_i et des paramètres géométriques L_0, L_1, L_2, et L_3.
En utilisant deux des trois équations du système (2) et une équation (1), on peut déterminer les expressions de x, y, z en fonction des angles θ_i pilotés, ce qui correspond à ce qu'on appelle, en robotique, le modèle géométrique direct.
  • Les bras ont un débattement angulaire limité à ± 60^∘.
  1. On s'intéresse ici aux configurations du robot Delta où les 3 angles pilotés θ_i sont égaux, soit : ∀i ∈ {1, 2, 3}, θ_i = θ.
    Dans cette question, on pourra, si besoin, utiliser les valeurs des angles α_i. On a : α_1 = 0, α_2 = 2π/3 et α_3 = 4π/3.
    a) En utilisant les relations (2), montrer que ces configurations conduisent toutes à x = y = 0. En déduire la nature du mouvement du point C de la plateforme lorsqu'on fait varier θ.
    b) Montrer que les points O, A_i, B_i, C_i et C sont situés dans un même plan. Quelle forme particulière présente le parallélogramme B_i^′ B_i^(′′)C_i^(′′)C_i^′ ?
    c) Justifier que les configurations du robot Delta étudiées ici sont invariantes par une rotation d'axe et d'angle à préciser, et qu'elles possèdent aussi plusieurs plans de symétrie que l'on précisera.
  2. En se limitant aux configurations du robot Delta possédant les symétries identifiées précédemment pour lesquelles x = y = 0, déterminer les expressions des valeurs minimale z_(min) et maximale z_(max) de z, compte tenu du débattement angulaire des bras br_i.
    En déduire l'expression du débattement linéaire Δz selon z_0^(→−).
    Calculer ce débattement Δz en prenant L_0 = 80 mm, L_1 = 200 mm, L_2 = 250 mm et L_3 = 100 mm.
    Commenter la valeur obtenue par rapport au cahier des charges.
  • On rappelle les valeurs des angles α_i : α_i = (i − 1)2π/3 pour i ∈ {1, 2, 3}.
On s'intéresse maintenant aux configurations du robot Delta où deux des angles pilotés θ_i sont maintenus égaux, le troisième angle piloté étant libre de varier indépendamment des deux premiers. On choisit ici de maintenir égaux θ_2 et θ_3 et on pose θ_2 = θ_3 = θ. Ainsi le robot Delta possède 2 degrés de liberté, θ_1 et θ.
7. Dans ces configurations, le robot Delta présente-t-il des symétries particulières. Si oui, lesquelles? Quel mouvement obtient-on en faisant varier les angles θ_1 et θ en conservant θ_2 = θ_3 = θ au cours du mouvement?
Ces deux questions sont intimement liées. Pour y répondre, on pourra s'aider du modèle cinématique du robot Delta et, si nécessaire, des relations (1) ou (2).
  • En agençant différemment les termes de l'équation (1), il est possible de déterminer les évolutions des angles θ_i en fonction des paramètres de position du point C(x, y et z). On parle de modèle géométrique indirect. En se donnant des lois x(t), y(t) et z(t), on peut alors calculer les angles θ_i(t) à imposer aux différents bras.
    On choisit de réaliser successivement des allers et retours selon les trois directions ( x_0^(→−), y_0^(→−), z_0^(→−) ) de la base B_0 entre des positions extrêmes, à partir de la position x = 0, y = 0, z = z_0 du point C (position obtenue pour θ_i = 0).
Les trois mouvements imposés sont les suivants (l'ordre de description est arbitraire) :
  • Déplacement du point C selon x_0^(→−) en maintenant y = 0, z = z_0, et pour x évoluant linéairement de 0 à x_0, puis de x_0 à − x_0, et enfin de − x_0 à 0 , selon le profil représenté ci-contre ( d = x_0 );
  • Déplacement du point C selon y_0^(→−) en maintenant x = 0, z = z_0, et pour y évoluant linéairement de 0 à y_0, puis de y_0 à − y_0, et enfin de − y_0 à 0 , selon le profil représenté ci-contre ( d = y_0 );
  • Déplacement du point C selon z_0^(→−) en maintenant x = 0, y = 0, et pour z évoluant linéairement de z_0 à z_(max), puis de z_(max) à z_(min), et enfin de z_(min) à z_0, selon un profil en dents de scie analogue aux précédents.
On trace, à l'aide du modèle géométrique inverse, l'évolution des angles des trois bras au cours du temps sur la figure (3). Dans cette figure, le temps T vaut 79 s et les 3 plages de durée T (chacune) sont : T_1 = [1 s, 80 s], T_2 = [81 s, 160 s] et T_3 = [161 s, 240 s].
Figure 3 - Évolution des angles θ_i pour les 3 allers et retours.
  1. Indiquer l'ordre selon lequel sont effectués les trois mouvements imposés, en précisant l'intervalle de temps correspondant à chaque mouvement.

2.3 Analyse des efforts.

Pour obtenir un retour haptique, il est nécessaire de connaître la relation entre les couples délivrés par les moteurs et les actions mécaniques exercées sur la plateforme.
Pour cela, on introduit un point A lié à la plateforme 3 tel que CA^(→−) = hz_0^(→−) (voir figure (2)) et on impose une action mécanique extérieure en A de la forme {T_(ext → 3)}_A = {F_x x_0^(→−) + F_y y_0^(→−) + F_z z_0^(→−); 0→}}}{{_A.
On note C_(mi)v_i→ les couples exercés par chaque moteur sur les bras br_i.
Le torseur d'action mécanique transmissible par une liaison rotule de centre P est de la forme {R_P^(→−); 0→}}}{{_P(P représente B_i^′, B_i^(′′), C_i^′, C_i^(′′)).
On suppose que les biellettes sont sans masse (quantités inertielles négligées) et on choisit de ne pas considérer les actions de pesanteur. On note m la masse de la plateforme 3 et J_i les moments d'inertie des ensembles {bras + moteur}, ramenés selon l'axe de rotation des moteurs. Le référentiel lié à la base 0 est supposé galiléen.
9. Donner, en la justifiant, la direction des résultantes R_(B_i^′)^(→−), R_(C_i^′)^(→−) appliquées à la biellette b_i^′ en précisant le théorème utilisé et les arguments qui permettent de l'utiliser. Le résultat obtenu est similaire pour la biellette b_i^(′′).
10. Donner, sans développer les calculs de produits scalaires ou produits vectoriels, les 6 équations permettant de relier les forces F_x, F_y, F_z et les couples C_(mi) aux variables x, y, z, θ_i et à leurs dérivées temporelles. Préciser clairement les ensembles isolés et les théorèmes utilisés.
On pourrait dériver les modèles géométriques obtenus précédemment pour relier les vitesses angulaires θ˙_i aux vitesses linéaires x˙, y˙ et z˙.
Ainsi, l'étude d'un robot Delta a permis de montrer que l'on peut relier les couples moteurs et les vitesses angulaires aux efforts appliqués sur une plateforme et aux vitesses linéaires de celle-ci.

3 Analyse de la structure mécanique du Delthaptic.

Dans toute la suite, on considère seulement les plateformes a et b des deux robots Delta constitutifs du Delthaptic, et on suppose qu'elles peuvent fournir des forces «motrices» ( F_x, F_y, F_z ) et des vitesses linéaires ( x˙, y˙, z˙ ) aux points A et B respectivement liés aux plateformes a et b (se reporter à la figure (4)).

3.1 Conception du Delthaptic.

Le schéma cinématique du mécanisme complet, limité aux 2 plateformes Delta a et b, à la tige t et à la poignée p, est donné sur la figure (4).
Les deux plateformes sont en translation pure par rapport au bâti 0 , compte tenu du fonctionnement des robots Delta.
Figure 4 - Modèle cinématique du robot Delthaptic.
  1. Représenter le graphe des liaisons associé au modèle décrit par le schéma cinématique de la figure (4).
  • La figure (5) fournit un zoom de la réalisation de la liaison entre la tige t et la plateforme a. Une pièce appelée cardan extérieur est placée entre la tige t et la plateforme a. La partie appelée cardan intérieur est solidaire de la tige t. On rappelle qu'un roulement à billes entre deux pièces modélise, en première approche, une liaison rotule entre ces deux pièces.
Figure 5 - Réalisation de la liaison entre la tige et la plateforme.
  1. Justifier le modèle de liaison équivalente utilisé sur le schéma cinématique entre la plateforme et la tige t.

3.2 Étude des mouvements.

On cherche, dans un premier temps, à vérifier que la structure retenue permet bien d'obtenir les 6 degrés de liberté souhaités de la poignée.
On associe le repère R_a = (A, x_0^(→−), y_0^(→−), z_0^(→−)) à la plateforme a avec OA^(→−) = x_A x_0^(→−) + y_A y_0^(→−) + z_A z_0^(→−). De même, on associe le repère R_b = (B, x_0^(→−), y_0^(→−), z_0^(→−)) à la plateforme b avec OB^(→−) = x_B x_0^(→−) + y_B y_0^(→−) + z_B z_0^(→−).
On pose Δx = x_B − x_A, Δy = y_B − y_A et Δz = z_B − z_A.
On utilise les angles d'Euler pour orienter la tige ou la poignée par rapport à la plateforme a. On note ainsi z_t→ = z_p^(→−) le vecteur qui oriente la poignée ou la tige, et on pose AB^(→−) = λz_t→. On associe la base B_t = (x_t^(→−), y_t→, z_t→) à la tige t et la base B_p = (x_p^(→−), y_p^(→−), z_t→) à la poignée p.
On introduit ensuite une base intermédiaire notée B_1 = (x_1^(→−), y_t→, z_0^(→−)) entre la base B_0 = (x_0^(→−), y_0^(→−), z_0^(→−)) et la base B_t pour définir les angles φ et θ tels que φ = (y_0^(→−), y_t→) = (x_0^(→−), x_1^(→−)) et θ = (z_0^(→−), z_t→) = (x_1^(→−), x_t^(→−)). L'angle ψ est défini parψ = (x_t^(→−), x_p^(→−)) = (y_t→, y_p^(→−)).
13. Après avoir tracé deux figures de calcul représentant les angles φ et θ, déterminer trois relations donnant Δx, Δy, Δz, en fonction de λ, φ et θ. Inverser ces trois relations, de façon à déterminer λ, φ et θ en fonction de Δx, Δy, Δz.
Il serait donc possible, en dérivant ces relations, de calculer α˙, β˙ et λ˙ en fonction de Δx˙, Δy˙ et Δz˙. Ce travail n'est pas demandé.
14. Donner l'expression du torseur cinématique associé à la liaison entre la tige t et la plateforme a : {V_(t/a)}_A, en exprimant le vecteur vitesse angulaire Ω⃗_(t/a) en fonction des paramètres définis précédemment.
  • Le pas de la liaison entre la tige t et la poignée p est noté pas et est supposé à droite.
  1. a) Exprimer le torseur cinématique associé à la liaison entre p et t, {V_(p/t)}_B en fonction de λ˙ et ψ˙, en précisant la relation signée entre ces deux grandeurs.
    b) Donner, sans calcul, les torseurs cinématiques {V_(a/0)}_A et {V_(b/0)}_B, en fonction des composantes des vitesses de A et de B dans le référentiel R_0 = (O, x_0^(→−), y_0^(→−), z_0^(→−)).
  • Pour analyser les mouvements de la poignée, on introduit le centre de masse G de la poignée p situé sur son axe (B, z_t→) tel que BG^(→−) = − Hz_t→ où H est une constante et on pose {V_(p/0)}_G = {Ω⃗(p/0); V⃗(G, p/0)}_G.
Les degrés de liberté associés à ces 2 vecteurs correspondent aux 6 mouvements que l'utilisateur doit pouvoir réaliser.
16. Montrer que l'on peut exprimer le vecteur vitesse angulaire Ω⃗(p/0) et la vitesse linéaire V⃗(G, p/0) en fonction des paramètres définis ou déterminés précédemment. Il est demandé de poser les calculs de produits vectoriels mais de ne pas les effectuer. Il n'est pas nécessaire, dans cette question, d'exprimer ces vecteurs dans la base B_0.
On constate, au vu des résultats obtenus, qu'il est donc possible d'obtenir 6 degrés de liberté indépendants en pilotant les 2 plateformes Delta.
  • On se place dans une configuration initiale où la poignée est verticale (dirigée selon z_0^(→−) ) et λ = λ_0, pour laquelle les angles φ, θ et ψ sont nuls. On note V(V > 0) une vitesse positive.
  1. Recopier le tableau ci-dessous. À l'aide du schéma cinématique, compléter ses cases par les valeurs 0 , V ou − V pour indiquer quelle vitesse imposer à chacun des degrés de liberté de chacune des deux plateformes, en vue d'obtenir les mouvements et sens souhaités.
Mouvement et sens souhaités x˙_A y˙_A z˙_A x˙_B y˙_B z˙_B
Translation selon + y_0^(→−) : T_(y_0)
Translation selon + z_0^(→−) : T_(z_0)
Rotation selon (G, x_0^(→−)), sens direct : R_(x_0)
Rotation selon (G, z_0^(→−)), sens direct : R_(z_0)

3.3 Action ressentie sur la poignée.

On applique une action mécanique sur la poignée de la forme {T_(ext → p)}_G = {F⃗; M⃗}_G.
On rappelle que l'action mécanique appliquée par l'intermédiaire de la plateforme a au point A, transmise par la liaison en A, sur la tige t est de la forme {T_(a → t)}_A = {F_A^(→−); 0→}}}{{_A avec F_A^(→−) = F_(Ax)x_0^(→−) + F_(Ay)y_0^(→−) + F_(Az)z_0^(→−). De même, l'action mécanique appliquée par l'intermédiaire de la plateforme b au point B sur la poignée p est de la forme {T_(b → p)}_B = {F_B^(→−); 0→}}}{{_B avec F_B^(→−) = F_(Bx)x_0^(→−) + F_(By)y_0^(→−) + F_(Bz)z_0^(→−).
On note m_p la masse de la poignée et on pose I_p(G) = (A, − D, − E; − D, B, − F; − E, − F, C) la matrice d'inertie en G de la poignée p. Afin de simplifier, on suppose négligeables les éléments d'inertie m_t et I_t de la tige t.
18. Compte tenu de la forme de la poignée, visible sur la figure (5), proposer une simplification pour la matrice d'inertie I_p(G). Calculer ensuite le moment cinétique en G de p/0 : σ⃗(G, p/0) en le décomposant dans la base B_t = (x_t^(→−), y_t→, z_t→) et en exprimant ses coordonnées en fonction des angles φ, θ, ψ (et de leurs dérivées temporelles) et des éléments pertinents de la matrice d'inertie I_p(G).
19. Déterminer les relations vectorielles entre F_A^(→−), F_B^(→−) et F⃗, M⃗ en fonction des paramètres géométriques et cinétiques. Préciser le(s) théorème(s) ou principe(s) utilisé(s) et le système isolé.
On ne développera pas les calculs de produits vectoriels ou de dérivées.
Cette étude a permis de montrer qu'il était possible de relier les efforts appliqués sur la poignée aux efforts sur les plateformes et, à l'aide du travail de la première partie, de les relier aux couples des moteurs des robots Delta. Des simulations permettraient d'analyser la précision et la raideur dans les différentes directions en vue de valider le cahier des charges.

    1. Un pot vibrant possède une structure analogue à celle d'un haut-parleur électrodynamique.
    2. Afin d'assurer la stabilité des rebonds dans le plan horizontal, la balle peut être guidée par un tube en plexiglass. On peut également utiliser une surface (S) présentant une légère concavité.
    3. La masse de l'ensemble mobile constitué de la surface et du noyau du pot vibrant est très supérieure à celle de la balle.
    1. Un tel dispositif permet d'interagir avec un objet virtuel en restituant à l'utilisateur la perception du toucher et la sensation de déplacement dans l'espace.
    2. Margot Vulliez, "Le Delthaptic, un nouveau dispositif haptique parallèle polyvalent à six degrés de liberté actifs." Thèse, Université de Poitiers, 2018.

Questions fréquentes

4 questions
Sur quoi porte le sujet de Physique et Sciences de l'Ingénieur X-ENS MP 2024 ?
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Sur quoi porte le sujet de Physique et Sciences de l'Ingénieur X-ENS MP 2024 ?

Le sujet porte sur les rebonds synchronisés d'une balle sur une surface oscillante en physique, et sur le Delthaptic, un dispositif haptique à six degrés de liberté, en sciences de l'ingénieur.

Ce sujet X-ENS Physique-SI MP 2024 est-il difficile ?

Oui, la moyenne obtenue est de 9,8/20 avec un écart-type de 5,14, et la plupart des questions de sciences de l'ingénieur n'ont été traitées que par moins de la moitié des candidats.

Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées sur ce sujet X-ENS Physique-SI MP 2024 ?

Le jury relève des difficultés sur les questions d'analyse et de critique de modèle, une mauvaise lecture graphique du coefficient de restitution, et des applications numériques rendues sans unité.

Faut-il bien répartir son temps entre les deux parties du sujet X-ENS Physique-SI MP 2024 ?

Oui, le jury recommande de bien partager son temps car les deux parties, indépendantes et de taille comparable, ont été très inégalement abordées par les candidats.

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