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Corrigé détaillé ENS Physique PSI 2020, épreuve U

Micromagnétisme et Mémoires MRAM

Le sujet en bref

Sujet accessible · Magnétostatique, Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Cinématique et dynamique du point · 13 incontournables · 43 questions de première année
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Ce sujet d'une durée de 6 heures constitue une fresque magistrale et moderne de micromagnétisme, reliant l'interaction d'échange quantique discrète à l'ingénierie contemporaine des mémoires vives magnétiques (STT-MRAM). D'un très haut niveau d'exigence formelle et conceptuelle, l'épreuve aborde successivement la théorie continue de l'équilibre statique (équations de Brown, structure d'une paroi de domaine de Bloch), la dynamique dissipative de l'aimantation (précession de Larmor, équation phénoménologique de Landau-Lifshitz-Gilbert, résonance ferromagnétique) et la manipulation de nano-aimants par transfert de moment cinétique de spin issu d'un courant polarisé. C'est une référence incontournable pour maîtriser le calcul vectoriel avancé, les raisonnements énergétiques globaux et les analogies électrostatiques en magnétisme.

Difficulté
Accessible, estimée à partir de la difficulté de chaque question
Temps estimé
≈ 4 h 10 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

13 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Oui en PCSI, MPSI et PTSI : 43 questions sur 59, parties 2 et 3.1.

Où gagner des points

48 questions rapides et accessibles · 6 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (48) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (6) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    La partie 2 (Q25 à Q44) est largement indépendante de la partie 1 et peut être traitée directement, car elle réintroduit de façon autonome la dynamique du moment cinétique et l'équation de précession de Larmor.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

59 questions
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Questions

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : moment magnétique, aimantation

Donner les unités d'un moment magnétique et de l'aimantation spontanée dans les unités de base du système international (m, kg, s, A, K).

Voir l'indice

Exprimer le moment magnétique à partir d'une boucle de courant (I\,S) et l'aimantation comme un moment magnétique volumique.

Voir la stratégie

Pour déterminer les dimensions et les unités dans le Système International :

  1. On relie le moment magnétique \boldsymbol{\mu} à une grandeur électrocinétique via le modèle de la spire plane parcourue par un courant électrique : \boldsymbol{\mu} = I \boldsymbol{S}.
  2. On utilise la définition de l'aimantation \boldsymbol{M}, qui représente le moment magnétique moyen par unité de volume : \boldsymbol{M} = \dfrac{\mathrm{d}\boldsymbol{\mu}}{\mathrm{d}\mathcal{V}}.
Voir la réponse courte

Le moment magnétique s'exprime en \mathrm{A\cdot m^2} et l'aimantation en \mathrm{A\cdot m^{-1}}.

Voir le corrigé complet

Considérons une boucle de courant plane délimitant une surface d'aire S et parcourue par une intensité I. Par définition, la norme du moment dipolaire magnétique associé est donnée par :

\|\boldsymbol{\mu}\| = I\,S

L'intensité I s'exprime en ampères (\mathrm{A}) et la surface S en mètres carrés (\mathrm{m^2}). L'unité de \|\boldsymbol{\mu}\| dans les unités de base du système international est donc :

\boxed{\mathrm{A \cdot m^2}}

D'après le préambule du problème, le vecteur aimantation \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x},t) correspond au moment magnétique moyen par unité de volume :

\boldsymbol{M} = \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{\mu}}{\mathrm{d}\mathcal{V}}

La norme de l'aimantation spontanée M_{\mathrm{s}} s'exprime donc par le quotient de l'unité d'un moment magnétique par celle d'un volume (\mathrm{m^3}) :

[M_{\mathrm{s}}] = \frac{\mathrm{A \cdot m^2}}{\mathrm{m^3}} = \mathrm{A \cdot m^{-1}}

Dans les unités de base du système international, l'unité de M_{\mathrm{s}} est donc :

\boxed{\mathrm{A \cdot m^{-1}}}

Résultat

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Partie 1 : Statique

1.1.1 · Énergie d'échange

Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie d'échange, ferromagnétisme

Cette interaction favorise-t-elle l'alignement ou l'anti-alignement des moments magnétiques ?

Voir l'indice

Analyser le signe de l'énergie d'interaction selon le produit scalaire \boldsymbol{\mu}_i \cdot \boldsymbol{\mu}_j pour J > 0.

Voir la réponse courte

Le signe négatif devant J > 0 minimise l'énergie pour des moments parallèles, favorisant l'alignement.

Voir le corrigé complet

L'énergie d'échange entre deux moments magnétiques voisins i et j est donnée par l'équation (2) de l'énoncé :

E_{ij} = -2 J \rho^2 \boldsymbol{\mu}_i \cdot \boldsymbol{\mu}_j = -2 J \rho^2 \|\boldsymbol{\mu}_i\|\,\|\boldsymbol{\mu}_j\| \cos\theta_{ij},

où \theta_{ij} est l'angle entre les vecteurs \boldsymbol{\mu}_i et \boldsymbol{\mu}_j.

Les normes \|\boldsymbol{\mu}_i\| et \|\boldsymbol{\mu}_j\| sont constantes et positives, la densité volumique \rho est positive et la constante de couplage vérifie J > 0. Un état d'équilibre stable correspond à un minimum de l'énergie potentielle d'interaction E_{ij}. Cette énergie est minimale lorsque :

\cos\theta_{ij} = 1 \iff \theta_{ij} \equiv 0 \pmod{2\pi}.

Le minimum d'énergie est donc atteint lorsque les moments magnétiques sont parallèles et de même sens.

\boxed{\text{L'interaction d'échange favorise l'alignement des moments magnétiques.}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : maille cubique, densité volumique

Exprimer , la densité volumique des moments magnétiques, en termes de .

Voir l'indice

Dénombrer le nombre de nœuds par maille élémentaire cubique de volume a^3.

Voir la réponse courte

Un atome par maille de volume a^3, soit \rho = 1/a^3.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé et la figure 1(a), les atomes portant les moments magnétiques forment un réseau cristallin cubique simple de paramètre de maille a, chaque atome ayant 6 plus proches voisins situés à la distance a.

La maille élémentaire est un cube d'arête a, donc de volume :

V_{\text{maille}} = a^3

Chacun des 8 sommets du cube est partagé par 8 mailles adjacentes, de sorte que la maille contient en propre :

N_{\text{atome}} = 8 \times \frac{1}{8} = 1\text{ atome}

La densité volumique de moments magnétiques \rho, correspondant au nombre d'atomes (ou de moments) par unité de volume, s'écrit donc :

\boxed{\rho = \frac{1}{a^3}}

Résultat

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : développement limité, gradient

Lorsque les atomes et sont "plus proches voisins", en introduisant , montrer que au premier ordre non-nul en .

Voir l'indice

Effectuer le développement de Taylor de \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i - \boldsymbol{x}_{ij}) à l'ordre deux en remarquant que le terme du premier ordre s'annule par compensation des vecteurs opposés du réseau.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le produit scalaire discret \rho^2 \boldsymbol{\mu}_i \cdot \boldsymbol{\mu}_j à l'aide de l'aimantation continue \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}).
  2. Effectuer le développement de Taylor-Young de \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_j) = \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i - \boldsymbol{x}_{ij}) au voisinage de \boldsymbol{x}_i jusqu'à l'ordre 2.
  3. Utiliser la contrainte fondamentale de norme uniforme et constante \|\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x})\| = M_{\mathrm{s}} pour montrer que la correction du premier ordre en \boldsymbol{x}_{ij} s'annule identiquement.
Voir la réponse courte

Développement de Taylor de \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_j) autour de \boldsymbol{x}_i au second ordre en \boldsymbol{x}_{ij}.

Voir le corrigé complet

Par définition de l'aimantation continue, \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i) = \rho \boldsymbol{\mu}_i et \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_j) = \rho \boldsymbol{\mu}_j. Le terme d'échange discret s'écrit donc :

\rho^2 \boldsymbol{\mu}_i \cdot \boldsymbol{\mu}_j = \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i) \cdot \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_j).

En posant \boldsymbol{x}_{ij} = \boldsymbol{x}_i - \boldsymbol{x}_j, la position du site j s'écrit \boldsymbol{x}_j = \boldsymbol{x}_i - \boldsymbol{x}_{ij}. La fonction \boldsymbol{M} variant sur des distances grandes devant la distance interatomique \|\boldsymbol{x}_{ij}\| = a, on applique la formule de Taylor-Young fournie dans l'énoncé avec \boldsymbol{b} = -\boldsymbol{x}_{ij} :

\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_j) = \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i) - (\boldsymbol{x}_{ij} \cdot \boldsymbol{\nabla}) \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i) + \frac{1}{2} (\boldsymbol{x}_{ij} \cdot \boldsymbol{\nabla})^2 \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i) + o(\|\boldsymbol{x}_{ij}\|^2),

puisque (-\boldsymbol{x}_{ij} \cdot \boldsymbol{\nabla})^2 = (\boldsymbol{x}_{ij} \cdot \boldsymbol{\nabla})^2.

En effectuant le produit scalaire avec \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i), on obtient :

\begin{aligned} \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i) \cdot \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_j) = \|\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i)\|^2 &- \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i) \cdot \left[ (\boldsymbol{x}_{ij} \cdot \boldsymbol{\nabla}) \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i) \right] \\ &+ \frac{1}{2} \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i) \cdot \left[ (\boldsymbol{x}_{ij} \cdot \boldsymbol{\nabla})^2 \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i) \right] + o(\|\boldsymbol{x}_{ij}\|^2). \end{aligned}

Or, le matériau possède une aimantation de norme constante en tout point :

\|\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x})\|^2 = \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}) \cdot \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}) = M_{\mathrm{s}}^2 = \text{cste}.

La dérivée directionnelle le long d'un vecteur quelconque \boldsymbol{b} de cette quantité constante est donc nulle :

(\boldsymbol{b} \cdot \boldsymbol{\nabla})\|\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x})\|^2 = 0 \iff 2 \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}) \cdot \left[ (\boldsymbol{b} \cdot \boldsymbol{\nabla})\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}) \right] = 0.

En appliquant cette propriété au point \boldsymbol{x}_i avec le vecteur \boldsymbol{b} = \boldsymbol{x}_{ij}, le terme d'ordre 1 s'annule :

\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i) \cdot \left[ (\boldsymbol{x}_{ij} \cdot \boldsymbol{\nabla})\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i) \right] = 0.

Le premier ordre non-nul est donc le second ordre en \boldsymbol{x}_{ij}, ce qui donne bien :

\boxed{\rho^2 \boldsymbol{\mu}_i \cdot \boldsymbol{\mu}_j \simeq M_{\mathrm{s}}^2 + \frac{1}{2} \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i) \cdot \left[ (\boldsymbol{x}_{ij} \cdot \boldsymbol{\nabla})^2 \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i) \right]}

Résultat

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Question 5

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : approximation des milieux continus, laplacien

En remarquant que dans le cas d'une structure cristalline cubique prend les valeurs [voir Fig. 1(a)], passer à la limite du continu, c'est-à-dire échanger par , et montrer que l'énergie d'échange peut s'écrire, à une constante additive près, comme

où et est le volume de l'échantillon.

Voir l'indice

Sommer le terme (\boldsymbol{x}_{ij} \cdot \boldsymbol{\nabla})^2 sur les six plus proches voisins (\pm a\boldsymbol{u}_x, \pm a\boldsymbol{u}_y, \pm a\boldsymbol{u}_z) puis convertir la somme discrète en intégrale volumique.

Voir la stratégie
  1. Réécrire la somme sur les paires de plus proches voisins à l'aide de l'indication fournie : \sum_{(i,j)} \dots = \frac{1}{2} \sum_i \sum_{\boldsymbol{x}_{ij}} \dots
  2. Injecter le développement au second ordre obtenu à la question Q4 et sommer sur les six vecteurs \boldsymbol{x}_{ij} \in \{\pm a\boldsymbol{u}_x, \pm a\boldsymbol{u}_y, \pm a\boldsymbol{u}_z\}.
  3. Effectuer le passage au continu en remplaçant la somme sur les sites i par l'intégrale volumique \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, \rho avec \rho = 1/a^3 (d'après la question Q3).
Voir la réponse courte

Sommation sur les six plus proches voisins en réseau cubique et passage à l'intégrale volumique.

Voir le corrigé complet

L'énergie d'échange totale (3) s'écrit, en réindexant la somme sur les paires selon l'indication de l'énoncé :

E_{\mathrm{ech}} = -2J \sum_{(i,j)} \rho^2 \boldsymbol{\mu}_i \cdot \boldsymbol{\mu}_j = -J \sum_i \sum_{\boldsymbol{x}_{ij}} \rho^2 \boldsymbol{\mu}_i \cdot \boldsymbol{\mu}_j .

D'après le résultat de la question Q4, pour chaque voisin j du site i :

\rho^2 \boldsymbol{\mu}_i \cdot \boldsymbol{\mu}_j \simeq M_{\mathrm{s}}^2 + \frac{1}{2} \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i) \cdot \left[ (\boldsymbol{x}_{ij} \cdot \boldsymbol{\nabla})^2 \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i) \right] .

Dans le réseau cubique simple, les six plus proches voisins correspondent aux déplacements \boldsymbol{x}_{ij} \in \{ \pm a \boldsymbol{u}_x, \pm a \boldsymbol{u}_y, \pm a \boldsymbol{u}_z \}. Évaluons les deux termes lors de la somme sur \boldsymbol{x}_{ij} :

  • Le terme d'ordre 0 donne simplement :

    \sum_{\boldsymbol{x}_{ij}} M_{\mathrm{s}}^2 = 6 M_{\mathrm{s}}^2 .
  • Pour l'opérateur (\boldsymbol{x}_{ij} \cdot \boldsymbol{\nabla})^2, les deux voisins selon l'axe x (\boldsymbol{x}_{ij} = \pm a\boldsymbol{u}_x) donnent chacun :

    (\pm a \boldsymbol{u}_x \cdot \boldsymbol{\nabla})^2 = a^2 \frac{\partial^2}{\partial x^2} ,

    et de même pour les axes y et z. La somme sur les six voisins fournit ainsi :

    \sum_{\boldsymbol{x}_{ij}} (\boldsymbol{x}_{ij} \cdot \boldsymbol{\nabla})^2 = 2 a^2 \left( \frac{\partial^2}{\partial x^2} + \frac{\partial^2}{\partial y^2} + \frac{\partial^2}{\partial z^2} \right) = 2 a^2 \nabla^2 .

Il vient donc pour la somme locale sur les plus proches voisins :

\sum_{\boldsymbol{x}_{ij}} \rho^2 \boldsymbol{\mu}_i \cdot \boldsymbol{\mu}_j \simeq 6 M_{\mathrm{s}}^2 + a^2 \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i) \cdot \nabla^2 \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_i) .

À la limite continue, on remplace la somme discrète \sum_i par l'intégrale \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, \rho, où la densité volumique vaut \rho = 1/a^3 (question Q3) :

\begin{aligned} E_{\mathrm{ech}} &\simeq -J \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, \rho \left[ 6 M_{\mathrm{s}}^2 + a^2 \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}) \cdot \nabla^2 \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}) \right] \\ &= -\frac{6 J M_{\mathrm{s}}^2}{a^3}\mathcal{V} - J \rho a^2 \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}) \cdot \nabla^2 \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}) . \end{aligned}

Le premier terme est constant (indépendant de la configuration de l'aimantation). Pour le second terme, le préfacteur s'identifie immédiatement :

J \rho a^2 = J \times \frac{1}{a^3} \times a^2 = \frac{J}{a} = A_{\mathrm{ech}} .

En décomposant le produit scalaire \boldsymbol{M} \cdot \nabla^2 \boldsymbol{M} en composantes cartésiennes, on obtient, à une constante additive près :

\boxed{E_{\mathrm{ech}} = -A_{\mathrm{ech}} \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \left[ M_x(\boldsymbol{x}) \nabla^2 M_x(\boldsymbol{x}) + M_y(\boldsymbol{x}) \nabla^2 M_y(\boldsymbol{x}) + M_z(\boldsymbol{x}) \nabla^2 M_z(\boldsymbol{x}) \right]}

Résultat

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : analyse vectorielle, intégration par parties

À l'aide du formulaire, montrer que l'expression (4) peut finalement s'écrire

Voir l'indice

Exploiter l'identité du formulaire \nabla^2(G^2) = 2(\boldsymbol{\nabla} G)^2 + 2 G \nabla^2 G appliquée aux trois composantes cartésiennes, en tenant compte du fait que \|\boldsymbol{M}\|^2 = M_{\mathrm{s}}^2 = \mathrm{cste}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le terme G \nabla^2 G à l'aide de l'identité différentielle \nabla^2(G^2) = 2(\boldsymbol{\nabla} G)^2 + 2 G \nabla^2 G donnée dans le formulaire.
  2. Appliquer cette identité aux trois composantes cartésiennes de \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}) et sommer les contributions.
  3. Utiliser la contrainte fondamentale du micromagnétisme : la norme de l'aimantation est uniforme et constante, \|\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x})\|^2 = M_{\mathrm{s}}^2.
Voir la réponse courte

Formule de Green-Ostrogradski et identité vectorielle pour transformer le laplacien en gradient carré.

Voir le corrigé complet

D'après les identités mathématiques fournies en tête de sujet, pour toute fonction scalaire G suffisamment régulière :

\nabla^2(G^2) = 2(\boldsymbol{\nabla} G)^2 + 2 G \nabla^2 G,

ce qui permet d'écrire :

G \nabla^2 G = \frac{1}{2}\nabla^2(G^2) - (\boldsymbol{\nabla} G)^2.

En appliquant cette identité à chaque composante M_\alpha(\boldsymbol{x}) de l'aimantation (\alpha \in \{x, y, z\}), on obtient :

M_\alpha \nabla^2 M_\alpha = \frac{1}{2}\nabla^2\left(M_\alpha^2\right) - (\boldsymbol{\nabla} M_\alpha)^2.

En sommant ces trois relations pour \alpha \in \{x, y, z\} :

\begin{aligned} M_x \nabla^2 M_x + M_y \nabla^2 M_y + M_z \nabla^2 M_z &= \frac{1}{2}\nabla^2\left( M_x^2 + M_y^2 + M_z^2 \right) - \left( [\boldsymbol{\nabla} M_x]^2 + [\boldsymbol{\nabla} M_y]^2 + [\boldsymbol{\nabla} M_z]^2 \right) \\ &= \frac{1}{2}\nabla^2\left( \|\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x})\|^2 \right) - \sum_{\alpha=x,y,z} [\boldsymbol{\nabla} M_\alpha(\boldsymbol{x})]^2. \end{aligned}

Or, d'après les hypothèses du modèle continu du micromagnétisme, la norme de l'aimantation est uniforme et constante :

\|\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x})\|^2 = M_{\mathrm{s}}^2 = \text{constante},

de sorte que le Laplacien de cette quantité constante est strictement nul :

\nabla^2\left( \|\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x})\|^2 \right) = \nabla^2(M_{\mathrm{s}}^2) = 0.

Il vient donc l'égalité ponctuelle :

M_x(\boldsymbol{x})\nabla^2 M_x(\boldsymbol{x}) + M_y(\boldsymbol{x})\nabla^2 M_y(\boldsymbol{x}) + M_z(\boldsymbol{x})\nabla^2 M_z(\boldsymbol{x}) = - \left( [\boldsymbol{\nabla} M_x(\boldsymbol{x})]^2 + [\boldsymbol{\nabla} M_y(\boldsymbol{x})]^2 + [\boldsymbol{\nabla} M_z(\boldsymbol{x})]^2 \right).

En réinjectant cette expression dans la relation (4) de l'énergie d'échange, les deux signes moins se compensent, ce qui donne directement :

\boxed{E_{\mathrm{ech}} = A_{\mathrm{ech}} \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \left[ [\boldsymbol{\nabla} M_x(\boldsymbol{x})]^2 + [\boldsymbol{\nabla} M_y(\boldsymbol{x})]^2 + [\boldsymbol{\nabla} M_z(\boldsymbol{x})]^2 \right]}

Résultat

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Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : ferromagnétisme, énergie d'échange

Quelles configurations de l'aimantation minimisent ? (Une démonstration n'est pas requise.)

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Observer que l'intégrale est une somme de termes strictement positifs pour identifier l'état rendant le gradient nul partout.

Voir la réponse courte

L'énergie d'échange est minimale lorsque l'aimantation est uniforme spatialement (\boldsymbol{\nabla}\boldsymbol{M} = \boldsymbol{0}).

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D'après l'expression établie à la question Q6 :

E_{\mathrm{ech}} = A_{\mathrm{ech}} \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \left[ (\boldsymbol{\nabla} M_x(\boldsymbol{x}))^2 + (\boldsymbol{\nabla} M_y(\boldsymbol{x}))^2 + (\boldsymbol{\nabla} M_z(\boldsymbol{x}))^2 \right]

avec la constante de raideur d'échange A_{\mathrm{ech}} = J/a > 0.

L'intégrande est une somme de termes strictement positifs ou nuls. L'énergie d'échange vérifie donc E_{\mathrm{ech}} \ge 0, et atteint sa valeur minimale absolue E_{\mathrm{ech}} = 0 si et seulement si l'intégrande s'annule en tout point du volume \mathcal{V} :

\boldsymbol{\nabla} M_x(\boldsymbol{x}) = \boldsymbol{0}, \quad \boldsymbol{\nabla} M_y(\boldsymbol{x}) = \boldsymbol{0} \quad \text{et} \quad \boldsymbol{\nabla} M_z(\boldsymbol{x}) = \boldsymbol{0}

Les composantes du vecteur aimantation sont alors spatialement constantes. Les configurations qui minimisent E_{\mathrm{ech}} sont donc les configurations d'aimantation spatiale uniforme :

\boxed{\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}) = \boldsymbol{M}_0 = \text{cste}, \quad \text{avec} \quad \|\boldsymbol{M}_0\| = M_{\mathrm{s}}}

la direction de \boldsymbol{M}_0 étant quelconque dans l'espace.

Résultat

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1.1.2 · Énergie d'anisotropie

Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : anisotropie magnétique, axe facile

Quelles configurations de l'aimantation sont favorisées par ? (Une démonstration n'est pas requise.)

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Déterminer l'orientation du vecteur \boldsymbol{M} par rapport à \boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} qui maximise [\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \cdot \boldsymbol{M}]^2 pour rendre E_{\mathrm{ani}} la plus négative possible.

Voir la réponse courte

L'énergie d'anisotropie favorise l'alignement de l'aimantation selon l'axe facile \pm \boldsymbol{u}_{\mathrm{a}}.

Voir le corrigé complet

L'énergie d'anisotropie uniaxiale s'écrit :

E_{\mathrm{ani}} = -K_{\mathrm{a}} \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \left[\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \cdot \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x})\right]^2

avec K_{\mathrm{a}} \ge 0. Une configuration favorisée correspond à un minimum d'énergie, ce qui revient à maximiser la quantité [\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \cdot \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x})]^2 en chaque point de l'échantillon.

Puisque le vecteur \boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} est unitaire et que l'aimantation a une norme fixée \|\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x})\| = M_{\mathrm{s}}, le produit scalaire est borné par :

|\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \cdot \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x})| \le \|\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}}\| \, \|\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x})\| = M_{\mathrm{s}}

La valeur maximale du terme quadratique, égale à M_{\mathrm{s}}^2, est atteinte lorsque l'aimantation est colinéaire à la direction \boldsymbol{u}_{\mathrm{a}}.

Les configurations de l'aimantation favorisées par l'énergie d'anisotropie sont donc les configurations uniformes alignées ou anti-alignées avec le vecteur \boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} :

\boxed{\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}) = M_{\mathrm{s}} \boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \quad \text{ou} \quad \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}) = -M_{\mathrm{s}} \boldsymbol{u}_{\mathrm{a}}}

Résultat

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1.1.3 · Énergie de démagnétisation

Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de poisson, potentiel scalaire magnétique

En l'absence de courant de charges libres, , montrer que dérive d'un potentiel tel que , et que le problème se ramène à l'équation de Poisson suivante

Voir l'indice

Appliquer le théorème d'Ampère avec \boldsymbol{j}_{\mathrm{libres}} = \boldsymbol{0} pour montrer que le rotationnel de \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} est nul, puis prendre la divergence de \boldsymbol{B} = \mu_0(\boldsymbol{M} + \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}}).

Voir la stratégie
  1. Appliquer l'équation de Maxwell-Ampère en régime magnétostatique en exprimant le courant total à partir des courants liés d'aimantation pour montrer que le rotationnel de \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} est nul, ce qui justifie l'existence du potentiel scalaire \phi_{\mathrm{m}}.
  2. Appliquer l'équation de conservation du flux magnétique (Maxwell-Thomson) \boldsymbol{\nabla} \cdot \boldsymbol{B} = 0 à la relation \boldsymbol{B} = \mu_0(\boldsymbol{M} + \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}}) pour établir l'équation de Poisson vérifiée par \phi_{\mathrm{m}}.
Voir la réponse courte

\boldsymbol{\nabla}\wedge\boldsymbol{H}_m = \boldsymbol{0} \implies \mu_0\boldsymbol{H}_m = -\boldsymbol{\nabla}\phi_m et \boldsymbol{\nabla}\cdot\boldsymbol{B} = 0 conduisent à l'équation de Poisson.

Voir le corrigé complet

En régime statique, l'équation de Maxwell-Ampère locale s'écrit :

\boldsymbol{\nabla} \wedge \boldsymbol{B} = \mu_0 \boldsymbol{j}.

En l'absence de charges libres (\boldsymbol{j}_{\mathrm{libres}} = \boldsymbol{0}), la densité volumique de courant se réduit aux courants liés :

\boldsymbol{j} = \boldsymbol{j}_{\mathrm{li\acute{e}es}} = \boldsymbol{\nabla} \wedge \boldsymbol{M}.

En utilisant la relation liant le champ magnétique \boldsymbol{B}, l'aimantation \boldsymbol{M} et le champ d'excitation \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}}, soit \boldsymbol{B} = \mu_0(\boldsymbol{M} + \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}}), on obtient :

\begin{aligned} \boldsymbol{\nabla} \wedge [\mu_0(\boldsymbol{M} + \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}})] &= \mu_0 \boldsymbol{\nabla} \wedge \boldsymbol{M} \\ \mu_0 \boldsymbol{\nabla} \wedge \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} + \mu_0 \boldsymbol{\nabla} \wedge \boldsymbol{M} &= \mu_0 \boldsymbol{\nabla} \wedge \boldsymbol{M} \\ \boldsymbol{\nabla} \wedge (\mu_0 \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}}) &= \boldsymbol{0}. \end{aligned}

Le champ \mu_0 \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} ayant un rotationnel identiquement nul dans tout l'espace (supposé simplement connexe), il dérive d'un potentiel scalaire magnétique \phi_{\mathrm{m}} :

\mu_0 \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} = -\boldsymbol{\nabla}\phi_{\mathrm{m}}.

Par ailleurs, l'équation de Maxwell-Thomson assure la nullité de la divergence du champ magnétique :

\boldsymbol{\nabla} \cdot \boldsymbol{B} = 0.

En y injectant l'expression de \boldsymbol{B} :

\begin{aligned} \boldsymbol{\nabla} \cdot [\mu_0(\boldsymbol{M} + \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}})] &= 0 \\ \boldsymbol{\nabla} \cdot (\mu_0 \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}}) + \mu_0 \boldsymbol{\nabla} \cdot \boldsymbol{M} &= 0 \\ \boldsymbol{\nabla} \cdot (-\boldsymbol{\nabla}\phi_{\mathrm{m}}) + \mu_0 \boldsymbol{\nabla} \cdot \boldsymbol{M} &= 0. \end{aligned}

Puisque \boldsymbol{\nabla} \cdot \boldsymbol{\nabla}\phi_{\mathrm{m}} = \nabla^2 \phi_{\mathrm{m}}, on aboutit à l'équation de Poisson :

\boxed{\nabla^2 \phi_{\mathrm{m}} = \mu_0 \boldsymbol{\nabla} \cdot \boldsymbol{M}}

Résultat

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : relation de passage, conservation du flux

En sélectionnant soigneusement une surface fermée à l'interface des milieux 1 et 2, démontrer la relation de passage

où est le vecteur unitaire normal à l'interface, orienté de 1 vers 2.

Voir l'indice

Intégrer l'équation de Maxwell-Thomson \boldsymbol{\nabla} \cdot \boldsymbol{B} = 0 sur un cylindre aplati centré sur l'interface.

Voir la stratégie
  1. Choisir un volume de Gauss élémentaire en forme de boîte cylindrique aplatie (hauteur h \to 0, bases de surface \Delta S) chevauchant l'interface et centrée sur les points \boldsymbol{x}_1 et \boldsymbol{x}_2.
  2. Appliquer le théorème de Green-Ostrogradski au champ à divergence nulle \boldsymbol{B} = \mu_0 \boldsymbol{M} - \boldsymbol{\nabla}\phi_{\mathrm{m}}.
  3. Évaluer les contributions des bases et de la surface latérale à la limite h \to 0 pour obtenir la relation de passage.
Voir la réponse courte

Continuité de la composante normale de \boldsymbol{B} appliquée au potentiel scalaire magnétique.

Voir le corrigé complet

Considérons un volume cylindrique infinitésimal \mathcal{V} chevauchant l'interface séparant les milieux 1 et 2 :

  • il possède deux faces planes de surface \Delta S, parallèles à l'interface, situées en \boldsymbol{x}_1 (dans le milieu 1) et \boldsymbol{x}_2 (dans le milieu 2) ;
  • le vecteur unitaire \boldsymbol{n} est orthogonal à l'interface et dirigé du milieu 1 vers le milieu 2 ; le vecteur unitaire normal sortant à la surface fermée \mathcal{S} délimitant \mathcal{V} vaut donc +\boldsymbol{n} sur la face située en 2, et -\boldsymbol{n} sur la face située en 1 ;
  • la hauteur h du cylindre tend vers 0.

D'après la question Q9, le champ magnétique s'écrit :

\boldsymbol{B} = \mu_0(\boldsymbol{M} + \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}}) = \mu_0 \boldsymbol{M} - \boldsymbol{\nabla}\phi_{\mathrm{m}}

Puisque \boldsymbol{\nabla} \cdot \boldsymbol{B} = 0 (équation de Maxwell-Thomson), le théorème de Green-Ostrogradski appliqué au volume \mathcal{V} donne :

\iint_{\mathcal{S}} \boldsymbol{B} \cdot \mathrm{d}^2\boldsymbol{S} = \iiint_{\mathcal{V}} (\boldsymbol{\nabla} \cdot \boldsymbol{B}) \, \mathrm{d}^3x = 0

Le flux total à travers la surface fermée \mathcal{S} se décompose en :

\iint_{\mathcal{S}} \boldsymbol{B} \cdot \mathrm{d}^2\boldsymbol{S} = \iint_{\text{base } 2} \boldsymbol{B}(\boldsymbol{x}_2) \cdot \boldsymbol{n} \, \mathrm{d}^2x + \iint_{\text{base } 1} \boldsymbol{B}(\boldsymbol{x}_1) \cdot (-\boldsymbol{n}) \, \mathrm{d}^2x + \iint_{\text{latérale}} \boldsymbol{B} \cdot \mathrm{d}^2\boldsymbol{S}

Le flux à travers la surface latérale est proportionnel au périmètre de la base et à la hauteur h. Lorsque l'on fait tendre l'épaisseur h vers 0 à surface \Delta S fixée, l'aire latérale s'annule, d'où :

\left[ \boldsymbol{B}(\boldsymbol{x}_2) \cdot \boldsymbol{n} - \boldsymbol{B}(\boldsymbol{x}_1) \cdot \boldsymbol{n} \right] \Delta S = 0

ce qui traduit la continuité de la composante normale de \boldsymbol{B} :

\boldsymbol{B}(\boldsymbol{x}_1) \cdot \boldsymbol{n} = \boldsymbol{B}(\boldsymbol{x}_2) \cdot \boldsymbol{n}

En remplaçant \boldsymbol{B} par son expression en fonction de \boldsymbol{M} et \phi_{\mathrm{m}} :

\left( -\boldsymbol{\nabla}\phi_{\mathrm{m}}(\boldsymbol{x}_1) + \mu_0 \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_1) \right) \cdot \boldsymbol{n} = \left( -\boldsymbol{\nabla}\phi_{\mathrm{m}}(\boldsymbol{x}_2) + \mu_0 \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_2) \right) \cdot \boldsymbol{n}

En regroupant les termes de potentiel d'un côté et les termes d'aimantation de l'autre, on obtient :

\boldsymbol{n} \cdot \left( \boldsymbol{\nabla}\phi_{\mathrm{m}}(\boldsymbol{x}_1) - \boldsymbol{\nabla}\phi_{\mathrm{m}}(\boldsymbol{x}_2) \right) = \mu_0 \left( \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_1) - \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_2) \right) \cdot \boldsymbol{n}

soit finalement :

\boxed{\boldsymbol{n} \cdot \boldsymbol{\nabla} (\phi_{\mathrm{m}}(\boldsymbol{x}_1) - \phi_{\mathrm{m}}(\boldsymbol{x}_2)) = \mu_0 (\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_1) - \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}_2)) \cdot \boldsymbol{n}}

Résultat

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : énergie magnétique, analogie électrostatique

En utilisant cette analogie et à l'aide du formulaire, montrer que l'énergie magnétique correspondante, dite énergie de démagnétisation, s'écrit

Voir l'indice

Remplacer \rho_{\mathrm{m}} et \sigma_{\mathrm{m}} par leurs expressions en fonction de \boldsymbol{M}, puis effectuer une intégration par parties volumique à l'aide de la formule du formulaire.

Voir la stratégie
  1. Transposer l'expression de l'énergie électrostatique E_{\mathrm{elec}} au cas magnétique en remplaçant les densités de charge par \rho_{\mathrm{m}} = -\boldsymbol{\nabla}\cdot\boldsymbol{M} et \sigma_{\mathrm{m}} = \boldsymbol{M}\cdot\boldsymbol{n}, et le potentiel électrostatique par \phi_{\mathrm{m}}.
  2. Utiliser la formule d'intégration par parties fournie dans le formulaire pour regrouper les intégrales volumique et surfacique sous une unique intégrale portant sur \boldsymbol{M}\cdot\boldsymbol{\nabla}\phi_{\mathrm{m}}.
  3. Remplacer \boldsymbol{\nabla}\phi_{\mathrm{m}} par -\mu_0 \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} d'après le résultat de la question Q9 pour obtenir l'expression demandée.
Voir la réponse courte

Par analogie avec l'énergie électrostatique W = \frac{1}{2}\int \rho V\mathrm{d}^3x, intégration par parties de l'énergie dipolaire.

Voir le corrigé complet

Par analogie directe avec l'expression de l'énergie électrostatique (9), l'énergie magnétique de démagnétisation s'écrit en fonction des charges magnétiques équivalentes \rho_{\mathrm{m}} = -\boldsymbol{\nabla}\cdot\boldsymbol{M} et \sigma_{\mathrm{m}} = \boldsymbol{M}\cdot\boldsymbol{n} associées au potentiel \phi_{\mathrm{m}} :

E_{\mathrm{dem}} = \frac{1}{2} \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, \rho_{\mathrm{m}}(\boldsymbol{x})\phi_{\mathrm{m}}(\boldsymbol{x}) + \frac{1}{2} \int_{\mathcal{S}} \mathrm{d}^2x \, \sigma_{\mathrm{m}}(\boldsymbol{x})\phi_{\mathrm{m}}(\boldsymbol{x}).

En injectant les définitions de \rho_{\mathrm{m}} et \sigma_{\mathrm{m}}, on obtient :

E_{\mathrm{dem}} = -\frac{1}{2} \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, (\boldsymbol{\nabla}\cdot\boldsymbol{M})\phi_{\mathrm{m}} + \frac{1}{2} \int_{\mathcal{S}} \mathrm{d}^2x \, (\boldsymbol{M}\cdot\boldsymbol{n})\phi_{\mathrm{m}}.

D'après l'identité d'intégration par parties donnée dans le formulaire avec \boldsymbol{F} = \boldsymbol{M}, G = \phi_{\mathrm{m}} et \mathrm{d}^2\boldsymbol{S} = \mathrm{d}^2x \, \boldsymbol{n} :

\int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, \boldsymbol{M} \cdot \boldsymbol{\nabla}\phi_{\mathrm{m}} = \int_{\mathcal{S}} \mathrm{d}^2x \, (\boldsymbol{M} \cdot \boldsymbol{n})\phi_{\mathrm{m}} - \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, (\boldsymbol{\nabla}\cdot\boldsymbol{M})\phi_{\mathrm{m}}.

Le membre de droite correspond précisément à 2E_{\mathrm{dem}}, ce qui conduit à :

E_{\mathrm{dem}} = \frac{1}{2} \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}) \cdot \boldsymbol{\nabla}\phi_{\mathrm{m}}(\boldsymbol{x}).

D'après la question Q9, le potentiel scalaire magnétique vérifie \boldsymbol{\nabla}\phi_{\mathrm{m}} = -\mu_0 \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}}. En substituant cette relation, on aboutit directement à :

\boxed{E_{\mathrm{dem}} = -\frac{1}{2}\mu_0 \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}) \cdot \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}}(\boldsymbol{x})}

Résultat

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Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : facteur démagnétisant, symétrie sphérique

Donner et dans le cas d'un échantillon sphérique.

Voir l'indice

Invoquer l'invariance par rotation du problème pour relier N_x, N_y et N_z, tout en utilisant la condition de normalisation fournie.

Voir la réponse courte

Par isotropie sphérique et \mathrm{Tr}(N) = 1, on a N_x = N_y = N_z = 1/3.

Voir le corrigé complet

Un échantillon sphérique présente une isotropie géométrique totale, de sorte que les trois axes cartésiens Ox, Oy et Oz jouent des rôles parfaitement équivalents. Les coefficients de démagnétisation le long de ces trois directions principales sont donc égaux :

N_x = N_y = N_z.

Or, d'après l'énoncé, ces coefficients vérifient nécessairement la condition de trace :

N_x + N_y + N_z = 1.

On en déduit immédiatement 3N_x = 1, soit :

\boxed{N_x = N_y = N_z = \frac{1}{3}}

Résultat

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1.1.4 · Énergie de Zeeman

Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : énergie de zeeman, couplage magnétique

Quelle configuration de l'aimantation est favorisée par ? (Une démonstration n'est pas requise.)

Voir l'indice

Examiner la condition minimisant le terme - \boldsymbol{M} \cdot \boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}} à norme fixée.

Voir la réponse courte

L'énergie de Zeeman est minimale lorsque l'aimantation s'aligne parallèlement au champ extérieur \boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}}.

Voir le corrigé complet

L'énergie de Zeeman est donnée par l'expression (12) :

E_{\mathrm{ext}} = -\int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}) \cdot \boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}}(\boldsymbol{x})

La norme de l'aimantation étant fixée à \|\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x})\| = M_{\mathrm{s}} en tout point, la quantité sous l'intégrale vérifie l'inégalité de Cauchy-Schwarz :

-\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}) \cdot \boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}}(\boldsymbol{x}) \ge -M_{\mathrm{s}} \|\boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}}(\boldsymbol{x})\|

avec égalité si et seulement si \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}) est colinéaire et de même sens que \boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}}(\boldsymbol{x}) (en tout point où \boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}}(\boldsymbol{x}) \neq \boldsymbol{0}).

L'énergie E_{\mathrm{ext}} est donc minimale pour une aimantation alignée parallèlement et dans le même sens que le champ magnétique extérieur appliqué :

\boxed{\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}) = M_{\mathrm{s}} \frac{\boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}}(\boldsymbol{x})}{\|\boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}}(\boldsymbol{x})\|}}

Si en particulier le champ externe \boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}} est uniforme, la configuration favorisée est une aimantation uniforme \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}) = M_{\mathrm{s}} \frac{\boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}}}{\|\boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}}\|}.

Résultat

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1.2 · Équilibre magnétique

Question 14

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : variation première, orthogonalité

Montrer, en calculant au premier ordre en , que la norme constante de l'aimantation impose de considérer uniquement des variations transverses de l'aimantation, c'est-à-dire perpendiculaire à .

Voir l'indice

Développer au premier ordre le carré scalaire (\boldsymbol{M} + \delta \boldsymbol{M})^2 et exploiter la constance de \|\boldsymbol{M}\|.

Voir la stratégie
  1. Développer le produit scalaire (\boldsymbol{M} + \delta \boldsymbol{M}) \cdot (\boldsymbol{M} + \delta \boldsymbol{M}) et isoler la variation \delta(\|\boldsymbol{M}\|^2) au premier ordre en \delta \boldsymbol{M}.
  2. Traduire la contrainte physique fondamentale du micromagnétisme : la norme de l'aimantation reste rigoureusement fixée à l'aimantation à saturation M_{\mathrm{s}}.
  3. En déduire la condition géométrique reliant \delta \boldsymbol{M} et \boldsymbol{M}.
Voir la réponse courte

Différentiation de \|\boldsymbol{M}\|^2 = M_{\mathrm{s}}^2 donnant 2\boldsymbol{M}\cdot\delta\boldsymbol{M} = 0, soit \delta\boldsymbol{M} \perp \boldsymbol{M}.

Voir le corrigé complet

Le carré de la norme du vecteur aimantation perturbé s'écrit :

\begin{aligned} \|\boldsymbol{M} + \delta \boldsymbol{M}\|^{2} &= (\boldsymbol{M} + \delta \boldsymbol{M}) \cdot (\boldsymbol{M} + \delta \boldsymbol{M}) \\ &= \|\boldsymbol{M}\|^{2} + 2 \, \boldsymbol{M} \cdot \delta \boldsymbol{M} + \|\delta \boldsymbol{M}\|^{2}. \end{aligned}

Au premier ordre par rapport à la perturbation infinitésimale \|\delta \boldsymbol{M}\| \ll M_{\mathrm{s}}, le terme quadratique \|\delta \boldsymbol{M}\|^{2} est négligeable, de sorte que la variation de \|\boldsymbol{M}\|^{2} s'écrit :

\delta(\|\boldsymbol{M}\|^{2}) = 2 \, \boldsymbol{M} \cdot \delta \boldsymbol{M}.

D'après l'énoncé, la norme de l'aimantation est uniforme et constante en tout point et à tout instant :

\|\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x})\| = M_{\mathrm{s}} \quad \text{et} \quad \|\boldsymbol{M}(\boldsymbol{x}) + \delta \boldsymbol{M}(\boldsymbol{x})\| = M_{\mathrm{s}}.

Il en résulte que la norme de l'aimantation ne varie pas sous l'effet de la perturbation, c'est-à-dire :

\delta(\|\boldsymbol{M}\|^{2}) = 0.

On en déduit donc immédiatement :

\boxed{\boldsymbol{M} \cdot \delta \boldsymbol{M} = 0}

Cette condition scalaire nulle signifie que la variation \delta \boldsymbol{M} est orthogonale au vecteur \boldsymbol{M} en tout point de l'échantillon. La contrainte de norme constante impose ainsi de ne considérer que des variations purement transverses de l'aimantation.

Résultat

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : calcul variationnel, produit mixte

Calculer la variation et montrer que

Voir l'indice

Remplacer \delta \boldsymbol{M} par \boldsymbol{M} \wedge \delta \boldsymbol{\mu} dans l'intégrale et utiliser l'identité d'invariance par permutation circulaire du produit mixte (\boldsymbol{a} \wedge \boldsymbol{b}) \cdot \boldsymbol{c}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer au premier ordre la variation \delta E_{\mathrm{ext}}(\boldsymbol{M}) induite par une variation \delta \boldsymbol{M} à l'aide de l'expression (12) de l'énergie de Zeeman.
  2. Remplacer \delta \boldsymbol{M} par sa forme transverse admissible \delta \boldsymbol{M} = \boldsymbol{M} \wedge \delta \boldsymbol{\mu} établie à la question Q14.
  3. Réarranger le produit mixte sous l'intégrale par permutation circulaire à l'aide des identités mathématiques fournies.
Voir la réponse courte

Utilisation de \delta\boldsymbol{M} = \delta\boldsymbol{\mu} \wedge \boldsymbol{M} et permutation circulaire du produit mixte.

Voir le corrigé complet

L'énergie de Zeeman s'écrit d'après la relation (12) :

E_{\mathrm{ext}}(\boldsymbol{M}) = -\int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, \boldsymbol{M} \cdot \boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}}.

La variation infinitésimale de cette énergie lors d'une perturbation \boldsymbol{M} \to \boldsymbol{M} + \delta \boldsymbol{M} est donnée par :

\begin{aligned} \delta E_{\mathrm{ext}}(\boldsymbol{M}) &= E_{\mathrm{ext}}(\boldsymbol{M} + \delta \boldsymbol{M}) - E_{\mathrm{ext}}(\boldsymbol{M}) \\ &= -\int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, (\boldsymbol{M} + \delta \boldsymbol{M}) \cdot \boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}} - \left( -\int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, \boldsymbol{M} \cdot \boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}} \right) \\ &= -\int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, \delta \boldsymbol{M} \cdot \boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}}. \end{aligned}

D'après la question Q14, la conservation de la norme de l'aimantation impose que la variation \delta \boldsymbol{M} soit transverse, paramétrable sous la forme \delta \boldsymbol{M} = \boldsymbol{M} \wedge \delta \boldsymbol{\mu}, où \delta \boldsymbol{\mu} est un vecteur infinitésimal arbitraire. Le terme scalaire sous l'intégrale devient donc :

\delta \boldsymbol{M} \cdot \boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}} = (\boldsymbol{M} \wedge \delta \boldsymbol{\mu}) \cdot \boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}}.

En utilisant la symétrie du produit scalaire et l'identité mathématique du formulaire rappelant la permutation circulaire du produit mixte, (\boldsymbol{a} \wedge \boldsymbol{b}) \cdot \boldsymbol{c} = \boldsymbol{a} \cdot (\boldsymbol{b} \wedge \boldsymbol{c}) :

\begin{aligned} (\boldsymbol{M} \wedge \delta \boldsymbol{\mu}) \cdot \boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}} &= \boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}} \cdot (\boldsymbol{M} \wedge \delta \boldsymbol{\mu}) \\ &= (\boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}} \wedge \boldsymbol{M}) \cdot \delta \boldsymbol{\mu}. \end{aligned}

En réinjectant cette identité dans l'intégrale, on obtient :

\boxed{\delta E_{\mathrm{ext}}(\boldsymbol{M}) = -\int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, (\boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}} \wedge \boldsymbol{M}) \cdot \delta \boldsymbol{\mu}}

Résultat

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : anisotropie magnétique, calcul variationnel

Montrer que

Voir l'indice

Calculer la variation au premier ordre de [\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \cdot (\boldsymbol{M} + \delta\boldsymbol{M})]^2, injecter \delta\boldsymbol{M} = \boldsymbol{M} \wedge \delta\boldsymbol{\mu} et permuter le produit mixte.

Voir la stratégie
  1. Exprimer au premier ordre en \delta \boldsymbol{M} la variation de l'énergie d'anisotropie E_{\mathrm{ani}}(\boldsymbol{M} + \delta \boldsymbol{M}) - E_{\mathrm{ani}}(\boldsymbol{M}).
  2. Injecter l'expression de la variation transverse \delta \boldsymbol{M} = \boldsymbol{M} \wedge \delta \boldsymbol{\mu} introduite à la question Q14.
  3. Utiliser l'invariance par permutation circulaire du produit mixte pour factoriser le produit scalaire avec \delta \boldsymbol{\mu}.
Voir la réponse courte

Variation au premier ordre de (\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}}\cdot\boldsymbol{M})^2 puis permutation dans le produit mixte.

Voir le corrigé complet

L'énergie d'anisotropie est donnée par l'équation (6) :

E_{\mathrm{ani}}(\boldsymbol{M}) = -K_{\mathrm{a}} \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, [\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \cdot \boldsymbol{M}]^2.

Considérons une variation infinitésimale de l'aimantation \boldsymbol{M} \to \boldsymbol{M} + \delta \boldsymbol{M}. Au premier ordre en \delta \boldsymbol{M}, le terme quadratique dans l'intégrale s'écrit :

\begin{aligned} [\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \cdot (\boldsymbol{M} + \delta \boldsymbol{M})]^2 &= (\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \cdot \boldsymbol{M} + \boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \cdot \delta \boldsymbol{M})^2 \\ &= (\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \cdot \boldsymbol{M})^2 + 2 (\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \cdot \boldsymbol{M})(\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \cdot \delta \boldsymbol{M}) + o(\|\delta \boldsymbol{M}\|). \end{aligned}

La variation au premier ordre de l'énergie d'anisotropie est donc :

\delta E_{\mathrm{ani}}(\boldsymbol{M}) = -2 K_{\mathrm{a}} \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, (\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \cdot \boldsymbol{M})(\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \cdot \delta \boldsymbol{M}).

D'après la question Q14, la contrainte de norme constante \|\boldsymbol{M}\| = M_{\mathrm{s}} permet d'écrire \delta \boldsymbol{M} = \boldsymbol{M} \wedge \delta \boldsymbol{\mu}. En utilisant l'identité du produit mixte rappelée dans le formulaire, (\boldsymbol{a} \wedge \boldsymbol{b}) \cdot \boldsymbol{c} = \boldsymbol{a} \cdot (\boldsymbol{b} \wedge \boldsymbol{c}), on a :

\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \cdot \delta \boldsymbol{M} = \boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \cdot (\boldsymbol{M} \wedge \delta \boldsymbol{\mu}) = (\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \wedge \boldsymbol{M}) \cdot \delta \boldsymbol{\mu}.

En reportant cette relation dans l'intégrale, on obtient directement :

\boxed{\delta E_{\mathrm{ani}}(\boldsymbol{M}) = -2 K_{\mathrm{a}} \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, (\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \cdot \boldsymbol{M})(\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \wedge \boldsymbol{M}) \cdot \delta \boldsymbol{\mu}}

Résultat

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Question 17

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : théorème de green-ostrogradski, calcul variationnel

Montrer que

Voir l'indice

Varier l'expression de E_{\mathrm{ech}} sous la forme (4), utiliser l'intégration par parties du formulaire pour transférer le laplacien sur les composantes de \delta\boldsymbol{M}, puis faire apparaître \delta\boldsymbol{\mu}.

Voir la stratégie
  1. Partir de la forme (5) de l'énergie d'échange et faire varier chaque composante au premier ordre en \delta M_k.
  2. Appliquer l'identité d'intégration par parties du formulaire à chaque composante pour faire apparaître le laplacien en volume et la dérivée normale en surface.
  3. Rassembler les composantes sous forme vectorielle, puis injecter la variation transverse \delta \boldsymbol{M} = \boldsymbol{M} \wedge \delta \boldsymbol{\mu} en utilisant la propriété du produit mixte.
Voir la réponse courte

Intégration par parties à l'aide de Green-Ostrogradski pour isoler le terme volumique et le terme surfacique.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (5) établie à la question Q6, l'énergie d'échange s'écrit :

E_{\mathrm{ech}}(\boldsymbol{M}) = A_{\mathrm{ech}} \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \sum_{k \in \{x,y,z\}} (\boldsymbol{\nabla} M_k)^2.

Effectuons une variation infinitésimale de l'aimantation \boldsymbol{M} \to \boldsymbol{M} + \delta \boldsymbol{M}. Au premier ordre en \delta \boldsymbol{M}, la variation de chaque terme quadratique s'écrit :

\delta\left[(\boldsymbol{\nabla} M_k)^2\right] = (\boldsymbol{\nabla}(M_k + \delta M_k))^2 - (\boldsymbol{\nabla} M_k)^2 = 2 \boldsymbol{\nabla} M_k \cdot \boldsymbol{\nabla}(\delta M_k) + \mathcal{O}(\|\delta \boldsymbol{M}\|^2).

La variation au premier ordre de l'énergie d'échange est donc :

\delta E_{\mathrm{ech}}(\boldsymbol{M}) = 2 A_{\mathrm{ech}} \sum_{k \in \{x,y,z\}} \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, \boldsymbol{\nabla} M_k \cdot \boldsymbol{\nabla}(\delta M_k).

Utilisons l'identité d'intégration par parties fournie dans les rappels mathématiques :

\int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, \boldsymbol{F} \cdot \boldsymbol{\nabla} G = \int_{\mathcal{S}} \mathrm{d}^2\boldsymbol{S} \cdot \boldsymbol{F} \, G - \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, (\boldsymbol{\nabla} \cdot \boldsymbol{F}) \, G,

avec \boldsymbol{F} = \boldsymbol{\nabla} M_k, G = \delta M_k, et \mathrm{d}^2\boldsymbol{S} = \mathrm{d}^2x \, \boldsymbol{n}. Il vient :

\begin{aligned} \boldsymbol{\nabla} \cdot \boldsymbol{F} &= \boldsymbol{\nabla} \cdot (\boldsymbol{\nabla} M_k) = \nabla^2 M_k, \\ \mathrm{d}^2\boldsymbol{S} \cdot \boldsymbol{F} &= \mathrm{d}^2x \, (\boldsymbol{n} \cdot \boldsymbol{\nabla} M_k). \end{aligned}

L'intégrale se réécrit donc :

\int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, \boldsymbol{\nabla} M_k \cdot \boldsymbol{\nabla}(\delta M_k) = \int_{\mathcal{S}} \mathrm{d}^2x \, (\boldsymbol{n} \cdot \boldsymbol{\nabla} M_k) \, \delta M_k - \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, (\nabla^2 M_k) \, \delta M_k.

En sommant sur k \in \{x,y,z\}, on reconnaît les produits scalaires vectoriels :

\begin{aligned} \sum_{k \in \{x,y,z\}} (\boldsymbol{n} \cdot \boldsymbol{\nabla} M_k) \, \delta M_k &= [(\boldsymbol{n} \cdot \boldsymbol{\nabla})\boldsymbol{M}] \cdot \delta \boldsymbol{M}, \\ \sum_{k \in \{x,y,z\}} (\nabla^2 M_k) \, \delta M_k &= (\nabla^2 \boldsymbol{M}) \cdot \delta \boldsymbol{M}. \end{aligned}

On obtient ainsi :

\delta E_{\mathrm{ech}}(\boldsymbol{M}) = 2 A_{\mathrm{ech}} \left\{ \int_{\mathcal{S}} \mathrm{d}^2x \, [(\boldsymbol{n} \cdot \boldsymbol{\nabla})\boldsymbol{M}] \cdot \delta \boldsymbol{M} - \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, (\nabla^2 \boldsymbol{M}) \cdot \delta \boldsymbol{M} \right\}.

En injectant l'expression de la variation transverse \delta \boldsymbol{M} = \boldsymbol{M} \wedge \delta \boldsymbol{\mu} et en utilisant l'identité du produit mixte rappelée dans l'énoncé, (\boldsymbol{a} \wedge \boldsymbol{b}) \cdot \boldsymbol{c} = \boldsymbol{a} \cdot (\boldsymbol{b} \wedge \boldsymbol{c}) :

\begin{aligned} [(\boldsymbol{n} \cdot \boldsymbol{\nabla})\boldsymbol{M}] \cdot \delta \boldsymbol{M} &= [(\boldsymbol{n} \cdot \boldsymbol{\nabla})\boldsymbol{M}] \cdot (\boldsymbol{M} \wedge \delta \boldsymbol{\mu}) = [(\boldsymbol{n} \cdot \boldsymbol{\nabla})\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{M}] \cdot \delta \boldsymbol{\mu}, \\ (\nabla^2 \boldsymbol{M}) \cdot \delta \boldsymbol{M} &= (\nabla^2 \boldsymbol{M}) \cdot (\boldsymbol{M} \wedge \delta \boldsymbol{\mu}) = (\nabla^2 \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{M}) \cdot \delta \boldsymbol{\mu}. \end{aligned}

On en déduit finalement l'expression demandée :

\boxed{\delta E_{\mathrm{ech}}(\boldsymbol{M}) = 2 A_{\mathrm{ech}} \left\{ \int_{\mathcal{S}} \mathrm{d}^2x \, [(\boldsymbol{n} \cdot \boldsymbol{\nabla}) \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{M}] \cdot \delta \boldsymbol{\mu} - \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, [\nabla^2 \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{M}] \cdot \delta \boldsymbol{\mu} \right\}}

Résultat

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : champ démagnétisant, calcul variationnel

Montrer que pour un échantillon magnétique ellipsoïdal

Voir l'indice

Calculer la variation de la forme quadratique (11) en exploitant la symétrie du tenseur de démagnétisation diagonal.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variation au premier ordre du produit scalaire \boldsymbol{M} \cdot \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} à partir de la relation tensorielle diagonale (symétrique) reliant \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} à \boldsymbol{M} pour un ellipsoïde.
  2. Injecter l'expression de la variation transverse \delta \boldsymbol{M} = \boldsymbol{M} \wedge \delta \boldsymbol{\mu} et réordonner le produit mixte à l'aide de l'identité du formulaire.
Voir la réponse courte

Linéarité de \boldsymbol{H}_m en \boldsymbol{M} pour un ellipsoïde et réécriture de la variation sous forme de produit mixte.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (10) établie à la question Q11, l'énergie de démagnétisation s'écrit :

E_{\mathrm{dem}} = -\frac{1}{2} \mu_0 \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, \boldsymbol{M} \cdot \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}}.

Pour un échantillon ellipsoïdal dont les axes principaux coïncident avec (O, \boldsymbol{u}_x, \boldsymbol{u}_y, \boldsymbol{u}_z), le champ démagnétisant est donné par l'équation (11) :

\boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} = -N_x M_x \boldsymbol{u}_x - N_y M_y \boldsymbol{u}_y - N_z M_z \boldsymbol{u}_z.

Le terme d'interaction s'écrit donc localement :

\boldsymbol{M} \cdot \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} = - \left( N_x M_x^2 + N_y M_y^2 + N_z M_z^2 \right).

Sous une variation infinitésimale \boldsymbol{M} \to \boldsymbol{M} + \delta \boldsymbol{M}, la variation au premier ordre de ce produit scalaire vaut :

\begin{aligned} \delta(\boldsymbol{M} \cdot \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}}) &= -2 \left( N_x M_x \delta M_x + N_y M_y \delta M_y + N_z M_z \delta M_z \right) \\ &= 2 \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} \cdot \delta \boldsymbol{M}. \end{aligned}

On en déduit la variation de l'énergie de démagnétisation :

\delta E_{\mathrm{dem}}(\boldsymbol{M}) = -\frac{1}{2} \mu_0 \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, 2 \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} \cdot \delta \boldsymbol{M} = -\mu_0 \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} \cdot \delta \boldsymbol{M}.

En utilisant la paramétrisation transverse \delta \boldsymbol{M} = \boldsymbol{M} \wedge \delta \boldsymbol{\mu} introduite à la question Q14, l'intégrand devient :

\boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} \cdot \delta \boldsymbol{M} = \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} \cdot (\boldsymbol{M} \wedge \delta \boldsymbol{\mu}).

D'après l'identité vectorielle du formulaire (\boldsymbol{a} \wedge \boldsymbol{b}) \cdot \boldsymbol{c} = \boldsymbol{a} \cdot (\boldsymbol{b} \wedge \boldsymbol{c}) avec \boldsymbol{a} = \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}}, \boldsymbol{b} = \boldsymbol{M} et \boldsymbol{c} = \delta \boldsymbol{\mu}, on a :

\boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} \cdot (\boldsymbol{M} \wedge \delta \boldsymbol{\mu}) = (\boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} \wedge \boldsymbol{M}) \cdot \delta \boldsymbol{\mu}.

On obtient finalement l'expression demandée :

\boxed{\delta E_{\mathrm{dem}}(\boldsymbol{M}) = -\mu_0 \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, (\boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} \wedge \boldsymbol{M}) \cdot \delta \boldsymbol{\mu}}

Résultat

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : champ effectif, équilibre micromagnétique

Montrer que peut s'écrire sous la forme

et donner l'expression du champ magnétique effectif .

Voir l'indice

Rassembler toutes les contributions volumiques en facteur commun de \delta\boldsymbol{\mu} pour identifier le terme effectif \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} \wedge \boldsymbol{M}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variation totale \delta E_{\mathrm{tot}}(\boldsymbol{M}) comme la somme des variations des quatre contributions énergétiques : échange, anisotropie, démagnétisation et Zeeman.
  2. Rassembler les intégrales de volume issues des questions Q15 à Q18 en factorisant par le produit vectoriel avec \boldsymbol{M} et le produit scalaire avec \delta \boldsymbol{\mu}.
  3. Identifier par identification de la forme demandée l'expression du champ effectif \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}.
Voir la réponse courte

Somme des contributions énergétiques et identification du champ magnétique effectif \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}.

Voir le corrigé complet

L'énergie totale s'écrit d'après l'équation (1) de l'énoncé :

E_{\mathrm{tot}} = E_{\mathrm{ech}} + E_{\mathrm{ani}} + E_{\mathrm{dem}} + E_{\mathrm{ext}}

Par linéarité de l'opérateur de variation différentielle au premier ordre :

\delta E_{\mathrm{tot}}(\boldsymbol{M}) = \delta E_{\mathrm{ech}}(\boldsymbol{M}) + \delta E_{\mathrm{ani}}(\boldsymbol{M}) + \delta E_{\mathrm{dem}}(\boldsymbol{M}) + \delta E_{\mathrm{ext}}(\boldsymbol{M})

En rappelant les résultats établis aux questions précédentes :

  • d'après la question Q15 : \delta E_{\mathrm{ext}}(\boldsymbol{M}) = -\displaystyle\int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, (\boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}} \wedge \boldsymbol{M}) \cdot \delta \boldsymbol{\mu} ;
  • d'après la question Q16 :

    \delta E_{\mathrm{ani}}(\boldsymbol{M}) = -2K_{\mathrm{a}} \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, (\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \cdot \boldsymbol{M})(\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \wedge \boldsymbol{M}) \cdot \delta \boldsymbol{\mu} = -\int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, \left( \left[ 2K_{\mathrm{a}}(\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \cdot \boldsymbol{M})\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \right] \wedge \boldsymbol{M} \right) \cdot \delta \boldsymbol{\mu}
  • d'après la question Q17 :

    \delta E_{\mathrm{ech}}(\boldsymbol{M}) = -\int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, \left( [2A_{\mathrm{ech}}\nabla^2\boldsymbol{M}] \wedge \boldsymbol{M} \right) \cdot \delta \boldsymbol{\mu} + 2A_{\mathrm{ech}} \int_{\mathcal{S}} \mathrm{d}^2x \, [(\boldsymbol{n} \cdot \boldsymbol{\nabla})\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{M}] \cdot \delta \boldsymbol{\mu}
  • d'après la question Q18 : \delta E_{\mathrm{dem}}(\boldsymbol{M}) = -\displaystyle\int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, (\mu_0\boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} \wedge \boldsymbol{M}) \cdot \delta \boldsymbol{\mu}.

En sommant ces quatre termes, les quatre intégrales volumiques se regroupent sous la forme :

\delta E_{\mathrm{tot}}(\boldsymbol{M}) = -\int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, (\boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} \wedge \boldsymbol{M}) \cdot \delta \boldsymbol{\mu} + 2A_{\mathrm{ech}} \int_{\mathcal{S}} \mathrm{d}^2x \, [(\boldsymbol{n} \cdot \boldsymbol{\nabla})\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{M}] \cdot \delta \boldsymbol{\mu}

avec le champ magnétique effectif :

\boxed{\boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} = \boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}} + \mu_0 \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} + 2 K_{\mathrm{a}} (\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} \cdot \boldsymbol{M})\boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} + 2 A_{\mathrm{ech}} \nabla^2 \boldsymbol{M}}

Résultat

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de brown, condition d'équilibre

Justifier que les états d'équilibre sont ainsi donnés par les équations suivantes, dites équations de Brown,

Voir l'indice

Invoquer l'arbitraire complet du champ de rotation infinitésimale \delta\boldsymbol{\mu}(\boldsymbol{x}) dans le volume et sur la frontière.

Voir la stratégie
  1. Partir de la condition d'équilibre variationnel \delta E_{\mathrm{tot}}(\boldsymbol{M}_0) = 0, valable pour tout champ de rotation infinitésimale arbitraire \delta\boldsymbol{\mu}(\boldsymbol{x}).
  2. Exploiter l'arbitraire et l'indépendance de \delta\boldsymbol{\mu}(\boldsymbol{x}) à l'intérieur du volume \mathcal{V} et sur la surface frontière \mathcal{S} pour annuler séparément les deux contributions intégrales (lemme fondamental du calcul des variations).
Voir la réponse courte

Annulation de la variation \delta E_{\mathrm{tot}} pour toute perturbation arbitraire \delta\boldsymbol{\mu} en volume et en surface.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (18) établie à la question précédente, la variation au premier ordre de l'énergie totale s'écrit, pour une configuration d'équilibre \boldsymbol{M}_0 :

\delta E_{\mathrm{tot}}(\boldsymbol{M}_0) = - \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, (\boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} \wedge \boldsymbol{M}_0) \cdot \delta \boldsymbol{\mu} + 2 A_{\mathrm{ech}} \int_{\mathcal{S}} \mathrm{d}^2x \, [(\boldsymbol{n} \cdot \boldsymbol{\nabla})\boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{M}_0] \cdot \delta \boldsymbol{\mu} = 0.

Cette égalité doit être satisfaite pour tout champ de vecteurs infinitésimaux \delta\boldsymbol{\mu}(\boldsymbol{x}) défini sur \mathcal{V} \cup \mathcal{S}.

  1. Équation en volume : On peut en particulier choisir une variation \delta\boldsymbol{\mu}(\boldsymbol{x}) à support compact inclus dans l'intérieur ouvert de \mathcal{V}, de sorte que \delta\boldsymbol{\mu} = \boldsymbol{0} sur \mathcal{S}. L'intégrale de surface s'annule, ce qui impose :

    \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, (\boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} \wedge \boldsymbol{M}_0) \cdot \delta \boldsymbol{\mu} = 0.

    Cette relation devant être vérifiée pour tout \delta\boldsymbol{\mu} arbitraire dans \mathcal{V}, le lemme fondamental du calcul des variations impose l'annulation locale du terme sous l'intégrale :

    \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} \wedge \boldsymbol{M}_0 = \boldsymbol{0} \iff \boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} = \boldsymbol{0} \quad \text{pour tout } \boldsymbol{x} \in \mathcal{V}.
  2. Condition aux limites en surface : L'équation en volume étant satisfaite en tout point de \mathcal{V}, le terme d'intégrale de volume est identiquement nul quelle que soit l'extension de \delta\boldsymbol{\mu} à la surface. La condition d'équilibre se réduit donc à :

    2 A_{\mathrm{ech}} \int_{\mathcal{S}} \mathrm{d}^2x \, [(\boldsymbol{n} \cdot \boldsymbol{\nabla})\boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{M}_0] \cdot \delta \boldsymbol{\mu} = 0.

    Puisque cette égalité est vraie pour toute variation \delta\boldsymbol{\mu} arbitraire sur la frontière \mathcal{S} et que A_{\mathrm{ech}} \neq 0, le terme sous l'intégrale de surface est lui aussi identiquement nul :

    (\boldsymbol{n} \cdot \boldsymbol{\nabla})\boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{M}_0 = \boldsymbol{0} \quad \text{pour tout } \boldsymbol{x} \in \mathcal{S}.

Les états d'équilibre vérifient donc bien le système d'équations de Brown :

\boxed{\begin{aligned} \boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} &= \boldsymbol{0} \quad \text{pour tout } \boldsymbol{x} \in \mathcal{V}, \\ (\boldsymbol{n} \cdot \boldsymbol{\nabla})\boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{M}_0 &= \boldsymbol{0} \quad \text{pour tout } \boldsymbol{x} \in \mathcal{S}. \end{aligned}}

Résultat

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1.3 · Paroi de domaine magnétique

Question 21

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : équation de maxwell, conservation du flux

En admettant que la solution (11), , est encore valable dans cette géométrie (et ), utiliser une équation de Maxwell pour montrer que l'angle entre et est une constante que l'on précisera.

Voir l'indice

Utiliser \boldsymbol{\nabla} \cdot \boldsymbol{B} = 0 pour une solution ne dépendant que de z afin de déterminer la composante normale B_z, puis en déduire la composante M_{0z}.

Voir la stratégie
  1. Exploiter l'invariance spatiale de la solution \boldsymbol{M}_0(z) avec l'équation de Maxwell-Thomson \boldsymbol{\nabla} \cdot \boldsymbol{B} = 0 pour obtenir une condition sur la composante normale B_z.
  2. Fixer la constante d'intégration à l'aide des conditions aux limites à l'infini (z \to \pm \infty).
  3. Relier B_z à M_{0z} pour en déduire la valeur de l'angle polaire \theta.
Voir la réponse courte

\boldsymbol{\nabla}\cdot\boldsymbol{B} = 0 avec une géométrie 1D impose B_z = \mathrm{cste}, aboutissant à \theta = \pi/2.

Voir le corrigé complet

Le champ magnétique total est donné par \boldsymbol{B} = \mu_0(\boldsymbol{M}_0 + \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}}). D'après la relation (11) admise dans cette géométrie, sa composante selon \boldsymbol{u}_z s'écrit :

B_z = \mu_0 (M_{0z} + H_{\mathrm{m}z}) = \mu_0 (1 - N_z) M_{0z}.

L'aimantation \boldsymbol{M}_0 étant invariante par translation selon x et y, toutes les grandeurs ne dépendent que de la coordonnée z. L'équation de Maxwell-Thomson (conservation du flux magnétique) s'écrit :

\boldsymbol{\nabla} \cdot \boldsymbol{B} = \frac{\partial B_x}{\partial x} + \frac{\partial B_y}{\partial y} + \frac{\partial B_z}{\partial z} = \frac{\mathrm{d} B_z}{\mathrm{d} z} = 0,

ce qui implique que la composante B_z est spatialement uniforme :

B_z(z) = \text{constante}.

Les conditions aux limites aux bords des domaines semi-infinis imposent :

\lim_{z \to -\infty} \boldsymbol{M}_0(z) = M_{\mathrm{s}}\boldsymbol{u}_x \quad \text{et} \quad \lim_{z \to +\infty} \boldsymbol{M}_0(z) = -M_{\mathrm{s}}\boldsymbol{u}_x.

En projetant sur \boldsymbol{u}_z, on a \lim_{z \to \pm \infty} M_{0z}(z) = 0, d'où \lim_{z \to \pm \infty} B_z(z) = 0. La constante étant nulle, il vient :

\forall z \in \mathbb{R}, \quad B_z(z) = 0.

Comme N_z < 1, le facteur (1 - N_z) n'est pas nul, ce qui impose :

M_{0z}(z) = 0 \quad \text{pour tout } z.

D'après le repérage en coordonnées sphériques (Figure 2), la projection de \boldsymbol{M}_0 sur l'axe \boldsymbol{u}_z vaut :

M_{0z} = \boldsymbol{M}_0 \cdot \boldsymbol{u}_z = M_{\mathrm{s}} \cos\theta.

Comme M_{\mathrm{s}} > 0 et \theta \in [0, \pi], l'annulation de M_{0z} entraîne :

\cos\theta = 0 \iff \theta = \frac{\pi}{2}.

L'angle \theta est donc constant et vaut :

\boxed{\theta = \frac{\pi}{2}}

Résultat

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé

Notions : coordonnée sphérique, champ effectif

En utilisant la valeur de obtenue à la Question 21, refaire le schéma de la Fig. 2 en projection dans le plan . Exprimer et , les composantes de dans le repère sphérique local, en termes de et de sa dérivée seconde.

Voir l'indice

Projeter l'opérateur Laplacien unidirectionnel \mathrm{d}^2/\mathrm{d}z^2 et le terme d'anisotropie selon les vecteurs de base locaux (\boldsymbol{u}_\theta, \boldsymbol{u}_\varphi).

Voir la stratégie
  1. Représenter le repère sphérique local (\boldsymbol{u}_r, \boldsymbol{u}_\theta, \boldsymbol{u}_\varphi) en projection dans le plan équatorial (x, y) correspondant à \theta = \pi/2, en précisant l'orientation de chaque vecteur de base.
  2. Rappeler l'expression de \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} établie à la question Q19 avec les simplifications adoptées (\boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}} = \boldsymbol{0}, \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} = \boldsymbol{0} et \boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} = \boldsymbol{u}_x).
  3. Calculer le terme d'anisotropie et le terme d'échange en projetant sur les vecteurs de la base sphérique locale afin d'identifier B_{\mathrm{eff}\,\theta} et B_{\mathrm{eff}\,\varphi}.
Voir la réponse courte

Projection de \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} sur la base sphérique (\boldsymbol{u}_r, \boldsymbol{u}_\theta, \boldsymbol{u}_\varphi) avec \theta = \pi/2.

Voir le corrigé complet

Pour \theta = \pi/2, l'aimantation \boldsymbol{M}_0(z) est confinée dans le plan (x, y) :

\boldsymbol{M}_0(z) = M_{\mathrm{s}} \boldsymbol{u}_r = M_{\mathrm{s}} \left( \cos\varphi(z)\,\boldsymbol{u}_x + \sin\varphi(z)\,\boldsymbol{u}_y \right).

Les vecteurs du repère sphérique local s'écrivent :

\begin{aligned} \boldsymbol{u}_r &= \cos\varphi\,\boldsymbol{u}_x + \sin\varphi\,\boldsymbol{u}_y, \\ \boldsymbol{u}_\theta &= -\boldsymbol{u}_z, \\ \boldsymbol{u}_\varphi &= -\sin\varphi\,\boldsymbol{u}_x + \cos\varphi\,\boldsymbol{u}_y. \end{aligned}

Le vecteur \boldsymbol{u}_\theta est orthogonal au plan (x, y) et dirigé selon -\boldsymbol{u}_z.

D'après la question Q19, avec \boldsymbol{B}_{\mathrm{ext}} = \boldsymbol{0}, \boldsymbol{H}_{\mathrm{m}} = \boldsymbol{0} et \boldsymbol{u}_{\mathrm{a}} = \boldsymbol{u}_x, le champ effectif se réduit à :

\boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} = 2 K_{\mathrm{a}} (\boldsymbol{u}_x \cdot \boldsymbol{M}_0)\boldsymbol{u}_x + 2 A_{\mathrm{ech}} \nabla^2 \boldsymbol{M}_0.
  1. Contribution de l'anisotropie : Puisque \boldsymbol{u}_x \cdot \boldsymbol{M}_0 = M_{\mathrm{s}}\cos\varphi et \boldsymbol{u}_x = \cos\varphi\,\boldsymbol{u}_r - \sin\varphi\,\boldsymbol{u}_\varphi, on a :

    \boldsymbol{B}_{\mathrm{ani}} = 2 K_{\mathrm{a}} M_{\mathrm{s}}\cos\varphi \left(\cos\varphi\,\boldsymbol{u}_r - \sin\varphi\,\boldsymbol{u}_\varphi\right).
  2. Contribution de l'échange : L'aimantation ne dépendant que de z, le laplacien vectoriel se réduit à la dérivée seconde par rapport à z :

    \begin{aligned} \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}_0}{\mathrm{d}z} &= M_{\mathrm{s}} \frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}z}\left(-\sin\varphi\,\boldsymbol{u}_x + \cos\varphi\,\boldsymbol{u}_y\right) = M_{\mathrm{s}}\frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}z}\,\boldsymbol{u}_\varphi, \\ \frac{\mathrm{d}^2\boldsymbol{M}_0}{\mathrm{d}z^2} &= M_{\mathrm{s}}\frac{\mathrm{d}^2\varphi}{\mathrm{d}z^2}\,\boldsymbol{u}_\varphi + M_{\mathrm{s}}\frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}z}\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{u}_\varphi}{\mathrm{d}z} = M_{\mathrm{s}}\frac{\mathrm{d}^2\varphi}{\mathrm{d}z^2}\,\boldsymbol{u}_\varphi - M_{\mathrm{s}}\left(\frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}z}\right)^2\boldsymbol{u}_r. \end{aligned}

    D'où :

    \boldsymbol{B}_{\mathrm{ech}} = 2 A_{\mathrm{ech}} M_{\mathrm{s}}\left[ -\left(\frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}z}\right)^2\boldsymbol{u}_r + \frac{\mathrm{d}^2\varphi}{\mathrm{d}z^2}\,\boldsymbol{u}_\varphi \right].

Le champ effectif total n'a aucune composante selon \boldsymbol{u}_z (donc selon \boldsymbol{u}_\theta). On obtient donc :

\boxed{B_{\mathrm{eff}\,\theta} = 0}
\boxed{B_{\mathrm{eff}\,\varphi} = 2 A_{\mathrm{ech}} M_{\mathrm{s}}\frac{\mathrm{d}^2\varphi(z)}{\mathrm{d}z^2} - 2 K_{\mathrm{a}} M_{\mathrm{s}}\cos\varphi(z)\sin\varphi(z)}

Résultat

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : paroi de domaine, équation différentielle

Réécrire la première équation de Brown (19) dans le repère sphérique local, et montrer que l'angle obéit à l'équation

où l'on donnera l'expression de .

Voir l'indice

Calculer le produit vectoriel \boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} = M_{\mathrm{s}}\boldsymbol{u}_r \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} et annuler sa composante non triviale.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le produit vectoriel \boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} dans la base sphérique locale (\boldsymbol{u}_r, \boldsymbol{u}_\theta, \boldsymbol{u}_\varphi) pour obtenir les conditions d'équilibre scalaire.
  2. Exploiter les composantes de \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} établies à la question Q22 pour projeter la première équation de Brown.
  3. Identifier la dérivée de l'énergie d'anisotropie volumique réduite \epsilon_{\mathrm{ani}}(\varphi) pour mettre l'équation sous la forme demandée.
Voir la réponse courte

Projection de la première équation de Brown selon \boldsymbol{u}_\theta pour obtenir l'équation régissant \varphi(z).

Voir le corrigé complet

Dans la base sphérique locale (\boldsymbol{u}_r, \boldsymbol{u}_\theta, \boldsymbol{u}_\varphi), l'aimantation s'écrit \boldsymbol{M}_0 = M_{\mathrm{s}}\boldsymbol{u}_r. Le champ effectif se décompose sous la forme :

\boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} = B_{\mathrm{eff}, r}\,\boldsymbol{u}_r + B_{\mathrm{eff}, \theta}\,\boldsymbol{u}_\theta + B_{\mathrm{eff}, \varphi}\,\boldsymbol{u}_\varphi.

Le produit vectoriel régissant la première équation de Brown (19) vaut donc :

\boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} = M_{\mathrm{s}}\boldsymbol{u}_r \wedge \left( B_{\mathrm{eff}, r}\,\boldsymbol{u}_r + B_{\mathrm{eff}, \theta}\,\boldsymbol{u}_\theta + B_{\mathrm{eff}, \varphi}\,\boldsymbol{u}_\varphi \right) = M_{\mathrm{s}} B_{\mathrm{eff}, \theta}\,\boldsymbol{u}_\varphi - M_{\mathrm{s}} B_{\mathrm{eff}, \varphi}\,\boldsymbol{u}_\theta.

L'équation d'équilibre \boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} = \boldsymbol{0} équivaut donc au système :

\begin{aligned} B_{\mathrm{eff}, \theta} &= 0, \\ B_{\mathrm{eff}, \varphi} &= 0. \end{aligned}

D'après la question Q22, la première condition B_{\mathrm{eff}, \theta} = 0 est identiquement satisfaite. La seconde condition B_{\mathrm{eff}, \varphi} = 0 s'écrit, en reprenant l'expression trouvée en Q22 :

2 A_{\mathrm{ech}} M_{\mathrm{s}} \frac{\mathrm{d}^2\varphi}{\mathrm{d}z^2} - 2 K_{\mathrm{a}} M_{\mathrm{s}} \cos\varphi \sin\varphi = 0.

Comme M_{\mathrm{s}} \neq 0, on simplifie par M_{\mathrm{s}} :

2 A_{\mathrm{ech}} \frac{\mathrm{d}^2\varphi(z)}{\mathrm{d}z^2} - 2 K_{\mathrm{a}} \cos\varphi \sin\varphi = 0.

On remarque que 2 \cos\varphi \sin\varphi = \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}\varphi}(\sin^2\varphi) = -\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}\varphi}(\cos^2\varphi). L'équation d'équilibre prend alors exactement la forme :

2 A_{\mathrm{ech}} \frac{\mathrm{d}^2\varphi(z)}{\mathrm{d}z^2} - \frac{\mathrm{d}\epsilon_{\mathrm{ani}}(\varphi)}{\mathrm{d}\varphi} = 0,

avec

\boxed{\epsilon_{\mathrm{ani}}(\varphi) = K_{\mathrm{a}} \sin^2\varphi \quad \text{(ou $-K_{\mathrm{a}} \cos^2\varphi$ à une constante additive près)}.}

Résultat

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Question 24

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : paroi de bloch, intégrale première

En ramenant au préalable l'équation précédente à une équation différentielle du premier ordre, calculer explicitement . On rappelle la primitive pour et on pourra prendre à . Identifier la longueur typique qui sépare les deux domaines magnétiques. Évaluer numériquement .

Voir l'indice

Multiplier l'équation non linéaire par \mathrm{d}\varphi/\mathrm{d}z pour obtenir une intégrale première d'énergie, puis séparer les variables en utilisant la primitive fournie.

Voir la stratégie
  1. Multiplier l'équation différentielle du second ordre par \frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}z} pour obtenir une intégrale première (analogue à la conservation de l'énergie mécanique).
  2. Déterminer la constante d'intégration grâce aux conditions aux limites à l'infini, puis séparer les variables pour intégrer et obtenir \varphi(z).
  3. Identifier l'épaisseur caractéristique \lambda_{\mathrm{B}} et réaliser l'application numérique avec un chiffre significatif conformément aux consignes.
Voir la réponse courte

Multiplication par \varphi' pour intégrer l'équation de type pendule, calcul de \varphi(z) et de \lambda_{\mathrm{B}} = \sqrt{A_{\mathrm{ech}}/K_{\mathrm{a}}}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q23, l'angle \varphi(z) vérifie :

2A_{\mathrm{ech}} \frac{\mathrm{d}^{2}\varphi}{\mathrm{d}z^{2}} - \frac{\mathrm{d}\epsilon_{\mathrm{ani}}(\varphi)}{\mathrm{d}\varphi} = 0

avec \epsilon_{\mathrm{ani}}(\varphi) = K_{\mathrm{a}}\sin^{2}\varphi.

En multipliant cette équation par \frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}z}, on reconnaît une dérivée totale :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}z} \left[ A_{\mathrm{ech}} \left(\frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}z}\right)^{2} - \epsilon_{\mathrm{ani}}(\varphi) \right] = 0

soit l'équation différentielle du premier ordre :

A_{\mathrm{ech}} \left(\frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}z}\right)^{2} - K_{\mathrm{a}}\sin^{2}\varphi = \text{constante}

Loin de la paroi (z \to -\infty), l'aimantation est uniforme selon \boldsymbol{u}_{x} : \lim_{z\to -\infty}\boldsymbol{M}_{0} = M_{\mathrm{s}}\boldsymbol{u}_{x}, d'où \varphi \to 0 et \frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}z} \to 0. Comme \sin(0) = 0, la constante d'intégration est nulle :

\left(\frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}z}\right)^{2} = \frac{K_{\mathrm{a}}}{A_{\mathrm{ech}}} \sin^{2}\varphi

Puisque \varphi(z) croît continûment de 0 à \pi pour z variant de -\infty à +\infty, on a \sin\varphi \ge 0 et \frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}z} \ge 0. En introduisant la longueur typique :

\lambda_{\mathrm{B}} = \sqrt{\frac{A_{\mathrm{ech}}}{K_{\mathrm{a}}}}

l'équation se réduit à :

\frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}z} = \frac{1}{\lambda_{\mathrm{B}}} \sin\varphi

Par séparation des variables :

\frac{\mathrm{d}\varphi}{\sin\varphi} = \frac{\mathrm{d}z}{\lambda_{\mathrm{B}}}

En intégrant à l'aide de la primitive fournie :

\ln\left( \tan\frac{\varphi(z)}{2} \right) = \frac{z}{\lambda_{\mathrm{B}}} + C

La condition \varphi(0) = \frac{\pi}{2} impose \ln\left(\tan\frac{\pi}{4}\right) = \ln(1) = 0 = C, d'où :

\tan\frac{\varphi(z)}{2} = \exp\left(\frac{z}{\lambda_{\mathrm{B}}}\right)

soit l'expression explicite du profil de la paroi de Bloch :

\boxed{\varphi(z) = 2 \arctan\left[ \exp\left(\frac{z}{\lambda_{\mathrm{B}}}\right) \right]}

La longueur typique qui gouverne la largeur de la zone de transition entre les deux domaines magnétiques est :

\boxed{\lambda_{\mathrm{B}} = \sqrt{\frac{A_{\mathrm{ech}}}{K_{\mathrm{a}}}}}

Application numérique :
Comme A_{\mathrm{ech}} = J/a, on a :

\lambda_{\mathrm{B}} = \sqrt{\frac{J M_{\mathrm{s}}^{2}}{a \cdot K_{\mathrm{a}} M_{\mathrm{s}}^{2}}}

Avec les valeurs numériques fournies par l'énoncé :

  • a \approx 5 \times 10^{-10}\text{ m}
  • J M_{\mathrm{s}}^{2} \approx 1 \times 10^{-20}\text{ kg}\cdot\text{m}^{2}\cdot\text{s}^{-2}
  • K_{\mathrm{a}} M_{\mathrm{s}}^{2} \approx 1 \times 10^{6}\text{ kg}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{s}^{-2}

On obtient :

\lambda_{\mathrm{B}} = \sqrt{\frac{1 \times 10^{-20}}{5 \times 10^{-10} \times 1 \times 10^{6}}} = \sqrt{\frac{10^{-20}}{5 \times 10^{-4}}} = \sqrt{2 \times 10^{-17}} = \sqrt{20} \times 10^{-9}\text{ m} \approx 4{,}5 \times 10^{-9}\text{ m}

Avec un chiffre significatif :

\boxed{\lambda_{\mathrm{B}} \approx 4\text{ nm} \quad (\text{ou } 5\text{ nm})}

Résultat

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Partie 2 : Dynamique

2.1 · Précession de Larmor

Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : moment cinétique, analyse dimensionnelle

Donner les unités d'un moment cinétique dans les unités de base du système international (m, kg, s, A, K).

Voir l'indice

Utiliser la définition mécanique \boldsymbol{r} \wedge \boldsymbol{p} pour identifier la dimension en unités fondamentales.

Voir la réponse courte

Le moment cinétique s'exprime en \mathrm{kg\cdot m^2\cdot s^{-1}} ou \mathrm{J\cdot s}.

Voir le corrigé complet

Le moment cinétique d'un point matériel de masse m et de vitesse \boldsymbol{v} par rapport à une origine O est défini par :

\boldsymbol{J} = \boldsymbol{r} \wedge (m\boldsymbol{v})

En termes de dimensions physiques :

[J] = [r]\,[m]\,[v] = \mathrm{L} \cdot \mathrm{M} \cdot (\mathrm{L}\,\mathrm{T}^{-1}) = \mathrm{M}\,\mathrm{L}^2\,\mathrm{T}^{-1}

Dans les unités de base du Système international (\mathrm{m}, \mathrm{kg}, \mathrm{s}, \mathrm{A}, \mathrm{K}), le moment cinétique \boldsymbol{J} s'exprime donc en :

\boxed{\mathrm{kg}\cdot\mathrm{m}^2\cdot\mathrm{s}^{-1}}

Résultat

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Question 26

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : rapport gyromagnétique, modèle de bohr

En négligeant pour un temps le caractère quantique de l'électron, c'est-à-dire son spin, et en considérant un électron de charge et de masse sur une trajectoire circulaire uniforme autour d'un noyau atomique, montrer que son moment magnétique est proportionnel à son moment cinétique orbital, c'est-à-dire . Pour cela, on pourra exprimer tour à tour et en termes du rayon de l'orbite de l'électron et de sa période de révolution , ainsi que des autres données du problème. Donner l'expression du rapport gyromagnétique . Évaluer numériquement .

Voir l'indice

Calculer le courant moyen associé à la boucle I = -e/T, en déduire le moment dipolaire magnétique, et le comparer au moment cinétique classique L = m_{\mathrm{e}} r v.

Voir la stratégie
  1. Modéliser la trajectoire de l'électron par une boucle de courant équivalente pour déterminer son moment dipolaire magnétique orbital \boldsymbol{\mu}.
  2. Exprimer le moment cinétique orbital \boldsymbol{L} de l'électron en fonction de sa masse m_e, du rayon r et de la période de révolution T.
  3. Comparer vectoriellement \boldsymbol{\mu} et \boldsymbol{L} pour identifier le rapport gyromagnétique orbital \gamma_L, puis réaliser l'application numérique avec un chiffre significatif conformément aux consignes.
Voir la réponse courte

Calcul classique de \mu = IS et L = m_e r v, donnant \gamma_L = e/(2m_e) \approx 8{,}79\cdot 10^{10}\,\mathrm{C\cdot kg^{-1}}.

Voir le corrigé complet

Considérons un électron de masse m_e et de charge -e décrivant à vitesse constante v une trajectoire circulaire de rayon r et de période de révolution T = \frac{2\pi r}{v}.

Expression du moment magnétique orbital Le passage régulier de la charge -e à travers une section quelconque de l'orbite équivaut à un courant électrique stationnaire :

I = \frac{q}{T} = -\frac{e}{T}

où l'orientation positive de la boucle est choisie dans le sens de parcours de l'électron, caractérisé par le vecteur normal unitaire \boldsymbol{n}.

L'aire délimitée par la trajectoire étant \mathcal{S} = \pi r^2, le vecteur surface s'écrit \boldsymbol{S} = \pi r^2 \boldsymbol{n}. Le moment magnétique associé à cette spire élémentaire vaut :

\boldsymbol{\mu} = I \boldsymbol{S} = -\frac{e}{T} \pi r^2 \boldsymbol{n} = -\frac{\pi e r^2}{T}\boldsymbol{n}

Expression du moment cinétique orbital En mécanique du point, le moment cinétique orbital par rapport au centre de l'atome s'écrit, compte tenu de l'orthogonalité de \boldsymbol{r} et \boldsymbol{v} :

\boldsymbol{L} = \boldsymbol{r} \wedge (m_e \boldsymbol{v}) = m_e r v \boldsymbol{n} = m_e r \left(\frac{2\pi r}{T}\right)\boldsymbol{n} = \frac{2\pi m_e r^2}{T}\boldsymbol{n}

Relation de proportionnalité et rapport gyromagnétique En comparant les deux expressions vectorielles, on obtient :

\boldsymbol{\mu} = -\frac{\frac{\pi e r^2}{T}}{\frac{2\pi m_e r^2}{T}} \boldsymbol{L} = -\frac{e}{2m_e}\boldsymbol{L}

On a bien la relation demandée \boldsymbol{\mu} = -\gamma_L \boldsymbol{L}, avec :

\boxed{\gamma_L = \frac{e}{2m_e}}

Application numérique Avec les données de l'énoncé :

  • e \approx 1,6 \times 10^{-19}\text{ A}\cdot\text{s} ;
  • m_e \approx 9,1 \times 10^{-31}\text{ kg}.
\gamma_L = \frac{1,6 \times 10^{-19}}{2 \times 9,1 \times 10^{-31}} \approx \frac{1,6}{18,2}\times 10^{12} \approx 0,088 \times 10^{12}\text{ A}\cdot\text{s}\cdot\text{kg}^{-1}

Avec un chiffre significatif :

\boxed{\gamma_L \approx 9 \times 10^{10}\text{ A}\cdot\text{s}\cdot\text{kg}^{-1}} \quad (\text{ou }\text{rad}\cdot\text{s}^{-1}\cdot\text{T}^{-1})

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 27

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : précession de larmor, équation d'évolution

En partant de l'équation de Larmor, donner sans autre forme de justification l'équation d'évolution de l'aimantation dans son champ magnétique effectif .

Voir l'indice

Passer à la limite continue en multipliant l'équation de Larmor microscopique par la densité \rho de moments magnétiques.

Voir la réponse courte

Application du théorème du moment cinétique : \mathrm{d}\boldsymbol{M}/\mathrm{d}t = -\gamma \boldsymbol{M}\wedge\boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}.

Voir le corrigé complet

L'aimantation uniforme du milieu macroscopique est reliée au moment magnétique microscopique par \boldsymbol{M}(t) = \rho \boldsymbol{\mu}(t), où \rho est la densité volumique de moments magnétiques, constante et uniforme. En multipliant l'équation de Larmor (22) par \rho et en remplaçant le champ magnétique \boldsymbol{B} par le champ magnétique effectif \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}, on obtient directement l'équation d'évolution :

\boxed{\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} = -\gamma \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}}

Résultat

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Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : conservation de la norme, produit mixte

Vérifier que cette équation conserve la norme de l'aimantation.

Voir l'indice

Calculer la dérivée temporelle de \|\boldsymbol{M}\|^2 = \boldsymbol{M} \cdot \boldsymbol{M} en utilisant les propriétés d'orthogonalité du produit vectoriel.

Voir la réponse courte

\boldsymbol{M}\cdot(\mathrm{d}\boldsymbol{M}/\mathrm{d}t) = -\gamma \boldsymbol{M}\cdot(\boldsymbol{M}\wedge\boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}) = 0, donc la norme de \boldsymbol{M} est conservée.

Voir le corrigé complet

Pour vérifier la conservation de la norme de l'aimantation \|\boldsymbol{M}(t)\|, dérivons le carré de sa norme par rapport au temps :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} \|\boldsymbol{M}\|^2 = \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} (\boldsymbol{M} \cdot \boldsymbol{M}) = 2 \boldsymbol{M} \cdot \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t}.

En utilisant l'équation d'évolution de Larmor établie à la question précédente :

\begin{aligned} \boldsymbol{M} \cdot \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} &= \boldsymbol{M} \cdot \left( -\gamma \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} \right) \\ &= -\gamma \, \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} \cdot (\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{M}) \\ &= 0, \end{aligned}

puisque le produit vectoriel d'un vecteur avec lui-même est nul (\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{M} = \boldsymbol{0}), ce qui assure que \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} est orthogonal à \boldsymbol{M}.

On en déduit immédiatement :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} \|\boldsymbol{M}\|^2 = 0 \implies \|\boldsymbol{M}(t)\| = \text{cste}.

L'équation de Larmor conserve donc bien la norme de l'aimantation :

\boxed{\|\boldsymbol{M}(t)\| = M_{\mathrm{s}}.}

Résultat

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Question 29

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : équation de brown, état stationnaire

Montrer que les états stationnaires de l'aimantation correspondent aux états d'équilibre solutions de la première équation de Brown (19).

Voir l'indice

Poser la dérivée temporelle nulle et identifier directement la relation avec la première équation de Brown.

Voir la réponse courte

Régime stationnaire \mathrm{d}\boldsymbol{M}/\mathrm{d}t = \boldsymbol{0} \iff \boldsymbol{M}\wedge\boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} = \boldsymbol{0}.

Voir le corrigé complet

Un état de l'aimantation est qualifié de stationnaire si le vecteur aimantation \boldsymbol{M} est indépendant du temps, c'est-à-dire si :

\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} = \boldsymbol{0}.

D'après l'équation de Larmor établie à la question Q27 :

\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} = -\gamma \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}.

Le rapport gyromagnétique étant strictement positif (\gamma > 0), la condition de stationnarité s'écrit de manière équivalente :

-\gamma \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} = \boldsymbol{0} \iff \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} = \boldsymbol{0}.

On retrouve précisément la première équation de Brown (19) régissant les états d'équilibre statique \boldsymbol{M}_0 dans le volume \mathcal{V} de l'échantillon :

\boxed{\boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} = \boldsymbol{0}.}

Les états stationnaires de l'évolution dynamique coïncident donc rigoureusement avec les configurations d'équilibre statique de Brown.

Résultat

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : précession, conservation de l'énergie

Dans le cas simple où le champ magnétique effectif est statique, soit avec , montrer que l'énergie est constante. Pour une condition initiale quelconque, l'équation de Larmor (22) permet-elle de rendre compte de la relaxation de l'aimantation vers un état d'équilibre stable ?

Voir l'indice

Dériver E_{\mathrm{tot}} par rapport au temps en utilisant l'équation de précession pure pour conclure sur l'absence de relaxation.

Voir la stratégie
  1. Dériver l'énergie totale par rapport au temps en utilisant l'hypothèse d'un champ stationnaire \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{B}_0}{\mathrm{d}t} = \boldsymbol{0}.
  2. Injecter l'équation d'évolution de Larmor \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} = -\gamma \boldsymbol{M}\wedge \boldsymbol{B}_0 obtenue à la question Q27 et conclure à l'aide des propriétés du produit mixte.
  3. Analyser l'évolution temporelle de la trajectoire de \boldsymbol{M}(t) pour déterminer si un amortissement vers l'état d'énergie minimale est envisageable sans terme dissipatif.
Voir la réponse courte

La dérivée temporelle de l'énergie est nulle ; le mouvement est purement conservatif sans relaxation vers le minimum.

Voir le corrigé complet

Puisque le champ effectif \boldsymbol{B}_0 est statique (\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{B}_0}{\mathrm{d}t} = \boldsymbol{0}), la dérivée temporelle de l'énergie totale E_{\mathrm{tot}} = -\mathcal{V}\boldsymbol{M}(t)\cdot \boldsymbol{B}_0 s'écrit :

\frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{tot}}}{\mathrm{d}t} = -\mathcal{V} \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} \cdot \boldsymbol{B}_0.

D'après l'équation de Larmor établie à la question Q27, \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} = -\gamma \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_0. On en déduit :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{tot}}}{\mathrm{d}t} &= \gamma \mathcal{V} (\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_0) \cdot \boldsymbol{B}_0. \end{aligned}

Le vecteur \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_0 étant orthogonal à \boldsymbol{B}_0, le produit scalaire (\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_0) \cdot \boldsymbol{B}_0 est identiquement nul :

\frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{tot}}}{\mathrm{d}t} = 0 \implies \boxed{E_{\mathrm{tot}} = \text{cste}.}

L'énergie totale étant conservée, la composante de l'aimantation colinéaire au champ \boldsymbol{M} \cdot \boldsymbol{B}_0 = -E_{\mathrm{tot}}/\mathcal{V} reste strictement constante au cours du temps. L'aimantation précesse indéfiniment autour de l'axe de \boldsymbol{B}_0 à angle constant, sans jamais se rapprocher de la direction du champ.

Par conséquent, pour une condition initiale quelconque où \boldsymbol{M} n'est pas initialement aligné avec \boldsymbol{B}_0, l'équation de Larmor ne permet pas de rendre compte de la relaxation vers l'état d'équilibre stable d'énergie minimale \boldsymbol{M} = M_{\mathrm{s}}\frac{\boldsymbol{B}_0}{\|\boldsymbol{B}_0\|}.

Résultat

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Question 31

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : symétrie temporelle, champ magnétique

Comment se transforme un champ magnétique si l'on renverse la flèche du temps ? (On pourra s'aider du fait qu'un champ magnétique peut être vu comme résultant d'une charge électrique en rotation.)

Voir l'indice

Associer le champ magnétique au courant I ou à la vitesse de charges en orbite pour déterminer son comportement sous inversion du temps.

Voir la stratégie

Pour déterminer le comportement d'une grandeur sous l'opération de renversement du temps t \mapsto -t, on remonte à ses sources microscopiques ou cinématiques :

  1. La position \boldsymbol{x} et la charge électrique q sont invariantes par renversement du temps.
  2. La vitesse \boldsymbol{v} = \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{x}}{\mathrm{d}t} est impaire par rapport au temps : \boldsymbol{v} \mapsto -\boldsymbol{v}.
  3. On en déduit la transformation du courant électrique associé, puis celle du champ magnétique \boldsymbol{B} via la loi de Biot et Savart.
Voir la réponse courte

Les vitesses s'inversent sous t \to -t, donc les courants s'inversent et le champ magnétique change de signe : \boldsymbol{B} \to -\boldsymbol{B}.

Voir le corrigé complet

Considérons une charge électrique q décrivant une trajectoire circulaire de rayon r à la vitesse \boldsymbol{v}.

Par renversement de la flèche du temps (t \mapsto -t), la position de la charge est inchangée mais sa vitesse change de signe :

\boldsymbol{v}(-t) = -\boldsymbol{v}(t).

Le courant électrique I, qui correspond au flux temporel de charges, change donc de signe (I \mapsto -I) puisque la charge parcourt la boucle dans le sens rétrograde.

D'après la loi de Biot et Savart (ou le théorème d'Ampère), le champ magnétique créé par un circuit parcouru par un courant I s'écrit sous la forme :

\boldsymbol{B}(\boldsymbol{x}) = \frac{\mu_0 I}{4\pi} \oint \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{\ell} \wedge (\boldsymbol{x} - \boldsymbol{x}')}{\|\boldsymbol{x} - \boldsymbol{x}'\|^3}.

Comme la géométrie spatiale est inchangée et que le courant I est inversé, le champ magnétique est inversé sous renversement du temps :

\boxed{\boldsymbol{B} \underset{t \mapsto -t}{\longmapsto} -\boldsymbol{B}}

Le champ magnétique \boldsymbol{B} est une grandeur impaire par renversement du temps.

Résultat

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : réversibilité temporelle, équation de larmor

Comment se transforment et par renversement du temps ? Comment se transforme l'équation de Larmor après un renversement du temps ?

Voir l'indice

Déterminer le signe des moments magnétiques sous renversement du temps, puis remplacer t par -t et les champs par leurs transformés dans l'équation de Larmor.

Voir la réponse courte

\boldsymbol{M} est impair sous t \to -t, l'équation de Larmor conserve sa forme : elle est réversible.

Voir le corrigé complet

1. Transformation de \boldsymbol{µ} et de \boldsymbol{M} :

Le moment magnétique orbital d'un électron s'écrit \boldsymbol{\mu} = -\gamma_L \boldsymbol{L} avec \boldsymbol{L} = \boldsymbol{r} \wedge \boldsymbol{p} = m_e \, \boldsymbol{r} \wedge \boldsymbol{v}. Lors de l'opération de renversement du temps t \mapsto -t :

  • la position est invariante : \boldsymbol{r} \mapsto \boldsymbol{r} ;
  • la vitesse change de signe : \boldsymbol{v} \mapsto -\boldsymbol{v} ;
  • le moment cinétique est donc impair : \boldsymbol{L} \mapsto -\boldsymbol{L}.

Il en va de même pour le spin intrinsèque \boldsymbol{S} et le moment cinétique total \boldsymbol{J}. Par conséquent, le moment magnétique est impair par renversement du temps :

\boxed{\boldsymbol{\mu} \underset{t \mapsto -t}{\longmapsto} -\boldsymbol{\mu}}

L'aimantation \boldsymbol{M} représentant le moment magnétique par unité de volume (\boldsymbol{M} = \rho \boldsymbol{\mu}), le volume étant d'origine purement spatiale et donc invariant sous t \mapsto -t, elle se transforme de la même manière :

\boxed{\boldsymbol{M} \underset{t \mapsto -t}{\longmapsto} -\boldsymbol{M}}

2. Transformation de l'équation de Larmor :

Considérons l'équation de Larmor (22) régissant l'évolution du moment magnétique :

\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{\mu}}{\mathrm{d}t} = -\gamma \boldsymbol{\mu} \wedge \boldsymbol{B}

Sous la transformation temporelle t' = -t :

  • L'opérateur de dérivation temporelle change de signe : \dfrac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} \mapsto -\dfrac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t'}.
  • Le membre de gauche devient :

    \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{\mu}}{\mathrm{d}t} \longmapsto \left(-\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t'}\right)\big(-\boldsymbol{\mu}(t')\big) = +\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{\mu}}{\mathrm{d}t'}
  • Pour le membre de droite, sachant que \boldsymbol{B} \mapsto -\boldsymbol{B} (d'après la question Q31) et \boldsymbol{\mu} \mapsto -\boldsymbol{\mu} :

    -\gamma \boldsymbol{\mu} \wedge \boldsymbol{B} \longmapsto -\gamma (-\boldsymbol{\mu}) \wedge (-\boldsymbol{B}) = -\gamma \boldsymbol{\mu} \wedge \boldsymbol{B}

L'équation de Larmor s'écrit donc dans le sens rétrograde du temps :

\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{\mu}}{\mathrm{d}t'} = -\gamma \boldsymbol{\mu} \wedge \boldsymbol{B}
\boxed{\text{L'équation de Larmor est invariante par renversement du temps.}}

(Le même raisonnement s'applique rigoureusement à l'équation pour \boldsymbol{M}(t) avec \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}).

Résultat

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2.2 · Dissipation

Question 33

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : équation de llg, produit vectoriel

Vérifier que l'équation de LLG conserve la norme de l'aimantation.

Voir l'indice

Prendre le produit scalaire de l'équation de LLG complète avec le vecteur \boldsymbol{M}.

Voir la stratégie

Pour vérifier la conservation de la norme du vecteur aimantation au cours du temps, il suffit d'évaluer la dérivée temporelle de son carré scalaire \|\boldsymbol{M}(t)\|^2 = \boldsymbol{M} \cdot \boldsymbol{M} en effectuant le produit scalaire de l'équation de Landau-Lifshitz-Gilbert (23) par le vecteur \boldsymbol{M}.

Voir la réponse courte

Le terme d'amortissement de Gilbert est orthogonal à \boldsymbol{M}, préservant \|\boldsymbol{M}\|.

Voir le corrigé complet

La dérivée par rapport au temps du carré de la norme de l'aimantation s'écrit :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\|\boldsymbol{M}\|^2 = \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}(\boldsymbol{M} \cdot \boldsymbol{M}) = 2 \boldsymbol{M} \cdot \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t}

En effectuant le produit scalaire de l'équation de Landau-Lifshitz-Gilbert (23) avec le vecteur \boldsymbol{M}, on obtient :

\begin{aligned} \boldsymbol{M} \cdot \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} &= -\gamma \, \boldsymbol{M} \cdot (\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}) + \frac{\alpha}{M_{\mathrm{s}}} \, \boldsymbol{M} \cdot \left( \boldsymbol{M} \wedge \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} \right) \end{aligned}

Par propriété du produit vectoriel, pour tout vecteur \boldsymbol{u} et tout vecteur \boldsymbol{v}, le vecteur \boldsymbol{u} \wedge \boldsymbol{v} est orthogonal à \boldsymbol{u}, ce qui implique l'annulation du produit mixte :

\boldsymbol{u} \cdot (\boldsymbol{u} \wedge \boldsymbol{v}) = 0

En appliquant cette propriété aux deux termes du membre de droite :

\begin{aligned} \boldsymbol{M} \cdot (\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}) &= 0 \\ \boldsymbol{M} \cdot \left( \boldsymbol{M} \wedge \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} \right) &= 0 \end{aligned}

On en déduit immédiatement :

\boldsymbol{M} \cdot \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} = 0 \implies \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\|\boldsymbol{M}\|^2 = 0

La norme de l'aimantation est donc rigoureusement constante au cours du temps, fixée par sa valeur initiale \|\boldsymbol{M}(t=0)\| = M_{\mathrm{s}} :

\boxed{\|\boldsymbol{M}(t)\| = M_{\mathrm{s}} = \text{cste}}

Résultat

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Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : équation de landau-lifshitz, double produit vectoriel

Montrer que l'équation de LLG peut se mettre sous la forme suivante, dite de Landau-Lifshitz (LL),

où sera donné en termes de et . Justifier que .

Voir l'indice

Effectuer le produit vectoriel à gauche de l'équation de LLG par \boldsymbol{M}/M_{\mathrm{s}}, puis réinjecter l'expression de \boldsymbol{M} \wedge (\mathrm{d}\boldsymbol{M}/\mathrm{d}t) dans l'équation d'origine.

Voir la stratégie
  1. L'équation de Landau-Lifshitz-Gilbert (LLG) est implicite car la dérivée temporelle \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} figure dans les deux membres.
  2. Pour l'expliciter, on calcule le produit vectoriel de \boldsymbol{M} avec l'équation de LLG, en exploitant l'identité du double produit vectoriel et l'orthogonalité \boldsymbol{M} \cdot \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} = 0 établie à la question précédente.
  3. On réinjecte le terme \boldsymbol{M} \wedge \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} ainsi obtenu dans l'équation de départ pour isoler \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} et identifier \gamma_{\mathrm{LL}}.
Voir la réponse courte

Produit vectoriel de LLG par \boldsymbol{M} et développement du double produit vectoriel avec \gamma_{\mathrm{LL}} = \gamma/(1+\alpha^2).

Voir le corrigé complet

L'équation de Landau-Lifshitz-Gilbert (23) s'écrit :

\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} = -\gamma \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} + \frac{\alpha}{M_{\mathrm{s}}} \boldsymbol{M} \wedge \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t}.

Prenons le produit vectoriel à gauche par \boldsymbol{M} de chaque membre :

\boldsymbol{M} \wedge \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} = -\gamma \boldsymbol{M} \wedge (\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}) + \frac{\alpha}{M_{\mathrm{s}}} \boldsymbol{M} \wedge \left( \boldsymbol{M} \wedge \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} \right).

D'après la formule du double produit vectoriel rappelée dans le formulaire, \boldsymbol{a} \wedge (\boldsymbol{b} \wedge \boldsymbol{c}) = \boldsymbol{b}(\boldsymbol{a}\cdot\boldsymbol{c}) - \boldsymbol{c}(\boldsymbol{a}\cdot\boldsymbol{b}), on développe le dernier terme :

\boldsymbol{M} \wedge \left( \boldsymbol{M} \wedge \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} \right) = \boldsymbol{M} \left( \boldsymbol{M} \cdot \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} \right) - \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} (\boldsymbol{M} \cdot \boldsymbol{M}).

Comme \|\boldsymbol{M}\| = M_{\mathrm{s}} = \text{cste}, on a d'après la question Q33 :

\boldsymbol{M} \cdot \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} = 0 \quad \text{et} \quad \boldsymbol{M} \cdot \boldsymbol{M} = M_{\mathrm{s}}^2.

Le double produit vectoriel se simplifie donc en :

\boldsymbol{M} \wedge \left( \boldsymbol{M} \wedge \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} \right) = - M_{\mathrm{s}}^2 \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t},

d'où l'expression :

\boldsymbol{M} \wedge \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} = -\gamma \boldsymbol{M} \wedge (\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}) - \alpha M_{\mathrm{s}} \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t}.

En réinjectant cette expression dans l'équation de LLG initiale (23), il vient :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} &= -\gamma \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} + \frac{\alpha}{M_{\mathrm{s}}} \left[ -\gamma \boldsymbol{M} \wedge (\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}) - \alpha M_{\mathrm{s}} \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} \right] \\ &= -\gamma \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} - \alpha \gamma \boldsymbol{M} \wedge \left( \frac{\boldsymbol{M}}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} \right) - \alpha^2 \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t}. \end{aligned}

En regroupant les termes en \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} dans le membre de gauche :

(1 + \alpha^2) \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} = -\gamma \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} - \alpha \gamma \boldsymbol{M} \wedge \left( \frac{\boldsymbol{M}}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} \right).

En divisant par (1 + \alpha^2), on obtient la forme de Landau-Lifshitz (24) :

\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} = -\gamma_{\mathrm{LL}} \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} - \alpha \gamma_{\mathrm{LL}} \boldsymbol{M} \wedge \left( \frac{\boldsymbol{M}}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} \right),

avec :

\boxed{\gamma_{\mathrm{LL}} = \frac{\gamma}{1 + \alpha^2}}

Comme le coefficient d'amortissement sans dimension vérifie \alpha \ll 1 (typiquement \alpha \approx 2 \times 10^{-3}, soit \alpha^2 \approx 4 \times 10^{-6} \ll 1), un développement limité au premier ordre non nul donne :

\gamma_{\mathrm{LL}} = \gamma (1 - \alpha^2 + o(\alpha^2)) \approx \gamma.

L'écart relatif entre \gamma_{\mathrm{LL}} et \gamma est de l'ordre de \alpha^2 \sim 10^{-6}, ce qui justifie parfaitement l'approximation :

\boxed{\gamma_{\mathrm{LL}} \approx \gamma}

Résultat

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : couple magnétique, schéma vectoriel

Représenter les deux moments de l'équation de Landau-Lifshitz agissant sur sur le schéma de la Fig. 2 qui aura été préalablement recopié en projection dans le plan dans le cas (on choisira orienté selon ).

Voir l'indice

Identifier le terme de précession tangentiel aux parallèles et le terme de Gilbert dirigé vers le pôle de champ \boldsymbol{u}_z.

Voir la stratégie
  1. Identifier les deux termes vectoriels régissant la variation de \boldsymbol{M} dans l'équation de Landau-Lifshitz (24) : le moment de précession \boldsymbol{\tau}_{\mathrm{prec}} et le moment d'amortissement \boldsymbol{\tau}_{\mathrm{diss}}.
  2. Déterminer analytiquement les composantes de ces deux termes dans la configuration imposée (\varphi = \pi/2 et \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} = B_{\mathrm{eff}}\boldsymbol{u}_z).
  3. Tracer la projection de la sphère de rayon M_{\mathrm{s}} dans le plan (y, z) et y représenter fidèlement l'orientation de \boldsymbol{M} ainsi que l'action géométrique de chaque moment.
Voir la réponse courte

Tracé du couple de précession perpendiculaire au plan (\boldsymbol{M}, \boldsymbol{B}_0) et du couple de Gilbert ramenant \boldsymbol{M} vers \boldsymbol{B}_0.

Voir le corrigé complet

L'équation de Landau-Lifshitz (24) s'écrit sous la forme :

\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} = \boldsymbol{\tau}_{\mathrm{prec}} + \boldsymbol{\tau}_{\mathrm{diss}},

où les deux moments agissant sur l'aimantation sont :

\begin{aligned} \boldsymbol{\tau}_{\mathrm{prec}} &= -\gamma_{\mathrm{LL}} \, \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}, \\ \boldsymbol{\tau}_{\mathrm{diss}} &= -\alpha \gamma_{\mathrm{LL}} \, \boldsymbol{M} \wedge \left(\frac{\boldsymbol{M}}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}\right). \end{aligned}

Plaçons-nous dans les conditions de l'énoncé : \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} = B_{\mathrm{eff}}\boldsymbol{u}_z (avec B_{\mathrm{eff}} > 0) et \varphi = \pi/2. D'après les relations usuelles du repère sphérique :

\boldsymbol{u}_r = \sin\theta\sin\varphi\,\boldsymbol{u}_y + \cos\theta\,\boldsymbol{u}_z \underset{\varphi=\pi/2}{=} \sin\theta\,\boldsymbol{u}_y + \cos\theta\,\boldsymbol{u}_z,

l'aimantation \boldsymbol{M} = M_{\mathrm{s}}\boldsymbol{u}_r est intégralement contenue dans le plan (y, z). Les vecteurs unitaires orthoradiaux s'écrivent :

\boldsymbol{u}_\theta = \cos\theta\,\boldsymbol{u}_y - \sin\theta\,\boldsymbol{u}_z \quad \text{et} \quad \boldsymbol{u}_\varphi = -\boldsymbol{u}_x.

Calculons les deux moments :

  • Moment de précession :

    \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} = (M_{\mathrm{s}}\boldsymbol{u}_r) \wedge (B_{\mathrm{eff}}\boldsymbol{u}_z) = -M_{\mathrm{s}}B_{\mathrm{eff}}\sin\theta \, \boldsymbol{u}_\varphi = M_{\mathrm{s}}B_{\mathrm{eff}}\sin\theta \, \boldsymbol{u}_x.

    Par conséquent :

    \boldsymbol{\tau}_{\mathrm{prec}} = -\gamma_{\mathrm{LL}} M_{\mathrm{s}} B_{\mathrm{eff}}\sin\theta \, \boldsymbol{u}_x.

    Le repère (\boldsymbol{u}_x, \boldsymbol{u}_y, \boldsymbol{u}_z) étant direct, \boldsymbol{u}_x = \boldsymbol{u}_y \wedge \boldsymbol{u}_z est perpendiculaire au plan (y, z) et dirigé vers l'avant (vers le lecteur). Le moment \boldsymbol{\tau}_{\mathrm{prec}} est donc perpendiculaire au plan (y, z) et dirigé vers l'arrière (sens rentrant \otimes, selon -\boldsymbol{u}_x).

  • Moment de dissipation (amortissement) : En utilisant \frac{\boldsymbol{M}}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} = B_{\mathrm{eff}}\sin\theta\,\boldsymbol{u}_x, on obtient :

    \boldsymbol{M} \wedge \left(\frac{\boldsymbol{M}}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}\right) = (M_{\mathrm{s}}\boldsymbol{u}_r) \wedge (B_{\mathrm{eff}}\sin\theta\,\boldsymbol{u}_x) = M_{\mathrm{s}}B_{\mathrm{eff}}\sin\theta \, (\boldsymbol{u}_r \wedge \boldsymbol{u}_x) = M_{\mathrm{s}}B_{\mathrm{eff}}\sin\theta \, \boldsymbol{u}_\theta.

    On en déduit :

    \boldsymbol{\tau}_{\mathrm{diss}} = -\alpha\gamma_{\mathrm{LL}} M_{\mathrm{s}} B_{\mathrm{eff}}\sin\theta \, \boldsymbol{u}_\theta.

    Ce vecteur est contenu dans le plan (y, z), tangent au cercle de rayon M_{\mathrm{s}}, et dirigé selon -\boldsymbol{u}_\theta, c'est-à-dire vers le pôle nord (axe +z, dans le sens des \theta décroissants).

On représente ces deux contributions sur la projection dans le plan (y, z) ci-dessous :

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Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : dissipation d'énergie, stabilité

Dans le cas simple où le champ effectif est statique, soit avec , montrer que l'énergie est une fonction décroissante du temps, permettant ainsi la relaxation de l'aimantation vers un état d'équilibre stable quelle que soit sa condition initiale.

Voir l'indice

Calculer \mathrm{d}E_{\mathrm{tot}}/\mathrm{d}t = - \mathcal{V} \boldsymbol{B}_0 \cdot (\mathrm{d}\boldsymbol{M}/\mathrm{d}t) en utilisant la forme de Landau-Lifshitz et utiliser la formule du double produit vectoriel.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la dérivée temporelle de l'énergie totale E_{\mathrm{tot}} compte tenu de la stationnarité du champ effectif \boldsymbol{B}_0.
  2. Utiliser l'équation de Landau-Lifshitz établie à la question Q34 pour expliciter \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} \cdot \boldsymbol{B}_0 à l'aide des propriétés du produit mixte et du double produit vectoriel.
  3. Conclure sur le signe de \frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{tot}}}{\mathrm{d}t}, sur l'existence d'une borne inférieure pour E_{\mathrm{tot}} et sur la relaxation vers l'état d'équilibre stable.
Voir la réponse courte

\mathrm{d}E_{\mathrm{tot}}/\mathrm{d}t = -\alpha\gamma_{\mathrm{LL}}(\mathcal{V}/M_{\mathrm{s}})\|\boldsymbol{M}\wedge\boldsymbol{B}_0\|^2 \leq 0, garantissant la relaxation.

Voir le corrigé complet

Le champ magnétique effectif étant statique (\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{B}_0}{\mathrm{d}t} = \boldsymbol{0}), la dérivée temporelle de l'énergie s'écrit directement :

\frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{tot}}}{\mathrm{d}t} = -\mathcal{V} \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} \cdot \boldsymbol{B}_0.

En utilisant l'équation de Landau-Lifshitz (24) :

\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} = -\gamma_{\mathrm{LL}} \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_0 - \frac{\alpha \gamma_{\mathrm{LL}}}{M_{\mathrm{s}}} \boldsymbol{M} \wedge (\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_0),

le produit scalaire avec \boldsymbol{B}_0 comporte deux termes :

  1. Le terme de précession est orthogonal à \boldsymbol{B}_0 :

    (-\gamma_{\mathrm{LL}} \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_0) \cdot \boldsymbol{B}_0 = 0.
  2. Pour le terme d'amortissement, on utilise l'invariance par permutation circulaire du produit mixte (\boldsymbol{a} \wedge \boldsymbol{b}) \cdot \boldsymbol{c} = \boldsymbol{a} \cdot (\boldsymbol{b} \wedge \boldsymbol{c}) :

    \begin{aligned} [\boldsymbol{M} \wedge (\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_0)] \cdot \boldsymbol{B}_0 &= \boldsymbol{M} \cdot [(\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_0) \wedge \boldsymbol{B}_0] \\ &= - \boldsymbol{M} \cdot [\boldsymbol{B}_0 \wedge (\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_0)] \\ &= - (\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_0) \cdot (\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_0) \\ &= - \|\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_0\|^2. \end{aligned}

En rassemblant ces contributions, on obtient :

\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} \cdot \boldsymbol{B}_0 = \frac{\alpha \gamma_{\mathrm{LL}}}{M_{\mathrm{s}}} \|\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_0\|^2 \ge 0,

d'où :

\boxed{\frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{tot}}}{\mathrm{d}t} = -\frac{\alpha \gamma_{\mathrm{LL}} \mathcal{V}}{M_{\mathrm{s}}} \|\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_0\|^2 \le 0.}

Puisque \alpha > 0, \gamma_{\mathrm{LL}} > 0, \mathcal{V} > 0 et M_{\mathrm{s}} > 0, l'énergie E_{\mathrm{tot}}(t) est une fonction décroissante du temps.

De plus, l'énergie est minorée par sa valeur minimale absolue :

E_{\mathrm{min}} = -\mathcal{V} M_{\mathrm{s}} B_0,

atteinte lorsque \boldsymbol{M} est strictement aligné avec le champ appliqué : \boldsymbol{M} = M_{\mathrm{s}}\frac{\boldsymbol{B}_0}{B_0}.

La dérivée \frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{tot}}}{\mathrm{d}t} ne s'annule que si \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_0 = \boldsymbol{0}, ce qui correspond aux deux états d'alignement colinéaire :

  • \boldsymbol{M} = -M_{\mathrm{s}}\frac{\boldsymbol{B}_0}{B_0} (anti-aligné) : maximum d'énergie, équilibre instable ;
  • \boldsymbol{M} = +M_{\mathrm{s}}\frac{\boldsymbol{B}_0}{B_0} (aligné) : minimum d'énergie, équilibre stable.

L'énergie décroissant strictement tant que le système n'est pas aligné, l'aimantation relaxe nécessairement vers l'état d'équilibre stable \boldsymbol{M} = M_{\mathrm{s}}\frac{\boldsymbol{B}_0}{B_0} pour toute condition initiale (hors le point fixe instable exact).

Résultat

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Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : premier principe, puissance mécanique

Dans le cas où l'on applique un champ magnétique dépendant du temps, c'est-à-dire , la variation donne lieu à deux termes distincts. En argumentant succintement, identifier le terme qui peut être interprété comme un travail par unité de temps, noté , et celui qui peut être interprété comme une chaleur échangée avec l'environnement par unité de temps, noté .

Voir l'indice

Différencier l'énergie totale par la règle du produit de Leibniz et identifier la puissance reçue liée à la commande extérieure \mathrm{d}\boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}/\mathrm{d}t.

Voir la réponse courte

\dot{W} = -\mathcal{V}\boldsymbol{M}\cdot(\mathrm{d}\boldsymbol{B}/\mathrm{d}t) représente la puissance reçue et \dot{Q} = -\mathcal{V}\boldsymbol{B}\cdot(\mathrm{d}\boldsymbol{M}/\mathrm{d}t) le transfert thermique dissipé.

Voir le corrigé complet

L'énergie totale de l'échantillon s'écrit :

E_{\text{tot}}(t) = -\mathcal{V} \, \boldsymbol{M}(t) \cdot \boldsymbol{B}_{\text{eff}}(t)

En dérivant cette expression par rapport au temps lorsque le champ effectif dépend du temps, on obtient deux termes :

\frac{\mathrm{d}E_{\text{tot}}}{\mathrm{d}t} = -\mathcal{V} \, \boldsymbol{M} \cdot \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{B}_{\text{eff}}}{\mathrm{d}t} - \mathcal{V} \, \boldsymbol{B}_{\text{eff}} \cdot \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t}

Par analogie avec le premier principe de la thermodynamique sous forme différentielle, \frac{\mathrm{d}E_{\text{tot}}}{\mathrm{d}t} = \dot{W} + \dot{Q} :

  1. Travail par unité de temps \dot{W} : Le terme faisant intervenir la variation temporelle du paramètre externe de contrôle \boldsymbol{B}_{\text{eff}} représente la puissance mécanique/magnétique reçue de l'opérateur extérieur :

    \boxed{\dot{W} = -\mathcal{V} \, \boldsymbol{M} \cdot \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{B}_{\text{eff}}}{\mathrm{d}t}}
  2. Chaleur échangée par unité de temps \dot{Q} : Le terme associé à la réorganisation interne de l'aimantation \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} s'exprime, d'après le résultat de la question Q36 :

    -\mathcal{V} \, \boldsymbol{B}_{\text{eff}} \cdot \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} = -\frac{\alpha \gamma_{\text{LL}} \mathcal{V}}{M_{\mathrm{s}}} \|\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\text{eff}}\|^2 \le 0

    Il s'interprète comme la puissance thermique dissipée par friction avec l'environnement microscopique (réseau cristallin, électrons de conduction). C'est le flux thermique algébriquement reçu par le système :

    \boxed{\dot{Q} = -\mathcal{V} \, \boldsymbol{B}_{\text{eff}} \cdot \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} = -\frac{\alpha \gamma_{\text{LL}} \mathcal{V}}{M_{\mathrm{s}}} \|\boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\text{eff}}\|^2}

    Le signe négatif confirme qu'il s'agit d'une chaleur évacuée vers l'environnement (\dot{Q}_{\text{cédée}} = -\dot{Q} \ge 0).

Résultat

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Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : irréversibilité, dissipation

Donner la forme de l'équation de LLG après un renversement du temps. Quelle est l'influence du terme proportionnel à sur cette dynamique ?

Voir l'indice

Appliquer la parité impaire de \boldsymbol{M}, \boldsymbol{B} et de l'opérateur \mathrm{d}/\mathrm{d}t sur chaque membre de l'équation de LLG.

Voir la stratégie
  1. Appliquer l'opération de renversement du temps t \mapsto -t à chaque terme de l'équation de Landau-Lifshitz-Gilbert (LLG), en utilisant les lois de transformation établies aux questions Q31 et Q32 pour le champ magnétique \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} et l'aimantation \boldsymbol{M}.
  2. Comparer l'équation transformée à l'équation initiale pour identifier la brisure de symétrie induite par le paramètre d'amortissement \alpha, puis en déduire son effet sur la dynamique.
Voir la réponse courte

Le terme proportionnel à \alpha change de signe par renversement du temps : il brise la réversibilité temporelle.

Voir le corrigé complet

Considérons l'opération de renversement du temps t \mapsto t' = -t. D'après les résultats des questions Q31 et Q32 :

  • L'opérateur de dérivation temporelle se transforme selon \dfrac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} \mapsto -\dfrac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t'},
  • L'aimantation, proportionnelle à des moments magnétiques orbitaux et de spin, est impaire : \boldsymbol{M}(t) \mapsto -\boldsymbol{M}(t'),
  • Le champ magnétique effectif est impair : \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}(t) \mapsto -\boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}(t'),
  • La norme M_{\mathrm{s}} est une constante scalaire positive invariante.

Évaluons la transformation de chaque terme de l'équation de LLG (23) :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} &\longmapsto \frac{\mathrm{d}(-\boldsymbol{M})}{\mathrm{d}(-t')} = \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t'}, \\ -\gamma \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} &\longmapsto -\gamma (-\boldsymbol{M}) \wedge (-\boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}) = -\gamma \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}, \\ \alpha \frac{\boldsymbol{M}}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} &\longmapsto \alpha \frac{-\boldsymbol{M}}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \left(\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t'}\right) = -\alpha \frac{\boldsymbol{M}}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t'}. \end{aligned}

Après renversement du temps, en réécrivant la variable temporelle sous la forme usuelle t, l'équation de LLG devient :

\boxed{\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} = -\gamma \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} - \alpha \frac{\boldsymbol{M}}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t}}

Influence du terme en \alpha :

  • Le terme proportionnel à \alpha change de signe sous renversement du temps, ce qui brise la réversibilité temporelle de la dynamique : l'équation de LLG n'est pas invariante par renversement du temps.
  • Ce changement de signe transforme l'effet dissipatif (friction magnétique) en un terme d'anti-amortissement (amplification) : dans le sens rétrograde du temps, l'aimantation s'éloigne de son état d'équilibre stable en augmentant son énergie, ce qui met en évidence l'existence d'une flèche du temps macroscopique imposée par la dissipation.

Résultat

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2.3 · Susceptibilité

Question 39

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : linéarisation, perturbation

Montrer, à l'ordre le plus bas en et , que obéit à l'équation

Voir l'indice

Développer le produit vectoriel (\boldsymbol{M}_0 + \boldsymbol{m}) \wedge (\boldsymbol{B}_0 + \boldsymbol{b}) et ne conserver que les infiniment petits du premier ordre.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ effectif \boldsymbol{B}_{\text{eff}}(t) et l'aimantation \boldsymbol{M}(t) à l'aide des hypothèses simplificatrices de l'énoncé.
  2. Injecter ces expressions dans l'équation d'évolution de Larmor (établie à la question Q27).
  3. Linéariser l'équation au premier ordre en \boldsymbol{m}(t) et \boldsymbol{b}(t) en exploitant le fait que \boldsymbol{M}_0 correspond à un état d'équilibre statique.
Voir la réponse courte

Linéarisation au premier ordre en \boldsymbol{m} et \boldsymbol{b} de l'équation de Larmor.

Voir le corrigé complet

D'après les hypothèses du préambule, le matériau est isotrope (K_{\text{a}} = 0), sans champ démagnétisant (\boldsymbol{H}_{\text{m}} = \boldsymbol{0}), sans dissipation (\alpha = 0) et l'aimantation est spatialement uniforme (\boldsymbol{\nabla}^2 \boldsymbol{M} = \boldsymbol{0}). Le champ magnétique effectif se réduit donc au seul champ magnétique externe appliqué :

\boldsymbol{B}_{\text{eff}}(t) = \boldsymbol{B}_{\text{ext}}(t) = \boldsymbol{B}_0 + \boldsymbol{b}(t).

L'aimantation s'écrit \boldsymbol{M}(t) = \boldsymbol{M}_0 + \boldsymbol{m}(t). L'équation d'évolution de Larmor (question Q27) s'écrit alors :

\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} = -\gamma \boldsymbol{M}(t) \wedge \boldsymbol{B}_{\text{eff}}(t).

En développant le produit vectoriel par bilinéarité et la dérivée temporelle, sachant que \boldsymbol{M}_0 est stationnaire (\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}_0}{\mathrm{d}t} = \boldsymbol{0}), il vient :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{m}(t)}{\mathrm{d}t} &= -\gamma \left[ \boldsymbol{M}_0 + \boldsymbol{m}(t) \right] \wedge \left[ \boldsymbol{B}_0 + \boldsymbol{b}(t) \right] \\ &= -\gamma \boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{B}_0 - \gamma \left[ \boldsymbol{m}(t) \wedge \boldsymbol{B}_0 + \boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{b}(t) \right] - \gamma \, \boldsymbol{m}(t) \wedge \boldsymbol{b}(t). \end{aligned}

Analysons les différents ordres de grandeur :

  • À l'ordre 0 en perturbation, l'état non perturbé \boldsymbol{M}_0 est un état d'équilibre en présence du champ statique \boldsymbol{B}_0. D'après la première équation de Brown (questions Q20 et Q29), on a :

    \boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{B}_0 = \boldsymbol{0}.
  • Le terme \boldsymbol{m}(t) \wedge \boldsymbol{b}(t) est du second ordre par rapport aux grandeurs infinitésimales \|\boldsymbol{m}\| \ll M_{\mathrm{s}} et \|\boldsymbol{b}\| \ll \|\boldsymbol{B}_0\|, il est donc négligeable devant les termes d'ordre 1.

En ne conservant que l'ordre le plus bas non nul (l'ordre 1), on obtient bien :

\boxed{\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{m}(t)}{\mathrm{d}t} = -\gamma \left[ \boldsymbol{m}(t) \wedge \boldsymbol{B}_0 + \boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{b}(t) \right]}

Résultat

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Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : orthogonalité, perturbation

En utilisant le résultat de la Question 14 pour la perturbation initiale et l'équation ci-dessus pour les temps , montrer que la perturbation est perpendiculaire à à tout temps .

Voir l'indice

Calculer la dérivée temporelle de la composante longitudinale \boldsymbol{m}(t) \cdot \boldsymbol{M}_0 à l'aide de l'équation du mouvement linéarisée.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la condition d'orthogonalité obtenue à la question Q14 pour la perturbation initiale \boldsymbol{m}(t = 0).
  2. Calculer la dérivée temporelle du produit scalaire \boldsymbol{m}(t) \cdot \boldsymbol{M}_0 en utilisant l'équation du mouvement linéarisée (25) et la condition d'équilibre statique de Brown \boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{B}_0 = \boldsymbol{0}.
  3. En déduire que le produit scalaire reste nul à tout instant t \ge 0.
Voir la réponse courte

Dérivation de \boldsymbol{m}(t)\cdot\boldsymbol{M}_0 montrant que ce produit scalaire reste nul pour tout temps.

Voir le corrigé complet

À l'instant initial t = 0, l'aimantation s'écrit \boldsymbol{M}(0) = \boldsymbol{M}_0 + \boldsymbol{m}(0) avec \|\boldsymbol{M}(0)\| = \|\boldsymbol{M}_0\| = M_{\mathrm{s}}. D'après la question Q14, la conservation de la norme au premier ordre impose que la perturbation initiale soit transverse à l'aimantation d'équilibre :

\boldsymbol{m}(t = 0) \cdot \boldsymbol{M}_0 = 0.

Pour étudier l'évolution ultérieure de cette grandeur, dérivons par rapport au temps le produit scalaire \boldsymbol{m}(t) \cdot \boldsymbol{M}_0 (l'état d'équilibre \boldsymbol{M}_0 étant indépendant du temps) :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} \big( \boldsymbol{m}(t) \cdot \boldsymbol{M}_0 \big) = \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{m}}{\mathrm{d}t} \cdot \boldsymbol{M}_0.

En injectant l'équation du mouvement (25) obtenue à la question Q39 :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{m}}{\mathrm{d}t} \cdot \boldsymbol{M}_0 &= -\gamma \big[ \boldsymbol{m}(t) \wedge \boldsymbol{B}_0 + \boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{b}(t) \big] \cdot \boldsymbol{M}_0 \\ &= -\gamma \big[ (\boldsymbol{m}(t) \wedge \boldsymbol{B}_0) \cdot \boldsymbol{M}_0 + (\boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{b}(t)) \cdot \boldsymbol{M}_0 \big]. \end{aligned}

Examinons chacun des deux termes à l'aide de l'invariance par permutation circulaire du produit mixte :

  • Pour le premier terme : (\boldsymbol{m} \wedge \boldsymbol{B}_0) \cdot \boldsymbol{M}_0 = \boldsymbol{m} \cdot (\boldsymbol{B}_0 \wedge \boldsymbol{M}_0). Or, à l'équilibre, en l'absence d'anisotropie et de champ démagnétisant, le champ effectif se réduit au champ statique \boldsymbol{B}_0, si bien que la première équation de Brown (19) donne \boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{B}_0 = \boldsymbol{0}. Par conséquent, \boldsymbol{B}_0 \wedge \boldsymbol{M}_0 = \boldsymbol{0}, d'où :

    (\boldsymbol{m}(t) \wedge \boldsymbol{B}_0) \cdot \boldsymbol{M}_0 = 0.
  • Pour le second terme, le produit vectoriel \boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{b}(t) est par construction orthogonal à \boldsymbol{M}_0, ce qui donne immédiatement :

    (\boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{b}(t)) \cdot \boldsymbol{M}_0 = 0.

On en déduit que la dérivée temporelle est identiquement nulle pour tout t > 0 :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} \big( \boldsymbol{m}(t) \cdot \boldsymbol{M}_0 \big) = 0 \implies \boldsymbol{m}(t) \cdot \boldsymbol{M}_0 = \boldsymbol{m}(0) \cdot \boldsymbol{M}_0 = 0.
\boxed{\forall t \ge 0, \quad \boldsymbol{m}(t) \cdot \boldsymbol{M}_0 = 0}

La perturbation \boldsymbol{m}(t) reste donc perpendiculaire à \boldsymbol{M}_0 à tout temps t \ge 0.

Résultat

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Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : susceptibilité magnétique, résonance ferromagnétique

Montrer que la susceptibilité longitudinale et la susceptibilité transverse sont données par

où la fréquence et la fréquence de résonance seront exprimées en termes des données du problème.

Voir l'indice

Projeter l'équation différentielle vectorielle linéarisée sur \boldsymbol{u}_x et \boldsymbol{u}_y en régime complexe harmonique pour résoudre le système 2 \times 2.

Voir la stratégie
  1. Projeter l'équation du mouvement linéarisée (25) de la question Q39 selon les axes \boldsymbol{u}_x et \boldsymbol{u}_y, sachant que m_z(t) = 0 d'après la question Q40.
  2. Passer en régime harmonique permanent via la substitution \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} \to \mathrm{i}\omega.
  3. Résoudre le système couplé linéaire pour exprimer \underline{m}_x et \underline{m}_y en fonction de \underline{b}_x, puis identifier les expressions de \omega_0 et \omega_M.
Voir la réponse courte

Résolution du système linéaire 2\times 2 en amplitudes complexes pour \underline{m}_x et \underline{m}_y.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q40, \boldsymbol{m}(t) \cdot \boldsymbol{M}_0 = 0, soit avec \boldsymbol{M}_0 = M_{\mathrm{s}}\boldsymbol{u}_z :

m_z(t) = 0 \implies \boldsymbol{m}(t) = m_x(t)\boldsymbol{u}_x + m_y(t)\boldsymbol{u}_y.

Calculons les produits vectoriels apparaissant dans l'équation (25) avec \boldsymbol{B}_0 = B_0 \boldsymbol{u}_z et \boldsymbol{b}(t) = b_x(t)\boldsymbol{u}_x :

\begin{aligned} \boldsymbol{m}(t) \wedge \boldsymbol{B}_0 &= (m_x \boldsymbol{u}_x + m_y \boldsymbol{u}_y) \wedge B_0 \boldsymbol{u}_z = - m_x B_0 \boldsymbol{u}_y + m_y B_0 \boldsymbol{u}_x, \\ \boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{b}(t) &= M_{\mathrm{s}}\boldsymbol{u}_z \wedge b_x \boldsymbol{u}_x = M_{\mathrm{s}} b_x \boldsymbol{u}_y. \end{aligned}

L'équation linéarisée de la question Q39 s'écrit alors en composantes :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}m_x}{\mathrm{d}t} &= -\gamma B_0 m_y, \\ \frac{\mathrm{d}m_y}{\mathrm{d}t} &= \gamma B_0 m_x - \gamma M_{\mathrm{s}} b_x. \end{aligned}

En posant la pulsation de Larmor dans le champ statique \omega_0 = \gamma B_0, et en adoptant la représentation complexe harmonique avec la convention \mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t} (\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} \to \mathrm{i}\omega), le système devient :

\begin{align*} \mathrm{i}\omega \underline{m}_x &= -\omega_0 \underline{m}_y \tag{1} \\ \mathrm{i}\omega \underline{m}_y &= \omega_0 \underline{m}_x - \gamma M_{\mathrm{s}} \underline{b}_x \tag{2}\end{align*}

De l'équation (1), on tire la relation entre composantes transverses :

\underline{m}_y = -\frac{\mathrm{i}\omega}{\omega_0} \underline{m}_x.

En reportant cette expression dans (2) :

\mathrm{i}\omega \left( -\frac{\mathrm{i}\omega}{\omega_0}\underline{m}_x \right) = \frac{\omega^2}{\omega_0} \underline{m}_x = \omega_0 \underline{m}_x - \gamma M_{\mathrm{s}} \underline{b}_x.

En multipliant par \omega_0 et en regroupant les termes en \underline{m}_x :

(\omega_0^2 - \omega^2) \underline{m}_x = \omega_0 \gamma M_{\mathrm{s}} \underline{b}_x.

Il vient ainsi pour l'amplitude \underline{m}_x et pour \underline{m}_y :

\begin{aligned} \underline{m}_x &= \frac{\omega_0 \gamma M_{\mathrm{s}}}{\omega_0^2 - \omega^2} \underline{b}_x, \\ \underline{m}_y &= -\mathrm{i}\frac{\omega \gamma M_{\mathrm{s}}}{\omega_0^2 - \omega^2} \underline{b}_x. \end{aligned}

Par définition, les susceptibilités s'écrivent \underline{\chi}_\parallel = \mu_0 \frac{\underline{m}_x}{\underline{b}_x} et \underline{\chi}_\perp = \mu_0 \frac{\underline{m}_y}{\underline{b}_x}. En introduisant la pulsation caractéristique \omega_M = \gamma \mu_0 M_{\mathrm{s}}, on obtient :

\boxed{\underline{\chi}_\parallel(\omega) = \frac{\omega_0 \omega_M}{\omega_0^2 - \omega^2}} \quad \text{et} \quad \boxed{\underline{\chi}_\perp(\omega) = -\mathrm{i} \frac{\omega \omega_M}{\omega_0^2 - \omega^2}}

avec :

\boxed{\omega_0 = \gamma B_0 \quad \text{et} \quad \omega_M = \gamma \mu_0 M_{\mathrm{s}}}

Résultat

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Question 42

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : oscillateur amorti, résonance ferromagnétique

En prenant maintenant en compte la dissipation telle qu'introduite à l'équation (23), soit , montrer que obéit à l'équation d'un oscillateur harmonique amorti forcé avec pour équation (puisque , on négligera le terme d'ordre et la correction d'ordre au terme de forçage)

Exprimer en termes des données du problème.

Voir l'indice

Remplacer dans le terme de dissipation \mathrm{d}\boldsymbol{M}/\mathrm{d}t par son approximation d'ordre 0 avant de projeter le système couplé.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'équation de Landau-Lifshitz-Gilbert (LLG) et la linéariser au premier ordre en \boldsymbol{m} et \boldsymbol{b} en tenant compte de la géométrie de l'état d'équilibre (\boldsymbol{M}_0 = M_{\mathrm{s}}\boldsymbol{u}_z, \boldsymbol{B}_0 = B_0\boldsymbol{u}_z).
  2. Projeter le système d'équations couplées selon \boldsymbol{u}_x et \boldsymbol{u}_y en régime harmonique (transformée de Fourier).
  3. Éliminer la composante \underline{m}_y pour obtenir l'équation différentielle du second ordre vérifiée par \underline{m}_x, puis simplifier au premier ordre en \alpha pour identifier le coefficient d'amortissement \eta.
Voir la réponse courte

Écriture sous forme d'oscillateur amorti forcé avec amortissement \eta = \alpha\omega_0.

Voir le corrigé complet

L'équation de Landau-Lifshitz-Gilbert (23) s'écrit :

\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} = -\gamma \boldsymbol{M} \wedge \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} + \alpha \frac{\boldsymbol{M}}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t}.

En posant \boldsymbol{M}(t) = \boldsymbol{M}_0 + \boldsymbol{m}(t) avec \boldsymbol{M}_0 = M_{\mathrm{s}}\boldsymbol{u}_z, et \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}}(t) = \boldsymbol{B}_0 + \boldsymbol{b}(t) avec \boldsymbol{B}_0 = B_0 \boldsymbol{u}_z, le terme dissipatif au premier ordre en perturbation s'écrit :

\frac{\boldsymbol{M}}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}}{\mathrm{d}t} \simeq \boldsymbol{u}_z \wedge \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{m}}{\mathrm{d}t},

car le terme d'ordre supérieur \frac{\boldsymbol{m}}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{m}}{\mathrm{d}t} est du second ordre. L'équation de LLG linéarisée devient ainsi :

\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{m}}{\mathrm{d}t} = -\gamma \left[ \boldsymbol{m} \wedge \boldsymbol{B}_0 + \boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{b}(t) \right] + \alpha \boldsymbol{u}_z \wedge \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{m}}{\mathrm{d}t}.

En adoptant la représentation harmonique à la pulsation \omega (\boldsymbol{m}(t) = \underline{\boldsymbol{m}}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}, \boldsymbol{b}(t) = \underline{b}_x\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}\boldsymbol{u}_x), la dérivée temporelle se traduit par une multiplication par \mathrm{i}\omega :

\mathrm{i}\omega \underline{\boldsymbol{m}} = -\gamma B_0 (\underline{\boldsymbol{m}} \wedge \boldsymbol{u}_z) - \gamma M_{\mathrm{s}} \underline{b}_x (\boldsymbol{u}_z \wedge \boldsymbol{u}_x) + \mathrm{i}\alpha\omega (\boldsymbol{u}_z \wedge \underline{\boldsymbol{m}}).

Sachant que \underline{\boldsymbol{m}} = \underline{m}_x \boldsymbol{u}_x + \underline{m}_y \boldsymbol{u}_y (d'après la transversalité établie à la question 40), on a :

\begin{aligned} \underline{\boldsymbol{m}} \wedge \boldsymbol{u}_z &= \underline{m}_y \boldsymbol{u}_x - \underline{m}_x \boldsymbol{u}_y, \\ \boldsymbol{u}_z \wedge \underline{\boldsymbol{m}} &= -\underline{m}_y \boldsymbol{u}_x + \underline{m}_x \boldsymbol{u}_y, \\ \boldsymbol{u}_z \wedge \boldsymbol{u}_x &= \boldsymbol{u}_y. \end{aligned}

En introduisant les notations \omega_0 = \gamma B_0 et \omega_M = \gamma \mu_0 M_{\mathrm{s}}, les projections sur \boldsymbol{u}_x et \boldsymbol{u}_y fournissent :

\begin{align*} \mathrm{i}\omega \underline{m}_x &= -\omega_0 \underline{m}_y - \mathrm{i}\alpha\omega \underline{m}_y = -(\omega_0 + \mathrm{i}\alpha\omega)\underline{m}_y, \tag{1} \\ \mathrm{i}\omega \underline{m}_y &= \omega_0 \underline{m}_x - \frac{\omega_M}{\mu_0}\underline{b}_x + \mathrm{i}\alpha\omega \underline{m}_x = (\omega_0 + \mathrm{i}\alpha\omega)\underline{m}_x - \frac{\omega_M}{\mu_0}\underline{b}_x. \tag{2}\end{align*}

De l'équation (1), on tire :

\underline{m}_y = -\frac{\mathrm{i}\omega}{\omega_0 + \mathrm{i}\alpha\omega} \underline{m}_x.

En injectant cette expression dans l'équation (2) multipliée par (\omega_0 + \mathrm{i}\alpha\omega), on obtient :

\omega^2 \underline{m}_x = (\omega_0 + \mathrm{i}\alpha\omega)^2 \underline{m}_x - (\omega_0 + \mathrm{i}\alpha\omega)\frac{\omega_M}{\mu_0}\underline{b}_x.

Développons le premier facteur en négligeant le terme en \alpha^2 \ll 1 :

(\omega_0 + \mathrm{i}\alpha\omega)^2 = \omega_0^2 + 2\mathrm{i}\alpha\omega\omega_0 - \alpha^2 \omega^2 \simeq \omega_0^2 + 2\mathrm{i}\alpha\omega\omega_0.

De même, en négligeant la correction d'ordre \alpha devant \omega_0 dans le terme de forçage :

(\omega_0 + \mathrm{i}\alpha\omega)\frac{\omega_M}{\mu_0}\underline{b}_x \simeq \frac{\omega_0\omega_M}{\mu_0}\underline{b}_x.

En regroupant tous les termes dans l'équation :

-\omega^2 \underline{m}_x + 2\alpha\omega_0\,\mathrm{i}\omega \underline{m}_x + \omega_0^2 \underline{m}_x = \frac{\omega_0\omega_M}{\mu_0}\underline{b}_x.

Par identification avec l'équation proposée -\omega^2 \underline{m}_x + 2\eta \,\mathrm{i}\omega \underline{m}_x + \omega_0^2 \underline{m}_x = \frac{\omega_0 \omega_M}{\mu_0} \underline{b}_x, on identifie le paramètre d'amortissement :

\boxed{\eta = \alpha \omega_0 = \alpha \gamma B_0}

Résultat

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Question 43

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : polarisation elliptique, déphasage

Donner la relation de proportionalité entre et , à l'ordre 0 en .

Voir l'indice

Établir le lien de quadrature entre \underline{m}_y et \underline{m}_x à partir de l'équation de précession non amortie.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'équation d'évolution linéarisée sans dissipation établie à la question Q39 (ou utiliser les expressions des susceptibilités obtenues à la question Q41).
  2. Projeter sur l'axe \boldsymbol{u}_x pour relier directement \underline{m}_x et \underline{m}_y en régime harmonique, en remarquant que le champ appliqué selon \boldsymbol{u}_x n'intervient pas sur cette composante.
  3. Préciser la relation générale à pulsation \omega quelconque, ainsi que sa forme simplifiée à la résonance libre (\omega \simeq \omega_0).
Voir la réponse courte

À l'ordre zéro en \alpha, \underline{m}_y = -\mathrm{i}(\omega/\omega_0)\underline{m}_x, traduisant une précession circulaire à la résonance.

Voir le corrigé complet

À l'ordre 0 en \alpha, la dynamique de la perturbation obéit à l'équation linéarisée sans dissipation (question Q39) :

\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{m}(t)}{\mathrm{d}t} = -\gamma\left[\boldsymbol{m}(t) \wedge \boldsymbol{B}_0 + \boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{b}(t)\right].

Avec \boldsymbol{B}_0 = B_0 \boldsymbol{u}_z, \boldsymbol{M}_0 = M_{\mathrm{s}}\boldsymbol{u}_z et \boldsymbol{b}(t) = b_x(t)\boldsymbol{u}_x, le terme de forçage s'écrit :

\boldsymbol{M}_0 \wedge \boldsymbol{b}(t) = M_{\mathrm{s}} b_x(t) (\boldsymbol{u}_z \wedge \boldsymbol{u}_x) = M_{\mathrm{s}} b_x(t) \boldsymbol{u}_y.

Ce terme étant purement selon \boldsymbol{u}_y, la projection de l'équation de mouvement sur \boldsymbol{u}_x ne dépend que de \boldsymbol{m} \wedge \boldsymbol{B}_0 :

\frac{\mathrm{d}m_x(t)}{\mathrm{d}t} = -\gamma (\boldsymbol{m} \wedge \boldsymbol{B}_0)_x = -\gamma B_0 m_y(t) = -\omega_0 m_y(t),

où l'on a posé \omega_0 = \gamma B_0.

En régime harmonique avec la convention \mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}, la dérivation temporelle équivaut à la multiplication par \mathrm{i}\omega :

\mathrm{i}\omega \underline{m}_x = -\omega_0 \underline{m}_y.

On en déduit immédiatement la relation de proportionnalité :

\boxed{\underline{m}_y = -\mathrm{i}\frac{\omega}{\omega_0}\underline{m}_x}

Remarque : On retrouve ce résultat par le rapport des susceptibilités de la question Q41 :

\frac{\underline{m}_y}{\underline{m}_x} = \frac{\underline{\chi}_\perp(\omega)}{\underline{\chi}_\parallel(\omega)} = \frac{-\mathrm{i}\frac{\omega \omega_M}{\omega_0^2-\omega^2}}{\frac{\omega_0 \omega_M}{\omega_0^2-\omega^2}} = -\mathrm{i}\frac{\omega}{\omega_0}.

À la pulsation de résonance du système libre (\omega \simeq \omega_0 à l'ordre 0 en \alpha), cette relation devient simplement \underline{m}_y \simeq -\mathrm{i}\underline{m}_x.

Résultat

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Question 44

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : régime transitoire, portrait de phase

En utilisant les réponses aux deux dernières questions et en repassant en notation réelle, calculer et dans le cas où la variation du champ magnétique est nulle et la perturbation initiale de l'aimantation est orientée selon , c'est-à-dire . Tracer la solution dans le plan , paramétriquement en .

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle en régime libre sous-critique et tracer la trajectoire amortie dans le plan transverse (spirale).

Voir la stratégie
  1. Transposer l'équation fréquentielle de la question Q42 dans le domaine temporel en l'absence de forçage (\boldsymbol{b}(t) = \boldsymbol{0}).
  2. Résoudre l'équation différentielle du second ordre vérifiée par m_x(t) dans le régime sous-critique (\alpha \ll 1).
  3. Déduire m_y(t) à partir de la relation établie à la question Q43, puis appliquer les conditions initiales en t=0.
  4. Tracer la trajectoire dans le plan (m_x, m_y) et préciser son allure (spirale logarithmique).
Voir la réponse courte

Évolution pseudo-périodique amortie traçant une spirale convergente vers l'origine dans le plan (m_x, m_y).

Voir le corrigé complet

En l'absence de perturbation du champ magnétique (\underline{b}_x = 0), l'équation de la question Q42 s'écrit :

(-\omega^2 + 2\eta\mathrm{i}\omega + \omega_0^2)\,\underline{m}_x = 0.

En effectuant la correspondance temporelle \mathrm{i}\omega \leftrightarrow \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} et -\omega^2 \leftrightarrow \frac{\mathrm{d}^2}{\mathrm{d}t^2}, la composante m_x(t) obéit à l'équation différentielle temporelle :

\frac{\mathrm{d}^2 m_x}{\mathrm{d}t^2} + 2\eta \frac{\mathrm{d}m_x}{\mathrm{d}t} + \omega_0^2 m_x = 0.

Le facteur d'amortissement vérifiant \eta = \alpha \omega_0 \ll \omega_0 car \alpha \ll 1, le régime est pseudo-périodique de pseudo-pulsation :

\omega_p = \sqrt{\omega_0^2 - \eta^2} = \omega_0 \sqrt{1 - \alpha^2} \simeq \omega_0.

La solution générale s'écrit :

m_x(t) = \mathrm{e}^{-\eta t} \left[ A \cos(\omega_0 t) + B \sin(\omega_0 t) \right].

D'après la question Q43, à l'ordre 0 en \alpha, \underline{m}_y = -\mathrm{i}\frac{\omega}{\omega_0}\underline{m}_x, ce qui se traduit dans le domaine temporel par :

m_y(t) = -\frac{1}{\omega_0} \frac{\mathrm{d}m_x}{\mathrm{d}t}.

En dérivant m_x(t) et en négligeant le terme en \eta/\omega_0 = \alpha devant 1 :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}m_x}{\mathrm{d}t} &= \mathrm{e}^{-\eta t} \left[ (-\eta A + \omega_0 B)\cos(\omega_0 t) + (-\eta B - \omega_0 A)\sin(\omega_0 t) \right] \\ &\simeq \omega_0 \mathrm{e}^{-\eta t} \left[ B \cos(\omega_0 t) - A \sin(\omega_0 t) \right], \end{aligned}

d'où :

m_y(t) \simeq \mathrm{e}^{-\eta t} \left[ -B \cos(\omega_0 t) + A \sin(\omega_0 t) \right].

Les conditions initiales à t = 0 stipulent \boldsymbol{m}(0) = m_0 \boldsymbol{u}_y, c'est-à-dire :

m_x(0) = A = 0, \qquad m_y(0) = -B = m_0 \implies B = -m_0.

On en déduit l'expression temporelle des deux composantes réelles :

\boxed{m_x(t) = -m_0 \mathrm{e}^{-\eta t}\sin(\omega_0 t)} \qquad \text{et} \qquad \boxed{m_y(t) = m_0 \mathrm{e}^{-\eta t}\cos(\omega_0 t)}.

Tracé de la solution dans le plan (m_x, m_y) : Le module de la perturbation vérifie \|\boldsymbol{m}(t)\| = \sqrt{m_x^2(t) + m_y^2(t)} = m_0 \mathrm{e}^{-\eta t}. Il décroît exponentiellement vers 0 tandis que l'angle polaire dans le plan (m_x, m_y) tourne avec la pulsation \omega_0 dans le sens horaire : la trajectoire est une spirale logarithmique convergente vers l'origine (0,0).

Résultat

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Partie 3 : Magnetoresistive Random-Access Memory

3.1 · Écriture par transfert de spin

Question 45

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : transfert de spin, produit vectoriel

Calculer la norme de , et justifier que est la quantité maximale de moment cinétique absorbée par la couche F2 par unité de volume et de temps.

Voir l'indice

Utiliser la formule du double produit vectoriel avec \boldsymbol{M}_2 \cdot \boldsymbol{M}_2 = M_{\mathrm{s}}^2 et projeter sur le repère sphérique local.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}} dans le repère sphérique local (\boldsymbol{u}_r, \boldsymbol{u}_\theta, \boldsymbol{u}_\varphi) associé à \boldsymbol{M}_2, en utilisant l'angle polaire \theta \in [0, \pi] entre \boldsymbol{M}_2 et \boldsymbol{u}_z.
  2. Calculer la norme \|\boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}}\| et déterminer sa valeur maximale sur \theta \in [0, \pi].
  3. Relier l'aimantation \boldsymbol{M}_2 à la densité volumique de moment cinétique \boldsymbol{\mathcal{J}} via la relation gyromagnétique pour identifier physiquement la signification du terme -\gamma \boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}} dans l'équation d'évolution.
Voir la réponse courte

Calcul de la norme \|\boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}}\| = G\sin\theta et interprétation de G comme flux volumique maximal de moment cinétique.

Voir le corrigé complet

Le vecteur unitaire selon l'aimantation de la couche de stockage est \boldsymbol{u}_r = \boldsymbol{M}_2 / M_{\mathrm{s}}. D'après la définition des coordonnées sphériques de la figure 2, l'axe polaire étant \boldsymbol{u}_z, l'angle polaire \theta = (\widehat{\boldsymbol{u}_z, \boldsymbol{u}_r}) \in [0, \pi] permet d'écrire :

\boldsymbol{u}_z = \cos\theta\,\boldsymbol{u}_r - \sin\theta\,\boldsymbol{u}_\theta .

Calculons le double produit vectoriel intervenant dans la définition de \boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}} :

\begin{aligned} \boldsymbol{u}_r \wedge \boldsymbol{u}_z &= \boldsymbol{u}_r \wedge (\cos\theta\,\boldsymbol{u}_r - \sin\theta\,\boldsymbol{u}_\theta) = -\sin\theta \, \boldsymbol{u}_\varphi , \\ \boldsymbol{u}_r \wedge (\boldsymbol{u}_r \wedge \boldsymbol{u}_z) &= \boldsymbol{u}_r \wedge (-\sin\theta \, \boldsymbol{u}_\varphi) = -\sin\theta \, (-\boldsymbol{u}_\theta) = \sin\theta\,\boldsymbol{u}_\theta . \end{aligned}

On en déduit l'expression de \boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}} :

\boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}} = -G \sin\theta\,\boldsymbol{u}_\theta .

Comme G \ge 0 et que pour \theta \in [0, \pi], on a \sin\theta \ge 0, la norme de ce vecteur est :

\boxed{\|\boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}}\| = G \sin\theta}

Justifions l'interprétation physique de G :

  • D'après la relation gyromagnétique admise dans le préambule de la partie 2, un moment cinétique \boldsymbol{J} confère un moment magnétique \boldsymbol{\mu} = -\gamma \boldsymbol{J}.
  • Pour un milieu continu, en introduisant la densité volumique de moment cinétique \boldsymbol{\mathcal{J}}, on a de même \boldsymbol{M}_2 = -\gamma \boldsymbol{\mathcal{J}}.
  • L'équation du mouvement (28) s'écrit sous la forme :

    \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}_2}{\mathrm{d}t} = \left(\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}_2}{\mathrm{d}t}\right)_{\mathrm{LL}} - \gamma \boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}} .

    La contribution du transfert de spin à la variation temporelle de la densité de moment cinétique s'en déduit par :

    \left(\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{\mathcal{J}}}{\mathrm{d}t}\right)_{\mathrm{TS}} = -\frac{1}{\gamma} \left(\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}_2}{\mathrm{d}t}\right)_{\mathrm{TS}} = \boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}} .

    Le vecteur \boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}} représente donc la densité volumique de couple transférée par le courant à la couche F2, c'est-à-dire la quantité de moment cinétique absorbée par unité de volume et par unité de temps.

Puisque le facteur géométrique \sin\theta varie entre 0 et 1 (atteignant sa valeur maximale 1 lorsque \boldsymbol{M}_2 \perp \boldsymbol{u}_z, soit \theta = \pi/2), le maximum de cette absorption est :

\max_{\theta} \|\boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}}\| = G .

G est donc bien la quantité maximale de moment cinétique absorbée par la couche F2 par unité de volume et de temps.

Résultat

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Question 46

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : couple de transfert de spin, schéma vectoriel

Discuter l'action du moment sur sur le schéma de la Fig. 2 qui aura été préalablement recopié en projection dans le plan dans le cas .

Voir l'indice

Comparer la direction vectorielle du terme de couple de transfert de spin à celle du terme d'amortissement de Gilbert.

Voir la stratégie
  1. Projeter le repère sphérique local (\boldsymbol{u}_r, \boldsymbol{u}_\theta, \boldsymbol{u}_\varphi) dans le plan (y, z) correspondant à \varphi = \pi/2.
  2. Utiliser l'expression du couple de transfert de spin \boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}} obtenue à la question Q45 pour expliciter le terme -\gamma \boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}}.
  3. Interpréter vectoriellement son action sur la direction de l'aimantation \boldsymbol{M}_2 en comparant avec le couple de relaxation (dissipation).
Voir la réponse courte

Le couple -\gamma\boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}} agit en sens opposé à la dissipation de Gilbert pour un courant adéquat.

Voir le corrigé complet

Dans le plan (y, z) correspondant au demi-plan \varphi = \pi/2, les vecteurs de la base sphérique s'expriment en fonction de la base cartésienne sous la forme :

\begin{aligned} \boldsymbol{u}_r &= \sin\theta\,\boldsymbol{u}_y + \cos\theta\,\boldsymbol{u}_z = \frac{\boldsymbol{M}_2}{M_{\mathrm{s}}}, \\ \boldsymbol{u}_\theta &= \cos\theta\,\boldsymbol{u}_y - \sin\theta\,\boldsymbol{u}_z, \\ \boldsymbol{u}_\varphi &= -\boldsymbol{u}_x. \end{aligned}

Le vecteur \boldsymbol{u}_\theta est directement situé dans le plan (y, z), orthogonal à \boldsymbol{M}_2, et orienté dans le sens des \theta croissants.

D'après le résultat de la question Q45, le couple de transfert de spin s'écrit :

\boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}} = -G \sin\theta \, \boldsymbol{u}_\theta.

Le moment correspondant dans l'équation d'évolution (28) vaut donc :

\boxed{-\gamma \boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}} = \gamma G \sin\theta \, \boldsymbol{u}_\theta}

Puisque \gamma > 0, G \ge 0 et \sin\theta > 0 pour \theta \in ]0, \pi[, ce terme est dirigé selon +\boldsymbol{u}_\theta.

Discussion de l'action de ce terme :

  • Ce moment est purement transverse à l'aimantation (\boldsymbol{u}_\theta \cdot \boldsymbol{M}_2 = 0) et situé dans le plan (y, z), ce qui conserve la norme de \boldsymbol{M}_2 et fait évoluer l'angle polaire selon \dot{\theta} > 0.
  • Il pousse donc l'aimantation \boldsymbol{M}_2 à s'écarter de la direction + \boldsymbol{u}_z pour la basculer vers -\boldsymbol{u}_z.
  • Il s'oppose directement au couple de dissipation de Gilbert (orienté selon -\boldsymbol{u}_\theta), agissant ainsi comme un amortissement négatif (ou « anti-friction »). Lorsque le transfert de spin domine la dissipation, il permet le retournement complet de l'aimantation, réalisant ainsi l'écriture magnétique.

Résultat

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Question 47

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : transfert de spin, conservation de la charge

En supposant que le transfert de spin a lieu pour chacun des électrons qui traversent F2, exprimer en termes du courant , de la charge électrique d'un electron , du moment cinétique échangé par chaque électron, noté , et des autres données du problème.

Voir l'indice

Relier le flux électronique traversant la section S par unité de temps au courant d'intensité I, puis diviser par le volume \mathcal{V} = S d.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le débit temporel d'électrons traversant la couche \mathrm{F}_2 à partir de l'intensité du courant I et de la charge élémentaire -e.
  2. En déduire le taux de moment cinétique total transféré à la couche par unité de temps, puis rapporter cette grandeur au volume de la couche \mathrm{F}_2 pour obtenir G.
Voir la réponse courte

Bilan de flux de particules : flux d'électrons |I|/e et densité de moment cinétique cédé par unité de volume.

Voir le corrigé complet

Chaque électron porte la charge q_e = -e. Par définition de l'intensité algébrique du courant électrique I, le nombre \mathrm{d}N_e d'électrons traversant une section de l'échantillon pendant une durée \mathrm{d}t s'écrit :

I = \frac{\mathrm{d}q}{\mathrm{d}t} = -e \, \frac{\mathrm{d}N_e}{\mathrm{d}t}

Comme les électrons se déplacent selon -\boldsymbol{u}_z, le courant est orienté dans le sens opposé (I \le 0). Le flux temporel d'électrons pénétrant dans la couche \mathrm{F}_2 est donc :

\dot{N}_e = \frac{\mathrm{d}N_e}{\mathrm{d}t} = -\frac{I}{e} = \frac{|I|}{e} \ge 0

Puisque le transfert de spin a lieu pour chacun de ces électrons et que chacun échange un moment cinétique \sigma, la quantité maximale de moment cinétique transférée à l'ensemble de la couche \mathrm{F}_2 par unité de temps vaut :

\left(\frac{\mathrm{d}J}{\mathrm{d}t}\right)_{\mathrm{max}} = \sigma \, \dot{N}_e = -\frac{\sigma I}{e}

La couche \mathrm{F}_2 est un cylindre de section S et d'épaisseur d, soit un volume \mathcal{V} = S d. Par définition (question Q45), G est la quantité maximale de moment cinétique absorbée par unité de volume et de temps :

G = \frac{1}{\mathcal{V}} \left(\frac{\mathrm{d}J}{\mathrm{d}t}\right)_{\mathrm{max}} = \frac{1}{S d} \left( -\frac{\sigma I}{e} \right)

Soit, sachant que I \le 0 :

\boxed{G = -\frac{\sigma I}{e S d} = \frac{\sigma |I|}{e S d}}

Résultat

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Question 48

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : couple de compensation, transfert de spin

En utilisant l'équation (28), donner l'expression de pour laquelle l'effet de la dissipation est exactement compensé par le transfert de spin.

Voir l'indice

Égaliser la composante selon \boldsymbol{u}_\theta du terme de Gilbert et celle du transfert de spin dans l'équation du mouvement.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le terme de dissipation de l'équation (28) dans le cas où \boldsymbol{B}_{\text{eff}} = B_0 \boldsymbol{u}_z.
  2. Remplacer le terme de transfert de spin -\gamma \boldsymbol{T}_{\text{TS}} par son expression issue de l'équation (29).
  3. Écrire la condition d'annulation de la somme de ces deux termes indépendamment de l'orientation de \boldsymbol{M}_2 pour en déduire G_{\mathrm{c}}.
Voir la réponse courte

Égalisation du couple de transfert de spin et du couple de Gilbert pour identifier G_{\mathrm{c}}.

Voir le corrigé complet

Dans la géométrie considérée, le champ magnétique effectif est statique et uniforme selon \boldsymbol{u}_z : \boldsymbol{B}_{\text{eff}} = \boldsymbol{B}_0 = B_0 \boldsymbol{u}_z.

L'équation dynamique (28) s'écrit :

\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}_2}{\mathrm{d}t} = -\gamma \boldsymbol{M}_2 \wedge \boldsymbol{B}_0 - \alpha\gamma \boldsymbol{M}_2 \wedge \left(\frac{\boldsymbol{M}_2}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \boldsymbol{B}_0\right) - \gamma \boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}}

En factorisant B_0 et en faisant apparaître le vecteur unitaire \boldsymbol{M}_2/M_{\mathrm{s}}, le terme de dissipation devient :

-\alpha\gamma \boldsymbol{M}_2 \wedge \left(\frac{\boldsymbol{M}_2}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \boldsymbol{B}_0\right) = -\alpha \gamma M_{\mathrm{s}} B_0 \frac{\boldsymbol{M}_2}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \left(\frac{\boldsymbol{M}_2}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \boldsymbol{u}_z\right)

D'après l'équation (29), le terme lié au transfert de spin s'exprime comme :

-\gamma \boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}} = \gamma G \frac{\boldsymbol{M}_2}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \left(\frac{\boldsymbol{M}_2}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \boldsymbol{u}_z\right)

La somme des termes dissipatif et de transfert de spin vaut donc :

-\alpha\gamma \boldsymbol{M}_2 \wedge \left(\frac{\boldsymbol{M}_2}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \boldsymbol{B}_0\right) - \gamma \boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}} = \gamma (G - \alpha M_{\mathrm{s}} B_0) \frac{\boldsymbol{M}_2}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \left(\frac{\boldsymbol{M}_2}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \boldsymbol{u}_z\right)

L'effet de la dissipation est exactement compensé par le transfert de spin lorsque cette contribution s'annule quelle que soit l'orientation de l'aimantation \boldsymbol{M}_2, ce qui conduit à :

\boxed{G_{\mathrm{c}} = \alpha M_{\mathrm{s}} B_0}

Résultat

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Question 49

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : courant critique, mémoire mram

Donner l'expression du courant critique pour laquelle l'effet de la dissipation est exactement compensé par le transfert de spin.

Voir l'indice

Substituer l'expression microscopique de G établie à la question 47 dans la condition critique G = G_{\mathrm{c}}.

Voir la stratégie

Pour déterminer le courant critique I_{\mathrm{c}}, il suffit d'égaler le taux volumique maximal de transfert de moment cinétique G(I_{\mathrm{c}}) établi à la question Q47 à la valeur critique G_{\mathrm{c}} obtenue à la question Q48.

Voir la réponse courte

Déduction de l'expression de I_{\mathrm{c}} à partir de la valeur critique G_{\mathrm{c}}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q48, l'effet de la dissipation est exactement compensé par le transfert de spin lorsque le paramètre G atteint la valeur critique :

G_{\mathrm{c}} = \alpha M_{\mathrm{s}} B_0

D'autre part, la relation entre G et le courant I \le 0 obtenue à la question Q47 s'écrit :

G = -\frac{\sigma I}{e S d}

En identifiant G = G_{\mathrm{c}} pour le courant critique I = I_{\mathrm{c}}, on obtient :

-\frac{\sigma I_{\mathrm{c}}}{e S d} = \alpha M_{\mathrm{s}} B_0

Soit finalement, en notant \mathcal{V} = S d le volume de la couche de stockage \mathrm{F}_2 :

\boxed{I_{\mathrm{c}} = -\frac{e S d}{\sigma} \alpha M_{\mathrm{s}} B_0}

Résultat

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Question 50

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : bilan de puissance, instabilité

On rappelle que l'énergie s'écrit . Exprimer la variation temporelle de l'énergie, , en fonction de , , , et des autres données du problème.

Voir l'indice

Dériver E_{\mathrm{tot}} par rapport au temps en introduisant la projection M_{2z} = M_{\mathrm{s}}\cos\theta et en factorisant par G - G_{\mathrm{c}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{tot}}}{\mathrm{d}t} en dérivant l'énergie Zeeman par rapport au temps, le champ effectif statique \boldsymbol{B}_0 = B_0 \boldsymbol{u}_z étant indépendant du temps.
  2. Remplacer \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}_2}{\mathrm{d}t} par son expression issue de l'équation de Landau-Lifshitz modifiée par le couple de transfert de spin (équation 28).
  3. Regrouper le terme d'amortissement et le terme de transfert de spin à l'aide de la valeur critique G_{\mathrm{c}} = \alpha M_{\mathrm{s}} B_0 établie à la question précédente.
  4. Calculer le produit scalaire avec \boldsymbol{B}_0 en utilisant les identités vectorielles usuelles pour exprimer le résultat en fonction de M_{2z}.
Voir la réponse courte

Expression de \mathrm{d}E_{\mathrm{tot}}/\mathrm{d}t montrant le changement de signe du terme dissipatif lorsque G > G_{\mathrm{c}}.

Voir le corrigé complet

Le champ magnétique effectif appliqué à la couche de stockage \mathrm{F}_2 est constant et uniforme : \boldsymbol{B}_{\mathrm{eff}} = \boldsymbol{B}_0 = B_0 \boldsymbol{u}_z avec \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{B}_0}{\mathrm{d}t} = \boldsymbol{0}. La dérivée temporelle de l'énergie totale E_{\mathrm{tot}} = -\mathcal{V} \boldsymbol{M}_2 \cdot \boldsymbol{B}_0 s'écrit donc :

\frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{tot}}}{\mathrm{d}t} = -\mathcal{V} \boldsymbol{B}_0 \cdot \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}_2}{\mathrm{d}t} = -\mathcal{V} B_0 \, \boldsymbol{u}_z \cdot \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}_2}{\mathrm{d}t}.

D'après l'équation (28), la dynamique de \boldsymbol{M}_2 est régie par :

\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}_2}{\mathrm{d}t} = -\gamma \boldsymbol{M}_2 \wedge \boldsymbol{B}_0 - \alpha\gamma \boldsymbol{M}_2 \wedge \left(\frac{\boldsymbol{M}_2}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \boldsymbol{B}_0\right) - \gamma \boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}}.

Examinons la projection de chaque terme sur \boldsymbol{B}_0 :

  • Le terme de précession de Larmor est orthogonal à \boldsymbol{B}_0 :

    \boldsymbol{B}_0 \cdot (\boldsymbol{M}_2 \wedge \boldsymbol{B}_0) = 0.
  • En remplaçant \boldsymbol{B}_0 = B_0 \boldsymbol{u}_z et l'expression (29) de \boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}}, les termes de dissipation et de transfert de spin s'écrivent :

    \begin{aligned} -\alpha\gamma \boldsymbol{M}_2 \wedge \left(\frac{\boldsymbol{M}_2}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \boldsymbol{B}_0\right) &= -\frac{\alpha \gamma B_0}{M_{\mathrm{s}}} \boldsymbol{M}_2 \wedge (\boldsymbol{M}_2 \wedge \boldsymbol{u}_z), \\ -\gamma \boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}} &= \frac{\gamma G}{M_{\mathrm{s}}^2} \boldsymbol{M}_2 \wedge (\boldsymbol{M}_2 \wedge \boldsymbol{u}_z). \end{aligned}

En introduisant la grandeur critique G_{\mathrm{c}} = \alpha M_{\mathrm{s}} B_0 (question Q48), la somme de ces deux termes se factorise sous la forme :

-\alpha\gamma \boldsymbol{M}_2 \wedge \left(\frac{\boldsymbol{M}_2}{M_{\mathrm{s}}} \wedge \boldsymbol{B}_0\right) - \gamma \boldsymbol{T}_{\mathrm{TS}} = \frac{\gamma}{M_{\mathrm{s}}^2}(G - G_{\mathrm{c}}) \boldsymbol{M}_2 \wedge (\boldsymbol{M}_2 \wedge \boldsymbol{u}_z).

Projetons ce vecteur sur \boldsymbol{u}_z à l'aide de l'invariance par permutation circulaire du produit mixte :

\boldsymbol{u}_z \cdot \left[ \boldsymbol{M}_2 \wedge (\boldsymbol{M}_2 \wedge \boldsymbol{u}_z) \right] = (\boldsymbol{u}_z \wedge \boldsymbol{M}_2) \cdot (\boldsymbol{M}_2 \wedge \boldsymbol{u}_z) = - \|\boldsymbol{M}_2 \wedge \boldsymbol{u}_z\|^2.

Or, comme \|\boldsymbol{M}_2\| = M_{\mathrm{s}} et M_{2z} = \boldsymbol{M}_2 \cdot \boldsymbol{u}_z, l'identité vectorielle \|\boldsymbol{M}_2 \wedge \boldsymbol{u}_z\|^2 = \|\boldsymbol{M}_2\|^2 \|\boldsymbol{u}_z\|^2 - (\boldsymbol{M}_2 \cdot \boldsymbol{u}_z)^2 conduit à :

\|\boldsymbol{M}_2 \wedge \boldsymbol{u}_z\|^2 = M_{\mathrm{s}}^2 - M_{2z}^2.

On en déduit :

\boldsymbol{u}_z \cdot \frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}_2}{\mathrm{d}t} = -\frac{\gamma}{M_{\mathrm{s}}^2}(G - G_{\mathrm{c}})(M_{\mathrm{s}}^2 - M_{2z}^2).

En réinjectant dans l'expression de la dérivée temporelle de l'énergie, on obtient :

\boxed{\frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{tot}}}{\mathrm{d}t} = \frac{\gamma \mathcal{V} B_0}{M_{\mathrm{s}}^2} (G - G_{\mathrm{c}}) (M_{\mathrm{s}}^2 - M_{2z}^2)}

Résultat

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Question 51

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : commutation d'aimantation, stabilité

Quel est l'état stationnaire de l'aimantation lorsque , et lorsque ?

Voir l'indice

Discuter le signe de la dérivée temporelle de l'énergie selon la valeur du courant pour déterminer la position d'équilibre stable.

Voir la stratégie
  1. Relier le signe de G - G_{\mathrm{c}} à la position du courant I \le 0 par rapport au courant critique I_{\mathrm{c}} < 0.
  2. Déterminer le sens d'évolution de l'angle polaire \theta(t) de l'aimantation \boldsymbol{M}_2 à l'aide de l'équation d'évolution de Landau-Lifshitz modifiée, ou via le signe de \frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{tot}}}{\mathrm{d}t} obtenu à la question Q50.
  3. En déduire l'état stationnaire stable vers lequel converge l'aimantation dans chacun des deux régimes.
Voir la réponse courte

Pour I > I_{\mathrm{c}} l'état parallèle est stable ; pour I < I_{\mathrm{c}} il devient instable et l'aimantation commute vers l'état antiparallèle.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q47 et Q49, la quantité G s'écrit en fonction de l'intensité du courant I \le 0 :

G = -\frac{\sigma I}{e S d} = \frac{\sigma |I|}{e S d} \quad \text{et} \quad G_{\mathrm{c}} = -\frac{\sigma I_{\mathrm{c}}}{e S d} = \frac{\sigma |I_{\mathrm{c}}|}{e S d}.

Puisque le courant est négatif (I \le 0 et I_{\mathrm{c}} < 0) :

G - G_{\mathrm{c}} = -\frac{\sigma}{e S d}(I - I_{\mathrm{c}}).

Projetons la dynamique de \boldsymbol{M}_2 sur la direction polaire \boldsymbol{u}_\theta. En utilisant les résultats des questions Q35 et Q46, la composante polaire de l'équation du mouvement (28) s'écrit :

M_{\mathrm{s}} \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t} = -\alpha \gamma M_{\mathrm{s}} B_0 \sin\theta + \gamma G \sin\theta = \gamma (G - G_{\mathrm{c}}) \sin\theta,

soit :

\frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t} = \frac{\gamma}{M_{\mathrm{s}}}(G - G_{\mathrm{c}}) \sin\theta.

Les états strictement stationnaires (\frac{\mathrm{d}\boldsymbol{M}_2}{\mathrm{d}t} = \boldsymbol{0}) correspondent à \sin\theta = 0, c'est-à-dire \theta = 0 (\boldsymbol{M}_2 = M_{\mathrm{s}}\boldsymbol{u}_z) ou \theta = \pi (\boldsymbol{M}_2 = -M_{\mathrm{s}}\boldsymbol{u}_z). La stabilité de ces états dépend du signe de G - G_{\mathrm{c}} :

  • Cas 0 \ge I > I_{\mathrm{c}} : On a |I| < |I_{\mathrm{c}}|, d'où G < G_{\mathrm{c}}, soit G - G_{\mathrm{c}} < 0. Pour tout \theta \in ]0, \pi[, \sin\theta > 0, donc \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t} < 0. L'aimantation relaxe vers \theta = 0 : l'état stationnaire stable est aligné avec le champ \boldsymbol{B}_0 et la couche de référence \boldsymbol{M}_1.

    \boxed{\boldsymbol{M}_2 = M_{\mathrm{s}}\boldsymbol{u}_z \quad (\theta = 0)}
  • Cas I < I_{\mathrm{c}} : On a |I| > |I_{\mathrm{c}}|, d'où G > G_{\mathrm{c}}, soit G - G_{\mathrm{c}} > 0. Pour tout \theta \in ]0, \pi[, \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t} > 0. Le transfert de spin surcompense la dissipation et repousse l'aimantation vers \theta = \pi : l'état stationnaire stable est anti-aligné avec \boldsymbol{B}_0 et \boldsymbol{M}_1.

    \boxed{\boldsymbol{M}_2 = -M_{\mathrm{s}}\boldsymbol{u}_z \quad (\theta = \pi)}

Résultat

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3.2 · Stabilité thermique

Question 52

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : énergie magnétique, anisotropie uniaxiale

En se référant à la Partie 1, exprimer l'énergie de la couche de stockage F2 seule, .

Voir l'indice

Additionner l'énergie d'anisotropie et l'énergie de démagnétisation en tenant compte des facteurs N_x = N_y = 0 et N_z = 1.

Voir la stratégie
  1. Partir de la décomposition générale de l'énergie micromagnétique totale donnée par l'équation (1) : E_{\text{tot}} = E_{\text{ech}} + E_{\text{ani}} + E_{\text{dem}} + E_{\text{ext}}.
  2. Évaluer chaque contribution en exploitant les hypothèses précisées dans l'énoncé pour la couche de stockage F2 au repos.
  3. Regrouper les termes non nuls pour exprimer E_{\text{tot}}(\boldsymbol{M}_2) en fonction de la composante M_{2z} = \boldsymbol{M}_2 \cdot \boldsymbol{u}_z et du volume \mathcal{V} = S d de la couche.
Voir la réponse courte

Somme de l'énergie d'anisotropie et de l'énergie de démagnétisation en fonction de M_{2z}.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (1), l'énergie totale d'un échantillon ferromagnétique s'écrit :

E_{\text{tot}} = E_{\text{ech}} + E_{\text{ani}} + E_{\text{dem}} + E_{\text{ext}}.

Examinons les différentes contributions pour la couche de stockage F2, de volume \mathcal{V} = Sd :

  • Énergie de Zeeman E_{\text{ext}} : aucun champ magnétique extérieur n'est appliqué (\boldsymbol{B}_{\text{ext}} = \boldsymbol{0}), d'où :

    E_{\text{ext}} = 0.
  • Énergie d'échange E_{\text{ech}} : l'aimantation \boldsymbol{M}_2 est supposée spatialement uniforme dans la couche F2 (\boldsymbol{\nabla} M_{2\alpha} = \boldsymbol{0} pour \alpha \in \{x, y, z\}). D'après l'expression (5), les gradients spatiaux sont nuls, donc :

    E_{\text{ech}} = 0.
  • Énergie d'anisotropie uniaxiale E_{\text{ani}} : avec l'axe facile orienté selon \boldsymbol{u}_{\text{a}} = \boldsymbol{u}_z, l'équation (6) donne, compte tenu de l'uniformité de \boldsymbol{M}_2 :

    E_{\text{ani}} = -K_{\text{a}} \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, (\boldsymbol{u}_z \cdot \boldsymbol{M}_2)^2 = -K_{\text{a}} \mathcal{V} M_{2z}^2.
  • Énergie de démagnétisation E_{\text{dem}} : d'après l'équation (10) et avec \boldsymbol{H}_{\text{m}} = -N_z M_{2z}\boldsymbol{u}_z = -M_{2z}\boldsymbol{u}_z (car N_x = N_y = 0 et N_z = 1) :

    \begin{aligned} E_{\text{dem}} &= -\frac{1}{2}\mu_0 \int_{\mathcal{V}} \mathrm{d}^3x \, \boldsymbol{M}_2 \cdot \boldsymbol{H}_{\text{m}} \\ &= -\frac{1}{2}\mu_0 \mathcal{V} (-M_{2z}^2) \\ &= +\frac{1}{2}\mu_0 \mathcal{V} M_{2z}^2. \end{aligned}

En sommant ces contributions, on obtient l'énergie totale de la couche F2 :

\boxed{E_{\text{tot}}(\boldsymbol{M}_2) = -\left( K_{\text{a}} - \frac{1}{2}\mu_0 \right) \mathcal{V} \, M_{2z}^2 = -\left( K_{\text{a}} - \frac{1}{2}\mu_0 \right) S d \, (\boldsymbol{M}_2 \cdot \boldsymbol{u}_z)^2}

Résultat

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Question 53

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : bistabilité, position d'équilibre

Tracer en fonction des valeurs possibles de . Identifier les états d'équilibre de l'aimantation, et distinguer les équilibres stables et instables.

Voir l'indice

Étudier la fonction parabolique négative de M_{2z} sur le domaine [-M_{\mathrm{s}}, M_{\mathrm{s}}] pour localiser ses extrema locaux et globaux.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression de E_{\mathrm{tot}}(M_{2z}) obtenue à la question Q52 en introduisant la constante effective K_{\mathrm{eff}} = K_{\mathrm{a}} - \frac{1}{2}\mu_0 > 0.
  2. Définir le domaine de définition physique imposé par la conservation de la norme de l'aimantation : M_{2z} \in [-M_{\mathrm{s}}, M_{\mathrm{s}}].
  3. Tracer la parabole concave correspondante et identifier les points d'équilibre via les extrema de l'énergie (ou la paramétrisation angulaire \theta).
  4. Conclure sur la stabilité de chaque état selon la nature des extrema (minima pour la stabilité, maximum pour l'instabilité).
Voir la réponse courte

Tracé d'un potentiel en double puits : deux minima stables en \pm M_{\mathrm{s}} et un maximum instable en M_{2z} = 0.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q52, l'énergie totale de la couche de stockage F2 au repos s'écrit :

E_{\mathrm{tot}}(M_{2z}) = -\left( K_{\mathrm{a}} - \frac{1}{2}\mu_0 \right) \mathcal{V} M_{2z}^2 = -K_{\mathrm{eff}} \mathcal{V} M_{2z}^2

avec K_{\mathrm{eff}} = K_{\mathrm{a}} - \frac{1}{2}\mu_0 > 0 d'après l'énoncé.

Puisque le vecteur aimantation \boldsymbol{M}_2 a pour norme constante \|\boldsymbol{M}_2\| = M_{\mathrm{s}}, sa projection sur l'axe z est bornée par :

M_{2z} = \boldsymbol{M}_2 \cdot \boldsymbol{u}_z = M_{\mathrm{s}}\cos\theta \in [-M_{\mathrm{s}}, \, +M_{\mathrm{s}}].

La fonction M_{2z} \mapsto E_{\mathrm{tot}}(M_{2z}) est donc un arc de parabole à concavité tournée vers le bas :

En paramétrant la direction de l'aimantation par l'angle polaire \theta \in [0, \pi], l'énergie s'écrit :

E_{\mathrm{tot}}(\theta) = -K_{\mathrm{eff}} \mathcal{V} M_{\mathrm{s}}^2 \cos^2\theta.

La condition d'équilibre \frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{tot}}}{\mathrm{d}\theta} = 0 donne :

\frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{tot}}}{\mathrm{d}\theta} = 2 K_{\mathrm{eff}} \mathcal{V} M_{\mathrm{s}}^2 \cos\theta \sin\theta = K_{\mathrm{eff}} \mathcal{V} M_{\mathrm{s}}^2 \sin(2\theta) = 0,

ce qui fournit trois positions d'équilibre dans l'intervalle [0, \pi] :

  • Équilibres stables : \theta = 0 et \theta = \pi, c'est-à-dire :

    \boxed{\boldsymbol{M}_2 = \pm M_{\mathrm{s}}\boldsymbol{u}_z \quad (M_{2z} = \pm M_{\mathrm{s}})}

    En effet, \frac{\mathrm{d}^2E_{\mathrm{tot}}}{\mathrm{d}\theta^2}(0) = \frac{\mathrm{d}^2E_{\mathrm{tot}}}{\mathrm{d}\theta^2}(\pi) = 2 K_{\mathrm{eff}} \mathcal{V} M_{\mathrm{s}}^2 > 0 : ces deux états correspondent aux minima absolus d'énergie, E_{\min} = -K_{\mathrm{eff}}\mathcal{V}M_{\mathrm{s}}^2.

  • Équilibre instable : \theta = \pi/2, c'est-à-dire :

    \boxed{M_{2z} = 0 \quad (\boldsymbol{M}_2 \perp \boldsymbol{u}_z)}

    En effet, \frac{\mathrm{d}^2E_{\mathrm{tot}}}{\mathrm{d}\theta^2}(\pi/2) = -2 K_{\mathrm{eff}} \mathcal{V} M_{\mathrm{s}}^2 < 0 : cet état correspond au maximum d'énergie, E_{\max} = 0.

Résultat

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Question 54

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : barrière d'énergie, bistabilité

Exprimer la barrière d'énergie , définie comme la différence d'énergie entre état instable et état stable.

Voir l'indice

Calculer la différence entre l'énergie du maximum (M_{2z} = 0) et celle des minima (M_{2z} = \pm M_{\mathrm{s}}).

Voir la stratégie
  1. Identifier l'énergie de l'état instable (M_{2z} = 0) et celle des états stables (M_{2z} = \pm M_{\mathrm{s}}) déterminées à la question Q53.
  2. Calculer la différence \Delta E = E_{\mathrm{tot}}(0) - E_{\mathrm{tot}}(\pm M_{\mathrm{s}}) et expliciter le volume \mathcal{V} = S d de la couche cylindrique F2.
Voir la réponse courte

Calcul de la hauteur de barrière \Delta E = E(0) - E(M_{\mathrm{s}}) = K_{\mathrm{eff}}\mathcal{V}.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q52 et Q53, l'énergie totale de la couche de stockage s'écrit en fonction de la composante M_{2z} de l'aimantation :

E_{\mathrm{tot}}(M_{2z}) = -\left( K_{\mathrm{a}} - \frac{1}{2}\mu_0 \right) \mathcal{V} M_{2z}^2.

Les états d'équilibre identifiés sont :

  • l'état instable, pour M_{2z} = 0, correspondant au sommet de la barrière énergétique :

    E_{\text{instable}} = E_{\mathrm{tot}}(0) = 0\,;
  • les deux états stables, pour M_{2z} = \pm M_{\mathrm{s}}, correspondant aux minima d'énergie :

    E_{\text{stable}} = E_{\mathrm{tot}}(\pm M_{\mathrm{s}}) = -\left( K_{\mathrm{a}} - \frac{1}{2}\mu_0 \right) \mathcal{V} M_{\mathrm{s}}^2.

La barrière d'énergie \Delta E s'obtient donc par :

\Delta E = E_{\text{instable}} - E_{\text{stable}} = \left( K_{\mathrm{a}} - \frac{1}{2}\mu_0 \right) \mathcal{V} M_{\mathrm{s}}^2.

En introduisant le volume de la couche de stockage cylindrique de section S et d'épaisseur d, \mathcal{V} = S d, on obtient :

\boxed{\Delta E = \left( K_{\mathrm{a}} - \frac{1}{2}\mu_0 \right) \mathcal{V} M_{\mathrm{s}}^2 = \left( K_{\mathrm{a}} - \frac{1}{2}\mu_0 \right) S d M_{\mathrm{s}}^2}

Résultat

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Question 55

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : loi d'arrhenius, temps caractéristique

Donner la probabilité qu'un bit ait subit au moins une commutation accidentelle pendant un temps .

Voir l'indice

Prendre le complémentaire à l'unité de la probabilité de conservation sans saut P(t).

Voir la réponse courte

Processus de Poisson avec temps de relaxation d'Arrhenius-Néel : P_{\mathrm{erreur}}^{(1)}(t) = 1 - \mathrm{e}^{-t/\tau} \simeq t/\tau.

Voir le corrigé complet

L'événement « le bit a subi au moins une commutation accidentelle pendant un temps t » est le complémentaire de l'événement « le bit n'a pas commuté accidentellement pendant la durée t ».

D'après la relation (31) de l'énoncé, la probabilité de non-commutation est P(t) = \exp(-t/\tau). Par conséquent, la probabilité d'erreur pour un bit s'écrit directement :

\boxed{P_{\mathrm{erreur}}^{(1)}(t) = 1 - \exp\left(-\frac{t}{\tau}\right)}

Résultat

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Question 56

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : indépendance statistique, fiabilité

Pour un ensemble de bits, donner la probabilité qu'il y ait eu au moins une commutation accidentelle d'un des bits pendant un temps .

Voir l'indice

Appliquer l'indépendance statistique des commutations de chaque bit pour former la probabilité globale.

Voir la stratégie
  1. Les fluctuations thermiques agissant de manière indépendante sur chaque bit de mémoire, on raisonne sur l'événement complémentaire : l'absence totale d'erreur parmi les N bits.
  2. Par indépendance statistique, la probabilité que les N bits conservent leur état est le produit des probabilités individuelles.
  3. On en déduit la probabilité cherchée en prenant le complémentaire à 1.
Voir la réponse courte

Probabilité complémentaire pour N bits indépendants : P_{\mathrm{erreur}}^{(N)} \simeq N t/\tau.

Voir le corrigé complet

On suppose que les commutations thermiques des différents bits sont des événements mutuellement indépendants.

D'après l'énoncé (équation 31), la probabilité pour un bit donné de ne pas commuter accidentellement pendant la durée t est :

P(t) = \exp\left(-\frac{t}{\tau}\right)

L'événement « aucun des N bits n'a commuté pendant le temps t » correspond à l'intersection des événements indépendants de non-commutation pour chacun des N bits. Sa probabilité est donc :

P_{\text{aucun}}^{(N)}(t) = [P(t)]^N = \left[\exp\left(-\frac{t}{\tau}\right)\right]^N = \exp\left(-\frac{Nt}{\tau}\right)

L'événement « au moins un des N bits a subi une commutation accidentelle » est l'événement complémentaire. On en déduit :

\boxed{P_{\mathrm{erreur}}^{(N)}(t) = 1 - \exp\left(-\frac{Nt}{\tau}\right) = 1 - \left(1 - P_{\mathrm{erreur}}^{(1)}(t)\right)^N}

Résultat

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Question 57

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : facteur de boltzmann, stabilité thermique

Pour un ensemble de bits, donner l'expression du rapport nécessaire pour que la probabilité qu'au moins une erreur survienne pendant un temps soit inférieure à une certaine valeur .

Voir l'indice

Développer l'exponentielle au premier ordre pour un taux d'erreur très faible (Nt/\tau \ll 1) et inverser la loi d'Arrhenius.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition de fiabilité P_{\mathrm{erreur}}^{(N)}(t) \le p à l'aide du résultat de la question Q56.
  2. En déduire une minoration du temps caractéristique de retournement thermique \tau.
  3. Injecter la loi d'Arrhenius (équation 30) et isoler le rapport adimensionné \Delta E / (k_{\mathrm{B}}T), sous forme exacte puis approchée pour p \ll 1.
Voir la réponse courte

Inversion de la formule donnant le rapport \Delta E/(k_{\mathrm{B}}T) \geq \ln(Nt/(p\tau_0)).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q56, la probabilité qu'au moins une commutation accidentelle survienne parmi N bits indépendants pendant une durée t s'écrit :

P_{\mathrm{erreur}}^{(N)}(t) = 1 - \exp\left(-\frac{Nt}{\tau}\right)

La condition imposée P_{\mathrm{erreur}}^{(N)}(t) \le p est équivalente à :

\begin{aligned} 1 - \exp\left(-\frac{Nt}{\tau}\right) &\le p \\ \exp\left(-\frac{Nt}{\tau}\right) &\ge 1 - p \\ -\frac{Nt}{\tau} &\ge \ln(1 - p) \\ \tau &\ge \frac{Nt}{-\ln(1-p)} \end{aligned}

D'après la loi d'Arrhenius (équation 30), le temps caractéristique vaut \tau = \tau_0 \exp\left(\frac{\Delta E}{k_{\mathrm{B}}T}\right). En substituant cette expression, il vient :

\exp\left(\frac{\Delta E}{k_{\mathrm{B}}T}\right) \ge \frac{Nt}{-\tau_0 \ln(1-p)}

La fonction logarithme népérien étant strictement croissante sur \mathbb{R}^{+*}, on en déduit l'expression exacte de la condition sur le rapport :

\frac{\Delta E}{k_{\mathrm{B}}T} \ge \ln\left(\frac{Nt}{-\tau_0 \ln(1-p)}\right)

Dans le cadre d'une mémoire numérique fiable, le taux d'erreur toléré est extrêmement faible (p \ll 1). Au premier ordre, on a -\ln(1-p) \simeq p, ce qui conduit à l'expression usuelle :

\boxed{\frac{\Delta E}{k_{\mathrm{B}}T} \ge \ln\left(\frac{Nt}{\tau_0 p}\right)}

Le rapport minimal nécessaire pour garantir une probabilité d'erreur inférieure à p est donc :

\boxed{\left(\frac{\Delta E}{k_{\mathrm{B}}T}\right)_{\min} = \ln\left(\frac{Nt}{\tau_0 p}\right)}

Résultat

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Question 58

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : stabilité thermique, application numérique

Application numérique : pour une MRAM avec une capacité de 1 Gbit conservée à la température ambiante de 300 K pendant 10 ans, quelle doit être la valeur typique de pour assurer que la probabilité qu'une erreur survienne sur un des bits soit inférieure à ?

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Convertir la durée de 10 ans en secondes et injecter les constantes numériques pour évaluer le logarithme.

Voir la stratégie
  1. Convertir toutes les grandeurs fournies dans les unités du système international.
  2. Calculer le rapport sans dimension \ln\left(\frac{Nt}{\tau_0 p}\right) en utilisant les approximations logarithmiques fournies par l'énoncé.
  3. En déduire l'énergie thermique caractéristique k_{\mathrm{B}}T puis la barrière d'énergie minimale \Delta E avec un chiffre significatif.
Voir la réponse courte

Calcul numérique donnant \Delta E \approx 70\,k_{\mathrm{B}}T \approx 1{,}8\text{ eV} pour une rétention de 10 ans sans erreur.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q57, la condition sur la barrière d'énergie pour garantir la rétention de l'information s'écrit :

\Delta E \ge k_{\mathrm{B}}T \ln\left(\frac{Nt}{\tau_0 p}\right).

Relevons les valeurs numériques des paramètres :

  • Capacité mémoire : N = 1\text{ Gbit} = 10^9 bits ;
  • Durée de conservation : t = 10\text{ ans} \approx 10 \times 365{,}25 \times 24 \times 3600\text{ s} \approx 3{,}2 \times 10^8\text{ s} \approx 3 \times 10^8\text{ s} ;
  • Temps de tentative : \tau_0 \approx 1\text{ ns} = 10^{-9}\text{ s} ;
  • Probabilité maximale d'erreur : p = 10^{-4} ;
  • Température ambiante : T = 300\text{ K} ;
  • Constante de Boltzmann : k_{\mathrm{B}} \approx 1{,}4 \times 10^{-23}\text{ kg}\cdot\text{m}^2\cdot\text{s}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}.

Évaluons l'argument du logarithme :

X = \frac{Nt}{\tau_0 p} \approx \frac{10^9 \times (3{,}15 \times 10^8)}{10^{-9} \times 10^{-4}} \approx 3{,}15 \times 10^{30} \approx 3 \times 10^{30}.

En utilisant \ln 10 \approx 2{,}3 et \ln 3 \approx 1{,}1 (car \ln 2 \approx 0{,}69 et \ln 4 \approx 1{,}38) :

\ln X = \ln 3 + 30\ln 10 \approx 1{,}1 + 30 \times 2{,}3 = 1{,}1 + 69 \approx 70.

Le facteur de stabilité thermique requis est donc typiquement :

\frac{\Delta E}{k_{\mathrm{B}}T} \approx 70.

Calculons l'énergie d'agitation thermique à température ambiante :

k_{\mathrm{B}}T \approx 1{,}4 \times 10^{-23} \times 300 = 4{,}2 \times 10^{-21}\text{ J}.

On en déduit la barrière d'énergie minimale :

\begin{aligned} \Delta E &\approx 70 \times 4{,}2 \times 10^{-21}\text{ J} \\ &\approx 2{,}9 \times 10^{-19}\text{ J}. \end{aligned}

Avec un chiffre significatif conformément aux consignes de l'énoncé :

\boxed{\Delta E \approx 3 \times 10^{-19}\text{ J}}

Résultat

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Question 59

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : dimensionnement, mémoire mram

Application numérique : estimer le rayon minimal d'une couche de stockage F2 cylindrique d'épaisseur qui est ainsi nécessaire pour stocker un de ces bits.

Voir l'indice

Égaliser l'expression théorique de \Delta E obtenue à la question 54 avec la valeur numérique requise pour en déduire le rayon r.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le volume de la couche cylindrique \mathcal{V} = \pi r^2 d et relier le rayon r à la barrière d'énergie \Delta E obtenue à la question Q54.
  2. Justifier l'approximation de forte anisotropie K_{\mathrm{a}} \gg \frac{1}{2}\mu_0 pour calculer r à partir de la valeur tabulée de K_{\mathrm{a}}M_{\mathrm{s}}^2.
  3. Effectuer l'application numérique avec un chiffre significatif conformément aux consignes.
Voir la réponse courte

Détermination du rayon critique r = \sqrt{\Delta E/(\pi d K_{\mathrm{eff}})} \approx 10\text{ nm}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q54, la barrière d'énergie thermique de la couche de stockage F2 s'écrit :

\Delta E = \left( K_{\mathrm{a}} - \frac{1}{2}\mu_0 \right) M_{\mathrm{s}}^2 \, \mathcal{V}

La couche de stockage étant cylindrique de rayon r et d'épaisseur d, son volume vaut \mathcal{V} = \pi r^2 d.

Le texte précisant que le matériau présente une forte anisotropie uniaxiale (K_{\mathrm{a}} \gg \frac{1}{2}\mu_0), on peut négliger le terme de démagnétisation devant l'anisotropie, ce qui permet d'utiliser directement la donnée tabulée K_{\mathrm{a}}M_{\mathrm{s}}^2 :

\Delta E \simeq K_{\mathrm{a}} M_{\mathrm{s}}^2 \, \pi r^2 d

On en déduit l'expression du rayon minimal r :

r \simeq \sqrt{\frac{\Delta E}{\pi d K_{\mathrm{a}} M_{\mathrm{s}}^2}}

D'après la question Q58, \Delta E \approx 3 \times 10^{-19}\text{ J}. Avec les valeurs numériques fournies par l'énoncé :

  • d \approx 1\text{ nm} = 1 \times 10^{-9}\text{ m} ;
  • K_{\mathrm{a}} M_{\mathrm{s}}^2 \approx 1 \times 10^6\text{ kg}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{s}^{-2} (soit \text{J}\cdot\text{m}^{-3}) ;
  • \pi \approx 3{,}14.

On obtient :

\begin{aligned} r^2 &\simeq \frac{3 \times 10^{-19}}{\pi \times 10^{-9} \times 10^6} \simeq \frac{3 \times 10^{-19}}{3{,}14 \times 10^{-3}} \simeq 1 \times 10^{-16}\text{ m}^2 \end{aligned}

Soit, avec un chiffre significatif :

\boxed{r \approx 1 \times 10^{-8}\text{ m} = 10\text{ nm}}

Résultat

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet ENS Physique U PSI 2020 ?

Surtout Magnétostatique (75 % des questions, parties 1, 2 et 3). Plus ponctuellement : Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Cinématique et dynamique du point, Facteur de Boltzmann et physique statistique, Régime sinusoïdal forcé et filtrage linéaire, Cinétique chimique…

Peut-on travailler le sujet ENS Physique U PSI 2020 dès la première année (PCSI, MPSI ou PTSI) ?

En partie : 43 questions sur 59 (73 %) ne demandent que le programme de PCSI, MPSI ou PTSI. Blocs abordables : la partie 2 en entier (Q25 à Q44) et la sous-partie 3.1 (Q45 à Q51). Avec les autres programmes de première année : 43 en MP2I, 41 en TSI1 et 13 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet ENS Physique U PSI 2020 ?

Environ 4 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet ENS Physique U PSI 2020 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q5 (approximation des milieux continus), Q17 (théorème de green-ostrogradski), Q21 (équation de maxwell), Q24 (paroi de bloch) et Q50 (bilan de puissance).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet ENS Physique U PSI 2020 ?

Questions de cours : Q1 (moment magnétique), Q9 (équation de poisson), Q12 (facteur démagnétisant), Q25 (moment cinétique), Q26 (rapport gyromagnétique), Q27 (précession de larmor), Q31 (symétrie temporelle) et Q55 (loi d'arrhenius). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q24 (paroi de bloch), Q28 (conservation de la norme), Q36 (dissipation d'énergie), Q39 (linéarisation) et Q41 (susceptibilité magnétique).

Où gagner des points facilement dans le sujet ENS Physique U PSI 2020 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (36 sur 59), par exemple : Q1 à Q3, Q7, Q8, Q12, Q13, Q25 à Q33, Q35 à Q38, Q40, Q43, Q45 à Q49 et Q51 à Q59. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q4 à Q6, Q9 à Q11, Q14 à Q20, Q23, Q34, Q39, Q41 et Q42.

Le sujet ENS Physique U PSI 2020 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Pourquoi le courant I est-il négatif dans l'effet de transfert de spin (Q47 à Q49) ?

Les électrons doivent aller de la couche de référence vers la couche libre (sens -\boldsymbol{u}_z) pour transférer leur spin. Comme la charge de l'électron est -e, le courant électrique conventionnel correspondant est de sens opposé, soit I \le 0.

Comment retrouver l'équation différentielle régissant la paroi de Bloch en Q24 ?

Multiplier l'équation de second ordre de Q23 par \mathrm{d}\varphi/\mathrm{d}z pour obtenir une intégrale première de l'énergie. L'analogie formelle avec un pendule simple permet de séparer les variables et d'intégrer directement grâce à la primitive fournie.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.