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Corrigé détaillé Mines Physique 2 PC 2020 (page 2/2 : Partie IV)

Microscopie optique

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Partie IV : Microscopie non linéaire

A · Réponse non linéaire de l'échantillon

Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : modèle de l'électron élastiquement lié, régime sinusoïdal forcé, oscillateur harmonique

En appliquant le principe fondamental de la dynamique à , dans le référentiel de l'échantillon supposé galiléen, montrer que le mouvement de est décrit par la fonction :

dans laquelle on précisera l'expression de en fonction de , et .

Voir l'indice

Projeter le principe fondamental de la dynamique sur l'axe transverse et rechercher la solution particulière sous la forme proposée en factorisant par \text{e}^{\pm i\omega t}.

Voir la stratégie
  1. Réaliser le bilan des forces exercées sur la charge q dans le référentiel galiléen de l'échantillon et projeter le principe fondamental de la dynamique sur l'axe (Ox).
  2. Exploiter la linéarité de l'équation différentielle pour rechercher la solution en régime permanent sous la forme de la somme de deux composantes harmoniques complexes conjuguées associées à chacune des composantes du champ électrique excitateur.
Voir la réponse courte

PFD appliqué à l'électron élastiquement lié sous excitation sinusoïdale, donnant \underline{D}(\omega) = \omega_{p}^{2} - \omega^{2} + i\Gamma\omega.

Voir le corrigé complet

Le système étudié est la charge q, de masse m, assimilée à un point matériel mobile le long de l'axe (Ox). Dans le référentiel de l'échantillon supposé galiléen, le bilan des forces comprend :

  • la force électrique exercée par le champ de l'onde : \vec{F}_e = q \vec{E}(t) = q E_0 \left(e^{i\omega t} + e^{-i\omega t}\right) \widehat{u}_x ;
  • la force de rappel élastique harmonique : \vec{F}_1 = -m\omega_p^2 x\,\widehat{u}_x ;
  • la force de frottement fluide : \vec{f} = -m\Gamma \dfrac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t}\,\widehat{u}_x avec \Gamma > 0 ;
  • les effets du champ magnétique et de la pesanteur étant négligés.

Le principe fondamental de la dynamique appliqué à la charge s'écrit :

m \frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}\,\widehat{u}_x = \vec{F}_e + \vec{F}_1 + \vec{f}

En projetant suivant le vecteur unitaire \widehat{u}_x et en divisant par m, on obtient l'équation différentielle du mouvement :

\frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2} + \Gamma \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t} + \omega_p^2 x = \frac{q E_0}{m}e^{i\omega t} + \frac{q E_0}{m}e^{-i\omega t}

En régime sinusoïdal forcé établi, la réponse est la somme des réponses associées à chaque terme harmonique du second membre. En posant :

x_1(t) = \underline{X}_1(\omega)e^{i\omega t} + \underline{X}_1^*(\omega)e^{-i\omega t}

et en injectant la composante à pulsation \omega dans l'équation différentielle, les dérivées temporelles successives s'écrivent \dfrac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} \equiv i\omega et \dfrac{\mathrm{d}^2}{\mathrm{d}t^2} \equiv -\omega^2, d'où :

\left(-\omega^2 + i\Gamma\omega + \omega_p^2\right) \underline{X}_1(\omega) = \frac{q E_0}{m}

En définissant la fonction polynomiale complexe \underline{D}(\omega) par :

\boxed{\underline{D}(\omega) = \omega_p^2 - \omega^2 + i\Gamma\omega}

l'amplitude complexe s'écrit :

\underline{X}_1(\omega) = \frac{q E_0}{m\underline{D}(\omega)}

De même, pour le terme source proportionnel à e^{-i\omega t}, l'opérateur temporel devient \dfrac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} \equiv -i\omega, ce qui conduit au dénominateur :

\omega_p^2 - (-\omega)^2 + i\Gamma(-\omega) = \omega_p^2 - \omega^2 - i\Gamma\omega = \underline{D}^*(\omega)

Les grandeurs q, E_0 et m étant réelles, la composante conjuguée s'écrit directement :

\underline{X}_1^*(\omega) = \frac{q E_0}{m\underline{D}^*(\omega)}

On retrouve bien la fonction décrivant le mouvement de la charge en régime établi :

\boxed{x(t) = x_1(t) = \frac{q E_0 e^{i\omega t}}{m\underline{D}(\omega)} + \frac{q E_0 e^{-i\omega t}}{m\underline{D}^*(\omega)}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas régime forcé et transitoire, et prenez garde aux raccourcis erronés lors du passage en notation complexe.

« Des candidats, après avoir obtenu la bonne équation différentielle, ont étudié l’équation caractéristique associée à celle-ci, confondant ainsi régime transitoire et régime sinusoïdal forcé. »

« D’autres remplacent directement la dérivée première de x par iωx en passant en complexe sans penser que l’on cherche une superposition de deux fonctions harmoniques complexes conjuguées. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie potentielle, symétrie

Déterminer l'énergie potentielle associée à . Cette énergie potentielle peut-elle concerner une entité possédant un centre de symétrie en ?

Voir l'indice

Intégrer la force de rappel conservative \vec{F}_2 = -\vec{\nabla}V et examiner la parité du terme en x^3 sous l'opération d'inversion d'espace x \to -x.

Voir la réponse courte

Intégration V(x) = \frac{1}{3}m\beta x^{3} ; énergie impaire exclue pour une molécule possédant un centre d'inversion.

Voir le corrigé complet

La force de rappel \vec{F}_2 = -m\left(\omega_p^2 x + \beta x^2\right)\widehat{u}_x dérive d'une énergie potentielle V(x) selon :

\vec{F}_2 = -\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}x}\,\widehat{u}_x

On en déduit :

\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}x} = m\omega_p^2 x + m\beta x^2

Par intégration, en choisissant l'origine de l'énergie potentielle en x = 0 (V(0) = 0) :

\boxed{V(x) = \frac{1}{2}m\omega_p^2 x^2 + \frac{1}{3}m\beta x^3}

Si l'entité possède un centre de symétrie en O, la transformation x \to -x laisse le système invariant. L'énergie potentielle doit donc vérifier la condition de parité :

V(-x) = V(x) \quad \forall x

Or, en remplaçant x par -x :

V(-x) = \frac{1}{2}m\omega_p^2 x^2 - \frac{1}{3}m\beta x^3

Pour que V(-x) = V(x), il faut nécessairement que le terme impair s'annule :

\frac{2}{3}m\beta x^3 = 0 \quad \forall x \implies \beta = 0

Par conséquent, cette énergie potentielle ne peut pas concerner une entité possédant un centre de symétrie en O si \beta \neq 0.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas dérivée et primitive, et gardez à l'esprit qu'une fonction non paire n'est pas obligatoirement impaire.

« Certains candidats confondent dérivée et primitive ou énergie électrostatique et énergie potentielle. »

« Pour l’étude de la symétrie, rappelons qu’une fonction qui n’est pas paire n’est pas nécessairement impaire ! »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : méthode des perturbations, oscillateur harmonique amorti

Dans ce cas non linéaire, le mouvement de peut s'écrire comme la somme d'une perturbation et du mouvement précédent . On aura donc à présent avec à tout instant. Montrer qu'en régime sinusoïdal forcé, la perturbation est solution de l'équation :

Voir l'indice

Injecter x(t) = x_1(t) + x_2(t) dans l'équation différentielle complète, utiliser le fait que x_1 vérifie l'équation d'ordre zéro et négliger les termes en x_2^2 et x_1x_2.

Voir la stratégie
  1. Écrire le principe fondamental de la dynamique appliqué à la charge q avec la force de rappel anharmonique \vec{F}_2.
  2. Injecter la décomposition perturbative x(t) = x_1(t) + x_2(t) dans l'équation du mouvement.
  3. Utiliser le fait que x_1(t) vérifie l'équation du régime linéaire (question Q16) et négliger les termes d'ordre supérieur devant les termes dominants grâce à la condition |x_2(t)| \ll |x_1(t)|.
Voir la réponse courte

Injection de x = x_{1} + x_{2} dans le PFD et linéarisation au premier ordre en négligeant x_{2}^{2} et x_{1}x_{2}.

Voir le corrigé complet

Le principe fondamental de la dynamique appliqué à la charge q dans le référentiel galiléen de l'échantillon, projeté selon l'axe (Ox), s'écrit en présence de la force de rappel non linéaire \vec{F}_2 :

m \frac{\mathrm{d}^2x}{\mathrm{d}t^2} = -m\Gamma \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t} - m\left(\omega_p^2 x + \beta x^2\right) + q E(t)

soit, en divisant par la masse m :

\frac{\mathrm{d}^2x}{\mathrm{d}t^2} + \Gamma \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t} + \omega_p^2 x + \beta x^2 = \frac{q E(t)}{m}

On injecte la décomposition x(t) = x_1(t) + x_2(t) dans cette équation différentielle :

\left(\frac{\mathrm{d}^2x_1}{\mathrm{d}t^2} + \Gamma \frac{\mathrm{d}x_1}{\mathrm{d}t} + \omega_p^2 x_1\right) + \left(\frac{\mathrm{d}^2x_2}{\mathrm{d}t^2} + \Gamma \frac{\mathrm{d}x_2}{\mathrm{d}t} + \omega_p^2 x_2\right) + \beta\left(x_1^2 + 2x_1 x_2 + x_2^2\right) = \frac{q E(t)}{m}

D'après la question Q16, le mouvement d'ordre linéaire x_1(t) satisfait exactement :

\frac{\mathrm{d}^2x_1}{\mathrm{d}t^2} + \Gamma \frac{\mathrm{d}x_1}{\mathrm{d}t} + \omega_p^2 x_1 = \frac{q E(t)}{m}

L'équation se simplifie donc sous la forme :

\frac{\mathrm{d}^2x_2}{\mathrm{d}t^2} + \Gamma \frac{\mathrm{d}x_2}{\mathrm{d}t} + \omega_p^2 x_2 + \beta x_1^2 + \beta\left(2x_1 x_2 + x_2^2\right) = 0

Puisque |x_2(t)| \ll |x_1(t)| à tout instant, les termes non linéaires d'ordre supérieur en perturbation sont négligeables :

x_2^2 \ll |x_1 x_2| \ll x_1^2

De plus, dans l'approximation des faibles perturbations (\beta |x_1| \ll \omega_p^2), le terme de couplage 2\beta x_1 x_2 est totalement négligeable devant \omega_p^2 x_2.

On obtient donc bien l'équation régissant la perturbation x_2(t) :

\boxed{\frac{\mathrm{d}^2x_2}{\mathrm{d}t^2} + \Gamma \frac{\mathrm{d}x_2}{\mathrm{d}t} + \omega_p^2 x_2 + \beta x_1^2 = 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une grandeur négligeable devant une autre n'implique pas automatiquement que son accélération soit négligeable.

« On rappelle que bien qu’une grandeur soit beaucoup plus petite qu’une deuxième, on ne peut pas forcément négliger l’accélération de la première devant celle de la deuxième. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : régime sinusoïdal forcé, non-linéarité

Justifier le fait qu'il faille chercher la solution de l'équation (2) sous la forme où est une constante.

Voir l'indice

Développer le terme source \beta x_1(t)^2 à partir de l'expression de x_1(t) pour identifier des composantes oscillant à \pm 2\omega ainsi qu'un terme statique constant.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le second membre de l'équation différentielle (2), -\beta x_1^2(t), à l'aide de la forme de x_1(t) établie à la question Q16.
  2. Identifier le contenu spectral de cette excitation (composantes à la pulsation 2\omega et composante continue).
  3. Conclure sur la forme de la solution particulière en régime forcé établi par linéarité de l'opérateur différentiel.
Voir la réponse courte

Le terme source \beta x_{1}^{2} génère des harmoniques e^{\pm 2i\omega t} et une composante continue par produit d'exponentielles.

Voir le corrigé complet

L'équation différentielle (2) s'écrit sous la forme d'un oscillateur amorti excité par un second membre non linéaire :

\frac{\mathrm{d}^2x_2}{\mathrm{d}t^2} + \Gamma \frac{\mathrm{d}x_2}{\mathrm{d}t} + \omega_p^2 x_2 = -\beta x_1^2(t)

D'après la question Q16, le mouvement linéaire s'écrit sous la forme :

x_1(t) = \underline{X}_1(\omega)e^{i\omega t} + \underline{X}_1^*(\omega)e^{-i\omega t}

En élevant cette expression au carré, on obtient le terme source :

\begin{aligned} x_1^2(t) &= \left(\underline{X}_1(\omega)e^{i\omega t} + \underline{X}_1^*(\omega)e^{-i\omega t}\right)^2 \\ &= \underline{X}_1^2(\omega)e^{2i\omega t} + \left(\underline{X}_1^*(\omega)\right)^2 e^{-2i\omega t} + 2\,\underline{X}_1(\omega)\underline{X}_1^*(\omega) \\ &= \underline{X}_1^2(\omega)e^{2i\omega t} + \left(\underline{X}_1^2(\omega)\right)^* e^{-2i\omega t} + 2\left|\underline{X}_1(\omega)\right|^2 \end{aligned}

Le second membre est donc la somme :

  • d'un terme constant (composante continue, de pulsation nulle) : -2\beta \left|\underline{X}_1(\omega)\right|^2 ;
  • de deux termes harmoniques aux pulsations +2\omega et -2\omega, complexes conjugués l'un de l'autre.

L'opérateur différentiel \mathcal{L} = \frac{\mathrm{d}^2}{\mathrm{d}t^2} + \Gamma \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} + \omega_p^2 étant linéaire à coefficients constants et le terme d'amortissement \Gamma > 0 assurant l'extinction du régime transitoire, la solution en régime forcé établi est la somme des réponses particulières à chacune de ces composantes (principe de superposition) :

  • la composante continue engendre une réponse stationnaire constante K ;
  • les termes à pulsation \pm 2\omega engendrent une réponse harmonique à la pulsation 2\omega.

La grandeur physique x_2(t) étant réelle, la contribution oscillante doit être égale à la somme de deux termes complexes conjugués à la pulsation 2\omega. On en déduit bien la forme cherchée :

\boxed{x_2(t) = \underline{X}_2(\omega)e^{2i\omega t} + \underline{X}_2^*(\omega)e^{-2i\omega t} + K}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Identifiez avec rigueur les différentes fréquences qui apparaissent lors de la mise au carré d'un signal.

« Explications souvent confuses, beaucoup d’erreurs sur les contributions fréquentielles du carré d’un signal. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : régime sinusoïdal forcé, méthode des complexes

En déduire une expression de , et en fonction de , , , , , , , et . Dans toute la suite on supposera que le terme constant est négligeable devant .

Voir l'indice

Identifier terme à terme chaque harmonique dans l'équation différentielle linéaire en régime forcé pour déterminer les amplitudes complexes respectives.

Voir la stratégie
  1. Développer le terme source -\beta x_1^2(t) en utilisant l'expression de x_1(t) établie à la question Q16 afin de faire apparaître les trois composantes fréquentielles (harmoniques à 2\omega, -2\omega et la composante continue).
  2. Réécrire le membre de gauche de l'équation différentielle (2) appliqué à la forme recherchée de x_2(t) à l'aide de la fonction \underline{D}(\Omega) = \omega_p^2 - \Omega^2 + i\Gamma\Omega.
  3. Identifier terme à terme pour obtenir les expressions de \underline{X}_2(\omega), \underline{X}_2^*(\omega) et K.
Voir la réponse courte

Identification harmonique par harmonique : \underline{X}_{2}(\omega) = -\frac{\beta q^{2} E_{0}^{2}}{m^{2}\underline{D}^{2}(\omega)\underline{D}(2\omega)}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q16, le déplacement linéaire s'écrit :

x_1(t) = \underline{X}_1(\omega) e^{i\omega t} + \underline{X}_1^*(\omega) e^{-i\omega t} \quad \text{avec} \quad \underline{X}_1(\omega) = \frac{q E_0}{m \underline{D}(\omega)}

En élevant cette expression au carré, on obtient :

\begin{aligned} x_1^2(t) &= \left( \underline{X}_1(\omega) e^{i\omega t} + \underline{X}_1^*(\omega) e^{-i\omega t} \right)^2 \\ &= \underline{X}_1^2(\omega) e^{2i\omega t} + \left(\underline{X}_1^*(\omega)\right)^2 e^{-2i\omega t} + 2 \underline{X}_1(\omega)\underline{X}_1^*(\omega) \end{aligned}

L'équation différentielle (2) régissant la perturbation x_2(t) s'écrit :

\frac{\mathrm{d}^2x_2}{\mathrm{d}t^2} + \Gamma \frac{\mathrm{d}x_2}{\mathrm{d}t} + \omega_p^2 x_2 = -\beta x_1^2(t)

En introduisant l'opérateur linéaire \mathcal{L} = \frac{\mathrm{d}^2}{\mathrm{d}t^2} + \Gamma \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} + \omega_p^2 et en appliquant cet opérateur à chaque terme de x_2(t) = \underline{X}_2(\omega) e^{2i\omega t} + \underline{X}_2^*(\omega) e^{-2i\omega t} + K :

\begin{aligned} \mathcal{L}\left(\underline{X}_2(\omega) e^{2i\omega t}\right) &= \left(-(2\omega)^2 + 2i\Gamma\omega + \omega_p^2\right) \underline{X}_2(\omega) e^{2i\omega t} = \underline{D}(2\omega) \underline{X}_2(\omega) e^{2i\omega t} \\ \mathcal{L}\left(\underline{X}_2^*(\omega) e^{-2i\omega t}\right) &= \left(-(2\omega)^2 - 2i\Gamma\omega + \omega_p^2\right) \underline{X}_2^*(\omega) e^{-2i\omega t} = \underline{D}^*(2\omega) \underline{X}_2^*(\omega) e^{-2i\omega t} \\ \mathcal{L}(K) &= \omega_p^2 K \end{aligned}

où l'on a utilisé la définition \underline{D}(\Omega) = \omega_p^2 - \Omega^2 + i\Gamma\Omega pour \Omega = 2\omega et \Omega = 0.

Par unicité de la décomposition en séries de Fourier, l'identification harmonique terme à terme conduit à :

  • Sur la composante à la pulsation 2\omega (e^{2i\omega t}) :

    \underline{D}(2\omega) \underline{X}_2(\omega) = -\beta \underline{X}_1^2(\omega) = -\frac{\beta q^2 E_0^2}{m^2 \underline{D}^2(\omega)}
  • Sur la composante à la pulsation -2\omega (e^{-2i\omega t}) :

    \underline{D}^*(2\omega) \underline{X}_2^*(\omega) = -\beta \left(\underline{X}_1^*(\omega)\right)^2 = -\frac{\beta q^2 E_0^2}{m^2 (\underline{D}^*(\omega))^2}
  • Sur la composante continue (fréquence nulle) :

    \omega_p^2 K = -2\beta \underline{X}_1(\omega)\underline{X}_1^*(\omega) = -\frac{2\beta q^2 E_0^2}{m^2 \underline{D}(\omega)\underline{D}^*(\omega)}

On en déduit ainsi les expressions demandées :

\boxed{\underline{X}_2(\omega) = -\frac{\beta q^2 E_0^2}{m^2 \underline{D}^2(\omega) \underline{D}(2\omega)}}
\boxed{\underline{X}_2^*(\omega) = -\frac{\beta q^2 E_0^2}{m^2 (\underline{D}^*(\omega))^2 \underline{D}^*(2\omega)}}
\boxed{K = -\frac{2\beta q^2 E_0^2}{m^2 \omega_p^2 \underline{D}(\omega)\underline{D}^*(\omega)}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Menez le calcul avec rigueur en évitant les erreurs de signe fréquentes.

« Calcul souvent absent ou faux avec beaucoup d’erreurs de signe. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 21

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : photon, conservation de l'énergie

Pourquoi parle-t-on dans ce cas de microscopie à deux photons ?

Voir l'indice

Remarquer que la création d'un rayonnement à la pulsation 2\omega correspond à des photons d'énergie double 2\hbar\omega, nécessitant l'absorption simultanée de deux photons incidents.

Voir la stratégie

Adopter le point de vue corpusculaire de la lumière en reliant la pulsation \omega à l'énergie d'un photon via la relation de Planck-Einstein, puis appliquer la conservation de l'énergie lors de l'interaction lumière-matière.

Voir la réponse courte

L'émission à la pulsation 2\omega résulte de l'absorption simultanée de deux photons incidents d'énergie \hbar\omega.

Voir le corrigé complet

D'après la relation de Planck-Einstein, un photon de l'onde incidente de pulsation \omega transporte une énergie :

\mathcal{E}_{\text{inc}} = \hbar \omega

L'onde rayonnée par l'échantillon et sélectionnée par le filtre passe-haut possède une pulsation 2\omega. Chaque photon émis transporte donc une énergie :

\mathcal{E}_{\text{émis}} = \hbar(2\omega) = 2\hbar\omega

En vertu du principe de conservation de l'énergie, l'émission d'un tel photon (de fréquence double) résulte de l'annihilation ou de l'absorption simultanée de deux photons incidents de pulsation \omega :

\boxed{ \mathcal{E}_{\text{émis}} = 2 \times \mathcal{E}_{\text{inc}} }

On parle donc de microscopie à deux photons (ou microscopie biphotonique).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le principe physique de la microscopie à deux photons doit être compris et expliqué clairement.

« Question très mal comprise par une majorité de candidats ce qui a donné lieu à des explications souvent très confuses et erronées. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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B · Laser pulsé Titane-Saphir

Question 22

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I, TSI1, BCPST1

Notions : paquet d'ondes, largeur spectrale, durée de cohérence

En utilisant la relation liant la largeur spectrale (en Hertz) à la durée du train d'onde (en seconde) d'une source lumineuse : , proposer un ordre de grandeur de la durée des impulsions délivrées par ce laser. On rappelle la valeur de la célérité de la lumière dans le vide .

Voir l'indice

Estimer la largeur de bande en longueur d'onde \Delta\lambda sur la figure 6 et convertir en largeur de bande spectrale fréquentielle via |\Delta\nu| \approx (c/\lambda_0^2)\Delta\lambda.

Voir la stratégie
  1. Estimer graphiquement sur la figure 6 la longueur d'onde moyenne d'émission \lambda_0 et la largeur spectrale à mi-hauteur \Delta\lambda du cristal Ti : Saphir.
  2. Relier la largeur spectrale en fréquence \Delta\nu à la largeur en longueur d'onde \Delta\lambda à l'aide de la relation \nu = c/\lambda.
  3. En déduire l'ordre de grandeur de la durée d'impulsion minimale \tau_c via la relation temps-fréquence fournie.
Voir la réponse courte

Lecture \Delta\lambda \approx 100\text{ nm}, d'où \Delta\nu = c\Delta\lambda/\lambda_{0}^{2} \approx 5\times 10^{13}\text{ Hz} et \tau_{c} \sim 1/\Delta\nu \approx 20\text{ fs}.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 6, la courbe d'émission relative du cristal de Ti : Saphir présente une bande très large :

  • le maximum d'émission est centré autour de \lambda_0 \approx 780\text{ à } 800\text{ nm} ;
  • la largeur spectrale à mi-hauteur (pour une intensité relative de 0{,}5) s'étend d'environ 700\text{ nm} à 900\text{ nm}, ce qui donne une largeur :

    \Delta\lambda \approx 150\text{ à } 200\text{ nm} \sim 2 \times 10^{-7}\text{ m}.

La fréquence du rayonnement est liée à sa longueur d'onde par \nu = \frac{c}{\lambda}. En différentiant cette relation, on obtient la largeur en fréquence :

\Delta\nu \approx \left| \frac{\mathrm{d}\nu}{\mathrm{d}\lambda} \right| \Delta\lambda = \frac{c}{\lambda_0^2}\,\Delta\lambda

Avec \lambda_0 \approx 800\text{ nm} = 8{,}0 \times 10^{-7}\text{ m}, c = 3{,}0 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et \Delta\lambda \approx 2 \times 10^{-7}\text{ m} :

\begin{aligned} \Delta\nu &\approx \frac{3{,}0 \times 10^8}{(8{,}0 \times 10^{-7})^2} \times 2 \times 10^{-7} \\ &\approx \frac{6{,}0 \times 10^1}{64 \times 10^{-14}} \approx 10^{14}\text{ Hz} \end{aligned}

En utilisant la relation liant la durée d'un train d'onde à sa largeur spectrale, \tau_c \Delta\nu \sim 1, il vient :

\tau_c \sim \frac{1}{\Delta\nu} \approx \frac{\lambda_0^2}{c\,\Delta\lambda}

D'où l'ordre de grandeur de la durée des impulsions :

\boxed{\tau_c \sim 10^{-14}\text{ s} = 10\text{ fs}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas les différentielles pour relier largeurs spectrale et de longueur d'onde, et soyez rigoureux sur la lecture graphique.

« Curieusement, pour un nombre important de candidats, ∆ν = c/∆λ. »

« Beaucoup d’erreurs sur l’évaluation de ∆λ à partir de la courbe fournie. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : paquet d'ondes, transformée de fourier

A partir d'une lecture de la figure 6, estimer une valeur numérique raisonnable pour la pulsation du laser. Relier les largeurs et aux temps et , puis calculer leurs valeurs numériques respectives.

Voir l'indice

Lire la longueur d'onde centrale d'émission \lambda_0, en déduire \omega_0 = 2\pi c/\lambda_0, puis utiliser les propriétés de la transformée de Fourier d'un peigne temporel.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la longueur d'onde centrale d'émission \lambda_0 à partir du pic de la courbe d'émission de la figure 6, puis en déduire la pulsation \omega_0 = 2\pi c / \lambda_0.
  2. Exprimer l'intervalle angulaire \delta\omega entre deux raies spectrales successives à partir de la périodicité temporelle T du train d'impulsions (peigne de modes).
  3. Relier la largeur spectrale de l'enveloppe \Delta\omega à la durée d'une impulsion \tau_c en utilisant la relation temps-fréquence rappelée à la question Q22.
Voir la réponse courte

\omega_{0} = 2\pi c/\lambda_{0} \approx 2,4\times 10^{15}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}, largeur globale \Delta\omega \sim 2\pi/\tau_{c} et intervalle intermode \delta\omega = 2\pi/T.

Voir le corrigé complet

1. Estimation de la pulsation centrale \omega_0

Sur la figure 6, la courbe d'émission relative du cristal de Ti : Saphir présente un maximum bien marqué centré sur la longueur d'onde :

\lambda_0 \approx 800\text{ nm} = 8{,}0 \times 10^{-7}\text{ m}

La pulsation optique associée s'écrit :

\omega_0 = \frac{2\pi c}{\lambda_0}

Application numérique avec c = 3{,}0 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

\omega_0 = \frac{2\pi \times 3{,}0 \times 10^8}{8{,}0 \times 10^{-7}} = \frac{3\pi}{4} \times 10^{15}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} \approx 2{,}4 \times 10^{15}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{\omega_0 \approx 2{,}4 \times 10^{15}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}}

2. Expression et valeur numérique de \delta\omega

Le train d'impulsions est périodique de période T. D'après la théorie des séries de Fourier, son spectre est discontinu et constitué d'un peigne de fréquences dont les composantes sont séparées de \delta\nu = 1/T. L'espacement en pulsation entre deux raies consécutives est donc :

\delta\omega = 2\pi\,\delta\nu = \frac{2\pi}{T}

Application numérique avec T = 1{,}25 \times 10^{-8}\text{ s} :

\delta\omega = \frac{2\pi}{1{,}25 \times 10^{-8}} = \frac{8\pi}{5} \times 10^8\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} \approx 5{,}0 \times 10^8\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{\delta\omega = \frac{2\pi}{T} \approx 5{,}0 \times 10^8\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}}

3. Expression et valeur numérique de \Delta\omega

L'enveloppe spectrale est liée à la transformée de Fourier d'une impulsion individuelle de durée \tau_c. D'après la relation temps-fréquence \tau_c\,\Delta\nu \sim 1 introduite à la question Q22, la largeur en fréquence vaut \Delta\nu \sim 1/\tau_c. Par conséquent, la largeur à mi-hauteur en pulsation s'écrit :

\Delta\omega = 2\pi\,\Delta\nu \sim \frac{2\pi}{\tau_c}

Application numérique avec \tau_c = 10\text{ fs} = 1{,}00 \times 10^{-14}\text{ s} :

\Delta\omega \sim \frac{2\pi}{1{,}00 \times 10^{-14}} \approx 6{,}3 \times 10^{14}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{\Delta\omega \sim \frac{2\pi}{\tau_c} \approx 6{,}3 \times 10^{14}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention à ne pas vous tromper d'unité : une pulsation s'exprime en rad/s.

« Question globalement bien traitée malgré des erreurs fréquentes dans les unités. Une pulsation s’exprime en rad.s−1. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : vecteur de poynting, intensité lumineuse

Justifier le fait qu'il soit plus pertinent de comparer les carrés des champs que leurs amplitudes. En faisant les hypothèses simplificatrices nécessaires sur la forme de l'impulsion estimer l'ordre de grandeur du rapport . Commenter ce résultat.

Voir l'indice

Relier l'intensité instantanée au carré du champ électrique et comparer l'énergie d'une impulsion concentrée sur la durée \tau_c à celle répartie uniformément sur la période T.

Voir la stratégie
  1. Relier le carré du champ électrique à l'intensité lumineuse de l'onde et à la réponse non linéaire du milieu.
  2. Modéliser les impulsions temporelles par des créneaux de durée \tau_c et de période de répétition T afin d'exprimer la puissance moyenne en fonction de la puissance de crête.
  3. Établir l'ordre de grandeur du rapport \dfrac{E_0^2}{E_0'^2} à puissance moyenne et géométrie identiques, puis commenter l'intérêt pour la microscopie biologique.
Voir la réponse courte

L'intensité dépend de E^{2}. À puissance moyenne égale, le rapport vaut T/\tau_{c} \sim 10^{5}, décuplant l'efficacité non linéaire.

Voir le corrigé complet

L'intensité lumineuse I (ou éclairement) d'une onde électromagnétique dans un milieu non magnétique est proportionnelle à la moyenne temporelle de la norme du vecteur de Poynting, c'est-à-dire au carré de l'amplitude du champ électrique :

I = \frac{1}{2}\varepsilon_0 c E^2

De plus, d'après les questions précédentes (Q20 et Q21), l'amplitude de vibration anharmonique \underline{X}_2(\omega) est proportionnelle à E_0^2, et l'intensité rayonnée à la pulsation 2\omega varie comme E_0^4 = (E_0^2)^2. Comparer les carrés des champs revient donc directement à comparer les intensités crêtes incidentes, qui pilotent l'efficacité des processus non linéaires.

Considérons un faisceau de section droite \mathcal{S} = \pi W_0^2 identique pour les deux sources :

  • Pour le laser continu : le champ a une amplitude constante E_0', de sorte que la puissance moyenne transportée s'écrit :

    P = \frac{1}{2}\varepsilon_0 c E_0'^2 \, \mathcal{S}
  • Pour le laser pulsé : faisons l'hypothèse simplificatrice d'impulsions de forme rectangulaire de durée \tau_c, répétées avec la période T, au cours desquelles l'amplitude crête vaut E_0. La puissance instantanée vaut P_{\text{crête}} = \frac{1}{2}\varepsilon_0 c E_0^2 \, \mathcal{S} pendant la durée \tau_c, et elle est nulle le reste de la période. La puissance moyenne sur une période T est donc :

    P = \frac{1}{T}\int_0^T P(t)\,\mathrm{d}t \approx \frac{\tau_c}{T} P_{\text{crête}} = \frac{\tau_c}{T} \left(\frac{1}{2}\varepsilon_0 c E_0^2 \, \mathcal{S}\right)

À puissance moyenne P et section \mathcal{S} égales, on en déduit immédiatement le rapport :

\frac{E_0^2}{E_0'^2} \sim \frac{T}{\tau_c}

Application numérique avec T = 1{,}25 \times 10^{-8}\text{ s} et \tau_c = 1{,}00 \times 10^{-14}\text{ s} :

\frac{E_0^2}{E_0'^2} \sim \frac{1{,}25 \times 10^{-8}}{1{,}00 \times 10^{-14}} = 1{,}25 \times 10^6
\boxed{\frac{E_0^2}{E_0'^2} \sim 10^6}

Commentaire : L'intensité crête délivrée par le laser pulsé est environ un million de fois plus grande que celle délivrée par un laser continu de même puissance moyenne. Comme le signal généré à 2\omega est proportionnel à E_0^4 = (E_0^2)^2, l'utilisation du laser impulsionnel amplifie l'émission non linéaire d'un facteur (10^6)^2 = 10^{12}.

Cela permet d'obtenir un signal détectable tout en maintenant une puissance moyenne faible (P = 1\text{ W}), ce qui évite l'échauffement destructeur et la photodégradation de l'échantillon biologique.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Justifiez précisément la comparaison des carrés des champs et menez le calcul du rapport jusqu'à son terme.

« La justification de l’intérêt de comparer les carrés des champs a été très souvent hors sujet. »

« Peu de candidats traitent correctement la suite de la question et arrivent à évaluer le rapport demandé. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : faisceau gaussien, longueur de rayleigh

En considérant un waist de , calculer la valeur numérique de la longueur de Rayleigh associée à ce laser. En déduire la raison pour laquelle le faisceau sera focalisé au foyer de l'objectif du microscope.

Voir l'indice

Calculer numériquement z_R = \pi W_0^2/\lambda_0 et comparer cette distance à la taille macroscopique de l'objectif pour justifier le caractère quasi-collimaté du faisceau incident.

Voir la stratégie
  1. Calculer la longueur de Rayleigh à partir de la formule z_R = \frac{\pi W_0^2}{\lambda_0} en utilisant la longueur d'onde centrale d'émission du laser Ti : Saphir déterminée à la question Q23 (\lambda_0 \approx 800\text{ nm}).
  2. Interpréter la valeur obtenue en la comparant aux distances usuelles de propagation avant l'objectif, afin de caractériser la structure de l'onde incidente sur la lentille (divergence et courbure des surfaces d'onde).
  3. Conclure sur la position du point de convergence après la traversée de l'objectif modélisé par une lentille convergente.
Voir la réponse courte

z_{R} = \pi W_{0}^{2}/\lambda \approx 1\text{ m} ; la focalisation par l'objectif est indispensable pour réduire le waist à l'échelle micrométrique.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, la longueur de Rayleigh associée au faisceau gaussien s'écrit :

z_R = \frac{\pi W_0^2}{\lambda_0}

Avec un waist W_0 = 0{,}50\text{ mm} = 5{,}0 \times 10^{-4}\text{ m} et une longueur d'onde centrale \lambda_0 \approx 800\text{ nm} = 8{,}0 \times 10^{-7}\text{ m} (déterminée à partir du spectre d'émission du cristal de Ti : Saphir à la question Q23) :

\begin{aligned} z_R &= \frac{\pi \times (5{,}0 \times 10^{-4})^2}{8{,}0 \times 10^{-7}} \\ &= \frac{2{,}5 \pi}{8{,}0} \approx \frac{2{,}5 \times 3,14}{8{,}0} \approx 0{,}98\text{ m} \end{aligned}
\boxed{z_R \approx 1{,}0\text{ m}}

La longueur de Rayleigh z_R \approx 1{,}0\text{ m} est très grande devant les dimensions optiques de l'objectif (focale f'_L = 1{,}00\text{ mm}) et de l'ordre de grandeur de la distance parcourue par le faisceau entre le laser et le microscope. Pour une distance |z| \ll z_R par rapport au waist de sortie du laser :

  • le rayon du faisceau reste pratiquement constant : W(z) = W_0 \sqrt{1 + (z/z_R)^2} \approx W_0 ;
  • le rayon de courbure des surfaces d'onde R(z) = z\left[1 + (z_R/z)^2\right] \approx z_R^2 / z \gg z est extrêmement grand, si bien que les fronts d'onde sont plans et normaux à l'axe optique (Oz).

Le faisceau incident sur l'objectif est donc équivalent à un paquet d'ondes planes se propageant parallèlement à l'axe optique (faisceau de rayons parallèles, correspondant à un objet situé à l'infini sur l'axe). Par les propriétés d'une lentille mince convergente dans les conditions de Gauss, ces rayons émergent en convergeant au foyer image F'. Le faisceau sera donc focalisé au foyer image F' de l'objectif.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à commenter physiquement la valeur numérique trouvée pour la longueur de Rayleigh.

« Calcul de zR relativement bien réalisé mais le commentaire physique ne suit pas toujours. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : faisceau gaussien, waist

On note le waist du faisceau en . Exprimer en fonction de et . Estimer sa valeur numérique.

Voir l'indice

Utiliser l'angle de divergence asymptotique du faisceau gaussien \theta \approx \lambda/(\pi W'_0) et la relation géométrique \theta \approx W_0/f'_L.

Voir la stratégie
  1. Décrire le faisceau gaussien après la traversée de la lentille : son waist W_0' est situé en F' et sa demi-largeur varie selon la loi W(z') = W_0'\sqrt{1 + (z'/z_R')^2}.
  2. Exprimer le rayon du faisceau au niveau de la lentille (z' = -f_L') sous l'hypothèse de champ lointain par rapport au waist focalisé (f_L' \gg z_R'), ou de façon équivalente par conservation de l'angle de divergence.
  3. En déduire l'expression analytique de W_0' puis réaliser l'application numérique avec la longueur d'onde centrale du laser Ti : Saphir (\lambda \approx 800\text{ nm}).
Voir la réponse courte

Waist au foyer W_{0}' = \frac{\lambda f_{L}'}{\pi W_{0}} \approx 1\text{ }\mu\text{m}, assurant une très haute densité surfacique de puissance.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q25, le faisceau incident a une longueur de Rayleigh z_R \approx 1{,}0\text{ m} \gg f_L' : l'onde incidente sur la lentille est quasi-plane et le waist incident de demi-largeur W_0 est situé au niveau de la lentille.

Après traversée de la lentille mince convergente de distance focale f_L', le faisceau converge vers un nouveau waist de demi-largeur W_0' situé en F'. En choisissant l'origine des cotes axiales z' au foyer image F', le profil du faisceau focalisé s'écrit :

W(z') = W_0'\sqrt{1 + \left(\frac{z'}{z_R'}\right)^2} \quad \text{avec} \quad z_R' = \frac{\pi W_0'^2}{\lambda}

Au niveau de la lentille, située en z' = -f_L', la demi-largeur du faisceau coïncide avec celle du faisceau incident, soit W(-f_L') = W_0. Dans l'hypothèse où la lentille est en zone de champ lointain par rapport au waist focalisé (f_L' \gg z_R'), on a :

W_0 \approx W_0' \frac{f_L'}{z_R'} = W_0' \frac{f_L'}{\dfrac{\pi W_0'^2}{\lambda}} = \frac{\lambda f_L'}{\pi W_0'}

On en déduit l'expression du waist focalisé :

\boxed{W_0' = \frac{\lambda f_L'}{\pi W_0}}

Application numérique : D'après l'étude spectrale du laser Ti : Saphir (figure 6, question Q23), la longueur d'onde centrale d'émission est \lambda \approx 800\text{ nm} = 8{,}0 \times 10^{-7}\text{ m}. Avec f_L' = 1{,}00\text{ mm} = 1{,}00 \times 10^{-3}\text{ m} et W_0 = 0{,}50\text{ mm} = 5{,}0 \times 10^{-4}\text{ m} :

\begin{aligned} W_0' &= \frac{8{,}0 \times 10^{-7} \times 1{,}00 \times 10^{-3}}{\pi \times 5{,}0 \times 10^{-4}} = \frac{1{,}6 \times 10^{-6}}{\pi} \approx 0{,}51\,\mu\text{m} \end{aligned}
\boxed{W_0' \approx 0{,}51\,\mu\text{m}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Portez une attention particulière à l'établissement de la formule littérale du waist.

« Beaucoup de formules littérales fausses. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 27

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : faisceau gaussien, longueur de rayleigh

Exprimer en fonction de et puis estimer sa valeur numérique.

Voir l'indice

Exprimer le rapport des champs sur l'axe optique en fonction de z'/z'_R avec la formule de W(z'), puis résoudre l'équation en posant z' = \delta z'/2.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'amplitude du champ sur l'axe optique (x=0) en fonction de la coordonnée axiale z' et de la longueur de Rayleigh z'_R du faisceau focalisé.
  2. Exploiter le critère d'atténuation d'un facteur 10 pour le signal à 2\omega_0 en z' = \pm \delta z'/2 pour en déduire le rapport \delta z' / z'_R.
  3. Remplacer z'_R = \frac{\pi {W'_0}^2}{\lambda} pour obtenir \delta z' et effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

Longueur de Rayleigh focale \delta z' \sim \pi W_{0}'^{2}/\lambda \approx 4\text{ }\mu\text{m}, définissant la résolution axiale du système.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression du faisceau gaussien après la lentille, l'amplitude sur l'axe optique (x = 0) s'écrit :

E_0(W'_0, x=0, z') = A'_0 \frac{W'_0}{W'(z')} = \frac{A'_0}{\sqrt{1 + \left(\dfrac{z'}{z'_R}\right)^2}}

où z'_R = \dfrac{\pi {W'_0}^2}{\lambda} désigne la longueur de Rayleigh du faisceau focalisé au voisinage de F', avec l'origine prise en F' (z'=0). En ce point, le champ est maximal et vaut E_0(W'_0, 0, 0) = A'_0.

La condition imposée sur la profondeur \delta z' s'écrit :

\frac{E_0^4\left(W'_0, 0, \pm \delta z'/2\right)}{E_0^4\left(W'_0, 0, 0\right)} = \frac{1}{\left[1 + \left(\dfrac{\delta z'}{2z'_R}\right)^2\right]^2} = \frac{1}{10}

Il vient successivement :

\begin{aligned} 1 + \left(\frac{\delta z'}{2z'_R}\right)^2 &= \sqrt{10} \\ \left(\frac{\delta z'}{2z'_R}\right)^2 &= \sqrt{10} - 1 \\ \delta z' &= 2 z'_R \sqrt{\sqrt{10} - 1} \end{aligned}

En remplaçant la longueur de Rayleigh par son expression z'_R = \dfrac{\pi {W'_0}^2}{\lambda}, on obtient :

\boxed{\delta z' = \frac{2\pi {W'_0}^2}{\lambda}\sqrt{\sqrt{10} - 1}}

Application numérique : Avec \sqrt{10} \approx 3{,}16, on a \sqrt{\sqrt{10} - 1} = \sqrt{2{,}16} \approx 1{,}47. D'après la question Q26, z'_R = \dfrac{\pi {W'_0}^2}{\lambda} \approx 1{,}0\,\mu\text{m} (avec W'_0 \approx 0{,}51\,\mu\text{m} et \lambda \approx 800\text{ nm}) :

\delta z' \approx 2 \times 1{,}0\,\mu\text{m} \times 1{,}47 \approx 2{,}9\,\mu\text{m}
\boxed{\delta z' \approx 3\,\mu\text{m}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soyez vigilant dans la conduite des calculs pour exprimer et évaluer correctement delta z'.

« Question peu souvent bien traitée à cause de nombreuses erreurs de calcul. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : optique non linéaire, microscopie biphotonique, résolution spatiale

Le faisceau d'un laser Ti : Saphir est focalisé par un objectif de microscope sur un échantillon comportant des fibres de collagène. En s'aidant du document 4, expliquer comment, en récupérant une partie du signal à généré par l'échantillon vers l'objectif, il est possible de construire une image tridimensionnelle, comme celle de la figure ci-contre, sans aucune coloration.

Voir l'indice

Exploiter le fait que l'émission non linéaire n'a lieu qu'au volume focal infime défini par W'_0 et \delta z', et décrire le balayage transverse et axial à l'aide des miroirs et de la platine.

Voir la stratégie

Pour répondre de manière exhaustive à la question en exploitant l'ensemble du sujet et du document 4, on décompose l'explication selon quatre axes :

  1. L'origine du signal et l'absence de coloration (contraste endogène par génération de seconde harmonique).
  2. Le confinement volumique de l'émission (sectionnement optique intrinsèque).
  3. Le rôle du miroir dichroïque dans la séparation optique des voies d'excitation et de détection.
  4. Le mécanisme de balayage tridimensionnel (miroirs galvanométriques en (x,y) et translation en z).
Voir la réponse courte

Le signal non linéaire à 2\omega_{0} est confiné au volume focal micrométrique, autorisant une reconstruction tomographique 3D sans marquage.

Voir le corrigé complet

La formation d'une image tridimensionnelle sans coloration repose sur les étapes suivantes :

  1. Contraste endogène sans coloration : Comme établi en partie IV.A, les fibres de collagène présentent une organisation moléculaire non centrosymétrique (\beta \neq 0). Sous l'action du champ électrique intense du laser pulsé Ti : Saphir à la pulsation \omega_0 (\lambda_0 \approx 800\text{ nm}), la réponse non linéaire du milieu engendre une polarisation oscillant à 2\omega_0 (\lambda = \lambda_0 / 2 \approx 400\text{ nm}). Le collagène émet ainsi spontanément un signal à la fréquence double (génération de seconde harmonique) sans qu'il soit nécessaire d'introduire des colorants exogènes perturbateurs.
  2. Sectionnement optique intrinsèque : L'intensité du signal émis à 2\omega_0 dépend de manière quadratique de l'intensité d'excitation, soit I(2\omega_0) \propto E_0^4. Cette émission n'atteint un niveau détectable qu'au voisinage immédiat du foyer image F' de l'objectif, au sein d'un minuscule volume focal (voxel) de dimensions transverses 2W_0' \approx 1{,}0\,\mu\text{m} et de profondeur axiale \delta z' \approx 3\,\mu\text{m} (questions Q26 et Q27). En dehors de ce volume, la divergence du faisceau fait chuter l'intensité incidente et annule quasi totalement la génération du signal : il n'y a donc aucun signal parasite issu des plans hors focus, conférant au système une résolution axiale native sans trou sténopéïque (contrairement à la microscopie confocale).
  3. Séparation spectrale par miroir dichroïque : D'après la courbe du document 4, le miroir dichroïque présente une transmission quasi unitaire à \lambda_0 \approx 800\text{ nm} et une réflexion quasi totale à 400\text{ nm}.

    • Le faisceau laser incident à 800\text{ nm} traverse le miroir et est focalisé sur l'échantillon par l'objectif.
    • Une fraction du signal à 2\omega_0 (\lambda = 400\text{ nm}) émis par les fibres est collectée en retour par l'objectif (épi-détection) ; elle est ensuite réfléchie à 90^\circ par le miroir dichroïque vers le photodétecteur, sans être polluée par la lumière laser rétrodiffusée.
  4. Balayage spatial et reconstruction 3D :

    • Balayage transverse (x, y) : Le couple de miroirs mobiles selon deux directions orthogonales dévie angulairement le faisceau en amont de l'objectif, ce qui déplace le point focal dans le plan focal image de façon à balayer une tranche bidimensionnelle de l'échantillon. Le photodétecteur mesure point par point l'intensité lumineuse pour reconstituer une image 2D.
    • Balayage axial z : Un déplacement micrométrique relatif entre l'objectif et l'échantillon le long de l'axe Oz permet de translater le plan de coupe focal et d'acquérir une pile de coupes optiques à différentes profondeurs.

L'empilement numérique de ces coupes bidimensionnelles permet de reconstruire l'architecture tridimensionnelle complète du réseau de collagène avec une résolution micrométrique.

Voir ce qu'a relevé le jury

L'exploitation des documents demande une explication claire et bien argumentée.

« Explication souvent confuse et peu claire. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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