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Corrigé détaillé Mines Physique 2 MP 2023

Déformations élastiques

Le sujet en bref

Sujet accessible · Cinématique et dynamique du point, Physique quantique, Facteur de Boltzmann et physique statistique · 11 incontournables · 14 questions de première année
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Ce sujet propose une étude transversale et progressive de l'élasticité, partant de la mécanique classique macroscopique pour aboutir à une justification microscopique quantique puis à une manifestation thermodynamique statistique.

La première partie revisite les oscillateurs couplés et aborde la déformation continue d'une tige en rotation uniforme via l'élasticité linéaire. La deuxième partie, particulièrement formatrice, relie le module d'Young aux propriétés électroniques du solide modélisé par un puits quantique tridimensionnel à volume constant. Enfin, la troisième partie illustre le mouvement brownien et la détermination de la constante de Boltzmann à travers l'expérience historique de Kappler. Il s'agit d'une excellente épreuve de synthèse pour la filière MP, fluide et guidée, balayant des notions fondamentales du cours avec clarté.

Difficulté
Accessible, estimée à partir de la difficulté de chaque question
Temps estimé
≈ 2 h 15 pour tout traiter, pour une épreuve de 3 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

11 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

19 questions rapides et accessibles · 3 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (19) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (3) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : erreur d'énoncé
  • Erreur d'énoncé

    Q23 : L'énoncé demande d'exprimer F en fonction de K, s, a et \delta L, en omettant la longueur L. L'homogénéité impose pourtant la présence de L au dénominateur : F = \frac{Ks}{aL}\delta L.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

29 questions
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Partie I : Ressorts et loi de Hooke

A · Mouvements d'un ressort

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : force conservative, énergie potentielle

Montrer que la force de tension ainsi exercée sur est conservative et déterminer l'énergie potentielle associée en fonction de et .

Voir l'indice

Exprimer le travail élémentaire de la force de tension lors d'un déplacement élémentaire \mathrm{d}\ell et vérifier qu'il dérive d'une fonction d'état scalaire.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le travail élémentaire \delta W de la force de tension \vec{T} lors d'un déplacement quelconque \mathrm{d}\overrightarrow{OM} de l'extrémité M.
  2. Montrer que ce travail est l'opposé d'une différentielle totale exacte \mathrm{d}E_p, ce qui établit le caractère conservatif de la force.
  3. Intégrer cette relation pour exprimer E_p en fonction de l'allongement, puis substituer les grandeurs T et \sigma = 1/k.
Voir la réponse courte

Travail élémentaire de la force de rappel élastique et intégration pour trouver l'énergie potentielle E_p = \frac{1}{2}\sigma T^2.

Voir le corrigé complet

Soit un déplacement élémentaire de l'extrémité mobile M. Comme \overrightarrow{OM} = \ell \vec{u} avec \vec{u} vecteur unitaire, on a :

\mathrm{d}\overrightarrow{OM} = \mathrm{d}\ell \, \vec{u} + \ell \, \mathrm{d}\vec{u}

Le vecteur unitaire vérifiant \vec{u}\cdot\vec{u} = 1, sa différentielle est orthogonale à \vec{u} : \vec{u}\cdot\mathrm{d}\vec{u} = 0.

Le travail élémentaire de la force de tension \vec{T} = - T \vec{u} = - k(\ell - \ell_0)\vec{u} s'écrit alors :

\begin{aligned} \delta W &= \vec{T} \cdot \mathrm{d}\overrightarrow{OM} \\ &= - k(\ell - \ell_0) \vec{u} \cdot (\mathrm{d}\ell \, \vec{u} + \ell \, \mathrm{d}\vec{u}) \\ &= - k(\ell - \ell_0) \mathrm{d}\ell \end{aligned}

Ce travail élémentaire ne dépend que de la variable d'état \ell et s'écrit sous la forme \delta W = -\mathrm{d}E_p, où \mathrm{d}E_p est la différentielle totale exacte d'une fonction d'état :

\mathrm{d}E_p = k(\ell - \ell_0)\,\mathrm{d}\ell

La force de tension \vec{T} dérive donc d'une énergie potentielle : elle est conservative.

En intégrant par rapport à \ell et en choisissant conventionnellement une énergie potentielle nulle au repos (\ell = \ell_0) :

E_p = \frac{1}{2} k (\ell - \ell_0)^2

D'après la loi de Hooke, T = k(\ell - \ell_0) et la souplesse vaut \sigma = 1/k, ce qui donne \ell - \ell_0 = \sigma T. En remplaçant dans l'expression de E_p, on obtient :

\boxed{E_p(T, \sigma) = \frac{1}{2}\sigma T^2}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Respectez scrupuleusement le jeu de variables imposé par l'énoncé et menez la démonstration avec rigueur.

« La rigueur dans la démonstration d’une des bases de la physique est primordiale. Il est à noter l’importance de respecter dans la réponse le jeu de variables demandées dans la question. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : principe fondamental de la dynamique, oscillateur harmonique

Établir les équations différentielles vérifiées par et .

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la dynamique à chacune des masses sur l'axe horizontal (Ox) en explicitant avec soin les forces exercées par le ressort.

Voir la stratégie
  1. Identifier le système constitué des deux masses ponctuelles M et P et faire l'inventaire des forces appliquées sur chacune d'elles selon l'axe horizontal (Ox).
  2. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à chaque masse dans le référentiel galiléen \mathcal{R} en projetant sur \vec{\mathrm{e}}_x.
Voir la réponse courte

Principe fondamental de la dynamique projeté sur l'axe horizontal pour chacune des deux masses en tenant compte du frottement fluide.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 2, le point P précède le point M sur l'axe (Ox), de sorte que la longueur instantanée du ressort s'écrit :

\ell(t) = x_1(t) - x_2(t)

Le ressort, de masse négligeable, exerce à ses deux extrémités des forces de rappel opposées :

  • sur le point M : \vec{F}_{\text{ressort} \to M} = -k(\ell - \ell_0)\vec{\mathrm{e}}_x = -k(x_1 - x_2 - \ell_0)\vec{\mathrm{e}}_x ;
  • sur le point P : \vec{F}_{\text{ressort} \to P} = -\vec{F}_{\text{ressort} \to M} = k(x_1 - x_2 - \ell_0)\vec{\mathrm{e}}_x.

Chaque masse subit également son poids et la réaction normale de l'axe horizontal, qui se compensent verticalement, ainsi que la force de frottement fluide donnée par l'énoncé :

\vec{f}_{\to M} = -\lambda_1 \dot{x}_1 \vec{\mathrm{e}}_x \quad \text{et} \quad \vec{f}_{\to P} = -\lambda_2 \dot{x}_2 \vec{\mathrm{e}}_x

Appliquons la deuxième loi de Newton dans le référentiel galiléen \mathcal{R} :

  • pour la masse m_1 en M :

    m_1 \ddot{x}_1 \vec{\mathrm{e}}_x = \vec{F}_{\text{ressort} \to M} + \vec{f}_{\to M} = \left[-k(x_1 - x_2 - \ell_0) - \lambda_1 \dot{x}_1\right]\vec{\mathrm{e}}_x
  • pour la masse m_2 en P :

    m_2 \ddot{x}_2 \vec{\mathrm{e}}_x = \vec{F}_{\text{ressort} \to P} + \vec{f}_{\to P} = \left[k(x_1 - x_2 - \ell_0) - \lambda_2 \dot{x}_2\right]\vec{\mathrm{e}}_x

On obtient le système d'équations différentielles couplées :

\boxed{\begin{cases} m_1 \ddot{x}_1 + \lambda_1 \dot{x}_1 + k(x_1 - x_2) = k\ell_0 \\[6pt] m_2 \ddot{x}_2 + \lambda_2 \dot{x}_2 - k(x_1 - x_2) = -k\ell_0 \end{cases}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une démarche rigoureuse et méthodique est indispensable pour obtenir les équations couplées.

« Les candidats n’ayant pas eu une approche rigoureuse et méthodique ont souvent échoué. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : position d'équilibre, oscillateur couplé

On en cherche des solutions de la forme où et sont des constantes. Déterminer et commenter la relation liant et .

Voir l'indice

Injecter la forme proposée dans les équations différentielles et identifier les termes indépendants du temps correspondant à la position d'équilibre statique.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme de solution proposée x_i(t) = x_{0i} + a_i \mathrm{e}^{\mu t} dans le système d'équations différentielles obtenu à la question 2.
  2. Séparer les termes constants (indépendants du temps) et les termes proportionnels à \mathrm{e}^{\mu t} par identification pour tout instant t.
  3. En déduire la relation liant x_{01} et x_{02}, puis l'interpréter physiquement.
Voir la réponse courte

Substitution du régime stationnaire : relation x_{02} - x_{01} = \ell_0, correspondant à l'équilibre statique avec le ressort à vide.

Voir le corrigé complet

D'après la question 2, le système d'équations différentielles régissant le mouvement s'écrit :

\begin{aligned} m_1 \ddot{x}_1 + \lambda_1 \dot{x}_1 + k(x_1 - x_2) &= k\ell_0 \\ m_2 \ddot{x}_2 + \lambda_2 \dot{x}_2 - k(x_1 - x_2) &= -k\ell_0 \end{aligned}

En injectant la forme de solution x_i(t) = x_{0i} + a_i \mathrm{e}^{\mu t}, pour laquelle \dot{x}_i(t) = \mu a_i \mathrm{e}^{\mu t} et \ddot{x}_i(t) = \mu^2 a_i \mathrm{e}^{\mu t}, les équations deviennent :

\begin{aligned} \left(m_1 \mu^2 + \lambda_1 \mu + k\right) a_1 \mathrm{e}^{\mu t} - k a_2 \mathrm{e}^{\mu t} + k(x_{01} - x_{02}) &= k\ell_0 \\ -k a_1 \mathrm{e}^{\mu t} + \left(m_2 \mu^2 + \lambda_2 \mu + k\right) a_2 \mathrm{e}^{\mu t} - k(x_{01} - x_{02}) &= -k\ell_0 \end{aligned}

Ces relations devant être vérifiées à chaque instant t, l'identification des termes constants (indépendants du temps) conduit, pour chacune des deux équations, à :

k(x_{01} - x_{02}) = k\ell_0

Comme k \neq 0, on obtient la relation :

\boxed{x_{01} - x_{02} = \ell_0}

Commentaire :

  • Les constantes x_{01} et x_{02} correspondent aux positions d'équilibre statique des deux masses (solution particulière constante).
  • La relation x_{01} - x_{02} = \ell_0 indique qu'à l'équilibre, le ressort est au repos (non déformé) : sa longueur est égale à sa longueur à vide \ell_0 et la tension est nulle.
  • Seule la distance relative x_{01} - x_{02} est fixée : les positions individuelles x_{01} et x_{02} ne sont pas déterminées car le système n'est soumis à aucune force de rappel extérieure vers une origine donnée, traduisant l'invariance par translation le long de l'axe (Ox).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Abordez les équations avec sens physique pour gagner du temps et répondre avec élégance.

« Une approche des équations avec sens physique permet de trouver la réponse avec élégance et gain de temps. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : oscillateur couplé, équation caractéristique

Montrer que la condition impose une équation algébrique du quatrième degré vérifiée par , que l'on écrira en fonction de et .

Voir l'indice

Écrire le système linéaire vérifié par le couple (a_1, a_2) et annuler son déterminant pour obtenir des amplitudes non nulles.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme de solution x_i(t) = x_{0i} + a_i \mathrm{e}^{\mu t} dans le système d'équations différentielles établi à la question 2, en exploitant la condition d'équilibre statique x_{01} - x_{02} = \ell_0 trouvée à la question 3.
  2. Exprimer le système linéaire homogène vérifié par le vecteur colonne \begin{pmatrix} a_1 \\ a_2 \end{pmatrix}.
  3. Traduire l'existence d'une solution non triviale (a_i \neq 0) par l'annulation du déterminant de ce système pour obtenir l'équation caractéristique en \mu.
Voir la réponse courte

Écriture du système linéaire matriciel en (a_1, a_2) dont le déterminant nul donne l'équation caractéristique du quatrième degré en \mu.

Voir le corrigé complet

D'après les questions 2 et 3, le mouvement des deux masses vérifie :

\begin{aligned} m_1 \ddot{x}_1 + \lambda_1 \dot{x}_1 + k(x_1 - x_2) &= k\ell_0 \\ m_2 \ddot{x}_2 + \lambda_2 \dot{x}_2 - k(x_1 - x_2) &= -k\ell_0 \end{aligned}

avec la condition d'équilibre x_{01} - x_{02} = \ell_0.

En injectant la forme proposée x_i(t) = x_{0i} + a_i \mathrm{e}^{\mu t} (d'où \dot{x}_i(t) = \mu a_i \mathrm{e}^{\mu t} et \ddot{x}_i(t) = \mu^2 a_i \mathrm{e}^{\mu t}), les termes constants se compensent exactement grâce à k(x_{01} - x_{02}) = k\ell_0. Après division par le terme non nul \mathrm{e}^{\mu t}, le système devient :

\begin{aligned} (m_1 \mu^2 + \lambda_1 \mu + k) a_1 - k a_2 &= 0 \\ -k a_1 + (m_2 \mu^2 + \lambda_2 \mu + k) a_2 &= 0 \end{aligned}

Ce système linéaire s'écrit sous forme matricielle :

\begin{pmatrix} m_1 \mu^2 + \lambda_1 \mu + k & -k \\ -k & m_2 \mu^2 + \lambda_2 \mu + k \end{pmatrix} \begin{pmatrix} a_1 \\ a_2 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \end{pmatrix}

Pour que ce système admette une solution non triviale (c'est-à-dire non identiquement nulle, a_1 \neq 0 ou a_2 \neq 0), son déterminant doit être nul :

(m_1 \mu^2 + \lambda_1 \mu + k)(m_2 \mu^2 + \lambda_2 \mu + k) - k^2 = 0

En développant ce produit, les termes constants k^2 s'annulent, ce qui conduit à :

\boxed{m_1 m_2 \mu^4 + (m_1 \lambda_2 + m_2 \lambda_1)\mu^3 + \left[k(m_1 + m_2) + \lambda_1 \lambda_2\right]\mu^2 + k(\lambda_1 + \lambda_2)\mu = 0}

Comme m_1 m_2 \neq 0, il s'agit bien d'une équation algébrique du quatrième degré en \mu.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Appliquez rigoureusement les règles mathématiques élémentaires pour ne pas fausser le résultat.

« Trop de candidats n’ont pas respecté les lois élémentaires des mathématiques ce qui a eu pour conséquence un résultat faux. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Question déjà tombée ailleurs

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : mode propre, oscillateur couplé

On suppose enfin ici que , . Montrer qu'il n'existe alors que deux solutions physiquement différentes de cette équation, pour chacune d'elles on exprimera ainsi que le rapport et on précisera la nature du mouvement des masses.

Voir l'indice

Résoudre l'équation bicarrée obtenue sans frottement pour extraire la solution nulle (translation globale) et la solution imaginaire pure (oscillation en opposition de phase).

Voir la stratégie
  1. Substituer m_1 = m_2 = m et \lambda_1 = \lambda_2 = 0 dans l'équation caractéristique établie en Q4 pour déterminer les quatre racines mathématiques en \mu.
  2. Regrouper ces racines selon leur signification physique (la paire de racines imaginaires pures conjuguées décrit un unique mode oscillant, et la racine nulle décrit le mouvement d'ensemble).
  3. Calculer le rapport d'amplitude a_2/a_1 pour chaque solution physique et en déduire la nature du mouvement des masses.
Voir la réponse courte

Identification du mode de translation d'ensemble (\mu = 0, a_1 = a_2) et du mode oscillatoire en opposition de phase (\mu = \pm i\sqrt{2k/m}, a_2 = -a_1).

Voir le corrigé complet

D'après l'équation caractéristique obtenue à la question Q4, en posant m_1 = m_2 = m et \lambda_1 = \lambda_2 = 0, l'équation vérifiée par \mu devient :

(m\mu^2 + k)^2 - k^2 = 0 \iff m\mu^2(m\mu^2 + 2k) = 0

Cette équation algébrique admet quatre racines :

  • \mu = 0, racine double ;
  • \mu = \pm \mathrm{j}\omega_p avec \omega_p = \sqrt{\dfrac{2k}{m}}, deux racines imaginaires pures conjuguées.

Les deux racines conjuguées \pm \mathrm{j}\omega_p décrivent le même phénomène oscillatoire réel de pulsation \omega_p. Il n'existe donc que deux solutions physiquement distinctes (les deux modes propres du système).

D'après le système de la question Q4, la relation entre les amplitudes s'écrit :

(m\mu^2 + k)a_1 - k a_2 = 0 \implies \frac{a_2}{a_1} = 1 + \frac{m\mu^2}{k}

1. Première solution physique : mode de translation d'ensemble

  • Valeur de \mu :

    \boxed{\mu = 0}
  • Rapport des amplitudes :

    \boxed{\frac{a_2}{a_1} = 1}
  • Nature du mouvement : Puisque a_1 = a_2, les deux masses subissent le même déplacement (x_1(t) - x_2(t) = \text{cte} = \ell_0) : le ressort ne subit aucune déformation. Du fait de la multiplicité 2 de la racine \mu = 0, la solution générale correspond à un mouvement de translation globale uniforme du système (mouvement rectiligne uniforme du centre de masse dans le référentiel galiléen, conformément à la conservation de la quantité de mouvement totale en l'absence de frottement).

2. Seconde solution physique : mode oscillant de déformation

  • Valeurs de \mu :

    \boxed{\mu = \pm \mathrm{j}\sqrt{\frac{2k}{m}}}
  • Rapport des amplitudes :

    \frac{a_2}{a_1} = 1 + \frac{m}{k}\left(-\frac{2k}{m}\right) \implies \boxed{\frac{a_2}{a_1} = -1}
  • Nature du mouvement : Comme a_2 = -a_1, les deux masses oscillent en opposition de phase à la pulsation propre \omega_p = \sqrt{\frac{2k}{m}} de part et d'autre de leur position d'équilibre, de façon symétrique par rapport au centre de masse qui reste fixe. Le ressort se comprime et s'étire périodiquement.

Résultat

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B · Association de ressorts

Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : association de ressorts, raideur équivalente

Exprimer, en fonction notamment des abscisses , et les forces de tension exercées par les deux ressorts. En déduire qu'ils sont équivalents à un unique ressort donc on déterminera la souplesse ainsi que la longueur à vide .

Voir l'indice

Exprimer l'équilibre statique du nœud d'attache intermédiaire de masse négligeable pour en déduire l'unicité de la tension tout au long de la chaîne.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les forces de rappel élastique exercées par chacun des deux ressorts à leurs extrémités en fonction des allongements algébriques le long de (Ox).
  2. Utiliser le fait que la masse du point de jonction A est négligeable pour appliquer le principe fondamental de la dynamique à ce point et en déduire l'égalité des tensions.
  3. Sommer les allongements pour exprimer la distance x_M - x_P en fonction de la tension commune, puis identifier avec la loi de Hooke d'un ressort unique équivalent.
Voir la réponse courte

Égalité des tensions des ressorts en série en l'absence de masse intermédiaire : \sigma = \sigma_1 + \sigma_2 et \ell_0 = \ell_{01} + \ell_{02}.

Voir le corrigé complet

Considérons les deux ressorts alignés le long de l'axe (Ox), avec x_P < x_A < x_M :

  • Pour le premier ressort (situé entre P et A), la longueur est \ell_1 = x_A - x_P. La force de tension exercée en A par ce ressort est orientée vers P :

    \vec{F}_{1\to A} = -k_1 (x_A - x_P - \ell_{01})\,\vec{\mathrm{e}}_x = -T_1\,\vec{\mathrm{e}}_x

    et la force exercée en P est \vec{F}_{1\to P} = -\vec{F}_{1\to A} = k_1 (x_A - x_P - \ell_{01})\,\vec{\mathrm{e}}_x = T_1\,\vec{\mathrm{e}}_x, où :

    T_1 = k_1(x_A - x_P - \ell_{01}) = \frac{x_A - x_P - \ell_{01}}{\sigma_1}
  • Pour le second ressort (situé entre A et M), la longueur est \ell_2 = x_M - x_A. La force de tension exercée en M est orientée vers A :

    \vec{F}_{2\to M} = -k_2 (x_M - x_A - \ell_{02})\,\vec{\mathrm{e}}_x = -T_2\,\vec{\mathrm{e}}_x

    et la force exercée en A est \vec{F}_{2\to A} = -\vec{F}_{2\to M} = k_2 (x_M - x_A - \ell_{02})\,\vec{\mathrm{e}}_x = T_2\,\vec{\mathrm{e}}_x, où :

    T_2 = k_2(x_M - x_A - \ell_{02}) = \frac{x_M - x_A - \ell_{02}}{\sigma_2}

Le point d'attache A a une masse négligeable (m_A \to 0). D'après la relation fondamentale de la dynamique appliquée à ce point dans le référentiel galiléen :

\vec{F}_{1\to A} + \vec{F}_{2\to A} = m_A \vec{a}_A = \vec{0} \implies -T_1\,\vec{\mathrm{e}}_x + T_2\,\vec{\mathrm{e}}_x = \vec{0}

Les deux tensions sont donc égales à chaque instant :

T_1 = T_2 = T

Les longueurs de chaque tronçon s'écrivent :

\begin{aligned} x_A - x_P &= \ell_{01} + \sigma_1 T \\ x_M - x_A &= \ell_{02} + \sigma_2 T \end{aligned}

En additionnant membre à membre ces deux relations, la coordonnée intermédiaire x_A s'élimine :

x_M - x_P = (\ell_{01} + \ell_{02}) + (\sigma_1 + \sigma_2) T

Pour un ressort unique équivalent reliant P à M, soumis à la tension T à son extrémité M (\vec{F}_{\text{éq}\to M} = -T\,\vec{\mathrm{e}}_x) et à l'opposé en P, la loi de Hooke impose :

x_M - x_P = \ell_0 + \sigma T

Par identification, on en déduit les caractéristiques du ressort équivalent :

\boxed{\sigma = \sigma_1 + \sigma_2} \qquad\text{et}\qquad \boxed{\ell_0 = \ell_{01} + \ell_{02}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Démontrez le résultat au lieu de le donner directement, et soignez vos schémas en les gardant simples et clairs.

« Beaucoup de réponse directe sans démonstration (comme demandé). La schématisation est souvent sans aucun soin. Un schéma en physique doit être simple et clair. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Question déjà tombée ailleurs

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Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : association de ressorts, raideur équivalente

Représenter sur un schéma l'association de deux ressorts en parallèle et donner l'expression de la raideur équivalente à cette association.

Voir l'indice

Considérer deux ressorts subissant le même allongement sous l'effet d'une force extérieure totale égale à la somme des tensions.

Voir la réponse courte

Schéma de deux ressorts en parallèle subissant le même allongement : addition des forces de rappel d'où k = k_1 + k_2.

Voir le corrigé complet

Considérons deux ressorts de raideurs k_1 et k_2, disposés en parallèle entre un support fixe et une barre rigide mobile indéformable, astreinte à se déplacer selon l'axe horizontal (Ox) :

Les deux ressorts étant reliés à la même pièce mobile indéformable, ils subissent le même allongement \Delta \ell = \ell - \ell_0 (en supposant des longueurs au repos identiques).

La force totale \vec{F} = F \vec{\mathrm{e}}_x exercée pour maintenir cet allongement est la somme des tensions développées par chacun des ressorts :

F = F_1 + F_2 = k_1 \Delta \ell + k_2 \Delta \ell = (k_1 + k_2)\Delta \ell

Par identification avec la loi de Hooke pour un unique ressort équivalent soumis au même allongement, F = k_{\text{éq}} \Delta \ell, on obtient la raideur équivalente :

\boxed{k_{\text{éq}} = k_1 + k_2}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : analogie électromécanique, analyse dimensionnelle

Rappeler les analogies de cette relation avec celles exprimant les résistance et/ou conductance électrique d'un élément conducteur métallique. En déduire la dimension du module d'élasticité.

Voir l'indice

Faire le parallèle avec la résistance d'un barreau conducteur R = \rho L/s ou sa conductance G = \gamma s/L, puis déduire la dimension de E homogène à une contrainte mécanique.

Voir la réponse courte

Analogie entre souplesse et résistance électrique selon la loi de Pouillet ; dimension d'une pression [E] = \mathrm{N\cdot m^{-2}} = \mathrm{Pa}.

Voir le corrigé complet

Pour un conducteur métallique cylindrique, homogène, de longueur L et de section droite constante s, les lois fondamentales de la conduction électrique donnent :

  • la conductance électrique :

    G = \gamma \, \frac{s}{L}

    où \gamma désigne la conductivité électrique du matériau ;

  • la résistance électrique :

    R = \frac{1}{G} = \rho \, \frac{L}{s}

    où \rho = 1/\gamma désigne la résistivité électrique.

Par analogie directe avec l'expression (1) de la raideur k = E \frac{s}{L} et de la souplesse \sigma = \frac{1}{k} = \frac{1}{E}\frac{L}{s} :

  • la raideur k est analogue à la conductance électrique G ;
  • le module d'élasticité E est analogue à la conductivité électrique \gamma ;
  • la souplesse élastique \sigma = 1/k est analogue à la résistance électrique R, et l'inverse du module d'élasticité 1/E à la résistivité \rho.

Pour déterminer la dimension de E, on isole E dans la relation (1) :

E = k \, \frac{L}{s}

D'après la loi de Hooke, la tension est T = k(\ell - \ell_0), d'où [k] = [T]/[L]. La tension étant une force, sa dimension est [T] = \mathrm{M}\,\mathrm{L}\,\mathrm{T}^{-2}, soit :

[k] = \frac{\mathrm{M}\,\mathrm{L}\,\mathrm{T}^{-2}}{\mathrm{L}} = \mathrm{M}\,\mathrm{T}^{-2}

On en déduit la dimension du module d'élasticité :

[E] = [k] \, \frac{[L]}{[s]} = (\mathrm{M}\,\mathrm{T}^{-2}) \frac{\mathrm{L}}{\mathrm{L}^2} = \mathrm{M}\,\mathrm{L}^{-1}\,\mathrm{T}^{-2}
\boxed{[E] = \mathrm{M}\,\mathrm{L}^{-1}\,\mathrm{T}^{-2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Privilégiez un raisonnement fondé sur la dépendance des grandeurs plutôt qu'une simple analyse dimensionnelle.

« La similitude entre les dépendances des grandeurs n’est que rarement mise en avant. Le jury a validé les réponses basées sur des raisonnements d’unités mais nous soulignons la plus grande élégance des raisonnements basés sur les grandeurs. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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C · Tensions dans une tige élastique

Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : masse volumique, loi de hooke

Exprimer la masse de en fonction notamment de . Justifier que ce système se comporte comme un ressort de souplesse .

Voir l'indice

Utiliser la masse volumique de la tige \rho = M/(sL) et appliquer la loi d'échelle liant la raideur à la longueur pour une tranche d'épaisseur \mathrm{d}r.

Voir la réponse courte

Masse \mathrm{d}M = (M/L)\mathrm{d}r, puis application de la loi d'association en série avec la définition du module d'Young pour trouver \mathrm{d}\sigma.

Voir le corrigé complet

La tige métallique étant homogène, de masse totale M et de longueur au repos L, sa masse linéique au repos est constante :

\mu_0 = \frac{M}{L}

L'élément de tige \Sigma, de longueur \mathrm{d}r au repos, a donc pour masse :

\boxed{\mathrm{d}M = \frac{M}{L}\,\mathrm{d}r}

D'après la relation (1) établie dans la partie précédente, un barreau élastique homogène de module d'élasticité E, de section constante s et de longueur au repos \ell possède une raideur k = E\frac{s}{\ell} et donc une souplesse \sigma = \frac{1}{k} = \frac{\ell}{Es}.

Considéré au repos, le tronçon infinitésimal \Sigma possède la section s et une longueur élémentaire \ell = \mathrm{d}r. Il est donc assimilable à un ressort élémentaire de raideur :

\mathrm{d}k = \frac{E s}{\mathrm{d}r}

La souplesse élémentaire \mathrm{d}\sigma associée à ce tronçon vaut l'inverse de cette raideur infinitésimale :

\boxed{\mathrm{d}\sigma = \frac{1}{\mathrm{d}k} = \frac{\mathrm{d}r}{Es}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Reliez les différentes données du sujet pour construire une réponse cohérente et vous épargner des calculs superflus.

« Une mise en relation des informations du sujet permet d’éviter des calculs inutiles. Le jury souligne l’importance de la cohérence dans la construction de la réponse. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : loi de hooke, déformation élastique

Exprimer la force de tension exercée par sur la partie intérieure de la tige (celle comprise entre et ) en fonction de , et .

Voir l'indice

Relier l'allongement relatif d'un tronçon élémentaire \mathrm{d}\xi/\mathrm{d}r à la force de tension locale via la souplesse de ce dernier.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la longueur déformée \mathrm{d}\ell et l'allongement \Delta(\mathrm{d}\ell) du tronçon \Sigma à l'aide de la fonction déplacement \xi(r).
  2. Appliquer la loi de Hooke au tronçon \Sigma en utilisant la raideur élémentaire \mathrm{d}k = 1/\mathrm{d}\sigma établie à la question précédente.
  3. Déterminer le sens de la force exercée par \Sigma sur la partie intérieure [0, r] pour en déduire la composante algébrique T(r).
Voir la réponse courte

L'allongement relatif local est le gradient de déplacement \partial \xi/\partial r, fournissant la tension locale T(r) = E s\, \partial\xi/\partial r.

Voir le corrigé complet

Au repos, le système matériel \Sigma est délimité par les sections droites d'abscisses r et r + \mathrm{d}r, soit une longueur au repos \mathrm{d}\ell_0 = \mathrm{d}r.

En mouvement, sous l'effet de la rotation, ces deux sections se déplacent le long de l'axe (Or) :

  • la section à l'abscisse r se trouve en r + \xi(r) ;
  • la section à l'abscisse r + \mathrm{d}r se trouve en :

    r + \mathrm{d}r + \xi(r + \mathrm{d}r) = r + \mathrm{d}r + \xi(r) + \frac{\partial\xi}{\partial r}\mathrm{d}r

La longueur en mouvement de l'élément \Sigma est donc :

\mathrm{d}\ell = \left[r + \mathrm{d}r + \xi(r) + \frac{\partial\xi}{\partial r}\mathrm{d}r\right] - [r + \xi(r)] = \mathrm{d}r\left(1 + \frac{\partial\xi}{\partial r}\right)

L'allongement de l'élément \Sigma s'écrit alors :

\Delta(\mathrm{d}\ell) = \mathrm{d}\ell - \mathrm{d}\ell_0 = \frac{\partial\xi}{\partial r}\mathrm{d}r

D'après la question Q9, ce tronçon se comporte comme un ressort de raideur :

\mathrm{d}k = \frac{1}{\mathrm{d}\sigma} = \frac{Es}{\mathrm{d}r}

La tension interne scalaire au sein du tronçon est donc donnée par la loi de Hooke :

T(r) = \mathrm{d}k \cdot \Delta(\mathrm{d}\ell) = \frac{Es}{\mathrm{d}r}\left(\frac{\partial\xi}{\partial r}\mathrm{d}r\right) = Es\frac{\partial\xi}{\partial r}

Lorsque le tronçon est étiré (\partial\xi/\partial r > 0), la force élastique exercée par \Sigma sur la partie intérieure [0, r] (située à sa gauche) tend à rappeler cette partie vers les r croissants, c'est-à-dire dans le sens du vecteur unitaire horizontal \vec{e}_r :

\vec{T}(r) = T(r)\vec{e}_r

On obtient ainsi :

\boxed{T(r) = Es \frac{\partial\xi}{\partial r}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Établissez un bilan local rigoureux sans chercher à forcer artificiellement l'obtention du résultat.

« Il faut donc construire les réponses via un bilan local. Vouloir forcer l’apparition de la réponse sans fondement reste sans finalité. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : force d'inertie d'entraînement, équilibre en référentiel non galiléen

En déduire la condition d'équilibre relatif de dans le référentiel entraîné avec la tige en rotation sous la forme où est une constante que l'on exprimera en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Effectuer le bilan des forces (tensions aux deux extrémités et force d'inertie d'entraînement centrifuge) sur la tranche \Sigma au repos relatif.

Voir la stratégie
  1. Se placer dans le référentiel tournant lié à la tige, non galiléen, dans lequel la tige est au repos en régime permanent.
  2. Réaliser le bilan des forces appliquées au système \Sigma (forces de tension aux deux extrémités et force d'inertie d'entraînement centrifuge).
  3. Écrire la condition d'équilibre statique relatif et utiliser les expressions de \mathrm{d}M (question Q9) et de T(r) (question Q10) au premier ordre des déformations (\xi \ll r).
Voir la réponse courte

Bilan des forces sur une tranche en rotation uniforme à \omega_0 avec la force d'inertie d'entraînement centrifuge : \chi = M\omega_0^2/(E s L).

Voir le corrigé complet

On étudie le tronçon infinitésimal \Sigma, compris au repos entre les abscisses r et r + \mathrm{d}r, dans le référentiel (\mathcal{R}') lié à la tige tournante à la vitesse angulaire \vec{\omega} = \omega_0 \vec{\mathrm{e}}_z. Ce référentiel est non galiléen.

En régime permanent, l'élément \Sigma est à l'équilibre relatif dans (\mathcal{R}'). Il est soumis aux actions suivantes selon l'axe horizontal radial \vec{\mathrm{e}}_r :

  • la force de tension exercée en r par la partie intérieure [0, r] : par le principe des actions réciproques et d'après le résultat de la question Q10, cette force vaut -T(r) \vec{\mathrm{e}}_r ;
  • la force de tension exercée en r+\mathrm{d}r par la partie extérieure [r+\mathrm{d}r, L] : elle vaut +T(r + \mathrm{d}r) \vec{\mathrm{e}}_r ;
  • la force d'inertie de Coriolis, qui est nulle car \Sigma est immobile dans (\mathcal{R}') (\vec{v}_r = \vec{0}) ;
  • la force d'inertie d'entraînement (force centrifuge) :

    \mathrm{d}\vec{F}_{ie} = \mathrm{d}M \, \omega_0^2 \, [r + \xi(r)] \, \vec{\mathrm{e}}_r \approx \mathrm{d}M \, \omega_0^2 \, r \, \vec{\mathrm{e}}_r

    puisque l'on se place dans le cadre des petites déformations élastiques (\xi(r) \ll r).

D'après la question Q9, la masse de ce tronçon est \mathrm{d}M = \frac{M}{L}\mathrm{d}r.

La condition d'équilibre relatif de \Sigma s'écrit :

\left[ T(r + \mathrm{d}r) - T(r) \right]\vec{\mathrm{e}}_r + \mathrm{d}\vec{F}_{ie} = \vec{0}

soit, en projetant sur \vec{\mathrm{e}}_r au premier ordre en \mathrm{d}r :

\frac{\partial T}{\partial r} \mathrm{d}r + \frac{M}{L}\omega_0^2 \, r \, \mathrm{d}r = 0

En injectant la relation issue de la question Q10, T(r) = E s \frac{\partial \xi}{\partial r}, on obtient :

E s \frac{\partial^2 \xi}{\partial r^2} + \frac{M \omega_0^2}{L} r = 0

ce qui conduit bien à la forme demandée :

\boxed{\frac{\partial^2 \xi}{\partial r^2} = -\chi r \quad \text{avec} \quad \chi = \frac{M \omega_0^2}{E s L}}

Résultat

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Question 12

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : équilibre en référentiel non galiléen, force centrifuge

Préciser la condition aux limites aux extrémités ( et ) de la tige pour la fonction ; en déduire . Exprimer aussi en fonction de , et ; commenter l'expression obtenue.

Voir l'indice

Identifier que l'extrémité en r=0 est fixe et que l'extrémité en r=L est libre (tension nulle), puis intégrer deux fois l'équation différentielle.

Voir la stratégie
  1. Identifier les conditions aux limites physiques : l'ancrage fixe en r = 0 et le bord libre en r = L.
  2. Intégrer successivement l'équation différentielle du second ordre obtenue à la question Q11 en déterminant les constantes d'intégration.
  3. Calculer la tension en r = 0 via la loi de comportement établie à la question Q10 et interpréter le résultat par le théorème de la résultante dynamique appliqué à la tige entière.
Voir la réponse courte

Conditions aux limites \xi(0) = 0 et T(L) = 0 ; intégration donnant \xi(r) et T(0) = \frac{1}{2} M \omega_0^2 L, résultante centrifuge globale.

Voir le corrigé complet

Conditions aux limites :

  • En r = 0, la tige est fixée à l'axe de rotation (Oz), le déplacement y est donc nul :

    \xi(0) = 0
  • En r = L, l'extrémité de la tige est libre de toute contrainte extérieure. La tension s'y annule, soit T(L) = 0, ce qui impose d'après la relation T(r) = E s \frac{\partial \xi}{\partial r} (question Q10) :

    \left.\frac{\partial \xi}{\partial r}\right|_{r=L} = 0

Détermination de \xi(r) : D'après la question Q11, l'équation différentielle vérifiée par \xi s'écrit :

\frac{\partial^2 \xi}{\partial r^2} = -\chi r

Une première intégration par rapport à r donne :

\frac{\partial \xi}{\partial r} = -\frac{1}{2}\chi r^2 + C_1

La condition en r = L conduit à :

-\frac{1}{2}\chi L^2 + C_1 = 0 \implies C_1 = \frac{1}{2}\chi L^2

D'où l'expression de la déformation relative locale :

\frac{\partial \xi}{\partial r} = \frac{\chi}{2}\left(L^2 - r^2\right)

En intégrant une seconde fois :

\xi(r) = \frac{\chi}{2}\left(L^2 r - \frac{r^3}{3}\right) + C_2

La condition \xi(0) = 0 implique immédiatement C_2 = 0. En remplaçant \chi = \frac{M\omega_0^2}{E s L} (question Q11), on obtient :

\boxed{\xi(r) = \frac{M \omega_0^2}{2EsL}\left(L^2 r - \frac{r^3}{3}\right) = \frac{M \omega_0^2}{6 E s L} r \left(3L^2 - r^2\right)}

Expression de T(0) et commentaire : La tension en tout point r s'exprime par :

T(r) = E s \frac{\partial \xi}{\partial r} = E s \frac{\chi}{2}\left(L^2 - r^2\right) = \frac{M \omega_0^2}{2L}\left(L^2 - r^2\right)

En r = 0, la tension exercée sur le point d'ancrage vaut donc :

\boxed{T(0) = \frac{1}{2} M \omega_0^2 L}

Le centre d'inertie G de la tige non déformée se situe à r_G = L/2. La résultante des forces d'inertie d'entraînement centrifuges s'exerçant sur la tige au repos dans le référentiel tournant est :

F_{\mathrm{ie},\,\mathrm{tot}} = \int_0^L \omega_0^2 r \,\mathrm{d}M = \frac{M \omega_0^2}{L} \int_0^L r\,\mathrm{d}r = \frac{1}{2} M \omega_0^2 L = M \omega_0^2 r_G

L'expression de T(0) traduit donc exactement l'équilibre global de la tige dans le référentiel tournant : la force de rappel exercée par l'axe en r = 0 compense l'ensemble des forces centrifuges d'entraînement appliquées à la tige (au premier ordre en \xi/L \ll 1).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Maîtrisez la condition limite à l'extrémité et identifiez correctement la force d'inertie d'entraînement en rotation.

« La notion de comportement limite (mécanique qui plus est) fut difficile à mettre en œuvre à l’extrémité. L’intégration de l’expression fut faite de nombreuses fois mais l’identification avec la force d’inertie de rotation autour d’un axe fixe pas observée dans les mêmes proportions. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Partie II : Module d'élasticité des solides déformables

A · Estimation en ordre de grandeur

Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : analyse dimensionnelle

Par analyse dimensionnelle, déterminer les entiers , et .

Voir l'indice

Écrire les dimensions de la masse, du module d'Young (pression) et de la constante de Planck ([h] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-1}) dans le système SI pour résoudre le système d'exposants.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les dimensions de chacune des grandeurs intervenant dans la loi phénoménologique proposée : [E], [m_e], [h] et [a] dans le système international (base \mathrm{M, L, T}).
  2. Écrire l'égalité dimensionnelle [E] = [m_e]^\alpha [h]^\beta [a]^\gamma et identifier les exposants de chaque grandeur fondamentale pour obtenir un système linéaire de trois équations à trois inconnues.
Voir la réponse courte

Identification dimensionnelle sur masse, longueur et temps menant à \alpha = 2, \beta = -1 et \gamma = -4.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q8, le module d'élasticité E est homogène à une pression, soit :

[E] = \mathrm{M\,L^{-1}\,T^{-2}}

Examinons la dimension des différents paramètres intervenant dans l'expression de E :

  • la masse de l'électron : [m_e] = \mathrm{M} ;
  • la constante de Planck, dont l'unité est le \mathrm{J\cdot s} = (\mathrm{kg\cdot m^2\cdot s^{-2}})\cdot\mathrm{s} :

    [h] = \mathrm{M\,L^2\,T^{-1}}
  • la dimension de la maille cristalline : [a] = \mathrm{L} ;
  • la constante C est adimensionnée : [C] = 1.

La relation E = C\,m_e^\alpha h^\beta a^\gamma impose l'égalité des dimensions :

\begin{aligned} [E] &= [m_e]^\alpha [h]^\beta [a]^\gamma \\ \mathrm{M^1\,L^{-1}\,T^{-2}} &= \mathrm{M}^\alpha \left(\mathrm{M\,L^2\,T^{-1}}\right)^\beta \mathrm{L}^\gamma \\ \mathrm{M^1\,L^{-1}\,T^{-2}} &= \mathrm{M}^{\alpha + \beta} \,\mathrm{L}^{2\beta + \gamma} \,\mathrm{T}^{-\beta} \end{aligned}

Par identification des exposants de \mathrm{T}, \mathrm{M} et \mathrm{L} :

\begin{aligned} \begin{cases} -\beta = -2 \\ \alpha + \beta = 1 \\ 2\beta + \gamma = -1 \end{cases} \implies \begin{cases} \beta = 2 \\ \alpha = 1 - 2 = -1 \\ \gamma = -1 - 2(2) = -5 \end{cases} \end{aligned}

On en déduit donc l'expression approchée du module de Young :

\boxed{\alpha = -1, \quad \beta = 2, \quad \gamma = -5}

soit E = C\,\dfrac{h^2}{m_e a^5}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Faites preuve de clarté et de précision lors de la résolution du système d'équations dimensionnelles.

« La résolution du système (simple) d’équations a donné parfois lieu à des résultats surprenants. Il faut pour ce type de calculs être précis et clair. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 14

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : ordre de grandeur, paramètre de maille

Rappeler l'ordre de grandeur usuel de ; en déduire celui de .

Voir l'indice

Prendre un paramètre de maille atomique classique de l'ordre de quelques dixièmes de nanomètre et en déduire l'ordre de grandeur de E en pascals.

Voir la réponse courte

Distance interatomique typique a \sim 0{,}1\text{ nm} = 10^{-10}\text{ m}, conduisant à un module d'Young E \sim 10^{11}\text{ Pa} = 100\text{ GPa}.

Voir le corrigé complet

La grandeur a représente la dimension caractéristique d'une maille élémentaire d'un cristal métallique (paramètre de maille), qui est de l'ordre de grandeur de la distance interatomique dans les solides :

\boxed{a \sim 10^{-10}\text{ m} \text{ à } 3\cdot 10^{-10}\text{ m} \quad (\text{soit } 1\text{ à } 3\text{ \AA})}

D'après le résultat de la question précédente, le module d'élasticité s'exprime selon :

E \sim \frac{h^2}{m_e a^5}

Avec les données numériques fournies :

  • h = 6{,}6\cdot 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s} \implies h^2 \approx 4{,}4\cdot 10^{-67}\text{ J}^2\cdot\text{s}^2,
  • m_e = 9{,}1\cdot 10^{-31}\text{ kg}.

En prenant la valeur typique d'un paramètre de maille cristalline métallique, a \approx 3\cdot 10^{-10}\text{ m} :

\begin{aligned} a^5 &\approx (3\cdot 10^{-10})^5 = 243\cdot 10^{-50}\text{ m}^5 \approx 2{,}4\cdot 10^{-48}\text{ m}^5 \\ m_e a^5 &\approx 9{,}1\cdot 10^{-31} \times 2{,}4\cdot 10^{-48} \approx 2{,}2\cdot 10^{-78}\text{ kg}\cdot\text{m}^5 \\ E &\sim \frac{4{,}4\cdot 10^{-67}}{2{,}2\cdot 10^{-78}} \approx 2\cdot 10^{11}\text{ Pa} \end{aligned}

Si l'on retient la valeur plus grossière a \sim 10^{-10}\text{ m}, on trouve E \sim 5\cdot 10^{13}\text{ Pa}. Compte tenu de la puissance 5 sur a, on retient :

\boxed{E \sim 10^{11}\text{ à } 10^{12}\text{ Pa} \quad (\sim 100\text{ GPa})}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Portez un regard critique sur la plausibilité des ordres de grandeur numériques proposés.

« des valeurs extrêmement farfelues ont été proposées et ce sans aucune réflexion sur ces valeurs. Le jury a accepté un intervalle large de valeur. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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B · Modèle quantique du puits infini 3D

Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : fonction d'onde, densité de probabilité

Quelles sont l'interprétation physique et la dimension de la fonction d'onde ?

Voir l'indice

Rappeler le postulat de Born reliant le carré du module de la fonction d'onde à la densité de probabilité volumique de présence de la particule.

Voir la réponse courte

|\Psi|^2 est la densité volumique de probabilité de présence de la particule ; dimension de \Psi en \mathrm{m}^{-3/2}.

Voir le corrigé complet

D'après l'interprétation probabiliste de Max Born, la fonction d'onde \Psi(\vec{r}, t) n'est pas directement une grandeur physique mesurable, mais son module au carré représente la densité volumique de probabilité de présence de la particule au point \vec{r} à l'instant t :

\mathrm{d}P(\vec{r}, t) = |\Psi(\vec{r}, t)|^2 \, \mathrm{d}^3\vec{r}

représente la probabilité de trouver la particule dans le volume élémentaire \mathrm{d}^3\vec{r} = \mathrm{d}\tau autour de la position \vec{r} à l'instant t.

Si la particule est confinée dans l'espace, la probabilité totale de la trouver vaut 1, ce qui impose la condition de normalisation :

\iiint_{\text{espace}} |\Psi(\vec{r}, t)|^2 \, \mathrm{d}^3\vec{r} = 1

Une probabilité étant sans dimension ([\mathrm{d}P] = 1) et le volume élémentaire ayant pour dimension [\mathrm{d}^3\vec{r}] = \mathrm{L}^3, la densité volumique de probabilité vérifie :

\left[ |\Psi|^2 \right] = \mathrm{L}^{-3}

On en déduit la dimension de la fonction d'onde en trois dimensions :

\boxed{[\Psi] = \mathrm{L}^{-3/2}}

Dans le Système international, \Psi s'exprime en \mathrm{m}^{-3/2}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Définissez la fonction d'onde avec des termes précis et rigoureux, et pensez à mener son analyse dimensionnelle en 3D.

« Le jury attend dans les définitions aussi fondatrices que la fonction d’onde et ces propriétés une extrême rigueur quant au sens des mots employés. »

« L’analyse dimensionnelle de Ψ a souvent été faite à 1D et non en 3D. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : état stationnaire, équation de schrödinger

On cherche des solutions de l'équation de Schrödinger de la forme . Quelle est la forme de ? Comment s'appelle ce type de solution ?

Voir l'indice

Séparer les variables spatiale et temporelle dans l'équation de Schrödinger pour identifier une dépendance harmonique temporelle propre aux états stationnaires.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme à variables séparées \Psi(\vec{r}, t) = \Phi(\vec{r}) W(t) dans l'équation de Schrödinger dépendant du temps.
  2. Séparer les termes spatiaux et temporels pour introduire la constante de séparation, homogène à une énergie \mathcal{E}.
  3. Intégrer l'équation différentielle portant sur W(t) et qualifier physiquement ce type d'état.
Voir la réponse courte

Séparation des variables conduisant à W(t) = \exp(-i\mathcal{E}t/\hbar) pour un état stationnaire d'énergie \mathcal{E}.

Voir le corrigé complet

Le potentiel U(\vec{r}) étant indépendant du temps, injectons la forme factorisée \Psi(\vec{r}, t) = \Phi(\vec{r}) W(t) dans l'équation de Schrödinger (2) :

-\frac{\hbar^2}{2m} W(t) \Delta \Phi(\vec{r}) + U(\vec{r}) \Phi(\vec{r}) W(t) = \mathrm{j}\hbar \Phi(\vec{r}) \frac{\mathrm{d}W(t)}{\mathrm{d}t}

En divisant chaque membre par \Phi(\vec{r}) W(t) en tout point où la fonction d'onde ne s'annule pas, on obtient :

\frac{1}{\Phi(\vec{r})} \left[ -\frac{\hbar^2}{2m} \Delta \Phi(\vec{r}) + U(\vec{r}) \Phi(\vec{r}) \right] = \frac{\mathrm{j}\hbar}{W(t)} \frac{\mathrm{d}W(t)}{\mathrm{d}t}

Le membre de gauche ne dépend que des coordonnées d'espace \vec{r}, tandis que le membre de droite ne dépend que du temps t. Par conséquent, ces deux membres sont égaux à une même constante indépendante de \vec{r} et de t, homogène à une énergie, que l'on note \mathcal{E} :

\mathrm{j}\hbar \frac{\mathrm{d}W(t)}{\mathrm{d}t} = \mathcal{E} W(t) \iff \frac{\mathrm{d}W(t)}{\mathrm{d}t} = -\frac{\mathrm{j}\mathcal{E}}{\hbar} W(t)

En intégrant cette équation différentielle linéaire du premier ordre (en absorbant une constante multiplicative arbitraire dans la fonction spatiale \Phi), on obtient :

\boxed{W(t) = \exp\left( -\mathrm{j} \frac{\mathcal{E}}{\hbar} t \right)}

Cette solution particulière obtenue par séparation des variables correspond à un état stationnaire (ou mode propre d'énergie \mathcal{E}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soignez la qualité de votre argumentation pour justifier le caractère stationnaire de l'état obtenu.

« Le jury a considéré comme justes les réponses stationnaires et états stationnaires, la qualité de l’argumentation a été prise en compte. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Question déjà tombée ailleurs

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : puits infini, séparation des variables

On suppose encore . Déterminer les fonctions () en fonction de et de trois nombres entiers , à une constante multiplicative arbitraire près.

Voir l'indice

Injecter le produit spatial dans l'équation aux valeurs propres et appliquer les conditions d'annulation de la fonction d'onde sur les parois imperméables du puits.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme séparée \Phi(x,y,z) = F_1(x)F_2(y)F_3(z) dans l'équation de Schrödinger indépendante du temps à l'intérieur du puits où U(\vec{r}) = U_0.
  2. Séparer les variables pour obtenir trois équations différentielles ordinaires unidimensionnelles.
  3. Appliquer la condition de continuité de la fonction d'onde aux parois impénétrables du puits (F_i = 0 en 0 et a_i) pour déterminer la forme des fonctions spatiales et quantifier les nombres d'onde.
Voir la réponse courte

Équation différentielle scalaire pour chaque coordonnée avec conditions aux limites nulles aux parois, donnant des fonctions sinusoïdales quantifiées.

Voir le corrigé complet

À l'intérieur du puits (0 < x < a_1, 0 < y < a_2, 0 < z < a_3), le potentiel est constant égal à U_0. L'équation aux valeurs propres de l'énergie (équation de Schrödinger stationnaire établie en Q16) s'écrit :

-\frac{\hbar^2}{2m} \Delta \Phi(x,y,z) + U_0 \Phi(x,y,z) = \mathcal{E} \Phi(x,y,z)

En introduisant la forme à variables séparées \Phi(x, y, z) = F_1(x) F_2(y) F_3(z), le laplacien s'écrit :

\Delta \Phi = F_1''(x) F_2(y) F_3(z) + F_1(x) F_2''(y) F_3(z) + F_1(x) F_2(y) F_3''(z)

En divisant par \Phi(x,y,z) \neq 0, il vient :

\frac{F_1''(x)}{F_1(x)} + \frac{F_2''(y)}{F_2(y)} + \frac{F_3''(z)}{F_3(z)} = -\frac{2m}{\hbar^2}(\mathcal{E} - U_0)

Chaque terme du membre de gauche dépend d'une variable spatiale indépendante, tandis que le membre de droite est constant. Par séparation de variables, chacun des termes est nécessairement une constante, que l'on note -k_i^2 (avec k_i > 0 pour obtenir des états liés oscillants non nuls vérifiant les conditions aux limites) :

\frac{F_i''(x_i)}{F_i(x_i)} = -k_i^2 \quad \implies \quad F_i''(x_i) + k_i^2 F_i(x_i) = 0 \qquad (i \in \{1, 2, 3\})

avec (x_1, x_2, x_3) = (x, y, z). La solution générale s'écrit :

F_i(x_i) = A_i \cos(k_i x_i) + B_i \sin(k_i x_i)

Le potentiel étant infini à l'extérieur du domaine, la probabilité de présence y est strictement nulle, ce qui impose \Psi = 0 à l'extérieur. Par continuité de la fonction d'onde aux frontières du puits :

  • En x_i = 0 : F_i(0) = 0 \implies A_i = 0.
  • En x_i = a_i : F_i(a_i) = 0 \implies B_i \sin(k_i a_i) = 0.

Pour avoir une solution non identiquement nulle (B_i \neq 0), le nombre d'onde k_i doit satisfaire la condition de quantification :

k_i a_i = n_i \pi \quad \implies \quad k_i = \frac{n_i \pi}{a_i}, \quad n_i \in \mathbb{N}^*

À une constante multiplicative près, les fonctions spatiales s'écrivent donc :

\boxed{F_1(x) \propto \sin\left(\frac{n_1 \pi x}{a_1}\right), \quad F_2(y) \propto \sin\left(\frac{n_2 \pi y}{a_2}\right), \quad F_3(z) \propto \sin\left(\frac{n_3 \pi z}{a_3}\right)}

où n_1, n_2, n_3 \in \mathbb{N}^*.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Sachez étendre sans hésitation la méthode de séparation des variables aux trois dimensions de l'espace.

« La mise en œuvre de la méthode dans une telle situation a surpris certains candidats. Mais dans l’ensemble l’obtention et la résolution n’ont pas posé problème. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : puits infini, état fondamental

Montrer que l'énergie de l'état fondamental de la particule s'écrit :

Voir l'indice

Additionner les trois composantes fondamentales de l'énergie cinétique quantifiée en prenant le triplet d'entiers quantiques minimaux (1, 1, 1).

Voir la stratégie
  1. Réinjecter la fonction d'onde spatiale factorisée \Phi(x,y,z) obtenue à la question Q17 dans l'équation de Schrödinger indépendante du temps issue de la question Q16 afin d'exprimer les niveaux d'énergie quantifiés \mathcal{E}(n_1, n_2, n_3).
  2. Identifier l'état fondamental comme l'état de plus basse énergie, correspondant aux plus petits entiers quantiques permis, soit n_1 = n_2 = n_3 = 1.
Voir la réponse courte

Énergie minimale obtenue pour le triplet quantique fondamental n_1 = n_2 = n_3 = 1 en injectant dans l'équation de Schrödinger.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de Schrödinger indépendante du temps établie pour un état stationnaire d'énergie \mathcal{E} à l'intérieur du puits (où U(\vec{r}) = U_0) :

-\frac{\hbar^2}{2m} \Delta \Phi(\vec{r}) + U_0 \Phi(\vec{r}) = \mathcal{E} \Phi(\vec{r})

En insérant la forme séparable \Phi(x,y,z) = F_1(x)F_2(y)F_3(z) et en divisant par \Phi, il vient :

-\frac{\hbar^2}{2m} \left( \frac{1}{F_1(x)}\frac{\mathrm{d}^2 F_1}{\mathrm{d}x^2} + \frac{1}{F_2(y)}\frac{\mathrm{d}^2 F_2}{\mathrm{d}y^2} + \frac{1}{F_3(z)}\frac{\mathrm{d}^2 F_3}{\mathrm{d}z^2} \right) + U_0 = \mathcal{E}

D'après la question Q17, chaque composante spatiale s'écrit F_i(x_i) \propto \sin\left(\frac{n_i \pi x_i}{a_i}\right) avec n_i \in \mathbb{N}^*, de sorte que :

\frac{1}{F_i(x_i)}\frac{\mathrm{d}^2 F_i}{\mathrm{d}x_i^2} = -\left( \frac{n_i \pi}{a_i} \right)^2

En reportant ces dérivées secondes et en utilisant la relation \hbar = \frac{h}{2\pi}, soit \frac{\hbar^2 \pi^2}{2m} = \frac{h^2}{8m}, on obtient le spectre d'énergie :

\mathcal{E}(n_1, n_2, n_3) = U_0 + \frac{h^2}{8m} \left[ \left(\frac{n_1}{a_1}\right)^2 + \left(\frac{n_2}{a_2}\right)^2 + \left(\frac{n_3}{a_3}\right)^2 \right]

L'état fondamental correspond au niveau d'énergie minimale accessible au système. Puisque les entiers strictement positifs vérifient n_i \ge 1, le minimum absolu est obtenu pour le triplet quantique (n_1, n_2, n_3) = (1, 1, 1), ce qui conduit bien à :

\boxed{\mathcal{E}_f = U_0 + \frac{h^2}{8m} \left[ \frac{1}{a_1^2} + \frac{1}{a_2^2} + \frac{1}{a_3^2} \right]}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Réutilisez le résultat de la question précédente pour déduire l'énergie d'un niveau sans calcul complexe.

« Un réemploi de la réponse trouvée à la question 17 permet de trouver directement et sans calcul compliqué l’énergie d’un niveau (n1; n2; n3). »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : puits infini

Exprimer la variation de l'énergie de l'état fondamental qui accompagne cette transformation.

Voir l'indice

Exprimer la conservation du volume V = a_1 a_2^2 = a^3 pour relier la dimension transversale a_2 à la dimension longitudinale a_1 = a - \delta a.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie initiale de l'état fondamental dans la configuration cubique de côté a.
  2. Exploiter la conservation du volume V = a_1 a_2 a_3 = a^3 avec a_2 = a_3 pour relier a_2^2 à a et a_1 = a - \delta a.
  3. Calculer l'énergie de l'état fondamental final et en déduire la variation \Delta \mathcal{E}_1 = \mathcal{E}_{f,\text{final}} - \mathcal{E}_{f,\text{initial}}.
Voir la réponse courte

Différence d'énergie fondamentale entre l'état déformé de dimensions (a-\delta a, a, a) et l'état cubique initial.

Voir le corrigé complet

Dans l'état initial isotrope, le puits est un cube de côté a (a_1 = a_2 = a_3 = a). D'après la relation (3) établie à la question précédente :

\mathcal{E}_{f,\text{initial}} = U_0 + \frac{h^2}{8m} \left( \frac{1}{a^2} + \frac{1}{a^2} + \frac{1}{a^2} \right) = U_0 + \frac{3h^2}{8ma^2}

Lors de la compression, la dimension selon l'axe (Ox) devient a_1 = a - \delta a. Les deux autres dimensions restent égales (a_2 = a_3). La conservation du volume impose :

V = a_1 a_2 a_3 = (a - \delta a) a_2^2 = a^3

On en déduit l'expression de a_2^2 :

a_2^2 = \frac{a^3}{a - \delta a} \implies \frac{1}{a_2^2} = \frac{a - \delta a}{a^3}

L'énergie de l'état fondamental dans l'état déformé s'écrit alors :

\mathcal{E}_{f,\text{final}} = U_0 + \frac{h^2}{8m} \left( \frac{1}{(a - \delta a)^2} + \frac{2}{a_2^2} \right) = U_0 + \frac{h^2}{8m} \left[ \frac{1}{(a - \delta a)^2} + \frac{2(a - \delta a)}{a^3} \right]

La variation d'énergie de l'état fondamental \Delta \mathcal{E}_1 = \mathcal{E}_{f,\text{final}} - \mathcal{E}_{f,\text{initial}} est donc :

\Delta \mathcal{E}_1 = \frac{h^2}{8m} \left[ \frac{1}{(a - \delta a)^2} + \frac{2(a - \delta a)}{a^3} - \frac{3}{a^2} \right]

En mettant en facteur le terme énergétique caractéristique \dfrac{h^2}{8ma^2}, on obtient :

\boxed{\Delta \mathcal{E}_1 = \frac{h^2}{8ma^2} \left[ \left(1 - \frac{\delta a}{a}\right)^{-2} + 2\left(1 - \frac{\delta a}{a}\right) - 3 \right]}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Posez le développement limité de l'énergie avec soin et rigueur mathématique.

« Certains candidats ne parviennent pas poser le développement de façon rigoureuse et correcte. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : développement limité, constante de raideur

On suppose . Montrer qu'au premier ordre non nul en la variation d'énergie se met sous la forme , on exprimera en fonction de , et . On rappelle que .

Voir l'indice

Effectuer un développement limité à l'ordre deux en \delta a/a de l'énergie fondamentale en utilisant la formule de Taylor fournie dans l'énoncé.

Voir la stratégie
  1. Poser le paramètre sans dimension \epsilon = \frac{\delta a}{a} \ll 1 dans l'expression de \Delta \mathcal{E}_1 issue de la question Q19.
  2. Effectuer le développement limité à l'ordre 2 en \epsilon des termes composant le crochet pour obtenir le premier ordre non nul.
  3. Identifier l'expression de la raideur microscopique K par identification avec la forme \frac{1}{2} K \delta a^2.
Voir la réponse courte

Développement limité à l'ordre 2 en \delta a/a de la variation d'énergie, permettant d'identifier la raideur quantique effective K = \frac{3h^2}{4ma^4}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q19, la variation d'énergie s'écrit :

\Delta \mathcal{E}_1 = \frac{h^2}{8ma^2} \left[ \left(1 - \frac{\delta a}{a}\right)^{-2} + 2\left(1 - \frac{\delta a}{a}\right) - 3 \right]

En posant \epsilon = \frac{\delta a}{a} \ll 1, le terme entre crochets s'exprime sous la forme :

f(\epsilon) = (1 - \epsilon)^{-2} + 2(1 - \epsilon) - 3

En utilisant le développement limité fourni par l'énoncé au voisinage de \epsilon = 0 :

\begin{aligned} (1 - \epsilon)^{-2} &= 1 + 2\epsilon + 3\epsilon^2 + o(\epsilon^2) \\ 2(1 - \epsilon) &= 2 - 2\epsilon \end{aligned}

En sommant ces deux contributions :

\begin{aligned} f(\epsilon) &= (1 + 2\epsilon + 3\epsilon^2) + (2 - 2\epsilon) - 3 + o(\epsilon^2) \\ &= (1 + 2 - 3) + (2 - 2)\epsilon + 3\epsilon^2 + o(\epsilon^2) \\ &= 3\epsilon^2 + o(\epsilon^2) \end{aligned}

Le terme d'ordre 1 en \epsilon s'annule exactement, et le premier ordre non nul est donc l'ordre 2 :

\Delta \mathcal{E}_1 \approx \frac{h^2}{8ma^2} \times 3 \left(\frac{\delta a}{a}\right)^2 = \frac{3h^2}{8ma^4} \, \delta a^2

Par identification avec l'expression demandée \Delta \mathcal{E}_1 = \frac{1}{2} K \delta a^2, il vient :

\frac{1}{2} K = \frac{3h^2}{8ma^4}

d'où l'expression de la constante de raideur microscopique K :

\boxed{K = \frac{3h^2}{4ma^4}}

Résultat

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C · Compression d'une tige

Question 21

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : dénombrement

Exprimer, en fonction de , et le nombre de cubes élémentaires de côté à l'intérieur de la tige.

Voir l'indice

Diviser le volume macroscopique total de la tige par le volume microscopique d'une cellule cubique unitaire.

Voir la réponse courte

Nombre de mailles cubiques calculé par le quotient du volume de la tige par le volume d'une maille : N = s L / a^3.

Voir le corrigé complet

La tige, de section constante s et de longueur initiale L, possède un volume macroscopique :

V = s L

À l'échelle microscopique, le milieu est modélisé par un pavage de zones cubiques identiques de côté a, chacune occupant un volume élémentaire :

v = a^3

En admettant que ces cubes pavent l'intégralité du volume de la tige, le nombre total N de cubes élémentaires s'obtient par le rapport des volumes :

N = \frac{V}{v}

d'où :

\boxed{N = \frac{s L}{a^3}}

Résultat

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Question 22

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : déformation élastique, déformation homogène

En supposant la compression uniforme, relier la variation de la dimension de cube selon à , et .

Voir l'indice

Admettre que la déformation macroscopique totale \delta L est la somme des déformations microscopiques individuelles \delta a réparties sur les cubes en ligne.

Voir la réponse courte

Répartition uniforme de la déformation longitudinale le long des N_x = L/a blocs : \delta a = a \frac{\delta L}{L}.

Voir le corrigé complet

La tige, de longueur initiale L, est découpée le long de l'axe (Ox) en une file de N_x cubes élémentaires de dimension axiale a, de sorte que :

L = N_x a

Puisque la déformation est supposée uniforme sur toute la longueur de la tige, chaque cellule subit le même raccourcissement axial \delta a. Le raccourcissement macroscopique global \delta L est la somme des raccourcissements individuels de ces N_x mailles :

\delta L = N_x \delta a = \frac{L}{a} \delta a

On en déduit immédiatement la relation liant la déformation microscopique \delta a à la déformation macroscopique \delta L :

\boxed{\delta a = a \frac{\delta L}{L}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à utiliser la dérivation logarithmique pour relier simplement les déformations relatives entre elles.

« La mise en relation des déformations relatives s’obtient facilement avec la dérivation logarithmique, outil précieux mais pas indispensable. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : énergie de déformation, force élastique

En déduire l'augmentation d'énergie de la tige ; en déduire l'expression de en fonction de , , et .

Voir l'indice

Multiplier l'énergie d'un électron par le nombre total de cellules, puis égaler le travail différentiel de compression \mathrm{d}W = F\,\mathrm{d}(\delta L) à la variation d'énergie.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variation d'énergie totale \Delta \mathcal{E}_t de la tige comme la somme des variations d'énergie des N cubes élémentaires (abritant chacun un électron), en utilisant les résultats des questions Q20, Q21 et Q22.
  2. Relier la force de compression F à \Delta \mathcal{E}_t à l'aide d'un bilan de travail lors d'une compression quasi-statique.
Voir la réponse courte

Sommation sur les N cubes \Delta\mathcal{E}_t = N\Delta\mathcal{E}_1, puis dérivation par rapport à \delta L pour exprimer la force F.

Voir le corrigé complet

L'énoncé précise que le travail de compression se traduit par l'augmentation d'énergie des électrons du milieu, à raison d'un électron par cube élémentaire. L'augmentation d'énergie totale de la tige s'obtient donc en sommant l'énergie de déformation microscopique \Delta \mathcal{E}_1 sur les N cubes :

\Delta \mathcal{E}_t = N \, \Delta \mathcal{E}_1

En utilisant les expressions obtenues aux questions Q20, Q21 et Q22 :

N = \frac{s L}{a^3}, \quad \Delta \mathcal{E}_1 = \frac{1}{2} K \delta a^2 \quad \text{et} \quad \delta a = a \frac{\delta L}{L}

il vient :

\begin{aligned} \Delta \mathcal{E}_t &= \frac{s L}{a^3} \times \frac{1}{2} K \left(a \frac{\delta L}{L}\right)^2 \\ &= \frac{1}{2} \frac{K s}{a L} (\delta L)^2 \end{aligned}
\boxed{\Delta \mathcal{E}_t = \frac{K s}{2 a L} (\delta L)^2}

Lors d'un raccourcissement élémentaire quasi-statique \mathrm{d}(\delta L), le travail élémentaire reçu par la tige sous l'action des forces de compression appliquées à ses extrémités s'écrit \delta W = F \, \mathrm{d}(\delta L).

Ce travail est intégralement converti en énergie interne (ici l'énergie quantique de confinement des électrons), d'où :

\mathrm{d}(\Delta \mathcal{E}_t) = F \, \mathrm{d}(\delta L)

On en déduit l'expression de la force de compression F :

F = \frac{\mathrm{d}\Delta \mathcal{E}_t}{\mathrm{d}(\delta L)} = \frac{K s}{a L} \delta L
\boxed{F = \frac{K s}{a L} \delta L}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à confronter les différentes expressions du module d'élasticité sous l'angle dimensionnel.

« Le jury aurait aimé voir une mise en regard des différentes expressions de E d’un point de vue dimensionnel. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : module d'young, modèle microscopique

En déduire l'expression du module d'élasticité , défini par la relation (1), en fonction de , et . Comparer au résultat de la partie II.A.

Voir l'indice

Identifier la relation linéaire entre F et \delta L avec la loi macroscopique F = k\,\delta L et la définition k = E s/L pour exprimer E.

Voir la stratégie
  1. Identifier la raideur k de la tige à partir de la relation force-déplacement obtenue à la question Q23, puis utiliser la définition du module d'élasticité E issue de l'équation (1).
  2. Remplacer la constante microscopique K établie à la question Q20 par son expression pour un électron (m = m_e) afin d'obtenir E(h, a, m_e).
  3. Comparer la formule obtenue à la loi d'échelle issue de l'analyse dimensionnelle de la question Q13.
Voir la réponse courte

Identification avec la loi de Hooke macroscopique F/s = E\,\delta L/L, menant à une dépendance en accord avec l'analyse dimensionnelle.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q23, la force macroscopique exercée sur la tige comprimée s'écrit :

F = \left(\frac{K s}{a L}\right) \delta L

La tige se comporte donc comme un système élastique de raideur macroscopique :

k = \frac{K s}{a L}

Or, d'après la relation (1) de l'énoncé, cette raideur est reliée au module d'élasticité E par :

k = E \frac{s}{L}

Par identification directe entre ces deux expressions, il vient :

E = \frac{K}{a}

En injectant l'expression de la raideur quantique microscopique K obtenue à la question Q20 en prenant la masse de l'électron m = m_e :

K = \frac{3 h^2}{4 m_e a^4}

on obtient pour le module d'élasticité de Young :

\boxed{E = \frac{3 h^2}{4 m_e a^5}}

Comparaison avec la partie II.A. À la question Q13, l'analyse dimensionnelle heuristique postulait la forme :

E = C m_e^{-1} h^2 a^{-5} = C \frac{h^2}{m_e a^5}

Le modèle quantique microscopique reproduit exactement les dépendances fonctionnelles trouvées par analyse dimensionnelle et permet en outre de déterminer la constante sans dimension C :

C = \frac{3}{4} = 0{,}75

Cette valeur numérique est bien de l'ordre de grandeur de l'unité, en parfait accord avec l'hypothèse formulée dans la sous-partie II.A.

Résultat

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Partie III : L'expérience de Kappler

Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : position d'équilibre, énergie potentielle

Le point d'attache du ressort est en et on note sa longueur au repos. Déterminer la position d'équilibre puis exprimer l'énergie potentielle totale dont dérivent les forces élastiques et de pesanteur en fonction seulement de et .

Voir l'indice

Écrire l'équilibre mécanique de la plaque pour trouver z_0, puis effectuer un développement quadratique de l'énergie potentielle totale autour de cet équilibre.

Voir la stratégie
  1. Définir le système (la plaque de masse m), le référentiel galiléen et l'axe vertical (Oz) orienté vers le bas d'après la figure 6.
  2. Écrire le bilan des forces à l'équilibre pour déterminer l'altitude z_0.
  3. Exprimer le travail élémentaire des forces ou intégrer les énergies potentielles élémentaires en posant z' = z - z_0, puis choisir la référence d'énergie potentielle nulle à l'équilibre pour obtenir l'expression demandée.
Voir la réponse courte

Équilibre à z_0 = \ell_0 + \sigma mg, puis développement de l'énergie potentielle totale sous forme purement quadratique E_p = \frac{1}{2\sigma} z'^2.

Voir le corrigé complet

On étudie la plaque de masse m, assimilée à un point matériel, dans le référentiel terrestre supposé galiléen. L'axe (Oz) est vertical et orienté vers le bas, l'origine O coïncidant avec le point d'attache fixe du ressort. La longueur du ressort est donc \ell = z.

La plaque est soumise à deux forces conservatives :

  • son poids : \vec{P} = m g \, \vec{\mathrm{e}}_z ;
  • la force de rappel élastique : \vec{T} = -k(z - \ell_0)\,\vec{\mathrm{e}}_z = -\dfrac{1}{\sigma}(z - \ell_0)\,\vec{\mathrm{e}}_z.

À l'équilibre statique en z = z_0, le principe fondamental de la dynamique s'écrit :

\vec{P} + \vec{T} = \vec{0} \implies m g - \frac{1}{\sigma}(z_0 - \ell_0) = 0

d'où l'expression de la position d'équilibre :

\boxed{z_0 = \ell_0 + \sigma m g}

Le travail élémentaire total de ces deux forces lors d'un déplacement \mathrm{d}\vec{r} = \mathrm{d}z\,\vec{\mathrm{e}}_z = \mathrm{d}z'\,\vec{\mathrm{e}}_z vaut :

\delta W = (\vec{P} + \vec{T})\cdot \mathrm{d}\vec{r} = \left[ m g - \frac{1}{\sigma}(z - \ell_0) \right] \mathrm{d}z

En exprimant z - \ell_0 en fonction de z' = z - z_0 :

z - \ell_0 = (z - z_0) + (z_0 - \ell_0) = z' + \sigma m g

on obtient :

\delta W = \left[ m g - \frac{1}{\sigma}(z' + \sigma m g) \right] \mathrm{d}z' = -\frac{z'}{\sigma}\,\mathrm{d}z'

L'énergie potentielle totale E_p dérive de ce travail selon \mathrm{d}E_p = -\delta W = \dfrac{z'}{\sigma}\,\mathrm{d}z'. En choisissant l'origine des énergies potentielles à la position d'équilibre (E_p(z'=0) = 0), on intègre directement :

\boxed{E_p(z') = \frac{z'^2}{2\sigma}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Respectez scrupuleusement les axes, les variables et l'algébrisation imposés par le sujet pour déterminer l'équilibre.

« La recherche de position d’équilibre dans une situation simple n’a pas été réussie fréquemment. Il est important de respecter les axes (ou de redéfinir clairement le jeu d’axes utilisés), le jeu de variables et l’algébrisation proposés par le sujet . »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : facteur de boltzmann, fonction de partition

Exprimer et calculer en fonction de et .

Voir l'indice

Identifier la probabilité de Boltzmann P(z') \propto \exp(-E_p(z')/k_{\mathrm{B}}\theta) et normer la densité de probabilité sur \mathbb{R} grâce à l'intégrale gaussienne fournie.

Voir la stratégie
  1. Comparer l'expression de la densité de probabilité donnée dans l'énoncé à la loi canonique de Boltzmann \propto \exp\left(-\frac{E_p(z')}{k_{\mathrm{B}}\theta}\right) pour identifier \gamma(\theta).
  2. Déterminer la constante de normalisation \zeta(\theta) en écrivant que la probabilité totale vaut 1 sur l'intervalle des positions accessibles, étendu à \mathbb{R} du fait du confinement gaussien.
Voir la réponse courte

Facteur de Boltzmann \gamma = 1/(2\sigma k_\mathrm{B}\theta), puis intégrale de Gauss fournissant la constante de normalisation \zeta(\theta).

Voir le corrigé complet

D'après la loi de Boltzmann, à l'équilibre thermique avec un thermostat à la température \theta, la densité de probabilité pour une variable continue d'énergie potentielle E_p(z') est proportionnelle au facteur de Boltzmann :

P(z') \propto \exp\left(-\frac{E_p(z')}{k_{\mathrm{B}}\theta}\right)

En utilisant l'expression établie à la question Q25, E_p(z') = \dfrac{z'^2}{2\sigma}, il vient :

P(z') \propto \exp\left(-\frac{z'^2}{2\sigma k_{\mathrm{B}}\theta}\right)

Par identification avec la forme donnée P(z') = \dfrac{1}{\zeta(\theta)}\exp\left(-\gamma(\theta)z'^2\right), on en déduit :

\boxed{\gamma(\theta) = \frac{1}{2\sigma k_{\mathrm{B}}\theta}}

La fonction P(z') étant une densité de probabilité, elle vérifie la condition de normalisation :

\int_{-\infty}^{+\infty} P(z') \, \mathrm{d}z' = 1

L'intégrande étant une fonction paire de z', l'intégrale s'écrit :

\frac{2}{\zeta(\theta)} \int_{0}^{+\infty} \mathrm{e}^{-\gamma(\theta)z'^2} \, \mathrm{d}z' = 1

En utilisant la formule donnée avec a = \gamma(\theta) :

\int_{0}^{+\infty} \mathrm{e}^{-a t^2} \, \mathrm{d}t = \frac{1}{2}\sqrt{\frac{\pi}{a}}

on obtient :

\frac{2}{\zeta(\theta)} \times \frac{1}{2}\sqrt{\frac{\pi}{\gamma(\theta)}} = 1 \implies \zeta(\theta) = \sqrt{\frac{\pi}{\gamma(\theta)}}

En remplaçant \gamma(\theta) par son expression :

\boxed{\zeta(\theta) = \sqrt{2\pi\sigma k_{\mathrm{B}}\theta}}

Résultat

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Question 27

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : moyenne statistique, parité

Sans faire de calculs, que vaut la valeur moyenne ?

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Invoquer la parité de la fonction densité de probabilité par rapport à la variable d'écart z'.

Voir la réponse courte

L'intégrande est impaire en z' sur un domaine symétrique, par conséquent la valeur moyenne \langle z' \rangle est rigoureusement nulle.

Voir le corrigé complet

La densité de probabilité de Boltzmann :

P(z') = \frac{1}{\zeta(\theta)}\exp\left(-\gamma(\theta)z'^2\right)

est une fonction paire de l'écart à l'équilibre z'.

La fonction z' \mapsto z' P(z') étant impaire et le domaine d'intégration étant symétrique par rapport à l'origine, l'intégrale définissant la valeur moyenne est nulle :

\boxed{\langle z' \rangle = 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Évitez les calculs inutiles en exploitant simplement la parité de la densité de probabilité.

« Le jury a apprécié fortement les copies qui ont su faire preuve de hauteur et qui se sont retenues de faire des calculs inutiles par étude rapide de la parité de la fonction de densité de probabilité. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : théorème d'équipartition, écart quadratique moyen

Calculer la valeur moyenne ; commenter, au regard du théorème d'équipartition.

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Calculer l'intégrale définissant le moment d'ordre deux avec le formulaire donné et comparer le produit \frac{1}{2}k\langle z'^2\rangle à l'énergie d'un degré de liberté thermique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \langle z'^2 \rangle sous forme intégrale en exploitant la parité de l'intégrande et l'intégrale de Gauss fournie dans l'énoncé.
  2. Remplacer \zeta(\theta) et \gamma(\theta) par leurs expressions obtenues à la question précédente.
  3. Relier l'énergie potentielle moyenne \langle E_p \rangle = \frac{\langle z'^2 \rangle}{2\sigma} à l'énergie thermique par degré de liberté quadratique prédite par le théorème de l'équipartition de l'énergie.
Voir la réponse courte

Calcul de l'intégrale gaussienne \langle z'^2 \rangle = \sigma k_\mathrm{B}\theta, en cohérence avec le théorème d'équipartition \langle E_p \rangle = \frac{1}{2} k_\mathrm{B}\theta.

Voir le corrigé complet

Par définition de la valeur moyenne pour la variable aléatoire continue z' régie par la densité de probabilité P(z'), on a :

\langle z'^2 \rangle = \int_{-\infty}^{+\infty} z'^2 P(z')\,\mathrm{d}z' = \frac{1}{\zeta(\theta)} \int_{-\infty}^{+\infty} z'^2 \exp\left(-\gamma(\theta) z'^2\right)\mathrm{d}z'

L'intégrande étant une fonction paire de z', l'intégrale sur \mathbb{R} s'écrit :

\int_{-\infty}^{+\infty} z'^2 \exp\left(-\gamma z'^2\right)\mathrm{d}z' = 2 \int_{0}^{+\infty} t^2 \mathrm{e}^{-\gamma t^2}\,\mathrm{d}t

En utilisant la seconde intégrale fournie par l'énoncé avec a = \gamma(\theta) :

\int_{0}^{+\infty} t^2 \mathrm{e}^{-\gamma t^2}\,\mathrm{d}t = \frac{1}{4} \sqrt{\frac{\pi}{\gamma^3}}

Il vient ainsi :

\langle z'^2 \rangle = \frac{1}{\zeta(\theta)} \times \frac{1}{2} \sqrt{\frac{\pi}{\gamma^3}}

En rappelant que d'après la question 26, \zeta(\theta) = \sqrt{\frac{\pi}{\gamma}}, on obtient :

\langle z'^2 \rangle = \frac{1}{2\gamma(\theta)}

Puisque \gamma(\theta) = \dfrac{1}{2\sigma k_{\mathrm{B}}\theta} (question 26) :

\boxed{\langle z'^2 \rangle = \sigma k_{\mathrm{B}}\theta = \frac{k_{\mathrm{B}}\theta}{k}}

Commentaire au regard du théorème d'équipartition de l'énergie :
Le système est à l'équilibre thermique à la température \theta. L'énergie potentielle totale associée à l'écart à l'équilibre z' est purement quadratique :

E_p(z') = \frac{z'^2}{2\sigma} = \frac{1}{2}k z'^2

D'après le théorème de l'équipartition de l'énergie, chaque degré de liberté apparaissant sous forme quadratique dans l'expression de l'énergie d'un système classique à l'équilibre thermique à température \theta contribue en moyenne pour \frac{1}{2}k_{\mathrm{B}}\theta à l'énergie totale :

\langle E_p \rangle = \frac{1}{2\sigma} \langle z'^2 \rangle = \frac{1}{2} k_{\mathrm{B}}\theta

On retrouve ainsi directement l'expression de la variance des fluctuations de position :

\langle z'^2 \rangle = \sigma k_{\mathrm{B}}\theta = \frac{k_{\mathrm{B}}\theta}{k}

La mesure expérimentale des fluctuations spatiales \langle z'^2 \rangle constitue donc une méthode directe de détermination de la constante de Boltzmann k_{\mathrm{B}}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à rapprocher le résultat obtenu de celui attendu d'après le théorème d'équipartition du cours.

« La mise en perceptive avec le résultat du cours n’est pas automatique, ce que le jury regrette. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : mouvement brownien, facteur de boltzmann

Connaissez-vous d'autres cas de mouvement brownien ? D'autres expériences ayant conduit à une vérification expérimentale de la loi de Boltzmann ?

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Citer des exemples célèbres tels que les grains de pollen observés par Brown, les émulsions de résine de Perrin ou le bruit de Johnson-Nyquist en électronique.

Voir la réponse courte

Évocation des grains de pollen de Brown et des expériences historiques de Perrin sur la sédimentation d'émulsions colloïdales.

Voir le corrigé complet

1. Autres manifestations du mouvement brownien :

  • Suspensions colloïdales historiques : L'observation initiale par le botaniste Robert Brown (1827) du mouvement erratique de grains de pollen (ou de leurs vacuoles) en suspension dans l'eau sous microscope, ainsi que l'agitation désordonnée de particules de fumée ou de suie dans l'air.
  • Microsphères et émulsions colloïdales : Les microbilles calibrées (en silice, en latex ou grains de gomme-gutte) dispersées dans un solvant liquide, qui continuent d'être utilisées pour sonder les fluctuations thermiques à l'échelle mésoscopique.
  • Bruit thermique électrique (bruit de Johnson-Nyquist) : L'agitation thermique désordonnée des électrons de conduction au sein d'une résistance ohmique crée des fluctuations aléatoires de tension à ses bornes, constituant l'analogue électrique direct du mouvement brownien.

2. Vérifications expérimentales majeures de la loi de Boltzmann :

  • L'expérience de sédimentation de Jean Perrin (1908) : Perrin a mesuré au microscope la répartition verticale de billes de gomme-gutte en suspension dans l'eau à l'équilibre thermique sous l'effet de la pesanteur. La densité volumique de billes suit la loi de distribution de Boltzmann :

    n(z) = n_0 \exp\left(-\frac{m^* g z}{k_{\mathrm{B}} \theta}\right)

    où m^* est la masse effective apparente tenant compte de la poussée d'Archimède. En comptant les particules couche par couche à différentes altitudes z, Perrin a vérifié la loi exponentielle de Boltzmann et déterminé pour la première fois avec précision la constante de Boltzmann k_{\mathrm{B}} ainsi que le nombre d'Avogadro \mathcal{N}_{\mathrm{A}}, ce qui lui a valu le prix Nobel de physique en 1926.

  • Diffusion et relation d'Einstein (1905) : La mesure de l'accroissement quadratique moyen du déplacement au cours du temps \langle \Delta x^2(t) \rangle = 2 D t, couplée à la formule d'Einstein–Stokes D = \frac{k_{\mathrm{B}} \theta}{6\pi \eta r}, a également permis à Perrin de mesurer k_{\mathrm{B}}.
  • Mesure du bruit de résistance par Johnson et Nyquist (1928) : La mesure de la valeur quadratique moyenne des fluctuations de tension aux bornes d'une résistance R non alimentée dans une bande passante \Delta f, \langle V^2 \rangle = 4 k_{\mathrm{B}} \theta R \Delta f, a fourni une vérification électrique directe et indépendante du facteur k_{\mathrm{B}}\theta.
Voir ce qu'a relevé le jury

Les expériences de Jean Perrin étaient l'exemple attendu en priorité pour illustrer ce phénomène.

« Les expériences de Jean Perrin étaient attendues en première intention. Toutes les réponses justes relevant de la culture scientifique du candidat ont été valorisées. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2023 ?

Surtout 3 chapitres : Cinématique et dynamique du point (40 % des questions, partie I), Physique quantique (26 %, partie II) et Facteur de Boltzmann et physique statistique (14 %, partie III). Plus ponctuellement : Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Atomistique, liaisons et cristallographie, Référentiels non galiléens et Circuits électriques et régimes transitoires.

Peut-on travailler le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2023 dès la première année (MPSI) ?

En partie : 14 questions sur 29 (48 %) ne demandent que le programme de MPSI. Blocs abordables : la sous-partie I.A (Q1 à Q5) et la sous-partie I.B (Q6 à Q8), ainsi que Q9, Q13, Q14, Q21, Q22 et Q25. Avec les autres programmes de première année : 14 en PCSI, 14 en PTSI, 14 en MP2I, 14 en TSI1 et 8 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2023 ?

Environ 2 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 3 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie I est la plus longue (environ 1 h).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2023 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q12 (équilibre en référentiel non galiléen).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2023 ?

Questions de cours : Q7 (association de ressorts), Q8 (analogie électromécanique), Q14 (ordre de grandeur), Q15 (fonction d'onde), Q16 (état stationnaire), Q27 (moyenne statistique) et Q29 (mouvement brownien). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q1 (force conservative), Q2 (principe fondamental de la dynamique), Q5 (mode propre), Q11 (force d'inertie d'entraînement), Q17 (puits infini), Q18 (puits infini), Q25 (position d'équilibre) et Q28 (théorème d'équipartition).

Où gagner des points facilement dans le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2023 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (17 sur 29), par exemple : Q1, Q3, Q7, Q8, Q10, Q13 à Q16, Q19, Q21, Q22, Q24, Q25 et Q27 à Q29. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q4, Q9, Q11, Q18 et Q20.

Quelle a été la moyenne au sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2023 ?

Moyenne : 10,57/20 (écart-type 3,98, 5 086 présents).

Quelles expériences citer pour illustrer la vérification de la loi de Boltzmann en Q29 ?

Les expériences de Jean Perrin sur la sédimentation d'émulsions colloïdales. Le jury précise qu'elles étaient attendues en priorité pour illustrer le mouvement brownien et la confirmation expérimentale de la distribution de Boltzmann.

Comment obtenir immédiatement la valeur moyenne demandée à la question Q27 ?

En invoquant la parité de l'intégrande : la variable z' est impaire tandis que la densité de probabilité de Boltzmann est paire en z'. L'intégrale sur \mathbb{R} est donc immédiatement nulle, ce qui évite tout calcul superflu.

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide.

Note estimée
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0 question réussie sur 29
Position estimée
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des copies sous cette note

Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 29 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 10,57 et d'écart-type 3,98 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.