Corrigé détaillé X ENS Physique PSI 2020 (page 2/3 : Partie II (questions 13 à 32))
Mesures de précision - Application à la métrologie
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Partie II : Effet Hall et mesures
II.1 · Principe
Question 13
Écrire le principe fondamental de la dynamique appliqué à un électron, et montrer que la solution en régime permanent peut se mettre sous la forme matricielle :
où représente les composantes de la matrice conductivité et où est la densité surfacique de courant qui parcourt le gaz d'électrons bidimensionnel. Exprimer les composantes de la matrice conductivité en fonction de la pulsation cyclotron et de .
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Projeter le PFD en régime permanent en projetant la vitesse selon les composantes du courant \vec{j}_{\text{S}} = -N_{\text{s}} e \vec{v}, puis inverser le système linéaire 2 \times 2.
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- Appliquer le principe fondamental de la dynamique à un électron de charge q = -e et de masse effective m^* dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen.
- Établir l'équation d'équilibre en régime permanent (\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \vec{0}), puis exprimer la vitesse \vec{v} en fonction de la densité surfacique de courant \vec{j}_{\text{S}} = -e N_{\text{s}} \vec{v}.
- Projeter la relation vectorielle obtenue sur les axes \mathrm{O}x et \mathrm{O}y, puis inverser le système linéaire pour identifier les coefficients \sigma_{ij}.
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Dans le référentiel d'étude supposé galiléen, appliquons le principe fondamental de la dynamique à un électron de charge q = -e et de masse effective m^*, animé d'une vitesse \vec{v} = v_x \vec{e}_x + v_y \vec{e}_y dans le plan (\mathrm{O}xy) :
En régime permanent, la vitesse moyenne est constante, soit \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \vec{0} :
La densité surfacique de courant associée au gaz bidimensionnel d'électrons s'écrit :
En substituant cette relation dans l'équation du mouvement permanent, on obtient :
En multipliant par \frac{e N_{\text{s}}\tau}{m^*} et en introduisant la conductivité \sigma_0 = \frac{N_{\text{s}}e^2\tau}{m^*} et la pulsation cyclotron \omega_{\text{c}} = \frac{e B_0}{m^*} avec \vec{B}_0 = B_0 \vec{e}_z :
Puisque \vec{j}_{\text{S}} \wedge \vec{e}_z = (j_{\text{S}x}\vec{e}_x + j_{\text{S}y}\vec{e}_y)\wedge \vec{e}_z = j_{\text{S}y}\vec{e}_x - j_{\text{S}x}\vec{e}_y, la projection sur les axes \mathrm{O}x et \mathrm{O}y donne :
Le déterminant de la matrice 2 \times 2 vaut \det = 1 + (\omega_{\text{c}}\tau)^2 \neq 0. En inversant cette matrice, il vient :
Cette relation s'identifie bien à la forme matricielle demandée \begin{pmatrix} j_{\text{S}x} \\ j_{\text{S}y} \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} \sigma_{xx} & \sigma_{xy} \\ \sigma_{yx} & \sigma_{yy} \end{pmatrix}\begin{pmatrix} E_x \\ E_y \end{pmatrix} avec :
Résultat
Question 14
Quelle est la signification physique de ?
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Identifier \sigma_0 comme la conductivité surfacique continue du matériau en champ magnétique nul (loi d'Ohm locale 2D).
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D'après la relation matricielle établie à la question précédente (Q13) :
En l'absence de champ magnétique extérieur (\vec{\mathrm{B}}_0 = \vec{0}, soit \omega_{\mathrm{c}} = 0), la matrice de conductivité devient diagonale proportionnelle à l'identité, et la loi d'Ohm locale surfacique s'écrit :
Ainsi, \sigma_0 représente la conductivité électrique surfacique (ou bidimensionnelle) du gaz d'électrons en champ magnétique nul, selon le modèle de Drude.
Résultat
Question 15
Expliquer brièvement l'origine de la tension transversale .
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Expliquer l'accumulation de charges négatives sur un bord latéral sous l'action de la force magnétique de Lorentz, créant un champ électrique transverse d'opposition.
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Pour expliquer l'origine de la tension de Hall V_{\text{H}}, on décrit les étapes successives menant à l'état stationnaire :
- L'action de la composante magnétique de la force de Lorentz sur les porteurs de charge en mouvement longitudinal.
- L'accumulation de charges opposées sur les bords latéraux du conducteur, créant un champ électrique transverse (champ de Hall).
- L'établissement de l'équilibre transverse où la force électrique compense la force magnétique, donnant naissance à une différence de potentiel transverse V_{\text{H}}.
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L'origine de la tension transversale V_{\text{H}} s'explique par les mécanismes microscopiques suivants :
Déflexion magnétique : Les électrons de conduction, de charge q = -e, animés d'une vitesse moyenne d'entraînement longitudinale \vec{v} = v_x \vec{e}_x (avec v_x < 0 pour un courant orienté selon +\vec{e}_x), subissent sous l'action du champ magnétique \vec{B}_0 = B_0 \vec{e}_z une force de Lorentz magnétique :
\vec{F}_{\text{m}} = q\,\vec{v} \times \vec{B}_0 = (-e)(v_x \vec{e}_x) \times (B_0 \vec{e}_z) = e v_x B_0 \,\vec{e}_yComme v_x < 0, cette force est dirigée selon -\vec{e}_y et dévie les électrons vers le bord inférieur.
- Accumulation de charges et champ de Hall : Cette déviation entraîne une accumulation d'électrons sur la face inférieure et un défaut d'électrons (charges positives nettes non compensées du réseau) sur la face supérieure. Cette séparation de charges génère un champ électrique transverse dit champ de Hall \vec{E}_{\text{H}} = E_y \vec{e}_y (orienté vers les y décroissants, soit E_y < 0).
Établissement du régime permanent : L'apparition de ce champ engendre une force électrostatique \vec{F}_{\text{e}} = -e \vec{E}_{\text{H}} qui s'oppose à la force magnétique. En régime stationnaire, la composante transverse du courant s'annule (j_{\text{S}y} = 0), ce qui correspond à la compensation moyenne des forces transverses :
\vec{F}_{\text{e}} + \vec{F}_{\text{m}} = \vec{0}Tension de Hall : La circulation de ce champ électrique transverse \vec{E}_{\text{H}} entre les deux faces latérales opposées de la sonde produit une différence de potentiel mesurable, la tension de Hall V_{\text{H}} :
\boxed{V_{\text{H}} = -\int_{\text{face 1}}^{\text{face 2}} \vec{E}_{\text{H}} \cdot \mathrm{d}\vec{\ell}}
Résultat
Question 16
Définir l'impédance d'entrée. Pourquoi doit-on avoir une impédance d'entrée du voltmètre « très grande » ?
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Rappeler qu'un voltmètre mesure la ddp sans dériver de courant, ce qui impose une impédance d'entrée tendant vers l'infini pour ne pas perturber l'équilibre transverse (j_{\text{S}y} = 0).
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1. Définition de l'impédance d'entrée
L'impédance d'entrée Z_e d'un appareil de mesure (ou d'un quadripôle récepteur) est définie par le rapport, en régime sinusoïdal, entre la tension appliquée à ses bornes d'entrée et le courant qui y pénètre :
En régime continu, cette impédance est purement résistive et correspond à la résistance d'entrée :
2. Nécessité d'une impédance d'entrée très grande
Un voltmètre se branche toujours en dérivation (en parallèle) entre les deux points dont on souhaite mesurer la différence de potentiel. Deux raisons imposent que son impédance d'entrée soit la plus élevée possible :
- Non-perturbation du circuit (absence d'effet de charge) : le courant prélevé par l'appareil est I_e = \frac{U_e}{Z_e}. Pour que l'insertion du voltmètre ne modifie pas le fonctionnement du système, ce courant doit être rigoureusement négligeable devant les courants circulant dans le dipôle étudié, ce qui exige Z_e \gg R_{\text{Th}}, où R_{\text{Th}} est la résistance équivalente de Thévenin entre les deux bornes de mesure.
- Mesure de la tension de Hall en circuit ouvert : la tension de Hall V_{\mathrm{H}} n'atteint sa valeur d'équilibre que si la densité de courant transverse s'annule strictement (j_{\mathrm{S}y} = 0). Si l'impédance d'entrée était finie, un courant transverse non nul circulerait à travers le voltmètre, limitant l'accumulation de charges sur les flancs latéraux ; le champ électrique transverse E_y ne compenserait alors plus totalement la force de Lorentz magnétique, et la tension mesurée serait inférieure à la tension de Hall théorique à vide.
Résultat
Question 17
Établir la relation entre et en régime permanent en fonction de , et (effet Hall).
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Imposer la condition de circuit ouvert transverse j_{\text{S}y} = 0 dans l'équation matricielle de la question 13 pour isoler le rapport E_y / j_{\text{S}x}.
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- Traduire la condition expérimentale d'absence de courant transverse imposée par le voltmètre de très grande impédance d'entrée : j_{\text{S}y} = 0.
- Utiliser les relations liant le courant surfacique au champ électrique obtenues à la question Q13 pour relier E_y à j_{\text{S}x}.
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Le voltmètre d'impédance d'entrée infinie branché selon la direction transversale Oy n'absorbe aucun courant. Le régime permanent implique donc une densité surfacique de courant strictement longitudinale :
D'après le principe fondamental de la dynamique projeté sur l'axe Oy établi à la question Q13, les composantes de la densité surfacique de courant vérifient :
En injectant la condition j_{\text{S}y} = 0, on obtient directement :
Ce que l'on peut également retrouver en inversant le système matriciel \vec{j}_{\text{S}} = \underline{\underline{\sigma}} \, \vec{E} obtenu à la question Q13 :
puis en réinjectant dans j_{\text{S}x} :
On en déduit la relation d'effet Hall :
ou de manière équivalente :
Résultat
Question 18
En déduire l'expression de la résistance de Hall définie par : en fonction de , et .
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Intégrer le champ transverse V_{\text{H}} = -E_y L et exprimer le courant total I = j_{\text{S}x} L pour simplifier la dépendance géométrique.
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- Exprimer le courant total I injecté selon l'axe Ox en intégrant la densité surfacique de courant j_{\mathrm{S}x} sur la largeur L du conducteur.
- Relier la tension de Hall V_{\mathrm{H}} au champ électrique transverse E_y le long de la dimension transverse de longueur L.
- En déduire le rapport R_{\mathrm{H}} = V_{\mathrm{H}}/I à l'aide de la relation établie à la question Q17.
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Le courant total I circulant selon \vec{e}_x traverse un segment de longueur L selon la direction \vec{e}_y. Le champ de courant étant uniforme dans le plan :
D'autre part, la tension transversale de Hall V_{\mathrm{H}} mesurée entre les deux bords opposés selon l'axe Oy, distants de L, est reliée au champ électrique uniforme E_y par circulation du champ électrostatique :
avec la convention habituelle où la borne positive du voltmètre se trouve au potentiel le plus élevé (en y = L).
D'après le résultat de la question Q17, le champ de Hall s'écrit :
On en déduit l'expression de la tension de Hall :
La résistance de Hall R_{\mathrm{H}} = V_{\mathrm{H}}/I s'écrit donc :
Résultat
Question 19
Exprimer la sensibilité de la sonde de Hall définie par en fonction de , , et .
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Différencier V_{\text{H}} = \frac{j_{\text{S}} L B}{e N_{\text{s}}} par rapport à B pour obtenir la sensibilité s.
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- Exprimer le courant total I traversant la sonde en fonction de la densité surfacique de courant j_{\text{S}} et de la largeur L.
- Relier la tension de Hall V_{\text{H}} au champ magnétique B en utilisant la résistance de Hall R_{\text{H}} établie à la question Q18.
- En déduire la sensibilité s = \frac{\delta V_{\text{H}}}{\delta B}.
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Le courant total I circulant selon l'axe Ox à travers la section transverse de largeur L (selon Oy) du gaz d'électrons bidimensionnel s'exprime par :
D'après le résultat de la question Q18, la tension de Hall s'écrit en fonction du champ magnétique B :
Par définition, la sensibilité de la sonde de Hall est la dérivée de la tension mesurée par rapport au champ magnétique :
On en déduit immédiatement :
Résultat
Question 20
Calculer la valeur numérique de pour .
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Faire l'application numérique directe de s = \frac{j_{\text{S}} L}{e N_{\text{s}}} en exploitant les valeurs fournies.
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D'après l'expression établie à la question Q19, la sensibilité de la sonde de Hall s'écrit :
Les grandeurs numériques fournies par l'énoncé sont :
- j_{\text{S}} = 200\text{ A}\cdot\text{m}^{-1} ;
- L = 5\ \mu\text{m} = 5 \times 10^{-6}\text{ m} ;
- N_{\text{s}} = 8 \times 10^{15}\text{ m}^{-2} ;
- e = 1{,}60 \times 10^{-19}\text{ C}.
On calcule séparément le numérateur et le dénominateur :
On en déduit :
Résultat
Question 21
L'imperfection des appareils limite la précision de la mesure de la tension de Hall à . Quel est le champ minimal que l'on peut mesurer à l'aide de la sonde précédente ?
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Poser B_{\min} = \frac{\delta V_{\text{H},\min}}{s} avec \delta V_{\text{H},\min} = 1\text{ nV}.
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La sensibilité de la sonde relie une variation de champ magnétique \delta B à la variation de tension de Hall mesurée \delta V_{\text{H}} selon :
Le champ magnétique minimal détectable B_{\min} correspond à la plus petite variation de tension mesurable par le voltmètre, soit \delta V_{\text{H},\min} = 1\text{ nV} :
En reprenant l'expression de la sensibilité issue des questions Q19 et Q20, s = \frac{1}{1{,}28}\text{ V}\cdot\text{T}^{-1} \simeq 0{,}78\text{ V}\cdot\text{T}^{-1}, le calcul conduit directement à :
Soit, avec deux chiffres significatifs :
Résultat
II.2 · Application à la mesure de courant
Question 22
Définir l'excitation magnétique .
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Donner la définition standard \vec{H} = \frac{\vec{B}}{\mu_0} - \vec{M}, en précisant son unité (\text{A}\cdot\text{m}^{-1}).
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Dans un milieu matériel présentant une aimantation \vec{M} (moment magnétique volumique), le vecteur excitation magnétique \vec{H} est défini par la relation fondamentale :
où :
- \vec{B} est le champ magnétique (en teslas, \text{T}) ;
- \mu_0 est la perméabilité magnétique du vide (\mu_0 = 4\pi \times 10^{-7}\text{ H}\cdot\text{m}^{-1}) ;
- \vec{M} est le vecteur aimantation du milieu (en \text{A}\cdot\text{m}^{-1}) ;
- \vec{H} s'exprime en ampères par mètre (\text{A}\cdot\text{m}^{-1}).
Résultat
Question 23
Définir l'ARQS magnétique. Que deviennent les équations de Maxwell dans cette approximation ?
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Préciser l'hypothèse de l'ARQS magnétique (courant de déplacement négligé devant la densité de courant de conduction) et écrire les équations de Maxwell-Ampère et Maxwell-Faraday simplifiées.
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- Rappeler le critère spatial et temporel général de l'approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS).
- Spécifier la particularité de l'ARQS magnétique par rapport à l'ARQS électrique : quel terme temporel est négligé et quel terme est conservé.
- Écrire les quatre équations de Maxwell adaptées à cette approximation, dans le milieu matériel.
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1. Définition de l'ARQS magnétique
L'approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS) est valide lorsque la dimension caractéristique D du système étudié est très petite devant la longueur d'onde \lambda = c/f associée à la fréquence f des signaux, ou de façon équivalente lorsque le temps de propagation de l'onde électromagnétique est négligeable devant la période T des grandeurs variables :
Dans le cadre de l'ARQS magnétique (qui s'applique aux conducteurs et circuits magnétiques où les courants de conduction dominent largement les effets capacitifs) :
Le courant de déplacement de Maxwell est négligé devant la densité de courant de conduction des charges libres :
\left\| \frac{\partial \vec{D}}{\partial t} \right\| \ll \|\vec{j}\|- Le terme d'induction temporelle -\dfrac{\partial \vec{B}}{\partial t} dans l'équation de Maxwell-Faraday est en revanche conservé, ce qui permet de rendre compte des phénomènes d'induction (loi de Faraday, f.é.m. induite, courants de Foucault).
2. Équations de Maxwell dans l'ARQS magnétique
En présence de matière et de charges/courants libres de densités \rho et \vec{j}, les équations de Maxwell s'écrivent :
Résultat
Question 24
Quelle est la caractéristique principale d'un milieu ferromagnétique doux ? Donner un ordre de grandeur de pour ces milieux en précisant le milieu.
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Mentionner un champ coercitif très faible, une boucle d'hystérésis étroite limitant les pertes et une perméabilité relative très élevée (\mu_{\text{r}} \sim 10^3 - 10^5, ex. fer doux, permalloy).
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Un milieu ferromagnétique est dit doux lorsqu'il possède un cycle d'hystérésis très étroit :
- son champ coercitif H_{\mathrm{c}} est très faible (typiquement H_{\mathrm{c}} \lesssim 100\text{ A}\cdot\text{m}^{-1}), ce qui signifie qu'il s'aimante et se désaimante très facilement ;
- l'aire du cycle d'hystérésis étant très petite, l'énergie dissipée sous forme thermique par cycle (pertes par hystérésis) est minime ;
- sa perméabilité magnétique relative \mu_{\mathrm{r}} est très grande devant 1.
L'ordre de grandeur de la perméabilité relative \mu_{\mathrm{r}} se situe typiquement entre 10^3 et 10^5. Selon le milieu choisi :
pour le fer doux ou un alliage fer-silicium (utilisé dans les tôles de transformateurs et machines électriques) :
\boxed{\mu_{\mathrm{r}} \sim 10^3 \text{ à } 5\times 10^3}pour le permalloy ou le mu-métal (alliages fer-nickel utilisés notamment pour le blindage magnétique) :
\mu_{\mathrm{r}} \sim 2\times 10^4 \text{ à } 10^5
Résultat
Question 25
Qu'appelle-t-on l'approximation linéaire des ferromagnétiques doux ? En déduire la relation entre le champ magnétique dans le matériau ferromagnétique, noté , et l'excitation magnétique .
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Préciser l'absence de saturation et d'hystérésis permettant d'écrire la relation constitutive linéaire isotrope B_{\text{f}} = \mu_0 \mu_{\text{r}} H_{\text{f}}.
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L'approximation linéaire des milieux ferromagnétiques doux repose sur deux simplifications physiques majeures :
- Négligence de l'hystérésis : le matériau étant doux, son cycle d'hystérésis est très étroit (champ coercitif H_{\mathrm{c}} \approx 0 et aimantation rémanente quasi-nulle). On assimile le cycle à une caractéristique unique et réversible passant par l'origine ;
Linéarisation avant saturation : en régime de fonctionnement sous excitation modérée, loin du seuil de saturation magnétique (B_{\mathrm{f}} \ll B_{\mathrm{sat}}), la courbe d'aimantation est assimilée à sa tangente à l'origine. L'aimantation \vec{M}_{\mathrm{f}} est alors directement proportionnelle à l'excitation magnétique \vec{H}_{\mathrm{f}} :
\vec{M}_{\mathrm{f}} = \chi_{\mathrm{m}} \vec{H}_{\mathrm{f}}où la susceptibilité magnétique \chi_{\mathrm{m}} est une constante scalaire (pour un milieu isotrope).
D'après la relation liant \vec{B}, \vec{H} et \vec{M} rappelée à la question Q22, on a :
où \mu_{\mathrm{r}} = 1 + \chi_{\mathrm{m}} désigne la perméabilité relative (constante et très grande devant 1).
En projetant le long des lignes de champ orientées dans le sens de circulation :
Résultat
Question 26
À quelle condition géométrique peut-on considérer que les lignes de champ restent parallèles entre elles dans l'entrefer ? On supposera cette condition vérifiée dans tout le sujet.
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La largeur de l'entrefer doit être très faible devant ses dimensions transversales : \ell \ll \sqrt{S_{\text{e}}}.
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Pour que les lignes de champ magnétique restent parallèles entre elles et ne s'épanouissent pas aux bords de l'entrefer (absence d'effets de bord ou de fuites latérales), il faut que la longueur de l'entrefer \ell soit très petite devant les dimensions transversales caractéristiques des pièces polaires (de section S_{\text{e}} ou S_{\text{f}}) :
Sous cette condition d'« entrefer étroit », le champ magnétique peut être considéré comme uniforme dans l'entrefer et perpendiculaire aux faces polaires.
Résultat
Question 27
D'après la figure, que peut-on dire du flux magnétique ?
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Remarquer la canalisation des lignes de champ à l'intérieur du circuit magnétique : le flux magnétique se conserve à travers toute section du circuit.
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L'observation de la figure 4 montre que les lignes de champ magnétique sont presque intégralement confinées à l'intérieur du matériau ferromagnétique et traversent l'entrefer sans fuite notable vers l'extérieur : le flux magnétique est canalisé par le circuit magnétique.
L'équation de Maxwell-Thomson, \mathrm{div}\,\vec{B} = 0, traduit le caractère conservatif du flux du champ magnétique. Le circuit magnétique se comportant comme un tube de flux sans fuites latérales, le flux magnétique \Phi à travers une section droite quelconque est conservé le long de la structure :
où \Phi_{\text{f}} désigne le flux à travers une section du matériau ferromagnétique et \Phi_{\text{e}} le flux à travers une section de l'entrefer.
Résultat
Question 28
Montrer que le champ magnétique dans l'entrefer vérifie la relation avec une constante à déterminer en fonction de , , , , , et .
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Appliquer le théorème d'Ampère sur la ligne moyenne fermée du circuit et utiliser la conservation du flux \Phi = B_{\text{f}} S_{\text{f}} = B_{\text{e}} S_{\text{e}} pour exprimer B_{\text{e}} en fonction de i.
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- Appliquer le théorème d'Ampère sous forme intégrale au vecteur excitation magnétique \vec{H} le long de la ligne de champ moyenne \mathcal{C}.
- Exprimer \vec{H} dans le matériau ferromagnétique et dans l'entrefer en utilisant les lois de comportement et la conservation du flux magnétique établie à la question Q27.
- En déduire l'expression de B_{\text{e}} en fonction de i, puis identifier la constante \alpha.
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Dans le cadre de l'ARQS magnétique (établi à la question Q23), on applique le théorème d'Ampère au vecteur excitation magnétique \vec{H} le long du contour fermé \mathcal{C} orienté suivant les lignes de champ (représenté sur la figure 3) :
Le contour \mathcal{C} se décompose en une partie dans le matériau ferromagnétique (de longueur L) et une partie dans l'entrefer (de longueur \ell). Les champs étant considérés uniformes et colinéaires au contour dans chaque tronçon :
D'après les lois de comportement :
- dans le matériau ferromagnétique doux (question Q25) : B_{\text{f}} = \mu_0 \mu_{\text{r}} H_{\text{f}}, soit H_{\text{f}} = \dfrac{B_{\text{f}}}{\mu_0 \mu_{\text{r}}} ;
- dans l'entrefer (assimilé au vide) : B_{\text{e}} = \mu_0 H_{\text{e}}, soit H_{\text{e}} = \dfrac{B_{\text{e}}}{\mu_0}.
De plus, d'après la conservation du flux magnétique le long du circuit sans fuites (question Q27) :
On en déduit l'expression de H_{\text{f}} en fonction de B_{\text{e}} :
En reportant dans le théorème d'Ampère :
Le champ magnétique dans l'entrefer vérifie donc bien B_{\text{e}} = \alpha \, i, avec :
Résultat
Question 29
On place maintenant un capteur à effet Hall dans l'entrefer. En fixant le plus précisément possible un courant d'intensité continu, montrer que l'on récupère une tension proportionnelle à l'intensité . Déterminer le coefficient de proportionnalité.
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Substituer B_0 = B_{\text{e}} = \alpha i(t) dans l'expression de la tension de Hall V_{\text{H}} = R_{\text{H}} I, et identifier la constante de proportionnalité.
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- Identifier le champ magnétique auquel est soumise la sonde à effet Hall placée dans l'entrefer.
- Exprimer la tension de Hall V_{\text{H}}(t) en fonction de ce champ magnétique et du courant de polarisation continu I, à l'aide des résultats de la partie II.1.
- Établir la proportionnalité entre V_{\text{H}}(t) et i(t) en explicitant le coefficient de proportionnalité.
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La sonde à effet Hall est placée dans l'entrefer de manière à ce que les lignes de champ magnétique, supposées uniformes et parallèles entre elles (d'après les questions Q26 et Q28), traversent perpendiculairement la surface active du capteur. Dans le cadre de l'ARQS magnétique (établie à la question Q23), le champ magnétique instantané dans l'entrefer s'écrit à tout instant :
où l'expression de \alpha a été déterminée à la question Q28 :
D'après la question Q18, la résistance de Hall du gaz bidimensionnel d'électrons s'exprime par :
Lorsque la sonde est alimentée par un courant continu d'intensité I fixé et parfaitement contrôlé, la tension transversale de Hall recueillie vaut donc :
La tension V_{\text{H}}(t) est ainsi strictement proportionnelle à l'intensité i(t) du courant circulant dans le bobinage :
avec pour coefficient de proportionnalité :
Résultat
Question 30
Quels sont les deux phénomènes associés aux pertes fer ? On d'étaillera l'origine de chaque perte. Quel autre type de perte existe dans ce système ?
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Citer les pertes par courants de Foucault (effet Joule induit) et les pertes par hystérésis magnétique (\oint H\text{d}B). Mentionner également les pertes par effet Joule dans le bobinage.
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Les pertes dites « pertes fer » (dissipées au sein du circuit magnétique sous forme de chaleur) regroupent deux phénomènes distincts :
Les pertes par hystérésis :
- Origine microscopique : sous l'effet du champ excitateur variable \vec{H}(t), l'aimantation du matériau évolue par déplacement des parois des domaines magnétiques (domaines de Weiss) et rotation des moments magnétiques atomiques. Ces déplacements rencontrent des impuretés et des défauts du réseau cristallin (centres de piégeage), rendant le processus d'aimantation irréversible.
Conséquence macroscopique : la relation entre \vec{B} et \vec{H} présente un retard décrivant un cycle d'hystérésis. L'énergie volumique dissipée sous forme thermique au cours d'un cycle correspond à l'aire de ce cycle :
w_{\text{hyst}} = \oint_{\text{cycle}} H \, \mathrm{d}BPour une excitation à la fréquence f, la puissance volumique dissipée est proportionnelle à la fréquence : \mathcal{P}_{\text{hyst}} \propto f.
Les pertes par courants de Foucault :
- Origine : d'après la loi de Faraday-Maxwell (\vec{\mathrm{rot}}\,\vec{E} = -\partial\vec{B}/\partial t), la variation temporelle du champ magnétique au sein du matériau ferromagnétique — qui possède une conductivité électrique \gamma_{\text{fer}} non nulle — induit un champ électromoteur tourbillonnaire.
- Conséquence : ce champ électrique met en mouvement les porteurs de charge du métal, générant des boucles de courants induits macroscopiques appelés courants de Foucault. Ces courants dissipent de l'énergie thermique par effet Joule avec une puissance volumique moyenne variant en f^2.
Autre type de perte dans le système :
Il existe également les pertes par effet Joule dans le bobinage (communément appelées « pertes cuivre »), associées à la résistance électrique non nulle R_{\text{b}} du fil conducteur enroulé autour du circuit :
Résultat
Question 31
En pratique, comme règle empirique, on considère que les pertes fer sont minimisées si le produit ( est le nombre de spires du bobinage, la fréquence du courant d'intensité ) est le plus faible possible. Justifier cette règle empirique.
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Exprimer la dépendance des pertes : les pertes par Foucault varient en (N i f)^2 et les pertes par hystérésis varient en f (N i)^\alpha.
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- Relier le champ magnétique maximal B_{\max} dans le circuit ferromagnétique aux grandeurs N et i.
- Exprimer la puissance des pertes par courants de Foucault et par hystérèse en fonction de B_{\max} et de la fréquence f.
- Conclure sur le rôle déterminant du produit N \times i \times f.
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D'après la question Q28, dans le cadre de l'approximation linéaire et de la conservation du flux, l'induction magnétique dans le ferromagnétique B_{\text{f}} est proportionnelle à la force magnétomotrice N i(t). L'amplitude de l'induction maximale s'écrit donc :
Examinons la dépendance des deux contributions aux pertes fer vis-à-vis de ces paramètres :
Pertes par courants de Foucault : La force électromotrice induite dans le matériau conducteur dérive de la loi de Faraday :
e_{\text{ind}} = -\frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}t} \propto f B_{\max} \propto N \times i \times fLa puissance volumique dissipée par effet Joule par ces courants induits varie comme le carré de cette tension induite :
P_{\text{Foucault}} \propto e_{\text{ind}}^2 \propto (N \times i \times f)^2Pertes par hystérésis : L'énergie dissipée par cycle est proportionnelle à l'aire du cycle d'hystérésis, qui croît avec l'amplitude du champ (loi empirique de Steinmetz : w_{\text{cycle}} \propto B_{\max}^\alpha, avec \alpha \approx 1{,}6\text{ à }2). La puissance moyenne dissipée s'en déduit par multiplication par la fréquence :
P_{\text{hyst}} = f \, w_{\text{cycle}} \, V_{\text{fer}} \propto f \, B_{\max}^\alpha \propto f \, (N i)^\alpha
Les deux types de pertes augmentent donc de façon monotone avec N i et avec f. En particulier, les pertes par courants de Foucault sont directement proportionnelles au carré du produit (N \times i \times f).
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Question 32
Pourquoi doit-on alors être vigilant lorsqu'on utilise ce type de capteur avec un courant d'intensité périodique non-sinusoïdal quelconque même de faible amplitude ?
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Penser à la décomposition en série de Fourier : la présence d'harmoniques de fréquences élevées multiplie considérablement les pertes par courants de Foucault.
Voir la stratégieStratégie
- Décomposer le courant périodique non-sinusoïdal en série de Fourier pour faire apparaître le contenu spectral en harmoniques f_n = n f.
- Utiliser la dépendance en fréquence des pertes fer (établie en Q31) pour montrer l'impact prépondérant des harmoniques de rang élevé.
- Analyser les conséquences métrologiques et physiques sur le capteur à effet Hall (échauffement, dérive thermique, distorsion du signal).
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D'après le théorème de Fourier, un courant périodique non-sinusoïdal se décompose en une composante continue et une somme d'harmoniques de fréquences f_n = n f (n \in \mathbb{N}^*) :
Même si l'amplitude globale du courant est faible, des fronts raides (comme dans les signaux carrés ou en modulation de largeur d'impulsion) impliquent des amplitudes I_n non négligeables jusqu'à des rangs n très élevés.
Or, comme analysé à la question Q31, les pertes par courants de Foucault varient comme le carré de la fréquence :
Le facteur pondérateur n^2 f^2 compense alors largement la petitesse des amplitudes I_n, ce qui impose une grande vigilance pour deux raisons principales :
- Échauffement et dérive thermique : la forte dissipation thermique par effet Joule dans le matériau ferromagnétique peut modifier sa perméabilité relative \mu_{\text{r}}, voire échauffer le capteur Hall situé dans l'entrefer et modifier sa sensibilité s (qui dépend de la température via la mobilité et la densité de porteurs N_{\text{s}}).
- Distorsion de mesure et pertes de linéarité : aux fréquences élevées des harmoniques, l'effet de peau magnétique confine le flux à la surface des tôles, le cycle dynamique d'hystérésis s'élargit, et des forces électromotrices d'induction parasites (\propto \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t}) viennent polluer la mesure de la tension de Hall V_{\text{H}}(t).
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.