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Corrigé détaillé X ENS Physique PSI 2020 (page 3/3 : Partie II (questions 33 à 36) et partie III)

Mesures de précision - Application à la métrologie

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Partie II : Effet Hall et mesures (suite)

II.3 · Mesure expérimentale

Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : effet hall quantique

D'après les résultats de la partie II.1, quelle courbe attend-on ? Commenter la courbe obtenue.

Voir l'indice

Souligner que la théorie classique prévoit une droite R_{\text{H}} \propto B, alors que l'expérience révèle l'apparition de plateaux quantifiés à basse température.

Voir la réponse courte

Classiquement R_{\text{H}} est linéaire en B ; l'expérience montre l'apparition de plateaux quantifiés pour la résistance de Hall.

Voir le corrigé complet

D'après le modèle classique de conduction établi à la question Q18, la résistance de Hall s'exprime par :

R_{\mathrm{H}} = \frac{B}{e N_{\mathrm{s}}}

On attend donc théoriquement une relation linéaire entre R_{\mathrm{H}} et le champ magnétique B, c'est-à-dire une droite passant par l'origine de pente constante :

\boxed{\frac{\mathrm{d}R_{\mathrm{H}}}{\mathrm{d}B} = \frac{1}{e N_{\mathrm{s}}} = \mathrm{cte}}

Au vu de la courbe expérimentale (figure 5) obtenue à très basse température (T = 0{,}1\text{ K}) :

  • À champ magnétique modéré (B \lesssim 4\text{ T}), la résistance R_{\mathrm{H}} croît de façon linéaire avec B, en parfait accord avec le modèle classique de Drude.
  • À champ magnétique plus intense (B \gtrsim 4\text{ T}), la courbe s'écarte nettement du comportement linéaire classique et fait apparaître des paliers horizontaux (autour de 6{,}45\text{ k}\Omega, 8{,}6\text{ k}\Omega, 12{,}9\text{ k}\Omega\dots) où la résistance de Hall reste rigoureusement constante sur des intervalles de champ B.
  • Les transitions entre ces paliers successifs s'effectuent par de brusques sauts de résistance : c'est la manifestation de l'effet Hall quantique entier.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La comparaison entre théorie et expérience doit détailler avec précision à la fois les concordances et les désaccords.

« Lorsqu’on compare un résultat théorique et les résultats expérimentaux, on s’attend à avoir le maximum d’informations : les concordances et les différences. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : effet hall quantique, charge élémentaire

Retrouver l'ordre de grandeur de la valeur de la charge élémentaire sachant que le gaz d'électrons a une densité surfacique de .

Voir l'indice

Mesurer la pente de la zone linéaire à faible champ sur la figure 5 (R_{\text{H}} / B) et en déduire e = \frac{1}{N_{\text{s},\exp} (R_{\text{H}}/B)}.

Voir la stratégie
  1. Exploiter le comportement à faibles champs magnétiques (B \leqslant 4\text{ T}), où la courbe présente une allure linéaire en accord avec le modèle classique de Drude établi à la question Q18.
  2. Mesurer graphiquement la pente \frac{\Delta R_{\text{H}}}{\Delta B} sur la figure 5.
  3. En déduire la valeur de la charge élémentaire e = \frac{1}{N_{\text{s,exp}} \frac{\Delta R_{\text{H}}}{\Delta B}} et vérifier sa cohérence avec la valeur de référence.
Voir la réponse courte

Détermination de la pente classique ou de la largeur d'un plateau pour extraire la constante élémentaire e.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q18, le modèle classique de l'effet Hall prédit une relation linéaire entre la résistance de Hall et le champ magnétique :

R_{\text{H}} = \frac{B}{e N_{\text{s}}}

La pente de la droite dans le domaine des champs modérés (B \leqslant 4\text{ T}) s'écrit donc :

\frac{\Delta R_{\text{H}}}{\Delta B} = \frac{1}{e N_{\text{s,exp}}}

Sur la figure 5, dans la région linéaire précédant l'apparition des premiers plateaux quantiques :

  • pour B = 0\text{ T}, R_{\text{H}} = 0\,\Omega ;
  • pour B = 4\text{ T}, on lit R_{\text{H}} \simeq 3{,}2\text{ k}\Omega = 3{,}2 \times 10^3\,\Omega (soit 1{,}6\text{ k}\Omega à B = 2\text{ T}).

La pente vaut ainsi :

\frac{\Delta R_{\text{H}}}{\Delta B} \simeq \frac{3{,}2 \times 10^3}{4} = 800\,\Omega\cdot\text{T}^{-1}

On en déduit l'expression de la charge élémentaire :

e = \frac{1}{N_{\text{s,exp}} \left(\frac{\Delta R_{\text{H}}}{\Delta B}\right)}

Application numérique avec N_{\text{s,exp}} = 8 \times 10^{15}\text{ m}^{-2} :

\begin{aligned} e &\simeq \frac{1}{8 \times 10^{15} \times 800} = \frac{1}{6{,}4 \times 10^{18}} \\ e &\simeq 1{,}56 \times 10^{-19}\text{ C} \end{aligned}
\boxed{e \simeq 1{,}6 \times 10^{-19}\text{ C}}

On retrouve bien l'ordre de grandeur de la charge élémentaire fournie dans les constantes usuelles (e = 1{,}60 \times 10^{-19}\text{ C}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Lisez attentivement l'intégralité de la question pour ne pas oublier l'application numérique demandée.

« Pas mal de candidats ne lisent pas la question jusqu’au bout : on attendait une application numérique. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : analyse dimensionnelle, quantum de résistance

Par analyse dimensionnelle, déterminer l'expression de la résistance en fonction de et de . En déduire sa valeur numérique. La constante multiplicative sans dimension est prise égale à 1.

Voir l'indice

Déterminer par analyse dimensionnelle la combinaison R_{\text{u}} = h^\alpha e^\beta homogène à une résistance (rappel : [h] = \text{J}\cdot\text{s}, [e^2] = [h]/[\Omega]).

Voir la stratégie
  1. Exprimer les dimensions de la résistance R, de la constante de Planck h et de la charge élémentaire e dans le système international d'unités (MKSA).
  2. Poser R_{\text{u}} = h^\alpha e^\beta et identifier les exposants \alpha et \beta.
  3. Réaliser l'application numérique avec les constantes fournies par l'énoncé.
Voir la réponse courte

Combinaison [h]/[e^2] = \Omega : calcul de la résistance de von Klitzing R_{\text{u}} = h/e^2 \simeq 25{,}8\text{ k}\Omega.

Voir le corrigé complet

Dans le système international d'unités (MKSA), déterminons les dimensions des grandeurs physiques mises en jeu :

  • L'énergie s'exprime en joules (\mathrm{J}), soit [\mathcal{E}] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-2}. La constante de Planck h, homogène à une action (\mathrm{J}\cdot\mathrm{s}), a pour dimension :

    [h] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-1}
  • La charge élémentaire e s'exprime en coulombs (\mathrm{C} = \mathrm{A}\cdot\mathrm{s}), d'où :

    [e] = \mathrm{I}\cdot\mathrm{T}
  • La puissance dissipée par effet Joule dans une résistance R s'écrit \mathcal{P} = R\,I^2, de dimension [\mathcal{P}] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-3}. La dimension d'une résistance électrique est donc :

    [R] = \frac{[\mathcal{P}]}{[I]^2} = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-3}\cdot\mathrm{I}^{-2}

On cherche une expression de la forme R_{\text{u}} = C\,h^\alpha e^\beta, où C = 1 est une constante sans dimension :

\begin{aligned} [R_{\text{u}}] &= [h]^\alpha [e]^\beta \\ \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-3}\cdot\mathrm{I}^{-2} &= \left(\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-1}\right)^\alpha \left(\mathrm{I}\cdot\mathrm{T}\right)^\beta \\ &= \mathrm{M}^\alpha\cdot\mathrm{L}^{2\alpha}\cdot\mathrm{T}^{-\alpha + \beta}\cdot\mathrm{I}^\beta \end{aligned}

Par identification des exposants :

  • Sur la masse \mathrm{M} (ou la longueur \mathrm{L}) : \alpha = 1 ;
  • Sur l'intensité \mathrm{I} : \beta = -2 ;
  • Sur le temps \mathrm{T} : -\alpha + \beta = -1 - 2 = -3, ce qui est bien vérifié.

On en déduit l'expression de la résistance universelle :

\boxed{R_{\text{u}} = \frac{h}{e^2}}

Application numérique : avec h = 6{,}63 \times 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s} et e = 1{,}60 \times 10^{-19}\text{ C},

R_{\text{u}} = \frac{6{,}63 \times 10^{-34}}{(1{,}60 \times 10^{-19})^2} = \frac{6{,}63}{2{,}56} \times 10^4 \simeq 2{,}59 \times 10^4\ \Omega
\boxed{R_{\text{u}} \simeq 25{,}9\text{ k}\Omega}

Résultat

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Question 36

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : étalon métrologique, effet hall quantique

Expliquer l'intérêt d'utiliser l'effet Hall quantique pour définir un étalon de résistance.

Voir l'indice

Mettre en avant le fait que la valeur des paliers ne dépend d'aucun paramètre macroscopique ni défaut du matériau, mais uniquement des constantes fondamentales h et e.

Voir la réponse courte

Valeur universelle insensible aux défauts macroscopiques et aux impuretés du matériau, fixée uniquement par h et e.

Voir le corrigé complet

L'utilisation de l'effet Hall quantique pour définir un étalon de résistance présente des avantages métrologiques majeurs :

  • Universalité et indépendance matérielle : la résistance sur les paliers quantifiés est donnée par :

    R_{\text{H}} = \frac{R_{\text{u}}}{\nu} = \frac{h}{\nu e^2} \quad (\nu \in \mathbb{N}^*)

    Elle ne dépend que de constantes fondamentales de la nature (h et e), et est rigoureusement indépendante du matériau semi-conducteur utilisé (GaAs, silicium, graphène), de la géométrie de l'échantillon et de ses impuretés résiduelles.

  • Stabilité temporelle : contrairement à un étalon matériel (résistance étalon bobinée sujette au vieillissement, à l'oxydation, à l'humidité ou aux contraintes mécaniques), un étalon fondé sur une constante fondamentale ne dérive pas au cours du temps.
  • Reproductibilité et décentralisation : tout laboratoire métrologique disposant du dispositif expérimental approprié (basse température et fort champ magnétique) peut reproduire de façon autonome et avec une exactitude relative remarquable (inférieure à 10^{-9}) la même valeur de référence, s'affranchissant du transport et de la comparaison périodique avec un artefact de référence centralisé.
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Partie III : Bruit de mesure

III.1 · Bruit et vitesse dans les conducteurs

Question 37

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Mise en équation
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : équation de langevin, modèle de drude

Écrire l'équation différentielle vérifiée par la vitesse d'un électron de masse effective .

Voir l'indice

Projeter la seconde loi de Newton sur l'axe Ox en sommant la force de frottement visqueux et la force stochastique f_{\text{b}}.

Voir la réponse courte

PFD sur l'électron avec force de traînée visqueuse et force aléatoire fluctuante : \dot{v} + \frac{v}{\tau_0} = b(t).

Voir le corrigé complet

On applique le principe fondamental de la dynamique à un électron de masse effective m^*, dans le référentiel du conducteur supposé galiléen.

D'après les hypothèses de l'énoncé, le mouvement est unidimensionnel le long de l'axe (Ox) et l'électron n'est soumis qu'à deux forces :

  • la force de frottement fluide : \vec{f} = -\dfrac{m^*}{\tau_0} v(t)\,\vec{e}_x ;
  • la force aléatoire (force de Langevin) : \vec{f}_{\mathrm{b}} = m^* b(t)\,\vec{e}_x.

Le principe fondamental de la dynamique s'écrit :

m^* \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \vec{f} + \vec{f}_{\mathrm{b}}

En projetant sur le vecteur unitaire \vec{e}_x avec \vec{v}(t) = v(t)\,\vec{e}_x, on obtient :

m^* \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = -\frac{m^*}{\tau_0} v(t) + m^* b(t)

En divisant par la masse effective m^* \neq 0, on obtient l'équation différentielle canonique du premier ordre :

\boxed{\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}(t) + \frac{v(t)}{\tau_0} = b(t)}

Résultat

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Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : équation différentielle linéaire

En déduire que la solution de cette équation vérifiant est

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle linéaire du premier ordre par la méthode de variation de la constante.

Voir la stratégie
  1. Résoudre l'équation différentielle linéaire du premier ordre établie en Q37 par la méthode du facteur intégrant (ou par la méthode de variation de la constante).
  2. Intégrer la relation obtenue entre 0 et t en prenant en compte la condition initiale v(0) = v_0.
Voir la réponse courte

Intégration par méthode de variation de la constante ou facteur intégrant \exp(t/\tau_0).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q37, la vitesse v(t) vérifie l'équation différentielle :

\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} + \frac{v(t)}{\tau_0} = b(t)

Multiplions cette équation par le facteur intégrant \mathrm{e}^{t/\tau_0} :

\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}\,\mathrm{e}^{t/\tau_0} + \frac{v(t)}{\tau_0}\,\mathrm{e}^{t/\tau_0} = b(t)\,\mathrm{e}^{t/\tau_0}

Le membre de gauche s'identifie à la dérivée du produit v(t)\,\mathrm{e}^{t/\tau_0} :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\left(v(t)\,\mathrm{e}^{t/\tau_0}\right) = b(t)\,\mathrm{e}^{t/\tau_0}

En intégrant cette relation entre 0 et t, en utilisant la variable muette u :

\begin{aligned} \int_0^t \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}u}\left(v(u)\,\mathrm{e}^{u/\tau_0}\right)\mathrm{d}u &= \int_0^t b(u)\,\mathrm{e}^{u/\tau_0}\,\mathrm{d}u \\ v(t)\,\mathrm{e}^{t/\tau_0} - v(0) &= \int_0^t b(u)\,\mathrm{e}^{u/\tau_0}\,\mathrm{d}u \end{aligned}

Comme v(0) = v_0, il vient :

v(t)\,\mathrm{e}^{t/\tau_0} = v_0 + \int_0^t b(u)\,\mathrm{e}^{u/\tau_0}\,\mathrm{d}u

En multipliant l'ensemble par \mathrm{e}^{-t/\tau_0} et en faisant entrer ce terme sous l'intégrale :

\boxed{v(t) = v_0\,\mathrm{e}^{-t/\tau_0} + \int_0^t \exp\left(-\frac{t-u}{\tau_0}\right) b(u)\,\mathrm{d}u}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Proposez une démonstration rigoureuse par variation de la constante ou vérification directe sans tenter de forcer le résultat.

« On pouvait soit utiliser la méthode de variation de la constante soit injecter la solution et vérifier qu’elle était bien solution. »

« Trop de candidats essayent d’arnaquer le correcteur. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 39

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : régime transitoire, temps de relaxation

Identifier le terme du régime transitoire. Quelle est la durée de ce régime ?

Voir l'indice

Identifier le terme v_0 \text{e}^{-t/\tau_0}, qui décroît exponentiellement avec une constante de temps caractéristique \Delta t \sim \tau_0.

Voir la réponse courte

Le terme transitoire est v_0 \exp(-t/\tau_0), amorti sur une durée caractéristique de l'ordre de quelques \tau_0.

Voir le corrigé complet

Dans l'expression de la vitesse obtenue à la question Q38 :

v(t) = \underbrace{v_0 \mathrm{e}^{-t/\tau_0}}_{\text{terme transitoire}} + \underbrace{\int_0^t \exp\left(-\frac{t-u}{\tau_0}\right) b(u)\,\mathrm{d}u}_{\text{régime permanent fluctuant}}
  1. Terme du régime transitoire :
    Il s'agit du premier terme, dépendant de la condition initiale v(0) = v_0 :

    \boxed{v_{\text{trans}}(t) = v_0 \mathrm{e}^{-t/\tau_0}}

    Ce terme s'amortit exponentiellement et tend vers zéro lorsque le temps augmente, traduisant la perte de mémoire de la vitesse initiale sous l'effet des collisions.

  2. Durée \Delta t du régime transitoire :
    La constante de temps caractéristique de cette décroissance exponentielle est \tau_0. Le régime transitoire est usuellement considéré comme achevé au bout de quelques constantes de temps (typiquement pour une atténuation de plus de 99\,\% avec \mathrm{e}^{-5} < 0{,}01) :

    \boxed{\Delta t \approx 3\tau_0 \text{ à } 5\tau_0}

    Au-delà de cette durée (t \gg \tau_0), le terme transitoire est négligeable et la vitesse de l'électron n'est plus régie que par les fluctuations d'origine thermique modélisées par le terme intégral.

Résultat

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III.1.1 · Bruit blanc

Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : bruit blanc, fonction d'autocorrélation

Par le calcul de et des relations fournies dans le formulaire, montrer que l'expression de est cohérente avec la définition d'un bruit blanc.

Voir l'indice

Calculer la transformée de Fourier de C_{\text{b}}(\tau) = \Gamma \delta(\tau) en utilisant la propriété d'échantillonnage de la distribution de Dirac fournie.

Voir la stratégie
  1. Injecter l'expression de la fonction d'autocorrélation C_{\text{b}}(\tau) = \Gamma\,\delta(\tau) dans l'intégrale définissant la densité spectrale S_{\text{b}}(f).
  2. Appliquer la propriété de filtrage de la distribution de Dirac fournie dans le formulaire pour évaluer l'intégrale.
  3. Conclure en vérifiant que le spectre obtenu est indépendant de la fréquence f.
Voir la réponse courte

La transformée de Fourier de la densité spectrale constante donne une fonction d'autocorrélation proportionnelle au pic de Dirac.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, la densité spectrale associée au bruit b(t) s'exprime sous la forme :

S_{\text{b}}(f) = \int_{-\infty}^{+\infty} C_{\text{b}}(\tau)\,\mathrm{e}^{-2\mathrm{i}\pi f \tau}\,\mathrm{d}\tau

En remplaçant la fonction d'autocorrélation temporelle par son expression C_{\text{b}}(\tau) = \Gamma\,\delta(\tau), où \Gamma est une constante, il vient :

S_{\text{b}}(f) = \int_{-\infty}^{+\infty} \Gamma\,\delta(\tau)\,\mathrm{e}^{-2\mathrm{i}\pi f \tau}\,\mathrm{d}\tau = \Gamma \int_{-\infty}^{+\infty} \mathrm{e}^{-2\mathrm{i}\pi f \tau}\,\delta(\tau - 0)\,\mathrm{d}\tau

D'après la propriété de la fonction impulsion \delta rappelée dans le formulaire, pour toute fonction continue g, \int_{-\infty}^{+\infty} g(t)\,\delta(t - t_0)\,\mathrm{d}t = g(t_0). Ici, avec g(\tau) = \mathrm{e}^{-2\mathrm{i}\pi f \tau} et t_0 = 0, on a :

g(0) = \mathrm{e}^0 = 1

On en déduit immédiatement :

\boxed{S_{\text{b}}(f) = \Gamma}

La densité spectrale S_{\text{b}}(f) est rigoureusement indépendante de la fréquence f (spectre plat ou uniforme). Cela correspond exactement à la définition d'un bruit blanc, pour lequel toutes les composantes fréquentielles ont la même contribution statistique. L'expression C_{\text{b}}(\tau) = \Gamma\,\delta(\tau) est donc parfaitement cohérente avec cette définition.

Résultat

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Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : transformée de fourier, dualité temps-fréquence

Quel commentaire peut-on faire entre l'élargissement temporel de et celui fréquentiel de ? Citer un autre phénomène où cette propriété apparaît.

Voir l'indice

Évoquer le principe d'incertitude temps-fréquence (\Delta \tau \cdot \Delta f \sim 1) : une corrélation temporelle infiniment brève correspond à un spectre infiniment large. Citer la diffraction ou les paquets d'ondes.

Voir la stratégie
  1. Exploiter le lien de transformation de Fourier entre la fonction d'autocorrélation temporelle C_{\text{b}}(\tau) et la densité spectrale S_{\text{b}}(f) pour dégager une relation générale entre leurs largeurs respectives.
  2. Interpréter le cas limite du bruit blanc (\Delta \tau \to 0 \implies \Delta f \to \infty).
  3. Proposer un phénomène physique analogue régi par la même propriété de réciprocité mathématique.
Voir la réponse courte

Décroissance temporelle inversement proportionnelle à la largeur spectrale ; analogue au paquet d'ondes ou à la diffraction.

Voir le corrigé complet

La densité spectrale S_{\text{b}}(f) étant la transformée de Fourier de la fonction d'autocorrélation C_{\text{b}}(\tau), ces deux grandeurs vérifient la propriété de réciprocité temps-fréquence inhérente à l'analyse de Fourier :

\Delta \tau \cdot \Delta f \sim 1

où \Delta \tau caractérise le temps de corrélation (largeur temporelle de C_{\text{b}}) et \Delta f la largeur de bande spectrale (largeur fréquentielle de S_{\text{b}}).

  • Plus un signal présente une corrélation temporelle brève (élargissement temporel de C_{\text{b}}(\tau) étroit), plus son spectre de puissance est étalé en fréquence (élargissement fréquentiel de S_{\text{b}}(f) grand).
  • Pour un bruit blanc idéal, la décorrélation est instantanée (C_{\text{b}}(\tau) \propto \delta(\tau), soit \Delta \tau \to 0), ce qui implique un étalement spectral infini (S_{\text{b}}(f) = \text{constante}, soit \Delta f \to \infty).

Cette propriété de réciprocité apparaît dans de nombreux domaines de la physique :

  • En optique ultrarapide : les impulsions laser très courtes (impulsions femtoseconde, \Delta t très petit) possèdent nécessairement un spectre optique très large (\Delta \nu \sim 1/\Delta t).
  • En mécanique quantique : les relations d'indétermination de Heisenberg (par exemple spatio-fréquentielle \Delta x \cdot \Delta p_x \geqslant \frac{\hbar}{2} ou énergie-temps \Delta E \cdot \Delta t \geqslant \frac{\hbar}{2}) traduisent exactement cette même propriété mathématique appliquée aux fonctions d'onde.
  • En diffraction : une fente de faible ouverture spatiale a produit une tache de diffraction très étalée angulairement (\theta \sim \lambda/a).
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III.1.2 · Densité spectrale de la vitesse des électrons

Question 42

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : valeur moyenne

D'après l'expression obtenue de , calculer . On supposera qu'on peut intervertir les intégrales et la moyenne temporelle.

Voir l'indice

Passer à la moyenne temporelle dans l'expression de v(t) en utilisant la linéarité et le fait que \langle b(u) \rangle = 0.

Voir la stratégie
  1. Partir de la solution générale de l'équation différentielle établie à la question Q38 en se plaçant dans le régime permanent (t \gg \tau_0), conformément aux instructions de l'énoncé.
  2. Appliquer l'opérateur de moyenne temporelle \langle \dots \rangle et intervertir l'intégrale et la moyenne en utilisant la propriété \langle b(t) \rangle = 0 du bruit blanc.
Voir la réponse courte

Moyenne nulle \langle v(t) \rangle = 0 car le bruit blanc est centré \langle b(t) \rangle = 0 et le transitoire s'annule en temps long.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression établie à la question Q38, la vitesse s'écrit :

v(t) = v_0 \mathrm{e}^{-t/\tau_0} + \int_0^t \exp\left(-\frac{t-u}{\tau_0}\right) b(u)\,\mathrm{d}u

Dans le cadre de l'approximation du régime permanent (t \gg \tau_0), le terme transitoire est négligeable :

v_0 \mathrm{e}^{-t/\tau_0} \simeq 0

En prenant la moyenne temporelle de l'expression et en intervertissant l'intégrale et l'opération de moyenne, on obtient :

\langle v(t) \rangle = \int_0^t \exp\left(-\frac{t-u}{\tau_0}\right) \langle b(u) \rangle\,\mathrm{d}u

Comme le bruit blanc b(t) est centré d'après la section III.1.1 (\langle b(u) \rangle = 0), l'intégrale s'annule identiquement :

\boxed{\langle v(t) \rangle = 0}

Résultat

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Question 43

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : variance, fonction d'autocorrélation

Montrer que pour , . On pourra s'aider du formulaire et d'un changement de variable dans une des intégrales pour se ramener à la définition du bruit blanc de l'énoncé.

Voir l'indice

Élever v(t) au carré sous forme d'une double intégrale, appliquer la moyenne temporelle \langle b(u) b(u') \rangle = \Gamma \delta(u - u') et intégrer l'exponentielle restante.

Voir la stratégie
  1. Pour t \gg \tau_0, le terme transitoire issu de la condition initiale s'éteint : on exprime v(t) à l'aide de la seule intégrale de convolution avec le bruit b(u).
  2. On forme le carré v^2(t) sous la forme d'une intégrale double faisant intervenir deux variables muettes distinctes u et u', puis on prend la moyenne temporelle en introduisant la fonction d'autocorrélation du bruit blanc \langle b(u) b(u') \rangle = \Gamma\,\delta(u' - u).
  3. L'intégration sur u' se simplifie grâce à la propriété de filtrage de l'impulsion de Dirac, puis l'intégration sur u conduit à la variance recherchée à la limite des temps longs.
Voir la réponse courte

Calcul de l'intégrale double en utilisant \langle b(u) b(u') \rangle = \Gamma \delta(u - u'), convergeant vers \Gamma \tau_0 / 2.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q38 et Q39, pour t \gg \tau_0, le terme transitoire v_0\,\mathrm{e}^{-t/\tau_0} devient négligeable, de sorte que la vitesse s'écrit :

v(t) \simeq \int_0^t \exp\left(-\frac{t-u}{\tau_0}\right) b(u)\,\mathrm{d}u

En élevant cette expression au carré et en introduisant deux variables d'intégration indépendantes u et u', on obtient :

v^2(t) \simeq \int_0^t \mathrm{d}u \int_0^t \mathrm{d}u' \exp\left(-\frac{2t - u - u'}{\tau_0}\right) b(u)\,b(u')

En prenant la moyenne temporelle \langle \dots \rangle et en intervertissant moyenne et intégrales :

\langle v^2(t) \rangle \simeq \int_0^t \mathrm{d}u \int_0^t \mathrm{d}u' \exp\left(-\frac{2t - u - u'}{\tau_0}\right) \langle b(u)\,b(u') \rangle

En posant le changement de variable suggéré u' = u + \tau (à u fixé, \mathrm{d}u' = \mathrm{d}\tau), la corrélation temporelle s'identifie à celle d'un bruit blanc définie dans l'énoncé :

\langle b(u)\,b(u') \rangle = \langle b(u)\,b(u+\tau) \rangle = \mathrm{C}_{\mathrm{b}}(\tau) = \Gamma\,\delta(\tau) = \Gamma\,\delta(u' - u)

Pour tout u \in ]0, t[, la singularité de la fonction impulsion \delta(u' - u) se situe à l'intérieur de l'intervalle d'intégration u' \in [0, t]. D'après la propriété de Dirac rappelée dans le formulaire :

\int_0^t \exp\left(\frac{u'}{\tau_0}\right) \delta(u' - u)\,\mathrm{d}u' = \exp\left(\frac{u}{\tau_0}\right)

Il reste alors à intégrer sur u :

\begin{aligned} \langle v^2(t) \rangle &\simeq \Gamma \int_0^t \exp\left(-\frac{2t - 2u}{\tau_0}\right) \mathrm{d}u \\ &= \Gamma\,\mathrm{e}^{-2t/\tau_0} \int_0^t \mathrm{e}^{2u/\tau_0}\,\mathrm{d}u \\ &= \Gamma\,\mathrm{e}^{-2t/\tau_0} \left[ \frac{\tau_0}{2}\,\mathrm{e}^{2u/\tau_0} \right]_0^t \\ &= \frac{\Gamma\tau_0}{2} \left( 1 - \mathrm{e}^{-2t/\tau_0} \right) \end{aligned}

Puisque t \gg \tau_0, le terme exponentiel \mathrm{e}^{-2t/\tau_0} est totalement négligeable devant 1, d'où :

\boxed{\langle v^2(t) \rangle \simeq \frac{\Gamma\tau_0}{2}}

Résultat

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Question 44

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : équipartition de l'énergie, bruit thermique

On peut montrer que la relation entre l'énergie cinétique moyenne d'une particule dans un gaz parfait et l'agitation thermique reste valable en ordre de grandeur pour les électrons. En déduire la relation qui existe entre , , , la température et la constante de Boltzmann .

Voir l'indice

Égaliser l'énergie cinétique moyenne 1D \frac{1}{2}m^* \langle v^2 \rangle à \frac{1}{2}k_{\text{B}} T (théorème d'équipartition) et en déduire \Gamma.

Voir la réponse courte

Identification \frac{1}{2} m^* \langle v^2 \rangle = \frac{1}{2} k_{\text{B}} T, d'où la relation d'Einstein-Langevin \Gamma = \frac{2 k_{\text{B}} T}{m^* \tau_0}.

Voir le corrigé complet

Dans le modèle unidimensionnel considéré, le mouvement des électrons s'effectue selon l'axe (Ox) avec la vitesse \vec{v}(t) = v(t)\vec{e}_x. D'après le théorème de l'équipartition de l'énergie appliqué à ce seul degré de liberté de translation, l'énergie cinétique moyenne s'écrit :

\langle E_{\text{c}} \rangle = \frac{1}{2} m^* \langle v^2(t) \rangle = \frac{1}{2} k_{\text{B}} T

On en déduit la vitesse quadratique moyenne à l'équilibre thermique :

\langle v^2(t) \rangle = \frac{k_{\text{B}} T}{m^*}

Cette valeur est d'ailleurs parfaitement cohérente avec l'expression de la fonction d'autocorrélation C_v(\tau) fournie par l'énoncé pour la suite, pour laquelle C_v(0) = \langle v^2(t) \rangle = \frac{k_{\text{B}} T}{m^*}.

En identifiant cette expression avec celle établie à la question Q43, \langle v^2(t) \rangle \simeq \dfrac{\Gamma \tau_0}{2}, il vient :

\frac{\Gamma \tau_0}{2} = \frac{k_{\text{B}} T}{m^*}

ce qui donne la relation recherchée :

\boxed{\Gamma = \frac{2 k_{\text{B}} T}{m^* \tau_0}}

Résultat

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Question 45

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : densité spectrale de puissance, filtrage linéaire

Déterminer l'expression littérale de .

Voir l'indice

Appliquer la formule intégrale donnée en formulaire à la fonction C_v(\tau) \propto \text{e}^{-|\tau/\tau_0|} par changement de variable.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la densité spectrale S_v(f) sous forme intégrale par analogie avec la relation de Wiener-Khintchine donnée pour S_b(f).
  2. Effectuer le changement de variable u = \tau/\tau_0 pour faire apparaître l'intégrale fournie dans le formulaire de l'énoncé.
Voir la réponse courte

Filtrage passe-bas du premier ordre : S_v(f) = |H(f)|^2 S_b(f) = \frac{\Gamma}{1/\tau_0^2 + 4\pi^2 f^2}.

Voir le corrigé complet

Par analogie avec la définition de la densité spectrale du bruit S_b(f) introduite dans le préambule de la sous-partie III.1.1, la densité spectrale de la vitesse S_v(f) est la transformée de Fourier de sa fonction d'autocorrélation C_v(\tau) :

S_v(f) = \int_{-\infty}^{+\infty} C_v(\tau)\,\mathrm{e}^{-2\mathrm{i}\pi f \tau}\,\mathrm{d}\tau

En injectant l'expression de la fonction d'autocorrélation C_v(\tau) = \dfrac{k_{\mathrm{B}} T}{m^*} \exp\left(-\left|\dfrac{\tau}{\tau_0}\right|\right) valable pour t \gg \tau_0 :

S_v(f) = \frac{k_{\mathrm{B}} T}{m^*} \int_{-\infty}^{+\infty} \exp\left(-\left|\frac{\tau}{\tau_0}\right|\right)\mathrm{e}^{-2\mathrm{i}\pi f \tau}\,\mathrm{d}\tau

En posant le changement de variable u = \dfrac{\tau}{\tau_0}, soit \mathrm{d}\tau = \tau_0\,\mathrm{d}u, il vient :

S_v(f) = \frac{k_{\mathrm{B}} T \tau_0}{m^*} \int_{-\infty}^{+\infty} \mathrm{e}^{-|u|}\,\mathrm{e}^{-2\mathrm{i}\pi (f\tau_0) u}\,\mathrm{d}u

D'après l'intégrale particulière fournie dans le formulaire, avec F = f\tau_0 :

\int_{-\infty}^{+\infty} \mathrm{e}^{-|u|}\,\mathrm{e}^{-2\mathrm{i}\pi F u}\,\mathrm{d}u = \frac{2}{1 + 4\pi^2 F^2} = \frac{2}{1 + 4\pi^2 f^2 \tau_0^2}

On en déduit l'expression littérale de la densité spectrale de vitesse :

\boxed{S_v(f) = \frac{2 k_{\mathrm{B}} T \tau_0}{m^*(1 + 4\pi^2 f^2 \tau_0^2)}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Vérifiez impérativement l'homogénéité du résultat et maîtrisez les changements de variable lors des calculs d'intégrales.

« Très souvent, les correcteurs ont pu lire des résultats du type 1+(2πf)2 : ce résultat est bien entendu inhomogène mais montre aussi que les changements de variable lors d’une intégration ne sont pas maitrisés. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 46

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : diagramme de bode, densité spectrale de puissance

Tracer alors le diagramme de Bode pour .

Voir l'indice

Étudier la fonction S_v(f) : tracer l'asymptote basse fréquence horizontale et l'asymptote haute fréquence de pente -40\text{ dB/décade}.

Voir la stratégie
  1. Réécrire la densité spectrale S_v(f) sous une forme canonique faisant apparaître la valeur en basse fréquence S_{v0} et une fréquence caractéristique f_c.
  2. Exprimer le gain en décibels G_{\text{dB}} = 20\log S_v(f), puis déterminer les comportements asymptotiques à basse fréquence (f \ll f_c) et à haute fréquence (f \gg f_c).
  3. Tracer le diagramme asymptotique et l'allure de la courbe réelle en précisant l'écart à la coupure (f = f_c).
Voir la réponse courte

Tracé avec asymptote horizontale à basse fréquence et décroissance à -20\text{ dB/décade} pour S_v (ou -40\text{ dB/décade} selon convention).

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question précédente (Q45), la densité spectrale de la vitesse s'écrit :

S_v(f) = \frac{2 k_{\text{B}} T \tau_0}{m^*\left(1 + 4\pi^2 f^2 \tau_0^2\right)}

En posant S_{v0} = \dfrac{2 k_{\text{B}} T \tau_0}{m^*} et la fréquence caractéristique f_{\text{c}} = \dfrac{1}{2\pi \tau_0}, l'expression devient :

S_v(f) = \frac{S_{v0}}{1 + \left(\dfrac{f}{f_{\text{c}}}\right)^2}

La grandeur à tracer est :

20\log S_v(f) = 20\log S_{v0} - 20\log\left[1 + \left(\frac{f}{f_{\text{c}}}\right)^2\right]

Étudions les comportements asymptotiques :

  • Basse fréquence (f \ll f_{\text{c}}) :

    20\log S_v(f) \simeq 20\log S_{v0} = \text{cte}

    L'asymptote est une droite horizontale d'ordonnée 20\log S_{v0}.

  • Haute fréquence (f \gg f_{\text{c}}) :

    20\log S_v(f) \simeq 20\log S_{v0} - 20\log\left[\left(\frac{f}{f_{\text{c}}}\right)^2\right] = 20\log S_{v0} - 40\log\left(\frac{f}{f_{\text{c}}}\right)

    L'asymptote est une droite oblique de pente -40\text{ dB/décade} (soit -12\text{ dB/octave}).

  • À la coupure (f = f_{\text{c}}) : Les deux asymptotes se coupent en f = f_{\text{c}} (où \log(f/f_{\text{c}}) = 0), et la valeur réelle vaut :

    20\log S_v(f_{\text{c}}) = 20\log S_{v0} - 20\log 2 \simeq 20\log S_{v0} - 6\text{ dB}

    La courbe réelle passe donc environ 6\text{ dB} en dessous du point de rencontre des asymptotes.

On en déduit l'allure du diagramme de Bode :

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Question 47

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : fréquence de coupure, bruit blanc

En déduire la fréquence de coupure et que pour , .

Voir l'indice

Définir la fréquence de coupure à -3\text{ dB} telle que 2\pi f_{\text{c}} \tau_0 = 1, puis faire le développement limité pour f \ll f_{\text{c}}.

Voir la réponse courte

Pulsation de coupure \omega_{\text{c}} = 1/\tau_0 (f_{\text{c}} = 1/(2\pi\tau_0)) et approximation basse fréquence S_v(0) = \Gamma \tau_0^2 = \frac{2 k_{\text{B}} T \tau_0}{m^*}.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression établie à la question Q45 :

S_v(f) = \frac{2 k_{\text{B}} T \tau_0}{m^*} \frac{1}{1 + 4\pi^2 \tau_0^2 f^2}

L'asymptote basse fréquence et l'asymptote haute fréquence tracées à la question Q46 se coupent au point d'abscisse vérifiant 2\pi \tau_0 f_{\text{c}} = 1. La fréquence de coupure à l'intersection des asymptotes (correspondant également à une atténuation de 6\text{ dB} du niveau de densité spectrale puisque S_v(f_{\text{c}}) = \frac{1}{2}S_v(0)) est donc donnée par :

\boxed{f_{\text{c}} = \frac{1}{2\pi \tau_0}}

Pour des fréquences très inférieures à la fréquence de coupure, f \ll f_{\text{c}}, on a :

4\pi^2 \tau_0^2 f^2 = \left(\frac{f}{f_{\text{c}}}\right)^2 \ll 1

Le dénominateur tend vers 1, d'où :

\boxed{S_v(f) \underset{f \ll f_{\text{c}}}{\simeq} \frac{2 k_{\text{B}} T \tau_0}{m^*}}

Dans ce domaine de fréquences, la densité spectrale de la vitesse des électrons est indépendante de la fréquence : le bruit de vitesse y est blanc.

Résultat

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Question 48

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : bande passante

Sachant que , la condition est-elle en général vérifiée en TP ? On supposera cette condition vérifiée par la suite.

Voir l'indice

Calculer f_{\text{c}} = \frac{1}{2\pi \tau_0} > 16\text{ MHz} et comparer aux fréquences usuelles des signaux étudiés en travaux pratiques (quelques kHz à MHz).

Voir la réponse courte

f_{\text{c}} \sim 16\text{ MHz}, très supérieure aux fréquences usuelles de mesure en TP, validant le régime basse fréquence.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q47, la fréquence de coupure s'écrit :

f_{\mathrm{c}} = \frac{1}{2\pi \tau_0}

Avec la majoration donnée par l'énoncé \tau_0 < 10\text{ ns} = 10^{-8}\text{ s}, on obtient pour la fréquence de coupure :

f_{\mathrm{c}} > \frac{1}{2\pi \times 10^{-8}} \simeq \frac{1}{6{,}28 \times 10^{-8}} \simeq 1{,}6 \times 10^7\text{ Hz} \simeq 16\text{ MHz}

En séances de travaux pratiques d'électricité ou d'électronique, les signaux étudiés et les bandes passantes des appareils de mesure usuels (générateurs basse fréquence, multimètres, oscilloscopes standards) dépassent rarement quelques mégahertz, et se situent le plus souvent entre le domaine continu et quelques centaines de kilohertz (f \lesssim 100\text{ kHz} \ll 16\text{ MHz}).

\boxed{\text{La condition } f \ll f_{\mathrm{c}} \text{ est donc très largement vérifiée en pratique dans les conditions de TP.}}

Résultat

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III.2 · Bruit dans une résistance

Question 49

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : résistance électrique, modèle de drude

En déduire l'expression de la résistance .

Voir l'indice

Utiliser la définition géométrique de la résistance R_0 = \frac{L}{\sigma_{\text{s}} L} = \frac{1}{\sigma_{\text{s}}} pour un carré conducteur 2D.

Voir la stratégie
  1. Relier la tension appliquée U au champ électrique uniforme E sur la longueur L du conducteur.
  2. Exprimer l'intensité totale I à partir de la densité surfacique de courant j_{\text{S}} traversant la largeur L.
  3. En déduire le rapport R_0 = U/I en fonction de la conductivité surfacique \sigma_{\text{s}}, puis des paramètres microscopiques.
Voir la réponse courte

Expression R_0 = \frac{L}{\sigma_0 S} = \frac{m^* L}{N_{\text{v}} e^2 \tau_0 S}.

Voir le corrigé complet

Le gaz bidimensionnel d'électrons occupe une surface carrée de côté L dans le plan (xOy).

Le champ électrique étant uniforme et dirigé selon \vec{e}_x, la différence de potentiel U entre les deux extrémités distantes de L s'écrit :

U = \int_0^L E\,\mathrm{d}x = E L \iff E = \frac{U}{L}

La loi d'Ohm locale sous forme surfacique donne la densité de courant surfacique :

\vec{j}_{\text{S}} = \sigma_{\text{s}} \vec{E} = \sigma_{\text{s}} E \vec{e}_x

L'intensité totale I traversant une section transversale de largeur L (le long de l'axe Oy) s'obtient par intégration :

I = \int_0^L j_{\text{S}}\,\mathrm{d}y = j_{\text{S}} L = \sigma_{\text{s}} E L = \sigma_{\text{s}} U

On en déduit la résistance R_0 du conducteur :

R_0 = \frac{U}{I} = \frac{1}{\sigma_{\text{s}}}

En remplaçant \sigma_{\text{s}} par son expression donnée dans l'énoncé, on obtient :

\boxed{R_0 = \frac{m^*}{N_{\text{s}} e^2 \tau_0}}

Résultat

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Question 50

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : densité spectrale de puissance

Exprimer la densité spectrale de la quantité , notée en fonction de la densité spectrale de la vitesse trouvée précédemment.

Voir l'indice

Utiliser la propriété de linéarité de la densité spectrale pour une constante multiplicative : S_{V_i}(f) = \left(\frac{R_0 e}{L}\right)^2 S_v(f).

Voir la stratégie
  1. Identifier la relation reliant directement la contribution en tension V_i(t) à la vitesse v_i(t) de l'électron i.
  2. Exprimer la fonction d'autocorrélation temporelle C_{V_i}(\tau) en fonction de celle de la vitesse C_v(\tau).
  3. En déduire, par linéarité de la transformée de Fourier reliant autocorrélation et densité spectrale, la relation entre S_{V_i}(f) et S_v(f).
Voir la réponse courte

Relation linéaire entre tension élémentaire et vitesse, d'où proportionnalité directe entre leurs densités spectrales.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression de la différence de potentiel donnée par l'énoncé :

V(t) = \sum_{i=1}^N V_i(t) = \frac{R_0 e}{L} \sum_{i=1}^N v_i(t)

on identifie pour chaque électron i :

V_i(t) = \frac{R_0 e}{L} \, v_i(t)

La fonction d'autocorrélation temporelle de la grandeur V_i(t) s'écrit alors :

\begin{aligned} C_{V_i}(\tau) &= \langle V_i(t) V_i(t+\tau) \rangle \\ &= \left\langle \left(\frac{R_0 e}{L} v_i(t)\right) \left(\frac{R_0 e}{L} v_i(t+\tau)\right) \right\rangle \\ &= \left(\frac{R_0 e}{L}\right)^2 \langle v_i(t) v_i(t+\tau) \rangle \\ &= \left(\frac{R_0 e}{L}\right)^2 C_v(\tau) \end{aligned}

où l'on a utilisé le fait que tous les électrons ont les mêmes propriétés statistiques de vitesse, soit C_{v_i}(\tau) = C_v(\tau).

Par définition de la densité spectrale (théorème de Wiener-Khintchine) :

\begin{aligned} S_{V_i}(f) &= \int_{-\infty}^{+\infty} \mathrm{e}^{-2\mathrm{i}\pi f \tau} C_{V_i}(\tau)\,\mathrm{d}\tau \\ &= \left(\frac{R_0 e}{L}\right)^2 \int_{-\infty}^{+\infty} \mathrm{e}^{-2\mathrm{i}\pi f \tau} C_v(\tau)\,\mathrm{d}\tau \end{aligned}

On en déduit immédiatement la relation liant les deux densités spectrales :

\boxed{S_{V_i}(f) = \left(\frac{R_0 e}{L}\right)^2 S_v(f)}

Résultat

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Question 51

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : formule de nyquist, bruit thermique

On admet que . Déduire de cette relation et de la question précédente, la relation de Johnson Nyquist

Commenter l'intérêt de travailler à des basses températures lors de mesures de précision.

Voir l'indice

Remplacer N par N_{\text{s}} L^2, injecter l'expression basse fréquence de S_v(f) et simplifier pour retrouver la formule de Nyquist. Conclure sur la réduction drastique du bruit thermique par cryogénie.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le nombre total d'électrons N en fonction de la densité surfacique N_{\text{s}} et de la surface du conducteur L^2.
  2. Injecter dans la relation S_V(f) = N S_{V_i}(f) le résultat de la question Q50 puis la valeur de S_v(f) à basse fréquence (f \ll f_{\text{c}}) établie à la question Q47.
  3. Conclure en éliminant \tau_0 et m^* grâce à l'expression de la résistance R_0 trouvée à la question Q49, puis discuter de la dépendance thermique du bruit.
Voir la réponse courte

Sommation incohérente sur N électrons fournissant S_V(f) = 2 k_{\text{B}} T R_0 ; refroidir réduit l'agitation thermique et le bruit de mesure.

Voir le corrigé complet

Le gaz d'électrons est bidimensionnel et de forme carrée de côté L. Le nombre total d'électrons s'écrit donc :

N = N_{\text{s}} L^2

D'après la relation admise et le résultat de la question Q50, la densité spectrale de la tension globale V(t) vaut :

S_V(f) = N S_{V_i}(f) = N_{\text{s}} L^2 \times \left(\frac{R_0 e}{L}\right)^2 S_v(f) = N_{\text{s}} e^2 R_0^2 S_v(f)

Dans le domaine des fréquences usuelles de mesure, la condition f \ll f_{\text{c}} est pleinement satisfaite (question Q48). On utilise donc l'expression de la question Q47 :

S_v(f) \simeq \frac{2 k_{\text{B}} T \tau_0}{m^*}

En reportant cette expression dans S_V(f), il vient :

\begin{aligned} S_V(f) &= N_{\text{s}} e^2 R_0^2 \left( \frac{2 k_{\text{B}} T \tau_0}{m^*} \right) \\ &= 2 k_{\text{B}} T R_0 \left( \frac{N_{\text{s}} e^2 \tau_0 R_0}{m^*} \right) \end{aligned}

Or, d'après la question Q49, la résistance du carré s'écrit R_0 = \dfrac{m^*}{N_{\text{s}} e^2 \tau_0}, d'où :

\frac{N_{\text{s}} e^2 \tau_0 R_0}{m^*} = 1

On obtient ainsi directement la formule de Johnson-Nyquist :

\boxed{S_V(f) = 2 k_{\text{B}} T R_0}

Commentaire sur les mesures de précision à basse température :

La densité spectrale des fluctuations thermiques de tension est directement proportionnelle à la température absolue T.

  • Travailler à de très basses températures (températures cryogéniques, typiquement de l'ordre de quelques kelvins ou fractions de kelvin, comme 0{,}1\text{ K} mentionné dans la section II.3) permet de réduire drastiquement l'amplitude des fluctuations de tension d'origine thermique (réduction d'un facteur d'environ 3000 par rapport à la température ambiante de 300\text{ K}).
  • Cela maximise le rapport signal sur bruit et permet d'atteindre des niveaux d'incertitude extrêmement faibles, indispensables en métrologie quantique.

Résultat

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Question 52

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : bruit thermique, tension efficace

La tension efficace du bruit est donnée par avec la bande passante associée au diagramme de Bode précédent. Pour , estimer la valeur numérique de pour une résistance de à température ambiante. Commenter.

Voir l'indice

Estimer la bande passante \Delta f = \frac{\pi}{2} f_{\text{c}} (ou f_{\text{c}}) associée au filtre passe-bas du premier ordre en puissance et calculer numériquement U_{\text{eff,b}}.

Voir la stratégie
  1. Identifier la bande passante \Delta f à partir de la fréquence de coupure f_{\mathrm{c}} établie à la question Q47.
  2. Rappeler l'expression de la densité spectrale S_V(f) obtenue à la question Q51 pour f \ll f_{\mathrm{c}}.
  3. Effectuer l'application numérique pour déterminer la tension efficace de bruit U_{\text{eff,b}}, puis interpréter sa valeur au regard des exigences de la métrologie de précision.
Voir la réponse courte

Calcul de U_{\text{eff,b}} = \sqrt{S_V \Delta f} \sim \mu\text{V}, illustrant la limite ultime de précision due aux fluctuations thermiques.

Voir le corrigé complet

D'après le diagramme de Bode tracé à la question Q46 et la fréquence de coupure déterminée à la question Q47, la bande passante à -3\text{ dB} du système s'étend de 0 à f_{\mathrm{c}}, soit :

\Delta f = f_{\mathrm{c}} = \frac{1}{2\pi \tau_0}

Sur cette bande passante, la condition f \leqslant f_{\mathrm{c}} assure que la densité spectrale de tension reste quasi uniforme et égale à sa valeur basse fréquence donnée par la relation de Johnson-Nyquist (question Q51) :

S_V(f) \simeq 2 k_{\mathrm{B}} T R_0

L'expression de la tension efficace du bruit thermique devient ainsi :

U_{\text{eff,b}} = \sqrt{S_V(f) \Delta f} = \sqrt{\frac{k_{\mathrm{B}} T R_0}{\pi \tau_0}}

Application numérique :

  • Constante de Boltzmann : k_{\mathrm{B}} = 1{,}38 \times 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1} ;
  • Température ambiante : T \simeq 300\text{ K} ;
  • Résistance : R_0 = 300\ \Omega ;
  • Temps caractéristique : \tau_0 = 10\text{ ns} = 10^{-8}\text{ s} ;
  • Bande passante associée :

    \Delta f = \frac{1}{2\pi \times 10^{-8}} \simeq \frac{1}{6{,}28 \times 10^{-8}} \simeq 1{,}6 \times 10^7\text{ Hz} = 16\text{ MHz}

La densité spectrale de puissance vaut :

S_V = 2 \times 1{,}38 \times 10^{-23} \times 300 \times 300 \simeq 2{,}5 \times 10^{-18}\text{ V}^2\cdot\text{Hz}^{-1}

On en déduit la tension efficace :

U_{\text{eff,b}} = \sqrt{2{,}48 \times 10^{-18} \times 1{,}59 \times 10^7} = \sqrt{3{,}95 \times 10^{-11}} \simeq 6{,}3 \times 10^{-6}\text{ V}
\boxed{U_{\text{eff,b}} \simeq 6\ \mu\text{V}}

Commentaires :

  • À l'échelle macroscopique habituelle (signaux de l'ordre du volt), une fluctuation de quelques microvolts est parfaitement négligeable et « invisible à l'oscilloscope ».
  • En revanche, pour des mesures de haute précision comme celles envisagées dans ce sujet (mesures de tension de Hall à \pm 1\text{ nV} près, cf. question Q21), ce bruit thermique est prépondérant de plus de trois ordres de grandeur devant le signal utile à température ambiante sur cette large bande.
  • Pour s'affranchir de cette limitation en métrologie, deux leviers fondamentaux apparaissent clairement :

    1. Abaisser drastiquement la température T (utilisation de cryostats à 0{,}1\text{ K} comme mentionné en section II.3) ;
    2. Réduire drastiquement la bande passante de mesure \Delta f autour de la fréquence du signal utile (filtrage sélectif, détection synchrone).

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