WikiPrépaLivrets

Corrigé détaillé X ENS Physique MPI 2024 (page 3/3 : Partie III)

Effets quantiques dans les rebonds de neutrons

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie III : Rebonds gravitationnels et effets quantiques

1 · Étude du mouvement classique

Question 28

Établir la relation entre la hauteur du rebond et la vitesse verticale au moment où le neutron touche le miroir.

Voir l'indice

Appliquer la conservation de l'énergie mécanique entre le miroir (z = 0) et le sommet de la trajectoire parabolique (z = H).

Voir le corrigé complet

On étudie le mouvement vertical d'un neutron de masse m dans le référentiel du laboratoire, supposé galiléen. L'axe vertical (Oz) est orienté vers le haut, l'origine z = 0 étant située sur le miroir horizontal.

Pendant son vol libre, le neutron n'est soumis qu'au poids \vec{P} = -m g \vec{u}_z, force conservative dont dérive l'énergie potentielle de pesanteur :

E_{\mathrm{p}}(z) = m g z \quad (\text{en choisissant } E_{\mathrm{p}}(0) = 0).

Le choc sur le miroir étant parfaitement élastique, l'énergie mécanique E_{\mathrm{m}} = E_{\mathrm{c}} + E_{\mathrm{p}} est conservée au cours de tout le mouvement.

  • Juste avant le contact avec le miroir (en z = 0), la vitesse verticale a pour norme v_0, d'où :

    E_{\mathrm{m}}(z = 0) = \frac{1}{2} m v_0^2.
  • Au sommet de la trajectoire, à l'altitude maximale z = H, la vitesse verticale s'annule momentanément :

    E_{\mathrm{m}}(z = H) = m g H.

Par conservation de l'énergie mécanique E_{\mathrm{m}}(z = 0) = E_{\mathrm{m}}(z = H), on obtient :

\frac{1}{2} m v_0^2 = m g H,

soit :

\boxed{H = \frac{v_0^2}{2g}} \quad \text{ou de façon équivalente} \quad \boxed{v_0 = \sqrt{2gH}}.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 29

Calculer la durée entre deux rebonds successifs, qu'on exprimera en fonction de et .

Voir l'indice

Intégrer les équations horaires du mouvement uniformément accéléré pour un aller-retour vertical de hauteur H.

Voir le corrigé complet

On étudie le neutron de masse m dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen, muni d'un axe vertical (Oz) ascendant dont l'origine z = 0 est située sur le miroir.

Entre deux rebonds, le neutron est soumis uniquement à son poids \vec{P} = -m g \vec{u}_z. La seconde loi de Newton donne :

\ddot{z}(t) = -g

En choisissant pour origine des dates t = 0 l'instant qui suit immédiatement un rebond, le neutron part de l'altitude z(0) = 0 avec la vitesse verticale ascendante \dot{z}(0) = v_0 = \sqrt{2gH} établie à la question Q28. Les équations horaires du mouvement s'écrivent :

\begin{aligned} \dot{z}(t) &= v_0 - gt \\ z(t) &= v_0 t - \frac{1}{2}gt^2 \end{aligned}

Le rebond suivant se produit à l'instant non nul t = T tel que z(T) = 0, ce qui conduit à :

T\left(v_0 - \frac{1}{2}gT\right) = 0 \quad \implies \quad T = \frac{2v_0}{g}

En substituant v_0 = \sqrt{2gH}, on obtient :

\boxed{T = 2\sqrt{\frac{2H}{g}} = \sqrt{\frac{8H}{g}}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 30

On place à une hauteur au-dessus de la plaque de nickel, qu'on appelle « miroir », une deuxième plaque horizontale, parallèle à la première, faite dans un matériau différent qui absorbe les neutrons (voir schéma ci après). Un neutron est injecté entre les deux plaques à une hauteur au-dessus du miroir, avec . On note sa vitesse verticale au moment de l'injection. Montrer que si les plaques sont suffisamment longues, il est absorbé si est supérieure à une valeur limite qu'on exprimera en fonction de , et .

Voir l'indice

Exprimer l'énergie mécanique verticale du neutron E_z = \frac{1}{2}m v_z^2 + mgz. Le neutron touche l'absorbeur si l'altitude maximale z_{\max} = E_z/(mg) dépasse \delta.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie mécanique associée au mouvement vertical du neutron au moment de son injection.
  2. Exploiter la conservation de cette énergie mécanique lors du vol libre et lors des rebonds élastiques sur le miroir horizontal en z=0.
  3. En déduire la hauteur maximale H atteinte par le neutron et la condition sur |v_z| pour que H \ge \delta, entraînant l'absorption du neutron par la plaque supérieure.
Voir le corrigé complet

Le mouvement du neutron dans le champ de pesanteur uniforme \vec{g} = -g\vec{u}_z est conservatif. En prenant comme origine de l'énergie potentielle de pesanteur le niveau du miroir en z = 0, l'énergie mécanique associée au degré de liberté vertical s'écrit, à l'injection :

E_{m,z} = \frac{1}{2}m v_z^2 + mgz

Lors d'un éventuel contact avec le miroir en z = 0, le rebond est parfaitement élastique (sans perte d'énergie cinétique) : l'énergie mécanique E_{m,z} est donc conservée au cours de tout le mouvement vertical tant que le neutron n'est pas absorbé.

La hauteur maximale H que le neutron peut atteindre verticalement correspond au point d'annulation de sa vitesse verticale (E_{m,z} = mgH) :

H = z + \frac{v_z^2}{2g}

Deux situations se présentent selon le signe de la vitesse verticale initiale :

  • si v_z > 0, le neutron monte immédiatement et atteindrait l'altitude H s'il n'y avait pas d'obstacle ;
  • si v_z < 0, le neutron descend d'abord vers le miroir, y rebondit élastiquement à l'altitude z = 0 avec une vitesse verticale ascendante v_0 = \sqrt{v_z^2 + 2gz}, puis remonte jusqu'à l'altitude maximale H = \frac{v_0^2}{2g} = z + \frac{v_z^2}{2g}.

Dans les deux cas, le neutron atteint l'altitude H. Si les plaques sont suffisamment longues dans la direction horizontale, le neutron dispose du temps nécessaire pour atteindre son altitude maximale avant de sortir du dispositif.

Il heurtera donc la plaque absorbante située en z = \delta dès lors que :

H \ge \delta \iff z + \frac{v_z^2}{2g} \ge \delta \iff v_z^2 \ge 2g(\delta - z)

ce qui équivaut à :

|v_z| \ge \sqrt{2g(\delta - z)}

La valeur limite cherchée est donc :

\boxed{v_{z,\mathrm{lim}} = \sqrt{2g(\delta - z)}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 31

On suppose pour simplifier que les neutrons incidents sont uniformément répartis suivant et suivant , sur toute la hauteur du couple absorbeur-miroir. Si on réalise des expériences avec différentes valeurs de , montrer que le nombre de neutrons vus par le détecteur par unité de temps est proportionnel à , où est une constante qu'on déterminera.

Voir l'indice

Calculer l'aire dans l'espace des phases (z, v_z) satisfaisant le critère de non-absorption |v_z| < \sqrt{2g(\delta-z)} en intégrant par rapport à z entre 0 et \delta.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le domaine de vitesses verticales admissibles [-v_{z,\mathrm{lim}}(z), +v_{z,\mathrm{lim}}(z)] pour un neutron injecté à la hauteur z à l'aide du résultat de la question Q30.
  2. Intégrer la densité surfacique de flux (supposée constante dans l'espace des phases (z, v_z)) sur z \in [0, \delta] et sur la plage de vitesses autorisées.
  3. En déduire la dépendance en \delta et la valeur de l'exposant \alpha.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q30, un neutron injecté à l'altitude z \in [0, \delta] n'est pas absorbé par la plaque supérieure et parvient au détecteur si et seulement si sa vitesse verticale initiale vérifie :

|v_z| \le v_{z,\mathrm{lim}}(z) = \sqrt{2g(\delta - z)}

Le flux incident de neutrons est uniformément distribué en altitude z et en vitesse verticale v_z. Le nombre différentiel de neutrons incidents par unité de temps dans l'élément \mathrm{d}z\,\mathrm{d}v_z s'écrit donc :

\mathrm{d}^2\dot{N} = C \, \mathrm{d}z \, \mathrm{d}v_z

où C est une constante caractérisant l'intensité du faisceau incident.

Pour une hauteur d'injection z fixée, l'intervalle de vitesses permettant au neutron d'atteindre le détecteur est [-v_{z,\mathrm{lim}}(z), +v_{z,\mathrm{lim}}(z)], de largeur :

\Delta v_z(z) = 2\sqrt{2g(\delta - z)}

Le nombre de neutrons détectés par unité de temps, noté \dot{N}, s'obtient en intégrant sur toute la hauteur de la fente d'entrée z \in [0, \delta] :

\begin{aligned} \dot{N} &= \int_{z=0}^{\delta} \left( \int_{-v_{z,\mathrm{lim}}(z)}^{v_{z,\mathrm{lim}}(z)} C \, \mathrm{d}v_z \right) \mathrm{d}z \\ &= 2C\sqrt{2g} \int_{0}^{\delta} (\delta - z)^{1/2} \, \mathrm{d}z \end{aligned}

En calculant l'intégrale :

\int_{0}^{\delta} (\delta - z)^{1/2} \, \mathrm{d}z = \left[ -\frac{2}{3}(\delta - z)^{3/2} \right]_0^{\delta} = \frac{2}{3}\delta^{3/2}

On en déduit l'expression du débit de neutrons détectés :

\dot{N} = \frac{4C\sqrt{2g}}{3} \, \delta^{3/2}

Le nombre de neutrons vus par le détecteur par unité de temps est donc proportionnel à \delta^\alpha avec :

\boxed{\alpha = \frac{3}{2} = 1{,}5}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

2 · Échelles associées aux effets quantiques

Question 32

À partir de , et , construire par analyse dimensionnelle une longueur, un temps et une vitesse.

Voir l'indice

Poser une combinaison en loi de puissance [\hbar]^\alpha [m]^\beta [g]^\gamma et résoudre le système linéaire sur les dimensions fondamentales M, L, T.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les dimensions de \hbar, m et g dans le système fondamental (\mathrm{M}, \mathrm{L}, \mathrm{T}).
  2. Poser pour chaque grandeur recherchée un produit de puissances \hbar^\alpha m^\beta g^\gamma et résoudre le système linéaire issu de l'identification dimensionnelle.
Voir le corrigé complet

Les dimensions physiques des trois grandeurs de base sont :

  • pour la constante de Planck réduite : [\hbar] = \mathrm{M \cdot L^2 \cdot T^{-1}} ;
  • pour la masse du neutron : [m] = \mathrm{M} ;
  • pour l'accélération de la pesanteur : [g] = \mathrm{L \cdot T^{-2}}.

Cherchons une grandeur X de la forme X = \hbar^\alpha m^\beta g^\gamma. Sa dimension s'écrit :

[X] = \mathrm{M}^{\alpha + \beta} \cdot \mathrm{L}^{2\alpha + \gamma} \cdot \mathrm{T}^{-\alpha - 2\gamma}

1. Construction d'une longueur caractéristique l_0 ([l_0] = \mathrm{L}) :

\begin{aligned} \begin{cases} \alpha + \beta = 0 \\ 2\alpha + \gamma = 1 \\ -\alpha - 2\gamma = 0 \end{cases} &\iff \begin{cases} \beta = -\alpha \\ \gamma = -\frac{\alpha}{2} \\ 2\alpha - \frac{\alpha}{2} = 1 \implies \frac{3}{2}\alpha = 1 \end{cases} \iff \begin{cases} \alpha = \frac{2}{3} \\ \beta = -\frac{2}{3} \\ \gamma = -\frac{1}{3} \end{cases} \end{aligned}

On obtient ainsi la longueur caractéristique :

\boxed{l_0 = \left(\frac{\hbar^2}{m^2 g}\right)^{1/3}}

2. Construction d'un temps caractéristique t_0 ([t_0] = \mathrm{T}) :

\begin{aligned} \begin{cases} \alpha + \beta = 0 \\ 2\alpha + \gamma = 0 \\ -\alpha - 2\gamma = 1 \end{cases} &\iff \begin{cases} \beta = -\alpha \\ \gamma = -2\alpha \\ -\alpha - 2(-2\alpha) = 1 \implies 3\alpha = 1 \end{cases} \iff \begin{cases} \alpha = \frac{1}{3} \\ \beta = -\frac{1}{3} \\ \gamma = -\frac{2}{3} \end{cases} \end{aligned}

On obtient ainsi le temps caractéristique :

\boxed{t_0 = \left(\frac{\hbar}{m g^2}\right)^{1/3}}

3. Construction d'une vitesse caractéristique v_0 ([v_0] = \mathrm{L \cdot T^{-1}}) :
On peut directement former le rapport l_0 / t_0 :

v_0 = \frac{l_0}{t_0} = \left(\frac{\hbar^2}{m^2 g} \cdot \frac{m g^2}{\hbar}\right)^{1/3} = \left(\frac{\hbar g}{m}\right)^{1/3}
\boxed{v_0 = \left(\frac{\hbar g}{m}\right)^{1/3}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 33

Estimer les ordres de grandeur de ces trois quantités.

Voir l'indice

Injecter les valeurs numériques approchées fournies en tête d'énoncé (\hbar = 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s}, g = 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}, m = 10^{-27}\text{ kg}).

Voir la stratégie

Pour estimer les ordres de grandeur de la longueur l_0, du temps t_0 et de la vitesse v_0, on utilise les expressions obtenues à la question Q32 et les valeurs numériques fournies en début de sujet :

\hbar = 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s},\quad g = 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2},\quad m = 10^{-27}\text{ kg}.
Voir le corrigé complet
  1. Longueur caractéristique l_0 :

    \begin{aligned} l_0 &= \left(\frac{\hbar^2}{m^2 g}\right)^{1/3} = \left(\frac{(10^{-34})^2}{(10^{-27})^2 \times 10}\right)^{1/3} = \left(\frac{10^{-68}}{10^{-53}}\right)^{1/3} = \left(10^{-15}\right)^{1/3}\text{ m} \end{aligned}
    \boxed{l_0 \sim 10^{-5}\text{ m} = 10\text{ }\mu\text{m}}
  2. Temps caractéristique t_0 :

    \begin{aligned} t_0 &= \left(\frac{\hbar}{m g^2}\right)^{1/3} = \left(\frac{10^{-34}}{10^{-27} \times 10^2}\right)^{1/3} = \left(\frac{10^{-34}}{10^{-25}}\right)^{1/3} = \left(10^{-9}\right)^{1/3}\text{ s} \end{aligned}
    \boxed{t_0 \sim 10^{-3}\text{ s} = 1\text{ ms}}
  3. Vitesse caractéristique v_0 :

    \begin{aligned} v_0 &= \left(\frac{\hbar g}{m}\right)^{1/3} = \frac{l_0}{t_0} = \frac{10^{-5}\text{ m}}{10^{-3}\text{ s}} \end{aligned}
    \boxed{v_0 \sim 10^{-2}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 1\text{ cm}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

3 · Étude quantique des rebonds

Question 34

On suppose dans un premier temps le mouvement purement vertical. Écrire l'équation de Schrödinger à une dimension pour un état stationnaire d'énergie du neutron dans le champ de pesanteur terrestre. On notera la partie spatiale de la fonction d'onde.

Voir l'indice

Écrire l'équation stationnaire unidimensionnelle pour z > 0 avec le potentiel gravitationnel linéaire V(z) = mgz.

Voir le corrigé complet

L'axe vertical Oz étant orienté vers le haut avec l'origine z = 0 prise à la surface du miroir, l'énergie potentielle de pesanteur du neutron de masse m dans le champ de pesanteur uniforme s'écrit, à une constante additive près (choisie nulle en z = 0) :

V(z) = m g z \quad (\text{pour } z > 0).

L'équation de Schrödinger indépendante du temps pour un état stationnaire d'énergie E, associée à l'hamiltonien \hat{H} = -\dfrac{\hbar^2}{2m}\dfrac{\mathrm{d}^2}{\mathrm{d}z^2} + V(z), s'écrit :

-\frac{\hbar^2}{2m} \frac{\mathrm{d}^2\psi}{\mathrm{d}z^2}(z) + m g z \, \psi(z) = E \, \psi(z),

soit sous forme canonique :

\boxed{\frac{\mathrm{d}^2\psi}{\mathrm{d}z^2}(z) + \frac{2m}{\hbar^2} (E - mgz) \, \psi(z) = 0}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 35

On modélise l'interaction avec le miroir par une barrière de potentiel infinie. Expliquer pourquoi cette approximation est justifiée, si la vitesse verticale du neutron est de l'ordre de grandeur de la vitesse caractéristique définie à la question 33. Quelle est alors la condition sur en ?

Voir l'indice

Comparer l'énergie caractéristique du mouvement gravitationnel E_0 = m g l_0 ou m v_0^2/2 à l'énergie de la marche V_0 = \frac{1}{2}mv_c^2, puis en déduire la valeur limite de \psi(0).

Voir la stratégie
  1. Comparer l'énergie caractéristique du mouvement vertical du neutron dans le champ de pesanteur à la hauteur de potentiel V_0 de la marche associée au nickel (ou la vitesse caractéristique v_0 à la vitesse critique v_c).
  2. Évaluer le rapport des énergies ou la longueur de pénétration de la fonction d'onde évanescente dans la paroi par rapport à l'échelle spatiale l_0.
  3. En déduire la condition aux limites imposée sur la fonction d'onde en z = 0 par la barrière infinie.
Voir le corrigé complet

La paroi de nickel réelle constitue une marche de potentiel finie de hauteur V_0 = \frac{1}{2} m v_c^2, où la vitesse critique pour le nickel a été déterminée à la question Q6 :

v_c = 5{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.

Pour un neutron dont la vitesse verticale est de l'ordre de la vitesse caractéristique quantique v_0 \sim 10^{-2}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (établie à la question Q33), l'énergie associée est de l'ordre de E \sim \frac{1}{2} m v_0^2. Comparons cette énergie à la hauteur de la marche de potentiel :

\frac{E}{V_0} \approx \left(\frac{v_0}{v_c}\right)^2 \sim \left(\frac{10^{-2}}{5}\right)^2 = 4 \cdot 10^{-6} \ll 1.

L'énergie E du neutron est donc totalement négligeable devant V_0.

De manière équivalente, la longueur de pénétration de l'onde évanescente dans le miroir vaut :

\delta_{\mathrm{p\acute{e}n}} = \frac{1}{\kappa} = \frac{\hbar}{\sqrt{2m(V_0 - E)}} \approx \frac{\hbar}{m v_c} \sim \frac{10^{-34}}{10^{-27} \times 5} = 2 \cdot 10^{-8}\text{ m} = 20\text{ nm},

ce qui est tout à fait négligeable devant l'extension caractéristique spatiale des états gravitationnels l_0 \sim 10\text{ }\mu\text{m} (\delta_{\mathrm{p\acute{e}n}} / l_0 \sim 2 \cdot 10^{-3}).

L'approximation d'une barrière de potentiel infinie (V(z) \to +\infty pour z < 0) est donc parfaitement justifiée.

Le potentiel étant infini pour z < 0, la probabilité de présence du neutron y est rigoureusement nulle, d'où \psi(z) = 0 pour z < 0. Par continuité de la fonction d'onde en z = 0, on obtient la condition aux limites :

\boxed{\psi(0) = 0}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 36

La figure ci-dessous représente, par ordre croissant d'énergie, les carrés des fonctions d'onde des quatre premiers états stationnaires, obtenus en résolvant l'équation de Schrödinger. L'extension des paquets d'onde est-elle de l'ordre de grandeur attendu ?

Voir l'indice

Comparer l'extension spatiale verticale visible sur le graphique (quelques dizaines de micromètres) à la longueur caractéristique l_0 estimée à la question 33.

Voir la stratégie
  1. Relever sur le graphique l'extension spatiale des fonctions d'onde pour les quatre premiers états quantiques.
  2. Comparer cette extension à la longueur caractéristique l_0 \sim 10\text{ }\mu\text{m} déterminée à la question Q33 ainsi qu'au point tournant classique associé à chaque énergie.
Voir le corrigé complet

D'après la figure fournie :

  • pour l'état fondamental (n=1), la densité de probabilité |\psi_1(z)|^2 est confinée entre z = 0 et z \approx 15\text{ }\mu\text{m} ;
  • pour les trois premiers états excités (n=2, 3, 4), l'extension spatiale maximale (au-delà de laquelle la fonction d'onde s'annule) atteint respectivement environ 25\text{ }\mu\text{m}, 35\text{ }\mu\text{m} et 45\text{ }\mu\text{m}.

À la question Q33, l'analyse dimensionnelle a fourni la longueur caractéristique du problème :

l_0 = \left(\frac{\hbar^2}{m^2 g}\right)^{1/3} \sim 10\text{ }\mu\text{m}

L'extension des fonctions d'onde est de l'ordre de l_0 pour le niveau fondamental et de quelques fois l_0 pour les premiers niveaux excités.

\boxed{\text{L'extension spatiale observée (10 à 40 }\mu\text{m) est bien de l'ordre de grandeur attendu } l_0 \sim 10\text{ }\mu\text{m}.}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 37

Rappeler, sans démonstration, la forme des fonctions d'onde des états stationnaires pour un puits de potentiel infini de taille . Comparer au cas ci-dessus.

Voir l'indice

Rappeler les états sinusoïdaux \psi_n(z) \propto \sin(n\pi z/L) et souligner les asymétries du potentiel gravitationnel (longueur d'onde locale variable et queue évanescente au-delà du point tournant).

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression analytique normalisée des états stationnaires dans un puits de potentiel infini à une dimension de largeur L.
  2. Mettre en regard les propriétés géométriques du potentiel (symétrie, parois), l'allure des fonctions d'onde (longueur d'onde locale, amplitude), le comportement aux limites (pénétration sous la barrière) et la dépendance de l'extension spatiale avec l'énergie.
Voir le corrigé complet

Pour une particule confinée dans un puits infini de largeur L situé entre z = 0 et z = L, le potentiel est nul pour 0 < z < L et infini ailleurs. Les fonctions d'onde spatiales normalisées des états stationnaires sont :

\boxed{\psi_n(z) = \sqrt{\frac{2}{L}} \sin\left(\frac{n\pi z}{L}\right) \quad \text{pour } z \in [0, L] \quad (n \in \mathbb{N}^*)}

avec \psi_n(z) = 0 en dehors de cet intervalle. Les énergies associées varient en E_n = \dfrac{n^2 \pi^2 \hbar^2}{2mL^2} \propto n^2.

La comparaison avec le puits gravitationnel met en évidence plusieurs différences fondamentales :

  • Forme du potentiel et asymétrie : Le puits infini est symétrique et rigide, délimité par deux parois verticales infinies en z=0 et z=L. Le puits gravitationnel est asymétrique : il comporte une paroi infinie en z=0, mais une rampe d'énergie potentielle linéaire V(z) = mgz pour z > 0.
  • Extension spatiale : Alors que la taille du puits infini est fixée à L pour tous les états, l'extension spatiale d'un état gravitationnel croît avec l'énergie E_n via la position du point tournant classique z_{c,n} = E_n / (mg).
  • Longueur d'onde locale et amplitude des oscillations :

    • Dans le puits infini, l'énergie cinétique est constante, ce qui impose une longueur d'onde spatiale uniforme \lambda_n = 2L/n et une amplitude d'oscillation strictement constante sur tout l'intervalle.
    • Dans le cas gravitationnel, l'énergie cinétique E_c(z) = E - mgz diminue avec l'altitude z. Par conséquent, la longueur d'onde locale de de Broglie \lambda_{\mathrm{dB}}(z) = \dfrac{h}{\sqrt{2m(E - mgz)}} augmente avec z (les nœuds s'écartent). De plus, l'amplitude de \psi(z) croît avec z, car classiquement la vitesse de la particule diminue au voisinage du sommet de sa trajectoire, ce qui augmente la densité de probabilité de présence |\psi(z)|^2 près du point tournant.
  • Comportement en limite de puits (queue évanescente) : Dans le puits infini, \psi_n s'annule abruptement en z=L sans pénétration. Pour le neutron dans la gravité, la fonction d'onde pénètre dans la zone classiquement interdite (z > z_c) sous forme d'une queue exponentiellement décroissante (solution de type fonction d'Airy \mathrm{Ai}).

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 38

La figure ci-dessous représente le débit de neutrons reçus par le détecteur en fonction de la distance séparant le miroir et l'absorbeur. La courbe pleine correspond au résultat du calcul classique de la question 31, et les points aux mesures expérimentales, avec les barres d'erreurs associées. On remarque que le nombre de neutrons est plus faible que ne prévoit le calcul classique, et que sa variation avec n'est pas régulière mais présente des sauts. Grâce à la figure précédente, comment interprétez-vous ces résultats ?

Voir l'indice

Identifier la hauteur critique d'apparition du flux avec l'extension spatiale du niveau fondamental (n=1), puis interpréter les changements de pente successifs comme l'ouverture de niveaux discrets.

Voir la stratégie
  1. Analyser le comportement pour les très faibles hauteurs (\delta < 15\text{ }\mu\text{m}) : existence d'un seuil critique en deçà duquel le débit est nul.
  2. Relier ce seuil et les sauts ultérieurs de la courbe expérimentale aux extensions spatiales des états propres quantiques représentés sur la figure de la question précédente (Q36).
  3. Justifier pourquoi le débit réel est inférieur au débit classique continu et retrouver le principe de correspondance à grand \delta.
Voir le corrigé complet

L'écart manifeste entre les prédictions classiques et les mesures s'interprète par la quantification du mouvement vertical du neutron dans le puits gravitationnel :

  • Seuil d'extinction pour \delta \lesssim 15\text{ }\mu\text{m} : D'après la figure de la question Q36, l'état fondamental (n=1, E_1 = 1{,}4\text{ peV}) possède une densité de probabilité non négligeable jusqu'à une altitude z \approx 15\text{ }\mu\text{m}. Pour \delta < 15\text{ }\mu\text{m}, l'absorbeur supérieur vient recouvrir la région où s'étend la fonction d'onde du fondamental : tout neutron injecté interagit nécessairement avec l'absorbeur et est éliminé. Comme aucun état quantique d'énergie inférieure n'existe, le puits ne peut supporter aucun mode de propagation, d'où un débit rigoureusement nul sous ce seuil (contrairement à la prédiction classique continue en \delta^{3/2}).
  • Apparition de sauts et structure par paliers : Chaque état propre quantique n possède une hauteur d'extension verticale z_n \approx E_n / (mg) augmentée de la zone de décroissance exponentielle :

    \begin{aligned} z_1 &\approx 15\text{ }\mu\text{m}, & z_2 &\approx 25\text{ }\mu\text{m}, & z_3 &\approx 33\text{ }\mu\text{m}, & z_4 &\approx 41\text{ }\mu\text{m}. \end{aligned}

    Dès que l'écartement \delta dépasse l'altitude maximale du mode n, ce dernier cesse de subir l'absorption : un nouveau « canal » de transmission s'ouvre, ce qui engendre une brutale augmentation du débit mesuré. Les sauts observés expérimentalement à ces valeurs spécifiques de \delta correspondent précisément à l'admission successive des niveaux discrets n = 1, 2, 3\dots

  • Déficit global par rapport au modèle classique : En physique classique, le spectre d'énergie accessible est continu, permettant la transmission de toutes les particules d'énergie cinétique verticale compatible avec \delta. En mécanique quantique, le spectre est discret et la queue évanescente de la fonction d'onde entraîne des pertes par absorption même pour des énergies légèrement inférieures à mg\delta. Le nombre d'états transmis est donc restreint, ce qui explique que les points de mesure se situent systématiquement au-dessous de la courbe classique continue.
  • Limite des grands \delta : Pour \delta \gg l_0 (\delta \gtrsim 50\text{ }\mu\text{m}), le nombre d'états quantiques autorisés devient élevé (n \gg 1) et l'espacement relatif entre niveaux consécutifs diminue. On retrouve alors asymptotiquement le comportement classique moyen \dot{N} \propto \delta^{3/2}, conformément au principe de correspondance de Bohr.
Signaler une erreurSommaire

Question 39

Pour que le mouvement vertical puisse être considéré comme stationnaire, il faut que le neutron ait le temps de rebondir plusieurs fois avant de ressortir. Cette condition est-elle vérifiée si le miroir et l'absorbeur ont une longueur , et si la vitesse horizontale du neutron est de l'ordre de la vitesse déterminée à la question 6 ?

Voir l'indice

Calculer le temps de vol horizontal \tau = L/v_c et le comparer à la période classique T d'un rebond pour une hauteur de quelques dizaines de micromètres.

Voir la stratégie
  1. Calculer le temps de transit horizontal \tau du neutron sur la longueur L du miroir à la vitesse horizontale v_c.
  2. Estimer la période T du mouvement vertical (durée entre deux rebonds) à l'aide des résultats des questions Q29 ou Q33 pour les hauteurs caractéristiques des états gravitationnels observés (Q36).
  3. Comparer \tau et T pour évaluer le nombre de rebonds effectués et conclure.
Voir le corrigé complet

Le mouvement horizontal étant uniforme à la vitesse v_x \approx v_c, la durée de transit du neutron au-dessus du miroir de longueur L s'écrit :

\tau = \frac{L}{v_c}

Avec L = 10\text{ cm} = 0{,}10\text{ m} et v_c = 5{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (obtenu à la question Q6) :

\tau = \frac{0{,}10}{5{,}0} = 2{,}0 \cdot 10^{-2}\text{ s} = 20\text{ ms}

D'après la question Q29, la durée classique entre deux rebonds successifs pour une hauteur maximale H est :

T = 2\sqrt{\frac{2H}{g}}

D'après la question Q36, les premiers états gravitationnels ont une extension spatiale typique comprise entre H_1 \approx 15\text{ }\mu\text{m} (état fondamental) et H_4 \approx 40\text{ à }50\text{ }\mu\text{m} :

  • Pour H \approx 15\text{ }\mu\text{m} :

    T \approx 2\sqrt{\frac{2 \times 15 \cdot 10^{-6}}{10}} = 2\sqrt{3 \cdot 10^{-6}} \approx 3{,}5\text{ ms}
  • Pour H \approx 50\text{ }\mu\text{m} :

    T \approx 2\sqrt{\frac{2 \times 50 \cdot 10^{-6}}{10}} = 2\sqrt{10^{-5}} \approx 6{,}3\text{ ms}

Ces durées sont bien du même ordre de grandeur que l'échelle de temps caractéristique quantique t_0 \sim 1\text{ ms} déterminée à la question Q33.

Le nombre de rebonds N effectués lors de la traversée est donc :

N = \frac{\tau}{T} \sim \frac{20\text{ ms}}{3{,}5\text{ à }6{,}3\text{ ms}} \approx 3\text{ à }6\text{ rebonds}

Puisque le neutron effectue plusieurs rebonds complets au cours de son passage dans le dispositif (N > 1), l'interaction répétée avec le miroir et l'absorbeur permet la sélection des états propres et l'établissement du régime stationnaire.

\boxed{\text{La condition est bien vérifiée : le neutron subit de l'ordre de 3 à 6 rebonds sur la longueur } L.}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide. Toutes les questions du sujet sont ici, y compris celles des autres pages : votre sélection est gardée d'une page à l'autre.

Note estimée
–
0 question réussie sur 39
Position estimée
–
des copies sous cette note

Estimation indicative, faute de barème officiel publié : toutes les questions comptent autant, sur les 39 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 9,35 et d'écart-type 3,53 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

Signaler une erreur

Une étape vous semble fausse ou incomplète ? Dites-le nous en précisant le numéro de la question (par exemple Q28) : dans les commentaires ci-dessous ou sur le Discord de WikiPrépa. Chaque signalement est vérifié et la question corrigée si besoin.

Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.