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Corrigé détaillé X ENS Physique MPI 2024 (page 2/3 : Partie II)

Effets quantiques dans les rebonds de neutrons

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Partie II : Ralentissement des neutrons

1 · Première étape : échange d'énergie avec des atomes

Question 9

Pour simplifier, on considère que le neutron heurte de plein fouet, à la vitesse , un noyau atomique immobile de masse , avec , et qu'il repart dans la même direction, mais en sens inverse, à la vitesse (on désigne par la norme de la vitesse, qui est positive). Cette collision communique au noyau une vitesse , dite « de recul ». Écrire la conservation de la quantité de mouvement pour le système (neutron+noyau).

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Projetter la quantité de mouvement totale sur l'axe colinéaire au mouvement incident en tenant compte du fait que le neutron repart en sens inverse.

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  1. Définir le système isolé constitué du neutron et du noyau cible dans le référentiel d'étude galiléen.
  2. Choisir un axe orienté par le vecteur unitaire \vec{u}_x dans le sens du mouvement initial du neutron.
  3. Exprimer les vecteurs vitesse avant et après le choc en tenant compte des normes et des sens imposés par le texte, puis projeter la relation de conservation de la quantité de mouvement.
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On étudie le système isolé \{\text{neutron} + \text{noyau}\} dans le référentiel du laboratoire, supposé galiléen. Lors de la collision, les forces extérieures sont négligées devant les forces d'interaction mutuelle (approximation d'un choc instantané), de sorte que la quantité de mouvement totale du système est conservée :

\vec{P}_{\text{initial}} = \vec{P}_{\text{final}}

Soit un axe (Ox) orienté suivant la direction et le sens de la vitesse incidente du neutron, de vecteur unitaire \vec{u}_x :

  • Avant la collision :

    \begin{aligned} \vec{v}_n &= v\,\vec{u}_x \quad (v > 0) \\ \vec{v}_{\text{noyau}} &= \vec{0} \end{aligned}

    La quantité de mouvement initiale s'écrit :

    \vec{P}_{\text{initial}} = m v\,\vec{u}_x
  • Après la collision :

    \begin{aligned} \vec{v}'_n &= -v'\,\vec{u}_x \quad (v' > 0 \text{ car le neutron repart en sens inverse}) \\ \vec{v}_R &= v_R\,\vec{u}_x \quad (v_R > 0) \end{aligned}

    La quantité de mouvement finale s'écrit :

    \vec{P}_{\text{final}} = -m v'\,\vec{u}_x + A m v_R\,\vec{u}_x

Par projection sur l'axe (Ox), la conservation de la quantité de mouvement donne :

m v = -m v' + A m v_R

soit, en simplifiant par la masse m du neutron :

\boxed{v = -v' + A v_R}

Résultat

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Question 10

L'énergie cinétique du système est conservée dans la collision. Écrire l'équation correspondante. En déduire le rapport en fonction du nombre de masse du noyau.

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Écrire la conservation de l'énergie cinétique totale, éliminer la vitesse de recul v_R grâce à la relation issue de Q9, et factoriser sous la forme (v - v')(v + v').

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  1. Exprimer la conservation de l'énergie cinétique totale du système avant et après la collision.
  2. Éliminer la vitesse de recul v_R à l'aide de la relation de conservation de la quantité de mouvement établie à la question précédente.
  3. Factoriser par (v + v') \neq 0 pour isoler le rapport v'/v.
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Le choc étant élastique, l'énergie cinétique totale du système isolé \{\text{neutron} + \text{noyau}\} est conservée au cours de la collision :

\frac{1}{2}mv^2 = \frac{1}{2}m{v'}^2 + \frac{1}{2}Am\,v_R^2

En simplifiant par \frac{1}{2}m, on obtient :

\boxed{v^2 = {v'}^2 + A\,v_R^2}

D'après la question Q9, la conservation de la quantité de mouvement s'écrit :

v_R = \frac{v + v'}{A}

En injectant cette expression dans la conservation de l'énergie cinétique :

v^2 - {v'}^2 = A \left(\frac{v + v'}{A}\right)^2 = \frac{(v + v')^2}{A}

En reconnaissant une identité remarquable et sachant que v + v' > 0 :

\begin{aligned} (v - v')(v + v') &= \frac{(v + v')^2}{A} \\ v - v' &= \frac{v + v'}{A} \\ A(v - v') &= v + v' \\ (A - 1)v &= (A + 1)v' \end{aligned}

On en déduit l'expression du rapport des vitesses :

\boxed{\frac{v'}{v} = \frac{A - 1}{A + 1}}

Résultat

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Question 11

Vérifier le résultat obtenu dans les limites et .

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Examiner la limite A \to 1 (masses égales, transfert maximal) et la limite A \to \infty (paroi infiniment lourde, rebond élastique sans perte de vitesse).

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D'après la question Q10, le rapport des vitesses du neutron s'écrit :

\frac{v'}{v} = \frac{A - 1}{A + 1}

Limite A \to \infty :

\lim_{A \to \infty} \frac{v'}{v} = \lim_{A \to \infty} \frac{1 - 1/A}{1 + 1/A} = 1 \implies v' = v

Un noyau infiniment lourd (Am \gg m) est équivalent à un obstacle fixe. Lors d'un choc élastique frontal contre une paroi indéformable au repos, le neutron rebondit en inversant simplement sa vitesse sans perdre d'énergie cinétique, la vitesse de recul du noyau tendant vers zéro (v_R = \frac{2v}{A+1} \to 0).

Limite A \to 1 :

\lim_{A \to 1} \frac{v'}{v} = 0 \implies v' = 0

Lorsque la masse du noyau est égale à celle du neutron (collision frontale élastique entre deux particules identiques, comme un neutron incident sur un proton), le neutron incident cède l'intégralité de sa quantité de mouvement et de son énergie cinétique à la particule cible (v_R = v). Le neutron s'immobilise complètement, réalisant un « carreau ».

Ces deux limites sont donc parfaitement conformes aux lois de la mécanique des chocs élastiques :

\boxed{\lim_{A \to \infty} \frac{v'}{v} = 1 \quad \text{et} \quad \lim_{A \to 1} \frac{v'}{v} = 0}

Résultat

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Question 12

Le ralentisseur utilisé dans l'expérience est du dideutérium (nombre de masse ). Commenter ce choix. Par ailleurs, on travaille avec du dideutérium liquide plutôt que gazeux. Pour quelle raison ?

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Discuter de la masse proche de celle du neutron pour maximiser le transfert d'énergie, de la très faible section efficace de capture neutronique du deutérium et de la densité volumique du liquide par rapport au gaz.

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  1. Analyser l'efficacité du transfert d'énergie cinétique en fonction de A d'après les résultats des questions Q10 et Q11, et justifier le rejet de A=1 par des considérations de capture neutronique.
  2. Comparer les densités particulaires des phases liquide et gazeuse pour en déduire l'impact sur le libre parcours moyen des neutrons et l'encombrement du dispositif.
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1. Choix du dideutérium (A=2) :

  • D'après le résultat de la question Q10, le rapport des vitesses après collision frontale est :

    \frac{v'}{v} = \frac{A-1}{A+1}

    Pour que le transfert d'énergie soit le plus efficace possible, il faut que A soit le plus proche possible de 1. Pour A=2, on a v'/v = 1/3, ce qui correspond à une perte de près de 89\,\% de l'énergie cinétique du neutron dès le premier choc frontal.

  • Le noyau le plus léger existant est le proton (A=1, hydrogène ordinaire), qui permettrait théoriquement une perte d'énergie encore plus rapide (v'=0). Cependant, l'hydrogène ordinaire présente une section efficace de capture neutronique non négligeable (\mathrm{n} + {}^1\mathrm{H} \to {}^2\mathrm{H} + \gamma), ce qui entraînerait une perte importante du flux de neutrons. Le deutérium (A=2) présente une section efficace de capture radiative extrêmement faible : il ralentit très efficacement les neutrons sans les absorber.

2. Choix de la phase liquide :

  • La densité volumique atomique n du dideutérium liquide est de l'ordre de 10^3 fois supérieure à celle du gaz dans les conditions usuelles.
  • Le libre parcours moyen d'un neutron entre deux collisions, donné par \ell = \frac{1}{n\sigma} (où \sigma est la section efficace de diffusion élastique), est donc considérablement plus faible en phase liquide qu'en phase gazeuse. Cela permet d'obtenir le nombre requis de collisions dans un volume compact.
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Question 13

Dans ce ralentisseur, combien de collisions successives faut-il pour faire passer la vitesse d'un neutron de à ?

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Exprimer la relation de récurrence v_N = (1/3)^N v_0 pour A = 2 et résoudre 3^N = 10^4 par encadrement des puissances de 3.

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  1. Utiliser le rapport de vitesse déterminé à la question Q10 pour A = 2 afin d'obtenir le facteur d'atténuation de la vitesse lors d'une collision frontale.
  2. Exprimer la vitesse du neutron après N collisions successives sous la forme d'une suite géométrique.
  3. Résoudre l'inéquation sur N pour atteindre une vitesse inférieure ou égale à 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.
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D'après la question Q10, le rapport de la vitesse après collision sur la vitesse avant collision pour un choc frontal avec un noyau de nombre de masse A s'écrit :

\frac{v'}{v} = \frac{A-1}{A+1}

Pour le deutérium (A = 2), chaque collision frontale réduit la vitesse d'un facteur :

\frac{v'}{v} = \frac{2-1}{2+1} = \frac{1}{3}

En supposant que le neutron subit N collisions frontales successives, sa vitesse après N chocs vaut :

v_N = v_0 \left(\frac{1}{3}\right)^N

On cherche le nombre minimal N de collisions nécessaires pour que la vitesse passe de v_0 = 10^7\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} à une valeur v_N \le v_f = 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

\left(\frac{1}{3}\right)^N \le \frac{v_f}{v_0} = \frac{10^3}{10^7} = 10^{-4} \iff 3^N \ge 10^4

Calculons les puissances successives de 3 :

\begin{aligned} 3^4 &= 81 \\ 3^8 &= 81^2 = 6\,561 < 10^4 \\ 3^9 &= 3 \times 6\,561 = 19\,683 > 10^4 \end{aligned}

Après 8 collisions, la vitesse est encore de l'ordre de 10^7 / 6\,561 \approx 1\,524\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} > 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}. Il faut donc 9 collisions pour passer sous le seuil fixé :

\boxed{N = 9\text{ collisions}}

Résultat

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Question 14

En pratique, ce mécanisme ne permet pas de diminuer indéfiniment la vitesse des neutrons, car les noyaux ne sont pas immobiles, mais ont un petit mouvement dû à l'agitation thermique. Pour le limiter, on maintient le ralentisseur à très basse température. Mais si le flux de neutrons venant du réacteur est important, l'énergie qu'ils transmettent aux noyaux lors des collisions réchauffe le ralentisseur. Rappeler les trois modes de transfert thermique permettant d'évacuer la chaleur du ralentisseur. Lequel des trois devient inopérant à basse température ?

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Citer conduction, convection et rayonnement. Utiliser la loi de Stefan-Boltzmann en T^4 pour déterminer le mode qui s'éteint aux très basses températures.

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  1. Citer les trois modes fondamentaux de transfert thermique en rappelant brièvement leur mécanisme physique.
  2. Analyser la dépendance en température du flux associé à chaque mode pour identifier celui qui s'annule le plus rapidement lorsque la température tend vers le zéro absolu.
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Les trois modes de transfert thermique sont :

  • La conduction thermique : transfert d'énergie de proche en proche au sein de la matière sans déplacement macroscopique de celle-ci, régi par la loi de Fourier ;
  • La convection : transfert d'énergie thermique couplé à un déplacement macroscopique de matière au sein d'un fluide, modélisé localement par la loi de refroidissement de Newton ;
  • Le rayonnement thermique : transfert d'énergie sous forme d'ondes électromagnétiques émises par tout corps porté à une température T, sans support matériel nécessaire.

D'après la loi de Stefan-Boltzmann, la puissance surfacique totale rayonnée par un corps est proportionnelle à la puissance quatrième de sa température absolue :

\varphi_{\text{ray}} \propto T^4

Tandis que les transferts par conduction et par convection dépendent linéairement d'une différence de température \Delta T (au premier ordre), le flux radiatif net s'effondre très rapidement à très basse température (le dideutérium est maintenu à T \sim 20\text{ K}, où (20/300)^4 \approx 2\cdot 10^{-5}).

\boxed{\text{Le rayonnement thermique devient inopérant à basse température.}}

L'évacuation de la chaleur doit alors reposer exclusivement sur la conduction ou la convection forcée (circulation d'hélium ou de deutérium fluide cryogénique).

Résultat

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Question 15

Lorsque la température descend au-dessous de , le dideutérium se solidifie. Quels sont les avantages et les inconvénients d'un tel ralentisseur solide, par rapport à un ralentisseur liquide ?

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Songer à la réduction supplémentaire de l'agitation thermique, à l'absence de convection pour évacuer la chaleur et aux risques liés aux contraintes mécaniques ou aux défauts d'irradiation.

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Le passage à l'état solide (T < 18\text{ K}) présente des avantages et des inconvénients notables pour la modération des neutrons :

Avantages :

  • Diminution de l'agitation thermique : à température plus basse (T < 18\text{ K}), l'énergie thermique moyenne des noyaux k_B T est encore plus faible. Le phénomène de réchauffement des neutrons lents par collision avec les noyaux en mouvement (« up-scattering ») est fortement réduit, ce qui permet d'obtenir des neutrons à des vitesses encore plus faibles.
  • Augmentation de la densité : la densité volumique du solide est supérieure à celle du liquide, ce qui réduit le libre parcours moyen des neutrons et rend le modérateur plus compact et efficace.

Inconvénients :

  • Évacuation thermique dégradée : dans un solide, la convection et la circulation de fluide sont impossibles ; le transfert thermique repose uniquement sur la conduction. La conductivité thermique du dideutérium solide étant médiocre, le dépôt d'énergie par le flux intense de neutrons et de rayonnements gamma du réacteur crée d'importants gradients thermiques (points chauds) et risque de faire fondre ou sublimer localement le solide.
  • Endommagement sous irradiation : le réseau cristallin accumule des défauts et des espèces radicalaires créées par radiolyse. Leur recombinaison peut libérer brutalement de l'énergie (effet Wigner), posant des problèmes majeurs de sûreté. De plus, un solide ne peut pas être renouvelé ou filtré en continu par pompage, contrairement à un liquide.
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2 · Deuxième étape : élimination des neutrons rapides par un guide

Question 16

On choisit un système de coordonnées cartésiennes dont l'axe est parallèle à l'axe du tube, les axes et étant dirigés suivant les côtés de sa section carrée. On note la vitesse d'entrée du neutron. À quelles conditions ressort-il à l'autre extrémité, dans la limite d'un tube infiniment long ? Dessiner l'allure de sa trajectoire dans le tube en projection sur le plan puis sur le plan .

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La particule conserve sa vitesse axiale v_x et subit des réflexions spéculaires sur les faces latérales : quelle condition doit vérifier la vitesse normale lors de chaque impact ?

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  1. Analyser l'effet d'une réflexion sur chaque type de paroi (parois normales à \vec{u}_y et à \vec{u}_z) sur les composantes de la vitesse du neutron.
  2. Exprimer les conditions portant sur les vitesses normales pour assurer la réflexion totale à chaque rebond, ainsi que la condition assurant la progression vers la sortie.
  3. Représenter l'allure des trajectoires projetées dans les plans (x,y) et (x,z), qui correspondent à des lignes brisées périodiques totalement découplées.
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Les quatre parois du tube de section carrée sont délimitées par y \in [0, a] et z \in [0, a], l'axe x étant l'axe longitudinal du tube.

  • Pour avancer vers la sortie du tube (située à x > 0), la composante longitudinale de la vitesse doit être strictement positive :

    v_x > 0
  • Les parois latérales sont orthogonales à l'axe y (en y = 0 et y = a). Lors d'un choc sur l'une de ces parois, la vitesse normale est |v_y|. D'après l'énoncé, la réflexion est totale si et seulement si cette composante est inférieure à la vitesse critique v_c. Lors d'une réflexion spéculaire élastique, les composantes tangentielles v_x et v_z sont conservées, tandis que la vitesse normale est inversée : v_y \leftarrow -v_y. La norme |v_y| est donc invariante au cours des réflexions. Ainsi, si |v_y| < v_c, toutes les réflexions ultérieures sur ces parois restent totales ; si |v_y| \ge v_c, le neutron traverse la paroi dès le premier impact et s'échappe du tube.
  • De même, les parois supérieure et inférieure sont orthogonales à l'axe z (en z = 0 et z = a). La composante normale de la vitesse est |v_z|, et la condition de réflexion totale s'écrit de manière identique : |v_z| < v_c.

Dans la limite d'un tube infiniment long, pour que le neutron ne soit jamais perdu par transmission à travers les parois et atteigne la sortie, il faut et il suffit que :

\boxed{v_x > 0 \quad \text{et} \quad |v_y| < v_c \quad \text{et} \quad |v_z| < v_c}

Entre deux collisions, le mouvement est rectiligne uniforme. Lors d'un choc sur une paroi y = \text{cste}, v_x reste constant et v_y change de signe : dans le plan (x,y), la trajectoire est une ligne brisée en zigzag de pente alternée \pm v_y / v_x. Le comportement est parfaitement analogue dans le plan (x,z), avec une pente \pm v_z / v_x. Les mouvements selon y et selon z étant indépendants, les périodes spatiales des rebonds dans ces deux plans sont en général différentes.

Résultat

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Question 17

Pour améliorer encore la sélection en vitesse, on courbe le tube pour former un arc de cercle de rayon , avec (voir schéma ci-dessous).

Expliquer sans calcul pourquoi cette courbure permet d'éliminer certains neutrons rapides.

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Dans un tube courbé, l'absence de ligne de visée directe impose aux neutrons d'effectuer au moins un choc sur la paroi extérieure, éliminant ceux dont la composante normale dépasse v_c.

Voir la stratégie
  1. Noter que dans un guide droit, des neutrons très rapides peuvent traverser sans encombre en ligne directe ou sous des angles si faibles que leur vitesse normale reste inférieure à v_c.
  2. Analyser l'effet géométrique de la courbure : suppression de la ligne de visée directe et obligation de heurter la paroi extérieure.
  3. Relier la vitesse normale d'impact à la vitesse totale pour en déduire l'élimination des neutrons trop rapides.
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Dans un tube rectiligne, des neutrons très rapides se propageant parallèlement ou quasi-parallèlement à l'axe du tube le traversent sans jamais subir de réflexion, ou avec une composante de vitesse transverse inférieure à v_c : ils ne sont donc pas éliminés.

La courbure du guide supprime toute ligne de visée directe entre l'entrée et la sortie :

  • Tout neutron est contraint d'effectuer au moins une collision avec la paroi concave (extérieure) pour être guidé et dévié le long de l'arc de cercle.
  • Au point d'impact, la trajectoire rectiligne incidente forme un angle non nul avec la paroi tangente. La composante de la vitesse normale à la paroi est donc proportionnelle à la vitesse totale du neutron.
  • Si le neutron est trop rapide, cette vitesse normale dépasse la vitesse critique v_c : la réflexion totale n'a plus lieu, le neutron traverse la paroi de nickel et s'échappe du tube.

Seuls les neutrons suffisamment lents subissent une réflexion totale et peuvent ainsi être guidés jusqu'à la sortie.

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Question 18

Nous étudions maintenant quantitativement la sélection en vitesse opérée par le tube courbé. Pour simplifier cette étude, nous nous limitons dans toutes les questions qui suivent au cas d'un neutron entrant dans le tube avec une vitesse dirigée suivant l'axe , représentée par une flèche horizontale sur le schéma. Sa distance au bord extérieur du tube est notée , avec . Exprimer en fonction de et de l'abscisse à laquelle il heurte la paroi, comptée à partir de l'entrée dans le tube.

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Écrire l'équation du cercle extérieur x^2 + (R-z)^2 = R^2 et effectuer un développement limité sachant que z \ll R.

Voir la stratégie
  1. Repérer le centre de courbure C de la paroi extérieure du tube, de rayon de courbure R.
  2. Décrire la trajectoire rectiligne du neutron et appliquer le théorème de Pythagore dans le triangle formé par le centre de courbure, le point d'entrée et le point d'impact.
  3. Utiliser l'approximation z \ll R pour en déduire l'abscisse x.
Voir le corrigé complet

Le neutron se propage en ligne droite à vitesse constante dans la direction de l'axe horizontal x, tangent à la courbure du tube à l'entrée.

Notons C le centre de courbure de la paroi extérieure du guide, de rayon R. À l'entrée du tube (x = 0), le neutron se trouve à une distance z de la paroi extérieure, donc à la distance R - z du centre de courbure C.

Sa vitesse étant perpendiculaire au rayon vecteur initial reliant C au point d'entrée, la distance du neutron au centre C, après avoir parcouru l'abscisse x, s'écrit d'après le théorème de Pythagore :

d(x) = \sqrt{(R - z)^2 + x^2}

Le neutron heurte la paroi extérieure lorsque cette distance atteint le rayon R :

\begin{aligned} (R - z)^2 + x^2 &= R^2 \\ R^2 - 2Rz + z^2 + x^2 &= R^2 \\ x^2 &= 2Rz - z^2 = 2Rz\left(1 - \frac{z}{2R}\right) \end{aligned}

Comme z \ll R, on néglige le terme d'ordre supérieur z^2, ce qui donne au premier ordre :

\boxed{x = \sqrt{2Rz}}

Résultat

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Question 19

Exprimer l'angle entre la vitesse et la paroi au point d'impact en fonction de et .

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L'angle d'impact rasant est donné géométriquement par \tan\theta \approx \theta \approx x/R, ou par dérivation de la flèche z(x).

Voir la stratégie
  1. Identifier la géométrie au point d'impact : la trajectoire du neutron étant rectiligne et horizontale (parallèle à l'axe x), l'angle \theta entre le vecteur vitesse et la paroi tangente est égal à l'angle dont a tourné la tangente au cercle de rayon R depuis l'entrée du tube.
  2. Relier cet angle à la position x ou à la distance z, puis utiliser l'approximation des petits angles justifiée par z \ll R.
Voir le corrigé complet

Le neutron entre dans le tube avec une vitesse horizontale \vec{v} = v\,\vec{u}_x.

La paroi extérieure est un arc de cercle de rayon R. Notons \theta l'angle au centre interceptant l'arc entre l'entrée (x = 0) et le point d'impact d'abscisse x. Par orthogonalité, la tangente à la paroi au point d'impact est inclinée de l'angle \theta par rapport à l'horizontale. L'angle entre la direction de la vitesse et la paroi est donc exactement cet angle \theta.

D'après la géométrie du cercle :

\sin\theta = \frac{x}{R} \quad \text{et} \quad \cos\theta = \frac{R - z}{R} = 1 - \frac{z}{R}

Comme z \ll R, l'angle \theta est très petit (\theta \ll 1). En effectuant un développement limité à l'ordre 2 de \cos\theta :

\cos\theta \approx 1 - \frac{\theta^2}{2} = 1 - \frac{z}{R}

On en déduit immédiatement :

\frac{\theta^2}{2} \approx \frac{z}{R}

ce qui donne pour l'angle d'incidence rasant :

\boxed{\theta = \sqrt{\frac{2z}{R}}}

Remarque : On retrouve le même résultat en utilisant le résultat de la question précédente x = \sqrt{2Rz} et l'approximation \theta \approx \sin\theta = \frac{x}{R} = \frac{\sqrt{2Rz}}{R} = \sqrt{\frac{2z}{R}}.

Résultat

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Question 20

Montrer que le neutron est réfléchi si est inférieur à une vitesse limite qu'on exprimera en fonction de , et .

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La condition de réflexion au premier impact s'écrit v_\perp = v\sin\theta \approx v\theta \le v_c. Remplacer \theta par son expression en fonction de z et R.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la composante de la vitesse normale à la paroi au point d'impact, v_\perp, en fonction de la vitesse incidente v et de l'angle \theta formé avec la paroi.
  2. Utiliser l'approximation des petits angles (\theta \ll 1) et le résultat de la question 19.
  3. Appliquer la condition de réflexion totale v_\perp < v_c pour dégager la vitesse limite recherchée.
Voir le corrigé complet

Au point d'impact sur la paroi externe, l'angle entre le vecteur vitesse du neutron et le plan tangent à la paroi est noté \theta. La composante de la vitesse perpendiculaire à la paroi s'écrit donc :

v_\perp = v \sin\theta

Comme z \ll R, l'angle \theta déterminé à la question 19 est très petit (\theta \ll 1), ce qui permet d'effectuer l'approximation au premier ordre :

\sin\theta \approx \theta = \sqrt{\frac{2z}{R}}

La vitesse normale au moment du choc vaut ainsi :

v_\perp \approx v \sqrt{\frac{2z}{R}}

D'après l'énoncé, le neutron est réfléchi si sa composante de vitesse normale est strictement inférieure à la vitesse critique v_c, soit :

v_\perp < v_c \iff v \sqrt{\frac{2z}{R}} < v_c

Le neutron est donc réfléchi si et seulement si sa vitesse v est inférieure à une vitesse limite notée v_{\mathrm{lim}}(z) :

\boxed{v_{\mathrm{lim}} = v_c \sqrt{\frac{R}{2z}}}

Résultat

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Question 21

Justifier sans calcul que si le neutron est réfléchi lors de son premier contact avec la paroi, alors il parvient jusqu'à l'extrémité du tube.

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Remarquer que la trajectoire entre deux rebonds successifs sur la paroi cylindrique forme une corde géométrique de longueur constante, conservant l'angle d'incidence.

Voir la stratégie

Pour justifier qu'un neutron réfléchi au premier contact se propage sans perte jusqu'à la sortie :

  1. invoquer la nature spéculaire de la réflexion et la géométrie circulaire de la paroi extérieure ;
  2. en déduire la constance de l'angle d'incidence lors de tous les chocs ultérieurs.
Voir le corrigé complet

Le mouvement entre deux rebonds s'effectue en ligne droite dans le plan horizontal du tube.

  • La paroi extérieure étant un cylindre d'axe vertical et de section circulaire de rayon R, toute trajectoire rectiligne reliant deux points d'impact constitue une corde de ce cercle.
  • Par symétrie géométrique d'un cercle, l'angle formé par une corde avec la tangente au cercle est identique à ses deux extrémités.
  • La réflexion étant élastique et spéculaire (conservation de la norme de la vitesse et égalité des angles d'incidence et de réflexion), le neutron repart après chaque choc sous le même angle \theta par rapport à la paroi extérieure.

L'angle d'impact et la composante normale de la vitesse restent donc strictement identiques à chaque rebond successif.

De plus, l'éloignement maximal du neutron par rapport à la paroi extérieure au cours de chaque trajet rectiligne vaut z \le a : le neutron ne heurte donc jamais la paroi interne et reste guidé le long de la paroi externe par des rebonds successifs (effet de « galerie des murmures »).

La condition de réflexion totale étant vérifiée au premier impact (v_\perp < v_c), elle le demeure à chacun des impacts suivants : le neutron est guidé sans perte jusqu'à l'extrémité du tube.

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Question 22

Exprimer en fonction de , et la vitesse en deçà de laquelle le tube laisse passer tous les neutrons.

Voir l'indice

Pour que tous les neutrons soient transmis quelle que soit leur position d'entrée z \in [0, a], la condition de réflexion doit être satisfaite pour le cas le plus défavorable (z = a).

Voir la stratégie
  1. Rappeler la condition de transmission établie aux questions précédentes pour un neutron injecté à la position z.
  2. Identifier la position d'injection z \in [0, a] la plus défavorable pour la réflexion.
  3. En déduire la vitesse maximale v^* garantissant la transmission quel que soit le point d'entrée dans le guide.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q20 et la question Q21, un neutron injecté à une distance z de la paroi extérieure du tube est réfléchi (et parvient jusqu'à la sortie du guide) si sa vitesse vérifie :

v < v_{\mathrm{lim}}(z) = v_c \sqrt{\frac{R}{2z}}

Les neutrons entrent dans le guide sur toute la section de côté a, c'est-à-dire pour z \in [0, a].

La fonction z \mapsto v_{\mathrm{lim}}(z) est strictement décroissante avec z : plus un neutron pénètre loin du bord extérieur, plus l'angle d'impact \theta = \sqrt{2z/R} est grand, et plus la composante normale de sa vitesse v_\perp \approx v\theta est importante.

Le cas le plus défavorable correspond donc à la distance maximale à la paroi extérieure, soit z = a. Pour que tous les neutrons soient transmis, quelle que soit leur position d'entrée z \in [0, a], il faut et il suffit que la condition de réflexion soit vérifiée pour z = a :

\forall z \in [0, a], \quad v < v_{\mathrm{lim}}(z) \iff v < v_{\mathrm{lim}}(a)

La vitesse limite recherchée est ainsi :

\boxed{v^* = v_c \sqrt{\frac{R}{2a}}}

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Question 23

Calculer pour , en prenant pour la valeur déterminée à la question 6.

Voir l'indice

Faire l'application numérique directe avec a = 0{,}07\text{ m}, R = 14\text{ m} et la valeur de v_c obtenue à la question 6.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression de la vitesse seuil de transmission intégrale v^* établie à la question 22.
  2. Identifier les valeurs numériques fournies par l'énoncé (a = 0{,}07\text{ m}, R = 14\text{ m}) et le résultat de la question 6 (v_c = 5{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}).
  3. Effectuer l'application numérique avec le nombre approprié de chiffres significatifs.
Voir le corrigé complet

D'après la question 22, la vitesse maximale en deçà de laquelle tous les neutrons incidents sont transmis par le guide courbé s'écrit :

v^* = v_c \sqrt{\frac{R}{2a}}

Les données numériques sont :

  • v_c = 5{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (déterminée à la question 6) ;
  • R = 14\text{ m} ;
  • a = 0{,}07\text{ m}.

On calcule le rapport sans dimension :

\frac{R}{2a} = \frac{14}{2 \times 0{,}07} = \frac{14}{0{,}14} = 100 \implies \sqrt{\frac{R}{2a}} = 10

Il vient ainsi directement :

v^* = 5{,}0 \times 10 = 50\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{v^* = 50\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

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Question 24

Les neutrons entrent dans le tube uniformément répartis sur sa section. Déterminer en fonction de et la probabilité pour qu'un neutron entrant à la vitesse ressorte à l'autre extrémité du tube. Le tube permet-il d'éliminer complètement les neutrons rapides ?

Voir l'indice

Déterminer l'intervalle admissible [0, z_{\max}(v)] tel que v \le v_{\mathrm{lim}}(z) et calculer le rapport des aires z_{\max}/a. Conclure quant aux neutrons entrant très près de la paroi (z \to 0).

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition sur la position initiale z pour qu'un neutron de vitesse v soit transmis, en reliant v_{\mathrm{lim}}(z) à la vitesse critique v^* déterminée en Q22.
  2. Calculer la probabilité de transmission comme la fraction de la section d'entrée occupée par les neutrons vérifiant cette condition.
  3. Analyser le comportement de cette probabilité pour v \gg v^* afin de conclure sur l'élimination des neutrons rapides.
Voir le corrigé complet

D'après les questions Q20 et Q21, un neutron injecté à une distance z de la paroi extérieure avec une vitesse v suivant x est réfléchi (et parvient jusqu'à l'extrémité du tube) si et seulement si :

v \le v_{\mathrm{lim}}(z) = v_c \sqrt{\frac{R}{2z}} \iff z \le \frac{R}{2}\left(\frac{v_c}{v}\right)^2

D'après la question Q22, la vitesse caractéristique v^* est définie par v^* = v_c \sqrt{\dfrac{R}{2a}}, ce qui permet de réécrire cette condition sous la forme :

z \le a \left(\frac{v^*}{v}\right)^2

Les neutrons étant uniformément répartis sur la section carrée du tube et la condition de transmission étant indépendante de la coordonnée selon l'axe transverse y, la variable spatiale z est distribuée uniformément sur l'intervalle [0, a].

  • Si v \le v^* : on a a\left(\dfrac{v^*}{v}\right)^2 \ge a. Tous les neutrons entrants satisfont la condition de réflexion quel que soit z \in [0, a], d'où :

    P(v) = 1
  • Si v > v^* : seuls les neutrons entrant avec z \in \left[0, a\left(\dfrac{v^*}{v}\right)^2\right] sont transmis. La probabilité vaut alors :

    P(v) = \frac{a \left(\frac{v^*}{v}\right)^2}{a} = \left(\frac{v^*}{v}\right)^2

On obtient donc la probabilité de transmission :

\boxed{P(v) = \begin{cases} 1 & \text{si } v \le v^* \\ \left(\dfrac{v^*}{v}\right)^2 & \text{si } v > v^* \end{cases}}

Élimination des neutrons rapides :
Non, le guide courbé ne permet pas d'éliminer complètement les neutrons rapides. Pour toute vitesse v > v^*, la probabilité de transmission reste strictement positive (P(v) > 0). Les neutrons injectés extrêmement près de la paroi externe (z \to 0) l'abordent sous un angle rasant \theta \approx \sqrt{2z/R} si faible que la composante normale de leur vitesse vérifie v_\perp = v\theta < v_c : ils subissent une réflexion totale et cheminent le long de la paroi externe jusqu'à la sortie (mode dit de « galerie acoustique » ou whispering gallery).

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Question 25

Déterminer, par un argument dimensionnel, à quelle condition portant sur et il est légitime de négliger l'effet de la gravité pour déterminer la trajectoire des neutrons dans le tube. Cette condition est-elle vérifiée ici ?

Voir l'indice

Comparer l'accélération centripète minimale v^{*2}/R subie lors du guidage à l'accélération de la pesanteur g, ou calculer la flèche de chute verticale sur la longueur du tube.

Voir la stratégie
  1. Identifier les grandeurs pertinentes régissant le problème : la vitesse v^*, le rayon de courbure R et l'accélération de la pesanteur g.
  2. Construire, par analyse dimensionnelle, le nombre sans dimension pertinent comparant l'effet de la pesanteur à la dynamique horizontale/courbe du neutron.
  3. Effectuer l'application numérique avec les valeurs de l'énoncé (g = 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}, R = 14\text{ m}, v^* = 50\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}) et conclure quant à la validité de l'approximation.
Voir le corrigé complet

Les grandeurs physiques intervenant dans le mouvement du neutron sont la vitesse v^*, la dimension spatiale caractéristique de courbure R, et l'accélération de la pesanteur g, de dimensions respectives :

[v^*] = \mathrm{L\cdot T^{-1}}, \quad [R] = \mathrm{L}, \quad [g] = \mathrm{L\cdot T^{-2}}.

La seule combinaison adimensionnelle indépendante (à une puissance près) que l'on peut former à partir de v^*, R et g est :

\Pi = \frac{{v^*}^2}{gR}.

Physiquement, ce rapport compare l'accélération centripète caractéristique liée à la trajectoire courbée a_c \sim \frac{{v^*}^2}{R} à l'accélération de la pesanteur g (ou, de façon équivalente, la déflexion verticale sous l'effet de la gravité \Delta z \sim g \tau^2 \sim g \frac{R^2}{{v^*}^2} à la dimension R, sur un temps de parcours typique \tau \sim \frac{R}{v^*}).

Il est donc légitime de négliger les effets de la pesanteur devant l'effet de guidage si l'accélération de pesanteur est très inférieure à l'accélération caractéristique de la courbure :

\boxed{\frac{{v^*}^2}{gR} \gg 1 \quad \Longleftrightarrow \quad v^* \gg \sqrt{gR}}

Application numérique : Avec g = 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} et R = 14\text{ m} :

\begin{aligned} \sqrt{gR} &= \sqrt{10 \times 14} = \sqrt{140} \approx 11{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \approx 12\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, \\ \frac{{v^*}^2}{gR} &= \frac{50^2}{140} = \frac{2500}{140} \approx 18. \end{aligned}

Comme v^* = 50\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} est significativement supérieur à \sqrt{gR} \approx 12\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (le rapport vaut environ 18 \gg 1), la condition est bien vérifiée ici.

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3 · Troisième étape : ralentissement par une turbine

Question 26

On se place tout d'abord dans le référentiel dans lequel la turbine est au repos. Déterminer sans calcul, mais en l'illustrant par un schéma, la trajectoire du neutron.

Voir l'indice

Effectuer un changement de référentiel galiléen vers le référentiel de la turbine. Déterminer la vitesse relative incidente et tracer le demi-cercle suivi par réflexion spéculaire continue.

Voir la stratégie
  1. Se placer dans le référentiel lié à la turbine, galiléen car en translation rectiligne et uniforme par rapport au référentiel du laboratoire.
  2. Déterminer la vitesse relative incidente du neutron par la loi de composition des vitesses.
  3. Décrire le guidage du neutron le long de la surface concave par réflexions élastiques rasantes successives.
Voir le corrigé complet

Le référentiel \mathcal{R}_t lié à la turbine est en translation rectiligne et uniforme à la vitesse v_t \vec{u}_x par rapport au référentiel du laboratoire (supposé galiléen) : il s'agit donc d'un référentiel galiléen.

Dans ce référentiel, la vitesse initiale relative du neutron s'écrit, d'après la loi de composition des vitesses :

\vec{v}_{\mathrm{rel, entrée}} = (v_n - v_t)\,\vec{u}_x

Comme v_n > v_t, le neutron pénètre dans la turbine avec une vitesse relative horizontale dirigée vers la droite, tangentiellement au bord inférieur de la plaque.

En l'absence de gravité et de frottements, le neutron subit le long de la surface concave une série continue de réflexions élastiques spéculaires sous incidence rasante. Sa trajectoire épouse donc la paroi et décrit un demi-cercle.

Par conservation de l'énergie cinétique dans \mathcal{R}_t, la norme de la vitesse relative reste constante au cours du guidage. Le neutron ressort ainsi au niveau du bord supérieur après avoir effectué un demi-tour (180^\circ), avec une vitesse relative horizontale dirigée vers la gauche :

\vec{v}_{\mathrm{rel, sortie}} = -(v_n - v_t)\,\vec{u}_x
\boxed{\text{Dans le référentiel de la turbine, la trajectoire du neutron est un demi-cercle le long de la paroi.}}

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Question 27

On revient dans le référentiel du laboratoire. Comment faut-il choisir pour que la vitesse du neutron soit presque nulle à la sortie de la turbine ?

Voir l'indice

Exprimer la vitesse de sortie dans le référentiel du laboratoire par composition des vitesses \vec{v}_{\mathrm{sortie}} = \vec{v}_{\mathrm{rel, sortie}} + \vec{v}_t et annuler le résultat.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la loi de composition des vitesses pour exprimer la vitesse du neutron à la sortie de la turbine dans le référentiel du laboratoire.
  2. Déterminer la condition sur v_t annulant cette vitesse de sortie.
Voir le corrigé complet

D'après la loi classique de composition des vitesses, la vitesse \vec{v}_{\mathrm{lab}} du neutron à la sortie de la turbine dans le référentiel du laboratoire s'écrit en fonction de sa vitesse relative \vec{v}_{\mathrm{rel}} dans le référentiel lié à la turbine et de la vitesse d'entraînement \vec{v}_t = v_t\,\vec{u}_x :

\vec{v}_{\mathrm{lab,\,sortie}} = \vec{v}_{\mathrm{rel,\,sortie}} + \vec{v}_t

D'après le résultat de la question précédente (Q26), le demi-tour élastique du neutron sur la paroi impose :

\vec{v}_{\mathrm{rel,\,sortie}} = -(v_n - v_t)\,\vec{u}_x

On en déduit l'expression de la vitesse du neutron dans le référentiel du laboratoire à la sortie :

\begin{aligned} \vec{v}_{\mathrm{lab,\,sortie}} &= -(v_n - v_t)\,\vec{u}_x + v_t\,\vec{u}_x \\ &= (2v_t - v_n)\,\vec{u}_x \end{aligned}

Pour que la vitesse du neutron soit nulle (ou presque nulle en tenant compte de la dispersion en vitesse du faisceau incident), il faut donc choisir :

\boxed{v_t \approx \frac{v_n}{2}}

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.