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Corrigé détaillé Centrale Physique 2 PC 2020

Du neuf dans les sillages

Ce problème s'articule autour d'une publication de physique moderne réexaminant la théorie séculaire du sillage des navires formulée par Lord Kelvin en 1887. En croisant observation satellite contemporaine, modélisation hydrodynamique rigoureuse et analogies ondulatoires (ondes acoustiques et cône de Mach), le sujet démystifie l'angle d'ouverture des sillages à grande vitesse.

Très riche et formateur, il balaie des pans entiers du programme de PC : dynamique des fluides parfaits incompressibles (linéarisation, écoulement potentiel, équation de Laplace, conditions aux limites à surface libre), dispersion des ondes de gravité en profondeur finie, ordres de grandeur énergétiques, ainsi qu'une incursion soignée en acoustique des fluides et en optique instrumentale (diffraction, capteur CCD satellitaire). C'est un sujet incontournable pour maîtriser l'articulation entre vitesse de phase, vitesse de groupe et construction géométrique des fronts d'onde.

En bref sur ce sujet

Difficulté
Accessible, estimée à partir de la difficulté de chaque question
Temps estimé
≈ 3 h 55 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

25 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

Résultat donné (3) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : ambiguïté, parties indépendantes
  • Ambiguïté

    L'annexe 2 définit le nombre d'ouverture comme le rapport du diamètre sur la focale valant 16, alors qu'il désigne en optique N_O = f/D = 16. Il faut adopter cette dernière lecture pour traiter Q19 et Q20.

  • Parties indépendantes

    La sous-partie III.A (Q41 à Q49), consacrée à l'acoustique dans les fluides, au cône de Mach et à l'effet Doppler, est entièrement indépendante des parties I et II.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie I : Analyse des données de sillages

A · Généralités

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : analyse dimensionnelle, nombre de froude, onde de gravité

À partir de la définition du nombre de Froude expliquée dans l'annexe 1, quelle est, en ordre de grandeur, l'expression de la vitesse des ondes de gravité ayant une longueur d'onde égale à , la longueur du bateau ?

Voir l'indice

Utiliser la définition du nombre de Froude donnée dans l'énoncé en posant \mathrm{Fr} \sim 1 pour déduire l'ordre de grandeur de la vitesse de propagation.

Voir la réponse courte

À partir de Fr = U/\sqrt{gL} \sim 1, la vitesse caractéristique des ondes de gravité est v \sim \sqrt{gL}.

Voir le corrigé complet

L'annexe 1 précise que le nombre de Froude de coque est défini par :

\mathrm{Fr} = \frac{U}{\sqrt{gL}}

et qu'il « compare la vitesse du bateau à la vitesse des ondes de gravité ayant pour longueur d'onde la longueur du bateau ».

Puisque \mathrm{Fr} = \frac{U}{v(L)}, la vitesse caractéristique v(L) de ces ondes de gravité de longueur d'onde L s'identifie au dénominateur du nombre de Froude. On en déduit ainsi son ordre de grandeur :

\boxed{v(L) \sim \sqrt{gL}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il suffisait de relever la vitesse des ondes dans l'annexe sans chercher à évaluer la vitesse du bateau.

« Le principal problème, ici, a été un problème d’appropriation : il suffisait d’identifier la vitesse des ondes à l’aide de l’annexe, alors que certains candidats, toutefois peu nombreux, ont essayé d’évaluer la vitesse du bateau. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : chute libre, théorème de l'énergie cinétique

Démontrer l'expression de la vitesse en fin d'une chute libre de hauteur dans le champ de pesanteur. Comparer cette expression à celle obtenue à la question précédente.

Voir l'indice

Appliquer le théorème de l'énergie mécanique à un point matériel en chute libre lâché sans vitesse initiale sur une hauteur L.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe de conservation de l'énergie mécanique (ou le théorème de l'énergie cinétique) à un point matériel en chute libre sans vitesse initiale lâché d'une hauteur L.
  2. Confronter l'expression obtenue à celle de la vitesse caractéristique v \sim \sqrt{gL} établie en Q1.
Voir la réponse courte

Par conservation de l'énergie mécanique, v = \sqrt{2gL}, du même ordre de grandeur que la vitesse des vagues \sqrt{gL}.

Voir le corrigé complet

On étudie un point matériel de masse m en chute libre dans le champ de pesanteur uniforme \vec{g} = -g\vec{u}_z, lâché sans vitesse initiale depuis une altitude z_0 jusqu'à z_0 - L, dans le référentiel terrestre supposé galiléen.

Le poids étant la seule force appliquée et dérivant de l'énergie potentielle E_p(z) = mgz + \text{cte}, l'énergie mécanique du système est conservée :

\Delta E_m = \Delta E_c + \Delta E_p = 0

Entre l'instant initial (vitesse nulle) et l'instant final où la vitesse est notée v, il vient :

\begin{aligned} \left(\frac{1}{2}mv^2 - 0\right) + mg\bigl((z_0 - L) - z_0\bigr) &= 0 \\ \frac{1}{2}mv^2 - mgL &= 0 \end{aligned}

D'où l'expression de la vitesse en fin de chute libre :

\boxed{v = \sqrt{2gL}}

Comparaison : Cette vitesse est, à un facteur multiplicatif \sqrt{2} \approx 1{,}41 près, identique à l'estimation de la célérité des ondes de gravité de longueur d'onde L obtenue à la question Q1, soit v(L) \sim \sqrt{gL}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La conservation de l'énergie mécanique est la méthode la plus efficace, en précisant le théorème et ses hypothèses.

« Si cette question est majoritairement bien traitée, rappelons que l’utilisation de la conservation de l’énergie mécanique est la méthode la plus efficace. Le jury remercie les candidats qui ont su citer le théorème utilisé en précisant les hypothèses associées. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : nombre de reynolds, analyse dimensionnelle

Citer un autre nombre sans dimension utilisé en dynamique des fluides, en rappelant son nom, sa définition, ainsi que les effets qu'il compare.

Voir l'indice

Penser au nombre de Reynolds \mathrm{Re}, qui compare les forces d'inertie aux forces visqueuses au sein de l'écoulement.

Voir la réponse courte

Le nombre de Reynolds Re = \rho U L / \eta, qui compare les effets convectifs d'inertie aux effets diffusifs visqueux.

Voir le corrigé complet

Un nombre sans dimension fondamental en dynamique des fluides est le nombre de Reynolds, noté \mathrm{Re}.

Pour un écoulement caractérisé par une vitesse typique U et une dimension spatiale caractéristique L, au sein d'un fluide de masse volumique \rho et de viscosité dynamique \eta (soit une viscosité cinématique \nu = \frac{\eta}{\rho}), il est défini par :

\boxed{\mathrm{Re} = \frac{\rho U L}{\eta} = \frac{U L}{\nu}}

Ce nombre compare les forces d'inertie (associées au terme de transport convectif (\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v} dans l'équation de Navier-Stokes, de l'ordre de \rho \frac{U^2}{L}) aux forces visqueuses (associées au terme de diffusion visqueuse \eta \Delta \vec{v}, de l'ordre de \eta \frac{U}{L^2}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le nombre de Reynolds doit être défini avec précision, sans confondre les deux viscosités ni comparer des grandeurs non homogènes.

« Le nombre de Reynolds est quasiment toujours évoqué conformément au contenu du programme. Encore faut-il définir convenablement les grandeurs utilisées : les confusions entre viscosité dynamique et cinématique sont fréquentes. »

« Certaines copies donnent une définition claire du rapport utilisé, d’autres se perdent en évocations imprécises ; ainsi nous retrouvons régulièrement des comparaisons de grandeurs non homogènes comme une force et une accélération ou une confusion entre les effets que ce nombre de Reynolds permet de comparer et la conséquence sur le type d’écoulement. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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B · Observation des sillages

Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Démarche expérimentale
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : incertitude de mesure, lecture graphique

Dans cette question, il est attendu une rédaction d'étaillée et explicite des méthodes utilisées. Estimer la taille du bateau sur la figure 3 et évaluer simplement l'incertitude sur cette mesure. De même, estimer l'angle du sillage en degrés, et la vitesse , grandeurs définies sur la figure 2.

Voir l'indice

Mesurer précisément à la règle sur la figure 3 la barre d'échelle pour calibrer la taille L du bateau, puis mesurer le demi-angle \alpha et la longueur d'onde \lambda pour calculer U via les formules fournies.

Voir la stratégie

Cette question ouverte demande d'exploiter les échelles et les vues de la figure 3 :

  1. Pour la longueur L, mesurer à la règle la longueur du bateau et la barre d'échelle correspondante sur la figure, puis évaluer l'incertitude liée à la pixellisation des bords de la coque.
  2. Pour le demi-angle \alpha, mesurer l'angle total 2\alpha du dièdre formé par le sillage sur le cliché intermédiaire afin de minimiser l'incertitude de tracé.
  3. Pour la vitesse U, utiliser les relations (I.1) en mesurant la longueur d'onde \lambda des rides divergentes et l'angle \theta de leur direction de propagation par rapport à l'axe d'avancée du navire.
Voir la réponse courte

Mesure à la règle sur la vue satellite avec l'échelle, évaluation des incertitudes de lecture et déduction de L, \alpha et U.

Voir le corrigé complet

1. Estimation de la taille L du bateau et de son incertitude

Sur le cliché intermédiaire (en haut à droite de la figure 3) présentant la barre d'échelle de 100\text{ m} :

  • La barre de 100\text{ m} mesure sur l'épreuve environ d_{\text{éch}} \approx 14\text{ mm}, soit une échelle spatiale d'environ 7\text{ m}\cdot\text{mm}^{-1}.
  • Le bateau apparaît comme une tache blanche allongée de longueur mesurée à la règle \ell \approx 2{,}0\text{ mm} (ou une dizaine de pixels sur le zoom).

On en déduit la longueur réelle du navire :

L = \ell \times \frac{100\text{ m}}{d_{\text{éch}}} \approx 2{,}0 \times \frac{100}{14} \approx 14\text{ m}

L'incertitude de lecture est dominée par la pixellisation et le flou d'écume aux extrémités de la coque, de l'ordre de \Delta \ell \approx \pm 0{,}4\text{ mm} (soit 2 à 3 pixels). On a donc \Delta L \approx \Delta\ell \times \frac{100}{d_{\text{éch}}} \approx \pm 3\text{ m}.

\boxed{L \approx 14 \pm 3\text{ m}}

Remarque : cette valeur est en parfait accord avec la longueur typique d'une vedette de plaisance de 52\text{ pieds} \approx 16\text{ m} mentionnée à la question Q14.

2. Estimation du demi-angle du sillage \alpha

D'après la figure 2, \alpha est le demi-angle au sommet de l'enveloppe en V du sillage.

  • On trace les deux droites délimitant les bras les plus externes du sillage sur le cliché intermédiaire (ou inférieur).
  • L'angle total au sommet mesuré au rapporteur vaut 2\alpha \approx 18^\circ \pm 2^\circ.

Le demi-angle de sillage est donc :

\boxed{\alpha \approx 9^\circ \pm 1^\circ}

Cette valeur est confirmée par la légende de la figure 3 de l'annexe 1 (« sillage étroit, d'environ 9 degrés »).

3. Estimation de la vitesse U du bateau

Les relations (I.1) fournies par l'énoncé s'écrivent :

\lambda_g = \frac{2\pi U^2}{g} \quad \text{et} \quad \cos\theta = \sqrt{\frac{\lambda}{\lambda_g}}

ce qui conduit à :

\lambda_g = \frac{\lambda}{\cos^2\theta} \implies U = \sqrt{\frac{g \lambda_g}{2\pi}} = \frac{1}{\cos\theta}\sqrt{\frac{g\lambda}{2\pi}}

Dans le sillage, les crêtes des ondes divergentes sont nettement visibles :

  • La normale aux crêtes (direction du vecteur d'onde \vec{k}) fait un angle \theta avec l'axe de la trajectoire mesuré à \theta \approx 55^\circ \pm 5^\circ (soit \cos\theta \approx 0{,}57).
  • En mesurant la distance séparant plusieurs crêtes successives sur le cliché du sillage à l'aide de l'échelle, on évalue la longueur d'onde divergente à \lambda \approx 12 \pm 3\text{ m}.

On en déduit la longueur d'onde axiale associée :

\lambda_g = \frac{\lambda}{\cos^2\theta} \approx \frac{12}{(0{,}57)^2} \approx 37\text{ m} \quad (\text{comprise typiquement entre } 30\text{ et } 60\text{ m})

Puis la vitesse du navire :

U = \sqrt{\frac{g\lambda_g}{2\pi}} \approx \sqrt{\frac{9{,}81 \times 37}{2\pi}} \approx 7{,}6\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}

Si l'on mesure plutôt sur le paquet d'ondes le plus énergétique une longueur apparente \lambda \approx 15\text{ m} et un angle de propagation plus rasant \theta \approx 60^\circ (\cos\theta = 0{,}50), on obtient \lambda_g \approx 60\text{ m}, soit U \approx 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} à 12\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (35 à 45\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}, soit environ 20 à 25 nœuds).

Compte tenu des incertitudes de mesure sur l'image satellitaire, on retiendra :

\boxed{U \approx 10 \pm 3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait déterminer la taille, l'angle et la vitesse avec un nombre cohérent de chiffres significatifs, sans calculs d'incertitudes superflus.

« Une longueur de 18 à 20 m parait acceptable sur la figure. Annoncer 3, voire 4 chiffres significatifs parait abusif. »

« Beaucoup de candidats éludent la détermination de l’angle de sillage, un peu inférieur à 20°, parfois aussi celle de la vitesse du bateau. À contrario, certains perdent beaucoup de temps sur des calculs d’incertitude non demandés, sur αet sur U. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : nombre de froude, lecture graphique

Donner les coordonnées de ce sillage dans la représentation graphique de la figure 4 de l'annexe 1 et commenter.

Voir l'indice

Calculer la valeur numérique du nombre de Froude \mathrm{Fr} = U/\sqrt{gL} et repérer le point obtenu sur le graphe de la figure 4 de l'annexe 1 pour identifier le régime de vitesse.

Voir la stratégie
  1. Identifier les axes du graphique de la figure 4 de l'annexe 1 : le nombre de Froude \mathrm{Fr} en abscisse et le demi-angle \alpha en ordonnée.
  2. Calculer le nombre de Froude \mathrm{Fr} à partir des grandeurs U et L déterminées à la question Q4.
  3. Positionner le point obtenu sur le graphe et confronter la valeur aux régimes décrits dans l'article (régime de Kelvin vs régime en 1/\mathrm{Fr}).
Voir la réponse courte

Placement du point (Fr, \alpha) sur le diagramme de l'annexe et comparaison avec l'angle de Kelvin usuel de 19{,}47^\circ.

Voir le corrigé complet

La représentation graphique de la figure 4 donne le demi-angle du sillage \alpha (en degrés) en fonction du nombre de Froude \mathrm{Fr}.

Le nombre de Froude associé aux estimations de la question Q4 s'écrit :

\mathrm{Fr} = \frac{U}{\sqrt{g L}}

Avec U \approx 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, L \approx 14\text{ m} et g = 9{,}81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} :

\mathrm{Fr} \approx \frac{10}{\sqrt{9{,}81 \times 14}} \approx \frac{10}{11{,}7} \approx 0{,}85 \approx 0{,}9

Compte tenu des incertitudes sur U et L, on a \mathrm{Fr} \in [0{,}7 \,;\, 1{,}1]. Le demi-angle mesuré est \alpha \approx 9^\circ \pm 1^\circ.

Les coordonnées de ce sillage sur la figure 4 sont donc :

\boxed{(\mathrm{Fr} \,;\, \alpha) \approx (0{,}9 \pm 0{,}2 \; ; \; 9^\circ \pm 1^\circ)}

Commentaires :

  • Le nombre de Froude est nettement supérieur à la valeur seuil critique \mathrm{Fr}_c \approx 0{,}5. On n'est donc pas dans le régime classique de Kelvin où l'angle est constant et égal à \alpha_0 \approx 19{,}47^\circ.
  • Ce point se situe dans le régime des bateaux rapides où le demi-angle décroît selon une loi en 1/\mathrm{Fr}, analogue à celle d'un cône de Mach.
  • La photographie de la figure 3 correspond précisément à l'une des données de terrain exploitées par Rabaud et Moisy (figure 3 de l'annexe 1) pour valider leur courbe maîtresse et mettre en évidence ce rétrécissement du sillage.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut respecter les chiffres significatifs et ne pas inverser la démarche en déduisant l'angle de sillage du graphe.

« Le nombre de Froude doit être donné en cohérence avec les chiffres significatifs de la vitesse et de la longueur du bateau. »

« Quelques candidats inversent bizarrement le raisonnement, et déduisent l’angle de sillage de la valeur de Fr et du graphe, ce n’est pas ce qui est attendu. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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C · Capillarité

Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : tension superficielle, énergie d'interface

Quelle est l'unité du coefficient de tension de surface ? Que mesure une telle grandeur ?

Voir l'indice

Raisonner à partir de la dimension de l'énergie de surface par unité d'aire ou d'une force par unité de longueur de ligne de contact.

Voir la réponse courte

En \text{N}\cdot\text{m}^{-1} ou \text{J}\cdot\text{m}^{-2} ; mesure l'énergie requise par unité d'aire pour étendre une interface fluide.

Voir le corrigé complet

Dans le Système International d'unités (SI), le coefficient de tension de surface \gamma s'exprime en :

\boxed{\text{N}\cdot\text{m}^{-1} \quad \text{ou} \quad \text{J}\cdot\text{m}^{-2} \quad (\text{soit en unités de base : } \text{kg}\cdot\text{s}^{-2})}

Cette grandeur peut s'interpréter sous deux angles équivalents :

  • Aspect énergétique : elle représente l'énergie surfacique d'interface, c'est-à-dire le travail réversible nécessaire pour accroître l'aire de l'interface d'une unité de surface à température et volume constants (\mathrm{d}W = \gamma\,\mathrm{d}\mathcal{S}) ;
  • Aspect mécanique : elle mesure la force de traction tangentielle par unité de longueur exercée le long d'une ligne frontière de l'interface, tendant à minimiser l'aire libre du fluide en raison des forces de cohésion intermoléculaires non compensées à la surface.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait déduire l'unité d'une relation connue et éviter de confondre tension superficielle et viscosité.

« le jury été sensible aux candidats qui ont su partir de la relation connue pour nous présenter l’unité demandée. Nous notons quelques confusions entre γet η. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : analyse dimensionnelle, nombre de weber

Donner par analyse dimensionnelle l'expression de We.

Voir l'indice

Poser \mathrm{We} = \rho^\alpha U^\beta L^\delta \gamma^{-1} et identifier les dimensions de masse, longueur et temps.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les dimensions physiques des grandeurs intervenant dans le nombre de Weber : \rho, U, L et \gamma.
  2. Poser une loi de puissance de la forme \mathrm{We} = \rho^a U^b L^c \gamma^{-1} d'après l'indication de l'énoncé, et identifier les exposants pour que \mathrm{We} soit sans dimension.
Voir la réponse courte

Rapport de l'inertie \rho U^2 L à la force de tension superficielle \gamma : We = \rho U^2 L / \gamma.

Voir le corrigé complet

Dans le système international d'unités, les dimensions fondamentales des différentes grandeurs s'écrivent :

\begin{aligned} [\rho] &= \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-3} \\ [U] &= \mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1} \\ [L] &= \mathrm{L} \\ [\gamma] &= \mathrm{M}\cdot\mathrm{T}^{-2} \end{aligned}

Puisque le nombre de Weber \mathrm{We} est sans dimension ([\mathrm{We}] = 1) et inversement proportionnel à \gamma, on cherche une relation sous la forme :

\mathrm{We} \propto \frac{\rho^a U^b L^c}{\gamma}

L'adimensionnalité impose :

[\rho]^a [U]^b [L]^c [\gamma]^{-1} = \mathrm{M}^{a-1} \, \mathrm{L}^{-3a+b+c} \, \mathrm{T}^{-b+2} = \mathrm{M}^0 \mathrm{L}^0 \mathrm{T}^0

On obtient le système d'équations sur les puissances :

\begin{aligned} \text{sur M} &: a - 1 = 0 \implies a = 1 \\ \text{sur T} &: -b + 2 = 0 \implies b = 2 \\ \text{sur L} &: -3a + b + c = 0 \implies c = 3a - b = 3(1) - 2 = 1 \end{aligned}

À une constante multiplicative sans dimension près (conventionnellement prise égale à 1), le nombre de Weber s'écrit :

\boxed{\mathrm{We} = \frac{\rho U^2 L}{\gamma}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'expression du nombre de Weber doit être démontrée par analyse dimensionnelle et pas seulement vérifiée.

« Bien évidemment, le jury ne peut accepter un résultat qui ne serait accompagné d’aucune justification, et simplement vérifier que ce nombre est sans dimension ne peut suffire. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : nombre de weber, tension superficielle

Évaluer We pour le bateau de la figure 3 et conclure quant à la prise en compte de la tension de surface pour la suite du sujet.

Voir l'indice

Calculer numériquement \mathrm{We} avec les valeurs de la figure 3 et comparer cette valeur à 1 pour valider ou non la négligence des effets capillaires.

Voir la réponse courte

We \gg 1, les effets capillaires sont totalement négligeables devant la gravité et l'inertie pour un navire métrique.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression établie à la question Q7, le nombre de Weber s'écrit :

\mathrm{We} = \frac{\rho U^2 L}{\gamma}

En utilisant les valeurs numériques données par l'énoncé et estimées à la question Q4 :

  • \rho = 1{,}00 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • \gamma = 7 \times 10^{-2}\text{ N}\cdot\text{m}^{-1} ;
  • L \approx 14\text{ m} ;
  • U \approx 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.

On obtient :

\mathrm{We} \approx \frac{1{,}00 \times 10^3 \times 10^2 \times 14}{7 \times 10^{-2}} \approx 2 \times 10^7
\boxed{\mathrm{We} \sim 10^7 \gg 1}

Le nombre de Weber étant très supérieur à l'unité, les effets inertiels dominent considérablement les effets de tension superficielle à l'échelle d'un navire. Il est donc pleinement justifié de négliger la tension de surface dans la modélisation hydrodynamique pour la suite du sujet.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'évaluation numérique confirme que les effets de tension superficielle sont négligeables pour le navire.

« L’application numérique conforte le bon sens : la mécanique du navire dépend peu des phénomènes de tension superficielle. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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D · Force de trainée de vague

Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie potentielle de pesanteur, onde de gravité

Pour des ondes de gravité, quel type d'énergie, autre que l'énergie cinétique, est mis en jeu lors de la formation d'une vague d'une hauteur , d'une longueur d'onde ?

Voir l'indice

Considérer le travail effectué contre le champ de pesanteur pour déformer la surface libre du fluide au repos.

Voir la réponse courte

Énergie potentielle de pesanteur associée à la surélévation de la masse d'eau au-dessus du niveau de repos.

Voir le corrigé complet

Lors de la formation d'une onde à la surface de l'eau, le fluide subit une déformation verticale : des crêtes s'élèvent au-dessus du niveau moyen d'équilibre et des creux se forment en dessous.

Dans le champ de pesanteur terrestre \vec{g} = -g\,\vec{u}_z, le déplacement de matière fluide par rapport à sa position d'équilibre modifie l'altitude du centre de masse des éléments de fluide.

L'énergie mise en jeu, en dehors de l'énergie cinétique associée au mouvement des particules fluides, est donc :

\boxed{\text{l'énergie potentielle de pesanteur.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il était indispensable de préciser la nature de l'énergie potentielle : de pesanteur ou de gravitation.

« Le jury ne peut se contenter, dans une telle question, d’« énergie potentielle » : il est indispensable de préciser à quoi elle se rapporte, « de pesanteur », comme « de gravitation » était accepté. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie potentielle de pesanteur, ordre de grandeur

Donner une expression qui estime, en ordre de grandeur, cette énergie par unité de longueur de vague en fonction notamment de et . Pour cette question, on pourra, entre autres, estimer pour une vague, son volume situé au dessus du niveau zéro, ainsi que l'altitude de son centre de gravité.

Voir l'indice

Estimer la masse d'eau surélevée par mètre linéaire de crête sous la forme \Delta m \sim \rho a \lambda et multiplier par g et l'altitude moyenne du centre de gravité \sim a.

Voir la stratégie
  1. On modélise la crête d'une vague (sur une période spatiale \lambda et pour une unité de longueur de crête \ell = 1\text{ m}) comme un volume d'eau surélevé par rapport au niveau d'équilibre z = 0.
  2. On estime l'ordre de grandeur du volume de cette crête et l'altitude de son centre de gravité.
  3. On en déduit l'énergie potentielle de pesanteur correspondante E_{p,\ell} \sim m' g z_G.
Voir la réponse courte

Volume par unité de longueur V' \sim a \lambda, masse m' \sim \rho a \lambda, centre de gravité à a/2, d'où E'_p \sim \rho g a^2 \lambda.

Voir le corrigé complet

Considérons une vague sinusoïdale de longueur d'onde \lambda, d'amplitude a et de largeur unité (\ell = 1) selon la direction transverse (le long de la ligne de crête).

  • Volume au-dessus du niveau zéro : la zone surélevée s'étend sur une demi-longueur d'onde environ (\sim \lambda/2) avec une hauteur maximale a. L'ordre de grandeur du volume d'eau situé au-dessus de z=0 par unité de longueur de crête est :

    V' \sim a\,\lambda
  • Masse correspondante : la masse d'eau associée vaut :

    m' = \rho\,V' \sim \rho\,a\,\lambda
  • Altitude du centre de gravité : le centre de gravité de cette bosse d'eau se trouve à une hauteur de l'ordre de :

    z_G \sim a

L'énergie potentielle de pesanteur acquise par unité de longueur de vague (par rapport à la surface plane au repos) s'écrit alors :

E_{p,\ell} \sim m' g z_G \sim \rho\,g\,a^2\lambda
\boxed{E_{p,\ell} \sim \rho\,g\,a^2\lambda}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait évaluer l'énergie potentielle sans confondre les dimensions de la vague et bien l'exprimer par unité de longueur.

« Une construction d’un terme « mgz» semblait pourtant accessible, sans confondre largeur, hauteur et longueur de la vague, mais surtout en n’omettant pas une partie de la question : il était demandée une énergie « par unité de longueur ». »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : sillage de kelvin, onde de gravité

Déterminer, en fonction des paramètres du problème, la fréquence de production de ces vagues, ainsi que l'ordre de grandeur de leur largeur.

Voir l'indice

Relier la fréquence de passage des crêtes à la vitesse du navire et à la longueur d'onde, puis relier l'envergure transversale de la perturbation à la taille du navire.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la durée caractéristique séparant la formation de deux crêtes successives de longueur d'onde \lambda pour un bateau avançant à la vitesse U, et en déduire la fréquence de production f.
  2. Identifier la seule échelle spatiale du navire fournie par l'énoncé pour estimer la largeur transverse \ell (longueur de crête) d'une vague.
Voir la réponse courte

Fréquence f = U/\lambda \sim U/L, et largeur de vague de l'ordre de la longueur L du navire.

Voir le corrigé complet

Fréquence de production des vagues :

Le bateau se déplace à la vitesse U et génère des vagues de longueur d'onde \lambda. Le temps nécessaire pour que le bateau parcoure une longueur d'onde est la période d'émission :

T \sim \frac{\lambda}{U}

La fréquence de production de ces vagues est donc l'inverse de cette durée :

\boxed{f \sim \frac{U}{\lambda}}

Ordre de grandeur de leur largeur :

D'après le préambule du sujet, la longueur L du navire est supposée être la seule caractéristique géométrique pertinente. Par conséquent, l'extension spatiale transverse de la vague (la longueur de sa crête, notée \ell) est fixée par cette échelle :

\boxed{\ell \sim L}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La démarche doit être explicite et découler logiquement des questions précédentes sans calculs superflus.

« Ces questions ne nécessitaient pas de longs développements et ont été majoritairement bien réussies. »

« En revanche, la démarche devait être explicite. « En déduire » parait tout de même suffisamment explicite pour ne pas proposer au correcteur une force de trainée sortie de nulle part. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : traînée de vague, puissance mécanique

En déduire la puissance totale rayonnée dans les vagues et la force de trainée de vague en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Calculer le flux d'énergie mécanique emporté par les vagues par unité de temps, puis exprimer la traînée de vague par F = P/U.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie mécanique totale portée par une vague en multipliant l'énergie par unité de longueur par la largeur de crête \ell \sim L.
  2. En déduire la puissance rayonnée P comme le produit de l'énergie d'une vague par la fréquence d'émission f \sim U/\lambda.
  3. Établir la force de traînée de vague F à partir du bilan de puissance mécanique P = F U.
Voir la réponse courte

P \sim f \times E \sim \rho g a^2 L U, et traînée de vague F = P/U \sim \rho g a^2 L.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q10 et Q11, l'énergie d'une vague par unité de longueur est E_{p,\ell} \sim \rho g a^2 \lambda (l'énergie cinétique moyenne étant du même ordre, l'énergie mécanique totale par unité de longueur reste du même ordre de grandeur).

Pour une vague de largeur de crête \ell \sim L, l'énergie mécanique totale contenue dans une vague s'estime par :

E \sim E_{p,\ell}\,\ell \sim \rho g a^2 \lambda L

Le navire produisant ces vagues à la fréquence f \sim \dfrac{U}{\lambda}, la puissance totale rayonnée dans les vagues correspond au flux temporel d'énergie :

\begin{aligned} P &\sim E \times f \sim (\rho g a^2 \lambda L) \times \left(\frac{U}{\lambda}\right) \end{aligned}

La longueur d'onde \lambda se simplifie, ce qui conduit à :

\boxed{P \sim \rho g a^2 L U}

Cette puissance rayonnée provient du travail résistant de la force de traînée de vague \vec{F} exercée par l'eau sur le navire avançant à la vitesse U. En régime permanent, la puissance fournie pour vaincre cette traînée est P = F U, d'où l'expression de la force de traînée :

\boxed{F = \frac{P}{U} \sim \rho g a^2 L}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La force de traînée et la puissance doivent être déduites explicitement sans parachuter de formules.

« Ces questions ne nécessitaient pas de longs développements et ont été majoritairement bien réussies. »

« En revanche, la démarche devait être explicite. « En déduire » parait tout de même suffisamment explicite pour ne pas proposer au correcteur une force de trainée sortie de nulle part. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : traînée de vague, ordre de grandeur

En choisissant un ordre de grandeur raisonnable pour et les valeurs trouvées pour et , calculer l'ordre de grandeur de .

Voir l'indice

Prendre une amplitude raisonnable de vague de sillage (quelques décimètres) et effectuer l'application numérique de la puissance rayonnée.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression de la puissance rayonnée obtenue à la question Q12.
  2. Choisir une amplitude de vague a physiquement réaliste pour une vedette d'une quinzaine de mètres, en vérifiant la cohérence avec l'hypothèse de petites vagues (a \ll \lambda).
  3. Effectuer l'application numérique pour en déduire l'ordre de grandeur de P.
Voir la réponse courte

Calcul numérique de P avec a \sim 0{,}5\text{ m}, L \sim 15\text{ m}, U \sim 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} : P \sim 300 à 400\text{ kW}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q12, la puissance dissipée dans les vagues s'estime par :

P \sim \rho \, g \, a^2 \, L \, U

Les données et estimations précédentes sont :

  • \rho = 1{,}00 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • g = 9{,}81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} \approx 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} ;
  • L \approx 14\text{ m} (question Q4) ;
  • U \approx 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (question Q4).

Pour une telle vedette, les vagues générées ont typiquement une amplitude de l'ordre de a \approx 0{,}5\text{ m} (soit quelques décimètres à un mètre). Cette valeur est bien compatible avec l'hypothèse de petites vagues, puisque la longueur d'onde axiale vaut \lambda_g = \frac{2\pi U^2}{g} \approx 64\text{ m}, d'où a \ll \lambda_g.

En injectant ces grandeurs :

\begin{aligned} P &\sim 1{,}0 \times 10^3 \times 9{,}81 \times (0{,}5)^2 \times 14 \times 10 \\ P &\approx 3{,}4 \times 10^5\text{ W} \end{aligned}

En ordre de grandeur, la puissance rayonnée par traînée de vague est donc :

\boxed{P \sim 10^5\text{ W} \sim 10^2\text{ kW}}

(soit quelques centaines de kilowatts).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le calcul d'ordre de grandeur devait s'appuyer sur une démarche explicite et concise.

« Ces questions ne nécessitaient pas de longs développements et ont été majoritairement bien réussies. »

« En revanche, la démarche devait être explicite. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 14

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : puissance mécanique, ordre de grandeur

Un bateau de plaisance de 52 pieds est vendu typiquement avec un moteur d'une puissance de 715 chevaux-vapeur : comparer et conclure.

Voir l'indice

Convertir la puissance commerciale du moteur en watts grâce à la table de conversion et comparer à la puissance de vague calculée à la question précédente.

Voir la réponse courte

715\text{ ch} \approx 525\text{ kW}, en accord remarquable avec l'ordre de grandeur de la puissance de traînée calculée.

Voir le corrigé complet

Convertissons les caractéristiques fournies dans le Système International à l'aide des données du sujet :

  • La longueur du bateau de 52 pieds vaut :

    L' = 52 \times 0{,}3048 \approx 15{,}8\text{ m}

    Cette valeur est en excellent accord avec l'estimation de la longueur du bateau de la figure 3 (L \approx 14 \pm 3\text{ m} à la question Q4).

  • La puissance nominale du moteur s'élève à :

    P_{\text{moteur}} = 715 \times 746\text{ W} \approx 5{,}33 \times 10^{5}\text{ W} \approx 530\text{ kW}

À la question Q13, la puissance dissipée dans le sillage de vagues a été estimée à :

P \sim 3 \times 10^5\text{ W}

On constate que la puissance dissipée par traînée de vague est du même ordre de grandeur que la puissance totale délivrée par le moteur :

\boxed{P \sim P_{\text{moteur}} \sim 5 \times 10^5\text{ W}}

Conclusion :

  • La traînée de vague absorbe à elle seule une fraction majeure (plus de la moitié) de la puissance fournie par la motorisation, d'autant plus que le rendement propulsif d'une hélice n'excède guère 60 à 70\,\%.
  • Cela confirme pleinement l'observation rapportée dans l'annexe 1 : à grande vitesse (ici \mathrm{Fr} \approx 0{,}9), la traînée de vague devient le mécanisme prépondérant de résistance à l'avancement, dominant largement le frottement visqueux le long de la coque.
  • Cette concordance valide a posteriori la pertinence de l'ordre de grandeur de l'amplitude des vagues choisi à la question Q13 (a \sim 0{,}5\text{ m}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une puissance motrice inférieure à celle cédée aux vagues devait alerter sur l'incohérence du résultat.

« Trouver une puissance du bateau inférieure à celle fournie aux vagues devait à minima interpeler le candidat. Une marge de fonctionnement constituait un résultat raisonnable, à commenter en conséquence. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2020 ?

Surtout 2 chapitres : Ondes mécaniques et acoustiques (40 % des questions, partie III) et Mécanique des fluides (39 %, partie II). Plus ponctuellement : Optique géométrique, Diffraction et réseaux, Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Cinématique et dynamique du point, Mouvement dans un champ de force centrale…

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2020 dès la première année (PCSI) ?

En partie : 32 questions sur 61 (52 %) ne demandent que le programme de PCSI. Blocs abordables : la sous-partie I.C (Q6 à Q8) et la sous-partie I.D (Q9 à Q14). Avec les autres programmes de première année : 30 en MPSI, 30 en PTSI, 31 en MP2I, 31 en TSI1 et 30 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2020 ?

Environ 4 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2020 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q35 (relation de bernoulli), Q58 (géométrie) et Q61 (caustique).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2020 ?

Questions de cours : Q2 (chute libre), Q3 (nombre de reynolds), Q6 (tension superficielle), Q9 (énergie potentielle de pesanteur), Q15 (troisième loi de kepler), Q18 (diffraction de fraunhofer), Q22 (statique des fluides), Q27 (écoulement irrotationnel)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q23 (statique des fluides), Q28 (fluide incompressible), Q30 (condition aux limites), Q36 (relation de dispersion), Q38 (onde de gravité), Q46 (onde acoustique), Q48 (onde de choc), Q49 (cone de mach)….

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2020 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (48 sur 61), par exemple : Q1 à Q3, Q5 à Q14, Q16 à Q18, Q20 à Q27, Q29, Q31, Q33, Q34, Q36 à Q42, Q44 à Q50, Q53 à Q57 et Q59. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q19, Q28, Q30, Q32, Q35, Q51, Q52, Q58 et Q60.

Le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2020 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Quelle a été la moyenne au sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2020 ?

Moyenne : 7,75/20 (écart-type 4,19, 3 517 présents).

Quel signe adopter pour définir le potentiel des vitesses en Q27 ?

Le signe positif \vec{v}_1 = \vec{\nabla}\phi. Bien que certains manuels utilisent un signe moins par analogie avec l'électrostatique, la relation fournie à la question Q35 impose le signe positif pour éviter une contradiction lors de la suite du sujet.

Quelle analogie optique est attendue à la question Q61 ?

L'arc-en-ciel et la formation d'une caustique. L'angle de Kelvin \alpha_{\max} correspond à un extremum où les contributions des ondes s'accumulent constructivement, exactement comme les rayons lumineux émergeant d'une goutte d'eau à l'angle de déviation minimale.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.