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Corrigé détaillé X ENS Physique MP 2020

Faisceaux gaussiens et pinces optiques

Ce sujet prestigieux du concours X-ENS 2020 s'articule autour de la physique du prix Nobel de physique 2018 décerné à Arthur Ashkin pour le développement des pinces optiques. L'épreuve propose un parcours théorique complet et particulièrement élégant : elle commence par formaliser la propagation paraxiale d'un paquet d'ondes planes à l'aide de la transformation de Fourier spatiale (spectre angulaire), d'étaille la structure géométrique d'un faisceau laser gaussien fondamental (waist, divergence, distance de Rayleigh), puis établit le lien microscopique entre réponse diélectrique de la matière et indice optique grâce au modèle classique de l'électron élastiquement lié. Enfin, elle modélise quantitativement la force de diffusion radiative de Poynting ainsi que la force de gradient dipolaire, démontrant la condition impérative de focalisation extrême pour piéger de façon stable une nanoparticule diélectrique dans trois dimensions. D'un intérêt pédagogique exceptionnel, ce problème constitue une révision de premier ordre sur les ponts entre électromagnétisme, optique de Fourier et physique statistique en classe préparatoire.

En bref sur ce sujet

Difficulté
Accessible, estimée à partir de la difficulté de chaque question
Temps estimé
≈ 3 h pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

11 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

Rapides et accessibles (27) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (4) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

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Partie I : Propagation et décomposition en ondes planes d'un champ électrique

Question 1

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de helmholtz, décomposition spectrale

En reprenant l'équation de Helmholtz portant sur , et en utilisant les formules (3) et (4), montrer que la fonction vérifie l'équation différentielle suivante :

avec , pouvant être complexe.

Voir l'indice

Injecter l'expression intégrale de la décomposition en onde plane de \underline{E}(x,z) dans l'équation de Helmholtz scalaire, permuter intégration et dérivations spatiales, puis invoquer la Propriété 1 d'unicité.

Voir la stratégie
  1. Écrire l'équation de Helmholtz scalaire pour la composante \underline{E}(x,z) du champ électrique.
  2. Injecter la décomposition intégrale de Fourier spatiale de \underline{E}(x,z) et permuter intégration et dérivations spatiales.
  3. Identifier l'intégrande et appliquer la propriété d'injectivité (formule (4)) pour conclure.
Voir la réponse courte

Remplacement de la forme intégrale dans l'équation de Helmholtz pour identifier l'équation différentielle satisfaite par \widetilde{E}(\alpha,z).

Voir le corrigé complet

Le champ électrique s'écrit \underline{\vec{E}}(\vec{r},t) = \underline{E}(x,z)\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}\vec{e}_y. L'équation de Helmholtz vectorielle (8) projetée sur la direction (\mathrm{O}y) conduit à l'équation de Helmholtz scalaire :

\Delta \underline{E}(x,z) + \frac{\omega^2}{c^2}\underline{E}(x,z) = 0 \iff \frac{\partial^2 \underline{E}}{\partial x^2}(x,z) + \frac{\partial^2 \underline{E}}{\partial z^2}(x,z) + \frac{\omega^2}{c^2}\underline{E}(x,z) = 0.

D'après la formule (3), la fonction \underline{E}(x,z) s'exprime sous la forme :

\underline{E}(x,z) = \int_{-\infty}^{+\infty} \widetilde{\underline{E}}(\alpha,z) \exp(\mathrm{i}\alpha x)\,\frac{\mathrm{d}\alpha}{2\pi}.

En utilisant la possibilité de permuter les dérivées partielles et l'intégration (Remarque 2), on calcule les dérivées spatiales de \underline{E}(x,z) :

\begin{aligned} \frac{\partial^2 \underline{E}}{\partial x^2}(x,z) &= \int_{-\infty}^{+\infty} (\mathrm{i}\alpha)^2\,\widetilde{\underline{E}}(\alpha,z) \exp(\mathrm{i}\alpha x)\,\frac{\mathrm{d}\alpha}{2\pi} = \int_{-\infty}^{+\infty} -\alpha^2\,\widetilde{\underline{E}}(\alpha,z) \exp(\mathrm{i}\alpha x)\,\frac{\mathrm{d}\alpha}{2\pi}, \\ \frac{\partial^2 \underline{E}}{\partial z^2}(x,z) &= \int_{-\infty}^{+\infty} \frac{\partial^2 \widetilde{\underline{E}}}{\partial z^2}(\alpha,z) \exp(\mathrm{i}\alpha x)\,\frac{\mathrm{d}\alpha}{2\pi}. \end{aligned}

En injectant ces deux expressions dans l'équation de Helmholtz, on obtient :

\int_{-\infty}^{+\infty} \left[ \frac{\partial^2 \widetilde{\underline{E}}}{\partial z^2}(\alpha,z) + \left(\frac{\omega^2}{c^2} - \alpha^2\right)\widetilde{\underline{E}}(\alpha,z) \right] \exp(\mathrm{i}\alpha x)\,\frac{\mathrm{d}\alpha}{2\pi} = 0, \quad \forall x \in \mathbb{R}.

En posant \underline{\gamma}^2 = \frac{\omega^2}{c^2} - \alpha^2, et en appliquant la Propriété 1 (équation (4)), l'annulation de cette intégrale pour tout x équivaut à l'annulation de l'amplitude spectrale pour tout \alpha \in \mathbb{R} :

\boxed{\frac{\partial^2}{\partial z^2}\widetilde{\underline{E}}(\alpha,z) + \underline{\gamma}^2 \widetilde{\underline{E}}(\alpha,z) = 0}

avec \underline{\gamma}^2 = \frac{\omega^2}{c^2} - \alpha^2.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Un traitement rigoureux était attendu et la variable d'intégration ne devait pas être sortie de l'intégrale.

« le résultat étant donné dans l’énoncé, un traitement rigoureux était attendu, ce qui a été assez largement le cas. On a cependant constaté que la variable d’intégration était parfois "sortie" de l’intégrale. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : onde progressive, onde évanescente

À quelle condition sur , est-il réel ? On écrit alors avec . Donner l'expression générale de . Dans quel cas, est-il imaginaire pur ? On pose alors avec . Donner l'expression générale de dans ce cas.

Voir l'indice

Discuter le signe du radicande \omega^2/c^2 - \alpha^2. Pour \underline{\gamma} réel, écrire la combinaison de deux exponentielles imaginaires inverses ; pour \underline{\gamma} = \mathrm{i}\delta, utiliser des exponentielles réelles d'amortissement ou d'amplification spatiale.

Voir la stratégie
  1. Partir de la relation de dispersion spatiale établie à la question précédente : \underline{\gamma}^2 = \dfrac{\omega^2}{c^2} - \alpha^2, avec \alpha \in \mathbb{R}.
  2. Discuter le signe de \underline{\gamma}^2 selon la position de |\alpha| par rapport à \omega/c.
  3. Résoudre l'équation différentielle linéaire d'ordre 2 à coefficients constants selon que les racines de l'équation caractéristique sont imaginaires pures ou réelles.
Voir la réponse courte

Condition |\alpha| \leqslant \omega/c pour une onde plane progressive dans l'espace, et |\alpha| > \omega/c pour une onde évanescente selon z.

Voir le corrigé complet

D'après la question 1, le paramètre \underline{\gamma} vérifie :

\underline{\gamma}^2 = \frac{\omega^2}{c^2} - \alpha^2, \quad \text{avec } \alpha \in \mathbb{R}.

1. Cas où \underline{\gamma} est réel :

\underline{\gamma} est réel non nul si et seulement si \underline{\gamma}^2 > 0, ce qui se traduit par :

\boxed{|\alpha| < \frac{\omega}{c}}

En posant \underline{\gamma} = \gamma = \sqrt{\dfrac{\omega^2}{c^2} - \alpha^2} > 0, l'équation différentielle (9) s'écrit :

\frac{\partial^2}{\partial z^2} \underline{\widetilde{E}}(\alpha,z) + \gamma^2 \underline{\widetilde{E}}(\alpha,z) = 0.

L'équation caractéristique associée a pour racines \pm \mathrm{i}\gamma. L'expression générale de \underline{\widetilde{E}}(\alpha,z) est donc :

\boxed{\underline{\widetilde{E}}(\alpha,z) = \underline{A}_1(\alpha)\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\gamma z} + \underline{A}_2(\alpha)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\gamma z}}

où \underline{A}_1(\alpha) et \underline{A}_2(\alpha) sont des amplitudes complexes dépendant de la variable spatiale transverse \alpha.

2. Cas où \underline{\gamma} est imaginaire pur :

\underline{\gamma} est imaginaire pur non nul si et seulement si \underline{\gamma}^2 < 0, ce qui correspond à :

\boxed{|\alpha| > \frac{\omega}{c}}

En posant \underline{\gamma} = \mathrm{i}\delta avec \delta = \sqrt{\alpha^2 - \dfrac{\omega^2}{c^2}} > 0, l'équation différentielle devient :

\frac{\partial^2}{\partial z^2} \underline{\widetilde{E}}(\alpha,z) - \delta^2 \underline{\widetilde{E}}(\alpha,z) = 0.

L'équation caractéristique admet pour racines réelles \pm \delta. L'expression générale de \underline{\widetilde{E}}(\alpha,z) est alors :

\boxed{\underline{\widetilde{E}}(\alpha,z) = \underline{B}_1(\alpha)\,\mathrm{e}^{-\delta z} + \underline{B}_2(\alpha)\,\mathrm{e}^{\delta z}}

où \underline{B}_1(\alpha) et \underline{B}_2(\alpha) sont deux amplitudes complexes arbitraires.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Inutile de redémontrer la résolution de l'équation différentielle ; attention à ne pas supposer les constantes réelles et à tenir compte de leur dépendance en α.

« trop de candidat.e.s s’efforcent de re-démontrer la résolution des équations différentielles du second ordre et le font mal. Les constantes d’intégration ne sont a priori pas réelles comme cela a pu être écrit. Leur dépendance en α n’a pas toujours été remarquée et elle n’est en aucun cas factorisable. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : onde plane progressive, vecteur d'onde, spectre angulaire

On suppose dans cette question que pour , . Le champ électrique s'écrit alors sous la forme intégrale suivante :

Interpréter physiquement la décomposition du champ électrique . On s'attachera en particulier à donner un sens physique au vecteur et à la grandeur .

Voir l'indice

Identifier dans \alpha\vec{e}_x + \gamma\vec{e}_z le vecteur d'onde \vec{k} d'une onde plane monochromatique vérifiant la relation de dispersion dans le vide, et interpréter \underline{A}(\alpha) comme le poids d'amplitude complexe associé à cette direction de propagation.

Voir la stratégie
  1. Réécrire le terme sous l'intégrale sous la forme caractéristique d'une onde plane progressive monochromatique (OPPM).
  2. Étudier la norme et l'orientation du vecteur \vec{k} = \alpha\vec{e}_x + \gamma\vec{e}_z.
  3. Interpréter \underline{A}(\alpha) comme la densité spectrale d'amplitude associée à chaque onde plane.
Voir la réponse courte

Le vecteur représente le vecteur d'onde \vec{k} d'une onde plane monochromatique et \underline{A}(\alpha) correspond à sa densité spectrale d'amplitude.

Voir le corrigé complet

En introduisant le vecteur position dans le plan (x,z), \vec{r} = x\vec{e}_x + z\vec{e}_z, ainsi que le vecteur :

\vec{k}(\alpha) = \alpha\vec{e}_x + \gamma\vec{e}_z,

le champ électrique complexe s'écrit sous la forme :

\underline{E}(x,z,t) = \int_{-\omega/c}^{+\omega/c} \left( \underline{A}(\alpha)\frac{\mathrm{d}\alpha}{2\pi} \right) \exp\left[\mathrm{i}\left(\vec{k}(\alpha)\cdot\vec{r} - \omega t\right)\right].

1. Sens physique du vecteur \alpha\vec{e}_x + \gamma\vec{e}_z :

  • La norme au carré de ce vecteur vaut :

    \|\vec{k}(\alpha)\|^2 = \alpha^2 + \gamma^2 = \alpha^2 + \left(\frac{\omega^2}{c^2} - \alpha^2\right) = \frac{\omega^2}{c^2} = k_0^2.

    Il s'agit donc du vecteur d'onde d'une onde plane progressive monochromatique se propageant dans le vide à la pulsation \omega.

  • Comme \gamma > 0, la composante le long de (\mathrm{O}z) est strictement positive : chaque onde plane élémentaire se propage vers les z>0.
  • La direction de propagation forme avec l'axe optique (\mathrm{O}z) un angle \theta tel que :

    \boxed{\sin\theta = \frac{\alpha}{k_0} = \frac{\alpha c}{\omega} \quad \text{et} \quad \cos\theta = \frac{\gamma}{k_0} > 0}

    La condition |\alpha| < \omega/c correspond à \theta \in \left]-\frac{\pi}{2}, \frac{\pi}{2}\right[.

2. Sens physique de la grandeur \underline{A}(\alpha) :

  • La quantité \underline{A}(\alpha)\frac{\mathrm{d}\alpha}{2\pi} représente l'amplitude complexe (module et phase à l'origine) de l'onde plane élémentaire se propageant dans la direction repérée par \alpha (ou par l'angle \theta).
  • La fonction \underline{A}(\alpha) est donc l'amplitude spectrale angulaire (ou densité spectrale spatiale) du champ électromagnétique.

3. Interprétation globale de la décomposition :

\boxed{\underline{E}(x,z,t) \text{ est une superposition continue d'OPPM de pulsation } \omega \text{ se propageant vers les } z>0 \text{ dans des directions } \theta \in ]-\pi/2, \pi/2[.}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Utilisez le vocabulaire précis de l'électromagnétisme sans confondre vecteur d'onde et polarisation.

« les termes "amplitudes", "vecteur d’onde", "polarisation", "fréquence" ont des définitions précises qui doivent être respectées et utilisées à bon escient. Une confusion entre vecteur d’onde et polarisation a été souvent observée. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : onde évanescente, atténuation

Proposer une interprétation dans le cas où est imaginaire pur.

Voir l'indice

Remarquer que pour |\alpha| > \omega/c, le facteur spatial prend la forme d'un amortissement exponentiel pur selon l'axe longitudinal z, caractéristique d'une onde évanescente sans propagation moyenne d'énergie le long de cet axe.

Voir la stratégie
  1. Réinjecter l'expression \underline{\gamma} = \mathrm{i}\delta (avec \delta = \sqrt{\alpha^2 - \omega^2/c^2} > 0) dans l'expression retenue \underline{\widetilde{E}}(\alpha, z) = \underline{A}(\alpha)\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\underline{\gamma} z}.
  2. Analyser la structure spatio-temporelle de la composante élémentaire associée : propagation selon (Ox) et décroissance exponentielle selon (Oz).
  3. Relier ces composantes spectrales aux détails sub-longueur d'onde du champ et à la limite de résolution en optique (limite de diffraction).
Voir la réponse courte

L'onde présente une décroissance exponentielle en z sans propagation d'énergie dans cette direction : il s'agit d'une onde évanescente.

Voir le corrigé complet

Lorsque |\alpha| > \omega/c, la grandeur \underline{\gamma} est imaginaire pure. Avec le choix \underline{\gamma} = \mathrm{i}\delta où \delta = \sqrt{\alpha^2 - \omega^2/c^2} > 0, imposé par la condition de champ borné lorsque z \to +\infty, l'amplitude complexe spectrale s'écrit :

\underline{\widetilde{E}}(\alpha, z) = \underline{A}(\alpha)\,\mathrm{e}^{-\delta z}.

L'onde élémentaire associée à la pulsation spatiale \alpha dans le développement harmonique a pour expression :

\underline{E}_\alpha(x,z,t) = \underline{A}(\alpha)\,\mathrm{e}^{-\delta z}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\alpha x - \omega t)}.

Cette onde présente deux caractéristiques physiques majeures :

  • Propagation le long de l'axe (Ox) : le terme \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\alpha x - \omega t)} décrit une onde plane progressive se propageant dans le plan transverse selon l'axe (Ox), avec une vitesse de phase v_\varphi = \frac{\omega}{\alpha} < c.
  • Atténuation exponentielle le long de l'axe (Oz) : le terme \mathrm{e}^{-\delta z} correspond à une extinction exponentielle dans la direction de propagation macroscopique. Il s'agit d'une onde évanescente, confinée au voisinage immédiat du plan z = 0, sur une profondeur caractéristique de pénétration :

    \boxed{\delta_{\mathrm{p}} = \frac{1}{\delta} = \frac{1}{\sqrt{\alpha^2 - \omega^2/c^2}}.}

Une onde évanescente ne transporte aucune puissance active moyenne selon l'axe (Oz) (le vecteur de Poynting moyen selon \vec{e}_z est nul).

Résultat

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : transformée de fourier, décomposition en ondes planes

Dans le cas où est réel, montrer que :

Voir l'indice

Évaluer la formule générale (10) en z=0 et appliquer directement la formule de transformée de Fourier inverse rappelée dans la définition (3) de l'énoncé.

Voir la stratégie
  1. Utiliser la forme admise par l'énoncé pour la transformée spatiale du champ, \underline{\widetilde{E}}(\alpha, z) = \underline{A}(\alpha)\exp(\mathrm{i}\underline{\gamma}z), évaluée dans le plan z = 0.
  2. Appliquer la définition de la transformée de Fourier spatiale donnée par la formule (3) de l'énoncé à la fonction F(x, z) = \underline{E}(x, z) au plan z = 0.
Voir la réponse courte

Évaluation de l'intégrale en z=0 et application directe de la formule d'inversion de la transformée de Fourier spatiale.

Voir le corrigé complet

D'après le préambule précédant la question 3, le spectre angulaire du champ s'écrit :

\underline{\widetilde{E}}(\alpha, z) = \underline{A}(\alpha) \exp(\mathrm{i}\underline{\gamma}z)

Dans le plan z = 0, cette relation donne immédiatement :

\underline{\widetilde{E}}(\alpha, z = 0) = \underline{A}(\alpha)

Par ailleurs, la définition (3) de l'énoncé permet de décomposer toute fonction spatiale F(x, z) via sa transformée de Fourier spatiale selon :

\widetilde{F}(\alpha, z) = \int_{-\infty}^{+\infty} F(x, z) \exp(-\mathrm{i}\alpha x) \, \mathrm{d}x

En appliquant cette définition à la composante spatiale du champ électrique F(x, z) = \underline{E}(x, z) prise en z = 0, on obtient :

\underline{\widetilde{E}}(\alpha, z = 0) = \int_{-\infty}^{+\infty} \underline{E}(x, z = 0) \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\alpha x} \, \mathrm{d}x

En identifiant les deux expressions de \underline{\widetilde{E}}(\alpha, z = 0), on en déduit :

\boxed{\underline{A}(\alpha) = \int_{-\infty}^{+\infty} \underline{E}(x, z = 0) \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\alpha x} \, \mathrm{d}x}

Résultat

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Partie II : Étude de la limitation transversale d'un faisceau lumineux

Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : approximation de l'optique géométrique, diffraction

Rappeler quel critère quantitatif permet de se placer dans le cadre de l'approximation de l'optique géométrique. En raisonnant sur des grandeurs caractéristiques, cette approximation est-elle applicable dans la situation physique énoncée ci-dessus ? Quel phénomène physique pourrait être mis en évidence par le dispositif schématisé sur la Figure 1 ?

Voir l'indice

Rappeler le critère de validité de l'optique géométrique comparant la dimension caractéristique des diaphragmes à la longueur d'onde incidente (\lambda \ll W_0). Conclure sur la prépondérance du phénomène de diffraction.

Voir la réponse courte

Validité de l'optique géométrique si les ouvertures vérifient W_0 \gg \lambda ; ici W_0 \sim \lambda, le phénomène mis en jeu est la diffraction.

Voir le corrigé complet
  1. Critère quantitatif de l'optique géométrique :
    L'approximation de l'optique géométrique (propagation rectiligne de la lumière sous forme de rayons indépendants) est valable lorsque les dimensions caractéristiques D des obstacles, diaphragmes ou ouvertures rencontrés par l'onde sont très grandes devant la longueur d'onde \lambda :

    \boxed{D \gg \lambda}
  2. Applicabilité dans la situation considérée :
    Ici, la longueur d'onde dans le vide vaut \lambda = 600\text{ nm} = 0{,}6\,\mu\text{m} et la largeur de l'ouverture est W_0 \sim \text{quelques micromètres} (par exemple W_0 \approx 5\text{ à }10\,\mu\text{m}).

    Le rapport des longueurs caractéristiques vaut :

    \frac{W_0}{\lambda} \sim 5 \text{ à } 15

    Cette valeur n'étant pas très grande devant l'unité, la condition W_0 \gg \lambda n'est pas satisfaite. L'approximation de l'optique géométrique n'est donc pas applicable.

  3. Phénomène physique mis en évidence :
    La limitation transversale de l'onde plane par l'ouverture donne naissance au phénomène de diffraction (ici diffraction de Fraunhofer à l'infini ou dans le plan focal d'une lentille convergente).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas conditions de Gauss et optique géométrique, ni phénomènes d'interférence et de diffraction.

« de fréquentes confusions entre l’approximation de Gauss et de l’optique géométrique ont été observées ainsi qu’entre le phénomène d’interférence et celui de diffraction. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé

Notions : diffraction par une fente, transformée de fourier

Déterminer l'expression de en fonction de , et . Représenter graphiquement en fonction de .

Voir l'indice

Intégrer le champ constant E_0 sur le support spatial [-W_0/2, +W_0/2] de l'ouverture et faire apparaître la fonction sinus cardinal \mathrm{sinc}(\alpha W_0/2). Tracer la courbe symétrique correspondante.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ électrique \underline{E}(x, z=0) dans le plan de l'écran en tenant compte de l'ouverture de largeur W_0.
  2. Utiliser la formule (11) établie à la question 5 pour calculer l'intégrale de Fourier définissant \underline{A}(\alpha).
  3. Analyser les caractéristiques remarquables de la fonction obtenue (parité, valeur au sommet, zéros, extrema secondaires) pour en tracer l'allure soignée.
Voir la réponse courte

Calcul de l'intégrale d'un profil porte de largeur W_0, conduisant à la fonction sinus cardinal \underline{A}(\alpha) = E_0 W_0 \operatorname{sinc}(\alpha W_0 / 2).

Voir le corrigé complet

L'écran opaque percé de l'ouverture (\mathcal{O}) est éclairé sous incidence normale par une onde plane d'amplitude E_0. Dans le plan z=0, le champ transmis est modélisé par :

\underline{E}(x, z=0) = \begin{cases} E_0 & \text{si } |x| \leqslant \dfrac{W_0}{2}, \\[6pt] 0 & \text{si } |x| > \dfrac{W_0}{2}. \end{cases}

D'après le résultat de la question 5 (formule (11)), l'amplitude spectrale \underline{A}(\alpha) s'obtient par transformée de Fourier spatiale :

\begin{aligned} \underline{A}(\alpha) &= \int_{-\infty}^{+\infty} \underline{E}(x, z=0) \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\alpha x}\,\mathrm{d}x \\ &= \int_{-W_0/2}^{W_0/2} E_0 \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\alpha x}\,\mathrm{d}x. \end{aligned}

Pour \alpha \neq 0 :

\begin{aligned} \underline{A}(\alpha) &= E_0 \left[ \frac{\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\alpha x}}{-\mathrm{i}\alpha} \right]_{-W_0/2}^{W_0/2} \\ &= E_0 \, \frac{\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\alpha W_0 / 2} - \mathrm{e}^{\mathrm{i}\alpha W_0 / 2}}{-\mathrm{i}\alpha} \\ &= 2 E_0 \, \frac{\sin\left(\dfrac{\alpha W_0}{2}\right)}{\alpha} \\ &= E_0 W_0 \, \frac{\sin\left(\dfrac{\alpha W_0}{2}\right)}{\dfrac{\alpha W_0}{2}}. \end{aligned}

Pour \alpha = 0, la limite redonne \underline{A}(0) = E_0 W_0. En introduisant la fonction sinus cardinal normalisée par \operatorname{sinc}(u) = \dfrac{\sin u}{u}, on obtient :

\boxed{\underline{A}(\alpha) = E_0 W_0 \, \operatorname{sinc}\left(\frac{\alpha W_0}{2}\right)}

La grandeur \underline{A}(\alpha) est réelle. Ses caractéristiques principales sont :

  • Une parité paire : \underline{A}(-\alpha) = \underline{A}(\alpha) ;
  • Un maximum global en \alpha = 0 : \underline{A}(0) = E_0 W_0 ;
  • Des annulations pour \dfrac{\alpha W_0}{2} = m\pi, c'est-à-dire :

    \alpha_m = m \, \frac{2\pi}{W_0}, \quad m \in \mathbb{Z}^*.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Maîtrisez la formule d'Euler du sinus et soignez le tracé de sin(x)/x, dont la limite en zéro vaut 1 et non 0.

« de nombreuses erreurs sur cette question, notamment du fait d’expressions incorrectes de la fonction sin en fonction des exponentielles complexes. »

« Le tracé de la courbe a été peu soigné. La limite en 0 de sin(x)/x n’est pas 0. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : diffraction par une fente, divergence angulaire

À partir de l'expression du vecteur d'onde d'une onde élémentaire dans le repère et de la représentation graphique de , identifier les directions dans lesquelles on observe un extremum de et des annulations de . On pourra introduire l'angle défini par . Établir la relation entre , et pour la première annulation. Par souci de simplicité, on supposera par la suite que est suffisamment petit pour avoir .

Voir l'indice

Poser \sin\theta = \alpha/k = \alpha c/\omega. Repérer les extrema et les annulations du sinus cardinal pour établir la relation d'annulation \sin\theta = \lambda/W_0, simplifiable par l'approximation des petits angles.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les composantes du vecteur d'onde \vec{k} en fonction de sa norme k = 2\pi/\lambda et de l'angle \theta formé avec l'axe (\mathrm{O}z), en cohérence avec la relation \tan\theta = \alpha/\gamma.
  2. Relier les extrema et les zéros de \underline{A}(\alpha) aux valeurs correspondantes de \alpha, puis en déduire les angles \theta associés.
  3. Exprimer la condition pour la première annulation (m = 1) et donner sa forme approchée aux petits angles.
Voir la réponse courte

Première annulation pour \alpha W_0/2 = \pi, ce qui fournit immédiatement la relation classique \sin\theta \approx \alpha/k = \lambda/W_0.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q3, chaque onde plane composant le faisceau possède un vecteur d'onde :

\vec{k} = \alpha\,\vec{e}_x + \gamma\,\vec{e}_z

avec \|\vec{k}\| = k = \sqrt{\alpha^2 + \gamma^2} = \frac{\omega}{c} = \frac{2\pi}{\lambda}. En repérant la direction de propagation par l'angle \theta formé par \vec{k} avec l'axe (\mathrm{O}z) dans le plan (x\mathrm{O}z), on a :

\alpha = k\sin\theta \quad \text{et} \quad \gamma = k\cos\theta \implies \tan\theta = \frac{\alpha}{\gamma}

D'après la question Q7, le spectre angulaire s'écrit \underline{A}(\alpha) = E_0 W_0 \operatorname{sinc}\left(\frac{\alpha W_0}{2}\right). On identifie ainsi les directions remarquables :

  • Extremum principal (maximum global) : Il est atteint pour \alpha = 0, ce qui correspond à :

    \theta = 0

    L'onde plane dominante se propage selon la direction de l'onde incidente, parallèlement à l'axe (\mathrm{O}z).

  • Annulations de \underline{A}(\alpha) : L'amplitude s'annule lorsque l'argument du sinus cardinal est un multiple non nul de \pi :

    \frac{\alpha W_0}{2} = m\pi \quad (m \in \mathbb{Z}^*) \implies \alpha_m = m\frac{2\pi}{W_0}

    En reliant \alpha à \sin\theta, on obtient les directions d'annulation :

    k\sin\theta_m = m\frac{2\pi}{W_0} \iff \sin\theta_m = m\frac{\lambda}{W_0} \quad (m \in \mathbb{Z}^*)

Pour la première annulation (m = 1), on obtient la relation :

\boxed{\sin\theta_1 = \frac{\lambda}{W_0}}

Dans le cadre de l'approximation des petits angles (\tan\theta \approx \sin\theta \approx \theta), l'angle du premier zéro s'écrit simplement :

\boxed{\theta_1 \approx \frac{\lambda}{W_0}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

N'oubliez pas le maximum en θ = 0 et explicitez toute utilisation d'un résultat de cours contredisant vos calculs antérieurs.

« Si un résultat connu du cours, en contradiction flagrante avec un calcul effectué dans la copie, est utilisé, il est indispensable de le préciser au correcteur. »

« Le maximum dans la direction θ = 0 a souvent été oublié. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : lentille convergente, plan focal image, diffraction de fraunhofer

En considérant des rayons lumineux parallèles à l'axe et des rayons parallèles entre eux, inclinés d'un angle quelconque par rapport à ce même axe, préciser comment une lentille mince convergente transforme une onde plane incidente dans son plan focal image. En déduire ce que l'on observe avec un capteur optique dans le plan focal image d'une lentille mince convergente de distance focale image , placée après l'ouverture .

Voir l'indice

Exploiter la propriété fondamentale de la lentille convergente qui convertit une onde plane incidente inclinée d'un angle \theta en une tache lumineuse focalisée au point d'abscisse focale x' = f'\tan\theta \approx f'\theta.

Voir la stratégie
  1. Décrire l'action géométrique de la lentille convergente sur une onde plane selon son angle d'incidence \theta (formation de foyers secondaires dans le plan focal image).
  2. Relier la coordonnée spatiale x' dans le plan focal image à l'angle \theta, puis à la variable spectrale \alpha.
  3. En déduire l'intensité mesurée par un capteur quadratique à partir du spectre angulaire \underline{A}(\alpha) déterminé à la question précédente.
Voir la réponse courte

Une onde plane inclinée focalise en un point du plan focal image ; le capteur enregistre la figure de diffraction de Fraunhofer à l'infini.

Voir le corrigé complet

1. Transformation d'une onde plane par une lentille convergente

D'après les lois de l'optique géométrique :

  • Une onde plane se propageant parallèlement à l'axe optique (\mathrm{O}z) (\theta = 0) correspond à un faisceau de rayons parallèles à l'axe. Après traversée de la lentille (\mathcal{L}), ces rayons convergent au foyer principal image F' de coordonnées (x'=0, y'=0) dans le plan focal image.
  • Une onde plane dont le vecteur d'onde est incliné d'un angle \theta par rapport à (\mathrm{O}z) dans le plan (x\mathrm{O}z) est constituée de rayons mutuellement parallèles inclinés de \theta. Après réfraction, ils émergent en convergeant en un foyer secondaire image dans le plan focal image, à l'abscisse :

    x' = f' \tan\theta \approx f' \theta

    dans l'approximation des petits angles (conditions de Gauss).

La lentille mince convergente réalise ainsi une transformation angle-position (ou direction-espace) : à chaque composante d'onde plane d'angle \theta correspond un unique point géométrique x' dans le plan focal image.

2. Observation dans le plan focal image

Le champ lumineux diffracté par l'ouverture (\mathcal{O}) s'écrit comme une superposition d'ondes planes d'amplitudes \underline{A}(\alpha), avec \alpha = k \sin\theta \approx k \theta = \frac{2\pi}{\lambda}\theta. Au point d'abscisse x' du plan focal image, l'amplitude complexe du champ électrique est donc directement proportionnelle à l'amplitude spectrale \underline{A}(\alpha) évaluée en :

\alpha = k \frac{x'}{f'} = \frac{2\pi x'}{\lambda f'}

Un capteur optique (œil, photodiode, barrette CCD) est sensible à l'éclairement moyen I(x'), proportionnel au carré du module du champ électrique :

I(x') \propto |\underline{A}(\alpha)|^2 = E_0^2 W_0^2 \, \operatorname{sinc}^2\left(\frac{\alpha W_0}{2}\right) = E_0^2 W_0^2 \, \operatorname{sinc}^2\left(\frac{\pi W_0 x'}{\lambda f'}\right)

Le capteur optique enregistre la figure de diffraction à l'infini (ou de Fraunhofer) de la fente rectangulaire :

  • une frange (ou tache) centrale brillante très intense, centrée en x' = 0 (F'),
  • bordée de franges d'intensité décroissante (maxima secondaires),
  • séparées par des extinctions régulières (zéros d'intensité) lorsque \frac{\pi W_0 x'}{\lambda f'} = m\pi, soit pour :
\boxed{x'_m = m \frac{\lambda f'}{W_0} \quad (m \in \mathbb{Z}^*)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Un schéma soigné était parfaitement recevable pour répondre à cette question.

« il était tout à fait admissible de répondre à cette question par un dessin. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 10

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : tache de diffraction, distance focale

Dans la configuration de la question précédente, déterminer la distance entre l'image correspondant au maximum global et l'image correspondant au premier zéro de , dans le plan focal image de la lentille . Commenter l'évolution de la tache lumineuse de largeur située au voisinage du point focal image de lorsqu'on fait varier la largeur de l'ouverture . Déterminer la valeur numérique de de la tache lumineuse pour et .

Voir l'indice

Calculer la distance focale au premier minimum par \Delta x = f'\theta_1 = \lambda f'/W_0, en déduire la largeur de la tache centrale 2\Delta x, puis mener l'application numérique avec un seul chiffre significatif.

Voir la stratégie
  1. Relier les positions des points caractéristiques dans le plan focal image aux angles de propagation correspondants établis aux questions Q8 et Q9.
  2. Exprimer \Delta x puis la largeur de la tache centrale 2\Delta x en fonction de \lambda, f' et W_0, et commenter la dépendance en W_0.
  3. Effectuer l'application numérique conformément à la consigne générale (un seul chiffre significatif).
Voir la réponse courte

Position du premier zéro \Delta x = f'\theta \approx f'\lambda/W_0 ; la largeur 2\Delta x est inversement proportionnelle à W_0, valant ici 24\;\mathrm{mm}.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q8 et Q9 :

  • Le maximum global de l'amplitude spectrale \underline{A}(\alpha) correspond à \alpha = 0, soit une onde plane se propageant selon l'axe (\mathrm{O}z) (\theta_0 = 0). Son image se forme au foyer image principal F' de la lentille (\mathcal{L}), en x_0 = 0.
  • Le premier zéro de \underline{A}(\alpha) est obtenu pour l'angle \theta_1 \approx \sin\theta_1 = \frac{\lambda}{W_0}. L'onde plane associée converge dans le plan focal image en l'abscisse :

    x_1 = f' \tan\theta_1 \approx f' \theta_1 = \frac{\lambda f'}{W_0}

La distance \Delta x entre le maximum global et le premier zéro s'écrit donc :

\boxed{\Delta x = \frac{\lambda f'}{W_0}}

La largeur de la tache centrale de diffraction observée dans le plan focal image est par symétrie :

\boxed{2\Delta x = \frac{2\lambda f'}{W_0}}

Commentaire sur l'évolution de la tache lumineuse :

  • La largeur 2\Delta x est inversement proportionnelle à la largeur W_0 de la fente.
  • Si l'ouverture se resserre (W_0 diminue), la tache lumineuse s'élargit dans le plan focal : le confinement spatial accru entraîne un étalement spectral plus grand.
  • À l'inverse, si W_0 \gg \lambda, la largeur 2\Delta x \to 0 : on retrouve la limite de l'optique géométrique où l'image tend vers un point géométrique en F'.

Application numérique : Avec \lambda = 600\text{ nm} = 6{,}0 \cdot 10^{-7}\text{ m}, f' = 200\text{ mm} = 0{,}20\text{ m} et W_0 = 10\;\mu\text{m} = 1{,}0 \cdot 10^{-5}\text{ m} :

\begin{aligned} 2\Delta x &= \frac{2 \times 6{,}0 \cdot 10^{-7} \times 0{,}20}{1{,}0 \cdot 10^{-5}} = 2{,}4 \cdot 10^{-2}\text{ m} = 24\text{ mm} \end{aligned}

En respectant la consigne de ne donner qu'un chiffre significatif :

\boxed{2\Delta x \approx 2 \cdot 10^{-2}\text{ m} = 2\text{ cm}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Assurez la cohérence de vos résultats avec les expressions obtenues aux questions précédentes.

« il est assez régulièrement arrivé que dans des copies où A(α = 0) = 0 à la question 7, on lise que la direction correspondant à θ = 0 soit un maximum. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Partie III : Source laser et faisceau gaussien

Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : faisceau gaussien, transformée de fourier

À partir des résultats généraux établis dans la partie I, concernant la propagation d'un paquet d'ondes planes progressives et harmoniques, établir l'expression intégrale de dans le demi-espace . En déduire l'expression de dans ce cas. On rappelle que les grandeurs et sont reliées à la norme du vecteur d'onde de la manière suivante : .

Voir l'indice

Substituer la forme gaussienne en z=0 dans l'intégrale de Fourier de la question 5 et identifier immédiatement le résultat grâce à la Propriété 2 fournie dans le formulaire.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ spatial \underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z) en exploitant la décomposition en ondes planes établie dans la partie I (équation (10)) avec les bornes étendues à \pm\infty.
  2. Utiliser la relation (11) liant l'amplitude spectrale \underline{A}(\alpha) au champ dans le plan source z = 0, puis appliquer la propriété (2) du formulaire relative à la transformée de Fourier d'une gaussienne.
Voir la réponse courte

Expression intégrale par superposition d'ondes planes et calcul de la transformée de Fourier d'un profil transverse gaussien.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la partie I (formule (10) et remarque finale autorisant le prolongement des bornes en -\infty et +\infty), le champ complexe \underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z,t) = \underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z)\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} s'écrit comme une superposition continue d'ondes planes progressives harmoniques se propageant dans le demi-espace z > 0 :

\underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z,t) = \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} \int_{-\infty}^{+\infty} \underline{A}(\alpha) \exp[\mathrm{i}(\alpha x + \gamma z)] \frac{\mathrm{d}\alpha}{2\pi}

où \gamma = \sqrt{k^2 - \alpha^2} avec k = \omega/c = 2\pi/\lambda.

En simplifiant par \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}, l'expression intégrale de la composante spatiale \underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z) s'écrit :

\boxed{\underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z) = \int_{-\infty}^{+\infty} \underline{A}(\alpha) \exp[\mathrm{i}(\alpha x + \gamma z)] \frac{\mathrm{d}\alpha}{2\pi}}

D'après la relation (11) établie à la question 5, l'amplitude spectrale \underline{A}(\alpha) s'obtient par projection sur le plan z = 0 :

\underline{A}(\alpha) = \int_{-\infty}^{+\infty} \underline{E}_{\mathrm{L}}(x, z = 0) \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\alpha x}\,\mathrm{d}x

En injectant le profil d'amplitude gaussien du champ en z = 0 donné par l'équation (16) :

\underline{E}_{\mathrm{L}}(x, z = 0) = E_0 \exp\left(-\frac{x^2}{W_0^2}\right)

on reconnaît la transformée de Fourier spatiale d'une fonction gaussienne. En appliquant la Propriété 2 du formulaire (équation (5)) avec F_0 = E_0, on obtient directement :

\boxed{\underline{A}(\alpha) = E_0 W_0 \sqrt{\pi}\exp\left(-\frac{W_0^2 \alpha^2}{4}\right)}

Résultat

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : faisceau gaussien, longueur de rayleigh, divergence angulaire

Déterminer l'expression approchée de dans les limites et et tracer la courbe représentant en fonction de . Définir et exprimer l'angle de divergence du faisceau laser. À partir de cette expression, justifier que l'évolution spatiale du faisceau laser met en évidence un phénomène physique déjà rencontré précédemment que l'on rappellera.

Voir l'indice

Effectuer les développements limités de W(z) pour z \ll z_{\mathrm{R}} et z \gg z_{\mathrm{R}}. Définir l'angle asymptotique de divergence \theta = \lim_{z\to\infty} W(z)/z et souligner la parenté directe avec la diffraction.

Voir la stratégie
  1. Effectuer les développements asymptotiques de la fonction W(z) = W_0 \sqrt{1 + z^2/z_{\mathrm{R}}^2} pour z \ll z_{\mathrm{R}} et z \gg z_{\mathrm{R}}.
  2. Tracer l'allure de la branche hyperbolique W(z) en faisant apparaître le col (waist) W(0)=W_0 et l'asymptote linéaire.
  3. Définir l'angle de divergence (demi-angle au sommet de l'enveloppe asymptotique) et relier son expression à la longueur d'onde \lambda et à la taille du col W_0 pour identifier le phénomène de diffraction.
Voir la réponse courte

Approximations W(z) \approx W_0 puis W(z) \approx W_0 z/z_{\mathrm{R}} = \theta z, mettant en évidence la divergence par diffraction d'angle \theta = \lambda/(\pi W_0).

Voir le corrigé complet

1. Expressions approchées de W(z) :

D'après l'expression (18) de l'énoncé, le rayon du faisceau est donné par :

W(z) = W_0 \sqrt{1 + \frac{z^2}{z_{\mathrm{R}}^2}}
  • Pour z \ll z_{\mathrm{R}} (zone de Rayleigh ou de champ proche) :

    W(z) = W_0 \left(1 + \frac{1}{2}\frac{z^2}{z_{\mathrm{R}}^2} + o\left(\frac{z^2}{z_{\mathrm{R}}^2}\right)\right) \approx W_0

    Le rayon du faisceau reste quasiment constant, égal à W_0 (waist ou col du faisceau).

  • Pour z \gg z_{\mathrm{R}} (champ lointain) :

    W(z) = W_0 \frac{z}{z_{\mathrm{R}}} \sqrt{1 + \frac{z_{\mathrm{R}}^2}{z^2}} \approx \frac{W_0}{z_{\mathrm{R}}} z

    Le rayon croît linéairement avec la distance de propagation z.

\boxed{ \begin{cases} W(z) \approx W_0 & \text{pour } z \ll z_{\mathrm{R}} \\ W(z) \approx \dfrac{W_0}{z_{\mathrm{R}}} z & \text{pour } z \gg z_{\mathrm{R}} \end{cases} }

2. Tracé de la courbe W(z) :

La courbe W(z) est une branche d'hyperbole d'asymptote la droite d'équation W = \frac{W_0}{z_{\mathrm{R}}} z lorsque z \to +\infty. En z = z_{\mathrm{R}}, on note que W(z_{\mathrm{R}}) = W_0 \sqrt{2}.

3. Angle de divergence du faisceau :

Le demi-angle de divergence \theta du faisceau laser correspond au demi-angle au sommet du cône asymptotique formé par le faisceau en champ lointain (z \gg z_{\mathrm{R}}). Dans l'approximation paraxiale (\theta \ll 1) :

\tan\theta = \lim_{z \to +\infty} \frac{W(z)}{z} = \frac{W_0}{z_{\mathrm{R}}} \implies \theta \approx \frac{W_0}{z_{\mathrm{R}}}

En remplaçant la distance de Rayleigh par son expression z_{\mathrm{R}} = \frac{\pi W_0^2}{\lambda} :

\boxed{\theta = \frac{\lambda}{\pi W_0}}

(L'angle de divergence totale est alors 2\theta = \frac{2\lambda}{\pi W_0}).

4. Phénomène physique mis en évidence :

L'angle de divergence \theta est inversement proportionnel à la largeur initiale du faisceau W_0 et proportionnel à la longueur d'onde \lambda. Cette relation \theta \sim \frac{\lambda}{W_0} est la signature caractéristique du phénomène de diffraction, déjà rencontré lors de l'étude de l'ouverture de largeur W_0 (questions 6 à 8 où le premier zéro apparaissait en \theta_1 \approx \lambda/W_0).

Même en l'absence de diaphragme matériel abrupt, la limitation spatiale transverse intrinsèque du faisceau à l'émission impose un étalement angulaire par diffraction.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soignez le tracé des asymptotes et n'omettez pas d'exprimer l'angle de divergence du faisceau.

« les deux expressions asymptotiques n’étaient pas toujours correctes et les courbes obtenues parfois très tourmentées. Peu de candidat.e.s ont pris la peine d’exprimer l’angle de divergence du faisceau. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé

Notions : faisceau gaussien, intensité lumineuse

Donner à une constante multiplicative près l'expression de l'intensité et en déduire que le faisceau a toujours un profil gaussien dans un plan . Tracer la répartition spatiale d'intensité en et .

Voir l'indice

Exprimer I_{\mathrm{L}}(x,z) \propto |\underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z)|^2 pour éliminer les phases oscillantes, mettre en évidence une distribution gaussienne d'écart-type proportionnel à W(z), et tracer les profils comparés.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'intensité lumineuse I_{\mathrm{L}}(x,z), proportionnelle à |\underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z)|^2, en calculant séparément le module de chaque terme intervenant dans l'expression (17).
  2. Identifier la dépendance en x à z fixé pour caractériser la nature du profil transversal.
  3. Comparer l'intensité maximale et la largeur du profil pour z = 0 et z = z_{\mathrm{R}}, puis tracer les deux répartitions d'intensité.
Voir la réponse courte

L'intensité I_{\mathrm{L}}(x,z) \propto \exp(-2x^2/W^2(z))/W(z) conserve une forme gaussienne dont la largeur augmente et l'amplitude diminue au fur et à mesure de la propagation.

Voir le corrigé complet

L'intensité lumineuse moyenne est proportionnelle au module au carré de l'amplitude complexe du champ électrique :

I_{\mathrm{L}}(x,z) \propto |\underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z)|^2

D'après l'expression (17) de \underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z) :

\begin{aligned} |\underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z)|^2 &= |\underline{K}(z)|^2 \times \left| \exp\left( - \frac{x^2}{W(z)^2} \right) \right|^2 \times \left| \exp\left( \mathrm{i}k \frac{x^2}{2R(z)} \right) \right|^2 \\ &= |\underline{K}(z)|^2 \exp\left( - \frac{2x^2}{W(z)^2} \right) \end{aligned}

puisque k, x et R(z) sont réels, ce qui confère au facteur de courbure un module unité : \left|\exp\left(\mathrm{i}k\frac{x^2}{2R(z)}\right)\right| = 1.

Calculons le module au carré de \underline{K}(z) à partir de l'expression (18) :

|\underline{K}(z)|^2 = 4\pi E_0^2 \times \frac{1}{2\pi \left| 1 + \mathrm{i}\frac{z}{z_{\mathrm{R}}} \right|} = \frac{2E_0^2}{\sqrt{1 + \dfrac{z^2}{z_{\mathrm{R}}^2}}} = 2E_0^2 \frac{W_0}{W(z)}

En introduisant l'intensité maximale au centre du col I_0 = I_{\mathrm{L}}(0,0), l'intensité s'écrit donc :

\boxed{I_{\mathrm{L}}(x,z) = I_0 \frac{W_0}{W(z)} \exp\left( - \frac{2x^2}{W(z)^2} \right) = \frac{I_0}{\sqrt{1 + \dfrac{z^2}{z_{\mathrm{R}}^2}}} \exp\left( - \frac{2x^2}{W(z)^2} \right)}

Dans un plan transverse de cote z = \text{Cste}, W(z) et la valeur sur l'axe I_{\mathrm{L}}(0,z) sont constants. L'intensité en fonction de x est donc de la forme :

I_{\mathrm{L}}(x, z) = I_{\mathrm{L}}(0,z) \exp\left(-\frac{x^2}{2\sigma_x^2}\right) \quad \text{avec} \quad \sigma_x = \frac{W(z)}{2}

Il s'agit de l'équation caractéristique d'une loi gaussienne : le faisceau conserve ainsi un profil gaussien dans tout plan de section transverse z = \mathrm{Cste}.

Étudions les deux profils demandés :

  • En z = 0 : W(0) = W_0, donc :

    I_{\mathrm{L}}(x, 0) = I_0 \exp\left( - \frac{2x^2}{W_0^2} \right)

    L'intensité sur l'axe vaut I_{\mathrm{L}}(0,0) = I_0.

  • En z = z_{\mathrm{R}} : W(z_{\mathrm{R}}) = W_0\sqrt{1 + 1} = W_0\sqrt{2}, donc :

    I_{\mathrm{L}}(x, z_{\mathrm{R}}) = \frac{I_0}{\sqrt{2}} \exp\left( - \frac{x^2}{W_0^2} \right)

    L'intensité sur l'axe est abaissée à \dfrac{I_0}{\sqrt{2}} \approx 0{,}71\, I_0, et la largeur de la nappe est élargie d'un facteur \sqrt{2}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Les tracés doivent être suffisamment précis pour rendre compte de la différence de largeur de la gaussienne.

« le tracé des courbes a souvent été trop approximatif pour qu’il soit possible de juger la différence de largeur de la gaussienne entre les deux cas considérés. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : onde sphérique, surface d'onde, longueur de rayleigh

Dans le cas où vérifie conjointement les conditions et , montrer que le terme s'identifie au terme de phase caractéristique d'une onde sphérique, dans le plan (en toute rigueur et au regard de l'invariance suivant de la nappe laser, il s'agit d'une onde cylindrique). Quel est le rayon de courbure des surfaces d'onde pour ? Que dire de la surface d'onde pour ? Évaluer numériquement pour et pour .

Voir l'indice

Développer au deuxième ordre la distance radiale \sqrt{z^2+x^2} \approx z + x^2/(2z) pour x \ll z, et identifier la phase géométrique à celle d'une nappe cylindrique divergeant depuis le col du faisceau.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le comportement asymptotique de la fonction R(z) lorsque z \gg z_{\mathrm{R}}, puis développer au second ordre la distance radiale r = \sqrt{x^2+z^2} sous l'hypothèse paraxiale |x| \ll z afin de comparer la phase du faisceau à celle d'une onde sphérique ou cylindrique.
  2. Déduire le rayon de courbure des fronts d'onde pour z \gg z_{\mathrm{R}} et examiner le cas limite z \ll z_{\mathrm{R}} pour qualifier la géométrie des surfaces d'onde au voisinage du col.
  3. Réaliser l'application numérique de la distance de Rayleigh z_{\mathrm{R}} = \frac{\pi W_0^2}{\lambda} avec un chiffre significatif conformément aux consignes générales.
Voir la réponse courte

Développement parabolique de la phase d'une onde sphérique kz + kx^2/(2z) pour z \gg x, courbure R(z) \approx z à l'infini et plane au col.

Voir le corrigé complet

1. Identification du terme de phase pour z \gg z_{\mathrm{R}} et z \gg |x|

Lorsque z \gg z_{\mathrm{R}}, l'expression de R(z) donnée en (18) devient :

R(z) = z\left(1 + \frac{z_{\mathrm{R}}^2}{z^2}\right) \approx z

Le facteur de phase du faisceau gaussien s'écrit alors :

\exp(\mathrm{i}kz)\exp\left(\mathrm{i}k\frac{x^2}{2R(z)}\right) \approx \exp\left[\mathrm{i}k\left(z + \frac{x^2}{2z}\right)\right]

Par ailleurs, dans le plan y=0, une onde sphérique (ou cylindrique d'axe (\mathrm{O}y)) émise depuis l'origine \mathrm{O}(0,0,0) possède un terme de propagation de la forme \exp(\mathrm{i}kr) où la distance à la source est r = \sqrt{x^2+z^2}. Dans l'approximation paraxiale z \gg |x|, le développement limité au premier ordre non nul en x^2/z^2 donne :

r = z\sqrt{1 + \frac{x^2}{z^2}} = z\left(1 + \frac{x^2}{2z^2} + \mathcal{o}\left(\frac{x^2}{z^2}\right)\right) \approx z + \frac{x^2}{2z}

On constate ainsi l'égalité :

\exp(\mathrm{i}kr) \approx \exp\left[\mathrm{i}k\left(z + \frac{x^2}{2z}\right)\right]

Le terme de phase du faisceau s'identifie donc bien à celui d'une onde divergente issue du centre du col du faisceau laser.

2. Rayon de courbure des surfaces d'onde

  • Pour z \gg z_{\mathrm{R}}, le rayon de courbure des surfaces d'onde est :

    \boxed{\mathcal{R}(z) \approx z}

    Les surfaces d'onde sont des portions de cylindres d'axe (\mathrm{O}y) (ou de sphères) centrées à l'origine et de rayon de courbure \mathcal{R} \approx z.

  • Pour z \ll z_{\mathrm{R}}, on a :

    R(z) \approx \frac{z_{\mathrm{R}}^2}{z} \xrightarrow[z \to 0]{} +\infty

    Le terme quadratique \exp\left(\mathrm{i}k\frac{x^2}{2R(z)}\right) tend vers 1. Le rayon de courbure est infini, ce qui signifie que la surface d'onde est un plan au col (z = 0) : l'onde s'y comporte localement comme une onde plane.

3. Évaluation numérique de z_{\mathrm{R}}

La distance de Rayleigh est donnée par z_{\mathrm{R}} = \frac{\pi W_0^2}{\lambda}. Avec \lambda = 600\text{ nm} = 6{,}0 \times 10^{-7}\text{ m} et \pi \approx 3 :

  • Pour W_0 = 100\;\mu\mathrm{m} = 1{,}0 \times 10^{-4}\text{ m} :

    z_{\mathrm{R}} = \frac{\pi \times (1{,}0 \times 10^{-4})^2}{6{,}0 \times 10^{-7}} \approx \frac{3 \times 10^{-8}}{6 \times 10^{-7}} = 0{,}05\text{ m}
    \boxed{z_{\mathrm{R}} \approx 5 \times 10^{-2}\text{ m} = 5\text{ cm}}
  • Pour W_0 = 1\text{ mm} = 1{,}0 \times 10^{-3}\text{ m} (W_0 est 10 fois plus grand, donc z_{\mathrm{R}} \propto W_0^2 est multiplié par 100) :

    \boxed{z_{\mathrm{R}} \approx 5\text{ m}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne négligez pas les applications numériques et veillez à expliciter rigoureusement les liens logiques menant à la conclusion.

« cette question a été peu abordée et beaucoup de candidat.e.s sont directement passé à la question 15 sans prendre la peine d’effectuer les applications numériques. »

« Certain.e.s candidat.e.s, après quelques lignes de calcul, sautent directement aux conclusions demandées par l’énoncé sans que les liens logiques soient réellement établis »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Partie IV : Moment dipolaire d'un atome et d'une assemblée d'atomes

IV.A · Modèle d'atome : l'électron élastiquement lié

Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : modèle de thomson, théorème de gauss, électron élastiquement lié

Montrer que la force électrique exercée sur l'électron peut s'écrire comme une force élastique linéaire, c'est-à-dire , avec la constante de raideur associée. Introduire dans l'expression de une pulsation caractéristique dont on précisera l'expression en fonction des paramètres du modèle et dont on calculera un ordre de grandeur.

Voir l'indice

Appliquer le théorème de Gauss à une surface sphérique de rayon r_{\mathrm{e}} \leqslant R_0 concentrique à la distribution homogène de charge +e pour trouver le champ intérieur, puis en déduire la raideur k_{\mathrm{el}} et la pulsation propre \omega_0.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le champ électrostatique créé à l'intérieur de la sphère chargée par le théorème de Gauss en exploitant les symétries sphériques.
  2. En déduire la force électrostatique subie par l'électron ponctuel et identifier la constante de raideur k_{\mathrm{el}}.
  3. Relier k_{\mathrm{el}} à la pulsation propre \omega_0 de l'oscillateur harmonique et évaluer numériquement \omega_0 avec un chiffre significatif.
Voir la réponse courte

Théorème de Gauss sur une sphère de rayon r pour établir la force de rappel élastique de constante k_{\mathrm{el}}, puis \omega_0 = \sqrt{k_{\mathrm{el}}/m_{\mathrm{e}}} \sim 10^{16}\;\mathrm{rad}\cdot\mathrm{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

La sphère de rayon R_0 porte la charge totale +e uniformément répartie en volume, soit une densité volumique de charge :

\rho = \frac{e}{\frac{4}{3}\pi R_0^3}.

La distribution présente une symétrie sphérique par rapport au centre \mathrm{O}. Le champ électrostatique \vec{E}_{\mathrm{sph}}(\vec{r}) est donc purement radial et ne dépend que de la distance r = \|\vec{r}\| : \vec{E}_{\mathrm{sph}}(\vec{r}) = E(r)\vec{e}_r.

Appliquons le théorème de Gauss à travers une sphère \Sigma centrée en \mathrm{O} et de rayon r \leqslant R_0 :

\iint_{\Sigma} \vec{E}_{\mathrm{sph}} \cdot \mathrm{d}\vec{S} = E(r) \times 4\pi r^2 = \frac{Q_{\mathrm{int}}}{\varepsilon_0} = \frac{\rho \times \frac{4}{3}\pi r^3}{\varepsilon_0} = \frac{e}{\varepsilon_0}\frac{r^3}{R_0^3}.

Le champ électrostatique à l'intérieur de la sphère s'écrit donc :

\vec{E}_{\mathrm{sph}}(\vec{r}_{\mathrm{e}}) = \frac{e}{4\pi\varepsilon_0 R_0^3} \vec{r}_{\mathrm{e}}.

La force électrostatique subie par l'électron de charge -e placé en \vec{r}_{\mathrm{e}} est alors :

\vec{F}_{\mathrm{el}} = -e \vec{E}_{\mathrm{sph}}(\vec{r}_{\mathrm{e}}) = -\frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 R_0^3}\vec{r}_{\mathrm{e}}.

Cette force est bien proportionnelle et opposée au déplacement \vec{r}_{\mathrm{e}} : c'est une force de rappel élastique linéaire de la forme \vec{F}_{\mathrm{el}} = -k_{\mathrm{el}}\vec{r}_{\mathrm{e}}, avec :

\boxed{k_{\mathrm{el}} = \frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 R_0^3}}

L'équation du mouvement de l'électron libre de toute autre sollicitation s'écrit m_{\mathrm{e}}\ddot{\vec{r}}_{\mathrm{e}} + k_{\mathrm{el}}\vec{r}_{\mathrm{e}} = \vec{0}, soit \ddot{\vec{r}}_{\mathrm{e}} + \omega_0^2\vec{r}_{\mathrm{e}} = \vec{0}, où la pulsation caractéristique associée vérifie k_{\mathrm{el}} = m_{\mathrm{e}}\omega_0^2 :

\boxed{\omega_0 = \sqrt{\frac{k_{\mathrm{el}}}{m_{\mathrm{e}}}} = \sqrt{\frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 m_{\mathrm{e}} R_0^3}}}

Application numérique :
Avec 2R_0 = 0{,}1\text{ nm}, soit R_0 = 5\times 10^{-11}\text{ m}, et \dfrac{1}{4\pi\varepsilon_0} \approx \dfrac{1}{4\pi \times 8{,}9\times 10^{-12}} \approx 9\times 10^9\text{ F}^{-1}\cdot\text{m} :

\begin{aligned} k_{\mathrm{el}} &\approx 9\times 10^{9} \times \frac{(1{,}6\times 10^{-19})^2}{(5\times 10^{-11})^3} = 9\times 10^{9} \times \frac{2{,}6\times 10^{-38}}{1{,}25\times 10^{-31}} \approx 2\times 10^3\text{ N}\cdot\text{m}^{-1}, \\ \omega_0 &\approx \sqrt{\frac{2\times 10^3}{9{,}1\times 10^{-31}}} \approx \sqrt{2\times 10^{33}} \approx 4\times 10^{16}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}. \end{aligned}
\boxed{\omega_0 \approx 4\times 10^{16}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à mener l'application numérique jusqu'au bout et gardez un regard critique sur les ordres de grandeur obtenus.

« une majorité des candidat.e.s n’a traité que la moitié de la question, négligeant l’application numérique. Trouver w0 ≈10−18 rad.s−1 doit amener à s’interroger. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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IV.B · Établissement du moment dipolaire de l'atome

Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : approximation dipolaire

Justifier que les amplitudes et peuvent être effectivement considérées comme uniformes à l'échelle de l'atome.

Voir l'indice

Comparer l'extension spatiale du modèle atomique 2R_0 \approx 0{,}1\text{ nm} à la longueur d'onde de la lumière visible (\lambda \approx 400-800\text{ nm}) pour valider l'approximation dipolaire électrostatique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variation spatiale de la phase de l'onde sur une distance caractéristique de l'atome.
  2. Comparer la dimension spatiale de l'atome (rayon R_0) à la longueur d'onde \lambda du rayonnement dans le domaine visible.
  3. En déduire la validité de l'approximation dipolaire (champ spatialement uniforme à l'échelle de l'atome).
Voir la réponse courte

La dimension atomique (a \sim 0{,}1\;\mathrm{nm}) est très petite devant la longueur d'onde optique (\lambda \sim 600\;\mathrm{nm}), ce qui justifie l'approximation dipolaire.

Voir le corrigé complet

L'onde électromagnétique incidente est modélisée par une onde plane monochromatique dont les amplitudes spatiales complexes s'écrivent :

\underline{\vec{E}}(\vec{r}) = \vec{E}_0 \mathrm{e}^{\mathrm{i}\vec{k}\cdot\vec{r}} \quad \text{et} \quad \underline{\vec{B}}(\vec{r}) = \vec{B}_0 \mathrm{e}^{\mathrm{i}\vec{k}\cdot\vec{r}}

avec \|\vec{k}\| = k = \dfrac{2\pi}{\lambda}.

En prenant l'origine au centre de l'atome, la position d'un point au sein de l'atome vérifie \|\vec{r}\| \leqslant R_0, où R_0 = 0{,}05\text{ nm} = 5\times 10^{-11}\text{ m}. La variation de phase de l'onde sur l'étendue atomique est alors majorée par :

\Delta \phi \sim k R_0 = \frac{2\pi R_0}{\lambda}

L'onde incidente appartenant au domaine visible, sa longueur d'onde dans le vide est de l'ordre de \lambda \sim 600\text{ nm} = 6\times 10^{-7}\text{ m}. On a donc :

\frac{R_0}{\lambda} \sim \frac{5\times 10^{-11}}{6\times 10^{-7}} \approx 10^{-4} \ll 1 \implies k R_0 \ll 1

Le terme de phase vérifie ainsi :

\mathrm{e}^{\mathrm{i}\vec{k}\cdot\vec{r}} = 1 + \mathcal{O}(k R_0) \approx 1

Par conséquent, sur toute l'étendue de l'atome :

\boxed{\underline{\vec{E}}(\vec{r}) \approx \vec{E}_0 \quad \text{et} \quad \underline{\vec{B}}(\vec{r}) \approx \vec{B}_0}

Les champs électrique et magnétique de l'onde peuvent donc être considérés comme uniformes à l'échelle de l'atome.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à ne comparer entre elles que des grandeurs de même dimension physique.

« Il faut comparer des quantités de même dimension, il a souvent été lu B ≪E. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : principe fondamental de la dynamique, rapport de masse

Donner un argument pour justifier que le mouvement du noyau peut être négligé devant celui de l'électron.

Voir l'indice

Mettre en avant le rapport de masse énorme entre le proton ou le noyau et l'électron (m_{\mathrm{noyau}}/m_{\mathrm{e}} \sim 10^3 - 10^5), conférant au noyau une inertie prépondérante.

Voir la réponse courte

La masse du noyau étant plus de mille fois supérieure à celle de l'électron, son inertie rend son déplacement négligeable sous l'effet du champ.

Voir le corrigé complet

Le noyau (ou la sphère de charge positive +e) et l'électron (de charge -e) sont soumis, sous l'action du champ électrique incident \vec{E}, à des forces électrostatiques opposées et de même amplitude :

\|\vec{F}_n\| = \|\vec{F}_{\mathrm{e}}\| = e \|\vec{E}\|.

D'après la deuxième loi de Newton, l'accélération subie par chaque entité est inversement proportionnelle à sa masse :

a_{\mathrm{e}} = \frac{e\|\vec{E}\|}{m_{\mathrm{e}}} \quad \text{et} \quad a_n = \frac{e\|\vec{E}\|}{M},

où M désigne la masse du noyau. Même pour le noyau le plus léger (l'atome d'hydrogène, constitué d'un unique proton de masse m_{\mathrm{p}}), on a :

\frac{M}{m_{\mathrm{e}}} \ge \frac{m_{\mathrm{p}}}{m_{\mathrm{e}}} \approx 1\,836 \gg 1.

En régime sinusoïdal forcé à pulsation \omega, l'amplitude du déplacement est reliée à celle de l'accélération par x \sim a/\omega^2. Le rapport des amplitudes d'oscillation vérifie donc :

\frac{x_n}{x_{\mathrm{e}}} \sim \frac{m_{\mathrm{e}}}{M} \le \frac{1}{1\,836} \ll 1.
\boxed{\text{Le noyau étant au moins 1\,800 fois plus massif que l'électron, son déplacement sous l'effet de l'onde est négligeable.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'écart de masse ne suffit pas : il faut également préciser que la norme de la force subie est identique pour les deux particules.

« Invoquer une grande différence d’ordre de grandeur des masses entre le noyau et l’électron n’est pas suffisant si l’on ne remarque pas que la norme de la force est identique pour les deux. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 18

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : force de lorentz, structure de l'onde plane

L'influence du champ magnétique de l'onde sur l'électron peut-elle être négligée ?

Voir l'indice

Calculer le rapport de la composante magnétique de la force de Lorentz sur sa composante électrique (vB/E \sim v/c) pour conclure quant à la négligeabilité du terme magnétique en régime non relativiste.

Voir la réponse courte

Dans une onde plane progressive, B = E/c, donc le rapport des forces magnétique et électrique vB/E \sim v/c \ll 1 en régime non relativiste.

Voir le corrigé complet

L'action du champ électromagnétique de l'onde incidente sur l'électron, animé d'une vitesse \vec{v} = \dot{\vec{r}}_{\mathrm{e}}, s'exprime par la composante de Lorentz associée aux champs de l'onde :

\vec{F}_{\mathrm{onde}} = -e \left( \vec{E} + \vec{v} \wedge \vec{B} \right) = \vec{F}_E + \vec{F}_B

où la partie électrique est \vec{F}_E = -e \vec{E} et la partie magnétique est \vec{F}_B = -e (\vec{v} \wedge \vec{B}).

Comparons les ordres de grandeur de ces deux contributions :

\frac{\|\vec{F}_B\|}{\|\vec{F}_E\|} \leqslant \frac{e\, v B}{e\, E} = v\, \frac{B}{E}

Pour une onde plane progressive monochromatique se propageant dans le vide, les amplitudes des champs électrique et magnétique sont reliées par la structure de l'onde :

B = \frac{E}{c}

Le rapport des forces s'écrit alors :

\frac{\|\vec{F}_B\|}{\|\vec{F}_E\|} \sim \frac{v}{c}

L'énoncé précise explicitement que l'électron ne peut pas atteindre des vitesses nécessitant de prendre en compte des effets relativistes, ce qui garantit le caractère non relativiste du mouvement :

v \ll c \implies \frac{\|\vec{F}_B\|}{\|\vec{F}_E\|} \ll 1
\boxed{\text{L'influence du champ magnétique de l'onde sur l'électron est donc tout à fait négligeable devant celle du champ électrique.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Comparez des quantités de même dimension plutôt que de poser directement une comparaison entre B et E.

« Il faut comparer des quantités de même dimension, il a souvent été lu B ≪E. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 19

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation

Notions : oscillateur harmonique, principe fondamental de la dynamique

Établir l'équation différentielle à laquelle obéit le vecteur position de l'électron.

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la dynamique à l'électron en projetant la force élastique linéaire, la force de frottement visqueux de rayonnement et la force électrique de l'onde.

Voir la réponse courte

Application du PFD à l'électron soumis à la force élastique, au frottement phénoménologique et à la force électrique de l'onde.

Voir le corrigé complet

On applique le principe fondamental de la dynamique à l'électron, assimilé à un point matériel de masse m_{\mathrm{e}} et de charge -e, repéré par son vecteur position \vec{r}_{\mathrm{e}}(t) par rapport au centre O de la sphère chargée, dans le référentiel galiléen \mathcal{R}.

Le noyau atomique étant considéré fixe en O (d'après la question Q17), l'électron est soumis à trois forces :

  • la force de rappel élastique exercée par le nuage positif (d'après la question Q15) :

    \vec{F}_{\mathrm{el}} = -k_{\mathrm{el}}\vec{r}_{\mathrm{e}} = -m_{\mathrm{e}}\omega_0^2 \vec{r}_{\mathrm{e}}
  • la force d'amortissement visqueux modélisant les pertes par rayonnement dipolaire :

    \vec{F}_{\mathrm{v}} = -m_{\mathrm{e}}\Gamma \dot{\vec{r}}_{\mathrm{e}}
  • la force de Lorentz due à l'onde incidente, pour laquelle l'action du champ magnétique est négligée (d'après la question Q18) et le champ électrique est pris uniforme à l'échelle de l'atome (approximation dipolaire, d'après la question Q16) :

    \vec{F}_{\mathrm{em}} = -e\left(\vec{E} + \dot{\vec{r}}_{\mathrm{e}}\wedge\vec{B}\right) \approx -e\vec{E}(t)

Le principe fondamental de la dynamique s'écrit donc :

m_{\mathrm{e}}\ddot{\vec{r}}_{\mathrm{e}} = -m_{\mathrm{e}}\omega_0^2\vec{r}_{\mathrm{e}} - m_{\mathrm{e}}\Gamma\dot{\vec{r}}_{\mathrm{e}} - e\vec{E}(t)

En divisant par la masse m_{\mathrm{e}} de l'électron, on obtient l'équation différentielle régissant l'évolution du vecteur position \vec{r}_{\mathrm{e}}(t) :

\boxed{\ddot{\vec{r}}_{\mathrm{e}}(t) + \Gamma\dot{\vec{r}}_{\mathrm{e}}(t) + \omega_0^2\vec{r}_{\mathrm{e}}(t) = -\frac{e}{m_{\mathrm{e}}}\vec{E}(t)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Prenez garde à l'homogénéité lors des simplifications et n'oubliez aucune des forces recensées précédemment.

« les correcteurs ont vu avec stupeur d’innombrables erreurs de calcul (plus de la moitié des cas) provenant d’une division par la masse de l’électron effec-tuée d’un seul côté de l’égalité, conduisant à une expression inhomogène. »

« De plus, malgré le passage en revue des forces subies par l’électron dans les questions précédentes, une des forces a souvent été oubliée. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : polarisabilité, régime sinusoïdal forcé, moment dipolaire

On cherche la solution de cette équation en régime établi (régime sinusoïdal forcé) sous la forme . Déterminer l'expression de . En déduire l'expression du moment dipolaire associé à l'atome soumis à l'influence de l'onde électromagnétique.

Voir l'indice

Rechercher une solution harmonique en régime forcé en injectant les grandeurs complexes dans l'équation du mouvement, isoler l'amplitude complexe \underline{\vec{r}}_{\mathrm{e},0}, puis calculer \underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}} = -e\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e}}.

Voir la réponse courte

Résolution en régime sinusoïdal forcé en notation complexe pour obtenir la position de l'électron puis le moment dipolaire induit \underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}} = -e\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e}}.

Voir le corrigé complet

L'équation différentielle établie à la question Q19 s'écrit en représentation complexe :

\frac{\mathrm{d}^2\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e}}}{\mathrm{d}t^2} + \Gamma\frac{\mathrm{d}\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e}}}{\mathrm{d}t} + \omega_0^2\,\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e}} = -\frac{e}{m_{\mathrm{e}}}\underline{\vec{E}}(\vec{r},t)

où le champ électrique excitateur au niveau de l'atome est \underline{\vec{E}}(\vec{r},t) = \underline{\vec{E}}(\vec{r})\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}.

En régime sinusoïdal forcé, on injecte la forme recherchée \underline{\vec{r}}_{\mathrm{e}}(t) = \underline{\vec{r}}_{\mathrm{e},0}\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}. Les dérivées temporelles successives s'expriment par :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e}}}{\mathrm{d}t} &= -\mathrm{i}\omega\,\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e},0}\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} \\ \frac{\mathrm{d}^2\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e}}}{\mathrm{d}t^2} &= -\omega^2\,\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e},0}\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} \end{aligned}

En substituant dans l'équation différentielle et en simplifiant par \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}, il vient :

\left(\omega_0^2 - \omega^2 - \mathrm{i}\Gamma\omega\right)\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e},0} = -\frac{e}{m_{\mathrm{e}}}\underline{\vec{E}}(\vec{r})

On en déduit l'amplitude complexe du déplacement de l'électron :

\boxed{\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e},0} = -\frac{e}{m_{\mathrm{e}}\left(\omega_0^2 - \omega^2 - \mathrm{i}\Gamma\omega\right)}\underline{\vec{E}}(\vec{r})}

Le moment dipolaire de l'atome est défini par \underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}}(t) = -e\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e}}(t) = -e\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e},0}\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}. On obtient directement :

\boxed{\underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}}(t) = \frac{e^2}{m_{\mathrm{e}}\left(\omega_0^2 - \omega^2 - \mathrm{i}\Gamma\omega\right)}\underline{\vec{E}}(\vec{r},t)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention à ne pas omettre le signe négatif associé au terme en -iωt lors du passage en régime forcé.

« le passage au régime sinusoïdal forcé a trop souvent donné lieu à l’oubli du signe négatif du terme −iwt. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet X-ENS Physique MP 2020 ?

Surtout 3 chapitres : Ondes électromagnétiques dans les milieux (42 % des questions, parties III et IV), Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide (18 %, partie I) et Diffraction et réseaux (14 %, partie II). Plus ponctuellement : Cinématique et dynamique du point, Optique géométrique, Électrostatique, Physique quantique, Facteur de Boltzmann et physique statistique…

Peut-on travailler le sujet X-ENS Physique MP 2020 dès la première année (MPSI) ?

Peu : 5 questions sur 37 (14 %) ne demandent que le programme de MPSI : Q6, Q9, Q10, Q17 et Q35.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet X-ENS Physique MP 2020 ?

Environ 3 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé). La partie V est la plus longue (environ 1 h 15).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet X-ENS Physique MP 2020 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q23 (champ dépolarisant) et Q28 (équation de maxwell-faraday).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet X-ENS Physique MP 2020 ?

Questions de cours : Q2 (onde progressive), Q3 (onde plane progressive), Q6 (approximation de l'optique géométrique), Q9 (lentille convergente) et Q16 (approximation dipolaire). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q7 (diffraction par une fente), Q8 (diffraction par une fente), Q10 (tache de diffraction), Q15 (modèle de thomson), Q17 (principe fondamental de la dynamique), Q18 (force de lorentz), Q19 (oscillateur harmonique), Q20 (polarisabilité)….

Où gagner des points facilement dans le sujet X-ENS Physique MP 2020 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (26 sur 37), par exemple : Q2 à Q4, Q6 à Q10, Q13, Q16 à Q22, Q24 à Q26, Q29, Q31 à Q35 et Q37. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q1, Q5, Q14, Q15 et Q27.

Le sujet X-ENS Physique MP 2020 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Quelle a été la moyenne au sujet X-ENS Physique MP 2020 ?

Moyenne : 10,25/20 (écart-type 3,51, 1 574 présents).

Quelle convention temporelle est adoptée pour l'onde dans la partie IV ?

La convention \exp(-\mathrm{i}\omega t) : chaque dérivation temporelle équivaut à multiplier par -\mathrm{i}\omega et non +\mathrm{i}\omega. Omettre ce signe négatif en Q20 fausse le déphasage de la polarisabilité et se répercute sur l'indice optique en Q21.

Pourquoi privilégier une plus grande longueur d'onde pour piéger une particule en Q36 ?

Pour réduire la force de diffusion : d'après Q30, la force propulsive varie en \lambda^{-4} alors que la force de gradient varie peu avec \lambda. Augmenter la longueur d'onde, par exemple vers l'infrarouge, évite ainsi d'éjecter la bille hors du piège le long de l'axe optique.

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