Corrigé détaillé X ENS Physique MP 2020 (page 2/2 : Partie IV (questions 21 à 24) et partie V)
Faisceaux gaussiens et pinces optiques
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Partie IV : Moment dipolaire d'un atome et d'une assemblée d'atomes (suite)
IV.C · Moment dipolaire d'une sphère diélectrique et indice optique
Question 21
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
Notions : vecteur polarisation, indice optique, permittivité relative
Exprimer en fonction de et , et en déduire l'expression de .
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Écrire la relation macroscopique \underline{\vec{P}} = N\underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}} et égaler cette expression à la relation constitutive phénoménologique \underline{\vec{P}} = \varepsilon_0(n^2 - 1)\underline{\vec{E}} pour isoler n^2.
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Définition \underline{\vec{P}} = N\underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}} et identification avec \varepsilon_0(n^2 - 1)\underline{\vec{E}} pour exprimer le carré de l'indice optique.
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Par définition, le vecteur polarisation \underline{\vec{P}}(\vec{r}, t) représente la densité volumique de moment dipolaire. Pour un milieu contenant N atomes identiques par unité de volume, dont le moment dipolaire induit individuel est \underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}}(t), on a :
D'après le résultat de la question Q20, le moment dipolaire atomique s'exprime selon :
Il en découle l'amplitude complexe du vecteur polarisation :
En identifiant cette expression avec la relation constitutive (19) fournie par l'énoncé, \underline{\vec{P}}(\vec{r}) = \varepsilon_0 (n^2 - 1) \underline{\vec{E}}(\vec{r}), on obtient :
D'où l'expression de n^2 :
Résultat
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Taux de réussite limité en raison de la propagation des erreurs des questions antérieures.
« l’accumulation des erreurs au cours des questions précédentes a fait que ces questions n’ont pas eu un très grand taux de réussite. »
Source : rapport du jury X-ENS 2020
Question 22
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : dispersion, approximation quasi-statique
Dans le modèle d'atome adopté initialement, montrer que dans le domaine des fréquences optiques ( comprise entre et ) l'indice dépend peu de la pulsation.
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Comparer la pulsation optique du domaine visible (\omega \sim 10^{15}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}) à la pulsation de résonance atomique \omega_0 \sim 10^{16}-10^{17}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} calculée en Q15 pour justifier le régime sous-résonant quasi-statique.
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- Comparer la gamme de pulsations du domaine visible proposée à la pulsation propre \omega_0 déterminée à la question Q15.
- Évaluer les ordres de grandeur respectifs des termes \omega^2 et \Gamma\omega devant \omega_0^2 au dénominateur de n^2(\omega).
- En déduire le comportement de l'indice optique n(\omega).
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Dans le visible, \omega \ll \omega_0 car la résonance se situe dans l'ultraviolet lointain ; le rapport (\omega/\omega_0)^2 est négligeable devant 1.
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D'après la question Q21, le carré de l'indice optique s'écrit :
D'après le résultat de la question Q15, la pulsation caractéristique vaut :
Dans le domaine des fréquences optiques considéré, \omega \in [2\cdot 10^{15}\,,\, 5\cdot 10^{15}]\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}, le rapport maximal est :
ce qui implique que :
Par ailleurs, les pertes radiatives vérifient \Gamma \ll \omega_0, donc :
Le dénominateur peut ainsi être approché par \omega_0^2 :
Il s'ensuit que l'indice de réfraction est quasiment constant et réel dans tout le spectre visible :
La dépendance de n en fonction de \omega est donc très faible dans le domaine visible, les corrections relatives étant d'ordre (\omega/\omega_0)^2 \sim 1\,\%.
Résultat
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Faible taux de réussite causé par l'accumulation des erreurs commises en amont.
« l’accumulation des erreurs au cours des questions précédentes a fait que ces questions n’ont pas eu un très grand taux de réussite. »
Source : rapport du jury X-ENS 2020
Question 23
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
Notions : champ dépolarisant, vecteur polarisation
Quel est le moment dipolaire de chaque atome de la sphère en fonction de et ? Donner alors l'expression de en fonction de l'indice optique précédemment déterminé et de .
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Exprimer le dipôle d'un atome soumis au champ local effectif \underline{\vec{E}} = \underline{\vec{E}}_0 - \underline{\vec{P}}/(3\varepsilon_0), puis réinjecter dans l'équation constitutive pour obtenir l'expression de \underline{\vec{P}} en fonction de \underline{\vec{E}}_0 et de l'indice n.
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- Exprimer le moment dipolaire microscopique \underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}} induit par le champ électrique local \underline{\vec{E}} effectivement ressenti à l'intérieur de la sphère, donné par l'équation (20).
- Relier la polarisation macroscopique \underline{\vec{P}} au moment dipolaire individuel via la relation \underline{\vec{P}} = N\underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}} ou directement à l'aide de la susceptibilité diélectrique \chi_{\mathrm{e}} = n^2 - 1.
- Résoudre l'équation implicite sur \underline{\vec{P}} pour exprimer la polarisation en fonction du seul champ incident \underline{\vec{E}}_0 et de l'indice n.
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Prise en compte du champ dépolarisant d'une sphère diélectrique \vec{E}_{\mathrm{loc}} = \vec{E}_0 - \vec{P}/(3\varepsilon_0) pour relier la polarisation macroscopique à \vec{E}_0.
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D'après la question Q20, un atome soumis à un champ électrique sinusoïdal d'amplitude \underline{\vec{E}} acquiert un moment dipolaire d'amplitude :
Or, d'après la relation (20) de l'énoncé, le champ électrique effectif ressenti par chaque atome à l'intérieur de la sphère est :
En injectant ce champ local, le moment dipolaire de chaque atome s'écrit :
En utilisant la relation établie à la question Q21, \varepsilon_0(n^2 - 1) = \dfrac{N e^2}{m_{\mathrm{e}}(\omega_0^2 - \omega^2 - \mathrm{i}\Gamma\omega)}, on peut également l'écrire sous la forme :
La polarisation volumique étant liée au dipôle atomique par \underline{\vec{P}} = N\underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}} (équation issue de Q21), on obtient :
En regroupant les termes en \underline{\vec{P}} :
On en déduit finalement l'expression de la polarisation volumique \underline{\vec{P}} :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 24
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
Notions : moment dipolaire, formule de clausius-mossotti
En déduire le moment dipolaire de la sphère en fonction de , , et de .
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Intégrer la polarisation volumique constante \underline{\vec{P}} sur tout le volume de la bille sphérique de rayon a (\underline{\vec{D}} = \frac{4}{3}\pi a^3 \underline{\vec{P}}).
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- Rappeler la définition du moment dipolaire total \underline{\vec{D}} d'un milieu polarisé comme l'intégrale volumique de la polarisation \underline{\vec{P}}.
- Exploiter l'uniformité de la polarisation \underline{\vec{P}} établie à la question précédente à l'échelle de la sphère diélectrique de rayon a.
- Remplacer le volume de la sphère et l'expression de \underline{\vec{P}} obtenue en Q23 pour exprimer \underline{\vec{D}} en fonction des grandeurs demandées.
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Intégration du vecteur polarisation uniforme sur le volume de la sphère pour exprimer le moment dipolaire total \underline{\vec{D}} = \frac{4}{3}\pi a^3 \underline{\vec{P}}.
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Le vecteur polarisation \underline{\vec{P}} représente la densité volumique de moment dipolaire au sein de la sphère diélectrique. Le moment dipolaire total \underline{\vec{D}} de la sphère s'obtient donc par intégration sur le volume V = \frac{4}{3}\pi a^3 de la sphère :
Sous l'approximation dipolaire (a \ll \lambda), le champ incident \underline{\vec{E}}_0 et la polarisation résultante \underline{\vec{P}} sont uniformes dans toute la sphère. L'intégration se résume alors au produit du vecteur polarisation par le volume de la sphère :
En injectant l'expression de \underline{\vec{P}} établie à la question Q23, à savoir :
il vient immédiatement :
On en déduit l'expression du moment dipolaire de la sphère :
Résultat
Partie V : Principe d'une pince optique
V.A.a · Force radiative de diffusion
Question 25
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
Notions : photon, puissance rayonnée, relation de planck-einstein
Sur une durée infinitésimale , déterminer l'énergie de la lumière diffusée par la bille. En déduire le nombre de photons qui ont été diffusés par la bille pendant cette durée.
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Exprimer l'énergie rayonnée par \mathrm{d}\mathcal{E} = \mathcal{P}\mathrm{d}t, puis diviser cette énergie par le quantum photonique élémentaire E_{\mathrm{ph}} = \hbar\omega pour obtenir le nombre de photons diffusés \mathrm{d}\mathcal{N}.
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Énergie rayonnée \mathrm{d}\mathcal{E} = \mathcal{P}\mathrm{d}t, d'où le nombre de photons diffusés \mathrm{d}\mathcal{N} = \mathrm{d}\mathcal{E}/(\hbar\omega) = \mathcal{P}\mathrm{d}t/(\hbar\omega).
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Par définition de la puissance moyenne \mathcal{P} rayonnée (ou diffusée) par le dipôle, l'énergie électromagnétique \mathrm{d}\mathcal{E} diffusée pendant une durée infinitésimale \mathrm{d}t s'écrit :
où \mathcal{P} = \dfrac{4\pi^3}{3} \dfrac{c n_{\mathrm{s}}}{\varepsilon_0 \lambda^4} D_{\mathrm{b},0}^2.
La diffusion par le dipôle induit oscillant à la pulsation \omega est un processus élastique (sans changement de pulsation). Chaque photon diffusé transporte donc l'énergie :
Le nombre infinitésimal de photons \mathrm{d}\mathcal{N} diffusés pendant la durée \mathrm{d}t est par conséquent :
En introduisant l'expression de \mathcal{P}, il vient :
Résultat
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Question correctement traitée dans plus de la moitié des cas lorsqu'elle a été abordée.
« lorsqu’elles ont été abordées, ces questions ont été traitée correctement dans plus de la moitié des cas. »
Source : rapport du jury X-ENS 2020
Question déjà tombée ailleurs
Question 26
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : pression de radiation, quantité de mouvement, force de diffusion
La diffusion par un dipôle est à symétrie centrale (symétrie par rapport au centre du dipôle) : le nombre de photons diffusés dans une direction caractérisée par le vecteur d'onde est donc égal au nombre de photons diffusés dans la direction . En conséquence, on admettra que l'impulsion globale de la lumière diffusée par la bille est nulle. En écrivant l'impulsion infinitésimale transmise par les photons de l'onde incidente à la bille pendant , déduire l'expression de la force de diffusion exercée par les photons incidents sur la bille, notamment en fonction de . Quelle est son action sur la bille ? On précisera le sens de la force.
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Calculer l'impulsion totale nette transmise par unité de temps en tenant compte de l'isotropie centrale de la réémission dipolaire et de l'impulsion incidente unilatérale \hbar\vec{k} = (n_{\mathrm{s}}\hbar\omega/c)\vec{e}_z.
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- Effectuer un bilan de quantité de mouvement sur le système {bille + photons} pendant la durée \mathrm{d}t en distinguant les photons incidents et les photons diffusés.
- Utiliser le résultat de la question Q25 pour exprimer l'impulsion cédée à la bille en fonction de la puissance diffusée \mathcal{P}.
- Déterminer la force moyenne \vec{F}_{\mathrm{d}} = \frac{\mathrm{d}\vec{p}}{\mathrm{d}t} et analyser son sens et son effet physique sur la bille.
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Bilan de quantité de mouvement des photons incidents absorbés et réémis isotropiquement : force propulsive longitudinale \vec{F}_{\mathrm{d}} = (\mathcal{P}/c)\vec{e}_z.
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Pendant la durée \mathrm{d}t, la bille interagit avec l'onde incidente en diffusant \mathrm{d}\mathcal{N} photons.
Chaque photon incident transporte une quantité de mouvement :
où la propagation s'effectue selon +\vec{e}_z dans le solvant d'indice n_{\mathrm{s}}. L'impulsion totale apportée par ces photons incidents avant diffusion s'écrit :
D'après l'énoncé, la diffusion par le dipôle présente une symétrie centrale : pour chaque photon diffusé avec le vecteur d'onde \vec{k}', il en existe un diffusé avec le vecteur d'onde -\vec{k}'. L'impulsion globale emportée par le rayonnement diffusé est donc nulle :
Par conservation de l'impulsion totale du système {bille + rayonnement}, l'impulsion infinitésimale transmise à la bille est égale à la variation d'impulsion du champ électromagnétique :
D'après la question Q25, le nombre de photons diffusés s'exprime par \mathrm{d}\mathcal{N} = \frac{\mathcal{P}\,\mathrm{d}t}{\hbar\omega}. On obtient donc :
La force de diffusion \vec{F}_{\mathrm{d}} exercée sur la bille s'en déduit par application du principe fondamental de la dynamique :
Action et sens de la force :
- La force \vec{F}_{\mathrm{d}} est orientée selon les z croissants, c'est-à-dire dans le sens de propagation du faisceau laser incident.
- Il s'agit d'une force de pression de radiation (force de diffusion ou de poussée photonique) qui tend à entraîner et repousser la bille vers l'aval du faisceau, dans le sens de la propagation lumineuse.
Résultat
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Ne négligez pas la sous-question demandant de préciser et justifier le sens de la force.
« La question sur le sens de la force a souvent été ignorée. »
Source : rapport du jury X-ENS 2020
V.A.b · Force de gradient
Question 27
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : force de lorentz, force sur un dipôle
Écrire la force de Lorentz instantanée exercée sur l'ensemble des deux charges, et en déduire, à l'aide du développement limité au premier ordre en ci-dessus, que la force totale exercée par l'onde électromagnétique incidente sur le dipôle représentant la bille se met sous la forme suivante :
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Écrire la résultante des forces de Lorentz agissant sur les deux charges associées au dipôle en r_+ et r_-, puis injecter le développement limité de Taylor d'ordre 1 au voisinage de \vec{r}_0.
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- Exprimer la force de Lorentz subie par chacune des deux charges, en tenant compte du fait que la charge positive est immobile (\vec{v}_+ = \vec{0}) et que la vitesse de la charge négative s'écrit \vec{v}_- = -\dot{\vec{\delta}}.
- Utiliser le développement limité au premier ordre en \|\vec{\delta}\| du champ électrique et du champ magnétique au point \vec{r}_-.
- Sommer les deux contributions en ne conservant que les termes du premier ordre en \vec{\delta} et \dot{\vec{\delta}}, puis identifier le moment dipolaire \vec{D}_{\mathrm{b}} = q\vec{\delta}.
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Développement au premier ordre du champ électrique entre les deux charges opposées et ajout de la force magnétique \dot{\vec{D}}_{\mathrm{b}} \wedge \vec{B}.
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La force de Lorentz instantanée exercée par les champs électromagnétiques incidents sur la charge positive +q, située en \vec{r}_+ = \vec{r}_0 et supposée fixe (\vec{v}_+ = \dot{\vec{r}}_+ = \vec{0}), est :
La charge négative -q, située en \vec{r}_- = \vec{r}_0 - \vec{\delta}, possède la vitesse \vec{v}_- = \dot{\vec{r}}_- = -\dot{\vec{\delta}}. Elle subit la force de Lorentz :
En injectant le développement limité au premier ordre de \vec{E}(\vec{r}_-, t) donné par l'équation (23) :
et en effectuant le développement analogue pour le champ magnétique \vec{B}(\vec{r}_-, t) = \vec{B}(\vec{r}_0, t) + \mathcal{O}(\|\vec{\delta}\|), le terme magnétique s'écrit au premier ordre :
La force totale de Lorentz instantanée \vec{F}_{\mathrm{Lor}} = \vec{F}_+ + \vec{F}_- exercée sur le dipôle vaut alors :
Comme \vec{D}_{\mathrm{b}} = q\vec{\delta} et \dfrac{\mathrm{d}\vec{D}_{\mathrm{b}}}{\mathrm{d}t} = q\dot{\vec{\delta}}, en sous-entendant l'évaluation des champs au centre du dipôle \vec{r}_0, on obtient bien :
Résultat
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Justifiez rigoureusement le calcul fourni et ne supposez pas à tort une colinéarité vectorielle.
« la justification du calcul dont le résultat était donné était souvent insuffisante. Le vecteur (⃗δ.⃗∇) ⃗B n’a aucune raison d’être colinéaire à ⃗δ. »
Source : rapport du jury X-ENS 2020
Question 28
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
Notions : équation de maxwell-faraday, identité vectorielle
En utilisant l'expression (21) et l'identité vectorielle , exprimer la force comme une combinaison linéaire, dont on précisera les coefficients, des termes et .
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Remplacer \vec{D}_{\mathrm{b}} par A\vec{E}, injecter la formule d'analyse vectorielle fournie ainsi que l'équation de Maxwell-Faraday pour faire apparaître la dérivée temporelle du vecteur de Poynting \vec{E}\wedge\vec{B}.
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- Exprimer le terme (\vec{D}_{\mathrm{b}} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{E} en injectant la relation \vec{D}_{\mathrm{b}} = A\vec{E} et en utilisant l'identité vectorielle fournie.
- Utiliser l'équation de Maxwell-Faraday pour faire apparaître la dérivée temporelle de \vec{B}.
- Regrouper les dérivées temporelles à l'aide de la règle de dérivation du produit vectoriel pour identifier la dérivée de \vec{E} \wedge \vec{B}.
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Utilisation de l'identité vectorielle du gradient et de l'équation de Maxwell-Faraday \overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{E} = -\partial\vec{B}/\partial t pour réécrire la force instantanée.
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D'après l'expression (21), le moment dipolaire induit s'écrit \vec{D}_{\mathrm{b}} = A\vec{E}, où A est une constante réelle. La position du dipôle étant considérée fixe aux échelles de temps optiques, on a :
L'expression de la force de Lorentz issue de la question précédente (Q27) devient donc :
En utilisant l'identité vectorielle donnée dans l'énoncé :
on isole le premier terme :
L'équation de Maxwell-Faraday dans le solvant s'écrit \overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{E} = -\frac{\partial\vec{B}}{\partial t}, d'où :
Le premier terme de la force s'écrit ainsi :
En injectant cette relation dans l'expression de \vec{F}_{\mathrm{Lor}}, on obtient :
La force de Lorentz s'exprime donc sous la forme demandée :
Les coefficients de la combinaison linéaire valent respectivement \frac{A}{2} devant \overrightarrow{\operatorname{grad}}(\vec{E}^2) et A devant \frac{\partial(\vec{E}\wedge\vec{B})}{\partial t}.
Résultat
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Calcul généralement satisfaisant, mais attention aux erreurs de facteurs 2 en cours de calcul.
« cette question a été traitée dans moins de la moitié des copies mais dans la majorité des cas de façon satisfaisante. Des facteurs 2 ont malheureusement été perdus en cours de route. »
Source : rapport du jury X-ENS 2020
Question 29
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : force de gradient, moyenne temporelle
Du fait de son inertie et de la fréquence élevée du champ électromagnétique décrivant l'onde incidente sur la bille, cette dernière ne réagit qu'à la moyenne temporelle de la force de Lorentz instantanée , où est la période d'oscillation du champ électromagnétique. Montrer que et donner l'expression de la force de gradient , définie comme , en fonction de et du gradient de .
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Utiliser la périodicité temporelle du champ électromagnétique pour montrer que la moyenne temporelle d'une dérivée totale sur une période est strictement nulle, et exprimer la force restante en fonction de \vec{\nabla}\langle \vec{E}^2\rangle_T.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la moyenne temporelle de la dérivée partielle par intégration directe et exploiter la périodicité temporelle du produit vectoriel \vec{E} \wedge \vec{B} en régime sinusoïdal.
- Appliquer la moyenne temporelle à la force de Lorentz instantanée obtenue à la question Q28 en permutant les opérateurs linéaire spatial (gradient) et temporel (moyenne).
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La moyenne d'une dérivée temporelle d'un signal périodique s'annule, laissant la force de gradient proportionnelle à \overrightarrow{\operatorname{grad}}\langle\vec{E}^2\rangle.
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Par définition de la moyenne temporelle sur une période T = 2\pi/\omega :
En régime monochromatique de pulsation \omega, les champs \vec{E}(\vec{r}, t) et \vec{B}(\vec{r}, t) sont sinusoïdaux de période T. Le produit vectoriel \vec{E} \wedge \vec{B} est donc une fonction T-périodique (et même T/2-périodique). On en déduit :
d'où :
D'après le résultat de la question Q28, la force de Lorentz instantanée s'écrit :
En prenant la moyenne temporelle, et compte tenu de la linéarité de l'opérateur moyenne et de la possibilité de permuter dérivation spatiale et intégration temporelle :
La force de gradient \vec{F}_{\mathrm{g}} = \langle \vec{F}_{\mathrm{Lor}} \rangle_T s'exprime ainsi :
Résultat
V.B · Piégeage d'une bille diélectrique
Question 30
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
Notions : force de gradient, force de diffusion, pince optique
À partir de l'étude des forces de diffusion et de gradient menée dans les paragraphes (V.A.a) et (V.A.b), donner les expressions des forces et sur la bille au sein du solvant, en fonction de , et en particulier. Dans le cas de la force de diffusion, on pourra se servir du fait que où est l'amplitude du champ électrique .
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Exprimer l'amplitude D_{\mathrm{b},0} = A E_0 dans la puissance diffusée \mathcal{P}, puis utiliser I = n_{\mathrm{s}}\varepsilon_0 c\langle \vec{E}^2\rangle_T avec \langle \vec{E}^2\rangle_T = E_0^2/2 pour exprimer simultanément \vec{F}_{\mathrm{d}} et \vec{F}_{\mathrm{g}} en fonction de I.
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- Exprimer d'abord la force de gradient \vec{F}_{\mathrm{g}} à partir de la relation \vec{F}_{\mathrm{g}} = \frac{A}{2}\overrightarrow{\operatorname{grad}}\langle \vec{E}^2 \rangle_T établie à la question Q29 et de la définition de l'intensité I.
- Exprimer ensuite la puissance diffusée \mathcal{P} en reliant l'amplitude dipolaire D_{\mathrm{b},0} à E_0, puis à l'intensité I, pour en déduire la force de diffusion \vec{F}_{\mathrm{d}} obtenue à la question Q26.
Voir la réponse courteRéponse courte
Substitution du champ par l'intensité I et prise en compte de l'indice relatif m = n/n_{\mathrm{s}} pour exprimer les composantes de diffusion et de gradient.
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1. Expression de la force de gradient \vec{F}_{\mathrm{g}}
D'après le résultat de la question Q29, la force de gradient s'écrit :
La relation (26) définit l'intensité lumineuse au sein du solvant par :
En injectant cette relation ainsi que l'expression (25) du coefficient A = 4\pi\varepsilon_0 n_{\mathrm{s}}^2 a^3 \frac{m^2-1}{m^2+2}, il vient :
D'où l'expression de la force de gradient :
2. Expression de la force de diffusion \vec{F}_{\mathrm{d}}
D'après la question Q26, les photons incidents se propageant selon l'axe (\mathrm{O}z) exercent sur la bille une force de diffusion :
où la puissance moyenne diffusée est donnée par l'équation (22) :
La relation (21) donne l'amplitude du dipôle induit : D_{\mathrm{b},0} = A E_0. Avec la relation fournie \langle \vec{E}^2 \rangle_T = E_0^2/2, on a :
En remplaçant A par son expression (25) :
On en déduit l'expression de la force radiative de diffusion :
Résultat
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Question très peu abordée et facteur numérique de la force de diffusion faux dans l'immense majorité des copies.
« cette question a été très peu abordée et le facteur numérique dans l’expression de −→ Fd était faux dans l’immense majorité des cas. »
Source : rapport du jury X-ENS 2020
Question 31
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
Notions : équilibre stable, pince optique
Préciser les conditions permettant de piéger la bille de façon stable au centre du faisceau.
Voir l'indiceIndice
Analyser la direction de la force de gradient selon le signe de m-1 : pour confiner la bille dans la zone de forte intensité lumineuse, l'indice de la bille doit excéder celui du solvant (m>1), et la composante axiale restauratrice doit surpasser la poussée radiative.
Voir la stratégieStratégie
Pour qu'une particule soit piégée de façon stable au centre du faisceau (0,0,0), la force totale qu'elle subit doit constituer une force de rappel vers l'origine dans les trois directions de l'espace. Analysons les contributions de la force de gradient \vec{F}_{\mathrm{g}} et de la force de diffusion \vec{F}_{\mathrm{d}} établies à la question précédente.
Voir la réponse courteRéponse courte
Nécessité d'avoir un milieu moins réfringent que la bille (m > 1) et un gradient axial suffisant pour contrer la force de diffusion propulsive.
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La force totale subie par la bille s'écrit \vec{F} = \vec{F}_{\mathrm{g}} + \vec{F}_{\mathrm{d}}.
Condition sur l'indice relatif m = n/n_{\mathrm{s}} : Le profil d'intensité I(x,y,z) présente un maximum absolu en (0,0,0) : le gradient \overrightarrow{\operatorname{grad}} I est donc orienté vers l'origine lorsqu'on s'en écarte. D'après l'expression établie à la question 30 :
\vec{F}_{\mathrm{g}} = \frac{2\pi n_{\mathrm{s}} a^3}{c}\left(\frac{m^2-1}{m^2+2}\right)\overrightarrow{\operatorname{grad}} IPour que la force de gradient agisse comme une force de rappel attractive vers le maximum d'intensité lumineuse (le centre du faisceau), il est indispensable que le coefficient soit strictement positif, soit :
\frac{m^2-1}{m^2+2} > 0 \iff m > 1 \iff n > n_{\mathrm{s}}L'indice optique de la bille diélectrique doit impérativement être supérieur à celui du fluide environnant.
Condition sur l'équilibre le long de l'axe de propagation (Oz) : La force de diffusion \vec{F}_{\mathrm{d}} s'exerce continûment selon +\vec{e}_z (sens de propagation de l'onde) et tend à éjecter la bille vers l'aval du faisceau.
Pour qu'un point d'équilibre stable existe le long de l'axe (Oz), la composante de rappel de la force de gradient selon z pour z > 0 (où \frac{\partial I}{\partial z} < 0, créant une force dirigée selon -\vec{e}_z) doit être capable de compenser et de surmonter la force de poussée radiative :
\|\vec{F}_{\mathrm{g}, z}\| > \|\vec{F}_{\mathrm{d}}\|Le gradient longitudinal d'intensité au niveau du point focal doit donc être suffisamment intense devant l'intensité elle-même.
En résumé, les deux conditions nécessaires et suffisantes sont :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Une force nulle ne prouve pas la stabilité : il faut vérifier le caractère de force de rappel et traduire la condition sur les indices optiques.
« Pour étudier la stabilité, la plupart des candidat.e.s ont considéré la valeur de la force au niveau de la position d’équilibre, et trouvé trivialement zéro. Ce résultat ne permet évidemment pas de conclure sur la stabilité de l’équilibre. »
« Lorsque le raisonnement était correct, la condition de la stabilité n’a pratiquement jamais été ramenée à une comparaison des valeurs des indices. »
Source : rapport du jury X-ENS 2020
Question 32
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
Notions : gradient d'intensité, pince optique, focalisation
Compte tenu des résultats de la question 30, et sans effectuer de calcul, conclure sur la possibilité de piéger une telle bille. Justifier la nécessité de focaliser le faisceau pour piéger la bille.
Voir l'indiceIndice
Examiner les dérivées partielles fournies (28)-(30) : remarquer le facteur correctif (\lambda/(\pi W_0))^2 sur l'axe longitudinal, qui rend le confinement axial impossible sans une focalisation extrême resserrant la dimension W_0.
Voir la stratégieStratégie
- Analyser l'influence de la taille a de la nanobille sur les ordres de grandeur respectifs de la force de gradient et de la force de diffusion d'après la question Q30, afin de conclure sur la faisabilité du piégeage.
- Examiner le comportement des forces le long de l'axe optique (\mathrm{O}z) pour mettre en évidence la compétition entre la poussée radiative et la force de rappel axiale, ce qui justifie la nécessité d'une forte focalisation.
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Un faisceau non focalisé ne présente pas de gradient axial pour compenser la force radiative propulsive ; une focalisation forte crée un piège tridimensionnel.
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D'après les résultats de la question Q30, les deux forces optiques dépendent de la taille a de la bille selon :
Puisque la bille considérée est une nanoparticule de rayon très petit devant la longueur d'onde (a \ll \lambda), le rapport de la force de diffusion sur la force de gradient varie comme :
Pour une particule diélectrique plus réfringente que le solvant (m = n/n_{\mathrm{s}} > 1), la force de gradient est attractive vers les régions de plus forte intensité. La force perturbatrice de diffusion étant très fortement atténuée par la petite taille de la bille, le piégeage optique est a priori tout à fait réalisable.
Cependant, la stabilité du piège impose de compenser la force de diffusion selon l'axe longitudinal (\mathrm{O}z) :
- La force de diffusion \vec{F}_{\mathrm{d}} est purement propulsive dans le sens de propagation du faisceau (+\vec{e}_z).
- Pour un faisceau collimaté ou peu focalisé (W_0 \gg \lambda), la distance de Rayleigh z_{\mathrm{R}} = \pi W_0^2/\lambda est grande, et le gradient axial de l'intensité est extrêmement faible par rapport aux gradients transverses (facteur d'atténuation d'ordre (\lambda/(\pi W_0))^2 d'après l'équation (30)). La force de rappel de gradient axiale F_{\mathrm{g},z} est alors insuffisante pour contrebalancer la force de diffusion, et la bille est éjectée vers l'aval.
Il est donc indispensable de focaliser très fortement le faisceau (jusqu'à atteindre un col W_0 \sim \lambda) afin :
- de maximiser le gradient d'intensité longitudinal |\partial I / \partial z| au voisinage du foyer ;
- de générer une force de gradient axiale vers l'amont (z > 0) supérieure à la force de diffusion, créant ainsi un puits de potentiel tridimensionnel stable au point focal.
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Question très peu traitée ; évitez de vous contenter d'une paraphrase du texte de l'énoncé.
« question très peu traitée et la réponse était souvent une reformulation de la question. »
Source : rapport du jury X-ENS 2020
Question 33
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : longueur de rayleigh, confinement optique
Quelle est dans ce cas la distance de Rayleigh (autour du point focal) ? En déduire l'échelle de longueur sur laquelle l'intensité est significative le long de l'axe de propagation du faisceau laser et justifier que les forces de gradient sont du même ordre de grandeur sur les trois axes , et .
Voir l'indiceIndice
Remplacer W_0 \approx \lambda/\pi dans la formule de z_{\mathrm{R}} pour vérifier que z_{\mathrm{R}} \sim W_0, et constater que le gradient longitudinal prend alors le même ordre de grandeur que les gradients transverses.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la distance de Rayleigh z_{\mathrm{R}} à l'aide de sa définition issue de la partie III en y injectant la valeur de focalisation forte W_0 \approx \lambda/\pi.
- Analyser la dépendance de l'intensité sur l'axe optique afin d'identifier l'échelle caractéristique axiale.
- Évaluer le rapport des dérivées spatiales de l'intensité données par les équations (28), (29) et (30) pour comparer les composantes de la force de gradient sur les axes (\mathrm{O}x), (\mathrm{O}y) et (\mathrm{O}z).
Voir la réponse courteRéponse courte
Pour un faisceau fortement focalisé (W_0 \sim \lambda), z_{\mathrm{R}} \sim \lambda : le confinement est spatialement isotrope, assurant des gradients comparables sur les trois axes.
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D'après la définition introduite à l'équation (18) :
En prenant pour une focalisation très forte W_0 \approx \dfrac{\lambda}{\pi}, il vient :
On constate ainsi que :
D'après l'expression (27), l'intensité sur l'axe optique (x = 0, y = 0) s'écrit :
L'intensité chute de moitié pour |z| \approx \sqrt{\sqrt{2}-1}\,z_{\mathrm{R}} \approx 0{,}64\,z_{\mathrm{R}} et devient négligeable pour |z| \gg z_{\mathrm{R}}. L'échelle de longueur caractéristique sur laquelle l'intensité reste significative le long de l'axe de propagation (\mathrm{O}z) est donc :
D'après les équations (28), (29) et (30), les dérivées de l'intensité s'écrivent :
Avec W_0 \approx \dfrac{\lambda}{\pi}, le facteur correctif vaut :
de sorte que :
La force de gradient étant proportionnelle au gradient spatial de l'intensité (\vec{F}_{\mathrm{g}} \propto \overrightarrow{\operatorname{grad}} I), pour des écarts spatiaux du même ordre de grandeur (x \sim y \sim z), les trois composantes de la force de gradient sont du même ordre de grandeur :
Résultat
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Question abordée par moins de 10 % des candidats, souvent au hasard.
« moins de 10% des candidat.e.s ont abordé ces questions, en essayant souvent de répondre au hasard. »
Source : rapport du jury X-ENS 2020
Question 34
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Notions : intensité lumineuse, pince optique
On éclaire, dans ces conditions, une bille de silice de rayon , d'indice optique , dans de l'eau d'indice optique (On a alors ), avec un laser de longueur d'onde , et dont la puissance délivrée est de . Calculer l'intensité dans le plan focal image de la lentille en . Pour un écart à la position , , de l'ordre de , on obtient une valeur de la force de gradient de l'ordre de . L'ordre de grandeur de la force de diffusion est . Conclure sur la possibilité de piéger la bille.
Voir l'indiceIndice
Relier la puissance laser totale délivrée au flux d'intensité centrale par intégration spatiale bidimensionnelle (P \approx \frac{1}{2}\pi W_0^2 I_0), calculer I_0 en \text{W}\cdot\text{cm}^{-2} puis comparer l'intensité de gradient à la force de recul.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la puissance totale \mathcal{P} du faisceau en intégrant l'intensité I(x,y,z=0) sur tout le plan de section transverse, puis en déduire l'intensité crête I_0 en fonction de \mathcal{P} et W_0 \approx \lambda/\pi.
- Comparer l'intensité de la force de rappel de gradient \|\vec{F}_{\mathrm{g}}\| et de la force radiative de diffusion \|\vec{F}_{\mathrm{d}}\| pour conclure quant à la stabilité du piégeage 3D.
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Calcul de l'intensité crête I_0 \sim 10^7\;\mathrm{W}\cdot\mathrm{cm}^{-2} ; la force de gradient (1\;\mathrm{pN}) l'emporte sur la diffusion (0{,}2\;\mathrm{pN}), validant le piégeage.
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1. Calcul de l'intensité I_0 au foyer
D'après l'expression (27), l'intensité lumineuse dans le plan focal image (z = 0) s'écrit en coordonnées cylindriques de plan transverse (r^2 = x^2 + y^2) :
La puissance totale \mathcal{P} transportée par le faisceau laser s'obtient par intégration du flux d'intensité sur une section droite :
On en déduit l'expression de l'intensité crête I_0 :
En utilisant la condition de forte focalisation issue de la question précédente, W_0 \approx \frac{\lambda}{\pi}, il vient :
Avec \mathcal{P} = 40\,\mathrm{mW} = 4{,}0\times 10^{-2}\,\mathrm{W} et \lambda = 600\,\mathrm{nm} = 6{,}0\times 10^{-7}\,\mathrm{m} :
Sachant que 1\,\mathrm{W}\cdot\mathrm{m}^{-2} = 10^{-4}\,\mathrm{W}\cdot\mathrm{cm}^{-2} :
Remarque : Une estimation globale à l'ordre de grandeur sans le facteur 2 donnerait I_0 \sim \frac{\mathcal{P}}{\pi W_0^2} \approx 4\times 10^7\,\mathrm{W}\cdot\mathrm{cm}^{-2}.
2. Possibilité de piégeage de la bille
La bille est soumise à deux actions mécaniques :
- La force de diffusion \vec{F}_{\mathrm{d}}, dirigée selon +\vec{e}_z, pousse continûment la particule dans le sens de propagation du faisceau lumineux.
- La force de gradient \vec{F}_{\mathrm{g}}, dirigée vers la zone de plus forte intensité (le point focal x=y=z=0), tend à ramener la particule vers l'origine dans les trois directions de l'espace.
Pour un écart typique de 50\,\mathrm{nm}, la force de rappel de gradient \|\vec{F}_{\mathrm{g}}\| \approx 1\,\mathrm{pN} l'emporte nettement sur la force de diffusion F_{\mathrm{d}} \approx 0{,}2\,\mathrm{pN} :
Dans la direction longitudinale (\mathrm{O}z), il existe donc une position d'équilibre stable située légèrement en aval du foyer (z_{\mathrm{eq}} > 0) où la force de rappel de gradient compense exactement la poussée radiative : \vec{F}_{\mathrm{g}}(z_{\mathrm{eq}}) + \vec{F}_{\mathrm{d}} = \vec{0}. Transversalement, le rappel est direct et inconditionnel.
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Question abordée par moins de 10 % des candidats, souvent au hasard.
« moins de 10% des candidat.e.s ont abordé ces questions, en essayant souvent de répondre au hasard. »
Source : rapport du jury X-ENS 2020
Question 35
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : force élastique, position d'équilibre
Justifier que l'on puisse considérer la force de gradient comme une force élastique et évaluer la constante de raideur associée.
Voir l'indiceIndice
Montrer que les dérivées d'intensité linéaires au voisinage du centre se traduisent par une force de rappel vectorielle de type Hooke \vec{F}_{\mathrm{g}} = -k_{\mathrm{opt}}\vec{r} et évaluer numériquement la raideur k_{\mathrm{opt}} \sim \|\vec{F}_{\mathrm{g}}\|/\delta r.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer les composantes de la force de gradient au voisinage du centre focal (|x|, |y| \ll W_0 et |z| \ll z_{\mathrm{R}}) à partir de la relation \vec{F}_{\mathrm{g}} \propto \overrightarrow{\mathrm{grad}}\,I et des dérivées partielles données par l'énoncé.
- Montrer qu'elles prennent la forme d'une force de rappel linéaire proportionnelle au déplacement, caractéristique d'une force élastique.
- Évaluer numériquement la raideur k à partir des ordres de grandeur de la force et du déplacement fournis à la question 34.
Voir la réponse courteRéponse courte
Développement limité de la force de gradient au voisinage du maximum d'intensité : force de rappel linéaire de raideur estimée à k \sim F/x \approx 2\cdot 10^{-5}\;\mathrm{N}\cdot\mathrm{m}^{-1}.
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D'après la question Q30, la force de gradient s'écrit :
Pour une particule d'indice supérieur à celui du milieu (m = n/n_{\mathrm{s}} > 1), le préfacteur est strictement positif.
Au voisinage du centre du piège (|x|, |y| \ll W_0 et |z| \ll z_{\mathrm{R}}), les dérivées partielles de l'intensité données par les équations (28), (29) et (30) vérifient :
Dans les conditions de forte focalisation où W_0 \approx \lambda/\pi (établies à la question Q33), le facteur \frac{\lambda^2}{\pi^2 W_0^2} \approx 1. Les composantes du gradient sont donc toutes de la forme :
où \vec{r} = x\vec{e}_x + y\vec{e}_y + z\vec{e}_z. La force de gradient s'écrit alors :
où k_{\mathrm{opt}} est une constante positive. La force est donc une force centrale de rappel linéaire proportionnelle au déplacement par rapport à la position d'équilibre \vec{r} = \vec{0} : il s'agit précisément d'une force de type élastique isotrope tridimensionnelle.
D'après les données de la question 34, pour un écart au centre \Delta r \sim 50\text{ nm}, l'intensité de la force de gradient est F_{\mathrm{g}} \sim 1\text{ pN}. La raideur optique associée s'évalue directement par :
Application numérique avec un chiffre significatif :
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Question abordée par moins de 10 % des candidats, souvent au hasard.
« moins de 10% des candidat.e.s ont abordé ces questions, en essayant souvent de répondre au hasard. »
Source : rapport du jury X-ENS 2020
Question 36
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : force de gradient, force de diffusion, pince optique
À partir des valeurs des forces données dans la question 34, donner un ordre de grandeur des forces de gradient et de diffusion pour des billes de silice de rayon . Donner également un ordre de grandeur des forces de gradient et de diffusion pour des billes en polystyrène de rayon , dont l'indice optique est (on donne alors ). Comment choisir la longueur d'onde du laser pour mieux piéger une particule ?
Voir l'indiceIndice
Identifier les lois d'échelle de \vec{F}_{\mathrm{g}} en fonction de a^3 et (m^2-1)/(m^2+2), ainsi que celle de \vec{F}_{\mathrm{d}} en fonction de a^6/\lambda^4 pour déterminer le comportement et choisir une longueur d'onde optimale minimisant la diffusion.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler les lois d'échelle de F_{\mathrm{g}} et F_{\mathrm{d}} établies à la question Q30 par rapport au rayon a de la particule et au contraste d'indice f(m) = \frac{m^2-1}{m^2+2}.
- Effectuer les applications numériques par proportionnalité à partir des valeurs de référence de la question Q34 (a_1 = 100\text{ nm}, f(m_1) \approx 0{,}02, F_{\mathrm{g},1} \approx 1\text{ pN}, F_{\mathrm{d},1} \approx 0{,}2\text{ pN}).
- Analyser l'influence de la longueur d'onde \lambda sur le ratio F_{\mathrm{g}}/F_{\mathrm{d}} pour déterminer le choix optimal de \lambda.
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Lois d'échelle F_{\mathrm{g}} \propto a^3 et F_{\mathrm{d}} \propto a^6/\lambda^4 : augmenter la longueur d'onde dans le proche infrarouge favorise le piégeage en réduisant la diffusion.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les expressions établies à la question Q30, à intensité et profil de faisceau fixés, les normes des forces de gradient et de diffusion dépendent du rayon a et du rapport d'indices m = n/n_{\mathrm{s}} via le facteur adimensionnel f(m) = \frac{m^2 - 1}{m^2 + 2} selon :
1. Bille de silice de rayon a = 200\text{ nm} : Le matériau et le solvant étant identiques à la situation de la question Q34, le facteur f(m) est inchangé et le rayon est doublé (a = 2a_1) :
2. Bille de polystyrène de rayon a = 100\text{ nm} (n = 1{,}63) : Le rayon étant identique (a = a_1 = 100\text{ nm}), seul le facteur f(m) varie. Avec f(m_{\mathrm{poly}}) \approx 0{,}14 et f(m_{\mathrm{silice}}) \approx 0{,}02, le rapport vaut :
On en déduit :
3. Choix de la longueur d'onde du laser : Pour piéger efficacement une particule, la force de rappel de gradient doit dominer la force de diffusion déstabilisante le long de l'axe de propagation (F_{\mathrm{g}} > F_{\mathrm{d}}).
D'après l'expression de la force de diffusion, la dépendance en longueur d'onde est en F_{\mathrm{d}} \propto \lambda^{-4} (diffusion Rayleigh). Ainsi, en augmentant la longueur d'onde \lambda du laser, on atténue considérablement la force de diffusion devant la force de gradient. Pour améliorer le piégeage, il convient donc de :
Résultat
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Question abordée par moins de 10 % des candidats, souvent au hasard.
« moins de 10% des candidat.e.s ont abordé ces questions, en essayant souvent de répondre au hasard. »
Source : rapport du jury X-ENS 2020
Question 37
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Notions : équipartition de l'énergie, piège harmonique
On revient à une particule de silice de rayon piégée dans la pince optique. Le long de l'axe , la position de la bille est en moyenne nulle : . En utilisant le théorème d'équipartition de l'énergie, déterminer quel est l'ordre de grandeur de l'écart-type à température ambiante (). On rappelle que . Comparer à la taille de la bille et à la distance caractéristique de la zone de confinement du faisceau. Le piège est-il satisfaisant ?
Voir l'indiceIndice
Appliquer le théorème d'équipartition de l'énergie à l'énergie potentielle élastique selon l'axe transverse : \frac{1}{2}k_{\mathrm{opt}}\langle x^2\rangle = \frac{1}{2}k_{\mathrm{B}}T, en déduire \sigma_x, et comparer cette amplitude de fluctuation au rayon de la particule.
Voir la stratégieStratégie
- Associer à la force de rappel élastique établie en Q35 l'énergie potentielle correspondante E_{\mathrm{p}}(x) = \frac{1}{2}k_{\mathrm{opt}} x^2.
- Appliquer le théorème de l'équipartition de l'énergie à ce degré de liberté quadratique à l'équilibre thermique pour relier \langle x^2 \rangle à la température T.
- En déduire l'écart-type \sigma_x, évaluer son ordre de grandeur numérique, puis le comparer au rayon a de la particule et à la dimension transversale W_0 du piège optique pour statuer sur la stabilité du piégeage.
Voir la réponse courteRéponse courte
Théorème de l'équipartition \frac{1}{2}k\sigma_x^2 = \frac{1}{2}k_{\mathrm{B}}T, fournissant \sigma_x \approx 14\;\mathrm{nm} \ll a : le piégeage est très stable face à l'agitation thermique.
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D'après la question Q35, la force de gradient selon l'axe (\mathrm{O}x) se comporte au voisinage du centre comme une force de rappel élastique de constante de raideur k_{\mathrm{opt}} \approx 2\times 10^{-5}\;\mathrm{N\cdot m^{-1}} :
L'énergie potentielle associée s'écrit :
À l'équilibre thermodynamique à la température T, le théorème de l'équipartition de l'énergie appliqué à ce terme quadratique de l'énergie donne :
soit :
Puisque la position moyenne est nulle (\langle x_{\mathrm{b}}\rangle = 0), l'écart-type des fluctuations de position sous l'effet de l'agitation thermique (mouvement brownien) s'exprime par :
Avec les données numériques du sujet :
- k_{\mathrm{B}} = 1,4\times 10^{-23}\;\mathrm{J\cdot K^{-1}},
- T = 300\;\mathrm{K},
- k_{\mathrm{opt}} \approx 2\times 10^{-5}\;\mathrm{N\cdot m^{-1}},
on obtient :
Avec un chiffre significatif :
Comparaison aux échelles spatiales du problème :
- Le rayon de la bille vaut a = 100\;\mathrm{nm}. On constate que \sigma_x \sim \frac{a}{10} \ll a : l'amplitude des fluctuations thermiques est nettement inférieure aux dimensions propres de la bille.
- La zone de confinement du faisceau possède une dimension transversale caractéristique W_0 \approx \frac{\lambda}{\pi} \approx \frac{600\times 10^{-9}}{3} \approx 200\;\mathrm{nm} (question Q33). On a donc \sigma_x \ll W_0.
L'énergie thermique k_{\mathrm{B}}T \approx 4\times 10^{-21}\;\mathrm{J} est bien inférieure à la profondeur du puits de potentiel optique (de l'ordre de \frac{1}{2} k_{\mathrm{opt}} W_0^2 \sim 4\times 10^{-19}\;\mathrm{J} \sim 100\,k_{\mathrm{B}}T). L'agitation thermique ne permet pas à la particule de s'échapper du piège : le piégeage est donc pleinement satisfaisant.
Résultat
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Question abordée par moins de 10 % des candidats, souvent au hasard.
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Source : rapport du jury X-ENS 2020
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