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Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 2 PSI 2021

Conception technique d'une éolienne

Ce sujet pluridisciplinaire très complet explore les défis techniques de la transition énergétique à travers le prisme de la conception d'une éolienne à axe vertical de type Darrieus H couplée à un générateur synchrone à aimants permanents. L'épreuve débute par une analyse d'ingénierie énergétique globale sur l'électrification du parc automobile français, avant d'aborder une modélisation aérodynamique soignée du rotor (calcul de portance, traînée et ondulation du couple moteur). La partie électrotechnique constitue une étude exemplaire et très progressive d'une machine synchrone (théorème d'Ampère dans l'entrefer, théorème de Ferraris, champ tournant, bilan énergétique et couplage au réseau). Enfin, la partie chimie industrielle traite de la métallurgie extractive des terres rares ainsi que des mécanismes électrochimiques de corrosion différentielle et de nickelage protecteur des aimants. C'est un sujet d'entraînement incontournable pour la filière PSI, balayant avec réalisme mécanique, génie électrique et chimie des matériaux.

En bref sur ce sujet

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 8,77/20)
Temps estimé
≈ 3 h 05 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

10 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

Rapides et accessibles (27) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (2) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes, données en annexe
  • Parties indépendantes

    Les quatre parties sont largement indépendantes : l'analyse énergétique (Q1 et Q2), l'aérodynamique de l'éolienne (Q3 à Q16), le générateur synchrone (Q17 à Q29) et la chimie (Q30 à Q38) peuvent être traitées séparément.

  • Données en annexe

    L'épreuve comporte un document réponse fourni en annexe : il contient les figures supports indispensables à compléter pour les questions Q4, Q31 et Q33, et doit impérativement être rendu avec la copie.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie I : Enjeux énergétiques

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : puissance électrique, bilan énergétique

Calculer le supplément de consommation énergétique annuelle que cette conversion au tout électrique occasionnerait. Cela demanderait-il de créer de nouvelles unités de production d'électricité ?

Voir l'indice

Calculer l'énergie thermique annuelle du carburant à partir des données kilométriques et de consommation du document 1, puis lui appliquer un rendement de propulsion électrique pour obtenir le besoin d'électricité et le comparer à la production annuelle française (document 2).

Voir la stratégie

Cette question est une question ouverte (marquée d'une barre en marge). La démarche consiste à :

  1. Évaluer le kilométrage annuel global parcouru par l'ensemble des voitures particulières (document 1) et en déduire l'énergie électrique nécessaire pour recharger les véhicules électriques (VE) équivalents.
  2. Valider cet ordre de grandeur par une approche thermodynamique alternative reliant la consommation thermique de carburant à l'énergie mécanique utile, puis à l'énergie électrique requise.
  3. Comparer ce supplément à la production nationale annuelle (document 2) et analyser la nécessité de nouvelles unités de production, tant sur le plan énergétique annuel que sur la gestion des pointes de puissance (document 3).
Voir la réponse courte

Produit du nombre de véhicules par le kilométrage et la consommation moyenne, comparé à la production nationale annuelle d'électricité.

Voir le corrigé complet

1. Estimation du supplément de consommation électrique annuelle

D'après le document 1, le parc de voitures particulières en France métropolitaine se décompose en :

  • Véhicules essence : N_{\text{ess}} = 12{,}7 \times 10^6 véhicules, roulant en moyenne d_{\text{ess}} = 8\,935\text{ km}\cdot\text{an}^{-1} ;
  • Véhicules diesel : N_{\text{dies}} = 19{,}8 \times 10^6 véhicules, roulant en moyenne d_{\text{dies}} = 15\,910\text{ km}\cdot\text{an}^{-1}.

La distance totale parcourue annuellement par l'ensemble de ces véhicules est :

\begin{aligned} D_{\text{tot}} &= N_{\text{ess}} d_{\text{ess}} + N_{\text{dies}} d_{\text{dies}} \\ &= 12{,}7 \times 10^6 \times 8\,935 + 19{,}8 \times 10^6 \times 15\,910 \\ &\approx 1{,}13 \times 10^{11} + 3{,}15 \times 10^{11} = 4{,}28 \times 10^{11}\text{ km}\cdot\text{an}^{-1} \end{aligned}

Un véhicule électrique particulier présente une consommation moyenne typique à la prise comprise entre c_e = 15\text{ kWh}/100\text{ km} et 20\text{ kWh}/100\text{ km} (soit 0{,}15 à 0{,}20\text{ kWh}\cdot\text{km}^{-1}, en intégrant les pertes du chargeur et de la batterie). En prenant une valeur médiane c_e \approx 0{,}17\text{ kWh}\cdot\text{km}^{-1} :

\begin{aligned} \Delta E_{\text{elec}} &= D_{\text{tot}} \times c_e = 4{,}28 \times 10^{11} \times 0{,}17\text{ kWh} \\ &\approx 7{,}3 \times 10^{10}\text{ kWh} \approx 73\text{ TW}\cdot\text{h}\cdot\text{an}^{-1} \end{aligned}

Vérification par l'approche thermique (document 1) : La consommation d'énergie finale du secteur des transports est de 43{,}8\text{ Mtep}, dont 80\,\% pour le transport routier, les voitures particulières représentant 62\,\% de ce sous-total :

E_{\text{th}} = 43{,}8 \times 0{,}80 \times 0{,}62 \approx 21{,}7\text{ Mtep}

Avec 1\text{ tep} = 42\text{ GJ} = \frac{42 \times 10^9}{3{,}6 \times 10^{12}}\text{ TWh} \approx 11{,}67\text{ TWh}, cela représente :

E_{\text{th}} \approx 21{,}7 \times 11{,}67 \approx 253\text{ TW}\cdot\text{h}

Avec un rendement moyen du moteur thermique \eta_{\text{th}} \approx 25\,\% à 30\,\%, l'énergie mécanique utile nécessaire aux roues est E_{\text{méc}} \approx 253 \times 0{,}25 \approx 63\text{ TWh}. La chaîne de traction électrique (batterie, onduleur, moteur) et la recharge présentant un rendement global \eta_{\text{elec}} \approx 85\,\%, l'énergie électrique requise est :

\Delta E_{\text{elec}} = \frac{E_{\text{méc}}}{\eta_{\text{elec}}} \approx \frac{63}{0{,}85} \approx 74\text{ TW}\cdot\text{h}\cdot\text{an}^{-1}

Les deux méthodes conduisent au même ordre de grandeur :

\boxed{\Delta E_{\text{elec}} \approx 70\text{ à }80\text{ TW}\cdot\text{h}\cdot\text{an}^{-1}}

2. Nécessité de créer de nouvelles unités de production

D'après le document 2, la production totale d'électricité en France en 2019 était de E_{\text{tot}} = 537{,}7\text{ TW}\cdot\text{h}. Le supplément nécessaire représente donc :

\frac{\Delta E_{\text{elec}}}{E_{\text{tot}}} \approx \frac{75}{537{,}7} \approx 14\,\%

Ce volume est significatif :

  • À l'échelle annuelle de l'énergie : la France dispose historiquement d'un solde exportateur net d'électricité (souvent de l'ordre de 40 à 60\text{ TWh}\cdot\text{an}^{-1}). Si une fraction de cette énergie pouvait théoriquement être conservée sur le territoire national, elle ne suffirait pas à combler la totalité des besoins sans réduire la sécurité d'approvisionnement lors des périodes tendues (hiver).
  • À l'échelle de la puissance instantanée (document 3) : en l'absence de pilotage intelligent de la recharge, un million de VE engendre un appel de puissance supplémentaire pouvant atteindre 700 à 900\text{ MW} lors de la pointe du soir (19h–20h). Pour les 32{,}5\text{ millions} de véhicules du parc, cela représenterait un appel de crête théorique de l'ordre de 25 à 30\text{ GW}, ce qui est incompatible avec les capacités actuelles de production et de distribution.
\boxed{\text{Oui, de nouvelles unités de production d'électricité décarbonée seront nécessaires, ainsi qu'un pilotage de la recharge.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas énergie et puissance, et comparez quantitativement le surplus énergétique nécessaire à la production annuelle actuelle.

« Le point essentiel est de comparer l’énergie électrique supplémentaire qu’il faudrait produire si on remplaçait tous les véhicules à moteur thermique en véhicules électriques à la production énergétique actuelle. »

« Cette question a été très classante. En effet, de nombreux candidats confondent les notions d’énergie et de puissance. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : puissance électrique, énergie éolienne

Quantifier la puissance de crête nécessaire à la recharge de tous les véhicules électriques. Estimer la surface d'un champ éolien permettant d'assurer cette production d'électricité. Commenter.

Voir l'indice

Multiplier la puissance de pointe par million de véhicules électriques déduite de la courbe de charge sans pilotage du document 3 par le nombre total de véhicules, puis évaluer la surface occupée par un champ d'éoliennes grâce aux règles d'espacement du document 4.

Voir la stratégie
  1. Puissance de crête : utiliser la courbe de charge type du document 3 (donnée pour 10^6 véhicules) pour relever l'appel de puissance maximal par million de véhicules dans les différents scénarios, puis multiplier par le nombre total de véhicules particuliers estimé à la question Q1 (N_{\text{tot}} \approx 32{,}5\times 10^6).
  2. Surface du parc éolien : déterminer la puissance nominale totale à installer pour produire l'énergie annuelle requise (\Delta E_{\text{elec}} \approx 75\text{ TW}\cdot\text{h}) à l'aide du facteur de charge moyen (document 4). Choisir un modèle type d'éolienne (documents 4 et 5), en déduire le nombre d'éoliennes et l'espacement requis entre mâts pour calculer l'emprise surfacique au sol.
  3. Commentaires : comparer la surface obtenue à celle de la métropole (S_F = 550\,000\text{ km}^2), puis analyser la gestion de la pointe (intérêt du pilotage de la recharge) et le problème de l'intermittence du vent.
Voir la réponse courte

Puissance de crête obtenue en multipliant le parc par la puissance de recharge, puis surface éolienne nécessaire via la densité surfacique de puissance.

Voir le corrigé complet

1. Évaluation de la puissance de crête de recharge

D'après le document 3, pour un échantillon de 10^6 véhicules électriques non pilotés, l'appel de puissance de pointe (situé vers 19 h – 20 h) vaut selon les scénarios :

  • Scénario Opera : P_{\text{crête, 1M}} \approx 600\text{ MW} ;
  • Scénario Crescendo : P_{\text{crête, 1M}} \approx 700\text{ MW} ;
  • Scénario Forte : P_{\text{crête, 1M}} \approx 850\text{ MW}.

En retenant une valeur représentative moyenne sans pilotage de P_{\text{crête, 1M}} \approx 700\text{ à }800\text{ MW} pour 10^6 véhicules, la puissance de crête requise pour la totalité du parc de N_{\text{tot}} \approx 32{,}5\times 10^6 véhicules (question Q1) est :

P_{\text{crête}} = 32{,}5 \times P_{\text{crête, 1M}} \approx 32{,}5 \times 750\text{ MW} \approx 24\text{ GW}
\boxed{P_{\text{crête}} \approx 20\text{ à }28\text{ GW}}

2. Estimation de la surface d'un champ éolien

Pour assurer la production énergétique annuelle moyenne calculée à la question Q1 (\Delta E_{\text{elec}} \approx 75\text{ TW}\cdot\text{h}\cdot\text{an}^{-1}), la puissance moyenne à délivrer en continu est :

\langle P \rangle = \frac{\Delta E_{\text{elec}}}{\Delta t} = \frac{75\times 10^{12}\text{ W}\cdot\text{h}}{365 \times 24\text{ h}} \approx 8{,}6\text{ GW}

D'après le document 4, le facteur de charge moyen de l'éolien terrestre en France est f_c \approx 24{,}7\% \approx 0{,}25. La puissance nominale totale installée nécessaire est donc :

P_{\text{installée}} = \frac{\langle P \rangle}{f_c} \approx \frac{8{,}6\text{ GW}}{0{,}25} \approx 34\text{ à }35\text{ GW}

D'après le document 5, une éolienne terrestre moderne standard présente typiquement :

  • un diamètre de rotor D \approx 100\text{ m} ;
  • une puissance nominale unitaire P_n \approx 3{,}0\text{ MW}.

Le nombre total d'éoliennes à implanter est alors :

N_{\text{éol}} = \frac{P_{\text{installée}}}{P_n} \approx \frac{34{,}5\times 10^3\text{ MW}}{3{,}0\text{ MW}} \approx 11\,500\text{ éoliennes}

Selon le document 4, pour limiter les perturbations de sillage aérodynamique entre machines, l'espacement préconisé entre éoliennes est de d \approx 8 D (compris entre 6 D et 10 D, voire 15 D pour de très grands parcs). La surface attribuée à chaque machine en maille carrée est donc :

S_1 = d^2 = (8D)^2 = 64\,D^2 = 64 \times (0{,}100\text{ km})^2 = 0{,}64\text{ km}^2

La surface totale du champ éolien est ainsi :

S_{\text{parc}} = N_{\text{éol}} \times S_1 \approx 11\,500 \times 0{,}64\text{ km}^2 \approx 7\,400\text{ km}^2
\boxed{S_{\text{parc}} \approx 5\,000\text{ à }10\,000\text{ km}^2}

3. Commentaires

  • Emprise territoriale : rapportée à la surface de la France métropolitaine (S_F = 550\,000\text{ km}^2), la surface du parc représente :

    \frac{S_{\text{parc}}}{S_F} \approx \frac{7\,400}{550\,000} \approx 1{,}3\%

    Bien que l'emprise physique au sol des fondations soit faible (les terrains interstitiels restent exploitables pour l'agriculture), une telle surface (équivalente à un ou deux départements français) soulève de fortes contraintes d'acceptabilité paysagère et environnementale.

  • Impact sur le réseau et pilotage de la charge : l'appel de puissance de crête sans pilotage (\approx 25\text{ GW}) est colossal comparé au pic historique français (\approx 102\text{ GW}). Il survient précisément lors de la pointe du soir (19 h). Il est donc indispensable d'instaurer un pilotage intelligent de la recharge (tarification incitative heures creuses, recharge nocturne, bornes intelligentes, technologie Vehicle-to-Grid / V2G).
  • Intermittence : l'éolien étant fatal et fluctuant, il ne peut garantir la puissance lors des pics de consommation (notamment en période de grand froid anticyclonique sans vent). Cette production doit impérativement être couplée à du stockage, au parc nucléaire ou à d'autres moyens de régulation pilotables.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Structurez votre rédaction avec des grandeurs symbolisées, détaillez le raisonnement et appuyez votre conclusion sur des données quantitatives.

« Le jury souhaiterait que les candidats structurent mieux la rédaction d’une telle question. »

« le commentaire final qui doit s’appuyer sur des données quantitatives. Les réponses du type « cette surface est bien trop grande » ne sont pas valorisées. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Partie II : Conversion énergie éolienne en énergie mécanique – éolienne type Darrieus

Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : puissance moyenne, énergie cinétique

Quelle est l'énergie produite par cette éolienne sur une année ? Justifier votre raisonnement. Quelle est la puissance moyenne produite sur une année.

Voir l'indice

Calculer la puissance moyenne annuelle par une moyenne pondérée des puissances mesurées par leurs pourcentages de temps d'occurrence (tableau 1), puis intégrer sur une année complète de 8760 heures.

Voir la stratégie
  1. Calculer la puissance moyenne temporelle \langle P \rangle délivrée par l'éolienne à partir de la distribution statistique des vitesses de vent fournie par le tableau 1.
  2. Justifier l'extrapolation de la période de mesure de 6 mois à une année complète (hypothèses sur la représentativité du gisement éolien et la disponibilité de la machine).
  3. En déduire l'énergie annuelle produite E_{\text{an}} = \langle P \rangle \times \Delta t_{\text{an}}.
Voir la réponse courte

Intégration temporelle de la puissance instantanée fournie par la courbe de puissance couplée à la distribution des vitesses de vent.

Voir le corrigé complet

Le tableau 1 fournit la puissance moyenne P_i pour chaque plage de vitesse de vent ainsi que la fraction du temps f_i passée dans cette plage.

La puissance moyenne produite par l'éolienne est la moyenne pondérée par les pourcentages de temps d'occurrence :

\begin{aligned} \langle P \rangle &= \sum_{i=1}^{3} f_i P_i \\ &= 0{,}37 \times 867 + 0{,}54 \times 5320 + 0{,}09 \times 10236 \\ &= 321 + 2873 + 921 \end{aligned}
\boxed{\langle P \rangle \approx 4{,}1 \times 10^3\text{ W} = 4{,}1\text{ kW}}

Remarque : si l'on effectue la pondération exacte par le nombre de mesures (N_{\text{tot}} = 8350 + 12460 + 2060 = 22870), on obtient de façon très voisine :

\langle P \rangle = \frac{8350 \times 867 + 12460 \times 5320 + 2060 \times 10236}{22870} \approx 4{,}14\text{ kW}

Justification du raisonnement pour l'extrapolation annuelle : Les mesures ayant été réalisées sur une période de 6 mois, déterminer la production sur une année suppose que :

  • la distribution des vents observée sur ces 6 mois est statistiquement représentative de l'année entière (on néglige d'éventuelles fortes variations saisonnières du régime des vents) ;
  • l'éolienne fonctionne continûment avec un taux de disponibilité de 100\,\% (pas de pannes ni d'arrêts de maintenance prolongés).

Une année compte une durée :

\Delta t_{\text{an}} = 365 \times 24\text{ h} = 8760\text{ h} \approx 3{,}15 \times 10^7\text{ s}

L'énergie électrique produite sur une année s'en déduit :

\begin{aligned} E_{\text{an}} &= \langle P \rangle \Delta t_{\text{an}} \\ &= 4{,}11\text{ kW} \times 8760\text{ h} \approx 3{,}6 \times 10^4\text{ kW}\cdot\text{h} = 36\text{ MW}\cdot\text{h} \end{aligned}

En joules, cela correspond à :

E_{\text{an}} = 4{,}11 \times 10^3 \times 3{,}15 \times 10^7 \approx 1{,}3 \times 10^{11}\text{ J} = 130\text{ GJ}
\boxed{E_{\text{an}} \approx 36\text{ MW}\cdot\text{h} = 1{,}3 \times 10^{11}\text{ J}}

Résultat

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Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : composition des vitesses, vitesse relative

Représenter sur la figure A du document réponse, pour chaque position de la pale, les vecteurs , et .

Voir l'indice

Exprimer la vitesse d'entraînement du centre de poussée sous la forme \vec{u} = R\omega\vec{e}_\theta, puis construire le vecteur vitesse relative apparente \vec{w} = \vec{v}_0 - \vec{u} par soustraction vectorielle pour les différentes positions du cercle.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les vecteurs \vec{v}_0 et \vec{u} dans la base polaire (\vec{e}_r, \vec{e}_\theta) ou cartésienne (\vec{e}_x, \vec{e}_y) pour déterminer leur direction, leur sens et leur norme.
  2. Comparer les normes : avec \lambda_0 = \lambda/(1-a) \approx 3{,}8 > 1, la norme de -\vec{u} est nettement supérieure à celle de \vec{v}_0, ce qui conditionne l'orientation du vecteur résultant \vec{w} = \vec{v}_0 + (-\vec{u}).
  3. Construire géométriquement par la règle du parallélogramme la vitesse apparente \vec{w} en chacune des 6 positions indiquées sur la figure A.
Voir la réponse courte

Tracé de la vitesse du vent incident \vec{v}_0, de la vitesse d'entraînement opposée -\vec{u} et de la vitesse relative \vec{w}.

Voir le corrigé complet

Dans le référentiel terrestre \mathcal{R}_0, le vent incident au niveau de l'éolienne est uniforme :

\vec{v}_0 = v_0\,\vec{e}_x

Il est donc représenté en tout point par un vecteur horizontal dirigé vers la droite, de longueur constante v_0.

Le centre de poussée P_1 décrit un cercle de rayon R à la vitesse angulaire \omega = \dot{\theta} > 0 (sens trigonométrique). Sa vitesse dans \mathcal{R}_0 s'écrit :

\vec{u} = R\omega\,\vec{e}_\theta

Le vecteur -\vec{u} = -R\omega\,\vec{e}_\theta est tangent au cercle, orienté dans le sens horaire (opposé au mouvement de rotation), et de norme :

\|-\vec{u}\| = R\omega = \lambda v_\infty = \frac{\lambda}{1-a}\,v_0 = \lambda_0\,v_0 \approx 3{,}8\,v_0

La norme de -\vec{u} est donc constante et environ 3,8 fois plus grande que celle de \vec{v}_0.

La vitesse relative du vent par rapport à la pale s'obtient par composition des vitesses :

\vec{w} = \vec{v}_0 - \vec{u} = \vec{v}_0 + (-\vec{u})

Détaillons l'orientation pour les 6 positions représentées sur la figure A :

  • \theta = 0 : \vec{v}_0 = v_0\vec{e}_x (vers la droite) et -\vec{u} = -R\omega\vec{e}_y (vers le bas) ; \vec{w} est incliné vers le bas et la droite.
  • \theta = \frac{\pi}{4} : \vec{v}_0 est vers la droite, -\vec{u} est tangentiel descendant vers la droite ; \vec{w} pointe vers le bas et la droite.
  • \theta = \frac{\pi}{2} : -\vec{u} = R\omega\vec{e}_x et \vec{v}_0 = v_0\vec{e}_x sont colinéaires et de même sens ; \vec{w} = (v_0 + R\omega)\vec{e}_x est horizontal vers la droite, de norme maximale.
  • \theta = \pi : \vec{v}_0 = v_0\vec{e}_x (vers la droite) et -\vec{u} = R\omega\vec{e}_y (vers le haut) ; \vec{w} pointe vers le haut et la droite.
  • \theta = \frac{5\pi}{4} : -\vec{u} est tangentiel montant vers la gauche ; comme |-\vec{u}_x| = \frac{\sqrt{2}}{2}R\omega \approx 2{,}7\,v_0 > v_0, la composante horizontale de \vec{w} est négative : \vec{w} pointe vers le haut et la gauche.
  • \theta = \frac{3\pi}{2} : -\vec{u} = -R\omega\vec{e}_x (vers la gauche) et \vec{v}_0 = v_0\vec{e}_x (vers la droite) ; puisque R\omega > v_0, \vec{w} = (v_0 - R\omega)\vec{e}_x est horizontal dirigé vers la gauche, de norme minimale.
Voir ce qu'a relevé le jury

Déterminez au préalable les normes des vecteurs ou leur rapport pour réussir le tracé, ce que seuls 5 % des candidats ont proposé.

« Seuls 5 % des copies proposent des tracés corrects. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : cinématique du point, vitesse relative

Montrer que la norme de s'exprime par

avec .

Voir l'indice

Projeter le vecteur vitesse relative \vec{w} = v_0\vec{e}_x - R\omega\vec{e}_\theta sur la base cylindro-polaire locale (\vec{e}_r, \vec{e}_\theta), puis en calculer la norme euclidienne en factorisant par v_0 et en introduisant \lambda_0 = \lambda/(1-a).

Voir la stratégie
  1. Exprimer la vitesse d'entraînement \vec{u} du centre de poussée P_1 en fonction de v_0 et du paramètre adimensionné \lambda_0 = \lambda/(1-a).
  2. Projeter le vent incident \vec{v}_0 et la vitesse \vec{u} dans la base cylindro-polaire locale (\vec{e}_r, \vec{e}_\theta) liée à la pale.
  3. Calculer le carré de la norme de la vitesse relative \vec{w} = \vec{v}_0 - \vec{u} pour en déduire l'expression demandée.
Voir la réponse courte

Calcul de la norme du vecteur vitesse relative par projection dans la base polaire liée à la pale.

Voir le corrigé complet

Le centre de poussée P_1 est animé d'un mouvement circulaire uniforme de rayon R à la vitesse angulaire \omega autour de l'axe Oz. Sa vitesse dans le référentiel terrestre \mathcal{R}_0 s'écrit :

\vec{u} = R\omega\,\vec{e}_\theta

Par définition du coefficient de vitesse de pointe (TSR), on a \lambda = \dfrac{R\omega}{v_\infty}, soit R\omega = \lambda v_\infty. Sachant que la vitesse du vent au niveau du rotor vérifie v_0 = (1-a)v_\infty, il vient :

u = R\omega = \lambda \frac{v_0}{1-a} = \lambda_0 v_0 \quad \text{avec} \quad \lambda_0 = \frac{\lambda}{1-a}

Le vent au niveau du rotor est dirigé selon \vec{e}_x : \vec{v}_0 = v_0 \vec{e}_x. En projetant le vecteur unitaire \vec{e}_x dans la base polaire locale (\vec{e}_r, \vec{e}_\theta), on a :

\vec{e}_x = \cos\theta\,\vec{e}_r - \sin\theta\,\vec{e}_\theta

La vitesse apparente \vec{w} = \vec{v}_0 - \vec{u} s'exprime donc dans la base (\vec{e}_r, \vec{e}_\theta) sous la forme :

\begin{aligned} \vec{w} &= v_0(\cos\theta\,\vec{e}_r - \sin\theta\,\vec{e}_\theta) - \lambda_0 v_0\,\vec{e}_\theta \\ &= v_0\cos\theta\,\vec{e}_r - v_0(\sin\theta + \lambda_0)\,\vec{e}_\theta \end{aligned}

La base (\vec{e}_r, \vec{e}_\theta) étant orthonormée, le carré de la norme de \vec{w} vaut :

\begin{aligned} w^2 &= \|\vec{w}\|^2 = v_0^2 \cos^2\theta + v_0^2(\sin\theta + \lambda_0)^2 \\ &= v_0^2 \left( \cos^2\theta + \sin^2\theta + 2\lambda_0\sin\theta + \lambda_0^2 \right) \\ &= v_0^2 \left( 1 + 2\lambda_0\sin\theta + \lambda_0^2 \right) \end{aligned}

Comme w \ge 0, on obtient bien en prenant la racine carrée :

\boxed{w = v_0 \sqrt{1 + 2\lambda_0 \sin\theta + \lambda_0^2}}

Résultat

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : cinématique du point, angle d'incidence

Montrer que .

Voir l'indice

Projeter le vecteur -\vec{w} selon les axes de la pale et utiliser la définition trigonométrique de l'angle d'attaque \alpha = (\vec{e}_\theta, -\vec{w}) pour former le rapport de sa composante normale sur sa composante tangentielle.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur opposé à la vitesse relative, -\vec{w}, dans la base locale (\vec{e}_r, \vec{e}_\theta).
  2. Identifier une base orthonormée directe adaptée ayant \vec{e}_\theta comme premier vecteur afin de projeter -\vec{w} et d'en déduire les composantes de \alpha.
  3. Former le rapport \tan\alpha = \frac{\sin\alpha}{\cos\alpha}.
Voir la réponse courte

Détermination de la tangente de l'angle d'incidence \alpha à partir des composantes radiale et orthoradiale de \vec{w}.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q5, l'opposé du vecteur vitesse relative s'écrit dans la base orthonormée directe (\vec{e}_r, \vec{e}_\theta) liée à la pale :

-\vec{w} = -v_0\cos\theta\,\vec{e}_r + v_0(\sin\theta + \lambda_0)\,\vec{e}_\theta

D'après la figure 4, l'angle d'attaque \alpha est l'angle orienté par \vec{e}_z entre \vec{e}_\theta et -\vec{w}, soit \alpha = (\vec{e}_\theta, -\vec{w}).

Considérons la base orthonormée directe du plan (\vec{e}_\theta, -\vec{e}_r), orientée par \vec{e}_z puisque \vec{e}_\theta \wedge (-\vec{e}_r) = \vec{e}_z. Dans cette base, -\vec{w} se décompose sous la forme :

-\vec{w} = v_0(\sin\theta + \lambda_0)\,\vec{e}_\theta + v_0\cos\theta\,(-\vec{e}_r)

Par définition des fonctions trigonométriques dans cette base orthonormée directe :

\begin{aligned} \cos\alpha &= \frac{(-\vec{w})\cdot\vec{e}_\theta}{\|-\vec{w}\|} = \frac{v_0(\sin\theta + \lambda_0)}{w} \\ \sin\alpha &= \frac{(-\vec{w})\cdot(-\vec{e}_r)}{\|-\vec{w}\|} = \frac{v_0\cos\theta}{w} \end{aligned}

Comme \lambda_0 = \frac{\lambda}{1-a} \approx 3{,}81 > 1, la quantité \sin\theta + \lambda_0 ne s'annule jamais et reste strictement positive. On en déduit l'expression de la tangente de l'angle d'attaque :

\tan\alpha = \frac{\sin\alpha}{\cos\alpha}
\boxed{\tan\alpha = \frac{\cos\theta}{\sin\theta + \lambda_0}}

Résultat

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : cinématique du point

De façon qualitative, tracer en fonction de . Obtenir numériquement l'intervalle des variations de .

Voir l'indice

Dériver l'expression de \tan\alpha par rapport à \theta pour identifier les extrema atteints en \sin\theta = -1/\lambda_0, puis évaluer l'intervalle numérique de variation symétrique [\alpha_{\min}, \alpha_{\max}].

Voir la stratégie
  1. Exprimer \alpha(\theta) à l'aide de la fonction \arctan, licite puisque le dénominateur \sin\theta + \lambda_0 est strictement positif pour tout \theta (\lambda_0 > 1).
  2. Étudier la dérivée de g(\theta) = \tan\alpha(\theta) afin d'identifier les extrema et de dresser le tableau de variations.
  3. Calculer la valeur exacte des extrema sous forme littérale en fonction de \lambda_0, puis en déduire numériquement l'intervalle des variations de \alpha.
Voir la réponse courte

Étude qualitative des variations de \alpha(\theta) sur un tour et recherche des extrema locaux pour obtenir les bornes angulaires.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q5, avec \lambda = 2{,}4 et a = 0{,}37 :

\lambda_0 = \frac{\lambda}{1-a} = \frac{2{,}4}{1 - 0{,}37} \approx 3{,}81 > 1

Comme \sin\theta \ge -1, le dénominateur \sin\theta + \lambda_0 \ge \lambda_0 - 1 > 0 reste strictement positif pour tout \theta \in \mathbb{R}. Par conséquent, \cos\alpha > 0 et l'angle d'attaque appartient à l'intervalle \left]-\frac{\pi}{2}, \frac{\pi}{2}\right[.

La fonction \arctan étant strictement croissante sur \mathbb{R}, l'angle \alpha(\theta) = \arctan\bigl(g(\theta)\bigr) a les mêmes variations que :

g(\theta) = \tan\alpha = \frac{\cos\theta}{\sin\theta + \lambda_0}

1. Recherche des extrema de \alpha(\theta)
Dérivons g(\theta) par rapport à \theta :

\begin{aligned} g'(\theta) &= \frac{-\sin\theta(\sin\theta + \lambda_0) - \cos\theta(\cos\theta)}{(\sin\theta + \lambda_0)^2} \\ &= -\frac{\sin^2\theta + \cos^2\theta + \lambda_0\sin\theta}{(\sin\theta + \lambda_0)^2} \\ &= -\frac{1 + \lambda_0\sin\theta}{(\sin\theta + \lambda_0)^2} \end{aligned}

La dérivée s'annule lorsque 1 + \lambda_0\sin\theta = 0, soit :

\sin\theta = -\frac{1}{\lambda_0}

Comme \lambda_0 \approx 3{,}81 > 1, cette équation admet deux solutions sur [0, 2\pi[ :

\theta_1 = \pi + \arcsin\left(\frac{1}{\lambda_0}\right) \approx 195{,}2^\circ \quad \text{et} \quad \theta_2 = 2\pi - \arcsin\left(\frac{1}{\lambda_0}\right) \approx 344{,}8^\circ

En ces points, \cos^2\theta = 1 - \sin^2\theta = 1 - \frac{1}{\lambda_0^2} = \frac{\lambda_0^2 - 1}{\lambda_0^2}, d'où \cos\theta = \pm \frac{\sqrt{\lambda_0^2 - 1}}{\lambda_0}. Les valeurs extrémales de \tan\alpha sont donc :

\tan\alpha_{\text{ext}} = \frac{\pm \frac{\sqrt{\lambda_0^2 - 1}}{\lambda_0}}{-\frac{1}{\lambda_0} + \lambda_0} = \pm \frac{\sqrt{\lambda_0^2 - 1}}{\lambda_0^2 - 1} = \pm \frac{1}{\sqrt{\lambda_0^2 - 1}}

On en déduit les extrema de \alpha :

  • En \theta_1 \in [\pi, 3\pi/2], \cos\theta_1 < 0 : c'est un minimum local et global,

    \alpha_{\min} = -\arctan\left(\frac{1}{\sqrt{\lambda_0^2 - 1}}\right)
  • En \theta_2 \in [3\pi/2, 2\pi], \cos\theta_2 > 0 : c'est un maximum local et global,

    \alpha_{\max} = \arctan\left(\frac{1}{\sqrt{\lambda_0^2 - 1}}\right)

2. Application numérique

\begin{aligned} \tan\alpha_{\max} &= \frac{1}{\sqrt{3{,}81^2 - 1}} \approx \frac{1}{\sqrt{13{,}51}} \approx 0{,}272 \\ \alpha_{\max} &= \arctan(0{,}272) \approx 0{,}266\text{ rad} \approx 15{,}2^\circ \end{aligned}

L'intervalle de variation de \alpha est donc :

\boxed{\alpha \in [-15{,}2^\circ \,;\, +15{,}2^\circ] \quad \text{soit} \quad \alpha \in [-0{,}27\text{ rad} \,;\, +0{,}27\text{ rad}]}

3. Allure de la courbe \alpha(\theta)
Les points remarquables sont :

  • \theta = 0 : \tan\alpha = \frac{1}{\lambda_0} \approx 0{,}262 \implies \alpha \approx 14{,}7^\circ ;
  • \theta = \frac{\pi}{2} = 90^\circ : \cos\theta = 0 \implies \alpha = 0^\circ ;
  • \theta = \pi = 180^\circ : \tan\alpha = -\frac{1}{\lambda_0} \implies \alpha \approx -14{,}7^\circ ;
  • \theta_1 \approx 195^\circ : minimum \alpha_{\min} \approx -15{,}2^\circ ;
  • \theta = \frac{3\pi}{2} = 270^\circ : \cos\theta = 0 \implies \alpha = 0^\circ ;
  • \theta_2 \approx 345^\circ : maximum \alpha_{\max} \approx +15{,}2^\circ.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Tracez un graphe de période 2π en identifiant les points d'annulation et en évitant de positionner les extrema en 0 modulo π.

« Trop de représentations graphiques sont inexploitables ou imprécises. Le jury attendait un graphe de période 2π, avec les abscisses des points d’ordonnée nulle clairement identifiées et dont les extrema ne se situaient pas en 0 modulo π. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : force de portance, coefficient de traînée

Justifier que, dans le cas des pales de l'éolienne et pour la valeur de considérée, en peut écrire en première approximation que et . Estimer .

Voir l'indice

Vérifier graphiquement sur la figure 6 que dans l'intervalle d'angles d'attaque balayé, le coefficient de portance est très bien approché par une relation linéaire tandis que le coefficient de traînée reste tout à fait négligeable.

Voir la stratégie
  1. Évaluer le nombre de Reynolds de l'écoulement autour de la pale afin de choisir la courbe pertinente de la figure 6.
  2. Exploiter le domaine de variation de \alpha déterminé en Q7 pour justifier la linéarité de C_L(\alpha) et la petitesse de C_D devant C_L.
  3. Estimer la pente k par lecture graphique en précisant son unité (souvent exprimée en \mathrm{rad}^{-1}).
Voir la réponse courte

Lecture graphique de la polaire du profil NACA montrant la linéarité de C_L(\alpha) et la petitesse de C_D aux faibles incidences.

Voir le corrigé complet

1. Évaluation du nombre de Reynolds :

Le nombre de Reynolds associé à la pale s'écrit :

Re = \frac{\rho_{\text{air}} w \ell}{\eta}

D'après les questions Q4 et Q5, la vitesse relative w(\theta) varie dans l'intervalle :

w \in [v_0(\lambda_0 - 1) \,;\, v_0(\lambda_0 + 1)]

Avec v_0 = (1 - a)v_\infty = (1 - 0,37) \times 6,0 \approx 3,78\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et \lambda_0 \approx 3,81, on a :

w_{\min} \approx 3,78 \times 2,81 \approx 10,6\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \quad \text{et} \quad w_{\max} \approx 3,78 \times 4,81 \approx 18,2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}

En retenant une vitesse moyenne typique w \approx 14\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, on obtient :

Re \approx \frac{1,2 \times 14 \times 0,45}{1,8 \times 10^{-5}} \approx 4,2 \times 10^5 \sim 5 \times 10^5

On se réfère donc à la courbe correspondant à Re = 5,0 \times 10^5 sur la figure 6.

2. Justification des approximations :

D'après la question Q7, l'angle d'attaque oscille entre -15{,}2^\circ et +15{,}2^\circ.

  • Sur l'essentiel de cet intervalle (typiquement pour |\alpha| \le 10^\circ à 12^\circ), la courbe C_L(\alpha) est une droite passant par l'origine (du fait de la symétrie du profil NACA 0012) avant l'amorce du décrochage. On peut donc approcher la portance par :

    C_L(\alpha) \approx k\alpha
  • Sur la figure 6, pour |\alpha| \le 12^\circ, le coefficient de traînée reste très faible (C_D \approx 0,01 à 0,02) alors que C_L atteint des valeurs de l'ordre de 1. En dehors du voisinage immédiat de \alpha = 0 où les deux coefficients s'annulent, on a bien :

    C_D \ll C_L

3. Estimation de la constante k :

Par lecture graphique sur la courbe C_L(\alpha) à Re = 5,0 \times 10^5, on relève pour \alpha = 10^\circ :

C_L(10^\circ) \approx 1,1

La pente s'exprime ainsi :

k = \frac{\Delta C_L}{\Delta \alpha} \approx \frac{1,1}{10^\circ} = 0,11\text{ deg}^{-1}

Exprimée en radians (unité du Système International) :

k = 0,11 \times \frac{180}{\pi} \approx 6,3\text{ rad}^{-1}
\boxed{k \approx 6,3\text{ rad}^{-1} \quad (\text{soit } 0,11\text{ deg}^{-1})}

Résultat

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : force de portance, moment d'une force

Exprimer la force exercée par le vent sur la pale n°1 dans la base . Commenter l'effet de chacune des composantes sur la rotation de l'éolienne.

Voir l'indice

Décomposer la force de portance \vec{F}_L perpendiculairement à \vec{w} dans la base polaire ; identifier la composante tangentielle motrice favorisant la rotation et la composante radiale encaissée par la structure mécanique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur unitaire tangentiel \vec{t} dans la direction de la vitesse relative \vec{w}, puis en déduire le vecteur normal \vec{n} dans la base polaire (\vec{e}_r, \vec{e}_\theta) en utilisant l'angle d'attaque \alpha.
  2. Déterminer l'expression de la force de portance \vec{F}_1 = \vec{F}_L (puisque C_D = 0) sur les axes \vec{e}_r et \vec{e}_\theta.
  3. Analyser l'effet mécanique de chaque composante sur la rotation de l'éolienne via le calcul de son moment par rapport à l'axe de rotation Oz.
Voir la réponse courte

Projection de la force de portance perpendiculaire à \vec{w} : seule la composante orthoradiale produit un moment moteur autour de l'axe.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, la force de traînée est négligée (C_D = 0), de sorte que la résultante aérodynamique se réduit à la force de portance :

\vec{F}_1 = \vec{F}_L = \frac{1}{2}\rho_{\text{air}} S C_L(\alpha) w^2 \vec{n} = \frac{1}{2}\rho_{\text{air}} S k \alpha w^2 \vec{n}

D'après la figure 4, l'angle d'attaque \alpha = (\vec{e}_\theta, -\vec{w}) repère la direction de -\vec{w} par rapport à \vec{e}_\theta. Le vecteur tangent unitaire \vec{t} = \vec{w}/w s'écrit donc :

-\vec{t} = -\frac{\vec{w}}{w} = -\sin\alpha\,\vec{e}_r + \cos\alpha\,\vec{e}_\theta \implies \vec{t} = \sin\alpha\,\vec{e}_r - \cos\alpha\,\vec{e}_\theta

Le vecteur unitaire \vec{n}, normal à \vec{t} dans le plan (xOy) et orienté vers l'extérieur de l'éolienne (\vec{n} \cdot \vec{e}_r > 0, sachant que |\alpha| \le 15{,}2^\circ, donc \cos\alpha > 0), s'en déduit directement :

\vec{n} = \cos\alpha\,\vec{e}_r + \sin\alpha\,\vec{e}_\theta

On en déduit l'expression de la force \vec{F}_1 dans la base (\vec{e}_r, \vec{e}_\theta) :

\boxed{ \vec{F}_1 = \frac{1}{2}\rho_{\text{air}} S k \alpha w^2 \cos\alpha\,\vec{e}_r + \frac{1}{2}\rho_{\text{air}} S k \alpha w^2 \sin\alpha\,\vec{e}_\theta }

Dans l'approximation des petits angles vue à la question Q8 (\cos\alpha \approx 1 et \sin\alpha \approx \alpha), cette expression se simplifie en :

\vec{F}_1 \approx \frac{1}{2}\rho_{\text{air}} S k \alpha w^2 \vec{e}_r + \frac{1}{2}\rho_{\text{air}} S k \alpha^2 w^2 \vec{e}_\theta

Commentaires sur l'effet des composantes :

  • Composante radiale F_{1,r}\,\vec{e}_r : Sa ligne d'action passe par l'axe de rotation Oz (\vec{OP}_1 \times \vec{e}_r = \vec{0}). Son moment par rapport à Oz est donc rigoureusement nul : elle ne contribue aucunement au couple moteur et n'a aucun effet direct sur la rotation de l'éolienne. Elle sollicite en revanche la pale en traction ou compression radiale ainsi qu'en flexion des bras supports.
  • Composante tangentielle (orthoradiale) F_{1,\theta}\,\vec{e}_\theta : Elle est orthogonale au rayon vecteur et parallèle à la vitesse d'entraînement \vec{u} = R\omega\vec{e}_\theta. Son moment par rapport à l'axe Oz vaut \mathcal{M}_{z,1} = R F_{1,\theta}. Comme \alpha et \sin\alpha sont de même signe, le produit \alpha\sin\alpha est toujours positif ou nul : cette force crée ainsi un couple orienté selon +\vec{e}_z, fournissant une puissance motrice instantanée \mathcal{P}_1 = F_{1,\theta} R \omega \ge 0 qui entretient la rotation du rotor.

Résultat

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : moment d'une force, force de portance

Exprimer , moment de la force par rapport à l'axe et montrer que

où . En déduire .

Voir l'indice

Calculer le moment élémentaire \mathcal{M}_{z,1} = (\vec{OP}_1 \wedge \vec{F}_1)\cdot\vec{e}_z = R F_{1,\theta}, puis effectuer l'approximation des petits angles \sin\alpha \approx \tan\alpha pour isoler la fonction adimensionnelle f(\theta) et la constante \kappa.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le moment par rapport à l'axe Oz de la force \vec{F}_1 appliquée en P_1 à l'aide du produit vectoriel \vec{\mathcal{M}}_{O}(\vec{F}_1) = \vec{OP}_1 \wedge \vec{F}_1.
  2. Utiliser l'expression de la composante tangentielle F_{1,\theta} obtenue à la question Q9 et l'approximation des petits angles pour \alpha (\alpha \approx \sin\alpha \approx \tan\alpha).
  3. Injecter les expressions de w^2 (établie en Q5) et de \tan\alpha (établie en Q6) pour identifier la fonction f(\theta) et la constante \kappa.
Voir la réponse courte

Calcul du bras de levier et du produit vectoriel \vec{r} \wedge \vec{F}_1 pour aboutir à la fonction f(\theta) et identifier la constante \kappa.

Voir le corrigé complet

Le centre de poussée P_1 est repéré par \vec{OP}_1 = R\,\vec{e}_r. Le moment de la force \vec{F}_1 par rapport au point O s'écrit :

\vec{\mathcal{M}}_{O}(\vec{F}_1) = \vec{OP}_1 \wedge \vec{F}_1 = (R\,\vec{e}_r) \wedge \left( F_{1,r}\,\vec{e}_r + F_{1,\theta}\,\vec{e}_\theta \right) = R\,F_{1,\theta}\,\vec{e}_z

Le moment scalaire par rapport à l'axe fixe Oz est donc :

\mathcal{M}_{z,1} = \vec{\mathcal{M}}_{O}(\vec{F}_1) \cdot \vec{e}_z = R\,F_{1,\theta}

D'après le résultat de la question Q9, la composante orthoradiale s'exprime selon :

F_{1,\theta} = \frac{1}{2}\rho_{\text{air}} S k \alpha w^2 \sin\alpha

Comme montré à la question Q7, l'angle d'attaque reste faible sur l'ensemble de la trajectoire (|\alpha| \le \alpha_{\max} \approx 15{,}2^\circ \approx 0{,}27\text{ rad}). On effectue ainsi l'approximation au premier ordre :

\sin\alpha \approx \alpha \approx \tan\alpha \implies \alpha \sin\alpha \approx \tan^2\alpha

Il vient alors :

\mathcal{M}_{z,1} \approx \frac{1}{2}\rho_{\text{air}} S R k w^2 \tan^2\alpha

En utilisant les expressions obtenues aux questions Q5 et Q6 :

\begin{aligned} w^2 &= v_0^2 \left(1 + 2\lambda_0 \sin\theta + \lambda_0^2\right) \\ \tan\alpha &= \frac{\cos\theta}{\sin\theta + \lambda_0} \implies \tan^2\alpha = \frac{\cos^2\theta}{(\lambda_0 + \sin\theta)^2} \end{aligned}

Le produit w^2 \tan^2\alpha prend la forme :

w^2 \tan^2\alpha = v_0^2 \left(1 + 2\lambda_0 \sin\theta + \lambda_0^2\right) \frac{\cos^2\theta}{(\lambda_0 + \sin\theta)^2} = v_0^2 f(\theta)

On obtient bien la forme demandée :

\mathcal{M}_{z,1} = \kappa f(\theta)

avec :

\boxed{\kappa = \frac{1}{2}\rho_{\text{air}} S R k v_0^2 = \frac{1}{2}\rho_{\text{air}} S R k (1-a)^2 v_\infty^2}

Résultat

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : moment d'une force, solide en rotation

Exprimer le couple engendré par les trois pales sur le rotor de l'éolienne.

Voir l'indice

Sommer algébriquement les moments développés par chacune des trois pales en introduisant le déphasage géométrique régulier de 2\pi/3 entre les positions successives.

Voir la stratégie
  1. Exploiter la symétrie axiale du rotor constitué de trois pales identiques régulièrement réparties tous les \frac{2\pi}{3}.
  2. Exprimer le moment exercé par chaque pale en décalant sa position angulaire, puis sommer les contributions pour obtenir le couple résultant \Gamma_z.
Voir la réponse courte

Somme des moments des trois pales déphasées de 2\pi/3 et 4\pi/3 pour obtenir le couple total instantané.

Voir le corrigé complet

Les trois pales étant identiques et réparties symétriquement autour de l'axe de rotation Oz, leurs positions angulaires respectives à un instant donné sont :

\theta_n = \theta + n\frac{2\pi}{3}, \quad \text{pour } n \in \{0, 1, 2\}.

D'après la question Q10, le moment par rapport à l'axe Oz de la force exercée par le vent sur la pale repérée par l'angle \theta_n s'écrit :

\mathcal{M}_{z, n+1} = \kappa f(\theta_n) = \kappa f\!\left(\theta + n\frac{2\pi}{3}\right).

Le couple total \Gamma_z exercé par les trois pales sur le rotor est la somme des moments appliqués par chacune d'elles :

\begin{aligned} \Gamma_z &= \sum_{n=0}^{2} \mathcal{M}_{z, n+1} \\ &= \kappa \sum_{n=0}^{2} f\!\left(\theta + n\frac{2\pi}{3}\right). \end{aligned}

En introduisant la fonction F(\theta) définie dans l'énoncé, on obtient :

\boxed{\Gamma_z = \kappa F(\theta) = \kappa \sum_{n=0}^{2} f\!\left(\theta + n\frac{2\pi}{3}\right)}

où la constante \kappa, établie à la question Q10, vaut \kappa = \dfrac{1}{2}\rho_{\text{air}} S R k v_0^2 = \dfrac{1}{2}\rho_{\text{air}} S R k (1-a)^2 v_\infty^2.

Résultat

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : puissance mécanique, solide en rotation

La puissance moyenne du couple est . En déduire la puissance moyenne transférée au rotor dans ce modèle. En donner une estimation numérique dans le cas considéré jusqu'ici. Donner un exemple concret d'objet ou d'installation électrique susceptible d'être alimenté par cette éolienne. Donnée : .

Voir l'indice

Relever sur la figure 7 la valeur moyenne \langle F \rangle de la fonction de couple pour \lambda_0 = 3{,}8, en déduire le couple moyen global \langle \Gamma_z \rangle = \kappa \langle F \rangle, puis multiplier par la vitesse de rotation \omega = \lambda v_\infty / R.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance mécanique moyenne \mathcal{P} en reliant le couple moyen \langle \Gamma_z \rangle à la constante \kappa, à la valeur moyenne \langle F \rangle de la fonction F(\theta) lue sur la figure 7, et à la vitesse angulaire \omega.
  2. Réaliser l'application numérique avec les grandeurs données dans l'énoncé et le document réponse.
  3. Proposer des exemples d'applications électriques courantes dont la puissance est de l'ordre de grandeur trouvé.
Voir la réponse courte

Valeur moyenne temporelle du couple multipliée par \omega, estimation numérique et mise en regard avec la consommation d'un petit habitat.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q11, le couple total exercé par les trois pales sur le rotor s'écrit :

\Gamma_z(\theta) = \kappa F(\theta)

où \kappa = \frac{1}{2}\rho_{\text{air}} S R k v_0^2 = \frac{1}{2}\rho_{\text{air}} (\ell L) R k (1-a)^2 v_\infty^2 (d'après la question Q10).

La vitesse angulaire de rotation \omega s'obtient à partir de la définition du coefficient de vitesse \lambda :

\omega = \frac{\lambda v_\infty}{R}

La puissance moyenne transférée au rotor est donc :

\mathcal{P} = \langle \Gamma_z \rangle \omega = \kappa \langle F \rangle \omega = \frac{1}{2}\rho_{\text{air}}\ell L k \lambda (1-a)^2 v_\infty^3 \langle F \rangle

Estimation numérique :

  • La vitesse angulaire vaut :

    \omega = \frac{2{,}4 \times 6{,}0}{4{,}0} = 3{,}6\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}
  • La surface alaire d'une pale est S = \ell L = 0{,}45 \times 8{,}0 = 3{,}6\text{ m}^2.
  • La vitesse du vent au niveau du rotor est v_0 = (1 - 0{,}37) \times 6{,}0 = 3{,}78\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.
  • Le facteur \kappa vaut alors :

    \kappa = \frac{1}{2} \times 1{,}2 \times 3{,}6 \times 4{,}0 \times 6{,}3 \times (3{,}78)^2 \approx 7{,}78 \times 10^2\text{ N}\cdot\text{m}
  • Sur la figure 7, pour \lambda_0 = \lambda/(1-a) = 3{,}81 \approx 3{,}8, la fonction F(\theta) est périodique et oscille de manière quasi-sinusoïdale entre 1{,}56 et 1{,}62. On évalue sa valeur moyenne à :

    \langle F \rangle \approx 1{,}59 \approx 1{,}6
  • Le couple moyen développé est donc :

    \langle \Gamma_z \rangle = \kappa \langle F \rangle \approx 778 \times 1{,}59 \approx 1{,}24 \times 10^3\text{ N}\cdot\text{m}

On en déduit la puissance mécanique moyenne transférée au rotor :

\mathcal{P} = 1{,}24 \times 10^3 \times 3{,}6 \approx 4{,}5 \times 10^3\text{ W} = 4{,}5\text{ kW}
\boxed{\mathcal{P} \approx 4{,}5\text{ kW}}

Exemples d'installations susceptibles d'être alimentées : Une puissance de l'ordre de 4 à 5\text{ kW} permet typiquement d'alimenter :

  • une borne de recharge lente/standard pour véhicule électrique (borne monophasée domestique de 3{,}7\text{ kW}) ;
  • les besoins électriques de base d'un logement individuel (hors chauffage tout électrique) ;
  • un système de pompage d'eau pour l'irrigation agricole.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Détaillez bien toutes les étapes de ce calcul de synthèse, réussi par moins de 10 % des candidats ayant abordé la question.

« moins de 50 % des candidats abordent la question 12 après neuf courtes questions et parmi eux, moins de 10 % obtiennent la puissance moyenne transférée au rotor. »

« Les candidats traitent ce type de question de synthèse trop rapidement. Ceux qui ont détaillé les différentes étapes ont obtenu, au moins partiellement, des points précieux. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : débit massique, énergie cinétique

Définir puis déterminer le débit d'énergie cinétique traversant le cylindre éolien si l'éolienne était absente.

Voir l'indice

Définir le débit d'énergie cinétique comme le produit du flux de masse d'air traversant la surface frontale projetée du rotor S_{\text{front}} = 2RL par l'énergie cinétique massique du vent non perturbé.

Voir la stratégie
  1. Définir le débit d'énergie cinétique comme le flux surfacique du vecteur densité de flux d'énergie cinétique (ou le produit de l'énergie cinétique massique par le débit massique) à travers la surface du cylindre éolien.
  2. Identifier la surface efficace interceptant le flux de vent non perturbé \vec{v}_\infty, qui correspond à la section frontale projetée du rotor.
  3. Exprimer littéralement D_{E_c} puis procéder à l'application numérique avec les grandeurs fournies.
Voir la réponse courte

Débit massique \rho S v_\infty multiplié par l'énergie cinétique massique v_\infty^2/2, soit D_{E_c} = \frac{1}{2}\rho S v_\infty^3.

Voir le corrigé complet

Le débit d'énergie cinétique D_{E_c} (ou puissance cinétique disponible dans le vent) représente l'énergie cinétique du fluide non perturbé traversant par unité de temps la section balayée par le rotor éolien :

D_{E_c} = \frac{\mathrm{d}E_c}{\mathrm{d}t} = \iint_{S_{\text{front}}} \frac{1}{2} \rho_{\text{air}} v^2 \, (\vec{v} \cdot \mathrm{d}\vec{S})

En l'absence de l'éolienne, le vent est uniforme et unidirectionnel, de vitesse constante \vec{v}_\infty = v_\infty \vec{e}_x.

La surface apparente (section droite frontale perpendiculaire à \vec{e}_x) délimitée par le cylindre éolien de rayon R et de hauteur L est un rectangle de dimensions 2R par L, de surface :

S_{\text{front}} = 2 R L

Le débit massique d'air traversant cette section s'écrit :

D_m = \rho_{\text{air}} S_{\text{front}} v_\infty = 2 \rho_{\text{air}} R L v_\infty

L'énergie cinétique massique du vent étant e_c = \frac{1}{2} v_\infty^2, le débit d'énergie cinétique s'obtient par :

D_{E_c} = e_c D_m = \frac{1}{2} \rho_{\text{air}} S_{\text{front}} v_\infty^3 = \rho_{\text{air}} R L v_\infty^3
\boxed{D_{E_c} = \rho_{\text{air}} R L v_\infty^3}

Application numérique : Avec \rho_{\text{air}} = 1{,}2\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, R = 4{,}0\text{ m}, L = 8{,}0\text{ m} (soit S_{\text{front}} = 64\text{ m}^2) et v_\infty = 6{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

D_{E_c} = 1{,}2 \times 4{,}0 \times 8{,}0 \times 6{,}0^3 = 8\,294\text{ W} \approx 8{,}3\text{ kW}
\boxed{D_{E_c} \approx 8{,}3\text{ kW}}

Résultat

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : rendement, limite de betz

Définir le coefficient de puissance de l'éolienne qui représente le rendement moyen de l'éolienne en énergie. L'exprimer en fonction de , , et des données géométriques de l'éolienne. Faire l'application numérique. Commenter.

Voir l'indice

Écrire le rapport \eta = \mathcal{P}/D_{E_c}, simplifier analytiquement les termes dimensionnels pour faire apparaître les paramètres sans dimension k, \lambda et a, puis comparer la valeur numérique obtenue à la limite théorique de Betz.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la définition du coefficient de puissance (ou rendement aérodynamique) \eta comme le rapport de la puissance mécanique moyenne extraite \mathcal{P} sur le débit d'énergie cinétique du vent incident D_{E_c}.
  2. Exprimer \eta à l'aide des expressions établies aux questions Q12 et Q13 pour mettre en évidence sa dépendance vis-à-vis des grandeurs demandées (k, \lambda, a, \ell, R).
  3. Effectuer l'application numérique et confronter la valeur obtenue à la limite théorique de Betz ainsi qu'aux performances réelles mesurées.
Voir la réponse courte

Rapport \eta = \mathcal{P}/D_{E_c} exprimé avec les paramètres du système et comparaison à la limite théorique de Betz (16/27).

Voir le corrigé complet

Le coefficient de puissance \eta (également noté C_p) représente la fraction de la puissance cinétique du vent incident interceptée et convertie en puissance mécanique par le rotor :

\eta = \frac{\mathcal{P}}{D_{E_c}}

D'après la question Q12, la puissance mécanique moyenne s'écrit :

\mathcal{P} = \kappa \langle F \rangle \omega

où, en utilisant S = \ell L, \kappa = \dfrac{1}{2}\rho_{\text{air}} \ell L R k (1-a)^2 v_\infty^2 et \omega = \dfrac{\lambda v_\infty}{R}, on a :

\mathcal{P} = \frac{1}{2} \rho_{\text{air}} \ell L k \lambda (1-a)^2 v_\infty^3 \langle F \rangle

D'après la question Q13, le débit d'énergie cinétique traversant la section frontale S_{\text{front}} = 2 R L du cylindre éolien vaut :

D_{E_c} = \frac{1}{2} \rho_{\text{air}} S_{\text{front}} v_\infty^3 = \rho_{\text{air}} R L v_\infty^3

En faisant le rapport, la hauteur L et la vitesse v_\infty se simplifient :

\boxed{\eta = \frac{\ell k \lambda (1-a)^2 \langle F \rangle}{2 R}}

où \langle F \rangle est la valeur moyenne de la fonction sans dimension F(\theta) tracée en figure 7.

Application numérique : Pour \lambda_0 = 3{,}8, la figure 7 indique une fonction F(\theta) quasi constante de valeur moyenne \langle F \rangle \approx 1{,}58. Avec \ell = 0{,}45\text{ m}, R = 4{,}0\text{ m}, k = 6{,}3\text{ rad}^{-1}, \lambda = 2{,}4 et a = 0{,}37 (soit 1-a = 0{,}63) :

\eta = \frac{0{,}45 \times 6{,}3 \times 2{,}4 \times (0{,}63)^2 \times 1{,}58}{2 \times 4{,}0} \approx 0{,}53

soit de façon équivalente, avec \mathcal{P} \approx 4{,}4\text{ kW} et D_{E_c} \approx 8{,}3\text{ kW} :

\boxed{\eta \approx 53\,\%}

Commentaires :

  • La valeur obtenue reste inférieure à la limite théorique de Betz pour un capteur éolien idéal en écoulement libre :

    \eta_{\text{Betz}} = \frac{16}{27} \approx 59{,}3\,\%

    ce qui est physiquement cohérent.

  • Cette valeur est remarquablement élevée pour une éolienne à axe vertical réelle (dont le rendement effectif se situe habituellement entre 30\,\% et 40\,\%). Cela s'explique par les simplifications du modèle : traînée négligée (C_D = 0), absence de décrochage dynamique, écoulement purement bidimensionnel (effets de bord aux extrémités des pales omis).
  • D'après la courbe de la figure 2, la puissance électrique produite à v_\infty = 6{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} est d'environ 2{,}9\text{ kW}, ce qui correspond à un rendement global réel \eta_{\text{réel}} \approx \dfrac{2{,}9}{8{,}3} \approx 35\,\%, en bon accord avec les pertes mécaniques, électriques et de traînée non prises en compte ici.

Résultat

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : décomposition de fourier, périodicité

Quelle sera(seront) la(les) fréquence(s) des composantes sinusoïdales du couple ? Donner leurs valeurs dans la plage de fonctionnement nominale, pour allant de 0 à ?

Voir l'indice

Remarquer que la symétrie à 3 pales confère au couple une périodicité spatiale de 2\pi/3, ce qui impose des harmoniques multiples de 3 fois la fréquence de rotation mécanique.

Voir la stratégie
  1. Analyser la périodicité spatiale du couple total \Gamma_z(\theta) à partir de la somme sur les trois pales déphasées de 2\pi/3, en s'appuyant sur la décomposition en série de Fourier et la figure 7.
  2. Relier la pulsation temporelle \omega à la vitesse du vent v_\infty via le paramètre \lambda = R\omega / v_\infty.
  3. Exprimer les fréquences des harmoniques du couple et calculer leur plage de valeurs pour v_\infty \in [0\,;\,16]\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.
Voir la réponse courte

Présence de trois pales créant une symétrie d'ordre 3 : fréquence fondamentale du couple égale à 3f_{\text{rot}} = 3\omega/(2\pi).

Voir le corrigé complet

Le couple aérodynamique total exercé sur le rotor est donné d'après la question Q11 par :

\Gamma_z(\theta) = \kappa F(\theta) = \kappa \sum_{n=0}^{2} f\!\left(\theta + n\frac{2\pi}{3}\right)

La fonction f(\theta), associée à une seule pale, est 2\pi-périodique et admet une décomposition en série de Fourier :

f(\theta) = c_0 + \sum_{p=1}^{+\infty} c_p \cos(p\theta + \psi_p)

En sommant sur les trois pales déphasées spatialement de 2\pi/3, on obtient :

F(\theta) = 3 c_0 + \sum_{p=1}^{+\infty} c_p \sum_{n=0}^{2} \cos\!\left(p\theta + p n \frac{2\pi}{3} + \psi_p\right)

Or, la somme des trois termes trigonométriques s'annule par interférence destructive sauf lorsque p est un multiple de 3 (p = 3m avec m \in \mathbb{N}^*), auquel cas les trois pales oscillent en phase et les amplitudes s'ajoutent :

\sum_{n=0}^{2} \cos\!\left(p\theta + p n \frac{2\pi}{3} + \psi_p\right) = \begin{cases} 3\cos(3m\theta + \psi_{3m}) & \text{si } p = 3m \\ 0 & \text{sinon} \end{cases}

La fonction F(\theta) est donc périodique de période angulaire :

\Delta \theta = \frac{2\pi}{3} = 120^\circ

ce que confirme directement la figure 7 de l'énoncé, sur laquelle le motif se répète 3 fois sur un tour complet (360^\circ).

En régime permanent, les pales tournent à la vitesse angulaire \omega = \dot{\theta}, d'où \theta(t) = \omega t. La fréquence de rotation du rotor est :

f_{\text{rot}} = \frac{\omega}{2\pi} = \frac{\lambda v_\infty}{2\pi R}

Les composantes sinusoïdales du couple n'existent donc qu'aux fréquences multiples de la fréquence de passage des pales (dite fréquence 3\text{P}) :

f_m = 3m f_{\text{rot}} = m \frac{3\lambda v_\infty}{2\pi R} \quad \text{avec } m \in \mathbb{N}^*

La composante fondamentale du couple oscillant correspond à m = 1 :

\boxed{f = \frac{3\lambda v_\infty}{2\pi R}}

ainsi que ses harmoniques d'ordres supérieurs f_m = m f (m \ge 2).

Application numérique : Avec \lambda = 2,4 et R = 4,0\text{ m} :

\frac{3\lambda}{2\pi R} = \frac{3 \times 2,4}{2\pi \times 4,0} = \frac{0,90}{\pi} \approx 0,286\text{ m}^{-1}

Dans la plage de fonctionnement nominale allant de v_\infty = 0 à 16\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

  • pour v_\infty = 0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} : f = 0\text{ Hz} ;
  • pour v_\infty = 16\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} : f = \frac{0,90}{\pi} \times 16 \approx 4,6\text{ Hz}.

La fréquence fondamentale varie donc dans la plage :

\boxed{f \in [0\text{ Hz} \, ; \, 4,6\text{ Hz}]}

Les composantes harmoniques associées varient dans les plages multiples : [0 \, ; \, 9,2\text{ Hz}] pour m = 2, [0 \, ; \, 13,7\text{ Hz}] pour m = 3, etc.

Résultat

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : force de traînée, puissance d'une force

Montrer que la puissance de la force de traînée sur un tour est négative. Discuter de l'influence de sur la puissance moyenne que peut fournir une éolienne.

Voir l'indice

Écrire le travail élémentaire de la force de traînée le long du déplacement circulaire et vérifier que le produit scalaire \vec{F}_D \cdot \vec{u} est strictement négatif en tout point de la trajectoire.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance instantanée développée par la force de traînée \vec{F}_D sur la pale n°1 à l'aide de la vitesse du centre de poussée \vec{u}.
  2. Évaluer le produit scalaire \vec{w} \cdot \vec{u} et en déduire le signe de cette puissance instantanée en utilisant la condition \lambda_0 > 1.
  3. Conclure sur le signe de la puissance moyenne sur un tour et discuter l'effet de C_D sur les performances globales de l'éolienne.
Voir la réponse courte

Puissance élémentaire \vec{F}_D \cdot \vec{u} toujours résistante car la force de traînée s'oppose à la vitesse relative, réduisant la puissance utile.

Voir le corrigé complet

La force de traînée exercée sur la pale n°1 s'écrit :

\vec{F}_{D,1} = \frac{1}{2} C_D \rho_{\text{air}} S w^2 \vec{t} = \frac{1}{2} C_D \rho_{\text{air}} S w \vec{w}

où \vec{t} = \frac{\vec{w}}{w} est le vecteur unitaire colinéaire et de même sens que la vitesse relative \vec{w}.

Le point d'application P_1 se déplace dans le référentiel terrestre \mathcal{R}_0 à la vitesse \vec{u} = R\omega \vec{e}_\theta. La puissance mécanique instantanée développée par la traînée sur cette pale est donc :

\mathcal{P}_{D,1} = \vec{F}_{D,1} \cdot \vec{u} = \frac{1}{2} C_D \rho_{\text{air}} S w \, (\vec{w} \cdot \vec{u})

Or, par définition de la vitesse relative \vec{w} = \vec{v}_0 - \vec{u}, et sachant que \vec{v}_0 = v_0 \vec{e}_x = v_0(\cos\theta\vec{e}_r - \sin\theta\vec{e}_\theta), le produit scalaire vaut :

\begin{aligned} \vec{w} \cdot \vec{u} &= (\vec{v}_0 - \vec{u}) \cdot \vec{u} = \vec{v}_0 \cdot \vec{u} - u^2 \\ &= - v_0 R\omega \sin\theta - (R\omega)^2 \\ &= - v_0 R\omega (\sin\theta + \lambda_0) \end{aligned}

car \lambda_0 = \frac{R\omega}{v_0}. On en déduit l'expression de la puissance instantanée :

\mathcal{P}_{D,1}(\theta) = -\frac{1}{2} C_D \rho_{\text{air}} S R\omega v_0 \, w(\theta) (\lambda_0 + \sin\theta)

Dans les conditions de fonctionnement de l'éolienne, \lambda_0 = \frac{\lambda}{1-a} = \frac{2{,}4}{1-0{,}37} \approx 3{,}81 > 1. Ainsi :

\forall \theta \in [0, 2\pi], \quad \lambda_0 + \sin\theta \ge \lambda_0 - 1 > 0

Comme C_D > 0, \rho_{\text{air}} > 0, S > 0, R\omega > 0, v_0 > 0 et w(\theta) > 0, la puissance instantanée est strictement négative à chaque instant : \mathcal{P}_{D,1}(\theta) < 0.

La puissance moyenne de la force de traînée sur un tour, qu'on considère une pale ou l'ensemble des trois pales, est donc strictement négative :

\boxed{\langle \mathcal{P}_D \rangle = \frac{1}{2\pi} \int_0^{2\pi} \mathcal{P}_D(\theta) \, \mathrm{d}\theta < 0}

Discussion de l'influence de C_D :

  • La force de traînée est une force résistive qui dissipe de l'énergie mécanique par frottements aérodynamiques.
  • La puissance moyenne totale récupérable par le rotor vaut \mathcal{P}_{\text{tot}} = \mathcal{P}_L + \langle \mathcal{P}_D \rangle = \mathcal{P}_L - |\langle \mathcal{P}_D \rangle| < \mathcal{P}_L. La prise en compte d'un coefficient de traînée non nul C_D > 0 entraîne donc une diminution de la puissance mécanique utile et abaisse le rendement énergétique \eta.
  • Comme les pertes par traînée croissent en w^3 \sim (R\omega)^3 aux grands TSR (\lambda \gg 1), le choix d'un profil très profilé à faible traînée (tel que le NACA 0012) et à fort rapport de finesse \frac{C_L}{C_D} est primordial pour maximiser l'énergie extraite.

Résultat

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Partie III : Générateur

Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : théorème d'ampère, entrefer

Montrer que le champ magnétique dans l'entrefer a pour intensité :

et préciser son sens en fonction de l'angle .

Voir l'indice

Appliquer le théorème d'Ampère le long d'une ligne de champ fermée traversant les deux entrefers en utilisant la nullité du champ dans le matériau ferromagnétique idéal (\mu_r \to \infty).

Voir la stratégie
  1. Exploiter les symétries et les propriétés du matériau ferromagnétique doux (\mu_r \to \infty) pour annuler le champ d'excitation magnétique \vec{H} dans le fer du stator et du rotor.
  2. Appliquer le théorème d'Ampère sur une ligne de champ fermée bien choisie traversant l'entrefer en deux points symétriques et enlaçant le courant I.
  3. En déduire l'intensité B_0 et utiliser la règle du tire-bouchon (ou de la main droite) pour préciser le sens de \vec{B} selon l'angle \theta.
Voir la réponse courte

Théorème d'Ampère le long d'une ligne de champ traversant deux fois l'entrefer dans un circuit ferromagnétique idéal (\mu_r \to \infty).

Voir le corrigé complet

Dans le cadre de l'approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS), appliquons le théorème d'Ampère au champ d'excitation magnétique \vec{H} tel que \vec{B} = \mu_0 \mu_r \vec{H}.

  • Dans le ferromagnétique (rotor et stator) : la perméabilité relative étant supposée infinie (\mu_r \to \infty) avec un champ \vec{B} d'intensité finie, le champ d'excitation magnétique y est négligeable :

    \vec{H}_{\text{fer}} = \frac{\vec{B}}{\mu_0 \mu_r} \approx \vec{0}
  • Dans l'entrefer (air, µ_r = 1) : le champ est radial et uniforme sur la faible épaisseur e \ll D_i :

    \vec{B}(\theta) = B(\theta)\,\vec{e}_r \quad \text{et} \quad \vec{H}(\theta) = \frac{B(\theta)}{\mu_0}\,\vec{e}_r

Par conservation du flux magnétique à travers le rotor et par symétrie par rapport au plan (yOz) de la spire, le champ magnétique dans l'entrefer a une amplitude uniforme B_0. D'après la règle de la main droite appliquée au courant I (circulant selon +\vec{e}_z en \theta = \pi/2 et selon -\vec{e}_z en \theta = -\pi/2) :

  • pour x > 0, c'est-à-dire \theta \in \left]-\frac{\pi}{2}, \frac{\pi}{2}\right[, le champ sort du stator : \vec{B}(\theta) = + B_0\,\vec{e}_r (centrifuge) ;
  • pour x < 0, c'est-à-dire \theta \in \left]\frac{\pi}{2}, \frac{3\pi}{2}\right[, le champ rentre dans le stator : \vec{B}(\theta) = - B_0\,\vec{e}_r (centripète).

Considérons un contour fermé orienté \mathcal{C} composé de :

  1. la traversée de l'entrefer à une position angulaire \theta_1 \in \left]-\frac{\pi}{2}, \frac{\pi}{2}\right[, du stator vers le rotor selon +\vec{e}_r (longueur e) ;
  2. un arc dans le rotor jusqu'à \theta_2 \in \left]\frac{\pi}{2}, \frac{3\pi}{2}\right[ (où \vec{H} = \vec{0}) ;
  3. la traversée de l'entrefer à la position \theta_2, du rotor vers le stator selon -\vec{e}_r (longueur e) ;
  4. un arc de retour dans le stator jusqu'à \theta_1 (où \vec{H} = \vec{0}).

Ce contour fermé enlace une seule fois le courant I du conducteur situé en \theta = \pi/2. Le théorème d'Ampère s'écrit :

\begin{aligned} \oint_{\mathcal{C}} \vec{H}\cdot\mathrm{d}\vec{\ell} &= I_{\text{enlacé}} = I \\ \int_{\text{entrefer } 1} \frac{B_0}{\mu_0}\,\mathrm{d}r + \int_{\text{rotor}} \vec{0}\cdot\mathrm{d}\vec{\ell} + \int_{\text{entrefer } 2} \left(-\frac{B_0}{\mu_0}\vec{e}_r\right)\cdot(-\mathrm{d}r\,\vec{e}_r) + \int_{\text{stator}} \vec{0}\cdot\mathrm{d}\vec{\ell} &= I \\ \frac{B_0}{\mu_0}e + \frac{B_0}{\mu_0}e &= I \end{aligned}

On en déduit :

\boxed{ B_0 = \frac{\mu_0 I}{2e} }

Sens du champ magnétique :

\boxed{ \vec{B}(\theta) = \begin{cases} + B_0\,\vec{e}_r \quad \text{(orienté vers l'extérieur, centrifuge)} & \text{pour } \theta \in \left]-\frac{\pi}{2}, \frac{\pi}{2}\right[ \\ - B_0\,\vec{e}_r \quad \text{(orienté vers l'intérieur, centripète)} & \text{pour } \theta \in \left]\frac{\pi}{2}, \frac{3\pi}{2}\right[ \end{cases} }

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soignez votre démonstration en détaillant l'utilisation des hypothèses, les symétries, le théorème d'Ampère et son contour orienté.

« À la question 17 (démonstration de l’expression de l’intensité du champ magnétique dans l’entrefer), le jury a attribué au moins trois quarts des points dans 12 % des copies et 4 % obtiennent la note maximale. »

« Les démonstrations proposées sont en général trop peu soignées. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

Question déjà tombée ailleurs

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé

Notions : théorème d'ampère, champ magnétique

On enroule autour du stator une deuxième spire parcourue par le même courant , dans un plan de vecteur normal orienté selon . Tracer la courbe représentative du champ magnétique total dans l'entrefer en fonction de .

Voir l'indice

Superposer les deux champs radiaux en créneaux d'amplitude B_0 produits respectivement par chaque spire orthogonale et tracer la courbe résultante en escalier à trois niveaux.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression du champ radial B_1(\theta) créé dans l'entrefer par la première spire étudiée à la question Q17.
  2. En déduire par rotation de \pi/2 l'expression du champ radial B_2(\theta) créé par la deuxième spire dont le vecteur normal est orienté selon \vec{e}_y.
  3. Utiliser le théorème de superposition pour sommer les deux contributions et tracer l'allure de la composante radiale résultante B(\theta) sur une période angulaire [0, 2\pi].
Voir la réponse courte

Superposition des champs créés par les deux spires orthogonales et tracé par morceaux en créneaux selon la position \theta.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q17, la première spire, située dans le plan (y, z) de vecteur normal orienté selon \vec{e}_x, crée dans l'entrefer un champ magnétique purement radial et uniforme en norme valant B_0 = \frac{\mu_0 I}{2e}, dont le sens dépend du demi-espace considéré :

  • pour \theta \in \left]-\frac{\pi}{2}, \frac{\pi}{2}\right[ (soit x > 0), le champ est centrifuge : B_1(\theta) = +B_0 ;
  • pour \theta \in \left]\frac{\pi}{2}, \frac{3\pi}{2}\right[ (soit x < 0), le champ est centripète : B_1(\theta) = -B_0.

On peut ainsi écrire : B_1(\theta) = B_0 \operatorname{sgn}(\cos\theta).

La deuxième spire est parcourue par le même courant I, mais disposée dans le plan (x, z) de vecteur normal orienté selon \vec{e}_y. Elle se déduit géométriquement de la première spire par une rotation d'angle +\frac{\pi}{2} autour de l'axe Oz. Le champ B_2(\theta) = \vec{B}_2 \cdot \vec{e}_r s'en déduit par translation angulaire :

B_2(\theta) = B_1\left(\theta - \frac{\pi}{2}\right) = B_0 \operatorname{sgn}\left(\cos\left(\theta - \frac{\pi}{2}\right)\right) = B_0 \operatorname{sgn}(\sin\theta)

Soit explicitement :

  • pour \theta \in ]0, \pi[ (soit y > 0), B_2(\theta) = +B_0 ;
  • pour \theta \in ]\pi, 2\pi[ (soit y < 0), B_2(\theta) = -B_0.

Dans le cadre de l'approximation des régimes quasi-stationnaires et en supposant les matériaux magnétiques linéaires non saturés, le théorème de superposition donne le champ total dans l'entrefer :

B(\theta) = B_1(\theta) + B_2(\theta)

En évaluant cette somme quart de cercle par quart de cercle :

\boxed{ B(\theta) = \begin{cases} +2 B_0 & \text{pour } \theta \in \left]0, \frac{\pi}{2}\right[ \\[1ex] 0 & \text{pour } \theta \in \left]\frac{\pi}{2}, \pi\right[ \\[1ex] -2 B_0 & \text{pour } \theta \in \left]\pi, \frac{3\pi}{2}\right[ \\[1ex] 0 & \text{pour } \theta \in \left]\frac{3\pi}{2}, 2\pi\right[ \end{cases} }

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Expliquez la démarche de construction de votre courbe sous peine de voir votre tracé invalidé.

« Trop de graphes ont été tracés sans explication et sont donc rarement corrects. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 19

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : puissance électrique, champ magnétique

Dans cette question uniquement, l'enroulement statorique fournit une puissance électrique constante de sous une tension de et on a . Calculer la valeur de l'intensité du courant et en déduire l'intensité maximale du champ magnétique dans l'entrefer pour .

Voir l'indice

Calculer l'intensité efficace du courant à partir de la puissance électrique et de la tension efficace nominale, puis injecter cette valeur dans la formule (III.2) du champ statorique maximal.

Voir la réponse courte

Calcul du courant efficace I = P/U puis application directe de la formule du champ dans l'entrefer avec N spires.

Voir le corrigé complet

L'enroulement statorique fournissant une puissance électrique constante \mathcal{P}_{\text{elec}} sous une tension continue U, l'intensité I du courant électrique s'en déduit par :

\mathcal{P}_{\text{elec}} = U I \implies I = \frac{\mathcal{P}_{\text{elec}}}{U}

Avec \mathcal{P}_{\text{elec}} = 5{,}0\text{ kW} = 5{,}0 \times 10^3\text{ W} et U = 230\text{ V} :

I = \frac{5{,}0 \times 10^3}{230} \approx 21{,}7\text{ A} \approx 22\text{ A}
\boxed{I \approx 22\text{ A}}

D'après la relation (III.2), le champ magnétique statorique dans l'entrefer est radial et varie selon :

\vec{B}_s(I) = B_0(I) \cos\theta\,\vec{e}_r \quad \text{avec} \quad B_0(I) = \frac{N \mu_0 I}{2e}

L'intensité (ou norme) maximale de ce champ est atteinte aux positions angulaires où |\cos\theta| = 1 :

B_{\max} = B_0(I) = \frac{N \mu_0 I}{2e}

Avec N = 21, \mu_0 = 4\pi \times 10^{-7}\text{ T}\cdot\text{m}\cdot\text{A}^{-1}, e = 2\text{ mm} = 2 \times 10^{-3}\text{ m} et I = \frac{5000}{230}\text{ A} \approx 21{,}74\text{ A} :

\begin{aligned} B_{\max} &= \frac{21 \times 4\pi \times 10^{-7} \times 21{,}74}{2 \times 2 \times 10^{-3}} \\ &= 21 \times \pi \times 10^{-4} \times 21{,}74 \\ &\approx 0{,}143\text{ T} \end{aligned}
\boxed{B_{\max} \approx 0{,}14\text{ T} = 1{,}4 \times 10^2\text{ mT}}

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2021 ?

Surtout 4 chapitres : Conversion de puissance (33 % des questions, parties I et III), Oxydoréduction et électrochimie (21 %, partie IV), Mécanique des fluides (13 %) et Cinématique et dynamique du point (11 %). Plus ponctuellement : Mécanique du solide, Magnétostatique, Thermodynamique chimique et équilibres, Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Induction électromagnétique…

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2021 dès la première année (PCSI, MPSI ou PTSI) ?

En partie : 11 questions sur 38 (29 %) ne demandent que le programme de PCSI, MPSI ou PTSI. Blocs abordables : la partie I en entier (Q1 et Q2). Avec les autres programmes de première année : 11 en MP2I, 11 en TSI1 et 9 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2021 ?

Environ 3 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie II est la plus longue (environ 1 h 15).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2021 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q22 (énergie magnétique) et Q27 (champ glissant).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2021 ?

Questions de cours : Q13 (débit massique), Q25 (loi de faraday), Q29 (machine synchrone) et Q31 (nombre d'oxydation). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q17 (théorème d'ampère), Q21 (machine synchrone), Q32 (réaction d'oxydoréduction), Q33 (corrosion), Q34 (courbe courant-potentiel), Q36 (électrolyse) et Q38 (protection contre la corrosion).

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2021 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (25 sur 38), par exemple : Q1, Q4, Q7, Q8, Q11 à Q16, Q18 à Q21, Q23 à Q26, Q28 à Q31 et Q35 à Q37. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q5, Q6, Q10 et Q17.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2021 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2021 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le rapport décrit des questions de difficultés graduées, dont beaucoup de raisonnements courts, mais note que moins de 10 % des candidats ayant abordé la question 12 obtiennent la puissance moyenne et que 12 % des copies seulement ont au moins trois quarts des points à la… Moyenne : 8,77/20 (écart-type 4,05, 3 948 présents).

Que faire si l'on ne parvient pas à estimer k en Q8 ?

Admettre la valeur fournie dans la suite de l'épreuve : l'énoncé indique k = 6{,}3\text{ rad}^{-1} à la question Q12. Cette donnée permet d'aborder sans blocage le calcul des forces, moments et puissances de Q9 à Q14.

Où se situe la cathode dans la goutte d'Evans en Q33 ?

À la périphérie de la goutte, sur le métal : la faible épaisseur du film d'eau y accélère la diffusion du dioxygène atmosphérique, favorisant sa réduction cathodique. Le centre de la goutte, appauvri en dioxygène dissous, constitue l'anode où le fer s'oxyde.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.