Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 1 PSI 2025
DK6 : Un exemple de revalorisation
- 34 questions corrigées
- Sujet difficile
- Vérifié question par question
Le sujet en bref
Sujet difficile · Conversion de puissance, Premier et second principes de la thermodynamique, Thermodynamique chimique et équilibres · 9 incontournables · 4 questions de première annéeAfficher ou masquer la section
Le sujet en bref
Ce sujet d'épreuve de physique-chimie aborde le fonctionnement industriel complet d'une centrale à cycle combiné couplée à une usine sidérurgique (centrale DK6 de Dunkerque). Il offre un panorama particulièrement représentatif et équilibré des domaines clés du programme de physique en filière PSI : la thermochimie industrielle et les bilans d'énergie en système ouvert (partie A), la mécanique des fluides appliquée aux turbomachines avec détente sur diagramme de Mollier (partie B), ainsi que l'électrotechnique des machines synchrones couplées au réseau (partie C).
Chaque partie est totalement indépendante et permet de balayer des questions de cours directes, des exploitations graphiques minutieuses (diagramme de Mollier, profil aérodynamique d'aube NACA, courbes de Mordey) et des bilans de modélisation théorique approfondis (relation d'Euler, relation de Behn-Eschenburg). C'est un sujet incontournable d'entraînement aux épreuves de synthèse de CentraleSupélec.
- Difficulté
- Difficile, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,33/20)
- Temps estimé
- ≈ 3 h 05 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
- Chapitres
- Conversion de puissance28 %
- Premier et second principes de la thermodynamique21 %
- Thermodynamique chimique et équilibres18 %
- Machines thermiques et systèmes ouverts16 %
Part des questions du sujet.
- Première année
Très partiellement en PCSI, MPSI et PTSI : 4 questions sur 34.
Où gagner des points
21 questions rapides et accessibles · 1 résultat donné par l'énoncéAfficher ou masquer la section
Où gagner des points
Points à signaler : données en annexe, ambiguïté
Données en annexe
Ambiguïté
En Q15, l'énoncé ne précise pas si la détente unique s'arrête sur la courbe de saturation pour respecter la consigne d'absence de liquide, ou si elle se poursuit jusqu'à la pression basse du condenseur.
Comment utiliser ce corrigé
Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés
Sommaire
34 questionsAfficher ou masquer la section
Sommaire
34 questionsPartie A : La chambre de combustion de la turbine à gaz
Question 1
Application directeTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : enthalpie standard de réaction, constante d'équilibre, enthalpie de combustion
Écrire l'équation bilan de la combustion du méthane par le dioxygène, sachant que la réaction ne produit que de l'eau et du dioxyde de carbone sous forme gazeuse. On prendra un coefficient stœchiométrique unitaire pour le méthane.
Montrer que cette réaction est quantitative à 298 K puis calculer le pouvoir calorifique inférieur (PCI) du méthane, noté , défini comme l'énergie thermique par unité de masse de méthane libérée par la combustion du méthane sous pression constante à 298 K.
Voir l'indiceIndice
Écrire la réaction de combustion complète produisant \mathrm{CO_2(g)} et \mathrm{H_2O(g)}. Exprimer \Delta_r H^\circ(298\text{ K}) via la loi de Hess et relier le PCI q_{\text{gn}} à cette enthalpie de réaction rapportée à la masse molaire du méthane.
Voir la réponse courteRéponse courte
Équation \mathrm{CH}_4 + 2\,\mathrm{O}_2 \rightarrow \mathrm{CO}_2 + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(g)}, justification de la réaction totale et calcul du PCI via la loi de Hess.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'équation bilan de la combustion complète du méthane avec un coefficient stœchiométrique unitaire pour \mathrm{CH}_4 s'écrit, l'eau étant produite sous forme vapeur :
Déterminons l'enthalpie libre standard de réaction à T_0 = 298\text{ K}. D'après la loi de Hess appliquée aux enthalpies standard de formation :
De même, l'entropie standard de réaction s'exprime par :
On en déduit l'enthalpie libre standard de réaction à 298\text{ K} :
La constante d'équilibre standard K^\circ(T_0) vaut alors :
Comme K^\circ(T_0) \gg 10^4, la réaction de combustion est quantitative (totale).
Pour une mole de méthane brûlée à pression constante et température constante T_0, le premier principe donne Q_p = \Delta H = \Delta_r H^\circ(T_0). L'énergie thermique libérée au milieu extérieur par mole de méthane est donc -\Delta_r H^\circ(T_0). La masse molaire du méthane vaut :
Le pouvoir calorifique inférieur (PCI) q_{\text{gn}} représente l'énergie libérée par unité de masse de combustible :
Application numérique :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 2
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : stœchiométrie, débit massique
Déterminer le débit massique d'air permettant de réaliser la combustion dans les proportions stœchiométriques, puis la puissance thermique libérée par la réaction dans ces conditions.
Voir l'indiceIndice
Traduire les proportions stœchiométriques en reliant le débit molaire de dioxygène à celui du méthane, puis en déduire le débit massique d'air correspondant compte tenu de sa composition molaire (20% de \mathrm{O_2}, 80% de \mathrm{N_2}).
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le débit molaire de méthane injecté à partir du débit massique D_{m,\text{gn}}.
- Utiliser les coefficients stœchiométriques de la réaction de combustion établie en Q1 et la composition molaire de l'air pour en déduire le débit molaire, puis massique, d'air nécessaire D_{m0}.
- Relier la puissance thermique libérée \mathcal{P}_{\text{th}0} au pouvoir calorifique inférieur q_{\text{gn}} calculé en Q1.
Voir la réponse courteRéponse courte
Stœchiométrie de la combustion complète avec l'air à 20
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après l'équation de la réaction établie en question Q1 :
la combustion complète d'une mole de méthane nécessite 2\text{ moles} de dioxygène.
Le débit molaire de méthane alimentant la chambre de combustion vaut :
Le débit molaire de dioxygène nécessaire dans les proportions stœchiométriques est donc :
L'air étant constitué de 1/5 de dioxygène et 4/5 de diazote en proportions molaires, le débit molaire de diazote associé vaut :
Le débit molaire total d'air stœchiométrique est F_{\text{air},0} = 5\,F_{\mathrm{O}_2,0} = 10\,F_{\mathrm{CH}_4}, et la masse molaire moyenne de l'air est :
Le débit massique d'air stœchiométrique D_{m0} s'écrit alors :
Application numérique :
La puissance thermique \mathcal{P}_{\text{th}0} libérée à T_0 = 298\text{ K} par la réaction sous pression constante s'exprime directement à l'aide du pouvoir calorifique inférieur q_{\text{gn}} calculé en Q1 :
Application numérique :
Résultat
Question 3
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Mise en équation
- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : température de flamme, premier principe en système ouvert
Effectuer un bilan d'étaillé d'enthalpie et exprimer, en fonction de et des données, la température des gaz en sortie de la chambre de combustion pour un débit massique d'air . Commenter la valeur obtenue.
Voir l'indiceIndice
Appliquer le premier principe pour un système ouvert en régime stationnaire et adiabatique : l'enthalpie libérée par la réaction sert intégralement à échauffer les produits de combustion et le diazote inerte depuis T_0 jusqu'à T_s.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique en écoulement stationnaire à la chambre de combustion calorifugée (sans travail utile).
- Construire un cycle enthalpique décomposant la transformation globale : combustion isotherme à T_0, puis échauffement isobare des fumées de T_0 à la température de sortie T_s.
- Exprimer T_s en fonction de q_{\text{gn}} et des capacités thermiques molaires, puis comparer T_s aux limites technologiques et environnementales du problème.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan enthalpique adiabatique en système ouvert : calcul de la température de flamme adiabatique théorique, qui dépasse la tenue thermique des matériaux.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le système ouvert est la chambre de combustion fonctionnant en régime stationnaire, à la pression constante P = 12\text{ bar}. Elle est parfaitement calorifugée (\dot{Q} = 0) et ne comporte aucune partie mobile fournissant du travail utile (\dot{W}_u = 0).
Le premier principe pour un système ouvert en régime permanent s'écrit :
Rapporté à une mole de méthane consommé, avec les proportions stœchiométriques (la combustion complète consomme 1\text{ mol} de \mathrm{CH}_4, 2\text{ mol} de \mathrm{O}_2 et entraîne 8\text{ mol} de \mathrm{N}_2 spectateur), l'état initial est formé de :
L'état final est constitué des gaz brûlés :
On décompose la transformation en deux étapes fictives à pression constante :
Étape 1 : Réaction de combustion complète isotherme à T_0 = 298\text{ K} :
\Delta H_1 = \Delta_r H^\circ(T_0) = - M(\mathrm{CH}_4)\,q_{\text{gn}}Étape 2 : Échauffement isobare des produits formés de T_0 à T_s, en considérant dans un premier temps les capacités thermiques molaires indépendantes de la température :
\Delta H_2 = C_{p,\text{prod}}(T_s - T_0)avec :
C_{p,\text{prod}} = C_{pm,\mathrm{CO}_2} + 2\,C_{pm,\mathrm{H}_2\mathrm{O}} + 8\,C_{pm,\mathrm{N}_2}
Le bilan enthalpique global \Delta H = \Delta H_1 + \Delta H_2 = 0 conduit à :
D'où l'expression de la température de sortie des gaz :
Application numérique :
Commentaires : Cette température de flamme adiabatique théorique est extrêmement élevée :
- Elle dépasse largement la limite d'apparition massive des oxydes d'azote \mathrm{NO}_x (1300^\circ\text{C}), ce qui serait critique sur le plan environnemental.
- Elle dépasse également de beaucoup la température maximale admissible par le revêtement céramique des aubes de la turbine (1600^\circ\text{C}), ce qui conduirait à leur destruction rapide.
Il est donc indispensable en pratique de faire fonctionner la chambre de combustion avec un fort excès d'air afin de diluer et refroidir les gaz.
Résultat
Question 4
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
Notions : température de flamme, excè d'air
On souhaite éviter la production et le rejet de dans l'atmosphère. Justifier qualitativement que l'on peut diminuer la température de sortie en modifiant le débit d'air en entrée. Expliquer pourquoi, en pratique, le débit massique est choisi supérieur à .
Voir l'indiceIndice
L'ajout d'air supplémentaire introduit un surplus de gaz inertes à échauffer sans augmenter l'énergie chimique libérée, ce qui abaisse la température finale de flamme et évite d'opérer en défaut d'air (qui provoquerait des imbrûlés toxiques de \mathrm{CO}).
Voir la stratégieStratégie
- Analyser l'effet d'une variation de débit d'air par rapport aux conditions stœchiométriques sur la puissance thermique libérée et sur la capacité thermique de flux des gaz.
- Comparer les conséquences pratiques d'un fonctionnement en défaut d'air (D_{m,\text{air}} < D_{m0}) et en excès d'air (D_{m,\text{air}} > D_{m0}) sous les aspects énergétique, environnemental et applicatif.
Voir la réponse courteRéponse courte
Un excès d'air dilue les fumées et absorbe l'énergie libérée, ce qui abaisse la température de combustion sous le seuil d'émission des \mathrm{NO}_x.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Influence du débit d'air sur la température de sortie :
- En excès d'air (D_{m,\text{air}} > D_{m0}) : la quantité de dioxygène est suffisante pour assurer la combustion intégrale du méthane. L'énergie thermique libérée reste donc constante et maximale, mais elle doit chauffer une quantité supplémentaire de gaz inertes ou non réagis (\mathrm{O}_2 résiduel et flux accru de \mathrm{N}_2). L'augmentation de la capacité thermique de flux des gaz entraîne une dilution thermique et par conséquent une diminution de la température finale T_s.
- En défaut d'air (D_{m,\text{air}} < D_{m0}) : le dioxygène est le réactif limitant. Une fraction du méthane ne brûle pas ou subit une combustion incomplète, ce qui diminue la puissance thermique libérée et abaisse également la température des gaz.
La température de sortie présente ainsi un maximum aux proportions stœchiométriques (D_{m0}) et diminue lorsqu'on s'en écarte.
2. Justification du choix D_{m,\text{air}} > D_{m0} en pratique :
- Rendement énergétique et combustion complète : travailler en excès d'air garantit la consommation totale du méthane injecté, valorisant ainsi l'intégralité du pouvoir calorifique du combustible, contrairement au fonctionnement en défaut d'air où du combustible imbrûlé serait gaspillé.
- Aspect sanitaire et environnemental : un défaut d'air provoquerait une combustion incomplète générant des suies et surtout du monoxyde de carbone \mathrm{CO}, gaz toxique et polluant atmosphérique réglementé. L'excès d'air élimine ces sous-produits toxiques tout en abaissant la température sous le seuil critique de 1300\,^\circ\mathrm{C} pour bloquer la formation thermique des \mathrm{NO}_x.
- Rôle dans le cycle combiné : les gaz d'échappement de la turbine à gaz doivent servir de comburant pour brûler les fumées sidérurgiques dans la chaudière en aval (voir figure 1) ; ils doivent donc impérativement contenir du dioxygène résiduel non consommé.
Question 5
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : bilan de matière, débit molaire
Exprimer le débit molaire de chaque espèce en sortie en fonction de , et des masses molaires dans le cas . On présentera les résultats dans un tableau. Les débits molaires des différentes espèces seront notés ,
Voir l'indiceIndice
Dresser un tableau de débits molaires en sortie en considérant une combustion complète du méthane et en exprimant les flux de \mathrm{CO_2}, \mathrm{H_2O}, de l'excès de \mathrm{O_2} et du ballast de \mathrm{N_2}.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le débit molaire total d'air entrant ainsi que les débits molaires d'entrée en \mathrm{O}_2 et \mathrm{N}_2 en fonction de D_{m,\text{air}} et de la masse molaire moyenne de l'air M_{\text{air}}.
- Relier le débit molaire de méthane consommé au débit massique stœchiométrique D_{m0}.
- Établir le bilan molaire de chaque espèce en sortie de chambre pour une combustion totale (D_{m,\text{air}} > D_{m0}) et rassembler les expressions dans un tableau.
Voir la réponse courteRéponse courte
Expression des débits molaires en sortie en fonction du débit d'air par simple bilan de matière avec réactif limitant et air en excès.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'air atmosphérique est constitué d'une fraction molaire x_{\mathrm{O}_2} = 1/5 de dioxygène et x_{\mathrm{N}_2} = 4/5 de diazote. Sa masse molaire moyenne s'écrit :
Le débit molaire total d'air admis dans la chambre de combustion est :
Les débits molaires d'entrée pour le dioxygène et le diazote sont donc :
Par définition du débit massique stœchiométrique D_{m0} établi à la question Q2, l'apport stœchiométrique en dioxygène pour consommer la totalité du méthane entrant vérifie :
Dans le cas d'un fonctionnement en excès d'air (D_{m,\text{air}} > D_{m0}), la réaction de combustion est totale et le méthane est le réactif limitant. Le bilan molaire pour chaque espèce en régime stationnaire conduit à :
Méthane : entièrement consommé,
F_{\mathrm{CH}_4} = 0Dioxygène : l'excès par rapport à la stœchiométrie sort sans avoir réagi,
F_{\mathrm{O}_2} = F_{\text{in},\mathrm{O}_2} - F_{\text{in},\mathrm{O}_2}^{\text{st}} = \frac{D_{m,\text{air}} - D_{m0}}{5\,M_{\text{air}}}Dioxyde de carbone : produit selon la stœchiométrie unitaire \mathrm{CH}_4 \to \mathrm{CO}_2,
F_{\mathrm{CO}_2} = F_{\text{in},\mathrm{CH}_4} = \frac{D_{m0}}{10\,M_{\text{air}}} = \frac{D_{m,\text{gn}}}{M(\mathrm{CH}_4)}Eau : produite selon la stœchiométrie \mathrm{CH}_4 \to 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O},
F_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} = 2\,F_{\text{in},\mathrm{CH}_4} = \frac{D_{m0}}{5\,M_{\text{air}}} = \frac{2\,D_{m,\text{gn}}}{M(\mathrm{CH}_4)}Diazote : espèce spectatrice traversant le réacteur sans réagir,
F_{\mathrm{N}_2} = F_{\text{in},\mathrm{N}_2} = \frac{4}{5} \frac{D_{m,\text{air}}}{M_{\text{air}}}
On regroupe les débits molaires de sortie dans le tableau suivant :
| Espèce | Débit molaire en sortie F_i |
|---|---|
| \mathrm{CH}_4 | \boxed{0} |
| \mathrm{O}_2 | \boxed{\dfrac{D_{m,\text{air}} - D_{m0}}{5\,M_{\text{air}}}} |
| \mathrm{CO}_2 | \boxed{\dfrac{D_{m0}}{10\,M_{\text{air}}}} \left(\text{ou } \dfrac{D_{m,\text{gn}}}{M(\mathrm{CH}_4)}\right) |
| \mathrm{H}_2\mathrm{O} | \boxed{\dfrac{D_{m0}}{5\,M_{\text{air}}}} \left(\text{ou } \dfrac{2\,D_{m,\text{gn}}}{M(\mathrm{CH}_4)}\right) |
| \mathrm{N}_2 | \boxed{\dfrac{4}{5}\dfrac{D_{m,\text{air}}}{M_{\text{air}}}} |
où M_{\text{air}} = \frac{1}{5}M(\mathrm{O}_2) + \frac{4}{5}M(\mathrm{N}_2) = 28{,}8\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}.
Résultat
Question 6
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : bilan enthalpique, température de flamme
Exprimer, puis calculer, le débit massique d'air permettant à la turbine à gaz de fonctionner à sa température maximale tout en évitant la production de .
Voir l'indiceIndice
Réécrire le bilan enthalpique avec les nouvelles quantités molaires de produits et fixer la température maximale admissible T_s = 1300^\circ\text{C} = 1573\text{ K} pour isoler le débit d'air D_{m1}.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la température de sortie visée : pour éviter la formation de \mathrm{NO}_x, la température maximale autorisée dans la chambre de combustion est T_{\max} = 1300\text{ }^\circ\mathrm{C} = 1573\text{ K}.
- Établir le bilan d'enthalpie en régime stationnaire pour le réacteur calorifugé en présence d'un excès d'air (D_{m1} > D_{m0}).
- Décomposer le flux thermique entre l'échauffement des produits stœchiométriques et celui de l'air en excès non consommé afin d'isoler D_{m1}.
- Réaliser l'application numérique avec les capacités thermiques molaires données à 298 K.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan enthalpique avec capacités thermiques constantes pour isoler et calculer le débit massique d'air D_{m1} garantissant la température limite imposée.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après l'énoncé, la formation des oxydes d'azote \mathrm{NO}_x débute dès que la température dépasse 1300\text{ }^\circ\mathrm{C}. La turbine fonctionne donc à sa température maximale sans produire de \mathrm{NO}_x lorsque la température de sortie vaut :
En régime stationnaire et pour un réacteur adiabatique à pression constante (12 bar), le premier principe pour un système ouvert s'écrit \Delta H = 0. Le bilan d'enthalpie sur le chemin fictif (réaction complète à T_0 puis échauffement des espèces sortantes de T_0 à T_{\max}) donne :
D'après les résultats de la question Q5, le flux de capacité thermique des gaz de sortie s'écrit :
En regroupant les termes en D_{m1} - D_{m0} correspondant à l'air en excès et en rappelant que le débit molaire de méthane injecté est F_{\mathrm{CH}_4,\mathrm{in}} = \frac{D_{m,\mathrm{gn}}}{M(\mathrm{CH}_4)} = \frac{D_{m0}}{10 M_{\mathrm{air}}}, il vient :
avec :
Le bilan enthalpique s'écrit donc :
On en déduit l'expression littérale du débit massique d'air D_{m1} :
Application numérique :
- T_{\max} - T_0 = 1573 - 298 = 1275\text{ K}
- C_{p,\mathrm{prod}} = 37{,}1 + 2 \times 33{,}6 + 8 \times 29{,}1 = 337{,}1\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}
- C_{pm,\mathrm{air}} = 0{,}2 \times 29{,}4 + 0{,}8 \times 29{,}1 = 29{,}16\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}
- \dfrac{D_{m,\mathrm{gn}} q_{\mathrm{gn}}}{T_{\max} - T_0} = \dfrac{9{,}66 \times 50{,}1 \times 10^6}{1275} \approx 3{,}80 \times 10^5\text{ W}\cdot\text{K}^{-1}
- \dfrac{D_{m,\mathrm{gn}}}{M(\mathrm{CH}_4)} C_{p,\mathrm{prod}} = \dfrac{9{,}66}{16{,}0 \times 10^{-3}} \times 337{,}1 \approx 2{,}04 \times 10^5\text{ W}\cdot\text{K}^{-1}
- D_{m1} - D_{m0} = \dfrac{28{,}8 \times 10^{-3}}{29{,}16} \times (3{,}80 \times 10^5 - 2{,}04 \times 10^5) = 174\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}
Comme D_{m0} = 174\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} (question Q2), on obtient :
Résultat
Question 7
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Mise en équation
- Calcul littéral
Notions : bilan enthalpique, capacité thermique
Reprendre la question Q6 pour établir, dans le cas où , la nouvelle relation donnant le débit massique d'air en fonction de la température de sortie des gaz en tenant compte de l'influence de la température sur les capacités thermiques molaires à pression constante, sous forme intégrale que l'on ne cherchera pas à calculer.
Voir l'indiceIndice
Remplacer les termes simples C_{pm}\Delta T par les intégrales \int_{T_0}^{T_s} C_{pm}(T)\,\mathrm{d}T appliquées à chaque espèce présente en sortie.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique en système ouvert et régime stationnaire au réacteur parfaitement calorifugé et isobare.
- Exprimer le bilan enthalpique global en décomposant l'évolution en une réaction fictive à T_0 suivie de l'échauffement des gaz sortants de T_0 à T_s.
- Réinjecter les débits molaires F_i obtenus à la question Q5 pour isoler D_{m,\text{air}} en fonction de la température de sortie T_s sous forme d'intégrales des capacités thermiques molaires C_{pm,i}(T).
Voir la réponse courteRéponse courte
Formulation intégrale de la variation d'enthalpie des constituants pour tenir compte de la dépendance en température des C_{pm}(T).
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le réacteur fonctionne en régime stationnaire, à pression constante (p = 12\text{ bar}) et est parfaitement calorifugé, sans échange de travail utile avec l'extérieur. Le premier principe de la thermodynamique pour un système ouvert s'écrit :
En prenant comme état intermédiaire de référence les réactifs totalement consommés à la température d'entrée T_0 = 298\text{ K}, la puissance thermique libérée par la combustion complète du méthane à T_0 est intégralement reçue sous forme d'enthalpie par le mélange gazeux sortant pour porter sa température de T_0 à T_s :
D'après le tableau des débits molaires établi à la question Q5, les espèces présentes en sortie pour D_{m,\text{air}} > D_{m0} sont \mathrm{CO}_2, \mathrm{H}_2\mathrm{O}, \mathrm{O}_2 et \mathrm{N}_2, avec :
En séparant dans le débit de diazote la part stœchiométrique \dfrac{4\,D_{m0}}{5 M_{\text{air}}} = \dfrac{8\,D_{m,\text{gn}}}{M(\mathrm{CH}_4)} et la part associée à l'air en excès \dfrac{4(D_{m,\text{air}} - D_{m0})}{5 M_{\text{air}}}, le flux enthalpique d'échauffement se décompose en deux contributions :
En égalant cette somme à D_{m,\text{gn}} \, q_{\text{gn}}, on isole directement le débit massique d'air :
On peut également regrouper directement tous les termes dépendant de D_{m,\text{air}} au dénominateur :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 8
Application directeTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Python
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : méthode des rectangles, analyse dimensionnelle
Préciser l'unité des coefficients , , , et . Proposer un code Python permettant d'implémenter la fonction int_Cpm(gaz, T1, T2) qui prend pour arguments la liste gaz des coefficients de la relation de Shomate du gaz étudié et les températures T1 et T2, puis qui renvoie une valeur numérique approchée de l'intégrale obtenue par la méthode des rectangles utilisant points de calcul.
Voir l'indiceIndice
Identifier les dimensions de chaque terme pour que C_{pm} s'exprime en \text{J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}. Pour la fonction Python, discrétiser l'intervalle [T_1, T_2] en N pas \Delta T = (T_2 - T_1)/N et sommer l'aire des rectangles élémentaires.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la dimension et l'unité de la capacité thermique molaire C_{pm} à partir des données de l'énoncé et de la figure 2, puis déduire par analyse dimensionnelle l'unité de chacun des termes de la relation empirique de Shomate.
- Implémenter la méthode des rectangles (à gauche ou au point milieu) pour discrétiser l'intervalle [T_1, T_2] en N = 1000 sous-intervalles de pas \mathrm{d}T = \frac{T_2 - T_1}{N} en appelant la fonction
Cpm(T, gaz)préalablement définie.
Voir la réponse courteRéponse courte
Analyse dimensionnelle des paramètres de Shomate et fonction Python calculant l'intégrale de C_{pm}(T) par la méthode des rectangles à pas constant.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Unités des coefficients de la formule de Shomate
D'après les données et l'ordonnée de la figure 2, la capacité thermique molaire à pression constante C_{pm}(T) s'exprime en \mathrm{J}\cdot\mathrm{K}^{-1}\cdot\mathrm{mol}^{-1}, tandis que la température T est en kelvins (\mathrm{K}).
Chaque terme de la somme dans l'expression :
doit avoir la dimension d'une capacité thermique molaire. On en déduit directement les unités associées dans le Système International :
- pour A : \mathrm{J}\cdot\mathrm{K}^{-1}\cdot\mathrm{mol}^{-1} ;
- pour B : \mathrm{J}\cdot\mathrm{K}^{-2}\cdot\mathrm{mol}^{-1} ;
- pour C : \mathrm{J}\cdot\mathrm{K}^{-3}\cdot\mathrm{mol}^{-1} ;
- pour D : \mathrm{J}\cdot\mathrm{K}^{-4}\cdot\mathrm{mol}^{-1} ;
- pour E : \mathrm{J}\cdot\mathrm{K}\cdot\mathrm{mol}^{-1}.
2. Implémentation de la fonction d'intégration numérique en Python
On discrétise l'intervalle [T_1, T_2] à l'aide de N = 1000 rectangles de largeur :
En choisissant la méthode des rectangles à gauche (ou des rectangles au point milieu), la valeur approchée de l'intégrale s'écrit :
Le code complétant l'« Extrait 3 » est le suivant :
def int_Cpm(gaz, T1, T2):
N = 1000
dT = (T2 - T1) / N
somme = 0.0
for k in range(N):
T = T1 + k * dT
somme += Cpm(T, gaz)
return somme * dTRésultat
Question 9
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Notions : bilan enthalpique, lecture de graphe
Décrire précisément le graphe obtenu en mettant en évidence des valeurs particulières pertinentes dont on commentera le sens physique. Déterminer la valeur réelle du débit massique d'air permettant de faire fonctionner la turbine à gaz à sa température maximale sans production de et comparer cette valeur au débit massique trouvé en question Q6. Ce résultat était-il prévisible ? Déterminer alors le débit massique de gaz en sortie de la turbine.
Voir l'indiceIndice
Repérer le pic de température sur la courbe (correspondant au mélange stœchiométrique D_{m0}) et déterminer par lecture graphique l'abscisse correspondant à T_s = 1573\text{ K} dans la branche en excès d'air.
Voir la stratégieStratégie
- Analyser les deux branches de la courbe T_s(D_{m,\text{air}}) de la figure 3 en identifiant le rôle du comburant (réactif limitant puis ballast thermique) et repérer l'abscisse du maximum correspondant à la stœchiométrie.
- Exploiter le seuil de formation des \mathrm{NO}_x (T_s \le 1300^\circ\mathrm{C} = 1573\text{ K}) sur la branche en excès d'air pour lire le débit réel.
- Comparer ce débit réel à la valeur théorique D_{m1} de la question Q6 en justifiant l'écart à l'aide de l'évolution des capacités thermiques avec la température (figure 2).
- Appliquer la conservation du débit massique total en régime stationnaire pour obtenir le débit de gaz en sortie de turbine.
Voir la réponse courteRéponse courte
Exploitation de la courbe T_s(D_{m,\text{air}}) pour relever le débit réel, comparaison critique avec l'approximation à capacités constantes et calcul du débit total.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Description du graphe et sens physique des grandeurs remarquables
Le graphe présente l'évolution de la température de sortie T_s en fonction du débit massique d'air D_{m,\text{air}} injecté :
- Pour D_{m,\text{air}} < D_{m0} (mélange riche, défaut d'air) : le dioxygène est le réactif limitant. Une augmentation du débit d'air permet de brûler une plus grande fraction du débit constant de méthane D_{m,\text{gn}}, ce qui libère davantage d'énergie thermique et fait croître rapidement la température de sortie T_s.
Maximum pour D_{m,\text{air}} = D_{m0} \approx 174\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} (stœchiométrie) : tout le méthane est consommé et il n'y a aucun gaz comburant excédentaire pour diluer l'énergie libérée. La température atteint sa valeur maximale absolue :
T_{s,\text{max}} \approx 2260\text{ K} \quad (\approx 1990^\circ\text{C})Cette température est inférieure aux 2680\text{ K} estimés en question Q3 à capacités thermiques constantes, car les capacités thermiques réelles augmentent avec la température.
- Pour D_{m,\text{air}} > D_{m0} (mélange pauvre, excès d'air) : la totalité du méthane est brûlée, la puissance thermique libérée \mathcal{P}_{\text{th}0} reste constante. L'air introduit en excès ne réagit pas : il agit comme un ballast thermique (fluide caloporteur passif) qui absorbe une partie de l'enthalpie de réaction, ce qui entraîne une diminution continue de T_s.
2. Détermination du débit massique d'air réel
Pour éviter la formation de \mathrm{NO}_x, la température ne doit pas dépasser :
Comme justifié en question Q4, le fonctionnement industriel se fait nécessairement en régime d'excès d'air (D_{m,\text{air}} > D_{m0}) afin de garantir l'absence d'imbrûlés toxiques et d'optimiser le rendement de combustion.
Sur la branche décroissante de la figure 3, à l'ordonnée T_s = 1573\text{ K} (légèrement en dessous de la ligne des 1600\text{ K}), on lit :
3. Comparaison avec D_{m1} et prévisibilité
En question Q6, l'approximation de capacités thermiques constantes prises à 298\text{ K} conduisait à :
On constate donc que :
Ce résultat était parfaitement prévisible : d'après la figure 2, les capacités thermiques molaires C_{pm}(T) de toutes les espèces gazeuses (\mathrm{N}_2, \mathrm{O}_2, \mathrm{CO}_2, \mathrm{H}_2\mathrm{O}) augmentent nettement avec la température. Les gaz brûlés absorbent donc davantage d'énergie par kelvin à haute température qu'à température ambiante. Ainsi, une masse d'air inférieure suffit à absorber l'énergie libérée et à limiter l'élévation de température sous le seuil des 1300^\circ\mathrm{C}.
4. Débit massique de gaz en sortie de la turbine
En régime stationnaire, la conservation globale de la masse dans la chambre de combustion impose :
Avec D_{m,\text{gn}} = 9{,}66\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} et D_{m,\text{air}} \approx 300\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} :
Résultat
Question 10
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : rendement thermique, cycle combiné
Estimer le rendement thermodynamique de la centrale électrique DK6.
Voir l'indiceIndice
Calculer le rendement comme le quotient de la puissance électrique nette fournie par la tranche sur la puissance thermique totale apportée par le combustible.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la puissance électrique utile produite par la centrale DK6 : pour une tranche de production, la puissance électrique totale est la somme de celle délivrée par la turbine à gaz (165\text{ MW}) et de celle délivrée par la turbine à vapeur (230\text{ MW}).
- Exprimer la puissance thermique fournie à la centrale par le combustible (gaz naturel) calculée à la question Q2.
- Calculer le rendement global, puis commenter sa valeur physique en soulignant le rôle de l'apport énergétique des fumées sidérurgiques.
Voir la réponse courteRéponse courte
Estimation du rendement global de la centrale à cycle combiné par le quotient de la puissance électrique nette sur le flux thermique de combustion.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Par définition, le rendement thermodynamique (ou rendement de conversion électrique) de la centrale s'écrit :
D'après le descriptif de la figure 1 et le texte introductif :
Pour une tranche de production, la puissance électrique totale produite est :
\mathcal{P}_{\text{élec}} = \mathcal{P}_{\text{élec, TAG}} + \mathcal{P}_{\text{élec, TAV}} = 165\text{ MW} + 230\text{ MW} = 395\text{ MW}(Pour les deux tranches identiques de la centrale, la puissance électrique totale vaut bien \mathcal{P}_{\text{élec, tot}} = 2 \times 395\text{ MW} = 790\text{ MW}).
La puissance thermique primaire injectée sous forme de gaz naturel pour une tranche est (question Q2) :
\mathcal{P}_{\text{th}} = D_{m,\text{gn}}\,q_{\text{gn}} = 484\text{ MW}
On en déduit l'estimation du rendement global de la centrale :
Remarque : Si l'on s'intéresse au rendement de la seule turbine à gaz (étudiée spécifiquement dans cette partie A), on obtient :
Résultat
Partie B : La turbine à vapeur
I · Étude globale de la turbine
Question 11
Application directeTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Exploitation de document
- Schéma ou tracé
Notions : diagramme de mollier, enthalpie
Placer les points A, B, C, D et E - dont la pression et la température sont données sur la figure 4 - sur le diagramme de Mollier du document réponse et représenter l'évolution de la vapeur dans le circuit depuis l'entrée de la turbine haute pression jusqu'à la sortie de la turbine basse pression.
Voir l'indiceIndice
Situer les points A, B, C, D, E à l'intersection des courbes isobares et isothermes du diagramme de Mollier en respectant scrupuleusement les unités.
Voir la stratégieStratégie
- Repérer chaque point à l'intersection de l'isobare p et de l'isotherme T fournies sur la figure 4 (ou sur la courbe de saturation x=1 pour le point E).
- Relever les coordonnées en enthalpie massique h et entropie massique s pour chacun des points sur le diagramme de Mollier.
- Décrire et tracer les transformations successives subies par la vapeur d'eau : détentes dans les turbines et surchauffe isobare.
Voir la réponse courteRéponse courte
Placement des points d'état (p, T) sur le diagramme de Mollier (h, s) et tracé des étapes de détente et surchauffe de la vapeur.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Pour chaque état du fluide, on utilise le couple de coordonnées (p, T) donné par la figure 4 pour positionner le point sur le diagramme de Mollier (h en ordonnée, s en abscisse) :
Point A (entrée THP) : p_A = 144\text{ bar} (légèrement en dessous de l'isobare 150\text{ bar}) et T_A = 565^\circ\text{C} (entre les isothermes 550^\circ\text{C} et 600^\circ\text{C}).
s_A \approx 6{,}53\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \quad ; \quad h_A \approx 3500\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}Point B (sortie THP) : p_B = 30\text{ bar} et T_B = 330^\circ\text{C}.
s_B \approx 6{,}53\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \quad ; \quad h_B \approx 3070\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}Point C (sortie du surchauffeur / entrée TMP) : p_C = 30\text{ bar} et T_C = 565^\circ\text{C}.
s_C \approx 7{,}25\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \quad ; \quad h_C \approx 3600\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}Point D (sortie TMP / entrée TBP) : p_D = 4{,}0\text{ bar} et T_D = 320^\circ\text{C}.
s_D \approx 7{,}52\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \quad ; \quad h_D \approx 3110\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}Point E (sortie TBP) : p_E = 30\text{ mbar} = 0{,}030\text{ bar} et T_E = 26^\circ\text{C}. Le texte précisant que la vapeur est « juste saturante » en sortie de la TBP, le point se situe sur la courbe de saturation (x = 1{,}00) à l'intersection avec l'isobare p = 0{,}030\text{ bar} :
s_E \approx 8{,}50\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \quad ; \quad h_E \approx 2550\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
L'évolution de la vapeur dans le circuit est représentée par les segments fléchés suivants :
- A \to B : détente dans la turbine haute pression (THP). Le segment est vertical descendant (s_B = s_A), ce qui correspond à une détente isentropique.
- B \to C : réchauffage dans le surchauffeur (SC). L'évolution suit l'isobare p = 30\text{ bar} vers les enthalpies croissantes.
- C \to D : détente dans la turbine moyenne pression (TMP). Le segment descend vers la droite (s_D > s_C), traduisant une détente avec création d'entropie due aux frottements.
- D \to E : détente dans la turbine basse pression (TBP) jusqu'à la courbe de saturation x=1 à p = 0{,}030\text{ bar} (s_E > s_D).
Résultat
Question 12
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Notions : détente isentropique, gaz parfait
Montrer en utilisant le diagramme de Mollier que la détente à travers la turbine haute pression peut être considérée comme isentropique. Déterminer la température que l'on obtiendrait en sortie de la turbine haute pression si la vapeur était un gaz parfait. Discuter la validité de l'hypothèse du gaz parfait dans ces conditions.
Voir l'indiceIndice
Observer l'entropie massique entre A et B sur le diagramme. Pour un gaz parfait, appliquer la loi de Laplace sous la forme T\,p^{(1-\gamma)/\gamma} = \text{cste} et comparer la température calculée à la valeur réelle pour discuter les écarts.
Voir la stratégieStratégie
- Exploiter le diagramme de Mollier tracé à la question Q11 en comparant les entropies massiques s_A et s_B.
- Utiliser la loi de Laplace pour un gaz parfait en évolution isentropique afin de relier T_B à T_A, p_A et p_B.
- Comparer la température théorique du gaz parfait avec la température réelle T_B = 330^\circ\text{C} et discuter le domaine de validité au vu des pressions élevées en jeu.
Voir la réponse courteRéponse courte
Vérification de la verticalité isentropique sur le diagramme, calcul de T avec la loi de Laplace et discussion sur le comportement de la vapeur réelle.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Caractère isentropique de la détente :
D'après le repérage effectué sur le diagramme de Mollier à la question Q11 :
- à l'entrée (point A : p_A = 144\text{ bar}, T_A = 565^\circ\text{C}), on lit s_A \approx 6{,}53\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} ;
- à la sortie (point B : p_B = 30\text{ bar}, T_B = 330^\circ\text{C}), on lit s_B \approx 6{,}53\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.
Le segment reliant A à B est une droite verticale sur le diagramme (h, s), ce qui montre que :
La détente à travers la turbine haute pression est donc isentropique.
2. Température de sortie sous hypothèse de gaz parfait :
Pour un gaz parfait de rapport de capacités thermiques \gamma = 1{,}30 subissant une évolution isentropique, la loi de Laplace s'écrit :
Avec T_A = 565 + 273{,}15 = 838{,}15\text{ K}, p_A = 144\text{ bar} et p_B = 30\text{ bar} :
En degrés Celsius :
3. Discussion de la validité du modèle du gaz parfait :
La température réelle de sortie est T_B = 330^\circ\text{C} = 603\text{ K}. L'écart relatif sur la température absolue est :
L'hypothèse du gaz parfait fournit une approximation tout à fait acceptable pour un premier dimensionnement (erreur de l'ordre de 3\%).
Cependant, sous une pression initiale de 144\text{ bar} (comparable à la pression critique de l'eau p_c \approx 221\text{ bar}), les interactions moléculaires et le volume propre des molécules ne sont plus strictement négligeables. De plus, pour un gaz parfait, la masse volumique à l'entrée serait \rho_{A,\text{GP}} = \frac{p_A M}{R T_A} = \frac{144\cdot 10^5 \times 18{,}0\cdot 10^{-3}}{8{,}31 \times 838{,}15} \approx 37\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, différente de la valeur réelle fournie \rho_A = 33\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}. Le recours au diagramme de Mollier (fluide réel) est donc indispensable pour obtenir un calcul thermodynamique précis.
Résultat
Question 13
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Notions : vitesse débitante, débit volumique
Déterminer l'expression puis la valeur de la vitesse débitante de la vapeur à l'entrée de la turbine haute pression. En déduire la valeur de la vitesse en sortie si la turbine gardait un diamètre constant. Justifier la nécessité de conserver une vitesse débitante à peu près constante dans la turbine. Indiquer comment réaliser cette condition en pratique.
Voir l'indiceIndice
Utiliser la conservation du débit massique D_m = \rho S v en exprimant la section droite annulaire de passage du fluide à partir du rayon d'arbre et de la hauteur des aubes.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le débit massique en fonction de la masse volumique \rho_A, de la section d'écoulement annulaire S_A à l'entrée et de la vitesse débitante v_A.
- Calculer la section de passage annulaire à partir des cotes géométriques du document 1 (R_0 et a), puis évaluer v_A.
- Utiliser la conservation du débit massique à section constante pour déterminer v_B.
- Expliquer l'impact aérodynamique et énergétique d'une variation de vitesse axiale, et montrer le lien avec l'évasement de la turbine observé sur le document 1.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul de la vitesse débitante v = D_m v_{\text{massique}}/S, mise en évidence de la dilatation volumique et justification de l'élargissement de la section.
Voir le corrigé completCorrigé complet
En régime stationnaire, le débit massique traversant une section droite S normale à la vitesse débitante moyenne v s'écrit :
À l'entrée de la turbine haute pression (point A), le fluide s'écoule dans l'espace annulaire délimité par l'arbre de rayon R_0 et l'extrémité des aubes de hauteur a (document 1). La section de passage est :
On en déduit l'expression de la vitesse débitante à l'entrée :
Remarque : Comme a \ll R_0, on peut également approximer la section par S_A \approx 2\pi R_0 a, ce qui conduit à une expression approchée très proche.
Application numérique :
- D_m = 534 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{h}^{-1} = \frac{534 \times 10^3}{3600}\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} \approx 148{,}3\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} ;
- \rho_A = 33\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
- R_0 = 296\text{ mm} = 0{,}296\text{ m} et a = 41\text{ mm} = 0{,}041\text{ m} ;
- S_A = \pi \times 0{,}041 \times (2 \times 0{,}296 + 0{,}041) = \pi \times 0{,}041 \times 0{,}633 \approx 8{,}15 \times 10^{-2}\text{ m}^2 (avec l'approximation de l'anneau mince, S_A \approx 7{,}63 \times 10^{-2}\text{ m}^2).
Si la turbine conservait une section constante (S_B = S_A), la conservation du débit massique D_m = \rho_A S_A v_A = \rho_B S_B v_B imposerait :
Avec \rho_A = 33\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} et \rho_B = 11\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, le rapport vaut \frac{\rho_A}{\rho_B} = 3. Ainsi :
Nécessité de conserver une vitesse débitante à peu près constante :
- L'adaptation de l'angle d'incidence de l'écoulement sur les profils d'aubes (triangle des vitesses) requiert un rapport fixé entre la vitesse axiale d'écoulement et la vitesse périphérique d'entraînement des aubes U = R_0\Omega. Une variation excessive de la vitesse débitante dégraderait l'angle d'attaque, induisant décollements, turbulences et chute du rendement aérodynamique.
- Une vitesse trop élevée en fin de turbine engendrerait d'importantes pertes par frottement visqueux ainsi qu'une perte d'énergie cinétique non récupérée en sortie.
Réalisation pratique : Comme \rho diminue le long de la détente (la vapeur se détend), pour maintenir le produit \rho \, S \, v constant avec v \approx \text{cste}, il faut augmenter progressivement la section de passage : S \propto \frac{1}{\rho}. En pratique, on augmente la longueur radiale (hauteur) des aubes d'un étage au suivant. Sur le document 1, la hauteur des aubes passe ainsi de a = 41\text{ mm} en entrée à a' = 113\text{ mm} en sortie de la THP, soit un facteur \frac{113}{41} \approx 2{,}76, très proche du rapport de détente \frac{\rho_A}{\rho_B} = 3.
Résultat
Question 14
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : premier principe en système ouvert, enthalpie
Évaluer la puissance mécanique transmise à l'axe de rotation par la vapeur d'eau dans la turbine haute pression.
Voir l'indiceIndice
Appliquer le premier principe des systèmes ouverts à la turbine calorifugée en négligeant la variation d'énergie cinétique globale devant la chute d'enthalpie : \mathcal{P}_m = D_m (h_B - h_A).
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique pour un système ouvert en régime stationnaire au fluide traversant la turbine haute pression (THP).
- Justifier la négligence des variations d'énergie cinétique et potentielle par rapport à la variation d'enthalpie massique.
- Exprimer puis calculer numériquement la puissance mécanique transmise à l'arbre par le fluide.
Voir la réponse courteRéponse courte
Application du premier principe industriel à la turbine HP : puissance mécanique obtenue par \mathcal{P} = D_m (h_A - h_B) lue sur le diagramme.
Voir le corrigé completCorrigé complet
On applique le premier principe de la thermodynamique en écoulement stationnaire à la masse unité de vapeur d'eau traversant la turbine haute pression entre l'entrée A et la sortie B :
où w_u est le travail massique utile reçu par le fluide et q le transfert thermique massique reçu.
- La turbine est supposée parfaitement calorifugée, d'où q = 0.
- L'écoulement a lieu à altitude sensiblement constante, donc \Delta e_p \approx 0.
- La variation d'énergie cinétique massique reste de l'ordre de grandeur de \frac{1}{2}v_A^2 \sim \frac{1}{2} \times 55^2 \approx 1{,}5\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} (cf. question Q13), ce qui est tout à fait négligeable devant la chute d'enthalpie massique |h_B - h_A| \approx 430\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.
Le travail massique utile reçu par la vapeur se réduit donc à :
La puissance mécanique transmise par le fluide à l'axe de rotation de la turbine est l'opposée de la puissance utile reçue par le fluide, soit :
Application numérique :
- Débit massique de vapeur : D_m = \dfrac{534 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{h}^{-1}}{3600\text{ s}\cdot\text{h}^{-1}} \approx 148{,}3\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}
- D'après la question Q11 : h_A \approx 3500\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} et h_B \approx 3070\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, soit h_A - h_B \approx 430\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
Résultat
Question 15
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Exploitation de document
Notions : premier principe en système ouvert, détente isentropique
Calculer la puissance mécanique maximale transmise à l'axe de rotation si l'on utilisait une unique turbine réalisant une détente isentropique ?
Voir l'indiceIndice
Suivre une détente isentropique hypothétique partant du point A jusqu'à atteindre la courbe de saturation x = 1, sans franchir la zone diphasique pour préserver les aubes.
Voir la stratégieStratégie
- Prendre en compte la contrainte technique fondamentale énoncée : pour préserver les aubes de la corrosion et de l'érosion, il ne doit jamais apparaître de phase liquide dans les turbines.
- Identifier l'état final A' de la détente isentropique maximale admissible en suivant la droite verticale s = s_A jusqu'à la courbe de saturation vapeur (x = 1{,}00) sur le diagramme de Mollier, et en relever l'enthalpie massique h_{A'}.
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique en système ouvert pour exprimer et calculer la puissance mécanique correspondante.
Voir la réponse courteRéponse courte
Évaluation de la puissance délivrée par une détente isentropique directe jusqu'à la basse pression sans surchauffe intermédiaire.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'énoncé stipule que le fluide doit rester exclusivement sous forme de vapeur sèche tout au long de la détente :
Partant de l'état d'entrée A caractérisé par :
une détente isentropique dans une unique turbine correspond à une évolution verticale à entropie massique constante s = s_A = 6{,}53\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.
La détente maximale sans apparition de gouttelettes liquides s'interrompt précisément lorsque la vapeur atteint la courbe de rosée (x = 1{,}00, frontière du domaine diphasique). À l'intersection de la verticale s = 6{,}53\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} et de la courbe de saturation x = 1{,}00 sur le diagramme de Mollier, on lit pour cet état limite noté A' :
D'après le premier principe de la thermodynamique pour un écoulement stationnaire sans échange thermique (\dot{Q} = 0) et en négligeant les variations d'énergie cinétique et potentielle, la puissance mécanique maximale utile transmise par le fluide à l'arbre s'écrit :
Le débit massique de vapeur est :
Application numérique :
Résultat
Question 16
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Notions : surchauffe, premier principe en système ouvert
Déterminer la puissance thermique fournie par le surchauffeur, puis calculer la puissance mécanique totale transmise à l'axe de rotation en considérant l'ensemble du circuit de vapeur, constitué des trois turbines ainsi que du surchauffeur. Commenter la valeur numérique obtenue.
Voir l'indiceIndice
Calculer la puissance thermique du surchauffeur par \mathcal{P}_{\text{th}} = D_m(h_C - h_B), puis sommer les travaux mécaniques recueillis sur les trois corps de turbine.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer le premier principe industriel en régime stationnaire au fluide traversant le surchauffeur, assimilé à un échangeur de chaleur sans parties mobiles (w_u = 0), afin d'en déduire la puissance thermique \mathcal{P}_{\text{th, SC}}.
- Appliquer le premier principe aux trois turbines supposées adiabatiques, exprimer la puissance mécanique totale cédée à l'arbre commun, puis effectuer l'application numérique à partir des débits et enthalpies massiques issus de la question Q11.
- Commenter la valeur obtenue en la confrontant à la puissance maximale d'une détente sans resurchauffe (Q15) et à la puissance électrique attendue pour le générateur (figure 1).
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan enthalpique du surchauffeur intermédiaire et sommation des puissances des trois corps de turbine pour obtenir la puissance mécanique globale.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le débit massique de vapeur dans le circuit vaut :
1. Puissance thermique fournie par le surchauffeur
Dans le surchauffeur (entre B et C), le fluide ne fournit aucun travail utile (w_u = 0) et les variations d'énergie cinétique et potentielle sont négligeables. Le premier principe pour un système ouvert en régime stationnaire s'écrit :
D'où la puissance thermique reçue par le fluide dans le surchauffeur :
Avec les enthalpies massiques relevées sur le diagramme de Mollier (question Q11) :
- h_B \approx 3070\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
- h_C \approx 3600\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
2. Puissance mécanique totale transmise à l'arbre
Les trois turbines (THP, TMP, TBP) sont montées sur le même arbre et sont parfaitement calorifugées (q = 0). En négligeant les variations d'énergies cinétique et potentielle macroscopiques entre les entrées et sorties des étages :
- Dans la turbine haute pression (THP) : w_{u,\text{THP}} = h_B - h_A
- Dans la turbine moyenne pression (TMP) : w_{u,\text{TMP}} = h_D - h_C
- Dans la turbine basse pression (TBP) : w_{u,\text{TBP}} = h_E - h_D
La puissance mécanique cédée par la vapeur à l'axe de rotation s'écrit donc :
Avec les valeurs obtenues à la question Q11 :
- h_A \approx 3500\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
- h_B \approx 3070\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \implies h_A - h_B \approx 430\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
- h_C \approx 3600\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
- h_D \approx 3110\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \implies h_C - h_D \approx 490\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
- h_E \approx 2550\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \implies h_D - h_E \approx 560\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
La chute enthalpique totale vaut :
L'application numérique donne :
3. Commentaire
- La puissance mécanique obtenue (220\text{ MW}) est plus du double de la puissance maximale théorique issue d'une détente sans surchauffeur (105\text{ MW}, calculée en Q15). La resurchauffe permet d'extraire bien plus de travail tout en garantissant une sortie à l'état de vapeur saturante sèche sans liquide corrosif.
- Cette puissance mécanique alimente un alternateur dont la puissance électrique en sortie est annoncée à 230\text{ MW} sur la figure 1 (et de valeur nominale 240\text{ MW} dans les données de la partie C). Les valeurs sont en excellent accord, compte tenu de la précision de lecture sur le diagramme de Mollier et d'un rendement de génératrice proche de l'unité (> 95\,\%).
Résultat
Question 17
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : détente isentropique, rendement isentropique
Estimer la puissance mécanique transmise à l'arbre de la turbine moyenne pression si l'évolution de la vapeur était adiabatique et réversible avec la même pression de sortie ? En déduire la puissance des pertes introduites par les frottements sur les aubes, que l'on appelle pertes adiabatiques.
Voir l'indiceIndice
Tracer la détente isentropique idéale depuis C jusqu'à la droite p_D = 4\text{ bar} pour lire h_{D,\text{is}}, puis comparer avec le point réel D pour isoler l'enthalpie dégradée par frottement.
Voir la stratégieStratégie
- Définir l'état théorique de sortie D_{\text{is}} correspondant à une détente adiabatique et réversible (isentropique) depuis l'état C jusqu'à la pression p_D = 4{,}0\text{ bar}.
- Lire l'enthalpie massique h_{D,\text{is}} sur le diagramme de Mollier à l'intersection de la verticale s = s_C et de l'isobare p_D = 4{,}0\text{ bar}, puis calculer la puissance mécanique correspondante.
- Comparer cette puissance idéale à la puissance réelle transmise par la turbine moyenne pression pour obtenir la puissance des pertes adiabatiques.
Voir la réponse courteRéponse courte
Comparaison entre la détente réelle et la détente isentropique idéale sur le corps MP pour quantifier la puissance des pertes par frottement.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les résultats de la question Q11, l'état de la vapeur à l'entrée de la turbine moyenne pression (point C) est caractérisé par :
Si la détente à travers la TMP était adiabatique et réversible, elle s'effectuerait à entropie massique constante :
Sur le diagramme de Mollier (figure 1 du document réponse), en suivant la droite verticale s = 7{,}25\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} jusqu'à la courbe isobare p_D = 4{,}0\text{ bar}, on lit pour l'état théorique D_{\text{is}} :
En appliquant le premier principe pour un système ouvert en régime stationnaire (les variations d'énergie cinétique et potentielle étant négligeables), la puissance mécanique idéale transmise à l'arbre vaut :
Le débit massique de vapeur étant D_m = \frac{534 \times 10^3}{3600} \approx 148{,}3\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} :
En fonctionnement réel, l'état en sortie est le point D (p_D = 4{,}0\text{ bar}, T_D = 320^\circ\text{C}), pour lequel on avait déterminé h_D \approx 3110\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}. La puissance mécanique réellement reçue par l'arbre s'élève à :
La puissance des pertes introduites par les frottements sur les aubes (pertes adiabatiques) correspond à la différence :
Numériquement :
Résultat
Question 18
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Mise en équation
- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : premier principe en système ouvert, échangeur thermique
Établir la relation donnant la température de l'eau de mer rejetée par le condenseur en fonction des données utiles. Calculer puis commenter la valeur numérique obtenue.
Voir l'indiceIndice
Établir le bilan d'énergie au condenseur : l'énergie de liquéfaction cédée par le débit de vapeur D_m est intégralement absorbée par l'élévation de température du débit volumique d'eau de mer.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique en régime stationnaire au condenseur (échangeur globalement calorifugé, sans pièces mobiles).
- Exprimer le flux thermique cédé par la condensation totale de la vapeur du circuit fermé et celui reçu par le courant d'eau de mer.
- Isoler la température de sortie \theta_s et vérifier le respect de la contrainte environnementale (\theta_s \leqslant 30\text{ }^\circ\text{C}).
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan d'énergie au condenseur pour déterminer l'élévation de température de l'eau de mer de refroidissement et commenter l'impact thermique.
Voir le corrigé completCorrigé complet
On applique le premier principe de la thermodynamique en système ouvert et en régime stationnaire à l'ensemble du condenseur. L'échangeur étant parfaitement calorifugé avec l'extérieur et ne comportant aucune pièce mobile (\mathcal{P}_u = 0), le bilan d'enthalpie global s'écrit :
Ce bilan fait intervenir les deux écoulements indépendants :
La vapeur du circuit : elle entre sous forme de vapeur saturante à T_E = 26\text{ }^\circ\text{C} et se liquéfie totalement de manière isobare à cette même température. La variation d'enthalpie massique correspond au changement d'état liquide-vapeur :
\Delta h_{\text{circuit}} = -l_{\text{vap}}Le flux enthalpique associé est donc -D_m \, l_{\text{vap}}.
L'eau de mer de refroidissement : son débit massique s'exprime à partir de sa masse volumique et de son débit volumique selon D_{m,\text{mer}} = \rho_{\text{eau}} \, Q. En modélisant l'eau de mer comme une phase condensée incompressible et indilatable de capacité thermique massique c_{\text{eau}}, son échauffement de \theta_e à \theta_s correspond à une variation d'enthalpie massique \Delta h_{\text{mer}} = c_{\text{eau}} (\theta_s - \theta_e). Le flux enthalpique reçu vaut ainsi :
\rho_{\text{eau}} \, Q \, c_{\text{eau}} (\theta_s - \theta_e)
Le bilan énergétique stationnaire s'écrit alors :
d'où l'expression de la température de sortie de l'eau de mer :
Application numérique : Les débits D_m et Q étant tous deux exprimés par heure, la conversion en secondes n'est pas nécessaire :
- D_m = 534 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{h}^{-1}
- Q = 33 \times 10^3\text{ m}^3\cdot\text{h}^{-1}
- \rho_{\text{eau}} = 1{,}00 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}
- c_{\text{eau}} = 4{,}18\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1}
- l_{\text{vap}} = 2{,}30 \times 10^3\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
- \theta_e = 15\text{ }^\circ\text{C}
Commentaire : La température de rejet de l'eau de mer en milieu naturel est de l'ordre de 24\text{ }^\circ\text{C}. Elle est strictement inférieure au seuil maximal réglementaire imposé de 30\text{ }^\circ\text{C} : le dimensionnement du débit d'eau de mer garantit ainsi la préservation des écosystèmes marins aux abords de la centrale.
Résultat
II · Étude d'un étage de détente de la turbine haute pression
Question 19
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
Notions : temps de séjour, temps caractéristique de diffusion
Établir un critère qualitatif portant sur des durées caractéristiques permettant de justifier que l'évolution du fluide dans le stator est bien adiabatique. On admettra dans la suite que ce critère est largement vérifié.
Voir l'indiceIndice
Comparer le temps caractéristique de transit hydrodynamique du fluide dans l'aubage \tau_{\text{transit}} \sim b/v au temps de conduction thermique à travers les parois métalliques calorifugées.
Voir la stratégieStratégie
- Définir le temps de séjour (ou de transit) \tau_{\text{transit}} d'une particule fluide à travers les aubes du stator.
- Définir le temps caractéristique \tau_{\text{th}} des transferts thermiques (conduction/diffusion ou échange avec les parois).
- Comparer ces deux échelles de temps pour formuler le critère d'adiabaticité.
Voir la réponse courteRéponse courte
Comparaison du temps de séjour très court du fluide avec le temps caractéristique de diffusion thermique pour justifier l'hypothèse adiabatique.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons une particule fluide traversant l'aubage fixe (stator) de largeur axiale b à une vitesse moyenne de l'ordre de v :
Le temps de transit (ou temps de séjour) du fluide dans le stator s'écrit :
\tau_{\text{transit}} \sim \frac{b}{v}Avec b = 32\text{ mm} (d'après le document 1) et une vitesse d'entrée v_A \approx 55\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (établie en Q13), on a :
\tau_{\text{transit}} \sim \frac{3{,}2 \times 10^{-2}}{60} \sim 0{,}5\text{ ms}Le temps caractéristique de transfert thermique \tau_{\text{th}} (par diffusion au sein du fluide ou conduction à travers les parois calorifugées de la turbine) est régi par la diffusion thermique sur une échelle spatiale L :
\tau_{\text{th}} \sim \frac{L^2}{D_{\text{th}}}Ce temps est de l'ordre de quelques secondes à plusieurs dizaines de secondes, compte tenu des propriétés thermiques des métaux et des fluides gazeux.
Le transfert d'énergie thermique n'a donc pas le temps de s'effectuer de manière significative pendant le passage de la vapeur si le temps de transit est très inférieur au temps caractéristique de transfert thermique :
L'évolution du fluide dans le stator est ainsi parfaitement modélisable par une transformation adiabatique (q = 0).
Résultat
Question 20
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : premier principe en système ouvert, détente dans une tuyère
Exprimer, au premier ordre en , la variation de température du fluide entre l'entrée et la sortie du stator. En appliquant le premier principe des systèmes ouverts dans le stator, déduire les expressions puis les valeurs numériques de la variation de température et de la vitesse de la vapeur à la sortie du stator du premier étage de détente de la turbine haute pression.
Voir l'indiceIndice
Différentier la loi de Laplace T\,p^{(1-\gamma)/\gamma} = \text{cste} pour établir \Delta T_1 au premier ordre, puis exploiter le premier principe de transvasement \Delta(h + v^2/2) = 0 dans le stator fixe.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la loi de Laplace pour le gaz parfait sous la forme T\,p^{\frac{1-\gamma}{\gamma}} = \text{cte}, puis effectuer un développement limité au premier ordre pour relier \Delta T_1 à \Delta p_1.
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique pour un système ouvert en régime stationnaire au stator (qui ne comporte aucune pièce mobile, d'où w_u = 0, et sans transfert thermique, q = 0) afin de relier la variation d'enthalpie à l'accroissement d'énergie cinétique et d'en déduire v_1.
Voir la réponse courteRéponse courte
Différentielle d'enthalpie et premier principe en système ouvert avec variation d'énergie cinétique pour obtenir \Delta T_1 et la vitesse d'éjection v_1.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Expression et calcul de la variation de température \Delta T_1
Dans le stator, la détente de la vapeur (assimilée à un gaz parfait) est supposée isentropique. La loi de Laplace s'écrit :
Au premier ordre en \Delta p_1 / p_A \ll 1 :
On en déduit l'expression de la variation de température :
Application numérique : Avec T_A = 565 + 273{,}15 = 838{,}15\text{ K}, p_A = 144\text{ bar}, \Delta p_1 = -7{,}3\text{ bar} et \gamma = 1{,}30 :
2. Expression et calcul de la vitesse v_1 en sortie de stator
Appliquons le premier principe pour un système ouvert en écoulement stationnaire à la traversée du stator entre l'entrée A et la sortie 1 :
- L'écoulement est adiabatique d'après la question Q19 : q = 0.
- Le stator est constitué d'aubes fixes, il n'échange aucun travail mécanique utile avec le fluide : w_u = 0.
- La variation d'énergie potentielle de pesanteur est négligeable devant les variations d'enthalpie et d'énergie cinétique : \Delta(gz) \approx 0.
Le bilan d'énergie massique se réduit à :
Pour un gaz parfait, la seconde loi de Joule donne h_1 - h_A = c_p (T_1 - T_A) = c_p \Delta T_1. On obtient :
D'où l'expression de la vitesse v_1 :
Application numérique : D'après la question Q13, la vitesse d'entrée vaut v_A \approx 55{,}1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}. Avec c_p = 2{,}00\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} = 2{,}00 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} et \Delta T_1 = -9{,}805\text{ K} :
Résultat
Question 21
DifficileTemps estimé : ≈ 15 min- Mise en équation
- Calcul littéral
- Résolution de problème
Notions : théorème d'euler, turbomachine
Justifier la valeur de l'angle d'inclinaison choisi. À l'aide d'une démarche que l'on présentera avec soin, estimer la puissance mécanique transmise par le fluide au premier étage de la turbine haute pression, ainsi que le nombre d'étages de détente, et évaluer la force axiale exercée sur le rotor. On utilisera les données du document 1.
Voir l'indiceIndice
Rechercher sur les polaires du profil NACA l'angle d'attaque qui maximise la finesse aérodynamique C_L/C_D. Calculer ensuite la force tangentielle motrice sur l'ensemble des aubes.
Voir la stratégieStratégie
- Analyser les polaires aérodynamiques du document 2 pour identifier le compromis optimal de portance sans décrochage.
- Déterminer la cinématique de l'écoulement relatif (U et w_1) via le triangle des vitesses à l'entrée du rotor.
- Projeter les actions aérodynamiques (portance motrice orthoradiale et traînée axiale) sur les N = 80 aubes pour évaluer la puissance au premier étage, en déduire n par comparaison avec \mathcal{P}_{\text{méc, THP}}, puis chiffrer la poussée axiale.
Voir la réponse courteRéponse courte
Résolution de problème : étude cinématique sur aube mobile, bilan de quantité de mouvement d'Euler pour estimer le couple, la poussée axiale et le nombre d'étages.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Justification de l'angle d'inclinaison choisi
D'après le document 2, pour un nombre de Reynolds Re = 6\cdot 10^6 (courbe en pointillés gras correspondant à Re > 1\cdot 10^6), le coefficient de portance C_L croît de façon quasi linéaire avec l'incidence i jusqu'à atteindre sa valeur maximale :
Au-delà de cet angle, l'aube entre en régime de décrochage aérodynamique (décollement de la couche limite), entraînant une chute brutale de portance et une très forte augmentation de la traînée C_D. La valeur i = 15^\circ permet donc d'exploiter la force motrice maximale disponible sans risquer le décrochage.
2. Puissance mécanique transmise au rotor du premier étage
La vitesse d'entraînement des aubes à la surface de l'arbre est :
Le triangle des vitesses en entrée du rotor (figure 6a) impose une vitesse relative axiale \vec{w}_1 = w_1 \vec{e}_z. Par composition des vitesses :
Avec v_1 \approx 206\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} d'après la question Q20 :
L'écoulement relatif abordant les aubes selon la direction axiale \vec{e}_z, la force de portance \vec{L}_1 est orthogonale à l'écoulement incident, donc dirigée selon la direction orthoradiale motrice \vec{e}_\theta :
La surface d'une aube vaut d'après le document 1(c) :
En assimilant la masse volumique du fluide à celle d'entrée de la THP \rho \approx \rho_A = 33\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} (la détente dans le premier stator étant de l'ordre de 5%), la force tangentielle totale exercée sur les N = 80 aubes du rotor s'écrit :
La puissance mécanique transmise au rotor du premier étage est donc :
3. Estimation du nombre d'étages de détente n
La puissance mécanique totale transmise par l'ensemble de la turbine haute pression a été évaluée à \mathcal{P}_{\text{méc, THP}} \approx 64\text{ MW} à la question Q14. En supposant que les différents étages de détente fournissent des puissances comparables :
Ce résultat est bien de l'ordre de grandeur de la « dizaine d'étages » annoncée dans le texte.
4. Force axiale exercée sur le rotor
La force de traînée est colinéaire à la vitesse incidente relative \vec{w}_1, donc dirigée selon l'axe du rotor \vec{e}_z. À i = 15^\circ, le document 2 donne C_D \approx 0{,}06. La force axiale totale subie par le rotor du premier étage est :
Résultat
Question 22
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Incontournable
- Mise en équation
- Calcul littéral
- Application numérique
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : bilan de moment cinétique, théorème d'euler
On considère le système constitué du fluide circulant en régime stationnaire entre deux aubes du rotor entre les instants et (figure 7). Effectuer pour ce système un bilan précis de moment cinétique par rapport à l'axe de rotation et déterminer le couple mécanique exercé par tout le fluide sur le rotor du premier étage en fonction de , et . En déduire que la puissance mécanique transmise au rotor s'écrit et faire l'application numérique.
Voir l'indiceIndice
Appliquer le théorème du moment cinétique en système ouvert au fluide traversant le rotor pour exprimer le couple d'Euler \Gamma = D_m R_0 (v_{1\theta} - v_{2\theta}) et en déduire la puissance \Gamma\Omega.
Voir la stratégieStratégie
- Définir le système fermé coïncidant avec le fluide contenu dans le rotor entre les instants t et t+\mathrm{d}t (méthode du système coïncident en écoulement stationnaire).
- Exprimer les moments cinétiques par rapport à l'axe (Oz) du paquet de fluide entrant et du paquet de fluide sortant à l'aide des composantes azimutales des vitesses absolues \vec{v}_1 et \vec{v}_2.
- Appliquer le théorème du moment cinétique pour relier la variation de moment cinétique au couple exercé sur le rotor, puis en déduire la puissance mécanique via \mathcal{P} = \Gamma\,\Omega.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan de moment cinétique sur un volume de contrôle entre aubes mobiles pour établir le couple d'Euler et la puissance \mathcal{P} = D_m U^2.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons le système fermé constitué par le fluide présent dans l'ensemble des canaux inter-aubes du rotor au temps t, complété par la masse de fluide \mathrm{d}m = D_m\,\mathrm{d}t qui entre dans le rotor entre t et t+\mathrm{d}t.
À l'instant t+\mathrm{d}t, ce système fermé est constitué du fluide présent dans les canaux à t+\mathrm{d}t et de la même masse \mathrm{d}m sortie du rotor.
En régime permanent, le moment cinétique du fluide présent dans le volume intérieur des canaux est indépendant du temps : \vec{L}_{\text{int}}(t+\mathrm{d}t) = \vec{L}_{\text{int}}(t). La variation du moment cinétique du système fermé par rapport à l'axe de rotation (Oz) orienté par \vec{e}_z entre t et t+\mathrm{d}t s'écrit donc :
Puisque les aubes sont courtes devant le rayon R_0, on assimile le rayon de la veine fluide à R_0.
À l'entrée du rotor : le triangle des vitesses donne \vec{v}_1 = \vec{w}_1 + \vec{U} avec \vec{w}_1 = w_1\,\vec{e}_z (vitesse relative axiale) et \vec{U} = R_0\,\Omega\,\vec{e}_\theta = U\,\vec{e}_\theta. La vitesse absolue est donc :
\vec{v}_1 = w_1\,\vec{e}_z + U\,\vec{e}_\thetaLe moment cinétique de la masse entrante \mathrm{d}m par rapport à l'axe (Oz) vaut :
L_{z,\text{entrée}} = \left[ (R_0\,\vec{e}_r) \wedge (\mathrm{d}m\,\vec{v}_1) \right] \cdot \vec{e}_z = \mathrm{d}m\,R_0\,UÀ la sortie du rotor : la forme des aubes impose une vitesse absolue axiale \vec{v}_2 = v_2\,\vec{e}_z. Sa composante orthoradiale est donc nulle (v_{2\theta} = 0), d'où :
L_{z,\text{sortie}} = 0
Il en résulte :
D'après le théorème du moment cinétique appliqué au système fermé dans le référentiel du stator (galiléen), la dérivée temporelle de L_z est égale au moment par rapport à (Oz) des forces extérieures appliquées au fluide. Les forces de pression sur les sections droites d'entrée et de sortie sont purement axiales, leur moment par rapport à (Oz) est donc nul. Les seules forces ayant un moment non nul selon (Oz) sont les actions de contact exercées par les parois des aubes du rotor sur le fluide :
Par le principe des actions réciproques, le couple mécanique exercé par l'ensemble du fluide sur le rotor du premier étage est :
Ce couple est moteur (\Gamma > 0). La puissance mécanique transmise au rotor en rotation à la vitesse angulaire \Omega s'en déduit :
Sachant que U = R_0\,\Omega, on obtient directement :
Application numérique :
- D_m = \frac{534 \times 10^3}{3600} \approx 148{,}3\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} ;
- R_0 = 0{,}296\text{ m} ;
- \Omega = 3000 \times \frac{2\pi}{60} = 100\pi \approx 314{,}2\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} ;
- U = R_0\,\Omega = 0{,}296 \times 100\pi \approx 93{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.
Résultat
Question 23
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : puissance mécanique, étage de turbine
Déterminer le nombre d'étages de détente contenus dans la turbine haute pression.
Voir l'indiceIndice
Dans une turbine à action pure où \Delta h_{\text{étage}} = 2U^2, diviser la chute d'enthalpie globale de la turbine haute pression par le travail massique échangé par étage.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique pour un écoulement stationnaire à un étage de turbine calorifugé afin de relier la variation d'enthalpie massique au travail utile massique.
- Utiliser la répartition équitable de la chute d'enthalpie totale \Delta h_{\text{THP}} = h_A - h_B sur les n étages pour en déduire l'expression littérale de n.
- Réaliser l'application numérique avec les valeurs obtenues aux questions précédentes et arrondir à l'entier le plus proche.
Voir la réponse courteRéponse courte
Déduction du nombre d'étages n = \mathcal{P}_{\text{HP}}/\mathcal{P}_{\text{étage}} nécessaire pour assurer la détente complète dans le corps HP.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après l'énoncé, chaque étage de la turbine est modélisé par une turbine à action parfaite calorifugée, pour laquelle le travail utile massique reçu par le fluide vaut :
Le premier principe pour un système ouvert en régime stationnaire appliqué à un étage s'écrit :
L'étage étant calorifugé (q = 0) et les étages étant identiques, la vitesse débitante est maintenue constante d'un étage au suivant, soit \Delta e_{c,\text{étage}} \approx 0. La variation d'enthalpie massique par étage est donc :
La chute d'enthalpie massique totale à travers la turbine haute pression étant répartie équitablement sur les n étages, on a :
ce qui conduit à l'expression de n :
D'après les questions Q11 et Q14, on a h_A - h_B \approx 430\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.
D'après la question Q21, la vitesse périphérique de rotation vaut :
On en déduit l'enthalpie cédée par étage :
Le nombre d'étages s'élève donc à :
Comme le nombre d'étages doit être un nombre entier :
Résultat
Question 24
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Notions : puissance mécanique, étage de turbine
Calculer la puissance mécanique totale réellement transmise à l'arbre à travers tous les étages de la turbine haute pression. Commenter.
Voir l'indiceIndice
Multiplier le travail élémentaire par le nombre d'étages et comparer cette estimation à la puissance mécanique globale évaluée à la question Q14.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la puissance mécanique cédée à l'arbre par un étage de turbine à action à partir du travail massique utile fourni par l'énoncé (w_u = -2U^2).
- Multiplier cette puissance par le nombre d'étages n déterminé à la question précédente (Q23) pour obtenir la puissance totale.
- Commenter en comparant cette valeur à celle déduite du premier principe macroscopique en question Q14, ainsi qu'à la puissance globale du groupe turbo-alternateur.
Voir la réponse courteRéponse courte
Produit du nombre entier d'étages retenu par la puissance unitaire et comparaison avec la puissance globale attendue de la turbine HP.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans une turbine à action parfaite, le travail massique utile reçu par le fluide à travers chaque étage est w_{u,\text{étage}} = -2U^2. Par le principe des actions réciproques, le travail massique cédé par le fluide à l'arbre est :
La puissance mécanique transmise à l'arbre par un étage s'écrit donc :
Numériquement, avec D_m = \frac{534 \times 10^3}{3600} \approx 148{,}3\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} et U = R_0 \Omega \approx 93{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :
Pour les n = 25 étages identiques de la turbine haute pression (résultat de Q23), la puissance mécanique totale transmise à l'arbre vaut :
Commentaires :
- Cohérence avec le bilan enthalpique : On retrouve exactement la puissance mécanique de la turbine haute pression évaluée à la question Q14 par application du premier principe industriel (\mathcal{P}_{\text{méc, THP}} = D_m (h_A - h_B) \approx 64\text{ MW}). Le modèle cinétique/dynamique d'aubage à action est donc en parfait accord avec le bilan thermodynamique global.
- Part dans le cycle de détente : Cette turbine HP fournit environ 29\% de la puissance mécanique totale du train de turbines (\mathcal{P}_{\text{méc, tot, circuit}} \approx 220\text{ MW}, calculée en Q16), le reste étant apporté par la turbine moyenne pression (TMP) et la turbine basse pression (TBP) pour entraîner le générateur de 230\text{ MW}.
Résultat
Partie C : Le générateur électrique
I · Paramètres de l'alternateur
Question 25
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
Notions : machine synchrone, rotor, stator
Attribuer le caractère continu ou sinusoïdal aux courants circulant dans le stator et dans le rotor. Décrire l'organisation spatiale des circuits statorique et rotorique.
Voir l'indiceIndice
Identifier que le rotor bobiné porte un enroulement inducteur alimenté en courant continu, tandis que le stator polyphasé héberge les enroulements d'induit parcourus par des courants alternatifs.
Voir la stratégieStratégie
Dans une machine synchrone fonctionnant en alternateur :
- Identifier le rôle respectif du rotor (inducteur) et du stator (induit) pour déterminer la nature (continue ou alternative) des courants qui les traversent.
- Décrire la disposition spatiale des enroulements au rotor (création d'une répartition dipolaire de champ) et au stator (déphasage spatial des phases pour générer ou recueillir un système de tensions polyphasé équilibré, en précisant le cas diphasé étudié ici et le cas triphasé réel).
Voir la réponse courteRéponse courte
Identification du rôle inducteur du rotor à courant continu et du rôle induit du stator triphasé à courants sinusoïdaux avec bobinages décalés de 2\pi/3.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Nature des courants dans les enroulements :
- Rotor (inducteur) : il est alimenté par une source de tension continue et est donc parcouru par un courant continu d'intensité notée I_e (courant d'excitation).
- Stator (induit) : le rotor en rotation entraîne la rotation du champ inducteur, induisant dans les bobinages fixes du stator des forces électromotrices alternatives. En charge, le stator est donc parcouru par des courants alternatifs sinusoïdaux de fréquence f = 50\text{ Hz}.
2. Organisation spatiale des circuits :
- Circuit rotorique : le bobinage d'excitation est logé dans des encoches réparties à la périphérie du rotor cylindrique à pôles lisses. Il est enroulé de manière à créer, lorsqu'il est parcouru par le courant continu I_e, une répartition spatiale de champ magnétique à 2 pôles (p = 1 paire de pôles, soit un pôle Nord et un pôle Sud) symétrique par rapport à un axe diamétral.
Circuit statorique : les conducteurs sont répartis dans des encoches régulièrement espacées sur la surface interne du cylindre statorique ferromagnétique fixe :
pour le modèle diphasé équivalent étudié ici (m = 2 phases, p = 1 paire de pôles), le stator comporte deux enroulements identiques spatialement décalés d'un angle géométrique de :
\theta_0 = \frac{\pi}{2p} = \frac{\pi}{2} = 90^\circ ;pour la machine triphasée réelle (m = 3 phases, p = 1), le stator comprend trois enroulements identiques décalés géométriquement de :
\theta_0 = \frac{2\pi}{3p} = \frac{2\pi}{3} = 120^\circ.
Question déjà tombée ailleurs
Question 26
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Question de cours
- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : puissance électrique en régime sinusoïdal, facteur de puissance
Rappeler l'expression de la puissance moyenne délivrée par les circuits statoriques. En déduire la valeur de la tension nominale aux bornes de chaque phase.
Voir l'indiceIndice
Rappeler la relation de la puissance active pour un système diphasé équilibré P = 2\,U\,I\cos\varphi et isoler la tension efficace de phase U_n.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la puissance active moyenne délivrée par une phase en régime sinusoïdal de pulsation \omega, en fonction de la tension efficace de phase U, de l'intensité efficace I et du facteur de puissance \cos\varphi.
- En déduire la puissance totale délivrée par les circuits statoriques pour l'alternateur diphasé équivalent comportant m = 2 phases identiques et équilibrées.
- Isoler la tension nominale de phase U_n et effectuer l'application numérique à partir des grandeurs nominales fournies dans l'énoncé.
Voir la réponse courteRéponse courte
Expression P = 3 V I \cos\varphi en triphasé équilibré et calcul de la tension efficace nominale simple aux bornes d'une phase statorique.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Pour une phase du stator, la tension instantanée aux bornes de l'enroulement et le courant instantané qui en sort s'écrivent :
où U et I sont les valeurs efficaces, et \varphi = \mathrm{Arg}(\underline{U}) - \mathrm{Arg}(\underline{I}) est le retard de phase du courant sur la tension.
La puissance active moyenne délivrée par une phase est :
L'alternateur étudié est modélisé par un système diphasé équivalent comportant m = 2 phases indépendantes et équilibrées. La puissance moyenne totale délivrée par l'ensemble des circuits statoriques est donc la somme des puissances fournies par chaque phase :
Au point de fonctionnement nominal, cette relation s'écrit pour les grandeurs nominales P_n, I_n et \cos\varphi_n :
Application numérique : Avec les données du tableau pour l'alternateur diphasé :
- P_n = 240\text{ MW} = 240 \times 10^6\text{ W} ;
- I_n = 11{,}1\text{ kA} = 11{,}1 \times 10^3\text{ A} ;
- \cos\varphi_n = 0{,}85.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 27
Application directeTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : machine synchrone, condition de synchronisme
Rappeler les propriétés d'un matériau ferromagnétique idéal. Déterminer la direction du champ magnétique en un point de l'entrefer.
Donner, en justifiant, la relation entre la pulsation des courants et la vitesse de rotation du rotor.
Déduire la valeur numérique en puis en de , vitesse de rotation du rotor en fonctionnement nominal.
Voir l'indiceIndice
Utiliser la condition aux limites à la frontière d'un milieu de perméabilité infinie pour justifier que le champ \vec{B} dans l'entrefer est purement radial. Relier pulsation et vitesse par la relation de synchronisme \omega = p\Omega.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler le comportement d'un milieu ferromagnétique idéal (\mu_r \to \infty, absence d'hystérésis et de pertes) et appliquer les conditions de passage du champ magnétique à l'interface fer/entrefer pour déterminer sa direction.
- Relier la vitesse angulaire de rotation mécanique du champ inducteur rotorique à la pulsation des courants statoriques par le nombre de paires de pôles p.
- Réaliser l'application numérique pour f = 50\text{ Hz} et p = 1.
Voir la réponse courteRéponse courte
Lignes de champ normales au fer doux dans l'entrefer, relation de synchronisme \omega = \Omega pour une paire de pôles et calcul de \Omega_n en \text{tr}\cdot\text{min}^{-1}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Propriétés d'un matériau ferromagnétique idéal et champ dans l'entrefer
Un matériau ferromagnétique idéal se caractérise par :
- une perméabilité magnétique relative infinie (\mu_r \to \infty), ce qui implique que pour une induction \vec{B} finie, l'excitation magnétique est nulle dans le matériau : \vec{H}_{\text{fer}} = \vec{0} ;
- un cycle d'hystérésis d'aire nulle (absence de champ rémanent et de champ coercitif, pas de pertes par hystérésis) ;
- l'absence de courants de Foucault (matériau parfaitement feuilleté ou de conductivité électrique nulle).
À l'interface entre le matériau ferromagnétique et l'air de l'entrefer (assimilé au vide de perméabilité \mu_0), en l'absence de courants surfaciques libres, la composante tangentielle de l'excitation magnétique est continue :
Par conséquent, dans l'entrefer, la composante tangentielle de l'induction magnétique est nulle : B_t = \mu_0 H_{\text{entrefer}, t} = 0. Comme l'entrefer est d'épaisseur très faible devant le rayon r, les lignes de champ sont partout orthogonales aux surfaces cylindriques en regard. Le champ magnétique en tout point M de l'entrefer est donc purement radial :
2. Relation entre \omega et \Omega
Le rotor tourne à la vitesse angulaire mécanique \Omega. Le champ magnétique créé par l'enroulement d'excitation tourne à la même vitesse \Omega dans le référentiel du stator.
Pour une machine comportant p paires de pôles, une rotation mécanique complète du rotor (2\pi\text{ rad}) correspond à p alternances électriques complètes de la force électromotrice induite dans chaque enroulement statorique. Le synchronisme entre le champ tournant et les courants alternatifs de pulsation \omega impose donc la condition :
D'après le tableau de données, la machine possède 2 pôles, soit p = 1 paire de pôles. La relation de synchronisme devient simplement :
3. Application numérique pour la vitesse nominale \Omega_n
La pulsation des courants est liée à la fréquence nominale f = 50\text{ Hz} par \omega = 2\pi f :
En exprimant cette vitesse en tours par minute :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 28
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
- Mise en équation
Notions : machine synchrone, modèle de behn-eschenburg
Le schéma électrique d'une phase en fonctionnement alternateur est représenté en figure 8. On note et respectivement la résistance et la réactance synchrone du bobinage d'une phase définie par où désigne son inductance propre. En fonctionnement alternateur, écrire l'équation électrique relative à une phase faisant apparaître et ; on notera respectivement , et les représentations complexes de la force électromotrice, de la tension aux bornes de la phase et de l'intensité du courant circulant dans la phase.
Voir l'indiceIndice
Appliquer la loi des mailles au schéma équivalent de Behn-Eschenburg d'une phase statorique en convention générateur.
Voir la réponse courteRéponse courte
Loi des mailles complexe sur le schéma équivalent de Behn-Eschenburg en convention générateur : \underline{E} = \underline{U} + (R + jX)\underline{I}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après le schéma de la figure 8, la phase de l'alternateur est représentée en convention générateur :
- la force électromotrice à vide est modélisée par la source idéale de f.é.m. complexe \underline{E} ;
l'enroulement statorique présente une impédance interne constituée de sa résistance R en série avec son inductance synchrone L, soit une impédance complexe totale :
\underline{Z} = R + \mathrm{j}L\omega = R + \mathrm{j}X- le courant de phase \underline{I} sort par la borne positive de la phase vers la charge extérieure (convention générateur) ;
- la tension disponible aux bornes de la phase est notée \underline{U}.
La loi des mailles (ou relation tension-courant d'un dipôle actif en convention générateur) s'écrit alors :
ou, de manière équivalente :
Résultat
Question 29
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : machine synchrone, réactance synchrone
En utilisant les résultats des deux essais, montrer que avec . Calculer la valeur de et commenter.
Voir l'indiceIndice
Exploiter la caractéristique à vide (I=0 \implies U = E) pour trouver k, puis la caractéristique de court-circuit (U=0 \implies E = Z_s I_{\text{cc}}) pour calculer la réactance synchrone X.
Voir la stratégieStratégie
- Exploiter l'équation électrique d'une phase établie à la question Q28 pour l'essai à vide (I = 0) afin de relier E à la caractéristique U(I_e) et déterminer la constante k.
- Exploiter l'équation électrique pour l'essai en court-circuit (U = 0) afin de relier E et I_{cc} à l'impédance synchrone Z_s = \sqrt{R^2 + X^2}.
- Déterminer graphiquement la pente de la droite de court-circuit, en déduire Z_s puis la réactance synchrone X, et commenter l'ordre de grandeur obtenu.
Voir la réponse courteRéponse courte
Exploitation de la fem à vide proportionnelle au courant d'excitation (E = k I_e) et de l'essai en court-circuit pour calculer la réactance synchrone X \approx E/I_{\text{cc}}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Essai à vide et détermination de k :
En fonctionnement à vide, aucun courant ne circule dans le stator (I = 0). D'après l'équation électrique établie à la question Q28 :
En valeurs efficaces, la tension à vide aux bornes d'une phase est donc directement égale à la force électromotrice : E = U_v.
Sur la caractéristique à vide (figure 9, à gauche), la courbe représentant la tension réduite U/U_n en fonction du courant d'excitation réduit I_e/I_{en} est une droite passant par l'origine, de pente égale à 1 (on lit U/U_n = 1{,}0 pour I_e/I_{en} = 1{,}0) :
On a donc bien une relation de proportionnalité E = k I_e avec :
D'après la question Q26, U_n = \dfrac{P_n}{2 I_n \cos\varphi_n} = \dfrac{240 \times 10^6}{2 \times 11{,}1 \times 10^3 \times 0{,}85} \approx 12{,}72\text{ kV}, et la valeur nominale à vide donnée est I_{en} = 498\text{ A} :
2. Essai en court-circuit et calcul de la réactance X :
Lors de l'essai en court-circuit, la tension aux bornes de chaque phase est nulle (\underline{U} = 0). L'équation électrique devient :
En prenant le module des grandeurs efficaces, on obtient :
Sur la caractéristique en court-circuit (figure 9, à droite), la courbe représentant le courant de court-circuit réduit I_{cc}/I_n en fonction de I_e/I_{en} est une droite passant par l'origine. On lit avec précision pour I_e / I_{en} = 2{,}0 la valeur I_{cc} / I_n = 1{,}0, soit une pente de 0{,}50 :
L'impédance synchrone Z_s s'exprime donc sous la forme :
Numériquement :
Si l'on néglige la résistance R devant X (hypothèse introduite dès la partie suivante) :
Si l'on tient compte de la valeur R = 0{,}9\ \Omega indiquée dans les données :
3. Commentaire :
- La réactance synchrone X est nettement supérieure à la résistance d'induit R (X \gg R), ce qui justifie de négliger R devant X dans l'étude des régimes de fonctionnement couplés au réseau (comme spécifié au début de la sous-partie II).
- Cette réactance X = L\omega ne correspond pas seulement à l'inductance propre de fuite des bobinages statoriques, mais modélise principalement la réaction magnétique d'induit (champ magnétique créé dans l'entrefer par les courants statoriques).
Résultat
Question 30
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Schéma ou tracé
Notions : diagramme de fresnel, machine synchrone
Représenter l'allure du diagramme de Fresnel associé à l'équation électrique d'une phase obtenue en question Q28 en adoptant la tension pour origine des phases. En déduire l'expression ainsi que la valeur de puis la valeur de . On parle, dans cette situation, de chute de tension en charge. Interpréter.
Voir l'indiceIndice
Tracer le diagramme vectoriel avec \underline{U} sur l'axe réel et \underline{I} déphasé en arrière d'un angle \varphi_n. Exprimer le module E par le théorème de Pythagore dans le triangle des tensions.
Voir la stratégieStratégie
- Choisir l'origine des phases sur la tension \underline{U} = U. Le courant \underline{I} présente un retard de phase \varphi > 0, soit \underline{I} = I\,\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\varphi}.
- Construire le diagramme de Fresnel traduisant l'équation de maille \underline{E} = \underline{U} + R\,\underline{I} + \mathrm{j}X\,\underline{I} et projeter sur les axes réel et imaginaire pour exprimer E.
- Effectuer l'application numérique au point nominal pour obtenir E puis I_e = E/k, et interpréter la notion de chute de tension en charge.
Voir la réponse courteRéponse courte
Tracé du diagramme vectoriel de Behn-Eschenburg, projection trigonométrique pour déterminer E, puis calcul du courant d'excitation nominal I_e.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q28, l'équation électrique d'une phase de l'alternateur s'écrit :
En prenant la tension \underline{U} comme origine des phases (\underline{U} = U) et en tenant compte du retard de phase du courant (\underline{I} = I\,\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\varphi} avec \varphi > 0) :
En développant l'expression complexe :
Le module de la force électromotrice s'exprime donc par :
Au fonctionnement nominal :
- U = U_n = 12{,}7\text{ kV} (d'après Q26),
- I = I_n = 11{,}1\text{ kA},
- \cos\varphi = 0{,}85 \implies \sin\varphi = \sqrt{1 - 0{,}85^2} \approx 0{,}527,
- R = 0{,}9\ \Omega et X \approx 2{,}1\ \Omega (ou X = 2{,}3\ \Omega selon l'arrondi de Q29).
Calcul des composantes avec X = 2{,}1\ \Omega :
On obtient :
(En prenant X = 2{,}3\ \Omega, on trouve de même E \approx 38{,}3\text{ kV} ; et en négligeant R, E \approx 34{,}0\text{ kV}.)
D'après la loi linéaire établie en Q29 (E = k\,I_e avec k = 25{,}6\ \Omega) :
Interprétation de la chute de tension en charge : En charge inductive (\varphi > 0), la circulation du courant statorique induit une chute de tension interne due à la résistance R et surtout à la réactance synchrone X (qui modélise la réaction magnétique d'induit démagnétisante). Pour maintenir la tension aux bornes de la machine à sa valeur nominale U_n = 12{,}7\text{ kV}, il est impératif de sur-exciter l'alternateur afin d'augmenter la f.é.m. (E \approx 37\text{ kV} \gg U_n), ce qui nécessite un courant d'excitation bien supérieur à sa valeur à vide (I_e \approx 2{,}9\,I_{en}).
Résultat
II · Raccordement au réseau - compensateur synchrone
Question 31
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : machine synchrone, puissance active
Justifier que la puissance délivrée par l'alternateur est imposée et reste constante. Montrer que la longueur du segment sur la figure 10 est proportionnelle à et préciser l'expression de la constante de proportionnalité. En déduire le lieu des points relatifs au fonctionnement de l'alternateur. Comment peut-on en pratique agir sur les paramètres de l'alternateur pour déplacer le point dans ces conditions ?
Voir l'indiceIndice
Remarquer que la composante en quadrature I\cos\varphi est directement liée à la puissance active P délivrée, ce qui impose au point M d'évoluer sur une droite horizontale parallèle à l'axe des réels.
Voir la stratégieStratégie
- Relier la puissance électrique active P délivrée par l'alternateur à la puissance mécanique reçue des turbines via la vitesse de rotation imposée par le réseau et l'absence de pertes.
- Projeter le vecteur \mathrm{j}X\underline{I} sur l'axe imaginaire pour exprimer la longueur O'A en fonction de I\cos\varphi, puis faire le lien avec P pour le modèle diphasé.
- En déduire la nature géométrique de la trajectoire du point M et identifier le paramètre de contrôle permettant de modifier E à puissance constante.
Voir la réponse courteRéponse courte
Justification de P imposée par la turbine, projection de la fem montrant que E\sin\delta est constant (droite horizontale) et réglage par le courant d'excitation I_e.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Puissance P délivrée par l'alternateur :
L'alternateur est couplé au réseau électrique, qui impose une pulsation \omega = 2\pi f constante, et par conséquent une vitesse de rotation du rotor \Omega = \omega / p rigoureusement constante (synchronisme).
Par ailleurs, les turbines exercent sur l'arbre un couple mécanique \Gamma_{\text{turb}} supposé constant. La puissance mécanique fournie au rotor est donc :
Comme toutes les pertes énergétiques sont négligées (pertes Joule statoriques car R \ll X, pertes mécaniques et magnétiques), le bilan de puissance en régime stationnaire impose que la puissance active électrique totale P délivrée au réseau soit égale à la puissance mécanique reçue :
2. Proportionnalité entre O'A et P :
D'après le modèle diphasé équivalent (question Q26), la puissance active totale délivrée par les deux phases s'écrit :
où U_n est la tension efficace imposée par le réseau, I l'intensité efficace dans une phase et \varphi le déphasage tension/courant.
Sur le diagramme de Fresnel (figure 10), le point O' est situé à l'extrémité du vecteur tension \underline{U} (porté par l'axe réel). Le vecteur joignant O' à M représente la chute de tension inductive :
L'axe vertical passant par O' est parallèle à l'axe imaginaire. La projection du vecteur \vec{O'M} sur cet axe donne le point A. La longueur du segment O'A correspond à la composante imaginaire de \mathrm{j}X\underline{I} :
En remplaçant I\cos\varphi par son expression issue de la puissance active I\cos\varphi = \frac{P}{2 U_n}, on obtient :
La longueur O'A est donc bien proportionnelle à la puissance active P délivrée, avec pour constante de proportionnalité :
Remarque : si l'on raisonne sur la puissance d'une seule phase P_1 = U_n I \cos\varphi = P/2, la constante s'écrit K_1 = \frac{X}{U_n}.
3. Lieu des points M :
La puissance P étant imposée par la turbine et constante, l'ordonnée de M par rapport à l'axe réel vaut :
Le lieu des points M est donc la droite horizontale parallèle à l'axe réel, située à la distance constante O'A au-dessus de l'axe réel (droite de puissance active constante).
4. Action pratique sur les paramètres :
Pour déplacer le point M sur cette droite horizontale, on fait varier la norme de la force électromotrice E = \|\vec{OM}\|. Puisque E = k I_e (question Q29), il suffit d'agir sur le courant d'excitation rotorique I_e :
- en augmentant I_e (surexcitation), E augmente et le point M se déplace vers la droite (fourniture de puissance réactive au réseau) ;
- en diminuant I_e (sousexcitation), E diminue et le point M se déplace vers la gauche (absorption de puissance réactive).
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 32
ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : machine synchrone, compensation de puissance réactive
Montrer qu'il existe un point de fonctionnement de l'alternateur délivrant la même puissance avec le même courant de phase que le point . Préciser la relation liant les phases et correspondantes. Déterminer alors l'expression puis la valeur de permettant d'obtenir le point , ainsi que le courant d'excitation .
Voir l'indiceIndice
Chercher le point de fonctionnement à même module de courant I et même projection I\cos\varphi, ce qui implique une inversion du signe du déphasage (\varphi' = -\varphi).
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la puissance active P délivrée par l'alternateur diphasé en fonction de U_n, I et \varphi. Montrer que l'égalité de puissance et de courant impose \cos\varphi' = \cos\varphi, d'où la relation entre \varphi' et \varphi.
- Interpréter géométriquement la position du point M' sur le diagramme de Fresnel.
- Déterminer l'expression analytique de E' par le théorème de Pythagore (ou par les composantes complexe de \underline{E}'), puis calculer numériquement E' et le courant d'excitation I_e' au point nominal.
Voir la réponse courteRéponse courte
Recherche du point M' symétrique à même I avec angle déphasé opposé \varphi' = -\varphi, puis calcul de la nouvelle fem E' et de I_e'.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La puissance active délivrée au réseau par l'alternateur diphasé s'écrit (d'après la question Q26) :
La tension U_n étant imposée par le réseau, pour une puissance P et une valeur efficace du courant de phase I identiques, on a nécessairement :
Dans le quadrant de fonctionnement en alternateur (P > 0, soit -\frac{\pi}{2} < \varphi < \frac{\pi}{2}), cette équation admet deux solutions. Le point M correspondant au cas \varphi > 0 (courant en retard sur la tension, régime inductif), le second point de fonctionnement M' correspond à :
Le courant \underline{I}' est alors en avance de phase sur la tension \underline{U} (régime capacitif).
Expression de E' Dans le plan complexe avec \underline{U} = U_n comme origine des phases, le courant pour le point M' s'écrit :
En négligeant la résistance R, la force électromotrice devient :
Le module de \underline{E}' s'en déduit directement :
Application numérique au point nominal Au régime nominal, avec U_n \approx 12{,}7\text{ kV}, I = I_n = 11{,}1\text{ kA}, X = 2{,}3\ \Omega et \cos\varphi = 0{,}85 :
On calcule ainsi les composantes de \underline{E}' :
D'après la relation établie en Q29, E' = k I_e' avec k = 25{,}6\ \Omega :
En valeur réduite, cela correspond à \frac{I_e'}{I_{en}} = \frac{848}{498} \approx 1{,}70.
Résultat
Question 33
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Exploitation de document
- Schéma ou tracé
Notions : courbe de mordey, machine synchrone
Reporter, directement sur la figure 2 du document réponse, les positions des deux points et associés au fonctionnement de l'alternateur à sa puissance nominale sur le réseau de courbes de Mordey.
Retrouver graphiquement les valeurs de et correspondant aux points de fonctionnement et de l'alternateur à sa puissance nominale . Quelle est alors la relation entre les phases et correspondantes ?
Voir l'indiceIndice
Repérer sur les courbes de Mordey en « V » à P=P_n les deux points d'ordonnée réduite I/I_n = 1, puis en déduire graphiquement les courants d'excitation associés.
Voir la stratégieStratégie
- Au fonctionnement nominal, la puissance active vaut P = P_n et le courant efficace de phase vaut I = I_n, soit un courant réduit I/I_n = 1{,}0. Les points M et M' se situent donc aux intersections de la courbe de Mordey associée à P = P_n avec la droite horizontale I/I_n = 1{,}0.
- Identifier lequel des deux points correspond au fonctionnement nominal M (\varphi > 0, régime sur-excité) et lequel correspond au point symétrique M' (\varphi' < 0, régime sous-excité).
- Lire les abscisses réduites (I_e/I_{en}) correspondantes, en déduire E et E' via la relation E = k I_e = U_n (I_e / I_{en}), puis expliciter la relation liant \varphi et \varphi'.
Voir la réponse courteRéponse courte
Report des deux points de fonctionnement sur les courbes en V de Mordey I(I_e) à puissance nominale et vérification graphique de E et E'.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Positionnement des points M et M' sur le document réponse
Pour un fonctionnement à la puissance nominale P_n, l'alternateur évolue sur la courbe de Mordey étiquetée P = P_n. Comme le courant efficace de phase est égal à sa valeur nominale (I = I_n), son ordonnée réduite vaut :
La droite horizontale d'ordonnée I/I_n = 1{,}0 coupe la courbe en V relative à P = P_n en deux points :
- Le point M correspond au fonctionnement nominal étudié en question Q30, pour lequel la charge impose un retard du courant sur la tension (\varphi > 0). L'alternateur fournit de la puissance réactive au réseau : il fonctionne en régime sur-excité (courant d'excitation plus élevé). Le point M se situe donc sur la branche droite de la courbe en V.
- Le point M' correspond à un courant en avance (\varphi' < 0) : l'alternateur consomme de la puissance réactive et fonctionne en régime sous-excité. Le point M' se situe donc sur la branche gauche de la courbe en V.
Sur la figure 2 du document réponse, on place :
- le point M à l'intersection de la branche droite de la courbe P = P_n et de l'isovaleur I/I_n = 1{,}0 ;
- le point M' à l'intersection de la branche gauche de la courbe P = P_n et de l'isovaleur I/I_n = 1{,}0.
2. Détermination graphique de E et E'
D'après la question Q29, la force électromotrice à vide s'écrit E = k I_e avec k = U_n / I_{en}. On a donc directement :
avec U_n \approx 12{,}7\text{ kV}.
Par lecture graphique sur la figure 2 du document réponse :
Pour le point M (branche de droite) :
\left(\frac{I_e}{I_{en}}\right)_{\!M} \approx 2{,}50 \implies E = 12{,}7 \times 2{,}50 \approx 31{,}8\text{ kV} \approx 32\text{ kV}Pour le point M' (branche de gauche) :
\left(\frac{I_e'}{I_{en}}\right)_{\!M'} \approx 2{,}22 \implies E' = 12{,}7 \times 2{,}22 \approx 28{,}2\text{ kV} \approx 28\text{ kV}
3. Relation entre les phases \varphi et \varphi'
La puissance active fournie par l'alternateur diphasé s'écrit :
Les points M et M' correspondant à la même puissance P = P_n, à la même tension U = U_n et au même courant I = I_n, leurs facteurs de puissance sont identiques :
Comme M et M' correspondent à deux régimes magnétiques distincts (l'un sur-excité avec \varphi > 0, l'autre sous-excité avec \varphi' < 0), on en déduit la relation :
Résultat
Question 34
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Schéma ou tracé
Notions : compensateur synchrone, diagramme de fresnel
Adapter le diagramme de Fresnel de la figure 10 afin de déterminer les deux valeurs de possibles lorsque l'alternateur tourne à vide sans entraîner de charge mécanique et sans recevoir de puissance mécanique.
Déterminer les valeurs de correspondantes dans le cas particulier où et , en prenant . Préciser pour laquelle de ces deux valeurs, la machine se comporte comme un condensateur.
Voir l'indiceIndice
Pour une puissance active nulle, le courant est en quadrature pure (\cos\varphi = 0, soit \varphi = \pm \pi/2). Analyser le signe de la puissance réactive pour identifier le comportement capacitif (courant en avance sur la tension).
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la condition de fonctionnement à vide sans échange de puissance mécanique pour en déduire la puissance active P, puis les valeurs permises pour le déphasage \varphi.
- Adapter le diagramme de Fresnel de la figure 10 à ces conditions particulières en observant que les vecteurs deviennent collinéaires.
- Calculer la force électromotrice E dans les deux cas, puis identifier lequel correspond à un comportement capacitif vis-à-vis du réseau.
Voir la réponse courteRéponse courte
Fonctionnement à vide en compensateur synchrone (P = 0) à \varphi = \pm \pi/2 : détermination de E et identification du comportement capacitif en régime surexcité.
Voir le corrigé completCorrigé complet
En l'absence de puissance mécanique reçue ou fournie et en négligeant toutes les pertes énergétiques (R \ll X), la puissance active totale échangée avec le réseau est nulle :
Comme la machine est connectée au réseau sous tension U = U_n \neq 0 et parcourt un courant non nul I = I_n / 10 \neq 0, il vient :
1. Adaptation du diagramme de Fresnel :
D'après la question Q31, l'ordonnée du point M vaut y_M = X I \cos\varphi. Pour \cos\varphi = 0, on a y_M = 0 : le point M se trouve sur l'axe réel. L'équation de maille \underline{E} = \underline{U} + \mathrm{j}X\underline{I} s'écrit, en prenant \underline{U} = U_n comme origine des phases :
Si \varphi = +\frac{\pi}{2} : \underline{I} = I\,\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\pi/2} = -\mathrm{j}I, donc \mathrm{j}X\underline{I} = +XI \in \mathbb{R}^+. Le vecteur \mathrm{j}X\underline{I} est collinéaire et de même sens que \underline{U} :
E = U_n + XISi \varphi = -\frac{\pi}{2} : \underline{I} = I\,\mathrm{e}^{+\mathrm{j}\pi/2} = +\mathrm{j}I, donc \mathrm{j}X\underline{I} = -XI \in \mathbb{R}^-. Le vecteur \mathrm{j}X\underline{I} est collinéaire et de sens opposé à \underline{U} :
E = |U_n - XI| = U_n - XI \quad (\text{car } U_n > XI)
2. Calcul numérique des valeurs de E :
Avec U_n \approx 12{,}7\text{ kV} (question Q26) et I = \frac{I_n}{10} = \frac{11{,}1\times 10^3}{10} = 1{,}11\times 10^3\text{ A} :
On en déduit :
3. Comportement capacitif :
Le courant circulant vers la machine (convention récepteur pour la machine vue depuis le réseau) vaut \underline{I}_{\text{réc}} = -\underline{I}.
- Pour \varphi = +\frac{\pi}{2} : \operatorname{Arg}(\underline{I}) = -\frac{\pi}{2}, donc \operatorname{Arg}(\underline{I}_{\text{réc}}) = +\frac{\pi}{2}. Le courant absorbé par la machine est en avance de phase de \pi/2 sur la tension \underline{U} : l'impédance équivalente vue par le réseau est \underline{Z}_{\text{éq}} = \frac{\underline{U}}{\underline{I}_{\text{réc}}} = -\mathrm{j}\frac{U_n}{I} = \frac{1}{\mathrm{j}C_{\text{éq}}\omega} avec C_{\text{éq}} > 0.
- De façon équivalente, la puissance réactive fournie au réseau par la machine vaut Q = 2\,U_n I \sin\varphi = +2\,U_n I > 0, ce qui correspond à la fourniture de réactif par un banc de condensateurs.
La machine se comporte donc comme un condensateur pour la valeur :
Résultat
Questions fréquentes sur ce sujet
Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2025 ?
Surtout 4 chapitres : Conversion de puissance (28 % des questions, partie C), Premier et second principes de la thermodynamique (21 %), Thermodynamique chimique et équilibres (18 %, partie A) et Machines thermiques et systèmes ouverts (16 %). Plus ponctuellement : Mécanique des fluides, Mécanique du solide, Changements d'état du corps pur, Diffusion thermique et diffusion de particules et Magnétostatique.
Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2025 dès la première année (PCSI, MPSI ou PTSI) ?
Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2025 ?
Environ 3 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie B est la plus longue (environ 1 h 30). Questions les plus longues : Q21 (15 min).
Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2025 ?
Q21 (théorème d'euler), cotée 4 sur 4 dans ce corrigé.
Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2025 ?
Questions de cours : Q1 (enthalpie standard de réaction), Q25 (machine synchrone), Q26 (puissance électrique en régime sinusoïdal), Q27 (machine synchrone) et Q28 (machine synchrone). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q11 (diagramme de mollier), Q14 (premier principe en système ouvert), Q22 (bilan de moment cinétique), Q29 (machine synchrone) et Q30 (diagramme de fresnel).
Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2025 ?
Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2025 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?
D'après le rapport du jury, c'est un sujet difficile. Le jury indique que le traitement complet du sujet était difficile pour la majorité des candidats et que les résultats sont restés très en deçà des attentes, malgré de nombreuses questions de cours accessibles. Moyenne : 9,33/20 (écart-type 3,93, 4 237 présents).
L'alternateur de la partie C est-il triphasé ?
Non : la machine synchrone étudiée est diphasée (m = 2). Il faut donc exprimer la puissance moyenne sous la forme P = 2\,U I \cos\varphi en Q26, et non pas utiliser la relation usuelle du triphasé.
Où je me situe, question par question
Cochez les questions que vous avez réussies sans aide.
- Note estimée
- –
- 0 question réussie sur 34
- Position estimée
- –
- des copies sous cette note
Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 34 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 9,33 et d'écart-type 3,93 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.
Source des chiffres : document officiel du concours.
S'entraîner sur les mêmes chapitres
Feuilles imprimables : énoncés d'abord, corrigés en fin de document.
Signaler une erreur
Une étape vous semble fausse ou incomplète ? Dites-le nous en précisant le numéro de la question (par exemple Q1) : dans les commentaires ci-dessous ou sur le Discord de WikiPrépa. Chaque signalement est vérifié et la question corrigée si besoin.
Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.