Corrigé détaillé CCINP Physique Chimie PSI 2022
Développement durable
- 42 questions corrigées
- Difficulté estimée : classique (1,8 / 4)
- Vérifié question par question
Ce sujet transversal balaye une part remarquable du programme de physique et de chimie de la filière PSI à travers le prisme du développement durable et de la transition écologique. Divisé en six parties strictement indépendantes, il aborde successivement la dépollution chimique des effluents industriels, la sédimentation couplée à la diffusion dans un décanteur, un problème d'estimation énergétique sur une centrale photovoltaïque, le tri magnétique des déchets par induction, l'étude thermodynamique d'un cycle à vapeur valorisant le biogaz, et enfin la modélisation magnétique et électromécanique d'un moteur synchrone.
Le niveau technique est parfaitement calibré pour le concours CCINP : les questions sont directes, très guidées et testent la maîtrise rigoureuse des définitions de cours et des bilans fondamentaux. C'est un excellent sujet de révision généraliste pour consolider ses réflexes sur l'ensemble de l'année.
Comment utiliser ce corrigé
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Partie I : Traitement des effluents et récupération de métaux précieux
I.1 · Déchromatation
Question 1
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : nombre d'oxydation, diagramme potentiel-ph
Déterminer le nombre d'oxydation du chrome dans chacune des six espèces. Montrer que le couple forme un couple acido-basique. Préciser lequel est l'acide et lequel est la base. Reproduire sur votre copie l'allure du diagramme E-pH de la figure 1 en associant un domaine à chacune des six espèces.
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Calculer les degrés d'oxydation à l'aide des règles usuelles sur l'oxygène (-2) et l'hydrogène (+1), puis identifier la conservation du nombre d'oxydation entre bichromate et chromate par échange de protons.
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- Déterminer le nombre d'oxydation (n.o.) du chrome dans chaque espèce en appliquant les règles usuelles (n.o. de l'oxygène égal à -\mathrm{II} et de l'hydrogène à +\mathrm{I}).
- Écrire la réaction acido-basique reliant \mathrm{Cr_2O_7^{2-}} et \mathrm{CrO_4^{2-}} pour identifier l'acide et la base.
- Attribuer les six domaines sur le diagramme E\text{--}\mathrm{pH} en utilisant le fait que le potentiel croît avec le nombre d'oxydation et que les formes les plus acides prédominent à bas \mathrm{pH}.
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1. Nombres d'oxydation de l'élément chrome
En prenant \text{n.o.}(\mathrm{O}) = -\mathrm{II} et \text{n.o.}(\mathrm{H}) = +\mathrm{I} :
Dans \mathrm{Cr_{(s)}} (corps pur simple) :
\text{n.o.}(\mathrm{Cr}) = 0Dans \mathrm{Cr^{2+}} :
\text{n.o.}(\mathrm{Cr}) = +\mathrm{II}Dans \mathrm{Cr^{3+}} :
\text{n.o.}(\mathrm{Cr}) = +\mathrm{III}Dans \mathrm{Cr(OH)_{3(s)}} : \text{n.o.}(\mathrm{Cr}) + 3\times(-\mathrm{II}) + 3\times(+\mathrm{I}) = 0 \implies
\text{n.o.}(\mathrm{Cr}) = +\mathrm{III}Dans \mathrm{CrO_4^{2-}} : \text{n.o.}(\mathrm{Cr}) + 4\times(-\mathrm{II}) = -2 \implies
\text{n.o.}(\mathrm{Cr}) = +\mathrm{VI}Dans \mathrm{Cr_2O_7^{2-}} : 2\times\text{n.o.}(\mathrm{Cr}) + 7\times(-\mathrm{II}) = -2 \implies 2\times\text{n.o.}(\mathrm{Cr}) = +12 \implies
\text{n.o.}(\mathrm{Cr}) = +\mathrm{VI}
2. Couple acido-basique \mathrm{Cr_2O_7^{2-}}/\mathrm{CrO_4^{2-}}
Les deux espèces sont au même nombre d'oxydation (+\mathrm{VI}) et sont reliées par un échange d'ions \mathrm{H^+} sans transfert d'électrons :
3. Attribution des domaines du diagramme E\text{--}\mathrm{pH}
Classement vertical (selon E) : le potentiel redox d'un couple croît globalement avec le degré d'oxydation. Les espèces se répartissent de bas en haut selon leur degré d'oxydation :
0 < +\mathrm{II} < +\mathrm{III} < +\mathrm{VI}Classement horizontal (selon le \mathrm{pH}) : à degré d'oxydation identique, la forme acide prédomine à gauche (faible \mathrm{pH}) et la forme basique (ou précipitée) à droite (fort \mathrm{pH}) :
- Au degré +\mathrm{VI} : \mathrm{Cr_2O_7^{2-}} (acide) pour \mathrm{pH} < 6{,}7 et \mathrm{CrO_4^{2-}} (base) pour \mathrm{pH} > 6{,}7.
- Au degré +\mathrm{III} : l'ion libre \mathrm{Cr^{3+}} pour \mathrm{pH} < 4{,}2 et le précipité \mathrm{Cr(OH)_{3(s)}} pour \mathrm{pH} > 4{,}2.
- Au degré +\mathrm{II} : l'ion \mathrm{Cr^{2+}} en milieu acide.
- Au degré 0 : le métal \mathrm{Cr_{(s)}} tout en bas du diagramme.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 2
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : produit de solubilité, précipitation
Quel est le pH de début de précipitation de l'hydroxyde de chrome III ? En déduire le produit de solubilité de l'hydroxyde de chrome III, qui correspond à la constante d'équilibre de la réaction :
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Repérer l'abscisse de la frontière verticale séparant \mathrm{Cr^{3+}} du précipité \mathrm{Cr(OH)_3}, puis exprimer le produit de solubilité K_s = [\mathrm{Cr^{3+}}][\mathrm{OH^-}]^3 à la frontière de précipitation où [\mathrm{Cr^{3+}}] = c_{\text{tot}}.
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- Identifier la frontière séparant l'ion \mathrm{Cr^{3+}} du précipité \mathrm{Cr(OH)_{3(s)}} sur le diagramme E\text{--}\mathrm{pH} et y relever la valeur du pH.
- Écrire l'expression du produit de solubilité K_s à la frontière de précipitation, où la concentration en chrome(III) dissous est égale à la concentration totale de tracé C_0 = 10^{-1}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}.
- Exprimer [\mathrm{OH^-}] en fonction du pH et du produit ionique de l'eau K_e = 10^{-14} à 298\text{ K}, puis calculer K_s (ou \mathrm{p}K_s).
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La frontière verticale séparant le domaine de prédominance de l'ion \mathrm{Cr^{3+}} du domaine d'existence de l'hydroxyde de chrome(III) \mathrm{Cr(OH)_{3(s)}} correspond au début de précipitation de cet hydroxyde. Par lecture graphique sur la figure 1 :
(une lecture entre 4{,}2 et 4{,}3 est tout à fait acceptable).
À la frontière de précipitation, la première trace de solide apparaît à l'équilibre chimique :
La constante d'équilibre associée est le produit de solubilité :
Sur cette frontière, la concentration en ions chrome(III) dissous est égale à la concentration de tracé, soit [\mathrm{Cr^{3+}}] = C_0 = 10^{-1}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}.
En introduisant le produit ionique de l'eau K_e = 10^{-14} à 298\text{ K} :
D'où l'expression de K_s :
Soit, en échelle logarithmique :
Ce qui conduit à :
Résultat
Question 3
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : diagramme potentiel-ph, constante d'équilibre
On considère la réaction chimique de constante d'équilibre :
On rappelle que sur la frontière qui sépare deux espèces dissoutes, il y a autant d'élément chrome dans chacune de ces deux espèces. Déterminer, à l'aide du diagramme E-pH du chrome, la valeur numérique de cette constante d'équilibre.
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Utiliser la convention d'équipartition de l'élément chrome à la frontière entre espèces dissoutes (2[\mathrm{Cr_2O_7^{2-}}] = [\mathrm{CrO_4^{2-}}] = c_{\text{tot}}/2) et lire la valeur du pH de transition verticale sur le diagramme.
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- Exprimer la constante d'équilibre K_1 en fonction des concentrations à l'équilibre et du \mathrm{pH}.
- Traduire la convention de frontière pour déterminer les concentrations des espèces \mathrm{Cr_2O_7^{2-}} et \mathrm{CrO_4^{2-}} en fonction de la concentration totale de tracé c_{\text{tot}}.
- Lire la valeur du \mathrm{pH} de frontière sur la figure 1 et en déduire la valeur numérique de \mathrm{p}K_1.
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La réaction considérée s'écrit :
La constante d'équilibre thermodynamique associée est :
avec c^\circ = 1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}. En prenant le cologarithme, on obtient :
Sur la frontière séparant les deux espèces solubles, la conservation de l'élément chrome impose une égale répartition :
La concentration totale en élément chrome dissous étant c_{\text{tot}} = 10^{-1}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}, on a :
soit à la frontière :
Le rapport des concentrations vaut donc :
D'après la figure 1, la frontière verticale séparant \mathrm{Cr_2O_7^{2-}} et \mathrm{CrO_4^{2-}} est située à :
On en déduit :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 4
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : réaction d'oxydoréduction, constante d'équilibre
Lors de la déchromatation, les ions sont réduits en milieu acide en ions par les ions qui s'oxydent en ions . Écrire la réaction chimique qui correspond à la réduction d'une mole de . Déterminer la valeur numérique de la constante d'équilibre associée à cette réaction. Conclure.
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Écrire les deux demi-équations d'oxydoréduction, les combiner pour éliminer les électrons, puis calculer \log K_2 = \frac{n(E^\circ_1 - E^\circ_2)}{0{,}06} avec n = 6 électrons échangés.
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- Écrire les demi-équations d'oxydoréduction associées aux couples \mathrm{Cr_2O_7^{2-}/Cr^{3+}} et \mathrm{SO_4^{2-}/HSO_3^-} en milieu acide, puis combiner ces équations pour éliminer les électrons échangés (n = 6) pour une mole de \mathrm{Cr_2O_7^{2-}}.
- Relier la constante d'équilibre K_2 aux potentiels standard d'oxydoréduction à l'aide de la formule de Nernst à l'équilibre : \log K_2 = \frac{n}{0{,}06}\,(E^\circ_1 - E^\circ_2) (valeur usuelle sans calculatrice de \frac{RT\ln 10}{F} \approx 0{,}06\text{ V} à 298\text{ K}).
- Conclure sur le caractère quantitatif de la réaction de déchromatation.
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Les demi-équations d'oxydoréduction s'écrivent :
En multipliant la seconde équation par 3 et en sommant pour consommer une mole d'ions bichromate et éliminer les 6 électrons :
Après simplification des molécules d'eau et des protons :
À l'équilibre chimique à T = 298\text{ K}, l'égalité des potentiels d'oxydoréduction conduit à :
avec n = 6 électrons échangés et E^\circ_1 - E^\circ_2 = 1{,}33 - 0{,}17 = 1{,}16\text{ V}. En utilisant la valeur usuelle \frac{RT\ln 10}{F} \approx 0{,}06\text{ V} (adaptée à une épreuve sans calculatrice) :
(ou \log K_2 \approx 118 si l'on prend 0{,}059\text{ V}).
D'où la valeur de la constante d'équilibre :
Conclusion : La constante d'équilibre est extrêmement grande (K_2 \gg 10^4), la réaction est donc quantitative (quasi-totale). L'utilisation d'ions hydrogénosulfite en milieu acide permet d'éliminer très efficacement le chrome(VI) toxique en le réduisant en chrome(III).
Résultat
I.2 · Décyanuration
Question 5
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : diagramme potentiel-ph, prévision de réaction
Justifier qualitativement à l'aide des diagrammes E-pH que cette réaction est quasi-totale.
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Comparer les potentiels standard des couples mis en jeu : la dismutation/oxydoréduction est favorisée par un écart de potentiel standard très positif.
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- Identifier les deux couples d'oxydoréduction intervenant dans la réaction de décyanuration.
- Estimer la position relative des potentiels (ou domaines de prédominance) de ces deux couples en milieu fortement basique à partir du diagramme E\text{--}\mathrm{pH} du chlore et de la donnée E^\circ(\mathrm{CNO}^-/\mathrm{CN}^-).
- Appliquer la règle du gamma pour conclure sur le caractère quasi-total de la transformation.
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La réaction considérée met en jeu deux couples redox :
le couple de l'oxydant : \mathrm{ClO}^-/\mathrm{Cl}^-, dont la demi-équation électronique s'écrit en milieu basique :
\mathrm{ClO}^- + \mathrm{H}_2\mathrm{O} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{Cl}^- + 2\,\mathrm{OH}^-le couple du réducteur : \mathrm{CNO}^-/\mathrm{CN}^-, de demi-équation électronique :
\mathrm{CNO}^- + 2\,\mathrm{H}^+ + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{CN}^- + \mathrm{H}_2\mathrm{O} \quad\Longleftrightarrow\quad \mathrm{CNO}^- + \mathrm{H}_2\mathrm{O} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{CN}^- + 2\,\mathrm{OH}^-
D'après la figure 2 (diagramme E\text{--}\mathrm{pH} du chlore), en milieu fortement basique (\mathrm{pH} \ge 12), la frontière de prédominance entre \mathrm{ClO}^- et \mathrm{Cl}^- se situe à un potentiel élevé :
Pour le couple \mathrm{CNO}^-/\mathrm{CN}^-, le potentiel standard vaut E^\circ(\mathrm{CNO}^-/\mathrm{CN}^-) = -0{,}13\text{ V}. À \mathrm{pH} = 12, le potentiel d'équilibre s'écrit (avec la formule de Nernst) :
L'écart entre les potentiels d'oxydoréduction des deux couples est donc particulièrement important :
Les domaines de prédominance de l'oxydant le plus fort (\mathrm{ClO}^-) et du réducteur le plus fort (\mathrm{CN}^-) sont largement disjoints :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 6
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : eau de javel, réaction d'oxydoréduction
Pourquoi est-il déconseillé d'utiliser de l'eau de javel en milieu trop acide. Ecrire l'équation chimique qui se produit lorsqu'on acidifie trop fortement une solution d'eau de javel.
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Considérer la dismutation inverse (médiamutation) des ions chlorure et hypochlorite en milieu acide conduisant à la formation de dichlore gazeux toxique.
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- Identifier les espèces présentes dans l'eau de Javel (\mathrm{Cl^-} et \mathrm{ClO^-}) et repérer sur le diagramme E\text{-}\mathrm{pH} qu'à \mathrm{pH} acide, le domaine de stabilité du dichlore \mathrm{Cl_2} apparaît entre ces deux degrés d'oxydation.
- Établir l'équation de la réaction d'oxydoréduction (médiamutation ou comproportionation) et justifier le danger sanitaire lié au dégagement gazeux.
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L'eau de Javel est un mélange équimolaire d'ions chlorure \mathrm{Cl^-} (\text{n.o.} = -\mathrm{I}) et d'ions hypochlorite \mathrm{ClO^-} (\text{n.o.} = +\mathrm{I}).
Lors d'une acidification poussée, les ions \mathrm{ClO^-} (ou leur forme acide conjuguée \mathrm{HClO}) et les ions \mathrm{Cl^-} réagissent selon une réaction de médiamutation (ou comproportionation) pour former du dichlore \mathrm{Cl_2} (\text{n.o.} = 0), dont le domaine de prédominance apparaît à bas \mathrm{pH} sur le diagramme E\text{-}\mathrm{pH} :
En combinant ces deux demi-équations et en simplifiant par 2, on obtient l'équation bilan :
Remarque : En milieu acide où \mathrm{pH} < \mathrm{p}K_a(\mathrm{HClO}/\mathrm{ClO^-}) = 7{,}5, l'acide hypochloreux est prédominant et l'équation s'écrit de manière équivalente :
Danger : Il est formellement déconseillé d'acidifier l'eau de Javel (par exemple en la mélangeant avec un détartrant ménager acide) car cette réaction provoque un dégagement immédiat de dichlore \mathrm{Cl_{2(g)}}, un gaz lourd, suffocant et extrêmement toxique, voire mortel par inhalation (œdème pulmonaire aigu).
Résultat
I.3 · Récupération d'or résiduel
Question 7
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : courbe intensité-potentiel, montage à trois électrodes
Faire le schéma du dispositif expérimental qui permet de relever la courbe intensité-potentiel du couple sur électrode de platine.
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Dessiner le montage potentiostatique classique à trois électrodes : générateur relié entre l'électrode de travail et la contre-électrode avec un ampèremètre en série, et millivoltmètre branché entre l'électrode de travail et l'électrode de référence.
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Pour mesurer une courbe intensité-potentiel, on utilise un montage à trois électrodes dissociant la circulation du courant de la mesure du potentiel :
- La boucle de courant (ou circuit d'alimentation) relie le générateur de tension réglable e, l'ampèremètre (ici un milliampèremètre \mathrm{mA}), la contre-électrode (\mathrm{C.E.}) et l'électrode de travail (\mathrm{E.T.}).
- La boucle de mesure de potentiel relie un voltmètre (ici un millivoltmètre \mathrm{mV}) entre l'électrode de travail (\mathrm{E.T.}) et l'électrode de référence (\mathrm{E.r\acute{e}f.}).
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Le dispositif expérimental complet est représenté ci-dessous :
Ce montage sépare distinctement :
- le circuit de puissance (\mathrm{C.E.} - \mathrm{E.T.}), parcouru par le courant I généré par e et mesuré par le milliampèremètre \mathrm{mA} ;
- le circuit de mesure potentiométrique relié au millivoltmètre \mathrm{mV}, placé entre l'électrode de référence \mathrm{E.r\acute{e}f.} et l'électrode de travail \mathrm{E.T.}, mesurant la tension U = V(\mathrm{E.T.}) - V(\mathrm{E.r\acute{e}f.}).
Question déjà tombée ailleurs
Question 8
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : impédance d'entrée, voltmètre
Quelle attention particulière faut-il prendre en termes d'impédance quant au choix du millivoltmètre ?
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Penser à la condition requise pour ne prélever aucun courant à travers l'électrode de référence afin de ne pas perturber son potentiel d'équilibre.
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Le millivoltmètre est branché entre l'électrode de travail (E.T.) et l'électrode de référence (E.réf.) afin de mesurer la différence de potentiel E = V(\text{E.T.}) - V(\text{E.réf.}).
Pour que le potentiel de l'électrode de référence reste parfaitement défini et constant au cours de la manipulation, cette dernière ne doit être traversée par aucun courant notable.
Il est donc impératif de choisir un millivoltmètre présentant une impédance d'entrée très élevée (idéalement infinie, en pratique de l'ordre du gigaohm ou du téraohm, Z_e \gg 10^9\ \Omega).
Cette condition garantit :
- l'absence de polarisation de l'électrode de référence (courant la traversant strictement négligeable) ;
- l'absence de chute ohmique parasite dans le circuit de mesure de tension (pas de perturbation par effet de charge).
Résultat
Question 9
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : demi-équation électronique, cathode
Préciser la demi-équation rédox qui se produit sur l'électrode de travail en mode cathodique lors de la réduction des ions aurocyanure .
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Écrire la demi-équation de réduction du complexe d'or(I) en or métallique solide avec libération d'ions cyanure.
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Le couple d'oxydoréduction considéré est \mathrm{Au(CN)_2^-} / \mathrm{Au_{(s)}}.
Dans le complexe dicarbo-cyanure d'or(I) \mathrm{Au(CN)_2^-}, l'or est au nombre d'oxydation +\mathrm{I} (le ligand cyanure portant une charge négative \mathrm{CN^-}). Dans l'or métallique \mathrm{Au_{(s)}}, son nombre d'oxydation est 0.
La réduction cathodique correspond à un gain d'électrons par le complexe. En assurant la conservation des éléments chimiques (notamment des ligands cyanure \mathrm{CN^-}) et de la charge électrique globale, on obtient la demi-équation électronique :
Résultat
Question 10
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeNotions : courbe intensité-potentiel, convention de signe
On rappelle que par convention, le courant est compté positif de l'électrode de travail vers la solution. Préciser, sur votre schéma du dispositif expérimental, comment circule conventionnellement le courant électrique et préciser son signe.
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Se rappeler qu'en réduction cathodique, les électrons entrent dans l'électrode depuis le circuit extérieur, de sorte que le courant conventionnel I sort de la solution vers l'électrode, d'où le signe négatif selon la convention adoptée.
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- Identifier la nature de la réaction électrochimique à l'électrode de travail (E.T.) : d'après la question Q9, il s'agit d'une réduction cathodique.
- En déduire le sens réel de circulation des électrons et du courant conventionnel dans la cellule et le circuit extérieur.
- Comparer ce sens à la convention d'orientation algébrique imposée par l'énoncé pour déterminer le signe de I.
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L'électrode de travail (E.T.) est le siège d'une réduction (fonctionnement cathodique) :
Des électrons sont consommés à l'interface électrode/solution ; ils sont acheminés vers l'électrode de travail depuis le circuit extérieur.
Le sens conventionnel du courant électrique étant opposé au sens de déplacement des électrons :
- Dans le circuit extérieur, le courant circule de l'électrode de travail (E.T.) vers la contre-électrode (C.E.) à travers le générateur ;
- Dans la solution électrolytique, le courant circule de la contre-électrode (qui joue le rôle d'anode) vers l'électrode de travail (qui joue le rôle de cathode).
Puisque la convention de l'énoncé compte le courant I positif de l'électrode de travail vers la solution, et que le courant réel circule de la solution vers l'électrode de travail, le courant est négatif :
Résultat
Question 11
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : courbe intensité-potentiel, mur du solvant
Le couple sur électrode de platine correspond-il à un couple lent ou rapide ? D'un point de vue cinétique, est-il préférable de fortement baisser le potentiel de la cathode en dessous de ou non ? Éventuellement, quel est le risque d'imposer une valeur trop faible ?
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Observer l'existence d'une surtension cathodique significative au potentiel standard E^\circ = -0{,}6\text{ V}. Abaisser le potentiel accélère la réaction, mais un potentiel trop réducteur risque d'amorcer la réduction parasite du solvant (dégagement de dihydrogène).
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- Identifier la nature du couple (lent ou rapide) en observant la présence ou l'absence d'une surtension de seuil au voisinage du potentiel thermodynamique E^\circ = -0{,}6\text{ V}.
- Analyser l'effet d'une diminution du potentiel sur la vitesse de la réaction (densité de courant cathodique |J|).
- Identifier les réactions parasites concurrentes à potentiel très réducteur (en particulier la réduction de l'eau) et leurs conséquences pratiques sur le procédé.
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1. Qualification cinétique du couple :
D'après les données, le potentiel standard du couple est E^\circ(\mathrm{Au(CN)_2^-/Au_{(s)}}) = -0{,}6\text{ V}. Sur la courbe intensité-potentiel (figure 3), on constate que le courant cathodique apparaît immédiatement dès que le potentiel E devient inférieur à -0{,}6\text{ V}, sans palier de courant nul ni surtension de seuil mesurable (\eta_c \approx 0).
2. Intérêt cinétique d'abaisser le potentiel de la cathode :
D'un point de vue cinétique, la vitesse de dépôt de l'or est directement proportionnelle à la densité de courant cathodique |J|. Lorsque l'on diminue le potentiel de la cathode en dessous de -0{,}6\text{ V}, la valeur absolue de la densité de courant |J| augmente significativement (elle passe par exemple de 0\text{ mA}\cdot\text{cm}^{-2} à -0{,}6\text{ V} à environ 6\text{ mA}\cdot\text{cm}^{-2} à -1{,}4\text{ V}).
3. Risques liés à un potentiel imposé trop faible :
Si le potentiel de la cathode devient trop réducteur :
on risque de provoquer la réaction parasite de réduction de l'eau (le solvant) :
2\,\mathrm{H_2O} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H_{2(g)}} + 2\,\mathrm{OH}^-- cette compétition consomme une partie des électrons, ce qui fait chuter le rendement faradique du procédé de récupération de l'or ;
- le dégagement gazeux de dihydrogène \mathrm{H}_2 à la surface de l'électrode peut perturber l'adhérence et la régularité du dépôt métallique d'or (dépôt pulvérulent ou non adhérent), voire présenter un risque d'inflammabilité.
Résultat
Question 12
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : électrolyse, loi de faraday
L'électrolyse d'un bain est effectuée pendant une durée , en maintenant le potentiel de la cathode à . On note la surface de l'électrode de travail et la densité du courant qui la traverse. On considère le rendement faradique de . Préciser la valeur numérique de exprimée en . Puis, exprimer en fonction de , , , de la masse molaire et de la constante de Faraday, la masse d'or solide récupérée.
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Lire la densité de courant J à -1{,}4\text{ V} sur la courbe (attention aux unités), puis relier la charge totale transférée Q = |J|S\Delta t à la quantité de matière d'électrons échangée par la loi de Faraday.
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- Effectuer une lecture graphique sur la courbe intensité-potentiel (figure 3) pour déterminer la densité de courant J au potentiel cathodique E = -1{,}4\text{ V}, puis convertir cette grandeur en unités SI (\mathrm{A\cdot m^{-2}}).
- Relier la quantité d'électricité traversant l'électrode à la quantité de matière d'électrons échangés, puis utiliser la demi-équation de réduction (établie en Q9) avec un rendement faradique unitaire pour en déduire la masse d'or déposée.
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1. Détermination de la densité de courant J :
Sur la courbe intensité-potentiel de la figure 3, à l'abscisse E = -1{,}4\text{ V}, on lit sur l'axe des ordonnées :
En valeur absolue, la densité de courant vaut |J| = 6{,}0\text{ mA}\cdot\text{cm}^{-2}.
Effectuons la conversion dans le système international :
D'où :
2. Expression de la masse d'or solide m(\mathrm{Au_{(s)}}) récupérée :
D'après la question Q9, la demi-équation de réduction à la cathode met en jeu un seul électron par atome d'or formé (n_e = 1) :
Pendant la durée \Delta t, la charge totale (en valeur absolue) ayant traversé l'électrode de travail de surface S s'écrit :
Le rendement faradique étant de 100\,\%, toute cette charge sert à réduire les ions aurocyanure. La quantité d'électrons transférée est donc :
D'après la stœchiométrie de la réduction, la quantité de matière d'or déposée est égale à la quantité d'électrons :
On en déduit l'expression de la masse d'or solide récupérée :
Résultat
Question 13
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : électrolyse, surtension
Expliquer qualitativement l'impact de la surface de l'électrode de travail sur le coût énergétique lié à la récupération d'une masse d'or donnée.
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Analyser comment une surface S plus grande permet de travailler à densité de courant plus faible pour une même intensité globale, réduisant ainsi les chutes ohmiques et la tension globale aux bornes de la cuve.
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- Exprimer l'énergie électrique consommée \mathcal{E} lors de l'électrolyse en fonction de la charge totale Q transférée et de la tension de cuve U.
- Relier la charge Q à la masse d'or fixée par la loi de Faraday.
- Décomposer la tension de cuve U = E_A - E_C + R_{\text{sol}} |I| pour analyser l'influence de la surface S, selon que l'on raisonne à durée d'électrolyse fixée ou à potentiel de travail fixé.
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Pour récupérer une masse d'or m(\mathrm{Au_{(s)}}) donnée avec un rendement faradique de 100\,\%, la quantité d'électricité à transférer Q est strictement fixée par la loi de Faraday :
L'énergie électrique consommée par la cellule d'électrolyse vaut :
où U = E_A - E_C + R_{\text{sol}}\,|I| représente la tension appliquée entre l'anode et la cathode (R_{\text{sol}} étant la résistance de l'électrolyte). Le coût énergétique est donc directement proportionnel à la tension de cuve U.
Deux situations qualitatives peuvent être envisagées :
- À durée de traitement \Delta t fixée (courant total |I| fixé) : Augmenter la surface S de l'électrode de travail conduit à diminuer la densité de courant |J| = \frac{|I|}{S}. D'après la courbe intensité-potentiel de la figure 3, une valeur plus faible de |J| permet d'opérer à un potentiel de cathode E_C moins négatif (surintensité/surtension cathodique |\eta_c| plus faible, potentiel plus proche de l'équilibre). La différence E_A - E_C diminue, ce qui abaisse la tension de cuve U : le coût énergétique diminue.
- À potentiel cathodique fixé (E_C = -1{,}4\text{ V}, soit |J| fixé comme en Q12) : Augmenter la surface S augmente le courant traversant la cellule (|I| = |J|\,S). L'or est récupéré plus rapidement (\Delta t diminue), mais l'augmentation du courant |I| accroît la chute ohmique R_{\text{sol}}\,|I| dans la solution ainsi que la surtension anodique. La tension totale de cuve U devient donc plus élevée : le coût énergétique par unité de masse récupérée augmente.
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.