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Corrigé détaillé CCINP Physique Chimie MP 2023 (page 3/3 : Parties VII et VIII)

Le soleil a rendez-vous avec la pluie

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Partie VII : Théorie ondulatoire de l'arc-en-ciel

Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 10 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : formule de fresnel, cohérence temporelle, moyenne temporelle

Cette question a pour but de rappeler certaines conditions d'observation des interférences lumineuses. Deux sources lumineuses ponctuelles et émettent deux ondes électromagnétiques monochromatiques de pulsations respectives et . Ces deux ondes se propagent dans un milieu d'indice et interfèrent en un point après avoir parcouru les distances et . On modélise les amplitudes des ondes en par les grandeurs scalaires :

avec (), constantes. est la célérité de la lumière dans le vide. a) Donner un ordre de grandeur de et pour la lumière visible. b) L'intensité lumineuse observée à l'œil nu en est proportionnelle à la valeur moyenne du carré de l'amplitude reçue en , soit : . Sur quelle durée cette valeur moyenne est-elle calculée ? c) Calculer l'intensité et montrer qu'elle s'écrit : . À quelle(s) condition(s) le terme est-il non nul ? Donnée : . d) On suppose dans la suite que et . Montrer que l'intensité en s'écrit où est la longueur d'onde dans le vide. La grandeur sera exprimée en fonction de l'indice du milieu, de et de .

Voir l'indice

a) Utiliser la relation \omega = 2\pi c/\lambda pour le domaine visible (\lambda \in [400, 800]\text{ nm}).
b) Préciser le temps de réponse de l'œil lié à la persistance rétinienne (\tau \approx 0,1\text{ s}).
c) Développer (s_1 + s_2)^2 et utiliser la moyenne temporelle nulle des termes de fréquence optique.
d) Injecter l'égalité des pulsations et exprimer la phase relative à l'aide de la différence de marche optique \delta(P) = n(x_2 - x_1).

Voir la stratégie
  1. Relier la pulsation optique à la longueur d'onde dans le vide par \omega = \frac{2\pi c}{\lambda}.
  2. Associer la durée d'intégration du détecteur (ici l'œil) au temps de persistance rétinienne.
  3. Utiliser le principe de superposition pour développer le carré de l'amplitude totale, linéariser le produit de cosinus et analyser les conditions d'annulation de la moyenne temporelle.
  4. Exprimer le déphasage sous la forme \Delta \phi = \frac{2\pi}{\lambda}\delta(P) en introduisant la différence de chemin optique \delta(P).
Voir la réponse courte

Ordre de grandeur des pulsations optiques, temps d'intégration oculaire \sim 0{,}1\text{ s}, condition de cohérence et établissement de la formule de Fresnel.

Voir le corrigé complet

a) Ordre de grandeur de \omega_1 et \omega_2 :

Le domaine visible correspond à des longueurs d'onde dans le vide comprises entre 400\text{ nm} et 800\text{ nm}. Pour une longueur d'onde centrale typique \lambda \approx 600\text{ nm} = 6\cdot 10^{-7}\text{ m} :

\omega = \frac{2\pi c}{\lambda} \approx \frac{2\pi \times 3,0\cdot 10^8}{6\cdot 10^{-7}} \approx 3\cdot 10^{15}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{\omega_1 \sim \omega_2 \sim 10^{15}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}}

b) Durée \tau de la valeur moyenne :

Pour une observation à l'œil nu, le détecteur intègre le flux lumineux sur sa durée de temps de réponse, qui est le temps de persistance rétinienne :

\boxed{\tau \approx 0,1\text{ s}}

Cette durée est gigantesque devant la période optique T = \frac{2\pi}{\omega} \sim 10^{-15}\text{ s} (\tau \sim 10^{14}\,T).

c) Calcul de l'intensité et conditions d'interférence :

D'après le principe de superposition, l'amplitude de l'onde totale au point P est :

s(P,t) = s_1(P,t) + s_2(P,t)

Le carré de l'amplitude vaut donc :

s^2(P,t) = s_1^2(P,t) + s_2^2(P,t) + 2 s_1(P,t) s_2(P,t)

En prenant la moyenne temporelle sur la durée \tau et en multipliant par la constante K :

\begin{aligned} I(P) &= K \langle s^2(P,t)\rangle_\tau \\ &= K \langle s_1^2(P,t)\rangle_\tau + K \langle s_2^2(P,t)\rangle_\tau + 2K \langle s_1(P,t)s_2(P,t)\rangle_\tau \end{aligned}

On pose classiquement :

I_1 = K \langle s_1^2(P,t)\rangle_\tau = \frac{1}{2} K a_1^2 \quad \text{et} \quad I_2 = K \langle s_2^2(P,t)\rangle_\tau = \frac{1}{2} K a_2^2

ainsi que le terme d'interférence :

I_{12}(P) = 2K \langle s_1(P,t)s_2(P,t)\rangle_\tau

On a bien la forme demandée :

\boxed{I(P) = I_1 + I_2 + I_{12}(P)}

À l'aide de l'identité trigonométrique fournie, le produit s_1 s_2 s'écrit :

\begin{aligned} s_1(P,t)s_2(P,t) = \frac{a_1 a_2}{2} \Big[ &\cos\big((\omega_1+\omega_2)t - (k_1 x_1 + k_2 x_2) + \varphi_1 + \varphi_2\big) \\ &+ \cos\big((\omega_1-\omega_2)t - (k_1 x_1 - k_2 x_2) + \varphi_1 - \varphi_2\big) \Big] \end{aligned}
  • Le terme à la pulsation \omega_1+\omega_2 \approx 2\cdot 10^{15}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} oscille extrêmement vite : sa moyenne sur \tau \approx 0,1\text{ s} est rigoureusement nulle.
  • Le second terme oscille à la pulsation |\omega_1 - \omega_2|. Pour que sa moyenne temporelle ne s'annule pas, sa période d'oscillation doit être très supérieure au temps d'intégration \tau, ce qui impose en pratique l'égalité des fréquences : les sources doivent être synchrones (\omega_1 = \omega_2).
  • De plus, la différence de phase à l'émission (\varphi_1 - \varphi_2) doit demeurer constante sur la durée de mesure \tau : les sources doivent être mutuellement cohérentes.

d) Formule de Fresnel :

Dans le cas où \omega_1 = \omega_2 = \omega et \varphi_1 = \varphi_2, le vecteur d'onde commun est :

k_1 = k_2 = k = \frac{n\omega}{c} = \frac{2\pi n}{\lambda}

où \lambda = \frac{2\pi c}{\omega} est la longueur d'onde de la radiation dans le vide.

Le terme d'interférence devient indépendant du temps :

I_{12}(P) = 2K \left\langle \frac{a_1 a_2}{2} \cos\big(k(x_2 - x_1)\big) \right\rangle_\tau = K a_1 a_2 \cos\left(\frac{2\pi n}{\lambda}(x_2 - x_1)\right)

Comme I_1 = \frac{1}{2}K a_1^2 et I_2 = \frac{1}{2}K a_2^2, on identifie K a_1 a_2 = 2\sqrt{I_1 I_2}.

En définissant la différence de chemin optique \delta(P) par :

\boxed{\delta(P) = n(x_2 - x_1) \quad (\text{ou } n(x_1 - x_2))}

la parité de la fonction cosinus permet d'obtenir directement la formule de Fresnel :

\boxed{I(P) = I_1 + I_2 + 2\sqrt{I_1 I_2}\cos\left(\frac{2\pi}{\lambda}\delta(P)\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Distinguez temps de réponse du récepteur et temps de cohérence, et suivez la méthode de calcul imposée par le sujet.

« le temps de réponse du récepteur est souvent confondu avec le temps de cohérence. Le temps de réponse de l’œil n’est connu que d’un petit nombre de candidats. »

« Certains candidats ne suivent pas l’énoncé et calculent l’intensité en notation complexe. »

Source : rapport du jury CCINP 2023

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : formule de fresnel, contraste

Représenter la courbe en fonction de . En observant la photo 5, que peut-on dire de et ?

Voir l'indice

Tracer une arche sinusoïdale oscillant entre (\sqrt{I_1}-\sqrt{I_2})^2 et (\sqrt{I_1}+\sqrt{I_2})^2. Le contraste quasi-parfait observé impose I_1 \approx I_2.

Voir la stratégie
  1. Exploiter la formule de Fresnel établie à la question précédente Q29.d pour tracer la courbe I(P) en fonction de la différence de marche \delta(P) en faisant apparaître la période \lambda ainsi que les extremums (I_{\max} et I_{\min}).
  2. Relier le contraste des franges observé sur la photo 5 au rapport des intensités I_1 et I_2 à l'aide de la formule du contraste de Michelson.
Voir la réponse courte

Tracé de la sinusoïde surélevée I(\delta) et déduction d'intensités I_1 \approx I_2 au vu du fort contraste des arcs surnuméraires.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q29.d, l'intensité s'écrit :

I(P) = I_1 + I_2 + 2\sqrt{I_1 I_2}\cos\left(\frac{2\pi}{\lambda}\delta(P)\right)

La fonction \delta(P) \mapsto I(P) est périodique de période \lambda, paire, et varie de façon sinusoïdale entre deux extremums :

\begin{aligned} I_{\max} &= \left(\sqrt{I_1} + \sqrt{I_2}\right)^2 \quad \text{pour } \delta = p\,\lambda \quad (p \in \mathbb{Z}) \\ I_{\min} &= \left(\sqrt{I_1} - \sqrt{I_2}\right)^2 \quad \text{pour } \delta = \left(p + \frac{1}{2}\right)\lambda \quad (p \in \mathbb{Z}) \end{aligned}

Le contraste (ou visibilité des franges) est défini par :

V = \frac{I_{\max} - I_{\min}}{I_{\max} + I_{\min}} = \frac{2\sqrt{I_1 I_2}}{I_1 + I_2}

Sur la photo 5, les franges d'interférences présentent un excellent contraste : les minima d'intensité correspondent à des zones sombres très prononcées (extinction quasi complète, I_{\min} \approx 0).

Or, I_{\min} = 0 \iff V = 1 \iff \sqrt{I_1} = \sqrt{I_2}, c'est-à-dire :

\boxed{I_1 \approx I_2}

Les intensités des deux ondes qui interfèrent sont donc sensiblement égales.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à exploiter le contraste élevé visible sur le cliché pour comparer les intensités des sources.

« La courbe est souvent bien représentée mais le bon contraste de la photo 5 n'a pas souvent été évoqué. »

Source : rapport du jury CCINP 2023

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Question 31

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : interférence à l'infini, onde plane

Où ces rayons interfèrent-ils ?

Voir l'indice

Puisque les rayons émergent parallèles entre eux de la goutte, ils interfèrent à l'infini (ou sur la rétine d'un observateur qui accommode à l'infini).

Voir la réponse courte

Les rayons émergents étant parallèles entre eux, les interférences sont localisées à l'infini (observées dans le plan focal de l'œil).

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé et la figure 9, les deux rayons lumineux issus de la goutte d'eau émergent parallèlement entre eux.

Des rayons parallèles se coupent à l'infini : ils interfèrent donc à l'infini (ou, de manière équivalente, dans le plan focal image d'un système optique convergent observant dans cette direction, typiquement sur la rétine de l'œil de l'observateur).

Voir ce qu'a relevé le jury

Identifiez clairement que l'énoncé demandait le lieu d'interférence des rayons émergents.

« Souvent mal comprise : « ces rayons » désignaient les rayons émergents. »

Source : rapport du jury CCINP 2023

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : interférence constructive, différence de marche

On admet que la différence de marche en un point du champ d'interférences s'écrit :

Exprimer la condition permettant d'observer des interférences constructives. L'écart angulaire entre les franges est-il plus grand pour les petites ou les grosses gouttes ? Justifier qualitativement.

Voir l'indice

Interférences constructives si \delta(P) = p \lambda avec p \in \mathbb{Z}. Différencier l'expression de \delta par rapport à l'angle pour observer que l'interfrange varie comme \lambda/D.

Voir la réponse courte

Condition \delta = p\lambda ; comme \delta \propto D, l'interfrange angulaire varie en \lambda/D et s'avère plus large pour de petites gouttes.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression de l'intensité obtenue à la question Q29 :

I(P) = I_1 + I_2 + 2\sqrt{I_1 I_2}\cos\left(\frac{2\pi}{\lambda}\delta(P)\right)

L'intensité est maximale lorsque le cosinus vaut 1, c'est-à-dire lorsque le déphasage est un multiple entier de 2\pi. La condition d'interférences constructives (présence d'une frange brillante) s'écrit donc :

\boxed{\delta(P) = p\lambda \quad \text{avec } p \in \mathbb{Z}}

où p désigne l'ordre d'interférence.

Étudions la dépendance de l'écart angulaire en fonction de la taille des gouttes :

  • L'expression donnée pour la différence de marche montre que \delta(P) est directement proportionnelle au diamètre D de la goutte :

    \delta(P) = D \cdot f(\theta)

    où \theta repère la direction angulaire d'émergence des rayons.

  • Deux franges brillantes consécutives correspondent à une variation d'ordre \Delta p = 1, soit une variation de la différence de marche :

    \Delta \delta = \lambda \iff D \cdot \Delta f(\theta) = \lambda
  • Pour de petites variations angulaires, \Delta f(\theta) \propto \Delta \theta, ce qui conduit à un écart angulaire entre franges de la forme :

    \Delta \theta \propto \frac{\lambda}{D}

Par conséquent, l'écart angulaire entre les franges est plus grand pour les petites gouttes.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'ordre d'interférence est un entier relatif et la variation de D entraîne également celle des angles d'incidence.

« L'ordre d'interférence doit être un entier relatif, pas forcément un entier naturel. »

« La seconde question était délicate, car lorsque D varie les angles d’incidence varient également. »

Source : rapport du jury CCINP 2023

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : ordre d'interférence, calcul numérique

Les rayons incidents d'angles d'incidence et donnent pour une radiation rouge (, ) des rayons émergents parallèles. Quel diamètre de goutte permettra d'observer la frange claire d'ordre dans la direction des rayons émergents ?

Voir l'indice

Écrire la condition constructive pour l'ordre p = -2, soit \delta(P) = -2\lambda, et isoler le diamètre D avec les valeurs numériques fournies.

Voir la stratégie
  1. Déterminer les angles de réfraction r_1 et r_2 associés aux angles d'incidence i_1 et i_2 à l'aide de la loi de Snell-Descartes.
  2. Évaluer le coefficient adimensionné reliant la différence de marche \delta(P) au diamètre D de la goutte.
  3. Écrire la condition d'interférence constructive pour l'ordre d'interférence p = -2 (\delta = -2\lambda) et en déduire le diamètre D.
Voir la réponse courte

Résolution de la condition \delta(P) = -2\lambda à l'aide des angles d'incidence et de réfraction fournis pour en déduire le diamètre D.

Voir le corrigé complet

D'après la loi de Snell-Descartes (question Q23), les angles de réfraction r_1 et r_2 vérifient :

\sin(r_1) = \frac{\sin(i_1)}{n} \quad \text{et} \quad \sin(r_2) = \frac{\sin(i_2)}{n}

Avec i_1 = 50,13^\circ, i_2 = 67,98^\circ et n = 1,330, on obtient :

\begin{aligned} \sin(r_1) &= \frac{\sin(50,13^\circ)}{1,330} \approx \frac{0,76751}{1,330} \approx 0,57708 \implies r_1 \approx 35,24^\circ \\ \sin(r_2) &= \frac{\sin(67,98^\circ)}{1,330} \approx \frac{0,92706}{1,330} \approx 0,69704 \implies r_2 \approx 44,19^\circ \end{aligned}

Calculons les cosinus correspondants :

\begin{aligned} \cos(i_1) &= \cos(50,13^\circ) \approx 0,64103 \\ \cos(i_2) &= \cos(67,98^\circ) \approx 0,37491 \\ \cos(r_1) &= \sqrt{1 - \sin^2(r_1)} \approx 0,81669 \\ \cos(r_2) &= \sqrt{1 - \sin^2(r_2)} \approx 0,71703 \end{aligned}

D'après la relation admise en Q32, la différence de marche s'écrit \delta(P) = A \cdot D avec :

\begin{aligned} A &= \left(\cos(i_2) - \cos(i_1)\right) - 2n\left(\cos(r_2) - \cos(r_1)\right) \\ A &= (0,37491 - 0,64103) - 2 \times 1,330 \times (0,71703 - 0,81669) \\ A &= -0,26612 + 0,26508 \approx -1,04 \cdot 10^{-3} \end{aligned}

La condition d'obtention de la frange claire (interférence constructive) d'ordre p = -2 est :

\delta(P) = p\lambda = -2\lambda

On en déduit l'expression du diamètre D de la goutte :

D = \frac{-2\lambda}{A} = \frac{-2\lambda}{\left(\cos(i_2) - \cos(i_1)\right) - 2n\left(\cos(r_2) - \cos(r_1)\right)}

Application numérique avec \lambda = 700\text{ nm} = 7,00 \cdot 10^{-7}\text{ m} :

D = \frac{-2 \times 7,00 \cdot 10^{-7}}{-1,04 \cdot 10^{-3}} \approx 1,35 \cdot 10^{-3}\text{ m}
\boxed{D \approx 1,3\text{ mm}}

Résultat

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Partie VIII : Valorisation des eaux de pluie par électrolyse en ligne

Question 34

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : électrolyse de l'eau, demi-équation électronique

Préciser les demi-réactions électroniques qui se produisent lors de l'électrolyse de l'eau pure et en donner le bilan (pour une unité stœchiométrique d'eau). On précise que le platine des électrodes ne participe à aucune réaction.

Voir l'indice

Écrire l'oxydation de l'eau à l'anode produisant \mathrm{O_2} et la réduction des protons à la cathode produisant \mathrm{H_2}, puis sommer pour une mole d'eau.

Voir la stratégie

Lors d'une électrolyse, une oxydation se produit à l'anode et une réduction à la cathode. À partir des couples donnés par l'énoncé (\text{O}_2/\text{H}_2\text{O} et \text{H}^+/\text{H}_2), on écrit les demi-équations électroniques associées, puis on les combine pour obtenir l'équation-bilan correspondant à la décomposition d'une unité stœchiométrique d'eau liquide.

Voir la réponse courte

Écriture des demi-réactions d'oxydation de l'eau en \mathrm{O_2} et de réduction en \mathrm{H_2}, donnant l'équation bilan globale.

Voir le corrigé complet

Dans l'eau pure, les espèces électroactives susceptibles d'intervenir proviennent de l'eau. Les demi-réactions électroniques sont :

  • À l'anode (siège d'une oxydation) : l'eau est oxydée en dioxygène selon le couple \text{O}_2/\text{H}_2\text{O} :

    \text{H}_2\text{O}_{(\ell)} = \frac{1}{2}\,\text{O}_{2(\text{g})} + 2\,\text{H}^+_{(\text{aq})} + 2\,\text{e}^-
  • À la cathode (siège d'une réduction) : les ions oxonium (ou l'eau) sont réduits en dihydrogène selon le couple \text{H}^+/\text{H}_2 :

    2\,\text{H}^+_{(\text{aq})} + 2\,\text{e}^- = \text{H}_{2(\text{g})}

En sommant ces deux demi-réactions de manière à éliminer les électrons et les protons \text{H}^+, on obtient l'équation-bilan de l'électrolyse pour une mole d'eau :

\boxed{\text{H}_2\text{O}_{(\ell)} = \text{H}_{2(\text{g})} + \frac{1}{2}\,\text{O}_{2(\text{g})}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Écrivez le bilan de l'électrolyse dans le bon sens et respectez la consigne fixant le nombre stœchiométrique de l'eau à 1.

« Les demi-réactions sont souvent correctement données, mais certains ont confondu avec l’autoprotolyse de l’eau, ou ont écrit la réaction bilan dans le mauvais sens. »

« De plus, trop de candidats ont utilisé un nombre stœchiométrique 2 pour l’eau : problème de lecture d’énoncé. »

Source : rapport du jury CCINP 2023

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : enthalpie libre standard de réaction, constante d'équilibre

Calculer la constante d'équilibre de l'équation bilan ainsi que l'enthalpie libre standard de réaction à la température .

Voir l'indice

Calculer \Delta_r G^\circ via la relation \Delta_r G^\circ = -n \mathcal{F} \Delta E^\circ, puis déduire K^\circ = \exp(-\Delta_r G^\circ / RT).

Voir la stratégie
  1. Identifier le nombre d'électrons échangés \nu_e dans l'équation-bilan de l'électrolyse établie à la question Q34.
  2. Exprimer l'enthalpie libre standard de réaction \Delta_r G^\circ à partir des potentiels standard d'oxydoréduction des deux couples mis en jeu.
  3. En déduire la constante d'équilibre K^\circ par la relation de Van 't Hoff / Nernst reliant \Delta_r G^\circ à \log K^\circ en utilisant la donnée \frac{RT\ln(10)}{\mathcal{F}} = 0{,}06\text{ V}.
Voir la réponse courte

Calcul de \Delta_r G^\circ = -n F \Delta E^\circ = 237\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} puis déduction de la constante d'équilibre K^0 = 10^{-41{,}6}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q34, l'équation-bilan pour une unité stœchiométrique d'eau s'écrit :

\text{H}_2\text{O}_{(\ell)} = \text{H}_{2(\text{g})} + \frac{1}{2}\,\text{O}_{2(\text{g})}

Cette réaction implique l'échange de \nu_e = 2 électrons entre le couple de réduction \text{H}^+/\text{H}_{2(\text{g})} (E_1^\circ = 0\text{ V}) et le couple d'oxydation \text{O}_{2(\text{g})}/\text{H}_2\text{O}_{(\ell)} (E_2^\circ = 1{,}23\text{ V}).

L'enthalpie libre standard de réaction est reliée à la différence de potentiel standard par :

\Delta_r G^\circ = \nu_e \mathcal{F} \left(E_2^\circ - E_1^\circ\right)

Application numérique :

\begin{aligned} \Delta_r G^\circ &= 2 \times 96\,500\text{ C}\cdot\text{mol}^{-1} \times (1{,}23 - 0)\text{ V} \\ &= 237\,390\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1} \approx 2{,}37 \cdot 10^5\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\Delta_r G^\circ = 237\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}}

La constante thermodynamique d'équilibre K^\circ vérifie :

\Delta_r G^\circ = -RT \ln K^\circ = -RT \ln(10) \log K^\circ

En introduisant l'expression de \Delta_r G^\circ :

\log K^\circ = -\frac{\nu_e \left(E_2^\circ - E_1^\circ\right)}{\dfrac{RT\ln(10)}{\mathcal{F}}}

Avec la donnée \dfrac{RT\ln(10)}{\mathcal{F}} = 0{,}06\text{ V} :

\log K^\circ = -\frac{2 \times 1{,}23}{0{,}06} = -\frac{2{,}46}{0{,}06} = -41
\boxed{K^\circ = 10^{-41}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Prenez garde aux erreurs de signe lors du calcul de l'enthalpie standard de réaction.

« Question rarement traitée, ou avec de fréquentes erreurs de signes sur l'enthalpie standard. »

Source : rapport du jury CCINP 2023

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Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : loi de hess, loi de van 't hoff

Déterminer l'enthalpie standard de la réaction à . Est-il préférable de pratiquer cette électrolyse à haute température ou à basse température ? Justifier.

Voir l'indice

Calculer l'enthalpie standard de réaction avec la loi de Hess. Discuter l'effet d'une augmentation de température à l'aide de la loi de van 't Hoff.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la loi de Hess à l'équation-bilan établie en Q34 pour calculer l'enthalpie standard de réaction à l'aide des enthalpies standard de formation fournies.
  2. Analyser l'influence de la température d'un point de vue thermodynamique (loi de van 't Hoff, évolution de l'enthalpie libre standard et donc du travail électrique à fournir) et cinétique (vitesse des réactions aux électrodes et conductivité).
Voir la réponse courte

Détermination de \Delta_r H^\circ > 0 par la loi de Hess ; réaction endothermique favorisée à haute température selon la loi de Van 't Hoff.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q34, la réaction de décomposition de l'eau s'écrit pour une unité stœchiométrique d'eau :

\mathrm{H_2O}_{(\ell)} = \mathrm{H}_{2(\text{g})} + \frac{1}{2}\,\mathrm{O}_{2(\text{g})}

D'après la loi de Hess, l'enthalpie standard de réaction à T = 298\text{ K} s'exprime en fonction des enthalpies standard de formation :

\Delta_r H^\circ(298\text{ K}) = \Delta_f H^\circ(\mathrm{H}_{2(\text{g})}) + \frac{1}{2}\,\Delta_f H^\circ(\mathrm{O}_{2(\text{g})}) - \Delta_f H^\circ(\mathrm{H_2O}_{(\ell)})

Les corps simples dans leur état de référence le plus stable ayant une enthalpie de formation nulle :

\Delta_r H^\circ(298\text{ K}) = 0 + 0 - (-285,5) = +285,5\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}
\boxed{\Delta_r H^\circ(298\text{ K}) = +285,5\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}}

Pour déterminer la température optimale :

  • Aspect thermodynamique : La réaction est endothermique (\Delta_r H^\circ > 0). D'après la relation de van 't Hoff :

    \frac{\mathrm{d}\ln K^\circ}{\mathrm{d}T} = \frac{\Delta_r H^\circ}{R T^2} > 0

    Une augmentation de température déplace l'équilibre dans le sens direct en augmentant K^\circ.

    Par ailleurs, la formation de gaz à partir d'un liquide entraîne une variation d'entropie standard strictement positive (\Delta_r S^\circ > 0). L'enthalpie libre standard \Delta_r G^\circ(T) = \Delta_r H^\circ - T\,\Delta_r S^\circ est donc une fonction décroissante de T. La tension thermodynamique minimale réversible nécessaire à l'électrolyse, reliée à \Delta_r G^\circ, diminue quand la température augmente, ce qui réduit la part d'énergie à fournir sous forme de travail électrique (remplacée par de l'énergie thermique).

  • Aspect cinétique : Une température plus élevée augmente la conductivité ionique de la solution et réduit les surtensions d'électrode, ce qui diminue la chute ohmique et les pertes par effet Joule.

Il est donc grandement préférable de pratiquer cette électrolyse à haute température.

Résultat

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Question 37

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : électrolyseur, anode, cathode

Reproduire le schéma de la figure 10 sur votre copie et faire apparaître le sens de circulation du courant et des électrons, les noms des électrodes et le sens de circulation des ions dans la solution.

Voir l'indice

Indiquer le pôle positif à l'anode (oxydation) et le pôle négatif à la cathode (réduction). Flécher les électrons dans les fils et les ions en solution.

Voir la stratégie
  1. Identifier la polarité imposée par le générateur d'après la flèche de tension U représentée sur la figure 10.
  2. Associer à chaque borne le nom de l'électrode correspondante (en régime de récepteur/électrolyseur : l'anode est au pôle positif, la cathode au pôle négatif).
  3. En déduire les sens de circulation du courant I, des électrons dans les conducteurs métalliques et des ions dans l'électrolyte.
Voir la réponse courte

Schéma du montage annoté : anode au pôle positif, cathode au pôle négatif, sens des électrons et flux migratoires des ions.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 10, la flèche de tension U pointe vers la droite, ce qui indique que le potentiel électrique est plus élevé à droite :

  • la borne de droite est reliée au pôle positif (+) du générateur ;
  • la borne de gauche est reliée au pôle négatif (-) du générateur.

Dans un électrolyseur (fonctionnement en récepteur) :

  • Électrode de droite (pôle +) : Anode. C'est le siège de l'oxydation de l'eau (2\,\mathrm{H_2O}_{(\ell)} \to \mathrm{O}_{2(\mathrm{g})} + 4\,\mathrm{H}^+ + 4\,\mathrm{e}^-). Le courant électrique I y entre et les électrons en sortent vers le générateur.
  • Électrode de gauche (pôle -) : Cathode. C'est le siège de la réduction des protons (2\,\mathrm{H}^+ + 2\,\mathrm{e}^- \to \mathrm{H}_{2(\mathrm{g})}). Les électrons y arrivent depuis le générateur et le courant électrique I en sort.
  • Dans les conducteurs métalliques : les électrons circulent en sens inverse du courant I, de l'anode vers la cathode en transitant par le générateur.
  • Dans la solution électrolytique :

    • les cations (charges positives, ex. \mathrm{H}^+) migrent dans le sens du courant, de l'anode vers la cathode (vers la gauche) ;
    • les anions (charges négatives, ex. \mathrm{HO}^-) migrent en sens inverse du courant, de la cathode vers l'anode (vers la droite).
Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas électrolyseur et pile : le générateur impose le sens du courant, et le déplacement des ions doit figurer.

« La plupart des candidats n’ont pas compris le rôle du générateur délivrant la tension U et semblent penser que la cellule fonctionne comme une pile qui imposerait le courant. »

« Les ions apparaissent rarement. »

Source : rapport du jury CCINP 2023

Question déjà tombée ailleurs

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Question 38

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : formule de nernst, tension minimale d'électrolyse

En considérant uniquement l'aspect thermodynamique, quelle tension minimale doit être appliquée pour que l'électrolyse démarre ? On suppose .

Voir l'indice

La tension minimale thermodynamique correspond à la différence des potentiels d'équilibre de Nernst E_{\text{anode}}^{\text{éq}} - E_{\text{cathode}}^{\text{éq}}.

Voir la stratégie

Pour qu'une électrolyse s'effectue, le générateur doit appliquer une tension qui compense au minimum la différence entre les potentiels d'équilibre des couples mis en jeu aux deux électrodes.

  1. Exprimer le potentiel d'équilibre à l'anode (oxydation de l'eau en \mathrm{O}_2) et à la cathode (réduction des protons en \mathrm{H}_2) à l'aide de la formule de Nernst.
  2. En déduire la tension minimale thermodynamique U_{\min} = E_{\text{anode}}^{\text{éq}} - E_{\text{cathode}}^{\text{éq}}.
Voir la réponse courte

Calcul de la fem thermodynamique minimale d'électrolyse U_{\min} = E^\circ(\mathrm{O_2/H_2O}) - E^\circ(\mathrm{H^+/H_2}) = 1{,}23\text{ V}.

Voir le corrigé complet

D'un point de vue thermodynamique, l'électrolyse ne peut démarrer que si la tension appliquée U est supérieure ou égale à la force contre-électromotrice d'équilibre de la cellule :

U_{\min} = E_{\text{anode}}^{\text{éq}} - E_{\text{cathode}}^{\text{éq}}

À l'anode : le couple en jeu est \mathrm{O}_{2(\text{g})} / \mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)}, associé à la demi-équation :

\frac{1}{2}\,\mathrm{O}_{2(\text{g})} + 2\,\mathrm{H}^+ + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)}

La formule de Nernst donne :

\begin{aligned} E_{\text{anode}}^{\text{éq}} &= E^\circ(\mathrm{O}_2/\mathrm{H}_2\mathrm{O}) + \frac{R\,T\ln(10)}{2\mathcal{F}} \log\left(\left(\frac{p(\mathrm{O}_2)}{p^\circ}\right)^{1/2} [\mathrm{H}^+]^2\right) \\ &= E^\circ(\mathrm{O}_2/\mathrm{H}_2\mathrm{O}) - 0{,}06\,\mathrm{pH} \end{aligned}

avec p(\mathrm{O}_2) = 1\text{ bar} = p^\circ et \frac{R\,T\ln(10)}{\mathcal{F}} = 0{,}06\text{ V}.

À la cathode : le couple en jeu est \mathrm{H}^+ / \mathrm{H}_{2(\text{g})}, associé à la demi-équation :

2\,\mathrm{H}^+ + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_{2(\text{g})}

La formule de Nernst s'écrit :

\begin{aligned} E_{\text{cathode}}^{\text{éq}} &= E^\circ(\mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2) + \frac{R\,T\ln(10)}{2\mathcal{F}} \log\left(\frac{[\mathrm{H}^+]^2}{p(\mathrm{H}_2)/p^\circ}\right) \\ &= E^\circ(\mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2) - 0{,}06\,\mathrm{pH} \end{aligned}

avec p(\mathrm{H}_2) = 1\text{ bar} = p^\circ.

Tension minimale : La différence des potentiels d'équilibre est donc indépendante du pH de la solution :

\begin{aligned} U_{\min} &= E_{\text{anode}}^{\text{éq}} - E_{\text{cathode}}^{\text{éq}} \\ &= E^\circ(\mathrm{O}_2/\mathrm{H}_2\mathrm{O}) - E^\circ(\mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2) \\ &= 1{,}23 - 0 = 1{,}23\text{ V} \end{aligned}
\boxed{U_{\min} = 1{,}23\text{ V}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Explicitez et justifiez l'annulation des termes logarithmiques dans l'application de la formule de Nernst.

« Question souvent traitée correctement mais sans évoquer les termes logarithmiques de la formule de Nernst. »

Source : rapport du jury CCINP 2023

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Notions : courbe courant-potentiel, surtension

On constate qu'en réalité il faut appliquer une différence de potentiel supérieure à afin d'observer une réaction sur des électrodes de platine, en raison de l'aspect cinétique de la réaction. On propose en figure 11 les courbes intensité-potentiel relatives à l'électrolyse. Identifier les courbes et justifier la valeur de par un calcul.

Voir l'indice

Ajouter les surtensions seuils anodique et cathodique à la tension thermodynamique : U_{\text{cin}} = U_{\min} + \eta_a - \eta_c.

Voir la réponse courte

Identification des branches anodique et cathodique avec prise en compte des surtensions cinétiques : U_{\text{cin}} = U_{\min} + \eta_a - \eta_c = 2{,}07\text{ V}.

Voir le corrigé complet

1. Identification des courbes intensité-potentiel

Sur la figure 11 :

  • La courbe anodique (I > 0) située aux potentiels élevés correspond à l'oxydation de l'eau en dioxygène selon :

    \mathrm{H_2O_{(\ell)} = \frac{1}{2}\,O_{2(g)} + 2\,H^+_{(aq)} + 2\,e^-}

    Elle démarre au-delà d'un potentiel seuil anodique E_a^{\text{seuil}} = E_{\text{éq},a} + \eta_a.

  • La courbe cathodique (I < 0) située aux potentiels négatifs correspond à la réduction des protons en dihydrogène selon :

    \mathrm{2\,H^+_{(aq)} + 2\,e^- = H_{2(g)}}

    Elle démarre en deçà d'un potentiel seuil cathodique E_c^{\text{seuil}} = E_{\text{éq},c} + \eta_c.

2. Justification et calcul de la tension cinétique U_{\text{cin}}

Pour qu'un courant non nul traverse la cellule, le potentiel imposé à l'anode doit être supérieur au potentiel seuil anodique, et celui à la cathode doit être inférieur au potentiel seuil cathodique :

\begin{aligned} E_a &\ge E_{\text{éq},a} + \eta_a \\ E_c &\le E_{\text{éq},c} + \eta_c \end{aligned}

En négligeant la chute ohmique au seuil d'apparition du courant (I \to 0), la différence de potentiel minimale à appliquer vaut :

U_{\text{cin}} = E_a^{\text{seuil}} - E_c^{\text{seuil}} = \left(E_{\text{éq},a} - E_{\text{éq},c}\right) + \eta_a - \eta_c

D'après la question Q38, la différence des potentiels d'équilibre vaut E_{\text{éq},a} - E_{\text{éq},c} = U_{\min} = 1,23\text{ V} (cette valeur est rigoureusement indépendante du \text{pH}).

Avec les valeurs de surpotentiels fournies :

  • \eta_a(\mathrm{O_2/H_2O}) = +0,77\text{ V}
  • \eta_c(\mathrm{H^+/H_2}) = -0,07\text{ V}

On obtient :

U_{\text{cin}} = 1,23 + 0,77 - (-0,07) = 2,07\text{ V}
\boxed{U_{\text{cin}} = 2,07\text{ V}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 40

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : conductivité électrique, eau pure

En réalisant expérimentalement cette manipulation, on constate que le courant circulant est extrêmement faible. Pourquoi ?

Voir l'indice

L'eau pure possède une concentration extrêmement faible en porteurs de charge ([\mathrm{H^+}] = [\mathrm{HO^-}] = 10^{-7}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}), d'où une très forte résistance ohmique.

Voir la réponse courte

Explication par la très faible concentration en porteurs de charge dans l'eau pure, entraînant une résistance de cuve trop grande.

Voir le corrigé complet

Le courant électrique dans la solution est assuré par la migration des porteurs de charge ioniques.

Or, l'eau pure ne contient que les ions issus de son autoprotolyse :

2\,\text{H}_2\text{O}_{(\ell)} \rightleftharpoons \text{H}_3\text{O}^+ + \text{HO}^-

avec K_{\text{e}} = 1,0 \cdot 10^{-14} à 298\text{ K}, soit une concentration ionique extrêmement faible :

[\text{H}_3\text{O}^+] = [\text{HO}^-] = 1,0 \cdot 10^{-7}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}.

Par conséquent :

  • la conductivité \sigma = \sum_i \lambda_i c_i de l'eau pure est très faible (de l'ordre de 5,5 \cdot 10^{-6}\text{ S}\cdot\text{m}^{-1}) ;
  • la résistance interne de la cellule d'électrolyse R_{\text{sol}} est donc considérable.

La tension aux bornes de la cellule s'écrit en tenant compte de la chute ohmique :

U = E_{\text{anode}} - E_{\text{cathode}} + R_{\text{sol}} I.

La très grande valeur de R_{\text{sol}} limite drastiquement l'intensité I du courant électrique, qui reste ainsi extrêmement faible pour des tensions usuelles.

Voir ce qu'a relevé le jury

Invoquez la résistance électrique de la cellule plutôt que des blocages cinétiques réfutés plus tôt.

« La résistance de la cellule d'électrolyse est rarement évoquée. A contrario, les candidats évoquent des problèmes cinétiques en contradiction avec les questions précédentes. »

Source : rapport du jury CCINP 2023

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Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif

Notions : compétition cinétique, courbe courant-potentiel

Pour traiter cette eau, on ajoute du chlorure de sodium à raison de par de solution. On considère . Les demi-réactions électroniques sont-elles modifiées ? Pourquoi ? Écrire la réaction d'oxydo-réduction correspondante.

Voir l'indice

Comparer les potentiels de début d'oxydation de \mathrm{Cl^-} et de l'eau en tenant compte des surtensions sur platine pour justifier la production sélective de dichlore.

Voir la stratégie
  1. Recenser les espèces présentes en solution susceptibles d'être réduites à la cathode (\mathrm{H}^+ ou \mathrm{H}_2\mathrm{O}, et \mathrm{Na}^+) et oxydées à l'anode (\mathrm{H}_2\mathrm{O} et \mathrm{Cl}^-).
  2. Comparer les potentiels d'électrode seuils en tenant compte de la thermodynamique (loi de Nernst) et des surpotentiels cinétiques donnés pour le platine.
  3. En déduire les demi-réactions effectives et écrire l'équation d'oxydoréduction globale.
Voir la réponse courte

Les ions chlorure s'oxydent plus facilement que l'eau en raison de la surtension anodique, conduisant à la formation de dichlore \mathrm{Cl_2}.

Voir le corrigé complet

L'addition de chlorure de sodium apporte les ions \mathrm{Na}^+ et \mathrm{Cl}^-. La masse molaire de \mathrm{NaCl} vaut :

M(\mathrm{NaCl}) = M(\mathrm{Na}) + M(\mathrm{Cl}) = 23{,}0 + 35{,}5 = 58{,}5\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}

La concentration molaire en ions chlorure est :

[\mathrm{Cl}^-] = \frac{100\text{ g}\cdot\text{m}^{-3}}{58{,}5\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}} = 1{,}71\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3} = 1{,}71\cdot 10^{-3}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}

1. À la cathode (réduction) : Les espèces réductibles sont les ions \mathrm{H}^+ (ou l'eau) et \mathrm{Na}^+ :

  • Pour le couple \mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2 : E^\circ = 0\text{ V} et \eta_c = -0{,}07\text{ V}, soit un potentiel seuil de l'ordre de -0{,}07\text{ V} (en conditions standard).
  • Pour le couple \mathrm{Na}^+/\mathrm{Na} : E^\circ = -2{,}71\text{ V}, bien plus bas.

Les ions sodium ne sont donc pas réduits : la demi-réaction cathodique n'est pas modifiée :

2\,\mathrm{H}^+ + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_{2(\text{g})} \quad \text{ou} \quad 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_{2(\text{g})} + 2\,\mathrm{HO}^-

2. À l'anode (oxydation) : Les espèces oxydables sont l'eau \mathrm{H}_2\mathrm{O} et les ions chlorure \mathrm{Cl}^- :

  • Oxydation de l'eau en \mathrm{O}_2 : le potentiel seuil sur platine en conditions standard vaut :

    E_{\text{seuil}}(\mathrm{O}_2/\mathrm{H}_2\mathrm{O}) = E^\circ + \eta_a = 1{,}23 + 0{,}77 = 2{,}00\text{ V}
  • Oxydation des ions chlorure en \mathrm{Cl}_2 (2\,\mathrm{Cl}^- = \mathrm{Cl}_{2(\text{g})} + 2\,\mathrm{e}^-) :

    \begin{aligned} E(\mathrm{Cl}_2/\mathrm{Cl}^-) &= E^\circ(\mathrm{Cl}_2/\mathrm{Cl}^-) + \frac{0{,}06}{2}\log\left(\frac{p(\mathrm{Cl}_2)/p^\circ}{([\mathrm{Cl}^-]/c^\circ)^2}\right) \\ &= 1{,}36 - 0{,}06\log(1{,}71\cdot 10^{-3}) \approx 1{,}53\text{ V} \end{aligned}

    Avec le surpotentiel anodique \eta_a(\mathrm{Cl}_2/\mathrm{Cl}^-) = 0{,}08\text{ V}, le potentiel seuil s'écrit :

    E_{\text{seuil}}(\mathrm{Cl}_2/\mathrm{Cl}^-) = 1{,}53 + 0{,}08 = 1{,}61\text{ V}

Comme E_{\text{seuil}}(\mathrm{Cl}_2/\mathrm{Cl}^-) < E_{\text{seuil}}(\mathrm{O}_2/\mathrm{H}_2\mathrm{O}), l'oxydation des ions chlorure démarre à un potentiel inférieur à celui de l'eau, grâce à une forte surtension anodique de l'eau sur platine.

La demi-réaction anodique est donc modifiée au profit de l'oxydation de \mathrm{Cl}^-.

3. Équation d'oxydoréduction correspondante : En combinant les demi-réactions anodique et cathodique, le bilan s'écrit :

\boxed{2\,\mathrm{Cl}^- + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} = \mathrm{Cl}_{2(\text{g})} + \mathrm{H}_{2(\text{g})} + 2\,\mathrm{HO}^-}

(ou sous forme acide : \boxed{2\,\mathrm{Cl}^- + 2\,\mathrm{H}^+ = \mathrm{Cl}_{2(\text{g})} + \mathrm{H}_{2(\text{g})}}).

Résultat

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Question 42

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : loi de faraday, électrolyse

L'intensité du courant circulant dans l'électrolyseur vaut . Quel volume de solution peut-on traiter par heure ?

Voir l'indice

Appliquer la loi de Faraday pour relier la charge Q = I \Delta t au nombre d'électrons échangés, puis calculer la masse de sel et le volume d'eau traitable.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la charge électrique totale Q fournie par le générateur pendant la durée \Delta t = 1\text{ h}.
  2. Relier cette charge à la quantité de matière d'ions chlorure \mathrm{Cl}^- oxydés grâce à la demi-équation anodique.
  3. En déduire le volume de solution correspondant à la teneur imposée en chlorure de sodium.
Voir la réponse courte

Application de la loi de Faraday Q = I\Delta t = 2n(\mathrm{Cl_2})F pour déterminer la masse de \mathrm{NaCl} traitée puis le volume horaire.

Voir le corrigé complet

Pendant une durée \Delta t, le passage d'un courant continu d'intensité I transporte une charge électrique totale :

Q = I\,\Delta t

La quantité de matière d'électrons correspondante est :

n(\mathrm{e}^-) = \frac{Q}{\mathcal{F}} = \frac{I\,\Delta t}{\mathcal{F}}

D'après la demi-réaction d'oxydation à l'anode, \mathrm{Cl}^- = \frac{1}{2}\,\mathrm{Cl}_{2(\text{g})} + \mathrm{e}^-, l'oxydation d'un ion chlorure requiert le transfert d'un électron. Pour transformer la totalité des ions chlorure de la solution traitée, il faut donc une quantité de matière de chlorure :

n(\mathrm{Cl}^-) = n(\mathrm{e}^-) = \frac{I\,\Delta t}{\mathcal{F}}

Le chlorure de sodium \mathrm{NaCl} a pour masse molaire :

M(\mathrm{NaCl}) = M(\mathrm{Na}) + M(\mathrm{Cl}) = 23,0 + 35,5 = 58,5\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}

La concentration massique en sel étant C_m = 100\text{ g}\cdot\text{m}^{-3}, la concentration molaire en ions \mathrm{Cl}^- dans la solution vaut :

c(\mathrm{Cl}^-) = \frac{C_m}{M(\mathrm{NaCl})}

Le volume V de solution pouvant être traité par heure s'exprime ainsi :

V = \frac{n(\mathrm{Cl}^-)}{c(\mathrm{Cl}^-)} = \frac{I\,\Delta t\,M(\mathrm{NaCl})}{C_m\,\mathcal{F}}

Application numérique avec I = 10\text{ A}, \Delta t = 3\,600\text{ s}, M(\mathrm{NaCl}) = 58,5\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}, C_m = 100\text{ g}\cdot\text{m}^{-3} et \mathcal{F} = 96\,500\text{ C}\cdot\text{mol}^{-1} :

\begin{aligned} V &= \frac{10 \times 3\,600 \times 58,5}{100 \times 96\,500} \\ V &\approx 0,218\text{ m}^3 \end{aligned}
\boxed{V \approx 0,22\text{ m}^3 = 2,2\cdot 10^2\text{ L}}

Résultat

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Question 43

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : dismutation, nombre d'oxydation

Le dichlore se décompose au contact de l'eau en acide hypochloreux et en acide chlorhydrique. Écrire le bilan de cette réaction. Cette réaction est-elle une réaction acido-basique ou une réaction redox ? Justifier.

Voir l'indice

Écrire la réaction de dismutation du chlore dans l'eau et justifier le caractère rédox en déterminant les nombres d'oxydation de l'élément chlore.

Voir la réponse courte

Écriture de la dismutation du dichlore \mathrm{Cl_2} en \mathrm{HClO} et \mathrm{Cl^-}, justifiée par les variations de nombres d'oxydation.

Voir le corrigé complet

L'acide chlorhydrique étant un acide fort, il est totalement dissocié en solution aqueuse sous la forme d'ions oxonium \mathrm{H}_3\mathrm{O}^+ (ou protons solvatés \mathrm{H}^+) et d'ions chlorure \mathrm{Cl}^-.

L'équation-bilan de la réaction s'écrit sous forme moléculaire :

\boxed{\mathrm{Cl}_{2(\mathrm{g/aq})} + \mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} = \mathrm{HClO}_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{HCl}_{(\mathrm{aq})}}

ou, sous forme ionique plus rigoureuse en milieu aqueux :

\boxed{\mathrm{Cl}_{2(\mathrm{g/aq})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} = \mathrm{HClO}_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{H}_3\mathrm{O}^+ + \mathrm{Cl}^-}

Pour déterminer la nature de cette transformation, déterminons le nombre d'oxydation (n.o.) de l'élément chlore dans les différentes espèces :

  • dans le dichlore \mathrm{Cl}_2 (corps pur simple) : \mathrm{n.o.}(\mathrm{Cl}) = 0 ;
  • dans l'acide hypochloreux \mathrm{HClO} : avec \mathrm{n.o.}(\mathrm{H}) = +\mathrm{I} et \mathrm{n.o.}(\mathrm{O}) = -\mathrm{II}, on obtient :

    \mathrm{n.o.}(\mathrm{Cl}) = 0 - (+\mathrm{I}) - (-\mathrm{II}) = +\mathrm{I} ;
  • dans l'ion chlorure \mathrm{Cl}^- (ou dans \mathrm{HCl}) : \mathrm{n.o.}(\mathrm{Cl}) = -\mathrm{I}.

Il y a donc variation du nombre d'oxydation de l'élément chlore, qui est à la fois oxydé du degré 0 au degré +\mathrm{I} et réduit du degré 0 au degré -\mathrm{I} : il y a eu transfert d'électrons.

\boxed{\text{Il s'agit donc d'une réaction d'oxydoréduction (plus précisément une dismutation).}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Reconnaissez le caractère d'oxydoréduction de cette réaction malgré la présence d'acides.

« Bien qu’une proportion non négligeable de candidats ait trouvé le bilan de cette réaction, son caractère redox leur a souvent échappé, probablement car elle faisait intervenir des acides. »

Source : rapport du jury CCINP 2023

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