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Corrigé détaillé Centrale Physique 1 PC 2024 (page 3/3 : Partie B (questions 35 à 52))

À propos de l'environnement marin

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Partie B : Naissance et propagation de la houle (suite)

V · Condition de démarrage des oscillations

Question 35

Établir l'équation différentielle satisfaite par . En déduire la solution uniquement en fonction de , et de la constante en tenant compte d'une condition limite établie précédemment.

Voir l'indice

Injecter la forme d'onde plane dans l'équation de Laplace \Delta \varphi_2 = 0, puis rejeter la solution en exponentielle croissante pour satisfaire la condition en z \to +\infty.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le laplacien spatial du potentiel \underline{\varphi_2}(x, z, t) en coordonnées cartésiennes en exploitant l'invariance selon Oy.
  2. Injecter la forme à variables séparées proposée par l'énoncé dans l'équation de Laplace \Delta \underline{\varphi_2} = 0 pour obtenir l'équation différentielle portant sur \underline{\phi_2}(z).
  3. Résoudre cette équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants et appliquer la condition aux limites en z \to +\infty (établie en Q32) ainsi que la valeur en z = 0.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q28, l'incompressibilité du fluide (2) impose l'équation de Laplace pour le potentiel des vitesses :

\Delta \underline{\varphi_2} = 0

L'écoulement étant invariant par translation selon la direction Oy, le laplacien s'écrit :

\Delta \underline{\varphi_2} = \frac{\partial^2 \underline{\varphi_2}}{\partial x^2} + \frac{\partial^2 \underline{\varphi_2}}{\partial z^2} = 0

En introduisant la forme complexe de l'énoncé \underline{\varphi_2}(x, z, t) = \underline{\phi_2}(z) \exp(j(\underline{\omega}t - kx)), on calcule les dérivées partielles spatiales :

\begin{aligned} \frac{\partial^2 \underline{\varphi_2}}{\partial x^2} &= (-jk)^2\,\underline{\phi_2}(z)\exp(j(\underline{\omega}t - kx)) = -k^2\,\underline{\phi_2}(z)\exp(j(\underline{\omega}t - kx)) \\ \frac{\partial^2 \underline{\varphi_2}}{\partial z^2} &= \frac{\mathrm{d}^2 \underline{\phi_2}}{\mathrm{d}z^2}(z)\exp(j(\underline{\omega}t - kx)) \end{aligned}

En simplifiant par le terme exponentiel non nul, on obtient l'équation différentielle satisfaite par \underline{\phi_2}(z) :

\boxed{\frac{\mathrm{d}^2 \underline{\phi_2}}{\mathrm{d}z^2} - k^2\,\underline{\phi_2}(z) = 0}

Puisque k est une constante réelle positive (k > 0), la solution générale de cette équation différentielle linéaire à coefficients constants s'écrit sous la forme :

\underline{\phi_2}(z) = A \operatorname{e}^{kz} + B \operatorname{e}^{-kz}

où A et B sont deux constantes complexes d'intégration.

D'après la condition aux limites établie à la question Q32, la perturbation de l'air s'atténue loin de la surface, ce qui implique :

\lim_{z \to +\infty} \underline{\phi_2}(z) = 0

Comme k > 0, la fonction \operatorname{e}^{kz} diverge quand z \to +\infty. Pour que la condition limite soit vérifiée, il est indispensable d'avoir :

A = 0 \implies \underline{\phi_2}(z) = B \operatorname{e}^{-kz}

En évaluant en z = 0, on identifie :

\underline{\phi_2}(z = 0) = B = \underline{\phi_2^0}

On en déduit l'expression de \underline{\phi_2}(z) :

\boxed{\underline{\phi_2}(z) = \underline{\phi_2^0} \operatorname{e}^{-kz}}

Résultat

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Question 36

Établir l'équation différentielle satisfaite par . En déduire que où intervient la constante en tenant compte d'une condition limite établie précédemment.

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle en z issue de \Delta \varphi_1 = 0 et utiliser la condition aux limites en z=-h pour combiner les exponentielles en fonction hyperbolique \cosh(k(z+h)).

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme spatio-temporelle de \underline{\varphi_1}(x, z, t) dans l'équation de Laplace \Delta \varphi_1 = 0 (établie à la question Q28) pour obtenir l'équation différentielle régissant \underline{\phi_1}(z).
  2. Exprimer la solution générale sous une forme adaptée à la condition aux limites au fond solide z = -h, à savoir l'annulation de la vitesse verticale (question Q31).
  3. Exprimer la constante d'intégration en fonction de la valeur de \underline{\phi_1} en surface z = 0.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q28, le potentiel des vitesses dans l'eau vérifie l'équation de Laplace \Delta \varphi_1 = 0. Compte tenu de l'invariance selon l'axe Oy, cette équation se réduit à :

\frac{\partial^2 \varphi_1}{\partial x^2} + \frac{\partial^2 \varphi_1}{\partial z^2} = 0

En introduisant la forme complexe proposée \underline{\varphi_1}(x, z, t) = \underline{\phi_1}(z) \exp\left(j(\underline{\omega} t - kx)\right), les dérivées spatiales s'écrivent :

\begin{aligned} \frac{\partial^2 \underline{\varphi_1}}{\partial x^2} &= (-jk)^2 \underline{\phi_1}(z) \exp\left(j(\underline{\omega} t - kx)\right) = -k^2 \underline{\phi_1}(z) \exp\left(j(\underline{\omega} t - kx)\right) \\ \frac{\partial^2 \underline{\varphi_1}}{\partial z^2} &= \frac{\mathrm{d}^2 \underline{\phi_1}}{\mathrm{d}z^2} \exp\left(j(\underline{\omega} t - kx)\right) \end{aligned}

En simplifiant par le terme exponentiel non nul, on obtient l'équation différentielle satisfaite par \underline{\phi_1}(z) :

\boxed{\frac{\mathrm{d}^2 \underline{\phi_1}}{\mathrm{d}z^2} - k^2\,\underline{\phi_1}(z) = 0}

L'équation caractéristique associée étant r^2 - k^2 = 0, la solution générale peut s'écrire sous forme hyperbolique centrée en z = -h :

\underline{\phi_1}(z) = A \cosh\left(k(z + h)\right) + B \sinh\left(k(z + h)\right)

où A et B sont deux constantes complexes d'intégration.

La condition limite au fond solide établie à la question Q31 traduit l'imperméabilité de la paroi en z = -h :

w_1(x, -h, t) = \frac{\partial \varphi_1}{\partial z}(x, -h, t) = 0 \implies \left.\frac{\mathrm{d}\underline{\phi_1}}{\mathrm{d}z}\right|_{z = -h} = 0

Or, en dérivant \underline{\phi_1}(z) :

\frac{\mathrm{d}\underline{\phi_1}}{\mathrm{d}z} = k A \sinh\left(k(z + h)\right) + k B \cosh\left(k(z + h)\right)

En z = -h, le terme en \sinh(0) = 0 s'annule, ce qui impose :

k B \cosh(0) = 0 \implies B = 0 \quad (\text{car } k > 0)

La fonction s'écrit donc \underline{\phi_1}(z) = A \cosh\left(k(z + h)\right).

En évaluant en surface (z = 0), on a :

\underline{\phi_1}(z = 0) = A \cosh(kh) \implies A = \frac{\underline{\phi_1}(z = 0)}{\cosh(kh)} = \underline{\phi_1^0}

On en déduit l'expression demandée :

\boxed{\underline{\phi_1}(z) = \underline{\phi_1^0} \cosh\left(k(z + h)\right) \quad \text{avec} \quad \underline{\phi_1^0} = \frac{\underline{\phi_1}(z = 0)}{\cosh(kh)}}

Résultat

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Question 37

Montrer que les deux équations établies à la question Q 33, traduisant les propriétés de la surface de séparation, conduisent aux deux égalités :

Voir l'indice

Substituer les expressions spatiales des potentiels de vitesse dans les conditions cinématiques linéarisées de la surface libre en z = 0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les dérivées spatiales et temporelles intervenant dans les conditions aux limites cinématiques en z = 0 établies en Q33 à l'aide des grandeurs complexes \underline{\varphi_1}, \underline{\varphi_2} et \underline{\eta}.
  2. Utiliser les profils spatiaux \underline{\phi_1}(z) et \underline{\phi_2}(z) déterminés aux questions Q35 et Q36 pour évaluer les dérivées selon z en z = 0.
  3. Simplifier par le terme de propagation commun \exp(j(\underline{\omega}t - kx)) pour identifier les relations scalaires demandées.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q33, les conditions cinématiques linéarisées à la surface libre s'écrivent :

\begin{aligned} \text{Pour l'air (fluide 2) :} \quad & \frac{\partial \varphi_2}{\partial z}(x, 0, t) = \frac{\partial \eta}{\partial t}(x, t) + U \frac{\partial \eta}{\partial x}(x, t) \\ \text{Pour l'eau (fluide 1) :} \quad & \frac{\partial \varphi_1}{\partial z}(x, 0, t) = \frac{\partial \eta}{\partial t}(x, t) \end{aligned}

1. Équation relative au fluide (2) (air) :

En représentation complexe, le déplacement vertical s'écrit \underline{\eta}(x, t) = \eta_m \exp(j(\underline{\omega}t - kx)). Ses dérivées partielles valent :

\frac{\partial \underline{\eta}}{\partial t} = j\underline{\omega}\,\underline{\eta} \quad \text{et} \quad \frac{\partial \underline{\eta}}{\partial x} = -jk\,\underline{\eta}

Le membre de droite s'écrit donc :

\frac{\partial \underline{\eta}}{\partial t} + U \frac{\partial \underline{\eta}}{\partial x} = j(\underline{\omega} - kU)\eta_m \exp(j(\underline{\omega}t - kx))

D'après le résultat de la question Q35, le profil vertical du potentiel des vitesses dans l'air est :

\underline{\phi_2}(z) = \underline{\phi_2^0}\operatorname{e}^{-kz} \implies \left.\frac{\mathrm{d}\underline{\phi_2}}{\mathrm{d}z}\right|_{z=0} = -k\underline{\phi_2^0}

La dérivée normale du potentiel en z = 0 vaut ainsi :

\frac{\partial \underline{\varphi_2}}{\partial z}(x, 0, t) = \left.\frac{\mathrm{d}\underline{\phi_2}}{\mathrm{d}z}\right|_{z=0} \exp(j(\underline{\omega}t - kx)) = -k\underline{\phi_2^0} \exp(j(\underline{\omega}t - kx))

En identifiant les deux membres et en simplifiant par \exp(j(\underline{\omega}t - kx)) \neq 0, on obtient :

\boxed{-k \underline{\phi_2^0} = j(\underline{\omega} - kU)\eta_m}

2. Équation relative au fluide (1) (eau) :

D'après le résultat de la question Q36, le profil vertical du potentiel des vitesses dans l'eau est :

\underline{\phi_1}(z) = \underline{\phi_1^0}\cosh(k(z+h)) \implies \left.\frac{\mathrm{d}\underline{\phi_1}}{\mathrm{d}z}\right|_{z=0} = k \sinh(kh)\underline{\phi_1^0}

Le membre de gauche de la condition cinématique vaut ainsi :

\frac{\partial \underline{\varphi_1}}{\partial z}(x, 0, t) = k \sinh(kh)\underline{\phi_1^0} \exp(j(\underline{\omega}t - kx))

Le membre de droite s'écrit simplement :

\frac{\partial \underline{\eta}}{\partial t} = j\underline{\omega} \eta_m \exp(j(\underline{\omega}t - kx))

En égalant les deux expressions et en simplifiant par \exp(j(\underline{\omega}t - kx)) \neq 0, il vient :

\boxed{k \sinh(kh)\underline{\phi_1^0} = j\underline{\omega}\eta_m}

Résultat

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Question 38

En utilisant l'équation de la question Q 34, établir la relation suivante notée V.1 :

Voir l'indice

Remplacer les amplitudes des potentiels à l'interface obtenues en Q37 dans la condition de continuité de pression de la question Q34.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les potentiels \underline{\varphi_1}(x,0,t) et \underline{\varphi_2}(x,0,t) en fonction de \underline{\eta}(x,t) à l'aide des relations établies en Q36 et Q37.
  2. Calculer les termes différentiels apparaissant dans la condition dynamique établie en Q34.
  3. Injecter ces grandeurs dans l'équation de la question Q34 et simplifier par l'amplitude d'onde non nulle.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q36, le profil vertical de potentiel dans l'eau s'écrit :

\underline{\phi_1}(z) = \underline{\phi_1^0}\cosh(k(z+h)) \quad \text{donc en } z=0 : \quad \underline{\phi_1}(0) = \underline{\phi_1^0}\cosh(kh)

La seconde relation cinématique obtenue à la question Q37 donne :

k\sinh(kh)\underline{\phi_1^0} = j\underline{\omega}\eta_m \implies \underline{\phi_1^0} = \frac{j\underline{\omega}\eta_m}{k\sinh(kh)}

Par suite, la valeur du potentiel en z=0 vaut :

\underline{\phi_1}(0) = \frac{j\underline{\omega}\eta_m}{k}\frac{\cosh(kh)}{\sinh(kh)} = \frac{j\underline{\omega}\eta_m}{k\tanh(kh)}

Le premier membre de l'équation de la question Q34 s'exprime alors en fonction de \underline{\eta}(x,t) = \eta_m\exp(j(\underline{\omega}t - kx)) :

\begin{aligned} \frac{\partial \underline{\varphi_1}}{\partial t}(x, 0, t) + g\underline{\eta}(x,t) &= j\underline{\omega}\,\underline{\phi_1}(0)\exp(j(\underline{\omega}t - kx)) + g\underline{\eta}(x,t) \\ &= \left[ \frac{(j\underline{\omega})^2}{k\tanh(kh)} + g \right] \underline{\eta}(x,t) \end{aligned}

Pour l'air (fluide 2), à la surface z=0, on a \underline{\phi_2}(0) = \underline{\phi_2^0}. D'après la première relation de la question Q37 :

-k\underline{\phi_2^0} = j(\underline{\omega} - kU)\eta_m \implies \underline{\phi_2^0} = -\frac{j(\underline{\omega} - kU)}{k}\eta_m

Les dérivées temporelle et spatiale du potentiel \underline{\varphi_2} en z=0 font intervenir l'opérateur \frac{\partial}{\partial t} + U\frac{\partial}{\partial x}, ce qui donne :

\begin{aligned} \frac{\partial \underline{\varphi_2}}{\partial t}(x, 0, t) + U\frac{\partial \underline{\varphi_2}}{\partial x}(x, 0, t) &= \left( j\underline{\omega} - jkU \right) \underline{\phi_2^0}\exp(j(\underline{\omega}t - kx)) \\ &= j(\underline{\omega} - kU) \left[ -\frac{j(\underline{\omega} - kU)}{k}\eta_m \right] \exp(j(\underline{\omega}t - kx)) \\ &= -\frac{(j(\underline{\omega} - kU))^2}{k} \underline{\eta}(x,t) \end{aligned}

Le second terme entre parenthèses de la question Q34 s'écrit donc :

\frac{\partial \underline{\varphi_2}}{\partial t}(x, 0, t) + U\frac{\partial \underline{\varphi_2}}{\partial x}(x, 0, t) + g\underline{\eta}(x,t) = \left[ g - \frac{(j(\underline{\omega} - kU))^2}{k} \right] \underline{\eta}(x,t)

En reportant ces deux résultats dans l'égalité de la question Q34 :

\rho_1 \left[ \frac{(j\underline{\omega})^2}{k\tanh(kh)} + g \right] \underline{\eta}(x,t) = \rho_2 \left[ g - \frac{(j(\underline{\omega} - kU))^2}{k} \right] \underline{\eta}(x,t)

Puisque l'amplitude des oscillations \eta_m est non nulle, on simplifie par \underline{\eta}(x,t) et on multiplie chaque membre par le réel strictement positif k :

\boxed{\rho_1 \left[ \frac{(j\underline{\omega})^2}{\tanh(kh)} + kg \right] = \rho_2 \left[ kg - (j(\underline{\omega} - kU))^2 \right]}

Résultat

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Question 39

Indiquer, justification à l'appui, quel doit être le signe de permettant, à partir de l'état de repos, le démarrage des oscillations de la surface de séparation en présence du vent de vitesse .

Voir l'indice

Examiner le facteur temporel \exp(j\underline{\omega}t) = \exp(-\omega'' t)\exp(j\omega' t) pour qu'une perturbation infime croisse spontanément au cours du temps.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le déplacement réel \eta(x, t) de la surface libre en injectant la décomposition \underline{\omega} = \omega' + j\omega'' dans la représentation complexe.
  2. Identifier le facteur temporel contrôlant l'évolution de l'amplitude de la perturbation au cours du temps.
  3. En déduire le signe de \omega'' nécessaire pour qu'une instabilité (croissance de l'amplitude) se développe à partir de l'état de repos.
Voir le corrigé complet

La déformation de la surface de séparation est donnée en notation complexe par :

\underline{\eta}(x, t) = \eta_m \exp(j(\underline{\omega}t - kx))

En introduisant l'écriture de la pulsation complexe \underline{\omega} = \omega' + j\omega'' avec j^2 = -1, le terme temporel s'écrit :

j \underline{\omega} t = j(\omega' + j\omega'')t = -\omega'' t + j\omega' t

D'où l'expression du champ réel \eta(x, t) = \mathrm{Re}(\underline{\eta}(x, t)) :

\eta(x, t) = \eta_m \, \mathrm{e}^{-\omega'' t} \cos(\omega' t - kx)

L'amplitude des oscillations varie dans le temps selon le facteur multiplicatif \mathrm{e}^{-\omega'' t} :

  • si \omega'' > 0, l'amplitude décroît exponentiellement vers 0 (la perturbation s'amortit et l'état de repos est stable) ;
  • si \omega'' = 0, l'amplitude reste constante (régime marginalement stable) ;
  • si \omega'' < 0, l'amplitude croît exponentiellement au cours du temps, ce qui traduit une instabilité et permet le démarrage des oscillations à partir d'une perturbation infinitésimale de l'état de repos.

Par conséquent, la condition de démarrage des oscillations est :

\boxed{\omega'' < 0}

Résultat

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Question 40

Montrer que, dans le cas limite d'une profondeur infinie et en notant que , le démarrage des oscillations s'observe lorsque la vitesse du vent vérifie .

Voir l'indice

Faire tendre \tanh(kh) \to 1, ordonner le polynôme du second degré en \underline{\omega} issu de la relation de dispersion et chercher la condition d'existence d'un discriminant négatif.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la relation de dispersion (V.1) dans la limite d'eau profonde (h \to +\infty), où \tanh(kh) \to 1.
  2. Réorganiser l'expression sous la forme d'une équation du second degré en \underline{\omega} à coefficients réels et calculer son discriminant.
  3. Relier la condition d'instabilité établie à la question Q39 (\omega'' < 0) au signe de ce discriminant, puis appliquer l'approximation \rho_2 \ll \rho_1.
Voir le corrigé complet

Dans le cas d'une profondeur infinie (h \to +\infty), on a \lim_{kh \to +\infty} \tanh(kh) = 1. L'équation (V.1) établie à la question Q38 devient alors :

\rho_1 \left[ (j\underline{\omega})^2 + kg \right] = \rho_2 \left[ kg - (j(\underline{\omega} - kU))^2 \right]

En utilisant j^2 = -1, cela s'écrit :

\rho_1 \left( -\underline{\omega}^2 + kg \right) = \rho_2 \left[ kg + (\underline{\omega} - kU)^2 \right]

En développant le terme de droite :

-\rho_1 \underline{\omega}^2 + \rho_1 kg = \rho_2 kg + \rho_2 \left( \underline{\omega}^2 - 2kU \underline{\omega} + k^2 U^2 \right)

On regroupe tous les termes pour former une équation polynomiale du second degré en \underline{\omega} :

(\rho_1 + \rho_2)\underline{\omega}^2 - 2\rho_2 k U \, \underline{\omega} + \rho_2 k^2 U^2 - (\rho_1 - \rho_2)kg = 0

Le discriminant réduit \Delta' de cette équation à coefficients réels vaut :

\begin{aligned} \Delta' &= (\rho_2 k U)^2 - (\rho_1 + \rho_2)\left[ \rho_2 k^2 U^2 - (\rho_1 - \rho_2)kg \right] \\ &= \rho_2^2 k^2 U^2 - \rho_1 \rho_2 k^2 U^2 - \rho_2^2 k^2 U^2 + (\rho_1^2 - \rho_2^2)kg \\ &= -\rho_1 \rho_2 k^2 U^2 + (\rho_1^2 - \rho_2^2)kg \end{aligned}

D'après la question Q39, le démarrage des oscillations correspond à l'existence d'une solution avec \omega'' < 0. Comme les coefficients de l'équation sont réels, des solutions complexes n'apparaissent que si le discriminant est strictement négatif (\Delta' < 0). Les racines sont alors complexes conjuguées :

\underline{\omega} = \frac{\rho_2 k U \pm j\sqrt{-\Delta'}}{\rho_1 + \rho_2}

L'une des deux racines admet une partie imaginaire négative \omega'' = -\frac{\sqrt{-\Delta'}}{\rho_1 + \rho_2} < 0, ce qui garantit l'amplification exponentielle de la perturbation. La condition de démarrage des oscillations s'écrit donc \Delta' < 0, soit :

\rho_1 \rho_2 k^2 U^2 > (\rho_1^2 - \rho_2^2)kg \iff U^2 > \frac{g}{k} \frac{\rho_1^2 - \rho_2^2}{\rho_1 \rho_2}

Comme \rho_2 / \rho_1 \ll 1, on peut approximer \rho_1^2 - \rho_2^2 \approx \rho_1^2, ce qui donne :

\frac{\rho_1^2 - \rho_2^2}{\rho_1 \rho_2} \approx \frac{\rho_1^2}{\rho_1 \rho_2} = \frac{\rho_1}{\rho_2}

On en déduit bien la condition recherchée :

\boxed{U^2 > \frac{g}{k}\frac{\rho_1}{\rho_2}}

Résultat

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Question 41

Toujours dans le cas limite d'une profondeur infinie, calculer la longueur d'onde maximale observable lorsque la vitesse du vent vaut . Proposer en conséquence dans ce cas une discussion quantitative de l'approximation de profondeur infinie.

Voir l'indice

Isoler le nombre d'onde k pour trouver \lambda_{\max} = 2\pi/k_{\min} et comparer cette longueur d'onde aux profondeurs réelles de l'océan.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur d'onde k en fonction de la longueur d'onde \lambda (k = \frac{2\pi}{\lambda}) pour traduire la condition d'instabilité établie à la question Q40 en une condition sur \lambda.
  2. En déduire l'expression littérale et la valeur numérique de la longueur d'onde maximale \lambda_{\max}.
  3. Quantifier la condition de « profondeur infinie » (kh \gg 1, soit couramment h \gtrsim \frac{\lambda}{2}) et la confronter aux profondeurs réelles rencontrées dans les océans.
Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q40, le démarrage des oscillations s'observe dès que :

U^2 > \frac{g}{k}\,\frac{\rho_1}{\rho_2}

En reliant le vecteur d'onde k à la longueur d'onde spatiale \lambda par k = \frac{2\pi}{\lambda}, cette condition devient :

U^2 > \frac{g\,\lambda}{2\pi}\,\frac{\rho_1}{\rho_2} \iff \lambda < \frac{2\pi U^2}{g}\,\frac{\rho_2}{\rho_1}

La longueur d'onde maximale observable excitée par le vent de vitesse U est donc :

\boxed{\lambda_{\max} = \frac{2\pi U^2}{g}\,\frac{\rho_2}{\rho_1}}

Application numérique :

  • U = 100\text{ km}\cdot\text{h}^{-1} = \frac{100}{3{,}6}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \approx 27{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
  • g = 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}
  • \rho_1 = 1{,}0 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}
  • \rho_2 = 1{,}2\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}
\lambda_{\max} = \frac{2\pi \times \left(\frac{100}{3{,}6}\right)^2}{9{,}8} \times \frac{1{,}2}{1{,}0 \times 10^3} \approx 0{,}59\text{ m}
\boxed{\lambda_{\max} \approx 0{,}59\text{ m} \approx 60\text{ cm}}

Discussion quantitative de l'approximation de profondeur infinie :

L'approximation de profondeur infinie consiste à considérer \tanh(kh) \to 1. Pratiquement, dès que kh \gtrsim \pi (soit \tanh(\pi) \approx 0{,}996 \approx 1), l'erreur relative commise est inférieure à 1\,\%. Cette condition s'écrit :

kh \gtrsim \pi \iff h \gtrsim \frac{\lambda}{2}

Pour les ondes les plus longues pouvant être créées par ce vent, la condition s'écrit au plus sévère :

h \gtrsim \frac{\lambda_{\max}}{2} \approx 0{,}30\text{ m}

Or, en haute mer, les profondeurs typiques sont de l'ordre de plusieurs centaines à plusieurs milliers de mètres (par exemple h \sim 1\,000\text{ m} à La Réunion d'après la figure 1). Même au large immédiat des côtes, la profondeur dépasse très largement quelques mètres.

Par conséquent, la condition h \gg \frac{\lambda_{\max}}{2} est remarquablement vérifiée en milieu marin pour le déclenchement de ces ondulations de surface : l'approximation de profondeur infinie est pleinement justifiée.

Résultat

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VI · Propagation de la houle sans vent

Question 42

Le rapport des masses volumiques vérifiant , montrer la relation de dispersion de l'onde associée à la houle sans vent s'écrit :

Voir l'indice

Poser U = 0 et négliger le rapport de densité \rho_2/\rho_1 devant l'unité dans la relation générale V.1.

Voir la stratégie
  1. Partir de la relation de dispersion générale (V.1) établie à la question Q38.
  2. Substituer les conditions d'une houle périodique sans vent : U = 0 et \underline{\omega} = \omega \in \mathbb{R}.
  3. Utiliser l'approximation \rho_2 / \rho_1 \ll 1 (air très peu dense devant l'eau) pour simplifier l'expression et isoler \omega^2.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q38, la relation de dispersion s'écrit sous la forme (V.1) :

\rho_1 \left[ \frac{(j\underline{\omega})^2}{\tanh(kh)} + kg \right] = \rho_2 \left[ kg - \big(j(\underline{\omega} - kU)\big)^2 \right]

En l'absence de vent (U = 0) et pour une onde purement périodique sans amplification ni amortissement (\omega'' = 0, soit \underline{\omega} = \omega), on a (j\underline{\omega})^2 = -\omega^2. La relation devient :

\rho_1 \left[ -\frac{\omega^2}{\tanh(kh)} + kg \right] = \rho_2 \left[ kg + \omega^2 \right]

En divisant par \rho_1, on obtient :

-\frac{\omega^2}{\tanh(kh)} + kg = \frac{\rho_2}{\rho_1} \left( kg + \omega^2 \right)

Comme la masse volumique de l'air est très inférieure à celle de l'eau (\rho_2/\rho_1 \approx 1{,}2 \times 10^{-3} \ll 1), on peut négliger le terme de droite devant les termes du membre de gauche, ce qui revient à négliger l'inertie et la pesanteur de l'air sur le mouvement de l'interface :

-\frac{\omega^2}{\tanh(kh)} + kg \approx 0

On en déduit immédiatement la relation de dispersion de la houle sans vent :

\boxed{\omega^2 = gk \tanh(kh)}

Résultat

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Question 43

On parle de houle en eau profonde lorsque . Simplifier dans ce cas la relation de dispersion précédente, puis calculer la vitesse de phase et la vitesse de groupe en fonction de et . Indiquer, en justifiant, si le phénomène de propagation est dispersif.

Voir l'indice

Prendre la limite \tanh(kh) \to 1, exprimer la pulsation \omega(k), puis calculer v_{\varphi} = \omega/k et v_{\mathrm{g}} = \mathrm{d}\omega/\mathrm{d}k.

Voir la stratégie
  1. Prendre la limite de \tanh(kh) lorsque kh \gg 1 pour simplifier la relation de dispersion obtenue à la question Q42.
  2. Déterminer la vitesse de phase v_\varphi = \dfrac{\omega}{k} et la vitesse de groupe v_g = \dfrac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}k}.
  3. Conclure sur le caractère dispersif en observant la dépendance de la vitesse de phase vis-à-vis de k (ou le fait que v_g \neq v_\varphi).
Voir le corrigé complet

Dans l'approximation de l'eau profonde (kh \gg 1), on a :

\lim_{kh \to +\infty} \tanh(kh) = 1

La relation de dispersion établie à la question Q42, \omega^2 = gk \tanh(kh), se simplifie en :

\omega^2 = gk

Comme la pulsation \omega et le nombre d'onde k sont positifs pour une onde se propageant dans le sens des x croissants, on obtient :

\boxed{\omega(k) = \sqrt{gk}}

La vitesse de phase de l'onde est définie par :

v_\varphi = \frac{\omega}{k} = \frac{\sqrt{gk}}{k}
\boxed{v_\varphi = \sqrt{\frac{g}{k}}}

La vitesse de groupe est la dérivée de la pulsation par rapport au nombre d'onde :

v_g = \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}k} = \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}k}\left(\sqrt{g}\,k^{1/2}\right) = \frac{1}{2}\sqrt{\frac{g}{k}}
\boxed{v_g = \frac{1}{2}\sqrt{\frac{g}{k}} = \frac{v_\varphi}{2}}

La vitesse de phase dépend du nombre d'onde k (ou de manière équivalente, v_g \neq v_\varphi), par conséquent :

le phénomène de propagation de la houle en eau profonde est dispersif.

Résultat

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Question 44

Justifications à l'appui, préciser si les figures 5(a) et 5(b) correspondent toutes deux à un phénomène de propagation dispersif et déterminer celle qui peut correspondre à la relation de dispersion de la houle en eau profonde.

Voir l'indice

Comparer la vitesse de propagation de la phase à celle de l'enveloppe du paquet d'ondes, et observer si les composantes de grande longueur d'onde se trouvent en tête.

Voir la stratégie
  1. Caractériser la dispersion à partir de l'évolution temporelle de la forme globale de l'enveloppe du paquet d'ondes (étalement spatial).
  2. Analyser la répartition spatiale des différentes composantes fréquentielles (longueurs d'onde) au sein du paquet d'ondes sur les figures 5(a) et 5(b).
  3. Comparer avec la dépendance en k (ou en \lambda) de la vitesse de groupe v_{\mathrm{g}} établie à la question Q43 pour identifier la figure correspondant à la houle en eau profonde.
Voir le corrigé complet

1. Caractère dispersif des deux évolutions :

Dans un milieu non dispersif, un paquet d'ondes se propage sans déformation à une vitesse unique : l'enveloppe conserve sa largeur et son amplitude maximale au cours du temps.

Sur les figures 5(a) et 5(b), on constate que :

  • l'enveloppe du paquet d'ondes s'élargit progressivement au cours du temps (étalement spatial) ;
  • l'amplitude maximale de l'oscillation diminue avec t_r.

Les différentes composantes spectrales constitutives du paquet se propagent donc à des vitesses différentes : les figures 5(a) et 5(b) correspondent toutes deux à un phénomène de propagation dispersif.

2. Identification du cas de la houle en eau profonde :

D'après le résultat de la question Q43, la vitesse de groupe de la houle en eau profonde s'écrit :

v_{\mathrm{g}} = \frac{1}{2}\sqrt{\frac{g}{k}} = \frac{1}{2}\sqrt{\frac{g\lambda}{2\pi}}

La vitesse de groupe est une fonction strictement décroissante du vecteur d'onde k, ou de façon équivalente une fonction strictement croissante de la longueur d'onde \lambda. L'énergie associée aux composantes de grande longueur d'onde (faible k) se propage donc plus rapidement que celle associée aux composantes de courte longueur d'onde (grand k).

Par conséquent, au cours de la propagation vers les x croissants, les composantes de grande longueur d'onde doivent se retrouver à l'avant du paquet (vers les grandes valeurs de x_r), tandis que les composantes de courte longueur d'onde restent à l'arrière :

  • Sur la figure 5(a), on observe à l'avant du paquet (x_r élevé) des oscillations très resserrées (courtes longueurs d'onde, k grand) et à l'arrière des oscillations plus étalées : la vitesse de groupe croît avec k.
  • Sur la figure 5(b), on observe à l'avant du paquet (x_r élevé) des oscillations très étalées (grandes longueurs d'onde, faible k) et à l'arrière des oscillations très resserrées (k grand) : la vitesse de groupe décroît avec k.
\boxed{\text{C'est la figure 5(b) qui correspond à la propagation de la houle en eau profonde.}}

Résultat

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Question 45

Au voisinage des rivages, pour des hauteurs d'eau suffisamment faibles, on peut adopter cette fois le modèle de la houle en eau peu profonde suivant la condition . Simplifier dans ce cas la relation de dispersion de la houle sans vent, puis exprimer les vitesses de phase et de groupe.

Voir l'indice

Effectuer un développement asymptotique de la tangente hyperbolique pour kh \ll 1 (\tanh(kh) \approx kh) et conclure sur le caractère dispersif.

Voir la stratégie
  1. Effectuer un développement limité de \tanh(kh) pour kh \ll 1 dans la relation de dispersion établie à la question Q42.
  2. En déduire l'expression simplifiée de la pulsation \omega(k), puis calculer la vitesse de phase v_\varphi = \frac{\omega}{k} et la vitesse de groupe v_g = \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}k}.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q42, la relation de dispersion de la houle sans vent s'écrit :

\omega^2 = gk \tanh(kh)

Au voisinage des rivages, dans l'approximation des eaux peu profondes (kh \ll 1), on a :

\tanh(kh) \underset{kh \to 0}{=} kh + \mathcal{O}\left((kh)^3\right)

En ne conservant que le premier ordre, la relation de dispersion devient :

\omega^2 \approx gk \times kh = gh\,k^2

Comme \omega > 0 et k > 0, la pulsation s'écrit linéairement en fonction de k :

\boxed{\omega = k\sqrt{gh}}

On en déduit l'expression de la vitesse de phase :

v_\varphi = \frac{\omega}{k} = \sqrt{gh}

et celle de la vitesse de groupe :

v_g = \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}k} = \sqrt{gh}

soit :

\boxed{v_\varphi = v_g = \sqrt{gh}}

Résultat

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Question 46

Compléter cette figure pour une houle en eau peu profonde en représentant le profil spatial à sachant que son centre est situé à l'abscisse réduite .

Voir l'indice

Tenir compte de l'absence de dispersion en eau peu profonde : l'enveloppe et la porteuse se translatent sans déformation ni étalement.

Voir la stratégie
  1. Rappeler les propriétés de propagation de la houle en eau peu profonde établies à la question précédente (caractère non dispersif).
  2. En déduire les caractéristiques géométriques du paquet d'ondes après propagation : conservation de la forme, de la largeur, du contenu spectral (longueur d'onde locale) et de l'amplitude.
  3. Tracer le profil sur le document réponse 6 en translatant fidèlement le paquet initial au centre x_r = 150 autour de la ligne de référence t_r = 300.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q45, la relation de dispersion en eau peu profonde s'écrit :

\omega(k) = k\sqrt{gh} \implies v_\varphi = v_g = \sqrt{gh} = \text{cte}

Le milieu est rigoureusement non dispersif : toutes les composantes spectrales du paquet d'ondes se propagent à la même célérité. De plus, les effets dissipatifs étant négligés, la propagation s'effectue sans atténuation.

Par conséquent, le paquet d'ondes se propage sans déformation :

  • L'enveloppe ne subit aucun étalement temporel ni spatial : sa largeur reste strictement identique à celle observée à t_r = 0.
  • L'amplitude maximale des oscillations est parfaitement conservée.
  • La longueur d'onde de la porteuse reste uniforme et identique à celle du paquet initial (absence totale de dispersion spatiale des composantes haute et basse fréquences).
  • L'enveloppe et les oscillations de phase avancent à la même vitesse (v_\varphi = v_g).

Le profil spatial à t_r = 300 est donc la réplique exacte par simple translation du profil donné à t_r = 0, centré en x_r = 150 et tracé autour de la ligne de base en pointillés correspondant au niveau t_r = 300 (ordonnée \eta = 3).

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VII · Réfraction de la houle par la bathymétrie

Question 47

Montrer que la vitesse de phase peut s'écrire où , fonction de sans dimension, joue le rôle d'indice de réfraction. Exprimer en fonction de et .

Voir l'indice

Définir n(h) = c_0/c en identifiant c(h) = \sqrt{gh} pour la houle en eau peu profonde.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression de la vitesse de phase en eau peu profonde établie à la question Q45.
  2. Exprimer la célérité de référence c_0 à la profondeur h_0 et mettre la célérité c sous la forme demandée pour identifier l'indice n(h).
Voir le corrigé complet

D'après la question Q45, la houle sans vent en régime d'eau peu profonde (kh \ll 1) possède une vitesse de phase indépendante de la pulsation \omega :

c = \sqrt{gh}

Pour la profondeur de référence h_0, la célérité vaut donc :

c_0 = \sqrt{gh_0}

Le rapport des vitesses s'écrit alors :

\frac{c}{c_0} = \sqrt{\frac{h}{h_0}} = \frac{1}{\sqrt{\dfrac{h_0}{h}}}

On peut donc écrire la vitesse de phase sous la forme :

\boxed{c = \frac{c_0}{n(h)}}

avec pour indice de réfraction :

\boxed{n(h) = \sqrt{\frac{h_0}{h}}}

La grandeur n(h) est bien sans dimension, et elle vaut l'unité pour h = h_0, en accord parfait avec l'énoncé.

Résultat

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Question 48

Déterminer l'expression de l'indice de réfraction pour en fonction de , et .

Voir l'indice

Remplacer l'expression affine de la profondeur h(x) = h_0 - \beta x dans la formule de l'indice optique équivalent n(h).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q47, l'indice de réfraction associé à une profondeur locale h s'écrit :

n(h) = \sqrt{\frac{h_0}{h}}.

Pour x \in \left[0 \,;\, \frac{h_0}{\beta}\right], la profondeur varie selon le profil linéaire :

h(x) = h_0 - \beta x.

En substituant cette expression dans la définition de l'indice, on obtient :

n(x) = \sqrt{\frac{h_0}{h_0 - \beta x}} = \frac{1}{\sqrt{1 - \beta\,\dfrac{x}{h_0}}}.
\boxed{n(x) = \frac{1}{\sqrt{1 - \beta\,\dfrac{x}{h_0}}}}

Résultat

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Question 49

Montrer que pour tout , l'angle vérifie l'égalité :

Voir l'indice

Appliquer la conservation de l'invariant de Snell-Descartes n(x)\sin(\theta(x)) = n(0)\sin(\theta_0) le long de la ligne de phase.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la loi de Snell-Descartes de proche en proche à travers les strates élémentaires successives perpendiculaires à l'axe Ox pour en déduire l'invariant de propagation.
  2. Évaluer cet invariant à l'abscisse x = 0 à l'aide des conditions incidentes.
  3. Remplacer l'indice n(x) par son expression obtenue à la question Q48 pour isoler \sin(\theta(x)).
Voir le corrigé complet

Considérons le milieu découpé en tranches élémentaires d'épaisseur \mathrm{d}x, invariantes selon Oy. Chaque interface entre deux tranches successives est un plan vertical parallèle à (Oy) de normale \vec{u}_x.

D'après la loi de Snell-Descartes pour la réfraction de la houle énoncée par le texte :

n(x - \mathrm{d}x)\,\sin(\theta(x - \mathrm{d}x)) = n(x)\,\sin(\theta(x))

Par continuité et récurrence de proche en proche à travers toutes les tranches, la quantité n(x)\sin(\theta(x)) est un invariant de la trajectoire :

n(x)\,\sin(\theta(x)) = \text{cte}

En x = 0, l'onde incidente issue du domaine x \le 0 possède un angle d'incidence \theta_0 et se propage dans un milieu d'indice n_0 = n(h_0) = 1. L'invariant vaut donc :

n(x)\,\sin(\theta(x)) = n(0)\,\sin(\theta_0) = \sin(\theta_0)

D'où :

\sin(\theta(x)) = \frac{\sin(\theta_0)}{n(x)}

En utilisant l'expression de l'indice n(x) établie à la question Q48, n(x) = \dfrac{1}{\sqrt{1 - \beta \frac{x}{h_0}}}, on obtient bien pour tout x \in \left[0 ; \frac{h_0}{\beta}\right] :

\boxed{\sin(\theta(x)) = \sin(\theta_0)\,\sqrt{1 - \beta\,\frac{x}{h_0}}}

Résultat

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Question 50

Montrer que la position de la trajectoire de l'onde réfractée passant par le point de coordonnées s'obtient à partir de la résolution d'une relation de la forme où est une fonction à exprimer en fonction de , , et .

Voir l'indice

Relier la pente géométrique locale de la trajectoire du rayon \mathrm{d}y/\mathrm{d}x à l'angle \theta(x) par la relation trigonométrique \tan(\theta(x)).

Voir la stratégie
  1. Relier géométriquement la pente locale \frac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}x} de la trajectoire de l'onde à l'angle \theta(x) formé par le rayon avec l'axe (Ox).
  2. Exprimer \tan(\theta(x)) en fonction de \sin(\theta(x)).
  3. Injecter l'expression de \sin(\theta(x)) issue de la loi de Snell-Descartes établie à la question Q49 pour identifier la fonction f(x).
Voir le corrigé complet

Considérons un déplacement élémentaire \mathrm{d}\vec{r} = \mathrm{d}x\,\vec{u}_x + \mathrm{d}y\,\vec{u}_y le long de la trajectoire de l'onde (ligne de champ du vecteur d'onde \vec{k}).

D'après la figure 8, l'angle \theta(x) est l'angle que fait la tangente à la trajectoire avec l'axe (Ox) (qui est la normale aux lignes d'isoprofondeur x = \text{cte}). La pente locale de la trajectoire s'écrit donc :

\frac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}x}(x) = \tan(\theta(x))

Pour \theta(x) \in \left[0\,; \frac{\pi}{2}\right[, on a \cos(\theta(x)) = \sqrt{1 - \sin^2(\theta(x))} > 0, d'où :

\tan(\theta(x)) = \frac{\sin(\theta(x))}{\sqrt{1 - \sin^2(\theta(x))}}

D'après la relation établie à la question Q49 :

\sin(\theta(x)) = \sin(\theta_0)\sqrt{1 - \beta\frac{x}{h_0}}

En substituant cette expression, il vient :

\sin^2(\theta(x)) = \sin^2(\theta_0)\left(1 - \beta\frac{x}{h_0}\right)

et la relation différentielle vérifiée par y(x) s'écrit :

\frac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}x}(x) = f(x)

avec :

\boxed{f(x) = \frac{\sin(\theta_0)\sqrt{1 - \beta\dfrac{x}{h_0}}}{\sqrt{1 - \sin^2(\theta_0)\left(1 - \beta\dfrac{x}{h_0}\right)}}}

La trajectoire y(x) passant par le point M_0(0,0) s'obtient alors par simple quadrature :

y(x) = \int_0^x f(u)\,\mathrm{d}u

Résultat

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Question 51

Expliciter une relation de récurrence entre et faisant intervenir notamment le pas et la fonction , puis compléter les lignes 13 et 22 du programme Python du document réponse 7 en conséquence.

Voir l'indice

Appliquer la méthode d'Euler explicite y_{n+1} = y_n + p\,f(x_n) et définir la fonction mathématique Python renvoyant \tan(\theta(x)).

Voir la stratégie
  1. Discrétiser la dérivée \dfrac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}x}(x_n) = f(x_n) par la méthode d'Euler explicite au pas p pour relier y_{n+1} à y_n.
  2. Compléter la fonction Python f(x) à l'aide de l'expression établie à la question Q50 en utilisant les fonctions du module math (mt).
  3. Compléter l'affectation de y dans la boucle de résolution numérique.
Voir le corrigé complet

1. Relation de récurrence

D'après la question Q50, la trajectoire vérifie l'équation différentielle :

\frac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}x}(x) = f(x)

En approchant la dérivée en x_n par un taux d'accroissement fini entre x_n et x_{n+1} = x_n + p selon la méthode d'Euler explicite, on écrit :

\frac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}x}(x_n) \approx \frac{y(x_{n+1}) - y(x_n)}{p} = f(x_n)

En notant y_n \approx y(x_n) et y_{n+1} \approx y(x_{n+1}), on obtient la relation de récurrence :

\boxed{y_{n+1} = y_n + p \, f(x_n)}

2. Complétion du programme Python (Document réponse 7)

Remarque sur la numérotation : Dans le document réponse 7 imprimé, les encarts à compléter correspondent à la ligne 12 (corps de la fonction f) et à la ligne 20 (calcul de y dans la boucle), désignées dans l'énoncé comme les lignes 13 et 22 en raison d'un léger décalage d'indexation.

  • Ligne 12 (ou 13) : la fonction f(x) s'exprime (d'après Q50) par :

    f(x) = \frac{\sin\theta_0 \sqrt{1 - \beta\,\dfrac{x}{h_0}}}{\sqrt{1 - \sin^2\theta_0 \left(1 - \beta\,\dfrac{x}{h_0}\right)}}

    ce qui se traduit en Python par :

    return mt.sin(theta0) * mt.sqrt(1 - beta * x / h0) / mt.sqrt(1 - (mt.sin(theta0))**2 * (1 - beta * x / h0))

    Autre formulation équivalente :

    return mt.tan(mt.asin(mt.sin(theta0) * mt.sqrt(1 - beta * x / h0)))
  • Ligne 20 (ou 22) : dans la boucle for n in range(N):, les listes contiennent les valeurs calculées jusqu'à l'indice n, soit x_n = \texttt{X[n]} et y_n = \texttt{Y[n]}. L'ordonnée au pas suivant est donc :

    y = Y[n] + p * f(X[n])

Résultat

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Question 52

Compléter soigneusement le document réponse 8 de sorte à y faire apparaître quelques courbes équiphases correspondant à la crête d'une vague pour divers instants. Commenter l'évolution de ces courbes équiphases au cours de l'approche du rivage en relation avec les courbes d'iso-profondeur (ou courbes isobathes), ainsi qu'avec la figure 6.

Voir l'indice

Tracer les lignes de crête orthogonales aux rayons de propagation et commenter leur tendance à s'aligner parallèlement aux courbes isobathes près du rivage.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la relation géométrique entre les lignes de champ du vecteur d'onde (les rayons ou trajectoires de la houle) et les surfaces équiphases (fronts d'onde ou crêtes des vagues) : elles sont localement orthogonales.
  2. Analyser l'orientation des courbes d'iso-profondeur (isobathes) et l'évolution de l'angle d'incidence \theta(x) pour en déduire l'orientation limite des crêtes près du rivage.
  3. Interpréter l'espacement entre deux crêtes successives (longueur d'onde) à l'approche de la côte et faire le lien qualitatif avec la photographie de la figure 6.
Voir le corrigé complet

1. Tracé sur le document réponse 8

  • Orthogonalité : les rayons de houle (dont la trajectoire y(x) tracée est une ligne de champ de \vec{k}) sont partout orthogonaux aux surfaces d'onde (courbes équiphases ou crêtes de vagues). En tout point (x, y(x)) de la trajectoire, la tangente à la crête est perpendiculaire à la tangente à la trajectoire.
  • Orientation : la pente de la trajectoire est \dfrac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}x} = \tan \theta(x). La pente de la crête vaut donc -\dfrac{1}{\tan \theta(x)} = -\operatorname{cotan}\theta(x).

    • En x = 0, \theta_0 = 72^\circ, la crête est inclinée d'un angle de 18^\circ par rapport à la verticale (pente modérée négative \approx -0{,}32).
    • Lorsque x \to \dfrac{h_0}{\beta} = 200\text{ m}, \theta(x) \to 0 : la trajectoire devient horizontale (\dfrac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}x} \to 0) et la crête devient verticale (\dfrac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}x} \to -\infty).
  • Espacement des crêtes : la période temporelle T étant conservée en régime stationnaire, la longueur d'onde locale s'écrit \lambda(x) = c(x)\, T = \sqrt{gh(x)}\, T. La profondeur h(x) diminuant à l'approche de la côte, la célérité c(x) diminue, ce qui entraîne un resserrement progressif des crêtes successives (\lambda diminue).

2. Commentaires physiques

  • Relation avec les isobathes : La profondeur h(x) = h_0 - \beta x ne dépend que de x. Les courbes d'iso-profondeur (isobathes), ainsi que le rivage situé en x = h_0/\beta = 200\text{ m}, sont donc des droites parallèles à l'axe (Oy). À l'approche du rivage, la diminution de profondeur entraîne un ralentissement de l'onde (c = \sqrt{gh} diminue). D'après la loi de Snell-Descartes bathymétrique, les rayons se courbent vers la normale aux isobathes (\theta(x) \to 0). Par orthogonalité, les crêtes de vagues tournent et tendent à devenir parallèles aux isobathes et à la ligne de côte.
  • Lien avec la figure 6 (Bahía San Juanico) : Sur la photographie, on observe exactement ce phénomène spectaculaire : bien que la houle du large arrive avec une incidence fortement oblique, la réfraction par les hauts-fonds fait pivoter les crêtes successives jusqu'à ce qu'elles viennent épouser la forme de la baie et déferler parallèlement au rivage.
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