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Corrigé détaillé Centrale Physique 1 PC 2025 (page 2/2 : Partie A (questions 19 à 21) et partie B)

Vitesses mécaniques et célérités des ondes

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Partie Partie A : Mécanique et célérité de la lumière (suite)

III.3 · Le modèle relativiste pour les ondes lumineuses dans l'eau

Question 19

Écrire et commenter l'expression de en fonction de et . Que devient la loi d'addition relativiste si ? Commenter.

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Inverser la loi d'addition des vitesses en échangeant les rôles des référentiels (ce qui revient à changer le signe de v_e), puis injecter v_{M/\mathcal{R}} = \pm c_0 pour vérifier l'invariance de la vitesse de la lumière.

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Partons de la loi de composition relativiste des vitesses donnée par l'énoncé :

v_{M/\mathcal{R}} = \frac{v_e + v_{M/\mathcal{R}'}}{1 + \dfrac{v_e v_{M/\mathcal{R}'}}{c_0^2}}

En multipliant par le dénominateur, il vient :

\begin{aligned} v_{M/\mathcal{R}} \left( 1 + \frac{v_e v_{M/\mathcal{R}'}}{c_0^2} \right) &= v_e + v_{M/\mathcal{R}'} \\ v_{M/\mathcal{R}} - v_e &= v_{M/\mathcal{R}'} \left( 1 - \frac{v_e v_{M/\mathcal{R}}}{c_0^2} \right) \end{aligned}

D'où l'expression de la vitesse relative v_{M/\mathcal{R}'} :

\boxed{v_{M/\mathcal{R}'} = \frac{v_{M/\mathcal{R}} - v_e}{1 - \dfrac{v_e v_{M/\mathcal{R}}}{c_0^2}}}

Commentaires sur cette expression :

  • Principe de relativité : la vitesse de \mathcal{R} par rapport à \mathcal{R}' étant -v_e, cette relation s'obtient directement à partir de la formule initiale en échangeant les rôles de \mathcal{R} et \mathcal{R}' et en substituant -v_e à v_e, ce qui assure la parfaite réciprocité entre les référentiels galiléens.
  • Limite classique : à la limite non relativiste (|v_e| \ll c_0 et |v_{M/\mathcal{R}}| \ll c_0), le terme correctif au dénominateur devient négligeable devant 1, et l'on retrouve la loi d'addition galiléenne classique v_{M/\mathcal{R}'} \simeq v_{M/\mathcal{R}} - v_e.

Cas où v_{M/\mathcal{R}} = \pm c_0 : Injectons v_{M/\mathcal{R}} = \pm c_0 dans la formule établie :

v_{M/\mathcal{R}'} = \frac{\pm c_0 - v_e}{1 - \dfrac{v_e (\pm c_0)}{c_0^2}} = \frac{\pm c_0 - v_e}{1 \mp \dfrac{v_e}{c_0}} = \frac{\pm c_0 \left(1 \mp \dfrac{v_e}{c_0}\right)}{1 \mp \dfrac{v_e}{c_0}} = \pm c_0

De même, dans la loi directe d'addition, si v_{M/\mathcal{R}'} = \pm c_0, on obtient :

v_{M/\mathcal{R}} = \frac{v_e \pm c_0}{1 + \dfrac{\pm v_e c_0}{c_0^2}} = \frac{\pm c_0 \left(1 \pm \dfrac{v_e}{c_0}\right)}{1 \pm \dfrac{v_e}{c_0}} = \pm c_0

On a donc dans les deux cas :

\boxed{v_{M/\mathcal{R}} = \pm c_0 \iff v_{M/\mathcal{R}'} = \pm c_0}

Commentaire : Ce résultat traduit le postulat fondamental de la relativité restreinte formulé par Einstein : la célérité de la lumière dans le vide c_0 est une constante universelle invariante par changement de référentiel galiléen. Elle est totalement indépendante du mouvement de la source et de celui de l'observateur.

Résultat

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Question 20

On considère maintenant que tandis que avec . Déterminer les vitesses et correspondantes dans .

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Appliquer la loi d'addition relativiste pour v_{M/\mathcal{R}'} = c_0/n et v_e = \pm v, puis réaliser un développement limité au premier ordre par rapport au petit paramètre v/c_0.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la formule d'addition relativiste des vitesses admise au début de la sous-partie III.3 pour chacun des deux tubes : v_e = +v pour le tube 1 et v_e = -v pour le tube 2.
  2. Effectuer un développement limité au premier ordre en v/c_0 permis par l'hypothèse v \ll c_0.
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D'après la loi de composition relativiste des vitesses, pour une vitesse dans le référentiel de l'eau v_{M/\mathcal{R}'} = \frac{c_0}{n} et une vitesse d'entraînement v_e :

v_{M/\mathcal{R}} = \frac{v_e + \dfrac{c_0}{n}}{1 + \dfrac{v_e c_0 / n}{c_0^2}} = \frac{\dfrac{c_0}{n} + v_e}{1 + \dfrac{v_e}{n c_0}}

Tube 1 : entraînement dans le sens de la propagation (v_e = +v) La vitesse c_1 de la lumière dans le laboratoire s'écrit de manière exacte :

c_1 = \frac{\dfrac{c_0}{n} + v}{1 + \dfrac{v}{n c_0}}

Puisque v \ll c_0, effectuons un développement limité au premier ordre en v/c_0 en utilisant (1 + \varepsilon)^{-1} \simeq 1 - \varepsilon :

\begin{aligned} c_1 &\simeq \left(\frac{c_0}{n} + v\right)\left(1 - \frac{v}{n c_0}\right) \\ &\simeq \frac{c_0}{n} + v - \frac{v}{n^2} + \mathcal{O}\left(\frac{v^2}{c_0}\right) \end{aligned}

Soit :

\boxed{c_1 \simeq \frac{c_0}{n} + v\left(1 - \frac{1}{n^2}\right)}

Tube 2 : entraînement en sens opposé à la propagation (v_e = -v) De même, pour le tube 2 où v_e = -v :

c_2 = \frac{\dfrac{c_0}{n} - v}{1 - \dfrac{v}{n c_0}}

Au premier ordre en v/c_0 :

\begin{aligned} c_2 &\simeq \left(\frac{c_0}{n} - v\right)\left(1 + \frac{v}{n c_0}\right) \\ &\simeq \frac{c_0}{n} - v + \frac{v}{n^2} + \mathcal{O}\left(\frac{v^2}{c_0}\right) \end{aligned}

Soit :

\boxed{c_2 \simeq \frac{c_0}{n} - v\left(1 - \frac{1}{n^2}\right)}

Résultat

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Question 21

En déduire les expressions de et . Est-il possible, dans l'expérience de Fizeau, de distinguer le modèle relativiste du modèle d'entraînement partiel de Fresnel ?

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Former \Delta c = c_1 - c_2 au premier ordre en v/c_0 à partir des vitesses obtenues en Q20 et comparer le coefficient devant v à la formule d'entraînement de Fresnel.

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À partir des célérités obtenues à la question Q20 :

c_1 \simeq \frac{c_0}{n} + v\left(1 - \frac{1}{n^2}\right) \quad \text{et} \quad c_2 \simeq \frac{c_0}{n} - v\left(1 - \frac{1}{n^2}\right),

on calcule directement la différence de célérité :

\Delta c = c_1 - c_2 = 2v\left(1 - \frac{1}{n^2}\right)

et la célérité moyenne au premier ordre en v/c_0 :

c_m \simeq \frac{c_1 + c_2}{2} = \frac{c_0}{n}.
\boxed{\Delta c = 2v\left(1 - \frac{1}{n^2}\right) \quad \text{et} \quad c_m \simeq \frac{c_0}{n}}

Ces grandeurs sont rigoureusement identiques à celles admises pour le modèle d'entraînement partiel de Fresnel introduit au début de la sous-partie III.1.

L'expérience de Fizeau mesurant le déphasage \Delta \varphi \propto \frac{\Delta c}{c_m^2}, le déplacement de franges obtenu est exactement le même dans les deux théories au premier ordre en v/c_0. Il est donc impossible, dans le cadre de cette expérience, de distinguer le modèle relativiste du modèle de Fresnel.

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Partie Partie B : Mécanique et célérité des ondes acoustiques

I · Le chant des dunes

Question 22

Rappeler la relation liant la fréquence fondamentale d'oscillation d'une corde vibrante fixée aux deux extrémités d'une cavité de longueur en fonction de la célérité de l'onde. Sachant que la célérité des ondes acoustiques dans un solide (comme le sable) est nettement supérieure à sa célérité dans l'air ( à ), que penser de ce premier modèle ?

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Utiliser la formule fondamentale des modes propres stationnaires f_1 = c_a/(2d), calculer l'ordre de grandeur de f_1 pour d \sim 100\ \mu\text{m} et c_a \sim 10^3\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1}, puis comparer aux fréquences audibles mesurées.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition de résonance pour un mode fondamental confiné entre deux extrémités fixes distantes de d, ce qui fixe la longueur d'onde puis la fréquence fondamentale f_1.
  2. Évaluer numériquement l'ordre de grandeur de f_1 prédit par ce modèle avec les dimensions micrométriques des grains de sable de la table 2 et la minoration de la célérité c_a.
  3. Conclure sur la pertinence du modèle en comparant la prédiction aux fréquences audibles mesurées expérimentalement (f \sim 100\text{ Hz}).
Voir le corrigé complet

Pour une onde stationnaire unidimensionnelle de célérité c_a confinée dans une cavité de longueur d avec des conditions aux limites de type « extrémités fixes » (nœuds aux deux extrémités), la longueur de la cavité est un multiple entier de demi-longueurs d'onde :

d = n \frac{\lambda_n}{2} = n \frac{c_a}{2f_n} \quad (n \in \mathbb{N}^*)

La fréquence fondamentale (n = 1) est donc donnée par :

\boxed{f_1 = \frac{c_a}{2d}}

D'après le tableau 2, les diamètres moyens des grains de sable sont de l'ordre de d \sim 150\text{ à } 200\ \mu\text{m}. En prenant pour la célérité dans le solide la borne inférieure fournie par l'air, c_a > 350\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (dans la silice solide, c_a est même de l'ordre de plusieurs milliers de mètres par seconde), on obtient :

f_1 > \frac{350}{2 \times 200 \cdot 10^{-6}} \simeq 8{,}8 \cdot 10^5\text{ Hz} \sim 1\text{ MHz}

Ce modèle de résonance acoustique interne prédit ainsi une fréquence dans le domaine des ultrasons (de l'ordre du mégahertz), alors que les fréquences mesurées pour le chant des dunes sont situées dans le domaine audible, entre 60\text{ Hz} et 100\text{ Hz} selon le tableau 2 (et jusqu'à 1\text{ kHz} pour les plages).

L'écart d'environ quatre ordres de grandeur (10^4) conduit à rejeter totalement ce premier modèle : le chant des dunes ne peut pas provenir d'une résonance acoustique à l'échelle individuelle des grains de sable.

Résultat

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Question 23

Exprimer en fonction de , , et l'énergie potentielle de pesanteur du grain mobile. Montrer qu'il existe une valeur minimale de qui empêche la position initiale de former un équilibre stable.

Voir l'indice

Repérer l'altitude du centre de gravité de la bille par z(\theta) = -d\cos\theta le long de la pente inclinée d'un angle \alpha, et déterminer la condition d'annulation et de signe de la dérivée première de l'énergie potentielle.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'altitude z du centre d'inertie G du grain mobile en fonction de d et de l'angle \theta repéré par rapport à la verticale ascendante pour en déduire son énergie potentielle de pesanteur.
  2. Déterminer l'angle initial \theta_i associé à la position G_i dans le creux formé par deux grains contigus de la couche inférieure compacte.
  3. Établir la condition sur \alpha pour laquelle la composante du poids selon le mouvement devient motrice vers l'aval, empêchant l'équilibre stable.
Voir le corrigé complet

Le grain mobile, sphérique de diamètre d, glisse sans frottement sur la bille fixe de centre O et de même diamètre d. La distance entre le centre O et le barycentre G du grain mobile est donc constante et vaut :

OG = \frac{d}{2} + \frac{d}{2} = d

D'après la figure 5, l'angle polaire \theta repère la direction \vec{OG} par rapport à l'axe vertical ascendant (Oz). L'altitude du point G est donc :

z(\theta) = d \cos\theta

En choisissant la référence d'énergie potentielle nulle au niveau du centre O (z = 0), l'énergie potentielle de pesanteur du grain s'écrit :

\boxed{E_{pp}(\theta) = m g d \cos\theta}

Déterminons à présent l'angle \theta_i correspondant à la position initiale G_i. Les sphères identiques de la couche inférieure sont au contact les unes des autres le long d'un plan incliné d'un angle \alpha sous l'horizontale. La normale à cette couche, orientée vers le haut, fait donc un angle \alpha avec la verticale ascendante (Oz).

Dans un empilement compact, le centre G_i du grain supérieur et les centres des deux grains inférieurs sur lesquels il repose forment un triangle équilatéral de côté d. La direction joignant le centre O à la position initiale G_i est donc inclinée d'un angle de \pi/6 (30^\circ) vers l'amont par rapport à la normale à la couche. L'angle polaire initial de G par rapport à la verticale ascendante (Oz) vaut donc :

\theta_i = \alpha - \frac{\pi}{6}

La force exercée par la pesanteur le long de la trajectoire circulaire de rayon d s'obtient par dérivation du potentiel :

F_\theta = -\frac{1}{d}\frac{\mathrm{d}E_{pp}}{\mathrm{d}\theta} = m g \sin\theta
  • Si \theta_i < 0 (soit \alpha < \pi/6), la position initiale est située en amont du sommet de la sphère de centre O (\theta = 0). La force de pesanteur tend à ramener le grain vers l'amont (F_\theta < 0), ce qui le maintient en appui contre le grain amont : la position G_i constitue alors un équilibre stable.
  • Si \theta_i > 0 (soit \alpha > \pi/6), le grain G_i se situe au-delà du sommet de la sphère fixe. La composante du poids devient immédiatement motrice vers l'avant (F_\theta > 0) et le grain s'échappe spontanément du creux vers l'aval sans apport d'énergie extérieur : l'équilibre n'est plus possible.

Il existe donc une valeur minimale d'inclinaison qui interdit l'équilibre stable en G_i :

\boxed{\alpha_\text{min} = \frac{\pi}{6} = 30^\circ}

Résultat

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Question 24

On ne suppose pas forcément que mais, sous l'influence par exemple du vent, le grain étudié débute en un mouvement de translation circulaire de centre avec la vitesse . En l'absence de tout frottement, déterminer sa vitesse lorsque le centre du grain parvient en en fonction de , , et . On pourra remarquer que .

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Appliquer le théorème de l'énergie mécanique entre la position G_i et la position G_f le long de la calotte sphérique, et utiliser la relation trigonométrique suggérée pour simplifier la différence d'altitude.

Voir la stratégie
  1. Identifier les angles polaires \theta_i et \theta_f correspondant aux positions G_i et G_f à partir de la géométrie de l'empilement compact.
  2. Appliquer le théorème de l'énergie mécanique (ou le théorème de l'énergie cinétique) entre G_i et G_f pour ce mouvement sans frottement.
  3. Utiliser la relation trigonométrique fournie par l'énoncé pour exprimer la variation d'altitude et en déduire v_f.
Voir le corrigé complet

Dans l'empilement compact considéré, les centres de trois sphères en contact mutuel forment un triangle équilatéral de côté d. La normale à la ligne de pente (inclinée de \alpha par rapport à l'horizontale) fait un angle \alpha avec la verticale descendante, ou encore la normale ascendante fait un angle \alpha avec l'axe vertical ascendant (Oz).

Les positions initiale G_i et finale G_f sont situées de part et d'autre de cette normale à des angles de \pm \frac{\pi}{6} (puisque chaque côté du triangle équilatéral fait un angle de 30^\circ = \frac{\pi}{6} avec la hauteur issue de O). On a ainsi :

\theta_i = \alpha - \frac{\pi}{6} \quad \text{et} \quad \theta_f = \alpha + \frac{\pi}{6}

Le grain de masse m est en translation circulaire de rayon d autour de O. En l'absence de frottement, la réaction de contact exercée par la sphère support est purement normale à la trajectoire et ne travaille pas. Le système est donc conservatif et l'énergie mécanique se conserve :

E_m(G_i) = E_m(G_f) \iff \frac{1}{2} m v_i^2 + E_{pp}(\theta_i) = \frac{1}{2} m v_f^2 + E_{pp}(\theta_f)

D'après le résultat de la question précédente, E_{pp}(\theta) = mgd \cos\theta, d'où :

\frac{1}{2} m (v_f^2 - v_i^2) = mgd (\cos\theta_i - \cos\theta_f)

En posant a = \alpha et b = \frac{\pi}{6}, la relation trigonométrique de l'énoncé s'écrit :

\cos\theta_f - \cos\theta_i = \cos\left(\alpha + \frac{\pi}{6}\right) - \cos\left(\alpha - \frac{\pi}{6}\right) = -2\sin\alpha \sin\frac{\pi}{6} = -\sin\alpha

soit :

\cos\theta_i - \cos\theta_f = \sin\alpha

On en déduit :

v_f^2 - v_i^2 = 2 g d \sin\alpha

Le grain se déplaçant dans le sens de la descente (v_f > 0), on obtient :

\boxed{v_f = \sqrt{v_i^2 + 2 g d \sin\alpha}}

Résultat

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Question 25

Avant de recommencer à tourner autour du grain suivant, l'arrivée en se traduit par un choc avec dissipation d'une fraction de l'énergie cinétique ; ainsi la translation circulaire suivante recommence avec . Expliciter en fonction de , , , et et en déduire que la vitesse d'un grain tend vers une limite telle que où on exprimera la grandeur en fonction de et .

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Exprimer la relation liant la vitesse initiale du (n+1)-ième saut à celle du n-ième saut, reconnaître une suite arithmético-géométrique pour le carré de la vitesse et trouver sa valeur de convergence.

Voir la stratégie
  1. Exprimer {v'_i}^2 en injectant l'expression de v_f^2 issue de la question précédente (Q24).
  2. Identifier la relation de récurrence arithmético-géométrique régissant la suite des vitesses initiales au carré à chaque pas, et utiliser le résultat fourni dans le formulaire pour déterminer sa limite.
  3. Identifier le coefficient \kappa par identification avec la forme v_\text{lim}^2 = \kappa g d.
Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q24, la vitesse en fin de course s'écrit :

v_f^2 = v_i^2 + 2gd\sin\alpha

L'énoncé indique que lors du choc en G_f, une fraction \epsilon de l'énergie cinétique est dissipée, si bien que le pas suivant débute avec une vitesse v'_i telle que :

{v'_i}^2 = (1 - \epsilon) v_f^2

En substituant v_f^2, on obtient directement :

\boxed{{v'_i}^2 = (1 - \epsilon) v_i^2 + 2(1 - \epsilon)gd\sin\alpha}

Notons u_n = (v_{i,n})^2 le carré de la vitesse au début du franchissement du n-ième grain de la couche inférieure. La suite (u_n)_{n\in\mathbb{N}} vérifie la relation de récurrence arithmético-géométrique :

u_{n+1} = a\, u_n + b

avec :

a = 1 - \epsilon \quad \text{et} \quad b = 2(1 - \epsilon)gd\sin\alpha

Puisqu'une fraction strictement positive de l'énergie cinétique est dissipée à chaque choc, on a \epsilon \in ]0, 1[, d'où |a| < 1. D'après le formulaire fourni en annexe, la suite converge vers une limite indépendante de la valeur initiale :

u_\infty = \frac{b}{1 - a} = \frac{2(1 - \epsilon)gd\sin\alpha}{1 - (1 - \epsilon)} = \frac{2(1 - \epsilon)\sin\alpha}{\epsilon}\, gd

Ainsi, la vitesse initiale d'un grain tend vers une valeur limite v_\text{lim} = \sqrt{u_\infty} telle que v_\text{lim}^2 = \kappa gd, avec :

\boxed{\kappa = \frac{2(1 - \epsilon)\sin\alpha}{\epsilon}}

Comme \alpha \in \left]0, \frac{\pi}{2}\right[ et \epsilon \in ]0, 1[, on a bien \kappa > 0.

Résultat

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Question 26

Expliciter la fréquence de l'émission sonore par l'avalanche des chocs des grains de sable. Les données de la table 2 sont elles compatibles avec ce modèle ? Si oui, estimer la constante . Selon vous, ce modèle reste-il pertinent dans le cas du chant des plages ?

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Écrire la fréquence des chocs successifs sous la forme f = v_\mathrm{lim}/d, vérifier si la relation prédit une dépendance en 1/\sqrt{d}, et ajuster numériquement le coefficient \kappa sur les données du tableau.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la durée \tau séparant deux chocs successifs à partir de la distance parcourue par le grain entre G_i et G_f et de la vitesse stationnaire v = \sqrt{\kappa g d}, puis en déduire la fréquence f = 1/\tau.
  2. Évaluer le produit f\sqrt{d} (ou la quantité f^2 d) pour les données du tableau 2 afin de tester la loi d'échelle f \propto d^{-1/2} et en déduire la valeur numérique de \kappa.
  3. Calculer le diamètre théorique des grains correspondant à une fréquence de 1\text{ kHz} (chant des plages) et comparer à la granulométrie réelle du sable de plage pour conclure sur la pertinence du modèle.
Voir le corrigé complet

1. Fréquence d'émission sonore

Lors de chaque étape élémentaire, le centre de masse du grain passe de la position G_i à G_f en décrivant un arc de cercle de rayon d et d'angle au centre :

\Delta\theta = \theta_f - \theta_i = \left(\alpha + \frac{\pi}{6}\right) - \left(\alpha - \frac{\pi}{6}\right) = \frac{\pi}{3}

La longueur de la trajectoire curviligne parcourue entre deux chocs consécutifs vaut ainsi \ell = d\,\Delta\theta = \frac{\pi}{3}d \simeq 1{,}05\,d. On peut également considérer, à l'échelle du réseau régulier sous-jacent, le pas spatial séparant deux cavités successives, qui vaut \ell = d. Les deux choix étant numériquement très proches (écart de 5\%), nous adoptons ici la longueur du pas spatial \ell = d (ou \ell = \frac{\pi}{3}d).

Le mouvement s'effectuant à la vitesse moyenne constante v = \sqrt{\kappa g d}, l'intervalle de temps séparant deux chocs successifs est \tau = \frac{\ell}{v}. La fréquence f des chocs (donc du son émis) s'écrit :

\boxed{f = \frac{v}{d} = \sqrt{\frac{\kappa g}{d}}}

(En retenant la trajectoire curviligne \ell = \frac{\pi}{3}d, on obtiendrait f = \frac{3}{\pi}\sqrt{\frac{\kappa g}{d}}.)

2. Confrontation avec les données du tableau 2

D'après le modèle, le produit f\sqrt{d} = \sqrt{\kappa g} doit être une constante indépendante du site. Calculons ce produit pour chacune des cinq dunes du tableau 2 :

  • Al Wagan : f\sqrt{d} = 80 \times \sqrt{200\cdot 10^{-6}} \simeq 1{,}13\text{ Hz}\cdot\text{m}^{1/2} ;
  • Dumont : f\sqrt{d} = 83 \times \sqrt{174\cdot 10^{-6}} \simeq 1{,}10\text{ Hz}\cdot\text{m}^{1/2} ;
  • Eureka : f\sqrt{d} = 90 \times \sqrt{165\cdot 10^{-6}} \simeq 1{,}16\text{ Hz}\cdot\text{m}^{1/2} ;
  • Mar de dunas : f\sqrt{d} = 97 \times \sqrt{168\cdot 10^{-6}} \simeq 1{,}26\text{ Hz}\cdot\text{m}^{1/2} ;
  • Omega 1 : f\sqrt{d} = 100 \times \sqrt{155\cdot 10^{-6}} \simeq 1{,}24\text{ Hz}\cdot\text{m}^{1/2}.

On constate que lorsque le diamètre d diminue de 200\,\mu\text{m} à 155\,\mu\text{m}, la fréquence f augmente de 80\text{ Hz} à 100\text{ Hz}. La valeur de f\sqrt{d} est quasiment constante :

\langle f\sqrt{d} \rangle \simeq 1{,}18\text{ Hz}\cdot\text{m}^{1/2}

avec des fluctuations inférieures à 7\%, largement compatibles avec les incertitudes de mesure sur le diamètre des grains (\pm 20 à \pm 70\,\mu\text{m}). Les données expérimentales sont donc tout à fait compatibles avec ce modèle.

3. Estimation de la constante \kappa

De la relation f\sqrt{d} = \sqrt{\kappa g}, on tire :

\kappa = \frac{f^2 d}{g} = \frac{\langle f\sqrt{d} \rangle^2}{g}

Avec g = 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} :

\boxed{\kappa \simeq \frac{(1{,}18)^2}{9{,}8} \simeq 0{,}14}

(Si l'on retient \ell = \frac{\pi}{3}d, on obtient \kappa = \frac{\pi^2}{9}\frac{f^2 d}{g} \simeq 0{,}15, ce qui ne modifie pas l'ordre de grandeur.)

4. Pertinence dans le cas du chant des plages

Pour le chant des plages, la fréquence observée atteint f \sim 1\text{ kHz} = 10^3\text{ Hz}. Si ce modèle s'appliquait, le diamètre des grains correspondant serait :

d = \frac{\kappa g}{f^2} \simeq \frac{0{,}14 \times 9{,}8}{(10^3)^2} \simeq 1{,}4\cdot 10^{-6}\text{ m} \simeq 1{,}4\,\mu\text{m}

Or, les grains de sable d'une plage ont une granulométrie typique comprise entre 100\,\mu\text{m} et 500\,\mu\text{m} ; une taille de l'ordre du micromètre correspond à des argiles ou des poussières très fines, incompatibles avec du sable.

Par conséquent, ce modèle d'avalanche gravitaire n'est pas pertinent pour rendre compte du chant des plages (le phénomène des « sables chantants » ou « sifflants » sur les plages résulte d'autres mécanismes physiques, tels que le cisaillement forcé sous les pas ou la friction inter-granulaire de grains de silice très réguliers).

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II · Propagation des ondes acoustiques et entraînement par l'eau

Question 27

En déduire l'expression de puis une forme simplifiée de l'équation de Navier–Stokes.

Voir l'indice

Considérer l'état de repos hydrostatique (\vec{v} = \vec{0}) pour déterminer \frac{\mathrm{d}p_\mathrm{st}}{\mathrm{d}z}, puis soustraire cette contribution de pesanteur à l'équation de Navier-Stokes complète.

Voir la stratégie
  1. Appliquer l'équation de Navier–Stokes au fluide dans son état non perturbé (en l'absence d'onde acoustique), où la vitesse \vec{v}_0 = v_0 \vec{u}_x est uniforme et stationnaire, pour en déduire le gradient vertical de pression hydrostatique \mathrm{d}p_{\text{st}}/\mathrm{d}z.
  2. Réécrire Navier–Stokes avec la décomposition en état moyen et fluctuation acoustique, retrancher l'équilibre de référence, et comparer les ordres de grandeur pour éliminer le terme de pesanteur associé à la fluctuation de masse volumique.
Voir le corrigé complet

1. Expression du gradient de pression statique

En l'absence d'onde sonore, le fluide possède une vitesse \vec{v}_0 = v_0 \vec{u}_x uniforme et constante dans le temps, une masse volumique constante \rho_0, et une pression p_{\text{st}}(z). Toutes les dérivées spatio-temporelles du champ de vitesse s'annulent :

\frac{\partial \vec{v}_0}{\partial t} = \vec{0}, \quad (\vec{v}_0 \cdot \vec{\mathrm{grad}})\vec{v}_0 = \vec{0}, \quad \Delta \vec{v}_0 = \vec{0}

L'équation de Navier–Stokes se réduit alors à la relation fondamentale de la statique des fluides :

\vec{0} = -\vec{\mathrm{grad}}\,p_{\text{st}} + \rho_0 \vec{g}

Comme \vec{g} = -g \vec{u}_z et que p_{\text{st}} ne dépend que de la cote z, la projection sur l'axe vertical \vec{u}_z donne directement :

\boxed{\frac{\mathrm{d}p_{\text{st}}}{\mathrm{d}z} = -\rho_0 g}

(Compte tenu de la condition à la surface libre p_{\text{st}}(0) = p_0, on retrouve la loi hydrostatique p_{\text{st}}(z) = p_0 - \rho_0 g z).

2. Forme simplifiée de l'équation de Navier–Stokes

En présence de l'onde acoustique, on décompose les champs sous la forme :

p = p_{\text{st}}(z) + p_1(\vec{r},t), \quad \rho = \rho_0 + \rho_1(\vec{r},t), \quad \vec{v} = \vec{v}_0 + \vec{v}_1(\vec{r},t)

où p_1, \rho_1 et \vec{v}_1 sont des perturbations acoustiques de petite amplitude (grandeurs du premier ordre).

L'équation de Navier–Stokes devient :

(\rho_0 + \rho_1)\left[ \frac{\partial \vec{v}_1}{\partial t} + \left((\vec{v}_0 + \vec{v}_1)\cdot\vec{\mathrm{grad}}\right)(\vec{v}_0 + \vec{v}_1) \right] = -\vec{\mathrm{grad}} p_{\text{st}} - \vec{\mathrm{grad}} p_1 + (\rho_0 + \rho_1)\vec{g} + \eta \Delta(\vec{v}_0 + \vec{v}_1)

Procédons aux simplifications :

  • Équilibre de base : D'après le résultat précédent, -\vec{\mathrm{grad}} p_{\text{st}} + \rho_0 \vec{g} = \vec{0}.
  • Terme de pesanteur perturbé : Le terme résiduel de gravité est \rho_1 \vec{g}. En ordre de grandeur, \|\rho_1 \vec{g}\| \sim \rho_1 g \sim \frac{p_1}{c_a^2} g, tandis que le gradient de pression acoustique est de norme \|\vec{\mathrm{grad}} p_1\| \sim k p_1 = \frac{\omega}{c_a} p_1. Le rapport de ces deux termes vaut :

    \frac{\|\rho_1 \vec{g}\|}{\|\vec{\mathrm{grad}} p_1\|} \sim \frac{g}{\omega c_a}

    Pour des ondes acoustiques dans l'eau (c_a \simeq 1500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}), dès que f \ge 10\text{ Hz} (\omega \ge 60\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}), on a \omega c_a \ge 9\cdot 10^4\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} \gg g \simeq 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}. La force de pesanteur sur les surdensités acoustiques est donc négligeable devant la force de pression : \rho_1 \vec{g} \ll \vec{\mathrm{grad}} p_1.

  • Linéarisation du terme d'inertie : Au premier ordre, \rho_0 + \rho_1 \simeq \rho_0. Puisque \vec{v}_0 est uniforme, le terme convectif s'écrit :

    ((\vec{v}_0 + \vec{v}_1)\cdot\vec{\mathrm{grad}})(\vec{v}_0 + \vec{v}_1) = (\vec{v}_0 \cdot \vec{\mathrm{grad}})\vec{v}_1 + \mathcal{O}(v_1^2)
  • Terme visqueux : \Delta(\vec{v}_0 + \vec{v}_1) = \Delta \vec{v}_1.

On aboutit ainsi à la forme simplifiée (linéarisée) de l'équation de Navier–Stokes pour l'onde acoustique (notée ici avec \underline{p} et \underline{\vec{v}} conformément à la suite de l'énoncé) :

\boxed{\rho_0 \left[ \frac{\partial \underline{\vec{v}}}{\partial t} + (\vec{v}_0 \cdot \vec{\mathrm{grad}})\underline{\vec{v}} \right] = -\vec{\mathrm{grad}}\,\underline{p} + \eta \Delta \underline{\vec{v}}}

Dans le cas particulier où l'eau est au repos en moyenne (\vec{v}_0 = \vec{0}, étudié dans la sous-partie II.1), celle-ci se réduit à :

\rho_0 \frac{\partial \underline{\vec{v}}}{\partial t} = -\vec{\mathrm{grad}}\,\underline{p} + \eta \Delta \underline{\vec{v}}

Résultat

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II.1 · Propagation et atténuation des ondes acoustiques

Question 28

Rappeler la définition de la compressibilité de l'eau en en déduire le lien entre les fluctuations de la pression et de la masse volumique, en se limitant au premier ordre.

Voir l'indice

Partir de la définition de la compressibilité isentropique \chi = \frac{1}{\rho_0} \left(\frac{\partial\rho}{\partial p}\right)_S pour relier linéairement la petite surpression \underline{p} à la fluctuation de masse volumique \underline{\rho}.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la définition thermodynamique générale du coefficient de compressibilité isentropique \chi, en lien avec le caractère adiabatique réversible des transformations acoustiques.
  2. Relier la variation relative de volume à la variation relative de masse volumique pour une masse fixée de fluide.
  3. Exprimer la relation différentielle au premier ordre liant la fluctuation de masse volumique \underline{\rho} à la fluctuation de pression \underline{p}.
Voir le corrigé complet

Dans le cadre de l'approximation acoustique, les compressions et dilatations du fluide sont suffisamment rapides pour que les échanges thermiques soient négligeables, et les gradients d'amplitude suffisamment faibles pour négliger la dissipation visqueuse au sein de l'onde : l'évolution est isentropique.

Le coefficient de compressibilité isentropique \chi d'un volume V de fluide est défini par :

\chi = -\frac{1}{V}\left(\frac{\partial V}{\partial p}\right)_S

Pour une masse de fluide m = \rho V constante, la différentiation logarithmique donne :

\frac{\mathrm{d}m}{m} = \frac{\mathrm{d}\rho}{\rho} + \frac{\mathrm{d}V}{V} = 0 \implies \frac{\mathrm{d}V}{V} = -\frac{\mathrm{d}\rho}{\rho}

On en déduit l'expression de \chi en fonction de la masse volumique \rho :

\chi = \frac{1}{\rho}\left(\frac{\partial \rho}{\partial p}\right)_S

En se plaçant au premier ordre autour de l'état d'équilibre caractérisé par la masse volumique moyenne \rho_0, la fluctuation de masse volumique \underline{\rho} = \rho - \rho_0 s'écrit directement en fonction de la surpression acoustique \underline{p} :

\boxed{\underline{\rho} = \rho_0 \chi \underline{p}}

Résultat

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Question 29

Établir les deux équations linéarisées et . En déduire la célérité des ondes acoustiques dans l'eau et faire l'application numérique.

Voir l'indice

Linéariser l'équation d'Euler et l'équation de conservation de la masse au premier ordre en régime harmonique pour faire apparaître les relations vectorielles demandées, puis en déduire c_a = 1/\sqrt{\rho_0\chi}.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'équation de Navier-Stokes simplifiée établie en Q27 en posant \eta = 0 et \vec{v}_0 = \vec{0}, puis projeter en notation complexe avec les règles de dérivation spatio-temporelle (\partial/\partial t \to \mathrm{i}\omega et \vec{\mathrm{grad}} \to -\mathrm{i}\vec{k}).
  2. Linéariser l'équation locale de conservation de la masse au premier ordre acoustique, injecter la loi de comportement \underline{\rho} = \rho_0\chi\underline{p} obtenue en Q28, puis passer en notation complexe (\operatorname{div} \to -\mathrm{i}\vec{k}\cdot).
  3. Projeter scalairement la première équation sur \vec{k}, y injecter la seconde pour déduire la relation de dispersion \omega(k) et en déduire la célérité de phase c_a = \omega/k.
Voir le corrigé complet

Dans un fluide parfait (\eta = 0) au repos en moyenne (\vec{v}_0 = \vec{0}), l'équation de Navier-Stokes linéarisée obtenue à la question Q27 s'écrit :

\rho_0 \frac{\partial \underline{\vec{v}}}{\partial t} = -\vec{\mathrm{grad}}\,\underline{p}

Pour une onde plane progressive monochromatique se propageant selon le facteur de phase \exp[\mathrm{i}(\omega t - \vec{k}\cdot\vec{r})], les opérateurs différentiels deviennent :

\frac{\partial}{\partial t} \longrightarrow \mathrm{i}\omega \quad \text{et} \quad \vec{\mathrm{grad}} \longrightarrow -\mathrm{i}\vec{k}

L'équation d'Euler linéarisée devient ainsi :

\rho_0 (\mathrm{i}\omega \underline{\vec{v}}) = -(-\mathrm{i}\vec{k}\underline{p}) = \mathrm{i}\vec{k}\underline{p}

En simplifiant par \mathrm{i}, on obtient la première relation :

\boxed{\rho_0 \omega \underline{\vec{v}} = \vec{k}\underline{p}}

L'équation locale de conservation de la masse est :

\frac{\partial \rho}{\partial t} + \operatorname{div}(\rho \vec{v}) = 0

Avec \rho = \rho_0 + \underline{\rho} et \vec{v} = \underline{\vec{v}}, le terme convectif \operatorname{div}(\rho \vec{v}) = \operatorname{div}((\rho_0 + \underline{\rho})\underline{\vec{v}}) = \rho_0 \operatorname{div}\underline{\vec{v}} + \operatorname{div}(\underline{\rho}\underline{\vec{v}}) se réduit au premier ordre à \rho_0 \operatorname{div}\underline{\vec{v}}. L'équation de continuité linéarisée s'écrit donc :

\frac{\partial \underline{\rho}}{\partial t} + \rho_0 \operatorname{div}\underline{\vec{v}} = 0

D'après la relation issue de la compressibilité (question Q28), \underline{\rho} = \rho_0 \chi \underline{p}. En remplaçant \underline{\rho} :

\rho_0 \chi \frac{\partial \underline{p}}{\partial t} + \rho_0 \operatorname{div}\underline{\vec{v}} = 0 \iff \chi \frac{\partial \underline{p}}{\partial t} + \operatorname{div}\underline{\vec{v}} = 0

En passant en notation complexe (\operatorname{div} \to -\mathrm{i}\vec{k}\cdot) :

\chi (\mathrm{i}\omega \underline{p}) - \mathrm{i}\vec{k}\cdot\underline{\vec{v}} = 0

Soit, en simplifiant par \mathrm{i} :

\boxed{\vec{k}\cdot\underline{\vec{v}} = \chi \omega \underline{p}}

Multiplions scalairement par \vec{k} la première équation :

\rho_0 \omega (\vec{k}\cdot\underline{\vec{v}}) = k^2 \underline{p}

En y substituant l'expression de \vec{k}\cdot\underline{\vec{v}} issue de la seconde équation :

\rho_0 \omega (\chi \omega \underline{p}) = k^2 \underline{p} \implies \left(\rho_0 \chi \omega^2 - k^2\right) \underline{p} = 0

Pour une onde non triviale (\underline{p} \neq 0), on en déduit la relation de dispersion :

k^2 = \rho_0 \chi \omega^2

Le milieu est non dispersif et la célérité de phase c_a = \frac{\omega}{k} s'exprime par la relation de Newton-Laplace :

\boxed{c_a = \frac{1}{\sqrt{\rho_0 \chi}}}

Application numérique :

\begin{aligned} \rho_0 &= 1{,}00 \cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} \\ \chi &= 4{,}10 \cdot 10^{-10}\text{ Pa}^{-1} \\ c_a &= \frac{1}{\sqrt{1{,}00 \cdot 10^3 \times 4{,}10 \cdot 10^{-10}}} = \frac{1}{\sqrt{4{,}10 \cdot 10^{-7}}} \simeq 1{,}56 \cdot 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}
\boxed{c_a \simeq 1{,}56 \cdot 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

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Question 30

Dans le cas des ondes émises lors du chant d'une baleine près de la surface libre de l'eau, estimer et commenter les amplitudes des ondes de masse volumique et de vitesse .

Voir l'indice

Déterminer la surpression acoustique |\underline{p}| à partir de la définition du niveau en décibels, puis calculer l'amplitude de vitesse |\underline{v}| et de masse volumique |\underline{\rho}| à l'aide des relations trouvées en Q28 et Q29.

Voir la stratégie
  1. Déterminer l'amplitude de surpression acoustique |\underline{p}| à partir du niveau d'intensité sonore maximal du chant des baleines (I_{\mathrm{dB}} = 180\text{ dB}) et de la pression de référence p_{\mathrm{ref}} = 1\ \mu\text{Pa}.
  2. Calculer l'amplitude de la fluctuation de masse volumique |\underline{\rho}| à l'aide de la loi de compressibilité établie en Q28.
  3. Calculer l'amplitude de la vitesse vibratoire |\underline{\vec{v}}| à partir de la relation d'Euler linéarisée obtenue en Q29.
  4. Commenter ces ordres de grandeur en les comparant aux grandeurs de l'état statique moyen (\rho_0, p_0) et à la célérité c_a, afin de valider l'approximation acoustique linéaire.
Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, le niveau sonore maximal du chant des baleines est I_{\mathrm{dB}} = 180\text{ dB} avec la pression de référence dans l'eau p_{\mathrm{ref}} = 1\ \mu\text{Pa} = 1{,}0\cdot 10^{-6}\text{ Pa}. On en déduit l'amplitude de la surpression acoustique :

\begin{aligned} I_{\mathrm{dB}} = 20 \log_{10}\left(\frac{|\underline{p}|}{p_{\mathrm{ref}}}\right) &\implies |\underline{p}| = p_{\mathrm{ref}} \cdot 10^{\frac{I_{\mathrm{dB}}}{20}} \\ & |\underline{p}| = 1{,}0\cdot 10^{-6} \times 10^{\frac{180}{20}} = 1{,}0\cdot 10^{-6} \times 10^9 = 1{,}0\cdot 10^3\text{ Pa} = 1{,}0\text{ kPa} \end{aligned}

Amplitude de l'onde de masse volumique D'après la relation de compressibilité obtenue en Q28, \underline{\rho} = \rho_0 \chi \underline{p}, l'amplitude de la fluctuation de masse volumique s'écrit :

|\underline{\rho}| = \rho_0 \chi |\underline{p}|

Application numérique avec \rho_0 = 1{,}00\cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} et \chi = 4{,}10\cdot 10^{-10}\text{ Pa}^{-1} :

|\underline{\rho}| = 1{,}00\cdot 10^3 \times 4{,}10\cdot 10^{-10} \times 1{,}0\cdot 10^3
\boxed{|\underline{\rho}| \simeq 4{,}1\cdot 10^{-4}\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}}

Amplitude de l'onde de vitesse D'après l'équation d'Euler projetée en Q29, \rho_0 \omega \underline{\vec{v}} = \vec{k} \underline{p}. Comme pour une onde plane progressive \|\vec{k}\| = k = \omega / c_a, la norme de la vitesse acoustique s'exprime par :

|\underline{\vec{v}}| = \frac{k}{\rho_0 \omega} |\underline{p}| = \frac{|\underline{p}|}{\rho_0 c_a} = c_a \chi |\underline{p}|

Application numérique avec c_a \simeq 1{,}56\cdot 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (calculée en Q29) :

|\underline{\vec{v}}| = \frac{1{,}0\cdot 10^3}{1{,}00\cdot 10^3 \times 1{,}56\cdot 10^3}
\boxed{|\underline{\vec{v}}| \simeq 6{,}4\cdot 10^{-4}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \simeq 0{,}64\text{ mm}\cdot\text{s}^{-1}}

Commentaires

  • Perturbation de la masse volumique et de la pression : Près de la surface libre, la pression statique vaut p_{\mathrm{st}}(0) = p_0 = 1\text{ bar} = 10^5\text{ Pa}. Les fluctuations relatives valent :

    \frac{|\underline{p}|}{p_0} = \frac{10^3}{10^5} = 10^{-2} = 1\% \ll 1, \qquad \frac{|\underline{\rho}|}{\rho_0} = \chi |\underline{p}| \simeq 4{,}1\cdot 10^{-7} \ll 1

    La variation de masse volumique induite par l'onde est infime devant la masse volumique moyenne de l'eau.

  • Vitesse des particules fluides : L'amplitude de vitesse acoustique est de l'ordre d'une fraction de millimètre par seconde. En la comparant à la célérité du son :

    \frac{|\underline{\vec{v}}|}{c_a} = \frac{6{,}4\cdot 10^{-4}}{1{,}56\cdot 10^3} \simeq 4{,}1\cdot 10^{-7} \ll 1

    Le nombre de Mach acoustique est extrêmement faible.

  • Validité de l'approximation acoustique : Même pour un son émis à un niveau exceptionnel (180\text{ dB}, parmi les plus puissants du règne animal), les hypothèses de linéarisation de l'acoustique (|\underline{p}| \ll p_{\mathrm{st}}, |\underline{\rho}| \ll \rho_0 et |\underline{\vec{v}}| \ll c_a) sont parfaitement vérifiées.

Résultat

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Question 31

Montrer que et exprimer en fonction de et . Proposer une interprétation simple de la grandeur et commenter sa valeur numérique.

Voir l'indice

Injecter l'expression du laplacien vectoriel \Delta\underline{\vec{v}} = -k^2\underline{\vec{v}} dans l'équation de Navier-Stokes linéarisée, combiner avec l'équation de continuité et identifier la pulsation caractéristique \omega_c = 1/(\eta\chi).

Voir la stratégie
  1. Écrire l'équation de Navier-Stokes linéarisée établie en Q27 en l'absence de courant d'ensemble (\vec{v}_0 = \vec{0}) et en injectant la forme complexe de l'onde plane harmonique.
  2. Combiner cette relation dynamique avec l'équation de continuité et la loi de comportement acoustique (obtenue en Q29) par projection scalaire sur \vec{k} afin d'en déduire la relation de dispersion k^2(\omega).
  3. Identifier f_0(\omega, c_a) et la pulsation caractéristique \omega_c, puis calculer numériquement \omega_c et en discuter le sens physique.
Voir le corrigé complet

En l'absence de courant d'ensemble (\vec{v}_0 = \vec{0}), l'équation de Navier-Stokes linéarisée (question Q27) relative aux fluctuations acoustiques s'écrit :

\rho_0 \frac{\partial \underline{\vec{v}}}{\partial t} = -\vec{\mathrm{grad}}\,\underline{p} + \eta \Delta \underline{\vec{v}}

Pour une onde plane progressive harmonique dépendant de l'espace et du temps via le facteur \exp\left[\mathrm{i}\left(\omega t - \vec{k}\cdot\vec{r}\right)\right], les opérateurs différentiels spatio-temporels se traduisent par les substitutions :

\frac{\partial}{\partial t} \longrightarrow \mathrm{i}\omega, \qquad \vec{\mathrm{grad}} \longrightarrow -\mathrm{i}\vec{k}, \qquad \Delta \longrightarrow -\vec{k}^2

L'équation de Navier-Stokes devient ainsi :

\mathrm{i}\omega\rho_0 \underline{\vec{v}} = \mathrm{i}\vec{k}\underline{p} - \eta \vec{k}^2 \underline{\vec{v}} \iff (\mathrm{i}\omega\rho_0 + \eta \vec{k}^2)\underline{\vec{v}} = \mathrm{i}\vec{k}\underline{p}

Par ailleurs, l'équation de conservation de la masse couplée à la compressibilité isentropique établie à la question Q29 reste inchangée :

\vec{k}\cdot\underline{\vec{v}} = \chi\omega\underline{p}

En effectuant le produit scalaire de l'équation de Navier-Stokes par le vecteur d'onde \vec{k}, on obtient :

(\mathrm{i}\omega\rho_0 + \eta \vec{k}^2)(\vec{k}\cdot\underline{\vec{v}}) = \mathrm{i}\vec{k}^2 \underline{p}

En substituant \vec{k}\cdot\underline{\vec{v}} = \chi\omega\underline{p} et sachant que \underline{p} \neq 0 :

\begin{aligned} (\mathrm{i}\omega\rho_0 + \eta \vec{k}^2)\chi\omega = \mathrm{i}\vec{k}^2 &\iff \mathrm{i}\vec{k}^2(1 - \mathrm{i}\eta\chi\omega) = \mathrm{i}\rho_0\chi\omega^2 \\ &\iff \vec{k}^2(1 + \mathrm{i}\eta\chi\omega) = \rho_0\chi\omega^2 \end{aligned}

En l'absence de viscosité (\eta = 0), on retrouve la relation de dispersion non dissipative :

f_0(\omega, c_a) = \rho_0\chi\omega^2 = \frac{\omega^2}{c_a^2}

On en déduit donc l'équation de dispersion sous la forme demandée :

\boxed{\vec{k}^2 = \frac{f_0(\omega, c_a)}{1 + \mathrm{i}\dfrac{\omega}{\omega_c}} \quad \text{avec} \quad \omega_c = \frac{1}{\eta\chi}}

Application numérique :

\omega_c = \frac{1}{1{,}20\cdot 10^{-3}\times 4{,}10\cdot 10^{-10}} \simeq 2{,}03\cdot 10^{12}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}

La fréquence correspondante est f_c = \dfrac{\omega_c}{2\pi} \simeq 3{,}2\cdot 10^{11}\text{ Hz} \simeq 320\text{ GHz}.

Résultat

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Question 32

On lit dans la littérature technique que l'atténuation des ondes acoustiques dans l'eau est faible dans le domaine audio basse fréquence ; à plus haute fréquence et pour les ultrasons elle s'exprime par un coefficient d'atténuation qui s'exprime en décibel par kilomètre. Justifier cette affirmation puis exprimer le coefficient en fonction notamment de la viscosité de l'eau, avant de proposer un application numérique pour deux domaines de fréquences dont vous justifierez le choix. Comparer aux mesures effectuées dans l'atlantique pour lesquelles aux fréquences audio, et conclure.

Voir l'indice

Effectuer un développement limité de k = \omega/c_a \sqrt{1 - \mathrm{i}\omega/\omega_c} à basse fréquence pour extraire la partie imaginaire responsable de l'amortissement exponentiel en espace, puis convertir cette décroissance en dB/km.

Voir la stratégie
  1. Exploiter la relation de dispersion obtenue en Q31 dans la limite des basses fréquences \omega \ll \omega_c afin d'obtenir la partie imaginaire du vecteur d'onde k'', responsable de l'atténuation spatiale de l'onde.
  2. Exprimer le coefficient d'atténuation \beta en \mathrm{dB\cdot km^{-1}} à partir de la décroissance exponentielle de l'amplitude de surpression |\underline{p}|.
  3. Choisir deux fréquences pertinentes (l'une dans le domaine audio, l'autre dans le domaine des ultrasons) pour calculer numériquement \beta.
  4. Comparer la valeur théorique obtenue en audio avec la valeur mesurée dans l'océan Atlantique (\beta \sim 0{,}12\text{ dB/km}) et analyser l'origine de l'écart.
Voir le corrigé complet

1. Justification de la faible atténuation en basse fréquence

D'après la question Q31, l'équation de dispersion s'écrit :

k^2 = \frac{\omega^2/c_a^2}{1 + \mathrm{i}\frac{\omega}{\omega_c}}

Comme \omega_c = \frac{1}{\eta\chi} \simeq 2{,}0 \cdot 10^{12}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}, pour toutes les fréquences audibles (f \lesssim 20\text{ kHz}) et même ultrasonores (f \lesssim 10\text{ MHz}), on a \omega \ll \omega_c. En effectuant un développement limité à l'ordre 1 en \omega/\omega_c :

k = \frac{\omega}{c_a}\left(1 + \mathrm{i}\frac{\omega}{\omega_c}\right)^{-1/2} \simeq \frac{\omega}{c_a}\left(1 - \frac{\mathrm{i}}{2}\frac{\omega}{\omega_c}\right) = k' - \mathrm{i}k''

avec :

k' = \frac{\omega}{c_a} \quad \text{et} \quad k'' = \frac{\omega^2}{2 c_a \omega_c} = \frac{\eta \chi \omega^2}{2 c_a} = \frac{2\pi^2 \eta \chi}{c_a} f^2

Pour une onde se propageant selon (Ox), l'amplitude de pression évolue selon :

\underline{p}(x, t) = p_1 \mathrm{e}^{-k'' x} \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - k' x)}

L'atténuation spatiale est gouvernée par le facteur \mathrm{e}^{-k'' x}. Puisque k'' \propto f^2, l'absorption visqueuse est extrêmement faible aux basses fréquences (domaine audio) et ne devient notable qu'à des fréquences élevées.

2. Expression du coefficient d'atténuation \beta en \mathrm{dB\cdot km^{-1}}

Le niveau sonore I_{\mathrm{dB}} s'écrit :

I_{\mathrm{dB}}(x) = 20 \log_{10}\left(\frac{|\underline{p}(x)|}{p_{\mathrm{ref}}}\right) = 20 \log_{10}\left(\frac{p_1}{p_{\mathrm{ref}}}\right) - 20(\log_{10}\mathrm{e}) k'' x

En notant d_0 = 1\text{ km} = 10^3\text{ m}, le coefficient d'atténuation \beta mesurant la perte en décibels par kilomètre est défini par :

\beta = 20(\log_{10}\mathrm{e}) k'' d_0 = \frac{20}{\ln 10} k'' d_0

En remplaçant k'' par son expression :

\boxed{\beta = \frac{40\,000\,\pi^2}{\ln 10} \frac{\eta \chi}{c_a} f^2}

3. Applications numériques

Avec les données de l'énoncé :

\begin{aligned} \frac{40\,000\,\pi^2}{\ln 10} \frac{\eta \chi}{c_a} &= \frac{40\,000 \times \pi^2}{\ln 10} \times \frac{1{,}20 \cdot 10^{-3} \times 4{,}10 \cdot 10^{-10}}{1{,}56 \cdot 10^3} \simeq 5{,}4 \cdot 10^{-11}\text{ dB}\cdot\text{km}^{-1}\cdot\text{Hz}^{-2} \end{aligned}

Choisissons deux fréquences caractéristiques :

  • Domaine audio (chant des cétacés, sonars passifs) : prenons f_1 = 1{,}0\text{ kHz} = 10^3\text{ Hz} :

    \beta_1 \simeq 5{,}4 \cdot 10^{-11} \times (10^3)^2 = 5{,}4 \cdot 10^{-5}\text{ dB/km}
  • Domaine ultrasonore (sonars de cartographie des fonds marins, échographie) : prenons f_2 = 100\text{ kHz} = 10^5\text{ Hz} :

    \beta_2 \simeq 5{,}4 \cdot 10^{-11} \times (10^5)^2 = 0{,}54\text{ dB/km}

    Pour f = 1\text{ MHz}, on obtiendrait \beta \simeq 54\text{ dB/km}.

4. Comparaison et conclusion

La valeur mesurée dans l'Atlantique aux fréquences audio est \beta_{\mathrm{mes}} \sim 0{,}12\text{ dB/km}, alors que le modèle purement visqueux prédit à 1\text{ kHz} une valeur \beta_1 \simeq 5{,}4 \cdot 10^{-5}\text{ dB/km}, soit plus de 2000 fois plus faible.

On en conclut que la viscosité de cisaillement du fluide ne constitue pas le mécanisme d'atténuation dominant dans l'eau de mer. L'atténuation réelle y est gouvernée par :

  • la relaxation chimique des sels dissous (dissociation/recombinaison ionique du sulfate de magnésium \mathrm{MgSO}_4 et de l'acide borique induite par l'onde de pression) ;
  • la viscosité de volume (de compression) du fluide ;
  • la diffusion acoustique par les microbulles, les particules en suspension et les gradients de température/salinité.

Résultat

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II.2 · Entraînement de l'onde acoustique par un courant d'ensemble

Question 33

Proposer un ordre de grandeur pour , en kilomètre par heure. Expliciter ensuite et avec et en vous limitant aux termes du premier ordre en et .

Voir l'indice

Donner une valeur réaliste d'un courant océanique (quelques km/h, soit environ 1\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1}), puis développer les dérivées spatiales en ne conservant que les termes linéaires en fluctuations acoustiques.

Voir la stratégie
  1. Proposer un ordre de grandeur de la vitesse d'un courant océanique (de type Gulf Stream) en kilomètres par heure, puis vérifier la cohérence avec l'approximation acoustique v_0 \ll c_a.
  2. Développer \rho\vec{v} et l'opérateur (\vec{v}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v} en séparant l'état de base stationnaire et homogène (\rho_0, \vec{v}_0) des perturbations acoustiques du premier ordre (\underline{\rho}, \underline{\vec{v}}).
  3. Utiliser l'uniformité spatiale de \rho_0 et \vec{v}_0 = v_0\vec{u}_x ainsi que les identités d'analyse vectorielle pour simplifier les expressions.
Voir le corrigé complet

1. Ordre de grandeur de la vitesse d'un courant océanique :

Les grands courants océaniques de surface (tels que le Gulf Stream) possèdent des vitesses de l'ordre de quelques nœuds, soit typiquement entre 1 et 2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}. Exprimée en kilomètres par heure :

v_0 \sim 1 \text{ à } 10\text{ km}\cdot\text{h}^{-1} \quad (\text{typiquement } v_0 \approx 5\text{ km}\cdot\text{h}^{-1} \simeq 1{,}4\text{ m}\cdot\text{s}^{-1})

Cette valeur vérifie très largement la hiérarchie imposée par l'énoncé :

v_0 \ll c_a \simeq 1\,560\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \simeq 5\,600\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}.

2. Linéarisation de \operatorname{div}(\rho\vec{v}) :

La masse volumique et le champ de vitesse s'écrivent :

\rho = \rho_0 + \underline{\rho} \quad \text{et} \quad \vec{v} = \vec{v}_0 + \underline{\vec{v}}

Le produit de flux convectif s'écrit donc :

\rho\vec{v} = (\rho_0 + \underline{\rho})(\vec{v}_0 + \underline{\vec{v}}) = \rho_0\vec{v}_0 + \rho_0\underline{\vec{v}} + \underline{\rho}\vec{v}_0 + \underline{\rho}\,\underline{\vec{v}}

Au premier ordre par rapport aux grandeurs acoustiques perturbations, le terme du second ordre \underline{\rho}\,\underline{\vec{v}} est négligé :

\rho\vec{v} \simeq \rho_0\vec{v}_0 + \rho_0\underline{\vec{v}} + \underline{\rho}\vec{v}_0

Prenons la divergence de cette expression par linéarité de l'opérateur \operatorname{div} :

  • \rho_0 et \vec{v}_0 étant uniformes dans l'espace, \operatorname{div}(\rho_0\vec{v}_0) = 0 ;
  • \operatorname{div}(\rho_0\underline{\vec{v}}) = \rho_0 \operatorname{div}\underline{\vec{v}} ;
  • d'après la formule d'analyse vectorielle donnée par l'énoncé, \operatorname{div}(\underline{\rho}\vec{v}_0) = \underline{\rho}\operatorname{div}\vec{v}_0 + \overrightarrow{\operatorname{grad}}\,\underline{\rho}\cdot\vec{v}_0 = (\vec{v}_0\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\underline{\rho} puisque \vec{v}_0 est uniforme (\operatorname{div}\vec{v}_0 = 0).

Comme \vec{v}_0 = v_0\vec{u}_x, on a (\vec{v}_0\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\underline{\rho} = v_0 \dfrac{\partial \underline{\rho}}{\partial x}. On en déduit :

\boxed{\operatorname{div}(\rho\vec{v}) = \rho_0\operatorname{div}\underline{\vec{v}} + (\vec{v}_0\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\underline{\rho} = \rho_0\operatorname{div}\underline{\vec{v}} + v_0 \frac{\partial \underline{\rho}}{\partial x}}

3. Linéarisation de (\vec{v}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v} :

Développons le terme convectif :

\begin{aligned} (\vec{v}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v} &= [(\vec{v}_0 + \underline{\vec{v}})\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}}](\vec{v}_0 + \underline{\vec{v}}) \\ &= (\vec{v}_0\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v}_0 + (\vec{v}_0\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\underline{\vec{v}} + (\underline{\vec{v}}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v}_0 + (\underline{\vec{v}}\cdot\overrightarrow{\grad})\underline{\vec{v}} \end{aligned}

Le champ moyen \vec{v}_0 étant uniforme, toutes ses dérivées spatiales sont nulles :

(\vec{v}_0\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v}_0 = \vec{0} \quad \text{et} \quad (\underline{\vec{v}}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v}_0 = \vec{0}

En négligeant le terme quadratique d'ordre deux (\underline{\vec{v}}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\underline{\vec{v}}, il reste au premier ordre :

\boxed{(\vec{v}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v} = (\vec{v}_0\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\underline{\vec{v}} = v_0 \frac{\partial \underline{\vec{v}}}{\partial x}}

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Question 34

Montrer les deux équations et et expliciter la grandeur en fonction de , et .

Voir l'indice

Injecter les formes d'ondes planes progressives dans les équations linéarisées en remarquant que l'opérateur (\vec{v}_0\cdot\vec{\nabla}) génère un terme en -\mathrm{i}(\vec{k}\cdot\vec{v}_0), ce qui déplace la pulsation temporelle apparente.

Voir la stratégie
  1. Utiliser l'équation de Navier-Stokes pour un fluide parfait (\eta = 0) linéarisée autour de l'écoulement uniforme \vec{v}_0 = v_0\vec{u}_x, en injectant le terme convectif calculé à la question Q33.
  2. Utiliser l'équation de conservation de la masse linéarisée, reliée à la surpression acoustique \underline{p} par le coefficient de compressibilité \chi (question Q28).
  3. Remplacer les opérateurs différentiels spatio-temporels par leur expression en notation complexe pour une onde plane progressive harmonique, puis identifier la pulsation de dérive \Omega.
Voir le corrigé complet

Dans le cadre d'un fluide parfait (\eta = 0), l'équation de Navier-Stokes linéarisée établie à la question Q27 s'écrit :

\rho_0 \left[ \frac{\partial \underline{\vec{v}}}{\partial t} + (\vec{v}_0 \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\underline{\vec{v}} \right] = -\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,\underline{p}

Pour une onde plane progressive harmonique dépendant de l'espace et du temps via le facteur \exp[\mathrm{i}(\omega t - \vec{k}\cdot\vec{r})], les opérateurs différentiels s'expriment par :

\frac{\partial}{\partial t} \longrightarrow \mathrm{i}\omega \quad \text{et} \quad \overrightarrow{\operatorname{grad}} \longrightarrow -\mathrm{i}\vec{k}

Le terme convectif devient alors :

(\vec{v}_0 \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\underline{\vec{v}} = -\mathrm{i}(\vec{v}_0 \cdot \vec{k})\underline{\vec{v}}

En posant la grandeur scalaire :

\Omega = \vec{k} \cdot \vec{v}_0 = k v_0 (\vec{u} \cdot \vec{u}_x) = k v_0 \cos\theta

l'accélération particulaire s'écrit :

\frac{\partial \underline{\vec{v}}}{\partial t} + (\vec{v}_0 \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\underline{\vec{v}} = \mathrm{i}(\omega - \Omega)\underline{\vec{v}}

L'équation du mouvement devient :

\rho_0\,\mathrm{i}(\omega - \Omega)\underline{\vec{v}} = -(-\mathrm{i}\vec{k}\underline{p}) = \mathrm{i}\vec{k}\underline{p}

En simplifiant par \mathrm{i}, on obtient la première relation :

\boxed{\rho_0 \underline{\vec{v}}(\omega - \Omega) = \underline{p}\,\vec{k}}

Considérons à présent l'équation locale de conservation de la masse :

\frac{\partial \rho}{\partial t} + \operatorname{div}(\rho \vec{v}) = 0

Grâce au résultat de la question Q33, l'équation linéarisée s'écrit :

\frac{\partial \underline{\rho}}{\partial t} + (\vec{v}_0 \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\underline{\rho} + \rho_0 \operatorname{div}\underline{\vec{v}} = 0

D'après la question Q28, \underline{\rho} = \rho_0 \chi \underline{p}. En divisant par la constante \rho_0, il vient :

\chi \left[ \frac{\partial \underline{p}}{\partial t} + (\vec{v}_0 \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\underline{p} \right] + \operatorname{div}\underline{\vec{v}} = 0

En passant aux grandeurs complexes harmoniques :

\chi\,\mathrm{i}(\omega - \Omega)\underline{p} - \mathrm{i}\vec{k} \cdot \underline{\vec{v}} = 0

En divisant par \mathrm{i} et en réarrangeant :

\boxed{\vec{k}\cdot\underline{\vec{v}} = (\omega - \Omega)\underline{p}\chi}

L'expression explicite de la grandeur \Omega est donc :

\boxed{\Omega = k v_0 \cos\theta}

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Question 35

En déduire la célérité des ondes acoustiques en fonction de , et de la valeur obtenue dans l'eau au repos. Peut-on parler de loi de composition des vitesses ?

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Résoudre le système pour obtenir la relation de dispersion (\omega - \Omega)^2 = c_a^2 k^2, en déduire la vitesse de phase c'_a = \omega/k, et interpréter physiquement l'entraînement additif de l'onde acoustique par l'écoulement.

Voir la stratégie
  1. Combiner les deux équations scalaires et vectorielles établies à la question précédente (Q34) pour éliminer les perturbations \underline{\vec{v}} et \underline{p}, et obtenir la relation de dispersion \omega(k).
  2. En déduire la célérité de phase c'_a = \omega/k de l'onde dans le référentiel du laboratoire.
  3. Interpréter physiquement ce résultat au regard de la composition des vitesses galiléenne et de la nature matérielle du support de propagation acoustique, en faisant le lien avec le problème de l'entraînement traité en partie A.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q34, les équations linéarisées du mouvement s'écrivent :

\begin{aligned} \rho_0 (\omega - \Omega) \underline{\vec{v}} &= \underline{p} \, \vec{k} \\ \vec{k} \cdot \underline{\vec{v}} &= (\omega - \Omega) \chi \, \underline{p} \end{aligned}

avec \Omega = k v_0 \cos\theta. En projetant la première relation selon le vecteur d'onde \vec{k} = k \vec{u} (k > 0), on obtient :

\rho_0 (\omega - \Omega) (\vec{k} \cdot \underline{\vec{v}}) = k^2 \underline{p}

En substituant l'expression de \vec{k} \cdot \underline{\vec{v}} issue de la seconde relation :

\rho_0 \chi (\omega - \Omega)^2 \underline{p} = k^2 \underline{p}

Pour une perturbation acoustique non nulle (\underline{p} \neq 0), et en rappelant que la célérité du son dans l'eau au repos est c_a = 1/\sqrt{\rho_0 \chi} (d'après la question Q29), il vient :

(\omega - \Omega)^2 = \frac{k^2}{\rho_0 \chi} = k^2 c_a^2

Pour une onde se propageant dans le sens de \vec{k} (\omega > 0 et \omega - \Omega > 0 car v_0 \ll c_a), on retient la racine positive :

\omega - \Omega = k c_a \implies \omega = k (c_a + v_0 \cos\theta)

La célérité c'_a de l'onde acoustique dans le référentiel du laboratoire est définie par la vitesse de phase c'_a = \frac{\omega}{k} :

\boxed{c'_a = c_a + v_0 \cos\theta}

Discussion : peut-on parler de loi de composition des vitesses ?

  • D'un point de vue cinématique : oui. Dans le référentiel \mathcal{R}' lié au fluide en mouvement, le fluide est au repos et l'onde acoustique s'y propage à la vitesse \vec{c}_{a/\mathcal{R}'} = c_a \vec{u}. Le référentiel \mathcal{R}' se déplace à la vitesse d'entraînement \vec{v}_0 = v_0 \vec{u}_x par rapport au laboratoire \mathcal{R}. La loi classique (galiléenne) de composition des vitesses donne pour la vitesse de propagation de la phase dans \mathcal{R} :

    \vec{c}'_a = \vec{c}_{a/\mathcal{R}'} + \vec{v}_0 = c_a \vec{u} + \vec{v}_0

    Sa projection selon la direction d'observation \vec{u} redonne précisément :

    \vec{c}'_a \cdot \vec{u} = c_a + \vec{v}_0 \cdot \vec{u} = c_a + v_0 \cos\theta = c'_a

    Il y a donc entraînement total de l'onde sonore par l'écoulement.

  • D'un point de vue conceptuel : comme souligné dans le préambule du sujet, une onde n'est pas un corpuscule matériel : c_a et c'_a sont des célérités de phase (propagation d'un état vibratoire sans transport global de matière) et non les vitesses d'un point matériel. Cependant, l'onde sonore nécessitant un support matériel pour se propager, ce support entraîne intégralement avec lui la perturbation, ce qui valide l'application formelle de la composition galiléenne des vitesses.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.