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Centrale Physique 1 PC 2025Sujet, corrigé et rapport du jury

Vitesses mécaniques et célérités des ondes

4,0(2 votes)
Faisable en Sup

Faisable en sup ?

Faisable en partie en PCSI : 26 questions sur 35, partie Partie A en entier. Autres questions faisables en PCSI

Autres premières années : MPSI 25 · PTSI 25 · MP2I 25 · TSI1 22 · BCPST1 11 questions.

Détail par partie

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Présentation du sujet

Difficile
Vitesses mécaniques et célérités des ondes : mesure historique de la vitesse de la lumière, mécanique céleste et ondes acoustiques
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Ce sujet distingue la vitesse d'un objet matériel de la célérité d'une onde, à travers deux problèmes totalement indépendants. La partie A part de la mesure de la célérité de la lumière par Rømer, puis étudie les perturbations relativistes de l'orbite de Mercure et l'entraînement des ondes lumineuses dans l'eau (expérience de Fizeau). La partie B s'appuie sur le chant des dunes et sur la propagation d'ondes acoustiques dans un courant d'eau en mouvement.

  1. 1Partie A, I : la mesure de la célérité de la lumière par Rømerpremière annéeÀ partir des occultations du satellite Io par Jupiter, il s'agit de retrouver l'effet Doppler puis d'estimer la célérité de la lumière comme l'a fait Rømer.
  2. 2Partie A, II : les perturbations séculaires de l'orbite de Mercurepremière annéeLe mouvement de Mercure est d'abord traité avec les lois de Kepler, puis une correction relativiste (admise) permet de retrouver la rotation de l'axe des absides.
  3. 3Partie A, III : propagation de la lumière dans un fluide en mouvementL'expérience historique de Fizeau permet de comparer les modèles d'entraînement de la lumière par l'eau, dans un cadre classique puis relativiste.
  4. 4Partie B, I : le chant des dunesdeuxième annéeDeux modèles sont confrontés à des mesures pour expliquer la fréquence du son émis par l'avalanche des grains de sable d'une dune.
  5. 5Partie B, II : propagation des ondes acoustiques et entraînement par l'eaudeuxième annéeL'équation de Navier-Stokes sert à établir la célérité et l'atténuation des ondes acoustiques dans l'eau, avec ou sans courant d'ensemble.

Difficile. Le rapport parle d'un sujet présentant un niveau de difficulté soutenu et nécessitant une autonomie importante, et signale que le sujet a été abordé en totalité par peu de candidats.

L'épreuve en chiffres

Moyenne 9,32 / 20 · écart-type 4,01 · 3 644 présents · où vous situez-vous ?
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Moyenne
9,32/ 20
Écart-type
4,01
Présents
3 644
Coefficient
14
Durée
4 h
1er quartile
6,5
Médiane
9,1
3e quartile
12,1
moyenne 9,3205101520
Deux tiers des copies environ (moyenne ± écart-type)

Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.

Source : document officiel du concours, épreuve du 29 avril 2025. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Développements limités bâclés · Confusion entre vecteur, norme et projection · Ordres de grandeur non vérifiés
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Le sujet a été peu traité en totalité et seule la sous-partie sur la propagation de la lumière dans un fluide en mouvement a été plutôt bien réussie. Le jury retient surtout des difficultés de méthodologie, de rédaction et de calcul plus que des problèmes de compréhension des concepts physiques. Les questions ouvertes, plus nombreuses que d'habitude, ont eu un succès limité.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Développements limités bâclésQ3, Q20

    Plusieurs questions demandent un développement limité rigoureux (par exemple pour établir la formule de l'effet Doppler ou pour simplifier les célérités dans l'eau). Le jury note un manque de rigueur dans ces calculs.

    « Les développements limités méritent d'être conduits proprement, même en physique. »
  2. 2
    Confusion entre vecteur, norme et projectionQ9

    Le jury relève de nombreuses confusions entre grandeurs vectorielles et scalaires, par exemple entre une composante d'un moment cinétique et la norme du vecteur moment cinétique.

    « beaucoup de confusions entre vecteur, norme et projection »
  3. 3
    Ordres de grandeur non vérifiésQ7

    Une application numérique fausse n'est pas repérée faute de recul sur le résultat obtenu, par exemple une masse de Jupiter estimée supérieure à celle du Soleil.

    « il n'est pas normal de trouver une masse de Jupiter plus grande que celle du Soleil. »
  4. 4
    Démonstrations incomplètes ou peu rigoureuses

    Le jury regrette que peu de candidats mènent une démonstration complète sans oublier une hypothèse ou une flèche sur un vecteur.

    « Un trop petit nombre de candidats est capable de mener rigoureusement une démonstration de A à Z sans oublier une hypothèse »
  5. 5
    Réponses partielles aux questions à plusieurs sous-questions

    Quand une question comporte plusieurs sous-questions, une partie seulement est souvent traitée, ce qui fait perdre des points facilement accessibles.

    « Trop nombreux sont encore les candidats qui ne répondent que partiellement aux questions, notamment lorsque celles-ci contiennent plusieurs sous-questions. »
  6. 6
    Opérateurs vectoriels mal maîtrisésQ33

    La simplification d'expressions avec gradient et divergence appliqués à un champ de vitesse a donné lieu à de nombreuses erreurs sur la nature scalaire ou vectorielle du résultat.

    « beaucoup semblent oublier les relations d'action des différents opérateurs vectoriels »

Ce qui a été bien réussi

  • La question sur la période de révolution de Jupiter (Q4) a été globalement bien traitée.
  • La sous-partie sur l'entraînement des ondes lumineuses dans l'eau (III.1) a été bien traitée.
  • La question ouverte Q6 sur la démarche géométrique de Rømer a obtenu le meilleur taux de réussite parmi les questions ouvertes, avec 15,9 % des candidats ayant obtenu au moins un point.

Conseils du jury

  • Parcourir l'intégralité du sujet lors d'une première lecture rapide pour repérer les questions faciles.
  • Bien s'assurer d'avoir compris l'énoncé d'une question, quitte à le relire plusieurs fois.
  • Référencer correctement les questions traitées et utiliser les notations de l'énoncé.
  • Préciser les hypothèses nécessaires aux calculs et ne pas négliger les applications numériques.
  • Il vaut mieux bien répondre aux questions que l'on sait visiblement faire, en justifiant bien et en concluant explicitement, plutôt que de vouloir traiter tout le sujet.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

Corrigé détaillé

35 questions
Indice, stratégie puis corrigé complet pour chaque question.
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35 questions corrigées une à une : un indice, puis la stratégie, puis le corrigé complet avec le résultat encadré. Chaque question est vérifiée avant publication.

  1. Q1Exprimer la distance en fonction de,, et des instants et. En déduire que la réception des signaux par est…
  2. Q2Exprimer en fonction de, des composantes et de et de l'intervalle de temps entre réceptions,.
  3. Q3En déduire l'expression approchée, au premier ordre en: Dans cette relation, la composante peut être…
  4. Q4On admettra que la Terre et Jupiter ont des orbites circulaires et coplanaires, héliocentriques, parcourues…
  5. Q5Montrer que dans ce référentiel le mouvement de la Terre est circulaire uniforme de vitesse. Quelles sont…
  6. Q6En écrivant que la variation temporelle est directement liée au temps nécessaire à la lumière pour traverser…
  7. Q7Estimer le rapport des masses du Soleil et de Jupiter puis commenter, numériquement, l'écart entre les…
  8. Q8On admet alors l'expression de l'équation de la trajectoire, où et sont des constantes positives. Exprimer…
Voir les 27 autres questions
  1. Q9Exprimer l'accélération de sous la forme et exprimer la constante. Montrer que; préciser le nom et le signe…
  2. Q10On note la vitesse de; sur un tour, c'est une fonction de l'angle. Montrer que le mouvement est caractérisé…
  3. Q11En déduire qu'on peut, sans perdre de généralité, choisir un vecteur constant de norme et dirigé selon de…
  4. Q12Proposer, dans le cas de Mercure, une estimation numérique du rapport. En déduire une estimation de l'effet…
  5. Q13Montrer que cette moyenne se met sous la forme et expliciter la constante en fonction des données; on pourra…
  6. Q14Établir une relation de la forme; ce résultat est-il compatible avec la lente rotation signalée plus haut de…
  7. Q15Exprimer la différence de temps de parcours de la longueur par la lumière dans les deux tubes. En déduire la…
  8. Q16Quel est le déplacement dans un modèle sans entraînement ?
  9. Q17Dans le cadre du modèle d'entraînement partiel, montrer que la longueur minimale des tubes nécessaire au…
  10. Q18Rappeler la loi de composition des vitesses de la mécanique classique. En déduire et puis et; quel modèle…
  11. Q19Écrire et commenter l'expression de en fonction de et. Que devient la loi d'addition relativiste si ?…
  12. Q20On considère maintenant que tandis que avec. Déterminer les vitesses et correspondantes dans.
  13. Q21En déduire les expressions de et. Est-il possible, dans l'expérience de Fizeau, de distinguer le modèle…
  14. Q22Rappeler la relation liant la fréquence fondamentale d'oscillation d'une corde vibrante fixée aux deux…
  15. Q23Exprimer en fonction de,, et l'énergie potentielle de pesanteur du grain mobile. Montrer qu'il existe une…
  16. Q24On ne suppose pas forcément que mais, sous l'influence par exemple du vent, le grain étudié débute en un…
  17. Q25Avant de recommencer à tourner autour du grain suivant, l'arrivée en se traduit par un choc avec dissipation…
  18. Q26Expliciter la fréquence de l'émission sonore par l'avalanche des chocs des grains de sable. Les données de…
  19. Q27En déduire l'expression de puis une forme simplifiée de l'équation de Navier–Stokes.
  20. Q28Rappeler la définition de la compressibilité de l'eau en en déduire le lien entre les fluctuations de la…
  21. Q29Établir les deux équations linéarisées et. En déduire la célérité des ondes acoustiques dans l'eau et faire…
  22. Q30Dans le cas des ondes émises lors du chant d'une baleine près de la surface libre de l'eau, estimer et…
  23. Q31Montrer que et exprimer en fonction de et. Proposer une interprétation simple de la grandeur et commenter sa…
  24. Q32On lit dans la littérature technique que l'atténuation des ondes acoustiques dans l'eau est faible dans le…
  25. Q33Proposer un ordre de grandeur pour, en kilomètre par heure. Expliciter ensuite et avec et en vous limitant…
  26. Q34Montrer les deux équations et et expliciter la grandeur en fonction de, et.
  27. Q35En déduire la célérité des ondes acoustiques en fonction de, et de la valeur obtenue dans l'eau au repos…

Description

Ce sujet distingue la vitesse d'un objet matériel de la célérité d'une onde, à travers deux problèmes totalement indépendants. La partie A part de la mesure de la célérité de la lumière par Rømer, puis étudie les perturbations relativistes de l'orbite de Mercure et l'entraînement des ondes lumineuses dans l'eau (expérience de Fizeau). La partie B s'appuie sur le chant des dunes et sur la propagation d'ondes acoustiques dans un courant d'eau en mouvement.

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Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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Vitesses mécaniques et célérités des ondes

Bien qu'exprimées dans les mêmes unités, les notions de vitesse et de célérité sont bien distinctes. Dans tout le sujet, on appellera vitesse (notée v⃗ ou V⃗ par exemple) la grandeur cinématique associée au déplacement d'un point ou d'un objet matériel, tandis qu'on parlera de célérité (notée c_0, c_a, … ) pour les grandeurs associées à la propagation des ondes (lumineuses, acoustiques, vagues, ...). Dans toute la suite on retiendra que les célérités d'ondes sont des grandeurs positives tandis que les vitesses des objets sont des grandeurs vectorielles, chaque composante étant elle-même une grandeur algébrique.
Ce sujet est divisé en deux problèmes totalement indépendants, dans lesquelles les notions de vitesse et célérité interviennent dans des contextes distincts.
Dans le problème Partie A la célérité des ondes est c_0, celle de la lumière dans le vide et, dans l'approximation non relativiste de la mécanique, les vitesses des objets vérifient ‖v⃗‖≪c_0.
Dans le problème Partie B c'est la célérité c_a des ondes acoustiques (dans des milieux solides, liquides, gaz) qui est étudiée. On rappelle ici que, dans l'approximation acoustique, les vitesses des molécules du fluide vérifient ‖v⃗‖≪c_a.
On notera i^2 = − 1; la base cartésienne associée au repère ( Oxyz ) sera notée ( u⃗_x, u⃗_y, u⃗_z ). Pour un point du plan ( Oxy ) on utilisera aussi les coordonnées polaires ( r, θ ) associées au repère mobile ( u⃗_r, u⃗_θ ). Toutes les valeurs numériques nécessaires sont regroupées dans un tableau unique en fin d'énoncé, ainsi qu'un formulaire mathématique.
Certaines questions, peu ou pas guidées, demandent de l'initiative de la part du candidat. Leur énoncé est repéré par un numéro de question souligné. Il est alors demandé d'expliciter clairement la démarche, les choix et de les illustrer, le cas échéant, par un schéma. Le barème valorise la prise d'initiative et tient compte du temps nécessaire à la résolution de ces questions.

Partie A - Mécanique et célérité de la lumière

Ce problème Partie A étudie trois situations indépendantes entre elles explorant les liens entre la célérité c_0 de la lumière (et des ondes électromagnétiques dans le vide) et les vitesses d'objets matériels :
  • la partie I présente une méthode astronomique de mesure de la célérité de la lumière dans le vide c_0, bien avant bien sûr que celle-ci ne soit définie conventionnellement, par comparaison aux vitesses relatives des planètes;
  • la partie II étudie une manifestation d'une correction relativiste aux lois de la mécanique céleste : les écarts de trajectoire de la planète Mercure aux lois de Kepler du mouvement gravitationnel ;
  • enfin, la partie III s'intéresse à la propagation des ondes lumineuses dans un fluide transparent et entraîné; il s'agit d'une expérience de physique fondamentale datant de la fin du XIX ^e siècle, peu avant la transition entre mécanique classique et relativiste.

I - La mesure de la célérité de la lumière par Rømer

On étudie d'abord un point E qui émet périodiquement un signal lumineux isotrope aux instants t_k = kT, où T est la période d'émission et k ∈ ℕ. Ce signal se propage avec la célérité c_0 puis est reçu au point R qui est en mouvement rectiligne à la vitesse v⃗ et s'éloigne ainsi de E (figure 1). On note t_k^′ et t_(k + 1)^′ les instants de réception des signaux émis à t_k et t_(k + 1) et d_k la distance R_k E à l'instant t_k^′.
Q1. Exprimer la distance d_(k + 1) = R_(k + 1)E en fonction de d_k, c_0, T et des instants t_k^′ et t_(k + 1)^′. En déduire que la réception des signaux par R est périodique de période T^′ et exprimer T^′ en fonction de T, v et c_0. Connaissez-vous le nom usuellement donné à l'effet ainsi mis en évidence?
Figure 1 - Réception d'un signal périodique par un récepteur en éloignement longitudinal
On considère maintenant un point E qui émet périodiquement un signal lumineux isotrope aux mêmes instants t_k = kT; le signal est reçu au point R en mouvement à la vitesse variable v⃗. Comme c_0≫‖v⃗‖ on pourra admettre qu'entre la réception des k-ième et k + 1-ième signaux le déplacement de R est quasiment rectiligne et uniforme (figure 2 ). Les instants de réception sont notés t_k^′ et t_(k + 1)^′ et on aura donc R_k R_(k + 1)^(→−) ≃ v⃗(t_(k + 1)^′ − t_k^′). On choisira l'axe ( Ox ) de sorte que R_k E^(→−) = − d_k u⃗_x.
Figure 2 - Réception d'un signal périodique par un récepteur en mouvement arbitraire
Q2. Exprimer d_(k + 1) = ‖R_(k + 1)E^(→−)‖ en fonction de d_k, des composantes v_x et v_y de v⃗ et de l'intervalle de temps entre réceptions, T^′ = t_(k + 1)^′ − t_k^′.
Q3. En déduire l'expression approchée, au premier ordre en v/c_0 :
T^′ = T/(1 − v_x/c_0)
Dans cette relation, la composante v_x peut être qualifiée de vitesse d'éloignement.
L'astronome danois Rømer proposa à la fin du XVII ^e siècle la première détermination de la célérité c_0 de la lumière en mesurant la période des occultations de l'astre Io, qui est de tous les satellites de Jupiter le plus proche de sa planète; il a donc une rotation rapide autour de celle-ci, avec une période de l'ordre de 43 heures.
Jupiter est une planète assez éloignée du Soleil et par suite sa position change peu pendant une durée aussi courte; la période de rotation de Io autour de Jupiter est aussi bien sûr constante. Cependant, les moments où l'on observe les apparitions successives de Io (correspondant à des fins d'éclipes) dans son mouvement autour de Jupiter changent lentement au cours du temps, du fait des variations de la distance de la Terre à Jupiter, c'est-à-dire essentiellement du fait de la rotation terrestre.
Ainsi, ces occultations se produisent un peu plus tôt ou un peu plus tard que si la distance de la Terre à Jupiter restait fixe. Le phénomène est bien sûr lié à la propagation des ondes lumineuses de Jupiter à la Terre, et c'est ce qui a permis la mesure de c_0.
Le tableau 1 résume les observations de Rømer, c'est-à-dire la mesure de la durée moyenne τ séparant deux apparitions consécutives de Io durant l'année 1676. Au moyen de mesures ultérieures menées pendant huit ans, Rømer finit par conclure que la période τ de ces apparitions varie annuellement avec une valeur moyenne τ_m = 42, 46 heures et une amplitude totale de variation Δτ = τ_(max) − τ_(min) égale à 22 minutes.
Début des mesures 13 mai 13 juin 7 août 14 août 23 août
Valeur de τ (heures) 42,45 42,54 42,50 42,48 42,63
Tableau 1 - Les premières mesures de Rømer
Q4. On admettra que la Terre et Jupiter ont des orbites circulaires et coplanaires, héliocentriques, parcourues dans le même sens. Les données en fin d'énoncé en donnent certaines propriétés. Exprimer puis calculer la période T_J de révolution de Jupiter autour du Soleil.
On poursuit l'étude dans un référentiel qui accompagne Jupiter dans sa rotation autour du Soleil de sorte que l'axe Soleil-Jupiter est fixe, confondu avec l'axe ( Ox ). À l'échelle des mesures réalisées par Rømer, on considérera que le point E d'émission de lumière lors de l'apparition de Io derrière l'ombre de Jupiter est confondu avec le point J qui modélise la position de Jupiter.
Q5. Montrer que dans ce référentiel le mouvement de la Terre est circulaire uniforme de vitesse ‖v⃗‖ = v ≃ 27 km/s. Quelles sont les valeurs extrêmes et moyenne de la vitesse d'éloignement de la Terre par rapport à E?
Q6. En écrivant que la variation temporelle est directement liée au temps nécessaire à la lumière pour traverser la distance entre Jupiter et la Terre, montrer que Δτ ≃ (T_0 v)/(πc_0); en déduire l'estimation proposée par Rømer pour c_0; commenter.
La recherche d'un référentiel galiléen pour l'étude des mouvements des astres a mené à en proposer deux. Le référentiel héliocentrique, noté (R_H), a son origine au centre du Soleil et ses trois axes pointent vers des directions réputées fixes, définies par des étoiles lointaines. Le référentiel de Copernic, noté ( R_K ), a son origine au barycentre du système solaire et pointe vers les mêmes directions fixes.
Les lois de la gravitation de Newton, postérieures (1687) à la mesure de Rømer, ainsi que la mesure précise (bien postérieure) du rayon de la trajectoire de Io autour de Jupiter (voir les données en fin d'énoncé) permettent de comparer les masses des différents constituants du système solaire, donc aussi les positions des centres des référentiels de Copernic (R_K) et héliocentrique (R_H). Dans cette comparaison, on ne tiendra compte dans ce qui suit que de la seule planète Jupiter, la plus massive du système solaire.
Q7. Estimer le rapport des masses M_⊙ du Soleil et M_J de Jupiter puis commenter, numériquement, l'écart entre les centres de ces deux référentiels (R_H) et (R_K).

II - Les perturbations séculaires de l'orbite de Mercure

II. 1 - La trajectoire de Mercure selon les lois de Kepler

Mercure est la planète la plus proche du Soleil ; de plus, sa trajectoire est fortement excentrique, caractérisée par des distances minimale et maximale au Soleil nettement distinctes (cf. données en fin d'énoncé). Notant (Oxy) le plan de la trajectoire parcourue dans le sens direct, O le centre du référentiel galiléen d'étude, le mouvement de Mercure sera (cf. figure 3) assimilé à celui d'un point matériel M décrit en coordonnées polaires ( r, θ ).
Figure 3 - Trajectoire de Mercure selon les lois de Kepler
Q8. On admet alors l'expression r = p/(1 + ecosθ) de l'équation de la trajectoire, où p et e sont des constantes positives. Exprimer puis calculer les paramètres p et e de la trajectoire de Mercure en fonction des données r_(max) et r_(min).
Q9. Exprimer l'accélération de M sous la forme a⃗ = − K/(r^2)u⃗_r et exprimer la constante K. Montrer que r^2 θ˙ = C_a; préciser le nom et le signe de la constante C_a.
Q10. On note v⃗ la vitesse de M; sur un tour, c'est une fonction v⃗(θ) de l'angle θ. Montrer que le mouvement est caractérisé par (dv⃗)/(dθ) = 1/H(du⃗_θ)/(dθ) où H est une constante positive que l'on précisera.
Q11. En déduire qu'on peut, sans perdre de généralité, choisir un vecteur constant e⃗ de norme e et dirigé selon ( Oy ) de sorte que Hv⃗ = u⃗_θ + e⃗ puis vérifier que la projection de cette relation sur u⃗_θ permet de retrouver l'équation de la trajectoire, avec p = (C_a^2)/K.

II. 2 - Correction relativiste pour la trajectoire de Mercure

La trajectoire de Mercure est en fait perturbée par les autres planètes du système solaire. Cependant, on sait depuis le XIX ^e siècle que, même après correction de ces influences gravitationnelles, l'axe des absides (la droite qui joint le périhélie et l'aphélie de la trajectoire de Mercure) tourne très lentement dans le sens direct et dans le plan de sa trajectoire de α = 42^(′′) (secondes d'arc) par siècle. Il n'est possible de rendre compte de ce phénomène que dans le cadre de la mécanique relativiste. Nous adopterons ici une expression corrigée de l'accélération utilisée ci-dessus :
a⃗ = − K/(r^2)[1 + γ(v_θ^2)/(c_0^2)]u⃗_r
où γ est une constante qui reste à évaluer, v_θ = v⃗ ⋅ u⃗_θ est la composante orthoradiale de la vitesse et c_0 est la célérité de la lumière dans le vide. On notera qu'il s'agit toujours d'un problème à force centrale, avec en particulier la constante des aires C_a.
Q12. Proposer, dans le cas de Mercure, une estimation numérique du rapport v_θ/c_0. En déduire une estimation de l'effet relativiste sur la rotation de Mercure, cumulé au bout d'un siècle. On pourra supposer que γ reste de l'ordre de grandeur de l'unité.
Pour tenir compte de ce qui précède, on cherche une solution des équations du mouvement avec correction relativiste sous la forme :
v⃗ = K/(C_a)[u⃗_θ + e⃗(t)]
et on cherche à caractériser les variations lentes du vecteur e⃗(t), appelé vecteur excentricité sous l'action du supplément d'accélération relativiste a⃗_(rel) = − (γK)/(r^2)(v_θ^2)/(c_0^2)u⃗_r, qu'on remplacera dans tout ce qui suit par sa valeur moyenne au cours d'une période T du mouvement keplerien (non perturbé).
Q13. Montrer que cette moyenne se met sous la forme ⟨a⃗_(rel)⟩ = AγK/(C_a)u⃗_z ∧ e⃗ et expliciter la constante A en fonction des données; on pourra dans la suite admettre que A = 2, 2 ⋅ 10^(− 14)SI.
Q14. Établir une relation de la forme (de⃗)/(dt) = Ω⃗ ∧ e⃗; ce résultat est-il compatible avec la lente rotation signalée plus haut de l'axe des absides de 42^(′′) d'arc par siècle? Le cas échéant, proposer une valeur numérique du coefficient γ. Dans le cadre de la théorie de la relativité générale d'Einstein, γ est un entier.

III - Propagation de la lumière dans un fluide en mouvement

III. 1 - L'entraînement des ondes lumineuses dans l'eau

En 1851, Fizeau réalise une expérience d'interférence dans un dispositif présentant deux tubes contenant de l'eau en mouvement, en sens inverse. La figure 4 en présente le principe : dans deux tubes la célérité de lumière est respectivement dans le même sens et en sens inverse de la vitesse v de l'eau, liquide transparent d'indice n. La source de lumière utilisée est monochromatique, de longueur d'onde λ_0 (dans le vide).
Figure 4 - Le principe de l'expérience de Fizeau
On notera respectivement c_0, c_1 et c_2 les célérités (vitesses de phase) de la propagation de la lumière dans le vide et dans les deux tubes, de même longueur L. On notera aussi Δc = c_1 − c_2 et c_m = √(c_1 c_2) la célérité «moyenne»; comme |Δc|≪c_m on peut aussi écrire c_m ≃ 1/2(c_1 + c_2).
Q15. Exprimer la différence de temps de parcours Δt = t_2 − t_1 de la longueur L par la lumière dans les deux tubes. En déduire la différence de phase Δφ = φ_2 − φ_1 acquise du fait de la propagation dans ces deux tubes en fonction de L, λ_0, c_0, c_m et Δc.
Le but de l'expérience était de distinguer entre plusieurs modèles théoriques de l'époque :
  • le modèle sans entraînement de la lumière par l'eau, avec Δc = 0 et c_m = c_0/n;
  • le modèle d'entraînement total de la lumière par l'eau, avec Δc = 2v et c_m = c_0/n;
  • le modèle d'entraînement partiel de la lumière, proposé par Fresnel en 1819, avec un raisonnement assez complexe aboutissant à Δc = 2v[1 − 1/n^2] et c_m = c_0/n.
    Si le dispositif est inséré au sein d'un système interférentiel, il sera possible de distinguer entre les différents modèles théoriques seulement si le déplacement de ΔN franges d'interférence (par rapport à une situation où l'eau est immobile) dépasse une valeur seuil ΔN_(min) qui dépend de l'expérience. On supposera que la différence de marche au point d'observation ne dépend que de Δφ calculé en Q15.
Q16. Quel est le déplacement ΔN dans un modèle sans entraînement?
Q17. Dans le cadre du modèle d'entraînement partiel, montrer que la longueur minimale des tubes nécessaire au succès de l'expérience est :
L > L_(min) = ΔN_(min)(λ_0 c_0)/(2v(n^2 − 1)).
Faire et commenter l'application numérique si n = 1, 33, λ_0 = 550 nm, v = 7 m/s et ΔN_(min) = 0, 75. Une telle longueur suffira-t-elle pour valider ou invalider le modèle d'entraînement total?

III. 2 - Le modèle classique des vitesses d'entraînement

On peut expliciter partiellement les modèles proposés dans un cadre mécanique. La célérité des ondes lumineuses relativement au référentiel R^′ lié à l'eau est c⃗_(ol/R^′) = (c_0/n)u⃗_x tandis que la vitesse d'entraînement de ce référentiel relativement au référentiel du laboratoire R est v⃗_e = ± vu⃗_x selon le tube étudié. Les célérités cherchées c⃗_1 et c⃗_2 sont alors les vitesses de la lumière relativement à R, telles qu'elles se déduisent des lois de composition des vitesses.
Q18. Rappeler la loi de composition des vitesses de la mécanique classique. En déduire c_1 et c_2 puis Δc et c_m; quel modèle retrouve-t-on ainsi ?
Les mesures de Fizeau ont conclu à la validité du modèle d'entraînement partiel de Fresnel.

III. 3 - Le modèle relativiste pour les ondes lumineuses dans l'eau

À partir de 1905, un modèle nouveau se substitue au précédent : celui de la relativité restreinte. Dans ce cadre, et toutes les vitesses étant des grandeurs algébriques dirigées par ( Ox ), la loi de composition des vitesses prend la forme (admise ici) :
v_(M/R) = (v_e + v_(M/R^′))/(1 + (v_e ⋅ v_(M/R^′))/(c_0^2))
si on note v_(M/R) (resp. v_(M/R^′) ) la vitesse de M relativement au référentiel R (resp. R^′ ) et v_e la vitesse d'entraînement de R^′ relativement à R.
Q19. Écrire et commenter l'expression de v_(M/R^′) en fonction de v_(M/R) et v_e. Que devient la loi d'addition relativiste si v_(M/R) = ± c_0 ? Commenter.
Q20. On considère maintenant que v_(M/R^′) = c_0/n tandis que v_e = ± v avec v≪c_0. Déterminer les vitesses c_1 et c_2 correspondantes dans R.
Q21. En déduire les expressions de Δc et c_m. Est-il possible, dans l'expérience de Fizeau, de distinguer le modèle relativiste du modèle d'entraînement partiel de Fresnel?

Partie B - Mécanique et célérité des ondes acoustiques

Ce problème Partie B étudie deux situations totalement indépendantes entre elles illustrant les liens entre la célérité c_a des ondes acoustiques dans divers substrats et les vitesses d'objets matériels :
  • la partie I décrit le lien entre la vitesse d'avalanche des grains de sable des dunes et les ondes sonores émises à cette occasion : le chant des dunes;
  • la partie II s'intéresse à la propagation des ondes acoustiques dans un fluide globalement entraîné (comme par exemple l'eau d'un courant marin océanique).

I - Le chant des dunes

Le phénomène étudié ici est connu depuis très longtemps : il s'agit de l'émission d'ondes acoustiques dans l'air qui surmonte les dunes de sable lors de micro-avalanches, c'est le chant des dunes. Des observations scientifiques réalisées depuis la fin du XIX ^e siècle fournissent les résultats suivante : la fréquence du son émis va de 60 Hz (désert) à 1 kHz (plages) ; le chant produit lors d'écoulements disparaît lorsque le sable est humide ou mélangé avec des poussières.
Une première interprétation est alors proposée, liant le son entendu à la résonance des ondes acoustiques au sein des grains de sable formant des cavités résonantes de la dimension d du diamètre des grains de sable eux-mêmes. On cherche à confronter ce modèle à quelques mesures récentes de fréquences moyennes de chant et de diamètres moyens des grains de sable (table 2, extrait de la thèse de S. Dagois-Bohy, 2010).
Dune fréquence f, Hz diamètre d, μ m
Al Wagan (Oman) 80 ± 3 200 ± 70
Dumont (USA) 83 ± 7 174 ± 50
Eureka (USA) 90 ± 15 165 ± 50
Mar de dunas (Chili) 97 ± 4 168 ± 40
Omega 1 (Maroc) 100 ± 5 155 ± 20
Tableau 2 - Caractéristiques du chant de quelques dunes
Q22. Rappeler la relation liant la fréquence fondamentale f_1 d'oscillation d'une corde vibrante fixée aux deux extrémités d'une cavité de longueur d en fonction de la célérité c_a de l'onde. Sachant que la célérité des ondes acoustiques dans un solide (comme le sable) est nettement supérieure à sa célérité dans l'air ( ≃ 350 m ⋅ s^(− 1) à 30^∘C ), que penser de ce premier modèle?
Une autre interprétation de ce phénomène a été proposée au Laboratoire Matière et Systèmes Complexes de l'université Paris-Cité. Dans ce cadre une partie de l'écoulement des grains de sable de la dune «a une vitesse homogène, comme un bloc solide ». On décrira la dune de sable comme un empilement compact de sphères de diamètre d, alignées en formant un angle α avec l'horizontale (figure 5, à gauche) et dont les grains de la couche supérieure sont susceptibles de glisser vers le bas.
Figure 5 - Modèle de glissement d'une bille sur une couche de sable
On étudie (figure 5, à droite) le mouvement de glissement sans aucun frottement d'un grain de sable sphérique, homogène de masse m, dont le barycentre passe de la position initiale G_i à la position finale G_f; il reste en permanence au contact des grains, supposés fixes, de la couche inférieure.
Q23. Exprimer en fonction de m, g, d et θ l'énergie potentielle de pesanteur du grain mobile. Montrer qu'il existe une valeur minimale α_(min) de α qui empêche la position initiale de former un équilibre stable.
Q24. On ne suppose pas forcément que α > α_(min) mais, sous l'influence par exemple du vent, le grain étudié débute en G_i un mouvement de translation circulaire de centre O avec la vitesse v_i. En l'absence de tout frottement, déterminer sa vitesse v_f lorsque le centre du grain parvient en G_f en fonction de v_i, g, d et α. On pourra remarquer que cos(a + b) − cos(a − b) = − 2sin(a)sin(b).
Q25. Avant de recommencer à tourner autour du grain suivant, l'arrivée en G_f se traduit par un choc avec dissipation d'une fraction ε de l'énergie cinétique ; ainsi la translation circulaire suivante recommence avec v_i^(′2) = (1 − ε)v_f^2. Expliciter v_i^(′2) en fonction de v_i^2, ε, g, d et α et en déduire que la vitesse d'un grain tend vers une limite v_(lim) telle que v_(lim)^2 = κgd où on exprimera la grandeur κ > 0 en fonction de α et ε.
On suppose enfin que le mouvement des grains pendant la totalité de l'avalanche se fait à vitesse quasiment constante v telle que v^2 = κgd. Les grains de sable heurtent alors périodiquement la couche sur laquelle ils glissent et émettent le son identifié comme le chant de la dune.
Q26. Expliciter la fréquence f de l'émission sonore par l'avalanche des chocs des grains de sable. Les données de la table 2 sont elles compatibles avec ce modèle? Si oui, estimer la constante κ. Selon vous, ce modèle reste-il pertinent dans le cas du chant des plages?

II - Propagation des ondes acoustiques et entraînement par l'eau

On s'intéresse dans cette partie II à la propagation d'ondes acoustiques dans l'eau, en présence du champ de pesanteur d'intensité g⃗ = − gu⃗_z et d'un éventuel mouvement d'ensemble de l'eau (circulation dans une canalisation, courant marin...) de vitesse uniforme et constante v⃗_0 = v_0 u⃗_x. Ainsi, la pression et la vitesse dans l'eau seront caractérisées, en notations complexes, par :
p(r⃗, t) = p_(st)(z) + p_1 exp[i(ωt − k⃗ ⋅ r⃗)] v⃗(r⃗, t) = v_0 u⃗_x + v⃗_1 exp[i(ωt − k⃗ ⋅ r⃗)]
où p_(st)(z) désigne la répartition statique de pression (en l'absence d'onde) avec, à la surface libre z = 0 de l'eau, p_(st)(0) = p_0 = 1 bar ; on se limitera à |p_1|≪p_(st)(z) et ‖v⃗_1‖≪v_0≪c_a où c_a désignera la célérité de l'onde ainsi étudiée. On rappelle l'équation dynamique de Navier-Stokes qui lie les évolutions de la pression p, de la vitesse v⃗ et de la masse volumique ρ en fonction de la viscosité dynamique de l'eau η :
ρ[(∂v⃗)/(∂t) + (v⃗ ⋅ grad^(→−))v⃗] = − grad^(→−)p + ρg⃗ + ηΔv⃗
Q27. En déduire l'expression de dp_(st)/dz puis une forme simplifiée de l'équation de Navier-Stokes.
Dans toute la suite on pourra noter les expressions complexes de la pression p(r⃗, t) = p_(st)(z) + p_–, de la masse volumique ρ(r⃗, t) = ρ_0 + ρ_– et de la vitesse v⃗(r⃗, t) = v_0 u⃗_x + v⃗_–. Dans ces expressions, p_(st)(z), ρ_0 et v_0 u⃗→_x désignent les valeurs moyennes en l'absence d'onde tandis que p_–, ρ_– et v⃗_– désignent les (petites) fluctuations de ces grandeurs dues à l'onde.

II. 1 - Propagation et atténuation des ondes acoustiques

Q28. Rappeler la définition de la compressibilité χ de l'eau en en déduire le lien entre les fluctuations p_– de la pression et ρ_– de la masse volumique, en se limitant au premier ordre.
Dans l'eau, l'intensité acoustique (des sonars par exemple) est mesurée par I_(dB) = 20log_(10)(|p_–|)/(p_(ref)) où p_(ref) = 1μ Pa; les sonars les plus puissants atteignent (exceptionnellement) I_(dB) = 240 dB, dépassant ainsi les chants des baleines qui atteignent au maximum I_(dB) = 180 dB.
On s'intéresse d'abord à la propagation des ondes acoustiques dans un fluide parfait ( η = 0 ) en l'absence de courant d'ensemble ( v_0 = 0 ).
Q29. Établir les deux équations linéarisées ρ_0 ωv⃗_– = k⃗p_– et k⃗ ⋅ v⃗_– = χωp_–. En déduire la célérité c_a des ondes acoustiques dans l'eau et faire l'application numérique.
Q30. Dans le cas des ondes émises lors du chant d'une baleine près de la surface libre de l'eau, estimer et commenter les amplitudes des ondes de masse volumique |ρ_–| et de vitesse |v⃗_–|.
On cherche maintenant à connaître l'effet de la prise en compte de la viscosité de l'eau sur la propagation des ondes acoustiques. On exprime à cet effet l'équation de dispersion donnant k⃗^2 en fonction de ω, c_a et d'autres caractéristiques du fluide ( k⃗^2 peut être une fonction complexe). En l'absence de viscosité, k⃗^2 = f_0(ω, c_a).
Q31. Montrer que k⃗^2 = (f_0(ω, c_a))/(1 + iω/(ω_c)) et exprimer ω_c en fonction de η et χ. Proposer une interprétation simple de la grandeur ω_c et commenter sa valeur numérique.
Q32. On lit dans la littérature technique que l'atténuation des ondes acoustiques dans l'eau est faible dans le domaine audio basse fréquence; à plus haute fréquence et pour les ultrasons elle s'exprime par un coefficient d'atténuation β qui s'exprime en décibel par kilomètre. Justifier cette affirmation puis exprimer le coefficient β en fonction notamment de la viscosité de l'eau, avant de proposer un application numérique pour deux domaines de fréquences dont vous justifierez le choix. Comparer aux mesures effectuées dans l'atlantique pour lesquelles β ∼ 0, 12 dB/km aux fréquences audio, et conclure.

II. 2 - Entraînement de l'onde acoustique par un courant d'ensemble

On revient ici à l'étude des ondes acoustiques dans un fluide parfait ( η = 0 ) mais on tient compte de la vitesse d'ensemble de l'eau, uniforme et constante v⃗_0 = v_0 u⃗_x; l'onde se propage dans une direction caractérisée par le vecteur d'onde réel k⃗ = ku⃗ où k > 0 et u⃗ est un vecteur unitaire. La vitesse des courants océaniques en particulier vérifie |v_1|≪v_0≪c_a.
Q33. Proposer un ordre de grandeur pour v_0, en kilomètre par heure. Expliciter ensuite div(ρv⃗) et (v⃗ ⋅ grad ^(→−))v⃗ avec v⃗ = v⃗_0 + v⃗_– et ρ = ρ_0 + ρ_– en vous limitant aux termes du premier ordre en ρ_– et v⃗_–.
Q34. Montrer les deux équations ρ_0 v⃗_–(ω − Ω) = p_–k⃗ et k⃗ ⋅ v⃗_– = (ω − Ω)p_–χ et expliciter la grandeur Ω en fonction de v_0, k et u⃗ ⋅ u⃗_x = cosθ.
Q35. En déduire la célérité c_a^′ des ondes acoustiques en fonction de v_0, cosθ et de la valeur c_a obtenue dans l'eau au repos. Peut-on parler de loi de composition des vitesses?

Données numériques

Grandeur notation valeur unité
Accélération de la pesanteur au sol g 9,8 m ⋅ s^(− 2)
Célérité de la lumière dans le vide c_0 3, 00 ⋅ 10^8 m ⋅ s^(− 1)
Compressibilité isentropique de l'eau χ 4, 10 ⋅ 10^(− 10) Pa^(− 1)
Constante de la gravitation universelle G 6, 67 ⋅ 10^(− 11) m^3 ⋅ s^(− 2) ⋅ kg^(− 1)
Distance moyenne Jupiter-Soleil d_(JS) 7, 78 ⋅ 10^(11) m
Distance moyenne Jupiter-Io d_(JI) 4, 22 ⋅ 10^8 m
Distance minimale de Mercure au Soleil r_(min) 4, 60 ⋅ 10^(10) m
Distance maximale de Mercure au Soleil r_(max) 6, 98 ⋅ 10^(10) m
Jour (solaire moyen) 24 h 86400 s
Masse du Soleil M_⊙ 1, 99 ⋅ 10^(30) kg
Masse volumique moyenne de l'eau ρ_0 1, 00 ⋅ 10^3 kg ⋅ m^(− 3)
Période de révolution terrestre (année) T_0 365 jour
Rayon moyen du Soleil R_S 6, 96 ⋅ 10^8 m
Rayon moyen de Jupiter R_J 6, 99 ⋅ 10^7 m
Seconde d'arc 1^(′′) 4, 85 ⋅ 10^(− 6) rad
Unité astronomique (distance Terre-Soleil) a_0 1, 49 ⋅ 10^(11) m
Viscosité dynamique de l'eau η 1, 20 ⋅ 10^(− 3) Pa ⋅ s

Suite arithmético-géométrique

Si u_(n + 1) = αu_n + β où |α| < 1, la suite réelle {u_n}_(n ∈ ℕ) tend, pour n → ∞, vers la limite u_∞ = β/(1 − α), quelle que soit la valeur initiale u_0.

Quelques intégrales trigonométriques

∫_0^(2π)cosθdθ = ∫_0^(2π)sinθdθ = 0 ∫_0^(2π)cos^3 θdθ = ∫_0^(2π)sin^3 θdθ = 0; ∫_0^(2π)cos^2 θdθ = ∫_0^(2π)sin^2 θdθ = π

Analyse vectorielle en coordonnées cartésiennes :

grad^(→−)F = (∂F)/(∂x)u⃗_x + (∂F)/(∂y)u⃗_y + (∂F)/(∂z)u⃗_z, divA⃗ = (∂A_x)/(∂x) + (∂A_y)/(∂y) + (∂A_z)/(∂z); (A⃗ ⋅ grad^(→−))B⃗ = A_x(∂B⃗)/(∂x) + A_y(∂B⃗)/(∂y) + A_z(∂B⃗)/(∂z), div(FA⃗) = FdivA⃗ + grad^(→−)F ⋅ A⃗

Questions fréquentes

5 questions
Sur quels chapitres porte le sujet de Physique 1 Centrale-Supélec PC 2025 ?
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Sur quels chapitres porte le sujet de Physique 1 Centrale-Supélec PC 2025 ?

Le sujet mêle mécanique du point et forces centrales (lois de Kepler), effet Doppler, optique interférentielle (expérience de Fizeau) et ondes acoustiques avec mécanique des fluides. Il compare systématiquement la vitesse d'un objet matériel à la célérité d'une onde.

Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées pour Centrale-Supélec Physique 1 PC 2025 ?

Le rapport pointe surtout un manque de rigueur dans les démonstrations et les développements limités, des confusions entre vecteurs et scalaires, et des applications numériques données sans recul sur l'ordre de grandeur. La forme des copies (ratures, écriture peu soignée) a aussi entraîné des malus.

Le sujet de Physique 1 Centrale-Supélec PC 2025 est-il difficile ?

Le rapport le décrit comme un sujet exigeant, demandant une autonomie importante, et précise qu'il a été abordé en totalité par peu de candidats.

Faut-il traiter tout le sujet de Physique 1 Centrale-Supélec PC 2025 pour avoir une bonne note ?

Non, le jury rappelle explicitement qu'il n'est pas nécessaire de traiter l'intégralité du sujet et qu'il vaut mieux bien répondre aux questions que l'on maîtrise.

Le sujet de Physique 1 Centrale-Supélec PC 2025 demande-t-il des connaissances hors programme ?

Non, le rapport indique qu'aucune connaissance hors programme n'est nécessaire pour traiter la totalité du sujet, la mécanique classique et la propagation d'ondes relevant de la première année, et les ondes acoustiques ainsi que la mécanique des fluides relevant du programme de deuxième année.

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