WikiPrépaLivrets

X ENS Physique B PC 2025Sujet, corrigé et rapport du jury

Production et caractérisation d'impulsions laser attosecondes

3,2(37 votes)
Faisable en Sup

Faisable en sup ?

Faisable en partie en PCSI : 31 questions sur 41, partie III en entier. Autres questions faisables en PCSI

Autres premières années : MPSI 32 questions.

Détail par partie

Téléchargements

Présentation du sujet

Difficile
Production et mesure d'impulsions laser attosecondes (génération d'harmoniques, méthode RABITT, spectromètre magnétique)
Afficher ou masquer la section

Le sujet étudie la production et la mesure d'impulsions laser attosecondes, un thème lié aux travaux qui ont valu le prix Nobel de physique 2023 à Anne L'Huillier et Pierre Agostini. Il est construit en trois parties largement indépendantes : la génération d'harmoniques par focalisation d'un laser sur de l'argon, la mesure de la durée de l'impulsion par la méthode interférométrique RABITT, puis le principe d'un spectromètre magnétique servant à mesurer l'énergie des électrons émis. Le jury souligne un sujet demandant surtout une bonne compréhension physique, avec peu de longs calculs.

  1. 1Partie I : Production de l'impulsion lumineuseÉtude du modèle de Bohr, de la focalisation d'un faisceau laser gaussien sur de l'argon, puis du mouvement classique d'un électron dans le champ du laser pour expliquer la génération d'harmoniques selon le modèle en trois étapes.
  2. 2Partie II : Mesure de la durée de l'impulsionAnalyse de la superposition d'harmoniques pour former une impulsion brève, puis description de la méthode interférométrique RABITT permettant de mesurer les phases relatives des harmoniques.
  3. 3Partie III : Spectromètre magnétiqueÉtude du mouvement d'un électron dans un champ magnétique pour comprendre le principe du spectromètre qui mesure l'énergie cinétique des électrons émis.

Difficile. Le rapport indique que le sujet s'est révélé particulièrement sélectif et que la majorité des candidats n'a traité qu'un peu moins de la moitié des questions proposées.

L'épreuve en chiffres

Moyenne 9,42 / 20 · écart-type 3,37 · 1 340 présents · où vous situez-vous ?
Afficher ou masquer la section
Moyenne
9,42/ 20
Écart-type
3,37
Présents
1 340
Coefficient
6
Durée
4 h
moyenne 9,4205101520
Deux tiers des copies environ (moyenne ± écart-type)

Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.

Source : document officiel du concours, épreuve du 16 avril 2025. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Erreurs d'ordre de grandeur dans les applications numériques (Q3) · Conditions de Gauss énoncées mais non vérifiées (Q5) · Comparaison hasardeuse entre le laser et le rayonnement solaire (Q9)
Afficher ou masquer la section

Le jury a trouvé le sujet remarquable, original et bien construit, avec des questions qui demandaient surtout de comprendre la physique sous-jacente plutôt que de mener de longs calculs. Le sujet s'est montré particulièrement sélectif : les candidats qui n'ont pas su mobiliser avec le recul nécessaire différentes parties du programme de CPGE ont perdu pied progressivement. La majorité des candidats n'a traité qu'un peu moins de la moitié des questions proposées.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Erreurs d'ordre de grandeur dans les applications numériques (Q3)Q3

    Une division simple de la longueur d'onde du laser par la vitesse de la lumière a donné, chez plusieurs candidats, un résultat aberrant sans que cela les alerte sur une erreur de calcul.

    « ne fera jamais quelque chose de l'ordre de 10 »
  2. 2
    Conditions de Gauss énoncées mais non vérifiées (Q5)Q5

    De nombreux candidats se sont contentés de rappeler les conditions de l'approximation de Gauss sans vérifier explicitement qu'elles étaient satisfaites pour la configuration du problème.

    « il ne suffisait pas de dire que la taille du faisceau est petite »
  3. 3
    Comparaison hasardeuse entre le laser et le rayonnement solaire (Q9)Q9

    Pour estimer l'ordre de grandeur du champ électrique, une partie des candidats a assimilé le rayonnement du Soleil à celui d'un laser dont le waist correspondrait à la taille de la Terre, ce qui n'a pas de sens physique.

    « de la science-fiction »
  4. 4
    Confusion entre parité de la fonction et parité du rang des harmoniques (Q16)Q16

    Beaucoup de candidats ont confondu la parité de la fonction x(t) avec la parité du rang des harmoniques présentes dans sa décomposition en série de Fourier, alors que ces deux notions sont distinctes.

    « et le rang des harmoniques (pair ou impair) »
  5. 5
    Tracé de courbe incomplet par rapport à la consigne (Q20)Q20

    Il fallait tracer x(t/T) pour trois instants initiaux différents sur un même graphique, en respectant les intervalles précisés dans l'énoncé, et non se contenter de reproduire la figure fournie plus loin dans le sujet.

    « il ne fallait pas se contenter de recopier ou reproduire le graphe »
  6. 6
    Intensité derrière un réseau mal reconnue malgré un résultat de cours (Q28)Q28

    Le calcul de l'intensité lumineuse derrière un réseau est explicitement au programme, mais peu de candidats ont su mener ce calcul jusqu'au bout ou identifier le résultat obtenu comme la fonction d'Airy.

    « grand classique de l'optique ondulatoire »

Ce qui a été bien réussi

  • Q12 : l'effet tunnel a été identifié par la majorité des candidats pour expliquer le départ de l'électron même sous le champ de saturation.
  • Q14 : cette question, portant sur l'intégration de l'équation du mouvement, a généralement été bien traitée.
  • Q30 : l'expression de l'énergie d'un photon associé à une harmonique de rang q est une relation bien connue des candidats.

Conseils du jury

  • Présenter une copie propre et lisible, pour que le correcteur puisse suivre facilement le raisonnement et constater qu'un résultat est réellement démontré.
  • Encadrer systématiquement les résultats une fois démontrés, en particulier les applications numériques.
  • Vérifier l'homogénéité dimensionnelle de chaque résultat : un résultat faux dimensionnellement ne rapporte aucun point.
  • Respecter les règles de tracé d'une courbe : asymptotes correctement identifiées, points remarquables positionnés avec précision, axes orientés et légendés avec leurs unités.
  • Gérer son temps avec soin, car une grande partie des candidats n'a traité qu'un peu moins de la moitié des questions du sujet.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

Corrigé détaillé

41 questions
Indice, stratégie puis corrigé complet pour chaque question.
Afficher ou masquer la section

41 questions corrigées une à une : un indice, puis la stratégie, puis le corrigé complet avec le résultat encadré. Chaque question est vérifiée avant publication.

  1. Q1Dans le cadre du modèle de Bohr de l'atome d'hydrogène, déterminer l'expression de la période de révolution…
  2. Q2On utilise un laser de longueur d'onde. Dans quel domaine du spectre électromagnétique se trouve-t-il ?
  3. Q3Calculer numériquement la période de l'onde émise par le laser, et le rang minimum des harmoniques de…
  4. Q4Le faisceau incident a un waist dont la valeur numérique est. Déterminer l'ordre de grandeur de sa longueur…
  5. Q5On focalise ce faisceau cylindrique au moyen d'une lentille mince de focale, dont le plan est…
  6. Q6On admet que le faisceau émergent est également un faisceau gaussien. Dessiner l'allure de ce faisceau…
  7. Q7Le laser délivre des impulsions d'énergie pendant une durée. Déterminer l'ordre de grandeur littéral puis…
  8. Q8Déterminer l'ordre de grandeur littéral de l'amplitude maximale du champ électrique de l'onde…
Voir les 33 autres questions
  1. Q9Le flux énergétique surfacique que la Terre reçoit du Soleil au-dessus de l'atmosphère est celui d'une onde…
  2. Q10On note l'énergie d'ionisation de l'atome d'argon (). On rappelle que les énergies d'ionisation des atomes…
  3. Q11On assimile pour simplifier l'atome d'argon à un atome d'hydrogène, comme à la question 1. Lorsque l'atome…
  4. Q12L'électron est dans un état d'énergie mécanique. Montrer que si dépasse une valeur dite de « saturation » et…
  5. Q13Nommer l'effet quantique qui permet à l'électron de s'échapper, selon une certaine probabilité, même si.
  6. Q14On reprend le modèle unidimensionnel de la question 11, mais avec un champ extérieur qui varie au cours du…
  7. Q15On s'intéresse au mouvement forcé, défini comme une solution de cette équation qui soit périodique, et de…
  8. Q16Dans la décomposition de en série de Fourier, quelles sont les harmoniques compatibles avec cette condition ?
  9. Q17On s'intéresse aux trajectoires pour lesquelles l'électron s'échappe de l'atome. On reprend l'équation du…
  10. Q18Calculer l'énergie cinétique moyenne de l'électron, notée, en régime sinusoïdal forcé où est périodique. On…
  11. Q19Intégrer l'équation du mouvement de la question 17 pour un électron partant de l'origine sans vitesse…
  12. Q20Tracer sur un même graphique l'allure de la variation de en fonction de pour, et, pour variant entre et.
  13. Q21La figure 1 donne l'allure de la variation de pour quatre autres valeurs de. On remarque que pour ces…
  14. Q22Lorsque l'électron revient au point de départ, il peut se recombiner avec le noyau. Ce modèle est connu sous…
  15. Q23Sur la figure 1, indiquer la courbe pour laquelle l'énergie cinétique est maximale. Quelle est la courbe…
  16. Q24Exprimer en fonction de, et.
  17. Q25La figure 2 représente la variation de en fonction de. Recopiez sommairement cette courbe sur votre copie et…
  18. Q26La figure 3 représente, sur une échelle des ordonnées logarithmique, la variation de l'intensité de la…
  19. Q27Exprimer la puissance instantanée (à une constante multiplicative globale près) en fonction des et des…
  20. Q28On considère d'abord le cas où l'onde est composée de harmoniques successives de à, d'amplitude et de phase…
  21. Q29Montrer que la position temporelle des pics de puissance se décale si les phases sont en progression…
  22. Q30Rappeler l'expression de l'énergie d'un photon dans l'harmonique de rang.
  23. Q31D'après la figure 3, le faisceau d'harmoniques ne comprend que les harmoniques impaires, et deux pics…
  24. Q32Exprimer la probabilité correspondante, et tracer sa variation en fonction de. Pourquoi parle-t-on…
  25. Q33La mesure de l'énergie cinétique de l'électron donne accès à la valeur de (voir la fin du problème). La…
  26. Q34Comment, sur la figure 4, peut-on vérifier si est indépendant de ?
  27. Q35Dans ce cas, donner une estimation de la durée de l'impulsion du faisceau d'harmoniques.
  28. Q36On considère d'abord le mouvement d'un électron dans un champ magnétique uniforme, la vitesse initiale de…
  29. Q37En déduire la valeur absolue du moment cinétique de l'électron par rapport au centre de la trajectoire…
  30. Q38On considère maintenant le cas d'une vitesse initiale quelconque. On note l'angle entre et. Le mouvement…
  31. Q39Indiquer comment varie la norme du champ magnétique de gauche à droite le long d'une ligne de champ.
  32. Q40Lorsque le champ vu par l'électron varie lentement le long de sa trajectoire, son mouvement dans le plan…
  33. Q41Les électrons produits par l'effet photoélectrique ont des directions aléatoires. Le but est de recueillir…

Description

Le sujet étudie la production et la mesure d'impulsions laser attosecondes, un thème lié aux travaux qui ont valu le prix Nobel de physique 2023 à Anne L'Huillier et Pierre Agostini. Il est construit en trois parties largement indépendantes : la génération d'harmoniques par focalisation d'un laser sur de l'argon, la mesure de la durée de l'impulsion par la méthode interférométrique RABITT, puis le principe d'un spectromètre magnétique servant à mesurer l'énergie des électrons émis. Le jury souligne un sujet demandant surtout une bonne compréhension physique, avec peu de longs calculs.

Ces sujets peuvent vous intéresser

Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
Afficher ou masquer la section

ECOLE POLYTECHNIQUE - ESPCI ECOLES NORMALES SUPERIEURES

CONCOURS D'ADMISSION 2025

MERCREDI 16 AVRIL 2025 08h00-12h00
FILIERE PC - Epreuve n ^∘5

PHYSIQUE B (XEULS)

Production et caractérisation d'impulsions laser attosecondes

On se contentera de réponses courtes, sauf lorsqu'il est demandé de justifier un résultat donné.
Les applications numériques seront données avec un seul chiffre significatif.
Les parties I, II et III peuvent être résolues de manière indépendante pour l'essentiel.
Ce problème traite de la production d'impulsions lumineuses durant une centaine d'attosecondes ( 1 as = 10^(− 18) s ). Ces recherches ont valu aux français Anne L'Huillier et Pierre Agostini de recevoir le prix Nobel de physique en 2023, avec le hongrois Ferenc Krausz. Dans tout ce problème, on notera q^2 = e^2/(4πε_0), où e est la charge élémentaire ( e > 0 ) et ε_0 la permittivité diélectrique du vide.
  1. Dans le cadre du modèle de Bohr de l'atome d'hydrogène, déterminer l'expression de la période de révolution de l'électron dans son niveau fondamental, qu'on notera T_e, en fonction de q^2, de la constante réduite de Planck ℏ et de la masse de l'électron m.
    T_e est la durée caractéristique du mouvement d'un électron dans un atome ou une molécule. Sa valeur numérique, T_e = 1, 5 × 10^(− 16) s, est inférieure à la femtoseconde ( 1fs = 10^(− 15) s ). L'étude de ces mouvements est désignée par "science attoseconde" par un léger abus de langage, puisque l'ordre de grandeur est plutôt la centaine d'attosecondes.

I - Production de l'impulsion lumineuse

L'idée générale de la science attoseconde est d'éclairer un échantillon pendant une durée de l'ordre de T_e. Pour construire cette impulsion lumineuse, la première étape consiste, à partir d'un laser de fréquence ν, à créer des harmoniques de fréquences multiples de ν, dont la période soit inférieure à T_e.

Focalisation d'une impulsion laser

  1. On utilise un laser de longueur d'onde λ = 800 nm. Dans quel domaine du spectre électromagnétique se trouve-t-il?
  2. Calculer numériquement la période T de l'onde émise par le laser, et le rang minimum des harmoniques de période inférieure à T_e.
Détaillons maintenant la méthode permettant de fabriquer ces harmoniques, qui consiste à focaliser une impulsion laser de très haute intensité sur de l'argon. On modélise le champ du laser comme un faisceau gaussien se propageant dans le vide suivant une direction z. On rappelle les formules générales définissant le profil radial d'intensité d'un tel faisceau :
I(r, z), = I_0((w_0)/(w(z)))^2 exp(− (2r^2)/(w(z)^2)); w(z), = w_0√(1 + (z/(z_R))^2); z_R, = (πw_0^2)/λ
où r désigne la distance à l'axe de propagation, w_0 le waist, z_R la longueur de Rayleigh, et I_0 = I(0, 0) le maximum d'intensité.
4. Le faisceau incident a un waist dont la valeur numérique est w_0 = 4 mm. Déterminer l'ordre de grandeur de sa longueur de Rayleigh. Justifier que sur une longueur de l'ordre du mètre au voisinage de z = 0, le faisceau peut être considéré comme étant cylindrique.
5. On focalise ce faisceau cylindrique au moyen d'une lentille mince de focale f = 1 m, dont le plan est perpendiculaire à la direction de propagation z. L'axe de la lentille et l'axe du faisceau sont identiques. Vérifier que les conditions de l'approximation de Gauss sont satisfaites.
6. On admet que le faisceau émergent est également un faisceau gaussien. Dessiner l'allure de ce faisceau. Exprimer la largeur de son waist, qu'on notera w_0^′, en fonction de λ, f et w_0. Estimer la valeur numérique de w_0^′.
7. Le laser délivre des impulsions d'énergie E_L = 1 mJ pendant une durée T_L = 40fs. Déterminer l'ordre de grandeur littéral puis numérique de la puissance par unité de surface au foyer de la lentille, qu'on notera P_L.
8. Déterminer l'ordre de grandeur littéral de l'amplitude maximale E_0 du champ électrique de l'onde électromagnétique, qu'on exprimera en fonction de P_L, c et de la perméabilité magnétique du vide μ_0.
9. Le flux énergétique surfacique que la Terre reçoit du Soleil au-dessus de l'atmosphère est celui d'une onde plane dont l'amplitude du champ électrique vaut 700 V ⋅ m^(− 1). En déduire, par un argument de proportionnalité, l'ordre de grandeur de E_0, défini à la question précédente.
10. On note I_P l'énergie d'ionisation de l'atome d'argon ( I_P > 0 ). On rappelle que les énergies d'ionisation des atomes sont de l'ordre de 10 eV . Rappeler l'ordre de grandeur de la taille d'un atome. En déduire, par un argument dimensionnel, l'ordre de grandeur du champ électrique vu par un électron périphérique. Comment se compare-t-il au champ E_0 ?

Mouvement d'un électron dans le champ du laser et génération d'harmoniques

  1. On assimile pour simplifier l'atome d'argon à un atome d'hydrogène, comme à la question 1. Lorsque l'atome est éclairé par le laser, l'électron voit le champ électrique du noyau et celui du laser. Pour étudier son mouvement dans la superposition de ces deux champs, nous considérons un modèle classique à une dimension, où l'électron se déplace sur un axe Ox, O étant la position du noyau, et x la direction du champ électrique du laser, E⃗ = − E_0 e⃗_x, où l'amplitude E_0 > 0 est supposée uniforme et constante. Exprimer l'énergie potentielle de l'électron, de charge − e, en fonction de q^2, eE_0 et x, et tracer l'allure de sa variation en fonction de x.
  2. L'électron est dans un état d'énergie mécanique − I_P. Montrer que si E_0 dépasse une valeur dite de "saturation" et notée E_(sat), l'électron échappe à l'attraction du noyau et part à l'infini. Exprimer E_(sat) en fonction de I_P, q^2 et e.
  3. Nommer l'effet quantique qui permet à l'électron de s'échapper, selon une certaine probabilité, même si E_0 < E_(sat).
  4. On reprend le modèle unidimensionnel de la question 11, mais avec un champ extérieur qui varie au cours du temps selon E⃗(t) = − E_0 sinωte⃗_x. Écrire l'équation du mouvement de l'électron dans la superposition des deux champs, sous la forme d'une équation différentielle pour x(t). On écrira séparément deux équations différentielles suivant que x(t) > 0 ou x(t) < 0.
  5. On s'intéresse au mouvement forcé, défini comme une solution x(t) de cette équation qui soit périodique, et de même période T = 2π/ω que le champ électrique. Sans chercher à déterminer x(t), justifier succinctement que cette solution vérifie aussi x(t + T/2) = − x(t).
  6. Dans la décomposition de x(t) en série de Fourier, quelles sont les harmoniques compatibles avec cette condition?
  7. On s'intéresse aux trajectoires pour lesquelles l'électron s'échappe de l'atome. On reprend l'équation du mouvement déterminée à la question 14, dans laquelle on néglige désormais le champ du noyau. Déterminer la solution générale de cette équation.
  8. Calculer l'énergie cinétique moyenne de l'électron, notée U_P, en régime sinusoïdal forcé où x(t) est périodique. On exprimera U_P en fonction de eE_0, m et ω.
  9. Intégrer l'équation du mouvement de la question 17 pour un électron partant de l'origine sans vitesse initiale à un temps t_i.
  10. Tracer sur un même graphique l'allure de la variation de x en fonction de t/T pour t_i = 0, t_i = T/4 et t_i = T/2, pour t/T variant entre t_i/T et 1,5 .
  11. La figure 1 donne l'allure de la variation de x(t) pour quatre autres valeurs de t_i. On remarque que pour ces valeurs, l'électron revient en x = 0 à un temps de retour qu'on notera t_r. Écrire l'équation reliant t_r à t_i, sans chercher à la résoudre.
Figure 1 -
  1. Lorsque l'électron revient au point de départ, il peut se recombiner avec le noyau. Ce modèle est connu sous le nom de "modèle en trois étapes" : l'électron est arraché de l'atome, puis fait une excursion dans le champ du laser, puis se recombine avec l'atome. L'énergie libérée dans la recombinaison est la somme de l'énergie d'ionisation, I_P, et de l'énergie cinétique E_c(t_r) de l'électron à t = t_r. Cette énergie est rayonnée sous forme d'un unique photon. Exprimer la pulsation de l'onde électromagnétique correspondant à ce photon.
  2. Sur la figure 1, indiquer la courbe pour laquelle l'énergie cinétique E_c(t_r) est maximale. Quelle est la courbe pour laquelle elle est minimale?
  3. Exprimer E_c(t_r) en fonction de U_P, ωt_i et ωt_r.
  4. La figure 2 représente la variation de E_c(t_r) en fonction de t_r/T. Recopiez sommairement cette courbe sur votre copie et indiquez les valeurs de t_i en différents points, en vous appuyant sur les résultats précédents.
Figure 2 -
  1. La figure 3 représente, sur une échelle des ordonnées logarithmique, la variation de l'intensité de la lumière rayonnée lors de la recombinaison électron-noyau en fonction de la fréquence, cette dernière étant en unité de la fréquence du laser. Comment interprétez-vous l'allure de cette variation? La condition de la question 3 est-elle vérifiée? En utilisant le résultat de la question
22 et la figure 2, donner une expression approximative du rang maximal des harmoniques n_(max) en fonction de U_P, I_P, ℏ et ω.
Figure 3 -

II - Mesure de la durée de l'impulsion

La figure 3 montre que le spectre de la lumière émise par l'argon contient un grand nombre de pics d'intensité comparables, associés aux harmoniques du laser incident. Nous allons montrer qu'une telle superposition d'harmoniques peut engendrer une impulsion très brève, puis décrire la méthode expérimentale qui permet de mesurer sa durée.

Largeur du paquet d'ondes

On modélise la lumière émise comme une onde scalaire, qui est une superposition d'harmoniques de pulsations qω, où q est un entier strictement positif et ω la pulsation du laser. On note A_q l'amplitude réelle et positive de l'harmonique q, et φ_q sa phase.
27. Exprimer la puissance instantanée I(t) (à une constante multiplicative globale près) en fonction desA_q et des φ_q. Expliquer pourquoi elle ne dépend des phases φ_q qu'à travers leurs différences φ_q − φ_(q^′).
28. On considère d'abord le cas où l'onde est composée de N harmoniques successives de q = n à q = n + N − 1, d'amplitude et de phase identique. Montrer que dans le cas N≫1, la puissance instantanée I(t) présente une série de pics étroits identiques espacés de T = 2π/ω. Déterminer la demi-largeur des pics en fonction de T et N.
29. Montrer que la position temporelle des pics de puissance se décale si les N phases φ_q sont en progression arithmétique, les amplitudes A_q restant identiques.

Mesure des phases relatives

En pratique, on ne mesure pas directement I(t). On mesure les amplitudes des harmoniques et leurs phases relatives, et on en déduit I(t) par calcul, en utilisant le résultat de la question 27. Nous allons décrire la mesure des phases relatives suivant la méthode nommée RABITT, un acronyme anglais signifiant "reconstruction de battements attosecondes par interférence de transitions à deux photons". Cette méthode utilise une technique dite "pompe-sonde", dans laquelle le faisceau laser est séparé en deux sous-faisceaux dits "pompe" et "sonde", qui suivent deux trajets différents.
La pompe est utilisée pour produire les harmoniques, suivant le dispositif détaillé dans la
première partie. Ces harmoniques se propagent dans la même direction que celle de l'onde émise par le laser pompe, un filtre en aluminium ne laissant passer que celles de rang q suffisamment élevé. Nous appelons "faisceau d'harmoniques" le faisceau obtenu après ce filtrage.
30. Rappeler l'expression de l'énergie E_q d'un photon dans l'harmonique de rang q.
Si le faisceau d'harmoniques est focalisé sur un nouvel échantillon d'argon, et si l'énergie E_q est supérieure à l'énergie d'ionisation I_P, l'absorption du photon par un atome d'argon conduit, par effet photoélectrique, à l'éjection d'un électron dont l'énergie cinétique vaut E_q − I_P. Dans la méthode RABITT, le faisceau d'harmoniques est mélangé avec le faisceau sonde avant d'être focalisé sur l'argon. L'action combinée des deux faisceaux peut aussi conduire à l'éjection d'un électron d'énergie E_(q + 1) − I_P, ce qu'on appelle une transition à deux photons.
31. D'après la figure 3 , le faisceau d'harmoniques ne comprend que les harmoniques impaires, et deux pics successifs q et q + 2 ont des amplitudes approximativement égales. En un point donné, l'amplitude du champ électrique associé à ces deux pics est proportionnelle à A_p(t) = cos(qωt + φ_q) + cos((q + 2)ωt + φ_(q + 2)). L'amplitude du champ électrique du faisceau sonde est, elle, proportionnelle à A_s(t) = cos(ω(t + τ)), où τ est un retard ajustable. On admet que l'amplitude de probabilité du processus quantique de transition à deux photons est proportionnelle au produit de ces amplitudes, A_p(t)A_s(t). En utilisant une représentation complexe, isoler dans ce produit les composantes proportionnelles à exp(i(q + 1)ωt), correspondant à l'éjection d'un électron d'énergie E_(q + 1) − I_P.
32. Exprimer la probabilité correspondante, et tracer sa variation en fonction de τ. Pourquoi parle-t-on d'interférence de transitions à deux photons? Exprimer l'intervalle entre deux maximums de probabilité.
Figure 4 - Nombre de photoélectrons d'énergie E_q − I_P en fonction du retard τ et de q, les zones les plus claires correspondant aux plus grands nombres [extrait de l'article "Physics of attosecond pulses produced via high harmonic generation", par Katalin Varjù, Per Johnsson, Johan Mauritsson, Anne L'Huillier, Rodrigo López-Martens, Am. J. Phys. 77, 389-395 (2009)].
  1. La mesure de l'énergie cinétique de l'électron donne accès à la valeur de q (voir la fin du problème). La figure 4 représente le nombre d'électrons émis en fonction de τ et q. Commenter cette figure à la lueur de la figure 3 et des deux dernières questions, en distinguant les valeurs de q paires et impaires. Vérifier que la valeur de T déduite de cette figure est compatible avec celle obtenue à la question 3.
  2. Comment, sur la figure 4 , peut-on vérifier si φ_(q + 2) − φ_q est indépendant de q ?
  3. Dans ce cas, donner une estimation de la durée de l'impulsion du faisceau d'harmoniques.

III - Spectromètre magnétique

La mesure de l'énergie cinétique des électrons est réalisée par un spectromètre magnétique dont nous décrivons le principe.
36. On considère d'abord le mouvement d'un électron dans un champ magnétique B⃗ uniforme, la vitesse initiale de l'électron étant orthogonale à B⃗. Déterminer le rayon r de la trajectoire en fonction de e, m, B, et de la vitesse, notée v_⊥.
37. En déduire la valeur absolue du moment cinétique J de l'électron par rapport au centre de la trajectoire, qu'on exprimera en fonction de e, r et B.
38. On considère maintenant le cas d'une vitesse initiale v⃗ quelconque. On note θ l'angle entre v⃗ et B⃗. Le mouvement dans un plan perpendiculaire au champ est toujours un cercle. Exprimer son rayon r en fonction de e, m, B, v et θ.
Le spectromètre utilise un champ magnétique constant, non uniforme, mais possédant une symétrie de révolution. Le champ en un point M est contenu dans le plan contenant l'axe Oz et M. Cette configuration est représentée sur la figure 5. Les électrons entrent par la gauche, puis parcourent une longue distance où le champ est quasiment uniforme, et sont détectés à droite.
Figure 5 - Lignes de champ et trajectoires des électrons (projetées sur le plan de la figure).
  1. Indiquer comment varie la norme du champ magnétique de gauche à droite le long d'une ligne de champ.
  2. Lorsque le champ vu par l'électron varie lentement le long de sa trajectoire, son mouvement dans le plan perpendiculaire reste approximativement circulaire, mais avec un rayon qui varie peu à peu. On admet que la variation de ce rayon est telle que le moment cinétique J déterminé à la question 37 reste constant. On considère pour simplifier que le champ est uniforme sur chacune des surfaces d'entrée et de sortie du spectromètre, et on note B_i et B_f les normes correspondantes. Déterminer la relation entre l'inclinaison initiale θ_i et finale θ_f de la trajectoire.
  3. Les électrons produits par l'effet photoélectrique ont des directions aléatoires. Le but est de recueillir tous ceux qui entrent dans le spectromètre, et d'aligner rapidement leur trajectoires avec l'axe z. On choisit donc des valeurs de B_f et B_i telles que θ_f soit petit, et on fabrique un spectromètre suffisamment long pour que la plus grande partie de la trajectoire se fasse dans un champ uniforme B_f. On mesure le temps séparant l'impulsion laser, qui produit les électrons, et leur détection à la sortie du spectromètre. Connaissant la longueur L du spectromètre, on en déduit leur vitesse, et donc leur énergie cinétique. Du fait de l'inclinaison θ_f non nulle, la longueur parcourue par les électrons n'est pas exactement L. En déduire l'incertitude relative sur la vitesse en fonction du rapport B_f/B_i.

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte le sujet de physique B X-ENS PC 2025 ?
Afficher ou masquer la section

Sur quels chapitres porte le sujet de physique B X-ENS PC 2025 ?

Il combine mécanique du point (mouvement d'une charge dans un champ électrique puis magnétique), électromagnétisme (faisceaux gaussiens, ondes planes), série de Fourier et quelques notions de physique quantique (effet tunnel, effet photoélectrique), autour du thème des impulsions laser attosecondes.

Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées dans le sujet de physique B X-ENS PC 2025 ?

Le rapport pointe des erreurs d'ordres de grandeur en application numérique, des conditions de Gauss énoncées sans être vérifiées, des confusions entre parité de la fonction et parité du rang des harmoniques, et des tracés de courbes ne respectant pas les consignes de l'énoncé.

Le sujet de physique B X-ENS PC 2025 est-il difficile ?

Le jury le décrit comme particulièrement sélectif : la majorité des candidats n'a traité qu'un peu moins de la moitié des questions, et les candidats qui ne maîtrisaient pas assez de parties du programme ont perdu pied progressivement.

Faut-il bien connaître le programme d'optique ondulatoire pour le sujet X-ENS physique B PC 2025 ?

Oui : la question sur l'intensité derrière un réseau porte sur un résultat explicitement au programme, mais le rapport note qu'elle a posé beaucoup de difficultés malgré cela, en particulier pour reconnaître la fonction d'Airy.

Pas de description pour le moment