ENS Physique Chimie L PC 2018Sujet et corrigé
- Tension superficielle et énergie de surface
- Statique et dynamique des fluides
- Magnétostatique des milieux aimantés
- Diagrammes binaires et cristallographie
- Diagrammes potentiel-pH
- Électrolyse
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- Rapport du jury : non disponible
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ENS Lyon, physique-chimie (L), PC 2018 : instabilité de Rosensweig d'un ferrofluide et nitrures de ferAfficher ou masquer la section
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Sujet de physique-chimie de l'ENS de Lyon (PC, 2018), composé de deux parties indépendantes à rédiger sur des copies séparées : en physique, l'étude énergétique de l'instabilité de Rosensweig qui déforme l'interface d'un ferrofluide sous champ magnétique ; en chimie, l'élaboration et la caractérisation des nitrures de fer par nitruration gazeuse ou électrolytique.
- 1Partie physique : énergie de surface et de pesanteurExprime l'énergie potentielle d'une interface ferrofluide-air sinusoïdalement déformée, en fonction de la tension superficielle et de la pesanteur, pour étudier sa stabilité et sa dynamique en l'absence de champ magnétique.
- 2Partie physique : influence d'un champ magnétiqueAjoute l'énergie magnétique associée à la déformation de l'interface pour déterminer le seuil d'instabilité de Rosensweig et l'espacement des pointes du motif observé.
- 3Partie chimie : composition et structure des nitrures de ferÉtudie le diagramme binaire fer-azote et la structure cristallographique des phases de nitrure de fer formées.
- 4Partie chimie : nitruration en phase gaz et en milieu non aqueuxÉtudie l'équilibre thermodynamique de nitruration à l'aide du diagramme de Lehrer, sa cinétique, puis la nitruration par électrolyse dans un sel fondu.
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ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE DE LYON
CONCOURS D'ADMISSION 2018
COMPOSITION DE PHYSIQUE-CHIMIE - (L)
Partie Physique
Étude de l'instabilité de Rosensweig
1 Cadre de l'étude.


2 Énergie de surface.
- Exprimer
E_γ sous forme d'une intégrale. Comme cela est indiqué dans la présentation de l'étude (section (1)), nous rappelons que la référence des énergies potentielles correspond à une interface plane (u = 0 ). - En déduire l'expression de
E_γ dans la limite des faibles déformations. On exprimera cette énergie en fonction deγ , résume le cadre de cette étude.
Le domaineD de ferrofluide sur lequel porteront les bilans d'énergie est le parallélépipèdeD(L_x = λ, L_y = L, L_z≫λ) dont la frontière, dans le plan (O, x, z ), est représentée par un rectangle en trait pointillé. Nous notonsρ la masse volumique du ferrofluide (celle de l'air sera négligée devantρ ),g⃗ = − gu⃗_z le champ de pesanteur etγ[J ⋅ m^(− 2)] l'énergie de surface (ou tension superficielle) de l'interface ferrofluide-air. Nous supposons cette interface d'extension infinie. - Traduire, sur les paramètres
a etk de la fonctionu , l'approximation des faibles déformations. - Justifier que le champ de déplacement sinusoïdal adopté (relation (1)) ne restreint pas la généralité de l'étude dans la limite des faibles déformations.
- En reproduisant la figure (2), indiquer par des flèches les flux de ferrofluide qui accompagnent la déformation de l'interface depuis son état de référence. Justifer alors que le domaine
D peut être considéré comme fermé vis-à-vis des bilans énergétiques.L, a etk . Récrire cette grandeur en remplaçant le préfacteur numérique qui apparaît dans son expression par 1. C'est toujours sous cette forme que cette énergie sera écrite par la suite.
N.B. : Dorénavant, et jusqu'à la fin de cette étude, cette approximation sera régulièrement utilisée. Pour mentionner qu'un résultat est donné dans ce cadre, on remplacera alors le signe "= " par le signe "∼ ".
3 Énergie de pesanteur.
6. En s'appyant sur la réponse à la question (3), indiquer, à l'aide d'un schéma, le transfert de masse
8. En déduire la dépendance de
4 Analyse de stabilité de l'interface sans champ magnétique.
9. Vérifier que l'énergie potentielle totale
- Former, par considération dimensionnelle, une longeur caractéristique
ℓ à partir des grandeursρ, g etγ . - Nous posons
K = kℓ . ExprimerE_p sous la forme :
12. Représenter graphiquement la dépendance de la fonction
13. Analyser la stabilité de l'interface à partir de ce tracé.
- Nous souhaitons maintenant étudier le comportement dynamique de l'interface afin de décrire son évolution temporelle. Nous considérons alors que l'amplitude
a est une fonction du temps que nous recherchons, toujours sous l'hypothèse des faibles déformations, sous la forme :

15. Exprimer l'énergie cinétique
16. Exprimer l'énergie cinétique
17. Déduire, des résultats obtenus dans cette partie, l'équation différentielle vérifiée par
où
18. En déduire l'expression de la pulsation
19. Analyser le comportement dynamique de l'interface à travers ce résultat. Préciser pourquoi
5 Influence d'un champ magnétique.

20. Préciser, en justifiant la réponse donnée, la dimension du coefficient
21. Proposer un argument en faveur de la forme de la dépendance de cette énergie par rapport à
22. Exprimer l'énergie potentielle totale
23. Nous posons, comme en question (11),
24. Proposer une interprétation physique du paramètre
25. Représenter graphiquement la dépendance de la fonction
26. Déduire de cette étude graphique qu'il existe une valeur critique
27. Indiquer la valeur du premier nombre d'onde adimensionnalisé
- Comme dans la section (4), nous nous intéressons maintenant au comportement dynamique de l'interface. Nous écrivons alors l'amplitude sous la forme donnée par la relation (5) et cherchons à établir l'équation différentielle qu'elle vérifie en vue d'accéder à l'expression de la pulsation (a priori) complexe
ω .
- En reprenant l'expression de l'énergie cinétique établie en réponse aux questions (15) et (16), exprimer l'énergie mécanique totale
E_m^′ du domaineD . Vérifier qu'elle conduit à la relation :
29. En déduire l'expression du carré de la pulsation
30. Décrire les différents comportements dynamiques de l'interface observables selon la situation du paramètre
31. En posant
- La forme de l'interface photographiée figure (1) fut obtenue en augmentant progressivement le champ magnétique jusqu'à la formation de cette structure en "pics"
- Donner, en la justifiant, l'expression de la distance caractéristique
d_c séparant deux pics. Nous supposerons que les résultats obtenus sont qualitativement transposables en géométrie bidimensionnelle oùu = u(x, y) et hors du régime des faibles déformations.
- La longueur
ℓ introduite dans la question (10) est appelée longueur capillaire. Elle représente la taille caractéristique d'une goutte en dessous de laquelle elle conserve une forme de calotte, lorsqu'elle est déposée sur une surface (du verre par exemple).
- À partir de constatations personnelles passées, donner un ordre de grandeur de
ℓ pour de l'eau dans l'air. - En supposant la valeur de la longueur capillaire pour les ferrofluides proche de celle de l'eau, comparer la prédiction du modèle établi au résultat expérimental présenté figure (1).
- L'étude qui a été conduite dans l'approche des faibles pertubations, prévoit, dès lors qu'une déformation de l'interface naît, une croissance illimitée de son amplitude
a . On constate pourtant, expérimentalement (figure (1)), qu'elle finit par se fixer sur une valeur déterminéea_(eq) . La prise en compte de termes non linéaires, dans l'expression deE_γ , modifie l'équation (9) qui devient :
En posant
- Les pics de ferrofluide peuvent également être obtenus en approchant progressivement une goutte de ferrofluide d'un aimant permanent dont l'axe Nord-Sud est vertical (voir figure (5)). La goutte finit alors pas se scinder en une série de pics individuels. La différence essentielle avec l'action d'un champ magnétique produit par des bobines de Helmholtz (cadre de l'étude réalisée) réside dans le fait que le champ créé par l'aimant présente un fort gradient vertical. Ce gradient donne naissance à une force volumique supplémentaire
f⃗ = − fu⃗_z(f > 0) , au sein du fluide, qui l'attire vers l'aimant (placé sous l'échantillon de ferrofluide).
- En supposant
f uniforme dans le fluide, donner la nouvelle expression du nombre d'onde critiquek_c^′ (défini question (27)), en fonction deγ, ρ, g etf . - Déduire de la figure (5) une estimation de
k^′_c . - Donner alors l'ordre de grandeur du rapport
φ = f/(ρg) (il sera utile d'utiliser la réponse à la question (32)).

Partie Chimie Les nitrures de fer
1 Composition des nitrures de fer.
1.1 Étude du diagramme binaire.
.jpg)
- Donner la composition approchée de la phase (
γ^′ )- FeN et (ζ )- FeN sous la formeFe_x N_y avecx ety entiers. - Donner l'équation de la réaction chimique correspondant à la transformation lors du refroidissement au point
A indiqué sur la figure (1). Indiquer la différence entre ce point, appelé "eutectoïde", et un point eutectique. - Donner une gamme de composition possible pour le nitrure de fer utilisé dans la figure (1) b). Justifier.
1.2 Micro-structure des nitrures de fer.
4. Représenter la maille des atomes de fer dans la structure
5. Calculer la taille des sites octaédriques et tétraédriques dans la maille
6. En déduire si l'azote forme une solution solide d'insertion, ou de substitution. Indiquer la position des atomes d'azote et proposer une structure cristallographique pour cette phase.
2 Nitruration en phase gaz.
2.1 Diagramme de Lehrer.
Pour le nitrure
7. Exprimer les potentiels chimiques de l'azote interstitiel
8. Donner la relation liant les potentiels chimiques de
9. Déduire des questions précédentes une expression de
10. Écrire l'équation de réaction entre les trois composés chimiques. En déduire une relation à l'équilibre chimique entre
11. Montrer que
12. Montrer qu'il est possible d'obtenir l'expression de yéq en fonction des potentiels chimiques standard et de
13. Proposer une limite du modèle de mélange idéal qui le rend inutilisable pour les phases
.jpg)
2.2 Résultats expérimentaux.

- Donner la variété allotropique majoritaire dans les zones I, II, III et IV. On rappelle que les différentes variétés allotropiques sont données sur la figure (1).
- Expliquer si le potentiel de nitruration de la figure (4) a) est compatible avec le diagramme thermodynamique de Lehrer donné sur la figure (2).
16. Justifier si ces observations sont compatibles avec les différents diagrammes binaires donnés pour les nitrures de fer (figures (1) et (2)).
17. À partir des données de la figure (4) b), calculer un ordre de grandeur pour le coefficient de diffusion de l'azote dans la zone III.
18. Donner l'intérêt de l'opération de revenu qui consiste à élever de nouveau la température de l'échantillon.
.jpg)
2.3 Cinétique de nitruration.

- Avec la loi de vitesse, donner le lien entre le temps nécessaire pour diluer d'un facteur 2 le diazote, noté
t_(1/2) , et le temps de passageτ . - À partir des données, déduire la valeur du volume du réacteur. Indiquer également quelle autre indication sur le réacteur est fournie par l'expérience.
- À l'aide de la figure (2), donner la phase thermodynamiquement stable pour les trois potentiels de nitruration de la figure (6). Expliquer l'intérêt de ces trois mesures.
- À partir des données, proposer les phénomènes physico-chimiques cinétiquement déterminants (production d'ammoniac, diffusion, germination de la phase
γ , enrichissement de la phaseα , décomposition de l'ammoniac) pourK_N = 0, 88 etK_N = 0, 23 (figure (6) a)).

- De même, proposer trois phases cinétiques distinctes parmi celles citées à la question précédente pour la courbe correspondant à
Q = 0, 05 L ⋅ min^(− 1) .
3 Nitruration en milieu non aqueux.
3.1 Diagramme
E − pN^(3 −) .
.jpg)
- Attribuer les espèces
A, B, C, D sur la figure (7). - Exprimer le potentiel standard du couple
Fe_4 N/Fe, N^(3 −) sous forme littérale à l'aide des données thermodynamiques fournies en annexe. - Donner l'équation de la frontière (3) sur la figure (7) sous forme littérale
E = f(pN^(3 −)) . - Mesurer la valeur de la pente (3), commenter sa valeur.
- Expliquer à quelle opération mathématique sur le diagramme correspond le fait d'exprimer les potentiels par rapport au couple
Li^+/Li au lieu deH^+/H_2 . - Donner les avantages et inconvénients liés au fait de travailler en milieu non aqueux. Justifier.
3.2 Électrolyse.
.jpg)
- Faire un schéma d'un montage utilisé pour tracer les courbes courant-potentiel en milieu aqueux.
- Expliquer quelles sont les différentes réactions d'oxydation observées sur l'électrode de fer en l'absence et en présence de nitrure de lithium .
- Indiquer quelle électrode est l'anode, quelle électrode est la cathode ainsi que leurs polarités respectives.
- Indiquer les réactions qui se déroulent aux électrodes lors de l'électrolyse. En déduire l'équation bilan de l'électrolyse.

- Caractériser la composition de la surface de l'électrode (variétés allotropiques par zone et épaisseur de chacune de ces zones).

- Expliquer les avantages et les inconvénients liés à l'électrolyse pulsée pour la nitruration du fer.
- À l'aide des différentes données, proposer une explication microscopique qui explique la différence de résultat entre les deux types d'électrolyses.
Données.
-
M_N = 14 g ⋅ mol^(− 1), Z = 7 ; -
M_(Fe) = 55 g ⋅ mol^(− 1), Z = 26 ; -
1 atm^(− 0, 5) = 3, 141 ⋅ 10^(− 3) Pa^(− 0, 5) ; -
(RTln(10))/F = 0, 06 V pourT = 298 K - 1 jour
≈ 90 ⋅ 10^3 s -
380√3 ≈ 660 380√2 ≈ 538 ; -
ln2 ≈ 0, 7 - Potentiel standard du couple du lithium par rapport à l'ESH à
298, 15 K : E^∘(Li^+/Li) = − 3, 04 V(ESH)
| Couple |
|
|
|
|
|
|
|
0,382 | 3,626 | 3,304 | 3,390 | 2,238 |
| Élément | Fe | N |
| Rayon atomique
|
126 | 71 |
- Le plus souvent formées, en grande proportion, d'oxyde de fer.
- N.B. : Afin de conserver la cohérence des calculs avec cette modélisation, tous les éventuels préfacteurs numériques qui apparaîtront seront remplacés par 1 (voir le N.B. en fin de question (5)). Par exemple, la vitesse verticale caractéristique sera écrite
V_z^⋆ ∼ a˙ .
Questions fréquentes
4 questionsSur quoi porte le sujet de physique-chimie L de l'ENS Lyon PC 2018 ?Afficher ou masquer la section
Questions fréquentes
4 questionsSur quoi porte le sujet de physique-chimie L de l'ENS Lyon PC 2018 ?
En physique, sur l'instabilité de Rosensweig qui fait apparaître des pointes à la surface d'un ferrofluide soumis à un champ magnétique ; en chimie, sur l'élaboration des nitrures de fer.
Les parties physique et chimie de ce sujet ENS Lyon PC 2018 sont-elles liées ?
Non, l'énoncé demande de les traiter sur des copies distinctes ; elles participent à part égale au barème mais n'ont pas de lien scientifique direct.
Quelles notions de magnétisme sont mobilisées dans ce sujet de physique ENS Lyon PC 2018 ?
La magnétostatique des milieux aimantés, à travers l'énergie de surface d'origine magnétique associée à la déformation de l'interface d'un ferrofluide.
La calculatrice est-elle autorisée à l'épreuve de physique-chimie L de l'ENS Lyon PC 2018 ?
Non, l'énoncé précise que l'usage de calculatrice n'est pas autorisé pour cette épreuve.
Pas de description pour le moment
