ENS Physique PC 2006, épreuve USujet et corrigé
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SESSION 2006
Filière PC
PHYSIQUE PC1
ENS de Paris
Durée : 6 heures
L'usage de calculatrices électroniques de poche à alimentation autonome, non imprimantes et sans document d'accompagnement, est autorisé. Cependant, une seule calculatrice à la fois est admise sur la table ou le poste de travail, et aucun échange n'est autorisé entre les candidats.
Quelques aspects de physique granulaire.
De nombreux matériaux se trouvent naturellement sous forme granulaire: sables, charbon, céréales, farines, poudres etc. La physique de ces milieux granulaire est donc d'une grande importance. On s'intéresse dans ce problème à quelques propriétés de ces systèmes. Le problème se décompose en trois parties largement indépendantes.
On adoptera les conventions suivantes:
- les vecteurs seront notés dans ce sujet sous la forme
v⃗ . - la norme d'un vecteur
v⃗ est notée|v⃗| . - on se place dans le référentiel du laboratoire que l'on supposera galiléen et muni du repère cartésien
(O, e⃗_x, e⃗_y, e⃗_z) . - on notera l'élément de volume en coordonnées cartésiennes et sphériques respectivement:
dτ = dxdydz = r^2 sin(θ)dθdφdr .
Pour simplifier, on supposera les grains sphériques, de rayon
a , de masse volumique
ρ , à la température
T et soumis au champ de gravité terrestre
g⃗ = − ge⃗_z .
On se placera en référentiel galiléen.
On définit de plus:
On se placera en référentiel galiléen.
On définit de plus:
- la constante de Boltzmann
k_B = 1.38 ⋅ 10^(− 23) J ⋅ K^(− 1) -
g = 9.8 m ⋅ s^(− 2) - la masse volumique des grains
ρ = 10^4 kg ⋅ m^(− 3)
On donne les valeurs des intégrales :
et :
Partie I
- Ordres de grandeurs
Un premier modèle pourrait consister à assimiler un système granulaire à un gaz parfait soumis à l'agitation thermique. Pour tester la pertinence de cette approche, nous allons commencer par estimer l'importance de l'agitation thermique pour les mouvements de grains par rapport à la gravité.
(a) Calculer l'énergie cinétique acquise par un grain de sable tombant de son propre diamètre.
(b) Par analogie avec une particule d'un gaz, donner l'énergie d'agitation thermique moyenne d'un grain en fonction dek_B et
T .
(c) Déterminer, pour un grain de rayon un millimètre à quelle température l'agitation thermique devient importante. De même, à la température usuelleT = 300 Kelvin, quels rayons faut-il atteindre pour que l'agitation thermique domine les effets de la pesanteur?
(d) Pour la suite du problème, on prendraT = 300 K et la taille typique des grains considérés sera de l'ordre du millimètre. Commentez.
2. Collisions inélastiques
(a) Calculer l'énergie cinétique acquise par un grain de sable tombant de son propre diamètre.
(b) Par analogie avec une particule d'un gaz, donner l'énergie d'agitation thermique moyenne d'un grain en fonction de
(c) Déterminer, pour un grain de rayon un millimètre à quelle température l'agitation thermique devient importante. De même, à la température usuelle
(d) Pour la suite du problème, on prendra
2. Collisions inélastiques
On néglige dans un premier temps les frottements et on suppose que les grains ont un moment d'inertie nul. Lors d'une collision entre deux grains, l'énergie cinétique n'est

Figure 1: Illustration d'une collision inélastique dans le référentiel barycentrique entre deux billes, une blanche et une noire. Chaque bille est représentée avant la collision, au moment de la collision et après la collision. Les vitesses de la bille blanche sont indiquées par des flèches. Notez que
v_t^′ = v_t .
pas conservée. On admettra que, dans le référentiel barycentrique, la vitesse normale de chaque grain est inversée et atténuée telle que:
où
v⃗_n et
v^′→_n sont les vitesses normales de chaque grain avant et après la collision respectivement (voir figure 1). On appelle
ε le coefficient de restitution que l'on suppose ne dépendre que du matériau. On prendra
0 ≤ ε ≤ 1 . La vitesse tangentielle est conservée lors de l'impact.
(a) Quelle valeur deε devrait-on prendre dans le cas des molécules d'un gaz parfait où les collisions sont élastiques?
(b) Montrer que la quantité de mouvement totale est conservée lors de la collision.
(c) Calculer la variation d'énergie cinétique due à l'impact. A votre avis, où va l'énergie cinétique dissipée lors d'un choc inélastique?
(d) On considère dorénavant l'impact d'un grain seul contre un mur que l'on suppose infiniment rigide. En décomposant la vitesse de la bille suivant ses composantes normales et tangentielles au mur, justifier par un argument de symétrie que l'on peut prendre à nouveauv^′→_n = − εv⃗_n et
v⃗_t^′ = v⃗_t . En déduire la quantité d'énergie cinétique dissipée.
(e) On laisse tomber une bille initialement au repos d'une hauteurz = h_0 (où
h_0 est la hauteur de la base de la bille, voir figure 2) sur le plan horizontal
z = 0 . Calculer la hauteur
h_1 de remontée de la bille après son rebond, ainsi que le temps
τ_0 mis
(a) Quelle valeur de
(b) Montrer que la quantité de mouvement totale est conservée lors de la collision.
(c) Calculer la variation d'énergie cinétique due à l'impact. A votre avis, où va l'énergie cinétique dissipée lors d'un choc inélastique?
(d) On considère dorénavant l'impact d'un grain seul contre un mur que l'on suppose infiniment rigide. En décomposant la vitesse de la bille suivant ses composantes normales et tangentielles au mur, justifier par un argument de symétrie que l'on peut prendre à nouveau
(e) On laisse tomber une bille initialement au repos d'une hauteur

Figure 2: Bille dont la base est située à une hauteur initiale
h_0 .
par la bille pour effectuer la chute et la remontée en
z = h_1 . Calculer la quantité d'énergie cinétique dissipée.
(f) On noteh_n la hauteur maximale atteinte par la bille après
n rebonds et
τ_n le temps écoulé entre les deux hauteurs
h_n et
h_(n + 1) . Exprimer
h_n et
τ_n en fonction de
ε, h_0 et
τ_0 .
(g) En déduire le tempst_n nécessaire pour que la bille ait effectuée
n rebonds et soit à la hauteur
h_n . Un collapse inélastique correspond à une situation où on observe un nombre infini de collision en un temps fini. Commenter la limite
n → ∞ .
(h) Application numérique: on laisse tomber d'une hauteurh_0 = 1 m une bille en acier dont le coefficient de restitution vaut
ε = 0.9 et un ballon de basket pour lequel le coefficient de restitution est
ε = 0.6 . Calculer les temps au bout desquels la bille d'acier et le ballon sont immobiles respectivement.
(f) On note
(g) En déduire le temps
(h) Application numérique: on laisse tomber d'une hauteur
3. Collapse inélastique de 3 grains sur un axe
Le collapse inélastique décrit ci-dessus pour une bille sur le sol est en fait une propriété plus générale des systèmes inélastiques. On pense par exemple qu'il joue un rôle important dans la formation des anneaux entourant certaines planètes. Le cas général comprenant de nombreux grains en collisions inélastiques est complexe et ne se traite que par simulation numérique. On va donc étudier le cas plus simple du collapse inélastique de grains identiques se déplaçant uniquement sur l'axe
Ox (on néglige donc la gravité).
(a) On étudie tout d'abord le cas général de deux billes sur l'axe0x , de vitesse
u_1 et
u_2 quelconques entrant en collision inélastique. Calculer
u_1^′, u_2^′ les vitesses des billes après collision en fonction de
ε, u_1 et
u_2
(b) On considère maintenant trois grains identiques de massem sur l'axe
Ox . Dans le référentiel barycentrique, on ordonne les trois particules suivant l'ordre croissant
de leur abscisse et on suppose leur vitesse initialeu_1, u_2 et
u_3 telles que
u_1 > 0 ,
u_2 < u_3 < 0 . Montrer qu'on aura toujours
u_1 + u_2 + u_3 = 0 .
(c) Quelle collision se produira en premier? En second?
(d) Calculeru_1^′ et
u_2^′ les vitesses des deux premières billes après les deux premières collisions en fonction de
u_1 et
u_2 et
ε .
(e) On admettra qu'une condition suffisante pour que le collapse inélastique se produise est que la matrice de transfert entre (u_1^′, u_2^′ ) et (
u_1, u_2 ) n'admette pas de valeur propre complexe. Montrer alors qu'on a un collapse inélastique si
ε < 7 − 4√3 . Indice: on utilisera le fait que le discriminant du polynome caractéristique de la matrice de transfert admet
ε = − 1 comme racine double.
(a) On étudie tout d'abord le cas général de deux billes sur l'axe
(b) On considère maintenant trois grains identiques de masse
de leur abscisse et on suppose leur vitesse initiale
(c) Quelle collision se produira en premier? En second?
(d) Calculer
(e) On admettra qu'une condition suffisante pour que le collapse inélastique se produise est que la matrice de transfert entre (
4. Collision inélastique avec frottement
On rappelle les lois de frottement de Coulomb lorsque deux solides sont en contact. On note
N⃗ la composante normale de la force de contact et
T⃗ sa composante tangentielle. On distingue deux cas:
- s'il y a glissement relatif entre les deux solides, on a
|T⃗| = μ_d|N⃗| etT⃗ est colinéaire à la vitesse de glissement et de sens contraire.μ_d est le coefficient de friction dynamique. - s'il y a roulement sans glissement, on a l'inégalité
|T⃗| < μ_s|N⃗|.μ_s est appelé le coefficient de friction statique.
On prendra pour simplifier
μ_d = μ_s = μ .
On considère la collision inélastique contre un mur situé enx = 0 d'une bille sphérique de masse
m et de rayon
a en présence de frottements. On supposera la trajectoire dans le plan
(O, e⃗_x, e⃗_y) et on notera (
u, v ) les composantes de la vitesse de la bille avant la collision et
ωe⃗_z son vecteur rotation. On a donc
u < 0 (voir figure 3 ). On cherche à déterminer les composantes (
u^′, v^′ ) de la vitesse et le vecteur rotation
ω^′ e⃗_z après la collision. On notera
P⃗ = (X, Y) la quantité de mouvement échangée par la particule avec le mur lors de l'impact (par convention, il s'agit de la quantité de mouvement acquise par la bille pendant la collision). Cette quantité correspond à l'intégrale par rapport au temps des forces de contact pendant l'intervalle de temps très court de la collision.
On rappelle le moment d'inertie d'une sphère de rayona et de masse
m par rapport à un axe passant par son centre:
On considère la collision inélastique contre un mur situé en
On rappelle le moment d'inertie d'une sphère de rayon
(a) A partir d'un bilan de quantité de mouvement et de moment cinétique avant et après la collision, établir trois relations reliant
u, v, u^′, v^′, ω, ω^′, X et
Y et faisant intervenir
m et
a .
(b) Combien d'inconnues doit-on déterminer? Quelles relations ou conditions doiton rajouter? La relation entre les composantes normales de la vitesse avant et après la collision reste identique à précédemment.
(b) Combien d'inconnues doit-on déterminer? Quelles relations ou conditions doiton rajouter? La relation entre les composantes normales de la vitesse avant et après la collision reste identique à précédemment.

Figure 3: Collision inélastique d'une bille contre un mur avec frottement.
(c) On se place dans le cas où il y a glissement durant toute la collision. Déterminer alors
u^′, v^′, ω^′, X et
Y . Pour simplifier, on pourra se limiter au cas où la vitesse de glissement de la bille sur le mur est du même signe que
v .
(d) Quelle condition suru, v et
ω doit être satisfaite pour qu'il y ait glissement durant toute la collision?
(e) On suppose maintenant que le mouvement devient sans glissement pendant la collision. Déterminer à nouveauu^′, v^′, ω^′, X et
Y en fonction de
u, v, ω, ε, m et
a , ainsi que la condition que doivent satisfaire les paramètres initiaux de la collision.
(f) Comparer les deux conditions obtenues et commenter.
(g) Calculer la variation d'énergie cinétique lors de la collision dans les deux situations.
(d) Quelle condition sur
(e) On suppose maintenant que le mouvement devient sans glissement pendant la collision. Déterminer à nouveau
(f) Comparer les deux conditions obtenues et commenter.
(g) Calculer la variation d'énergie cinétique lors de la collision dans les deux situations.
Partie II
Nous cherchons à décrire un ensemble de grains fortement agités et dont la densité volumique est faible, si bien que les grains interagissent entre eux seulement par des collisions binaires. On peut retrouver ces situations lorsque l'on secoue violemment une petite quantité de grains dans un grand récipient par exemple. Les poussières interstellaires suivent aussi une dynamique similaire. On considère ici un système de
N grains identiques de masse
m , de rayon
a , placés dans un récipient parallalépipédique de hauteur que l'on prendra infinie et de section carrée de côté
L . Les parois sont supposées parfaitement élastiques sauf la paroi horizontale
z = 0 pour laquelle on a un coefficient de restitution
ε . Cette paroi horizontale vibre très rapidement et permet l'agitation permanente des grains. On néglige les frottements.
On définit la fonction de distributionf(r⃗, u⃗, t) telle que le nombre de grains situés dans un volume
dτ autour de
r⃗ et ayant une vitesse dans un volume
dτ_u = du_x du_y du_z autour de
u⃗ soit :
On définit la fonction de distribution
On peut donc remarquer que:
L'intégrale sur
r⃗ porte sur le volume du système contenant les
N grains:
L'intégrale suivant
u⃗ correspond à l'intégrale sur toutes les vitesses:
On note ainsi la densité volumique de grains:
On définit
< A > la valeur moyenne de la quantité
A en
r⃗ :
1. Equilibre stationnaire d'une colonne granulaire vibrante
On s'intéresse au régime stationnaire. On admettra de plus que
f(r⃗, u⃗, t) ne dépend en fait que de
z et de
|u⃗| et que l'on notera pour la suite
f(z, |u⃗|) . On définit la température granulaire par :
par analogie avec un gaz de particule.
(a) Déterminer la dimension de cette température granulaire.
(b) On considère un élément de surface élémentaire sur la paroix = − L/2 que l'on notera
dS⃗ = dSe⃗_x et situé autour du point
M = (− L/2, y, z) . Calculer la quantité de grains entrant en collision avec cet élément de surface entre
t et
t + dt . On se limitera au calcul au premier ordre en
dt et
dS .
(c) Calculer la quantité de mouvement reçue par l'élément de surface entret et
t + dt . En déduire la pression
p(z) exercée par les grains sur la paroi en
M , en fonction de
T_g(z), n(z) et
m . Quelle loi connue retrouve-t-on?
(d) On prendra dorénavant en compte la gravité. Appliquer la relation fondamentale de la dynamique à une tranche de gaz granulaire comprise entrez et
z + dz . Quelle loi connue retrouve-t-on? Justifier pourquoi
ε n'intervient pas dans cette relation.
(e) Exprimer enz = 0 la quantité d'énergie cinétique dissipée par les grains entrant en collision avec la paroi
z = 0 entre
t et
t + dt sous la forme d'une intégrale portant sur la fonction de distribution
f(z, |u⃗|) .
(f) On admet que la fonction de distribution prend la forme
(a) Déterminer la dimension de cette température granulaire.
(b) On considère un élément de surface élémentaire sur la paroi
(c) Calculer la quantité de mouvement reçue par l'élément de surface entre
(d) On prendra dorénavant en compte la gravité. Appliquer la relation fondamentale de la dynamique à une tranche de gaz granulaire comprise entre
(e) Exprimer en
(f) On admet que la fonction de distribution prend la forme
En déduire la quantité d'énergie cinétique dissipée de la question précédente.
(g) En régime stationnaire, cette quantité est compensée par le flux d'énergieQ transmis par la plaque vibrante aux grains en
z = 0 . Montrer que:
(g) En régime stationnaire, cette quantité est compensée par le flux d'énergie
où
D est une constante que l'on exprimera en fonction de
m et
ε .
(h) On cherche une solution de temperature homogène:T_g(z) = T_0 . Déterminer les solutions
n(z) et
p(z) en fonction de
z, L, N, g et
T_0 . Relier
T_0, L, Q, g, D et
N .
(h) On cherche une solution de temperature homogène:
2. Démon de Maxwell
On positionne côte à côte deux récipients identiques
A et
B ayant les mêmes caractéristiques que celui décrit dans la section précédente (voir figure 4) et contenant en tout
N_0 grains identiques de masse
m . Un petit trou de surface
S est percé dans la paroi commune en
x = 0 et à la hauteur
z = h . Ce trou permet donc la communication entre les deux récipients. Chaque récipient vibre de telle sorte que le flux d'énergie transmis par la plaque vibrante en
z = 0 est identique pour chaque récipient et noté
Q . Les récipients
A et
B échangent des particules au travers du trou
S . On notera
N_A(t) et
N_B(t), T_A(t) et
T_B(t) le nombre de grains et la température, homogène dans chaque récipient, en fonction du temps. On fait une hypothèse quasi-stationnaire qui suppose qu'à chaque instant les solutions trouvées dans la section précédente sont valables pour toutes les valeurs des
N_A, T_A, N_B et
T_B .
(a) Donner une relation entreN_0, N_A et
N_B .
(a) Donner une relation entre

Figure 4: Récipients
A et
B en vibration.
(b) Calculer le flux de grains
F_A du récipient
A vers
B au travers de la surface
S en fonction de
S, T_A et
n(h) . En déduire le flux de grain
F_B de
B vers
A .
(c) On définit l'asymétrie du système
(c) On définit l'asymétrie du système
Montrer que
α est solution de l'équation différentielle:
où
C_1 et
C_2 sont des constantes que l'on déterminera en fonction des données du problème. Vérifier que les dimensions des constantes
C_1 et
C_2 sont en accord avec l'équation différentielle.
(d) On cherche à étudier la stabilité de la solution d'équipartition des grainsN_A = N_B . On suppose donc
α≪1 . A quelle condition sur
C_2 la solution
α = 0 estelle linéairement stable? On notera
C_2^(cr) la valeur critique de
C_2 pour laquelle la solution
α = 0 devient instable.
(e) En développant l'équation d'évolution à l'ordre supérieur enα déterminer les valeurs d'équilibre stable pour
C_2 ∼ C_2^(cr) .
(f) Etudier à l'aide d'un graphique lé nombre de solutions d'équilibre du système en fonction deC_2 ;
(g) Si les grains étaient des molécules d'un gaz parfait, quelle loi de la thermodynamique serait violée par les résultats obtenus? Quelle en est la raison?
(d) On cherche à étudier la stabilité de la solution d'équipartition des grains
(e) En développant l'équation d'évolution à l'ordre supérieur en
(f) Etudier à l'aide d'un graphique lé nombre de solutions d'équilibre du système en fonction de
(g) Si les grains étaient des molécules d'un gaz parfait, quelle loi de la thermodynamique serait violée par les résultats obtenus? Quelle en est la raison?

Figure 5: Ecoulement le long d'un plan incliné.
Partie III
Une autre propriété remarquable d'un ensemble granulaire est sa capacité à "couler", dans un sablier par exemple, ou en formant des avalanches. Nous allons étudier dans cette partie l'écoulement de grains sur un plan incliné en le comparant avec l'écoulement similaire d'un film liquide. Cette partie se décompose en trois sections. La troisième section est largement indépendante des deux premières.
1. Film liquide
On étudie l'écoulement d'un film liquide le long d'un plan incliné faisant un angle
α avec l'horizontale. On prendra l'axe
x le long du plan incliné, l'axe
z orthogonal et le système invariant par translation suivant l'axe
y (voir figure 5). Le liquide est de densité constante
ρ et l'écoulement est incompressible. Le champ de vitesse
v⃗ est noté suivant ses composantes (
u(x, z, t), w(x, z, t) ) suivant les directions
x et
z respectivement.
L'interface entre le film liquide et l'air extérieur est décrit par la relation:
L'interface entre le film liquide et l'air extérieur est décrit par la relation:
L'air extérieur est supposé être de densité volumique négligeable et à la pression
p_a constante.
On rappelle l'équation de Navier-Stokes pour le liquide:
On rappelle l'équation de Navier-Stokes pour le liquide:
où
p(x, z, t) est la pression dans le fluide et
ν sa viscosité cinématique. On rappelle la définition usuelle des opérateurs:
∇⃗ = e⃗_x∂/(∂x) + e⃗_y∂/(∂y) + e⃗_z∂/(∂z) et
Δ = (∂^2)/(∂x^2) + (∂^2)/(∂y^2) + (∂^2)/(∂z^2) .
(a) Quelle condition sur la vitesse doit s'appliquer enz = 0 ?
(b) On néglige la tension de surface. Les conditions aux limites sur l'interface liquideair se traduisent en coordonnées cartésiennes par la relation matricielle enz = h(x, t) :
(a) Quelle condition sur la vitesse doit s'appliquer en
(b) On néglige la tension de surface. Les conditions aux limites sur l'interface liquideair se traduisent en coordonnées cartésiennes par la relation matricielle en
Où
n⃗ est le vecteur normal à l'interface en
z = h(x, t) . Exprimer
n⃗ en fonction de
(∂h(x, t))/(∂x) .
(c) On cherche dans un premier temps la solution stationnaire d'épaisseur constanteh_0 , invariante par translation suivant l'axe
x . En utilisant l'équation de continuité, montrer que la vitesse verticale est partout nulle.
(d) Calculer alors les champs de vitesseu_0(z) et de pression
p_0(z) .
(e) On noteu_(max) la vitesse maximale du fluide dans le film. Exprimer
u_(max) en fonction des données du problème.
(f) On donne pour l'eauρ = 10^3 kg ⋅ m^(− 3), ν = 8.9 ⋅ 10^(− 7) m^2 ⋅ s^(− 1) . Donner la vitesse
u_(max) pour
α = 10 degrée et
h_0 = 2 cm .
(g) Déterminer le flux massique de fluide traversant une surface de hauteurh_0 suivant l'axe
z et de largeur 1 mètre suivant la direction
y en fonction de
u_(max) et
h_0 . Calculer la valeur de ce flux avec les données numériques précédentes.
(c) On cherche dans un premier temps la solution stationnaire d'épaisseur constante
(d) Calculer alors les champs de vitesse
(e) On note
(f) On donne pour l'eau
(g) Déterminer le flux massique de fluide traversant une surface de hauteur
2. Ondes progressives
On cherche à déterminer la vitesse de propagation des ondes à la surface d'un film de hauteur
h_0 . Pour cela on fera un développement au premier ordre en
(∂h)/(∂x) des équations dynamiques du film. On fait donc l'hypothèse:
ce qui signifie que la longueur typique des perturbations
L est bien plus grande que la hauteur moyenne du film
h_0 . On notera le champ de pression et le champ de vitesse:
On s'intéresse aux petites perturbations des champs par rapport à la solution stationnaire, soit:
pour tout le film.
(a) En faisant un bilan de masse dans un volume infinitésimal bien choisi, montrer que l'évolution de la surface libre satisfait:
(a) En faisant un bilan de masse dans un volume infinitésimal bien choisi, montrer que l'évolution de la surface libre satisfait:
(b) On effectue les changements de variables suivants:
Quelle est la dimension des variables primées (
x^′, z^′, t^′, u_1^′ , etc...)?
(c) Exprimer le champ de vitesseu_0^′(z^′) tel que
u_0(z) = u_(max) ⋅ u_0^′(z^′)
(d) Ecrire l'équation de Navier-Stokes (selonx et
z ) en fonction des nouvelles variables. On fera apparaître deux nombres sans dimension:
(c) Exprimer le champ de vitesse
(d) Ecrire l'équation de Navier-Stokes (selon
(e) Comment s'appelle le nombre Re ? Que signifie-t-il ? D'après les hypothèses, quelle condition a-t-on sur
δ ?
(f) On se place dans la limite visqueuseRe → 0 pour laquelle les termes inertiels sont négligeables. On suppose
δ petit et on cherche donc un développement ordre par ordre en
δ des équations. On supposera de plus dans la suite que
u_1^′, w_1^′ et leurs dérivées respectives par rapport à
x^′ et
z^′ sont du même ordre en
δ . Conserver pour chaque projection de l'équation de Navier-Stokes (suivant
x et
z ) les deux termes dominants en
δ . En déduire les relations:
(f) On se place dans la limite visqueuse
(g) On suppose
u_1^′ et
w_1^′ être du même ordre en
δ . En déduire que, à l'ordre dominant en
δ on a:
et donc:
(h) Ecrire les conditions aux limites en
z = 0 .
(i) Ecrire les conditions aux limites enz^′ = h^′(x^′, t^′) . Montrer qu'à l'ordre dominant en
δ on obtient:
(i) Ecrire les conditions aux limites en
(j) On cherche une solution de l'écoulement sous la forme:
En déduire
w_1^′(x^′, z^′, t^′) sous la forme d'une série:
Exprimer les
b_n(x^′, t^′) en fonction des
a_n(x^′, t^′) .
(k) Montrer en utilisant l'équation de Navier-Stokes à l'ordre dominant et les conditions enz = 0 que les vitesses
u_1^′ et
w_1^′ se réduisent chacune à la somme de deux termes.
(l) A l'aide des conditions enz^′ = h^′(x^′, t^′) , déterminer que:
(k) Montrer en utilisant l'équation de Navier-Stokes à l'ordre dominant et les conditions en
(l) A l'aide des conditions en
et
On utilisera notamment le fait qu'on peut considérer à l'ordre dominant du calcul:
(m) En utilisant l'équation (1) d'évolution de la surface pour laquelle on ne conserve que les dérivées premières en
x^′ , et en réécrivant les vitesses suivant les variables initiales, déduire la relation:
(n) On étudie les petites oscillations de la surface autour de l'épaisseur
h_0 en utilisant la notation complexe pour la hauteur:
telle que la hauteur du film corresponde à la partie réelle de
h(x, t) . On se place dans la limite des petites oscillations
|h_1|≪|h_0| . Déterminer la relation de dispersion reliant
k, ω et
u_(max) . En déduire la vitesse de phase et la vitesse de groupe des oscillations.
3. Ecoulement granulaire
On réalise un écoulement granulaire le long d'un plan incliné faisant un angle
α avec l'horizontale, similairement aux sections précédentes. On admettra que les conditions sur la vitesse en
z = 0 et
z = h(x, t) sont les mêmes que pour un liquide. On cherche à déterminer la structure d'un film homogène d'épaisseur
h_0 en écoulement stationnaire. Le champ de vitesse se réduit à la composante selon
x, u(z) , la composante suivant
z est nulle.
Dans ce cas, on admettra que la dynamique des grains obéit à l'équation différentielle:
Dans ce cas, on admettra que la dynamique des grains obéit à l'équation différentielle:

Figure 6: Mesures expérimentales de la vitesse maximale d'écoulement de grains le long d'un plan incliné faisant un angle
α avec l'horizontale pour différentes épaisseurs de film
h_0 . Les cercles noirs correspondent à des mesures pour des grains de sable, les carrés blancs pour des billes de verre. Le coefficient de normalisation
h_s(α) permet de juxtaposer les courbes pour les valeurs différentes de l'angle
α .
(a) Quelle est la dimension du coefficient
ν_g ? Quelle en est sa signification physique?
(b) Déterminer le champ de vitesseu(z) . En déduire
u_(max) en fonction de
g, a, h_0, ν_g et
α .
(c) La figure 6 présentent des résultats expérimentaux obtenus avec des grains de sable et des billes de verres pour différentes valeurs de l'angleα . Elle montre la vitesse maximale des grains
u_(max) pour différentes valeurs de l'épaisseur
h_0 . Commenter cette figure en fonction du résultat établi ci-dessus.
(d) Calculer le flux de grains traversant une surface de hauteurh_0 suivant l'axe
z et de largeur 1 mètre suivant la direction
y en fonction de
u_(max) et
h_0 .
(e) On admettra la formule obtenue en (2-n) pour les films liquides valables pour les écoulements granulaires. Déterminer la vitesse de phase et la vitesse de groupe pour un film d'épaisseurh_0 en fonction de
α, ν_g, a, h_0 et
g . Proposer une méthode de mesure expérimentale du coefficient
ν_g .
(b) Déterminer le champ de vitesse
(c) La figure 6 présentent des résultats expérimentaux obtenus avec des grains de sable et des billes de verres pour différentes valeurs de l'angle
(d) Calculer le flux de grains traversant une surface de hauteur
(e) On admettra la formule obtenue en (2-n) pour les films liquides valables pour les écoulements granulaires. Déterminer la vitesse de phase et la vitesse de groupe pour un film d'épaisseur
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