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Filière PC
MATHÉMATIQUES
Épreuve commune aux ENS de Paris, Lyon et Cachan
Durée : 4 heures
Abstract
L'usage de calculatrices électroniques de poche n'est pas autorisé.
Introduction.
La lubrification désigne le contrôle de l'usure des matériaux par l'introduction d'un film liquide qui réduit le frottement entre les surfaces en quasi-contact et en mouvement relatif. Plus particulièrement, la lubrification hydrodynamique concerne les mécanismes pour lesquels la forme et la vitesse relative de deux surfaces en regard engendrent la formation d'un film mince lubrifié continu sous une pression suffisamment élevée pour empêcher le contact. Le point de départ de la théorie de la lubrification hydrodynamique est un article de Reynolds publié en 1886. Dans cet article, Reynolds obtient de manière heuristique une équation qui porte maintenant son nom et qui constitue le socle des études sur les écoulements de faible épaisseur en régime laminaire.
Le but de ce problème est d'étudier quelques cas simples d'équations de type Reynolds dans le régime établi, stationnaire (i.e. ne dépendant pas du temps), d'un fluide de viscosité et de densité constante.
N.B. On attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction.
N.B. On attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction.
Notations.
On munit
ℝ^2 de la base orthonormée usuelle
(i⃗, j⃗) . Un point
M de
ℝ^2 est représenté par ses coordonnées
(x, y) dans le repère usuel
(O, i⃗, j⃗) .
Soit
Ω un ouvert de
ℝ^2 , si
f : Ω → ℝ est une application dérivable en un point (
x_0, y_0 ) appartenant à
Ω , les dérivées partielles de
f au point de coordonnées
(x_0, y_0) sont notées classiquement par :
A- Équation de Reynolds.
Soit
h une application définie sur
ℝ à valeurs réelles strictement positives, indéfiniment dérivable. On note
h^′(x) sa dérivée en
x . Soit
Ω l'ouvert de
ℝ^2 défini par
On admet que l'écoulement d'un fluide visqueux, confiné entre une paroi inférieure d'équation
y = − h(x) et une paroi supérieure d'équation
y = 0 , peut, sous certaines hypothèses physiques qui ne font pas l'objet de ce problème, être modélisé mathématiquement de la façon suivante : on recherche
u : ℝ^2 → ℝ de classe
C^2, v : ℝ^2 → ℝ de classe
C^2 et
p : ℝ^2 → ℝ de classe
C^1 vérifiant, pour tout (
x, y ) appartenant à
Ω , les équations
et pour tout
x ∈ ℝ
Dans ces équations
u(x, y) et
v(x, y) sont les composantes au point (
x, y ) suivant
i⃗ et
j⃗ de la vitesse du fluide notée
U = (u/v) et
p(x, y) la pression au point (
x, y ) au sein de ce fluide. Enfin le nombre
V est la vitesse de la paroi plane qui met le fluide en mouvement.
QA.1) En utilisant (1) et (2), exprimeru au point (
x, y ) en fonction de la constante
V , des variables
x, y , des applications
p et
h (et éventuellement de leurs dérivées) au point
x .
QA.2) On définit l'applicationQ : ℝ → ℝ par
QA.1) En utilisant (1) et (2), exprimer
QA.2) On définit l'application
Montrer que
Q est dérivable et que
QA.3) En déduire l'équation de Reynolds, en dimension 1, suivante
Autres conditions aux bords.
Soient
α et
β deux constantes strictement positives. On note
n_f le vecteur correspondant à la normale extérieure à
Ω sur le fond définie par
On remplace les conditions aux bords (4) et (5) par les conditions aux bords suivantes
QA.4) Montrer que l'on a toujours
et expliciter une équation différentielle ordinaire satisfaite par la pression.
Tournez la page S.V.P.
Tournez la page S.V.P.
B- Le cas périodique.
On suppose que les fonctions
h et
p définies dans la partie précédente sont périodiques de période
L . On considère le cas des conditions aux bords (4).
QB.1) Montrer queh atteint ses bornes sur
ℝ . On note
h_0 = inf{h(x) : x ∈ ℝ} et
h_1 = sup{h(x) : x ∈ ℝ} , montrer que
h_0 > 0 .
QB.2) Montrer quep^′ s'annule en au moins un point sur
]0, L[ .
QB.3) Montrer, en utilisant les résultats de la deuxième partie, l'existence d'une constanteh_∗ ∈ ℝ telle que
QB.1) Montrer que
QB.2) Montrer que
QB.3) Montrer, en utilisant les résultats de la deuxième partie, l'existence d'une constante
QB.4) Montrer alors que
que
h_0 ≤ h_∗ ≤ h_1 et que l'une des égalités
h_∗ = h_0 ou
h_∗ = h_1 n'est possible que si
h est une constante.
QB.5) Soienta et
b deux réels tels que
a < b et soit
f : [a, b] → ℝ une application positive et continue. On pose
I_n = ∫_a^b f^n(x)dx pour
n ∈ ℕ . Montrer que
QB.5) Soient
En déduire que
où
M(f) = (∫_0^L f(x)dx)/L désigne la moyenne de
f sur
[0, L] .
QB.6) Montrer que, pour tout (x, y ) appartenant à
Ω, u(x, y) s'écrit de la façon suivante :
QB.6) Montrer que, pour tout (
QB.7) En déduire, pour tout
(x, y) appartenant à
Ω , la valeur de
v(x, y) .
QB.8) L'hypothèse de dérivabilité deu et
v est-elle vérifiée ? A-t-on mieux ? Quelle hypothèse sur
h suffit pour que
u et
v soient de classe
C^2 ?
QB.8) L'hypothèse de dérivabilité de
C- Trajectoires fermées.
Les hypothèses sont celles de la partie B . On suppose, pour
x_0 ∈ ℝ et
y_0 ∈ ] -
h(x_0) , 0 [ donnés, l'existence d'une trajectoire définie par le couple de fonctions
t ↦ X(t) et
t ↦ Y(t) , de classe
C^1 définie sur
ℝ telle que pour tout
t ∈ ℝ
On admet que l'existence de trajectoires fermées implique qu'il existe
x appartenant à
[0, L] tel que l'application
y ↦ u(x, y) change de signe sur ] -
h(x), 0 [.
QC.1) Expliquer cette condition par un dessin.
QC.2) Montrer qu'une condition nécessaire pour qu'il existe des trajectoires fermées est que
QC.1) Expliquer cette condition par un dessin.
QC.2) Montrer qu'une condition nécessaire pour qu'il existe des trajectoires fermées est que
D- Étude de comportement des solutions en fonction de
h .
Cas périodique.
On suppose ici que
h est donnée, pour tout
x appartenant à
ℝ , par
où
c et
d sont des réels de
ℝ^(+ ∗) . Cette partie fait suite à la partie B.
QD.1) Comment faut il choisirc et
d pour que
h soit définie sur
ℝ ? Montrer que
h(0) = h_0 et
h(L/2) = h_1 . Exprimer (
c, d ) en fonction de (
h_0, h_1 ).
QD.2) Calculerh_∗ et calculer
M(1/h) en fonction de
c et
d .
QD.3) Exprimerh_∗/h_1 à l'aide de
δ = h_1/h_0 . Calculer la limite de
h_∗/h_1 pour
δ tendant vers
+ ∞ .
QD.1) Comment faut il choisir
QD.2) Calculer
QD.3) Exprimer
Tournez S.V.P.
QD.4) Montrer que l'on peut choisir
δ pour que
h satisfasse la condition nécessaire à l'existence de trajectoires fermées trouvée dans QC2.
Cas borné.
Nous considérons maintenant le cas
avec
h(x) > 0 pour
x appartenant à
]0, 1[ et
h(0) = h(1) = 0 . Il s'agit alors d'une étendue d'eau fermée où nous ne sommes plus dans le cas de données périodiques. On considère alors l'équation de Reynolds sur
p sous la forme
avec comme conditions aux bords
Avec une condition de moyenne nulle sur
p , ces conditions aux bords sont les conditions naturelles dans le cas d'une étendue d'eau fermée.
QD.5) On suppose que
h(x) = x^(θ_1)|lnx|^(θ_2) où
θ_1 et
θ_2 sont des constantes strictement positives et que
V est une constante non nulle. Déterminer l'ensemble des (
θ_1, θ_2 ) telles que
QD.6) On suppose que
V est une constante non nulle. Montrer que l'on obtient toujours (10) avec
h(x) = (1 + x)x^(2/3)(1 − x)^(1/3) . Donner dans ce cas la valeur de
J .
Indication. On fera le changement de variableθ = x^(1/3)/(1 − x)^(1/3) et on cherchera des nombres
c_1, c_2, c_3, c_4 et
c_5 tels que
1/(x^3 + 1) = c_1/(x + 1) + (c_2 x + c_3)/(x^2 + c_4 x + c_5) .
QD.7) On suppose dans cette question queV est une fonction de
x de classe
C^1 sur
[0, 1] avec
V(0) = V(1) = 0, V^′(0) ≠ 0 et
V^′(1) ≠ 0 . Supposons que
h(x) = (1 + x)x^(θ_1)(1 − x)^(θ_2) , déterminer l'ensemble des
(θ_1, θ_2) telles que
h^3|p^′|^2 soit intégrable sur
[0, 1] .
Indication. On fera le changement de variable
QD.7) On suppose dans cette question que
E- Équation aux dérivées partielles de type Reynolds.
Notations.
Dans cette partie, nous allons considérer un écoulement tridimensionnel. On munit
ℝ^3 de la base orthonormée usuelle (
i⃗, j⃗, k⃗ ). Un point
M de
ℝ^3 est représenté par ses coordonnées
(x, y, z) dans le repère
(O, i⃗, j⃗, k⃗) .
Soit
Ω un ouvert de
ℝ^3 , si
f : Ω → ℝ est une application dérivable en un point (
x_0, y_0, z_0 ) appartenant à
Ω les dérivées partielles de
f au point de coordonnées
(x_0, y_0, z_0) respectivement par rapport à
x, y et
z sont notées :
Soit
v = ((v_1)/(v_2)) une fonction vectorielle avec
v_i : Ω → ℝ(i = 1, 2) . On note
- le produit scalaire usuel :
v ⋅ v^′ = v_1 v_1^′ + v_2 v_2^′ , -
div_2 v = ∂_x v_1 + ∂_y v_2 , -
Av = (0, − 1; 1, 0)((v_1)/(v_2)) = ((− v_2)/(v_1)) .
Si
p : Ω → ℝ est une fonction scalaire, on note
Soit
g = ((g_1)/(g_2)) une fonction vectorielle, dépendant seulement de (
x, y ), avec
g_i : ℝ^2 → ℝ(i = 1, 2) . On notera
divg = ∂_x g_1 + ∂_y g_2 .
Écoulement en 3 dimensions.
On suppose que
h est une application définie sur
ℝ^2 à valeurs réelles strictement positives, de classe
C^∞ et bornée. Le domaine
Ω est l'ouvert de
ℝ^3 défini par
Tournez la page S.V.P.
Nous allons considérer un écoulement en trois dimensions, en les variables
x, y et
z , en rotation autour de son axe vertical
k⃗ . On suppose que le fluide est soumis à une force de traction horizontale
f = ((f_1)/(f_2)) en surface où
f_1 et
f_2 sont des fonctions de
ℝ^2 dans
ℝ dépendant de (
x, y ) de classe
C^∞ . Si l'on note
u = (v/w) = (v_1; v_2; w) le vecteur vitesse de l'écoulement où
v = ((v_1)/(v_2)) désigne les composantes horizontales de la vitesse et
w la composante verticale,
p sa pression (inconnue scalaire) avec
v_1, v_2 et
w des fonctions de
ℝ^3 dans
ℝ de classe
C^2 et
p une fonction de classe
C^1 de
ℝ^3 dans
ℝ ; le système d'équations aux dérivées partielles s'écrit, dans le repère lié à la rotation,
et, pour tout
(x, y) ∈ ℝ^2 ,
On note E le nombre d'Ekman qui permet notamment d'analyser l'effet de la rotation sur l'écoulement.
QE.1) Exprimer la vitessev(x, y) sous forme complexe
(v_1 + iv_2)(x, y) au point (
x, y, z ) en fonction de
f(x, y) , des variables
x, y, z et des fonctions
p et
h (et éventuellement de leurs dérivées partielles) au point (
x, y ).
QE.2) Montrer que pour tout (x, y ) dans
ℝ^2
QE.1) Exprimer la vitesse
QE.2) Montrer que pour tout (
QE.3) Calculer
∫_(− h(x, y))^0 v(x, y, z)dz en fonction de
p, f et leurs dérivées au point (
x, y ), puis montrer que
p satisfait l'équation aux dérivées partielles en (
x, y ) suivante
où les fonctions
d_1, d_2, d_3 et
d_4 , dépendant de (
x, y ), sont données par
où l'on a noté
QE.4) Donner des équivalents de
d_1, d_2, d_3, d_4 lorsque
h → 0 . Ces équivalents dépendent-ils de E ?
Fin.
Pas de description pour le moment
