Corrigé détaillé X ENS Physique B PC 2024 (page 2/2 : Partie 2)
Propagation d'une onde acoustique dans un milieu non homogène
- 32 questions corrigées
- Vérifié question par question
Comment utiliser ce corrigé
Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés
Partie 2 : Acoustique géométrique.
Question 14
Dans le cas où le milieu est de l'air, établir que le carré est proportionnel à la température de ce milieu. On exprimera la constante de proportionnalité en fonction de la constante des gaz parfaits , de la masse molaire du gaz et de son indice adiabatique (ou coefficient de Laplace) .
Indiquer quels sont les éléments à considérer pour accéder à la valeur de , dans le cas d'un gaz. Déterminer alors cette valeur dans le cas de l'air dans le voisinage des conditions normales de température et de pression.
Voir l'indiceIndice
Utiliser la relation thermodynamique de Laplace reliant \chi_S au coefficient de compressibilité isotherme \chi_T, puis dénombrer les degrés de liberté de rotation et de translation pour une molécule diatomique.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le coefficient de compressibilité isentropique \chi_S pour un gaz parfait vérifiant la loi de Laplace, puis en déduire la célérité du son c.
- Relier \gamma aux degrés de liberté de la molécule par le théorème de l'équipartition de l'énergie et la relation de Mayer.
- Conclure pour l'air à température ambiante en considérant sa composition moléculaire diatomique majeure (\mathrm{N}_2, \mathrm{O}_2).
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'air est modélisé par un gaz parfait vérifiant l'équation d'état :
Pour une évolution isentropique d'un gaz parfait, la loi de Laplace s'écrit p \rho^{-\gamma} = \text{Cste}. Par dérivation logarithmique à entropie S fixée :
Le coefficient de compressibilité isentropique vaut alors :
En utilisant la relation établie à la question Q6 (c^2 = \frac{1}{\rho \chi_S}) :
Le carré de la célérité est donc bien proportionnel à la température thermodynamique T :
La constante de proportionnalité est \frac{\gamma R}{M}.
Pour accéder à la valeur de \gamma = \frac{C_{p,\text{m}}}{C_{V,\text{m}}}, les éléments à considérer sont :
- la composition chimique et la géométrie des molécules constitutives du gaz (molécules monoatomiques, diatomiques linéaires ou polyatomiques) ;
- les degrés de liberté (translation, rotation, vibration) activés à la température T, selon le théorème de l'équipartition de l'énergie et l'écart entre k_B T et les quanta d'énergie rotationnelle et vibrationnelle.
L'air est constitué à près de 99\,\% de molécules diatomiques homonucléaires (\mathrm{N}_2 à 78\,\% et \mathrm{O}_2 à 21\,\%). Dans le voisinage des conditions normales de température et de pression :
- les 3 degrés de liberté de translation sont activés (\frac{3}{2}R) ;
- les 2 degrés de liberté de rotation selon les axes perpendiculaires à la liaison sont activés (2 \times \frac{1}{2}R = R) ;
- les modes de vibration sont gelés car l'écart énergétique vibrationnel est nettement supérieur à l'énergie thermique (h\nu_{\text{vib}} \gg k_B T).
On a ainsi C_{V,\text{m}} = \frac{5}{2}R. La relation de Mayer pour un gaz parfait, C_{p,\text{m}} - C_{V,\text{m}} = R, conduit à C_{p,\text{m}} = \frac{7}{2}R.
On en déduit la valeur du rapport des capacités thermiques :
Résultat
Question 15
En traduisant l'hypothèse que l'onde dans le milieu (2) reste une onde plane, établir que les angles et sont liés par la relation suivante :
Voir l'indiceIndice
Écrire la continuité de la phase acoustique (ou la conservation de la composante tangentielle du vecteur d'onde) le long de l'interface plane.
Voir la stratégieStratégie
Pour relier les angles de réfraction aux célérités, on peut exploiter la cinématique de propagation du front d'onde représentée sur la figure 1 :
- Identifier les deux triangles rectangles formés par l'interface de longueur OA et les plans d'onde (surfaces isophases) \varphi_1 et \varphi_2.
- Exprimer la durée \Delta t séparant le passage du front d'onde par le point O et son arrivée au point A en fonction de la géométrie et des célérités c_1 et c_2.
- Égaler ces deux durées pour aboutir à la relation de Descartes acoustique.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons deux plans d'onde successifs du faisceau acoustique :
- le plan d'onde \varphi_1 incident dans le milieu (1), orthogonal à la direction de propagation \vec{k}_1, passant par le point O à un instant t ;
- le plan d'onde \varphi_2 réfracté dans le milieu (2), orthogonal à \vec{k}_2, passant par le point A à l'instant t + \Delta t.
Désignons par H_1 le projeté orthogonal du point O sur le rayon incident passant par A (ou le pied de la perpendiculaire abaissée de O sur ce rayon) : le segment [O H_1] appartient au plan d'onde \varphi_1, donc le triangle (O H_1 A) est rectangle en H_1.
Le vecteur d'onde \vec{k}_1 fait l'angle \theta_1 avec la normale à l'interface (l'axe Oz). Le plan d'onde étant orthogonal à \vec{k}_1, l'angle géométrique entre le plan d'onde \varphi_1 et l'interface (Ox) est égal à \theta_1. Dans le triangle rectangle (O H_1 A), la distance restant à parcourir dans le milieu (1) par le bord droit du faisceau pour atteindre A s'écrit :
La durée nécessaire à l'onde incidente pour parcourir cette distance à la célérité c_1 vaut :
Pendant cette même durée \Delta t, la partie du front d'onde ayant traversé l'interface en O s'est propagée dans le milieu (2) à la célérité c_2 dans la direction définie par \vec{k}_2. Elle a parcouru la distance O H_2 = c_2 \Delta t, où H_2 est le projeté orthogonal du point A sur le rayon réfracté issu de O.
Le plan \varphi_2 étant orthogonal à \vec{k}_2, il fait un angle \theta_2 avec l'interface. Dans le triangle (O H_2 A), rectangle en H_2, l'hypoténuse est le segment commun [OA]. Il vient :
La durée \Delta t s'exprime donc également par :
L'onde restant plane lors de sa traversée de l'interface, la continuité du front d'onde en tout point I de l'interface impose l'égalité des durées :
En simplifiant par OA \neq 0, on obtient la loi de réfraction :
Résultat
Question 16
Commenter la relation (4).
Voir l'indiceIndice
Identifier l'analogie exacte avec la loi de Snell-Descartes pour la réfraction en optique et discuter l'existence d'une réflexion totale.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La relation (4) appelle plusieurs commentaires physiques essentiels :
Analogie avec les lois de Snell-Descartes en optique géométrique :
En optique, la loi de la réfraction s'écrit n_1 \sin\theta_1 = n_2 \sin\theta_2, où l'indice optique n est inversement proportionnel à la célérité de la lumière dans le milieu (n = c_0/v). En acoustique, la relation s'écrit identiquement :n_1 \sin\theta_1 = n_2 \sin\theta_2en définissant l'indice acoustique du milieu par n = 1/c (grandeur proportionnelle au temps de trajet par unité de distance).
Origine ondulatoire (accord de phase) :
Puisque la pulsation \omega est conservée à travers l'interface et que k = \omega/c, la relation (4) équivaut à :k_{1,x} = k_{2,x}Elle traduit la continuité de la composante tangentielle du vecteur d'onde le long de l'interface plane, condition nécessaire pour assurer l'accord de phase entre les ondes incidente et réfractée en tout point de l'interface à chaque instant.
Comportement des rayons et phénomène de réflexion totale :
Cas c_2 > c_1 (milieu (2) plus rapide) : On a \sin\theta_2 > \sin\theta_1, soit \theta_2 > \theta_1 : le rayon réfracté s'éloigne de la normale. Pour des angles d'incidence supérieurs à l'angle critique :
\theta_{\text{lim}} = \arcsin\!\left(\frac{c_1}{c_2}\right)il n'existe plus d'onde plane propagative dans le milieu (2) (\sin\theta_2 > 1) : toute l'énergie acoustique incidente est réfléchie dans le milieu (1) (phénomène de réflexion totale acoustique, avec formation d'une onde évanescente dans le milieu (2)).
- Cas c_2 < c_1 (milieu (2) plus lent) : On a \theta_2 < \theta_1 : le rayon se rapproche de la normale à l'interface, et la réfraction a lieu pour tout angle d'incidence \theta_1 \in [0, \pi/2].
Question 17
Indiquer à quelle condition, portant sur l'épaisseur des couches, cette étude entre dans le cadre de l'acoustique géométrique. Dans la suite, nous supposerons cette condition satisfaite.
Voir l'indiceIndice
Confronter l'épaisseur géométrique e de chaque couche à la longueur d'onde acoustique \lambda.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le cadre de l'acoustique géométrique repose sur l'approximation des ondes courtes, pour laquelle les phénomènes d'interférences et de diffraction sont négligeables.
Dans ce modèle, le milieu est modélisé par des strates homogènes d'épaisseur e au sein desquelles le faisceau se propage en ligne droite comme une onde localement plane. Pour que la notion de rayon acoustique soit valide et que les effets de diffraction ou d'interférences d'ondes multiples à travers les couches soient négligeables, l'épaisseur e de chaque couche doit être très grande devant la longueur d'onde acoustique \lambda :
où \lambda = \frac{2\pi c}{\omega} est la longueur d'onde associée au champ dynamique dans le milieu.
Résultat
Question 18
Représenter, sur la base d'une argumentation, l'allure de la trajectoire du rayon acoustique de vecteur d'onde . On envisagera le cas où et celui où (pour tout ). Le nombre de couches n'est pas limité.
Voir l'indiceIndice
Traduire le fait que le rayon s'écarte ou se rapproche de la normale à l'interface selon que la température (et donc la célérité) augmente ou diminue.
Voir la stratégieStratégie
- Relier la célérité du son c à la température T grâce au résultat de la question Q14.
- Appliquer la loi de réfraction acoustique établie à la question Q15 au passage de chaque interface pour déterminer l'évolution de l'angle d'inclinaison \theta_n par rapport à la verticale.
- Conclure sur le devenir du rayon dans les deux situations (réflexion totale et rebroussement, ou redressement vers la verticale) et tracer les allures correspondantes.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q14, dans l'air assimilé à un gaz parfait, la célérité du son vérifie c = \sqrt{\gamma R T / M}. La célérité c est donc une fonction strictement croissante de la température T.
À chaque interface horizontale entre la couche n et la couche n+1, la loi de la réfraction acoustique (question Q15) s'écrit :
où \theta_n est l'angle entre le vecteur d'onde \vec{k}_n et la normale verticale \vec{u}_z.
1. Cas d'un profil de température croissant avec l'altitude (T_{n+1} > T_n) :
Comme T_{n+1} > T_n, on a c_{n+1} > c_n, d'où :
\sin\theta_{n+1} > \sin\theta_n \implies \theta_{n+1} > \theta_nLe rayon acoustique s'écarte de la normale verticale à chaque traversée d'interface et tend à s'horizontaliser.
- Le nombre de couches n'étant pas limité, il existe une couche critique m pour laquelle le terme (c_{m+1}/c_1)\sin\theta_1 \ge 1. Le rayon subit alors une réflexion totale acoustique à l'interface entre les couches m et m+1.
- Le rayon réfléchi repart vers le bas ; en traversant successivement les couches en sens inverse, il rencontre des milieux de célérités décroissantes (c_n < c_{n+1}), ce qui rapproche son angle d'incidence de la normale. La trajectoire globale est donc une courbe concave vers le sol qui rebrousse chemin : l'onde est rabattue vers le bas.
2. Cas d'un profil de température décroissant avec l'altitude (T_{n+1} < T_n) :
Comme T_{n+1} < T_n, on a c_{n+1} < c_n, d'où :
\sin\theta_{n+1} < \sin\theta_n \implies \theta_{n+1} < \theta_nLe rayon acoustique se rapproche de la normale verticale Oz à chaque interface.
- Aucune réflexion totale ne peut se produire. Le rayon continue indéfiniment son ascension en devenant de plus en plus vertical (\theta_n \to 0).
Question 19
Écrire la relation permettant de déterminer , pour tout accessible par le rayon considéré, connaissant .
Voir l'indiceIndice
Appliquer la relation de réfraction établie en Q15 de proche en proche d'une couche à la suivante.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Les interfaces entre les couches étant planes et parallèles (plans horizontaux perpendiculaires à l'axe vertical Oz), l'angle d'incidence sur l'interface entre la couche k et la couche k+1 est égal à l'angle de réfraction dans la couche k.
D'après la loi de réfraction établie à la question 15 (relation (4)), on a pour chaque interface :
Par récurrence immédiate sur l'ensemble des dioptres traversés, la quantité \dfrac{\sin\theta_n}{c_n} est un invariant de la propagation :
Pour tout indice n accessible par le rayon (c'est-à-dire tant que \dfrac{c_n}{c_1}\sin\theta_1 \le 1), l'angle \theta_n est déterminé par :
soit, lors de la phase ascendante :
Résultat
Question 20
Indiquer à quelle condition, portant sur la pulsation et la fonction , cette étude entre dans le cadre de l'acoustique géométrique. Dans la suite, nous supposerons cette condition satisfaite.
Voir l'indiceIndice
Faire tendre l'épaisseur des couches vers zéro et reformuler la condition \lambda \ll \ell avec la pulsation \omega et la dérivée spatiale \mathrm{d}c/\mathrm{d}z.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la longueur d'onde acoustique locale \lambda(z) en fonction de la célérité locale c(z) et de la pulsation \omega.
- Définir l'échelle spatiale caractéristique \ell(z) de variation de la célérité à partir de sa dérivée spatiale \frac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}z}.
- Établir la condition de validité de l'approximation de l'acoustique géométrique \lambda(z) \ll \ell(z), reliant directement \omega et c(z).
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le cadre de l'acoustique géométrique (ou approximation eikonale) est valide lorsque les propriétés du milieu varient très lentement à l'échelle de la longueur d'onde de l'onde acoustique, comme rappelé dans le préambule de la partie 2 (et à la question Q13) :
La longueur d'onde locale associée à la pulsation \omega est donnée par :
\lambda(z) = \frac{2\pi c(z)}{\omega} \quad \left(\text{ou } \frac{\lambda(z)}{2\pi} = \frac{c(z)}{\omega}\right)La longueur caractéristique de variation spatiale de la célérité c(z) selon la verticale est définie par :
\ell(z) \sim \frac{c(z)}{\left|\dfrac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}z}\right|}
La condition \lambda(z) \ll \ell(z) (ou plus précisément \frac{\lambda(z)}{2\pi} \ll \ell(z)) se traduit alors directement par :
ce qui conduit à la condition :
ou, si l'on conserve le facteur 2\pi :
Résultat
Question 21
Établir que l'équation différentielle vérifiée par la fonction prend la forme suivante :
où est une constante que l'on exprimera en fonction des paramètres et .
Voir l'indiceIndice
Exprimer \mathrm{d}Z/\mathrm{d}x en fonction de l'angle local \theta(Z) par rapport à la verticale, puis injecter l'invariant de Snell-Descartes.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer l'invariant de propagation de Descartes dans le milieu continûment stratifié, généralisant le résultat de la question Q19.
- Relier la pente de la trajectoire \frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}x} à l'angle local \theta(Z) repéré par rapport à la verticale.
- Éliminer l'angle \theta(Z) à l'aide de l'identité trigonométrique \frac{1}{\sin^2\theta} = 1 + \operatorname{cotan}^2\theta pour identifier l'équation différentielle et la constante A.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q19, dans un milieu stratifié horizontalement, la loi de Snell-Descartes pour la réfraction acoustique impose la conservation de la quantité \frac{\sin\theta}{c} le long du rayon. En passant à la limite continue et en introduisant l'indice acoustique n(z) = \frac{1}{c(z)}, cette relation s'écrit pour toute altitude Z :
En évaluant cette constante à l'origine du repère (x=0, Z=0) où n(0) = n_0 et \theta = \theta_0, on pose :
d'où :
L'angle \theta(Z) étant repéré par rapport à l'axe vertical (Oz), un déplacement élémentaire \mathrm{d}\vec{r} = \mathrm{d}x\,\vec{u}_x + \mathrm{d}Z\,\vec{u}_z le long du rayon acoustique satisfait :
La pente de la trajectoire cartésienne s'exprime donc par :
En utilisant la relation trigonométrique \frac{1}{\sin^2\theta} = 1 + \frac{\cos^2\theta}{\sin^2\theta} = 1 + \left(\frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}x}\right)^2, il vient :
ce qui correspond bien à l'équation différentielle (5) avec :
Résultat
Question 22
Dans le cadre de cette approximation, déterminer la solution de l'équation différentielle (5).
Voir l'indiceIndice
Développer n(z) = 1/c(z) au premier ordre en \alpha z, séparer les variables dans l'équation différentielle et intégrer avec la condition initiale en l'origine.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le carré de l'indice acoustique n^2(Z) au premier ordre en \alpha Z à partir de la loi T_0(Z) et de la relation c^2 \propto T.
- Réécrire l'équation différentielle (5) sous une forme reliant directement \left(\frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}x}\right)^2 à Z.
- Dériver par rapport à x pour obtenir une équation différentielle du second ordre très simple, puis intégrer en appliquant les conditions initiales en x = 0.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question 14, la célérité du son dans l'air vérifie c^2(z) \propto T_0(z). Avec le profil de température au premier ordre (équation (6)) :
où c_0 = c(0). Comme n(Z) = 1/c(Z) et |\alpha Z| \ll 1, un développement limité au premier ordre donne :
avec n_0 = 1/c_0. D'après la question 21, la constante A s'écrit A = n_0 \sin\theta_0. Le membre de gauche de l'équation différentielle (5) devient :
L'équation (5) s'écrit donc :
En utilisant l'identité trigonométrique \frac{1}{\sin^2\theta_0} - 1 = \frac{\cos^2\theta_0}{\sin^2\theta_0} = \frac{1}{\tan^2\theta_0}, on obtient :
Dérivons cette expression par rapport à la coordonnée x :
Pour \frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}x} \neq 0, nous obtenons l'équation différentielle linéaire du second ordre :
Par intégration successive par rapport à x :
Les constantes d'intégration sont fixées par les conditions initiales en x = 0 :
- le rayon acoustique part de l'origine : Z(0) = 0 \implies C_2 = 0 ;
- la pente initiale est donnée par \frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}x}(0) = \frac{1}{\tan\theta_0} \implies C_1 = \frac{1}{\tan\theta_0}.
L'équation cartésienne de la trajectoire est donc :
Résultat
Question 23
Établir que l'équation cartésienne de la trajectoire peut s'écrire sous la forme suivante :
On donnera l'expression de chacune des constantes () et .
Par la suite, nous supposerons que .
Voir l'indiceIndice
Effectuer le changement de variables adimensionnées X = \alpha x et W = \alpha Z, puis identifier les coefficients B(\theta_0) et C(\theta_0) de la parabole.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après le résultat de la question 22, l'équation cartésienne de la trajectoire du rayon acoustique s'écrit :
Multiplions cette relation par le facteur d'échelle \alpha afin d'introduire la coordonnée adimensionnée W = \alpha Z :
En posant X = \alpha x, l'équation de la trajectoire prend la forme polynomiale souhaitée :
où les constantes s'identifient immédiatement par :
Comme \theta_0 \in ]0, \pi[, on a \sin\theta_0 > 0, ce qui garantit bien que B(\theta_0) < 0.
Résultat
Question 24
Étudier la famille de fonctions afin de caractériser le réseau de trajectoires, dans le cas où . Représenter l'allure de quelques trajectoires.
Voir l'indiceIndice
Déterminer le sommet et la portée de la parabole représentant la trajectoire en fonction de \theta_0, puis tracer plusieurs rayons d'angles initiaux distincts.
Voir la stratégieStratégie
- Étudier les propriétés analytiques de la fonction W(X) = B(\theta_0)X^2 + C(\theta_0)X : signe du coefficient dominant, pente à l'origine, coordonnées du sommet (altitude maximale) et portée au niveau initial (W=0).
- Analyser l'évolution de ces grandeurs caractéristiques lorsque le paramètre \theta_0 parcourt l'intervalle ]0, \pi/2].
- Tracer l'allure d'un ensemble représentatif de trajectoires dans le plan (X, W).
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question précédente, l'équation adimensionnée de la trajectoire d'un rayon acoustique s'écrit :
Pour tout \theta_0 \in ]0, \pi/2] et \alpha > 0 :
- Nature géométrique : le coefficient dominant vérifie B(\theta_0) \le -\frac{1}{2} < 0. Chaque trajectoire est donc une parabole dont la concavité est constamment tournée vers le bas (\frac{\mathrm{d}^2 W}{\mathrm{d}X^2} = 2B < 0).
Comportement à l'origine : toutes les trajectoires partent de (X=0, W=0) avec une pente initiale :
\left.\frac{\mathrm{d}W}{\mathrm{d}X}\right|_{X=0} = C(\theta_0) = \frac{1}{\tan\theta_0} \ge 0La pente est infinie pour \theta_0 \to 0^+ (tir vertical) et nulle pour \theta_0 = \pi/2 (tir horizontal tangentiel).
Sommet de la trajectoire : la dérivée s'annule en un point d'abscisse X_S tel que 2B(\theta_0) X_S + C(\theta_0) = 0, soit :
X_S = -\frac{C(\theta_0)}{2B(\theta_0)} = \sin\theta_0 \cos\theta_0 = \frac{1}{2}\sin(2\theta_0)L'altitude maximale atteinte au sommet par le rayon acoustique vaut alors :
W_S = W(X_S) = -\frac{1}{2\sin^2\theta_0}\left(\sin\theta_0\cos\theta_0\right)^2 + \frac{\cos\theta_0}{\sin\theta_0}\left(\sin\theta_0\cos\theta_0\right) = \frac{1}{2}\cos^2\theta_0En ce sommet, la tangente est horizontale (\mathrm{d}W/\mathrm{d}X = 0, ce qui correspond à un angle local \theta = \pi/2). Le rayon subit une réflexion totale et redescend vers les altitudes inférieures.
Portée au niveau d'émission (W=0) : La parabole recoupe le niveau W=0 en :
X_P = 2 X_S = \sin(2\theta_0)La portée maximale à l'altitude de départ est obtenue pour \theta_0 = \frac{\pi}{4} (45^\circ) et vaut X_{P,\max} = 1 (soit x_{P,\max} = 1/\alpha).
- Cas particulier \theta_0 = \pi/2 : On a C(\pi/2) = 0 et B(\pi/2) = -1/2, d'où W(X) = -\frac{1}{2}X^2. Le rayon émis horizontalement s'incurve immédiatement vers les altitudes négatives sans jamais s'élever.
L'altitude maximale absolue que peut atteindre un rayon émis depuis l'origine est bornée supérieurement par :
Question 25
Nous supposons qu'un émetteur acoustique très directionnel est placé à l'origine du repère . Sa direction d'émission est fixée par l'angle (). Les tracés effectués en réponse à la question (24) font apparaître deux domaines : un (désigné par ) dont chacun des points peut être atteint par l'onde sonore émise (pour une orientation adaptée), un autre (désigné par ) dont tous les points restent hors d'atteinte (quelle que soit la valeur de ). Déterminer l'équation cartésienne de la frontière délimitant ces deux domaines.
Indication : On recherchera à quelle condition un point du plan peut se situer sur la trajectoire d'un rayon acoustique. Par ailleurs, on adoptera, comme seul paramètre de l'équation cartésienne de la trajectoire, .
Représenter cette frontière sur le réseau de trajectoires tracé en réponse à la question (24).
Voir l'indiceIndice
Exprimer l'équation de la trajectoire comme une équation du second degré en u_0 = 1/\tan\theta_0 et écrire la condition de positivité du discriminant pour obtenir l'enveloppe (parabole de sûreté).
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer l'équation cartésienne de la trajectoire W(X) en fonction du seul paramètre u_0 = 1/\tan\theta_0 grâce à l'identité trigonométrique 1/\sin^2\theta_0 = 1 + u_0^2.
- Écrire la condition pour qu'un point (X, W) appartienne à au moins une trajectoire sous la forme de l'existence d'une racine réelle pour l'équation du second degré en u_0 (\Delta \ge 0).
- En déduire l'équation de la frontière séparatrice W_{\mathrm{f}}(X) correspondant à \Delta = 0, puis la représenter sur le réseau de trajectoires.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après le résultat de la question Q23, la trajectoire d'un rayon émis sous l'angle \theta_0 s'écrit :
avec B(\theta_0) = -\dfrac{1}{2\sin^2\theta_0} et C(\theta_0) = \dfrac{1}{\tan\theta_0} = u_0. En utilisant l'identité :
l'équation de la trajectoire devient :
Pour un point M(X, W) fixé avec X > 0, réécrivons cette relation sous la forme d'un polynôme du second degré en l'inconnue u_0 :
Le point M est atteint par un rayon acoustique s'il existe au moins une valeur réelle de u_0 satisfaisant cette équation. Le discriminant associé s'écrit :
Comme X > 0, la condition d'existence d'une solution réelle s'énonce :
À la frontière entre les deux domaines, le discriminant s'annule (\Delta = 0). La racine double est alors :
Elle correspond bien à un angle d'émission admissible \theta_0 = \arctan(X) \in \left]0, \frac{\pi}{2}\right[. L'équation cartésienne de la frontière séparatrice est donc :
Le domaine accessible \mathcal{D}_1 est défini par W \le W_{\mathrm{f}}(X), et le domaine d'ombre \mathcal{D}_0 par W > W_{\mathrm{f}}(X).
Résultat
Question 26
Nous supposons que la source sonore placée à l'origine du repère émet des rayons acoustiques, simultanément dans toutes les directions. Avec l'appui des tracés effectués en réponse à la question (24), indiquer comment est perçue acoustiquement cette source depuis un point du domaine .
Voir l'indiceIndice
Compter le nombre de racines réelles en u_0 pour un point intérieur à \mathcal{D}_1 et interpréter physiquement les deux rayons arrivant en ce point.
Voir la stratégieStratégie
- Exploiter le résultat de la question précédente : le nombre de trajectoires (valeurs de u_0) passant par un point donné (X, W) de l'espace.
- Interpréter physiquement la présence de plusieurs rayons : direction apparente de la source (tangente au rayon incident) et temps de parcours associés.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après l'étude menée à la question précédente, l'appartenance d'un point M(X, W) à l'intérieur du domaine accessible \mathcal{D}_1 (W < W_{\mathrm{f}}(X) avec X > 0) assure que le discriminant de l'équation du second degré en u_0 = 1/\tan\theta_0 est strictement positif :
Il existe donc deux angles d'émission distincts \theta_{0,1} et \theta_{0,2} permettant d'atteindre le point M. Par conséquent, deux rayons acoustiques issus de l'origine se croisent en tout point de \mathcal{D}_1 :
- une trajectoire « basse », tirée plus horizontalement et restant à basse altitude ;
- une trajectoire « haute », montant plus haut dans le gradient de température avant d'être rabattue par réfraction vers le point M.
Un récepteur situé en un point de \mathcal{D}_1 perçoit ainsi cette source de la manière suivante :
- Dédoublement de la source (mirage acoustique) : la direction apparente d'arrivée d'une onde étant donnée par le vecteur d'onde (la tangente au rayon au point d'écoute), l'observateur localise acoustiquement la source dans deux directions différentes ; il perçoit donc deux images acoustiques distinctes de la même source.
- Décalage temporel et interférences : les deux chemins acoustiques ont des longueurs et des temps de trajet différents (\tau_1 \neq \tau_2). Si l'émission est brève, le récepteur perçoit un écho (deux signaux successifs) ; pour une onde harmonique entretenue de pulsation \omega, la superposition des deux ondes engendre des interférences (qui peuvent être constructives ou destructives selon la position d'écoute).
Question 27
Indiquer quelle analogie peut suggérer l'équation (7) (ou les trajectoires qui la représentent).
Voir l'indiceIndice
Faire le lien avec le problème balistique de la portée maximale et de la parabole de sûreté d'un projectile lancé dans un champ de pesanteur uniforme.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'équation (7), réécrite avec les variables dimensionnées x et Z, s'écrit :
Cette équation est formellement identique à l'équation de la trajectoire d'un projectile ponctuel de masse m lancé depuis l'origine dans un champ de pesanteur uniforme vertical descendant \vec{g} = -g\,\vec{u}_z, avec une vitesse initiale \vec{v}_0 faisant un angle \theta_0 avec la verticale ascendante :
L'équation (7) suggère ainsi une analogie mécanique directe avec le tir balistique d'un projectile dans le champ de pesanteur :
- la trajectoire du rayon acoustique s'identifie à la trajectoire parabolique du projectile ;
le gradient de température (caractérisé par \alpha) joue le rôle de l'accélération de la pesanteur adimensionnée, selon l'identification :
\boxed{ \alpha \longleftrightarrow \frac{g}{v_0^2} }- l'angle d'émission \theta_0 repéré par rapport à la verticale correspond à la direction du vecteur vitesse initiale \vec{v}_0 ;
- la frontière W_{\mathrm{f}}(X) calculée à la question précédente est l'exact homologue de la parabole de sûreté en balistique, enveloppe des trajectoires accessibles pour une vitesse de tir fixée.
Résultat
Question 28
Un sonar (sound navigation and ranging) est un dispositif acoustique permettant de localiser (distance et situation) des objets réflecteurs. Un sonar dit actif émet (mode émission) des rayons acoustiques dans un certain intervalle de directions puis détecte (mode réception ou d'écoute) l'écho renvoyé par les obstacles rencontrés. Sur la base du réseau de trajectoires tracé en réponse à la question (24), indiquer quels problèmes posent cette technique de localisation dans un milieu stratifié.
Voir l'indiceIndice
Discuter l'impossibilité de détecter des cibles situées dans les zones d'ombre acoustique \mathcal{D}_0 et l'erreur induite sur la position par la courbure des trajets.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans un milieu homogène, la localisation par sonar actif repose sur deux hypothèses simples :
- la propagation rectiligne des rayons sonores permet d'attribuer à la cible la direction d'émission ou de réception de l'écho ;
- la constance de la célérité c permet de relier la distance d de la cible au temps d'aller-retour \tau par la relation d = \frac{c \tau}{2}.
D'après l'étude menée aux questions précédentes (questions 24, 25 et 26), la stratification du milieu perturbe profondément ce principe de localisation :
- Courbure des rayons et erreur sur la direction angulaire :
Sous l'effet du gradient de célérité, les rayons acoustiques s'incurvent (trajectoires paraboliques). La direction apparente de l'écho (tangente à la trajectoire au niveau du récepteur) ne coïncide pas avec la direction géométrique directe de la cible, ce qui fausse le relèvement de l'obstacle. - Existence de zones d'ombre acoustique (\mathcal{D}_0) :
Le réseau de trajectoires délimite une zone d'ombre \mathcal{D}_0 (au-delà de la parabole enveloppe déterminée à la question 25) qu'aucun rayon acoustique ne peut pénétrer. Un obstacle situé dans ce domaine est totalement indétectable par le sonar actif. - Propagation par trajets multiples (multitrajets) et faux échos :
Comme établi à la question 26, un point du domaine accessible \mathcal{D}_1 est relié à la source par deux trajectoires distinctes correspondant à deux angles d'émission différents. Un réflecteur renvoie donc plusieurs signaux reçus à des instants différents, ce qui crée des échos fantômes et complique considérablement le comptage et l'identification des cibles. - Erreur sur l'estimation de la distance :
La célérité c(z) variant le long du trajet et la longueur d'arc curviligne de la parabole étant supérieure à la distance géométrique directe, la formule usuelle d = \frac{c_0 \tau}{2} conduit à une erreur systématique sur la distance de la cible.
Question 29
Le sonar, situé sous un bateau de pêche, permet de localiser les bancs de poissons. Le profil de célérité représenté sur la figure (4) permet-il aux rayons acoustiques émis de se propager au-delà du chenal de surface ? On s'appuiera, en particulier, sur l'étude conduite en réponse à la question (24) afin d'estimer la « portée » maximale en profondeur d'un rayon acoustique, correspondant à une valeur donnée du coefficient (introduit dans l'équation (6)).
Voir l'indiceIndice
Déterminer la profondeur maximale accessible au sommet des paraboles à partir du gradient de célérité dans la couche superficielle.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier le comportement de la célérité c(z') dans le chenal de surface à partir de la figure 4 et en déduire l'ordre de grandeur du paramètre de gradient \alpha.
- Transposer le résultat de la question 24 pour exprimer la profondeur maximale de rebroussement z'_S(\theta_0) et sa valeur maximale absolue z'_{S,\max}.
- Comparer cette profondeur à l'épaisseur caractéristique du chenal de surface pour déterminer si les rayons peuvent le franchir.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans le repère naturel lié à l'océan, l'axe vertical est dirigé vers le bas selon la profondeur z' = -z.
D'après la figure 4, dans le chenal de surface, la célérité du son c(z') augmente légèrement avec la profondeur z' sous l'effet prépondérant de la pression hydrostatique (la température étant quasi-uniforme dans cette couche de mélange). Sur une épaisseur h \sim 100\text{ à }200\text{ m}, la variation de célérité est d'environ \Delta c \approx 1\text{ à }2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} autour de c_0 \approx 1515\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.
En linéarisant le profil sous la forme c(z') \approx c_0(1 + \alpha z'), on estime le coefficient de gradient \alpha :
D'après le résultat établi à la question 24, le sommet de la parabole représentant la trajectoire correspond à une profondeur maximale de pénétration :
où \theta_0 est l'angle d'émission mesuré par rapport à la verticale descendante.
La « portée » maximale théorique en profondeur pour un rayon acoustique est atteinte pour une incidence normale (\theta_0 \to 0) :
Cette valeur théorique z'_{S,\max} \sim 10^5\text{ m} est immensément supérieure à l'épaisseur réelle du chenal de surface (h \sim 100\text{ à }200\text{ m}).
Par conséquent, un rayon n'est réfracté et piégé dans le chenal de surface que si sa profondeur de rebroussement est inférieure à l'épaisseur du chenal :
ce qui ne concerne que les rayons émis de manière extrêmement rasante (faisant un angle avec l'horizontale inférieur à environ \arcsin(0{,}03) \approx 1{,}7^\circ).
Dès lors que l'angle d'émission est suffisamment plongeant (\cos\theta_0 > \sqrt{2\alpha h}), le rayon ne rebrousse pas chemin dans le chenal de surface : il le traverse et se propage en profondeur.
Résultat
Question 30
Sans effectuer de calcul, représenter l'allure des rayons acoustiques émis par un sous-marin (bruit) situé à une profondeur . On supposera que le sous-marin émet dans toutes les directions.
Voir l'indiceIndice
Représenter des rayons qui oscillent autour du minimum de célérité à z' = 500\text{ m} par réfractions successives vers les zones de plus faible vitesse.
Voir la stratégieStratégie
- Analyser la variation locale de la célérité c(z') au voisinage immédiat de la profondeur z' = 500\text{ m} d'après le profil de la figure 4.
- Appliquer la loi de Descartes de l'acoustique géométrique pour déterminer le sens de courbure des rayons selon qu'ils se propagent vers le haut (z' < 500\text{ m}) ou vers le bas (z' > 500\text{ m}).
- Tracer l'allure des rayons émis depuis le sous-marin : piégeage oscillant pour les rayons peu inclinés et transmission pour les rayons trop verticaux.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la figure 4, la profondeur z' = 500\text{ m} correspond à un minimum local de la célérité du son :
- pour z' < 500\text{ m} (vers la surface), la célérité c(z') augmente avec l'altitude (z' décroissant) ;
- pour z' > 500\text{ m} (vers le fond), la célérité c(z') augmente avec la profondeur sous l'effet de l'eau plus chaude d'origine méditerranéenne.
D'après la relation de Descartes établie à la question Q19, un rayon acoustique vérifie la loi de conservation :
où \theta est l'angle du rayon avec la verticale. Ainsi :
- un rayon se propageant vers le haut (z' < 500\text{ m}) pénètre dans une zone où c augmente, donc \sin\theta croît jusqu'à atteindre 1 (\theta = \pi/2, rayon horizontal) : le rayon rebrousse chemin vers les profondeurs croissantes ;
- de même, un rayon se propageant vers le bas (z' > 500\text{ m}) pénètre dans une région où c augmente : \sin\theta augmente également jusqu'au rebroussement vers le haut.
Par conséquent, les rayons se courbent systématiquement vers les régions de plus faible célérité (c'est-à-dire de plus fort indice acoustique n = 1/c).
- Pour des angles initiaux suffisamment proches de l'horizontale, les rayons acoustiques sont piégés dans ce « chenal sonore profond » et effectuent une trajectoire ondulante périodique autour du plan z' = 500\text{ m}.
- Pour des rayons émis trop près de la verticale, l'angle critique de réflexion totale n'est pas atteint avant les extrema de célérité : ils s'échappent du chenal vers la surface ou les grandes profondeurs.
Question 31
Indiquer quel est l'analogue de cette situation en optique.
Voir l'indiceIndice
Citer le guidage de la lumière dans une fibre optique à gradient d'indice (profil parabolique de type mirage).
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la grandeur optique équivalente à l'indice acoustique n(z) = 1/c(z).
- Interpréter la structure du milieu : un minimum local de célérité c(z') correspond à un maximum local d'indice acoustique.
- Faire le parallèle avec les dispositifs ou phénomènes d'optique ondulatoire et géométrique fondés sur le guidage de la lumière par gradient d'indice.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les questions précédentes, l'indice acoustique est défini par n(z') = \frac{1}{c(z')}. Au niveau du chenal sonore profond (z' = 500\text{ m}), la célérité c(z') présente un minimum local, ce qui correspond à un maximum local d'indice acoustique n(z'). Les rayons sonores sont continûment réfractés vers les zones de plus fort indice et s'y retrouvent piégés en oscillant de part et d'autre de ce plan.
En optique, l'analogue direct d'un tel milieu à symétrie plane ou cylindrique présentant un indice de réfraction maximal sur un axe et décroissant lorsqu'on s'en éloigne est :
À l'échelle géophysique, ce phénomène correspond également aux conduits de guidage atmosphérique responsables de certains mirages optiques (effet de mirage supérieur ou canalisation de la lumière dans des couches d'inversion thermique).
Résultat
Question 32
Préciser quel avantage procure à un sous-marin de se placer à la profondeur .
Voir l'indiceIndice
Mettre en évidence le confinement des ondes sonores par guidage à longue distance et l'existence d'une zone d'ombre protectrice vis-à-vis des détecteurs de surface.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Se placer à la profondeur z' = 500\text{ m}, au cœur du chenal sonore profond (chenal SOFAR), procure au sous-marin un double avantage tactique majeur :
Écoute passive et détection à très longue portée : Le chenal sonore agit comme un guide d'ondes acoustique naturel (établi à la question Q30). L'énergie sonore des cibles bruyantes situées dans ce canal y reste confinée ; la divergence géométrique de l'onde devient bidimensionnelle (cylindrique, avec une décroissance de l'intensité en 1/r) au lieu de tridimensionnelle (sphérique, en 1/r^2). L'atténuation géométrique étant considérablement réduite, le sous-marin peut :
- écouter et détecter des sources sonores distantes de plusieurs centaines, voire milliers de kilomètres ;
- transmettre des signaux acoustiques de communication à très grande distance.
- Furtivité acoustique vis-à-vis des bâtiments de surface : La majeure partie des rayons sonores émis par le sous-marin (bruit de propulsion, d'écoulement, bruits de bord) sous des angles d'incidence modérés est courbée et piégée autour de z' = 500\text{ m} sans jamais atteindre la surface. Le sous-marin est ainsi dissimulé aux sonars de coque des navires de surface et aux bouées acoustiques superficielles larguées par l'aviation de lutte anti-sous-marine.
Résultat
Où je me situe, question par question
Cochez les questions que vous avez réussies sans aide. Toutes les questions du sujet sont ici, y compris celles des autres pages : votre sélection est gardée d'une page à l'autre.
- Note estimée
- –
- 0 question réussie sur 32
- Position estimée
- –
- des copies sous cette note
Estimation indicative, faute de barème officiel publié : toutes les questions comptent autant, sur les 32 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 10,11 et d'écart-type 3,44 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.
Source des chiffres : document officiel du concours.
Signaler une erreur
Une étape vous semble fausse ou incomplète ? Dites-le nous en précisant le numéro de la question (par exemple Q14) : dans les commentaires ci-dessous ou sur le Discord de WikiPrépa. Chaque signalement est vérifié et la question corrigée si besoin.
Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.