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Corrigé détaillé X ENS Physique SI MP 2023 (page 2/2 : Partie 1 (questions 15 à 20) et partie 2)

Asservissement en fréquence d'un laser continu

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Partie 1 : Principe de fonctionnement d'un laser (suite)

1.2 · Amplification optique

Question 15

Écrire les équations différentielles vérifiées par et , en veillant à développer en exponentielles complexes, de façon à clairement mettre en évidence les termes contribuant à des variations lentes ou rapides de et .

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Dériver \alpha(t) et \beta(t) par rapport au temps, remplacer les dérivées \dot{a}(t) et \dot{b}(t) issues des équations de Schrödinger et développer le cosinus en exponentielles complexes d'arguments \pm \mathrm{i}\omega t.

Voir la stratégie
  1. Dériver par rapport au temps les relations de définition de \alpha(t) et \beta(t) données par l'équation (11).
  2. Injecter les équations différentielles vérifiées par a(t) et b(t) établies à la question 14-c.
  3. Développer \cos(\omega t) selon la formule d'Euler pour séparer les termes indépendants de \omega (termes lents) de ceux oscillant à la pulsation 2\omega (termes rapides).
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D'après les relations (11), on a :

a(t) = \alpha(t)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\frac{E_a}{\hbar}t} \quad\text{et}\quad b(t) = \beta(t)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\left(\frac{E_a}{\hbar}+\omega\right)t}

1. Équation vérifiée par \alpha(t) :

En dérivant l'expression de \alpha(t) = a(t)\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\frac{E_a}{\hbar}t} par rapport au temps :

\frac{\mathrm{d}\alpha}{\mathrm{d}t} = \mathrm{e}^{+\mathrm{i}\frac{E_a}{\hbar}t} \left[ \frac{\mathrm{d}a}{\mathrm{d}t} + \mathrm{i}\frac{E_a}{\hbar}a(t) \right]

En utilisant la première équation du système (10), \dfrac{\mathrm{d}a}{\mathrm{d}t} + \mathrm{i}\dfrac{E_a}{\hbar}a(t) = \mathrm{i}\Omega_R\cos(\omega t)b(t), il vient :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}\alpha}{\mathrm{d}t} &= \mathrm{i}\Omega_R \cos(\omega t) \, b(t) \, \mathrm{e}^{+\mathrm{i}\frac{E_a}{\hbar}t} \\ &= \mathrm{i}\Omega_R \cos(\omega t) \, \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} \beta(t) \end{aligned}

En développant le cosinus sous forme d'exponentielles complexes, \cos(\omega t) = \dfrac{\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\omega t} + \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}}{2} :

\begin{aligned} \cos(\omega t)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} &= \frac{1 + \mathrm{e}^{-2\mathrm{i}\omega t}}{2} \end{aligned}

D'où l'équation pour \alpha(t) :

\boxed{\frac{\mathrm{d}\alpha}{\mathrm{d}t} = \mathrm{i}\frac{\Omega_R}{2}\left(1 + \mathrm{e}^{-2\mathrm{i}\omega t}\right)\beta(t)}

2. Équation vérifiée par \beta(t) :

De même, en dérivant \beta(t) = b(t)\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\left(\frac{E_a}{\hbar}+\omega\right)t} :

\frac{\mathrm{d}\beta}{\mathrm{d}t} = \mathrm{e}^{+\mathrm{i}\left(\frac{E_a}{\hbar}+\omega\right)t} \left[ \frac{\mathrm{d}b}{\mathrm{d}t} + \mathrm{i}\left(\frac{E_a}{\hbar} + \omega\right)b(t) \right]

En substituant la seconde équation du système (10), \dfrac{\mathrm{d}b}{\mathrm{d}t} = -\mathrm{i}\dfrac{E_b}{\hbar}b(t) + \mathrm{i}\Omega_R\cos(\omega t)a(t) :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}\beta}{\mathrm{d}t} &= \mathrm{i}\left(\omega - \frac{E_b - E_a}{\hbar}\right) b(t)\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\left(\frac{E_a}{\hbar}+\omega\right)t} + \mathrm{i}\Omega_R \cos(\omega t) \, a(t)\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\left(\frac{E_a}{\hbar}+\omega\right)t} \\ &= \mathrm{i}(\omega - \omega_0)\beta(t) + \mathrm{i}\Omega_R \cos(\omega t) \, \mathrm{e}^{+\mathrm{i}\omega t} \alpha(t) \end{aligned}

Sachant que \delta\omega = \omega - \omega_0 et \cos(\omega t)\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\omega t} = \dfrac{1 + \mathrm{e}^{+2\mathrm{i}\omega t}}{2}, on obtient :

\boxed{\frac{\mathrm{d}\beta}{\mathrm{d}t} = \mathrm{i}\delta\omega\,\beta(t) + \mathrm{i}\frac{\Omega_R}{2}\left(1 + \mathrm{e}^{+2\mathrm{i}\omega t}\right)\alpha(t)}

3. Identification des termes lents et rapides :

  • Les termes en facteur de 1 dans les crochets ainsi que le terme en \mathrm{i}\delta\omega oscillent à des pulsations nulles ou de l'ordre de |\delta\omega| \ll \omega, et de \Omega_R \ll \omega : ce sont les termes à variation lente.
  • Les termes en \mathrm{e}^{\pm 2\mathrm{i}\omega t} oscillent à la pulsation 2\omega (de l'ordre de 10^{15}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}) : ce sont les termes à variation rapide (antirésonnants).

Résultat

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Question 16

L'atome est dans une superposition d'états stationnaires .

16-a) Exprimer la densité de probabilité de présence en de l'électron en fonction de . En déduire la probabilité élémentaire que l'électron soit situé entre et . Exprimer la valeur moyenne (sur toutes les valeurs possibles de ) du dipôle atomique .

16-b) Exprimer en fonction de , et des intégrales introduites par la relation (9). Ce résultat montre l'intérêt des variables , et et donc des variables , et pour représenter l'état de l'atome lorsqu'il est dans une superposition de deux états stationnaires (ici et ).

16-c) Donner l'interprétation physique des variables réelles et . Montrer qu'il existe une relation simple entre ces deux variables.

16-d) Exprimer en fonction de , et , puis en fonction de , , et . En déduire que est uniquement relié à la cohérence .

16-e) On introduit les variables réelles et telles que : . Montrer que :

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Calculer la valeur moyenne \langle D_x \rangle = \int \psi^* (-ex) \psi \, \mathrm{d}x, regrouper les termes faisant intervenir d = D_{ab} et identifier le rôle de la cohérence C = \beta^*\alpha en développant C = \frac{1}{2}(u+\mathrm{i}v).

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16-a) D'après les postulats de la mécanique quantique à une dimension :

  • La densité volumique (ici linéique) de probabilité de présence de l'électron en x à l'instant t s'exprime par le module au carré de la fonction d'onde :

    \boxed{\rho(x, t) = |\psi(x, t)|^2 = \psi^*(x, t)\psi(x, t)}
  • La probabilité élémentaire \mathrm{d}\mathcal{P} de trouver l'électron dans l'intervalle [x, x + \mathrm{d}x] à l'instant t est donc :

    \boxed{\mathrm{d}\mathcal{P} = |\psi(x, t)|^2\,\mathrm{d}x}
  • La valeur moyenne \langle D_x \rangle de la composante du dipôle électrique atomique D_x = -ex s'obtient en intégrant sur toutes les positions possibles :

    \boxed{\langle D_x \rangle = \int_{-\infty}^{+\infty} \psi^*(x, t)\,(-ex)\,\psi(x, t)\,\mathrm{d}x}

16-b) En injectant la décomposition \psi(x, t) = a(t)\varphi_a(x) + b(t)\varphi_b(x) dans l'expression de \langle D_x \rangle, on développe :

\begin{aligned} \langle D_x \rangle &= \int_{-\infty}^{+\infty} \left(a^*(t)\varphi_a^*(x) + b^*(t)\varphi_b^*(x)\right)(-ex)\left(a(t)\varphi_a(x) + b(t)\varphi_b(x)\right)\mathrm{d}x \\ &= a^*(t)a(t) \int \varphi_a^*(x)(-ex)\varphi_a(x)\,\mathrm{d}x + a^*(t)b(t) \int \varphi_a^*(x)(-ex)\varphi_b(x)\,\mathrm{d}x \\ &\quad + b^*(t)a(t) \int \varphi_b^*(x)(-ex)\varphi_a(x)\,\mathrm{d}x + b^*(t)b(t) \int \varphi_b^*(x)(-ex)\varphi_b(x)\,\mathrm{d}x \end{aligned}

En identifiant les éléments de matrice D_{ij} définis par la relation (9), on obtient :

\boxed{\langle D_x \rangle = a^* a \, D_{aa} + a^* b \, D_{ab} + b^* a \, D_{ba} + b^* b \, D_{bb}}

16-c) D'après les définitions (11) des variables \alpha(t) et \beta(t) :

\begin{aligned} \alpha^*(t)\alpha(t) &= \left(\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\frac{E_a}{\hbar}t}a^*(t)\right)\left(\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\frac{E_a}{\hbar}t}a(t)\right) = |a(t)|^2 = p_a \\ \beta^*(t)\beta(t) &= \left(\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\frac{E_a}{\hbar}t}\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}b^*(t)\right)\left(\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\frac{E_a}{\hbar}t}\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\omega t}b(t)\right) = |b(t)|^2 = p_b \end{aligned}
  • Interprétation physique : \alpha^*\alpha = p_a et \beta^*\beta = p_b représentent respectivement les probabilités de présence (ou populations) de trouver l'atome dans l'état stationnaire \varphi_a et dans l'état stationnaire \varphi_b.
  • Relation : Le système étant modélisé par un système à deux niveaux normalisé (p_a + p_b = 1, d'après la question 13-c), on a :

    \boxed{\alpha^*\alpha + \beta^*\beta = 1}

16-d) D'après la question 14-a, la parité des états impose des moments dipolaires permanents nuls (D_{aa} = D_{bb} = 0), et le dipôle de transition est réel et symétrique : D_{ab} = D_{ba} = d \in \mathbb{R}. Il vient :

\boxed{\langle D_x \rangle = d \left(a^*b + b^*a\right)}

En inversant les relations (11) :

a(t) = \alpha(t)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\frac{E_a}{\hbar}t} \quad \text{et} \quad b(t) = \beta(t)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\frac{E_a}{\hbar}t}\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}

On calcule les produits croisés :

\begin{aligned} b^*(t)a(t) &= \beta^*(t)\alpha(t)\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\omega t} = C\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\omega t} \\ a^*(t)b(t) &= \alpha^*(t)\beta(t)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} = C^*\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} \end{aligned}

L'expression de \langle D_x \rangle devient :

\boxed{\langle D_x \rangle = d \left(\alpha^* \beta\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} + \beta^* \alpha\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\omega t}\right) = d \left(C^*\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} + C\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\omega t}\right)}

Les termes de population \alpha^*\alpha et \beta^*\beta n'intervenant pas, la valeur moyenne \langle D_x \rangle du dipôle est uniquement reliée à la cohérence C = \beta^*\alpha (et à son conjugué C^*).

16-e) En posant C = \frac{1}{2}(u + \mathrm{i}v) avec (u, v) \in \mathbb{R}^2, on exprime la somme :

\begin{aligned} C\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\omega t} + C^*\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} &= 2\,\operatorname{Re}\left(C\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\omega t}\right) \\ &= 2\,\operatorname{Re}\left[\frac{1}{2}(u + \mathrm{i}v)(\cos(\omega t) + \mathrm{i}\sin(\omega t))\right] \\ &= u \cos(\omega t) - v \sin(\omega t) \end{aligned}

En multipliant par d, on retrouve bien la relation (13) :

\boxed{\langle D_x \rangle = d \left[u \cos(\omega t) - v \sin(\omega t)\right]}

Résultat

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Question 17

Pour décrire le milieu amplificateur en régime permanent, nous nous intéressons à l'état stationnaire de ce système.

17-a) Écrire les équations vérifiées en régime permanent par les variables .

17-b) Déterminer la solution stationnaire de ce système dans le cas où le milieu n'est soumis à aucune onde électromagnétique, c'est-à-dire si l'amplitude de cette onde est nulle, donc si la pulsation de Rabi est nulle. On appellera et les valeurs des paramètres ainsi obtenues. Justifier que la cohérence entre les deux états a et b de l'atome n'est créée que par l'interaction de l'atome avec l'onde électromagnétique.

17-c) Calculer la valeur moyenne du dipôle électrique atomique en régime stationnaire. On rappelle le résultat (13) de la question 16-e : .

17-d) Le milieu amplificateur est constitué de "atomes" par unité de volume. La polarisation de ce milieu est son moment dipolaire par unité de volume : . Déterminer la polarisation du milieu amplificateur en régime stationnaire et montrer qu'elle oscille à la pulsation . Écrire la représentation complexe de (avec la représentation complexe définie par la relation (2)), et montrer qu'on peut l'écrire sous la forme , où est la susceptibilité complexe du milieu amplificateur. On rappelle que . Calculer les parties réelle et imaginaire de en fonction de .

Voir l'indice

Résoudre le système algébrique obtenu en annulant les dérivées temporelles. Identifier ensuite la susceptibilité complexe \chi via la définition de la polarisation macroscopique \mathcal{P} = n\langle D_x \rangle = \epsilon_0 \chi \mathcal{E}.

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17-a) Équations en régime permanent pour p_a, p_b et C

L'évolution temporelle de l'état quantique résulte de la somme de trois contributions :

  • l'interaction dipolaire avec le champ électromagnétique (relations (14)) :

    \left.\frac{\mathrm{d}p_a}{\mathrm{d}t}\right|_{\text{int}} = -\mathrm{i}\frac{\Omega_R}{2}(C - C^*), \quad \left.\frac{\mathrm{d}p_b}{\mathrm{d}t}\right|_{\text{int}} = +\mathrm{i}\frac{\Omega_R}{2}(C - C^*), \quad \left.\frac{\mathrm{d}C}{\mathrm{d}t}\right|_{\text{int}} = -\mathrm{i}\delta\omega C - \mathrm{i}\frac{\Omega_R}{2}(p_a - p_b)
  • la relaxation due à l'émission spontanée et aux collisions (relations (15)) :

    \left.\frac{\mathrm{d}p_a}{\mathrm{d}t}\right|_R = -\gamma_1 p_a, \quad \left.\frac{\mathrm{d}p_b}{\mathrm{d}t}\right|_R = -\gamma_1 p_b, \quad \left.\frac{\mathrm{d}C}{\mathrm{d}t}\right|_R = -\gamma_2 C
  • les termes sources d'apport d'atomes :

    \left.\frac{\mathrm{d}p_a}{\mathrm{d}t}\right|_S = +\Lambda_a, \quad \left.\frac{\mathrm{d}p_b}{\mathrm{d}t}\right|_S = +\Lambda_b, \quad \left.\frac{\mathrm{d}C}{\mathrm{d}t}\right|_S = 0

En régime permanent (stationnaire), toutes les dérivées temporelles sont nulles (\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} = 0), ce qui conduit au système :

\boxed{\begin{cases} -\mathrm{i}\dfrac{\Omega_R}{2}(C - C^*) - \gamma_1 p_a + \Lambda_a = 0 \\[2mm] +\mathrm{i}\dfrac{\Omega_R}{2}(C - C^*) - \gamma_1 p_b + \Lambda_b = 0 \\[2mm] -(\gamma_2 + \mathrm{i}\delta\omega)C - \mathrm{i}\dfrac{\Omega_R}{2}(p_a - p_b) = 0 \end{cases}}

17-b) Solution stationnaire sans onde électromagnétique (\Omega_R = 0)

En posant \Omega_R = 0 dans le système précédent, les termes de couplage s'annulent :

\begin{aligned} -\gamma_1 p_a^0 + \Lambda_a &= 0 \implies p_a^0 = \frac{\Lambda_a}{\gamma_1} \\ -\gamma_1 p_b^0 + \Lambda_b &= 0 \implies p_b^0 = \frac{\Lambda_b}{\gamma_1} \\ -(\gamma_2 + \mathrm{i}\delta\omega)C_0 &= 0 \implies C_0 = 0 \quad (\text{car } \gamma_2 > 0) \end{aligned}
\boxed{p_a^0 = \frac{\Lambda_a}{\gamma_1}, \qquad p_b^0 = \frac{\Lambda_b}{\gamma_1}, \qquad C_0 = 0}

Justification physique : Les atomes alimentés par les termes sources sont créés indépendamment dans les états propres d'énergie \varphi_a ou \varphi_b, sans relation de phase mutuelle (mélange statistique incohérent). La cohérence C = \beta^* \alpha, qui mesure l'existence d'une superposition quantique cohérente avec cohérence de phase entre les deux états, n'est donc induite que par l'interaction dipolaire avec le champ électrique oscillant de l'onde lumineuse (\Omega_R \neq 0).

17-c) Valeur moyenne du dipôle en régime stationnaire

En reportant les expressions de u et v données par l'énoncé dans la relation (13) :

\langle D_x \rangle = d [u \cos(\omega t) - v \sin(\omega t)]

on obtient directement :

\boxed{\langle D_x \rangle = -\frac{d\, m_0 \Omega_R}{\delta\omega^2 + \gamma_2^2 + \dfrac{\gamma_2}{\gamma_1}\Omega_R^2} \left[ \delta\omega \cos(\omega t) - \gamma_2 \sin(\omega t) \right]}

17-d) Polarisation du milieu et susceptibilité complexe

Le moment dipolaire par unité de volume est :

P(t) = n \langle D_x \rangle = -\frac{n d\, m_0 \Omega_R}{\delta\omega^2 + \gamma_2^2 + \dfrac{\gamma_2}{\gamma_1}\Omega_R^2} \left[ \delta\omega \cos(\omega t) - \gamma_2 \sin(\omega t) \right]

P(t) est une combinaison linéaire de \cos(\omega t) et \sin(\omega t), elle est donc sinusoïdale et oscille bien à la pulsation \omega.

Pour déterminer la représentation complexe \underline{P}, rappelons la convention adoptée dans le sujet (équation (2)) : une grandeur réelle A(t) = A_1 \cos(\omega t) + A_2 \sin(\omega t) est associée à l'amplitude complexe \underline{A} telle que A(t) = \mathrm{Re}\left( \underline{A}\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} \right). Puisque \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} = \cos(\omega t) - \mathrm{i}\sin(\omega t), on a :

\mathrm{Re}\left[ (A_1 - \mathrm{i}A_2)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} \right] = A_1 \cos(\omega t) + A_2 \sin(\omega t)

Ici, avec P(t) = n d [u \cos(\omega t) - v \sin(\omega t)], l'amplitude complexe associée s'écrit :

\underline{P}(z=0, t) = n d\, (u - \mathrm{i}v)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}

Comme C = \frac{1}{2}(u + \mathrm{i}v), on remarque que u - \mathrm{i}v = 2 C^*.

On cherche à identifier sous la forme :

\underline{P}(z=0, t) = \epsilon_0 \underline{\chi}\,\underline{E}(z=0, t)

Or au point z=0 et pour \varphi_0 = 0, le champ électrique s'écrit :

\underline{E}(z=0, t) = E_0\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}

Il vient donc :

\epsilon_0 \underline{\chi} E_0 = n d (u - \mathrm{i}v) \implies \underline{\chi} = \frac{n d}{\epsilon_0 E_0} (u - \mathrm{i}v)

En utilisant la définition de la pulsation de Rabi \Omega_R = \dfrac{d E_0}{\hbar}, on a \dfrac{n d}{\epsilon_0 E_0} = \dfrac{n d^2}{\epsilon_0 \hbar \Omega_R}.

En séparant parties réelle et imaginaire \underline{\chi} = \chi' + \mathrm{i}\chi'', on a :

\chi' = \frac{n d^2}{\epsilon_0 \hbar \Omega_R} u \qquad \text{et} \qquad \chi'' = -\frac{n d^2}{\epsilon_0 \hbar \Omega_R} v

En substituant les expressions de u et v :

\boxed{\chi'(\delta\omega) = -\frac{n d^2 m_0}{\epsilon_0 \hbar} \frac{\delta\omega}{\delta\omega^2 + \gamma_2^2 + \dfrac{\gamma_2}{\gamma_1}\Omega_R^2}}
\boxed{\chi''(\delta\omega) = \frac{n d^2 m_0}{\epsilon_0 \hbar} \frac{\gamma_2}{\delta\omega^2 + \gamma_2^2 + \dfrac{\gamma_2}{\gamma_1}\Omega_R^2}}

Résultat

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Question 18

Nous considérons maintenant un milieu amplificateur occupant un volume cylindrique, d'axe , de longueur et de section qui est traversé par un faisceau lumineux se propageant dans le sens de l'axe (voir fig. 1-b). En présence d'une polarisation , de représentation complexe , l'équation de propagation selon du champ électrique de l'onde électromagnétique plane, devient, en notation complexe :

18-a) En déduire l'équation différentielle vérifiée par , amplitude complexe du champ électrique dans le plan (on négligera ici l'éventuelle dépendance de en ).

18-b) On recherche une solution de cette équation de la forme où est une grandeur complexe (avec ). Ecrire l'équation vérifiée par la variable complexe . On pourra éventuellement introduire un indice (optique) complexe (avec ) défini par .

18-c) On considère ici que le milieu amplificateur est dilué, au sens où les "atomes" actifs y ont une faible densité volumique . Puisque est proportionnel à , on supposera ici que la densité volumique des atomes actifs est suffisamment faible pour que . Dans cette hypothèse, déterminer les valeurs de et de en fonction de et . Puis montrer qu'amplifier l'onde électromagnétique qui traverse le milieu suppose que . Que se passe-t-il si cette égalité n'est pas satisfaite ?

18-d) Montrer que, pour satisfaire cette inégalité, il faut réaliser l'inversion des populations des états a et b. Définir précisément ce qu'on appelle ici les populations des états a et b. Expliquer pourquoi une vapeur constituée d'atomes actifs, même chauffée à haute température, ne constituera jamais un milieu amplificateur.

18-e) Désormais on suppose réalisée l'inversion de populations nécessaire à l'amplification de l'onde lumineuse. On appelle respectivement et les amplitudes complexes de l'onde à son entrée et à sa sortie du milieu amplificateur, en et en (voir fig. 1-b). Déterminer la fonction de transfert en fonction de et , en supposant que la susceptibilité ne dépende pas de l'intensité de l'onde qui traverse le milieu. En déduire le coefficient d'amplification de l'intensité .

Voir l'indice

Injecter l'onde plane dans l'équation d'onde pour aboutir à l'équation de dispersion complexe \underline{k}^2 = (\omega/c)^2(1+\underline{\chi}), puis effectuer un développement limité pour |\underline{\chi}| \ll 1 afin de relier l'amplification au signe de k''.

Voir la stratégie
  1. Pour la propagation (18-a et 18-b), on injecte la forme complexe \underline{E}(z,t) = \mathcal{E}(z)\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} et la relation constitutive \underline{P} = \epsilon_0 \underline{\chi}\underline{E} dans l'équation d'onde, en utilisant c^{-2} = \mu_0\epsilon_0.
  2. Dans l'approximation du milieu dilué (|\underline{\chi}| \ll 1), un développement limité au premier ordre de l'indice complexe permet d'identifier k' et k'', et d'en déduire la condition d'amplification.
  3. Le lien avec les populations (18-d) découle du signe de \chi'', relié à m_0 = p_a^0 - p_b^0 établi à la question Q17. La distribution de Boltzmann montre l'impossibilité d'une amplification à l'équilibre thermique.
  4. Enfin (18-e), on évalue le rapport des amplitudes et des intensités entre l'entrée z=0 et la sortie z=\ell_a.
Voir le corrigé complet

18-a) Équation différentielle sur \mathcal{E}(z)

Avec \underline{E}(z,t) = \mathcal{E}(z)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} et \underline{P}(z,t) = \epsilon_0 \underline{\chi}\,\mathcal{E}(z)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}, les dérivées temporelles secondes s'écrivent :

\begin{aligned} \frac{\partial^2 \underline{E}}{\partial t^2} &= (-\mathrm{i}\omega)^2 \underline{E} = -\omega^2 \mathcal{E}(z)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} \\ \frac{\partial^2 \underline{P}}{\partial t^2} &= -\omega^2 \epsilon_0 \underline{\chi}\,\mathcal{E}(z)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} \end{aligned}

En injectant dans l'équation de propagation (16) et en simplifiant par \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}, sachant que \mu_0 \epsilon_0 = \frac{1}{c^2} :

\frac{\mathrm{d}^2\mathcal{E}}{\mathrm{d}z^2} + \frac{\omega^2}{c^2}\mathcal{E}(z) = -\frac{\omega^2}{c^2}\underline{\chi}\,\mathcal{E}(z)

En posant k = \frac{\omega}{c}, on obtient :

\boxed{\frac{\mathrm{d}^2\mathcal{E}}{\mathrm{d}z^2} + \frac{\omega^2}{c^2}(1 + \underline{\chi})\,\mathcal{E}(z) = 0}

18-b) Équation vérifiée par \underline{k}

En cherchant une solution de la forme \mathcal{E}(z) = E_0\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\underline{k}z}, la dérivée seconde spatiale vaut :

\frac{\mathrm{d}^2\mathcal{E}}{\mathrm{d}z^2} = (\mathrm{i}\underline{k})^2 \mathcal{E}(z) = -\underline{k}^2\,\mathcal{E}(z)

L'équation différentielle implique directement :

-\underline{k}^2 + \frac{\omega^2}{c^2}(1+\underline{\chi}) = 0 \iff \boxed{\underline{k}^2 = \frac{\omega^2}{c^2}(1+\underline{\chi}) = \frac{\omega^2}{c^2}\underline{n}^2}

Pour une onde se propageant dans le sens des z croissants, on retient \underline{k} = \frac{\omega}{c}\underline{n} = k\,\underline{n}.

18-c) Expressions de k' et k'' et condition d'amplification

Pour un milieu dilué tel que |\underline{\chi}| \ll 1, l'indice optique complexe se développe au premier ordre selon :

\underline{n} = (1 + \underline{\chi})^{1/2} \simeq 1 + \frac{1}{2}\underline{\chi} = 1 + \frac{\chi'}{2} + \mathrm{i}\frac{\chi''}{2}

Puisque \underline{k} = k\,\underline{n} = k' + \mathrm{i}k'', on identifie les parties réelle et imaginaire :

\boxed{k' = k\left(1 + \frac{\chi'}{2}\right)} \quad \text{et} \quad \boxed{k'' = k\frac{\chi''}{2}}

L'amplitude complexe s'écrit alors :

\mathcal{E}(z) = E_0\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\underline{k}z} = E_0\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}k' z}\,\mathrm{e}^{-k'' z} = E_0\,\exp\left[\mathrm{i}k\left(1 + \frac{\chi'}{2}\right)z\right]\exp\left(-k\frac{\chi''}{2}z\right)

L'amplitude réelle de l'onde varie en \mathrm{e}^{-k'' z} = \mathrm{e}^{-k\frac{\chi''}{2}z}. L'onde se propageant dans le sens des z croissants (z > 0), elle est amplifiée si cette amplitude est une fonction croissante de z, ce qui impose :

-k'' > 0 \iff \boxed{\chi'' < 0}

Si cette inégalité n'est pas satisfaite :

  • si \chi'' > 0, l'onde est atténuée au cours de sa propagation (effet d'absorption) ;
  • si \chi'' = 0, l'amplitude reste constante (propagation sans perte ni gain dans un milieu transparent).

18-d) Inversion de populations

D'après le résultat de la question Q17 :

\chi''(\delta\omega) = \frac{n d^2 m_0}{\epsilon_0 \hbar}\,\frac{\gamma_2}{\delta\omega^2 + \gamma_2^2 + \frac{\gamma_2}{\gamma_1}\Omega_R^2}

Toutes les grandeurs n, d^2, \epsilon_0, \hbar, \gamma_1, \gamma_2 étant strictement positives, le signe de \chi'' est identique à celui de m_0 = p_a^0 - p_b^0. Ainsi :

\chi'' < 0 \iff m_0 < 0 \iff p_b^0 > p_a^0
  • Définition des populations : La population d'un niveau d'énergie donné représente le nombre d'atomes par unité de volume se trouvant dans cet état. Pour les états a et b, ces densités sont respectivement N_a = n\,p_a et N_b = n\,p_b. Avoir p_b > p_a équivaut donc à N_b > N_a : il s'agit d'une inversion de population.
  • Impossibilité à l'équilibre thermique : À l'équilibre thermodynamique à la température absolue T, la distribution de Boltzmann impose le rapport des populations :

    \frac{N_b^{\text{eq}}}{N_a^{\text{eq}}} = \exp\left(-\frac{E_b - E_a}{k_B T}\right) = \exp\left(-\frac{\hbar\omega_0}{k_B T}\right)

    Comme E_b > E_a, l'argument de l'exponentielle est strictement négatif, d'où N_b^{\text{eq}} < N_a^{\text{eq}} pour toute température finie. Même à la limite théorique d'une température infinie (T \to +\infty), ce rapport ne ferait que tendre vers 1 par valeurs inférieures. Par conséquent, à l'équilibre thermique, m_0 > 0 et \chi'' > 0 : une vapeur chauffée est toujours absorbante et ne peut en aucun cas amplifier l'onde. L'obtention d'un milieu amplificateur requiert un apport d'énergie hors équilibre (pompage optique ou électrique).

18-e) Fonction de transfert \underline{H} et gain en intensité G_I

Avec \mathcal{E}_e = \mathcal{E}(0) et \mathcal{E}_s = \mathcal{E}(\ell_a) = \mathcal{E}_e\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\underline{k}\ell_a} :

\boxed{\underline{H} = \frac{\mathcal{E}_s}{\mathcal{E}_e} = \exp\left[+\mathrm{i}k\left(1 + \frac{\chi'}{2}\right)\ell_a\right]\exp\left(-k\frac{\chi''}{2}\ell_a\right)}

L'intensité lumineuse étant proportionnelle au carré du module du champ complexe, le coefficient d'amplification de l'intensité s'en déduit immédiatement :

G_I = \frac{I_s}{I_e} = |\underline{H}|^2 = \left|\exp\left[+\mathrm{i}k\left(1 + \frac{\chi'}{2}\right)\ell_a\right]\right|^2 \left[\exp\left(-k\frac{\chi''}{2}\ell_a\right)\right]^2

Ce qui donne :

\boxed{G_I = \exp\left(-k\chi'' \ell_a\right)}

Comme \chi'' < 0, l'exposant -k\chi''\ell_a est strictement positif et l'on a bien un gain G_I > 1.

Résultat

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Question 19

19-a) L'inversion des populations étant réalisée, représenter les variations de et de en fonction de . En déduire que le système est résonnant à la pulsation .

19-b) Calculer la largeur à mi-hauteur (en pulsation) de cette résonance et montrer qu'elle dépend en général de l'intensité de l'onde électromagnétique en . A quelle condition (portant sur ) en dépend-elle effectivement ? On parle alors d'élargissement de la résonance par le rayonnement, ou de saturation (d'où l'indice S de la largeur ). Calculer la largeur à mi-hauteur en l'absence de saturation, c'est-à-dire à faible intensité .

19-c) Ainsi la susceptibilité (et l'indice optique ) du milieu amplificateur dépend de l'intensité de l'onde se propageant dans le milieu amplificateur. Montrer que :

où est l'intensité de saturation du milieu et est la valeur de pour les faibles valeurs de (), soit en régime linéaire (où la polarisation complexe du milieu amplificateur dépend linéairement du champ de l'onde qui le polarise). Déterminer et en fonction de et des autres paramètres du système à deux niveaux a, b.

19-d) Si on néglige les variations de l'intensité de l'onde à l'échelle de la longueur d'onde, l'équation de propagation devient :

Intégrer cette équation différentielle entre et . Montrer que si l'intensité reste partout très en deçà de l'intensité de saturation, on retrouve le régime où varie exponentiellement avec . Si au contraire l'intensité est partout très supérieure à , montrer que l'intensité varie linéairement avec . Le gain en intensité varie alors linéairement avec .

Voir l'indice

Exprimer la condition de mi-hauteur sur la fonction lorentzienne \chi''(\delta\omega) pour déterminer \Delta\omega_S, puis séparer les variables I et z dans l'équation différentielle pour intégrer entre 0 et \ell_a.

Voir la stratégie
  1. Pour 19-a, analyser la parité et les extrema de \chi''(\delta\omega) et \chi'(\delta\omega) obtenus à la question Q17 en tenant compte de l'inversion de population (m_0 < 0).
  2. Pour 19-b, déterminer la pulsation d'accord pour laquelle le gain (relié à -\chi'') est maximal, puis chercher les pulsations où |\chi''| est divisé par deux pour en déduire la largeur à mi-hauteur.
  3. Pour 19-c, factoriser le dénominateur de \underline{\chi} par (\delta\omega^2 + \gamma_2^2) et identifier l'intensité de saturation I_S ainsi que la susceptibilité linéaire \underline{\chi}_\ell.
  4. Pour 19-d, séparer les variables dans l'équation différentielle non linéaire, intégrer entre 0 et \ell_a, puis étudier les cas limites de faible et forte saturation.
Voir le corrigé complet

19-a) Allure des variations de \chi'' et \chi' et résonance

D'après les résultats de la question Q17, avec m_0 = p_a^0 - p_b^0 < 0 (inversion de population réalisée) :

\begin{aligned} \chi''(\delta\omega) &= \frac{n d^2 m_0}{\epsilon_0 \hbar} \frac{\gamma_2}{\delta\omega^2 + \gamma_2^2 + \frac{\gamma_2}{\gamma_1}\Omega_R^2} < 0 \\ \chi'(\delta\omega) &= -\frac{n d^2 m_0}{\epsilon_0 \hbar} \frac{\delta\omega}{\delta\omega^2 + \gamma_2^2 + \frac{\gamma_2}{\gamma_1}\Omega_R^2} \end{aligned}

Posons |m_0| = -m_0 = p_b^0 - p_a^0 > 0 et \Gamma^2 = \gamma_2^2 + \frac{\gamma_2}{\gamma_1}\Omega_R^2.

  • \chi''(\delta\omega) est une fonction paire, strictement négative. Elle présente un extremum (un minimum algébrique, soit un maximum en valeur absolue) en \delta\omega = 0 :

    \chi''(0) = -\frac{n d^2 |m_0|}{\epsilon_0 \hbar} \frac{\gamma_2}{\Gamma^2}

    et tend vers 0 lorsque |\delta\omega| \to +\infty.

  • \chi'(\delta\omega) est une fonction impaire, nulle en \delta\omega = 0, positive pour \delta\omega > 0 et négative pour \delta\omega < 0. Elle admet un maximum en \delta\omega = +\Gamma et un minimum en \delta\omega = -\Gamma.

Le coefficient d'amplification de l'onde G_I = \exp(-k\chi''\ell_a) (question Q18) est maximal lorsque |\chi''| est maximal, c'est-à-dire pour \delta\omega = 0, soit \omega = \omega_0. Le système présente donc bien un comportement résonnant à la pulsation de transition \omega_0.

19-b) Largeur à mi-hauteur et saturation

La valeur maximale de l'amplification correspond à |\chi''(0)| = \frac{n d^2 |m_0|}{\epsilon_0 \hbar} \frac{\gamma_2}{\Gamma^2}. La condition de demi-hauteur |\chi''(\delta\omega)| = \frac{1}{2}|\chi''(0)| s'écrit :

\frac{1}{\delta\omega^2 + \Gamma^2} = \frac{1}{2\Gamma^2} \iff \delta\omega^2 = \Gamma^2 \iff \delta\omega = \pm \Gamma

La largeur totale à mi-hauteur en pulsation est donc :

\boxed{\Delta\omega_S = 2\Gamma = 2\sqrt{\gamma_2^2 + \frac{\gamma_2}{\gamma_1}\Omega_R^2}}

Comme \Omega_R^2 = \frac{d^2 E_0^2}{\hbar^2} = \frac{d^2 I(z)}{\hbar^2}, on a \Delta\omega_S = 2\sqrt{\gamma_2^2 + \frac{\gamma_2 d^2}{\gamma_1 \hbar^2}I(z)} : la largeur à mi-hauteur dépend explicitement de l'intensité I(z).

Elle en dépend de manière significative dès lors que le terme d'interaction n'est plus négligeable devant \gamma_2^2, soit :

\boxed{\Omega_R(z) \gtrsim \sqrt{\gamma_1 \gamma_2}}

En l'absence de saturation (I \to 0, soit \Omega_R \to 0) :

\boxed{\Delta\omega_{\text{NS}} = 2\gamma_2}

19-c) Susceptibilité non linéaire et intensité de saturation

Mettons \underline{\chi} = \chi' + \mathrm{i}\chi'' sous la forme factorisée :

\underline{\chi} = \frac{n d^2 m_0}{\epsilon_0 \hbar} \frac{-\delta\omega + \mathrm{i}\gamma_2}{\delta\omega^2 + \gamma_2^2 + \frac{\gamma_2}{\gamma_1}\Omega_R^2} = \frac{n d^2 m_0}{\epsilon_0 \hbar} \frac{-\delta\omega + \mathrm{i}\gamma_2}{\delta\omega^2 + \gamma_2^2} \cdot \frac{1}{1 + \frac{\frac{\gamma_2}{\gamma_1}\Omega_R^2}{\delta\omega^2 + \gamma_2^2}}

On identifie la susceptibilité linéaire \underline{\chi}_\ell obtenue pour \Omega_R \to 0 :

\boxed{\underline{\chi}_\ell = \frac{n d^2 m_0}{\epsilon_0 \hbar} \frac{-\delta\omega + \mathrm{i}\gamma_2}{\delta\omega^2 + \gamma_2^2}}

En utilisant \Omega_R^2 = \frac{d^2 I}{\hbar^2}, le terme non linéaire s'écrit :

\frac{\frac{\gamma_2}{\gamma_1}\Omega_R^2}{\delta\omega^2 + \gamma_2^2} = \frac{\gamma_2 d^2 I}{\gamma_1 \hbar^2(\delta\omega^2 + \gamma_2^2)} = \frac{I}{I_S}

On en déduit l'intensité de saturation I_S :

\boxed{I_S = \frac{\hbar^2 \gamma_1}{\gamma_2 d^2} (\delta\omega^2 + \gamma_2^2)}

On a donc bien établi la relation :

\boxed{\underline{\chi} = \underline{\chi}_\ell \frac{1}{1 + \frac{I}{I_S}}}

19-d) Intégration de l'équation de propagation et régimes limites

L'équation différentielle s'écrit :

\frac{\mathrm{d}I}{\mathrm{d}z} = -k\chi''_\ell \frac{I}{1 + \frac{I}{I_S}}

En séparant les variables :

\left(\frac{1}{I} + \frac{1}{I_S}\right) \mathrm{d}I = -k\chi''_\ell \, \mathrm{d}z

On intègre entre z = 0 (I(0) = I_e) et z = \ell_a (I(\ell_a) = I_s) :

\boxed{\ln\left(\frac{I_s}{I_e}\right) + \frac{I_s - I_e}{I_S} = -k\chi''_\ell \ell_a}

Notons que -k\chi''_\ell > 0 car \chi''_\ell < 0 en présence d'inversion de population.

  • Régime linéaire (faible intensité, I(z) \ll I_S) :
    Le terme (I_s - I_e)/I_S est négligeable devant le logarithme, ce qui conduit à :

    \ln\left(\frac{I(\ell_a)}{I_e}\right) \simeq -k\chi''_\ell \ell_a \implies \boxed{I(\ell_a) \simeq I_e \, \mathrm{e}^{-k\chi''_\ell \ell_a}}

    L'intensité croît exponentiellement avec la longueur du milieu (loi de Beer-Lambert amplificatrice).

  • Régime saturé (forte intensité, I(z) \gg I_S) :
    Le terme logarithmique devient négligeable devant (I_s - I_e)/I_S, d'où :

    \frac{I_s - I_e}{I_S} \simeq -k\chi''_\ell \ell_a \implies \boxed{I(\ell_a) \simeq I_e - k\chi''_\ell I_S \ell_a}

    L'intensité varie alors linéairement avec l'épaisseur \ell_a. Le gain en intensité vaut ainsi :

    \boxed{G_I = \frac{I_s}{I_e} \simeq 1 - \frac{k\chi''_\ell I_S}{I_e}\ell_a}

    qui varie lui aussi linéairement avec \ell_a.

Résultat

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1.3 · Oscillateur dans le domaine optique

Question 20

20-a) Exprimer en fonction de et . Identifier dans votre réponse la fonction de transfert de chacun des blocs que vous auriez pu mentionner dans la boucle de retour du laser en anneau modélisé dans la question 1.

20-b) En déduire le rapport , qui peut s'interpréter comme la fonction de transfert de l'amplitude complexe du champ électrique dans la cavité, en un tour de cavité. Montrer que ce rapport s'écrit sous la forme , où et sont deux réels qu'on exprimera en fonction des paramètres caractéristiques du laser.

20-c) En régime stationnaire, on a . Montrer qu'on obtient ainsi deux équations qui permettent de déterminer le "point de fonctionnement" du laser, c'est-à-dire sa pulsation et l'intensité de l'onde lumineuse circulant dans la cavité (et par conséquent le niveau de saturation du milieu amplificateur).

20-d) A partir de ces deux équations, montrer que : (i) la pulsation du laser est toujours très proche de la pulsation du mode de la cavité en anneau quand cette cavité est vide, c'est-à-dire sans amplificateur optique. Interpréter l'origine physique de la différence entre et . (ii) la seconde équation exprime qu'en régime stationnaire, la variation d'intensité créée par l'amplificateur compense les pertes de la cavité, c'est-à-dire ici l'intensité du faisceau de sortie du laser. Interpréter ce résultat en termes de bilan d'énergie.

Voir l'indice

Écrire la transmission à travers le milieu amplificateur, la propagation libre sur la longueur L-\ell_a et les réflexions sur les miroirs pour poser l'équation de bouclage \mathcal{E}'_e = \mathcal{E}_e ; en déduire les deux équations scalaires (gain et phase).

Voir le corrigé complet

20-a) Expression de \mathcal{E}'_e et identification des blocs de retour

L'onde d'amplitude complexe \mathcal{E}_s à la sortie de l'amplificateur (z = \ell_a) effectue un tour complet dans la cavité avant de revenir en z = 0 avec l'amplitude \mathcal{E}'_e. Durant ce trajet :

  • Elle se propage dans l'air (n_{\text{air}} = 1) sur une longueur géométrique L - \ell_a, accumulant un déphasage de propagation \mathrm{e}^{+\mathrm{i}k(L - \ell_a)} ;
  • Elle subit une réflexion partielle sur le miroir de couplage \mathrm{M_c}, de coefficient de réflexion en amplitude r = -\sqrt{R} \simeq -\sqrt{1-T} ;
  • Elle subit trois réflexions sur les miroirs \mathrm{M'}, chacune apportant un coefficient de réflexion r' = -\sqrt{R'} \simeq -1 (car A' \simeq 2\times 10^{-4} \ll 1, soit R' \simeq 1).

Le coefficient de réflexion global pour l'ensemble des quatre miroirs vaut donc :

r_{\text{tot}} = r\,(r')^3 = \left(-\sqrt{1-T}\right)\left(-1\right)^3 = +\sqrt{1-T}

L'amplitude complexe réinjectée en z = 0 s'écrit par conséquent :

\boxed{\mathcal{E}'_e = \sqrt{1-T}\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}k(L - \ell_a)}\,\mathcal{E}_s}

Dans la modélisation en boucle de réaction de la question 1, la boucle de retour reliant la sortie de l'amplificateur (\mathcal{E}_s) à son entrée (\mathcal{E}'_e) est constituée de trois blocs élémentaires en cascade :

  1. Le bloc de propagation dans l'air : \underline{H}_{\text{prop}} = \mathrm{e}^{+\mathrm{i}k(L - \ell_a)} ;
  2. Le bloc de réflexion sur le miroir de couplage \mathrm{M_c} : \underline{H}_{\mathrm{M_c}} = -\sqrt{1-T} ;
  3. Le bloc de réflexion sur les trois miroirs \mathrm{M'} : \underline{H}_{\mathrm{M'}} = (r')^3 \simeq -1.

La fonction de transfert globale de la boucle de retour est le produit :

\underline{B}(\omega) = \frac{\mathcal{E}'_e}{\mathcal{E}_s} = \underline{H}_{\mathrm{M_c}}\,\underline{H}_{\mathrm{M'}}\,\underline{H}_{\text{prop}} = \sqrt{1-T}\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}k(L - \ell_a)}

20-b) Fonction de transfert en boucle ouverte sur un tour de cavité

D'après la relation (18) de l'énoncé, la traversée de l'amplificateur fournit :

\mathcal{E}_s = \mathcal{E}_e\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}k\left(1 + \frac{\chi'_S}{2}\right)\ell_a}\,\mathrm{e}^{-k\frac{\chi''_S}{2}\ell_a}

En combinant cette relation avec l'expression de \mathcal{E}'_e, le gain de boucle sur un tour s'exprime par :

\begin{aligned} \underline{H}(\omega) = \frac{\mathcal{E}'_e}{\mathcal{E}_e} &= \frac{\mathcal{E}'_e}{\mathcal{E}_s} \times \frac{\mathcal{E}_s}{\mathcal{E}_e} \\ &= \sqrt{1-T}\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}k(L - \ell_a)}\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}k\left(1 + \frac{\chi'_S}{2}\right)\ell_a}\,\mathrm{e}^{-k\frac{\chi''_S}{2}\ell_a} \\ &= \sqrt{1-T}\,\mathrm{e}^{-k\frac{\chi''_S}{2}\ell_a}\,\exp\left(+\mathrm{i}\left[k(L - \ell_a) + k\ell_a + k\frac{\chi'_S}{2}\ell_a\right]\right) \end{aligned}

On met ce rapport sous la forme \underline{H}(\omega) = A\,\mathrm{e}^{+\mathrm{i}\varphi}, avec :

\boxed{A = \sqrt{1-T}\,\mathrm{e}^{-k\frac{\chi''_S}{2}\ell_a}} \quad \text{et} \quad \boxed{\varphi = kL + \frac{k\chi'_S\ell_a}{2}}

A et \varphi sont bien réels, et A > 0.

20-c) Équations régissant le point de fonctionnement stationnaire

En régime stationnaire entretenu, le champ doit se reproduire de manière identique après un tour de cavité : \mathcal{E}'_e = \mathcal{E}_e, soit \underline{H}(\omega) = 1 = 1\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}2\pi N} (N \in \mathbb{Z}). On obtient les deux conditions de Barkhausen :

  1. Condition de phase :

    \varphi = 2\pi N \iff \boxed{\frac{\omega}{c}\left(L + \frac{\chi'_S}{2}\ell_a\right) = 2\pi N} \quad (N \in \mathbb{N}^*)

    Cette équation fixe la pulsation d'oscillation \omega du laser.

  2. Condition de module (A = 1) :

    \sqrt{1-T}\,\mathrm{e}^{-k\frac{\chi''_S}{2}\ell_a} = 1 \iff \mathrm{e}^{-k\chi''_S \ell_a} = \frac{1}{1-T} \simeq 1 + T

    Comme (-k\chi''_S)\ell_a \ll 1, le développement au premier ordre donne :

    \boxed{-k\chi''_S \ell_a = -\ln(1-T) \simeq T}

    Puisque \chi''_S = \frac{\chi''_\ell}{1 + \frac{I(0)}{I_S}}, cette égalité détermine l'intensité lumineuse intracavité I(0) :

    I(0) = I_S \left(\frac{-k\chi''_\ell \ell_a}{T} - 1\right)

    et fixe ainsi le niveau de saturation du milieu amplificateur.

20-d) Analyse physique

(i) Pulsation du laser et tiraillement de fréquence

Pour la cavité vide en anneau (\chi'_S = 0), la pulsation propre du mode N est :

\omega_N = N\frac{2\pi c}{L}

En présence du milieu amplificateur, la condition de phase donne :

\omega = \frac{2\pi N c}{L + \frac{1}{2}\chi'_S\ell_a} = \omega_N \left(1 + \frac{\chi'_S\ell_a}{2L}\right)^{-1} \simeq \omega_N \left(1 - \frac{\chi'_S\ell_a}{2L}\right)

Comme |\chi'_S| \ll 1 (milieu dilué) et \ell_a \le L, le terme correctif \frac{|\chi'_S|\ell_a}{2L} \ll 1, d'où :

\omega \simeq \omega_N

Interprétation physique : Le milieu actif possède un indice réel n' = 1 + \frac{\chi'_S}{2} \neq 1, ce qui modifie le chemin optique par tour de \Delta L_{\text{opt}} = (n'-1)\ell_a = \frac{1}{2}\chi'_S\ell_a. Pour conserver l'accord de phase sur un tour (L_{\text{opt}} = N\lambda), la longueur d'onde et donc la pulsation \omega sont légèrement décalées par rapport à \omega_N. Cet effet est appelé tiraillement de fréquence (frequency pulling), la fréquence laser étant tirée vers le centre de la raie atomique \omega_0.

(ii) Compensation des pertes et bilan énergétique

La condition de gain A = 1 s'écrit \mathrm{e}^{-k\chi''_S \ell_a} = \frac{1}{1-T}. Or, le gain en intensité sur la traversée de l'amplificateur est I(\ell_a) = I(0)\,\mathrm{e}^{-k\chi''_S \ell_a}. On en déduit :

I(\ell_a)(1-T) = I(0) \iff \boxed{I(\ell_a) - I(0) = T\,I(\ell_a)}

Interprétation en termes de bilan d'énergie :

  • I(\ell_a) - I(0) représente le flux d'énergie surfacique net apporté au champ intracavité par l'émission stimulée lors de la traversée de l'amplificateur.
  • T\,I(\ell_a) = I_{\text{out}} est exactement l'intensité transmise hors de la cavité par le miroir de couplage \mathrm{M_c}, constituant le faisceau utile de sortie.

En régime permanent continu, l'énergie injectée dans le mode optique par émission stimulée compense rigoureusement l'énergie qui s'échappe de la cavité sous forme de faisceau laser (les pertes par absorption étant négligeables).

Résultat

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Partie 2 : Asservissement de la fréquence d'un laser continu monomode

Question 21

Représenter la structure élémentaire d'un système asservi à une consigne par un schéma-bloc composé de trois blocs : (a) le système à asservir, de fonction de transfert ; (b) un bloc capteur (ou détecteur), de fonction de transfert , qui constitue la boucle de retour ; (c) un bloc correcteur, de fonction de transfert ; et d'un comparateur entre une consigne et le signal délivré par le capteur (parfois appelé signal de mesure). Indiquer comment est formé le signal d'erreur. Décrire sommairement le rôle du capteur et celui du correcteur. Déterminer les fonctions de transfert en boucle ouverte et en boucle fermée du système asservi.

Voir l'indice

Tracer le schéma-bloc canonique à rétroaction unitaire ou non unitaire avec le comparateur \varepsilon = Co - K S. Appliquer la formule de Black pour exprimer la boucle fermée F(p) = C H / (1 + C H K).

Voir le corrigé complet

1. Schéma-bloc du système asservi

La structure canonique de l'asservissement comprend une chaîne directe formée du comparateur, du correcteur C(p) et du système physique H(p), ainsi qu'une chaîne de retour munie du capteur K(p) mesurant le signal de sortie S(p) :

2. Formation du signal d'erreur

Le comparateur soustrait à la consigne Co(p) le signal de mesure M(p) = K(p) S(p) délivré par le capteur. Le signal d'erreur (ou écart) \varepsilon(p) est donc formé selon :

\varepsilon(p) = Co(p) - M(p) = Co(p) - K(p) S(p)

3. Rôle du capteur et du correcteur

  • Capteur K(p) : Il prélève l'information sur la grandeur de sortie S(p) et la convertit en un signal de mesure M(p) (souvent électrique) compatible et homogène à la consigne Co(p), avec un temps de réponse idéalement négligeable.
  • Correcteur C(p) : Il traite le signal d'erreur \varepsilon(p) pour délivrer au système le signal de commande approprié, afin d'assurer la stabilité en boucle fermée et d'optimiser les performances (précision statique, rapidité, amortissement).

4. Fonctions de transfert en boucle ouverte et en boucle fermée

Par définition, la fonction de transfert en boucle ouverte F_O(p) est le rapport entre le signal réinjecté au comparateur M(p) et le signal d'erreur \varepsilon(p) lorsque la boucle est rompue :

\boxed{F_O(p) = \frac{M(p)}{\varepsilon(p)} = C(p) \, H(p) \, K(p)}

En boucle fermée, la relation dans la chaîne directe s'écrit :

S(p) = C(p) H(p) \varepsilon(p) = C(p) H(p) \left[ Co(p) - K(p) S(p) \right]

En regroupant les termes en S(p) :

S(p) \left[ 1 + C(p) H(p) K(p) \right] = C(p) H(p) Co(p)

On en déduit la fonction de transfert en boucle fermée F(p) = \frac{S(p)}{Co(p)} :

\boxed{F(p) = \frac{C(p) H(p)}{1 + C(p) H(p) K(p)} = \frac{C(p) H(p)}{1 + F_O(p)}}

Résultat

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Question 22

Nous n'avons pas effectué une étude dynamique du comportement du laser, mais nous avons identifié un certain nombre de temps caractéristiques de son fonctionnement, qui sont soit des périodes d'oscillation, soit des temps de relaxation : il s'agit, pour la partie optique, de la période d'oscillation du champ électrique de l'onde, du temps et du temps d'amortissement de l'énergie électromagnétique dans la cavité , et pour l'"atome", le temps de relaxation des populations d'atomes dans les états a et b, de l'ordre de , et celui de la cohérence entre ces deux états, plus court (). Enfin vous connaissez l'ordre de grandeur de la largeur spectrale du laser monomode avant asservissement. Quand on ne dispose que de ce type d'informations sur la dynamique temporelle d'un système, on modélise souvent le système comme un système d'ordre 1, passe-bas, dont la fréquence de coupure est obtenue par le principe du pôle dominant, c'est-à-dire le pôle dont la fréquence caractéristique est la plus basse. Proposez une valeur de la fréquence de coupure du laser considéré comme un filtre passe bas et écrire la fonction de transfert correspondante .

Voir l'indice

Comparer les constantes de temps caractéristiques du système optique et atomique ; le pôle dominant correspond au temps de relaxation le plus long, c'est-à-dire le temps de cavité \tau_W \simeq 100\text{ ns}.

Voir la stratégie
  1. Recenser l'ensemble des échelles temporelles caractéristiques du système et déterminer le temps de relaxation le plus long, qui gouverne la dynamique globale (principe du pôle dominant).
  2. En déduire la pulsation de coupure \omega_c et la fréquence de coupure f_c correspondantes.
  3. Exprimer la fonction de transfert normalisée d'un filtre passe-bas du premier ordre H(p).
Voir le corrigé complet

Dressons le bilan des temps caractéristiques mentionnés :

  • Période d'oscillation optique : T_0 \simeq 2\text{ fs} (f_0 \simeq 5\times 10^{14}\text{ Hz}) ;
  • Temps d'aller-retour dans la cavité : \tau \simeq 5\text{ ns} (\nu_{\text{ISL}} = 200\text{ MHz}) ;
  • Temps de relaxation atomique de la cohérence : \tau_2 < \tau_1 \simeq 10\text{ ns} ;
  • Temps de relaxation des populations atomiques : \tau_1 \simeq 10\text{ ns} ;
  • Temps d'amortissement de l'énergie dans la cavité : \tau_W \simeq 100\text{ ns}.

Le temps caractéristique le plus long est celui associé au confinement de l'énergie dans la cavité optique :

\tau_W \simeq 100\text{ ns} = 10^{-7}\text{ s}

D'après le principe du pôle dominant, la dynamique temporelle la plus lente impose la fréquence caractéristique la plus basse, qui fixe la bande passante du système. La pulsation de coupure à -3\text{ dB} du laser est donc :

\omega_c = \frac{1}{\tau_W} = 10^7\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}

ce qui correspond à une fréquence de coupure :

f_c = \frac{\omega_c}{2\pi} = \frac{1}{2\pi \tau_W}

D'après les résultats des questions Q9 et Q10, on remarque que cette fréquence de coupure coïncide précisément avec la demi-largeur de résonance de la cavité :

f_c = \frac{1}{2\pi \tau_W} = \Delta\nu_c \simeq 1{,}6\text{ MHz} \approx 2\text{ MHz} \quad (\text{ou } 1\text{ MHz avec un chiffre significatif})
\boxed{f_c \simeq 2\text{ MHz} \quad (\text{soit } \omega_c = 10^7\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1})}

La fonction de transfert d'un système passe-bas du premier ordre s'écrit alors en variable de Laplace p sous la forme :

\boxed{H(p) = \frac{H_0}{1 + \tau_W p} = \frac{H_0}{1 + \dfrac{p}{\omega_c}}}

où H_0 représente le gain statique du laser.

Résultat

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Question 23

Pour asservir la fréquence du laser monomode à une référence extérieure fixe , il faut pouvoir agir en temps réel sur la fréquence du laser en réponse à la différence . Sur quel paramètre physique du laser faut-il agir ?

Voir l'indice

Différentier la formule de la fréquence propre \nu_N = N c / L pour mettre en évidence la sensibilité de la fréquence laser aux variations de longueur développée \mathrm{d}L de la cavité.

Voir le corrigé complet

D'après la condition de phase établie à la question Q20-c (ou le résultat de la question Q3 pour une cavité vide), la fréquence de fonctionnement \nu du laser monomode oscillant sur le mode d'ordre N est très proche de la fréquence propre du mode :

\nu \simeq \nu_N = N\frac{c}{L}

où L est la longueur développée de la cavité et c la célérité de la lumière dans le vide.

Une variation relative \mathrm{d}L de cette longueur entraîne une variation relative de fréquence opposée :

\frac{\mathrm{d}\nu}{\nu} = -\frac{\mathrm{d}L}{L}

Le paramètre physique sur lequel il faut agir en temps réel pour corriger l'écart \nu - \nu_0 est donc la longueur développée L de la cavité laser (ou, de façon équivalente, la position de l'un des miroirs de la cavité le long de l'axe optique, généralement contrôlée par une cale piézoélectrique).

\boxed{\text{Il faut agir sur la longueur développée } L \text{ de la cavité laser.}}

Résultat

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Question 24

La figure (5) d'étaille le montage d'un miroir M' de la cavité laser sur une cale piézoélectrique.

24-a) Quelle est la valeur de l'amplitude de déplacement du miroir mobile M' nécessaire pour balayer un intervalle spectral libre de la cavité laser ? On supposera que le faisceau intra-cavité réfléchi par ce miroir est à incidence normale au miroir.

24-b) Nous supposerons que l'épaisseur de l'échantillon piézoélectrique décroît lorsqu'on augmente la tension appliquée telle qu'elle est définie dans la légende de la figure (5). La correction apportée à la tension par le signal d'erreur est : . En utilisant la figure (4), déterminer le signe de la constante pour assurer le bon fonctionnement de l'asservissement de à la valeur . En déduire l'expression de .

Voir l'indice

Associer le balayage d'un intervalle spectral libre à une variation de chemin optique d'une demi-longueur d'onde (\Delta z = \lambda_\ell / 2). Déterminer le signe de K en observant la pente locale \mathrm{d}\theta/\mathrm{d}\nu au voisinage de \nu_0 pour garantir une contre-réaction.

Voir la stratégie
  1. Pour la question 24-a, relier la variation de la fréquence propre de la cavité \Delta\nu = \nu_{\text{ISL}} à la variation de sa longueur développée \Delta L, puis relier \Delta L au déplacement géométrique \Delta z du miroir à incidence normale.
  2. Pour la question 24-b, analyser la chaîne causale de la boucle de rétroaction : étudier le signe du signal d'erreur \epsilon(\nu - \nu_0) = \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}\nu} de part et d'autre de \nu_0 d'après la figure 4, puis l'impact d'une variation de tension \delta U sur l'épaisseur piézoélectrique e, sur la longueur développée L, et finalement sur la fréquence \nu. En déduire le signe de K garantissant une rétroaction négative stabilisatrice.
Voir le corrigé complet

24-a) Amplitude de déplacement du miroir mobile

La fréquence de résonance du mode N de la cavité laser s'écrit :

\nu_N = N \frac{c}{L}

où L est la longueur développée de la cavité. Par différentiation, la variation de fréquence induite par une variation \Delta L de la longueur développée vaut :

|\Delta \nu| = \frac{N c}{L^2} |\Delta L| = \frac{\nu_N}{L} |\Delta L|

Pour balayer un intervalle spectral libre complet \nu_{\text{ISL}} = \frac{c}{L} (cf. question Q7-b), la variation requise de longueur développée vérifie :

|\Delta \nu| = \nu_{\text{ISL}} \iff \frac{N c}{L^2} |\Delta L| = \frac{c}{L} \iff |\Delta L| = \frac{L}{N} = \lambda_\ell

Le faisceau intra-cavité étant en incidence normale sur le miroir \mathrm{M}', un déplacement mécanique de ce miroir d'une amplitude \Delta z modifie la distance aller-retour de 2\Delta z, si bien que :

|\Delta L| = 2 |\Delta z|

On en déduit l'amplitude de déplacement nécessaire :

\boxed{|\Delta z| = \frac{\lambda_\ell}{2}}

Application numérique : avec \lambda_\ell \simeq 600\text{ nm} :

|\Delta z| \simeq 300\text{ nm} = 0{,}3\ \mu\text{m}

24-b) Signe de la constante K et expression de la correction \delta U_\epsilon

  1. Signe du signal d'erreur : Le signal transmis \theta(\nu - \nu_0) par la cavité de référence est maximal en \nu = \nu_0. Sa dérivée \epsilon(\nu - \nu_0) = \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}\nu} (représentée en sortie du bloc DS sur la figure 4) présente les propriétés suivantes :

    • si \nu < \nu_0 (flanc montant du pic) : \epsilon(\nu - \nu_0) > 0 ;
    • si \nu = \nu_0 (sommet du pic) : \epsilon(0) = 0 ;
    • si \nu > \nu_0 (flanc descendant du pic) : \epsilon(\nu - \nu_0) < 0.
  2. Action de la tension U sur la fréquence \nu :

    • D'après l'énoncé, l'épaisseur e de la cale piézoélectrique décroît lorsque la tension U augmente (\frac{\mathrm{d}e}{\mathrm{d}U} < 0).
    • La figure 5 montre que le support fixe se situe à gauche (z=0) et le miroir mobile à droite (z=e), le faisceau incident arrivant de la droite. Une diminution de l'épaisseur e déplace donc le miroir vers la gauche, ce qui agrandit la cavité intra-laser : \delta L = -2\,\delta e. Par suite, \frac{\mathrm{d}L}{\mathrm{d}U} > 0.
    • Comme \nu = N\frac{c}{L}, la fréquence décroît lorsque L augmente : \frac{\mathrm{d}\nu}{\mathrm{d}L} < 0.
    • Par composition :

      U \nearrow \;\implies\; e \searrow \;\implies\; L \nearrow \;\implies\; \nu \searrow

      Une augmentation de tension \delta U > 0 entraîne une baisse de fréquence \delta \nu < 0.

  3. Condition de stabilité de l'asservissement : Supposons que la fréquence du laser dérive vers le haut (\nu > \nu_0). L'asservissement doit ramener la fréquence vers \nu_0, donc provoquer une diminution de fréquence (\delta \nu < 0), ce qui exige une augmentation de tension :

    \delta U_\epsilon > 0

    Or pour \nu > \nu_0, le signal d'erreur est négatif : \epsilon(\nu - \nu_0) < 0. Pour que \delta U_\epsilon = K \epsilon(\nu - \nu_0) > 0, il faut impérativement que :

    \boxed{K < 0}

    Vérification réciproque : si \nu < \nu_0, \epsilon > 0 ; avec K < 0, \delta U_\epsilon < 0, ce qui augmente e, réduit L et fait croître \nu vers \nu_0. Le système réalise bien une rétroaction stabilisatrice (boucle fermée négative).

En posant K = -|K|, l'expression de la correction s'écrit :

\boxed{\delta U_\epsilon = K \epsilon(\nu - \nu_0) = - |K| \left.\frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}\nu}\right|_{\nu}}

Résultat

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Question 25

Dans ce contexte, le signal d'entrée du système devient maintenant , et le signal de sortie reste . Déterminer les fonctions de transfert en boucle ouverte et en boucle fermée de ce modèle. Comment choisir le gain de la fonction de transfert de la boucle de retour pour amortir suffisamment une perturbation à la pulsation .

Voir l'indice

Exprimer la relation de transfert liant la perturbation Q(\mathrm{j}\Omega) à la sortie S(\mathrm{j}\Omega) en posant la consigne nulle, puis montrer que l'atténuation du bruit requiert un module de boucle ouverte |F_O(\mathrm{j}\Omega)| \gg 1.

Voir la stratégie
  1. Identifier les signaux sur le schéma-bloc de la figure 6 : la consigne Co étant constante (statique), sa composante harmonique à la pulsation \Omega \neq 0 est nulle (Co(\mathrm{j}\Omega) = 0).
  2. Exprimer le signal de sortie S(\mathrm{j}\Omega) en fonction de la perturbation d'entrée Q(\mathrm{j}\Omega) en remontant la chaîne directe et la boucle de retour pour obtenir F(\mathrm{j}\Omega) = \frac{S(\mathrm{j}\Omega)}{Q(\mathrm{j}\Omega)} et rappeler l'expression de la transmittance de boucle ouverte F_O(\mathrm{j}\Omega).
  3. Analyser le module de F(\mathrm{j}\Omega) pour dégager la condition sur le gain garantissant l'atténuation de la perturbation.
Voir le corrigé complet

1. Fonction de transfert en boucle ouverte

La transmittance en boucle ouverte F_O(\mathrm{j}\Omega) associée à la boucle d'asservissement correspond au produit des fonctions de transfert rencontrées le long de la boucle :

\boxed{F_O(\mathrm{j}\Omega) = C(\mathrm{j}\Omega)\,H(\mathrm{j}\Omega)\,K(\mathrm{j}\Omega)}

Remarque : si l'on s'intéresse à la réponse à la perturbation Q(\mathrm{j}\Omega) en l'absence de réaction (boucle coupée, soit K=0), la relation entrée-sortie directe est simplement S(\mathrm{j}\Omega) = H(\mathrm{j}\Omega)\,Q(\mathrm{j}\Omega).

2. Fonction de transfert en boucle fermée vis-à-vis de la perturbation

La consigne Co est purement statique, donc sa fluctuation à la pulsation \Omega > 0 est nulle :

Co(\mathrm{j}\Omega) = 0

Le comparateur fournit alors le signal d'erreur :

\varepsilon(\mathrm{j}\Omega) = Co(\mathrm{j}\Omega) - K(\mathrm{j}\Omega)\,S(\mathrm{j}\Omega) = -K(\mathrm{j}\Omega)\,S(\mathrm{j}\Omega)

Le sommateur situé en amont du système H(\mathrm{j}\Omega) reçoit la commande corrigée et la perturbation Q(\mathrm{j}\Omega) :

S(\mathrm{j}\Omega) = H(\mathrm{j}\Omega)\left[ Q(\mathrm{j}\Omega) + C(\mathrm{j}\Omega)\,\varepsilon(\mathrm{j}\Omega) \right] = H(\mathrm{j}\Omega)\,Q(\mathrm{j}\Omega) - H(\mathrm{j}\Omega)\,C(\mathrm{j}\Omega)\,K(\mathrm{j}\Omega)\,S(\mathrm{j}\Omega)

En regroupant les termes en S(\mathrm{j}\Omega) :

\left[ 1 + C(\mathrm{j}\Omega)\,H(\mathrm{j}\Omega)\,K(\mathrm{j}\Omega) \right] S(\mathrm{j}\Omega) = H(\mathrm{j}\Omega)\,Q(\mathrm{j}\Omega)

On en déduit la fonction de transfert en boucle fermée F(\mathrm{j}\Omega) = \frac{S(\mathrm{j}\Omega)}{Q(\mathrm{j}\Omega)} :

\boxed{F(\mathrm{j}\Omega) = \frac{H(\mathrm{j}\Omega)}{1 + C(\mathrm{j}\Omega)\,H(\mathrm{j}\Omega)\,K(\mathrm{j}\Omega)} = \frac{H(\mathrm{j}\Omega)}{1 + F_O(\mathrm{j}\Omega)}}

3. Choix du gain pour amortir la perturbation

L'amplitude de l'effet de la perturbation sur la sortie est donnée par :

|S(\mathrm{j}\Omega)| = \frac{|H(\mathrm{j}\Omega)|}{|1 + F_O(\mathrm{j}\Omega)|}\,|Q(\mathrm{j}\Omega)|

Pour amortir efficacement la perturbation par rapport au régime libre non asservi (où |S| = |H|\,|Q|), il faut rendre |1 + F_O(\mathrm{j}\Omega)| \gg 1. On doit donc choisir un gain de boucle très grand devant 1 à la pulsation \Omega considérée :

|F_O(\mathrm{j}\Omega)| = |C(\mathrm{j}\Omega)|\,|H(\mathrm{j}\Omega)|\,|K(\mathrm{j}\Omega)| \gg 1

Pour la boucle de retour (capteur de transmittance K(\mathrm{j}\Omega)), cela impose de choisir un gain |K(\mathrm{j}\Omega)| suffisamment grand, tel que :

\boxed{|K(\mathrm{j}\Omega)| \gg \frac{1}{|C(\mathrm{j}\Omega)\,H(\mathrm{j}\Omega)|}}

Sous cette condition, la fonction de transfert en boucle fermée se simplifie en :

F(\mathrm{j}\Omega) \simeq \frac{1}{C(\mathrm{j}\Omega)\,K(\mathrm{j}\Omega)}

ce qui assure une forte atténuation de la perturbation Q(\mathrm{j}\Omega) sur la fréquence du laser.

Résultat

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Question 26

Quand on régule la fréquence d'un laser monomode sur une fréquence de référence très stable, on souhaite d'abord que le système asservi ait une excellente précision. Le second critère est évidemment que l'asservissement soit stable. Quel(s) correcteur(s) proposez vous d'utiliser dans ce cas ? Vous pouvez mentionner plusieurs types de correcteurs en comparant leurs mérites au regard des exigences formulées ci-dessus.

Voir l'indice

Proposer un correcteur Proportionnel-Intégral (PI) : l'action intégrale assure une précision statique parfaite (erreur nulle à basse fréquence), tandis que l'action proportionnelle (ou un filtre à avance de phase) permet de régler la marge de phase garantissant la stabilité.

Voir la stratégie

Pour répondre aux exigences de précision (annulation de l'erreur statique et réjection des dérives lentes) et de stabilité (marge de phase convenable), nous analysons successivement les correcteurs classiques :

  1. le correcteur proportionnel (\mathrm{P}) et ses limites ;
  2. le correcteur proportionnel-intégral (\mathrm{PI}), particulièrement adapté à l'annulation de l'erreur statique ;
  3. le correcteur proportionnel-intégral-dérivé (\mathrm{PID}) ou à avance de phase, qui optimise le compromis précision-stabilité-bande passante.
Voir le corrigé complet

1. Correcteur Proportionnel (\mathrm{P}) : C(p) = K_p

  • Mérites : Très simple à mettre en œuvre ; augmenter K_p augmente le gain de boucle, ce qui réduit l'erreur de fréquence et atténue les perturbations.
  • Limites : L'erreur statique reste non nulle (\varepsilon_{\infty} \propto \frac{1}{1 + K_{\mathrm{BO}}}). De plus, une augmentation excessive de K_p réduit les marges de stabilité (marge de phase et marge de gain) en augmentant la pulsation de coupure au voisinage des pôles secondaires du système, risquant d'induire des oscillations.

2. Correcteur Proportionnel-Intégral (\mathrm{PI}) : C(p) = K_p \left(1 + \frac{1}{T_i p}\right)

  • Mérites : Grâce à l'intégration pure (pôle en p=0), le gain en boucle ouverte devient infini en régime statique (\Omega = 0). Cela garantit :

    • une erreur statique rigoureusement nulle (\nu = \nu_0) ;
    • un rejet total des dérives lentes (bruits thermiques à très basse fréquence).
  • Limites et stabilité : L'intégrateur introduit un retard de phase de 90^\circ en basse fréquence. Néanmoins, en réglant la constante de temps d'intégration T_i de façon à compenser le pôle dominant du laser (T_i \simeq \tau_W \simeq 100\text{ ns}), on évite l'accumulation excessive de déphasage et on garantit une excellente stabilité (marge de phase typique de 45^\circ à 60^\circ).

3. Correcteur Proportionnel-Intégral-Dérivé (\mathrm{PID}) ou \mathrm{PI} + avance de phase

  • Mérites : L'action dérivée apporte une avance de phase dans la zone de coupure, ce qui augmente la marge de phase, stabilise le système et permet d'élargir la bande passante de la boucle fermée. Le laser peut ainsi compenser des perturbations acoustiques et mécaniques plus rapides (jusqu'à plusieurs dizaines ou centaines de kilohertz).
  • Limites : L'action dérivée amplifie le bruit de mesure haute fréquence (bruit de grenaille de la photodiode) ; elle doit donc impérativement être filtrée par un pôle haute fréquence (p / (1 + \tau_d p)).

Conclusion et préconisation : Le correcteur le plus indiqué pour cet asservissement est le correcteur Proportionnel-Intégral (\mathrm{PI}) (ou un \mathrm{PID} avec filtre passe-bas sur la dérivée). Il concourt parfaitement au cahier des charges : annulation rigoureuse de l'erreur statique sans compromettre la stabilité.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.