Corrigé détaillé X ENS Physique PSI 2024 (page 2/3 : Partie II)
Expériences de physique à bord de l'ISS
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Partie II : Motifs de vibration sur une plaque : figures de Chladni
A · Propagation d'ondes acoustiques dans les solides
Question 14
Exprimer en fonction de et . Déterminer l'expression de la force et en déduire l'expression du module de YOUNG en fonction des paramètres microscopiques et .
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Dénombrer les mailles d'aire r_0^2 dans la section droite \mathrm{d}S, sommer les forces individuelles de rappel et identifier avec la loi de Hooke macroscopique.
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- Associer à chaque liaison traversant la surface transverse \mathrm{d}S une aire élémentaire élément de réseau r_0^2 dans un réseau cubique.
- Sommer la force de rappel élastique de chaque liaison pour obtenir la force mésoscopique totale \delta F.
- Relier l'élongation microscopique (r - r_0) à la déformation mésoscopique \frac{\partial \xi}{\partial x} et identifier le module de Young E par comparaison avec la loi de Hooke (3).
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Dans un réseau cubique de paramètre r_0, une section transverse perpendiculaire à l'une des directions principales présente un réseau carré de liaisons espacées de r_0. L'aire occupée par chaque liaison dans cette section droite est égale à r_0^2.
Le nombre \delta N de liaisons traversant la surface élémentaire \mathrm{d}S s'écrit donc :
Chaque liaison étant modélisée par un ressort de raideur k étiré d'une longueur r - r_0, la force de rappel microscopique exercée par une liaison est f = k(r - r_0). Les \delta N liaisons agissant en parallèle, la force totale \delta F traversant la surface \mathrm{d}S vaut :
L'allongement relatif mésoscopique d'une cellule de taille initiale r_0 dans la direction de traction s'identifie à la dérivée spatiale du déplacement :
En injectant cette relation dans l'expression de \delta F, on obtient :
Par comparaison directe avec la loi mésoscopique de Hooke \delta F = E \frac{\partial \xi}{\partial x}\mathrm{d}S (équation 3), on en déduit l'expression du module de Young :
Résultat
Question 15
Donner un ordre de grandeur du paramètre de maille d'un métal. Pour une liaison métallique pure, on donne . En déduire une estimation numérique de . Comparer à la valeur tabulée de l'aluminium.
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Prendre pour ordre de grandeur interatomique r_0 \approx 2\text{ à }3 \times 10^{-10}\text{ m} et appliquer E \approx k/r_0.
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- Estimer la distance interatomique d'équilibre r_0 à partir de la taille typique d'un atome donnée dans les données du sujet (R = 10^{-10}\text{ m}).
- Utiliser la relation E = k/r_0 établie à la question Q14 avec la plage fournie pour la raideur k.
- Comparer l'intervalle obtenu à la valeur tabulée du module de Young de l'aluminium (E = 69\text{ GPa}).
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Le rayon atomique typique étant donné par R = 10^{-10}\text{ m} = 0,1\text{ nm}, deux atomes voisins au repos sont séparés d'une distance interatomique de l'ordre du diamètre atomique, soit un paramètre de réseau :
D'après le résultat de la question Q14, le module de Young s'exprime par :
Avec la plage de raideurs k \in [15, 40]\;\mathrm{N}\cdot\mathrm{m}^{-1} et un ordre de grandeur de r_0 \approx 3 \times 10^{-10}\text{ m} :
- pour k = 15\;\mathrm{N}\cdot\mathrm{m}^{-1} : E \approx \frac{15}{3 \times 10^{-10}} = 5 \times 10^{10}\text{ Pa} = 50\text{ GPa} ;
- pour k = 40\;\mathrm{N}\cdot\mathrm{m}^{-1} : E \approx \frac{40}{3 \times 10^{-10}} \approx 1,3 \times 10^{11}\text{ Pa} \approx 130\text{ GPa}.
On obtient ainsi une estimation de l'ordre de grandeur de E :
La valeur tabulée pour l'aluminium est :
L'estimation issue du modèle microscopique est en excellent accord avec la valeur tabulée, ce qui valide la pertinence de cette modélisation à l'échelle du réseau cristallin.
Résultat
Question 16
Justifier que la largeur de la tranche à l'instant reste approximativement égale à , puis déterminer la résultante des forces exercées sur la tranche considérée de la part des tranches adjacentes.
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Effectuer un bilan des forces de traction élastique s'exerçant sur les faces d'abscisses x et x+\mathrm{d}x en appliquant un développement de Taylor au premier ordre.
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- Exprimer la position des deux extrémités de la tranche à l'instant t pour en déduire sa largeur \Delta x(t), puis utiliser l'hypothèse des petites déformations.
- Identifier les forces de contact exercées par les tranches amont (<x) et aval (>x+\mathrm{d}x) à l'aide de la loi de Hooke, en veillant aux signes des projections suivant \vec{e}_x.
- Effectuer un développement limité au premier ordre en \mathrm{d}x pour sommer ces deux contributions.
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1. Largeur de la tranche à l'instant t :
À l'instant t, les faces délimitant la tranche, initialement situées en x et x+\mathrm{d}x, se trouvent respectivement aux abscisses :
La largeur de la tranche à l'instant t est donc :
Dans le cadre de l'approximation des petites déformations, l'allongement relatif vérifie :
ce qui justifie que :
2. Résultante des forces exercées sur la tranche :
D'après la loi de Hooke (relation 3 de l'énoncé), la contrainte de traction normale s'exerçant sur une section S est F = E S \frac{\partial \xi}{\partial x}. La tranche considérée est soumise aux efforts surfaciques exercés par les parties adjacentes du solide à travers ses deux faces :
En x+\mathrm{d}x, la partie du solide située à droite (abscisses supérieures) exerce sur la tranche une force orientée vers les x croissants (effort de traction pour \frac{\partial \xi}{\partial x} > 0) :
\vec{F}_{\mathrm{droite} \to \text{tranche}} = +\, E S \frac{\partial \xi}{\partial x}(x+\mathrm{d}x, t)\,\vec{e}_x.En x, la partie du solide située à gauche (abscisses inférieures) exerce sur la tranche une force opposée :
\vec{F}_{\mathrm{gauche} \to \text{tranche}} = -\, E S \frac{\partial \xi}{\partial x}(x, t)\,\vec{e}_x.
La résultante des forces exercées par les tranches adjacentes est la somme de ces deux contributions :
Au premier ordre non nul en \mathrm{d}x, le développement de Taylor donne :
On en déduit l'expression de la résultante :
Résultat
Question 17
Montrer que la perturbation obéit à l'équation de D'ALEMBERT. Exprimer la célérité associée en fonction de et , et vérifier sa dimension.
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Appliquer le principe fondamental de la dynamique à la tranche de masse \mathrm{d}m = \rho S \mathrm{d}x et identifier la célérité c par analyse dimensionnelle.
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- Appliquer le principe fondamental de la dynamique à la tranche élémentaire de solide de masse \mathrm{d}m = \rho S\,\mathrm{d}x dans le référentiel terrestre supposé galiléen.
- Identifier l'équation de propagation à l'équation de d'Alembert unidimensionnelle et en déduire l'expression de la célérité c.
- Vérifier la dimension de c à l'aide des unités de base du Système international (SI).
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On applique le principe fondamental de la dynamique à la tranche de solide de section S, de masse \mathrm{d}m = \rho S\,\mathrm{d}x, dans le référentiel d'étude galiléen. En négligeant la pesanteur devant les forces élastiques, l'accélération de la tranche selon la direction longitudinale s'écrit à l'ordre le plus bas :
D'après le résultat de la question Q16 pour la résultante des forces élastiques \mathrm{d}\vec{F}, le principe fondamental de la dynamique s'écrit :
En divisant par la quantité non nulle \rho S\,\mathrm{d}x, on obtient :
La perturbation \xi(x,t) vérifie donc l'équation de d'Alembert :
où la célérité c des ondes acoustiques longitudinales est donnée par :
Vérification dimensionnelle :
Le module de Young E a la dimension d'une pression :
[E] = \frac{[\text{Force}]}{[\text{Surface}]} = \frac{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-2}}{\mathrm{L}^2} = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-2}La masse volumique \rho a pour dimension :
[\rho] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-3}
Le rapport vérifie donc :
La grandeur c est bien homogène à une vitesse.
Résultat
Question 18
Calculer numériquement dans le cas de l'aluminium.
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Calculer numériquement c = \sqrt{E/\rho} avec les valeurs fournies pour l'aluminium.
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D'après le résultat établi à la question Q17, la célérité des ondes élastiques longitudinales s'exprime par :
D'après les données fournies en tête de sujet pour l'aluminium :
- E = 6,9 \times 10^1\text{ GPa} = 6,9 \times 10^{10}\text{ Pa} ;
- \rho = 2,7 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}.
On calcule le rapport :
En prenant la racine carrée, avec deux chiffres significatifs :
Résultat
B · Vibration d'une plaque en flexion pure
Question 19
Pour de petites déformations, montrer que la variation relative de volume s'écrit
En déduire la valeur de pour un matériau parfaitement incompressible.
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Exprimer le volume déformé V + \delta V = \ell(1+\varepsilon)[\ell(1-\nu\varepsilon)]^2 et développer au premier ordre en \varepsilon.
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- Exprimer les nouvelles dimensions du cube en tenant compte de l'élongation relative \varepsilon selon la direction de traction et de la contraction relative transverse -\nu \varepsilon selon les deux directions orthogonales imposée par l'isotropie.
- Effectuer un développement limité au premier ordre en \varepsilon du volume final pour en déduire \delta V / V.
- Traduire la condition d'incompressibilité (\delta V = 0) pour déterminer \nu.
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Soit un cube initial de côté \ell et de volume initial V = \ell^3. Choisissons un repère cartésien dont les axes coïncident avec les arêtes du cube, la traction étant exercée selon la direction Ox.
Selon la direction de l'effort (Ox), l'allongement relatif vaut :
\frac{\delta \ell_x}{\ell} = \varepsilon \implies \ell_x = \ell(1 + \varepsilon).Le matériau étant isotrope, les deux directions transverses Oy et Oz sont équivalentes. D'après la définition du coefficient de Poisson \nu, le rétrécissement relatif transverse s'écrit :
-\frac{\delta \ell_y}{\ell} = -\frac{\delta \ell_z}{\ell} = \nu \varepsilon \implies \ell_y = \ell_z = \ell(1 - \nu\varepsilon).
Le nouveau volume V' = V + \delta V s'exprime ainsi :
Dans le cadre de l'approximation des petites déformations (|\varepsilon| \ll 1), un développement limité au premier ordre en \varepsilon conduit à :
On en déduit immédiatement la variation relative de volume :
Un matériau parfaitement incompressible conserve son volume lors de toute déformation, soit \delta V = 0 quel que soit l'allongement \varepsilon \neq 0. Cela impose 1 - 2\nu = 0, soit :
Résultat
Question 20
Déterminer la relation de dispersion , puis les vitesses de phase et de groupe de ces ondes en fonction de , , et . Expliquer, en justifiant, si les ondes se propagent avec ou sans dispersion, avec ou sans atténuation.
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Injecter une solution en \exp[\mathrm{i}(\omega t - \vec{K}\cdot\vec{r})] dans l'équation de plaque en remarquant que \Delta(\Delta z) = K^4 z, puis calculer v_\varphi = \omega/K et v_{\mathrm{g}} = \mathrm{d}\omega/\mathrm{d}K.
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- Injecter la forme complexe d'une onde plane progressive harmonique dans l'équation de Kirchhoff-Love pour établir la relation de dispersion reliant \omega à K.
- Calculer la vitesse de phase v_\varphi = \omega/K et la vitesse de groupe v_{\mathrm{g}} = \mathrm{d}\omega/\mathrm{d}K, puis exprimer chacune en fonction des paramètres demandés (\omega, D, \rho et h).
- Discuter la dispersion à partir de la dépendance en fréquence de la vitesse de phase et l'atténuation à partir de la réalité du vecteur d'onde.
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On recherche une onde plane progressive harmonique sous forme complexe :
où \vec{r} = x \vec{e}_x + y \vec{e}_y et \vec{K} = K \vec{u} est un vecteur d'onde réel dans le plan (xy) avec \|\vec{K}\| = K.
L'action de l'opérateur laplacien spatial \Delta = \frac{\partial^2}{\partial x^2} + \frac{\partial^2}{\partial y^2} sur l'onde s'écrit :
En lui appliquant à nouveau le laplacien, on obtient :
Par ailleurs, la dérivée temporelle seconde donne :
En reportant ces expressions dans l'équation de Kirchhoff-Love (4), on obtient :
Pour une solution non triviale (\underline{z} \neq 0), la relation de dispersion reliant \omega et K (grandeurs réelles positives) est :
On en déduit l'expression de la vitesse de phase v_\varphi :
Comme K = \left(\frac{\rho h}{D}\right)^{1/4} \omega^{1/2}, on obtient en fonction de \omega, D, \rho et h :
La vitesse de groupe s'obtient par différentiation de la relation de dispersion :
Soit en fonction des paramètres demandés :
Caractère dispersif et atténuation :
- La vitesse de phase dépend de la pulsation \omega (ou de façon équivalente, v_\varphi \neq v_{\mathrm{g}} et la relation \omega(K) est non linéaire) : la propagation s'effectue avec dispersion.
- Pour toute pulsation \omega réelle, le vecteur d'onde K est purement réel (aucun terme d'amortissement visqueux n'apparaît dans l'équation de mouvement). L'amplitude de l'onde reste donc constante au cours de la propagation : la propagation s'effectue sans atténuation.
Résultat
Question 21
Établir l'expression mathématique de et et montrer que ces grandeurs sont quantifiées par des entiers naturels, notés respectivement et . En déduire les pulsations propres en fonction de , , , , , et .
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Annuler le déplacement sur les quatre bords x=0, x=a, y=0 et y=a pour quantifier les composantes du vecteur d'onde.
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- Appliquer les conditions aux limites imposées par les bords simplement supportés (z=0 sur tout le contour de la plaque carrée) à la forme d'onde stationnaire proposée.
- En déduire les phases à l'origine \varphi_x, \varphi_y et la quantification des composantes du vecteur d'onde K_x et K_y.
- Relier la pulsation \omega à K_x et K_y grâce à l'équation régissant la flexion (ou directement via la relation de dispersion établie à la question Q20) et exprimer \omega_{mn} avec la rigidité D.
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La plaque carrée occupe le domaine x \in [0, a] et y \in [0, a]. Les conditions aux limites pour une plaque simplement supportée sur ses quatre bords s'écrivent, pour tout instant t :
En injectant la forme proposée :
les conditions en x = 0 et y = 0 imposent, pour une amplitude A \neq 0 :
Un éventuel déphasage multiple de \pi peut être absorbé dans le signe de l'amplitude A. On choisit donc \varphi_x = 0 et \varphi_y = 0.
Les conditions aux limites en x = a et y = a imposent alors :
où m et n sont des entiers naturels non nuls (les valeurs nulles conduiraient à une solution identiquement nulle). Les composantes du vecteur d'onde sont donc quantifiées :
Calculons l'action de l'opérateur laplacien sur z(x,y,t) :
ce qui donne pour le double laplacien :
L'équation du mouvement (4) se réécrit donc sous forme scalaire :
ce qui correspond bien à la relation de dispersion \omega = \sqrt{\frac{D}{\rho h}} K^2 issue de la question Q20.
En remplaçant l'expression de la rigidité en flexion D = \frac{E h^3}{12(1-\nu^2)} donnée par l'équation (5), on obtient :
On en déduit l'expression des pulsations propres \omega_{mn} :
Résultat
C · Comparaison avec les résultats expérimentaux
Question 22
Pour une onde stationnaire harmonique (monochromatique) solution de l'équation de D'ALEMBERT, rappeler l'expression de la distance entre deux nœuds de vibration consécutifs en fonction de la longueur d'onde . En estimant numériquement l'écart moyen entre deux lignes nodales voisines sur l'une des photos de la figure 4, montrer que le modèle décrit dans la sous-partie II.A est à exclure.
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Utiliser la relation nodale d = \lambda/2 et calculer la longueur d'onde acoustique longitudinale théorique \lambda = c/f pour constater qu'elle dépasse très largement la taille de la plaque.
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- Rappeler la structure spatiale d'une onde stationnaire issue de l'équation de d'Alembert pour exprimer la distance nodale d en fonction de la longueur d'onde \lambda.
- Calculer la longueur d'onde \lambda_{\text{II.A}} = c/f prédite par le modèle de compression-traction (II.A) pour l'une des fréquences expérimentales de la figure 4, et en déduire la distance nodale théorique.
- Estimer visuellement l'espacement moyen entre lignes nodales sur la figure correspondante (en s'appuyant sur la taille de la plaque a = 24{,}0\text{ cm}) et conclure quant à la pertinence du modèle II.A.
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Une onde stationnaire harmonique à une dimension, solution de l'équation de d'Alembert, s'écrit sous la forme séparée :
Les nœuds de vibration correspondent aux points d'annulation permanente du déplacement, c'est-à-dire tels que \sin(K x_n + \varphi) = 0, soit K x_n + \varphi = n\pi avec n \in \mathbb{Z}. La distance d entre deux nœuds consécutifs vaut donc :
D'après la question Q18, la célérité des ondes longitudinales selon le modèle de la sous-partie II.A est :
Testons ce modèle sur le premier mode (i = 1) à la fréquence f_1 \approx 630\text{ Hz} :
Même pour le mode de plus haute fréquence présenté, f_{12} \approx 4\,253\text{ Hz} :
Dans tous les cas, la distance nodale prédite par le modèle II.A est supérieure ou très largement supérieure aux dimensions de la plaque (a = 24{,}0\text{ cm} = 0{,}24\text{ m}).
Or, sur les photographies de la figure 4, on observe clairement plusieurs lignes nodales réparties sur la plaque de côté a = 24{,}0\text{ cm}. Par exemple :
- Pour le mode 1, l'anneau nodal central présente un diamètre de l'ordre de 10\text{ cm}, soit un écart moyen aux bords de l'ordre de d_{\text{exp}} \sim 5\text{ cm} ;
Pour le mode 12, on dénombre environ 5 à 6 motifs sur la largeur a, ce qui donne un espacement moyen entre lignes nodales voisines :
d_{\text{exp}} \sim \frac{a}{5} \approx 5\text{ cm} \ll d_{\text{th}} = 60\text{ cm}
Comme d_{\text{exp}} \ll d_{\text{th}} (d'au moins un ordre de grandeur), le modèle de propagation d'ondes acoustiques longitudinales (II.A) est à exclure pour interpréter les figures de Chladni.
Résultat
Question 23
Analyser la cohérence des résultats avec le modèle. Expliquer les origines des éventuels écarts au modèle.
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Vérifier si le rapport f_i/h_i reste constant pour une onde de flexion dont la pulsation est proportionnelle à l'épaisseur de la plaque.
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- Exprimer la dépendance théorique de la fréquence f en fonction de l'épaisseur h à nombre d'onde K fixé à partir de la relation de dispersion obtenue à la question Q20.
- Tester quantitativement cette loi à partir des données du tableau 1 (calcul du rapport f/h).
- Identifier les hypothèses du modèle de Kirchhoff-Love susceptibles de générer les légers écarts observés.
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D'après la relation de dispersion établie à la question Q20, la pulsation propre s'écrit :
En introduisant l'expression de la rigidité en flexion D = \dfrac{E h^3}{12(1-\nu^2)}, il vient :
La fréquence f = \dfrac{\omega}{2\pi} associée à un mode fixé (donc à un nombre d'onde K fixé) est par conséquent directement proportionnelle à l'épaisseur h de la plaque :
Calculons le rapport f/h pour chacune des trois plaques testées dans le tableau 1 :
Les valeurs de ce rapport sont remarquablement stables : la valeur moyenne est d'environ 640\text{ Hz}\cdot\text{mm}^{-1}, avec des écarts relatifs n'excédant pas 2\,\% :
Les origines des légers écarts observés peuvent s'expliquer par :
- La limite du modèle des plaques minces : la théorie de Kirchhoff-Love suppose h \ll a. Pour la plaque la plus épaisse (h_3 = 5\text{ mm} pour a = 24\text{ cm}, soit h/a \approx 1/48), les effets de cisaillement transverse et d'inertie de rotation (pris en compte par exemple dans la théorie de Mindlin-Reissner) commencent à induire de légères corrections.
- Les conditions aux limites expérimentales : la fixation de la plaque en son centre par une vis reliée à une tige métallique impose localement un déplacement et un couple non nuls, ainsi qu'une masse ajoutée, ce qui perturbe le mode propre idéal.
- La charge massique des billes de silice : le saupoudrage de billes modifie localement la densité surfacique de masse de la plaque.
- Les incertitudes expérimentales : tolérances d'usinage sur l'épaisseur h, inhomogénéités ou anisotropies éventuelles du matériau, et imprécision sur la détermination de la fréquence de résonance optimale.
Résultat
Question 24
Comparer quantitativement l'ajustement tiré des résultats expérimentaux de la figure 6 et la relation de dispersion trouvée à la question 20. Conclure.
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Comparer le coefficient numérique théorique C = \frac{h_1}{2\pi}\sqrt{\frac{E}{12\rho(1-\nu^2)}} à la pente de l'ajustement parabolique 0{,}222\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}.
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- Relier la pulsation \omega à la fréquence f dans la relation de dispersion établie à la question Q20 afin d'exprimer théoriquement f sous la forme f(K) = C_{\mathrm{th}} K^2.
- Calculer numériquement le coefficient théorique C_{\mathrm{th}} à partir des données de l'énoncé pour la plaque d'épaisseur h_1 = 1\text{ mm}.
- Comparer la valeur obtenue au coefficient de l'ajustement expérimental C_{\mathrm{exp}} = 0{,}222\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1} fourni par la figure 6 et conclure.
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D'après la relation de dispersion obtenue à la question Q20 :
Or \omega = 2\pi f, ce qui donne pour la fréquence :
En injectant l'expression de la rigidité en flexion D = \dfrac{E h^3}{12(1-\nu^2)}, on a :
La fréquence s'écrit donc :
Pour la plaque d'épaisseur h = h_1 = 1{,}0 \times 10^{-3}\text{ m}, avec les valeurs numériques fournies :
Calculons le terme sous la racine :
On en déduit la valeur théorique du coefficient :
L'ajustement expérimental en traits pleins sur la figure 6 donne :
L'écart relatif entre le modèle théorique et l'expérience vaut :
Conclusion : L'accord entre le modèle théorique de vibration en flexion pure et les résultats expérimentaux est remarquable :
- La loi de puissance en K^2 prédite par la relation de dispersion est fidèlement suivie par l'ensemble des points expérimentaux ;
- L'écart modéré (environ 10\,\%) sur la valeur numérique du préfacteur s'explique par les hypothèses simplificatrices du modèle (approximation des plaques très minces, absence d'amortissement, fixation par vissage de la tige au centre qui modifie localement les conditions aux limites).
Le modèle de Kirchhoff-Love décrit donc parfaitement la physique des figures de Chladni.
Résultat
Question 25
Proposer une hypothèse permettant d'assurer que l'agitation thermique de l'air ne va pas perturber l'observation d'une figure de CHLADNI dans ce cas de figure.
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Formuler l'hypothèse que la propagation des ondes acoustiques s'effectue en régime adiabatique, les échanges thermiques conductifs n'ayant pas le temps d'homogénéiser la température sur une période.
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La question suivante (Q26) demande de faire intervenir la célérité du son c ainsi que les transferts thermiques conductifs pour valider l'hypothèse proposée. Cela invite directement à comparer l'échelle de temps de l'onde acoustique (T = 1/f) à celle de la diffusion thermique sur une échelle spatiale caractéristique de l'onde (la longueur d'onde acoustique \lambda = c/f).
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Pour que l'agitation thermique du gaz ne perturbe pas l'onde acoustique stationnaire et le piégeage des billes aux nœuds de vibration, on formule l'hypothèse suivante :
De façon équivalente, on suppose que :
- les transferts thermiques par conduction au sein du fluide sont négligeables à l'échelle d'une période acoustique T = 1/f (le temps caractéristique de diffusion thermique sur une longueur d'onde \lambda est très grand devant T) ;
- en l'absence de convection naturelle (garantie par la situation de microgravité à bord de l'ISS), aucun mouvement d'ensemble d'origine thermique ne vient perturber l'air du tube ni déplacer les billes piégées.
L'onde sonore ne subit ainsi aucun amortissement thermique notable et l'onde stationnaire reste parfaitement établie.
Résultat
Question 26
Rappeler l'ordre de grandeur de la célérité du son dans l'air dans les conditions usuelles de température et de pression. En supposant des transferts thermiques purement conductifs, vérifier la validité de l'hypothèse précédente à partir d'un raisonnement en ordre de grandeur.
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Estimer la diffusivité thermique D_{\text{th}} = \kappa/(\rho_{\mathrm{a}} c_p) et comparer la période acoustique T = 1/f au temps caractéristique de diffusion \tau_{\text{th}} \sim \lambda^2/D_{\text{th}}.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler la valeur usuelle de la célérité du son dans l'air à température et pression ambiantes, puis en déduire la longueur d'onde \lambda et la période T de l'onde ultrasonore à f = 40\text{ kHz}.
- Exprimer et calculer la diffusivité thermique de l'air D_{\text{th}} = \frac{\kappa}{\rho_{\mathrm{a}} c_p} à partir des données de l'énoncé.
- Comparer le temps caractéristique de diffusion thermique à l'échelle de l'onde \tau_{\text{th}} \sim \frac{\lambda^2}{D_{\text{th}}} à la période acoustique T (ou, de manière équivalente, la longueur de diffusion thermique \delta_{\text{th}} à \lambda) pour valider le caractère adiabatique de la propagation.
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Dans les conditions usuelles de température et de pression (T \approx 293\text{ K}, P \approx 1\text{ bar}), la célérité du son dans l'air est :
L'onde ultrasonore imposée possède une fréquence f = 40\text{ kHz} = 4{,}0 \times 10^4\text{ Hz}, ce qui correspond à :
une période acoustique :
T = \frac{1}{f} = \frac{1}{4{,}0 \times 10^4} = 2{,}5 \times 10^{-5}\text{ s} = 25\ \mu\text{s}une longueur d'onde acoustique :
\lambda = \frac{c}{f} = \frac{340}{4{,}0 \times 10^4} = 8{,}5 \times 10^{-3}\text{ m} = 8{,}5\text{ mm}
Sous l'hypothèse de transferts thermiques purement conductifs, l'équation de la chaleur régit l'évolution spatiotemporelle de la température avec une diffusivité thermique donnée par :
Avec \kappa = 2{,}4 \times 10^{-2}\text{ W}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{m}^{-1}, \rho_{\mathrm{a}} = 1{,}2\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} et c_p = 1{,}0 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} :
Le temps caractéristique nécessaire à la conduction thermique pour homogénéiser la température sur une échelle spatiale de l'ordre de la longueur d'onde \lambda est :
Même en considérant la distance séparant un ventre et un nœud consécutifs (\Delta x \sim \lambda / 4 \approx 2{,}1\text{ mm}), le temps caractéristique reste de l'ordre de :
Ce temps caractéristique est immensément plus grand que la période acoustique de l'onde :
De façon équivalente, la distance sur laquelle s'effectue la diffusion thermique au cours d'une période T s'écrit :
Sur la durée d'une oscillation acoustique, les échanges thermiques par conduction sont négligeables : les compressions et détendues du gaz sont adiabatiques. Le profil d'onde stationnaire de pression n'est pas lissé thermiquement, ce qui valide pleinement l'hypothèse de la question précédente.
Résultat
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.