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Corrigé détaillé X ENS Physique PSI 2025 (page 2/3 : Partie I (questions 17 à 34))

Phénomènes de transport, thermoélectricité et applications

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Partie I : Transport de charge et de chaleur dans un matériau métallique (suite)

I.C · Étude thermique

Question 17

Rappeler la définition d'un thermostat. Donner la condition portant sur leur capacité thermique qui permettrait de considérer les solides et comme des thermostats.

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Définir un thermostat comme un système fermé dont la température reste constante quel que soit le transfert thermique échangé, ce qui impose une capacité thermique quasi infinie.

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Un thermostat (ou réservoir thermique) est un système thermodynamique dont la température demeure uniforme et constante au cours du temps, indépendamment des transferts thermiques finis qu'il effectue avec l'extérieur.

Pour un système condensé indéformable n'échangeant aucun travail, le premier principe de la thermodynamique s'écrit :

\mathrm{d}U = C \, \mathrm{d}T = \delta Q \implies \mathrm{d}T = \frac{\delta Q}{C}

où C est la capacité thermique du solide considéré (\mathcal{S}_1 ou \mathcal{S}_2).

Pour que la variation de température \mathrm{d}T demeure négligeable lors des échanges d'énergie thermique avec le barreau métallique sur la durée de l'expérience, il faut que la capacité thermique C soit très grande devant la capacité thermique totale du barreau conducteur C_{\text{barreau}} = m_{\text{barreau}} c = \varrho \pi a^2 \ell \, c :

\boxed{C \gg \varrho \pi a^2 \ell \, c \quad (\text{soit idéalement } C \to \infty)}

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Question 18

Dans l'hypothèse de réponse linéaire (concept à préciser), rappeler la loi à laquelle obéit le vecteur densité de courant thermique . On notera la conductivité thermique .

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Énoncer la loi de Fourier en précisant le domaine des faibles gradients thermiques pour justifier le développement au premier ordre.

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L'hypothèse de réponse linéaire s'applique lorsqu'un système est faiblement éloigné de l'équilibre thermodynamique : le flux associé au transport d'une grandeur extensive (ici, le flux d'énergie thermique représenté par le vecteur densité de courant de chaleur \vec{j}_{\mathrm{Q}}) est proportionnel à la force motrice thermodynamique qui l'engendre (ici, le gradient spatial de température \vec{\operatorname{grad}}\,T). D'un point de vue mathématique, cela correspond à un développement limité au premier ordre du flux en fonction de la perturbation au voisinage de l'équilibre homogène où \vec{\operatorname{grad}}\,T = \vec{0}.

Dans ce cadre, le vecteur densité volumique de courant thermique obéit à la loi de Fourier :

\boxed{\vec{j}_{\mathrm{Q}} = -\lambda\,\vec{\operatorname{grad}}\,T}

où \lambda > 0 désigne la conductivité thermique du matériau (en \mathrm{W}\cdot\mathrm{m}^{-1}\cdot\mathrm{K}^{-1}).

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Question 19

Justifier l'affirmation : « un bon conducteur électrique est un bon conducteur thermique ». En utilisant la loi de Wiedemann-Franz et sur la base d'arguments physiques numériques, justifier que l'évolution de la conductivité thermique d'un métal est conforme aux comportements attendus et en déduire un ordre de grandeur de la conductivité thermique du cuivre .

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Calculer numériquement le nombre de Lorenz L = \frac{\pi^2 k_B^2}{3e^2} à T = 300\text{ K} et vérifier l'accord avec la valeur tabulée de \lambda_{\mathrm{Cu}}.

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  1. Justifier le lien qualitatif entre conduction thermique et électrique à l'aide des porteurs microscopiques communs (les électrons de conduction) et de la loi de Wiedemann-Franz.
  2. Analyser la dépendance en température de \lambda(T) = L\,\gamma_0(T)\,T en rappelant que la résistivité d'un métal varie quasi-linéairement avec la température au voisinage de l'ambiante (\gamma_0 \propto 1/T).
  3. Calculer le nombre de Lorenz L = \frac{\pi^2 k_B^2}{3e^2}, puis évaluer numériquement \lambda_{\mathrm{Cu}} à température ambiante (T \simeq 300\text{ K}) et comparer à la valeur fournie dans les données.
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1. Conduction électrique et thermique dans un métal

Dans un métal, les mêmes porteurs libres — les électrons de conduction — assurent simultanément le transport de charge électrique (courant électrique) et le transport d'énergie cinétique (chaleur). D'après la loi de Wiedemann-Franz, à une température T donnée :

\frac{\lambda}{\gamma_0 T} = L = \frac{\pi^2 k_B^2}{3 e^2}

où L est le nombre de Lorenz, indépendant de la nature du métal. À température fixée, la conductivité thermique \lambda est ainsi strictement proportionnelle à la conductivité électrique \gamma_0 : un bon conducteur électrique possède une grande valeur de \gamma_0, et présente par conséquent une grande conductivité thermique \lambda.

2. Évolution de la conductivité thermique avec la température

D'après la loi de Wiedemann-Franz, la conductivité thermique s'écrit :

\lambda(T) = L\,\gamma_0(T)\,T

Au voisinage de la température ambiante (T \sim 300\text{ K}), la résistivité électrique d'un métal est gouvernée par la diffusion des électrons sur les vibrations du réseau (phonons). Le temps moyen entre collisions varie selon \tau \propto T^{-1}, si bien que la conductivité électrique varie approximativement comme :

\gamma_0(T) \propto \frac{1}{T}

Il en découle que le produit \gamma_0(T)\,T, et donc la conductivité thermique \lambda(T), est quasi-indépendante de la température au voisinage de l'ambiante :

\lambda(T) \approx \text{constante}

Cette invariance approchée est conforme au comportement expérimental observé pour les bons métaux conducteurs autour de la température ambiante.

3. Ordre de grandeur de la conductivité thermique du cuivre

Calculons la valeur numérique du nombre de Lorenz L avec \pi^2 \simeq 10 :

L = \frac{\pi^2 k_B^2}{3 e^2} \simeq \frac{10 \times (1,4 \times 10^{-23})^2}{3 \times (1,6 \times 10^{-19})^2} = \frac{10 \times 1,96 \times 10^{-46}}{3 \times 2,56 \times 10^{-38}} \simeq 2,5 \times 10^{-8}\text{ W}\cdot\Omega\cdot\text{K}^{-2}

À température ambiante (T \simeq 300\text{ K}), avec \gamma_0 \simeq 6,0 \times 10^7\text{ S}\cdot\text{m}^{-1} pour le cuivre :

\begin{aligned} \lambda_{\mathrm{Cu}} &= L\,\gamma_0\,T \\ \lambda_{\mathrm{Cu}} &\simeq 2,5 \times 10^{-8} \times 6,0 \times 10^7 \times 300 \simeq 4,5 \times 10^2\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\lambda_{\mathrm{Cu}} \sim 4{,}5 \times 10^2\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}}

Ce calcul à un ou deux chiffres significatifs conduit bien à un ordre de grandeur de quelques centaines de \text{W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}, en accord satisfaisant avec la valeur expérimentale fournie dans les données (\lambda_{\mathrm{Cu}} \simeq 3,0 \times 10^2\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}).

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Question 20

On constate que la conductivité thermique du diamant est particulièrement élevée, et de l'ordre de . Pourquoi la loi de Wiedemann-Franz ne s'applique-t-elle pas au diamant ?

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Identifier la nature des porteurs responsables du transport de chaleur dans un isolant électrique comme le diamant (phonons et liaisons covalentes très rigides).

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La loi de Wiedemann-Franz repose sur l'hypothèse fondamentale que les électrons de conduction assurent simultanément le transport de charge et le transport d'énergie thermique dans le matériau.

Or, le diamant présente les caractéristiques suivantes :

  • C'est un isolant électrique remarquable (cristal covalent à large bande interdite, d'environ 5{,}5\text{ eV}) : il ne possède pratiquement aucun électron libre de conduction à température ambiante (\gamma_0 \simeq 0). Si la loi de Wiedemann-Franz s'appliquait, elle prédirait une conductivité thermique quasi nulle (\lambda \simeq 0), ce qui contredit totalement la valeur expérimentale.
  • La conduction thermique dans le diamant est presque exclusivement assurée par les vibrations du réseau cristallin (ondes acoustiques, modélisées sous forme de phonons).

En raison de la très forte rigidité des liaisons covalentes carbone–carbone et de la faible masse atomique du carbone, la vitesse de propagation de ces ondes est très élevée et les mécanismes de diffusion phonon-phonon sont réduits, ce qui confère au diamant une conductivité thermique exceptionnellement grande sans le moindre transport de charge.

\boxed{\text{La loi ne s'applique pas car le diamant est un isolant électrique où la chaleur est transportée par le réseau (phonons).}}

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Question 21

Établir l'équation gouvernant l'évolution spatio-temporelle du champ de température dans le barreau métallique.

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Réaliser un bilan d'énergie sur une tranche de barreau d'épaisseur \mathrm{d}x entre t et t+\mathrm{d}t en l'absence de pertes latérales.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe de la thermodynamique à une tranche élémentaire de barreau comprise entre les abscisses x et x + \mathrm{d}x pendant un intervalle de temps \mathrm{d}t.
  2. Exprimer le transfert thermique élémentaire à travers les sections en utilisant la loi de Fourier (établie à la question Q18) et l'absence de pertes latérales (parois calorifugées).
  3. Égaler la variation d'énergie interne et la chaleur reçue pour obtenir l'équation de la chaleur unidimensionnelle.
Voir le corrigé complet

Considérons le système fermé constitué par la tranche de barreau cylindrique comprise entre les abscisses x et x + \mathrm{d}x, de section droite constante S = \pi a^2, entre les instants t et t + \mathrm{d}t.

Le matériau étant modélisé comme une phase condensée idéale sans changement d'état ni réaction, la variation d'énergie interne de cette tranche élémentaire s'écrit :

\mathrm{d}U = \mathrm{d}m \, c \, \frac{\partial T}{\partial t}(x, t) \, \mathrm{d}t = \varrho S \, \mathrm{d}x \, c \, \frac{\partial T}{\partial t}(x, t) \, \mathrm{d}t

où \varrho est la masse volumique du métal et c sa capacité thermique massique.

D'après le premier principe de la thermodynamique appliqué à ce système indéformable (aucun travail mécanique échangé, W = 0) :

\mathrm{d}U = \delta Q

Les parois latérales étant calorifugées, les seuls échanges de chaleur s'effectuent par conduction à travers les sections droites en x et x + \mathrm{d}x :

\delta Q = \left[ \Phi(x, t) - \Phi(x + \mathrm{d}x, t) \right] \mathrm{d}t = -\frac{\partial \Phi}{\partial x}(x, t) \, \mathrm{d}x \, \mathrm{d}t

où le flux thermique sortant de la tranche est orienté selon l'axe (\mathrm{O}x). En utilisant la loi de Fourier scalaire unidimensionnelle \vec{j}_{\mathrm{Q}} = -\lambda \frac{\partial T}{\partial x} \vec{u}_x (question Q18), le flux thermique s'exprime par :

\Phi(x, t) = \vec{j}_{\mathrm{Q}}(x, t) \cdot \vec{u}_x \, S = -\lambda S \frac{\partial T}{\partial x}(x, t)

En supposant la conductivité thermique \lambda uniforme le long du barreau, on a :

-\frac{\partial \Phi}{\partial x} = \lambda S \frac{\partial^2 T}{\partial x^2}

Le bilan d'énergie conduit alors à :

\varrho c S \, \mathrm{d}x \, \frac{\partial T}{\partial t} \, \mathrm{d}t = \lambda S \frac{\partial^2 T}{\partial x^2} \, \mathrm{d}x \, \mathrm{d}t

Soit, en simplifiant par le volume élémentaire S \, \mathrm{d}x et la durée \mathrm{d}t :

\boxed{\frac{\partial T}{\partial t}(x, t) = D_{\mathrm{th}} \frac{\partial^2 T}{\partial x^2}(x, t) \quad \text{avec} \quad D_{\mathrm{th}} = \frac{\lambda}{\varrho c}}

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Question 22

Déterminer l'expression du profil de température dans le barreau, en régime permanent.

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Résoudre l'équation de Laplace \frac{\mathrm{d}^2 T}{\mathrm{d}x^2} = 0 avec les conditions aux limites imposées en x=0 et x=\ell.

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En régime permanent (ou stationnaire), le champ de température est indépendant du temps :

\frac{\partial T}{\partial t} = 0.

D'après l'équation de la diffusion thermique établie à la question Q21, le profil spatial de température T(x) obéit à l'équation différentielle ordinaire :

\frac{\mathrm{d}^2 T}{\mathrm{d}x^2}(x) = 0.

Par intégration successive par rapport à x, la solution générale est une fonction affine :

T(x) = A\,x + B,

où A et B sont deux constantes d'intégration déterminées par les conditions aux limites aux extrémités du barreau, données dans l'énoncé :

\begin{aligned} T(x = 0) &= T_1 \implies B = T_1, \\ T(x = \ell) &= T_2 \implies A\,\ell + T_1 = T_2 \iff A = \frac{T_2 - T_1}{\ell}. \end{aligned}

Le profil de température en régime permanent dans le barreau métallique s'écrit donc :

\boxed{T(x) = T_1 + \frac{T_2 - T_1}{\ell}\,x}

Résultat

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Question 23

Après avoir rappelé la définition de la résistance thermique d'un matériau, en déduire l'expression mathématique de la résistance thermique du barreau métallique.

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Définir la résistance thermique par R_{\mathrm{th}} = \frac{\Delta T}{\Phi} où \Phi est le flux thermique traversant la section du barreau.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la définition générale de la résistance thermique par analogie avec la loi d'Ohm en régime stationnaire.
  2. Exprimer le flux thermique traversant une section droite du cylindre à l'aide de la loi de Fourier et du profil de température déterminé à la question 22.
  3. En déduire l'expression de R_{\mathrm{th}} en fonction des caractéristiques géométriques et thermophysiques du barreau.
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Par analogie avec la loi d'Ohm en régime stationnaire, la résistance thermique R_{\mathrm{th}} d'un système conducteur de chaleur soumis à un écart de température T_1 - T_2 entre ses deux extrémités isothermes est définie par le rapport entre cet écart de température et le flux thermique \Phi_{1 \to 2} (puissance thermique) le traversant de 1 vers 2 :

R_{\mathrm{th}} = \frac{T_1 - T_2}{\Phi_{1 \to 2}}

où R_{\mathrm{th}} s'exprime en \mathrm{K}\cdot\mathrm{W}^{-1}.

Le barreau étant calorifugé latéralement, le flux thermique \Phi_{1 \to 2} à travers une section droite S = \pi a^2 orientée par le vecteur unitaire \vec{u}_x s'écrit, d'après la loi de Fourier (établie à la question 18) :

\begin{aligned} \Phi_{1 \to 2} &= \iint_S \vec{j}_{\mathrm{Q}} \cdot \vec{u}_x \, \mathrm{d}S \\ &= -\lambda \, \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} \, S \end{aligned}

D'après le profil de température linéaire en régime permanent obtenu à la question 22, le gradient thermique est uniforme :

\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} = \frac{T_2 - T_1}{\ell}

On en déduit l'expression du flux thermique :

\Phi_{1 \to 2} = \lambda \, \pi a^2 \, \frac{T_1 - T_2}{\ell}

Par identification avec la relation de définition T_1 - T_2 = R_{\mathrm{th}} \, \Phi_{1 \to 2}, on obtient :

\boxed{R_{\mathrm{th}} = \frac{\ell}{\lambda\,\pi a^2}}

Résultat

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Question 24

On note , le temps caractéristique de thermalisation des thermostats, et , le temps caractéristique des échanges de chaleur dans le barreau. Définir le cadre d'étude dans lequel on pourrait supposer que les températures et sont homogènes dans les réservoirs de température.

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Comparer les échelles de temps : l'homogénéité interne impose que le temps de diffusion propre à l'intérieur des réservoirs soit négligeable devant le temps caractéristique des échanges.

Voir la stratégie
  1. Identifier les deux processus physiques concurrents : la diffusion interne de la chaleur au sein de chaque thermostat et le transfert thermique macroscopique via le barreau.
  2. Comparer les échelles de temps caractéristiques associées pour formuler la condition de quasi-stationnarité interne (homogénéité spatiale).
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Le temps caractéristique \tau_{\text{therm}} correspond au temps nécessaire pour que la chaleur se propage par diffusion au sein d'un réservoir de taille caractéristique L (\tau_{\text{therm}} \sim L^2 / D_{\text{th, réservoir}}) et homogénéise sa température interne.

Le temps caractéristique \tau_{\text{ech}} gouverne quant à lui la dynamique des transferts de chaleur s'effectuant via le barreau conducteur reliant les deux solides.

Pour que les températures T_1(t) et T_2(t) puissent être considérées comme spatialement homogènes à chaque instant au sein des solides \mathcal{S}_1 et \mathcal{S}_2, il faut que la diffusion interne de la chaleur soit beaucoup plus rapide que les échanges thermiques avec le barreau. Le cadre d'étude requis est donc :

\boxed{\tau_{\text{therm}} \ll \tau_{\text{ech}}}

Dans cette limite :

  • toute perturbation de température induite par le flux de chaleur entrant ou sortant du barreau à l'interface se relaxe quasi instantanément dans tout le volume du thermostat ;
  • les gradients de température internes aux réservoirs sont négligeables ;
  • chaque solide peut être décrit par une température unique, ne dépendant que du temps : T_1(t) et T_2(t).

Résultat

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Question 25

Déterminer un système de deux équations différentielles vérifiées par et . On fera apparaître une durée , caractéristique de l'évolution de et , et dépendant de et .

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Appliquer le premier principe à chaque thermostat en reliant la variation d'énergie interne \mathrm{d}U_k = C_{\mathrm{th}}\mathrm{d}T_k au flux thermique traversant le barreau.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe de la thermodynamique à chacun des solides \mathcal{S}_1 et \mathcal{S}_2 pendant une durée \mathrm{d}t.
  2. Exprimer le transfert thermique à travers le barreau grâce à l'approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS thermique) à l'aide de la résistance thermique R_{\mathrm{th}}.
  3. Introduire le temps caractéristique \tau reliant R_{\mathrm{th}} et C_{\mathrm{th}} pour formuler le système différentiel couplé.
Voir le corrigé complet

Dans le cadre de l'approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS thermique), le barreau s'adapte instantanément aux températures de ses extrémités. Le flux thermique algébrique quittant le solide \mathcal{S}_1 et entrant dans le solide \mathcal{S}_2 à l'instant t s'écrit donc en fonction de la résistance thermique R_{\mathrm{th}} :

\Phi_{1 \to 2}(t) = \frac{T_1(t) - T_2(t)}{R_{\mathrm{th}}}.

Le système global étant calorifugé vis-à-vis de l'extérieur, les solides \mathcal{S}_1 et \mathcal{S}_2 n'échangent de l'énergie thermique qu'à travers le barreau conducteur.

Appliquons le premier principe de la thermodynamique à chacun des solides entre les instants t et t + \mathrm{d}t :

  • Pour le solide \mathcal{S}_1 :

    \mathrm{d}U_1 = -\Phi_{1 \to 2}(t)\,\mathrm{d}t = -\frac{T_1(t) - T_2(t)}{R_{\mathrm{th}}}\,\mathrm{d}t.

    Comme \mathrm{d}U_1 = C_{\mathrm{th}}\,\mathrm{d}T_1, on obtient :

    C_{\mathrm{th}}\,\frac{\mathrm{d}T_1}{\mathrm{d}t} = -\frac{T_1(t) - T_2(t)}{R_{\mathrm{th}}}.
  • Pour le solide \mathcal{S}_2 :

    \mathrm{d}U_2 = +\Phi_{1 \to 2}(t)\,\mathrm{d}t = \frac{T_1(t) - T_2(t)}{R_{\mathrm{th}}}\,\mathrm{d}t.

    Comme \mathrm{d}U_2 = C_{\mathrm{th}}\,\mathrm{d}T_2, on obtient :

    C_{\mathrm{th}}\,\frac{\mathrm{d}T_2}{\mathrm{d}t} = \frac{T_1(t) - T_2(t)}{R_{\mathrm{th}}}.

En introduisant la constante de temps caractéristique :

\tau = R_{\mathrm{th}}\,C_{\mathrm{th}},

le système d'équations différentielles régissant l'évolution conjointe de T_1(t) et T_2(t) s'écrit :

\boxed{\begin{cases} \displaystyle \frac{\mathrm{d}T_1}{\mathrm{d}t} = -\frac{T_1(t) - T_2(t)}{\tau} \\[10pt] \displaystyle \frac{\mathrm{d}T_2}{\mathrm{d}t} = \frac{T_1(t) - T_2(t)}{\tau} \end{cases}}

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Question 26

Déterminer les expressions de et . On pourra introduire les fonctions auxiliaires et , et montrer que ces fonctions obéissent à des équations différentielles découplées (indépendantes).

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Former la somme et la différence des deux équations différentielles obtenues pour séparer les variables \overline{T}(t) et \Delta T(t).

Voir la stratégie
  1. Former la somme et la différence des deux équations du système différentiel établi à la question Q25 pour obtenir deux équations différentielles découplées portant sur \overline{T}(t) et \Delta T(t).
  2. Résoudre ces deux équations en intégrant les conditions initiales T_1(0) = T_{01} et T_2(0) = T_{02}.
  3. Exprimer T_1(t) et T_2(t) par combinaison linéaire de \overline{T}(t) et \Delta T(t).
Voir le corrigé complet

D'après la question Q25, les températures T_1(t) et T_2(t) obéissent au système différentiel :

\begin{cases} \dfrac{\mathrm{d}T_1}{\mathrm{d}t} = -\dfrac{T_1 - T_2}{\tau} \\[1em] \dfrac{\mathrm{d}T_2}{\mathrm{d}t} = \dfrac{T_1 - T_2}{\tau} \end{cases} \quad \text{avec} \quad \tau = R_{\mathrm{th}} C_{\mathrm{th}}

En formant la demi-somme de ces deux équations, on obtient pour la température moyenne \overline{T}(t) = \dfrac{T_1(t) + T_2(t)}{2} :

\frac{\mathrm{d}\overline{T}}{\mathrm{d}t} = \frac{1}{2}\left(\frac{\mathrm{d}T_1}{\mathrm{d}t} + \frac{\mathrm{d}T_2}{\mathrm{d}t}\right) = 0

La fonction \overline{T}(t) est donc constante au cours du temps, fixée par les conditions initiales :

\overline{T}(t) = \overline{T}(0) = \frac{T_{01} + T_{02}}{2}

En formant la différence des deux équations pour l'écart de température \Delta T(t) = T_1(t) - T_2(t) :

\frac{\mathrm{d}\Delta T}{\mathrm{d}t} = \frac{\mathrm{d}T_1}{\mathrm{d}t} - \frac{\mathrm{d}T_2}{\mathrm{d}t} = -\frac{2}{\tau}\Delta T(t)

Cette équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants est totalement découplée de \overline{T}(t). Sa solution s'écrit immédiatement :

\Delta T(t) = \Delta T(0)\,\mathrm{e}^{-2t/\tau} = (T_{01} - T_{02})\,\mathrm{e}^{-2t/\tau}

On en déduit les températures des deux solides en remarquant que :

T_1(t) = \overline{T}(t) + \frac{1}{2}\Delta T(t) \quad \text{et} \quad T_2(t) = \overline{T}(t) - \frac{1}{2}\Delta T(t)

soit :

\begin{aligned} T_1(t) &= \frac{T_{01} + T_{02}}{2} + \frac{T_{01} - T_{02}}{2}\,\mathrm{e}^{-2t/\tau} \\ T_2(t) &= \frac{T_{01} + T_{02}}{2} - \frac{T_{01} - T_{02}}{2}\,\mathrm{e}^{-2t/\tau} \end{aligned}
\boxed{ T_1(t) = \frac{T_{01} + T_{02}}{2} + \frac{T_{01} - T_{02}}{2}\,\exp\left(-\frac{2t}{R_{\mathrm{th}}C_{\mathrm{th}}}\right) }
\boxed{ T_2(t) = \frac{T_{01} + T_{02}}{2} - \frac{T_{01} - T_{02}}{2}\,\exp\left(-\frac{2t}{R_{\mathrm{th}}C_{\mathrm{th}}}\right) }

Résultat

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Question 27

Représenter graphiquement l'évolution de et en fonction du temps et analyser le résultat obtenu.

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Tracer les deux exponentielles symétriques tendant vers la moyenne arithmétique des températures initiales avec un temps de relaxation \tau/2.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q26, en supposant par exemple T_{01} > T_{02}, les températures des deux solides sont régies par :

T_1(t) = \frac{T_{01} + T_{02}}{2} + \frac{T_{01} - T_{02}}{2}\,\mathrm{e}^{-2t/\tau} \quad \text{et} \quad T_2(t) = \frac{T_{01} + T_{02}}{2} - \frac{T_{01} - T_{02}}{2}\,\mathrm{e}^{-2t/\tau}

avec \tau = R_{\mathrm{th}} C_{\mathrm{th}}.

Le temps caractéristique de relaxation du système est :

\tau_{\mathrm{rel}} = \frac{\tau}{2} = \frac{R_{\mathrm{th}} C_{\mathrm{th}}}{2}

À t = 0, T_1(0) = T_{01} et T_2(0) = T_{02}. Les pentes initiales sont opposées :

\left.\frac{\mathrm{d}T_1}{\mathrm{d}t}\right|_{t=0} = -\frac{T_{01} - T_{02}}{\tau} \quad \text{et} \quad \left.\frac{\mathrm{d}T_2}{\mathrm{d}t}\right|_{t=0} = +\frac{T_{01} - T_{02}}{\tau}

Lorsque t \to +\infty, les deux températures tendent asymptotiquement vers la température d'équilibre commune :

T_\infty = \frac{T_{01} + T_{02}}{2}

Analyse du résultat :

  • Conservation de l'énergie : Le système complet {\mathcal{S}_1 + \mathcal{S}_2 + \text{barreau}} étant calorifugé et la capacité thermique du barreau étant négligée, l'énergie thermique totale est conservée : U_1(t) + U_2(t) = C_{\mathrm{th}}(T_1(t) + T_2(t)) = \text{cte}. Les deux courbes sont donc strictement symétriques par rapport à l'asymptote T_\infty.
  • Thermalisation globale : Le gradient thermique impose un transfert spontané de chaleur du corps chaud \mathcal{S}_1 vers le corps froid \mathcal{S}_2. Le système évolue irréversiblement vers un état d'équilibre thermique macroscopique où les deux solides atteignent la même température moyenne T_\infty.
  • Temps caractéristique : L'écart \Delta T(t) décroît avec un temps caractéristique \tau_{\mathrm{rel}} = \frac{R_{\mathrm{th}}C_{\mathrm{th}}}{2}, deux fois plus court que si l'un des deux réservoirs était maintenu à température fixe, car les deux températures varient simultanément en sens opposés.
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Question 28

Donner l'expression du temps caractéristique (assimilé à ) de la diffusion thermique le long du barreau métallique en fonction des paramètres géométriques et grandeurs caractéristiques physiques du barreau. Montrer que l'approximation des régimes stationnaires sera vérifiée à condition que l'on puisse négliger la capacité thermique massique du barreau devant une capacité thermique massique caractéristique, dépendant de , , , et .

Voir l'indice

Déterminer le temps de diffusion thermique le long du barreau \tau_{\mathrm{th}} \sim \ell^2/D_{\mathrm{th}}, puis écrire la condition \tau_{\mathrm{th}} \ll \tau = R_{\mathrm{th}}C_{\mathrm{th}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le temps caractéristique de diffusion \tau_{\mathrm{th}} à partir de l'équation de la chaleur établie à la question Q21 par analyse dimensionnelle sur la longueur \ell.
  2. Formuler la condition de validité de l'approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS) en comparant \tau_{\mathrm{th}} au temps d'évolution macroscopique \tau = R_{\mathrm{th}} C_{\mathrm{th}}.
  3. Isoler la capacité thermique massique c pour identifier la capacité thermique massique caractéristique demandée.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q21, le champ de température vérifie l'équation de la chaleur unidimensionnelle le long du barreau :

\frac{\partial T}{\partial t} = D_{\mathrm{th}} \frac{\partial^2 T}{\partial x^2} \quad \text{avec} \quad D_{\mathrm{th}} = \frac{\lambda}{\varrho c}

Par analyse dimensionnelle, la diffusion thermique s'effectue sur la longueur \ell du barreau en un temps caractéristique :

\boxed{\tau_{\mathrm{th}} = \frac{\ell^2}{D_{\mathrm{th}}} = \frac{\varrho c \ell^2}{\lambda}}

L'approximation des régimes quasi-stationnaires suppose que le profil de température au sein du barreau s'ajuste quasi-instantanément aux variations temporelles imposées par les réservoirs T_1(t) et T_2(t), dont le temps caractéristique d'évolution est \tau = R_{\mathrm{th}} C_{\mathrm{th}} (d'après la question Q25). Cette approximation est donc justifiée si :

\tau_{\mathrm{th}} \ll \tau

En injectant les expressions de \tau_{\mathrm{th}} et de \tau, on obtient :

\begin{aligned} \frac{\varrho c \ell^2}{\lambda} &\ll R_{\mathrm{th}} C_{\mathrm{th}} \\ c &\ll \frac{\lambda R_{\mathrm{th}} C_{\mathrm{th}}}{\varrho \ell^2} \end{aligned}

On pose ainsi la capacité thermique massique caractéristique :

\boxed{c^* = \frac{\lambda R_{\mathrm{th}} C_{\mathrm{th}}}{\varrho \ell^2}}

L'approximation des régimes stationnaires est donc vérifiée à condition que :

\boxed{c \ll c^*}

Résultat

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Question 29

Déterminer l'expression de la variation d'entropie d'un thermostat de capacité thermique passant d'une température à une température . En déduire la variation d'entropie du système complet, composé des deux solides et et du barreau métallique.

Voir l'indice

Intégrer \mathrm{d}S = \frac{\mathrm{d}U}{T} = C_{\mathrm{th}}\frac{\mathrm{d}T}{T} pour chaque thermostat entre l'état initial et l'état d'équilibre final.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variation d'entropie d'un solide de capacité thermique C_{\mathrm{th}} dont la température varie de T_{\mathrm{i}} à T_{\mathrm{f}} à l'aide de l'identité thermodynamique.
  2. Utiliser l'extensivité de l'entropie pour sommer les contributions des deux solides \mathcal{S}_1 et \mathcal{S}_2, en tenant compte du fait que la capacité thermique du barreau est négligée (\Delta S_{\text{barreau}} \simeq 0) et que la température finale commune est T_\infty = \frac{T_{01}+T_{02}}{2}.
Voir le corrigé complet

L'entropie S étant une fonction d'état, on peut imaginer un chemin réversible reliant l'état initial à la température T_{\mathrm{i}} à l'état final à la température T_{\mathrm{f}}. Pour une phase condensée indilatable de capacité thermique C_{\mathrm{th}}, le premier principe sous forme différentielle s'écrit \mathrm{d}U = \delta Q_{\mathrm{rev}} = C_{\mathrm{th}}\,\mathrm{d}T. L'identité thermodynamique donne alors :

\mathrm{d}S = \frac{\mathrm{d}U}{T} = C_{\mathrm{th}}\,\frac{\mathrm{d}T}{T}

En intégrant entre la température initiale T_{\mathrm{i}} et la température finale T_{\mathrm{f}}, la variation d'entropie du thermostat s'écrit :

\boxed{\Delta S_{\mathrm{th}} = C_{\mathrm{th}}\ln\left(\frac{T_{\mathrm{f}}}{T_{\mathrm{i}}}\right)}

Appliquons ce résultat au système complet formé de \mathcal{S}_1, \mathcal{S}_2 et du barreau métallique :

  • Le solide \mathcal{S}_1 évolue de la température initiale T_{01} à la température finale d'équilibre thermique T_\infty = \dfrac{T_{01}+T_{02}}{2} (établie à la question Q27) :

    \Delta S_1 = C_{\mathrm{th}}\ln\left(\frac{T_\infty}{T_{01}}\right)
  • Le solide \mathcal{S}_2 évolue de T_{02} à T_\infty :

    \Delta S_2 = C_{\mathrm{th}}\ln\left(\frac{T_\infty}{T_{02}}\right)
  • Conformément à l'énoncé, la capacité thermique du barreau est négligeable devant celle des solides (c \ll c^*), si bien que sa contribution à la variation d'entropie est négligeable :

    \Delta S_{\mathrm{barreau}} \simeq 0

Par extensivité de l'entropie, la variation d'entropie du système complet vaut :

\begin{aligned} \Delta S &= \Delta S_1 + \Delta S_2 + \Delta S_{\mathrm{barreau}} \\ &= C_{\mathrm{th}}\left[\ln\left(\frac{T_\infty}{T_{01}}\right) + \ln\left(\frac{T_\infty}{T_{02}}\right)\right] \\ &= C_{\mathrm{th}}\ln\left(\frac{T_\infty^2}{T_{01}T_{02}}\right) \end{aligned}

En remplaçant T_\infty par son expression \dfrac{T_{01}+T_{02}}{2}, on obtient :

\boxed{\Delta S = C_{\mathrm{th}}\ln\left(\frac{(T_{01}+T_{02})^2}{4\,T_{01}T_{02}}\right)}

Résultat

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Question 30

Tracer la variation d'entropie en fonction de la variable sans dimension , et commenter cette évolution. On identifiera les lieux et les sources donnant naissance à une irréversibilité.

Voir l'indice

Étudier le signe de la fonction \ln\frac{(\eta+1)^2}{4\eta} par convexité ou dérivée pour illustrer le second principe, et localiser l'irréversibilité dans le barreau conducteur.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q29, la variation d'entropie du système isolé s'écrit en fonction de \eta = \frac{T_{01}}{T_{02}} > 0 :

\Delta S(\eta) = C_{\mathrm{th}} \ln\left( \frac{(\eta+1)^2}{4\eta} \right).

1. Étude mathématique de la fonction :

  • La fonction g(\eta) = \frac{\Delta S(\eta)}{C_{\mathrm{th}}} est définie et dérivable sur ]0, +\infty[ :

    g'(\eta) = \frac{2}{\eta+1} - \frac{1}{\eta} = \frac{\eta - 1}{\eta(\eta+1)}.
  • g'(\eta) < 0 pour \eta \in ]0, 1[, g'(1) = 0, et g'(\eta) > 0 pour \eta \in ]1, +\infty[. La fonction présente donc un minimum absolu strict en \eta = 1, pour lequel :

    \Delta S(1) = 0.
  • Symétrie par inversion : g(1/\eta) = g(\eta).
  • Limites : \lim_{\eta \to 0^+} \Delta S(\eta) = +\infty et \lim_{\eta \to +\infty} \Delta S(\eta) = +\infty.

2. Tracé de \Delta S(\eta) :

3. Commentaire de l'évolution :

  • Pour toute valeur \eta \neq 1, on a \Delta S > 0. Le système global étant calorifugé et indéformable (W = 0, Q_{\mathrm{ext}} = 0), l'entropie échangée est nulle : \Delta S = S_{\mathrm{c}} > 0, en parfait accord avec le second principe de la thermodynamique.
  • Le minimum \Delta S = 0 n'est atteint que pour \eta = 1, c'est-à-dire T_{01} = T_{02} : le système est initialement à l'équilibre thermique, aucune évolution n'a lieu, la transformation est triviale et réversible.
  • L'invariance par substitution \eta \to 1/\eta traduit l'équivalence parfaite des solides \mathcal{S}_1 et \mathcal{S}_2 : inverser les températures initiales conduit à la même création d'entropie.
  • L'écart à l'unité de \eta mesure le déséquilibre thermique initial : plus \eta s'éloigne de 1, plus le flux thermique est important et plus la création d'entropie globale est élevée.

4. Identification des lieux et des sources d'irréversibilité :

  • Lieux : l'irréversibilité est intégralement localisée dans le barreau métallique. En effet, d'après la condition \tau_{\mathrm{therm}} \ll \tau_{\mathrm{ech}} (question Q24), la température des réservoirs \mathcal{S}_1 et \mathcal{S}_2 reste spatialement homogène à chaque instant : leur thermalisation interne s'effectue de manière quasi-statique réversible, de sorte que S_{\mathrm{c},\mathcal{S}_1} = S_{\mathrm{c},\mathcal{S}_2} = 0.
  • Sources : la source unique d'irréversibilité est le transfert thermique conductif spontané d'une zone chaude vers une zone froide à travers un gradient de température non nul (\vec{\operatorname{grad}} T \neq \vec{0}) au sein du barreau (diffusion thermique régie par la loi de Fourier).
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Question 31

Déterminer l'expression de la quantité élémentaire d'entropie d'échange, notée , pour cet élément infinitésimal entre les instants et . On prendra en compte pour le résultat final le caractère négligeable de la capacité thermique massique du barreau, c'est-à-dire que son coefficient de diffusion thermique est suffisamment grand. On montrera en particulier que le résultat se met sous la forme

avec une fonction de la température à déterminer.

Voir l'indice

Calculer l'entropie d'échange nette \delta S_{\mathrm{e}} = \left(\frac{\Phi(x)}{T(x)} - \frac{\Phi(x+\mathrm{d}x)}{T(x+\mathrm{d}x)}\right)\mathrm{d}t et effectuer un développement limité au premier ordre non nul.

Voir la stratégie
  1. Considérer le système fermé constitué par la tranche de barreau entre les abscisses x et x+\mathrm{d}x, de section droite S = \pi a^2.
  2. Exprimer les transferts thermiques élémentaires reçus par les deux sections transverses (les parois latérales étant calorifugées) et en déduire l'entropie d'échange élémentaire \delta S_{\mathrm{e}}.
  3. Exploiter le caractère négligeable de la capacité thermique massique (\partial \Phi/\partial x = 0) ainsi que la loi de Fourier pour mettre \delta S_{\mathrm{e}} sous la forme voulue et identifier f(T).
Voir le corrigé complet

Considérons la tranche infinitésimale de conducteur située entre x et x + \mathrm{d}x, de section S = \pi a^2 et de volume \mathrm{d}\tau = S\,\mathrm{d}x.

Les parois latérales étant calorifugées, les seuls transferts thermiques avec l'extérieur s'effectuent à travers les sections droites en x et en x+\mathrm{d}x :

  • en x, la tranche reçoit pendant \mathrm{d}t le transfert thermique algébrique \delta Q(x) = \Phi(x, t)\,\mathrm{d}t de la part du milieu à la température T(x, t) ;
  • en x+\mathrm{d}x, elle reçoit le transfert thermique -\delta Q(x+\mathrm{d}x) = -\Phi(x+\mathrm{d}x, t)\,\mathrm{d}t de la part du milieu à la température T(x+\mathrm{d}x, t).

Par définition, l'entropie d'échange élémentaire \delta S_{\mathrm{e}} reçue par cette tranche entre les instants t et t+\mathrm{d}t s'écrit :

\delta S_{\mathrm{e}} = \frac{\delta Q(x)}{T(x, t)} - \frac{\delta Q(x+\mathrm{d}x)}{T(x+\mathrm{d}x, t)} = \left[ \frac{\Phi(x, t)}{T(x, t)} - \frac{\Phi(x+\mathrm{d}x, t)}{T(x+\mathrm{d}x, t)} \right]\mathrm{d}t = -\frac{\partial}{\partial x}\left( \frac{\Phi(x, t)}{T(x, t)} \right)\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t.

En développant la dérivée spatiale du quotient :

-\frac{\partial}{\partial x}\left( \frac{\Phi}{T} \right) = -\frac{1}{T}\frac{\partial \Phi}{\partial x} + \frac{\Phi}{T^2}\frac{\partial T}{\partial x}.

D'après le premier principe de la thermodynamique appliqué à la tranche :

\mathrm{d}U = \varrho c S\,\mathrm{d}x \frac{\partial T}{\partial t}\,\mathrm{d}t = -\frac{\partial \Phi}{\partial x}\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t.

Comme la capacité thermique massique c du barreau est supposée négligeable (ou le coefficient de diffusion thermique D_{\mathrm{th}} = \lambda/(\varrho c) suffisamment grand), la variation d'énergie interne est négligeable devant les flux mis en jeu (\mathrm{d}U \simeq 0), ce qui correspond au régime quasi-stationnaire :

\frac{\partial \Phi}{\partial x} \simeq 0.

Il vient alors :

-\frac{\partial}{\partial x}\left( \frac{\Phi}{T} \right) = \frac{\Phi}{T^2}\frac{\partial T}{\partial x}.

D'après la loi de Fourier (question Q18), le flux thermique s'exprime par :

\Phi(x, t) = j_{\mathrm{Q}}(x, t)\,S = -\lambda \pi a^2 \frac{\partial T}{\partial x}(x, t).

En injectant cette relation, on obtient :

\delta S_{\mathrm{e}} = -\frac{\lambda \pi a^2}{T^2}\left( \frac{\partial T}{\partial x} \right)^2 \mathrm{d}x\,\mathrm{d}t.

Cette expression est bien de la forme demandée :

\delta S_{\mathrm{e}} = f(T) \left( \frac{\partial T}{\partial x} \right)^2 \mathrm{d}x\,\mathrm{d}t,

avec :

\boxed{f(T) = -\frac{\lambda \pi a^2}{T^2}}

Résultat

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Question 32

En déduire que le bilan local d'entropie volumique créée, notée , peut s'écrire de la manière suivante :

Commenter l'évolution temporelle de et comparer aux précédentes analyses de la création d'entropie.

Voir l'indice

Écrire le bilan d'entropie \mathrm{d}S = \delta S_{\mathrm{e}} + \delta S_{\mathrm{c}} sur la tranche en régime quasi-stationnaire où l'entropie interne du barreau ne varie pas.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le second principe de la thermodynamique à la tranche élémentaire de barreau comprise entre x et x+\mathrm{d}x.
  2. Exploiter l'hypothèse de capacité thermique massique négligeable pour en déduire \mathrm{d}S = 0 et relier l'entropie créée \delta S_{\mathrm{c}} à l'entropie d'échange \delta S_{\mathrm{e}}.
  3. Exprimer le taux volumique de création d'entropie \frac{\partial s_{\mathrm{v}}}{\partial t} en divisant par le volume élémentaire \mathrm{d}\tau = \pi a^2 \mathrm{d}x et la durée \mathrm{d}t.
  4. Commenter la positivité et la décroissance temporelle de cette grandeur en lien avec l'écart de température \Delta T(t) obtenu à la question Q26.
Voir le corrigé complet

Le second principe de la thermodynamique appliqué à la tranche élémentaire de barreau de section \pi a^2 et d'épaisseur \mathrm{d}x, pendant la durée \mathrm{d}t, s'écrit :

\mathrm{d}S = \delta S_{\mathrm{e}} + \delta S_{\mathrm{c}}

où \delta S_{\mathrm{e}} est l'entropie d'échange et \delta S_{\mathrm{c}} l'entropie créée par irréversibilité interne.

D'après les hypothèses adoptées depuis la question Q28, la capacité thermique de la tranche est négligeable devant celle des thermostats, si bien que le barreau évolue en régime quasi-stationnaire : son énergie interne et son entropie restent stationnaires à l'échelle du barreau, soit \mathrm{d}S = 0. Il en découle :

\delta S_{\mathrm{c}} = -\delta S_{\mathrm{e}}

En utilisant l'expression de \delta S_{\mathrm{e}} obtenue à la question Q31 :

\delta S_{\mathrm{e}} = f(T)\left(\frac{\partial T}{\partial x}\right)^2 \mathrm{d}x\,\mathrm{d}t

l'entropie créée dans la tranche élémentaire s'écrit :

\delta S_{\mathrm{c}} = -f(T)\left(\frac{\partial T}{\partial x}\right)^2 \mathrm{d}x\,\mathrm{d}t

Le volume de la tranche élémentaire étant \mathrm{d}\tau = \pi a^2 \mathrm{d}x, le taux de création d'entropie par unité de volume, noté \frac{\partial s_{\mathrm{v}}}{\partial t} = \frac{\delta S_{\mathrm{c}}}{\mathrm{d}\tau\,\mathrm{d}t}, est donné par :

\frac{\partial s_{\mathrm{v}}}{\partial t} = \frac{-f(T)\left(\frac{\partial T}{\partial x}\right)^2 \mathrm{d}x\,\mathrm{d}t}{\pi a^2 \mathrm{d}x\,\mathrm{d}t}

On obtient bien la relation demandée :

\boxed{\frac{\partial s_{\mathrm{v}}}{\partial t} = -\frac{f(T)}{\pi a^2} \left(\frac{\partial T}{\partial x}\right)^2}

En remplaçant f(T) = -\frac{\lambda \pi a^2}{T^2} déterminé à la question Q31, cette expression devient :

\frac{\partial s_{\mathrm{v}}}{\partial t} = \frac{\lambda}{T^2}\left(\frac{\partial T}{\partial x}\right)^2 = \lambda \left(\frac{1}{T}\frac{\partial T}{\partial x}\right)^2

Commentaires et comparaison :

  1. Signe et second principe : Comme \lambda > 0 et T > 0, on a \frac{\partial s_{\mathrm{v}}}{\partial t} \ge 0 en tout point et à tout instant, ce qui est strictement conforme au second principe de la thermodynamique (taux de création d'entropie localement positif ou nul). La création d'entropie est strictement positive dès qu'il existe un gradient thermique (\partial T/\partial x \neq 0), traduisant le caractère intrinsèquement irréversible de la diffusion de la chaleur.
  2. Évolution temporelle : Dans l'approximation quasi-stationnaire, le gradient de température dans le barreau s'écrit \frac{\partial T}{\partial x} \simeq \frac{T_2(t) - T_1(t)}{\ell} = -\frac{\Delta T(t)}{\ell}. D'après la question Q26, l'écart de température décroît exponentiellement selon \Delta T(t) = (T_{01}-T_{02})\,\mathrm{e}^{-2t/\tau}. Par conséquent :

    \frac{\partial s_{\mathrm{v}}}{\partial t} \propto (\Delta T(t))^2 \propto \mathrm{e}^{-4t/\tau}

    Le taux de création d'entropie décroît donc exponentiellement au cours du temps avec une durée caractéristique \tau/4. À mesure que le système s'approche de l'équilibre thermique (T_1 = T_2 pour t \to \infty), le gradient spatial s'annule et le taux de création d'entropie tend vers zéro.

  3. Lien avec l'analyse globale : Cette approche locale confirme l'analyse de la question Q30 : l'irréversibilité globale \Delta S > 0 calculée aux questions Q29 et Q30 est intégralement générée au sein du barreau conducteur où règne le gradient thermique, et non dans les thermostats qui subissent des transformations internement quasi-statiques. L'intégration de \frac{\partial s_{\mathrm{v}}}{\partial t} sur le volume du barreau et sur la durée [0, +\infty[ redonne exactement la variation globale d'entropie \Delta S.

Résultat

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Question 33

Analyser les différentes courbes de la figure 4 et expliquer le phénomène. Proposer, sur la base d'arguments dimensionnels, une expression de la longueur caractéristique du phénomène d'atténuation observé. Évaluer numériquement une longueur caractéristique d'atténuation à partir des courbes de la figure 4, et montrer qu'elle est compatible avec l'expression proposée précédemment.

Voir l'indice

Interpréter l'atténuation exponentielle spatiale comme un effet de peau thermique et déterminer la longueur de pénétration \delta_{\mathrm{th}} = \sqrt{2D_{\mathrm{th}}/\omega}.

Voir la stratégie
  1. Décrire les deux caractéristiques majeures visibles sur les courbes de température et de flux (atténuation d'amplitude et retard de phase croissants avec x) et identifier le phénomène d'ondes thermiques amorties.
  2. Établir l'expression de la longueur de pénétration thermique par analyse dimensionnelle à partir de la diffusivité thermique D_{\mathrm{th}} et de la pulsation \omega.
  3. Calculer la valeur théorique de cette longueur avec les données numériques du platine, puis estimer graphiquement cette grandeur (par l'atténuation ou le déphasage) pour vérifier la concordance.
Voir le corrigé complet

1. Analyse des courbes et interprétation physique

Les courbes de la figure 4 présentent l'évolution temporelle de la température T(x,t) et du flux thermique \Phi(x,t) en différentes abscisses x \in \{\ell/10,\, \ell/4,\, \ell/2,\, 3\ell/4\} :

  • La réponse est sinusoïdale, de même période temporelle que l'excitation : T_{\mathrm{p}} = \frac{1}{f} = \frac{1}{0,1} = 10\text{ s}.
  • Au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la source thermique (x croissant) :

    • L'amplitude des oscillations thermiques décroît très rapidement avec x (atténuation spatiale).
    • Les extrema sont retardés dans le temps : il apparaît un déphasage qui croît avec x.
  • Le flux thermique \Phi(x,t) présente les mêmes propriétés d'atténuation et de déphasage avec la distance.

Ce phénomène traduit la propagation d'ondes thermiques amorties au sein du barreau conducteur, solution de l'équation de diffusion thermique soumise à une condition aux limites harmonique (phénomène analogue à l'effet de peau électromagnétique).

2. Expression de la longueur caractéristique d'atténuation

L'évolution spatio-temporelle de la température est régie par l'équation de la chaleur établie à la question 21 :

\frac{\partial T}{\partial t} = D_{\mathrm{th}} \frac{\partial^2 T}{\partial x^2} \quad \text{avec} \quad D_{\mathrm{th}} = \frac{\lambda_{\mathrm{Pt}}}{\varrho_{\mathrm{Pt}} c_{\mathrm{Pt}}}

Les deux paramètres physiques gouvernant la pénétration spatiale de l'oscillation sont la diffusivité thermique D_{\mathrm{th}} ([D_{\mathrm{th}}] = \mathrm{m}^2\cdot\mathrm{s}^{-1}) et la pulsation d'excitation \omega = 2\pi f ([\omega] = \mathrm{s}^{-1}).

Par analyse dimensionnelle, la seule combinaison homogène à une longueur est de la forme :

\delta_{\mathrm{th}} \sim \sqrt{\frac{D_{\mathrm{th}}}{\omega}}

En résolvant l'équation de diffusion en régime harmonique (recherche d'une solution en \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - k x)} comme à la question 15), on obtient k^2 = -\frac{\mathrm{i}\omega}{D_{\mathrm{th}}}, ce qui conduit à une enveloppe spatiale en \exp(-x/\delta_{\mathrm{th}}) avec la longueur de pénétration thermique exacte :

\boxed{\delta_{\mathrm{th}} = \sqrt{\frac{2 D_{\mathrm{th}}}{\omega}} = \sqrt{\frac{D_{\mathrm{th}}}{\pi f}}}

3. Évaluation numérique et comparaison

\bullet Calcul théorique :

Avec les données du platine : \lambda_{\mathrm{Pt}} \simeq 8,0 \times 10^1\text{ W}\cdot\mathrm{m}^{-1}\cdot\mathrm{K}^{-1}, \varrho_{\mathrm{Pt}} \simeq 2,1 \times 10^4\text{ kg}\cdot\mathrm{m}^{-3}, c_{\mathrm{Pt}} \simeq 1,3 \times 10^2\text{ J}\cdot\mathrm{K}^{-1}\cdot\mathrm{kg}^{-1} et f = 0,1\text{ Hz} :

\begin{aligned} D_{\mathrm{th}} &= \frac{8,0 \times 10^1}{2,1 \times 10^4 \times 1,3 \times 10^2} \simeq \frac{80}{2,73 \times 10^6} \simeq 2,9 \times 10^{-5}\text{ m}^2\cdot\mathrm{s}^{-1} \\ \delta_{\mathrm{th}} &= \sqrt{\frac{2,9 \times 10^{-5}}{\pi \times 0,1}} \simeq \sqrt{9,3 \times 10^{-5}} \simeq 9,6 \times 10^{-3}\text{ m} \simeq 1,0\text{ cm} \end{aligned}

\bullet Estimation à partir de la figure 4(a) :

  • Par l'atténuation de l'amplitude : Le barreau a pour longueur \ell = 2,0\text{ cm}.

    • Pour x_1 = \ell/10 = 0,2\text{ cm}, l'amplitude de l'oscillation vaut A_1 \simeq \frac{65 - 35}{2} = 15^\circ\text{C}.
    • Pour x_2 = \ell/2 = 1,0\text{ cm}, l'amplitude vaut A_2 \simeq \frac{53 - 47}{2} = 3^\circ\text{C}.

    En modélisant l'atténuation par A(x) \propto \mathrm{e}^{-x/\delta}, il vient :

    \delta \simeq \frac{x_2 - x_1}{\ln(A_1 / A_2)} = \frac{0,8\text{ cm}}{\ln(5)} \simeq \frac{0,8}{1,6} \simeq 0,5\text{ cm}
  • Par le retard temporel (déphasage) : L'écart temporel \Delta t entre les maxima pour x_1 = \ell/10 (t_1 \simeq 1,2\text{ s}) et x_2 = \ell/2 (t_2 \simeq 2,5\text{ s}) est \Delta t \simeq 1,3\text{ s}. Le déphasage correspondant est :

    \Delta \phi = \omega \Delta t = \frac{2\pi}{T_{\mathrm{p}}}\,\Delta t = \frac{2\pi}{10} \times 1,3 \simeq 0,82\text{ rad}

    Or pour une onde thermique, le nombre d'onde réel vaut k' = 1/\delta, d'où \Delta \phi = \frac{x_2 - x_1}{\delta}, soit :

    \delta \simeq \frac{0,8\text{ cm}}{0,82} \simeq 1,0\text{ cm}

Les deux estimations graphiques fournissent une longueur d'atténuation comprise entre 0,5\text{ cm} et 1,0\text{ cm}, ce qui est en excellent accord avec la valeur théorique calculée \delta_{\mathrm{th}} \simeq 1,0\text{ cm} (la légère divergence sur l'amplitude s'expliquant par la réflexion de l'onde thermique sur la frontière en x = \ell).

Résultat

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Question 34

Établir enfin une condition sur la pulsation pour que la norme du vecteur densité de courant de chaleur puisse être considérée comme uniforme sur une section du barreau métallique.

Voir l'indice

Comparer la longueur de diffusion thermique radiale au rayon a du barreau conducteur pour garantir un profil radialement uniforme.

Voir la stratégie
  1. Identifier l'échelle de temps caractéristique de la diffusion thermique dans la direction radiale transverse \tau_\perp et la comparer à la période ou au temps caractéristique d'évolution 1/\omega de la sollicitation harmonique.
  2. Établir l'équivalence avec la condition sur la longueur caractéristique d'atténuation thermique (épaisseur de peau thermique) \delta_{\mathrm{th}} par rapport au rayon a du cylindre, par analogie directe avec le régime de conduction électrique uniforme de la partie I.B.
  3. Exprimer littéralement la condition sur \omega en fonction des grandeurs caractéristiques du barreau et évaluer numériquement la pulsation limite.
Voir le corrigé complet

Pour que la température T(r,x,t) et la densité de courant thermique \vec{j}_{\mathrm{Q}} = -\lambda\,\vec{\operatorname{grad}}\,T soient uniformes sur toute la section droite du barreau cylindrique (indépendantes de la coordonnée radiale r), tout écart radial à l'homogénéité doit pouvoir diffuser transversalement sur une échelle de temps beaucoup plus courte que le temps de variation de l'excitation thermique :

\tau_\perp \sim \frac{a^2}{D_{\mathrm{th}}} \ll \frac{1}{\omega}

De manière équivalente, par analogie avec l'effet de peau électrique étudié à la question 11, l'épaisseur de peau thermique \delta_{\mathrm{th}} = \sqrt{\frac{2D_{\mathrm{th}}}{\omega}} introduite à la question 33 doit être très grande devant le rayon transverse a du conducteur :

\delta_{\mathrm{th}} \gg a \iff \sqrt{\frac{2D_{\mathrm{th}}}{\omega}} \gg a

En élevant au carré et en remplaçant la diffusivité thermique par son expression D_{\mathrm{th}} = \frac{\lambda}{\varrho c} (établie à la question 21), on obtient la condition sur la pulsation :

\begin{aligned} \omega \ll \frac{2 D_{\mathrm{th}}}{a^2} = \frac{2\lambda}{\varrho c a^2} \end{aligned}
\boxed{\omega \ll \frac{2\lambda}{\varrho c a^2}}

Application numérique pour le barreau de platine : Avec les données de l'énoncé pour le platine :

  • \lambda_{\mathrm{Pt}} \simeq 8,0 \times 10^1\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} ;
  • \varrho_{\mathrm{Pt}} \simeq 2,1 \times 10^4\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} et c_{\mathrm{Pt}} \simeq 1,3 \times 10^2\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} ;
  • D_{\mathrm{th}} = \frac{80}{2,1 \times 10^4 \times 130} \simeq 2,9 \times 10^{-5}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1} ;
  • a = 1\text{ mm} = 1,0 \times 10^{-3}\text{ m}.

La pulsation caractéristique maximale vaut :

\omega_{\mathrm{max}} = \frac{2 D_{\mathrm{th}}}{a^2} \simeq \frac{2 \times 2,9 \times 10^{-5}}{1,0 \times 10^{-6}} \simeq 6 \times 10^1\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} \quad (f_{\mathrm{max}} \sim 10\text{ Hz})

À la fréquence de travail f = 0,1\text{ Hz} (\omega \simeq 0,63\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}), on a \omega \ll \omega_{\mathrm{max}} (\delta_{\mathrm{th}} \simeq 1\text{ cm} \gg a = 1\text{ mm}) : l'approximation d'un flux thermique unidimensionnel et uniforme sur chaque section droite est pleinement justifiée.

Résultat

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.