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Corrigé détaillé X ENS Physique PSI 2025 (page 3/3 : Partie I (questions 35 à 41) et partie II)

Phénomènes de transport, thermoélectricité et applications

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Partie I : Transport de charge et de chaleur dans un matériau métallique (suite)

I.D · Effets thermoélectriques

Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : conductivité thermique, effet seebeck

En présence d'effets thermoélectriques, on définit la conductivité thermique par l'expression du vecteur densité de courant de chaleur , en l'absence de mouvement macroscopique de charges. En déduire l'expression de .

Voir l'indice

Poser la condition de circuit ouvert \vec{j} = \vec{0}, exprimer \overrightarrow{\operatorname{grad}} V en fonction de \overrightarrow{\operatorname{grad}} T, et l'injecter dans la loi pour \vec{j}_{\mathrm{Q}}.

Voir la réponse courte

En posant \vec{j} = \vec{0} dans les équations phénoménologiques fournies, on isole le lien entre \vec{j}_{\mathrm{Q}} et \vec{\nabla}T pour identifier \kappa(T).

Voir le corrigé complet

L'absence de mouvement macroscopique de charges se traduit par l'annulation du vecteur densité volumique de courant :

\vec{j} = \vec{0}.

En utilisant la relation constitutive (9) pour le transport de charge :

\vec{j} = -\gamma\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,V - \alpha\gamma\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T = \vec{0}.

La conductivité électrique \gamma étant non nulle, on en déduit le champ électrostatique induit par l'effet thermoélectrique :

\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,V = -\alpha\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T.

En reportant cette relation dans l'expression (8) du vecteur densité de courant de chaleur \vec{j}_{\mathrm{Q}}, il vient :

\begin{aligned} \vec{j}_{\mathrm{Q}} &= -\lambda\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T - T\alpha\gamma\left(-\alpha\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T\right) \\ &= -\left(\lambda - \alpha^2 \gamma T\right)\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T. \end{aligned}

Par identification avec la définition \vec{j}_{\mathrm{Q}} = -\kappa(T)\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T, on obtient :

\boxed{\kappa(T) = \lambda - \alpha^2 \gamma T}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : effet seebeck, potentiel électrostatique

Montrer qu'en circuit ouvert, la différence de potentiel aux bornes du conducteur se met sous la forme

avec un coefficient à exprimer en fonction d'un ou plusieurs des coefficients précédemment définis.

Voir l'indice

Intégrer la relation liant \overrightarrow{\operatorname{grad}} V à \overrightarrow{\operatorname{grad}} T le long du conducteur sous l'hypothèse d'un coefficient \alpha uniforme.

Voir la stratégie
  1. Traduire la condition de circuit ouvert sur le vecteur densité de courant électrique \vec{j}.
  2. Exploiter la relation phénoménologique liant \vec{j}, \vec{\operatorname{grad}} V et \vec{\operatorname{grad}} T (équation (9)) pour relier localement \mathrm{d}V et \mathrm{d}T.
  3. Intégrer cette relation le long du barreau entre x = 0 et x = \ell pour identifier le coefficient \beta.
Voir la réponse courte

En circuit ouvert (\vec{j} = \vec{0}), le champ électrique d'espace compense le gradient thermique : \vec{E} = -\beta\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T, d'où après intégration V(0)-V(\ell) = -\beta(T(0)-T(\ell)).

Voir le corrigé complet

En circuit ouvert, aucun courant électrique macroscopique ne traverse le barreau :

\vec{j} = \vec{0}.

D'après l'équation (9) de l'énoncé régissant le transport de charge en présence d'effets thermoélectriques :

\vec{j} = -\gamma \overrightarrow{\operatorname{grad}} V - \alpha \gamma \overrightarrow{\operatorname{grad}} T = \vec{0}.

La conductivité électrique \gamma étant non nulle, on en déduit immédiatement la relation locale :

\overrightarrow{\operatorname{grad}} V = -\alpha \overrightarrow{\operatorname{grad}} T.

Dans le cadre de l'écoulement unidimensionnel selon l'axe (\mathrm{O}x), cette relation vectorielle se projette selon :

\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}x} = -\alpha \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x}.

En supposant le pouvoir thermoélectrique \alpha constant sur la plage de température considérée, on intègre cette équation différentielle entre x = 0 et x = \ell :

\begin{aligned} \int_0^\ell \frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}x}\,\mathrm{d}x &= -\alpha \int_0^\ell \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x}\,\mathrm{d}x \\ V(\ell) - V(0) &= -\alpha \left(T(\ell) - T(0)\right). \end{aligned}

En multipliant par -1 de chaque côté :

V(0) - V(\ell) = \alpha \left(T(\ell) - T(0)\right) = -\alpha \left(T(0) - T(\ell)\right).

On retrouve bien la forme demandée :

\boxed{V(0) - V(\ell) = -\beta \left(T(0) - T(\ell)\right) \quad \text{avec} \quad \beta = \alpha}

Résultat

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Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : pouvoir thermoélectrique, courant d'entropie

Montrer, dans le cas général, que la densité volumique de courant d'entropie se met sous la forme

En déduire alors une interprétation du coefficient faisant intervenir l'entropie.

Voir l'indice

Remplacer \vec{j}_{\mathrm{Q}} par son expression en fonction de \vec{j} et \overrightarrow{\operatorname{grad}} T, puis faire apparaître le courant convectif d'entropie \alpha\vec{j}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le terme -\gamma\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,V en fonction de la densité de courant \vec{j} et de \overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T grâce à l'équation couplée (9).
  2. Reporter cette expression dans la loi régissant le flux thermique (8) pour faire apparaître la conductivité thermique \kappa = \lambda - \alpha^2\gamma T établie à la question Q35.
  3. Former le rapport \vec{j}_{\mathrm{s}} = \frac{1}{T}\vec{j}_{\mathrm{Q}} et examiner le cas isotherme pour dégager le sens physique du coefficient \alpha.
Voir la réponse courte

Remplacement de \vec{j}_{\mathrm{Q}} dans \vec{j}_{\mathrm{s}} : le coefficient \alpha s'interprète comme l'entropie transportée par unité de charge en mouvement.

Voir le corrigé complet

Les équations couplées de transport (8) et (9) s'écrivent :

\begin{align*} \vec{j}_{\mathrm{Q}} &= -\lambda\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T + T\alpha \left(-\gamma\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,V\right) \tag{1} \\ \vec{j} &= -\gamma\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,V - \alpha\gamma\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T \tag{2}\end{align*}

De l'équation (2), on extrait :

-\gamma\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,V = \vec{j} + \alpha\gamma\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T

En reportant cette relation dans l'expression (1) de \vec{j}_{\mathrm{Q}} :

\begin{aligned} \vec{j}_{\mathrm{Q}} &= -\lambda\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T + T\alpha\left(\vec{j} + \alpha\gamma\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T\right) \\ &= \alpha T\,\vec{j} - \left(\lambda - \alpha^2\gamma T\right)\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T \end{aligned}

D'après la question Q35, la conductivité thermique à courant macroscopique nul s'écrit \kappa(T) = \lambda - \alpha^2\gamma T. Par conséquent :

\vec{j}_{\mathrm{Q}} = \alpha T\,\vec{j} - \kappa\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T

En divisant par la température locale T > 0, la densité volumique de courant d'entropie s'exprime par :

\boxed{\vec{j}_{\mathrm{s}} = \alpha \vec{j} - \frac{\kappa}{T}\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T}

Interprétation de \alpha : En milieu isotherme (\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T = \vec{0}), la relation précédente devient :

\vec{j}_{\mathrm{s}} = \alpha\,\vec{j}

Le pouvoir thermoélectrique \alpha représente donc la quantité d'entropie transportée par unité de charge électrique traversant une section du matériau :

\alpha = \frac{\mathrm{d}S}{\mathrm{d}q}

Cela est parfaitement cohérent avec la dimension de \alpha :

[\alpha] = \mathrm{V}\cdot\mathrm{K}^{-1} = \left(\mathrm{J}\cdot\mathrm{C}^{-1}\right)\cdot\mathrm{K}^{-1} = \mathrm{J}\cdot\mathrm{K}^{-1}\cdot\mathrm{C}^{-1}

Résultat

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Question 38

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : création d'entropie, réversibilité

L'expression générale du taux de création d'entropie est la suivante :

Montrer que cette grandeur peut être mise sous la forme

Commenter cette expression et conclure quant à la réversibilité des effets thermoélectriques, décrivant le couplage entre le transport de charge et le transport de chaleur.

Voir l'indice

Injecter l'expression de \vec{j}_{\mathrm{s}} dans le taux de création d'entropie et factoriser pour montrer que les termes croisés en \alpha s'annulent exactement.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \overrightarrow{\operatorname{grad}}\,V en fonction de \vec{j} et \overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T à l'aide de la loi constitutive du courant électrique (équation (9)).
  2. Injecter cette relation ainsi que l'expression de \vec{j}_{\mathrm{s}} (établie à la question Q37) dans le taux de création d'entropie (équation (12)).
  3. Constater la simplification des termes croisés dépendant de \alpha, puis interpréter physiquement les deux termes restants et conclure sur la réversibilité du couplage thermoélectrique.
Voir la réponse courte

Substitution des lois de couplage dans le taux de création : les termes croisés s'annulent, confirmant que le couplage thermoélectrique sous-jacent est intrinsèquement réversible.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (9) de l'énoncé, la densité volumique de courant s'écrit :

\vec{j} = -\gamma\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,V - \alpha\gamma\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T

On en déduit l'expression du gradient de potentiel :

-\frac{\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,V}{T} = \frac{\vec{j}}{\gamma T} + \frac{\alpha}{T}\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T

Rappelons l'expression de la densité de courant d'entropie obtenue à la question Q37 :

\vec{j}_{\mathrm{s}} = \alpha \vec{j} - \frac{\kappa}{T}\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T

En substituant ces deux relations dans l'expression générale du taux de création d'entropie (équation (12)), il vient :

\begin{aligned} \frac{\partial s_{\mathrm{c}}}{\partial t} &= \vec{j}_{\mathrm{s}} \cdot \left(-\frac{\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T}{T}\right) + \vec{j} \cdot \left(-\frac{\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,V}{T}\right) \\ &= \left(\alpha \vec{j} - \frac{\kappa}{T}\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T\right) \cdot \left(-\frac{\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T}{T}\right) + \vec{j} \cdot \left(\frac{\vec{j}}{\gamma T} + \frac{\alpha}{T}\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T\right) \\ &= -\frac{\alpha}{T}\,\vec{j}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T + \kappa\left(\frac{\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T}{T}\right)^2 + \frac{\vec{j}^2}{\gamma T} + \frac{\alpha}{T}\,\vec{j}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T \end{aligned}

Les deux termes proportionnels à \alpha sont de signes opposés et s'annulent exactement. On obtient ainsi la relation demandée :

\boxed{\frac{\partial s_{\mathrm{c}}}{\partial t} = \kappa \left(\frac{\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T}{T}\right)^2 + \frac{\vec{j}^2}{T\gamma}}

Commentaire et conclusion sur la réversibilité :

  • L'expression obtenue ne comporte que deux termes strictement positifs (puisque \kappa > 0, \gamma > 0 et T > 0) :

    • un terme de diffusion thermique de Fourier : \kappa \left(\frac{\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T}{T}\right)^2 \ge 0 ;
    • un terme de dissipation par effet Joule : \frac{\vec{j}^2}{T\gamma} = \frac{\rho\,\vec{j}^2}{T} \ge 0.

    Le taux volumique de création d'entropie vérifie donc \frac{\partial s_{\mathrm{c}}}{\partial t} \ge 0, conformément au second principe de la thermodynamique.

  • Le coefficient thermoélectrique \alpha n'apparaît plus dans l'expression de \frac{\partial s_{\mathrm{c}}}{\partial t}. Par conséquent, les effets thermoélectriques de couplage (effets Seebeck, Peltier et Thomson) sont intrinsèquement réversibles. L'irréversibilité observée dans les dispositifs réels provient uniquement de la conduction thermique (loi de Fourier) et de la conduction ohmique (effet Joule).

Résultat

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Question 39

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : voltmètre, impédance d'entrée

Justifier que le courant électrique parcourant le circuit peut être considéré comme nul dans la configuration de la figure 5.

Voir l'indice

Tenir compte de l'impédance d'entrée infinie du voltmètre qui interdit toute circulation macroscopique de courant dans la boucle.

Voir la réponse courte

Le voltmètre possède une impédance d'entrée quasi infinie, ce qui empêche tout passage de courant macroscopique dans le circuit (I = 0).

Voir le corrigé complet

Sur le montage de la figure 5, la différence de potentiel entre les points C et D est mesurée à l'aide d'un voltmètre branché aux bornes du circuit.

Un voltmètre possède une résistance interne (ou impédance d'entrée) R_V extrêmement élevée par rapport aux résistances électriques des barreaux métalliques constitutifs du circuit (R_V \to \infty, typiquement de l'ordre de 10\text{ M}\Omega pour un multimètre numérique usuel).

D'après la loi d'Ohm appliquée à la maille formée par les deux matériaux et le voltmètre, l'intensité I du courant électrique traversant le circuit s'écrit :

I = \frac{e_{\mathrm{th}}}{R_V + R_{\mathrm{matériaux}}} \underset{R_V \to \infty}{\longrightarrow} 0

où e_{\mathrm{th}} est la force électromotrice d'origine thermoélectrique générée le long du circuit.

Le voltmètre se comporte ainsi comme un circuit ouvert idéal :

\boxed{I \simeq 0 \quad \text{soit} \quad \vec{j} \simeq \vec{0}}

dans l'ensemble des conducteurs du dispositif.

Résultat

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Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : effet seebeck, thermocouple

Exprimer le coefficient en fonction des coefficients du pouvoir thermoélectrique de chacun des deux matériaux.

Voir l'indice

Calculer la circulation du champ électromoteur Seebeck le long du circuit fermé constitué des deux métaux entre les points C et D.

Voir la stratégie
  1. Utiliser la condition de circuit ouvert justifiée à la question Q39 (\vec{j} = \vec{0}) pour exprimer la variation élémentaire de potentiel \mathrm{d}V en fonction de \mathrm{d}T et du pouvoir thermoélectrique local.
  2. Intégrer cette relation le long du circuit reliant les points C et D en décomposant le chemin selon les différents matériaux.
  3. Exploiter l'égalité des températures des bornes du voltmètre (T_C = T_D) pour calculer la tension V_C - V_D et en déduire le coefficient Seebeck S_{12}.
Voir la réponse courte

Intégration de la fem le long de la boucle fermée de deux métaux : S_{12} = \alpha_1 - \alpha_2, pouvoir thermoélectrique relatif du couple.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q39, le circuit est ouvert, de sorte que la densité volumique de courant est nulle partout dans les conducteurs : \vec{j} = \vec{0}.

La relation phénoménologique (9) s'écrit alors :

\vec{j} = -\gamma \overrightarrow{\operatorname{grad}} V - \alpha\gamma \overrightarrow{\operatorname{grad}} T = \vec{0} \implies \overrightarrow{\operatorname{grad}} V = -\alpha \overrightarrow{\operatorname{grad}} T.

Pour un déplacement élémentaire le long d'un conducteur, la variation de potentiel est donc liée à la variation de température par :

\mathrm{d}V = \overrightarrow{\operatorname{grad}} V \cdot \mathrm{d}\vec{\ell} = -\alpha\,\mathrm{d}T.

Calculons la différence de potentiel entre les points C et D en intégrant le long du circuit constitué de trois tronçons successifs :

  • du point C au point A dans le matériau 2 (pouvoir thermoélectrique \alpha_2) :

    V_A - V_C = -\int_{T_C}^{T_A} \alpha_2\,\mathrm{d}T = -\alpha_2(T_A - T_C) ;
  • du point A au point B dans le matériau 1 (pouvoir thermoélectrique \alpha_1) :

    V_B - V_A = -\int_{T_A}^{T_B} \alpha_1\,\mathrm{d}T = -\alpha_1(T_B - T_A) ;
  • du point B au point D dans le matériau 2 (pouvoir thermoélectrique \alpha_2) :

    V_D - V_B = -\int_{T_B}^{T_D} \alpha_2\,\mathrm{d}T = -\alpha_2(T_D - T_B).

En sommant ces trois contributions, on obtient la différence de potentiel V_D - V_C :

\begin{aligned} V_D - V_C &= (V_D - V_B) + (V_B - V_A) + (V_A - V_C) \\ &= -\alpha_2(T_D - T_B) - \alpha_1(T_B - T_A) - \alpha_2(T_A - T_C) \\ &= -\alpha_2(T_D - T_C + T_A - T_B) + \alpha_1(T_A - T_B). \end{aligned}

Comme les bornes C et D sont à la même température (T_C = T_D), le terme T_D - T_C s'annule, ce qui conduit à :

V_D - V_C = (\alpha_1 - \alpha_2)(T_A - T_B).

La différence de potentiel V_C - V_D définie dans l'énoncé vaut donc :

V_C - V_D = (\alpha_2 - \alpha_1)(T_A - T_B).

D'après la définition du coefficient Seebeck de la jonction (équation 14) :

S_{12} = \frac{V_C - V_D}{T_A - T_B},

on en déduit :

\boxed{S_{12} = \alpha_2 - \alpha_1}

Résultat

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Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Démarche expérimentale

Notions : effet seebeck, thermocouple

En déduire une méthode pratique permettant de déterminer le coefficient d'un matériau inconnu.

Voir l'indice

Utiliser un matériau de référence étalonné (comme le platine ou le plomb supraconducteur) pour mesurer le coefficient différentiel et en déduire le pouvoir thermoélectrique inconnu.

Voir la stratégie

Pour déterminer le pouvoir thermoélectrique \alpha_0 d'un matériau inconnu :

  1. On associe ce matériau à un matériau de référence dont le coefficient thermoélectrique \alpha_{\text{ref}} est précisément connu (matériau étalon).
  2. On met en œuvre le montage de la figure 5 et on mesure la tension thermoélectrique en faisant varier l'écart de température.
  3. On déduit \alpha_0 de la pente de la caractéristique V_C - V_D = f(T_A - T_B) d'après la relation établie à la question précédente.
Voir la réponse courte

Réaliser une jonction avec un matériau de référence étalonné \alpha_{\mathrm{ref}}, imposer un écart \Delta T connu et mesurer la fem Seebeck induite.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question précédente (Q40), le coefficient Seebeck de la jonction entre le matériau inconnu (choisi par exemple comme matériau 1, \alpha_1 = \alpha_0) et un matériau de référence (matériau 2, \alpha_2 = \alpha_{\text{ref}}) s'écrit :

S_{12} = \frac{V_C - V_D}{T_A - T_B} = \alpha_{\text{ref}} - \alpha_0

La méthode pratique comporte les étapes suivantes :

  1. Choix du matériau de référence : on utilise un conducteur dont le pouvoir thermoélectrique \alpha_{\text{ref}}(T) a été étalonné avec une grande précision (par exemple le platine, le cuivre ou le plomb).
  2. Conditions aux bornes de mesure : les connexions aux bornes du voltmètre (points C et D) sont maintenues à la même température (T_C = T_D), par exemple à température ambiante ou dans un bain de glace fondante (0\,^\circ\text{C}).
  3. Mesure différentielle :

    • On impose une différence de température T_A - T_B contrôlée entre les deux jonctions (l'une étant par exemple chauffée par une résistance régulée et l'autre maintenue à température fixe), mesurée indépendamment à l'aide de thermomètres étalonnés.
    • On mesure la tension V_C - V_D à l'aide d'un voltmètre à très haute impédance d'entrée pour respecter la condition de circuit ouvert (I = 0).
  4. Exploitation : en répétant la mesure pour plusieurs valeurs de l'écart \Delta T = T_A - T_B, on trace la droite V_C - V_D en fonction de T_A - T_B. La pente de cette droite fournit le coefficient Seebeck S_{12}, dont on déduit la valeur recherchée :

    \boxed{\alpha_0 = \alpha_{\text{ref}} - S_{12}}

Résultat

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Partie II : Mesures de températures

II.A · Mesure de température avec un conducteur ohmique

Question 42

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : résistivité électrique, thermométrie

Proposer une interprétation simple du paramètre au regard du modèle mathématique eq. (15). Discuter, sur la base d'arguments numériques, l'approximation consistant à considérer la résistivité comme une fonction affine de sur la plage de température considérée.

Voir l'indice

Identifier \rho_0 à la résistivité à \theta = 0\ ^\circ\mathrm{C} et comparer les grandeurs relatives des termes A\theta et B\theta^2 sur l'intervalle d'étude.

Voir la stratégie
  1. Évaluer \rho(\theta) pour \theta = 0\ ^\circ\mathrm{C} dans l'équation (15) pour identifier la signification physique de \rho_0.
  2. Comparer l'ordre de grandeur du terme d'ordre deux |B|\theta^2 à celui du terme d'ordre un A\theta sur le domaine de validité [0\ ^\circ\mathrm{C}, 850\ ^\circ\mathrm{C}], en particulier à la borne maximale \theta = 850\ ^\circ\mathrm{C}.
Voir la réponse courte

\rho_0 est la résistivité à 0\,^\circ\mathrm{C} ; sur la plage explorée, le terme quadratique B\theta^2 reste négligeable devant le terme linéaire A\theta.

Voir le corrigé complet

1. Interprétation du paramètre \rho_0

D'après l'équation (15), pour \theta = 0\ ^\circ\mathrm{C}, on a :

\rho(0\ ^\circ\mathrm{C}) = \rho_0

Le paramètre \rho_0 représente donc la résistivité électrique du platine à 0\ ^\circ\mathrm{C}.

2. Discussion de l'approximation affine

Pour que la résistivité puisse être approchée par une loi affine :

\rho(\theta) \simeq \rho_0 (1 + A\theta),

il faut que le terme quadratique |B|\theta^2 soit négligeable devant le terme linéaire A\theta, soit :

r(\theta) = \frac{|B|\theta^2}{A\theta} = \frac{|B|}{A}\,\theta \ll 1.

Ce rapport est une fonction strictement croissante de \theta ; il atteint son maximum à la température maximale du domaine d'étude, \theta_{\max} = 850\ ^\circ\mathrm{C}.

Effectuons l'application numérique :

\frac{|B|}{A} = \frac{5{,}8 \times 10^{-7}\ ^\circ\mathrm{C}^{-2}}{3{,}9 \times 10^{-3}\ ^\circ\mathrm{C}^{-1}} \simeq 1{,}5 \times 10^{-4}\ ^\circ\mathrm{C}^{-1}.

Pour \theta_{\max} = 850\ ^\circ\mathrm{C} :

r(850\ ^\circ\mathrm{C}) \simeq 1{,}5 \times 10^{-4} \times 850 \simeq 0{,}13 = 13\,\%.

Rapporté à la valeur totale de la résistivité normalisée :

\frac{|B|\theta_{\max}^2}{1 + A\theta_{\max}} \simeq \frac{5{,}8 \times 10^{-7} \times 850^2}{1 + 3{,}9 \times 10^{-3} \times 850} \simeq \frac{0{,}42}{1 + 3{,}3} \simeq \frac{0{,}42}{4{,}3} \simeq 10\,\%.

Sur l'ensemble de la plage [0\ ^\circ\mathrm{C}, 850\ ^\circ\mathrm{C}], le terme du second ordre apporte ainsi une correction au plus égale à environ 10\,\%. De plus, pour des applications à températures modérées (telles que le domaine médical évoqué par le texte, où \theta \lesssim 50\ ^\circ\mathrm{C}), on a :

r(50\ ^\circ\mathrm{C}) \simeq 1{,}5 \times 10^{-4} \times 50 \simeq 0{,}7\,\% \ll 1.

L'approximation consistant à considérer \rho comme une fonction affine de \theta est donc très bien vérifiée à basse température et reste une approximation convenable (à 10\,\% près au pire) sur toute la plage jusqu'à 850\ ^\circ\mathrm{C}.

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Question 43

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : modèle de drude, agitation thermique

Déterminer la condition sur permettant de garantir que la thermorésistance a une sensibilité maximale. Proposer un argument qualitatif permettant d'expliquer l'augmentation de avec .

Voir l'indice

Calculer la dérivée \frac{\mathrm{d}\rho}{\mathrm{d}\theta} et interpréter physiquement la hausse de la résistivité par l'accroissement de l'agitation thermique du réseau cristallin.

Voir la réponse courte

Il faut |A| maximal. Quand \theta augmente, l'agitation des ions du réseau s'accroît, réduisant le temps moyen entre collisions \tau et augmentant \rho.

Voir le corrigé complet

1. Condition sur A pour maximiser la sensibilité

Dans le cadre de l'approximation affine issue de la question Q42, la résistance du barreau s'écrit :

R(\theta) = \frac{\rho(\theta)\,\ell}{S} = R_0(1 + A\theta)

avec R_0 = \dfrac{\rho_0 \ell}{S}.

La sensibilité de la thermorésistance s'évalue à travers la dérivée de la grandeur mesurée par rapport à la température :

  • la sensibilité absolue vaut :

    \mathcal{S} = \frac{\mathrm{d}R}{\mathrm{d}\theta} = R_0 A
  • la sensibilité relative (intrinsèque au matériau) vaut :

    \mathcal{S}_r = \frac{1}{R_0}\frac{\mathrm{d}R}{\mathrm{d}\theta} = A

Pour garantir une sensibilité maximale, il faut que le coefficient thermique A soit le plus grand possible (avec A > 0 pour un comportement à coefficient de température positif).

\boxed{A \text{ doit être le plus grand possible}}

2. Interprétation qualitative de l'augmentation de \rho avec \theta

D'après le modèle de Drude établi à la question Q3, la résistivité s'exprime en fonction des caractéristiques microscopiques par :

\rho = \frac{1}{\gamma_0} = \frac{m}{n e^2 \tau}
  • Dans un métal, la densité volumique des électrons libres n est fixée par la structure cristalline et ne dépend pratiquement pas de la température (gaz d'électrons dégénéré).
  • Lorsque la température \theta augmente, l'agitation thermique des cœurs d'ions du réseau cristallin s'intensifie (l'amplitude des vibrations du réseau, c'est-à-dire le nombre de phonons, augmente).
  • Les collisions électron-phonon deviennent plus fréquentes : la section efficace de collision croît, ce qui entraîne une diminution du temps moyen entre deux collisions \tau (et du libre parcours moyen).

Puisque \tau diminue lorsque \theta augmente, la résistivité \rho \propto \tau^{-1} augmente avec la température.

Résultat

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Question 44

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : résistance électrique, thermométrie

Exprimer la résistance en fonction de et la variation de thermorésistance en fonction de et .

Voir l'indice

Appliquer la formule géométrique de la résistance d'un cylindre R = \rho \ell/S et factoriser par la résistance à 0\ ^\circ\mathrm{C}.

Voir la réponse courte

R_0 = \frac{\rho_0 \ell}{S} et R' = R(\theta) - R_0 \approx R_0 A \theta au premier ordre.

Voir le corrigé complet

La thermorésistance est modélisée par un barreau cylindrique en platine homogène de longueur \ell et de section droite S. La résistance électrique à la température \theta s'exprime par la loi de Pouillet :

R(\theta) = \rho(\theta)\,\frac{\ell}{S}.

À la température \theta = 0\ ^\circ\text{C}, la résistivité vaut \rho(0) = \rho_0, d'où l'expression de la résistance R_0 = R(0) :

\boxed{R_0 = \rho_0\,\frac{\ell}{S}}

D'après la consigne introduite avant la question 43, on se place dans le cadre de l'approximation affine de la résistivité :

\rho(\theta) \simeq \rho_0\,(1 + A\theta).

La résistance globale à la température \theta s'écrit alors :

R(\theta) = \rho_0(1 + A\theta)\,\frac{\ell}{S} = R_0\,(1 + A\theta) = R_0 + R_0 A\theta.

Par identification avec l'écriture R = R_0 + R', on en déduit l'expression de la variation de résistance R' :

\boxed{R' = R_0\,A\,\theta}

Résultat

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Question 45

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : pont diviseur de tension, pont de wheatstone

Établir l'expression de la tension en fonction de , et , puis en déduire l'expression de en fonction de notamment.

Voir l'indice

Appliquer le diviseur de tension sur chaque branche du pont de Wheatstone équilibré pour exprimer la différence de potentiel U = V_A - V_B.

Voir la stratégie
  1. Exploiter l'impédance d'entrée infinie du voltmètre pour déterminer le potentiel de chaque branche médiane à l'aide de la formule du pont diviseur de tension.
  2. Exprimer la différence de potentiel U en fonction de R', R_0 et E en tenant compte de l'orientation de la flèche de tension.
  3. Injecter l'expression de R' obtenue à la question Q44 pour obtenir U(\theta).
Voir la réponse courte

Pont de Wheatstone : U = E \left(\frac{R_0+R'}{2R_0+R'} - \frac{1}{2}\right) = \frac{E R'}{2(2R_0+R')}, puis substitution de R'(\theta).

Voir le corrigé complet

Le voltmètre utilisé pour mesurer la tension U présentant une impédance d'entrée très élevée, aucun courant n'est prélevé aux points milieux du pont de Wheatstone.

Chaque branche verticale se comporte ainsi comme un diviseur de tension idéal alimenté sous la tension E, la référence des potentiels (masse) étant prise au rail inférieur :

  • Pour la branche de gauche, constituée de la résistance R_0 en haut et de la thermorésistance R = R_0 + R' en bas, le potentiel au point milieu V_{\mathrm{G}} s'écrit :

    V_{\mathrm{G}} = E\,\frac{R_0 + R'}{R_0 + (R_0 + R')} = E\,\frac{R_0 + R'}{2R_0 + R'}
  • Pour la branche de droite, constituée de deux résistances identiques R_0, le potentiel au point milieu V_{\mathrm{D}} s'écrit :

    V_{\mathrm{D}} = E\,\frac{R_0}{R_0 + R_0} = \frac{E}{2}

Sur la figure 6, la flèche de tension U est orientée de la branche de gauche vers la branche de droite. Selon la convention usuelle récepteur (la flèche pointe vers le potentiel le plus haut) :

\begin{aligned} U &= V_{\mathrm{D}} - V_{\mathrm{G}} \\ &= E\left(\frac{1}{2} - \frac{R_0 + R'}{2R_0 + R'}\right) \\ &= E\,\frac{(2R_0 + R') - 2(R_0 + R')}{2(2R_0 + R')} \end{aligned}

soit :

\boxed{U = -\frac{R'}{2(2R_0 + R')}\,E}

Remarque : Si la flèche est interprétée dans le sens V_{\mathrm{G}} - V_{\mathrm{D}}, l'expression est simplement changée de signe :

U = \frac{R'}{2(2R_0 + R')}\,E

D'après le résultat de la question Q44, la variation de résistance s'écrit dans l'approximation affine R' = R_0 A \theta. En substituant cette relation, on obtient :

U = -\frac{R_0 A \theta}{2(2R_0 + R_0 A \theta)}\,E

En simplifiant par R_0, il vient finalement :

\boxed{U(\theta) = -\frac{A\theta}{2(2 + A\theta)}\,E}

Résultat

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Question 46

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : sensibilité d'un capteur, pont de wheatstone

La sensibilité du système de mesure est définie par . Déduire des expressions de et deux inconvénients de ce montage pour réaliser une mesure de température.

Voir l'indice

Dériver l'expression de U par rapport à \theta et observer la non-linéarité de la réponse ainsi que la sensibilité qui tend vers zéro aux températures élevées.

Voir la stratégie
  1. Dériver l'expression de la tension de déséquilibre U(\theta) établie à la question Q45 par rapport à la température \theta afin d'obtenir l'expression de la sensibilité \sigma_\theta.
  2. Analyser les dépendances fonctionnelles de U(\theta) et \sigma_\theta(\theta) pour identifier deux défauts majeurs pour un capteur de température (linéarité, constance de la sensibilité, comportement aux températures élevées).
Voir la réponse courte

Inconvénients : réponse U(\theta) non linéaire en raison du dénominateur dépendant de R', et sensibilité non constante qui décroît quand \theta augmente.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q45, la tension de déséquilibre du pont s'écrit :

U(\theta) = -\frac{A\theta}{2(2 + A\theta)}\,E

Par définition, la sensibilité du montage est la dérivée de la tension mesurée par rapport à la température :

\sigma_\theta = \frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}\theta} = -\frac{E}{2}\,\frac{A(2 + A\theta) - A(A\theta)}{(2 + A\theta)^2}

Ce qui conduit à :

\boxed{\sigma_\theta = -\frac{A E}{(2 + A\theta)^2}}

(ou en valeur absolue |\sigma_\theta| = \frac{A E}{(2 + A\theta)^2}).

À partir des expressions de U(\theta) et de \sigma_\theta, on relève deux inconvénients majeurs :

  1. Non-linéarité de la mesure : La tension U(\theta) n'est pas proportionnelle à la température \theta. De façon équivalente, la sensibilité \sigma_\theta dépend explicitement de \theta au lieu d'être constante. L'exploitation du capteur nécessite donc un étalonnage non linéaire, ou impose de se restreindre aux très faibles variations de température (A\theta \ll 2).
  2. Diminution de la sensibilité à haute température : Le dénominateur (2 + A\theta)^2 croît avec \theta (puisque A > 0). La sensibilité en valeur absolue |\sigma_\theta| diminue donc lorsque la température augmente, ce qui entraîne une perte de précision et de résolution aux températures élevées, accompagnée d'une saturation de la tension vers -E/2 pour de très grands écarts.

Résultat

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Question 47

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI

Notions : amplificateur linéaire intégré, convertisseur courant-tension

En reliant et par une expression mathématique, déterminer la fonction réalisée par l'ALI 2.

Voir l'indice

Remarquer que l'entrée inverseuse est reliée à une masse virtuelle (\varepsilon = 0) et utiliser la loi des mailles sur la boucle de rétroaction.

Voir la stratégie
  1. Exploiter les propriétés de l'amplificateur linéaire intégré (ALI) idéal fonctionnant en régime linéaire : courants de polarisation nuls (i_+ = i_- = 0) et tension différentielle d'entrée nulle (V_+ = V_-).
  2. Identifier le potentiel de l'entrée non-inverseuse reliée à la masse pour déterminer le potentiel de l'entrée inverseuse (masse virtuelle).
  3. Appliquer la loi d'Ohm à la résistance de rétroaction R pour relier la tension de sortie V_s au courant d'entrée I, puis identifier la fonction usuelle du montage.
Voir la réponse courte

En régime linéaire avec contre-réaction sur la borne inverseuse, la masse virtuelle impose V_{\mathrm{s}} = -R_2 I : convertisseur courant-tension (transimpédance).

Voir le corrigé complet

L'ALI 2 est supposé idéal et fonctionne en régime linéaire, grâce à la boucle de rétroaction négative reliant la sortie à l'entrée inverseuse par l'intermédiaire de la résistance R. On en déduit :

  • des courants d'entrée nuls : i_+ = i_- = 0 ;
  • une tension d'entrée différentielle nulle : \varepsilon = V_+ - V_- = 0, soit V_- = V_+.

L'entrée non-inverseuse (+) étant reliée à la masse, le potentiel de l'entrée inverseuse est nul :

V_- = V_+ = 0 \text{ V} \quad \text{(masse virtuelle)}.

D'après la loi des nœuds au niveau de la borne inverseuse (-), et compte tenu de i_- = 0, l'intégralité du courant I entrant vers le nœud traverse la résistance de rétroaction R en direction de la borne de sortie au potentiel V_s.

La loi d'Ohm aux bornes de la résistance R, orientée de la gauche vers la droite, s'écrit :

\begin{aligned} V_- - V_s &= R\,I \\ 0 - V_s &= R\,I \end{aligned}

On obtient ainsi la relation fondamentale :

\boxed{V_s = - R\,I}

La tension de sortie V_s est directement proportionnelle au courant d'entrée I. L'ALI 2 réalise donc la fonction de convertisseur courant-tension (ou amplificateur à transrésistance).

Résultat

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Question 48

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI

Notions : amplificateur linéaire intégré, pont de wheatstone

Établir la relation entre et et en déduire une expression de en fonction de la température .

Voir l'indice

Déterminer le potentiel au nœud d'entrée du pont actif et exprimer le courant injecté I dans la résistance R pour trouver V_s.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le potentiel V_{s1} en sortie de l'ALI 1 en appliquant les lois des régimes linéaires (masse virtuelle sur l'entrée non inverseuse).
  2. Exprimer le courant I arrivant au nœud inverseur de l'ALI 2 comme la superposition des courants issus de la tension E et de la tension V_{s1} à travers les deux résistances R_0.
  3. Utiliser la relation établie à la question 47 (V_s = -R I) pour obtenir V_s en fonction de R', puis injecter la loi de variation de la thermorésistance R' = R_0 A \theta obtenue à la question Q44.
Voir la réponse courte

Grâce au suiveur et au montage transimpédance, le courant traversant la branche devient directement proportionnel à R', linéarisant V_{\mathrm{s}}(\theta).

Voir le corrigé complet

1. Étude du premier étage (ALI 1) :

L'ALI 1 est supposé idéal et fonctionne en régime linéaire, avec son entrée non inverseuse reliée à la masse (V_+^{(1)} = 0\text{ V}). On a donc une masse virtuelle sur son entrée inverseuse :

V_-^{(1)} = V_+^{(1)} = 0\text{ V}

Le courant d'entrée de l'ALI étant nul (i_-^{(1)} = 0), le courant i_1 issu de la branche connectée à la source de tension E à travers la résistance R_0 traverse intégralement la résistance de rétroaction (R_0 + R') :

i_1 = \frac{E - V_-^{(1)}}{R_0} = \frac{E}{R_0}

Le potentiel en sortie de l'ALI 1 vaut alors :

V_{s1} = V_-^{(1)} - (R_0 + R')\,i_1 = -\frac{R_0 + R'}{R_0}\,E

2. Détermination du courant I :

L'ALI 2 fonctionne également en régime linéaire avec son entrée non inverseuse à la masse (V_+^{(2)} = 0\text{ V}), imposant V_-^{(2)} = 0\text{ V}.

Le courant I convergeant vers le nœud inverseur de l'ALI 2 est la somme du courant provenant de la source E à travers la résistance R_0 inférieure et du courant issu de la sortie de l'ALI 1 à travers la résistance R_0 supérieure :

\begin{aligned} I &= \frac{E - V_-^{(2)}}{R_0} + \frac{V_{s1} - V_-^{(2)}}{R_0} \\ &= \frac{E}{R_0} + \frac{V_{s1}}{R_0} \\ &= \frac{E}{R_0} - \frac{R_0 + R'}{R_0^2}\,E \\ &= -\frac{R'}{R_0^2}\,E \end{aligned}

3. Tension de sortie V_s en fonction de R' :

D'après le résultat de la question Q47, l'ALI 2 réalise un convertisseur courant-tension qui relie V_s et I par V_s = -R I. On en déduit :

\begin{aligned} V_s &= -R \left(-\frac{R'}{R_0^2}\,E\right) \end{aligned}
\boxed{V_s = \frac{R R'}{R_0^2}\,E}

4. Expression de V_s en fonction de la température \theta :

D'après la question Q44, la variation de résistance s'exprime dans le domaine linéaire par :

R' = R_0 A \theta

En injectant cette relation dans l'expression de V_s, on obtient :

V_s = \frac{R (R_0 A \theta)}{R_0^2}\,E
\boxed{V_s = \frac{R}{R_0}\,E A \theta}

Résultat

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Question 49

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI

Notions : sensibilité d'un capteur, amplificateur linéaire intégré

Déterminer la sensibilité de ce nouveau montage, définie par , où la grandeur thermométrique est maintenant . Commenter l'expression de la sensibilité obtenue, et proposer des préconisations concernant le choix des valeurs et . On prendra . Évaluer alors numériquement .

Voir l'indice

Calculer la dérivée \frac{\mathrm{d}V_s}{\mathrm{d}\theta} pour constater que la réponse est rigoureusement linéaire, puis optimiser la sensibilité avec R et E.

Voir la réponse courte

\widetilde{\sigma}_\theta est désormais constante. Pour l'augmenter, il faut maximiser la tension d'alimentation E sans saturer l'ALI ; application numérique directe.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q48, la tension de sortie s'écrit en fonction de la température \theta :

V_s(\theta) = \frac{R}{R_0} E A \theta

Par dérivation par rapport à \theta, on obtient immédiatement l'expression de la nouvelle sensibilité :

\boxed{\widetilde{\sigma}_\theta = \frac{\mathrm{d}V_s}{\mathrm{d}\theta} = \frac{R}{R_0} E A}

Commentaires sur la sensibilité :

  • Linéarité parfaite : La sensibilité \widetilde{\sigma}_\theta est rigoureusement indépendante de la température \theta. La réponse V_s(\theta) est donc strictement linéaire, ce qui résout le défaut majeur du pont de Wheatstone passif relevé à la question Q46.
  • Gain de sensibilité : Pour R = R_0, \widetilde{\sigma}_\theta = E A, alors que la sensibilité du pont passif au voisinage de 0\,^\circ\mathrm{C} valait |\sigma_\theta(0)| = \frac{E A}{4}. L'adjonction des ALI multiplie donc la sensibilité par un facteur 4, facteur que l'on peut encore accroître en choisissant R > R_0.

Préconisations concernant le choix de E et R :

  • Tension d'alimentation E : Bien qu'une tension E plus élevée augmente la sensibilité, sa valeur doit rester modérée afin de limiter la puissance dissipée par effet Joule dans le capteur (P_{\mathrm{J}} \approx \frac{E^2}{4R_0}), ce qui entraînerait un auto-échauffement préjudiciable à la précision de la mesure.
  • Résistance de gain R : On peut choisir R > R_0 pour amplifier le signal, mais la valeur de R doit être plafonnée pour éviter la saturation de l'ALI 2 (|V_s| < V_{\mathrm{sat}}) sur toute la plage de température explorée \theta \in [0\,^\circ\mathrm{C}, \theta_{\max}].

Évaluation numérique : Pour R = R_0, avec E = 10\text{ V} et A = 3,9 \times 10^{-3}\ ^\circ\mathrm{C}^{-1} :

\begin{aligned} \widetilde{\sigma}_\theta &= 10 \times 3,9 \times 10^{-3} = 3,9 \times 10^{-2}\text{ V}\cdot^\circ\mathrm{C}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\widetilde{\sigma}_\theta = 39\text{ mV}\cdot^\circ\mathrm{C}^{-1}}

Résultat

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II.B · Utilisation de jonctions thermoélectriques pour la thermométrie

Question 50

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : effet seebeck, thermocouple

Montrer que la différence de potentiel mesurée par le voltmètre s'écrit

Déterminer la condition permettant que la tension mesurée soit proportionnelle à la différence de température.

Voir l'indice

Intégrer le gradient de potentiel le long des deux conducteurs en appliquant la condition aux bornes du voltmètre.

Voir la stratégie
  1. Exploiter le fait que le voltmètre a une impédance d'entrée infinie, imposant un courant nul (\vec{j} = \vec{0}) en tout point du circuit.
  2. Utiliser la loi phénoménologique pour exprimer la variation élémentaire de potentiel \mathrm{d}V en fonction du gradient thermique le long de chaque tronçon homogène de conducteur.
  3. Intégrer de la borne B à la borne A en montrant que l'influence des fils de cuivre se compense si les bornes du voltmètre sont à une même température.
Voir la réponse courte

Intégration de \vec{E} = -\alpha \vec{\nabla}T sur les deux branches ; la fem est proportionnelle à \Delta T si les coefficients \alpha_i sont indépendants de T.

Voir le corrigé complet

Le voltmètre possédant une impédance d'entrée idéale quasi-infinie, aucun courant ne circule dans le circuit :

\vec{j} = \vec{0}

D'après l'équation (9) établie en partie I.D, en l'absence de courant de conduction :

\vec{j} = -\gamma \overrightarrow{\operatorname{grad}} V - \alpha \gamma \overrightarrow{\operatorname{grad}} T = \vec{0} \implies \overrightarrow{\operatorname{grad}} V = -\alpha(T)\,\overrightarrow{\operatorname{grad}} T

Le long d'un chemin élémentaire \mathrm{d}\vec{\ell}, la variation élémentaire de potentiel s'écrit donc :

\mathrm{d}V = -\alpha(T)\,\mathrm{d}T

Notons \mathrm{M} la jonction entre les matériaux 1 et 2, portée à la température T_{\mathrm{mes}}. Les jonctions A et B sont maintenues à T_{\mathrm{ref}}.

  • Le long du matériau 1, entre la jonction A (T_{\mathrm{ref}}) et la jonction \mathrm{M} (T_{\mathrm{mes}}) :

    V_{\mathrm{M}} - V_{\mathrm{A}} = -\int_{T_{\mathrm{ref}}}^{T_{\mathrm{mes}}} \alpha_1(T)\,\mathrm{d}T
  • Le long du matériau 2, entre la jonction \mathrm{M} (T_{\mathrm{mes}}) et la jonction B (T_{\mathrm{ref}}) :

    V_{\mathrm{B}} - V_{\mathrm{M}} = -\int_{T_{\mathrm{mes}}}^{T_{\mathrm{ref}}} \alpha_2(T)\,\mathrm{d}T = \int_{T_{\mathrm{ref}}}^{T_{\mathrm{mes}}} \alpha_2(T)\,\mathrm{d}T

En sommant ces deux relations :

V_{\mathrm{B}} - V_{\mathrm{A}} = (V_{\mathrm{B}} - V_{\mathrm{M}}) + (V_{\mathrm{M}} - V_{\mathrm{A}}) = \int_{T_{\mathrm{ref}}}^{T_{\mathrm{mes}}} (\alpha_2(T) - \alpha_1(T))\,\mathrm{d}T

La flèche représentant la tension V sur la figure 8 pointe vers la borne A, de sorte que V = V_{\mathrm{A}} - V_{\mathrm{B}} :

\boxed{V = \int_{T_{\mathrm{ref}}}^{T_{\mathrm{mes}}} (\alpha_1(T) - \alpha_2(T))\,\mathrm{d}T}

Remarque sur les fils de raccordement en cuivre : si les deux bornes du voltmètre sont à une même température ambiante T_0, les contributions des deux fils de cuivre reliant A et B au voltmètre valent respectivement -\int_{T_0}^{T_{\mathrm{ref}}} \alpha_{\mathrm{Cu}}\,\mathrm{d}T et se compensent exactement (loi des métaux intermédiaires).

Condition de proportionnalité :

Pour que la tension mesurée V soit rigoureusement proportionnelle à l'écart de température \Delta T = T_{\mathrm{mes}} - T_{\mathrm{ref}}, il faut et il suffit que la différence des pouvoirs thermoélectriques soit indépendante de la température sur l'intervalle [T_{\mathrm{ref}},\, T_{\mathrm{mes}}] :

\boxed{\alpha_1(T) - \alpha_2(T) = \text{cte} = \alpha_1 - \alpha_2}

Sous cette hypothèse (ou pour des écarts de température suffisamment faibles autour de T_{\mathrm{ref}}), la relation devient linéaire :

V = (\alpha_1 - \alpha_2)(T_{\mathrm{mes}} - T_{\mathrm{ref}})

Résultat

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Question 51

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équilibre liquide-solide, température de fusion

Proposer une méthode permettant de fixer en pratique la température de référence et justifier sa pertinence.

Voir l'indice

Préconiser un mélange diphasique eau liquide–glace à l'équilibre sous pression atmosphérique pour assurer un point fixe reproductible à 0\ ^\circ\mathrm{C}.

Voir la réponse courte

Plonger la soudure de référence dans un bain d'eau et de glace fondante à pression atmosphérique, garantissant une référence stable et reproductible à 0\,^\circ\mathrm{C}.

Voir le corrigé complet

Une méthode classique et robuste pour fixer la température de référence T_{\mathrm{ref}} consiste à plonger les deux jonctions de référence (notées A et B sur la figure 8, formant la « soudure froide ») dans un bain de glace fondante constitué d'eau liquide et de glace pilée à la pression atmosphérique, le tout placé dans une enceinte adiabatique (vase Dewar).

Cette méthode est particulièrement pertinente pour plusieurs raisons :

  1. Stabilité thermodynamique : d'après la règle des phases de Gibbs, l'équilibre diphasique (liquide-solide) d'un corps pur (l'eau) à pression fixée (P = P_{\mathrm{atm}}) est un système invariant (variance intensive réduite nulle : v' = c + 1 - \varphi = 1 + 1 - 2 = 0). La température du mélange est donc rigoureusement constante et fixée à :

    \boxed{T_{\mathrm{ref}} = 0\,^\circ\mathrm{C} = 273{,}15\text{ K}}

    tant que les deux phases solide et liquide coexistent.

  2. Facilité de mise en œuvre et reproductibilité : ce mélange s'obtient aisément au laboratoire à partir d'eau distillée et présente une excellente reproductibilité sans nécessiter d'étalonnage préalable.
  3. Cohérence avec les tables et normes : la valeur T_{\mathrm{ref}} = 0\,^\circ\mathrm{C} constitue la référence conventionnelle internationale utilisée pour l'étalonnage des thermocouples usuels (comme illustré sur la figure 9 avec \Delta T = T_{\mathrm{mes}} - T_{\mathrm{ref}} où T_{\mathrm{ref}} = 0\,^\circ\mathrm{C}).

Résultat

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Question 52

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : thermocouple, sensibilité d'un capteur

Comparer la sensibilité des différents thermocouples présentés sur la figure 9, et la comparer à celle de la thermorésistance étudiée plus haut.

Voir l'indice

Comparer les pentes des caractéristiques V(\Delta T) de la figure 9 et confronter les sensibilités en \mu\text{V}\cdot{^\circ\mathrm{C}}^{-1} à celle de la thermorésistance en \text{mV}\cdot{^\circ\mathrm{C}}^{-1}.

Voir la stratégie
  1. Rappeler que la sensibilité d'un thermocouple est donnée par la pente de la caractéristique V(\Delta T), soit S = \frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}\Delta T}.
  2. Estimer et ordonner graphiquement les sensibilités des différents types de thermocouples présentés sur la figure 9 en distinguant ceux à base de nickel (E, J, K) et ceux à base de platine (S, B).
  3. Comparer ces valeurs à la sensibilité \widetilde{\sigma}_\theta obtenue à la question Q49 pour la thermorésistance.
Voir la réponse courte

Mesure des pentes sur le graphe : sensibilités des thermocouples de quelques dizaines de \mu\mathrm{V}\cdot\mathrm{K}^{-1}, bien plus faibles que celle de la thermorésistance (\text{mV}\cdot\mathrm{K}^{-1}).

Voir le corrigé complet

La sensibilité d'un thermocouple correspond à la pente de la tension mesurée en fonction de l'écart de température :

S = \frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}\Delta T}

1. Comparaison entre les thermocouples de la figure 9 :

  • Thermocouples à base de nickel (types E, J, K) :

    • Le type E présente la plus forte sensibilité : S_{\mathrm{E}} \approx \frac{70\text{ mV}}{1000\text{ }^\circ\mathrm{C}} \approx 70\ \mu\mathrm{V}\cdot^\circ\mathrm{C}^{-1}.
    • Le type J présente une sensibilité intermédiaire : S_{\mathrm{J}} \approx \frac{28\text{ mV}}{500\text{ }^\circ\mathrm{C}} \approx 55\ \mu\mathrm{V}\cdot^\circ\mathrm{C}^{-1}.
    • Le type K présente une sensibilité d'environ : S_{\mathrm{K}} \approx \frac{40\text{ mV}}{1000\text{ }^\circ\mathrm{C}} \approx 40\ \mu\mathrm{V}\cdot^\circ\mathrm{C}^{-1}.
  • Thermocouples à base de platine (types S et B) :

    • Le type S présente une sensibilité nettement plus faible : S_{\mathrm{S}} \approx \frac{10\text{ mV}}{1000\text{ }^\circ\mathrm{C}} \approx 10\ \mu\mathrm{V}\cdot^\circ\mathrm{C}^{-1}.
    • Le type B présente la sensibilité la plus faible, quasi nulle autour de 0\ ^\circ\mathrm{C} et de l'ordre de S_{\mathrm{B}} \approx \frac{10\text{ mV}}{1400\text{ }^\circ\mathrm{C}} \approx 7\ \mu\mathrm{V}\cdot^\circ\mathrm{C}^{-1} à haute température.

On obtient ainsi le classement des sensibilités :

\boxed{S_{\mathrm{E}} > S_{\mathrm{J}} > S_{\mathrm{K}} \gg S_{\mathrm{S}} > S_{\mathrm{B}}}

Les thermocouples à base de nickel sont environ 4 à 10 fois plus sensibles que les thermocouples à base de platine.

2. Comparaison avec la thermorésistance étudiée précédemment : D'après la question Q49, la sensibilité de la sonde à thermorésistance associée à son conditionneur actif vaut :

\widetilde{\sigma}_\theta = 39\text{ mV}\cdot^\circ\mathrm{C}^{-1} = 39\,000\ \mu\mathrm{V}\cdot^\circ\mathrm{C}^{-1}

En comparaison, la sensibilité maximale des thermocouples (type E) est de l'ordre de 70\ \mu\mathrm{V}\cdot^\circ\mathrm{C}^{-1}.

\boxed{\widetilde{\sigma}_\theta \sim 10^3 \times S_{\text{thermocouple}}}

La thermorésistance (avec son circuit de mesure) est ainsi environ mille fois plus sensible (trois ordres de grandeur) que les thermocouples.

Résultat

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Question 53

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, BCPST1

Notions : thermocouple, propriété chimique des matériaux

Expliquer les avantages et inconvénients des thermocouples contenant du platine (type B et S) sur la base du comportement de la grandeur thermométrique mesurée en fonction de la température, et de leurs propriétés chimiques.

Voir l'indice

Discuter la remarquable inertie chimique et la tenue mécanique aux hautes températures du platine, au détriment d'une sensibilité Seebeck nettement plus modeste.

Voir la stratégie
  1. Analyser les atouts et limites découlant des propriétés physico-chimiques du platine (caractère noble, inertie chimique, température de fusion, coût).
  2. Exploiter les courbes de la figure 9 pour discuter de la grandeur thermométrique V(\Delta T) : plage de mesure accessible, sensibilité comparée aux autres types, et linéarité (notamment à basse température).
Voir la réponse courte

Avantages : excellente résistance chimique à l'oxydation et très haute tenue en température ; inconvénients : sensibilité plus faible et coût élevé du platine.

Voir le corrigé complet

Les thermocouples à base de platine (types B et S) présentent des caractéristiques spécifiques qui orientent leur domaine d'application :

1. Avantages :

  • Propriétés chimiques et tenue thermique : Le platine est un métal noble doué d'une excellente inertie chimique. Il est remarquablement résistant à l'oxydation, à la corrosion et aux atmosphères agressives, même à des températures très élevées. De plus, sa température de fusion élevée (T_{\text{fus}} \simeq 1770\,^\circ\mathrm{C}) lui confère une grande stabilité structurelle.
  • Étendue de mesure et stabilité : Comme le montre la figure 9, la mesure de tension s'étend jusqu'à des écarts \Delta T \sim 1750\,^\circ\mathrm{C}, alors que les thermocouples à base de nickel (types J, E, K) sont limités à des températures inférieures (typiquement < 1000 - 1200\,^\circ\mathrm{C}) en raison de l'oxydation ou de la dégradation de leurs alliages. La stabilité chimique garantit une excellente reproductibilité et une très faible dérive dans le temps.

2. Inconvénients :

  • Faible sensibilité : La pente des courbes de la figure 9 est bien plus faible pour les types B et S que pour les types J, E, K. Avec une sensibilité de l'ordre de 5 \text{ à } 10\,\mu\mathrm{V}\cdot^\circ\mathrm{C}^{-1} (contre 40 \text{ à } 70\,\mu\mathrm{V}\cdot^\circ\mathrm{C}^{-1} pour les autres), les tensions à mesurer sont très faibles (quelques millivolts à plus de 1000\,^\circ\mathrm{C}), ce qui requiert des voltmètres de haute précision et rend la chaîne de mesure plus sensible au bruit parasite.
  • Non-linéarité à basse température : Pour le type B, la tension mesurée reste quasi nulle pour \Delta T \lesssim 200\,^\circ\mathrm{C} (sensibilité quasi nulle près de la référence), ce qui le rend inexploitable aux températures ambiantes ou modérées.
  • Coût élevé : Le platine étant un métal précieux rare, ces capteurs sont nettement plus onéreux que les thermocouples d'usage courant à métaux communs (fer, cuivre, nickel).
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Question 54

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : effet peltier, conversion thermoélectrique

Dans une perspective plus générale, à quelle application pourraient être destinés les effets thermoélectriques ?

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Citer la récupération d'énergie par thermoélectricité (générateurs radio-isotopiques, valorisation de chaleur fatale) et le refroidissement Peltier statique sans fluide frigorigène.

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Réfrigération thermoélectrique (modules à effet Peltier sans fluide frigorigène) et récupération d'énergie thermique pour produire de l'électricité (générateurs Seebeck spatiaux).

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Les effets thermoélectriques assurent une conversion directe et bidirectionnelle entre énergie thermique et énergie électrique. Au-delà de la thermométrie étudiée en partie II, ils trouvent des applications majeures réparties en deux grandes catégories :

  1. Génération d'électricité par effet Seebeck (conversion chaleur \to électricité) :

    • Récupération de chaleur fatale (valorisation énergétique) : conversion de l'énergie thermique dissipée et non exploitée (chaleur des centres de données évoquée en préambule, gaz d'échappement des moteurs thermiques, rejets industriels d'usines) en électricité, participant ainsi à l'efficacité énergétique ;
    • Générateurs autonomes en milieux extrêmes ou isolés : alimentation de capteurs autonomes (par exemple via la chaleur corporelle pour des dispositifs médicaux ou l'Internet des objets) et générateurs thermoélectriques à radioisotopes (RTG), utilisés comme source d'énergie à très longue durée de vie pour les sondes spatiales d'exploration lointaine (Voyager, Curiosity) ou les balises marines isolées.
  2. Contrôle thermique et réfrigération par effet Peltier (électricité \to flux thermique) :

    • Refroidissement à l'état solide : modules de refroidissement compacts, silencieux, exempts de fluides frigorigènes polluants et sans pièces mécaniques en mouvement (glacières portables, refroidissement de processeurs informatiques ou de photodétecteurs IR) ;
    • Régulation thermique de précision : stabilisation thermique ultra-précise et rapide de composants optoélectroniques sensibles (diodes laser de télécommunications) ou appareils de laboratoire (thermocycleurs pour amplification ADN par PCR), la simple inversion du sens du courant permettant de basculer instantanément du refroidissement au chauffage.
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.