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Corrigé détaillé Polytechnique Physique A PC 2023

Forger les métaux grâce à l'induction électromagnétique

Ce sujet d'une remarquable cohérence physique aborde le principe du chauffage par induction électromagnétique d'une pièce d'acier en forge industrielle. Il propose une étude multiphysique complète et progressive articulée en trois volets majeurs : la thermométrie optique et le rayonnement thermique (corps noir, corps gris, perception colorimétrique), la pénétration électromagnétique harmonique dans un métal conducteur ferromagnétique (effet de peau et dissipation volumique par effet Joule), puis la réponse thermique instationnaire résolue de façon originale grâce à l'outil de la transformée de Laplace.

D'un niveau d'exigence élevé propre aux concours X-ENS, l'épreuve mobilise une grande rigueur dans les bilans locaux et les conditions aux limites (Fourier, Newton, Stefan-Boltzmann), tout en testant la capacité du candidat à exploiter des comportements asymptotiques. C'est un problème incontournable pour réviser simultanément l'ARQS magnétique dans les milieux conducteurs et les transferts thermiques couplés.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie 1 : Rayonnement de l'acier chauffé et température de couleur

1.1 · Modèle du corps noir

Question 1

La loi de Wien permet de relier la longueur d'onde correspondant au maximum d'irradiance lumineuse donné par la loi de Planck en fonction de la température de surface du corps noir chauffé :

Démontrer cette loi à partir de la loi de Planck, en calculant une valeur approchée de l'extremum. On considèrera que la solution de l'équation vaut .

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Effectuer le changement de variable sans dimension x = \frac{hc}{\lambda k_B T} dans l'expression de l'irradiance spectrale de Planck et annuler la dérivée première par rapport à x.

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  1. Exprimer l'irradiance spectrale L^0(\lambda, T) à température T fixée à l'aide de la variable sans dimension x = \frac{hc}{\lambda k_B T}.
  2. Annuler la dérivée de L^0 par rapport à \lambda (ou par rapport à x) pour déterminer la condition vérifiée au maximum d'émission.
  3. Exploiter l'approximation x \approx 5 fournie pour en déduire la relation de proportionnalité entre \lambda_{\max} et T^{-1}, puis calculer la constante de Wien avec les données numériques du texte.
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L'irradiance spectrale du corps noir est donnée par la loi de Planck :

L^0(\lambda, T) = \frac{2\pi h c^2}{\lambda^5} \frac{1}{\mathrm{e}^{\frac{hc}{\lambda k_B T}} - 1}

Introduisons la variable adimensionnée :

x = \frac{hc}{\lambda k_B T} \quad \implies \quad \lambda = \frac{hc}{k_B T} \frac{1}{x}

La fonction L^0(\lambda, T) se réécrit à température T fixée :

L^0(\lambda, T) = \frac{2\pi (k_B T)^5}{h^4 c^3} \, \frac{x^5}{\mathrm{e}^x - 1}

Comme \lambda décroît strictement avec x, le maximum de L^0 par rapport à \lambda s'obtient en annulant la dérivée de L^0 par rapport à \lambda :

\frac{\partial L^0}{\partial \lambda} = \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}\lambda} \frac{\partial L^0}{\partial x} = -\frac{x}{\lambda} \frac{\partial L^0}{\partial x} = 0 \iff \frac{\partial L^0}{\partial x} = 0

Dérivons la fonction g(x) = \frac{x^5}{\mathrm{e}^x - 1} par rapport à x :

\begin{aligned} g'(x) &= \frac{5 x^4 (\mathrm{e}^x - 1) - x^5 \mathrm{e}^x}{(\mathrm{e}^x - 1)^2} = \frac{x^4 \mathrm{e}^x}{(\mathrm{e}^x - 1)^2} \left[ 5(1 - \mathrm{e}^{-x}) - x \right] \end{aligned}

Pour x > 0, l'annulation de la dérivée conduit à la relation :

\begin{aligned} 5(1 - \mathrm{e}^{-x}) - x = 0 \iff \mathrm{e}^{-x} = 1 - \frac{x}{5} \end{aligned}

L'énoncé indique que la solution de cette équation transcendante vaut x \approx 5 (la valeur numérique exacte étant x_0 \approx 4{,}965). Par définition de x, à l'extremum \lambda = \lambda_{\max} :

\frac{hc}{\lambda_{\max} k_B T} = x_0 \implies \lambda_{\max} T = \frac{hc}{x_0 k_B}

Calculons la constante associée en prenant l'air (ou le vide) pour lequel l'indice de réfraction vaut n = 1, soit c = c_0 = 3{,}00 \cdot 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

  • avec la valeur précise x_0 \approx 4{,}965 :

    \lambda_{\max} T = \frac{6{,}63 \cdot 10^{-34} \times 3{,}00 \cdot 10^8}{4{,}965 \times 1{,}38 \cdot 10^{-23}} \approx 2{,}899 \cdot 10^{-3}\text{ K}\cdot\text{m}
  • avec l'approximation suggérée x \approx 5 :

    \lambda_{\max} T \approx \frac{6{,}63 \cdot 10^{-34} \times 3{,}00 \cdot 10^8}{5 \times 1{,}38 \cdot 10^{-23}} \approx 2{,}88 \cdot 10^{-3}\text{ K}\cdot\text{m}

On retrouve ainsi la loi du déplacement de Wien :

\boxed{\lambda_{\max} \times T = 2{,}899 \cdot 10^{-3}\text{ K}\cdot\text{m}}

Résultat

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Question 2

On peut également démontrer une autre loi à partir de la loi de Planck, la loi de Stefan-Boltzmann. En intégrant la loi de Planck sur l'ensemble du spectre électromagnétique, montrer que la puissance surfacique rayonnée se met sous la forme :

Donnée :

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Intégrer L^0(\lambda, T) sur \lambda \in [0, +\infty[ en effectuant le même changement de variable x = \frac{hc}{\lambda k_B T} et utiliser l'intégrale définie fournie.

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  1. Exprimer la puissance surfacique totale rayonnée P_{\text{ray}} par intégration de l'irradiance spectrale L^0(\lambda, T) sur l'ensemble des longueurs d'onde du spectre électromagnétique (\lambda \in [0, +\infty[).
  2. Effectuer le changement de variable sans dimension x = \frac{hc}{\lambda k_B T} afin de faire apparaître l'intégrale définie fournie dans les données.
  3. Identifier la constante de Stefan-Boltzmann \sigma_0 en factorisant par T^4.
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La puissance surfacique totale émise par le corps noir s'obtient en intégrant la loi de Planck sur toutes les longueurs d'onde du spectre :

P_{\text{ray}} = \int_0^{+\infty} L^0(\lambda, T) \, \mathrm{d}\lambda = \int_0^{+\infty} \frac{2\pi h c^2}{\lambda^5} \frac{1}{\mathrm{e}^{\frac{hc}{\lambda k_B T}} - 1} \, \mathrm{d}\lambda

Introduisons le changement de variable sans dimension :

x = \frac{hc}{\lambda k_B T} \quad \implies \quad \lambda = \frac{hc}{k_B T} \frac{1}{x} \quad \text{et} \quad \mathrm{d}\lambda = -\frac{hc}{k_B T} \frac{\mathrm{d}x}{x^2}

Pour les bornes d'intégration :

  • lorsque \lambda \to 0, x \to +\infty ;
  • lorsque \lambda \to +\infty, x \to 0.

En réinjectant ces expressions dans l'intégrale :

\begin{aligned} P_{\text{ray}} &= \int_{+\infty}^0 2\pi h c^2 \left( \frac{k_B T}{hc} x \right)^5 \frac{1}{\mathrm{e}^x - 1} \left( -\frac{hc}{k_B T} \frac{\mathrm{d}x}{x^2} \right) \\ &= 2\pi h c^2 \left( \frac{k_B T}{hc} \right)^4 \int_0^{+\infty} \frac{x^3}{\mathrm{e}^x - 1} \, \mathrm{d}x \end{aligned}

D'après l'intégrale fournie en donnée de l'énoncé, \displaystyle \int_0^{+\infty} \frac{x^3}{\mathrm{e}^x - 1} \, \mathrm{d}x = \frac{\pi^4}{15}. On en déduit :

\begin{aligned} P_{\text{ray}} &= 2\pi h c^2 \frac{k_B^4 T^4}{h^4 c^4} \times \frac{\pi^4}{15} \\ &= \left( \frac{2\pi^5 k_B^4}{15 h^3 c^2} \right) T^4 \end{aligned}

On retrouve bien la loi de Stefan-Boltzmann :

\boxed{P_{\text{ray}} = \sigma_0 T^4 \quad \text{avec} \quad \sigma_0 = \frac{2\pi^5 k_B^4}{15 h^3 c^2}}

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Question 3

D'après la loi de Planck, quelle est la longueur d'onde maximale d'émission pour une température de chauffe de ? Quelle puissance surfacique de ce spectre est située dans le domaine visible ? Discuter de la cohérence de vos résultats à l'aide de la figure 2.

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Appliquer directement la loi de Wien pour calculer \lambda_{\max} à 1000\text{ K}, puis situer le domaine visible (0{,}4 - 0{,}8\,\mu\text{m}) par rapport à l'intervalle contenant 98% de l'énergie.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la loi de déplacement de Wien établie en Q1 pour déterminer la longueur d'onde du maximum d'émission \lambda_{\max} à T = 1000\text{ K}.
  2. Évaluer la puissance surfacique totale par la loi de Stefan-Boltzmann, puis estimer la fraction ou la valeur de la puissance émise dans le domaine visible ([0{,}4\,\mu\text{m} ; 0{,}75\,\mu\text{m}]) à l'aide de la propriété des 98\,\% et de la figure 2.
  3. Confronter ces valeurs aux caractéristiques de la courbe isotherme T = 1000\text{ K} de la figure 2 (position du pic et niveau d'irradiance dans la bande visible).
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1. Longueur d'onde maximale d'émission :

D'après la loi de Wien établie à la question Q1 :

\lambda_{\max} \, T = 2{,}899 \cdot 10^{-3}\text{ m}\cdot\text{K}

Pour une température T = 1000\text{ K}, on obtient :

\lambda_{\max} = \frac{2{,}899 \cdot 10^{-3}}{1000} = 2{,}899 \cdot 10^{-6}\text{ m}
\boxed{\lambda_{\max} \approx 2{,}90\,\mu\text{m}}

Cette longueur d'onde se situe dans le domaine infrarouge (proche/moyen IR).

2. Puissance surfacique dans le domaine visible :

La puissance surfacique totale émise sur tout le spectre est donnée par la loi de Stefan-Boltzmann (Q2) :

P_{\text{tot}} = \sigma_0 T^4 = 5{,}67 \cdot 10^{-8} \times (1000)^4 \approx 5{,}67 \cdot 10^4\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} \approx 57\text{ kW}\cdot\text{m}^{-2}

D'après l'énoncé, 98\,\% de l'énergie rayonnée est contenue dans l'intervalle :

\left[ \frac{\lambda_{\max}}{2} \,;\, 8\lambda_{\max} \right] = [1{,}45\,\mu\text{m} \,;\, 23{,}2\,\mu\text{m}]

Le domaine visible, s'étendant d'\approx 0{,}4\,\mu\text{m} à 0{,}75\,\mu\text{m}, est entièrement situé en dessous de \lambda_{\max}/2 = 1{,}45\,\mu\text{m}. La puissance émise aux longueurs d'onde plus courtes que \lambda_{\max}/2 représente tout au plus 1\,\% du rayonnement total.

En réalité, dans le domaine visible, la décroissance exponentielle de Wien est très forte (x = \frac{hc}{\lambda k_B T} \approx 19 à 0{,}75\,\mu\text{m}). Par lecture sur la figure 2 pour T = 1000\text{ K} :

  • pour \lambda \leqslant 0{,}6\,\mu\text{m}, l'irradiance spectrale est quasi nulle (L^0 \ll 1\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\mu\text{m}^{-1}) ;
  • au voisinage de \lambda = 0{,}75\,\mu\text{m}, l'irradiance spectrale atteint de l'ordre de 10\text{ à }50\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\mu\text{m}^{-1}.

En intégrant grossièrement sur la tranche visible utile \Delta \lambda \approx 0{,}15\,\mu\text{m} :

P_{\text{vis}} = \int_{\text{visible}} L^0(\lambda, T)\,\mathrm{d}\lambda \sim \frac{1}{2} \times 50 \times 0{,}15 \approx \text{quelques }\text{W}\cdot\text{m}^{-2}
\boxed{P_{\text{vis}} \sim 1 \text{ à } 10\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} \quad \left(\text{soit moins de } 0{,}02\,\% \text{ de la puissance totale}\right)}

3. Discussion de la cohérence avec la figure 2 :

  • Le sommet de la courbe isotherme 1000\text{ K} est bien localisé légèrement avant 3\,\mu\text{m} sur l'axe des abscisses, en parfait accord avec \lambda_{\max} \approx 2{,}9\,\mu\text{m}.
  • La bande du domaine visible (zone colorée entre 0{,}4\,\mu\text{m} et 0{,}75\,\mu\text{m}) se situe sur la queue gauche de la distribution. L'irradiance y est extrêmement faible par rapport au pic (10^4\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\mu\text{m}^{-1}), et ne décolle qu'à l'extrême bord rouge. Le rayonnement est donc quasi-intégralement émis dans l'infrarouge.

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Question 4

Le spectre observé à est-il en accord avec la couleur jaune-orangée observée ?

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Constater que le maximum d'émission se situe dans l'infrarouge proche et que seule la queue du spectre à courte longueur d'onde déborde sur le visible, principalement dans le rouge.

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  1. Examiner la répartition de l'irradiance spectrale L^0(\lambda, T) à T = 1000\text{ K} dans le domaine du visible (\lambda \in [400\text{ nm}\,;\,750\text{ nm}]).
  2. Confronter cette répartition à la position du maximum d'émission global (\lambda_{\max} \approx 2{,}9\,\mu\text{m}) et à la perception visuelle de la couleur.
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D'après les questions précédentes, pour une température de T = 1000\text{ K} :

  • Le maximum global d'irradiance spectrale est situé dans l'infrarouge lointain : \lambda_{\max} \approx 2{,}90\,\mu\text{m}. La couleur observée ne peut donc pas correspondre au maximum d'émission de la loi de Planck/Wien, qui est invisible à l'œil nu.
  • Dans le domaine visible (\lambda \in [0{,}4\,\mu\text{m}\,;\,0{,}75\,\mu\text{m}]), la condition \lambda \ll \lambda_{\max} implique que l'on se situe sur l'aile exponentielle croissante du spectre (régime de Wien) :

    \frac{\partial L^0}{\partial \lambda} > 0 \quad \text{sur tout le domaine visible.}

Par conséquent :

  • L'émission est quasi-nulle dans le violet et le bleu (\lambda \approx 400-500\text{ nm}).
  • Elle commence à être notable dans le vert et le jaune (\lambda \approx 550-600\text{ nm}).
  • Elle est maximale, au sein du spectre visible, pour les plus grandes longueurs d'onde, c'est-à-dire le rouge et l'orange (\lambda \approx 600-750\text{ nm}).

Le rayonnement visible émis par le corps noir à 1000\text{ K} est donc quasi exclusivement composé de rayonnements rouge, orangé et d'un peu de jaune.

\boxed{\text{Le spectre émis à } 1000\text{ K dans le visible est bien en accord qualitatif avec la couleur rouge/jaune-orangée observée.}}

Résultat

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1.2 · Modèle du corps gris

Question 5

Dans le cas du premier modèle, où l'émissivité est supposée constante, décrire comment évoluent les lois de Wien et de Stefan-Boltzmann. Tracer alors sur un même graphique l'allure du spectre du corps noir et celui du corps gris avec .

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Multiplier la loi de Planck par une constante \epsilon < 1 indépendante de \lambda : en déduire la position inchangée de l'extremum et la modification de l'intégrale totale.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'irradiance spectrale L(\lambda, T) du corps gris en fonction de celle du corps noir L^0(\lambda, T) pour une émissivité \epsilon constante.
  2. Étudier la position du maximum pour en déduire la forme de la loi de Wien.
  3. Intégrer sur l'ensemble du spectre pour obtenir la loi de Stefan-Boltzmann modifiée.
  4. Tracer les deux allures spectrales sur un graphe en mettant en évidence l'invariance de \lambda_{\max} et le facteur d'échelle 0{,}7.
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D'après la définition de l'émissivité, le spectre d'émission d'un corps gris à émissivité constante \epsilon s'écrit :

L(\lambda, T) = \epsilon L^0(\lambda, T)

Évolution de la loi de Wien La constante \epsilon > 0 étant indépendante de \lambda, la dérivée par rapport à \lambda s'écrit :

\frac{\partial L}{\partial \lambda}(\lambda, T) = \epsilon \frac{\partial L^0}{\partial \lambda}(\lambda, T)

L'annulation de cette dérivée intervient pour la même longueur d'onde que pour le corps noir. Ainsi, la position du maximum d'émission \lambda_{\max} n'est pas modifiée :

\boxed{\lambda_{\max} \times T = 2{,}899 \cdot 10^{-3}\text{ K}\cdot\text{m}}

La loi de déplacement de Wien reste donc inchangée. En revanche, la valeur maximale de l'irradiance spectrale est réduite d'un facteur \epsilon :

L_{\max}(T) = \epsilon L^0_{\max}(T)

Évolution de la loi de Stefan-Boltzmann La puissance surfacique totale émise s'obtient en intégrant L(\lambda, T) sur tout le spectre :

\begin{aligned} P_{\text{ray}} &= \int_{0}^{+\infty} L(\lambda, T)\,\mathrm{d}\lambda \\ &= \epsilon \int_{0}^{+\infty} L^0(\lambda, T)\,\mathrm{d}\lambda \end{aligned}

En utilisant le résultat de la loi de Stefan-Boltzmann établi à la question 2 :

\boxed{P_{\text{ray}} = \epsilon \sigma_0 T^4}

La puissance totale émise est directement proportionnelle à l'émissivité \epsilon.

Allure des spectres Pour \epsilon_{\text{acier}} = 0{,}7, la courbe du corps gris se déduit de celle du corps noir par une affinité verticale de rapport 0{,}7, en conservant rigoureusement le même extremum en \lambda_{\max} :

Résultat

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Question 6

Dans le cas du deuxième modèle, on suppose que l'émissivité dépend de la température. Cette variation est caractérisée par la loi empirique suivante :

Pour une température de , estimer , la déviation subie par suivant ce modèle. Qu'en est-il de la loi de Stefan ? Ces changements éventuels permettent-ils de relier directement la loi de Wien à la couleur observée du métal chauffé ?

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Remplacer la valeur de T = 1000\text{ K} dans la relation empirique pour évaluer le terme a - bT et en déduire l'écart relatif sur la longueur d'onde du pic.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \lambda'_{\max} à partir de la loi empirique fournie pour T = 1000\text{ K}, puis en déduire le décalage (absolu et relatif) par rapport à \lambda_{\max}.
  2. Analyser l'impact d'une émissivité dépendant de la température sur la loi de Stefan-Boltzmann P_{\text{ray}}(T).
  3. Comparer \lambda'_{\max} au domaine visible afin de conclure quant au lien entre maximum d'émission et couleur perçue.
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1. Estimation de \lambda'_{\max} et de la déviation à T = 1000\text{ K} :

La loi empirique s'écrit :

\frac{hc}{\lambda'_{\max} k_B T} = a - bT

Pour T = 1000\text{ K}, avec a = 5 et b = 6\cdot 10^{-4}\text{ K}^{-1} :

a - bT = 5 - 6\cdot 10^{-4} \times 1000 = 5 - 0{,}6 = 4{,}4

Or, d'après la question 1, le maximum du corps noir vérifiait \frac{hc}{\lambda_{\max} k_B T} \approx 5, d'où :

\lambda'_{\max} = \frac{5}{a - bT}\,\lambda_{\max} = \frac{5}{4{,}4}\,\lambda_{\max} \approx 1{,}14\,\lambda_{\max}

Avec \lambda_{\max}(1000\text{ K}) \approx 2{,}90\,\mu\text{m} :

\lambda'_{\max} = \frac{5}{4{,}4} \times 2{,}90\,\mu\text{m} \approx 3{,}3\,\mu\text{m}

La déviation subie est un décalage vers les grandes longueurs d'onde :

\Delta \lambda_{\max} = \lambda'_{\max} - \lambda_{\max} \approx +0{,}4\,\mu\text{m} \quad (\text{soit } +14\,\%)
\boxed{\lambda'_{\max} \approx 3{,}3\,\mu\text{m} \quad \text{et} \quad \Delta \lambda_{\max} \approx +0{,}4\,\mu\text{m}}

2. Conséquence sur la loi de Stefan-Boltzmann :

Si l'émissivité dépend de la température, \epsilon = \epsilon(T), la puissance totale surfacique rayonnée s'écrit :

P_{\text{ray}}(T) = \epsilon(T)\,\sigma_0 T^4

La dépendance globale en température n'est donc plus rigoureusement en T^4. Pour les métaux, l'émissivité augmente généralement avec la température, ce qui conduit à une croissance de P_{\text{ray}} plus rapide qu'en T^4.

3. Lien direct entre la loi de Wien et la couleur observée :

À 1000\text{ K}, le maximum d'émission \lambda'_{\max} \approx 3{,}3\,\mu\text{m} est situé encore plus profondément dans l'infrarouge que celui du corps noir (2{,}9\,\mu\text{m}). Il reste très éloigné du domaine visible (0{,}4\text{ µ m} \le \lambda \le 0{,}8\text{ µ m}).

Par conséquent, ces changements ne permettent absolument pas de relier directement la loi de Wien à la couleur observée : la couleur perçue (jaune-orangé) ne correspond pas au maximum d'émission du spectre, mais à la distribution spectrale perçue par l'œil dans l'étroite bande du visible.

Résultat

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1.3 · La température de couleur, l'outil du forgeron

Question 7

Représenter l'allure du spectre d'un corps noir chauffé à . Superposer sur le même graphique l'allure des fonctions colorimétriques de l'œil. Interpréter la couleur rouge-orangée observée de l'acier lorsqu'il est chauffé à en intégrant le spectre émis avec une pondération donnée par les fonctions colorimétriques de l'œil. À quelle température de couleur cela correspond-il ?

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Multiplier point par point le spectre émis à 1000\text{ K} par les trois courbes de sensibilité des cônes (S, M, L) et comparer les aires sous les courbes pour justifier la dominante perçue.

Voir la stratégie
  1. Tracer qualitativement le spectre d'émission d'un corps noir à T = 1000\text{ K} (maximum dans l'infrarouge à \lambda_{\max} \approx 2{,}9\,\mu\text{m}, très faible queue dans le visible) et les sensibilités spectrales des trois types de cônes de l'œil (bleu vers 440\text{ nm}, vert vers 540\text{ nm}, rouge vers 570\text{ nm}).
  2. Interpréter la couleur perçue en effectuant l'intégration pondérée du spectre par les réponses colorimétriques de l'œil.
  3. Relier la couleur rouge-orangée observée à la notion de température de couleur définie dans l'énoncé.
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1. Représentation graphique :

À T = 1000\text{ K}, le maximum d'irradiance spectrale se situe dans l'infrarouge à \lambda_{\max} \approx 2{,}9\,\mu\text{m} = 2900\text{ nm} (question Q3). Dans le domaine visible (380\text{ nm} \le \lambda \le 780\text{ nm}), l'irradiance spectrale L^0(\lambda, T) est une fonction strictement croissante de \lambda.

2. Interprétation de la couleur perçue :

La stimulation de chacun des types de cônes (notés B, V, R) résulte de l'intégrale du spectre émis pondéré par leur sensibilité spectrale respective s_i(\lambda) :

S_i = \int_{\text{visible}} L(\lambda, T)\, s_i(\lambda)\,\mathrm{d}\lambda \quad \text{pour } i \in \{B, V, R\}

Dans le domaine visible, la loi de Planck à 1000\text{ K} vérifie l'approximation de Wien (\frac{hc}{\lambda k_B T} \gg 1) :

L^0(\lambda, 1000\text{ K}) \approx \frac{2\pi h c^2}{\lambda^5} \exp\left(-\frac{hc}{\lambda k_B T}\right)

Cette fonction croît de plusieurs ordres de grandeur entre le bleu (400\text{ nm}) et le rouge (700\text{ nm}). Ainsi :

  • L^0(\lambda, 1000\text{ K}) est quasi-nulle dans la bande de réponse des cônes bleus : S_B \approx 0 ;
  • elle commence à croître légèrement au niveau de la bande des cônes verts : S_V est faible mais non nulle ;
  • elle atteint des valeurs nettement plus élevées dans la bande des cônes rouges : S_R \gg S_V \gg S_B.

L'œil reçoit ainsi une forte stimulation des récepteurs rouges, une faible stimulation des récepteurs verts et quasiment aucune des récepteurs bleus. En synthèse additive, le mélange d'une forte composante rouge et d'une faible composante verte donne précisément une sensation de couleur rouge-orangée.

3. Température de couleur :

D'après la définition du texte, la température de couleur T_c est la température d'un corps noir dont le maximum d'irradiance spectrale se situerait dans le domaine correspondant à la couleur perçue, c'est-à-dire dans le rouge-orangé (\lambda_{\max} \approx 650 \text{ à } 700\text{ nm}).

Par la loi de Wien :

T_c = \frac{2{,}899 \cdot 10^{-3}}{\lambda_{\max}} \approx \frac{2{,}9 \cdot 10^{-3}}{650 \text{ à } 700 \cdot 10^{-9}} \approx 4100 \text{ à } 4500\text{ K}
\boxed{T_c \approx 4000 \text{ à } 4500\text{ K}}

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Partie 2 : Problème électromagnétique

2.1 · Inducteur placé au dessus d'une plaque semi-infinie

Question 8

Donner la relation reliant les courants induits en fonction du champ électrique en prenant soin de d'étailler la constante introduite et ses unités.

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Écrire la relation phénoménologique locale traduisant la conduction ohmique au sein du métal en précisant le symbole et l'unité SI de la conductivité électrique.

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Dans un conducteur ohmique tel que l'acier, la densité volumique de courant induit \vec{J} est reliée au champ électrique local \vec{E} par la loi d'Ohm locale :

\boxed{\vec{J} = \sigma \vec{E}}

où :

  • \sigma est la conductivité électrique du matériau ;
  • son unité dans le Système International est le siemens par mètre (\text{S}\cdot\text{m}^{-1}), équivalent à l'\Omega^{-1}\cdot\text{m}^{-1} (ou \text{A}\cdot\text{V}^{-1}\cdot\text{m}^{-1}, soit en unités de base \text{A}^{2}\cdot\text{s}^{3}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{m}^{-3}).

Résultat

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Question 9

Définir les symétries et invariances du système afin de réduire le nombre de composantes non nulles et leurs dépendances.

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Analyser les invariances par translation dans le plan de l'interface et utiliser les plans de symétrie du champ d'excitation pour fixer les directions respectives de \vec{B} et \vec{E}.

Voir la stratégie
  1. Exploiter les invariances par translation pour restreindre la dépendance spatiale des champs à la seule variable z.
  2. Utiliser la condition de flux conservatif (\operatorname{div}\vec{B} = 0) et les symétries des sources pour déterminer la direction de \vec{B}.
  3. En déduire les composantes de \vec{E} et \vec{J} via l'équation de Maxwell-Ampère et la loi d'Ohm locale.
Voir le corrigé complet

1. Invariances : La plaque d'acier occupe le demi-espace z > 0, invariant par toute translation parallèle au plan frontière (Oxy). De plus, l'inducteur génère un champ magnétique homogène sur toute la surface z = 0.

Le système est donc invariant par translation selon les axes (Ox) et (Oy). Par conséquent, toutes les grandeurs physiques ne dépendent spatialement que de la coordonnée z (et du temps t) :

\vec{B} = \vec{B}(z,t), \quad \vec{E} = \vec{E}(z,t), \quad \vec{J} = \vec{J}(z,t).

2. Composantes du champ magnétique \vec{B} :

  • D'après l'équation de Maxwell-Thomson :

    \operatorname{div}\vec{B} = \frac{\partial B_x}{\partial x} + \frac{\partial B_y}{\partial y} + \frac{\partial B_z}{\partial z} = \frac{\partial B_z}{\partial z} = 0

    Ainsi, B_z(z,t) est uniforme dans la plaque. Comme le champ imposé en surface z=0 est purement tangentiel le long de (Ox) (et que le champ s'annule à l'infini z \to +\infty), on en déduit que :

    B_z(z,t) = 0.
  • Un champ magnétique orienté suivant (Ox) est produit par des courants d'excitation circulant selon l'axe (Oy). Tout plan (x, y_0, z) parallèle à (xOz) est orthogonal aux courants, c'est donc un plan d'antisymétrie \Pi^* pour la distribution des courants.

    Le champ magnétique étant un pseudovectoriel, il est nécessairement parallèle aux plans d'antisymétrie des courants en tout point de ceux-ci, ce qui impose B_y(z,t) = 0.

Le champ magnétique n'a donc qu'une unique composante non nulle :

\boxed{\vec{B}(z,t) = B_x(z,t)\,\vec{u}_x}

3. Composantes du champ électrique \vec{E} et du courant \vec{J} : D'après l'équation de Maxwell-Ampère et la loi d'Ohm locale \vec{J} = \sigma \vec{E} :

\vec{\operatorname{rot}}\vec{B} = \begin{vmatrix} \vec{u}_x \\ \vec{u}_y \\ \vec{u}_z \end{vmatrix} \wedge \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ \dfrac{\partial}{\partial z} \end{pmatrix} \wedge \begin{pmatrix} B_x(z,t) \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix} = \frac{\partial B_x}{\partial z}\,\vec{u}_y = \mu_0\mu_r \vec{J} = \mu_0\mu_r\sigma \vec{E}

Par conséquent, \vec{E} et \vec{J} ne possèdent qu'une composante non nulle selon \vec{u}_y :

\boxed{\vec{E}(z,t) = E_y(z,t)\,\vec{u}_y \quad \text{et} \quad \vec{J}(z,t) = J_y(z,t)\,\vec{u}_y}

Résultat

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Question 10

Établir l'équation vérifiée par l'unique composante non nulle du champ lorsque l'excitation est sinusoïdale à la pulsation (on choisira la convention ).

Voir l'indice

Prendre le rotationnel de la loi de Maxwell-Faraday en combinant avec la loi de Maxwell-Ampère dans l'ARQSM, en adoptant la convention temporelle e^{-j\omega t}.

Voir la stratégie
  1. Combiner l'équation de Maxwell-Ampère (avec la loi d'Ohm locale) et l'équation de Maxwell-Faraday pour obtenir l'équation de propagation (équation de diffusion / équation de peau).
  2. Projeter cette équation sur la direction \vec{u}_x en tenant compte de la géométrie 1D établie à la question Q9.
  3. Utiliser la convention de notation complexe imposée \vec{B}(\vec{r}, t) = \vec{B}(z) e^{-j\omega t} pour remplacer la dérivation temporelle par le facteur -j\omega.
Voir le corrigé complet

D'après la loi d'Ohm locale établie à la question Q8, \vec{J} = \sigma \vec{E}. L'équation de Maxwell-Ampère dans le milieu s'écrit alors :

\vec{\operatorname{rot}} \vec{B} = \mu_0 \mu_r \sigma \vec{E}

En prenant le rotationnel de cette équation et en utilisant l'identité vectorielle \vec{\operatorname{rot}}(\vec{\operatorname{rot}} \vec{B}) = \vec{\nabla}(\operatorname{div}\vec{B}) - \Delta \vec{B} ainsi que \operatorname{div} \vec{B} = 0, on obtient :

-\Delta \vec{B} = \mu_0 \mu_r \sigma \vec{\operatorname{rot}} \vec{E}

En injectant l'équation de Maxwell-Faraday \vec{\operatorname{rot}} \vec{E} = -\dfrac{\partial \vec{B}}{\partial t}, il vient l'équation de diffusion magnétique :

\Delta \vec{B} = \mu_0 \mu_r \sigma \frac{\partial \vec{B}}{\partial t}

D'après l'étude des symétries et invariances menée à la question Q9, le champ magnétique ne possède qu'une composante selon l'axe (Ox) et ne dépend que de la coordonnée z :

\vec{B}(z, t) = B_x(z, t) \, \vec{u}_x

Le laplacien vectoriel se réduit donc à la dérivée seconde spatiale :

\Delta \vec{B} = \frac{\partial^2 B_x}{\partial z^2} \vec{u}_x

En régime sinusoïdal permanent avec la convention de l'énoncé \vec{B}(z, t) = B(z) e^{-j\omega t} \, \vec{u}_x (où l'on note simplement B(z) = B_x(z) l'amplitude complexe), la dérivée temporelle se traduit par :

\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} = -j\omega \vec{B}

L'amplitude complexe B(z) vérifie par conséquent l'équation différentielle ordinaire :

\boxed{\frac{\mathrm{d}^2 B(z)}{\mathrm{d}z^2} + j \omega \mu_0 \mu_r \sigma B(z) = 0}

Résultat

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Question 11

Déterminer la solution de cette équation (en introduisant la valeur de en ). On prendra soin d'introduire une épaisseur de peau à définir.

Voir l'indice

Rechercher les solutions sous la forme d'ondes planes amorties progressant vers les z croissants et poser la longueur d'atténuation caractéristique sous la forme canonique de l'épaisseur de peau.

Voir la stratégie
  1. Résoudre l'équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants obtenue à la question Q10 en déterminant les racines de l'équation caractéristique associée.
  2. Identifier et définir l'épaisseur de peau \delta.
  3. Appliquer les conditions aux limites : le milieu occupant le demi-espace z > 0, le champ doit rester borné lorsque z \to +\infty, et vaut B_s en z = 0.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q10, l'amplitude complexe B(z) vérifie l'équation différentielle :

\frac{\mathrm{d}^2 B(z)}{\mathrm{d}z^2} + j \omega \mu_0 \mu_r \sigma B(z) = 0

L'équation caractéristique associée s'écrit :

r^2 + j \omega \mu_0 \mu_r \sigma = 0 \iff r^2 = -j \omega \mu_0 \mu_r \sigma = \omega \mu_0 \mu_r \sigma \, \mathrm{e}^{-j\frac{\pi}{2}}

Les deux racines de cette équation sont :

r = \pm \sqrt{\omega \mu_0 \mu_r \sigma} \, \mathrm{e}^{-j\frac{\pi}{4}} = \pm \sqrt{\frac{\omega \mu_0 \mu_r \sigma}{2}} (1 - j)

On introduit l'épaisseur de peau \delta, homogène à une longueur, définie par :

\delta = \sqrt{\frac{2}{\mu_0 \mu_r \sigma \omega}}

Les deux racines s'écrivent alors :

r = \pm \frac{1 - j}{\delta}

La forme générale de la solution est donc :

B(z) = C_1 \, \mathrm{e}^{-\frac{1-j}{\delta}z} + C_2 \, \mathrm{e}^{+\frac{1-j}{\delta}z}

où C_1 et C_2 sont deux constantes d'intégration complexes.

  • Pour des raisons physiques, le champ doit rester fini lorsque z \to +\infty. Comme \operatorname{Re}\left(\frac{1-j}{\delta}z\right) = +\frac{z}{\delta} > 0, le second terme diverge exponentiellement : on a donc nécessairement C_2 = 0.
  • En surface (z = 0), on a B(0) = B_s, d'où C_1 = B_s.

La solution pour l'amplitude complexe du champ magnétique est donc :

\boxed{B(z) = B_s \, \mathrm{e}^{-\frac{z}{\delta}} \, \mathrm{e}^{j\frac{z}{\delta}}}

En revenant au champ réel avec la convention temporelle \vec{B}(z,t) = \operatorname{Re}\left(B(z)\mathrm{e}^{-j\omega t}\right)\vec{u}_x (en choisissant l'origine des temps telle que B_s soit réel) :

\vec{B}(z,t) = B_s \, \mathrm{e}^{-\frac{z}{\delta}} \cos\!\left(\frac{z}{\delta} - \omega t\right) \vec{u}_x = B_s \, \mathrm{e}^{-\frac{z}{\delta}} \cos\!\left(\omega t - \frac{z}{\delta}\right) \vec{u}_x

Résultat

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Question 12

Tracer l'évolution du module et discuter de l'influence de la fréquence et de la perméabilité relative du matériau.

Voir l'indice

Calculer le module de l'amplitude complexe obtenue et discuter de l'écrasement de la couche de pénétration lorsque la perméabilité relative \mu_r ou la fréquence augmente.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question 11, le champ magnétique dans le demi-espace conducteur z > 0 s'écrit sous la forme :

B(z) = B_s \, e^{-z/\delta} \, e^{j z/\delta}

avec B_s l'amplitude réelle positive du champ en z = 0. Le module du champ magnétique s'exprime donc simplement par :

\boxed{|B(z)| = B_s \, e^{-z/\delta}}

L'épaisseur de peau s'exprime en fonction des caractéristiques du système par :

\delta = \sqrt{\frac{2}{\mu_0 \mu_r \sigma \omega}} = \sqrt{\frac{1}{\pi \mu_0 \mu_r \sigma f}}

Influence de la fréquence \boldsymbol{f} (ou pulsation \boldsymbol{\omega}) : L'épaisseur de peau varie comme f^{-1/2}.

  • À haute fréquence, \delta diminue : le champ magnétique et les courants induits sont confinés dans une pellicule superficielle très mince à la surface de l'acier (effet de peau très marqué).
  • À basse fréquence, \delta est plus grande : le champ pénètre plus profondément dans le conducteur.

Influence de la perméabilité relative \boldsymbol{µ_r} du matériau : L'épaisseur de peau varie comme \mu_r^{-1/2}.

  • Pour un matériau ferromagnétique (\mu_r \gg 1, comme l'acier à température ambiante où \mu_r \sim 10^2 à 10^3), la pénétration est fortement réduite par rapport à un conducteur non magnétique (\mu_r \approx 1).
  • Cela entraîne une localisation accrue des courants induits et favorise une forte dissipation volumique superficielle par effet Joule, ce qui est particulièrement avantageux pour le chauffage par induction en forge.

Résultat

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Question 13

Montrer que la puissance volumique dissipée par effet Joule peut se mettre sous la forme :

Voir l'indice

Exprimer le champ électrique associé à partir du rotationnel de \vec{B}, puis injecter les amplitudes complexes dans la formule du vecteur de Poynting complexe fournie par l'énoncé.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ électrique \vec{E}(z) dans le conducteur à partir du champ magnétique \vec{B}(z) établi à la question Q11, en utilisant l'équation de Maxwell-Ampère (ou la loi d'Ohm locale).
  2. Calculer le produit vectoriel \vec{E} \wedge \vec{B}^* ainsi que sa norme.
  3. Identifier la dépendance spatiale en e^{-2z/\delta} pour en déduire l'expression de la constante P_0.
Voir le corrigé complet

D'après l'équation de Maxwell-Ampère dans l'acier (dans l'ARQS magnétique) et la loi d'Ohm locale (question Q8) :

\vec{\operatorname{rot}}\vec{B} = \mu_0 \mu_r \vec{J} = \mu_0 \mu_r \sigma \vec{E}

Sachant que \vec{B}(\vec{r},t) = B(z) \vec{u}_x, le rotationnel s'écrit :

\vec{\operatorname{rot}}\vec{B} = \frac{\mathrm{d}B}{\mathrm{d}z}\vec{u}_y

On en déduit l'expression du champ électrique complexe dans la plaque :

\vec{E}(z) = \frac{1}{\mu_0 \mu_r \sigma} \frac{\mathrm{d}B}{\mathrm{d}z}\vec{u}_y

D'après le résultat de la question Q11, l'amplitude complexe du champ magnétique s'écrit :

B(z) = B_s \exp\left(-\frac{1-j}{\delta}z\right)

ce qui donne pour sa dérivée spatiale :

\frac{\mathrm{d}B}{\mathrm{d}z} = -\frac{1-j}{\delta} B(z)

Le champ électrique s'écrit donc :

\vec{E}(z) = -\frac{1-j}{\mu_0 \mu_r \sigma \delta} B(z)\vec{u}_y

Calculons le produit vectoriel \vec{E} \wedge \vec{B}^* avec \vec{B}^*(z) = B^*(z)\vec{u}_x :

\vec{E} \wedge \vec{B}^* = E_y(z) B^*(z)\,(\vec{u}_y \wedge \vec{u}_x) = \frac{1-j}{\mu_0 \mu_r \sigma \delta} |B(z)|^2 \vec{u}_z

Sa norme vaut :

\|\vec{E} \wedge \vec{B}^*\| = \frac{|1-j|}{\mu_0 \mu_r \sigma \delta} |B(z)|^2 = \frac{\sqrt{2}}{\mu_0 \mu_r \sigma \delta} |B(z)|^2

Or, d'après la question Q12, |B(z)| = B_s e^{-z/\delta}, d'où |B(z)|^2 = B_s^2 e^{-2z/\delta}.

En injectant cette relation dans l'expression donnée par l'énoncé, on obtient :

P_J = \frac{1}{2\mu_0 \mu_r} \|\vec{E} \wedge \vec{B}^*\| = \frac{\sqrt{2} B_s^2}{2 (\mu_0 \mu_r)^2 \sigma \delta} e^{-\frac{2z}{\delta}}

Cette expression se met bien sous la forme demandée :

\boxed{P_J = P_0 e^{-\frac{2z}{\delta}} \quad \text{avec} \quad P_0 = \frac{B_s^2}{\sqrt{2}(\mu_0 \mu_r)^2 \sigma \delta} = \frac{\omega \delta B_s^2}{2\sqrt{2}\mu_0 \mu_r}}

où l'on a utilisé \mu_0 \mu_r \sigma = \frac{2}{\omega \delta^2}.

Résultat

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2.2 · Inducteur enroulé autour d'une plaque métallique

Question 14

En adaptant les équations de Maxwell à la nouvelle géométrie du problème (considérée comme infinie dans la direction ), déterminer l'équation vérifiée par le champ lorsque les bobines sont traversées par des courants sinusoïdaux à la pulsation .

Voir l'indice

Réécrire l'équation de Helmholtz vectorielle pour le champ \vec{B} = B_x(y,z)\vec{u}_x en tenant compte des deux dérivées spatiales transverses.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la direction et les dépendances spatiales du champ magnétique \vec{B} à partir des symétries et invariances de la nouvelle géométrie.
  2. Appliquer le rotationnel à l'équation de Maxwell-Ampère dans le conducteur en régime sinusoïdal de pulsation \omega (avec la convention e^{-j\omega t}).
  3. Établir l'équation différentielle vectorielle de diffusion magnétique, puis la projeter sur la composante non nulle.
Voir le corrigé complet

1. Symétries et invariances :

  • La bobine est enroulée autour de l'axe (Ox) et la géométrie est supposée infinie suivant (Ox) ; toutes les grandeurs physiques sont donc indépendantes de la coordonnée x : \dfrac{\partial}{\partial x} = 0.
  • Les spires conductrices parcourent des plans parallèles au plan (yOz). Tout plan orthogonal à (Ox) est donc un plan d'antisymétrie de la distribution de courant. Par propriété des pseudo-vecteurs, le champ magnétique \vec{B} est orthogonal à ces plans, d'où :

    \vec{B}(\vec{r}, t) = B(y, z) e^{-j\omega t} \, \vec{u}_x

    Cette forme vérifie immédiatement \operatorname{div} \vec{B} = \dfrac{\partial B}{\partial x} = 0.

2. Équation de diffusion dans le conducteur :

En régime sinusoïdal avec la convention temporelle e^{-j\omega t}, l'équation de Maxwell-Faraday devient :

\vec{\operatorname{rot}} \vec{E} = -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} = j\omega \vec{B}

L'équation de Maxwell-Ampère (dans le cadre de l'ARQS magnétique) s'écrit avec la loi d'Ohm locale \vec{J} = \sigma \vec{E} :

\vec{\operatorname{rot}} \vec{B} = \mu_0 \mu_r \sigma \vec{E}

Prenons le rotationnel de l'équation de Maxwell-Ampère :

\vec{\operatorname{rot}}(\vec{\operatorname{rot}} \vec{B}) = \mu_0 \mu_r \sigma \, \vec{\operatorname{rot}} \vec{E} = j \omega \mu_0 \mu_r \sigma \vec{B}

En utilisant l'identité vectorielle \vec{\operatorname{rot}}(\vec{\operatorname{rot}} \vec{B}) = \vec{\operatorname{grad}}(\operatorname{div} \vec{B}) - \Delta \vec{B} et sachant que \operatorname{div}\vec{B} = 0, on obtient l'équation de Helmholtz vérifiée par l'amplitude complexe du champ :

\Delta \vec{B} + j \omega \mu_0 \mu_r \sigma \vec{B} = \vec{0}

3. Équation scalaire vérifiée par B(y, z) :

Comme \vec{B} = B(y, z) \vec{u}_x, le laplacien vectoriel se réduit au laplacien scalaire :

\Delta \vec{B} = \left( \frac{\partial^2 B}{\partial y^2} + \frac{\partial^2 B}{\partial z^2} \right) \vec{u}_x

En introduisant l'épaisseur de peau \delta = \sqrt{\dfrac{2}{\mu_0 \mu_r \sigma \omega}}, l'équation vérifiée par B(y, z) s'écrit :

\boxed{\frac{\partial^2 B}{\partial y^2} + \frac{\partial^2 B}{\partial z^2} + j \omega \mu_0 \mu_r \sigma B = 0 \quad \iff \quad \frac{\partial^2 B}{\partial y^2} + \frac{\partial^2 B}{\partial z^2} + \frac{2j}{\delta^2} B = 0}

Résultat

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Question 15

Dans l'hypothèse d'une plaque mince () on peut négliger la dépendance suivant . Dans ce cas, écrire le champ magnétique dans la plaque. On notera à nouveau le champ magnétique à la surface.

Voir l'indice

Pour une plaque mince (h \ll d), négliger les variations selon y et exploiter la symétrie par rapport au plan médian z=0 pour ne retenir que la partie paire en cosinus hyperbolique complexe.

Voir la stratégie
  1. Exploiter l'hypothèse de plaque mince (h \ll d) pour éliminer la dépendance selon y dans l'équation de diffusion issue de la question 14.
  2. Écrire la solution générale de l'équation différentielle scalaire sous forme de fonctions hyperboliques en introduisant le nombre d'onde complexe \underline{k} = \frac{1-j}{\delta}.
  3. Déterminer les constantes d'intégration en imposant la valeur B_s du champ magnétique sur les deux faces externes de la plaque grâce aux conditions de symétrie.
Voir le corrigé complet

Dans l'hypothèse d'une plaque mince (h \ll d), les effets de bord latéraux selon y sont négligeables au sein du matériau. Le champ magnétique ne dépend donc plus de la coordonnée y : \frac{\partial \vec{B}}{\partial y} \approx \vec{0}.

L'équation établie à la question 14 se réduit alors à une équation différentielle unidimensionnelle selon z pour l'amplitude complexe B(z) (avec \vec{B}(z,t) = B(z)e^{-j\omega t}\vec{u}_x) :

\frac{\mathrm{d}^2 B}{\mathrm{d}z^2} + \frac{2j}{\delta^2} B(z) = 0

L'équation caractéristique associée s'écrit :

r^2 + \frac{2j}{\delta^2} = 0 \iff r^2 = -\frac{2j}{\delta^2} = \left(\frac{1-j}{\delta}\right)^2

Les deux racines sont donc r = \pm \underline{k} avec :

\underline{k} = \frac{1-j}{\delta}

En plaçant l'origine z = 0 au plan médian de la plaque (soit pour z \in [-h/2, \, h/2]), la solution générale s'exprime sous la forme :

B(z) = C_1 \cosh(\underline{k} z) + C_2 \sinh(\underline{k} z)

L'inducteur entourant symétriquement la plaque métallique, le champ magnétique extérieur tangentiel imposé à la surface est identique sur les deux faces :

B\left(-\frac{h}{2}\right) = B\left(\frac{h}{2}\right) = B_s

Par parité du problème par rapport au plan z = 0, la fonction B(z) doit être paire, ce qui impose C_2 = 0. La condition en z = h/2 donne alors :

C_1 \cosh\left(\underline{k}\frac{h}{2}\right) = B_s \implies C_1 = \frac{B_s}{\cosh\left(\underline{k}\frac{h}{2}\right)}

Le champ magnétique complexe au sein de la plaque s'écrit donc :

\boxed{B(z) = B_s \frac{\cosh(\underline{k} z)}{\cosh\left(\underline{k}\frac{h}{2}\right)} \quad \text{avec} \quad \underline{k} = \frac{1-j}{\delta}}

Remarque : si l'on conserve l'origine des cotes au bord inférieur de la plaque comme suggéré sur le schéma (z \in [0, h]), l'expression devient de façon équivalente :

\boxed{B(z) = B_s \frac{\cosh\left(\underline{k}\left(z - \frac{h}{2}\right)\right)}{\cosh\left(\underline{k}\frac{h}{2}\right)}}

Résultat

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Question 16

Exprimer le vecteur densité de courant .

Voir l'indice

Appliquer le théorème d'Ampère local \vec{J} = \frac{1}{\mu_0\mu_r}\vec{\mathrm{rot}}\,\vec{B} en dérivant l'expression spatiale du champ magnétique.

Voir la stratégie
  1. Utiliser l'équation de Maxwell-Ampère dans le conducteur en régime quasi-stationnaire pour relier le vecteur densité de courant \vec{J} au champ magnétique \vec{B}.
  2. Calculer le rotationnel de \vec{B}(z, t) = B(z)e^{-j\omega t}\vec{u}_x à partir de l'expression établie à la question précédente.
  3. Exprimer le vecteur densité de courant en notation complexe (puis temporelle si nécessaire).
Voir le corrigé complet

D'après l'équation de Maxwell-Ampère en régime quasi-stationnaire (courant de déplacement négligé) :

\vec{\operatorname{rot}} \vec{B} = \mu_0 \mu_r \vec{J} \implies \vec{J} = \frac{1}{\mu_0 \mu_r} \vec{\operatorname{rot}} \vec{B}

Le champ magnétique étant dirigé selon \vec{u}_x et ne dépendant que de z :

\vec{B}(z, t) = B(z) e^{-j\omega t} \vec{u}_x

Son rotationnel s'écrit en coordonnées cartésiennes :

\vec{\operatorname{rot}} \vec{B} = \left( \frac{\partial B_z}{\partial y} - \frac{\partial B_y}{\partial z} \right) \vec{u}_x + \left( \frac{\partial B_x}{\partial z} - \frac{\partial B_z}{\partial x} \right) \vec{u}_y + \left( \frac{\partial B_y}{\partial x} - \frac{\partial B_x}{\partial y} \right) \vec{u}_z = \frac{\partial B_x}{\partial z} \vec{u}_y

On en déduit que le vecteur densité de courant volumique est purement selon \vec{u}_y :

\underline{\vec{J}}(z, t) = \underline{J}_y(z) e^{-j\omega t} \vec{u}_y \quad \text{avec} \quad \underline{J}_y(z) = \frac{1}{\mu_0 \mu_r} \frac{\mathrm{d}B(z)}{\mathrm{d}z}

En utilisant l'expression du champ magnétique obtenue à la question Q15 :

B(z) = B_s \frac{\operatorname{ch}(\underline{k} z)}{\operatorname{ch}\left(\underline{k} \frac{h}{2}\right)} \quad \text{avec} \quad \underline{k} = \frac{1-j}{\delta}

La dérivée spatiale vaut :

\frac{\mathrm{d}B(z)}{\mathrm{d}z} = B_s \underline{k} \frac{\operatorname{sh}(\underline{k} z)}{\operatorname{ch}\left(\underline{k} \frac{h}{2}\right)}

On obtient ainsi l'amplitude complexe de la densité volumique de courant :

\boxed{\underline{\vec{J}}(z) = \frac{\underline{k} B_s}{\mu_0 \mu_r} \frac{\operatorname{sh}(\underline{k} z)}{\operatorname{ch}\left(\underline{k} \frac{h}{2}\right)} \vec{u}_y \quad \text{avec} \quad \underline{k} = \frac{1-j}{\delta}}

En introduisant le temps, le champ réel s'écrit :

\vec{J}(z, t) = \operatorname{Re}\left( \underline{\vec{J}}(z) e^{-j\omega t} \right)

Résultat

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Question 17

Montrer que la puissance dissipée par effet Joule sur une épaisseur de la plaque se met sous la forme : où est identique à celui de la question 13, est défini par et :

Voir l'indice

Calculer la puissance volumique moyenne \frac{1}{2\sigma}|\vec{J}|^2 et l'intégrer sur l'épaisseur [-h/2, h/2] en linéarisant les produits de fonctions hyperboliques et circulaires.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance moyenne dissipée par effet Joule par unité de surface de plaque (xy), notée P_J, en intégrant la puissance volumique moyenne \langle p_J(z) \rangle = \frac{|\underline{J}_y(z)|^2}{2\sigma} sur toute l'épaisseur de la plaque, entre z = -h/2 et z = +h/2 (ou de façon équivalente via le flux entrant moyen du vecteur de Poynting sur les deux faces).
  2. Calculer le module au carré |\underline{J}_y(z)|^2 en utilisant les identités hyperboliques et trigonométriques pour \underline{k} = \frac{1-j}{\delta}.
  3. Intégrer sur l'épaisseur pour obtenir l'expression analytique en fonction du rapport \frac{h}{\delta}, puis la comparer à la forme demandée par l'énoncé.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q16, l'amplitude complexe du vecteur densité volumique de courant dans la plaque est :

\underline{J}_y(z) = \frac{\underline{k} B_s}{\mu_0 \mu_r} \frac{\operatorname{sh}(\underline{k} z)}{\operatorname{ch}(\underline{k} h/2)} \quad \text{avec} \quad \underline{k} = \frac{1-j}{\delta}

La puissance moyenne dissipée par effet Joule par unité de surface de la plaque s'obtient par intégration sur l'épaisseur [-h/2, +h/2] :

P_J = \int_{-h/2}^{h/2} \langle p_J(z) \rangle\,\mathrm{d}z = \frac{1}{2\sigma} \int_{-h/2}^{h/2} |\underline{J}_y(z)|^2\,\mathrm{d}z

En utilisant la relation \sigma = \frac{2}{\mu_0 \mu_r \omega \delta^2} issue de la définition de l'épaisseur de peau \delta, et |\underline{k}|^2 = \frac{2}{\delta^2}, il vient :

\frac{|\underline{k}|^2}{2\sigma (\mu_0 \mu_r)^2} = \frac{\frac{2}{\delta^2}}{2 \frac{2}{\mu_0 \mu_r \omega \delta^2} (\mu_0 \mu_r)^2} = \frac{\omega}{2\mu_0 \mu_r}

Développons le numérateur et le dénominateur de |\underline{J}_y(z)|^2. Pour tout nombre complexe u = \alpha + j\beta :

\begin{aligned} |\operatorname{sh}(\alpha + j\beta)|^2 &= \operatorname{sh}^2 \alpha \cos^2 \beta + \operatorname{ch}^2 \alpha \sin^2 \beta = \frac{\operatorname{ch}(2\alpha) - \cos(2\beta)}{2} \\ |\operatorname{ch}(\alpha + j\beta)|^2 &= \operatorname{ch}^2 \alpha \cos^2 \beta + \operatorname{sh}^2 \alpha \sin^2 \beta = \frac{\operatorname{ch}(2\alpha) + \cos(2\beta)}{2} \end{aligned}

Avec \underline{k} z = \frac{z}{\delta} - j\frac{z}{\delta}, on a \alpha = \frac{z}{\delta} et \beta = -\frac{z}{\delta}. Le dénominateur, évalué en z = h/2, vaut donc :

\left|\operatorname{ch}\left(\underline{k}\frac{h}{2}\right)\right|^2 = \frac{\operatorname{ch}\left(\frac{h}{\delta}\right) + \cos\left(\frac{h}{\delta}\right)}{2}

Le numérateur intégré sur l'épaisseur donne :

\begin{aligned} \int_{-h/2}^{h/2} |\operatorname{sh}(\underline{k} z)|^2\,\mathrm{d}z &= \int_{-h/2}^{h/2} \frac{\operatorname{ch}\left(\frac{2z}{\delta}\right) - \cos\left(\frac{2z}{\delta}\right)}{2}\,\mathrm{d}z \\ &= 2 \int_{0}^{h/2} \frac{\operatorname{ch}\left(\frac{2z}{\delta}\right) - \cos\left(\frac{2z}{\delta}\right)}{2}\,\mathrm{d}z \\ &= \frac{\delta}{2} \left[ \operatorname{sh}\left(\frac{h}{\delta}\right) - \sin\left(\frac{h}{\delta}\right) \right] \end{aligned}

En regroupant l'ensemble des termes, on obtient la puissance surfacique dissipée :

P_J = \frac{\omega B_s^2}{2\mu_0 \mu_r} \cdot \frac{\frac{\delta}{2} \left[\operatorname{sh}\left(\frac{h}{\delta}\right) - \sin\left(\frac{h}{\delta}\right)\right]}{\frac{1}{2}\left[\operatorname{ch}\left(\frac{h}{\delta}\right) + \cos\left(\frac{h}{\delta}\right)\right]} = \frac{\omega \delta B_s^2}{2\mu_0 \mu_r} \frac{\operatorname{sh}\left(\frac{h}{\delta}\right) - \sin\left(\frac{h}{\delta}\right)}{\operatorname{ch}\left(\frac{h}{\delta}\right) + \cos\left(\frac{h}{\delta}\right)}

En identifiant la constante de surface P_0 = \frac{\omega \delta B_s^2}{2\mu_0 \mu_r} (ou la constante homogène définie à la question Q13 à un facteur numérique près selon la convention du sujet) :

  • Si l'on pose \xi = \frac{h}{\delta} (rapport de l'épaisseur totale sur l'épaisseur de peau) :

    f(\xi) = \frac{\operatorname{sh}\xi - \sin\xi}{\operatorname{ch}\xi + \cos\xi}
  • Si l'on conserve strictement la définition imposée par l'énoncé \xi = \frac{h}{2\delta} (demi-épaisseur rapportée à la peau), la variable sans dimension de l'expression physique vaut 2\xi :
\boxed{P_J = P_0 f(2\xi) \quad \text{avec} \quad f(u) = \frac{\operatorname{sh} u - \sin u}{\operatorname{ch} u + \cos u}}

L'énoncé omet le facteur 2 dans l'argument de f, ce qui correspond à une convention où \xi = \frac{h}{\delta}.

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Question 18

On donne l'allure de la fonction sur la courbe suivante :

En s'aidant de la figure, déterminer quelle est la meilleure fréquence de travail pour maximiser la puissance dissipée par effet Joule dans la plaque. Cette valeur vous paraît-elle raisonnable pour une plaque d'1 mm d'épaisseur faite d'acier (de perméabilité relative et de conductivité électrique ) ?

Voir l'indice

Localiser le premier maximum local sur la courbe de la fonction adimensionnée f(\xi), en déduire la valeur correspondante de l'épaisseur de peau \delta, puis la fréquence f.

Voir la stratégie
  1. Déterminer l'abscisse \xi_{\max} maximisant la fonction f(\xi) par lecture graphique (confirmée par dérivation exacte).
  2. Exprimer l'épaisseur de peau optimale correspondante, puis en déduire la fréquence de travail f.
  3. Discuter le réalisme technologique de cette fréquence pour le chauffage par induction.
Voir le corrigé complet

1. Détermination du maximum de la fonction f
Graphiquement, la fonction f(\xi) présente un maximum unique pour une valeur comprise entre 3 et 3{,}2, avec f(\xi_{\max}) \approx 1{,}09.

Par le calcul, en dérivant f(\xi) = \dfrac{\operatorname{sh}\xi - \sin\xi}{\operatorname{ch}\xi + \cos\xi} :

\begin{aligned} f'(\xi) &= \frac{(\operatorname{ch}\xi - \cos\xi)(\operatorname{ch}\xi + \cos\xi) - (\operatorname{sh}\xi - \sin\xi)^2}{(\operatorname{ch}\xi + \cos\xi)^2} \\ &= \frac{(\operatorname{ch}^2\xi - \operatorname{sh}^2\xi) - (\cos^2\xi + \sin^2\xi) + 2\operatorname{sh}\xi\sin\xi}{(\operatorname{ch}\xi + \cos\xi)^2} \\ &= \frac{2\operatorname{sh}\xi\sin\xi}{(\operatorname{ch}\xi + \cos\xi)^2} \end{aligned}

Pour \xi > 0, \operatorname{sh}\xi > 0. La dérivée s'annule donc pour \sin\xi = 0, soit au premier extremum pour :

\xi_{\max} = \pi \approx 3{,}14

2. Détermination de la fréquence optimale
D'après la définition donnée à la question Q17, \xi = \dfrac{h}{2\delta}, d'où l'épaisseur de peau optimale :

\delta = \frac{h}{2\xi_{\max}} = \frac{h}{2\pi}

Par ailleurs, l'épaisseur de peau s'exprime en fonction de la fréquence f (\omega = 2\pi f) par :

\delta = \sqrt{\frac{2}{\mu_0 \mu_r \sigma \omega}} = \frac{1}{\sqrt{\pi \mu_0 \mu_r \sigma f}}

En égalant les deux expressions :

\frac{h}{2\pi} = \frac{1}{\sqrt{\pi \mu_0 \mu_r \sigma f}} \implies f = \frac{4\pi}{\mu_0 \mu_r \sigma h^2}

Avec les données numériques de l'énoncé :

  • h = 1\text{ mm} = 10^{-3}\text{ m} ;
  • \mu_r = 100 ;
  • \sigma = 10^7\text{ S}\cdot\text{m}^{-1} ;
  • \mu_0 = 4\pi \cdot 10^{-7}\text{ H}\cdot\text{m}^{-1}.

On a \mu_0 \mu_r \sigma = (4\pi \cdot 10^{-7}) \times 100 \times 10^7 = 4\pi \cdot 10^2\text{ SI}. Il vient immédiatement :

\begin{aligned} f &= \frac{4\pi}{(4\pi \cdot 10^2) \times (10^{-3})^2} = \frac{1}{10^2 \times 10^{-6}} = 10^4\text{ Hz} \end{aligned}
\boxed{f = 10\text{ kHz}}

3. Discussion du résultat
Une fréquence de travail de 10\text{ kHz} est tout à fait raisonnable et réaliste :

  • Elle se situe dans la gamme des moyennes fréquences (ultrasons), très facilement générée par l'électronique de puissance actuelle (onduleurs à résonance à base d'IGBT).
  • C'est précisément la gamme de fréquences standard utilisée en forge industrielle pour chauffer des pièces d'acier de dimensions millimétriques à centimétriques.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.