Corrigé détaillé Polytechnique Physique A PC 2023 (page 2/2 : Partie 3)
Forger les métaux grâce à l'induction électromagnétique
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Partie 3 : Étude du problème thermique
3.1 · Évolution de la température dans un matériau isolé
Question 19
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Question de cours
- Mise en équation
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : équation de la chaleur, premier principe
Montrer que dans ces conditions l'équation vérifiée par le champ de température au sein du matériau peut s'écrire sous la forme :
où est la masse volumique, la capacité thermique massique à pression constante et la conductivité thermique du matériau. Expliquer chaque terme de cette équation.
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Effectuer un bilan thermique unidimensionnel sur une tranche élémentaire de métal comprise entre z et z+\mathrm{d}z pendant la durée \mathrm{d}t en associant la loi de Fourier et la source Joule.
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- Effectuer un bilan thermique sur un volume élémentaire de matière (ou appliquer l'équation locale de l'énergie pour un solide indéformable).
- Exprimer la densité de flux thermique par conduction à l'aide de la loi de Fourier en exploitant la géométrie unidirectionnelle.
- Introduire le terme source volumique de puissance dissipée par effet Joule P_J(z) et expliciter la signification physique de chacun des termes de l'équation obtenue.
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Bilan d'énergie unidimensionnel sur une tranche de conducteur avec flux conductif de Fourier et terme source volumique Joule.
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Considérons une tranche élémentaire de matériau comprise entre les cotes z et z + \mathrm{d}z, de section droite d'aire S selon le plan (Oxy), de volume \mathrm{d}V = S\,\mathrm{d}z. Le milieu étant un solide indéformable, les capacités thermiques à volume et à pression constantes sont confondues (c_v \approx c_p).
Pendant l'intervalle de temps \mathrm{d}t, le premier principe de la thermodynamique appliqué à ce système fermé s'écrit :
La variation d'énergie interne s'exprime par :
\mathrm{d}U = (\rho\,\mathrm{d}V)\,c_p\,\mathrm{d}T = \rho c_p S\,\mathrm{d}z\,\frac{\partial T}{\partial t}(z,t)\,\mathrm{d}tLe transfert thermique net reçu par conduction à travers les faces en z et z+\mathrm{d}z s'écrit, en notant \vec{\jmath}_Q = j_{Q,z}\,\vec{u}_z le vecteur densité de flux thermique :
\delta Q_{\text{cond}} = \left[ j_{Q,z}(z,t) - j_{Q,z}(z+\mathrm{d}z,t) \right] S\,\mathrm{d}t = -\frac{\partial j_{Q,z}}{\partial z} S\,\mathrm{d}z\,\mathrm{d}tLe travail électrique reçu et converti en chaleur par effet Joule correspond à un apport volumique d'énergie :
\delta W_J = P_J(z)\,\mathrm{d}V\,\mathrm{d}t = P_J(z)\,S\,\mathrm{d}z\,\mathrm{d}t
En divisant par S\,\mathrm{d}z\,\mathrm{d}t, le bilan d'énergie locale s'écrit :
D'après la loi de Fourier, la conduction thermique dans ce milieu homogène et isotrope de conductivité k s'écrit :
En injectant cette relation dans le bilan local, on obtient l'équation de la chaleur avec terme source :
Interprétation physique de chaque terme :
- \rho c_p \dfrac{\partial T(z, t)}{\partial t} : terme d'accumulation thermique volumique, traduisant la variation temporelle d'énergie interne emmagasinée par unité de volume du solide.
- -k \dfrac{\partial^2 T(z, t)}{\partial z^2} = \operatorname{div}\vec{\jmath}_Q : terme de diffusion thermique par conduction (loi de Fourier), correspondant au bilan de transfert d'énergie net évacué par conduction hors du volume élémentaire.
- P_J(z) : terme source de puissance volumique, représentant la chaleur dégagée localement par effet Joule due aux courants de Foucault induits.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 20
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : flux thermique, effet de peau
On émet l'hypothèse d'un fort confinement de la source inductive. Dans ces conditions, montrer que la puissance volumique devient une puissance surfacique dont on définit la valeur en intégrant le résultat de la question 13 pour allant de à . On introduira la notation .
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Intégrer le profil exponentiel de puissance volumique P_J(z) sur le demi-espace z \ge 0 pour assimiler l'effet Joule superficiel à un flux entrant surfacique.
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- Interpréter l'hypothèse de fort confinement (\delta \to 0) : la puissance volumique dissipée est localisée dans une couche superficielle d'épaisseur négligeable devant les dimensions caractéristiques du problème thermique, ce qui permet de modéliser le chauffage volumique par un apport surfacique à l'interface z = 0.
- Calculer l'intégrale de la puissance volumique P_J(z) sur le demi-espace z \in [0, +\infty[ pour obtenir la puissance surfacique équivalente.
- Discuter la formule de notation introduite par l'énoncé.
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Intégration spatiale de la source volumique fortement confinée pour la modéliser par un flux surfacique injecté en surface.
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L'hypothèse d'un fort confinement de la source inductive signifie que l'épaisseur de peau \delta est très faible devant la longueur caractéristique de diffusion thermique dans le matériau. La puissance volumique P_J(z), non négligeable uniquement pour z \lesssim \delta, est donc concentrée dans une pellicule infiniment mince au voisinage immédiat de la surface z = 0.
À l'échelle macroscopique, ce terme source volumique se modélise par une densité surfacique de puissance P_s localisée en z=0, soit formellement :
où \delta_D(z) désigne la distribution de Dirac en z = 0.
La puissance totale dissipée par unité de surface de l'interface s'obtient en intégrant la puissance volumique sur toute la profondeur du conducteur :
L'énoncé introduit la notation :
qui sera conservée pour la suite de l'épreuve afin d'assurer la cohérence avec les conditions aux limites de la question suivante.
Résultat
Question 21
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Mise en équation
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : équation de la chaleur, condition aux limites
Réécrire l'équation vérifiée par la variable réduite où est la température ambiante de l'air autour de la pièce avant le chauffage. Vérifier que les conditions aux limites du problème se mettent sous la forme :
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Effectuer le changement de fonction inconnue pour ramener l'état initial à zéro, et traduire le bilan de flux surfacique entrant en z=0 via la loi de Fourier.
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- Exprimer les dérivées temporelle et spatiale de T(z,t) en fonction de \widehat{T}(z,t) et utiliser l'hypothèse de fort confinement (question 20) pour établir l'équation de diffusion sans terme source pour z > 0.
- Vérifier la condition initiale et la condition à l'infini en exploitant l'équilibre thermique initial avec le milieu ambiant.
- Établir la condition à l'interface z = 0 par un bilan de flux d'énergie thermique (loi de Fourier).
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Formulation du problème thermique pour l'écart de température avec condition initiale nulle et condition de flux imposé à l'interface.
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La température initiale étant constante et uniforme (T_0 = \mathrm{cte}), la variable d'écart \widehat{T}(z, t) = T(z, t) - T_0 vérifie directement :
Sous l'hypothèse d'un fort confinement de la source inductive (question 20), la puissance volumique P_J(z) est reportée à la frontière z = 0 sous forme d'un flux surfacique P_s. Pour tout z > 0, la source volumique est donc nulle, et l'équation établie à la question 19 devient :
Justifions à présent les conditions initiales et aux limites :
Condition initiale (t = 0) : Avant le début du chauffage, la pièce métallique est à l'équilibre thermique à la température ambiante T_0, soit T(z, 0) = T_0, d'où :
\widehat{T}(z, t = 0) = 0Condition à l'infini (z \to +\infty) : Le milieu étant semi-infini, l'onde thermique ne pénètre qu'à distance finie pour tout temps fini t ; le métal très éloigné de l'interface reste à la température ambiante T_0, soit :
\lim_{z \to +\infty} \widehat{T}(z, t) = 0Condition à l'interface (z = 0) : Le matériau étant supposé isolé thermiquement de l'extérieur vers z < 0, la puissance surfacique inductive P_s injectée en surface doit intégralement pénétrer dans le conducteur selon +\vec{u}_z par conduction thermique. D'après la loi de Fourier, la densité de flux thermique surfacique entrant vaut \vec{\jmath}_{\mathrm{th}}(z, t) = -k \frac{\partial T}{\partial z} \vec{u}_z = -k \frac{\partial \widehat{T}}{\partial z} \vec{u}_z. La continuité du flux en z = 0 impose donc :
j_{\mathrm{th}, z}(0^+, t) = P_s \iff -k \left.\frac{\partial \widehat{T}}{\partial z}\right|_{z=0} = P_s \iff \left.k \frac{\partial \widehat{T}}{\partial z}\right|_{z=0} = -P_s
On retrouve bien le système complet de conditions aux limites proposé par l'énoncé :
Résultat
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Question sélective : remarquer que l'équation de la température réduite ne contient plus de terme source volumique.
« Peu de candidats ont identi é que l'équation à obtenir à la question 21 ne présentait plus de terme volumique de source. Cette question s'est révélée assez sélective, car conditionnant (en partie) la suite du problème. »
Source : rapport du jury Polytechnique 2023
Question 22
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
Notions : équation de la chaleur, conduction thermique
Réaliser la transformation de Laplace de l'équation précédente et donner la solution dans le domaine de Laplace du champ de température .
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Appliquer la transformée de Laplace par rapport au temps à l'équation de la diffusion en tenant compte de la condition initiale nulle, puis résoudre l'équation différentielle spatiale résiduelle.
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- Appliquer la transformation de Laplace par rapport au temps t à l'équation de diffusion thermique obtenue en Q21, en tenant compte de la condition initiale \widehat{T}(z, t=0) = 0.
- Résoudre l'équation différentielle ordinaire en z ainsi obtenue, en éliminant la divergence à l'infini grâce à la condition limite en z \to +\infty.
- Transformer la condition aux limites en z = 0 dans le domaine de Laplace afin de déterminer la constante d'intégration.
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Application de la transformée de Laplace par rapport au temps et résolution de l'équation différentielle ordinaire spatiale résultante.
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D'après la question Q21, le champ d'écart de température \widehat{T}(z, t) vérifie pour z > 0 l'équation de la diffusion sans terme source :
En introduisant la diffusivité thermique du matériau D = \frac{k}{\rho c_p}, cette équation s'écrit :
Par transformation de Laplace par rapport au temps t, et en utilisant la condition initiale \widehat{T}(z, t=0) = 0 :
L'équation aux dérivées partielles devient une équation différentielle ordinaire par rapport à la variable d'espace z :
Pour s > 0, la solution générale s'écrit :
La condition limite à l'infini \lim_{z \to +\infty} \widehat{T}(z, t) = 0 impose \lim_{z \to +\infty} \widehat{T}(z, s) = 0, ce qui implique B(s) = 0. Il reste donc :
La condition à l'interface en z = 0, valable pour tout t > 0, est :
Comme P_s est constant pour t > 0, sa transformée de Laplace est \mathcal{L}\{P_s\} = \frac{P_s}{s} (d'après la ligne A = \text{constante} de la table). En transformant la condition aux limites :
Or, en dérivant l'expression de \widehat{T}(z, s) par rapport à z :
On en déduit :
En remarquant que \frac{k}{\sqrt{D}} = \sqrt{k \rho c_p} (effusivité thermique du milieu), on peut exprimer A(s) sous la forme :
La solution dans le domaine de Laplace est donc :
Résultat
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Convertir correctement la condition aux limites sur le gradient en z = 0 dans le domaine de Laplace.
« Le principal écueil - discriminant là aussi - a été la conversion dans le domaine de Laplace de la condition aux limites sur le gradient de température en z = 0, déterminante pour l'obtention (correcte) des comportements en température dans les questions suivantes. »
Source : rapport du jury Polytechnique 2023
Question 23
ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min- Calcul littéral
Notions : équation de la chaleur, conduction thermique
On propose de calculer dans un premier temps un développement limité à l'ordre 1 en lorsque de . Puis, en utilisant la table de transformées de Laplace, calculer le comportement de au voisinage de .
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Effectuer le développement limité à l'ordre 1 en z de l'exponentielle spatiale dans l'espace de Laplace, puis utiliser la table pour identifier les originaux temporels des termes en s^{-3/2} et s^{-1}.
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- Effectuer un développement limité à l'ordre 1 en z au voisinage de z=0 de l'expression de \widehat{T}(z,s) obtenue à la question Q22.
- Identifier terme à terme les fonctions de s intervenant dans ce développement à l'aide de la table des transformées de Laplace fournie dans l'énoncé.
- Appliquer la transformée inverse terme à terme pour obtenir le comportement asymptotique de \widehat{T}(z,t) au voisinage de l'interface z = 0.
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Développement limité en z dans l'espace de Laplace et utilisation de la table fournie pour trouver la dépendance en \sqrt{t}.
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D'après la question Q22, l'expression de la transformée de Laplace du champ de température s'écrit :
Au voisinage de z = 0, effectuons un développement limité à l'ordre 1 en z de l'exponentielle :
En multipliant par le préfacteur, on obtient le développement limité à l'ordre 1 en z de \widehat{T}(z, s) :
Pour inverser cette transformée de Laplace terme à terme, on utilise les correspondances données dans la table de l'énoncé :
Pour le premier terme : avec f(s) = \dfrac{A\sqrt{\pi}}{2 s^{3/2}}, la fonction temporelle correspondante est f(t) = A\sqrt{t}. On a ici :
\frac{P_s}{\sqrt{k \rho c_p}} \frac{1}{s^{3/2}} = \frac{A \sqrt{\pi}}{2 s^{3/2}} \implies A = \frac{2 P_s}{\sqrt{\pi k \rho c_p}}Ce terme a donc pour transformée de Laplace inverse :
\frac{2 P_s}{\sqrt{\pi k \rho c_p}} \sqrt{t}Pour le second terme proportionnel à z : avec la ligne \dfrac{A}{s} \longleftrightarrow A = \text{cte}, on identifie A = -\dfrac{P_s z}{k}. La transformée de Laplace inverse est donc :
-\frac{P_s}{k} z
On en déduit l'expression temporelle au voisinage de z = 0 :
Résultat
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Le développement limité a été bien abordé, mais l'utilisation de la table de Laplace a posé plus de difficultés.
« Question relativement bien abordée […] pour la partie de développement limité. »
Source : rapport du jury Polytechnique 2023
Question 24
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Schéma ou tracé
Notions : profil de température, diffusion thermique
À partir des comportements limites, tracer l'allure de à fixé.
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Tracer une courbe partant de la valeur de surface calculée, avec une pente initiale imposée par le flux thermique, s'atténuant continûment vers zéro à grande profondeur.
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- Recenser les comportements limites spatiaux à instant t > 0 fixé établis aux questions précédentes : valeur et pente en z = 0, et comportement asymptotique pour z \to +\infty.
- Identifier l'échelle spatiale caractéristique de pénétration de la chaleur par diffusion thermique.
- Tracer une allure soignée de \widehat{T}(z, t) en faisant clairement apparaître ces grandeurs caractéristiques.
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Tracé du profil spatial de température à instant fixé, montrant la pénétration de la chaleur et la pente imposée en surface.
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À un instant t > 0 fixé, le profil spatial de température \widehat{T}(z, t) est caractérisé par :
En z = 0 : d'après la question Q23, la température de surface vaut
\widehat{T}(0, t) = \frac{2P_s}{\sqrt{\pi k \rho c_p}} \sqrt{t}Pente en z = 0 : imposée par la condition aux limites de flux (loi de Fourier, question Q21) :
\left.\frac{\partial \widehat{T}}{\partial z}\right|_{z=0^+} = -\frac{P_s}{k} < 0Cette pente est strictement négative et remarquable car indépendante du temps t.
Pour z \to +\infty : la condition aux limites impose
\lim_{z \to +\infty} \widehat{T}(z, t) = 0 \quad \text{avec} \quad \lim_{z \to +\infty} \frac{\partial \widehat{T}}{\partial z} = 0L'axe des abscisses est donc asymptote horizontale.
- Longueur caractéristique de diffusion : l'échauffement pénètre dans le métal sur une profondeur de diffusion thermique \delta_{\text{th}} \sim \sqrt{D t} = \sqrt{\frac{k t}{\rho c_p}}.
Le profil spatial \widehat{T}(z, t) est strictement décroissant et convexe. L'allure correspondante est représentée ci-dessous :
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Appuyer le tracé sur l'analyse rigoureuse des équations et non sur la seule intuition.
« Question souvent traitée avec intuition, plus que sur l'établissement rigoureux des équations. »
Source : rapport du jury Polytechnique 2023
Question 25
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
- Schéma ou tracé
Notions : diffusion thermique, changement d'état
Tracer finalement l'allure de en fonction du temps. Commenter la dépendance en temps de la solution trouvée ainsi que la solution aux temps longs. Selon ce modèle, peut-on atteindre la température de fusion de l'acier ?
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Examiner le comportement en \sqrt{t} de la température de surface : constater la divergence aux temps longs due à l'absence totale de puits de chaleur et conclure sur la fusion théorique.
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- Rappeler l'expression temporelle de l'écart de température en surface \widehat{T}(z=0, t) établie à la question Q23 et tracer son allure en fonction du temps t.
- Analyser la dépendance en \sqrt{t} caractéristique de la diffusion thermique unidimensionnelle et examiner la limite aux temps longs (t \to +\infty).
- Conclure quant à la possibilité physique d'atteindre la température de fusion de l'acier dans le cadre de ce modèle idéalisé (matériau isolé).
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Tracé en \sqrt{t} de la température de surface qui croît indéfiniment en l'absence de pertes, permettant théoriquement la fusion.
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D'après le résultat de la question Q23, la température à l'interface z = 0 s'exprime en fonction du temps selon :
Commentaire sur la dépendance en temps :
- La température de surface croît en \sqrt{t}. Cette loi en racine carrée est caractéristique d'un apport d'énergie surfacique constant se propageant par diffusion thermique dans un milieu semi-infini.
- À l'origine (t \to 0^+), la dérivée temporelle \frac{\mathrm{d}\widehat{T}}{\mathrm{d}t} \propto \frac{1}{\sqrt{t}} diverge : l'échauffement initial en surface est extrêmement rapide car la chaleur injectée est d'abord confinée sur une épaisseur de diffusion infinitésimale \ell_{\text{th}} \sim \sqrt{D t}.
Aux temps longs (t \to +\infty), on a :
\lim_{t \to +\infty} \widehat{T}(z=0, t) = +\inftyEn l'absence de pertes thermiques vers l'extérieur (le système étant supposé thermiquement isolé), le matériau emmagasine continûment de l'énergie, de sorte qu'il n'existe aucun état stationnaire.
Atteinte de la température de fusion : Puisque \widehat{T}(z=0, t) croît indéfiniment, elle dépasse nécessairement, au bout d'une durée finie t_f, l'écart correspondant à la fusion de l'acier (T_f \approx 1500\,^\circ\text{C}) :
Résultat
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Question réussie par peu de candidats car dépendante des résultats des questions 21 et 22.
« L'ensemble des questions 25-29 dépendait du traitement exact des questions 21 et 22, ce qui a béné cié à un faible nombre de candidats. »
Source : rapport du jury Polytechnique 2023
3.2 · Ajout du transfert conducto-convectif
Question 26
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
Notions : condition de newton, équation de la chaleur
En déduire la nouvelle solution du champ de température .
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Remplacer la condition à la limite en z=0 par la condition mixte conducto-convective (loi de Newton) transformée dans le domaine de Laplace pour déterminer la nouvelle constante d'intégration.
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- Rappeler l'équation différentielle satisfaite par la transformée de Laplace \widehat{T}(z, s) dans le demi-espace z > 0 ainsi que la condition à l'infini.
- Appliquer la transformée de Laplace à la nouvelle condition aux limites en z = 0 prenant en compte le transfert conducto-convectif.
- En déduire la constante d'intégration A(s) et expliciter \widehat{T}(z, s).
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Résolution dans le domaine de Laplace en incorporant la condition aux limites de pertes conducto-convectives de Newton.
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L'équation de la diffusion thermique vérifiée par \widehat{T}(z, t) pour z > 0 reste inchangée par rapport à la question 21 :
Avec la condition initiale \widehat{T}(z, 0) = 0, la transformée de Laplace \widehat{T}(z, s) vérifie pour z > 0 (d'après la question 22) :
La condition de régularité à l'infini \lim_{z\to+\infty} \widehat{T}(z, t) = 0 impose toujours d'éliminer la composante divergente, d'où :
Prenons à présent la transformée de Laplace de la nouvelle condition aux limites en z = 0 :
En utilisant la linéarité de la transformation de Laplace et le fait que P_s est constant pour t > 0 (dont la transformée est P_s/s) :
Or, d'après la forme générale de \widehat{T}(z, s) :
La condition à l'interface devient :
En remarquant que k\sqrt{\frac{s}{D}} = k\sqrt{\frac{\rho c_p s}{k}} = \sqrt{k\rho c_p s}, on en déduit :
La nouvelle solution dans le domaine de Laplace est donc :
Résultat
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Question réussie par peu de candidats car dépendante des résultats des questions 21 et 22.
« L'ensemble des questions 25-29 dépendait du traitement exact des questions 21 et 22, ce qui a béné cié à un faible nombre de candidats. »
Source : rapport du jury Polytechnique 2023
Question 27
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
Notions : régime stationnaire, résistance thermique
Évaluer la valeur finale du champ de température en utilisant le théorème de la valeur finale :
Voir l'indiceIndice
Multiplier l'expression de \widehat{T}(z,s) par s et faire tendre la variable de Laplace s vers 0 afin d'obtenir la température d'équilibre asymptotique.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le produit s \widehat{T}(z, s) à partir de l'expression établie à la question Q26.
- Prendre la limite lorsque la variable de Laplace s tend vers 0 par valeurs positives, pour z \ge 0 fixé.
- Interpréter physiquement la valeur obtenue et commenter la non-commutation des limites en temps et en espace.
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Calcul de la limite s \to 0 pour obtenir la température maximale asymptotique finie atteinte en régime stationnaire.
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D'après la question Q26, la transformée de Laplace du champ d'écart de température s'écrit :
Formons la quantité s\widehat{T}(z, s) :
Pour z \ge 0 fixé, faisons tendre s vers 0 :
Le théorème de la valeur finale fournit directement :
Soit, pour la température absolue T(z, t) = T_0 + \widehat{T}(z, t) :
Résultat
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Question réussie par peu de candidats car dépendante des résultats des questions 21 et 22.
« L'ensemble des questions 25-29 dépendait du traitement exact des questions 21 et 22, ce qui a béné cié à un faible nombre de candidats. »
Source : rapport du jury Polytechnique 2023
Question 28
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : diffusion thermique, transfert thermique
Que devient l'expression précédente de lorsque ? Sachant que cette limite équivaut à regarder ce qu'il se passe au voisinage de , commenter ce résultat au regard du résultat obtenu en l'absence de convection.
Voir l'indiceIndice
Prendre l'équivalent aux grands s du dénominateur : observer que le terme convectif devient négligeable devant la diffusion pure aux temps très courts.
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Étude de la limite s \to +\infty montrant qu'aux temps courts la convection est négligeable devant la diffusion pure.
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D'après la question Q26, l'expression de la transformée de Laplace du champ de température en présence de pertes conducto-convectives est :
Lorsque s \to +\infty, le terme \sqrt{k\rho c_p s} devient prépondérant devant le coefficient d'échange h au dénominateur :
On en déduit le comportement équivalent :
Cette limite redonne exactement l'expression obtenue à la question Q22 pour le matériau thermiquement isolé de son environnement (h = 0).
D'après le théorème de la valeur initiale en transformation de Laplace, la limite s \to +\infty gouverne la dynamique aux temps courts (t \to 0). Aux premiers instants du chauffage, l'échauffement de surface \widehat{T}(0, t) = T(0, t) - T_0 est infinitésimal. Les pertes conducto-convectives surfaciques, modélisées par la loi de Newton :
sont donc négligeables devant la puissance volumique/surfacique injectée P_s. L'intégralité du flux incident sert initialement à échauffer la matière par diffusion thermique pure, ce qui explique pourquoi l'évolution aux temps courts est rigoureusement identique à celle en l'absence de convection :
Résultat
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Question réussie par peu de candidats car dépendante des résultats des questions 21 et 22.
« L'ensemble des questions 25-29 dépendait du traitement exact des questions 21 et 22, ce qui a béné cié à un faible nombre de candidats. »
Source : rapport du jury Polytechnique 2023
Question 29
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
- Schéma ou tracé
Notions : régime transitoire, régime stationnaire
Tracer l'allure de en précisant les comportements asymptotiques décrits précédemment. Sous quelle condition peut-on atteindre la fusion de l'acier ?
Voir l'indiceIndice
Tracer la courbe débutant par une croissance en \sqrt{t} et saturant vers le palier horizontal permanent P_s/h. Comparer cette valeur asymptotique au seuil de fusion.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier les deux comportements asymptotiques établis aux questions Q27 et Q28 pour délimiter l'allure de la courbe au voisinage de t = 0 et pour t \to +\infty.
- Tracer la courbe d'évolution temporelle de \widehat{T}(0, t) en faisant figurer la tangente verticale à l'origine et l'asymptote horizontale.
- Exprimer la condition nécessaire pour atteindre la température de fusion T_f de l'acier en comparant celle-ci à la température maximale stationnaire T_\infty.
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Tracé temporel saturant vers l'asymptote P_s/h et condition sur le flux inductif pour que le palier dépasse la température de fusion.
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D'après les questions précédentes, l'élévation de température à l'interface z = 0 présente deux régimes asymptotiques remarquables :
Aux temps courts (t \to 0) (d'après Q28) :
\widehat{T}(0, t) \underset{t \to 0}{\sim} \frac{2 P_s}{\sqrt{\pi k \rho c_p}} \sqrt{t}La courbe part de l'origine avec une pente infinie (tangente verticale en t=0) et croît comme \sqrt{t}.
Aux temps longs (t \to +\infty) (d'après Q27) :
\lim_{t \to +\infty} \widehat{T}(0, t) = \frac{P_s}{h}La courbe tend de manière monotone vers l'asymptote horizontale d'ordonnée \widehat{T}_\infty = \dfrac{P_s}{h}.
Le temps caractéristique marquant la transition entre le régime dominé par la conduction massique et le régime saturé par la convection est donné par l'égalité \frac{2 P_s}{\sqrt{\pi k \rho c_p}} \sqrt{\tau} \sim \frac{P_s}{h}, soit :
Condition pour atteindre la fusion de l'acier :
La température absolue atteinte par la pièce métallique en surface au cours du temps est :
Comme la fonction \widehat{T}(0, t) est strictement croissante et plafonne à T_\infty = T_0 + \dfrac{P_s}{h}, la température de fusion T_f (de l'ordre de 1500\,^\circ\text{C}) ne peut être atteinte que si la température stationnaire limite est supérieure ou égale à T_f :
On en déduit la condition nécessaire sur la puissance surfacique injectée :
Résultat
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Question réussie par peu de candidats car dépendante des résultats des questions 21 et 22.
« L'ensemble des questions 25-29 dépendait du traitement exact des questions 21 et 22, ce qui a béné cié à un faible nombre de candidats. »
Source : rapport du jury Polytechnique 2023
3.3 · Ajout du rayonnement
Question 30
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Notions : loi de stefan-boltzmann, condition de newton
Finalement il faut ajouter les pertes par rayonnements étudiées dans la partie 1, qui sont données par la loi de Stefan-Boltzmann corrigée : , où l'on a introduit les grandeurs suivantes : - est la puissance surfacique rayonnée - la constante de Stefan-Boltzmann - la température de surface (en K) - le coefficient d'émissivité du matériau () considéré comme égal à 1 ici.
Comparer les termes convectifs () et radiatifs pour des températures comprises entre et . Déterminer ainsi les hypothèses simplificatrices qui peuvent être faites selon la gamme de températures dans laquelle se situe le métal.
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Calculer numériquement le flux convectif h(T-T_0) et le flux radiatif \sigma_0(T^4-T_0^4) à 20\,^\circ\text{C} puis à 1200\,^\circ\text{C} pour identifier le régime dominant à chaque température.
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- Exprimer les densités de flux surfaciques cédées par la surface du métal à l'environnement à T_0 = 20\,^\circ\text{C} = 293\text{ K} : la puissance convective \varphi_{\text{conv}} = h(T - T_0) et la puissance radiative nette \varphi_{\text{ray}} = \epsilon \sigma_0 (T^4 - T_0^4).
- Comparer ces deux termes (ou les coefficients d'échange associés) à basse température (T \approx 20\,^\circ\text{C}) et à haute température (T = 1200\,^\circ\text{C}).
- En déduire les simplifications pertinentes pour modéliser les échanges thermiques selon la plage de température.
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Comparaison des flux surfaciques montrant la prépondérance de la convection à basse température et du rayonnement à haute température.
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Les pertes surfaciques à l'interface vers l'air ambiant à la température T_0 = 20\,^\circ\text{C} = 293\text{ K} se composent de :
la puissance conducto-convective :
\varphi_{\text{conv}} = h(T - T_0)la puissance radiative nette émise vers l'environnement (assimilé à un corps noir à T_0) avec \epsilon = 1 :
\varphi_{\text{ray}} = \sigma_0 (T^4 - T_0^4)
1. À basse température (T \approx 20\,^\circ\text{C} = 293\text{ K}) :
Pour un faible écart de température T - T_0 \ll T_0, on peut linéariser la loi de Stefan-Boltzmann :
ce qui permet d'introduire un coefficient d'échange radiatif :
Ce coefficient est du même ordre de grandeur que le coefficient convectif h = 10\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1} :
2. À haute température (T = 1200\,^\circ\text{C} = 1473\text{ K}) :
Calculons numériquement les densités de flux :
Le terme radiatif l'emporte très largement sur le terme convectif :
(De façon équivalente, le coefficient radiatif effectif h_{\text{rad}} = \varphi_{\text{ray}}/(T - T_0) \approx 230\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1} \gg h).
3. Hypothèses simplificatrices :
À basse température (T \lesssim 200\text{ à } 300\,^\circ\text{C}) : le rayonnement peut être linéarisé. Les deux modes de transfert sont comparables et peuvent être regroupés en un coefficient d'échange global linéaire :
\boxed{h_{\text{global}} = h + 4\sigma_0 T_0^3 \approx 16\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}}ce qui préserve la linéarité du problème thermique.
À haute température (T \gtrsim 800\text{ à } 1200\,^\circ\text{C}) : les pertes convectives sont négligeables devant les pertes radiatives :
\boxed{\varphi_{\text{pertes}} \approx \sigma_0 T^4 \gg \varphi_{\text{conv}}}Le problème devient alors fortement non linéaire en surface.
Résultat
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Définir la température de transition marquant la frontière entre les régimes dominés par la convection et par le rayonnement.
« Cette question pouvait être traitée indépendamment des questions (di ciles) précédentes, ce qui n'a pas échappé aux candidats. »
« toutefois (trop) peu de candidats perçoivent la possibilité de dé nir de manière simple une température de transition entre les régimes où les échanges par convection (respectivement, par rayonnement) dominent. »
Source : rapport du jury Polytechnique 2023
Question 31
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
Notions : rayonnement thermique, bilan d'énergie
Le forgeron observe la couleur de son métal avant que celui-ci ne fonde vers . Est-ce cohérent avec les comportements trouvés ? Quel rôle joue le rayonnement vis-à-vis de la puissance à fournir au cours de la chauffe ?
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Commenter la loi en T^4 qui fait exploser les pertes thermiques superficielles aux hautes températures et oblige à injecter une puissance inductrice considérablement accrue.
Voir la stratégieStratégie
- Pour la cohérence de l'observation visuelle : analyser l'évolution du spectre d'émission (déplacement de Wien et augmentation de l'irradiance visible) entre T \approx 1000\text{ K} (727\text{ }^\circ\text{C}) et la fusion vers 1500\text{ }^\circ\text{C} (1773\text{ K}).
- Pour le rôle énergétique du rayonnement : s'appuyer sur la comparaison établie à la question Q30 entre pertes convectives et radiatives à haute température, et en déduire la contrainte sur la puissance inductive P_s requise pour poursuivre la chauffe.
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Justification de l'incandescence visible bien avant la fusion et mise en évidence de la surconsommation de puissance due au rayonnement.
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1. Cohérence avec les observations du forgeron
D'après la loi de Wien établie en Q1, le maximum d'émission se déplace vers les courtes longueurs d'onde lorsque la température augmente :
Bien que \lambda_{\max} reste situé dans le proche infrarouge, le spectre s'étend largement vers le domaine visible (0{,}4 - 0{,}8\,\mu\text{m}). De plus, l'irradiance spectrale dans le visible croît de façon spectaculaire avec T (queue de Wien variant en e^{-hc/\lambda k_B T}).
Le métal commence à rougeoyer visiblement dès 500\text{--}600\text{ }^\circ\text{C} (point de Draper), devient rouge vif vers 800\text{ }^\circ\text{C}, orange-jaune vers 1000\text{ }^\circ\text{C} et blanc éclatant vers 1300\text{--}1500\text{ }^\circ\text{C}. Il est donc tout à fait cohérent que la couleur du métal soit parfaitement observable et serve d'indicateur thermique bien avant d'atteindre la température de fusion T_f \approx 1500\text{ }^\circ\text{C}.
2. Rôle du rayonnement sur la puissance de chauffe
À l'interface de la pièce, le bilan des flux thermiques en régime quasi-stationnaire s'écrit :
Comme montré à la question Q30, le terme radiatif évolue en T^4 et domine écrasantement le terme convectif à haute température :
À T = 1500\text{ }^\circ\text{C} \approx 1773\text{ K}, la perte convective est :
\varphi_{\text{conv}} = h(T - T_0) \approx 10 \times 1480 \approx 15\text{ kW}\cdot\text{m}^{-2}La perte radiative vaut quant à elle :
\varphi_{\text{ray}} \approx \sigma_0 T^4 \approx 5{,}67 \cdot 10^{-8} \times (1773)^4 \approx 560\text{ kW}\cdot\text{m}^{-2}
Le rayonnement constitue donc la cause principale de déperdition thermique à haute température (\varphi_{\text{ray}} \gg \varphi_{\text{conv}}).
Par conséquent, la puissance inductive surfacique P_s doit croître de façon très importante pour compenser les pertes radiatives et continuer à élever la température. Le rayonnement agit comme un puissant mécanisme de saturation thermique : pour atteindre une température donnée T, la puissance minimale à injecter est imposée par le terme radiatif :
Résultat
3.4 · Température de Curie
Question 32
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Raisonnement qualitatif
Notions : effet de peau, transition de phase
Dans le cas de l'acier, un autre phénomène surprenant s'ajoute au problème : pour une température proche de , appelée température de Curie (), les propriétés magnétiques de l'acier changent. Il passe subitement de l'état de ferromagnétique à l'état paramagnétique (). À partir des observations faites dans les sections précédentes (profil de température et courants induits) décrire la distribution de température pour l'interface d'un milieu semi-infini dans les trois cas suivants : - - -
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Relier l'effondrement de \mu_r à la transition de Curie à l'augmentation spectaculaire de l'épaisseur de peau \delta, modifiant la localisation spatiale de la source de chaleur.
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- Exprimer la dépendance de l'épaisseur de peau \delta et de la puissance volumique P_J(z) vis-à-vis de la perméabilité relative \mu_r.
- Traiter successivement les trois cas en couplant le comportement électromagnétique (pénétration des courants) et la réponse thermique (distribution spatiale de la température).
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Analyse de la transition ferromagnétique vers paramagnétique qui élargit l'épaisseur de peau et modifie la zone de dépôt thermique.
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D'après la question Q11, l'épaisseur de peau dans le conducteur s'écrit :
La distribution des courants induits et de la puissance Joule volumique P_J(z) \propto \exp(-2z/\delta) dépend donc crucialement de l'état magnétique du matériau.
1. Cas T \ll T_c (matériau entièrement ferromagnétique) :
- L'acier est à l'état ferromagnétique avec \mu_r \gg 1 (de l'ordre de 100 à 1000). L'épaisseur de peau \delta_{\text{ferro}} est très faible (typiquement de l'ordre de quelques dixièmes de millimètre).
- Les courants induits et la puissance Joule sont extrêmement confinés au voisinage immédiat de la surface (z \lesssim \delta_{\text{ferro}}), validant pleinement l'hypothèse de source surfacique P_s de la partie 3.
- Distribution de température : le gradient de température en surface est très marqué (|\partial T/\partial z|_{z=0} \approx P_s/k), la surface s'échauffe très rapidement par rapport au cœur du matériau, et la chaleur se propage lentement vers l'intérieur par diffusion thermique (profil fortement décroissant avec la profondeur z).
2. Cas T \gg T_c (matériau entièrement paramagnétique) :
L'acier a transité vers la phase paramagnétique pour laquelle \mu_r \approx 1. L'épaisseur de peau augmente brutalement d'un facteur \sqrt{\mu_r} \approx 10 :
\delta_{\text{para}} \approx \sqrt{\mu_r} \, \delta_{\text{ferro}} \gg \delta_{\text{ferro}}- Les courants induits et les pertes Joule ne sont plus confinés à l'extrême surface mais sont distribués sur une profondeur volumique bien plus grande (\sim \delta_{\text{para}}).
- Distribution de température : la puissance étant délivrée en volume sur une couche épaisse, le gradient thermique au voisinage de l'interface est beaucoup plus faible et le profil de température au sein du métal est nettement plus uniforme et adouci.
3. Cas T \approx T_c (coexistence de deux zones lors de la chauffe) :
- La température décroissant avec z, la zone superficielle (0 \le z < z_c) dépasse T_c et devient paramagnétique (\mu_r \approx 1), tandis que le cœur (z > z_c) reste sous T_c et demeure ferromagnétique (\mu_r \gg 1).
- L'onde électromagnétique traverse la couche superficielle paramagnétique sans subir d'atténuation notable (car \delta_{\text{para}} \gg z_c), puis pénètre dans la région ferromagnétique sous-jacente où elle est brutalement absorbée sur une épaisseur \delta_{\text{ferro}} au-delà de z_c.
- La zone de dissipation Joule maximale migre donc de la surface vers le front mobile z = z_c(t) situé à la température T_c.
- Distribution de température : le profil présente un palier ou un coude au niveau du front z_c(t). La dissipation interne favorise la propagation rapide de l'échauffement vers le cœur, régulant naturellement la surchauffe de surface et homogénéisant la pièce métallique.
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Question peu abordée en fin d'épreuve, car elle réclamait une bonne maîtrise de la partie électromagnétique.
« Cette question, plus particulière, nécessitait d'avoir su samment bien traité la partie 2 du problème, elle n'a donc été que peu abordée, et dans ce cas de manière plutôt satisfaisante pour une question de n de problème. »
Source : rapport du jury Polytechnique 2023
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