Ancien/nouveau programme

Je compte bien relancer le débat, au grand plaisir des anciens :smiling_imp:
Quelles sont les principales différences entre l’ancien programme de mathématiques et le nouveau? Quels ont été les objectifs de l’ancien, quelles sont les ambitions du nouveau? Enfin, que pensez vous de ce changement…n’aura-t-il été que bénéfique?

Parce que lorsque je compare le niveau en maths des terminales du lycée Descartes d’Alger (ancien programme) avec le niveau des termiNULs ( :blush: jen fé parti) du nouveau programme :unamused:

Il y a déjà l’établissement d’un « programme de début d’année », dans lequel sont regroupés les chapitres les plus élémentaires et qui permet de faciliter la transition entre la Terminale et la Sup.

non je ne parlais pas de ça…certain d’entre nous le savent peut-être. Le programme de mathématiques de terminale a beaucoup changé depuis 30 ans. Aujourd’hui, le niveau en mathématiques d’un élève de terminale n’est plus celui d’un terminale d’il y a une trentaine d’années. Au risque de susciter le courroux de ceux qui ont participé à établir ce nouveau programme, je crois que le niveau à beaucoup baissé, ou que tout au moins, nous en terminale somme incapables de faire ce que nos parents faisaient lorsqu’ils étaient en terminale.
Mais si ces gens là ont « baissé » le niveau, ce n’est pas pour rien, je m’en doute bien. Mais j’ai beau chercher et je n’en distingue toujours pas l’utilité.
Je vous pose alors la question : pourquoi avoir changé de programme?

Pardon, je croyais qu’il s’agissait du changement de programme de Sup.

Il n’y a pas seulement le changement de programme, il y a aussi le changement des exigences. Avant on exigait d’un élève de terminale qu’il sache bien calculer, les outils de calculs étant beaucoup moins performants. Maintenant les ordinateurs font ça très bien.

Je ne pourrais pas expliquer cette volonté de changer le programme mais je ne suis pas sûr qu’il ait réellement été rendu plus facile, ça reste à préciser.

je vais pas dire plus facile, mais moins compliqué :wink:
Merci en tout cas pour ta réponse qui m’a l’air convaincante

Il n’y a pas seulement le changement de programme, il y a aussi le changement des exigences. Avant on exigait d’un élève de terminale qu’il sache bien calculer, les outils de calculs étant beaucoup moins performants. Maintenant les ordinateurs font ça très bien.

Mais je veux aussi souligner que les chapitres entiers de logique par exemple ont été supprimés. C’est pourtant, je crois, assez essentiel pour que l’élève puisse construire et structurer son raisonnement, non?

tout à fait. si les programmes étaient cohérents ça se saurait… :confused:

La logique, mais à quoi ca sert ? :angry:

A mon avis, les programmes ont été allégés car pour la plupart des élèves qui ne font pas d’études scientifiques après le Bac, ces notions ne servent à rien. Donc on a allégé le programme…

MT a écrit:

Aujourd’hui, le niveau en mathématiques d’un élève de terminale n’est plus celui d’un terminale d’il y a une trentaine d’années.
Ce n’est pas entièrement faux mais …
Au risque de susciter le courroux de ceux qui ont participé à établir ce nouveau programme, je crois que le niveau à beaucoup baissé,
… ça c’est faux …
ou que tout au moins, nous en terminale somme incapables de faire ce que nos parents faisaient lorsqu’ils étaient en terminale.

… et ça c’est à moitié vrai.

Résumé : le niveau des meilleurs a diminué, c’est indéniable. Mais le niveau moyen a augmenté, c’est indéniable aussi ! Seule baisse véritablement constatée : l’orthographe …

Revoyez vos copies et vos préjugés. Ne confondez pas intérêt local (le votre) et intérêt global (la société). Pour l’instant, il y a de moins en moins d’analphabètes. Et pour les trois pinpins qui deviennent ingénieurs, ce n’est qu’epsilonesque au niveau des stats.

Désolé pour vous, vous n’êtes rien ! Vous savez (au moins) que près d’une personne sur deux que vous croisez dans la rue n’a pas le bac ?

Il n’en demeure pas moins, c’est vrai, qu’il y a un problème avec les filières, les programmes, … mais pas forcément là où on croit !

Désolé pour vous, vous n’êtes rien !
rien ? je comprends pas ce que vous voulez lui dire (et dire en meme temps a tous ceux qui se posent le meme genre de questions que lui)
près d’une personne sur deux que vous croisez dans la rue n’a pas le bac ?

tant que ca?

Simhunter a écrit:

près d’une personne sur deux que vous croisez dans la rue n’a pas le bac ?
tant que ca?

Oui. Encore à l’heure actuelle, seulement 60 % d’une classe d’âge a le bac. A peine plus d’une personne sur deux ! Et dans ceux qu’on croise dans la rue, ils sont loin d’avoir tous « notre » âge. Je suis sûr que dans mon village, les bacheliers sont largement minoritaires !

Et quand on pense que dans les 60 % de bacheliers, il y a les bac généraux, les bacs techniques et les bacs pro. Et dans les bac généraux il y a les bac S et dans les bac S il y a ceux qui vont en prépa … non, non, vraiment, les prépa ce n’est qu’un pouillème dans l’éducation française.

j’avais pas pensé aux « anciens »…merci pour ces eclaircissements

Désolé pour vous, vous n’êtes rien ! Vous savez (au moins) que près d’une personne sur deux que vous croisez dans la rue n’a pas le bac ?
Si vous soutenez que seuls les 60% des jeunes de mon âge ont le bac, alors vous pourrez difficillement convaincre qui l’a eu du fait qu’il ne soit rien (même s’il en a déjà conscience) :wink: En tout cas belle leçon d’humilité
Merci aussi pour votre réponse, complète ; ça m’a permis de mieux comprendre les ambitions que poursuivaient ces « réformes ». Mais quelques questions demeurent…
Comment peut-on voir le fait de devoir abaisser le niveau pour rendre le bac plus accessible? Pourquoi est-ce qu’on aurait pas préféré revoir les méthodes d’enseignement par exemple? (simple question, veut simple réponse :blush: )

Enfin CBP, pourriez-vous développer s’il vous plait vos derniers propos?

Il n’en demeure pas moins, c’est vrai, qu’il y a un problème avec les filières, les programmes, … mais pas forcément là où on croit !

CBP a écrit:

Et quand on pense que dans les 60 % de bacheliers, il y a les bac généraux, les bacs techniques et les bacs pro. Et dans les bac généraux il y a les bac S et dans les bac S il y a ceux qui vont en prépa … non, non, vraiment, les prépa ce n’est qu’un pouillème dans l’éducation française.

Vous pourriez chiffrer tout ça? Ca serait intéressant de voir quelle part de la population représentent les élèves en prépa.

education.gouv.fr/cid4099/l- … rieur.html
Environ 5% d’une génération, si mes yeux ne me trompent.

Petite histoire vraie : sous le règne de FERRY ( pas Jules mais Luc !), il y eut une grande enquête nationale, impliquant tous enseignants et tous parents, pour savoir comment devait évoluer l’éducation nationale.

Pour préparer les réunions, l’Education Nationale diffusa très largement un document de 4 pages comportant notamment quelques tableaux statistiques à la fin. C’est ainsi que l’on put lire dans un tableau en haut à gauche de la page 4 que lors de la JAPD, la Défense Nationale constatait qu’il y avait quelques 12% d’illetrés (un peu plus de garçons que de filles), tandis qu’en bas à droite, un autre tableau, venant lui de l’Education Nationale, annonçait fièrement que maintenant, 92% des jeunes sortaient diplômés du système scolaire !

Il parait qu’un sous-préfet présidant une réunion plénière fut fort embarassé pour expliquer comment avec 12% d’illetrés, on pouvait n’avoir que 8% de non diplômés … :unamused: :stuck_out_tongue: :laughing:

MT a écrit:

Désolé pour vous, vous n’êtes rien ! Vous savez (au moins) que près d’une personne sur deux que vous croisez dans la rue n’a pas le bac ?
Si vous soutenez que seuls les 60% des jeunes de mon âge ont le bac, alors vous pourrez difficillement convaincre qui l’a eu du fait qu’il ne soit rien (même s’il en a déjà conscience) :wink: En tout cas belle leçon d’humilité
Je parlais de ceux qui allaient en prépa et en terme de « nombre » pas en terme de qualité intrinsèque.

Au fait, là :
education.gouv.fr/cid5335/re … -2007.html
vous constaterez qu’on est à un poil plus de 60 d'une classe d'âge au bac : entre 63 et 64 .

Comment peut-on voir le fait de devoir abaisser le niveau pour rendre le bac plus accessible? Pourquoi est-ce qu’on aurait pas préféré revoir les méthodes d’enseignement par exemple? (simple question, veut simple réponse :blush: )
Je crois qu’il y a une utopie dont personne ne se rend compte. Tout le monde ne peut pas avoir le niveau BAC ! Car, contrairement à ce que l’on pourrait croire, c’est un niveau élevé de connaissance et tout le monde n’en est pas capable. Ca ne vous viendrait jamais à l’idée de dire que tout le monde doit courir le 100 m en moins de 12 secondes ? Parce que tout le monde n’en est pas capable tout simplement, MEME après des heures et des heures d’entraînement. Pourquoi croit-on que tout le monde peut devenir intellectuellement très élevé ? Quand on sait tout ce qui se joue entre la naissance et 2 ans (notamment la curiosité) et qui hors de portée de l’éducation nationale ! Quand on sait tout ce qui se joue dans les familles, le soir, …

Alors, oui, il y a certainement des choses à améliorer dans l’éducation nationale, comme la façon d’enseigner, c’est vrai. Mais je me dis que lorsque je vois ma femme au milieu de 33 gamins de moins de 4 ans, les beaux discours ne servent à rien : s’il n’y a pas plus de moyen (plus de PROF), il n’est pas possible s’enseigner autrement et de passer plus de temps avec chaque élève selon ses besoins. Remarquez que l’éducation nationale est une des rares corporation qui se met en grève non pas pour avoir des salaires plus élevés mais pour avoir plus de MOYENS pour mieux faire leur travail.

Enfin CBP, pourriez-vous développer s’il vous plait vos derniers propos?

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Il n’en demeure pas moins, c’est vrai, qu’il y a un problème avec les filières, les programmes, … mais pas forcément là où on croit !

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Je pense notamment à la filière scientifique, celle que je connais le mieux. Le BAC prépare de moins en moins aux études ultérieures et ça, ça ne ME paraît pas normal (et pas adroit). Avant le BAC était la première étape pour la fac, c’était un début. Maintenant le BAC c’est une fin. Et c’est très dommage en ces temps où il n’y a pas assez de vocations scientifiques.

A mon avis, s’il y avait quelques filières plus spécialisées sciences, ça ne ferait pas de mal. :slight_smile:

CBP a écrit:

A mon avis, s’il y avait quelques filières plus spécialisées sciences, ça ne ferait pas de mal. :slight_smile:

Il existe la premiere S, puis la terminale S.
Sa vocation devrait justement être scientifique.
Mais au nom de « l’égalité des chances »- qui est appliquée ailleurs de maniere plus juste, on nivelle le niveau de tout le monde à un niveau standard, moyen, certes intéressant pour la majeure partie des bacheliers, mais décevant pour les futurs scientifiques.
Mon professeur de Physique en Terminale a enseigné plus de 30 ans en France, et d’apres son experience ce ne sont pas les élèves qui ont changé, qui sont plus faibles, mais les exigeances

Avant on faisait le moment cinétique en Terminale par exemple
Moi je l’ai vu en Sup

Cela n’empecherait pas les autres d’avoir un bac également.
Mais pourquoi devraient-ils avoir le bac S ?
A chacun de préparer ses études futures, ou sinon, d’avoir un socle général (un Bac « G » pourrait convenir.. )
Il serait bien de redonner à la filiere S un peu plus de consistance (et donc de sens)
J’aurais aimé en faire plus dans le secondaire, à la fois pour être mieux préparé au supérieur, mais aussi pour moins m’ennuyer, apprendre plus de choses (que les profs d’ailleurs maitrisent mais que les programmes ne leur permettent pas d’aborder… D’où l’interet de poser des questions à la fin des cours :wink: )
car c’est un probleme qui touche à la fois les professeurs- qui ont de moins en moins de notions à aborder et à approfondir- et les élèves -qui ne voient pas tout un ensemble de notions intéressantes ET fondamentales
*
Par exemple, le mere d’un ami camarade de Sup est professeur de Mathématiques en Terminale
Elle a fait cours de spécialité toute l’année, a tenté quelques approfondissements; au final le bac ne récompense pas ses efforts et lorsqu’elle corrige les copies de bac, il est fréquent de devoir mettre un 12/20 associé à l’appréciation récurrente: « les notions ne sont pas comprises ».*

Ainsi un élève qui a 2 en maths toute l’année a 10 au bac et part avec un bac S
(absurde)
L’an prochain elle en fera moins. Certains profs sont en effet un peu découragés de voir le niveau d’exigence en S si faible.

Voilà c’est notre génération qui bénéficie d’une démocratisation de l’Education, mais qui souffre de fait d’un nivellement vers le bas.
Enfin, on pourrait conserver ce fort taux de réussite en orientant les divers lycéens vers des filieres qui correspondent à leur niveau et à leurs ambitions
Donc je propose un bac G pour ceux qui souhaite avec le bac un socle de connaissances générales
un bac L et ES pour les littéraires et éco
et un bac S pour les futurs scientifiques
:wink:
:arrow_right: et j’aimerais qu’on m’explique en quoi un tel systeme reduirait le niveau d’étude en France, ou le % de bacheliers. :wink:

:arrow_right: aller je file, je suis mauvais en politique, ce n’est évidemment pas ma vocation, bien que ca me fasse réagir!

Moi ce qui me déprimait cette année, c’était de voir des copies pourries(en maths) avec un 15… Bref, je suis pas prof, mais je me permets de juger quand même… :laughing:

J’trouve que ça résume un peu la situation. :laughing:

Et puis l’ancien programme, comme j’ai bossé avec, je peux t’assurer que y a pas de grandes différences. Y a le produit vectoriel, des applications utilisant la notion de déterminant, mélénaüs, ceva, de la géométrie plus poussée, la vraie définition des limites, une meilleure approche de la notion d’espace et de plan, etc…(au sens de la définition d’une base, et surtout de rendre courant le changement de coordonnées…)

Si ça t’intéresse, je peux te faire une liste exaustive, mais il faut aussi que tu me dises quelles années. J’ai pour les année 80, pour le programme avant 2002, mais je ne sais pas s’il y avait un truc spécifique vers 90.

Bref, sincèrement pas de quoi s’en faire. Faut juste apprendre à rédiger un poil, et puis on est quasiment en 80 ! :laughing: :wink:

BRAVO a écrit:*

Voilà c’est notre génération qui bénéficie d’une démocratisation de l’Education, mais qui souffre de fait d’un nivellement vers le bas.

Mais NON ! Ta génération profite de ça, au contraire !

En revanche, l’ultra minorité à faire des études scientifiques n’en profite pas. NUANCE !

Arrêtez de croire que tout tourne autour des sciences !

Et je réaffirme mon point de vue : c’est dommage de laisser tomber cette petite (toute petite) partie de la population qui a envie de faire des études vraiment scientifique.

Je ne pense pas qu’on nous laisse tomber, puisque si on veut faire des études vraiment scientifiques, on va en prépa… il suffit d’attendre un peu.

A propos du programme, ayant feuilleté celui de mes parents, il est vrai que certaines notions sont repoussées, toujours plus loin (comme les complexes qui étaient vues en premières)… et ce probablement afin d’allèger un peu le programme.
Mais, à mon avis, ce n’est pas tant le programme qu’il faut revoir, mais plutôt les exigences de rigeur et de méthodes.

Et je ne suis pas sûr qu’il faille mettre plus de matières scientifiques en première et terminale S, car, quand on voit le niveau en français, ou en philo, de certains futurs préparationnaires, ça fait peur. Alors, rajouter plus de maths et de physiques (et d’svt), et réduire le nombre d’heures des matières littéraires serait une catastrophe. Les futurs ingénieurs et chercheurs doivent avoir un coté humain, ouvert sur notre société, qui aide à la compréhension du monde, et c’est bien la philo qui apporte cet aspect !