Ce qu'il ne faut pas attendre d'une école d'ingénieurs - Ce qu'il faut au contraire savoir

As-tu lu l’article que j’ai recité en premier post ?



D’après lui, on devrait moins retrouver cet effet « branleur » dans les écoles d’ingé, et encore moins dans les écoles d’ingé moins bien classées.

Ces écoles étant destinées à former des ingés moins dirigeants que les A/A+, elles ont tout intérêt à former des gens compétents techniquement.



Ca serait intéressant d’avoir des gens pouvant nous confirmer ça .

En diagonale, on va dire.



En ce moment je sature vraiment d’un point de vue intellectuel, et comme j’aurai beaucoup de taf pendant les semaines qui viennent, je m’économise. La faute à pas de vacances depuis bien longtemps, et j’ai encore des traces de mon mémoire.



J’ai pas mal de connaissances qui sont en dernière année ou JD d’écoles de rang C/D post-bac, et… bah c’est très variable en fait. Curieusement, j’aurais pu parier sur ceux qui allaient bien s’en sortir et ceux qui n’allaient pas bien s’en sortir. Ceux qui s’en sont bien sortis sont ceux qui avaient quelque part la culture d’ingénieur (un ami proche qui s’amusait à « hacker » des comptes Facebook par exemple, d’autres qui passaient pas mal de temps à bidouiller des voitures ou des motos…), ceux-ci n’ont pas un niveau académique ouf mais un bon niveau technique. D’autres qui ont fait ingénieur parce que ça fait bien, et leur niveau technique… no comment.

Bien s’en sortir à l’école ou dans le monde du travail ? Ca n’a rien à voir :stuck_out_tongue:

En l’occurrence, bien s’en sortir au travail, c’est la finalité de l’école, non ?



Donc des compétences techniques très disparates finalement. J’ai oublié de dire (quand je disais qu’intellectuellement j’étais épuisé…) que cela dépendait fortement d’un investissement personnel, vis-à-vis des cours notamment.

Ainsi, parmi mes connaissances j’ai pu voir des passionnés s’en sortir très bien, et d’autres qui s’en foutent et qui ont un niveau technique dégueu. Et quand je parle de niveau technique dégueu, c’est à tel point que moi-même ai pu le remarquer (paie ta dernière année de chimie qui galère sur le mot « estérification »…).

C’est vrai j’ai l’impression de n’avoir rien appris de professionalisant en école la plupart des skills que j’ai acquis ce sont grâce aux MOOCs. En vrai l’école y’avait des cours un peu pratique inintéressant, surtout des projets un peu pipots, et des cours théoriques qui servaient juste de masturbation intellectuelle.


Pas vraiment d’accord avec ça, dans les deux stages que j’ai fait je me suis fortement servi de plusieurs cours très théoriques que j’ai vus en école, et pourtant chacun des stages servait une problématique très concrète avec des effets directement visibles sur le monde réel (un dans un labo de maths français, l’autre dans un gros organisme américain). Les cours théorique peuvent définitivement être très utiles, encore faudrait-il qu’ils soient bien enseignés, c’est mon principal reproche.

Je suis d’accord avec darklol.

D’un point de vue « ingénieur » ils doivent servir à comprendre le background théorique de son nouveau métier. N’oubliez pas que les techniques que vous utiliserez dans trente ans n’existent probablement pas aujourd’hui, du moins en grande partie.

La nullité de l’enseignement supérieur est présente partout lorsqu’on a eu des enseignants exceptionnels en prépa : Ulm, X ainsi que les meilleures universités US ou anglaises. La solution n’est pas d’aller voir ailleurs, il faut se résigner à avancer seul et c’est possible : pour ma part, j’ai bossé autant en école qu’en prépa et j’ai donc appris autant en proportion qu’en prépa, où je ne travaillais à l’époque pas que des maths. Par contre, cela entraîne de faire une croix sur la vie sociale ou associative (au sens de ceux qui en « profitent » et aiment finir à 3 g chaque semaine). Pour avoir comparé dans certaines matières, l’X est sûrement la moins à plaindre des écoles d’ingénieur mais cela reste dramatique parce que pour quelqu’un de motivé, on apprend beaucoup et on va plus loin si on ne va pas en cours et qu’on assimile les bons livres/polys seul. De toute façon, quelqu’un qui sort de prépa avec un bon niveau est capable, seul et sans interaction extérieure, d’atteindre un excellent niveau M2 dans le domaine qui l’intéresse (je parle des maths et maths appliquées, c’est peut-être faux dans d’autres matières). Les meilleures écoles devraient pourtant permettre aux meilleurs éléments d’atteindre un niveau supérieur à celui qu’ils atteindraient en enchaînant les bons cours en autodidacte. Le simple fait de pouvoir faire cela prouve qu’on perd énormément du temps en école. De l’autre côté, faire cela lorsqu’on est en prépa avec des profs qui vous poussent déjà sainement dans vos limites est impossible, simplement parce l’enseignement de prépa avec de bons profs est déjà optimal. Après, il existe quand même certains profs excellents en école, ceux qui copient la « meilleure méthode » (que tout le monde reconnaît unanimement sur le plan scolaire) i.e. la sauce prépa, mais ils ne sont malheureusement pas assez nombreux.



J’approuve le texte de Jay Olsen, à la nuance près que j’aurais été plus critique sur certains aspects, notamment la partie projets en école, que je trouve inutiles pour la plupart et qui existent selon moi pour que la masse puisse se convaincre que les projets en école c’est la vraie vie (on le voit en stage que les projets c’est du fake, même si j’en étais déjà persuadé avant) et que l’entreprise c’est une startup de potes qui s’amusent autour de bonnes bières et litrons d’alcool, ce qui ne sera jamais le cas si on intègre une entreprise sérieuse où ce sera tout sauf le monde des bisounours ou de la bienpensance. Si l’on souhaite rendre les écoles plus tournées vers l’entreprise, qu’on y aille franchement en allongeant les périodes des stages (les vrais i.e. ceux en fin de cursus, pas le stage ouvrier qui est encore intellectuellement en dessous d’un projet pipo d’école), ce sera plus efficace et moins débile que cette « sociabilisation » de l’enseignement supérieur.

Attention Mathador tu as discours typique d’élève égaré.

Quelle est la profession de tes parents ? Es-tu provincial de base ?

Allonge toi sur le divan et raconte nous tout :slight_smile:

Je suis pas d’accord sur les projets. Peut-être que ça dépend des matières, mais en informatique les projets font vraiment progresser, par exemple parce qu’on échange aves les autres élèves, des élèves bien meilleurs parfois, et on apprend autant voire plus des autres élèves que des profs.

Honnêtement l’ensimag fonctionne beaucoup par apprentissage par projets, à la fin de la 1ere année il y a un projet de 3 semaines en C où on choisit entre deux sujets. Sur le notre on partait de rien, on devait choisir l’architecture, répartir les rôles, savoir qui code quoi, le but étant de simuler le comportement d’un processeur. Et à la fin des 3 semaines, quand t’as fait plus de 1000 lignes de codes (certains beaucoup plus), fait des tableaux de pointeurs de fonctions et autres joyeusetés tu te sens plus légitime à mettre C en compétence informatique sur ton CV que certains qui ont en fait pour un tp.



En 2e année on a des projets beaucoup plus libres. Par exemple « Faire un jeu vidéo 3D sur le thème de la neige intégrant des commandes, des animations et des lois physiques ». On pouvait ne même pas se servir des fichiers donnés et utiliser le langage qu’on voulait. Au 2e semestre il y a carrément des projets plus libres, qui peuvent remplacer des cours, avec un prof et un sujet par équipe (faire une souris pour tétraplégiques, améliorer une simulation biomédicale…).



Enfin la spécificité de l’ensimag (dont l’administration est très fière) c’est le projet Génie Logiciel, en milieu de 2e année. Que je critique et qui m’a traumatisé mais je comprends l’argumentaire. La situation c’est être une équipe de 5, dont un ayant n’ayant pas fait leur 1ere année à l’ensimag (Phelma, X parfois, admis sur titre), donc souvent qui code moins bien, en tout cas qui maîtrise moins les outils comme git par exemple. A partir de quelques fichiers, d’ANTLR (une sorte de compilateur de compilateur) et d’une doc de 200 pages super absconse de créer un compilateur d’un sous langage de Java (et en plus faut faire un bonus, par exemple une bibliothèque scientifique et faire une doc assez poussée sur tout le projet). Les profs sont juste là pour nous évaluer lors de présentations intermédiaires où on donne l’avancement du projet et ne nous aide quasiment pas. Projet quasiment impossible à finir sans avoir au moins deux voir trois très bons mecs en code, même en passant les week ends à coder, parfois à dormir très peu. Le but étant de montrer la vie en entreprise en période de rush, travailler avec des personnes qu’on ne connaît pas sur un problème très compliqué. Souvent à la fin, quand au moins une personne a arrêté pour raisons de santé à cause d’abus de café et de manque de sommeil sur un mois, on se dit si être ingénieur c’est ça on passe notre tour et on va élever des lamas en Papouasie. Heureusement certains le vivent beaucoup mieux. J’ai toujours du mal à poser un avis objectif dessus.



Tout ça pour dire que tout n’est pas à jeter en école, et que justement certains projets apprennent à ne pas paniquer quand on voit qu’on ne comprend rien à une problèmatique, qu’on peut rester bloqués 3-4 jours sur le même petit truc, qu’on peut se coucher tard voire pas du tout pour finir quelque chose, que travailler à plusieurs c’est différent…Même si il y avait les meilleurs cours du monde il n’y aurait pas ces notions, et en stage ça aide par exemple. Je sais pas du tout comment se font les projets dans les autres écoles, j’ai l’impression que sur la forme c’est assez différent mais que ça se rejoint sur le fond.

Très intéressant le post ENSIMAG. J’en avais une bonne image, mais ça ne fait que renforcer.

Me suis tapé l’écriture d’un compilateur en projet de 3eme année. Je compatis.

Après il y a des projets à l’intérêt discutable. Et j’ai posté avant pour dire ce qui m’avait déçu, y a des trucs bien et d’autres moins :expressionless: .

Pour préciser c’était un sous-langage de Java, on avait la partie objet à gérer mais pas les tableaux pas exemple (ça faisait partie des bonus). Et la doc même si elle est compliquée et quand même assez complète. Certains ont supprimé tous les fichiers donnés, et ont tout refait, nous non. On nous dit pas « faites un compilateur de Java à partir de rien ». J’avoue que j’ai commencé à faire la génération du code assembleur mais je faisais du mauvais travail (mon truc ça reste les maths appliquées) et j’ai préféré partir sur la bibliothèque mathématique (et franchement coder un cosinus avec une bonne précision c’est vraiment pas instinctif, c’est une autre manière de penser les maths et l’info, pas inintéressant).

Mais oui l’ensimag veut vraiment qu’on ait un bon niveau en info en sortant de l’école. C’est un petit peu moins vrai en maths.

Tu voulais un témoignage de quelqu’un faisant une école plus technique et moins managériale et bien j’en viens et j’ai quelques points desquels j’aimerais parler : tout d’abord nous c’est l’inverse il y a sur un semestre bcp de cours scientifique(on est à 7-8). Certains sont faciles il suffit de venir avec son poly s’il est autorisé pour faire un qcm et d’avoir surligné les ordres de grandeur dessus. Dans d’autres cours plus difficiles comme les éléments finis ou la mécanique des solides les gens ont peur d’avoir un éventuel rattrapage et donc révisent beaucoup ces cours. Ils sont souvent surpris de la facilité du partiel par rapport aux TD. Je pense quand même que les TD plutôt difficiles dans ces matières plus importantes permettra d’avoir un niveau correct en entreprise.



Enfin il est intéressant de noter la différence entre l’insalien venant de prépa(1)et l’insalien rentré en post bac(2). Souvent ce (1) cherche à profiter de l’école et de la vie étudiante en sortant et se laisse vivre en cherchant à valider son partiel avec la note à l’UE la plus proche de 10 possible.Il s’inquiète des partiels et interros au mieux 2 jours avant pour l"interro et 1 semaine avant pour les partiels. Il est relativement absentéiste en CM et s’interesse peu à la majorité des matières proposées sauf une ou 2 qu’il va travailler à fond car elle l’intéresse. Le deuxième profil va sortir pas mal non plus mais moins et va travailler le soir et même le week end même en période creuse d’interrogation pour comprendre bien tout. Au final le type 1 aura souvent un peu moins mais en y ayant consacré un temps beaucoup moins important avec le même résultat.



Enfin je constate que trop de profs dits enseignants chercheurs sont bons chercheurs certainement mais mauvais professeurs.



En conclusion dans mon école je trouve qu’on a trop de matières scientifiques « faciles » qui pourraient être supprimées afin d’ améliorer la qualité de l’enseignement des matières essentielles. Cela permettrait d’avoir un meilleur ingénieur technique puisqu’il saurait faire les choses essentielles du domaine auquel il est préparé. Il faudra de tt de facon dans les matières décrites comme facile beaucoup plus que le cours qui n’est qu’une introduction pour devenir un spécialiste. On pourrait proposer ces matières au choix plus tard dans la formation

en fait dans la réalité, (même si techniquement cela reste possible) il ne faut pas s’attendre a ce que les 3 ans d’écoles servent beaucoup a ceux qui ne le veulent pas.

Il n’y a que les écoles dont le classement de sortie sert à choisir quelque chose qui réussissent à faire bosser ses étudiants. Example : X pour le choix de l’école d’application ou ENSTA B militaire pour les 10 heureux qui feront supaero. Sinon cela ne sert pas vraiment.

Tout se joue sur les concours ou tu es quasiment classé à vie. Par example, les Telecoms cursus Sophia : les 24 qui viennent de Paris (rang 669 a 1007), les 3 qui viennent de Brest (rang 1056 a 1211) et les 3 d’Evry (rang Mines Telecom 958 - 993). Ils suivent exactement les mêmes cours en anglais en deuxième et troisième année et à la fin ils auront leur diplôme d’entrée cad Telecom Paris, Brest ou Sud Paris avec les conséquences sur le recrutement, salaires, grilles etc… qui les suivront toutes les premières années de leurs vies professionnelles. Et ça même si le gars de Brest ou d’ Evry fini major a Sophia et les parisiens derniers.

Idem à Centrale, le classement du concours fait que tu es Paris ou Province même si un Marseillais vient finir major de Maths Appliqués à Paris et un Parisien dernier d’une 3ieme année qui n’existe qu’à Marseille.

Mais c’est la règle du jeu actuelle du système. Il faut juste en être conscient et faire avec.

et encore .. faire bosser pour un classement de sortie renvoie aux pb d’évaluation inefficace ( en termes d’acquisition de connaissances utiles sur le marché du travail) et donc renvoie à un mode "prépa concours " et non pas « formation d’ingé »

Mouais les grilles de salaire en fonction de ton école c’est très français à l’etranger c’est plutôt la qualité de ton travail à poste égal qui va faire varier ton salaire #Méritocratie.


j’avoue mais du coup l’évaluation d’ingé se résume à qui tient le mieux l’alcool … est ce vraiment si utile pour le marché du travail …

Non en effet . avec tous ceux qui veulent faire « de l’actuariat », ce qui pour eux est un synonyme de « trading », vaudrait mieux les entraîner à la coke qu’'au Johnny Walker


Faudrait peut-être que tu penses à prendre ta retraite de prepas.org, tu radotes un peu trop. Surtout que ça a rien à voir avec le sujet.

Le respect envers les anciens se perd ici. :grin:

D’ailleurs, pourquoi est-ce que ça part toujours en live sur les topics de JO ? Pour une fois que le topic était constructif…