les chiots aboient la caravane passe
Le classement de sortie pose encore plus de contraintes à l’X, avec les corps qui exigent un mode d’évaluation pas forcément la plus adapté et que les enseignants n’approuvent pas toujours puisqu’il ne permet pas vraiment de mesurer le degré de connaissance et de maîtrise du cours.
Et le forum découvrit que tout ranking est en général daubé à la seconde où il devient public.
Si seulement nos chers ministres de l’ESR pouvaient nous lire et arrêter de massacrer l’ESR…
Que pensez-vous des classement internationationaux ?
Shangaï, QS world ranking, Times Higher Education …
La question ne m’est pas adressée mais pour moi c’est un peu le classement de l’usine nouvelle niveau mondial. On se débrouille pour mettre les universités prestigieuses devant et après on mélange et on secoue et ça fait un classement. Dans son livre Villani raconte qu’il a parlé du classement de Shanghaï avec une chercheurse chinoise qui lui a dit quelque chose comme : « Donc, en France, vous vous préoccupez d’un classement chinois, c’est étrange ».
Juste pour dire que je viens de voir les résultats d’admission en 3A de l’ensimag. Et en fait quand les Jean-Jacques se surestiment un peu ça donne 13 redoublements (dont au moins un pour raisons de santé, du coup ça l’handicape pas pour l’étranger par exemple) et 5 renvoyés (dont 4 redoublants quand même). La promo de 2A doit avoir presque 300 élèves, donc ça fait peu finalement en pourcentages. Cette année c’était un peu pour punir une filière qui est censée demandait le plus de travail et qui s’est retrouvé la filière avec le moins de présences (et pas parce que les élèves bossaient dans leur coin).
Tout ça pour dire, il y a un minimum à faire en école. Il est assez bas, mais faut quand même le faire.
Les écoles françaises ne sont pas normés pour rentrer dans ces classements pour plusieurs raisons.
_ Peu de travaux de recherches dans les écoles elles-mêmes.
_ Une grosse université (UK/US) a des promos bien plus importantes que les écoles françaises. Donc la probabilité qu'elle se fasse remarquer est plus importante.
_ La différence École d'ingenieur/Université qui n'existe qu'en France.
_ Le système Bachelor/Master/PhD qui n'est pas synchronisé parfaitement avec les écoles francaises.
_ Le budget, une grand école a un budget de l'ordre du million tandis qu'une grosse université a un buget de l'ordre du milliard.
Personnelement je pense que ces classements sont intéressants pour les gens cherchant à faire un PhD.
Quelqu’un a lu ?
Que comme tout classement, une fois qu’il est publié il devient instantanément inepte.
Plus sérieusement, ce genre de classement se base sur des critères extensifs (ce qui est une ineptie absolue, après on a des ministres et des présidents qui pensent qu’en fusionnant tout l’ESR francilien dans Saclay ça fera une super fac bien cotée…) et favorise pour des raisons de culture du story-telling les modèles anglo-saxons. Si les US et le RU avaient une telle suprématie absolue sur la recherche de ces cinquante dernières années, ça se saurait.
Bref, je pense que ces méthodes de classement sont franchement stupides à l’heure actuelle, ça sert juste à se branler la nouille en tant que ministre sans avoir besoin de connaître vraiment de l’intérieur l’ESR.
L’essentiel semble être avoir une attitude proactive.
Workplace - Careers
How to love your job again
The stats all seem to point one way – that most of us aren’t engaged or even happy at work. But there are ways to turn it around, writes Eric Barton.
<LINK_TEXT text=« http://www.bbc.com/capital/story/201707 … -job-again »>How to love your job again</LINK_TEXT>
Ah, une étude Céreq Génération 2013 - toute récente …
Des jeunes plus diplômés mais qui ne s’insèrent pas mieux
<LINK_TEXT text=« http://www.cafepedagogique.net/lexpress … 13939.aspx »>http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2017/07/04072017Article636347501340913939.aspx</LINK_TEXT>
Très interessant
Je suis tombé sur ce fil en cherchant des discussions autour de l’article sur HEC.
J’ai une vision des deux côtés de la barrière, puisque je suis passé par une école d’ingé (avec un discours de Gourisse à la rentrée mais un discours de Biausser à la sortie). Je suis maintenant enseignant dans une autre école.
Pour ce qui est des disciplines scientifiques, croyez bien que le corps enseignant a le cul entre deux chaises. Je connais des collègues qui aiment enseigner et qui préparent chaque année leur cours en les mettant à jour, d’autres qui ont pondu on ne sait comment un pavé de 300 slides il y a plusieurs années et qui le rabâchent depuis sans chercher à s’investir outre mesure. Tout ça dépend de la chaise sur laquelle on pose ses fesses.
On aime à penser - surtout quand on enseigne en option d’école généraliste - que les étudiants sont là parce qu’ils l’ont choisi. C’est un peu moins vrai pour le tronc commun, ou pour les écoles spécialistes qui sont parfois choisies pour leur classement davantage que pour la spécialité. En tout cas, la majorité des enseignants sont soucieux d’avoir face à eux des étudiants réellement intéressés par la discipline concernée. La plupart essaient de l’enseigner du mieux qu’ils peuvent, et s’investiraient encore plus s’ils le pouvaient.
Le frein à la pédagogie et à la qualité des enseignements vient lui de plusieurs facteurs. D’une part, les étudiants savent - ou croient savoir - qu’ils auront leur diplôme. Je considère qu’une fois le concours passé on entre dans un monde de concours inversé : il ne s’agit pas tant d’être dans les premiers que de ne pas être dans les derniers. En effet, il y a chaque année des redoublants voire des étudiants exclus mais la proportion est infime, et doit être même corrélée au classement de l’école. Le tout est donc de ne pas être dans les derniers, ce qui par construction ne peut pas se vérifier pour tout le monde. Ça n’empêche en rien l’étudiant intéressé par une discipline de s’y investir, voire d’obtenir des notes excellentes là où les autres cherchent à juste passer la barre. Mais la rétribution est faible au regard des efforts consentis.
Par exemple, pour tous mes cours j’ai des exercices additionnels à faire chez soi, juste pour la culture, pour mieux comprendre ou découvrir les subtilités des disciplines (bon j’ai du bol j’enseigne exactement ce sur quoi je fais ma recherche). Assez rares sont les étudiants à le faire, en tout cas à m’en faire part. Évidemment je ne peux passer qu’un temps limité à les corriger, mais ça tombe bien ils sont souvent fournis avec la correction… De la même façon mes TPs sont pour la plupart infaisables en se limitant aux séances prévues, et chacun est libre d’y passer du temps supplémentaire. Notez que par rapport à de nombreux collègues je ne suis pas assez pervers pour demander des rapports de TP de plusieurs dizaines de pages, car il est évident que ce n’est pas là qu’on apprend, et de plus personne ne les lit.
Reste que la majorité des étudiants vise avant tout l’examen, et là il faut que ça soit clair : nous n’avons quasiment pas la main sur les notes. Si elles sont trop basses, la scolarité va râler et nous demandera de les remonter. Après cette « discussion », s’il reste des notes en dessous de la moyenne il faudra organiser des épreuves de rattrapage. Ces épreuves portent bien leur nom : elles servent à rattraper, pas à ré-évaluer. Devant ça, étant donné qu’on a plein d’autres trucs à faire et que peu d’enseignants ont choisi ce boulot pour la partie évaluation, on a tendance à faire passer quasi tout le monde dès le premier coup, et le rattrapage sert de bâton pour montrer que certains étudiants doivent s’y coller une deuxième fois. Encore une fois, mécaniquement certains se font avoir et c’est comme ça qu’on finit par redoubler ou être viré.
De nombreux collègues estiment que les étudiants ont globalement un niveau moyen-bas et une motivation curieusement faible par rapport à l’intérêt du cours. Là clairement il y a un biais : nous enseignons (idéalement) les disciplines sur lesquelles nous faisons nos recherches et avons passé un temps assez déraisonnable. On ne comprend donc pas toujours que tout le monde ne partage pas notre enthousiasme pour telle ou telle matière.
Par ailleurs, comme relevé dans l’article sur HEC, les enseignants ne sont absolument pas évalués sur leurs enseignements. Pour la progression de carrière et pour garder la main sur notre vie professionnelle (demande de mutation, candidater dans une université étrangère, suivre son conjoint, etc.) nous sommes évalués sur les publications de travaux de recherche et sur les collaborations industrielles (ie combien d’argent on est capable de ramener à l’école).
Perso j’ai quand même mis en place des systèmes d’évaluation de mes cours (questionnaires anonymes en ligne) et ça m’a permis de beaucoup améliorer la qualité des cours et des TPs. Toutefois, l’intérêt de ce type de formulaires est limité car un certain tri (donc un temps certain) est nécessaire pour analyser les réponses.
À titre d’exemple, quand on demande « par rapport aux autres cours, celui-là est il a) plus difficile b) moins difficile c) pareil » on peut obtenir uniquement des a sur toute une année. Je laisse le soin aux taupins de vérifier que c’est impossible.
Au final, en raisonnant de façon égoïste, moins on passe de temps sur les cours mieux on se porte. J’ai plusieurs fois assisté à des jurys où il était clair que certains enseignants avaient mis la moyenne à tout le monde pour ne pas perdre de temps. Parfois on voit même des cas où des étudiants sont reconnus comme séchant les exams, se tapent des notes entre 0 et 3 quasi partout sauf dans 1 ou 2 matières où, curieusement, tout le monde a la moyenne. Bon je dis ça mais en tant qu’étudiant j’avais eu un 14 pour un rapport non rendu.
Ces trois raisons poussent de nombreux collègues à ne pas trop embêter les étudiants sur les notes : peu de motivation des étudiants / peu de marges de manœuvre sur l’évaluation finale / peu de reconnaissance de l’enseignement.
Cela n’empêche absolument pas aux étudiants motivés et intéressés d’apprendre des tonnes de trucs, simplement ça se fera quasi en parallèle du cours, via des questions, des lectures et des exercices supplémentaires. Le classement est aussi un aspect assez important pour les échanges et doubles-diplômes (du moins pour les universités les plus demandées), là clairement il ne faut pas se rater si on a une idée précise en tête.
Pour finir, j’estime tout de même que ce fonctionnement plus flou que la prépa (où la scolarité est reine et l’évaluation le moteur du travail) est une bonne image de l’entreprise. Sauf cas particuliers, ce n’est pas par le côté scolaire qu’on se fait remarquer, et même en bossant dans la technique il faut avoir bien d’autres qualités que de savoir faire des intégrales triples. Il faut aussi rappeler que les entreprises recrutent rarement les jeunes diplômés pour ce qu’ils savent, mais parce qu’ils ont gardé l’habitude de s’attaquer à des problèmes difficiles (à la limite peu importe les problèmes). Cela peut renforcer les réticences à s’investir, chez les étudiants comme chez les enseignants.
Au final le fonctionnement des prépas est lui aussi à remettre en cause, car il sélectionne des personnes pas forcément les plus adaptées pour les formations post-prépa. Ça tombe bien, savoir s’adapter est une compétence assez reconnue et les écoles donnent de multiples occasions de la développer.
Pas grave en soi si les derniers ont une moyenne supérieure à 10 / 20…
L’essentiel étant d’avoir une note supérieure à la constante macabre…
Fort intéressant merci
j’espère que U*** va le mettre dans ses favoris pour ressortir le lien à bon escient plus tard
Y a des enseignants qui en demandent ?! ![]()
Oui ![]()
Malheureusement…
Après ça fait de l’évaluation continue, c’est pas horrible non plus comme méthode !
Et ils demandent aussi de rédiger une page de résumé du rapport ? ![]()
Bref, des profs qui ont pas suivi cette actualité du Ministère :
prix PEPS : l’innovation au service de la transformation pédagogique
« des projets d’une grande qualité, qui témoignent de la richesse, de la diversité et de la créativité des acteurs de l’enseignement supérieur en France. »
<LINK_TEXT text=« http://www.enseignementsup-recherche.go … gique.html »>http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid118790/laureats-de-la-seconde-edition-du-prix-peps-l-innovation-au-service-de-la-transformation-pedagogique.html</LINK_TEXT>
Ces profs ajournés au concours PEPS, ils pourront passer en session de rattrapage. ![]()
JIPES 2017
Journées nationales de l’innovation pédagogique dans l’enseignement supérieur
Université Pierre et Marie Curie
mardi 26 et mercredi 27 septembre 2017
<LINK_TEXT text=« http://www.enseignementsup-recherche.go … -2017.html »>http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid117750/journees-nationales-de-l-innovation-pedagogique-dans-l-enseignement-superieur-jipes-2017.html</LINK_TEXT>
Non mais il sélectionne pour justement cette capacité à ne pas reculer devant un problème difficile. Et du coup, peut-être que travailler cet aspect-là (c’est-à-dire passer de problèmes difficiles mais réalisables et scolaires, la prépa, à des problèmes difficiles, voire ouverts, et peu scolaires, post-prépa) serait la formule gagnante. (Notamment via projets.)