Crise, salaire, entreprise sexy ?

Bonjour, je viens de lire un article dans Le Monde électronique dont le titre est « Les diplômés baissent leurs prétentions ». Pour les abonnés au Monde électronique, c’est ici.

Pour les autres, un court résumé :
C’est une enquête sur les diplômés des grandes écoles A+ (ingénieurs: les grandes parisiennes, commerce : idem + EM Lyon).
Le message : les derniers diplômés ont du rabattre leurs prétentions tant sur les salaires, que sur le type de fonction et le type d’entreprise, même si dans l’ensemble cela reste confortable au regard du reste des diplômés. Les ingénieurs sont mieux lotis que les « commerce ».

Quelques extraits:

  • Même à HEC, 33 % des étudiants se disent préoccupés par leur entrée sur le marché du travail, remarque Quentin Ballu l’auteur de l’étude. Cela s’explique par la concurrence croissante des étudiants ingénieurs sur les métiers considérés par les managers comme leur chasse gardée.
  • … la baisse des salaires de sortie est significative puisque entre 2000 et 2013, la rémunération a reculé de 15 % en euros constants.

Sinon, il y aussi une section sur les frais d’inscription des écoles de commerce : ils peuvent difficilement les augmenter encore avec de telles perspectives.

Bémols : les chiffres avancés dans l’article ne sont pas toujours clairs, par exemple je n’ai pas pu faire la part des chiffres globaux de l’ensemble des grandes écoles et ceux des A+ mentionnés.
Enfin le rapport de l’étude du cabinet Gallileo n’est pas accessible à ce jour pour creuser le sujet.

007 a écrit:

Cela s’explique par la concurrence croissante des étudiants ingénieurs sur les métiers considérés par les managers comme leur chasse gardée.

Ca serait intéressant de couper ces données avec le nombre de départs en double diplôme à l’étranger. Car personnellement, ça a beaucoup joué sur mon choix de partir de savoir qu’il y avait des perspectives dans un autre pays si jamais je ne trouve rien en France.

007 a écrit:

  • … la baisse des salaires de sortie est significative puisque entre 2000 et 2013, la rémunération a reculé de 15 % en euros constants.
    C’est équivalent à la baisse du point d’indice dans la fonction publique (Point d'indice salarial en France — Wikipédia), donc j’ai envie de dire que c’est un peu pareil pour tout le monde…

Un pote en stage aux US (math app, pas finance) se fait 42k nets (nets nets) + avantages (billet d’avion, logement, transport, payés bouffe, à pris réduit) Le tout dans une ville où la vie est pas très chère (Houston)
Il a eu une chance incroyable ?

Bosser à l’étranger pour un salaire fou permet-il de gonfler son salaire une fois revenu en france ?

net net, c’est à dire en ayant cotisé à la retraite et l’assurance maladie ? ou net d’impôts seulement ?

Dubblee a écrit:

Un pote en stage aux US (math app, pas finance) se fait 42k nets (nets nets) + avantages (billet d’avion, logement, transport, payés bouffe, à pris réduit) Le tout dans une ville où la vie est pas très chère (Houston)
Il a eu une chance incroyable ?

Bosser à l’étranger pour un salaire fou permet-il de gonfler son salaire une fois revenu en france ?
ton analyse n’est pas la bonne.

  1. Cela permet de se dire : non finalement je vais rester aux states parce qu’il n’y a pas photo
    après cela dépend si tu t’appelles Carlos Ghosn ou si tu fais de la recherche en informatique…
  2. L’employeur Français ne vas pas forcément te filer davantage parce que tu gagnais plus avant
    mais parce que ton profil l’intéresse : international, bilingue tout ça
    après c’est à toi de négocier : tu peux démarre plus bas si le job t’ouvre de grosses prespectives
  3. En matière de comparaison, il faut faire très attention
    salaires, prestations sociales et tout le reste
    par ex si tu as des chérubins et que tu bosses à Londres tu vas douiller pour les écoles privées..

Pater a écrit:

[quote=« Dubblee »]
Un pote en stage aux US (math app, pas finance) se fait 42k nets (nets nets) + avantages (billet d’avion, logement, transport, payés bouffe, à pris réduit) Le tout dans une ville où la vie est pas très chère (Houston)
Il a eu une chance incroyable ?

Bosser à l’étranger pour un salaire fou permet-il de gonfler son salaire une fois revenu en france ?
ton analyse n’est pas la bonne.

  1. Cela permet de se dire : non finalement je vais rester aux states parce qu’il n’y a pas photo
    après cela dépend si tu t’appelles Carlos Ghosn ou si tu fais de la recherche en informatique…
  2. L’employeur Français ne vas pas forcément te filer davantage parce que tu gagnais plus avant
    mais parce que ton profil l’intéresse : international, bilingue tout ça
    après c’est à toi de négocier : tu peux démarre plus bas si le job t’ouvre de grosses prespectives
  3. En matière de comparaison, il faut faire très attention
    salaires, prestations sociales et tout le reste
    par ex si tu as des chérubins et que tu bosses à Londres tu vas douiller pour les écoles privées..
    [/quote]
    Il me semble que c’est net d’impôts, mais ça ne doit pas être énorme là bas non ?
    Je compte pas avoir des gosses de si tôt, donc les prestations sociales (de manière générale ce qui est payé par nos impôts) je m’en fiche un peu. Pareil pour la sécu, j’ai un rhume par an. Et si par malheur j’ai une maladie grave, le salaire devrait compenser. Et si c’est super grave, je suis toujours citoyen français non ?

Non, quand tu pars vivre à l’étranger faut que tu souscrives une option chez ta mutuelle même en Europe (alors pour les USA ça doit pas mal douiller vu le prix des soins …)

Masselotte, tu réponds sans doute dans le cadre d’un stage
et là c’est un peu différent; certaines mutuelles ont d’excellentes couvertures même à l’étranger
sans grosse majoration
mais c’est du cas par cas

Dans le cadre d’un 1er job stable (autre horizon)
si tu as une bonne assurance privée payée par ton employeur tu seras pris en charge
si tu lances une strat up c’est un peu différent
mais au total l’intérêt de ‹ l’expat › c’est surtout l’expérience
et c’est plus simple quand on est jeune (organisation, apprentissage de la langue etc…)

Stage ou double diplôme oui

Masselotte a écrit:

Non, quand tu pars vivre à l’étranger faut que tu souscrives une option chez ta mutuelle même en Europe (alors pour les USA ça doit pas mal douiller vu le prix des soins …)
Si tu gagnes le salaire américain je crois que tu t’en fous.
Mais j’ai pas de chiffres bien précis sur les chiffres américains.

Dubblee a écrit:

…
Il me semble que c’est net d’impôts, mais ça ne doit pas être énorme là bas non ?
Je compte pas avoir des gosses de si tôt, donc les prestations sociales (de manière générale ce qui est payé par nos impôts) je m’en fiche un peu. Pareil pour la sécu, j’ai un rhume par an. Et si par malheur j’ai une maladie grave, le salaire devrait compenser. Et si c’est super grave, je suis toujours citoyen français non ?
-1- aux USA les impôts des salariés ne sont pas ridicules, ce sont les impôts sur les autres revenus qui sont faibles (plus-values d’actions, etc.)

-2- il manque manifestement un cours dans les grandes écoles sur ce qu’est la solidarité nationale. Avec ou sans enfants, on cotise pour payer la sécu à tous, les vieux comme les familles nombreuses. Et financer les études gratuites ou presque.
Maintenant il y a toujours des plus malins qui cherchent à profiter du système. C’est un reproche qu’on fait à certain travailleurs étrangers, mais manifestement pas seulement. « Tu quoque filia mea ? »

007 a écrit:

-2- il manque manifestement un cours dans les grandes écoles sur ce qu’est la solidarité nationale.
Ce n’est pas une maigre tentative de lavage de cerveaux qui va changer qqch… A 20 ans on a déjà ses petites idées politiques, ses ambitions, ses aspirations. Certains ne voient que l’aspect fiscal d’un lieu de vie, d’autres voient d’autres paramètres. Mais comment faire lorsque quelqu’un n’est plus d’accord avec la manière de fonctionner de son pays ? Il le quitte parfois… En france comme partout, c’est chacun pour son c** jusqu’à ce que quelqu’un nous pose la question, et la « solidarité nationale » ne fera pas forcément des miracles !

Dubblee a écrit:

[quote=« Masselotte »]
Non, quand tu pars vivre à l’étranger faut que tu souscrives une option chez ta mutuelle même en Europe (alors pour les USA ça doit pas mal douiller vu le prix des soins …)
Si tu gagnes le salaire américain je crois que tu t’en fous.
Mais j’ai pas de chiffres bien précis sur les chiffres américains.
[/quote]
Il y a 2 thèmes dans ce post; je ne m’aventurerai pas sur celui de la solidarité
car dans une economie clairement mondialisée, il n y a clairement aucune raison d’empecher les gens d’aller faire carrière ou ils veulent (dublee n’a fait ni l’X ni l’ens de mémoire il n’a donc aucune obligation du moins à caractère pécuniaire - et encore cela ne pèse pas très lourd).

En revanche, Dublee, ne déc**** pas avec ta couverture sociale même si tu as un rhume par an
je ne te souhaite évidemment pas de tomber malade mais un accident est vite arrivé - même jeune -
et là je te prie de croire que tu sentiras très méchamment la douloureuse aux states si tu n’es pas bien couvert.

Enfin, n’oubliez pas qu’en France on a plein de choses merveilleuses comme la gastronomie, une production culturelle très large, des paysages très variés…

Un article que j’ai nonchalamment catégorisé dans la catégorie « alakon » quand j’ai lu son en-tête sur le site du Monde …

Mis puisque vous en parlez, quelques réactions :

Les jeunes interrogés ont beau être issus des six plus grandes écoles d’ingénieurs (Polytechnique, Centrale Paris, Mines Paris, Ponts et chaussées, Télécom Paris, Supélec) et des 7 plus prestigieuses écoles de commerce (HEC, Essec, ESCP, EM Lyon, Edhec, Neoma, Dauphine), 40 % d’entre eux redoutent de ne pas trouver d’emploi.
En supposant que ces stats ne soient pas bidonnées, ce passage nous montre qu’être d’une débilité affligeante ne semble pas être un obstacle majeur pour atteindre les plus hauts niveaux de formation du pays.
Raphaëlle a écrit:

[quote=« 007 »]

  • … la baisse des salaires de sortie est significative puisque entre 2000 et 2013, la rémunération a reculé de 15 % en euros constants.
    C’est équivalent à la baisse du point d’indice dans la fonction publique (Point d'indice salarial en France — Wikipédia), donc j’ai envie de dire que c’est un peu pareil pour tout le monde…
    [/quote]
    Very True !
    bullquies a écrit:

[quote=« 007 »]
-2- il manque manifestement un cours dans les grandes écoles sur ce qu’est la solidarité nationale.
Ce n’est pas une maigre tentative de lavage de cerveaux qui va changer qqch… A 20 ans on a déjà ses petites idées politiques, ses ambitions, ses aspirations. Certains ne voient que l’aspect fiscal d’un lieu de vie, d’autres voient d’autres paramètres. Mais comment faire lorsque quelqu’un n’est plus d’accord avec la manière de fonctionner de son pays ? Il le quitte parfois… En france comme partout, c’est chacun pour son c** jusqu’à ce que quelqu’un nous pose la question, et la « solidarité nationale » ne fera pas forcément des miracles !
[/quote]
La mentalité de notre jeune élite dans tout ce qu’il y a de plus beau … Ou comment croire que l’on ne doit sa réussite qu’à soi même :unamused:

À 20 ans, on peut très bien avoir des idées politiques très formatées. Si tu crois que tu as eu toutes ces ptites idées tout seul, tu te trompes :stuck_out_tongue:

Yamashita Ren a écrit:

Un article que j’ai nonchalamment catégorisé dans la catégorie « alakon » quand j’ai lu son en-tête sur le site du Monde …

Mis puisque vous en parlez, quelques réactions :

Les jeunes interrogés ont beau être issus des six plus grandes écoles d’ingénieurs (Polytechnique, Centrale Paris, Mines Paris, Ponts et chaussées, Télécom Paris, Supélec) et des 7 plus prestigieuses écoles de commerce (HEC, Essec, ESCP, EM Lyon, Edhec, Neoma, Dauphine), 40 % d’entre eux redoutent de ne pas trouver d’emploi.
En supposant que ces stats ne soient pas bidonnées, ce passage nous montre qu’être d’une débilité affligeante ne semble pas être un obstacle majeur pour atteindre les plus hauts niveaux de formation du pays.
+1
La mentalité de notre jeune élite dans tout ce qu’il y a de plus beau … Ou comment croire que l’on ne doit sa réussite qu’à soi même :unamused:
Tu peux expliquer d’où sort ce commentaire ? Je ne pense pas avoir laissé sous-entendre ça.
À 20 ans, on peut très bien avoir des idées politiques très formatées. Si tu crois que tu as eu toutes ces ptites idées tout seul, tu te trompes :stuck_out_tongue:
Je ne le crois pas. D’ailleurs il y a déjà une grosse propagande à l’école pour assurer la pérennité de la république et de la démocratie, et d’autres encore.

Je dis qu’à 20 ans on est plus à cheval sur ses idées qu’à 4 ans ; c’est pas en grande école que tu formateras forcément les élèves à un certain mode de pensée.

Yamashita Ren a écrit:

Les jeunes interrogés ont beau être issus des six plus grandes écoles d’ingénieurs (Polytechnique, Centrale Paris, Mines Paris, Ponts et chaussées, Télécom Paris, Supélec) et des 7 plus prestigieuses écoles de commerce (HEC, Essec, ESCP, EM Lyon, Edhec, Neoma, Dauphine), 40 % d’entre eux redoutent de ne pas trouver d’emploi.
En supposant que ces stats ne soient pas bidonnées, ce passage nous montre qu’être d’une débilité affligeante ne semble pas être un obstacle majeur pour atteindre les plus hauts niveaux de formation du pays.
Je vois pas en quoi… Pour peu qu’on vise un domaine un peu sélectif ou qui ne se porte pas très bien en ce moment, c’est tout à fait réaliste d’avoir des craintes envers son avenir.

c’est de la sémantique, ça me surprend que ce ne soit pas 100% des personnes interrogées qui redoutent de ne pas trouver un emploi.

"Bonjour, que pensez-vous du fait de ne pas trouver un emploi après obtention de votre diplôme ?

a) c’est pas grave

b) ça me ferait chier"

@Masselotte
Bah c’est sûr que si ton seul but dans la vie c’est d’être président de la République ou PDG de Renault-Nissan, je comprends que tu sois inquiet pour ton avenir …
Autrement, je pense qu’un diplômé de l’X (ou autre) devrait faire preuve d’un minimum de lucidité et être conscient qu’il fait dors et déjà partie des privilégiés.
Parce que si on commence à flipper pour son avenir avec ce niveau de formation … mais où va le monde ?

@bullquies
Moi je lisais plutôt ça comme « je n’arrive plus à dormir la nuit car, le marché du travail étant tellement surchargé, je ne pense pas être capable de trouver un emploi satisfaisant dans les 10 années à venir »

[quote]
La mentalité de notre jeune élite dans tout ce qu’il y a de plus beau … Ou comment croire que l’on ne doit sa réussite qu’à soi même :unamused:
Tu peux expliquer d’où sort ce commentaire ? Je ne pense pas avoir laissé sous-entendre ça.
[/quote]
Et bien, même si ce n’est pas ton opinion, ton commentaire était interprétable en ce sens.
Tu parles de « lavage de cerveau », de « désaccord avec le pays » et de « nécessité de le quitter ». Tu dis que c’est « chacun pour sa c..euh…pomme » et que « la solidarité nationale n’y changera rien ».
Ma thèse en quelques mots « l’État français a perdu toute légitimité et la fuite de ses talents ne fait qu’accroître cet état :grin: de faits. » Et je trouve ça regrettable que les individus de ce pays fasse tout pour se tirer ailleurs (l’herbe est toujours plus verte à coté) plutôt que d’essayer de changer les choses en profondeur … Au final, ils ne font que contribuer à ce « malheur » qu’ils rejettent.
Exemple : les ex taupins qui se prennent pour des génies et prétendent ne rien devoir à leur pays car ayant toujours étés premiers de leur classe avant de décrocher l’X.

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À 20 ans, on peut très bien avoir des idées politiques très formatées. Si tu crois que tu as eu toutes ces ptites idées tout seul, tu te trompes :stuck_out_tongue:
Je ne le crois pas. D’ailleurs il y a déjà une grosse propagande à l’école pour assurer la pérennité de la république et de la démocratie, et d’autres encore.
Je dis qu’à 20 ans on est plus à cheval sur ses idées qu’à 4 ans ; c’est pas en grande école que tu formateras forcément les élèves à un certain mode de pensée.
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Effectivement, je ne pense pas que c’est en GE que l’on pourra changer ces modes de pensée.
Je voulais surtout dire par là que le « je-m’en-foutisme » semblait être favorisé par le libéralisme. Et que nombreuses sont les personnes (j’en fais peut-être partie) à croire qu’elles ont des idées originales alors qu’en réalité, elles ne font qu’exprimer une (pensée) dominante de la société.

ok je comprends ce que tu veux dire. Je me permet d’ajouter qu’il y a deux choses à distinguer :

  • le fait de nier l’apport du pays dans lequel on a grandi

  • le fait de considérer que l’on a rien à donner en retour

J’espère qu’au moins la plupart des gens sont dans le deuxième cas (plus compréhensible) que le premier !