Crise, salaire, entreprise sexy ?

Il faut distinguer deux choses :
-cracher sur ceux qui vous ont nourri, y compris Marianne.
-vouloir voler de ses propres ailes.

Si quelqu’un veut aller ailleurs, c’est son droit (c’est même un des droits de l’homme), et il n’y a aucune honte à la faire. Même si attention au côté « l’herbe est plus verte de l’autre côté du pré », j’ai tellement vu de gens partir à l’international revenir un peu la queue entre les jambes. Et d’ailleurs, ceux ci avait privilégié salaire à expérience et employabilité, conclusion, leur expérience internationale leur a plutôt… desservis.

Mais why not.
Ca me rapelle un collègue lointain à qui on a promis 70 k$, et logement de fonction à Hawaii, qui a refusé car… il aimait trop la gastronomie française.

Moi je vous le dit, j’aurais pas fait le même choix !

Yamashita Ren a écrit:

@Masselotte
Bah c’est sûr que si ton seul but dans la vie c’est d’être président de la République ou PDG de Renault-Nissan, je comprends que tu sois inquiet pour ton avenir …
Autrement, je pense qu’un diplômé de l’X (ou autre) devrait faire preuve d’un minimum de lucidité et être conscient qu’il fait dors et déjà partie des privilégiés.
Parce que si on commence à flipper pour son avenir avec ce niveau de formation … mais où va le monde ?
Honnêtement dans certains domaines, même avec ce niveau de formation, rien n’est gagné. Pense aux personnes qui veulent faire de la recherche par exemple : vu le nombre de postes à l’heure actuelle, il y a vraiment de quoi flipper même si tu es à l’X/ENS/centrale…
Mais d’autres domaines embauchent peu : pense à ceux qui voudraient les grands corps d’état ou l’ENA, ou faire trader/quant… ou même à ceux qui veulent faire de la R&D… Mine de rien ça peut faire du monde…

Et puis bon les arguments gastronomie, qualité de vie…il suffit de voyager un peu pour savoir qu’on peu très très bien manger dans d’autres pays et y avoir une excellente qualité de vie (ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas l’avoir en France hein, juste que la France n’est pas le seul pays où ça existe).

heavenhel a écrit:

Honnêtement dans certains domaines, même avec ce niveau de formation, rien n’est gagné. Pense aux personnes qui veulent faire de la recherche par exemple : vu le nombre de postes à l’heure actuelle, il y a vraiment de quoi flipper même si tu es à l’X/ENS/centrale…
Mais d’autres domaines embauchent peu : pense à ceux qui voudraient les grands corps d’état ou l’ENA, ou faire trader/quant… ou même à ceux qui veulent faire de la R&D… Mine de rien ça peut faire du monde…
Enfin ça dépend ce qu’on entend par « redouter de ne pas trouver d’emploi ». Si c’est « avoir un poste au CNRS » alors oui pas mal d’X/ENS/Centrale peuvent se faire du soucis. De même si on veut travailler dans un « grand » corps d’Etat. De même si on veut être à jenesaisquelposte à Goldman Sachs. Mon avis c’est que si on se limite à des envies pareilles c’est qu’on a rien compris. Je connais un nombre impressionnant de gens qui veulent bosser dans un corps d’Etat sans savoir du tout de quoi il retourne :astonished: Et j’en connais plus d’un qui a dit « ah mais en fait c’est ça ? Ah non pas envie » « Mais pourquoi t’avais envie ? » « Euh jsais pas, le nom sonnait bien ». Bref après X/ENS/Centrale faut en vouloir pour ne pas trouver de job satisfaisant, ou alors c’est qu’on s’est planté d’orientation :wink:
PS : faire l’ENA ce n’est pas un métier.
heavenhel a écrit:
Et puis bon les arguments gastronomie, qualité de vie…il suffit de voyager un peu pour savoir qu’on peu très très bien manger dans d’autres pays et y avoir une excellente qualité de vie (ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas l’avoir en France hein, juste que la France n’est pas le seul pays où ça existe).
Oui…

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heavenhel a écrit:

Oui enfin quand tu veux faire de la recherche tu as le CNRS (et équivalent type INSERM, INRA, INRIA…) et maitres de conf. L’un n’étant pas plus simple que l’autre, c’est vite vu.
Euh… Ça doit dépendre des disciplines parce qu’en maths ou en informatique, avoir un poste au CNRS est infiniment plus dur qu’avoir un poste de maître de conf.

Oui comme tu dis la recherche c’est très vaste comme domaine, donc justement pour ne pas trouver un job qui te plait… Je veux bien que certains soient intéressés par UN domaine en particulier mais :

  • souvent c’est un comportement assez puéril « des maths APPLIQUÉES ? Beeeeuuuuurrrrrkkkk moi je veux faire des maths PURES » → caprice :slight_smile:
  • je ne considère pas qu’être obligé de faire un truc un peu différent de ce dont on rêvait soit à mettre en relation avec « redouter de ne pas trouver d’emploi » mais on en revient à ce que je disais au tout début : tout dépend de ce qu’on entend par là. Tiens c’est exactement comme les écoles d’ingé ça. Tu peux rêver de l’X en sup et finir à l’ENSTA Bretagne (mwahaha :wink: ) pour finalement te trouver très content de ton école.

Si tu veux faire de la recherche mais que tu n’as pas THE job que tu voulais, tu peux quand même postuler dans d’autres labos, en France, à l’étranger, trouver un job d’ingé qui se rapproche de la recherche, prendre une place d’enseignant et continuer la recherche à côté, maître de conf / chercheur, prof dans une école obligé de se tenir au courant de ce qui se passe dans le monde de la recherche etc. Donc bref y’a PLEIN de possibilités et en cela je rejoins plutôt l’avis de Yama : no panic :slight_smile:

Pour ton exemple sur l’ingé, encore une fois « ingé dans l’aéronautique » c’est vaste. Si tu veux t’occuper d’un aileron Airbus et que tu te retrouves à faire de la programmation (même à un bon poste) pour Airbus alors t’as plus raté ton objectif (selon moi) que si tu te retrouves chez Renault à faire le profil d’une voiture. Alors forcément si ton kiff c’est les avions et que t’aurais vraiment aimé concevoir en partie un nouvel avion c’est « dommage » mais faut pas non plus trop faire le difficile et je suis sûr que tu t’épanouiras dans la conception d’une nouvelle voiture.

(Oui mais je voulais dire que « vouloir l’ENA » n’a pour moi pas beaucoup de sens parce que ce n’est pas une fin en soi, et qu’on peut bien faire des trucs « semblables » à ce que font des énarques sans faire l’ENA. Sauf si comme dit Yama on parle d’être président de la République… (et encore :slight_smile: ))

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Yamashita Ren a écrit:

La mentalité de notre jeune élite dans tout ce qu’il y a de plus beau … Ou comment croire que l’on ne doit sa réussite qu’à soi même :unamused:

À 20 ans, on peut très bien avoir des idées politiques très formatées. Si tu crois que tu as eu toutes ces ptites idées tout seul, tu te trompes :stuck_out_tongue:
J’ai immédiatement pris ce passage pour moi car j’aimerais penser ne devoir ma réussite qu’à moi-même.
En m’y penchant un peu plus, j’ai intégré une grande école sans rien devoir à personne : simplement continuer mes études dans ma ville m’aurait permis d’intégrer une très bonne CCP (comme les profils comparables de ma classe de sup qui sont restés dans le lycée en spé). Là se trouve le coeur de mon argument : en troisième je ne m’imaginais pas aller ailleurs qu’en seconde générale (lol..) et en seconde pas ailleurs qu’en S. En 1ere pas ailleurs qu’en prépa pour tenter le concours de l’ENAC. Envers et contre tous j’aurais poursuivi des études scientifiques et menant en deuxième année de prépa.

Mais si j’ai pu intégrer une très grande école (selon la classification de l’étude) c’est uniquement grâce à mes parents qui ont pu me payer un séjour d’un an en plein centre de Paris (12 à 15k€..)

Quand à l’ascenseur social, c’est un vrai ascenseur culturel → social, en témoigne le taux de 25% de fils de profs qui intègrent une grande école et qui donc vont probablement doubler le salaire de leurs parents à leur âge.
Enfin, si cet ascenseur n’est pas statistique il est certainement individuel (c’est mon avis subjectif je le reconnais)

Dubblee a écrit:

[quote=« Yamashita Ren »]
La mentalité de notre jeune élite dans tout ce qu’il y a de plus beau … Ou comment croire que l’on ne doit sa réussite qu’à soi même :unamused:

À 20 ans, on peut très bien avoir des idées politiques très formatées. Si tu crois que tu as eu toutes ces ptites idées tout seul, tu te trompes :stuck_out_tongue:
J’ai immédiatement pris ce passage pour moi car j’aimerais penser ne devoir ma réussite qu’à moi-même.
En m’y penchant un peu plus, j’ai intégré une grande école sans rien devoir à personne : simplement continuer mes études dans ma ville m’aurait permis d’intégrer une très bonne CCP (comme les profils comparables de ma classe de sup qui sont restés dans le lycée en spé). Là se trouve le coeur de mon argument : en troisième je ne m’imaginais pas aller ailleurs qu’en seconde générale (lol..) et en seconde pas ailleurs qu’en S. En 1ere pas ailleurs qu’en prépa pour tenter le concours de l’ENAC. Envers et contre tous j’aurais poursuivi des études scientifiques et menant en deuxième année de prépa.

Mais si j’ai pu intégrer une très grande école (selon la classification de l’étude) c’est uniquement grâce à mes parents qui ont pu me payer un séjour d’un an en plein centre de Paris (12 à 15k€..)

Quand à l’ascenseur social, c’est un vrai ascenseur culturel → social, en témoigne le taux de 25% de fils de profs qui intègrent une grande école et qui donc vont probablement doubler le salaire de leurs parents à leur âge.
Enfin, si cet ascenseur n’est pas statistique il est certainement individuel (c’est mon avis subjectif je le reconnais)
[/quote]
Tu as surement raison, l’état et les collectivités territoriales n’y sont probablement pour rien là dedans. Ni car ils ont aidé tes parents, ni car ils t’ont donné un enseignement, ni car ils ont contribué probablement à financer du transport. Non, rien du tout…

Bien évidement que Napoléon qui créa en 1802 les classes préparatoires y est pour beaucoup dans mon intégration, mais le débat c’est l’opposition entre intégrer grâce au bagage socio culturel de ses parents ou grâce à son propre travail, choix, ambitions. C’est justement le concept de l’égalité républicaine que de fournir ces moyens à tous de manière à réduire l’impact des parents.

Sinon, je n’ai jamais supporté les bus donc je me suis rapidement payé un vélo électrique :grin:

Neoma > Supélec :sunglasses:

Neoma ?

heavenhel a écrit:

Ça serait bien que tu te renseignes parfois. J’ai déjà dit que MdC c’était aussi dur que le CNRS donc ce n’est pas une possibilité de plus (enfin pas quand tu es à plus de 100 dossiers pour un poste).

  1. J’ai bien fait attention de mettre un « / » et pas une virgule donc bon…
  2. cf le post de V@J
    heavenhel a écrit:

Faire de la recherche en enseignant dans le secondaire, ça pourrait être jouable à la condition d’être près d’une fac et d’avoir le temps (et accessoirement d’avoir le CAPES/Agreg): or les premiers postes que tu as, c’est souvent TZR et rarement près des centres universitaires.
Non ceux qui veulent vraiment faire de la recherche peuvent prendre le temps de le faire. Que ce soit dans le secondaire, en université ou même en prépa. Sinon je connais un gars prof de maths au lycée, non près d’une université, agrégé, qui a des horaires aménagées et qui est régulièrement invité à des projets de recherches en mathématiques (où ils passent plus de temps à skier qu’à faire des maths mais passons) :wink:
heavenhel a écrit:
Sans parler de la charge de boulot, de la fatigue nerveuse et de toutes les contraintes associées au métier.
Cf plus haut, avec des petits projets maths/ski je pense que ça va. Fatigue nerveuse et contraintes associées au métier : oui comme tous les métiers.
heavenhel a écrit:
Enfin, pour postuler à un poste, on te demande une expérience dans le domaine ie thèse et/ou post-doc dans un domaine très proche. Donc non, tu ne changes pas de domaines comme ça, en tout cas pas sans accumuler les post-docs : donc tu ne peux postuler que sur quelques postes par an en France.
Faux. Bah d’ailleurs y’a un chercheur en physique à l’ENS Lyon (chercheur CNRS) avec qui j’ai discuté il y a quelques temps qui explique très bien que lui comme beaucoup de ses collègues n’ont aucune intention de rester cloîtrer dans un domaine toute leur vie. Il change tous les 5-10 ans de projet (c’est des trucs totalement différents). Alors évidemment ça se fait pas en 2 mois, mais tu commences un truc, au bout de 5 ans tu commences à regarder un peu ailleurs, pendant 5 ans tu fais un peu les deux, et ensuite tu abandonnes totalement ton 1er sujet pour te lancer dans le deuxième. C’est ce qu’il fait et c’est ce que beaucoup font.
heavenhel a écrit:
Enfin, reste le job d’ingé qui se rapproche de la recherche : tu en connais beaucoup toi des postes comme ça en France ??
En maths non. Dans des domaines plus appliqués, évidemment. Il y a quelques années, EDF a recruté en masse des normaliens physiciens pour se lancer dans les supraconducteurs (je crois).
heavenhel a écrit:
Plus tu avances dans les études, plus tu construis un projet, plus tu connais ce que tu as envie de faire et moins tu as envie de faire un truc qui te gonfle sous prétexte que…le tout en remerciant la bonne fortune de t’avoir donné un job. Faut arrêter un peu : on a 20 ans, des projets, des envies, des rêves, des compétences, des qualités : on n’a aucune raison d’être ravis de la castration et toutes les raisons de vouloir l’éviter. Alors oui, je comprends que des gens soient inquiets de ne pouvoir faire ce qu’ils rêvent de faire après s’être donné tant de mal : on parle d’une carrière, de quelque chose qui peut potentiellement les occuper plus de 40 ans dans leur vie, c’est important.
Encore une fois, pour moi c’est exactement la même chose qu’avec les écoles quand on est en prépa. On peut rêver de l’X en sup mais y’a pas de la place pour tout le monde. Certains veulent l’X à tout prix, certains font même 5/2 après avoir eu Centrale Paris ou les Ponts pour avoir l’X. Sauf que y’a pas de la place pour tout le monde à l’X, donc on se rabat sur d’autres écoles. Et combien sont finalement mécontents de leur école ? Très peu je crois…
Pour un job c’est pareil, tu peux rêver d’un truc mais bon c’est la vie, tu ne l’auras pas forcément. En revanche peu se plaignent une fois qu’ils ont leur job. Plein de gens qui rêvaient de faire de la recherche sur la théorie des cordes se retrouvent à faire de la physique plus classique (car pas assez bons en maths par exemple) et sont très satisfaits. Plein de gens qui voulaient faire des maths puuures se retrouvent à bosser sur des équations différentielles et s’aperçoivent que c’est tout aussi captivant. Plus extrême : plein de gens qui n’ont juré que par la recherche toute leur jeunesse se voient contraints d’accepter un poste d’enseignant et s’y épanouissent pleinement. Mieux : un job c’est pas un truc fixe, tu peux changer, surtout quand tu sors d’une grande école où ça facilite les choses.

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Bon je te laisse t’énerver toute seule et te complaire dans ta malheureuse vision du monde, les lecteurs se feront leur avis comme des grands.

Je vous rassure, les lecteurs n’ont rien compris

Dubblee a écrit:

Bien évidement que Napoléon qui créa en 1802 les classes préparatoires y est pour beaucoup dans mon intégration, mais le débat c’est l’opposition entre intégrer grâce au bagage socio culturel de ses parents ou grâce à son propre travail, choix, ambitions. C’est justement le concept de l’égalité républicaine que de fournir ces moyens à tous de manière à réduire l’impact des parents.

Sinon, je n’ai jamais supporté les bus donc je me suis rapidement payé un vélo électrique :grin:
:grin: tsss et même pas de bonux malux sur les vélos electrique !
Et pour moi le débat était pas parents vs soi même, mais "personnel (dont familiale) vs « aide publique », comme quoi, si on parle pas de la même chose, on sera forcément pas d’accord :laughing:

hatonjan a écrit:

si on parle pas de la même chose, on sera forcément pas d’accord :laughing:
Faux :smiley:

Arky a écrit:

[quote=« hatonjan »]
si on parle pas de la même chose, on sera forcément pas d’accord :laughing:
Faux :smiley:
[/quote]
Certes, de toute façon, moi, je suis souvent d’accord avec moi même, et ça me va à ravir :smiling_imp:

heavenhel a écrit:

Ça serait bien que tu te renseignes parfois. J’ai déjà dit que MdC c’était aussi dur que le CNRS donc ce n’est pas une possibilité de plus (enfin pas quand tu es à plus de 100 dossiers pour un poste). Faire de la recherche en enseignant dans le secondaire, ça pourrait être jouable à la condition d’être près d’une fac et d’avoir le temps (et accessoirement d’avoir le CAPES/Agreg): or les premiers postes que tu as, c’est souvent TZR et rarement près des centres universitaires. Sans parler de la charge de boulot, de la fatigue nerveuse et de toutes les contraintes associées au métier.
Enfin, pour postuler à un poste, on te demande une expérience dans le domaine ie thèse et/ou post-doc dans un domaine très proche. Donc non, tu ne changes pas de domaines comme ça, en tout cas pas sans accumuler les post-docs : donc tu ne peux postuler que sur quelques postes par an en France. Enfin, l’étranger, comme justement on parlait de la possibilité de rester en France, ça tombe (mais dans l’absolu je suis d’accord avec toi, c’est effectivement une possibilité qui peut s’avérer très intéressante si bien préparée). Enfin, reste le job d’ingé qui se rapproche de la recherche : tu en connais beaucoup toi des postes comme ça en France ??

Plus tu avances dans les études, plus tu construis un projet, plus tu connais ce que tu as envie de faire et moins tu as envie de faire un truc qui te gonfle sous prétexte que…le tout en remerciant la bonne fortune de t’avoir donné un job. Faut arrêter un peu : on a 20 ans, des projets, des envies, des rêves, des compétences, des qualités : on n’a aucune raison d’être ravis de la castration et toutes les raisons de vouloir l’éviter. Alors oui, je comprends que des gens soient inquiets de ne pouvoir faire ce qu’ils rêvent de faire après s’être donné tant de mal : on parle d’une carrière, de quelque chose qui peut potentiellement les occuper plus de 40 ans dans leur vie, c’est important.
Je suis d’accord avec Heavenhel.

Perso j’aimerais faire de la recherche fondamentale, je fais une thèse pour ça, j’ai l’intention de faire des post doc dans cet objectif. Et quand je vois les 48 candidats pour 4 postes de la section CNRS correspondante, et bien j’ai un peur de ne pas faire partie des heureux élus. Les postes de maître de conf, c’est un peu plus facile, mais il y a à peu près autant de postes (même si c’est plus difficile à comptabiliser). Et si je n’avais ni l’un ni l’autre, je vivrais un peu ça comme l’échec de ma vie. Et bien cela m’inquiète et je pense que c’est naturel.

Déjà, maître de conf c’est une concession à la recherche, puisque c’est enseignement à 50% (et que ce sont des 50% incompressibles, contrairement à la recherche). Je dis ça parce que je vois des maîtres de conf et des profs (des universités) qui galèrent pour trouver le temps pour faire de la recherche en dehors de leur temps libre.
Alors être obligé d’être prof, ce serait renoncer complètement à la recherche quand on fait comme moi de la physique expérimentale. C’est absolument IMPOSSIBLE d’être prof de physique, typiquement en lycée (et encore plus en prépa), de faire son boulot comme il faut, et de faire de la recherche expérimentale qui vaille quelque chose. (oui, parce que si on veut on peut lire des articles et bricoler un peu, mais pour avoir des résultats il faut y passer plus de temps que ça)

Partir à l’étranger… Et bien non c’est pas forcément mieux de faire éternellement des post doc loin de ce que l’on considère comme chez soi. A la limite si on se fait offrir un poste de professor quelque part ça peut valoir le coup, mais en général ça veut dire qu’on aurait pu avoir un poste en France.

Quant au chercheur CNRS de physique de l’ENS Lyon qui change de domaine tous les 10 ans, je pense voir qui c’est, et c’est pas si courant que ça. L’ENS Lyon est un labo assez particulier où les gens ne sont pas forcément recrutés au sein d’une thématique existante. Du coup ils peuvent effectivement changer. Aussi, c’est « facile » pour un théoricien de changer aussi souvent, mais impossible pour un expérimentateur qui a mis 5 ans à monter sa manip/obtenir l’appareil qu’il voulait etc. En 5 ans, on ne fait pas grand chose malheureusement…