double diplôme Magistère Physique Orsay et école d'ingénieur

Tyu124, post:61, topic:140192 a écrit:

Pour ma culture, si on passe l agreg on peut enchaîner sur la these tout en validant la partie pratique en donnant des cours pendant la these ?
C est garanti même pour un non normalien ?

Au plan administratif comment ça se passe qd on part en post doc ?

Pour les trois premières années de thèse (non-CIFRE !), tout se passe bien, et faire un monitorat complet (3x64h) permet effectivement de valider automatiquement le stage. Pour la suite, c’est plus compliqué, il faut faire des demandes tous les ans et elles sont souvent rejetées. S’il s’agit juste de faire un ATER pour finir sa thèse, ça passe encore.

L’EN a de plus en plus tendance à forcer à faire un choix directement après la thèse : on vient enseigner au lycée ou on perd son agreg. Ça dépend vachement de l’académie d’affectation, des contacts haut placés qu’on a et qui peuvent faire pression pour qu’on ne la perde pas… Je connais quelqu’un qui a perdu son agreg après la troisième année de thèse, et plusieurs personnes qui l’ont encore après 4-5 ans à alterner ATER et post-docs. C’est très variable.

Il ne faut pas oublier que l’agreg est un concours de recrutement et pas un diplôme. Pour les personnes qui souhaitent se reconvertir à l’enseignement en tant que plan B après la thèse, il y a l’agreg « spéciale » pour les docteurs.

Mais ça ne concerne pas le posteur ici : son fils ne souhaite pas enseigner en lycée/prépa/licence, donc l’agreg ne lui servirait à rien, à part encore une fois briller dans des repas de famille où les gens ont des repères d’un autre temps.

Merci à ceux qui participent, c’est très intéressant

GLafon, post:42, topic:140192 a écrit:

gratter un diplôme dont le seul intérêt pour celui qui l’obtient est que sa mamie puisse frimer devant ses copines,

Ce n’est pas du tout mon point de vue, mais absolument pas. Mon père était professeur chercheur (dans un domaine non scientifique), en théorie je ne suis pas contre et mon fils ne fera pas les choses parce que sa famille le souhaite, mais ce que j’ai pu écrire au début de la discussion, faire des études c’est un faire un choix, donc choisir des études qui conviennent ET (c’est le ET qui est très important) s’assurer un avenir professionnel.

Il y a des gens qui font des études de langues (avec les traducteurs automatiques, c’est pas très judicieux), et je ne parle même pas de langues mortes comme le grec ancien. Alors oui ils se font plaisir, mais quel avenir ensuite ?
Les exemples sont volontairement exagérés, mais mieux vaut prévenir que guérir.

Les discussions sont éclairantes, ça peut aussi servir à de nombreux lecteurs.

Je connais le domaine scientifique de loin, mais je connais bien mieux le domaine économique, et le monde du travail.
Je vais parler d’un exemple concret pour bien appuyer là où je veux en venir.
J’ai connu deux ingénieurs dans le domaine des mines (d’une école qui se nomme polytech aujourd’hui), c’était au début des années 2000. Pas de travail dans leur domaine, mais ils ont été happés par l’informatique (c’était le boom de l’internet).

Là où je veux en venir, c’est tout dépendra de la situation économique après son diplôme.
Si le marché du travail est en pénurie de main d’oeuvre ET les budgets de recherche sont en croissance, on a un choix assez important et on peut trouver qq chose qui correspond.
Par contre si la situation économique n’est pas optimale, c’est bcp plus compliqué, et un mauvais choix d’étude peut devenir une impasse.

Faire une thèse n’est pas automatique et au vu de la situation des finances publiques, dans 3 ans, ça peut être encore plus compliqué.

C’était le but de l’ouverture de cette discussion, une école d’ingénieur (je peux me tromper) me paraît mieux adapté pour le monde du travail, en France et à l’étranger.
L’université est trop théorique et moins adapté au monde du travail.
Je peux me tromper, mais je crois savoir que pour certains emplois, il y a une quasi-obligation d’avoir le titre d’ingénieur, et c’est aussi un moyen d’être mieux payé et de pouvoir progresser plus facilement.
Je ne cherche pas le prestige, mais lui éviter une voie qui pourrait s’avérer être une erreur

J’ai bien compris que la magistère avec une école d’ingénieur n’est pas faisable.
Il verra bien ce qu’il obtiendra au concours des mines, s’il n’obtient pas les mines de paris ou entsa saclay, à mon avis, il conservera le magistère, qui lui plaît.
Pour dire vraiment son point de vue, comme il a été admis au magistère, il n’est pas allé aux oraux du concours ccinp (alors qu’il avait très bien réussi les écrits).

EtudiantConcours2023, post:64, topic:140192 a écrit:

Faire une thèse n’est pas automatique et au vu de la situation des finances publiques, dans 3 ans, ça peut être encore plus compliqué.

Le seul budget qui va augmenter d’ici 2 ans, c’est le budget des armées. Il vaudra mieux faire alors une thèse de doctorat Cifre avec une entreprise du secteur de l’armement…

trek a écrit:

Pour dire vraiment son point de vue, comme il a été admis au magistère, il n’est pas allé aux oraux du concours ccinp (alors qu’il avait très bien réussi les écrits).

C’est en partie dommage, cela lui aurait fait une aventure humaine personnelle. Mais je comprends son point de vue.

gerclo, post:63, topic:140192 a écrit:

Il y a des gens qui font des études de langues (avec les traducteurs automatiques, c’est pas très judicieux), et je ne parle même pas de langues mortes comme le grec ancien. Alors oui ils se font plaisir, mais quel avenir ensuite ?
Les exemples sont volontairement exagérés, mais mieux vaut prévenir que guérir.

Ce n’est pas exagéré de le dire. Hier, j’ai vu un CV LinkedIn d’un gars qui a fait 6 années d’études au total, dont 5 en histoire (et peut-être même 9 années ! s’il n’a pas indiqué sa première licence d’histoire dans son CV…) :

father, post:46, topic:140192 a écrit:

[quote=« grenadine, post:45, topic:140192 »]
on peut se reconvertir dans un métier sans que celui n’ait absolument rien à voir.

J’ai vu aujourd’hui un CV :

  • master en histoire
  • licence en histoire de l’art (L3)
  • master en management de programmes européens

Métier actuel : conseil en webmarketing…
[/quote]

choisir des études qui conviennent ET (c’est le ET qui est très important) s’assurer un avenir professionnel

Il n’y a pas de relation de cause à effet. A ma connaissance les seuls diplômes qui apportent une plus value professionnelle sont le CAP et le BTS. Le reste apporte de la plus value personnelle, on connait tous des exemples (et vous en citez) qui ont fait des études dans une branche et on exercé dans une autre. Est-ce que pour autant leurs études ont été inutiles ben non. Parce que savoir apprendre et savoir chercher on s’en sert toujours.

Par contre si la situation économique n’est pas optimale, c’est bcp plus compliqué, et un mauvais choix d’étude peut devenir une impasse.

c’est un mauvais choix de vie qui peut devenir une impasse.

L’université est trop théorique et moins adapté au monde du travail.

dans quel monde ?
Si on veut devenir chercheur cela semble plutôt adapté.
(j’ai une fille qui a tout pas bien fait ce qu’il faut faire, fac+secteur bouché, avant même la fin de son stage de M2 on lui a déjà proposé une thèse, qu’elle a déclinée parce que les points 1) 2) 3) ne lui semblaient pas réunis, et un boulot)

Trek, il est incorrect de dire que ce n’est pas faisable de cumuler école d’ingénieur et magistère.
Quand ce cumul est proposé, c’est parce que les programmes sont aménagés pour que ce soit possible.
Par exemple avec l’Ensta puisque vous l’avez citée.
Les élèves ingénieurs ne suivent pas la totalité des enseignements du magistère, naturellement sinon en effet ça ne serait pas possible.

Et le magistère seul est un excellent choix aussi, surtout si on a une aversion pour les écoles d’ingénieurs et qu’on veut faire exclusivement de la physique, à condition de ne pas s’embarquer dans une filière trop théorique, trop bouchée si on n’est pas classé parmi les tout premiers du magistère. De nombreux domaines de la physique fondamentale, proposés au sein du magistère, restent totalement nécessaires aux avancées technologiques et continueront à recruter des chercheurs.

Il faut quand même tempérer, une école de haut niveau académique comme celles qui peuvent cumuler avec le complément magistère, peut aussi apporter satisfaction à quelqu’un qui n’est pas spontanément attiré par une école d’ingénieur.

Donc pas de mauvais choix dans les possibles pour votre fils à ce stade.

Difficile d’avancer dans cette discussion qui dérive.

MEK78, post:66, topic:140192 a écrit:

savoir apprendre et savoir chercher on s’en sert toujours.

J’avais discuté une fois avec un collègue, car j’étais étonné de voir qu’une américaine qui avait fait un doctorat d’histoire sur le Moyen-âge était devenue PDG d’un grand groupe international. Mon collègue m’avait répondu - plus ou moins sérieusement - qu’étudier les conflits passés donnait une bonne approche du management de haut niveau.

à côté de ça, ici, nous sommes en France, pas aux États-Unis… :astonished:

ici on a bien des agrégés de lettres qui deviennent ministre de l’économie, pas sûr qu’il faille renouveler l’expérience

L’université est trop théorique et moins adapté au monde du travail.

Cette phrase est beaucoup trop générale.
Les formations universitaires appliquées comme pas exemple les masters de génie logicielle, les miage, etc permettent une bonne insertion professionnelle. Et souvent des compétences plus solides que certaines écoles d ingénieurs
Par contre d autres ont comme principaux débouchés les concours de recrutement des enseignants ou pas grand chose de concret (doctorat éventuel avc ensuite peut être un poste de maître de conférences ça ne concernera qu une petite minorité des études qui suivent ses formations).
Il faut noter que de plus en plus d écoles proposent un M2 à la place de la dernière année et que ça peut être un compromis interessant
Si on aux usa le doctorat est un diplôme prestigieuse c est beaucoup moins vrai en France.

EtudiantConcours2023, post:64, topic:140192 a écrit:

J’ai bien compris que la magistère avec une école d’ingénieur n’est pas faisable.
Il verra bien ce qu’il obtiendra au concours des mines, s’il n’obtient pas les mines de paris ou entsa saclay, à mon avis, il conservera le magistère, qui lui plaît.

Vous avez au contraire mal compris.
Il peut cumuler ensta et magistere (mais ce sera charge).
Tout comme il pourra intégrer iogs après son m1.
Bien lire les réponses données dans leur diversité.