fini les 100K€/an pour les profs de prépa

Orange a écrit:

à la fac de lyon les chargé de TD sont des étudiant des M1/M2 (pour faire 2/3 exos à la noix en 1h)
En maths, en physique et en mécanique, c’est complètement faux, à Lyon.
Et même plus, en maths, en L2+L3 de mes profs de TDS étaient soient : chercheurs (normalien + agreg), prof ayant 30 ans d’exp dans la préparation de l’agreg, doctorants normaliens, soit étranger. J’ai eu un prof qui n’était pas normalien mais il avait aussi l’agreg.
NB : quand je parle de Prof, c’est MCF compris.
Je me demande dans quelle fac, tu as pu mettre le pied…
Quant à ta remarque sur le supposé niveau, elle est tellement rempli de préjugée que répondre ne servirait à rien.

Et pour le reste… :unamused:

belos a écrit:

[quote=« Orange »]
à la fac de lyon les chargé de TD sont des étudiant des M1/M2 (pour faire 2/3 exos à la noix en 1h)
En maths, en physique et en mécanique, c’est complètement faux, à Lyon.
Et même plus, en maths, en L2+L3 de mes profs de TDS étaient soient : chercheurs (normalien + agreg), prof ayant 30 ans d’exp dans la préparation de l’agreg, doctorants normaliens, soit étranger. J’ai eu un prof qui n’était pas normalien mais il avait aussi l’agreg.
NB : quand je parle de Prof, c’est MCF compris.
Je me demande dans quelle fac, tu as pu mettre le pied…
Quant à ta remarque sur le supposé niveau, elle est tellement rempli de préjugée que répondre ne servirait à rien.

Et pour le reste… :unamused:
[/quote]
Dauphine.
et pour avoir vu les conneries qu’ils pouvaient sortir en TD/exam (le genre de truc qui à répétition ferait que tu sois viré de sup) et les écoles dans lesquels ils sont rentré après ; je t’assure que c’est assez choquant et t’es bien placé pour le savoir.
après tout, il faut 14 de moyenne pour rentrer aux ponts, c’est à au moins 1000h de boulot d’un 14.5 de moy sur mine pont qu’il te faudrait, je vais pas commencer à montrer des partiels de facs , ça risque de choquer et de décourager les gens d’ici :confused:

Bon, si on revenait sur le sujet… Pour une fois je m’implique.

ATTENTION, CE QUI SUIT EST MON AVIS PERSONNEL, IL NE REPRESENTE PAS L’OPINION DE L’UPS.

Or donc, quel est le problème ? Il est multiple « comme toujours » et c’est parce que tout le monde ne réagit pas forcément sur le même point, parce que tout le monde ne met pas en avant les mêmes arguments qu’une personne extérieure (mal intentionnée ?) peut nous discréditer en arguant de notre division.

Or, en vrac, cette réforme :

  • se justifie par des arguments faux (cf. salaire de 100 k€ comme référence)
  • stigmatise les profs de prépa
  • est injuste dans le principe (baisser un salaire en augmentant le temps de travail)
  • ne va pas permettre de sensiblement augmenter le salaire des autres profs
  • touche tout le monde, y compris les profs de lycée collège (bien joué le feu de diversion sur les prépas, mais tout le monde va « payer », les profs de prépas plus que les autres, OK)

J’oublie certainement d’autres arguments mais ce sont ceux là qui, personnellement, me touchent le plus.

Petit aparté sur le salaire de 100 k€ annuel. Est-ce possible ? comptons. Un prof de chaire sup au tout dernier échelon a un indice IMN de 963 (l’indice IMN est proportionnel à la paie de base pour TOUS les fonctionnaires). Cela donne, à Paris, une paie nette mensuelle de 3825 € (non adhérent MGEN, chiffres 2011). Sachant qu’au maximum un fonctionnaire peut doubler son salaire, cela fait 7650€ net pas mois soit 91,8 k€ annuel… Si quelqu’un gagne 100 k€, c’est que l’administration est complice et elle n’a pas besoin de réforme pour « prendre » des sous à ce fonctionnaire, il suffit qu’elle ne l’autorise plus à gagner au delà du double du salaire. Notez qu’un prof n’a pas de prime (contrairement à d’autres personnels de l’éducation comme les chefs d’établissement, les inspecteurs…)

Regardons plutôt quel impact peut avoir cette réforme. Economiser des sous. Moui, un peu, c’est vrai. Toutefois, comme l’ont fait remarquer pas mal de collègues, il y a bien plus de sous à gagner ailleurs, notamment dans le fonctionnement ! Vous savez que, dans l’éducation (comme ailleurs dans la fonction publique) on est parfois obligé de dépenser des sous ? Donc l’argument « économie » est un peu faible. Les chiffres ne sont pas clairs, mais il semble que 20% des élèves soient en ZEP (source). Comptons que 20% des profs y soient (en réalité c’est plus car les classes sont censées être moins chargées), cela fait, dans le secondaire : 20% de 432000 profs (source) 86 000 profs. Soit 10 fois plus que des profs de prépa. L’économie visée est de 23,7 M€ (soit env 2k€ par prof de prépa) engendrerait donc un gain annuel de 200 € par an par prof de ZEP. Moins de 20€ par mois. Vous y croyez à l’augmentation de la motivation ? A la juste rémunération de la difficulté de leur travail ? Et encore, comme les profs de ZEP assureraient moins d’heures (ce qui est une bonne chose), ils seraient d’autant plus nombreux, diminuant encore le gain par prof…

Bref, comme vous pouvez le voir, la « redistribution » des richesses ne semble pas réelle et notre diminution de salaire ne peut, ni à elle seule ni même de manière majoritaire, financer l’indispensable réforme des salaires des profs de ZEP. Conclusion ? On veut nous baisser le salaire pour d’autres raisons. Je ne polémiquerais pas, ici, en essayant de deviner lesquelles.

En mon nom personnel (je rappelle que, dans ce post, je ne représente PAS la voix dominante de l’UPS), je peux éventuellement envisager une certaine baisse de salaire moyennant contreparties (par exemple un statut de prof de supérieur, une prise en compte de l’ensemble du salaire pour la retraite…) mais pas dans ces proportions. On ne peut pas demander à quelqu’un de travailler plus tout en lui faisant gagner moins. Je vous rappelle que prof est la SEULE profession qui, depuis 1950 n’a jamais vu son temps de travail baisser. En 1950 tous les autres salariés (y compris fonctionnaires de l’administration) étaient aux 40h (42h ?). Depuis on est aux 35 heures soit une baisse de 10% du temps de travail, mais pas pour les profs. Nous sommes cadre ? Nous ne devons pas compter notre temps de travail ? Pourtant on nous le compte, il faudrait savoir. Et même si on était cadre, les cadres ont obtenu des RTT, pas nous. Et je ne parle pas de la non revalorisation des salaires (le « point d’indice »). Bref, je suis personnellement ouvert à la négociation (même si ce n’est jamais moi personnellement qui irait négocier) mais dans certaines limites.

Orange a écrit:

Dauphine.
et pour avoir vu les conneries qu’ils pouvaient sortir en TD/exam (le genre de truc qui à répétition ferait que tu sois viré de sup) et les écoles dans lesquels ils sont rentré après ; je t’assure que c’est assez choquant et t’es bien placé pour le savoir.
Précise, précise. Dans quel cadre as-tu vu Dauphine et combien de temps, quel niveau ?

Merci Quetzalcoatl pour ce post très intéressant.
Je n’ai pas grand chose à dire sur tout ce que vous avez dit, sauf un point qui m’intéresse en tant que citoyen :

Toutefois, comme l’ont fait remarquer pas mal de collègues, il y a bien plus de sous à gagner ailleurs, notamment dans le fonctionnement ! Vous savez que, dans l’éducation (comme ailleurs dans la fonction publique) on est parfois obligé de dépenser des sous ?
Comme je l’ai dit au-dessus, serait-il possible de détailler un petit peu ces postes de dépense de fonctionnement des services de l’Éducation nationale qui semblent nettement trop élevés ? À quoi servent-ils ? Combien coûtent-ils ? Pourquoi les dépenses devraient-elles nécessairement être reconduites ?

Sur le pourquoi d’une telle réforme, je peux avancer un principe général d’une recherche de moyens publics, sans savoir si c’est la raison sous-jacente car je ne suis pas dans le cabinet de M. Peillon… Réduire les dépenses de fonctionnement, c’est bien, c’est même plus facile, mais l’impact est beaucoup moins important sur le long terme qu’une réduction des dépenses de personnel. Même minime. Car réduire des dépenses de personnel, c’est réduire un faible montant qui se répète tous les mois, puis tous les ans, puis impacte sur les pensions versées à la retraite et qu’on ne peut jamais réduire sauf quand un bidouillage comme celui-ci apparaît.
Et là, on a très vite une économie qui devient considérable sur 20, 30, 40 ans.

Ça marcherait bien s’il n’y avait pas cette histoire de redistribution envers les professeurs des ZEP. Aussi je vais me permettre d’évoquer un autre principe : celui du ventilateur. On ventile. On occupe l’opinion publique. On gagne du temps médiatique. Avec des sujets qui concernent une minorité extrême de la population, alors que des questions macroéconomiques plus sérieuses sont bien plus douloureuses pour les hommes politiques. Alors on parle de prostitution, de bijoutiers braqués, d’une collégienne reconduite ; ça remplit les colonnes, ça occupe de 19 h 55 à 20 h 20 lorsqu’il ne neige pas, et on ne risque absolument rien puisque le « débat » public n’en sera pas un et que personne ne bougera d’un millimètre de sa position. En l’espèce, les profs de prépa, ça plaira bien à l’électorat de la gauche, qui y verra une mesure égalitaire, puisqu’on remet un peu d’argent où sont les jeunes en difficulté et moins là où se reproduisent les élites. Ça ne mange pas de pain, toute protestation des enseignants sera vu comme une défense de chapelle, et on est de toutes façons déjà passé à autre chose :wink:

A méditer… le marché de dupes

youtube.com/watch?v=W8bouyzFt_E

xenia a écrit:

A méditer… le marché de dupes

youtube.com/watch?v=W8bouyzFt_E
Ah on a le droit de jouer au jeu des sept familles ici ..

Alors dans la famille ventilateur, je demande la mère brassage d’air … et ca m’étonnerait que je pioche .. youtube.com/watch?v=To-J2kyiuT4&noredirect=1

padpad a écrit:

[quote=« xenia »]
A méditer… le marché de dupes

youtube.com/watch?v=W8bouyzFt_E
Ah on a le droit de jouer au jeu des sept familles ici ..

Alors dans la famille ventilateur, je demande la mère brassage d’air … et ca m’étonnerait que je pioche .. youtube.com/watch?v=To-J2kyiuT4&noredirect=1
[/quote]
Ben maintenant, entre François et Ségolène, on sait ce qu’ils pensent du métier de profs:
"ben non , nous on a fait nos 17 heures et on s’en va…"

xenia a écrit:

Ben maintenant, entre François et Ségolène, on sait ce qu’ils pensent du métier de profs:
"ben non , nous on a fait nos 17 heures et on s’en va…"
Y’en a au moins un qui savait de quoi il parlait le concernant et qui consacrait son temps libre à autre chose :slight_smile:
linternaute.com/actualite/po … ande.shtml

L’autre elle est plutôt "would be"ou plutôt « would have be » à pas confondre avec « Barbara Gould has been » et pas que dans ce domaine :slight_smile:

gqmagazine.fr/pop-culture/l- … trice/9375

Quetzalcoatl a écrit:

Sachant qu’au maximum un fonctionnaire peut doubler son salaire, cela fait 7650€ net pas mois soit 91,8 k€ annuel…
Je suis de ton point de vue, mais sur ce point tu te trompes. La limite a été levée dans la loi TEPA.

Je suis tout à fait d’accord avec Quetz :wink:
Et merci à Marc de Falco pour cette dernière précision parce que ça me posait problème. Mais cela n’enlève rien à ce que disait Quetz, 100k€ c’est tout sauf une référence sur laquelle on peut raisonner.
xenia a écrit:

Après, qu’on paye plus un prof agrégé normalien enseignant en prépa qu’un prof certifié enseignant en collège, ça ne me semble pas être une aberration. Quelqu’un qui a fait l’ESSEC gagne plus que quelqu’un qui a fait une petite ESC.Un polytechnicien gagne plus que quelqu’un qui sort d’une E3a. Ca vous choque?
STOOOOOOOP ! Même un prof de langue devrait avoir le minimum de logique pour comprendre que ça n’a AUCUN SENS de dire ça !
Pour UN job on cherche UN mec. On s’en fout totalement de ce qu’il a réussi en prépa. On veut un mec pour un job, bah il faut que le choix soit adapté. Dans pas mal de boulot d’ingé on s’en fout que notre gars ait suivi des cours de tel ou tel truc à l’X qu’il n’aurait pas eu dans une E3a.
Après qu’on observe que les X vont dans des postes qui gagnent plus ce n’est pas surprenant mais ce n’est pas un truc à apprendre par cœur, c’est un truc à COMPRENDRE.
Ça n’a aucun sens de recruter un mec A PRIORI sur son diplôme. Ça prend tout son sens quand on est une banque et qu’on veut recruter quelqu’un pour faire des maths financières par exemple. Alors là oui on va chercher l’X qui a suivi des cours adaptés en école puis qui a fait une thèse en maths financières avec des bons stages, puis on va le payer une fortune parce qu’on veut celui-ci et pas un autre sorti d’une E3a qui ne sait rien faite. Mais c’est juste DINGUE de ne pas comprendre qu’on veuille ce mec non pas pour la difficulté du concours qu’il a passé il y a N années mais pour les qualités dont il dispose AUJOURD’HUI POUR CE JOB PRÉCIS :frowning:

Bien d’accord que c’est intellectuellement choquant, mais il faudrait voir à ne pas sous estimer les métiers de conseil au sens très large, où il est largement plus facile de faire de la marge en vendant un wagon d’abrutis diplômés d’une grande marque qu’en vendant des gens mieux qualifiés au besoin issus d’une marque moins prestigieuse .

Nico_ a écrit:

on va le payer une fortune parce qu’on veut celui-ci
Et qu’on ne veut pas que celui-ci aille chez un concurrent et/ou dans un pays étranger *…

  • pour reboucler sur la discussion habituelle portant sur le montant des salaires des enseignants et chercheurs à l’étranger, en Europe ou en Amérique du Nord. Et sur la discussion sur les doctorants étrangers en France (les docteurs français vont partir aux États-Unis, et la France va aller chercher ses propres docteurs dans les pays du Sud : Maghreb, Inde, Afrique subsaharienne - d’ailleurs, cette information n’est pas à mettre au futur mais au présent…).

école – collège – lycée – supérieur : le niveau monte, ou le niveau baisse ?

viewtopic.php?f=16&t=46973

Je vais me mouiller un peu.
Les professeurs de prépas sont des fonctionnaires de haut niveau, majoritairement issus des ENS. Il semble donc logique de les comparer, à mon sens, aux grands corps de l’état, voir fr.wikipedia.org/wiki/Grand_cor … 7%C3%89tat (le corps que je connais le mieux est celui des ingénieurs de l’armement), qui est l’équivalent des X devenant fonctionnaires.
Et le soucis c’est que la comparaison est… très compliquée !
Comme dit, la plupart des fonctionnaire de catégorie A sont au forfait => pas d’heure sup. Car un prof de prépa peut foncièrement faire varier son salaire selon ses extras (comme rappelé par Matthieu, dans la limite du rapport 1 à 2).
Les grands corps de l’état ont pas mal de prime aussi, mais moins lié à leur quantité de travail qu’à certaines particularités.
Je vais être aussi honnête, du corps que je connais (les IA), de ce que je connais comme rémunération, on est loin des moyennes et écart-types constatés pour les profs de prépas, ce qui m’amènerait à ne pas les pleurer particulièrement.
J’avoue que la notion même de temps de travail est complexe pour les profs, et parfois, il est difficile de comprendre, pour un ingénieur comme moi, que plus on progresse, moins on a d’heure de cours. Je sais les contraintes de donner des cours, en donnant de manière anecdotique moi même, et je connais l’abnégation des profs de prépa, que je salue souvent, car s’ils ont tous leur caractère, ils sont tous passionné par leur travail et donne beaucoup de leur temps.

Alors ce que je pense de cette réforme ? Allez, je vais pas vous le cacher, c’est « corporatiste » on dira, d’un autre côté, c’est normal de défendre son statut, qui irait se laisser marcher sur les pieds ? Pareil, le statut de professeur est tellement particulier et surtout tellement « puissant » syndicalement que changer tout les professeur est une mission quasi impossible. Alors, comment faire ? Le plus raisonnable est souvent la « théorie des petits pas », essayer de rendre le statut de prof de prépas plus « juste » à rémunération moyenne constante. Ca évite de stigmatiser ces profs, en essayant de réformer des dispositions pas toujours parfaite. Mais, gros MAIS, vers où veut on aller ? Quel serait le statut « idéal » des profs de prépa ? Et là, j’ai un blanc, et pire, je ne suis pas sur que ça fasse consensus, même en tenant à l’écart lesdits enseignant de prépa.

Bref, je vais conclure par quelquechose de bête, mais dire à quelqu’un que passer à 10 h de cours par semaine est un scandale n’est pas médiatiquement viable. Même avec les copies et les préparations de cours, on ne peut pas dire que 10h soit réellement « digne » de normaliens. D’ailleurs, pour preuve, je connais peu de prof de prépas qui se contente de cela. Alors, doit on faire passer certains « extras » comme des choses normales ? C’est peut être une solution.
Pareil, la différence entre le nombre d’élève se justifie-t-il ? entre 1ere et 2ème année ? Ca, à vous de répondre.

Voici mes éléments, en tout amitié, et en profond respect des profs que j’ai eu, et que je revois de temps à autre, et pour qui j’ai un grand respect. Statut particulier pour personnes particulières certes, mais n’oubliez pas que en période de diète, la masse se défoule souvent sur les minorités, surtout les « élites ».

hatonjan a écrit:

Je vais me mouiller un peu.
Les professeurs de prépas sont des fonctionnaires de haut niveau, majoritairement issus des ENS. Il semble donc logique de les comparer, à mon sens, aux grands corps de l’état, voir fr.wikipedia.org/wiki/Grand_cor … 7%C3%89tat (le corps que je connais le mieux est celui des ingénieurs de l’armement), qui est l’équivalent des X devenant fonctionnaires.
Et le soucis c’est que la comparaison est… très compliquée !
Comme dit, la plupart des fonctionnaire de catégorie A sont au forfait => pas d’heure sup. Car un prof de prépa peut foncièrement faire varier son salaire selon ses extras (comme rappelé par Matthieu, dans la limite du rapport 1 à 2).
Les grands corps de l’état ont pas mal de prime aussi, mais moins lié à leur quantité de travail qu’à certaines particularités.
Je vais être aussi honnête, du corps que je connais (les IA), de ce que je connais comme rémunération, on est loin des moyennes et écart-types constatés pour les profs de prépas, ce qui m’amènerait à ne pas les pleurer particulièrement.
J’avoue que la notion même de temps de travail est complexe pour les profs, et parfois, il est difficile de comprendre, pour un ingénieur comme moi, que plus on progresse, moins on a d’heure de cours. Je sais les contraintes de donner des cours, en donnant de manière anecdotique moi même, et je connais l’abnégation des profs de prépa, que je salue souvent, car s’ils ont tous leur caractère, ils sont tous passionné par leur travail et donne beaucoup de leur temps.

Alors ce que je pense de cette réforme ? Allez, je vais pas vous le cacher, c’est « corporatiste » on dira, d’un autre côté, c’est normal de défendre son statut, qui irait se laisser marcher sur les pieds ? Pareil, le statut de professeur est tellement particulier et surtout tellement « puissant » syndicalement que changer tout les professeur est une mission quasi impossible. Alors, comment faire ? Le plus raisonnable est souvent la « théorie des petits pas », essayer de rendre le statut de prof de prépas plus « juste » à rémunération moyenne constante. Ca évite de stigmatiser ces profs, en essayant de réformer des dispositions pas toujours parfaite. Mais, gros MAIS, vers où veut on aller ? Quel serait le statut « idéal » des profs de prépa ? Et là, j’ai un blanc, et pire, je ne suis pas sur que ça fasse consensus, même en tenant à l’écart lesdits enseignant de prépa.

Bref, je vais conclure par quelquechose de bête, mais dire à quelqu’un que passer à 10 h de cours par semaine est un scandale n’est pas médiatiquement viable. Même avec les copies et les préparations de cours, on ne peut pas dire que 10h soit réellement « digne » de normaliens. D’ailleurs, pour preuve, je connais peu de prof de prépas qui se contente de cela. Alors, doit on faire passer certains « extras » comme des choses normales ? C’est peut être une solution.
Pareil, la différence entre le nombre d’élève se justifie-t-il ? entre 1ere et 2ème année ? Ca, à vous de répondre.

Voici mes éléments, en tout amitié, et en profond respect des profs que j’ai eu, et que je revois de temps à autre, et pour qui j’ai un grand respect. Statut particulier pour personnes particulières certes, mais n’oubliez pas que en période de diète, la masse se défoule souvent sur les minorités, surtout les « élites ».
et l’offre et la demande dans tous ça ?
avec des salaires plus bas vous facilitez le choix du privé pour les normaliens. (et le privé les attends à bras grands ouverts)

Orange a écrit:

[quote=« hatonjan »]
Je vais me mouiller un peu.
Les professeurs de prépas sont des fonctionnaires de haut niveau, majoritairement issus des ENS. Il semble donc logique de les comparer, à mon sens, aux grands corps de l’état, voir fr.wikipedia.org/wiki/Grand_cor … 7%C3%89tat (le corps que je connais le mieux est celui des ingénieurs de l’armement), qui est l’équivalent des X devenant fonctionnaires.
Et le soucis c’est que la comparaison est… très compliquée !
Comme dit, la plupart des fonctionnaire de catégorie A sont au forfait => pas d’heure sup. Car un prof de prépa peut foncièrement faire varier son salaire selon ses extras (comme rappelé par Matthieu, dans la limite du rapport 1 à 2).
Les grands corps de l’état ont pas mal de prime aussi, mais moins lié à leur quantité de travail qu’à certaines particularités.
Je vais être aussi honnête, du corps que je connais (les IA), de ce que je connais comme rémunération, on est loin des moyennes et écart-types constatés pour les profs de prépas, ce qui m’amènerait à ne pas les pleurer particulièrement.
J’avoue que la notion même de temps de travail est complexe pour les profs, et parfois, il est difficile de comprendre, pour un ingénieur comme moi, que plus on progresse, moins on a d’heure de cours. Je sais les contraintes de donner des cours, en donnant de manière anecdotique moi même, et je connais l’abnégation des profs de prépa, que je salue souvent, car s’ils ont tous leur caractère, ils sont tous passionné par leur travail et donne beaucoup de leur temps.

Alors ce que je pense de cette réforme ? Allez, je vais pas vous le cacher, c’est « corporatiste » on dira, d’un autre côté, c’est normal de défendre son statut, qui irait se laisser marcher sur les pieds ? Pareil, le statut de professeur est tellement particulier et surtout tellement « puissant » syndicalement que changer tout les professeur est une mission quasi impossible. Alors, comment faire ? Le plus raisonnable est souvent la « théorie des petits pas », essayer de rendre le statut de prof de prépas plus « juste » à rémunération moyenne constante. Ca évite de stigmatiser ces profs, en essayant de réformer des dispositions pas toujours parfaite. Mais, gros MAIS, vers où veut on aller ? Quel serait le statut « idéal » des profs de prépa ? Et là, j’ai un blanc, et pire, je ne suis pas sur que ça fasse consensus, même en tenant à l’écart lesdits enseignant de prépa.

Bref, je vais conclure par quelquechose de bête, mais dire à quelqu’un que passer à 10 h de cours par semaine est un scandale n’est pas médiatiquement viable. Même avec les copies et les préparations de cours, on ne peut pas dire que 10h soit réellement « digne » de normaliens. D’ailleurs, pour preuve, je connais peu de prof de prépas qui se contente de cela. Alors, doit on faire passer certains « extras » comme des choses normales ? C’est peut être une solution.
Pareil, la différence entre le nombre d’élève se justifie-t-il ? entre 1ere et 2ème année ? Ca, à vous de répondre.

Voici mes éléments, en tout amitié, et en profond respect des profs que j’ai eu, et que je revois de temps à autre, et pour qui j’ai un grand respect. Statut particulier pour personnes particulières certes, mais n’oubliez pas que en période de diète, la masse se défoule souvent sur les minorités, surtout les « élites ».
et l’offre et la demande dans tous ça ?
avec des salaires plus bas vous facilitez le choix du privé pour les normaliens. (et le privé les attends à bras grands ouverts)
[/quote]
En ce moment, l’offre et la demande est quand même à aller prendre moins de risque et devenir fonctionnaire. Et comme sus dit, les grands corps de l’état existent, recrutent des polytechniciens, qui ne sont pas moins « bankable » que les normaliens, loin de là. N’oublions pas aussi que les normaliens ont un devoir de servir l’état, étant déjà fonctionnaire. Et être normalien n’est pas nécessaire pour être prof de prépas :wink:

Tiens, hatonjan, ça faisait longtemps ! :slight_smile:

JE RAPPELLE QUE CE MESSAGE N’ENGAGE QUE MOI ET N’A PAS VOCATION A REPRESENTER L’UPS

Bon, je n’ai pas trop le temps de répondre en détail ce matin, je répondrai plus longtemps ce soir. En résumé :

  • si la bataille sur le salaire peut paraître corporatiste, elle ne l’est pas tant que cela. Déjà elle part d’un principe : pourquoi payer moins des gens :

à qui on demande de travailler davantage (augmentation des obligations de service)
dont la quantité de travail (les fameux obligations de service), calculés en 1950, correspondent à 45h par semaine
Je sais qu’on est en catégorie A mais si nous avons une formation de cadre, nous n’en avons pas le statut effectif : on nous compte les heures et on veut toujours nous les compter.

  • quoique tu en penses, certains profs (de prépa) commencent vraiment à se poser des questions de reconversion car la quantité salaire*reconnaissance/quantité de travail a tendance à furieusement diminuer en ce moment
  • cette réforme concerne TOUT LE MONDE, y compris les profs de lycée par le biais de la limite de 35 élèves qui saute. Autrement dit, si cette réforme passe, il n’y aura plus de limite du nombre d’élèves par classe ! Il sera alors possible de surcharger les classes à 40, 48 en terminale, en première, en seconde, en 6e ! Sans compensation financière, bien sûr.
  • Enfin cette réforme stigmatise quand même pas mal une catégorie de travailleurs qui, non seulement n’a jamais démérité, mais qui, en plus, font partie d’un système qui fonctionne plus que bien ! Si on ajoute à cela, comme je l’ai montré, que les économies faites en prépa sont négligeables pour les profs de ZEP, on se demande pourquoi cette réforme.
  • Si on veut vraiment redistribuer la richesse, ce qui est louable dans le principe, alors on augmente les impôts !

Quetzalcoatl a écrit:

Si on veut vraiment redistribuer la richesse, ce qui est louable dans le principe, alors on augmente les impôts !
Le gouvernement actuel a déjà bien exploitié cette manne également, ce qui le rend probablement plus impopulaire que taper sur une minorité.
Mais sinon je suis assez d’accord avec ce que tu dis. Surtout que, comme dit plus haut, il y a de vraies économies, possibles et justes, à faire dans ce système.
hatonjan a écrit:
En ce moment, l’offre et la demande est quand même à aller prendre moins de risque et devenir fonctionnaire.
J’ai bien ri :slight_smile:

Quetzalcoatl a écrit:

Bon, je n’ai pas trop le temps de répondre en détail ce matin, je répondrai plus longtemps ce soir. En résumé :

  • si la bataille sur le salaire peut paraître corporatiste, elle ne l’est pas tant que cela. Déjà elle part d’un principe : pourquoi payer moins des gens :

à qui on demande de travailler davantage (augmentation des obligations de service)
dont la quantité de travail (les fameux obligations de service), calculés en 1950, correspondent à 45h par semaine
!
Ce n’est pas parce qu’on demande aux gens de travailler davantage qu’ils travaillent trop par rapport à leur salaire : tout dépend du point de départ. Les profs de prépas travaillent beaucoup, mais ils ne sont pas les seuls. D’ailleurs, ils savent bien qu’ils sont très bien payés par rapport aux autres professions, ils le disent eux-mêmes (sauf en ce moment, comme par hasard). Il n’y a qu’à comparer leur salaire avec celui d’un ingénieur pour le comprendre. Je trouve louable, de la part d’un gouvernement, de se pencher sur la question.

Pour modérer mes propos, il est assez compréhensible que la perspective d’une diminution des revenus émeuve les personnes concernées. En ce sens, la proposition d’un double statut qui applique la réforme pour les nouveaux enseignants, avec une période de transition pour les anciens de sorte que leur salaire ne baisse pas jusqu’à ce que le rattrapage soit atteint, est intéressante et consistera probablement au compromis retenu par le ministère. Ca c’est déjà fait, avec le désagrément pour certain de devoir reconnaître des privilèges…
Quetzalcoatl a écrit:

Je sais qu’on est en catégorie A
!
Vite dit !!!
Quetzalcoatl a écrit:

  • quoique tu en penses, certains profs (de prépa) commencent vraiment à se poser des questions de reconversion car la quantité salaire*reconnaissance/quantité de travail a tendance à furieusement diminuer en ce moment
    !
    On peut le comprendre. Mais espérons que les esprits se calmeront, et qu’il n’y aura de décisions prises à la va-vite.
    Quetzalcoatl a écrit:
  • cette réforme concerne TOUT LE MONDE, y compris les profs de lycée par le biais de la limite de 35 élèves qui saute. Autrement dit, si cette réforme passe, il n’y aura plus de limite du nombre d’élèves par classe ! Il sera alors possible de surcharger les classes à 40, 48 en terminale, en première, en seconde, en 6e ! Sans compensation financière, bien sûr.
    !
    Vous avez tord d’utiliser ce genre d’argument, ce n’est pas à votre honneur.
    Quetzalcoatl a écrit:
  • Enfin cette réforme stigmatise quand même pas mal une catégorie de travailleurs qui, non seulement n’a jamais démérité, mais qui, en plus, font partie d’un système qui fonctionne plus que bien !
    Il vous faut élargir votre vision, et ne pas vous cantonner à la partie du système dont vous faites partie. Le « système » doit être vue de façon plus global, et alors, on s’aperçoit qu’il ne fonctionne pas correctement en France. C’est pour cela qu’il faut l’améliorer. On ne peut pas penser aux CPGE sans penser aux autres cursus du secondaire et du supérieur.