egres a écrit:
Ce n’est pas parce qu’on demande aux gens de travailler davantage qu’ils travaillent trop par rapport à leur salaire : tout dépend du point de départ. Les profs de prépas travaillent beaucoup, mais ils ne sont pas les seuls. D’ailleurs, ils savent bien qu’ils sont très bien payés par rapport aux autres professions, **ils le disent eux-mêmes **(sauf en ce moment, comme par hasard). Il n’y a qu’à comparer leur salaire avec celui d’un ingénieur pour le comprendre. Je trouve louable, de la part d’un gouvernement, de se pencher sur la question.
Où ça ? Quelle est la source ? Juste des « on dit » ?
Pour modérer mes propos, il est assez compréhensible que la perspective d’une diminution des revenus émeuve les personnes concernées.
Ce n’est pas une simple diminution des revenus, mais :
- une diminution NOTABLE des revenus (entre 10 et 20%)
- ajoutée à une AUGMENTATION du temps de travail
- pour un impact effectif LIMITE (quelques professeurs de ZEP)
- SANS contrepartie (ne jamais oublier ce dernier argument car, de toutes les baisses de salaire que j’ai pu constater aussi bien dans le privé que dans le public, il y avait toujours des contreparties même lors de marchés de dupes).
En ce sens, la proposition d’un double statut qui applique la réforme pour les nouveaux enseignants, avec une période de transition pour les anciens de sorte que leur salaire ne baisse pas jusqu’à ce que le rattrapage soit atteint, est intéressante et consistera probablement au compromis retenu par le ministère. Ca c’est déjà fait, avec le désagrément pour certain de devoir reconnaître des privilèges…
Cela fera partie des discussions, oui, après, on verra le 2 décembre. Politiquement, le plus simple à faire passer c’est que les nouveaux profs nommés aient le nouveau statut et que les anciens puissent changer ou conserver le leur. Comme avec la transition instituteur → PE. Sauf que ça prendra du temps, près de 30 ans…
Quetzalcoatl a écrit:
- quoique tu en penses, certains profs (de prépa) commencent vraiment à se poser des questions de reconversion car la quantité salaire*reconnaissance/quantité de travail a tendance à furieusement diminuer en ce moment
!
On peut le comprendre. Mais espérons que les esprits se calmeront, et qu’il n’y aura de décisions prises à la va-vite.
De ce que j’entends et je vois, ce ne seraient pas des décisions à la va-vite mais des décisions qui « trainent » depuis longtemps et là, ça serait la goutte. Moi même je sais que dans 10 ans je ne serai plus prof. C’est sûr. Ceci ne fait qu’augmenter mon envie de me reconvertir…
Quetzalcoatl a écrit:- cette réforme concerne TOUT LE MONDE, y compris les profs de lycée par le biais de la limite de 35 élèves qui saute. Autrement dit, si cette réforme passe, il n’y aura plus de limite du nombre d’élèves par classe ! Il sera alors possible de surcharger les classes à 40, 48 en terminale, en première, en seconde, en 6e ! Sans compensation financière, bien sûr.
!
Vous avez tord d’utiliser ce genre d’argument, ce n’est pas à votre honneur.
Alors là, je ne comprends pas ! Lorsqu’on utilise des arguments « internes » à la prépa, on se fait taxer de « corporatiste » et lorsqu’on utilise des arguments transversaux on perdrait notre honneur ? Nous n’avons donc aucune chance de discuter, notre argumentaire serait perdu d’avance ? Il y a quelque chose qui m’échappe…
Quetzalcoatl a écrit:- Enfin cette réforme stigmatise quand même pas mal une catégorie de travailleurs qui, non seulement n’a jamais démérité, mais qui, en plus, font partie d’un système qui fonctionne plus que bien !
Il vous faut élargir votre vision, et ne pas vous cantonner à la partie du système dont vous faites partie. Le « système » doit être vue de façon plus global, et alors, on s’aperçoit qu’il ne fonctionne pas correctement en France. C’est pour cela qu’il faut l’améliorer. On ne peut pas penser aux CPGE sans penser aux autres cursus du secondaire et du supérieur.
Même si cela ne se voit pas, j’ai une vision très large du système. Je sais à quel point il ne fonctionne en France et je sais aussi, comme tous ceux qui lisent les rapports de l’IGEN, parce que je n’ai pas la connaissance infuse et que je me renseigne, ce qui ne va pas, quels sont les symptômes, quels sont les points particuliers de l’enseignement qui pêchent. Et dans ces rapports, jamais l’efficacité des prépas est remise en doute. Jamais ! Alors qu’on trouve des rapports qui disent que tel programme d’aide est trop cher par rapport aux effets, aucun rapport, AUCUN RAPPORT, ne dit que la prépa est trop chère par rapports aux bénéfices éducatifs. Des rapports disent que la prépa est chère, qu’elle est plus chère que telle ou telle formation, mais JAMAIS qu’elle est trop chère par rapport à son impact réel. Une des « preuves » qui montre que le système prépa marche, c’est que, dans les autres pays, on commence à nous copier (Chine et Luxembourg). Donc il faudrait aussi arrêter de ne voir que le mauvais côté de la prépa (qui, bien qu’étant un système très efficace n’est peut-être pas le plus optimal qui soit) et constater qu’il est envié ailleurs. Et ce n’est pas pour rien.