Physique théorique

Nico, de quelle honte veux tu parler ? Si la fac me botte pas trop c’est que j’ai quand même envie de découvrir l’univers d’une école d’ingénieur (vie associative etc..). Siro ton amabilité n’est pas à la hauteur de l’utilité de tes conseils, mais merci quand même :slight_smile:

Ton problème est très simple.
C’est à toi de voir ce que tu veux faire de ta vie, soit de la physique fondamentale (dans ce cas go fac), soit autre chose (dans ce cas go école d’ingé).
Tu sais la vie associative existe aussi à la fac.

L’univers d’une école d’ingé n’est pas un très bon argument: rien ne t’empeche de mener une riche vie associative à la fac si tu mets tes priorités dans celle-ci, et des beuveries tu peux en faire partout.
Les risques en termes de débouchés sont une autre histoire.

Bon, en gros on a quelqu’un qui a aimé la physique de lycée et qui veut en savoir plus.
Je ne vois qu’une solution : labosvj.fr

Après si il est décidé à abandonner l’idée de faire de la physique fondamentale son métier, qu’il est sûr de vouloir une école d’ingé et qu’il cherche simplement une école dans laquelle il pourra suivre des cours un peu moins pipo sur de la belle physique que dans certaines autres écoles, la question n’est pas stupide.
Cela dit je suis mal placé pour répondre, même si Phelma semble être la solution la plus naturelle.

gundertaker a écrit:

Je n’ai pas de projet particulier, mais ce qui m’a toujours intéressé c’est l’univers, les trous noirs… C’est ce que j’entend par physique théorique (apparement je me trompe). En prépa j’ai bien aimé l’algèbre en mathématiques et la meca quantique en physique. Ce que je recherche en fait, c’est le moyen de pousser mes études plus loin que ce qui ‹ ‹ sert › › concrètement en entreprise, tout ça en passant quand même par une école d’ingé sur petites mines ou ccp car après ces deux années de labeur j’ai bien envie de découvrir un peu la vie etudiante.
Ce qui me dérange, c’est que tu n’as pas l’air d’imaginer ce qui va se passer une fois que tu auras fait des études en trous noirs, algèbre, et mécanique quantique. Veux tu faire de la recherche dans ces domaines? Veux-tu passer ta vie à les étudier et à enrichir les connaissances sur le sujet? Les études ne sont pas une fin en soi…

Comme je vous l’ai dit je n’ai pas encore de projet professionnel pour l’instant, je voulais juste me renseigner sur la possibilité ou non d’etablir un tel projet dans 3 ans. D’ici là j’aimerais me fermer le moins de portes possible et c’est pour celà que je demandais si le choix de l’école pouvait influer sur la possibilité de continuer des études en physique fondamentale. Apparemment oui, je vais donc me renseigner sur phelma mais si vous avez d’autres idées d’écoles qui ne ferme pas ces portes je suis preneur.

Tu ne feras pas d’astrophysique à Phelma, seulement de la méca Q et un peu de physique nucléaire (assez appliquée). La seule option dans cette école (et toutes les autres) c’est de faire de la simulation, puis ensuite de te faire débaucher pour une thèse en simulation (astro, par exemple), là où y’a de la place quoi.
Tu n’étudieras de toute façon aucune forme d’astrophysique en école, c’est réservé aux M2R dédiés.

Mais comme le dit Raphaelle, si tu n’envisages pas d’en faire ton métier en tant que chercheur (au moins le PhD), et si tu n’as pas une école prestigieuse qui t’offre ces études-là, c’est mort.

Bonjour,

Phelma et Telecom Physique Strasbourg sont des solutions pour faire une école d’ingénieur et de la physique fondamentale. Ces deux écoles donnent accès à un M2 en particules ou astrophysique.

Je sors de la deuxième et je fais de la physique des particules théoriques. Sache que si tu veux faire de la théorie, il te faudra bosser à côté des cours.

Je suis ouvert à tes questions.

Attention tout de même…regardez le nombres de postes par an en astro au sens large.
Lancez vous là dedans en sachant que, statistiquement, il y a de fortes chances que vous finissiez par prendre un pas top en info au sens large dans un boite après qlqs postdocs et faute de mieux :slight_smile:
C’est simplement le ratio entre le nombre de thèses délivrées par an dans le domaine et le nombre de postes…

L’astro théorique c’est un bon moyen de pointer à Pôle emploi dans quelques années, oui…

Je pense que n’importe qui qui se lance dans une thèse d’astro théorique (dont le financement ne doit déjà pas être si facile à obtenir), sait qu’il (elle) aura beaucoup de mal à avoir un poste. C’est pas pour ça qu’il faut laisser tomber la thèse si on a vraiment envie d’en faire une.
Après, il est peut être plus sage de ne pas s’engager dans les post docs. Un docteur en physique théorique sans post doc, ça ne se recrute pas si mal…

Raphaëlle a écrit:

Je pense que n’importe qui qui se lance dans une thèse d’astro théorique (dont le financement ne doit déjà pas être si facile à obtenir), sait qu’il (elle) aura beaucoup de mal à avoir un poste. C’est pas pour ça qu’il faut laisser tomber la thèse si on a vraiment envie d’en faire une.
Après, il est peut être plus sage de ne pas s’engager dans les post docs. Un docteur en physique théorique sans post doc, ça ne se recrute pas si mal…
C’est ce que je pense aussi.
D’un autre côté, une thèse c’est aussi une expérience unique à côté de laquelle il serait dommage de passer. Tout comme ceux qui veulent faire un tour du monde avant de décrocher un job fixe.

Mais ça reste à mes yeux une forme de caprice, au vu de son intérêt en France : pas indispensable et à faire seulement par goût (sauf à être sûr de vouloir mettre cinq ou six ans de sa vie pour peut-être décrocher un poste fixe). Mais à faire si on en a vraiment envie, cela va de soi.

A noter aussi: la recherche avance grâce aux thésards (et, comme l’a dit siro, la recherche est une bonne formation de manière générale). Le système fonctionne quand il y a plus de doctorant que de permanents, pour qu’un permanent encadre plusieurs thésards, sinon on est en sous régime. Ca implique forcément que la plupart des docteurs partent dans le privé, ce qui est effectivement le cas à l’étranger (et aussi en France d’ailleurs, mais ça marche un peu moins bien). Il n’y a qu’en France qu’on dirait: « tu n’auras jamais de poste permanent, ne fait pas de thèse ».

Un exemple extrême: au Japon, à partir de la L3, tous les étudiants de la fac sont en labo quasiment à plein temps, avec quelques cours de temps en temps. L’apprentissage se fait entièrement par la recherche, et tout le monde fait la recherche. Je ne dis pas que c’est parfait, mais c’est possible.

En France en ce moment, en physique, on est souvent en sous-régime, il y a souvent plus de permanents que de doctorants (principalement pour des problèmes de financement). En plus, on recrute peu de jeunes chercheurs. On va avoir de plus en plus de chercheurs très expérimentés qui doivent tout faire : leur boulot (recherche de financements, trouver des nouveaux projets, communication, enseignement) plus celui des thésards (expériences au jour le jour, calculs, programmation etc. C’est pas très bon…

Ouais alors je préfère le ratio 8 permanents / 2 temporaires en France que 2/8 aux US… l’encadrement est considérablement meilleur en moyenne. Le coup d’un permanent qui fait plus de la gestion de temporaires qu’autre chose, c’est fort délétère.
Les stages ultra mal encadrés aux US, j’en ai entendu un paquet, je suis pas sûr que ça soit si sain que ça.

Astro théorique ou astro tout court.
C’est probablement pire en astro théorique (le ratio thèses / postes) mais en astro « observationnelle » ce ratio n’est pas glorieux non plus.
Raphaëlle : oui les labos tournent avec les thésards. C’est vrai dans bien des disciplines. Ce n’est pas du tout un pb. C’est même très bien tant qu’on envoie pas 90% de ces thésards au pole emploi qlqs années après.

Que font les gens que je connais qui ont fait une thèse et des post docs en astro? En gros, ils font de l’info genre SSII. Pourquoi? Car ils ont appris à gérer de grosses bases de données durant leurs thèses et c’est à peu près tout. Certains trouvent aussi des postes ayant à voir avec le calcul intensif mais c’est relatif rare car la façon de coder en thèse et la façon de coder dans l’industrie n’ont pas grand chose à voir (ca devrait mais ce n’est pas le cas). Je n’ai rien contre ces postes…c’est juste qu’ils auraient pu avoir la même chose en sortie d’école après un projet de fin d’études dans le domaine. Là, ils ont facilement 8ans de plus…

Si vous faites un thèse, apprenez des choses et apprenez à les vendre! Je connais qlqn qui q fait une thèse en astro sur de gros volumes de données et qui, postulant dans l’industrie, ne savait pas ce que « HPC » (high performance computing) voulait dire (il ne l’avait jamais entendu)

En même temps ils sont recrutés comme thésards pour faire tourner à la va-vite des programmes de recherche… donc forcément ils apprennent à coder mais mal.

Oui c’est bien le problème…les labo n’ont pas le temps et sont ne comprennent pas que ce serait bien de laisser la partie « codage » à des gens qui savent faire.
Le problème est que ce n’est pas du tout dans la culture « labo » que d’écrire une spécification pour un soft…

Le résultat est clair : La majorité des soft développés en astro dans le cadre d’une thèse sont perdus. Ils ne sont pas docu, ils sont codés avec les pieds donc, pour les qlqs softs vraiment intéressant en dehors de la thèse elle même, il faut souvent repartir de zéro ou presque.
C’est un GROS problème de culture : investir un peu pour faire les choses proprement et surtout savoir quand le faire. Si un type en thèse À besoin de 100linges de python pour analyser je ne sais quoi alors, bien sûr, il va le coder lui même. Par contre, si la thèse consiste à concevoir, implémenter et coder un module complexe dans un code encore plus gros et complexe, il faudrait vraiment faire les choses proprement.

investir un poil de temps ou début pour en gagner À la fin…la base du system engineering. Ce n’Est pas facile de savoir où mettre le curseur mais c’est fondamental.

Le résultat étant que ces thésard sont moins bon en info pure qu’un type qui sort d’une école un peu spécialisée. Si on ajoute le fait qu’ils sont souvent dégoutés en ne veulent plus trop entendre parler de physique, on comprend qu’ils aient bcp de mal à trouver un job :frowning:

C’est la raison pour laquelle j’ai beaucoup de mal avec la recherche qui ressemble trop à du bricolage.
Après dans les grosses structures y’a moyen de faire des choses très abouties techniquement (du genre bosser dans un 8m ou à Soleil). Mais c’pas la majorité des gens.

J’ai jamais compris pourquoi par exemple les astronomes n’invessaient pas dans quelques matheux appli pour faire des gros softs de traitement de l’image et du signal, plutôt que de tout faire à la main… parce que résultat on a des softs codés avec les pieds (et en IDL qui plus est…), mal optimisés. Bref ça m’énerve et je me suis pris le chou avec plusieurs profs cette année à cause de ça. :grin:

Après, y’a aussi plein d’endroits où le code est fait à peu près correctement, je pense aux 2-3 structures dans le monde qui font les éphémérides par exemple (ça marche pas trop mal).

siro a écrit:

J’ai jamais compris pourquoi par exemple les astronomes n’invessaient pas dans quelques matheux appli pour faire des gros softs de traitement de l’image et du signal, plutôt que de tout faire à la main…
Tout simplement parce qu’ils n’ont pas les financements pour !

Mais tu as raison. Et je connais des chercheurs en astro justement, qui trouvent ça aberrant de devoir gérer eux-mêmes des gros codes, de devoir eux-mêmes trouver des solutions de visualisations des données, d’analyses, etc… au lieu de s’intéresser à la physique. Mais à part ERC ou autres, ils n’ont jamais les sous pour embaucher un matheux ou un info.