Propositions pour faire évoluer l'X

Un rapport commandé par Valls vient d’être remis à Le Drian : lemonde.fr/ingenieurs-scienc … 68267.html

Mouais, je trouve les propositions pas top…

Suppression de la solde : c’est dans la dynamique du moment, mais ça m’a l’air accessoire, et ça ne change rien au volet « éducatif » (allez si un peu : on peut se barrer dans le privé direct sans rien rembourser)
Accès après le bac : ok mais pourquoi seulement pour l’X ? Soit on le fait pour toutes les GE soit pour personne…
Regroupement avec l’UPSay : déjà en cours, non ?

A mon avis l’accès après le bac n’est pas une bonne chose. Déjà parce que ça finirait par être le cas pour toutes les grandes écoles comme le dit savodu78. Donc ça veut dire suppression des prépas à la longue (bonne ou mauvaise chose, je ne sais pas, je n’y suis pas encore passé).
Et faire une sélection des meilleurs élèves juste après la terminale est idiot (ce qui est bien le cas : les concours servent à sélectionner les meilleurs) :
-on arrête pas de dire que le niveau des élèves et du programme dans le secondaire diminue
-peu de gens réalisent que dès la première il faut se bouger parce que ça compte dans le dossier (beaucoup parce qu’ils ne savent pas encore ce qu’ils veulent faire ensuite)
Donc si c’est sur dossier ce serait pas top. Et s’ils organisaient un concours en terminale non plus, ça ne ferait que « déplacer » le système prépa vers le lycée.

Pourriez vous faire un copier coller de l’ensemble de l’article pour lecture ?

Concernant les corps Attali (l’autre) s’y était déjà attaqué dans son rapport sous sarkozy : " La proposition 247 propose d’organiser les corps selon des lignes de métiers correspondant aux exigences de l’économie moderne: finances, énergie, infrastructures numériques, santé, etc. Ce serait certes mieux que le corps des Ponts, des Eaux et des Forêts, qui, comme me le faisait remarquer un de mes anciens aujourd’hui retraité, ressemble véritablement à un corps de l’empire romain au niveau de sa dénomination, et dont ses ingénieurs doivent également savoir gérer les infrastructures routières, le trafic aérien, les systèmes géographiques, la prévision du temps, la gestion de l’eau, etc, etc… De vrais polytechniciens, n’est-il pas? De la même façon il propose un recutement après cinq ans minimum d’exercice dans le même secteur, au lieu de la méthode actuellement en cours consistant à assurer leur recrutement directement en sortie d’école."

« Supprimer la solde, pourquoi pas, » : c’est pourtant pour des enfants issus de familles modestes un plus très important.

Je copie-colle un autre article du monde qui présente les propositions une à une. C’est plus lisible.

Il faut réformer l’Ecole polytechnique, rapidement, et en profondeur. Tel est le message d’un rapport qui vient d’être rendu au ministre de la défense, et que Le Monde s’est procuré. Il avait été commandé par le gouvernement fin 2014, pour « déterminer si le modèle actuel de l’école lui permet de répondre aux exigences internationales, et de concilier formation des futurs agents de l’État et des entrepreneurs privés » selon La Croix.

Les mesures que propose l’auteur, Bernard Attali, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes et président d’honneur d’Air France, risquent de faire du bruit dans la communauté polytechnicienne.

Parmi celles-ci :

  1. ** Regrouper l’école d’ingénieurs militaire avec d’autres écoles scientifiques de l’université Paris-Saclay.** L’idée est de constituer « un ensemble à même d’affronter la compétition internationale », de rivaliser avec l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, l’américaine Stanford ou l’institut israélien Technion.

  2. ** Créer un accès après le baccalauréat**, alors que l’on entre aujourd’hui à Polytechnique après deux années de prépa. Cela déboucherait sur un diplôme de niveau licence et permettrait à l’école d’être compétitive sur le post-bac.

  3. Supprimer le classement de sortie. La sélection des 70 polytechniciens est fondée sur le classement de sortie des élèves en fin de troisième année qui permet d’intégrer les grands corps de l’Etat (Mines, Ponts et Chaussées…). Une méthode « surannée », indique le rapport. Il propose donc de la remplacer par un recrutement sur dossier et entretien de motivation, « à l’instar de ce qui est pratiqué par le secteur privé ».

  4. Supprimer la solde des élèves, qui s’élève actuellement autour de 900 euros, en instaurant un système de bourses sociales. « Le contribuable finance déjà des études coûteuses à des catégories pour la plupart aisées de la population, quel sens y a-t-il à leur verser en sus un traitement ? »

  5. Vendre la Maison des Polytechniciens située au cœur de Paris, dans le 7e arrondissement.

Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, doit s’exprimer samedi 6 juin sur le texte et ces propositions de réforme.

Ces dernières années, Polytechnique et l’Etat ont été mis en cause à plusieurs reprises : gestion épinglée par la Cour des comptes, problème lancinant de la « pantoufle », manque de stratégie. Le rapport du député François Cornut-Gentille (Les Républicains, Haute-Marne), en septembre 2014 dénonçait déjà « l’inertie » et « la désinvolture » de l’Etat.
Source : Un rapport propose de réformer en profondeur l’Ecole polytechnique

Merci,
je comprends pas vraiment ce que peut signifier : « L’idée est de constituer « un ensemble à même d’affronter la compétition internationale » »

Classement de Shanghai par exemple. Je crois qu’ils veulent plus de visibilité à l’internationale.

oui mais je crois qu’on s’en fou profondément de ce classement, cela nous apporte quoi ? Attirer plus d’étudiants étranger (dont les études sont financées par le contribuable) ou faire d’une école un vrai business ?

corderaide a écrit:

Pour le classement en sortie, ok, mais du coup on les remplit comment, les corps ?
Sur concours, comme les autres :slight_smile:

Si toutes les propositions sont reprises, ça va gueuuuler !!! :wink:

EXCLUSIF - Le ministre de la Défense va reprendre ce samedi toutes les conclusions et préconisations d’un rapport qui prévoit notamment la fin de la solde des élèves et la suppression du classement de sortie de l’X.

Ceux qui accusaient l’Etat de manquer de vision stratégique sur Polytechnique ne seront pas déçus. Le rapport confié par le Premier ministre à Bernard Attali, économiste et ancien président d’Air France, sur l’avenir et la stratégie de l’Ecole polytechnique propose des mesures radicales. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, va, selon nos informations, reprendre toutes les préconisations et conclusions du rapport. Il l’annoncera ce samedi, lors d’un discours à Polytechnique.

Le rapport insiste en préalable sur le « grand atout » qu’est l’Ecole polytechnique pour la France. Il fait référence à la qualité de ses élèves, de son corps professoral, de sa notoriété au plan national, jugées « incontestables ». Mais, dans un monde de l’enseignement supérieur mondialisé, l’école apparaît « bousculée ». Des « dangers » la menacent, et l’école souffre de « handicaps (qui) ne doivent plus être occultés sauf à accepter un dépérissement de l’école ». Il faut lui « redonner un véritable élan » et clarifier la « stratégie de croissance » est « indispensable », selon Bernard Attali. « L’X n’est pas en sursis, mais assurer son avenir exige un sursaut », conclut l’ancien P-DG d’Air France.
Une nouvelle « Ecole Polytechnique de Paris »

Pour répondre à « l’impératif de taille critique », la création de l’Université Paris-Saclay est une bonne chose mais ne suffit pas, indique le rapport. Car l’hypothèse d’une Université Paris-Saclay qui serait éligible en bloc aux classements internationaux « semble irréaliste dans les années à venir, alors que le temps presse ». Bernard Attali plaide donc pour le regroupement de dix grandes écoles scientifiques, dont l’X, au sein d’une nouvelle « Ecole polytechnique de Paris ». Ce scénario rendrait l’école éligible à une « excellente position » dans les classements internationaux à court terme.

Sans attendre ce rapprochement d’écoles d’ingénieurs - qui sera mené au sein de Paris-Saclay -, le gouvernement veut s’attaquer à la « trop faible diversité sociale » évoquée dans le rapport. Des actions de communication « ambitieuses » sont prévues dans les lycées, ainsi que la création d’un internat de la réussite sur le campus de Saclay dédié aux élèves boursiers et un triplement des recrutements universitaires ; des actions que « l’X a le devoir de mener dans les meilleurs délais » car « sa légitimité d’école républicaine en dépend ». En matière de formation, le rapport prône une diversification des offres. Avec les créations d’un accès post-bac à Polytechnique et d’une voie par alternance.
La suppression du classement de sortie et de la solde des élèves

Les liens entre l’X et l’Etat appellent « une redéfinition substantielle », préconise par ailleurs le rapport. « La subsistance de corps d’ingénieurs cloisonnés n’aide pas à y voir clair, aussi il est proposé de les fusionner à terme », est-il écrit. Pour éviter « la déconnexion avec le monde réel », les « aller-retours entre public et privé doivent être encouragés et facilités ». Le mode de sélection des ingénieurs d’Etat à la sortie de l’X est aussi jugé « inadapté ». Le rapport suggère de « supprimer le classement de sortie de l’Ecole polytechnique, qui serait remplacé par une sélection sur dossier et un entretien de motivation ». Concernant l’appartenance de l’X au monde de la Défense, elle « se justifie aujourd’hui » mais « manque de vigueur », estime Bernard Attali qui cite l’absence de lien entre les X et la Défense une fois la scolarité terminée et le peu de contrats de recherche entre le ministère de la Défense. « Les relations entre l’X et la Défense ne sauraient se résumer au versement d’une simple subvention », poursuit le rapport. Dans cet esprit, la solde des élèves apparaît comme « une subsistance du passé ». Et difficile à justifier dans un contexte où « les élèves sont de condition généralement aisée, où des études rémunérées donnent un signal brouillé à l’international sur la qualité des enseignements ». Le rapport propose de lui substituer un système de bourses.

A l’international, Bernard Attali plaide pour une « rationalisation » avec une « clarification des politiques d’alliance », que l’Ecole a d’ailleurs engagée.

Pour porter toutes ces réformes, des Assises de Polytechnique sous le patronage du Premier ministre sont annoncées début 2016.

Aucune idée ! Du prestige + attirer plus d’étudiants « brillants » étrangers + éviter que nos étudiants brillants aillent à Harvard ou Cambridge…
C’est la tendance du moment (d’où la fusion Centrale - Supélec également) après pas sur que ça apporte grand chose.

ou Polytech’ Paris ? :open_mouth:

Ouhais, je crois pas que tout le monde ait les moyens pour Harvard, Cambridge , …

Tout ce qui semble compter c’est faire des économies, serrez les fesses et apparaître bien classé sur des pseudo classements internationaux (ce qui fait de bon sujets de conversations dans les repas officiels) !

J’adore : " le gouvernement veut s’attaquer à la « trop faible diversité sociale » évoquée dans le rapport. Des actions de communication « ambitieuses » sont prévues dans les lycées …"

Concernant la taille critique on adore les projets style EPR !

On cherche quoi en fait former nos étudiants ou attirer des étudiants du monde entier dans un club de vacances avec petit bout de papier à la fin !

Bon j’aimerais que l’on éclaire ma lanterne

Je pense que c’est dans la suite logique de la « casse » du système éducatif.

NVB « Réforme » du collège

LeDrian « anéantissement » de l’X, des grands corps.

Après ça il y en a qui se battait pour savoir s’il fallait Centrale et Supélec …

Et l’augmentation massive des droits d’inscription en corrélation avec cette nouvelle « visibilité internationale » c’est pour quand ?

Sacrée famille, la famille Attali !

Pour la patrie, la science et la gloire !
Pour financer les interventions extérieures petite économie de 65 millions/ ans sur le dos de l’école et après on la ramène avec la diversité sociale !
Après la diminution par deux de la bourse au mérite il y a quelques jours, d’ailleurs si vous pouviez signer nombreux : Caractère conservative des forces

PS : diversité sociale aux US concernant les études à 50000 USD l’année !

PS : Concernant les places à l’X peut on modifier en profondeur le recrutement d’une année sur l’autre ?

corderaide a écrit:

Supprimer la solde, pourquoi pas, comme pour le statut de normalien, mais il faut bien mesurer le gain que cela donne après (par exemple, le salaire des normaliens est une énorme chance pour être facilement pris en stage sans aucun problème sans que le labo doive payer une gratification !). Pour les X, ça permet à tout le monde d’avoir un standard de vie commun, ça force les élèves à se rapprocher… je reste dubitatif sur le fait que la suppression d’une rémunération n’aggrave pas les disparités au sein de l’école.
Tu nous dis que « le salaire c’est du confort »
Nous n’en doutions pas.
Maintenant le souci de dire ça c’est que les élèves des autres écoles voudront eux aussi, à ce compte là, un salaire.
L’état me doit 25k€ d’arriérés pour ma formation bac+5 dans une grande école, pour tout le confort qui m’a manqué pendant ces deux ans et demi.
corderaide a écrit:
Pour le classement en sortie, ok, mais du coup on les remplit comment, les corps ?
Mon dieu mais quel immobilisme
Mais si on ne peut plus sélectionner des gens qui iront dans les postes les plus administratifs* sur une base totalement déconnectée de leur futur job, comment fera-t-on pour les recruter ?
*occupés par des gens d’une promo polytechnicienne
C’est vrai que cette question est vraiment difficile.
Je te laisse y repenser.

De plus l’accès se fait par concours, si la personne à besoin de ce revenu libre à lui de faire une 5/2 pour intégrer l’X !

Aussi bien, gouvernaient-ils tant que cela, nos Parlements et les ministres
sortis de leurs rangs ? Des systèmes antérieurs, ils avaient gardé plusieurs
grands corps publics qu’ils étaient bien loin de diriger étroitement. Sans doute,
les préoccupations de parti ne manquaient pas d’intervenir, assez souvent,
dans le choix des chefs d’équipe. De quelque côté que soufflât le vent du
moment, les désignations qu’elles imposaient étaient rarement les plus
heureuses. Mais le recrutement de base restait presque exclusivement
corporatif. Asile préféré des fils de notables, l’École des Sciences Politiques
peuplait de ses élèves les ambassades, la Cour des Comptes, le Conseil d’État,
l’Inspection des Finances. L’École Polytechnique, dont les bancs voient se
nouer, pour la vie, les liens d’une si merveilleuse solidarité, ne fournissait pas
seulement les états-majors de l’industrie ; elle ouvrait l’accès de ces carrières
d’ingénieurs de l’État, où l’avancement obéit aux lois d’un automatisme quasi
mécanique. Les Universités, par le moyen de tout un jeu de conseils et de
comités, se cooptaient à peu près complètement elles-mêmes, non sans
quelques dangers pour le renouvellementde la pensée, et offraient à leurs
maîtres des garanties de permanence, que le système présent a,
provisoirement, dit-il, abolies.
Le régime eut-il tort ou raison de respecter ces antiques corporations ? On
peut en disserter à perte de vue. Les uns diront : stabilité, tradition d’honneur.
Les autres, vers lesquels j’avoue incliner, répliqueront : routine, bureaucratie,
morgue collective.