Témoignages de l'ESTACA

Bonjour à toutes et à tous,

Nous sommes trois étudiants en 4ème année (2ème du cycle ingénieur) dans la filière aérospatiale à l’ESTACA, l’Ecole Supérieure des Techniques Aéronautiques et de Construction Automobile, sur le campus de Saint-Quentin-en-Yvelines.

Nous avons, en cette fin de formation, pris la décision d’écrire nos témoignages qui, nous l’espérons, seront utiles aux futurs étudiants à la recherche d’une école d’ingénieur. Ces témoignages sont anonymes, nous commencerons donc par M. Banane, puis par M. Pomme pour terminer sur M. Abricot.

Si jamais vous avez des questions relatives à un certain témoignage, veuillez-vous référer à la salade composée.

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                    • M. Banane - - - - - - - - - -

Sollicité par un ami pour vous donner mon témoignage concernant l’ESTACA, me voici ! J’ai trouvé cette initiative très intéressante car très utile aux nombreux lycéens / parents qui chercheraient à trouver l’école la plus adéquate pour continuer dans les études supérieures. Le but est ici de donner un avis objectif de manière à pouvoir vous donner une idée précise de ce qui vous attend. Enfin, ce témoignage restera anonyme car mon identité n’y changerait rien. Bonne lecture !

Mon profil

Je suis un étudiant de 22 ans en fin de 4ème année spécialisé en aérospatial sur le site de Saint-Quentin-en-Yvelines. Je me qualifierais comme sérieux, motivé, curieux et surtout très peu fêtard. J’ai comme principal loisir les jeux vidéo qui furent d’une grande aide pour rester en contact avec mes amis restés en province.

Pourquoi l’ESTACA ? Je dois dire qu’en Terminale, c’était ma mère qui avait fait l’essentiel de la recherche ! Bien sûr elle me parlait de chacune de ses trouvailles et c’était ensemble que nous parlions des vœux. Personnellement, j’étais de nature trop stressé pour faire une prépa classique et c’est donc pourquoi je me suis tourné vers l’ESTACA. L’école a une très grande ancienneté, ce qui est très rassurant, mais également un grand réseau d’anciens élèves qui peut s’avérer très utile pour la recherche de stage ou bien d’emploi.

Mon parcours pré-BAC

J’ai fait une terminale S SVT avec spécialisation Informatique et Sciences du Numérique (ISN) dans une école privée relativement sélective. J’avais entre 14,5 et 15,5 selon les trimestres et j’ai obtenu mon BAC avec 16.03 de moyenne (19 en SVT, 17 en maths et en physique-chimie ainsi qu’un magnifique 7 en philosophie). J’ai hésité jusqu’en terminale entre une carrière dans l’informatique ou le spatial mais ma spécialisation ISN m’a permis de trancher en choisissant le spatial (je ne me voyais pas faire de l’informatique toute ma vie). À noter tout de même que l’informatique est une excellente filière qui embauche et embauchera toujours (j’ai moi-même mes 2 frères ainsi que ma sœur qui sont ingénieurs/es dans ce domaine !). De plus, je savais que le Spatial me permettrait tout de même de mettre à profit ma passion dans l’informatique car aucun ingénieur de demain ne peut se permettre de délaisser ce domaine.

Maintenant que vous commencez à avoir une idée de qui je suis, je vais attaquer le sujet qui vous intéresse : le parcours à l’ESTACA.

L’ESTACA - Les deux premières années

De manière générale, c’est la partie prépa intégrée où les matières sont déjà très ciblées par rapport à une prépa classique (pas de Philosophie / Français …). Cela permet, si vous êtes intéressés par les sciences comme moi, de rester motivés car toutes les matières techniques étaient enrichissantes. De plus, vous travaillerez votre orthographe sur une plateforme dédiée (à mon époque Orthodidacte mais cela a peut-être changé). Vous continuerez également à apprendre une 2ème langue (Espagnol / Allemand / Chinois…).

Bien sûr, la première année est la plus marquante en termes de changement car vous attaquerez une nouvelle partie de votre vie, vous vivrez peut-être en appartement, seul/le ou en collocation et enfin, il vous faudra nouer de nouveaux liens… En bref, c’est une année stressante mais si vous travaillez convenablement, il n’y aura aucuns soucis à se faire (ce qui est valable pour toutes les années d’ailleurs).

C’est là qu’il va être difficile de quantifier le « travail ». Pour vous donner une idée, je travaillais une heure à peu près tous les soirs et environ 6-8h le weekend. Pour comparaison, mon travail en terminale se résumait à faire les devoirs, réviser les examens et uniquement à réviser par moi-même 3h/semaine. Cette quantité de travail à l’ESTACA m’a permis d’avoir une moyenne d’environ 14 pour les deux premières années. Enfin, il y avait environ 20% des étudiants qui ne passaient pas en deuxième année et environ 15 % qui ne passaient pas en troisième. Ce sont généralement les gens qui ne travaillent pas où qui se rendent compte que ce parcours n’est pas pour eux.

La troisième année

Année charnière dans la formation et première année du cycle ingénieur, c’est là que vous commencerez à vous spécialiser dans l’Automobile, l’Aéronautique ou le Ferroviaire (la filière Spatiale n’est disponible qu’en 4A après avoir choisi la spécialisation Aéronautique). Vous aurez un à quelques cours par semaine permettant de vous initier à la culture générale du milieu. Vous aurez également plus de projets contrairement aux deux premières années où ce sont surtout les TPs qui dominent. Pour les projets, tout dépendra de vous et des autres membres car il faut s’attendre à ce qu’il y est toujours une personne qui, par définition, travaillera beaucoup moins que les autres.

Le projet filière de cette année permet de réellement s’impliquer pour la première fois dans quelque chose de concret (démarche ingénieur, équations, modélisation 3D), ce qui est une excellente chose ! En gardant un rythme de travail similaire à celui des deux premières années, j’ai réussi à monter ma moyenne vers 15. À noter que vous devenez de plus en plus efficace dans votre manière de travailler et de vous organiser au fil du temps.

Enfin, c’est à partir de cette année que j’ai décidé de faire un semestre d’études à l’étranger. C’est là que votre moyenne est déterminante car plus votre moyenne est haute, plus vous avez de chances d’aller dans les universités que vous souhaitez. Pour exemple, ma moyenne d’environ 15 me plaçait dans le top 15 de ma promo (sur environ 450 élèves) et m’a donc permis d’obtenir mon premier vœu !

La quatrième année

Dans la continuité de la troisième année, vous entamez alors votre deuxième année de cycle ingénieur. Il y aura encore plus de projets et le premier semestre aura encore des cours techniques. C’est l’année où j’ai pu aller en filière Spatiale et c’est pourquoi c’est mon année préférée. En effet, les matières spécifiques au spatial étaient aussi nombreuses que celles en tronc commun ! De plus, vous commencerez à voir l’aboutissement de votre formation car des liens se forment entre toutes les matières que vous avez travaillées au cours de ces trois dernières années.

C’est également l’année où je suis parti en semestre à l’étranger. C’est une expérience qui nécessiterait un témoignage à elle seule donc je dirais juste que c’est quelque chose qui vous fait grandir et avoir une vision différente de l’étranger. Je vous recommande fortement de le faire même si vous avez peur de la solitude / de l’éloignement car vous en sortirez grandis.

La cinquième année

N’étant pas encore en dernière année, je peux simplement dire que l’essentiel de l’année se fera par des projets. Si vous êtes là en 5ème année, c’est qu’il n’y a plus trop de soucis à se faire. Il faudra s’y prendre tôt pour cherche le stage de fin d’études !

Mon ressenti global

Si je pouvais retourner dans le passé et me dire ce qui m’attendrait plus tard, je dirais que c’est probablement dans ces quelques années que l’on grandit le plus ! Vous verrez en vous une différence notable entre la prépa intégrée et le cycle ingénieur en ce qui concerne votre maturité et vision des choses.

Les points positifs

Je dirais que la réputation de l’école ainsi que la proximité des professeurs aux mondes de l’industrie et de la recherche en font une école très intéressante pour les études. Bien qu’elle ne soit pas aussi cotée que SUPAERO (pour ceux qui veulent aller en aéronautique / spatial), le fait qu’elle soit accessible en prépa intégrée en fait un excellent choix.

Le site de Saint-Quentin-en-Yvelines est très accessible car près de la gare routière, ferroviaire et est à proximité de nombreux endroits pour manger (près du centre-ville).

Une administration qui, malgré quelques couacs (voir les points négatifs), reste réactive. Notamment pour les départs à l’étranger et pour les stages. Vous n’êtes jamais seul dans les démarches, ce qui est rassurant.

J’ajouterais également que votre école définira probablement vos premiers salaires mais pour votre carrière, vous ne pourrez compter que sur vous-même pour évoluer ! Je pense qu’il est important de garder ça en tête car un ingénieur est censé constamment évoluer et ça, seule votre motivation permettra de l’accomplir.

Les points négatifs

De ce côté-là, rien d’alarmant mais des points à noter :

• Quelques couacs administratifs, notamment des décisions parfois peu compréhensibles (je n’ai pas d’exemples en tête mais c’est le souvenir que j’en ai).
• Des projets moins bien encadrés que d’autres. Je pense surtout à un projet de troisième année qui fut très mal expliqué (projet PIA pour les connaisseurs).
• Des cours sur la recherche de stage / le CV / la lettre de motivation qui se répète chaque année (intéressant au début mais plus vraiment après 3 répétitions).
• Un prix assez élevé (>8000 euros/an) et qui augmente chaque année.
• Enfin, peut-être le plus gros point négatif qui ne provient pas entièrement de l’école mais en partie des élèves. Malgré les départs entre chaque année (respectivement 20% / 15% / 10 et 5), il y aura toujours des éléments perturbateurs qui viendront se plaindre de la difficulté sans travailler (ces mêmes personnes qui obtiendront le même diplôme que vous…).

Conclusion

En bref, je pense que l’ESTACA reste un bon choix pour ceux qui ne se sentent pas d’aller en prépa classique et qui sont intéressés par un des domaines d’enseignement de l’école. De plus, l’école reste accessible depuis une prépa classique via le concours CCINP-e3a-Polytech.

Je pense qu’aucune école n’est parfaite et c’est pourquoi la plupart des points négatifs que j’ai énoncés plus haut peuvent énerver sur le moment mais ne sont pas gênant sur le long terme. Quelque part, ce sont ces problèmes qui font les souvenirs sur lesquelles nous pourront revenir par la suite.

En espérant vous avoir éclairé…

Et la suite ?

Après l’obtention de mon diplôme, je pense réaliser un mastère pour pouvoir me spécialiser et ainsi me démarquer. Il faut dire que le milieu du spatial propose moins d’offres d’emplois que l’aéronautique et il est donc nécessaire d’avoir un petit quelque chose en plus.

Pour aller encore plus loin, l’apprentissage d’un ingénieur est sans fin ! Je compte m’appuyer sur des livres scientifiques pour m’initier à des sujets. Cette démarche peut être utile des la prépa car de nombreux livres sont d’excellent compléments aux cours que vous recevrez.

                    • M. Pomme - - - - - - - - - -

Qui suis-je ? Je suis un jeune étudiant de 21 ans, en fin de quatrième année dans la spécialisation aérospatiale de l’ESTACA, à Saint-Quentin-en-Yvelines. J’ai intégré l’école après l’obtention de mon baccalauréat scientifique (spé PC), à la suite du concours Avenir de l’année 2017. Tout comme M. Banane, je ne suis absolument pas fêtard.

Quelques indications chiffrées relatant de mon niveau scolaire de TS (pour ceux dont l’esprit torturé par l’éducation française voient dans les notes le seul indicateur d’un brillant futur…) : j’ai eu 15,5 (15 en maths, 18 en PC et 19 en SVT) à mon BAC S de l’année 2017. Durant l’année de ma terminale, ma moyenne générale était de 14.

Maintenant, ces notes ne sont que de simples indicateurs relatifs à un système éducatif qui, déjà en 2020, n’est plus à jour. Si jamais vous doutez de votre niveau scolaire en TS, pitié, ne vous fermez pas des portes.

Quels étaient mes motivations durant l’année de TS ? Je souhaitais devenir pilote de ligne, étant fortement passionné par l’aéronautique depuis mon plus jeune âge (et par l’aérospatial, mais à moindre mesure). Cependant, à cause de la forte précarité au niveau de l’embauche des pilotes, beaucoup m’ont conseillé de commencer par une formation d’ingénieur, comme « filet de sauvetage ».

Sinon, outre cette passion pour l’aéronautique, j’ai toujours été un scientifique, un amoureux de la technique et des « machines » qui composent nos quotidiens. Des études en ingénierie correspondaient donc exactement à ma personnalité.

Pourquoi l’ESTACA ? Pour deux raisons :

• La prépa classique m’effrayait énormément, cela principalement à cause de mon caractère fortement stressé. De plus, mes capacités de concentration et de travail ont toujours été relativement faibles, je savais donc par avance que je ne pourrai supporter la charge de travail d’une classe préparatoire.

• Le campus de l’ESTACA à Saint-Quentin-en-Yvelines se trouvait être à 35 min en train du lieu de résidence familiale. Cette proximité rendait inutile la location d’un logement étudiant, et de tous les frais qui vont avec. Compte tenu des frais exorbitants de l’ESTACA, vivre chez papa et maman était obligatoire dans mon cas.

La formation

Je pense que les deux autres témoignages résument très bien la structure des cours à l’ESTACA durant les 4 premières années.

Pour résumer mon ressenti, les 2 premières années sont « classiques », style prépa mais avec quelques cours spécialisés (ceux qui arrivent à la suite d’une prépa classique en 3A se plaignent souvent de leur relative difficulté à se mettre à niveau dans les cours « ingénieurs », comparés aux étudiants présents depuis la 1A ; ils y arrivent tous avec du temps, évidemment).

En 3A, cela commence à devenir vraiment intéressant, avec des cours plus appliqués, et plus de projets.

Et enfin la 4A, celle que j’ai de loin préféré, correspond vraiment à l’idée que je me faisais d’une école d’ingénieur. Les cours sont extrêmement appliqués (mécanique spatiale, aérodynamique lanceur, commande, structure lanceur, propulsion solide, liquide, navigation, etc.).

La 4A est aussi marqué par un projet « filière » qui dure toute l’année, et durant lequel nous devons répondre à une demande formulée par un, ou plusieurs ingénieurs du domaine de spécialisation. Dans mon cas, le projet, fourni par deux ingénieurs en propulsion solide de chez ArianeGroup, consistait à travailler sur un Kick Stage (ou étage d’apogée) à propergol solide pour la future Ariane6 dont le but est de placer une charge à masse variable en orbite géosynchrone. Un projet vraiment intéressant car nous étions en relation permanente avec nos tuteurs.

Je tiens à féliciter l’administration pour son travail exemplaire. Même face à la crise du COVID-19, l’administration des élèves (notamment le service des stages, semestre à l’étranger et de bourse) a toujours répondu présente, et a toujours pris le temps de répondre à nos questions et de trouver des solutions à nos problèmes.

Parlons à présents des défauts que j’ai pu trouver à la formation et à l’école (je suis surement un peu plus pénible que mes amis sur ce niveau là…).

Défauts légers :

• Deux projets (un en 3A et un en 4A) ont, pour moi, représentaient de vraies pertes de temps. Le problème, à mon avis, provient essentiellement du mauvais encadrement de ces derniers, ainsi que de leur structure (pas assez de liberté, on est trop tenu par la main).

• Certains travaux pratiques n’apportent pas grand-chose, car trop guidés. En effet, dans certains cas, juste en suivant l’énoncé du sujet on arrive, sans trop réfléchir, à arriver au bout du TP…

• Le campus de Saint-Quentin-en-Yvelines est tout beau, tout neuf. Malheureusement, l’espace disponible aux étudiants est assez limité, et il n’y a pas de cantine intégrée à l’école. Par exemple, les locaux associatifs sont petits, contrairement à ceux de Laval, et on se retrouve vite serré…

• Les cours de langues. J’ai eu de bons professeurs d’anglais, mais j’en ai aussi eu avec lesquels tu comptes en chœur les secondes restantes avant la fin du cours. Résultat : durant la fin de ma 4A je n’y allait plus du tout, ce qui m’a pénalisé dans ma moyenne (les cours étant obligatoires), mais je ne supportais plus la fadeur de mon professeur d’anglais…

Défauts considérables :

• On va commencer par le prix. Plus de 8000 euros. En TS, j’étais encore un gamin, et j’avais du mal à me représenter une telle somme. Je n’ai pu me payer cette formation que parce que je vivais chez mes parents. Mais maintenant que je sais, que je réalise, que mes parents ont du payer près de 40 000 euros pour ma formation, j’ai honte.

• Le niveau académique. J’aurais préféré une sélection de fin d’année drastique. Le passage d’un nombre étonnamment grand de feignasse en année supérieure reste pour moi difficilement compréhensible (l’argent je suppose…). Pour avoir un rattrapage à l’ESTACA, il faut où avoir complètement perdu les pédales durant l’examen, où n’avoir presque rien fait durant l’année. Quand je dis « presque », c’est vraiment : avoir essayé juste pour la forme.
Alors, avoir un rattrapage en fin d’année : ça passe. En avoir deux : ok. Mais en avoir 4 ou 5, et quand même passer en année supérieure, c’est une honte. Au bout du compte, tu obtiens le même diplôme qu’un gugusse qui n’a presque rien fait. Aux yeux d’une entreprise française, il n’y a pas de différence, et l’amalgame est très vite fait…

Ce dernier point sur le niveau académique m’ennui beaucoup. En première année, j’ai vite fait le tri entre ceux qui ne bossent pas, et ceux qui bossent. Mes amis ont fait pareil, et c’est comme ça qu’on s’est rencontré.

Comme je l’ai dit plus haut, à la fin, on a tous le même diplôme, on sort tous de la même école. C’est donc parfaitement normal que les employeurs nous voient tous, aux premiers abords, de la même manière. Mais il faut dire que certain (combien ? je dirais bien 20-30%), à la fin du cursus, ne mérite pas d’être ingénieur. C’est à ce moment là que l’on peut dire que la personne a acheté son diplôme. La prépa, au moins, permet de réaliser cette sélection, qui manque cruellement à l’ESTACA (ou à d’autres écoles postbac, aux dires de certains de mes amis…). J’espère que l’école saura resserrer le filet de la section à chacune des années.

A cause de cela, on se retrouve à devoir essuyer des remarques du genre : (je vous mets dans le contexte : cours de guidage et navigation lanceur, en 4A. Notre professeur : un ingénieur de chez ArianeGroup, polytechnicien et doctorant). Notre professeur nous parle d’un ancien de l’ESTACA qui est maintenant son collègue, et il nous dit, pour terminer sa remarque : « Vous voyez, même vous pouvez travailler chez ArianeGroup ». Ce n’était en aucune manière une remarque faite pour nous casser (le professeur était quelqu’un de très bien), mais elle est l’enfant d’une triste réalité…

Si j’avais la possibilité de tout recommencer depuis la TS :

C’est difficile à dire. Je devrais vous répondre à ma mort, car seule la mort sait quoi regretter. Je pense que l’ESTACA m’a permis de rester vivre avec ma famille quelques années de plus, tout en me donnant les outils et la mentalité de base de l’ingénieur.

Je suis complexé par le prix de mon école, et par le niveau général des étudiants sortant de cette dernière. Cependant je ne dois surtout pas rester sur ce complexe, mais grandir en l’utilisant comme engrais.

Une remarque au passage : Je discutais avec un ami de ses années de prépas. Il me disait qu’il a toujours voulu travailler dans le spatial, ça a toujours été son objectif. Il avait un bon niveau en prépa, pas assez pour rejoindre sup’aéro (ce qui ne l’a pas empêché de réaliser sa 5A à sup’aéro), mais assez pour rejoindre une école comme l’ENSMA. Mais son choix s’est quand même porté pour l’ESTACA, sa raison était que l’ENSMA ne proposait pas de spécialisation aérospatiale.

Si jamais vous êtes devant ce choix, pas besoin d’hésiter. Le monde de l’aéronautique et du spatial sont très liés. Faire une formation en aéronautique ne vous fermera jamais les portes du spatial, et vice et versa.

Ce que je compte faire par la suite :

Je vais commencer par réaliser mes stages de 4A et de fin d’étude. Par la suite, j’aimerais faire une thèse, me spécialiser dans un domaine, et aller travailler à l’étranger, dans un pays du nord si possible.

Le métier d’ingénieur semble être un beau métier (je ne peux pas encore le confirmer !). On aura toujours besoin d’ingénieurs, c’est l’avenir. La formation d’un ingénieur n’a pas de fin, c’est une enrichissante mais laborieuse ascension, et pauvres sont ceux qui pensent déjà avoir atteint le sommet.

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                    • M. Abricot - - - - - - - - - -

Qui suis-je ? Je suis un étudiant en cinquième et dernière année à l’ESTACA (Ecole Supérieure des Techniques Aéronautiques et de Construction Automobile), une école d’ingénieure spécialisée dans les domaines des transports. Je suis plus particulièrement en filière spatiale.

Formation pré-Bac: En ce qui concerne ma formation j’ai commencé par faire un Bac scientifique SVT en Section Européenne Allemand Scientifique à Mulhouse en spécialité physique chimie. J’avais environ 15.8/20 plus ou moins 1 point de moyenne selon les trimestres et j’ai eu 16.48/20 au bac.

Mes motivations en terminale et formation post-Bac: En terminale, je savais que je voulais poursuivre mes études en physique et depuis petit, l’espace et l’ingénierie spatiale me passionnaient mais je n’étais pas encore certain de pouvoir travailler dans ce secteur au vu du peu de place à pourvoir. J’ai donc poursuivi par une classe préparatoire aux grandes écoles en MPSI, puis MP (Mathématiques Physique et Science de l’ingénieur) pour avoir accès aux plus d’écoles que possible, pour pouvoir bien réfléchir plus en profondeur sur ce que je voulais réellement faire et pour effectuer plus de recherche sur les écoles d’ingénieurs.

Je voulais tout d’abord poursuivre mes études à l’ISAE Supaero, cependant le concours d’entrée était trop difficile pour moi et les cours sont très théoriques. J’ai choisi l’ESTACA car elle est reconnue dans le monde de l’industrie, qu’elle dispense des cours dans l’ingénierie spatiale et c’est une école qui existe depuis 1925. L’école a donc un très grand réseau d’anciens élèves ce qui permet de trouver des stages dans toutes sortes d’entreprises travaillant dans les transports. De plus, les descriptifs des cours m’intéressaient beaucoup. J’ai donc passé le concours e3a pour entrer à l’ESTACA.

Formation à l’ESTACA : Je suis arrivé en deuxième année à l’ESTACA. Lors des deux premières années, nous étudions principalement toutes les bases en mathématiques et physique dont nous aurons besoin plus tard. Nous avons aussi quelques cours d’initiations et historiques du secteur que nous étudions. A partir de la troisième année nous commençons à avoir des cours théoriques dans notre domaine d’étude et à avoir des projets intéressants à réaliser, comme la conception de la structure d’un avion par exemple si on est en filière aéronautique et spatial. En quatrième et cinquième année nous pouvons élaborer des projets qui sont proposés par des entreprises comme Arianegroup, le CNES, le LATMOS… Ceci permet de voir les problématiques actuelles de l’industrie et des instituts de recherche. Les cours de spécialité sont dispensés par des personnes qui travaillent dans ces entreprises ou par des enseignants chercheurs. Ils nous apprennent donc des choses utiles pour notre future carrière et répondent aux besoins de nos futurs employeurs.

J’ai également effectué un semestre d’étude à l’ETS Montréal au Canada, Québec. Cette expérience est extraordinaire car elle permet de découvrir une nouvelle culture, de voir comment les cours, la vie, le travail se passe ailleurs, de prendre des cours complémentaires à ceux dispensés par l’ESTACA et donc de se différencié des autres, surtout de ceux qui passent en année supérieure sans faire grand-chose et qui ne sont pas vraiment motivé par leur secteur d’étude.

Les points positifs sont que les professeurs sont disponibles pour des questions sur le cours ou sur nos projets (filière, associatif…). Nous pouvons nous impliquer dans diverses associations qui nous permettent de développer le côté technique de nos cours comme la conception et la fabrication de fusées expérimentales, d’aller en mission humanitaire, de faire du sport ou autre. De plus, les projets proposés sont très intéressants et nous forment aux besoins des entreprises. Pour ma part j’ai effectué une mission éducative et humanitaire au Sénégal avec l’association Pégase. C’est une expérience incroyable à vivre. Cela permet de se confronter à une autre culture, de mieux comprendre leur besoin, de se sentir utile en effectuant quelque chose de concret, de rencontrer des personnes très sympathiques, de leur apporter une aide non négligeable en donnant envie aux élèves de devenir scientifique et donc de leur permettre de développer leur pays. Lors de ces missions, j’ai développé plein de soft skills comme la compétence de parler devant un public d’une soixantaine d’élèves, de diriger ce groupe d’élève lors des cours et des expériences…

Les points négatifs sont le prix à payer (8000€ par an) et les cours pour apprendre à faire des CV, lettres de motivation et sur la recherche de stage que l’on a tous les ans, qui sont toujours les mêmes, donné par les mêmes personnes. La première fois c’est très utile mais au bout de la quatrième fois ça devient un peu inutile et c’est une perte de temps.

Un tutti frutti instructif
Ça coûte cher (on le savait)
Et certains ne travaillent pas assez
J attends la réaction de l école

C’est important de manger équilibré.

Si vous avez en tête d’autres forums / sites sur lequels il serait intéressant de poster ces 3 témoignages, nous sommes preneurs.

Je déconseille le forum JVC 18-25… paratonnerre à trolls

Bonjour

Je recherche des informations précises sur l’école Estaca.

Bon nombre de messages lus sont négatifs:

  • peu de filtrage à l’entrée
  • des glandeurs qui finissent par obtenir leur diplôme au même titre que ceux qui bossent
  • que vaut ce diplôme sur le marché du travail
  • fils à papa qui paient leur diplôme
  • niveau de compétence en fin scolarité
  • niveau des élèves par rapport à des écoles d’ingénieurs publiques

Merci par avance pour toutes les informations que vous pourrez me fournir.

Quelles sont tes autres possibilités de choix ?

Tu veux travailler dans le domaine ?

Je suis en sup, mais commence à m’intéresser aux choix à venir pour le domaine aéronautique.
Tu as des infos ?

Je ne suis pas dans une école privée, donc je ne peux guère te renseigner, à part le fait que certains font une école publique lorsque ça leur coûte moins que aller dans une école privée.

En attendant, il te reste à lire les 3 livres du programme de français, et en janvier une fois en année de 3/2 à t’inscrire aux concours : CCInp + Polytech e3a ; Mines-Telecom ; CCS. Et à te renseigner sur toutes les autres écoles et secteurs d’activité.

Tout de de même on parle d un gros filtre: si j ai bien compris il y a un peu moins de 60% des élèves qui ne redoublent pas.

Si j ai bien compris cette école permet à de bons (mais pas exceptionnel) élèves de TS d avoir une formation d ingénieur spatial qui leur permettra de travailler dans de grand groupe sans avoir à subir le stress de la prépa et la loterie des concours (il y a beaucoup de bonnes écoles mais fort peu spécialisé dans les concours).
En soit c est super.
Le seul problème c est que c est réservé à ce qui ont les moyens. Le développement des écoles privées à haut rendement débouchés / niveau scolaire, serait super si ce n était pas réserver au csp+ ccia les frais de scolarités.
Après, si. Je devais parier, je dirais que l IPS de l’X est supérieur à celui de l estaca. Le système des prépas est,quelques peu hypocrite modulo le fameux iIPS.mais bon c permet plus d exception consolantes (et au csp+ de profiter de l éducation national gratuite).

W

L’inscription aux concours cités par U46406 n’est en rien obligatoire. On remarque en outre qu’il omet de mentionner les concours les plus sélectifs.

Tu veux dire que tu rentres en sup ?
Si l’estaca t intéresse pourquoi ne pas y etre allé après ton bac ?

En alternative publique, tu as l’ensma qui est très bien pour l’aero.
ca peut constituer une de tes cibles.

Tu n’as retenu que la partie la plus critique des temoignages.

  • peu de filtrage à l’entrée : 42% des candidats sont retenus (source parcoursup)
    Les profils des intégrés sont précisés tant dans l open data parcoursup que dans le doc de la CTI ci-dessous.
  • des glandeurs qui finissent par obtenir leur diplôme au même titre que ceux qui bossent
    Les chiffres précis montrent un taux d’éviction d’environ 18%… et un taux de redoublement par cohorte d’environ 30% : p18. C est significatif.
    https://extranet.cti-commission.fr/recherche/showDonneesCertifiees/id/2302
    Dans toutes les écoles il y a des premiers et des derniers.
    Les peu travailleurs font plutôt partie des derniers.
  • que vaut ce diplôme sur le marché du travail : il est tout à fait reconnu. Depuis longue date.
  • fils à papa qui paient leur diplôme. Le profil sociologique d’une école privée n’est évidemment pas le même que celui d un établissement public. Si le diplome était ‹ vendu › il y aurait moins d’évictions (et de redoublements). Le taux de boursier (tous échelons) me parait élevé pour le recrutement niveau bac, majoritaire.
  • niveau de compétence en fin scolarité : celui d un diplome d’ingé CTI.
  • niveau des élèves par rapport à des écoles d’ingénieurs publiques. Question trop générale d’autant qu il n y a pas vraiment d’équivalent dans le public en dehors de l’ensma.
    Et encore le périmètre de l’estaca est différent : auto, ferroviaire, naval…

Des glandeurs y en a partout.
Et en pratique un diplome peu compétent sera rapidement mis à l’écart dans l emonde du travail.
S il y avait un souci, l estaca ne déverserait pas 400 diplomes/an sur le marché.
ceci dit, Tu surestimes quelque peu la valeur des diplomes.
Ce sont tes compétences/qualités perso qui feront la différence dans ta carrière.

sinus, post:10, topic:131307 a écrit:

L’inscription aux concours cités par U46406 n’est en rien obligatoire.

Certes. Mais pouvez-vous préciser votre commentaire : la possibilité de rentrer en post-bac ?

Ascoli a écrit:

il omet de mentionner les concours les plus sélectifs.

En même temps, le candidat est intéressé par ESTACA. C’est pour ça que j’ai passé sous silence X-ENS et CCMP (quant à moi j’ai tendance à mettre pour des raisons personnelles le CMT en avant. :smiley: ).

Et CCinp était une perche que father a complété en parlant de ENSMA.

Les témoignages des 3 fruits initiaux me font bien rigoler.
Ca sent les premiers de classe, un peu fayot, qui dénoncent leurs petits camarades glandeurs et qui aimeraient que leur diplome ait une cote accrue en demandant indirectement à l’administration d accroitre le taux d éviction.

Et puis si on compare à Ginette, l estaca est pas infiniment plus cher et les élèves ne viennent pas forcément de familles plus aises.
Tout le monde peut pas être premier de la classe. C est juste dommage que de bonne formation comme l estaca qui donne leur chance à beaucoup de jeunes ne soit pas aussi accessible à ceux qui n ont pas les moyens de payer 8000 euros de frais de scolarité par ans.

W.

A partir de 2023, 9365€.

La comparaison avec Ginette est ridicule. Les frais facturés par l’ESTACA n’incluent pas la pension complète. Sans parler du niveau des cours et du taux d’encadrement.

Pour ceux qui redoublent une année (1/3 des entrants qd même !), ça met le diplôme à 60k, hors frais de vie.
Ouch !
Il y a vraiment moyen de contourner.
Que ce soit via une prepa (psi, pt…)
ou une autre voie (Cupge, licence de poitiers…)
ou en complétant sa formation (MS à supaero, double diplôme en Europe ou au Québec…)

La comparaison avec Ginette est ridicule. Les frais facturés par l’ESTACA n’incluent pas la pension complète. Sans parler du niveau des cours et du taux d’encadrement.

Oh pardon je n ai pas fait un details du cout totale de scolarite. Ni mentioner que chez Ginette l internat n est pas facultatif. Ou mis en perspective que les profs de ginette sont payer par l etat.
De maniere generale ceux qui vont a l estaca n ont pas le dossier oour etre pris a Ginette mais ne viennent tres probablement pas de milieu plus favorise (je parirai sur le contraire).
Tout ca pour dire que lrs regarde de haut parcequ ils payent leur ecoles est facile et injuste.
Par contre personnellement j en veux a l etat qui laisse vacant segments entiers de l education superieur et qui augmente l inegalite : bon eleves sans plus avec des parents ayant les moyens, ingenieurs grace a l estaca, l esliv, l epita , des ecoles qui offrent une tres bonnes insertion professionel, par contre pour les pauvres ca marche pas comme ca.
C est ecole profitte du vide laisser par l etat , c est a lui qu il faut en voulloir pas au « fils a Papa » surtout si on les meprise en venant d un millieu sociale au moins aussi favoriser.

Personnellement je pense en effet qu ils vaut mieux pour cette argent partir directement quebec, en allemagne,en hollande. Mais ca demande une certai.e culture i.ternationale.

Vous êtes un anti-Ajax59. :grin:

PS Plus sérieusement, je pense que ce débat est (très) intéressant, mais qu’il déborde des discussions de Forum Prépas. ça aura plutôt la place sur Twitter, par exemple chez https://twitter.com/JulienGossa/with_replies ou chez https://twitter.com/p4bl0/with_replies

JeanN, post:18, topic:131307 a écrit:

Par contre personnellement j en veux a l etat qui laisse vacant segments entiers de l education superieur et qui augmente l inegalite : bon eleves sans plus avec des parents ayant les moyens, ingenieurs grace a l estaca, l esliv, l epita , des ecoles qui offrent une tres bonnes insertion professionel, par contre pour les pauvres ca marche pas comme ca.

L’état ne laisse en l’occurence rien vacant du tout puisqu’il offre des classes préparatoires gratuites, réparties sur tout le territoire français et délivrant une formation de meilleure qualité que les écoles privées que vous citez.