_n[X]$}

Soit nNn \in \mathbb{N}^*. On considère l'application φ\varphi définie sur l'espace vectoriel Rn[X]\mathbb{R}_{n}[X] par :

φ(P)=(X21)PnXP\varphi(P) = \left(X^{2}-1\right) P^{\prime} - n X P

  1. Justifier que φ\varphi est un endomorphisme de Rn[X]\mathbb{R}_{n}[X].
  2. Déterminer les valeurs propres et les vecteurs propres associés à φ\varphi.
  3. L'endomorphisme φ\varphi est-il diagonalizable ?

1.

Pour la stabilité, calculer le degré de φ(P)\varphi(P) en examinant le coefficient dominant de PP.

2.

Pour l'équation aux valeurs propres φ(P)=λP\varphi(P) = \lambda P, traiter le problème comme une équation différentielle linéaire du premier ordre sur des intervalles où X210X^2-1 \neq 0.

3.

Utiliser la décomposition en éléments simples de la fraction rationnelle obtenue pour identifier la forme des solutions polynomiales.

Idées clés

Analyse du degré pour la stabilité du sous-espace.

Résolution d'une équation différentielle à variables séparables.

Condition nécessaire et suffisante pour qu'une solution soit un polynôme (exposants entiers naturels).

Résolution.

  1. La linéarité de φ\varphi découle immédiatement de la linéarité de la dérivation et de la multiplication par un polynôme. Soit PRn[X]P \in \mathbb{R}_n[X]. Si P=0P=0, φ(P)=0Rn[X]\varphi(P)=0 \in \mathbb{R}_n[X]. Si degP=d{0,,n}\deg P = d \in \{0, \dots, n\}, notons ada_d son coefficient dominant (ad0a_d \neq 0). Le terme de plus haut degré de (X21)P(X^2-1)P' est dadXd+1d a_d X^{d+1}. Le terme de plus haut degré de nXP-nXP est nadXd+1-n a_d X^{d+1}. Ainsi, le terme en Xd+1X^{d+1} dans φ(P)\varphi(P) est (dn)adXd+1(d-n)a_d X^{d+1}. Si d<nd < n, alors degφ(P)=d+1n\deg \varphi(P) = d+1 \le n. Si d=nd = n, le coefficient devant Xn+1X^{n+1} s'annule, donc degφ(P)n\deg \varphi(P) \le n.
    φL(Rn[X])\boxed{\varphi \in \mathcal{L}(\mathbb{R}_n[X])}

  2. Soit λR\lambda \in \mathbb{R} une valeur propre et P0P \neq 0 un vecteur propre associé. L'équation φ(P)=λP\varphi(P) = \lambda P s'écrit :
    (X21)P=(nX+λ)P(X^2-1)P' = (nX + \lambda)P
    Sur tout intervalle où X210X^2-1 \neq 0, cette équation est équivalente à :
    P(X)P(X)=nX+λX21\frac{P'(X)}{P(X)} = \frac{nX + \lambda}{X^2-1}
    Effectuons une décomposition en éléments simples du second membre :
    nX+λ(X1)(X+1)=αX1+βX+1\frac{nX + \lambda}{(X-1)(X+1)} = \frac{\alpha}{X-1} + \frac{\beta}{X+1}
    Par identification ou par résidus, on trouve α=n+λ2\alpha = \frac{n+\lambda}{2} et β=nλ2\beta = \frac{n-\lambda}{2}. En intégrant, on obtient P(X)=C(X1)α(X+1)βP(X) = C (X-1)^\alpha (X+1)^\beta avec CRC \in \mathbb{R}^*. Pour que PP soit un polynôme, il est nécessaire et suffisant que α\alpha et β\beta soient des entiers naturels. Posons α=k\alpha = k avec kNk \in \mathbb{N}. Alors β=nα=nk\beta = n - \alpha = n - k. Pour que β\beta soit aussi un entier naturel, il faut 0kn0 \le k \le n. Déterminons les valeurs de λ\lambda correspondantes :
    k=n+λ2    λ=2knk = \frac{n+\lambda}{2} \iff \lambda = 2k - n
    Le spectre de φ\varphi est donc :
    Sp(φ)={2knk{0,,n}}={n,n+2,,n2,n}\boxed{\text{Sp}(\varphi) = \{2k - n \mid k \in \{0, \dots, n\}\} = \{-n, -n+2, \dots, n-2, n\}}
    Pour chaque λk=2kn\lambda_k = 2k-n, le sous-espace propre associé est :
    Eλk(φ)=Vect((X1)k(X+1)nk)\boxed{E_{\lambda_k}(\varphi) = \text{Vect}\left( (X-1)^k (X+1)^{n-k} \right)}

  3. L'espace Rn[X]\mathbb{R}_n[X] est de dimension n+1n+1. Nous avons trouvé n+1n+1 valeurs propres distinctes (en faisant varier kk de 00 à nn).
    φ est donc diagonalisable.\boxed{\varphi \text{ est donc diagonalisable.}}

Attention à ne pas oublier de vérifier que le degré de la solution trouvée par l'équation différentielle ne dépasse pas nn. Ici, α+β=k+(nk)=n\alpha + \beta = k + (n-k) = n, donc le degré est exactement nn.