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Soit n∈N∗n \in \mathbb{N}^* et PP un polynôme complexe de la forme :

P=Xn−∑k=0n−1akXk∈C[X]P = X^n - \sum_{k=0}^{n-1} a_k X^k \in \mathbb{C}[X]
En exploitant les propriétés de la matrice compagnon associée au polynôme PP, établir que toute racine λ\lambda de PP vérifie l'inégalité suivante :
∣λ∣≤max⁡(∣a0∣,1+∣a1∣,…,1+∣an−1∣)|\lambda| \leq \max \left( |a_0|, 1+|a_1|, \dots, 1+|a_{n-1}| \right)

1.

Rappeler la structure de la matrice compagnon C∈Mn(C)C \in \mathcal{M}_n(\mathbb{C}) dont le polynôme caractéristique est PP.

2.

Utiliser le fait que les racines de PP coïncident avec le spectre de CC.

3.

Considérer un vecteur propre X=(x1,…,xn)TX = (x_1, \dots, x_n)^T associé à une valeur propre λ\lambda et étudier la relation CX=λXCX = \lambda X en examinant une composante de XX de module maximal.

Idées clés

•

Lien entre racines d'un polynôme et valeurs propres de sa matrice compagnon.

•

Utilisation de la norme infinie d'un vecteur propre pour borner la valeur propre associée.

1. Construction de la matrice compagnon.

Considérons la matrice compagnon C∈Mn(C)C \in \mathcal{M}_n(\mathbb{C}) définie par :

C=(00…0a010…0a101…0a2⋮⋮⋱⋮⋮00…1an−1)C = \begin{pmatrix} 0 & 0 & \dots & 0 & a_0
1 & 0 & \dots & 0 & a_1
0 & 1 & \dots & 0 & a_2
\vdots & \vdots & \ddots & \vdots & \vdots
0 & 0 & \dots & 1 & a_{n-1} \end{pmatrix}

Par un développement classique (par exemple par rapport à la dernière colonne ou par récurrence), on montre que le polynôme caractéristique de cette matrice est :

χC(X)=det⁡(XIn−C)=Xn−an−1Xn−1−⋯−a1X−a0=P(X)\chi_C(X) = \det(XI_n - C) = X^n - a_{n-1}X^{n-1} - \dots - a_1 X - a_0 = P(X)

Ainsi, l'ensemble des racines du polynôme PP est exactement le spectre de la matrice CC.

Sp(C)={λ∈C∣P(λ)=0}\boxed{\text{Sp}(C) = \{ \lambda \in \mathbb{C} \mid P(\lambda) = 0 \}}

2. Exploitation de la relation propre.

Soit λ\lambda une racine de PP, donc une valeur propre de CC. Il existe un vecteur propre X=(x1,…,xn)T∈CnX = (x_1, \dots, x_n)^T \in \mathbb{C}^n non nul tel que CX=λXCX = \lambda X.

Ce système s'écrit explicitement sous la forme :

{a0xn=λx1x1+a1xn=λx2x2+a2xn=λx3⋮xn−1+an−1xn=λxn\begin{cases} a_0 x_n = \lambda x_1
x_1 + a_1 x_n = \lambda x_2
x_2 + a_2 x_n = \lambda x_3
\vdots
x_{n-1} + a_{n-1} x_n = \lambda x_n \end{cases}

Considérons une composante xix_i de XX telle que ∣xi∣=max⁡1≤j≤n∣xj∣=∥X∥∞|x_i| = \max_{1 \leq j \leq n} |x_j| = \|X\|_\infty. Puisque X≠0X \neq 0, nous avons ∣xi∣>0|x_i| > 0.

3. Analyse par cas selon l'indice du maximum.

Premier cas : Si i=1i=1.

L'équation a0xn=λx1a_0 x_n = \lambda x_1 donne par passage au module :

∣λ∣∣x1∣=∣a0∣∣xn∣|\lambda| |x_1| = |a_0| |x_n|

Comme ∣xn∣≤∣x1∣|x_n| \leq |x_1|, nous en déduisons :

∣λ∣≤∣a0∣\boxed{|\lambda| \leq |a_0|}

Second cas : Si i∈{2,…,n}i \in \{2, \dots, n\}.

D'après la (i)(i)-ème ligne du système, nous avons λxi=xi−1+ai−1xn\lambda x_i = x_{i-1} + a_{i-1} x_n. En utilisant l'inégalité triangulaire, il vient :

∣λ∣∣xi∣≤∣xi−1∣+∣ai−1∣∣xn∣|\lambda| |x_i| \leq |x_{i-1}| + |a_{i-1}| |x_n|

Par définition de xix_i, on sait que ∣xi−1∣≤∣xi∣|x_{i-1}| \leq |x_i| et ∣xn∣≤∣xi∣|x_n| \leq |x_i|. On obtient alors :

∣λ∣∣xi∣≤∣xi∣+∣ai−1∣∣xi∣=(1+∣ai−1∣)∣xi∣|\lambda| |x_i| \leq |x_i| + |a_{i-1}| |x_i| = (1 + |a_{i-1}|) |x_i|

En simplifiant par ∣xi∣>0|x_i| > 0, on conclut que :

∣λ∣≤1+∣ai−1∣\boxed{|\lambda| \leq 1 + |a_{i-1}|}

4. Conclusion.

Dans tous les cas, la valeur propre λ\lambda est majorée par l'un des termes de l'ensemble {∣a0∣,1+∣a1∣,…,1+∣an−1∣}\{ |a_0|, 1+|a_1|, \dots, 1+|a_{n-1}| \}. Par conséquent, on a bien :

∣λ∣≤max⁡(∣a0∣,1+∣a1∣,…,1+∣an−1∣)\boxed{|\lambda| \leq \max \left( |a_0|, 1+|a_1|, \dots, 1+|a_{n-1}| \right)}

Attention à l'ordre des coefficients dans la matrice compagnon. Selon la définition choisie (coefficients sur la dernière ligne ou la dernière colonne), les calculs de normes subordonnées peuvent varier, mais le résultat final sur le spectre reste inchangé.